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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 06:00
Desclozeaux

Desclozeaux

En cette période nous n’avons guère d’occasions de rire alors je ne résiste pas au plaisir de vous relater une minable partie de baston, une guignolade à la hauteur des deux cabotins dont je vous invite à découvrir les patronymes ci-dessous.

 

1er acte : Thierry Dessauve annonce «Le Grand Tasting aura lieu, pourquoi ?»

 

« Cela a été dit par beaucoup et à de nombreuses reprises : nous sommes en guerre. Nous sommes en guerre contre un ennemi qui veut non seulement détruire notre pays, notre peuple dans toute sa diversité, mais aussi et surtout nos valeurs. Parmi elles, et certainement au cœur d’entre elles, il y a l’art de vivre, cet art si français et si multiple d’associer de manière instinctive une ribambelle de petits bonheurs – et même un chapelet de râleries, de jurons et de conversations enflammées qui font partie de ce jeu – pour en faire une façon de vivre. Dans cet art de vivre, le vin tient une place centrale, et pas seulement celle qu’il occupait sur les tables des bistrots qu’ont mitraillé ces lâches vendredi soir. Qu’il soit une passion, un symbole ou un simple plaisir de la vie, le vin fait si intimement partie de notre civilisation que nous ne saurions céder un pouce de terrain face aux forces de l’ignorance, du néant et de la barbarie. Beaucoup se sont émus de la tenue au Carrousel du Louvre, les 4 et 5 décembre prochains, de la dixième édition du Grand Tasting. Notre ferme volonté est non seulement d’en maintenir l’édition, mais aussi d’en affirmer avec l’ensemble des producteurs et des amoureux du vin présents les principes d’hédonisme, de fraternité et d’universalité. Sauf injonction spécifique des pouvoirs publics, mais en suivant à coup sûr des consignes de sécurité que nous vous communiquerons dans les prochains jours, Le Grand Tasting 2015 se déroulera et célèbrera cette idée si particulière et si essentielle qu’Hemingway avait résumé en une phrase : "Paris est une fête". »

 

2e acte : le gros canon avec un petit fut tonne contre le « pinard lucratif »

 

« Certes, mais une année sans Grand Tasting » constituerait une pause pour ceux qui dégustent le vin en tant que boisson sensorielle et culturelle, et pas comme un facteur médiatique de profits financiers. Je pense que cette obsession du reclassement, du sous classement, du déclassement, du surclassement dans le seul but de transformer une bouteille de vin en valeur marchande est totalement contraire aux valeurs de la viticulture à visage humain. Ce ne sont plus des grains que l’on met dans une cuve mais des grappes que l’on cote en bourse. Celle du grand marché bachique bon genre mondialisé. À quand un guide Minc-Attali du pinard lucratif pour savoir si château-mouton-de-panurge est arrivé devant le clos wall-street. »

 

3e acte : le 3ième couteau de la maison Roux&Combaluzier se mue en économiste de salon

 

« Eh ben, mon pépère, t’en connais des vignerons qui donnent leur vin, toi ? Pas moi. Et puis, je trouve cette ligne dégueulasse pour ces mêmes vignerons « à visage humain » qui se battent comme des lions sur tous les marchés pour écouler leur production au meilleur prix possible, ce que tu appelles, avec tout le mépris qui caractérise généralement tes interventions, le « grand marché bachique bon genre mondialisé ». Et moi, Légasse, je te dis que ces vignerons, s’ils peuvent obtenir un ou deux euros de plus par bouteille, ça change la gueule de leur compte d’exploitation et que c’est de ça qu’il est question. Tes errements psychotiques et tes blagues pourries sont une insulte à ce monde du travail qui t’es, à l’évidence, parfaitement étranger. Ne te mêle pas du fonctionnement d’entreprises auxquelles tu n’entends rien et, rassure-toi, personne ne songe à t’engager comme consultant. »

 

4e acte : vu de mon point-de-vue

 

- Que la maison B&D maintienne son Grand Tasting ne souffre d’aucune contestation.

 

- Que le débat sur l’utilité de ce genre de manifestation méritait mieux que la caricature qui nous est offerte par un juge qui n’instruit qu’à charge dans un vocabulaire confus et un défenseur qui manie une ironie à la hauteur de son petit calibre.

 

- Que l’affirmation de l’économiste de salon selon laquelle les vignerons qui viennent au Grand Tasting le font pour « obtenir un ou deux euros de plus par bouteille » et que « ça change la gueule de leur compte d’exploitation et que c’est de ça qu’il est question. » devrait faire rire jaune, sous le manteau, beaucoup d’exposants qui sont là pour d’autres motifs que celui-ci et qui se posent, toujours dans le silence de leur for intérieur, la question « j’y va-t-y, j’y va-t-y pas… »

 

- Je vous invite à consulter la liste des exposants pour cibler les « vignerons à visage humain » et les autres.

 

- Je pose la question : combien d’entreprises ou de « vignerons à visage humain » participant au Grand Tasting seraient prêt à engager l’économiste de salon comme consultant pour améliorer leur compte d’exploitation ?

 

- Je pose une autre question à la maison B&D : combien pèse le Grand Tasting dans leur compte d’exploitation ?

 

- Enfin, j’ai beaucoup de doute sur la qualité du retour sur investissement pour les exposants de ce genre de manifestation qui, tout compte fait, ne rassemble qu’une toute petite poignée d’amateurs et ne participe que pour très peu au recrutement de nouveaux consommateurs.

 

- Je ne m’y rends plus car je n’ai rien à y faire, en dehors de serrer quelques paluches, et je comprends parfaitement que ça ne trouble en rien la sérénité du couple B&D. Les affaires sont les affaires et chacun est libre d’aller ou de ne pas aller, moyennant un droit d’entrée, au Grand Tasting.

 

- Comme mon devoir c'est d'informer je vous signale que pour ses 10 ans, le Grand Tasting lance le Prix de l'innovation du vin pour récompenser tous ceux qui ont apporté leurs idées afin de faire évoluer le vin, sa culture et son commerce. J'ai hâte de découvrir l'heureux lauréat...

 

Les postillons de Périco Légasse

 

Et si vous voulez vous marrer grave lisez ce monument de flagornerie cire-pompes du roi de la retape :  Et vous, au Grand Tasting, vous faites quoi ?

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 06:00
En 1990 j’ai fait mon petit Macron : les Agnelli voulaient mettre la main sur le groupe Perrier et château Margaux…

Le Forum de l’Expansion animé par Jean Boissonnat était dans les années 70-80 une institution médiatique, accueillant à la Porte Maillot, à l'hôtel Méridien, les Premiers Ministres Barre, Chirac…, les stars de la politique, même Georges Marchais, et bien sûr la fine fleur des dirigeants de groupes français et étrangers.

 

Guy Le Querrec Magnum 1977

 

Et voilà que votre serviteur, fin 1990, tout juste propulsé à la tête du cabinet d’un Ministre qui n’aimait guère aller se frotter aux milieux économiques se retrouve sur la scène pour le représenter à une table ronde. J’étais dans mes petits souliers. Parfait inconnu dans ce beau parterre mon principal souci était de passer aux travers des gouttes. Sauf que, lors de la séance des questions un journaliste, à ma grande surprise, m’interpelle : « Allez-vous laisser filer l’un des fleurons* de l’agro-alimentaire français à l’étranger, en l’occurrence en Italie, dans les mains de la famille Agnelli ?»

 

Patriotisme économique bien sûr, je réponds, avec une pointe d’ironie, que je connais bien l’Italie pour avoir épaulé Michel Rocard, dans les négociations sur le vin… et je m’en tire au mieux en ne prenant pas parti dans ce dossier épineux. Jean Boissonnat est satisfait. Bref, je me dis que j’ai évité le pire.

 

Sauf que, même si le buzz des réseaux sociaux était dans les limbes, dès le lendemain je dû faire front. Tony Dreyfus, compagnon de route de Rocard alors 1er Ministre, et vaguement Secrétaire d’État à l’économie sociale, me demande de recevoir les Agnelli et le cabinet du 1er Ministre, JP Huchon*, me demande de recevoir Jacques Vincent, PDG de Perrier et d’Exor.

 

*JP Huchon, après avoir été viré de la CNCA, a travaillé comme Directeur général adjoint du groupe agro-alimentaire Exor, de 1987 à 1988.

 

Donc je m’exécutai. L’entrevue avec les Agnelli et leurs conseils fut un grand moment de séduction à l’italienne. La gente féminine de l’hôtel de Villeroy se rinça l’œil, la mode de Milan : la classe !

 

Pour Jacques Vincent, je parvins à le faire recevoir par mon Ministre qui n’entravait toujours rien à mes histoires de participations croisées (pas simples certes, voir ci-dessous) et qui, au beau milieu du rendez-vous, demanda à ce cher homme, très vieille France, en historien qu’il était, de lui conter l’histoire de Félix Potin. Celui-ci s’exécuta avec courtoisie en dépit de son réel étonnement. À Matignon l’anecdote renforça le « crédit » de mon Ministre.

 

25 ans après la suite fait partie maintenant de l’Histoire, mon interlocuteur à Bercy était un certain François Villeroy de Galhau. Les Agnelli n’ont pas pris le contrôle du groupe Perrier mais mis la main sur 75% de château Margaux. La source Perrier sera vendue en 1992 à Nestlé et la Société des Caves de Roquefort à l’entreprise Besnier, aujourd’hui Lactalis.

 

Si vous souhaitez mieux comprendre ce dossier vous pouvez poursuivre votre lecture :

 

« Gustave Leven est étroitement associé à la Source Perrier, une entreprise dont il a été le dirigeant emblématique de 1948 à 1990. Il a donné à cette firme une extension inédite en la faisant passer du stade de grosse PME, à celui de groupe, classé au troisième rang du secteur agro-alimentaire en France en 1989.

 

La main de Perrier en 1976 : un scandale quasi pornographique pour l'époque !

Voici la nouvelle campagne de pub de la marque d’eau gazeuse Perrier. A l’occasion de cette fin d’année, Perrier adresse de manière piquante ses voeux aux consommateurs et aux fans de la boisson pétillante, et fait revivre unscandale de la publicité française : c’est le grand retour de la main de Perrier, le spot réalisé en 1976 par MonsieurSerge Gainsbourg, mais aussi l’arrivée du support digital chez Perrier. Ainsi, pour ce baptême tardif, la marque a développé une flopée de supports originaux et vintage, comme par exemple le calendrier de la main la plus sexy du monde.

 

Gustave Leven a toujours été un dirigeant d’entreprise particulièrement discret, fuyant l’exposition médiatique.

 

Il fut pourtant en 1988, avec deux autres papys flingueurs : Jean-Louis Descours (chaussures André) et François Dalle (l’Oréal) l’auteur d’un raid en compagnie de Georges Pébereau sur la Société Générale qui échouera et lui vaudra des ennuis judiciaires.

 

Dans le portefeuille du groupe Perrier : la Société des Caves de Roquefort dont le PDG est Jean Pinchon, président de l’INAO, et le DG Jacques Bombal ancien membre du cabinet d’Edith Cresson à l’Agriculture et ex-directeur des IAA dans ce même ministère.

 

En février, l’affaire du benzène aux USA, le propulse sur le devant de la scène. Pour défendre son produit, il annonce personnellement le retrait mondial de toutes les bouteilles de Perrier, une réaction signalée dans tous les manuels de gestion de crise. Néanmoins, l’entreprise est affaiblie au moment où, à 76 ans, Leven organise sa succession. En juin 1990, il laisse l’exécutif à Jacques Vincent, PDG d’EXOR, le holding de la famille Mentzelopoulos qui contrôle Félix Potin. Le groupe fragilisé résiste à une offre inamicale d’Agnelli, mais ne peut empêcher la prise de contrôle par Nestlé en 1992. »

 

« Gustave Leven, PDG de Perrier était aussi PDG du groupe EXOR, contrôlé par la famille Mentzelopoulos. Corinne a épousé, en mai 1990, Hubert Leven, neveu de Gustave. Son père André, a racheté en 1958, pour 5 millions de francs, la chaîne Félix Potin. À la mort de ce dernier, en 1980, son bras droit, Jacques Vincent, prend sa suite. Quatre ans plus tard, il cède le réseau d’épiceries. Les avoirs de la famille sont regroupés dans un holding baptisé EXOR, qui gère château Margaux (acquis en 1977), un patrimoine immobilier de 12000 m2 (21 immeubles, pour la plupart situés à Paris), une participation de 9% dans Suez et de près de 35% dans Perrier. »

 

Source : Dictionnaire Historique des Patrons Français Flammarion notice Gustave Leven Nicolas Marty

 

 

« André Mentzelopoulos, né en 1915 à Patras, en Grèce, vient en France, à Grenoble, pour y préparer une licence en lettres ; il a Paul Valéry comme professeur. Puis il part en Birmanie et au Pakistan, où il fait fortune dans les céréales. De retour en France, il se marie et achète la chaîne Félix Potin en 1958.Il scinde l’activité en deux : le commerce d’un côté, l’immobilier de l’autre. Côté commerce, Primistères, La Parisienne, Paris-Médoc, Radar rejoindront tour à tout Félix Potin. Le groupe, au début des années 80, compte plus de 1000 magasins. « Le chiffre d’affaires, était de 4,5 milliards, mais l’arrivée des grandes surfaces tue la rentabilité, note Jacques Vincent qui présidait alors la société. En 1977, André Mentzelopoulos acquiert château Margaux à la famille bordelaise Ginestet pour 77 millions de francs. Après sa mort, en 1990, les magasins sont vendus par les héritiers, qui conservant château Margaux et le patrimoine immobilier. Fille unique, Corinne se retrouve à la tête des affaires. En 1990, elle vend, contrainte, 75% du vignoble à la famille Agnelli, avec laquelle elle est associée dans Perrier. Lorsque le groupe Agnelli, en 2003, décide de se séparer de château Margaux, elle rachète aussitôt leur part devenant ainsi l’unique actionnaire du domaine. »

 

Source : Gabriel Milési Les dynasties du pouvoir de l’argent Michel de Maule

 

« André Mentzelopoulos, patron du groupe Félix Potin et sauveur de Margaux. À 18 ans, ce fils d'hôteliers grecs quitte Patras, au bord de l'Adriatique, pour la Birmanie. Puis il visite la Chine, l'Inde, noue des relations et fait fortune dans l'export-import de grain. Il parle neuf langues, dont l'ourdou ! Finalement, il s'installe au Pakistan et devient l'ami d'Ali Bhutto. « C'est Bhutto, un musulman, qui possédait lui-même une très belle cave, chez qui je buvais pour la première fois de grands vins classés à l'âge de 18 ans, qui a poussé mon père à acheter Margaux. Mon père, lui, était un spartiate. Il économisait même ses lames de rasoirs pendant la guerre », se souvient sa fille unique Corinne. »

 

Lorsqu’André Mentzelopoulos a racheté Margaux en 1977, le vignoble français était en crise. À part 1975, qui fut une bonne année, la décennie avait été décevante. Personne ne voulait de ce noble boulet en vente depuis deux ans. « Il fallait investir 77 millions de francs de l'époque sans espoir de retour. Là encore, mon père fut précurseur. En moins de trois ans, il avait remonté le domaine. Le millésime 1978 s'est arraché. » déclare Corinne Mentzelopoulos. En 1982, le château retrouve son rang et sa réputation aux côtés des Mouton-Lafite, Latour, Haut-Brion ou Yquem, avec de nouvelles barriques, un œnologue, des chais souterrains. Château Margaux est le seul domaine à porter le nom de son appellation. Le seul en quatre cents ans à avoir évité le morcellement de ses 263 hectares, dont actuellement 80 en appellation contrôlée.

 

Lorsqu’André Mentzelopoulos meurt en décembre 1980. « J'étais jeune. J'ai tout de suite pris la direction de Margaux, épaulée par Jacques Vincent, le bras droit de mon père. »

 

Peu à peu, elle réussit à monter dans le capital du Premier Cru classé. D'abord 25 % en 1993, puis 75 % dix ans plus tard, lorsque Gianni Agnelli décide de vendre ses parts. Pour cette dernière transaction, elle s'est accrochée, parvenant à réunir la somme demandée. Astronomique. La presse évoque alors une opération comprise entre 200 et 350 millions d'euros, montant que ni Agnelli ni elle n'ont confirmé. »

 

«Le groupe Agnelli acquiert de Madame Mentzelopoulos sa participation de 9,6 % dans le capital d'Exor Group tandis que Madame Mentzelopoulos acquiert d'Exor Group sa participation de 75 % dans le capital de la société civile agricole Château Margaux », précise le communiqué.

 

Source : Le Figaro

 

« En juin 1988, la société financière Pharaon holding, d'origine saoudienne, prend le contrôle du groupe en rachetant la holding Damilow qui possédait 64 % de Primistères-Félix Potin. La société First Anglo-Dutch Securities NV prend 90 % du capital de Primistères suite à un plan de remise en place d'août 1988. Elle est détenue par 4 nouveaux actionnaires :

 

21 % par le groupe Promodès (Continent, Champion, Shopi)

21 % par la Société parisienne d'alimentation et de distribution (Spad)

21 % par la banque Worms et 36 % par Pharaon holding.

 

Promodès acquiert, pour 400 millions de francs, les 138 supermarchés de Primistères aux enseignes Radar, Félix Potin et Centre distributeur. Le distributeur normand annonce qu'ils prendront rapidement l'enseigne Champion. Après s'être emparé en juin de Nicolas, Castel Frères rachète, pour 250 millions de francs à Primistères, l'enseigne Félix Potin et ses 850 magasins de proximité à la fin de l'année 88.

 

L'enseigne tente de diversifier ses activités en lançant plusieurs boulangeries, baptisées « La fournée de Potin » au cours de 1991. En 1992, Castel Frères revend Félix Potin en avril à la famille Sayer, qui détenait déjà 20 % du capital du distributeur depuis 1989. L'enseigne ne compte plus que 607 magasins, disposant d'environ 400 produits à marque propre. Le 26 décembre 1994, le comité d'entreprise de Félix Potin enclenche une procédure d'alerte sur la santé financière de la société suite aux nombreuses ruptures d'approvisionnement que subissent les magasins et retards de paiements aux fournisseurs. »

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur le groupe Félix Potin lire :

 

La version officielle 

 

Une vision plus personnelle

 

L’approche GD 

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 06:00
Le Montebore un délice au lait cru sauvé de la disparition par Maurizio Fava de Slow Food…

Chez Alessandra c’est la caverne d’Ali Baba et j’adore y chercher et y trouver un nouveau trésor : aujourd’hui c’est le Montebore.

Le Montebore est produit par la Cooperativa Vallenostra dans la province d'Alexandrie. On doit le sauvetage de ce trésor à Maurizio Fava du Presidìo Slow Food local qui a convaincu Carolina Bracco, l’ultime dépositaire de la technique traditionnelle d’en continuer la production et qui lui a redonné une audience mondiale à partir de 1999.

 

Il gagne son surnom, le «gâteau de fromage de mariage », de son format inhabituel en niveaux, en effet de multiples couches de plus en plus petites dimensions sont empilées les unes sur les autres.

 

La légende veut que le Montebore soit né en 1489, lorsqu’il a été servi lors du banquet de mariage à Tortona d'Isabelle d'Aragon et Gian Galeazzo Sforza, le fils du duc de Milan. Leonard de Vinci était présent au repas où le Montebore fut l’unique fromage invité à cette noble table.

 

Mais la vérité historique veut que ce sont des Bénédictins de Santa Maria di Vendersi, dont l’abbaye est située sur le mont Giarolo situé au confluent de trois vallées : Grue, Curone e Borbera, qui le préparaient déjà du IXe au XIe siècle. Le Montébore est un mélange à 75% de lait de vaches Brune Alpine, Tortonesi, Genovesi et Cabannina et de 30% de lait de brebis.

 

Le Montebore a donc été pendant de nombreux siècles mais après la Seconde Guerre mondiale, avec la migration des éleveurs des vallées reculées vers les villes, et de l'industrialisation de la fabrication fromagère, il a été menacé de s’éteindre entièrement une fois que la dernière productrice, Caroline Bracco,aurait disparu.

 

 

En 1999 cependant, Maurizio Fava, du Présidium locale Slow Food, et Roberto Grattone, un jeune fromager, l’a convaincue de leur apprendre à fabriquer le fromage. Roberto, avec l'aide d’Agata Marchesotti, produit maintenant le Montebore en quantités suffisantes pour qu’il puisse être exporté au-delà des frontières de l'Italie.

 

 

Fabriqué avec 70% de lait de vache et 30% de lait de brebis, cru, qui est seulement chauffé à une température de 36 °C à laquelle est ajoutée la présure. La rupture du caillé s’effectue après une heure. Il est d’abord moulé dans plusieurs diamètres, retourné plusieurs fois, salé au sel, de mer, puis assemblés en couches 3 et parfois plus, puis lavé avec de la saumure, avant de vieillir pendant un maximum de deux mois. Avec l’âge la croûte se développe et les couches fusionnent en donnant au Montebore sa forme caractéristique de « gâteau de fromage ».

 

La croûte du Montebore a maturité est blanc grisée, légèrement plissé.

 

Il peut être consommé frais, 20 jours, les amateurs apprécieront le goût sucré, texture douce et moelleuse.

 

Après 40/60 jours le Montebore est considéré en moyenne maturité.

 

Après 4/5 mois il est considéré comme très mature. La pâte est dense, marbrée, d’une saveur laiteuse, salée, avec une pointe d‘amertume.

«Le Montebore n'a pas peur des accompagnements risqués, tant il est sûr de son honnêteté: avec des poires caramélisées et piquantes de gingembre ou de piment, il peut révéler son âme étrangement courageuse. Avec de la "sbrisolona" salée de fèves et amandes (une sorte de crumble), il découvre son âme appétissante. Avec le "capunet", sorte de roulé à base de viande de cochon et choux vert, il devient sauce. Il aime accompagner les tartes de courge, qui relève en sapidité et aussi celles d'artichauts, courgettes , cardons.»

Badde Nigolosu est notre Cru, un amphithéâtre naturel assis sur les collines les plus hautes dans la commune de Sennori. Badde Nigolosu est le nom de notre terroir en Romangie

Badde Nigolosu est notre Cru, un amphithéâtre naturel assis sur les collines les plus hautes dans la commune de Sennori. Badde Nigolosu est le nom de notre terroir en Romangie

« Si être un Homo Sapiens Sapiens signifie regarder mais ne pas observer, manger mais ne pas découvrir les goûts, entendre mais ne pas écouter, sentir sans flairer… alors je suis fier d’être Homo sapiens, sans plus. Mais je me sens un animal au même titre que les autres animaux, faisant partie intégrante de la Terre et de l’Univers et je veux être un animal avec le minimum de raison indispensable à ma liberté. C’est pour cela que je fais du vin… et c’est pourquoi je le fais en utilisant des méthodes que j’ai appris de mes aïeux et qui rapprochent de ce que je suis : un animal instinctif.»

 

« Je ne recherche pas les demandes du marché, je produis des vins qui me plaisent à moi, des vins de ma terre, les vins de Sennori. Ils sont ce que je suis et ne sont pas ce que tu voudrais qu’ils soient. »

 

Alessandro Dettori – 1998 – Vignaioli, Artigiani del Vino e della Terra

 

POURQUOI NE DÉCLARONS-NOUS PAS NOS VINS EN DOC?

Toutes les définitions officielles du terme Terroir affirment globalement le même concept : “Le Terroir est une aire géographique délimitée d’où proviennent des produits de la Terre qui sont unique, originaux et inimitables, cela grâce à l’interaction de facteurs géologiques, climatiques, culturels et humains”.

 

Le Terroir est donc une aire géographique délimitée. Et c’est une des raisons pour lesquelles nous réfutons la DOC généraliste italienne. Par exemple, que veut donc dire Cannonau de Sardaigne Doc ? La Sardaigne est considérée des géologues et des biologistes comme un véritable « Continent », et, le Cannonau issu de trois différents terroirs du domaine est forcément différent qu’il provienne de l’un ou l’autre.


Si déjà, c’est tellement différent d’un terroir à l’autre dans un même domaine, il n’est pas compliqué d’imaginer les différences sensibles que peuvent présenter des Cannonau produits dans des zones distantes entre elles de centaines de kilomètres.
La DOC est certainement née avec un esprit très noble mais, les années passant, les choses ont changés : les vins sont vendus uniquement parce qu’ils affichaient une DOC et non plus pour l’estime et la confiance qu’on avait pour le Producteur et plus encore pour la qualité intrinsèque de ses vins.

 

C’est pour cette raison que nous avons décidé une fois pour toutes de ne pas revendiquer la DOC sur nos étiquettes mais bien de lui préférer une appellation bien délimitée, soit l’IGT Romangia, cette appellation na faisant appel qu’aux vins qui sont produits sur les communes de Sennori et de Sorso.

 

Quand la définition du Terroir affirme «produits de la Terre uniques, originaux et inimitables », ceci signifie qu’un vin de Terroir devrait être reconnaissable. Et hélas, de plus en plus, je bois des vins dont je réussis péniblement ou pas du tout à en comprendre l’origine. Serait-il du nord Italie ? Du Sud? Serait-il Australien ?
Le raisin est toujours différent en son terroir mais pas les intrants qui sont utilisés presque unilatéralement pour la production de raisin et de vin : les engrais au vignoble, enzymes, les levures sélectionnées, les tannins ajoutés, et tous les autres produits de manipulation sont les mêmes, partout dans le monde.

 

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 06:00
Captation de notoriété, par Inter Beaujolais, des vins refusés d’Isabelle Perraud cotes de la molière qui se rebiffe et sort ses griffes !

Le paradoxe des vins nature est que leur niveau de son médiatique est inversement proportionnel à leur poids dans la masse des vins produits sur notre petite planète.

 

Ça énerve beaucoup de monde surtout les grands chefs de tribu.

 

Ça permet à certains, dont le prolifique Pr Tiron, d’aligner 1 paquet d’affirmations non-fondées au cm2, du style « l’étonnant paradoxe qui fait du vin « nature » un des pires ennemis de la Nature »

 

« Non, c'est bien en cave que se pose le problème, et il ne concerne que les vins "nature", pas les vins bio qui, comme la plupart des autres vins, supportent des montées jusqu'à vingt, vingt-cinq degrés**** sans trop perdre de leurs qualités. Selon tous les spécialistes du genre, ces vins non stabilisés, éminemment fragiles, doivent impérativement être conservés à une température inférieure à 14°C (si l'on s'en tient au chiffre mis en avant par feu Marcel Lapierre) sous peine de partir en vrille.

 

Et c'est là que le bât blesse. Garder nos vins à 14°C, cela implique une multiplication des armoires de stockage réfrigérées mais aussi de système de conditionnement d'air de plus en plus massifs dans les chais, les restaurants et les boutiques. Tout cela est évidemment terriblement énergivore et donc terriblement polluant. Et aboutit donc à cet étonnant paradoxe qui fait du vin « nature » un des pires ennemis de la Nature. Cela doit-il nous empêcher d'en boire? Je ne crois pas, il y a d'autres « gisements d'économie », mais il est intéressant de mesurer de la conséquence de chacune de nos décisions quotidiennes. »

 

Un élève de CM2 nul en arithmétique démonterait, chiffres en main, le soi-disant paradoxe avec la même facilité qu’il le ferait avec ses Lego.

 

Toujours la paille et la poutre… quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage…

 

Laissons-là ces broutilles sans grand intérêt sauf pour l’intéressé.

 

La petite musique, qui monte qui monte, de la petite bande des vignerons des vins nus irrite les oreilles de ceux qui sont assis sur le couvercle de la cuve. Ça les emmerde car ça mets à mal le verrouillage de la dégustation des aveugles. Ça les exaspère comme un grain de sable dans leur godasse. Ils gigotent, se tortillent en tous sens, tempêtent et pourtant les communicants de leurs zinzins interprofessionnels, en mal de recherche de notoriété, ce pourquoi ils sont payés, lorgnent, louchent, lorgnent vers ces déviants.

 

Isabelle Perraud, du domaine cotes de la molière, qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui dégaine sur les réseaux sociaux plus vite que Lucky Luke, nous conte son aventure qui confirme mon analyse initiale. ICI et ICI 

 

« Il y a quelques semaines, nous avions été contacté par l’agence de com de l’Inter Beaujolais pour nous demander si nous serions d’accord afin qu’ils tournent un film chez nous au moment des vendanges pour, selon leur propre mots, remonter l’image du beaujolais… (Me demandez pas ce que c’est que L’inter Beaujolais, je n’y ai jamais rien compris. Y a les vignerons d’un côté et le négoce de l’autre mais les uns ne peuvent pas se passer des autres qui disent que c’est la faute des uns et les autres qui disent que c’est la faute des autres… Qui est responsable de quoi et avec qui? Ma foi, je n’en sais rien).

 

Revenons à nos moutons :

 

Mon étonnement fût étonnamment grand ???

 

Et mon incompréhension totale.

 

En fait je me demandais s’ils savaient bien à qui ils s’adressaient?

 

Ils s’étaient sans doute trompés de numéro de téléphone?

 

Non.

 

C’était nous. Les Perraud. Nous, qui voyons nos vins refuser aux agréments tous les ans (oui, TOUS)

 

Ce n’est pas l’Inter Beaujolais qui donne les agréments. Evidemment.

 

Mais si je parle de la non-conformité de mes vins, c’est parce que je ne comprends pas pourquoi on veut mettre en avant un vigneron qui a des vins non conformes à l’appellation pour remonter l’image du beaujolais?

 

Et que si cette conformité ou non n’a pas tant d’importance que ça… pourquoi existe-t-elle?

 

C’est sûr qu’aujourd’hui, vaut mieux être, comme nous, parmi la minorité qui perturbe que parmi la majorité qui souffre.

 

Parce qu’en Beaujolais, la majorité souffre.

 

Les vins « naturels », c’est vrai, c’est un concept vivant, une manière de le dire et de le vivre.

 

Dire qu’on n’est pas d’accord.

 

Avec nos vins.

 

Je défends le Beaujolais, tout le Beaujolais, tous les jours, avec passion et conviction

 

Comme Isabelle, dans la difficulté je me suis mobilisé pour le Beaujolais dès 2010 Opération Beaujolais «Grand Corps Malade» : constitution d’une «Task Force» 

 

Dès cette époque Isabelle me déclarait avec sa conviction et sa fougue habituelle :

 

« On est fort en beaujolais: on continue à parler de nous, même quand la crise est au plus fort, quand on dit que plus personne ne veut acheter du beaujolais! Ça fait presque 20 ans que la crise est arrivée dans notre région. On n'a pas voulu la voir faisant une confiance aveugle aux négociants et étant persuadé que le consommateur ne pourrait pas se passer de boire de Beaujolais... Et ça m'énerve aussi un peu quand j'entends les vignerons des crus qui accusent le Nouveau d'être la cause de leur malheur. Ils n'avaient qu'à se bouger un peu...réagir quand le beaujolais avaient encore la cote...au lieu de ça on déclassait des beaujolais villages ou des crus en Nouveau! Et oui, parce qu'en beaujolais, les rendements autorisés étaient supérieurs... » Et de conclure : « Arrêtons de compter sur les autres pour s'en sortir? Il faut que chacun se sente enfin responsable de sa cave et de son vin et prenne le courage de mettre son nom sur la bouteille et d'aller le vendre. Arrêtons de se justifier d'être en beaujolais. Soyons fier de notre région, de nos vins. Jamais je n'ai à m'excuser d'être en beaujolais : c'est à prendre ou à laisser! On y trouve des vins magnifiques de fruit, de fraîcheur et de caractère. Vive le beaujolais! »

 

Étonnant non !

 

Là se situe le vrai paradoxe : comment peut-on mettre en avant dans un petit film, les vignes bio des Perraud, travaillées et enherbées. « Parce que ça passe mieux à l’écran. Faut de l’herbe, mais pas trop. Mais y en faut un peu. C’est mieux pour l’image. » note malicieusement Isabelle et rejeter de l’appellation les vins qu’ils ont fait avec leurs beaux raisins sains ?

 

C’est un peu comme si les communicants de notre grosse Éducation Nationale mettaient en avant des élèves qui ne suivraient pas les chemins balisés par les programmes scolaires, la pédagogie normée, qui auraient de bons résultats mais n’en seraient pas pour autant récompensés par le diplôme officiel.

 

Étonnant non !

 

Je comprends et je partage la juste colère d’Isabelle face à une telle hypocrisie.

 

Alors Isabelle et Bruno, comme beaucoup d’autres vignerons, tenir bon, faire front, résister, certes c’est difficile, mais la satisfaction du travail bien fait, reconnu et apprécié par les seuls qui comptent : les consommateurs de vos vins qui ne suivent pas les autoroutes ordinaires, mais les charmants chemins de traverse, est une puissante motivation.

 

L’initiative d’Inter Beaujolais est un premier aveu de faiblesse, le front se lézarde, le bloc monolithique s’effrite, le jour va venir où les ouvriers de la 25e heure vont voler au secours du succès et là, je le crains, d’autres ennuis seront au rendez-vous.

 

Mais n’anticipons pas nous sommes aujourd’hui le jour de la libération du fameux du Beaujolais Nouveau : le 3e jeudi du mois de novembre, alors foin des dégustateurs niveleurs, héritiers de ceux qui ont précipités le Beaujolais dans l’ornière, tous à nos tire-bouchons !

 

L’an dernier au Lapin Blanc c’était le beaujolo nouveau du petit Téo que nous débouchions : Isabelle à un beau cœur c’est aussi pour ça que nous l’aimons autant que son vin…

 

Place à la fête des grands cœurs !

 

« Déguster, c’est comparer, c’est donc à la base connaître.

 

Pour connaître, il faut multiplier ses investigations en observant, en notant ses impressions. Mais il faut aussi savoir que nos sens sont imparfaits, et que pour les rendre fidèles, la volonté, l’attention sont indispensables. Les temps aidant, car l’expérience est longue, la dégustation réfléchie procure au dégustateur, s’il porte en lui l’amour du Beau, du Vrai et du Vin, la joie profonde de pénétrer dans ce domaine où la nature se plait à concentrer son Génie »

 

Jules Chauvet

 

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 06:00
De sang-froid : l’exécution d’Aldo Moro par les Brigades Rouges

Ce matin-là, il a enlevé le survêtement de gymnastique et a revêtu le costume sombre qu’il portait le 16 mars (jour de son enlèvement)

 

- J’étais là, Moro n’avait pas à me dire adieu…

 

- … Moro savait qu’il avait été condamné à mort, il était au courant de l’ultime tentative, il savait qu’il n’y avait pas eu de réponse, il savait que c’était la fin. Il n’a pas été trompé. Je lui ai dit de se préparer parce que nous devions sortir. Vous n’imaginez pas ce que quelqu’un peut éprouver en pareille situation. J’avais beau me dire qu’il s’agissait d’une décision politique, qu’elle était inévitable, que nous l’avions prise collectivement, que nous n’étions pas responsables s’il n’y avait pas eu de négociation… Le temps de la réflexion était arrivé à son terme. Quelqu’un devait maintenant prendre une arme et tirer.

 

- Vous ?

 

- ​Oui.

 

- … J’en parle pour la première fois, je ne l’ai jamais fait, pas même avec mes camarades. Ce n’était pas dans nos habitudes. Mais cette fois-ci, c’est différent. Il ne me semble pas juste de laisser indéfiniment le poids de cela sur d’autres personnes, même si politiquement et judiciairement ça ne compte. Quand j’ai décidé de faire avec vous ce travail sur les années de la lutte armée, j’ai décidé, en même temps, que je ne me tairais plus sur rien et que je prendrais mes responsabilités pour ne laisser non seulement aucune zone d’ombre, mais pour qu’aucun élément important ne soit encore dissimulé dans cette histoire. Les camarades qui ont les mains propres… ils ont bien de la chance de s’en être sorti comme cela. Pour ma part, j’ai bien plus de respect pour ceux qui ont pris la responsabilité de frapper quand il avait été décidé de frapper, de tuer quand il avait été décidé de tuer, bref, ceux qui ont endossé la responsabilité des actes d’une guerre assumée, mais aussi le poids des blessures dont ils ne se débarrasseront pas pour le restant de leur vie. Et c’est bien qu’il en soit ainsi.

 

- Pour vous aussi, c’est comme cela ?

 

- ​Voudriez-vous que tout cela ne m’ait pas marqué ? Je porte ce passé en moi, et je le revendique même, il m’appartient autant que tout le reste. On en parle parce que ça concerne Moro, mais que croyez-vous, cela a également été lourd à porter pour les autres, de tirer via Fani (là où Moro a été enlevé). Pour moi, cela a même été pire, parce que Moro, je le connaissais, j’avais passé cinquante-cinq jours enfermé avec lui… Les agents de son escorte, nous ne les avions jamais vus en face. On dit souvent que la mort d’un ennemi anonyme est supportable, allez savoir si c’est vrai...

 

- Même si c’est vraiment, ce n’est pas juste.

 

- C’était une guerre. Si cela avait été possible, si la plus petite ouverture s’était présentée, nous aurions épargné Moro. Je suis en paix avec cet homme.

 

- Vous êtes en paix avec toute cette histoire ?

 

- Je n’ai pas de regrets, je n’oublie pas. Je n’oublie pas non plus que de nombreux camarades sont morts. Que je m’en sois sorti vivant est un hasard, j’avais mis ma mort dans la balance de la même façon que celle que nous infligions aux autres. Je n’ai jamais laissé reposer sur personne d’autre une responsabilité que je n’aurais pas prise moi-même. Cela peut sembler bien peu de chose mais cela aide dans une histoire où tout le monde a laissé pas mal de plume.

 

- Cela vous pèse d’en parler ?

 

- Vous le voyez, je réussis à le faire avec plus d’objectivité que d’autres. Je pense que c’est parce que je ne cherche pas à en retirer quoi que ce soit. J’ai déjà fait treize ans de prison, je pense qu’une amnistie devrait libérer tous les camarades qui sont en prison ou à l’étranger. Mais si cela n’arrive pas, je ferai le reste de ma peine. Il y a pire que d’être en prison.

 

- Qu’est-ce qui est pire ?

 

- Perdre sa propre identité, renier ce qu’on a été, se démener pour paraître différent de celui qu’on a été.

 

 

Texte intégral 

 

Moretti a été condamné à la prison à vie. Après 15 ans de prison, un régime de semi-liberté lui a été accordé en 1998.

 

LE MONDE DES LIVRES | 25.11.2010 à par Robert Solé

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 08:50
Scène de panique dans les environs de la place de la République à Paris, le 13 novembre 2015 (AFP / Dominique Faget)

Scène de panique dans les environs de la place de la République à Paris, le 13 novembre 2015 (AFP / Dominique Faget)

Dans le fil de la triste journée d’hier deux textes ont retenu mon attention, je vous les propose.

 

J’y ajoute un témoignage et la liste non exhaustive de nos morts.

 

- 1 Commentaire sur le site NYT 

 

« La France représente tout ce que les fanatiques religieux du monde détestent : profiter de la vie sur Terre de plein de petites manières différentes : une tasse de café parfumé avec un croissant au beurre, de belles femmes en robes courtes qui sourient librement, l’odeur du pain chaud, une bouteille de vin partagée avec des amis, un peu de parfum, des enfants qui jouent au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en Dieu, ne pas s’inquiéter des calories, flirter et fumer et profiter du sexe hors mariage, prendre des vacances, lire n’importe quel livre, aller à l’école gratuitement, jouer, rire, se disputer, se moquer des religieux comme des hommes politiques, laisser l’inquiétude sur ce qu’il y a après la vie aux morts. Aucun pays sur Terre ne vit sur Terre mieux que les Français. Paris, nous t’aimons, nous pleurons pour toi. Tu pleures ce soir, et nous sommes avec toi. Nous savons que tu riras encore, chanteras encore, feras l’amour et guériras, car aimer la vie est en ta nature. Les forces des ténèbres reflueront. Elles perdront. Elles perdent toujours. »

 

- 2 Le point de vue de Dominique Faget photographe de l’AFP basé à Paris « Guerre et Guerre »

« Ces derniers jours, j’entends beaucoup parler de « scènes de guerre », de « situation de guerre », de « médecine de guerre ». Mais il faut tout de même relativiser. Ce vendredi 13 novembre, nous assistons à Paris à une série d’attentats terroristes, à des massacres aveugles, aux plus graves événements que la capitale française ait connus depuis la Libération. Mais ce n’est pas la guerre.

 

La guerre, comme celle que j’ai couverte au Liban, au Tchad, ou beaucoup plus récemment dans l’est de l’Ukraine, c’est vivre dans une peur quotidienne de la mort, avoir sans cesse l’impression d’être en sursis, n’être en sécurité nulle part. C’est voir chaque jour des gens tomber autour de soi, sous les balles et les obus qui pleuvent sur des villes entières, et les cadavres joncher les trottoirs sans que personne n’ose les ramasser. La guerre, c’est quand on risque à chaque instant de se retrouver à la merci d’un tireur isolé, d’un fou, ou d’un de ces innombrables voyous armés qui sillonnent sans contrôle la plupart des zones de conflit du monde. C’est quand on ne peut pas compter sur la police pour assurer sa sécurité, quand des milliers de réfugiés se lancent sur les routes. La médecine de guerre, c’est quand on doit amputer à la hâte un membre qu’on aurait pu sauver dans des circonstances normales.

 

Alors oui, dans un sens, c’est la guerre. La France est en guerre contre le terrorisme. Le groupe Etat islamique nous a déclaré la guerre. C’est une guerre au sens politique du terme, et sous le coup de l’émotion beaucoup de gens peuvent être tentés d’utiliser ce mot pour parler de la situation dans Paris ce 13 novembre.

 

Mais contrairement à ce qui se produit dans une vraie guerre, la police et les services de secours peuvent ici faire leur travail, établir des périmètres de sécurité, protéger les passants, soigner les blessés, évacuer les morts sans qu’ils restent à l’abandon des jours durant dans la rue. Même au cœur de cette nuit du 13 novembre, la plupart des bistrots et restaurants restent ouverts et, partout ailleurs dans la ville, la situation est normale. Deux jours après le drame, la vie a repris son cours. On assiste parfois à des scènes très dures, émouvantes, mais une fois que les attentats sont passés la situation ne présente plus aucun danger. Alors qu’une guerre, c’est tout autre chose. Pour ne parler que de nous, journalistes, ce sont les gilets pare-balles qui pèsent une tonne et les casques que nous devons porter dès que nous mettons le nez dehors, et la crainte permanente d’être pris pour cible.

 

Alors non, aussi tragiques que soient les attentats de Paris, je n’aime pas parler de guerre. La guerre, ce serait par exemple si de tels attentats se produisaient tous les jours pendant des semaines. C’est sans doute ce que souhaitent ceux qui ont causé cette tragédie. Mais ce n’est heureusement pas le cas.

 

 

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 06:00
À l’aveugle, tel Bob Parker, je note 100/100 la saison 2 de Mimi, Fifi & Glou Glou, ça goûte bien !

J’aime les surprises et plus encore les bonnes surprises, alors je ne boude pas mon plaisir en déclarant que le tome 2 de l’opus de Michel Tolmer m’a très heureusement surpris. Au lieu de se contenter de surfer sur ce qui avait fait le succès du premier album l’auteur se renouvelle, ouvre le champ de sa belle ironie parfois féroce, met avec justesse le doigt là où certains n’ont pas forcément envie qu’on le mette, accorde une plus large place aux filles : Mimie, Fifie & Louloute qui dament le pion aux 3 mecs bien prétentiards, en un mot comme en cent, c’est de la belle ouvrage de précision.

 

J’adore les métaphores :

 

- C’est comme une sieste sous un tilleul en été !

- C’est précis, rythmé, presque mécanique. On dirait une partita de Bach par Glenn Gould.

 

- Et là, whâ, la puissance !

- Comme un revers à deux mains de Rafael Nadal !

- Ou un crochet de Mike Tyson !

 

- Et ça, ça doit être un vieux millésime.

 

​- On est dans le côté majestueux.

- Genre coucher de soleil sur le sommet des Alpes.

 

- Ouh là ! Celui-ci est très différent !

- Plutôt une crevaison sur le périph un soir d’hiver… une partita de Bach jouée par Mike Tyson…

- Une saisie d’huissier au petit matin…

Ha les filles ! Rosses...

 

- Non mais vous avez vu comment elle se la pète ? !!

- Hallucinant !

- Dégoûtée.

- Vous avez entendu ce qu’elle a dit sur les vins nature ?

- Moi je ferais profil bas.

- Surtout avec le nombre de conneries qu’elle a sorties en une demi-heure !

- Quand je pense qu’elle fait rêver tous les mecs dans le milieu !!!

- Forcément, une nana mignonne comme ça…

- Attends, tu la trouves jolie, toi ?

- Quand même, tu ne peux pas dire qu’elle est moche !

- Ouais..?

- Non ? Tu la trouves comment ?

- Oxydée.

 

Les j’entrave que dalle au baratin...

 

1ier épisode

 

- Alors, c’était intéressant ?

- Il m’a raconté une histoire d’indigènes qui seraient devenus alcooliques en arrivant à Saint-Malo, j’ai pas tout compris !

 

2ième épisode

 

- J’étais avec un vigneron ce week-end, très sympa, un mec qui se foule pas, très cool tu vois… Il dit que le vin, c’est pas la peine de chercher à piger […] D’après les informations que j’ai réussi à lui soutirer, il presse chaque goutte séparément avec beaucoup de gravité ! […] Dans la vigne, tu peux te faire griffer plusieurs fois par an ! Des mecs se sont fait buter, tout ça pour de l’herbe !

Le saillie culte au Lapin versus Stéphane des Oiseaux Tempêtes...

 

C’est propre !

Le Plan large de la Dive : tout y est dit… hilarant

 

Achetez l’album pour le voir c’est 22€ ICI

 

 

J’adore le touché de bouche, c’est juste incroyable.

 

Un petit reproche : quand on nomme on nomme…

 

- Puisque tu t’intéresses au vin, je vais te faire goûter un super petit vin blanc : Domaine du Trafiquet !

Le château Laffette-Dusselipe ça ne m’inspire pas ! Bien sûr, y’a les avocats…

 

Le Pur et Dur est croqué avec de belles dents…

 

Même motif, même punition : achetez pour voir comme au poker !

 

Merci à Michel Tolmer pour sa dédicace : « la dégustation est un sport de combat. Mais je me suis entraîné ! »

 

Comme vous le savez la dégustation, à l’aveugle qui plus est, je ne pratique pas, j’suis un ramier j’ai horreur de m’entraîner… alors je me contente de boire… ignorant que je suis… mais le Tolmer saison 2 ça goûte bien comme disent les petites louves et les petits loups naturistes…

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 07:00
La rue assourdissante autour de moi hurlait/Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse/Une femme passa, d'une main fastueuse/Soulevant, balançant le feston et l'ourlet…

Comme j’ai du mal avec mes mots j’ai convoqué ceux de Baudelaire.

 

Ma tristesse infinie, cette tristesse plus que personnelle que j’appelle «le Grand Deuil», elle est fichée en moi, souvenir de ma petite enfance passée entourée de ma grand-mère Marie et de sa sœur la tante Valentine toujours vêtue et résillée de noir. Bien plus tard, mon vieil ami, Jacques Geliot, portant le deuil éternel d’un fils trop disparu, portait chaque jour sur sa chemise blanche une cravate noire.

 

 

Nos morts, nos blessés, nos estropiés…leur famille, leurs proches, leurs amis…s’incliner… porter le crêpe à la boutonnière… signe muet d’un deuil éternel… inextinguible… et puis marcher dans la rue… s’asseoir à une terrasse… entrer dans une salle de concert… vivre… rire… boire...chanter… danser… aimer…

 

PARTAGEZ S'IL VOUS PLAIT, ELLE A SEULEMENT 17 ANS !

 

 

 

Convoquer Baudelaire :

 

La rue assourdissante autour de moi hurlait

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse

Une femme passa, d'une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l'ourlet…

 

Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,

La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

 

Un éclair... puis la nuit ! — Fugitive beauté

Dont le regard m'a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

 

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être!

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

 

Charles Baudelaire Fleurs du mal

 

L'opéra de New-York joue la Marseillaise avant Tosca

 

L'orchestre du prestigieux Metropolitan Opera de New York a joué La Marseillaise avant la représentation de l'opéra de Puccini Tosca, pour rendre hommage aux victimes des attentats perpétrés à Paris. Les paroles de l'hymne national français ont été distribuées aux spectateurs, comme le montre l'un d'eux sur Twitter.

 

 

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 06:00
Les faisous et les disous : « A-t-on jamais vu une marmite commencer à bouillir par le couvercle ? Non, mais toujours par le fond ! »

« Un autre monde est en marche. Beaucoup d’entre nous ne seront pas là pour assister à son avènement. Mais quand tout est calme, si je prête une oreille attentive, je l’entends déjà respirer !»

 

Arundhati Roy, jeune romancière indienne

 

Le 11 novembre sur France Inter, aux heures matinales, j’ai réentendu la voie de Paul Houée.

 

Dans le pays gallo, en Haute-Bretagne, on distingue les « disous » des « faisous ». Sauf qu'il y a des disous qui sont aussi des faisous. C'est le cas de Paul Houée. Sa parole a entraîné vers la vie « un pays qui ne voulait pas mourir ». Toute sa vie professionnelle et militante a été un engagement solidaire avec les compatriotes de sa terre natale, le Mené.

 

Le Dire et le Faire renvoie à une citation des Essais de Montaigne: « C'est une belle harmonie quand le dire et le faire vont ensemble »

 

« Tous les discours n'avancent point les choses : Il faut faire et non pas dire. » Molière ; Dom Juan ou le Festin de pierre, II, 4 (1665)

 

« Il importe plus de délibérer sur ce qu'il faut faire que sur ce qu'il faut dire. Nicolas Machiavel ; Discours sur Tite-Live (1512-1517)

 

Qui est Paul Houée ? 

 

« 1965. Jeune prof de sociologie, originaire de St Gilles-du-Mené, Paul Houée, un bosseur, déjà grand voyageur avide de connaître le monde, mais proche des gens de son canton d’origine, avec lesquels il est toujours prêt à partager une bolée, sans se prendre au sérieux, publie sa thèse : «Développement et coopération agricole en Bretagne centrale». Cette année-là, aussi, il participe sous la conduite d’Henri Desroche professeur à l’EHESS de Paris à un colloque en Israël sur l’éducation coopérative. Il se dit : « Ce qu’ils ont fait dans le désert, pourquoi ne pourrait-on pas le faire dans les landes de mon pays, le Mené ? »

 

C’est dans cet état d’esprit qu’il rend compte de son travail à base d’enquêtes participatives, à ses compatriotes au cours de l’été 1965 : près de 8 000 d’entre eux viennent en débattre. « Surprise ! » dit-il. Mais le mot est faible si on essaie de s’imaginer ce que représente un tel évènement pour ces jeunes ruraux. Jusqu’ici personne ne les écoute. Maintenant on entend leurs idées et leurs propositions sont prises au sérieux. Ça pourrait passer pour de l’action subversive mais telle n’est pas l’intention de Paul Houée : « Mes propos, sans doute, rejoignent « les nappes phréatiques » de l’histoire et de la sensibilité de cette population ».

 

Et de ce fait, « le Mené prend la parole ». L’un des anciens, d’ajouter : « Sans être du même bord politique, on a pu abattre les barrières et travailler ensemble. » À la longue, Paul Houée en tire cet enseignement : « Les hommes et les groupes qui trouvent dans l’intelligence de leur passé, la signification de leur présent, sont mieux armés que d’autres pour inventer leur avenir. »

 

« A-t-on jamais vu une marmite commencer à bouillir par le couvercle ? Non, mais toujours par le fond ! »

 

Le Printemps du Mené 

 

En 1965, à son initiative, se crée le Comité d'expansion du Mené. La même année, le 25 décembre, cent cinquante jeunes ruraux sont réunis en assemblée générale à Collinée. Sous la bannière de «Mené jeunesse», ils veulent, eux aussi, prendre part à l'élan que le sociologue veut donner au territoire.

 

Ce qu'on nommera le Printemps du Mené deviendra un modèle pionnier de développement local et reconnu au plan national. « Michel Rocard, Premier ministre, avait dit : « Nous avons tous un petit morceau du Mené en nous ! », se rappelle Paul Houée.

 

Sur sa table à manger, un dossier sur le Mené en 2025, réalisé par la communauté de communes. « Il faut continuer à s'appuyer sur ce socle de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Et apporter de la valeur ajoutée à notre agriculture en la diversifiant. Ne nous laissons pas manger par la métropole. La campagne a un rôle à jouer. »

 

 

Paul Houée : « Le Mené, un pays qui se prend en main » face aux élèves de première technologie de la Ville-Davy il y a quelques jours.

 

« Un nouvel élan a été donné autour de quatre ressources locales, rappelle Paul Houée. Le vent, l'eau, le lisier et le bois sont aujourd'hui des bases fortes de notre développement économique. Le champ d'éoliennes, dont une partie de l'investissement est assurée par 137 familles de la région, en complément de capitaux américains, est une réelle réussite avec Geotexia, la transformation du bois en énergie, ou les maisons solaires. » 

 

Paul Houée est un faisous.

 

J’aime les faisous !

 

Je me méfie beaucoup des bavous, ils sont légion sur les réseaux sociaux, avec à leur tête le petit disous bavous qui, au-delà des Pyrénées, passe son temps à longueur de lignes à nous traiter de cons, de minables, de fainéants, de coincés du bocal, d’hypocrites, de buveurs de vins nature massacreurs de la nature (sic) Le vin «nature», pire ennemi de la Nature ? … de Français quoi… en se lamentant sur la disparition des petits commerçants du village qu’il a quitté depuis longtemps, tout en masquant le vide sidéral de sa pauvre pensée avec des photos chiadées (en ce moment moins de femmes à poils, plus de clichés scientifiques).

 

Un peu de modestie ne saurait nuire aux disous de la Toile, qui savent tout, expliquent tout, feraient tout mieux que tout le monde…

 

Laissons-les de côté, attachons-nous au destin des Paul Houée…

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 06:00
Le «financement par la foule» mariage finance&réseaux sociaux, participatif&démocratique de pour l’édition française de Patrick McGovern « La Naissance de la vigne et du vin »

Les lignes bougent, ça part dans tous les sens, les Échos écrivent « Menacées par les start-up de la finance et le « crowdfunding », les banques courent un risque majeur : celui de la marginalisation. Autre source d'inquiétude : les exceptions au « monopole bancaire » en vertu duquel seules les banques peuvent accorder des prêts se multiplient. »

 

Le « financement par la foule » mariage entre la finance et les réseaux sociaux, un type de financement participatif et démocratique :

 

« Les petits ruisseaux font les grandes rivières. » Autrement dit, les petites participations – dons, prêts ou investissements en capital – mises bout à bout permettent à des entrepreneurs, des inventeurs, des ambitieux de voir grand, de réaliser leurs rêves et de participer ainsi à l’essor économique du pays.

 

Une plate-forme de crowdfunding permet beaucoup plus qu’une levée de fonds, elle donne la possibilité à un entrepreneur de tester son idée, avant de la développer en lui donnant une visibilité auprès de la communauté des internautes, tout en veillant bien sûr à ne pas divulguer les informations confidentielles.

 

À qui profitent ces financements ?

 

« Un jeune entrepreneur de vingt-deux ans qui n’a pas d’apport personnel, pas de garanties à offrir, pas de connections, trouvera difficilement son financement auprès des banques, même s’il est diplômé et porteur d’une idée géniale. Il faut l’admettre. Les banques accompagnent plus difficilement cette phase, prometteuse mais très risquée, de l’amorçage d’une toute jeune entreprise. En revanche, ce même entrepreneur pourra bénéficier d’une levée de fonds suffisante pour développer son projet en passant par une plate-forme de crowdfunding, les risques étant mutualisés sur un nombre important d’individus et donc limités. En investissant 10 euros sur 100 projets différents, on perdra peut-être sa mise dans 40 projets, mais on peut la multiplier par 10 ou 100 dans d’autres. »

 

« Ce financement remplace le financement familial, amical, ce qu’on appelle le love money et qui donne un coup de pouce aux jeunes entreprises. Même si, à ce stade, ce modèle ne cannibalise pas les banques, ces dernières auraient tout intérêt à le considérer et à s’en inspirer. On peut tout à fait imaginer qu’elles proposent à leur tour ce service à leurs clients. Elles auraient même avantage à le faire, car les plates-formes de crowdfunding vont se multiplier pour répondre à des besoins économiques réels. »

 

Qui sont les investisseurs 2.0 des plates-formes de crowdfunding ?

 

« En 2014, un sondage de l’institut Adwise les a passés au crible. 7 % des Français interrogés ont déjà participé à une campagne de financement participatif. Parmi eux, des hommes principalement (57 %), jeunes – la plupart ont moins de trente-cinq ans – et urbains (60 % vivent dans des communes de plus de 200 000 habitants). Ils appartiennent aux classes moyennes – 24 % ont des revenus entre 24 000 et 36 000 euros. Ces derniers n’ont donc pas grand-chose à voir avec l’investisseur tel qu’on l’a beaucoup caricaturé, avec son haut-de-forme et son gros cigare... »

 

Quelles sont leurs motivations ?

 

« Une affinité avec les valeurs du porteur de projet (91 %) et l’envie de croissance de 1,4 milliard par trimestre ! Même si l’essor de ce nouveau modèle est encourageant pour l’économie, il l’est aussi sur un plan symbolique : il rapproche les particuliers de la finance et de la vie des entreprises, ce qui est très sain. »

 

« Le crowdfunding passera certainement par des bulles et des crises, mais il est voué à un bel avenir. »

 

Extrait de Changeons la banque ! - Plaidoyer pour une banque qui rend plus autonome, de Benoît Legrand, publié aux Editions Cherche-midi, 2015.

 

 

Jean-Paul Barriolade des éditions Libre & Solidaire qui a pu financer la réédition du Dictionnaire des cépages de Pierre Gallet grâce à la plate-forme de crowdfunding fundovino m’écrit :

 

Bonjour,

 

Nous avons besoin d’un coup de pouce sur deux projets auxquels nous tenons beaucoup :

 

- - L’ouvrage de Patrick McGovern Naissance de la vigne et du vin

 

- - La revue Autonomia.

 

Ces deux projets sont passionnants et vraiment originaux, mais comme vous pouvez vous en douter ils demandent une mobilisation d’énergie, de temps et d’argent très importante. Aussi pour cela nous avons engagé deux financements participatifs :

 

Fundovino pour Naissance de la vigne et du vin 

 

Kisskissbankbank pour Autonomia 

 

C’est pour cela que nous avons besoin d’un coup de pouce et nous vous sollicitons pour que vous relayiez l’information auprès de vos réseaux et de vos contacts en insistant sur l’intérêt de ces deux projets.

 

Merci pour votre soutien.

 

Bien amicalement.

 

« La publication de La Naissance de la vigne et du vin est un projet dont la réalisation implique de nombreuses étapes. Comme le montre le graphique ci-dessus, l’argent que nous récolterons nous permettra de financer tous ces aspects.

 

Il nous a paru indispensable de traduire cet ouvrage, le seul qui allie recherches archéologiques et sciences contemporaines pour nous donner une vision la plus exhaustive possible de l’origine de la viticulture.

 

Le but que nous avons fixé à cette campagne est de 3 800 € ; c’est le montant minimum nécessaire pour réaliser ce projet. Toutefois, la somme des coûts divers dépasse largement ce montant… C’est pourquoi nous cherchons à atteindre le second palier de 7 600 €. Cela nous permettra de compléter les frais de fabrication ‒ afin d’atteindre notre seuil de rentabilité ‒ et d’augmenter notre tirage et de faire une promotion importante pour que l’ouvrage puisse être connu d’un plus large public.

 

A propos du porteur de projet :

 

Patrick McGovern dirige le laboratoire d'archéologie moléculaire de l'Université de Pennsylvanie. Il utilise dans ses recherches l'archéologie moléculaire - technique émergente d'analyse des traces laissées par l'activité humaine -, l'analyse génétique (analyse ADN) conjointement à l'étude des mythologies.

 

Son ouvrage a reçu plusieurs prix, dont le Grand Prix de l'Organisation internationale de la vigne et du vin.

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