Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /Juin /2007 00:27

Dallas, la saga des Ewing, JR et Bobby, Sue Ellen et Pamela... un univers impitoya...able... 

Lorsque je débarquais du TGV à Avignon-ville, lesté d'une lettre de mission lourde des sacs de noeuds de cette belle appellation qu'est Châteauneuf-du-Pape qui est aussi un village : déviation, POS, dégustation, classification et aussi une chicaïa sur la bouteille écussonnée, et que j'allais, d'un bon pas, rejoindre la DDA où l'on me confiait la ptite auto d'un ITA, je ne savais pas que, par-delà les treize cépages, on m'attendait au virage du village.

 

Faut dire qu'en ce temps-là, Elizabeth Guigou guignait Avignon et, que bien sûr, le préfet - qui aujourd'hui fait rouler le métro de Paris - me recevait avec tout le cérémonial du à mon rang pour me dire, sûr un air de bien entendu, de dénouer ce sac de noeuds, au mieux. Quand au maire, le rond Jean-Pierre Boisson, il m'attendait au virage tout en laissant le soins à ses affidés de m'enfumer. Faut dire que c'était un homme fort occupé par ses présidences multiples

 

Alors, ni une, ni deux, je m'immergeais dans les archives de l'appellation ; puis, je prenais ma plus belle plume et j'écrivais à tous les vignerons pour leur donner mon sentiment sur la situation ; puis j'attendis. J'aimais bien prendre le TGV pour Avignon. J'écoutais de l'opéra sur mon walkman. Je lisais. Je dormais. On me téléphonait. Y'avait les pour, les contre et les ni pour ni contre. Je baguenaudais. On me parlait. On se confiait. Je sentais que j'énervais les pour, que j'étonnais les contre et que les ni pour ni contre commençaient à se dire que, pour un parisien, j'étais peut-être moins con que j'en avais l'air.

 

Bref, j'étais sur le terrain. Je consignais tout tel un scribe : j'ai gardé mes papiers dans un gros dossier. Alors, ce matin, au lieu de vous ennuyer avec de vieilles histoires, pour vous égayer, je vais vous narrer trois anecdotes sur cette mission dans l'univers impitoyable du Châteauneuf-du-Pape de la fin du XXem siècle : le président met son vin en bouteille ; le président sort du chapeau et les hommes du président encerclent la salle Dr Dufays.

 

1- Le président met son vin en bouteille: Faire déjeuner ensemble les présidents des deux syndicats semblait à ma portée. L'un me dit oui d'emblée. L'autre tergiversa, consulta sans doute, discuta protocole, puis accepta. Le jour dit je quittai Paris joyeux. A Châteauneuf le ciel était bleu. Vers midi un émissaire du président hésitant pointa son nez pour me déclarer qu'à son grand regret le président ne pourrait m'honorer de sa présence à ce déjeuner car " il mettait son vin en bouteille " sic. La moutarde aurait pu me monter au nez mais, comme me le conseillait mémé, je tournai trois fois ma langue dans ma bouche avant de parler et je me tus. C'était bien vu. Le président qui mettait son vin en bouteille venait de me donner du grain à moudre...

 

2- Le président sort du chapeau : Et ce grain, petit pochon de rien, un fois moulu fut les statuts d'une association de dégustation, écrits de ma blanche main, où chacune des factions, sans baisser son pantalon, acceptait une petite union. A la veille de Noël, dans la salle du château, après les votes d'usage dans les associations, face à l'assemblée j'ai tiré d'un chapeau le nom du premier président de l'association et j'ai repris ma petite auto sans même boire un coup après tant d'émotion. Normal, si on m'avait fait souffler dans le ballon ça aurait été la consternation dans une aussi belle appellation...

 

3- Les hommes du président encerclent la salle Dr Dufays : Mais ce n'était pas fini. Les hommes du président qui mettait son vin en bouteille veillaient au grain, discutaient ferme les virgules et les points et même qu'un jour, alors que j'étais à Paris, on me dit sur mon petit téléphone gris qu'une poignée d'entre-eux bloquait la salle Dr Dufays où les deux partis tentaient de mettre en oeuvre mon compromis. Ni une, ni deux j'appellais la maréchaussée, faisait état auprès d'elle de mon onction du préfet, à l'autre bout du fil je sentais un ange passer et pourtant ils y sont allés. Les assaillants s'étaient repliés et la nuit tombait sur Châtauneuf-du-Pape. L'ordre régnait à nouveau et moi je savais que je n'irais plus avec ma petite auto faire le zygoto sous les voutes du château...

Un grand bonjour à mes lecteurs de Châteauneuf-du-Pape...  

  Alain Jaume était le président qui ne mettait pas son vin en bouteille www.domaine-grand-veneur.com et qui fut encerclé par les hommes du président qui mettait son vin en bouteille...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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