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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 00:08
Pour ce lundi de Pentecôte sauvé des griffes de l'homme aux saillies molles, oublié de tous, je vous transmets un peu de culture via ce courrier reçu de Nicolas Boulard, fils de notre ami Francis Boulard www.francis-boulard.com . Belle initiative que son Clos du Frac. Bonne lecture ! 

 

Chers amis,

Le dimanche 23 mai au Frac Alsace, dans le cadre du Festival "Nouvelles", je donnerai une conférence intitulée "Specific Cheeses" sur les liens entre les formes de l'art minimal et les formes des fromages. La conférence sera suivie d'une dégustation. Cette conférence est en relation avec le lancement du projet de jardin que j'ai conçu pour le Frac Alsace  (voir plus bas) 
 
"Une journée particulière" au Frac Alsace dans le cadre du Festival Nouvelles : dimanche 23 mai à partir de 12h15 jusqu'à 17h30 (sur réservation et payant)  12€ ou (15€ avec bus Strasbourg Sélestat (A/R) départ Place de l'Etoile à 11h15) Renseignements auprès du Frac Alsace : 03 88 58 87 55 ou Pole Sud : 03 88 39 23 40

avec
Nicolas Boulard
Guillaume Désanges
Prinz Gholam
Miet Warlop
Marjorie Burger-Chassignet et Galaad le Goaster Cie Somebody
 
Frac Alsace
Espace Gilbert Estève
Route de Markolsheim
67600 Sélestat
 
Par ailleurs, je vous invite à venir visiter l'exposition les élixirs de Panacée du 13 mai au 17 octobre 2010 Palais Bénédictine 110 rue Alexandre Le Grand 76400 Fécamp, France
00 33 (0)2 35 10 26 10
www.benedictine.fr
 
Enfin, vous pouvez lire le texte de la conférence "Une histoire européenne
du vin" que j'ai donné le Vendredi 18 décembre 2009 dans le cadre de Reims
Scène d’Europe - Anniversaire du Frac Champagne Ardenne
:
http://www.salocin.org/?Une-histoire-europeenne-du-vin
 

Clos du Frac


Clos du Frac
Vignes
1000 m2
Fond régional d’art contemporain Alsace
Sélestat
Projet en cours

Depuis 1999, le jardin du Frac Alsace est un lieu d’expérimentations artistiques en perpétuelle recréation. En 2010, ce jardin est planté de vignes d’après le modèle de Mouton Rothschild, vignoble réputé du bordelais.

Le jardin du Frac Alsace est le résultat de deux déplacements :

Un morceau de campagne est déplacé dans l’Agence Culturelle d’Alsace à Sélestat. L’architecture du lieu dialogue désormais avec ce vignoble.

Les cépages plantés dans le jardin du Frac ne sont pas ceux que l’on retrouve habituellement en Alsace.

Ce jardin prend pour modèle un vignoble très réputé de la région de Bordeaux : la Château Mouton Rothschild à Pauillac. Les vignobles du Bordelais sont une référence d’excellence et surtout un modèle de réussite économique. Dans ce que l’on appelle les vins du nouveau monde, le modèle bordelais sert de référence. Ainsi, on retrouve les cépages Merlot et Cabernet Sauvignon dans les vignobles Californiens, Chiliens, Australiens, Néo-zélandais et même dans des régions viticoles très anciennes qui sont en quête d’une nouvelle identité et qui s’adaptent aux marchés tel que la Géorgie, ou la Bulgarie.

Enfin, les conditions écologiques ont motivées la plantation des cépages bordelais en Alsace.

D’une part, les analyses de sol du jardin du Frac Alsace effectuées par le Laboratoire d’analyse microbiologique des sols ont déterminé que la géologie se prêtait tout à fait à la plantation de cépages de la région de Bordeaux.

D’autre part, les changements climatiques de ces 20 dernières années ont déplacés les climats de 200km vers le nord. Ainsi, le climat de la vallée du Rhône se retrouve aujourd’hui en Bourgogne et celui de la Champagne en Belgique. Cela a une influence certaine sur les vins et notamment sur le degrés d’alcool (nous voyons aujourd’hui des vins rouges proches des 16 %/Vol).

Le jardin du Frac Alsace porte désormais le nom de "Clos du Frac". Ce Clos sera cultivé de la manière la plus naturelle possible par des professionnels de la viticulture.


Avril 2010

- Plantation

 

parcelle 1 : 105 pieds de Cabernet Sauvignon

parcelle 2 : 190 pieds de Cabernet Sauvignon

parcelle 3 :

- 2 Merlot
- 5 Cabernet Sauvignon
- 8 Cabernet Sauvignon
- 11 Cabernet Sauvignon
- 15 Cabernet Sauvignon
- 18 Cabernet Sauvignon
- 21 Petit Verdot
- 25 Cabernet Sauvignon
- 28 Merlot
- 30 Merlot
- 32 Cabernet Sauvignon
- 31 Cabernet Franc
- 29 Cabernet Franc
- 26 Cabernet Sauvignon
- 22 Cabernet Sauvignon
- 20 Cabernet Franc

total : 618 pieds

Assistant d’installation : Eric Michaux
merci à John Mirabel et Alexandre Taillefert pour leur aide


Février 2010

- Sols au repos


Été 2009
- Parcelles en jachère


Mai 2009
- Délimitation des parcelles
- Semis de jachère


Novembre 2008
- Analyse du sol par le LAMS (Laboratoire Analyse Microbiologique des Sols) Analyses effectuées le 28 novembre 2008 par Claude Bourguignon et Lydia Gabucci - Bourguignon


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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 02:22

Le moment de surprise passé, sans mot dire, nous emboitions le pas de la vieille dame trainant ses savates, et dont le chignon de guingois ressemblait à une pièce-montée en déroute, pour nous rendre tout au bout d’un long couloir débouchant dans une véranda encombrée d’un capharnaüm de plantes et de statues de plâtre. Dans les bras de l’une d’elle un gros matou gris aux yeux orange nous toisait sans agressivité. Jeanne frissonnait. La vieille dame, toujours dans un français chantant, s’adressait au mur vert « Conrad, tu as des visiteurs... » et, se tournant vers nous, elle disait d’un air tendre « il devient de plus en plus sourd... » Le matou gris sautait de son promontoire pour venir se frotter aux chevilles de la vieille dame alors qu’émergeait de la masse des plantes un petite homme en blouse blanche dont les yeux de myope, surmontés de sourcils filasse d’un blanc resplendissant, nous observait avec un réel étonnement. Il s’avançait vers nous en souriant « si Emma m’appelle en français c’est que vous êtes Français... » De concert, Jeanne et moi l’assurions que oui, nous étions bien des Français. Conrad, pince sans rire, tout en nous serrant avec effusion la main, surtout celle de Jeanne, nous taquinait « même si mon plaisir est immense je ne permettrais pas de dire : quel bon vent vous amène car ici aucun vent n’est bon et, comme je pense que je dois au hasard votre venue c’est que vous avez des soucis » Nous approuvions. « Emma, voudrais-tu nous préparer du thé ? »

Nous passâmes dans un petit salon. Conrad, très disert, avant même que nous n’ayons exprimé la moindre demande, nous assurait qu’il ferait tout pour nous aider. « Je suis un ancien des Brigades Internationales. J’ai vécu plus de 10 ans en France et c’est là-bas où j’ai épousé Emma. Vraiment vous ne pouviez pas tomber mieux. Qui vous a amené jusqu’ici ? » Je repensai au rouquin qui nous attendait dehors. Conrad s’esclaffa lorsque Jeanne lui précisa que le gamin nous avait conduits chez lui parce que nous cherchions un docteur « Vous savez ici tout le monde est Her Doctor. Mais pourquoi diable cherchiez-vous un docteur ? L’un de vous est-il souffrant ? » Je le rassurai en expliquant que nous cherchions surtout un téléphone. Conrad chaussa ses lunettes qu’il avait jusqu’ici juché sur son front. « Vous ne seriez pas un peu flic sur les bords pour avoir l’idée de venir chez un médecin pour téléphoner. C’est astucieux. Vous savez j’ai tellement joué avec eux que je les lis à livre ouvert. Malheureusement ici nous n’avons même plus de flics mais rien que des mouchards, ça pullule, rien que des petits cafards qui grouillent. Si vous n’étiez pas tombé sur moi, même un homme ayant prononcé le serment d’Hippocrate aurait été capable de vous dénoncer. Tout le monde ici à peur, tout le monde ici crève de peur, nous sommes gouvernés par des petits hommes sans idéaux qui flattent les plus bas instincts. Ce pays, lorsque le gros Ours, pour des raisons que j’ignore, retirera sa grosse patte protectrice, s’effritera, se désagrègera, se désintègrera. Il ne restera rien. Même pas ce fichu mur... »

Emma avait fait entrer le petit rouquin qui s’empiffrait de gâteaux en buvant un soda. Je fis part de mon marché avec lui. Elle s’expliqua en allemand avec le gamin qui, le nez dans la crème, l’écouta sans broncher. Emma m’expliqua qu’il valait mieux que ce soit elle qui s’occupe de l’acquisition du fameux ballon car la détention d’un aussi gros billet vert par un gamin éveillerait les soupçons et le risque était grand que la police politique remonte la filière. J’en convins en ajoutant que nous désirions aussi que les risques qu’ils prenaient pour nous aient une contrepartie. Elle se récriait « Si vous voulez que Conrad vous fiche à la porte proposez-lui vos dollars. » Le dit Conrad plongé dans l’observation attentive des genoux de Jeanne restait de marbre. Quand je lui communiquais le numéro de Sacha il fronçait les sourcils et se récriait « mais c’est le préfixe des numéros du 103 de la Ruschestrasse. Qu’est-ce que vous voulez au juste ? Me compromettre ? Qu’est-ce qu’un vieux débris comme moi peut-il encore gêner ? Vous êtes qui ? » Je soupirai « un agent dormant des services français... » Il branlait sa belle tête « mais alors qu’est-ce que vous foutez ici en cavale ? » Jeanne prenait les devants « C’est à cause de moi ! » Cette seule déclaration rassurait le vieil homme qui se levait en m’enjoignant de le suivre « Venez ! Votre ami il mange à quel râtelier lui ? » Ma réponse ne parut pas le surprendre « Il n’en sait rien lui-même... »

 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 00:01

Tom 7630

 

Hier au soir, comme je sortais de dîner aux Papilles, le cœur léger, la peau halée du premier soleil, guilleret, un sac contenant la bouteille de ce qu’il restait du Morgon 2009 de Marcel Lapierre en bandoulière, sur le trottoir des Toulousains fêtaient au Ricard leur Heineken Cup, descendant la rue Gay Lussac chère à mon cœur de soixante-huitard, soudain face à l’Hôtel du Brésil une voix me héla. Immédiatement, comme en son temps la Jeanne la Pucelle de Domremy entendant des célestes voix, ma voix se présenta « Sigmund Freud » et levant les yeux je découvris qu’il avait en effet occupé le lieu (voir photos ci-dessous).

 

 Tom 7626Tom 7629

 

Présentation faite, Freud le réprouvé d’Onfray m’adjurait :

 

-         Cherchez la femme vous trouverez l’homme !

 

-         ...

 

-         Prenez BHL, le col blanc, il ne sort jamais dans le monde sans son Arielle...

 

-         Le baril ?

 

-         Mais non crétin sa moitié qui a un si beau popotin : la Dombasle...

 

-         Pardonnez-moi Sigmund, ce n’était qu’une plaisanterie à deux balles...

 

-         Epargnez-moi vos colucheries, je cherche une rombière...

 

-         Avec une guêpière comme l’Arielle !

 

-         Allons Berthomeau, sachez qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui...

 

-         Ce n’est pas de vous...

 

-         Je sais, Desproges est maintenant mon voisin de chambrée...

 

-         Alors vous vous offrez un petit week-end à Paris ?

 

-         Oui je fais un extra pour le St Esprit.

 

-         Vous auriez dû aller en Normandie !

 

-         Au club du 3ième âge de Caen de mon ami Michel...

 

-         L’archange ?

 

-         Décidément vous n’êtes pas sérieux...

 

-         Et vous Sigmund, si j’en crois l’Onfray, vous êtes aussi habillé pour l’hiver... vous un imposteur docteur...

 

-         Mais je n’ai pas dit mon dernier mot...

 

-         Et quel est votre dernier mot ?

 

-         Le premier !

 

-         Vous plaisantez...

 

-         Jamais !

 

-         Alors dites

 

Et c’est alors que Sigmund m’a dit « Ce Onfray, qui est le Delly de la philosophie à 2 balles, a-t-il, comme BHL, son Arielle Dombasle ? »

 

Et il est reparti.

 

Et moi je me suis dit « Fais quelque chose pour répondre à cette brûlante question. La face du monde en sera changée. Pensez-donc, dans le petit monde des lettres parisien, la grande nouvelle c’est qu’au hit-parade de l’intellectuel médiatique l’Onfray d’Argentan, le fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage, qui fait passer le temps aux retraités désœuvrés, qu’est pote avec Mélenchon, à détrôné l’héritier des bois exotiques, le BHL qui achète ses chemises blanches chez Charvet rue de la Paix.

 

L’Onfray vient même faire « la pute » chez Ruquier face à Zemmour le roquet.

 

Bref, comme j’aime payer de ma personne, pour panser les plaies de ce pauvre Sigmund, je propose à tout internaute en capacité de me faire parvenir une photo de la rombière de l’universitaire populaire, le « Delly de la philosophie, qui pond plus vite qu’une reine survitaminée d’une ruche du Pays d’Auge, de le récompenser d’un abonnement à vie pour la fourniture hebdomadaire d’un cubitainer de La Cytelle qu’est, comme chacun sait, le must du rouge populaire comme l’écrivait Roland Barthes dans « Mythologie » : « Boisson Totem »

.

« Pour le travailleur, le vin sera qualification, facilité démiurgique de la tâche « le cœur à l’ouvrage ». Pour l’intellectuel, il aura la fonction inverse : « le petit vin blanc » ou le « beaujolais » de l’écrivain seront chargés de la couper du monde trop naturel des cocktails et des boissons d’argent (les seules que le snobisme pousse à offrir) ; le vin le délivrera des mythes, lui ôtera de son intellectualité, l’égalera au prolétaire ; par le vin, l’intellectuel s’approche d’une virilité naturelle, et pense ainsi échapper à la malédiction qu’un siècle et demi de romantisme continue à faire peser sur la cérébralité pure (on sait que l’un des mythes propres à l’intellectuel moderne, c’est l’obsession « d’en avoir »

 

Tom 7619

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 00:09

Le porte-parole de JP Coffe trouvant que je faisais preuve d’acharnement « chronique » à son encontre et de « Leader Price » (groupe Casino de Jean-Charles Naouri ancien Dircab de Pierre Bérégovoy) m’a glissé à l’oreille : « Tu devrais aller passer aux rayons X les rois Hard : Lidl et Aldi...» Vous commencez à me connaître, je suis prêt à tout même à aller, pour faire plaisir à Hervé Bizeul, me commettre en des temples de la consommation populaire, là où des St Vincent de Paul modernes proposent aux démunis des produits moins cher que moins cher. Comme vous le savez je ne partage pas cette analyse car j’estime que le « moins cher du moins cher » poussé dans ses derniers retranchements fabrique d’abord les pauvres qu’il dit ensuite nourrir à bon compte.

Pour autant, le hard-discount, importé d’Allemagne inventé en 1948 (belle année pourtant) par les frères Aldi, qui repose sur un assortiment limité aux produits de base, de marque propre ou sans marque, sur une maîtrise drastique des coûts de fonctionnement (personnel réduit), répond à une demande réelle de consommateurs à petit budget. « Longtemps considéré comme le « supermarché du pauvre », le hard discount encore appelé maxi-discompte, séduit une clientèle de plus en plus large. Selon une récente étude de l’Institut Iri Secodip, 62% des Français ont fait, au moins, une fois leurs courses dans un magasin de ce type. »

gif_Hard-Discount_Nombre_de_PV_2007_.gif

En 2009, sa part de marché a reculé à 14,1% en valeur contre 14,3% en 2008 (étude Kantar Worldpanel) « Ce recul s'est produit malgré une progression du nombre des magasins et des investissements publicitaires, souligne l'étude. Le panier moyen a diminué, passant à 22,7 euros contre 23,1 euros en 2008, tandis que la fréquence de visite a plafonné. Les enseignes allemandes Aldi et Lidl sont celles qui tirent le mieux leur épingle du jeu, avec une stabilisation de leur part de marché: 4,8% pour Lidl et 2,5% pour Aldi. Les enseignes françaises "souffrent plus de cette situation", souligne l'étude, faisant référence à Leader Price (Casino), Ed (Carrefour) et Netto (Les Mousquetaires), sans communiquer leur part de marché. « Dans un contexte où les enseignes traditionnelles ont mis en application « la Loi de modernisation de l'économie (LME) et « ont baissé leurs prix, l'avantage concurrentiel du hard discount a perdu de son impact et explique sans doute la baisse de leur image globale », estime Gaëlle Le Floch, directrice de l'unité distribution de Kantar Worldpanel.

Essoufflement, déclin, pas sûr, le secteur se cherche de nouvelles orientations : introduction de marques fournisseurs (Ed et Lidl), de plusieurs niveaux de gamme (Leader Price) ou fidélité au concept de base avec une offre limitée à 800 produits (Aldi). Manifestement le secteur n’est pas prêt de battre en retraite, sa stratégie du chancre : « Je suis là et je ne suis pas cher» vise à consolider ses acquis tout en poursuivant son développement « Les deux géants allemands Lidl (plus de 1 400 magasins en France) et Aldi (plus de 800) notamment poursuivent leur marche en avant en termes d’implantations (une soixantaine par an). Leader Price pour sa part a ouvert 27 nouveaux magasins sur les neuf premiers mois de l’année. »
(Source La Croix novembre 2009). Jean-Luc Ferré l’auteur de l’article précité pose une question, » le secteur « risque-t-il cependant de subir aussi la concurrence nouvelle des magasins de déstockage (Noz, Bravo les affaires, id Stock, etc.) qui poussent aujourd’hui partout en France ? « Ces nouveaux acteurs travaillent avec des produits forcément très limités, et leurs ventes restent donc marginales, conclut Sébastien Monard (Nielsen). Pour l’heure, ils n’inquiètent guère les enseignes du hard discount.»

En toute chose il vaut mieux s’en tenir à la réalité plutôt qu’aux idées reçues et aux clichés stéréotypés : le hard-discount n’est plus le « supermarché du pauvre » c’est un acteur important de la distribution qu’il faut observer avec attention et c’est aussi comme diraient les diplômés des Grandes Ecoles de Commerce un « buiseness model » qui se développe au sein même de la GD traditionnelle.

Moi qui ne suis qu’un modeste chroniqueur à bicyclette face à l’interpellation de mon camarade porte-parole de JPC je me suis dis « toi mon coco va falloir t’y coller et c’est ainsi que j’ai décidé de tenir mon « Journal du Hard » et, à tout seigneur tout honneur de me taper le seigneur du marché : LIDL. Le seul problème c’est que tout près de chez moi y’a un ED, rue de la Tombe-Issoire, mais pas de LIDL. Je m’en fus donc sur la Toile faire mes emplettes et découvrir que le plus proche magasin LIDL se trouvait sis au 90 Bd Jourdan, dans le 14ième, qu’est un boulevard de ceinture cher à Patrick Modiano (Les Boulevards de ceinture 1972 grand prix de l’Académie Française), à quelques encablures de la Porte d’Orléans elle aussi chère au cœur du grand Patrick.

Donc Cap sur le Boulevard de Ceinture, grain d’un chapelet de maréchaux d’Empire ici Jourdan « Du centre de Paris, un courant mystérieux nous faisait dériver jusqu'aux boulevards de ceinture. La ville y rejette ses déchets et ses alluvions... », soleil balbutiant mais bien présent, l’avenue Reille « Et le bordel clandestin, ne l’oublions pas, du 73 avenue Reille, à la lisière du parc Montsouris. Mon père y tenait des conciliabules interminables avec la sous-maîtresse, une dame blonde à la tête de poupée. » le tramway sur son tapis d’herbe verte,  et j’y suis.

Le magasin est de petite dimension, assez bien tenu, le rayon vins est dans la première allée ce qui ne facilite pas ma tâche de journaliste d’investigation car le chaouch de service me lorgne avec suspicion (donc pas de photos). Les bouteilles sont dans des cartons de 6 plus ou moins bien éventrés, signalétique de prix bien visible, classement et position par ordre décroissant de prix. J’œuvre à toute berzingue avec crayon et bloc puis je décide d’acheter la star du lieu et du PQ avant de passer à la caisse. Je paye en liquide et je repars sous le soleil.

Tom-7624.JPG

Avant de vous livrer mes chiffres, un petit mot d’explication sur mon titre accrocheur : « LIDL frappe fort » un remake où la Cytelle remplace la Sylvia Kristel. C’est très simple : depuis mes virées audoises au temps de Rocard je suis un fan du Cytelet http://www.berthomeau.com/article-33624963.html cher à Bernard Père-Lahaille et comme j’ai découvert chez LIDL que celui-ci, sans changer son look de jerrican d’essence, avait changé de sexe puisque ses nouveaux pères, des marketeurs fous d’innovation,  l’ont rebaptisée La Cytelle, et comme je ne recule jamais devant la facilité j’ai exhumé Sylvia Christel de son fauteuil culte pour l’associer à cette nouvelle reine du Hard.

images

Tous les prix sont libellés, afin de pouvoir les comparer, pour une bouteille de 75cl. Je n’ai pas pris le temps de noter les embouteilleurs mais la liste est restreinte et bien connue des grands faiseurs qui s’écharpent au centime d’euro près pour arracher le marché au copain d’à côté : « faut que les chaînes d’embouteillage tourne mon coco... » Enfin, de façon arbitraire j’ai placé La Cytelle en tête eu égard au côté recyclable de son cubitainer. Vive le durable !

 

N°1 : La Cytelle (5L) Vin de Pays de l’Aude ..............................0,74 €

 

N°2 : VdT Rosé Espagne (pack 1,5l)..........................................0, 69€

 

N°3 : VdT Blanc Espagne (pack 1,5l).........................................0,77€

 

N°4 : VdP d’Oc cabernet-sauvignon par 6 bouteilles................0,89€

 

N°5 : VdP Hérault (en litre).......................................................0,93€

 

N°6 : VdP d’Oc cabernet-sauvignon la bouteille.................................1,04€

 

N°7 : VdP d’Oc rouge (Bib de 3L)........................................................1,07€

 

Ex-æquo : VdP rouge de la Cité de Carcassonne (Bib de 3L).............1,07€

 

N°9 : Cote du Rhône rouge..................................................................1,19€

 

N°10 : Bergerac rouge......................................................................... 1,29€

 

Ex-æquo : Bordeaux rouge......................................................... .........1,29€

 

                  Corbières.............................................................................1,29

 

N°13 : VdP du Comté Tolosan..............................................................1,49

 

Ex-æquo : Cote du Rhône blanc ..........................................................1,49€

 

N°15 : Cote du Rhône rosé ...................................................................1,59€

 

Ex-æquo : VdP Aude rosé.....................................................................1,59€

 

N°17 : VdP des Sables du Golfe du Lion rosé.......................................1,69€

 

Ex-æquo : VdP Oc sauvignon moelleux...............................................1,69€

 

                    Cote du Rhône Village.......................................................1,69€

 

                    Cahors................................................................................1,69€

 

N°21 : Costières de Nîmes....................................................................1,79€

 

Ex-æquo : BGO.....................................................................................1,79€

 

                   Bardolino............................................................................1,79€

 

N°24 : Gaillac........................................................................................1,85€

 

N°25 : Bordeaux Supérieur rouge ......................................................1,89€

 

N° 26 : Chardonnay-Colombard de RSA*..........................................1,99€

 

Ex-æquo : Chenin de RSA ...................................................................1,99€

 

             Cotes du Luberon .................................................................1,99€

 

             1ère Cotes de Bordeaux ..........................................................1,99€

 

               Lambrusco ............................................................................1,99€

 

               Sylvaner Allemagne ..............................................................1,99€ 

 

N°32 : Côtes de Provence rosé ............................................................2,49€

 

N°33 : Bordeaux rosé ..........................................................................2,59€

 

N°34 : Bourgueil ..................................................................................2,69€

 

Ex-æquo : VdP Corse rouge ................................................................2,69€

 

N°36 : Riesling Allemagne...................................................................2,89€

 

N°37 : Beaujolais .................................................................................2,99€

 

Ex-æquo : 1ière Cotes de Blaye.............................................................2,99€

 

              Cote de Provence rosé domaine............................................2,99€

 

N°40 : Pinot Noir d’Alsace.................................................................3,19€

 

N°41 : Bourgogne Chardonnay..........................................................3,49€

 

N°42 : Montagne St Emilion Puisseguin...........................................3,99€

 

N°43 : Haut-Médoc...............................................................4,39€

 

N°44 : Chablis........................................................................4,99€

 

N°45 : St Emilion Grand Cru ………………………………6,99€

 

COMMENTAIRES

-         AOP majoritaire 31/45 : les AOC son une valeur sûre pour le Hard !

-         Moins de 2 euros majoritaire : 31/45

-         Bouteilles 75cl majoritaires : 39/45

-         8 vins étrangers : 3 communautaires = Espagne VdT, Italie et Allemagne AOP et 2 pays tiers = République Sud Africaine IGP

-         Bordeaux 8 références de 1,29€ à 6,99€, Cotes du Rhône 4 références de 1,19€ à 1,69€, le Languedoc 10 références : 1VdT, 7 IGP et 2 AOP de 0,74€ à 1,79€

-  Segmentation vous avez dit segmentation ?

-  Différenciation vous avez dit  différenciation AOP-IGP ?

- Attention n'associez pas forcément petit prix à mauvais vin en ce moment vu le niveau tout est sur le marché

 

PROPOSITION INDECENTE : « Cherche Grands Dégustateurs pour goûter la Cytelle, que j’ai acquis 4,99 euros les 5 l, à l’aveugle, c’est-à-dire au milieu de 4 autres vins. C’est urgent car je souhaite utiliser le cubitainer comme « réserve d’eau » sur mon vélo.

Tom-7619.JPGTom-7620.JPG

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 00:00

MIK_4907.jpg

J’ai si souvent, et parfois trop facilement, la dent dure à l’endroit de la corporation des « présidents de... » pour que ce matin ce que je vais écrire à propos de Dominique Granier, vigneron, Président de la Chambre d’Agriculture du Gard et de la SAFER Languedoc-Roussillon, ne soit pas assimilé à du cirage de pompe ou à un passage complaisant de plats. Le Gard fut un grand terroir de Présidents nationaux – mais n’attendez pas de moi que je vous rafraîchisse la mémoire – c’est ce qui me permet d’affirmer que Dominique Granier sort de l’ordinaire. Ce garçon est monté sur un ressort, il a de l’énergie à revendre et surtout il écoute ce qu’on lui dit et il réfléchit. Ne me faites pas dire que de telles prédispositions ne sont pas communes à la corporation des présidents, simplement je constate que Dominique Granier, depuis que je le connais, n’a pas pris un gramme de notabilité. C’est rafraîchissant.

Lorsqu’avec sa casquette de président de la SAFER il constate que dans sa Région le foncier agricole fond, deux fois plus vite qu’en France et trois fois plus qu’en Allemagne sous l’effet d’une urbanisation sauvage. Lorsqu’il souligne que le phénomène est du à la prédominance du mode de faire-valoir direct : 70 % des agriculteurs du Languedoc-Roussillon, propriétaires de leur sol, sont peu à peu contraints de le brader pour survivre, par opposition au reste du pays, où 70 % des paysans sont des fermiers. Et lorsqu’il lâche en conclusion « Nous sommes face à un choix de société extrêmement grave » je prends très au sérieux son avertissement. Ça me change des discours sur le tonneau et autres joyeusetés du microcosme languedocien.

Lui et moi ne nous sommes jamais croisés – il était encore un jeunot – lorsque j’étais aux manettes, en charge de responsabilités comme on l’écrit dans les gazettes : « le bras droit du Ministre » écrivait Laurent Thieule dans le Midi Libre (le JO de la viticulture méridionale de l’époque) mais, sa modestie dusse-t-elle en souffrir, il fait parti de ceux avec qui « on avance ». Sur le dossier « Cap 2010 » son sentiment d’occasion manquée n’est pas feint. Mais ce matin je laisse le vin de côté.

 

En effet, lorsque Dominique Granier dans le Nouvel Obs. http://www.berthomeau.com/article-lettre-de-dominique-granier-vigneron-du-gard-a-jean-pierre-coffe-50297553.html a évoqué les pêches du Gard l’image du Président de la FNPF Henri Bois, producteur de pêches dans le Gard à Saint Gilles, avec qui j’avais lié une solide amitié au temps où je faisais mes premières armes auprès de Michel Rocard Ministre de l’Agriculture, m’est revenue. Face à un François Guillaume vent debout il n’a jamais failli à sa parole donnée, un vrai Président. Ses 4 fils ont pris sa succession lui l’Ardéchois descendu dans le Gard et sont à la tête d’une grande entreprise (15000T de fruits et 15 M d’euros de CA). Des gros me dira-t-on, pas de quoi faire pleurer dans les villes.

Mais pourquoi diable les paysans devraient-ils faire pleurer ?

Les propos de Dominique Granier ne sont pas larmoyants mais réalistes. Ils interpellent sans pathos. Dans ses habits de Président de Chambre d’Agriculture il se fait le porte-parole, non d’une corporation passéiste, mais de ceux qui tiennent nos territoires. Je ne vais pas reprendre mes antiennes habituelles mais demander à Dominique Granier de répondre à mes questions.

 

Jacques Berthomeau: Dominique Granier dans la rubrique du Nouvel Obs. de la semaine passée « Une personnalité nous écrit » avec un titre à la Sergio Leone : « Pour quelques centimes ? » vous jetez  un pavé dans la mare des pousseurs de caddies, vous les interpelez, n’est-ce, comme on dit vulgairement, qu’un de ces coups de gueule sans lendemain ?

 

Dominique Granier : C'est beaucoup plus qu'un coup de gueule : l'agriculture est une activité à la fois économique, sociale, écologique, patrimoniale. De ce fait la société doit lui assurer les conditions d'une rentabilité minimale quitte à mettre en place des garde-fous évitant les abus. Dans le Gard, sur une culture comme le pêcher : à force d'enchaîner des récoltes vendues à perte, on assiste à la mort d'exploitations qui étaient le fleuron de l'arboriculture sur un terroir qui est un véritable eldorado agronomique, qui plus est, aménagé et irrigué il y a cinquante ans par la Compagnie du Bas Rhône Languedoc de Philippe Lamour : les Costières, terroir exceptionnel qui — je le précise pour les lecteurs de votre blog — ne sont pas seulement productrices de vin mais aussi de fruits et de maraîchage. Et bien de 1997 à 2007, il a manqué en moyenne de 8 à 20 ct par kg de pêche chaque année pour simplement équilibrer les comptes !


Résultat : aujourd'hui : plus de 300 ha de pêchers abandonnés sur pieds, un risque sanitaire énorme pour la zone. Et surtout 300 emplois en moins, des jeunes et des gens qui vont pointer au chômage. Pas de bruit, pas de pneus enflammés, pas de Prime time comme pour les salariés de Continental, mais tout aussi dramatique. Voilà ce que je veux faire comprendre : nous sommes au bout de notre capacité légendaire de rebondir. Tout cela pour quelques centimes. Et je pourrais citer la cerise du Gard restée sur les arbres l'an dernier car les prix payés aux producteurs ne couvraient même pas les frais de ramassage, tandis que les consommateurs ne pouvaient même pas se les payer. Ensuite, vous n'avez plus qu'à dépenser quelques millions d'euros pour dire aux Français qu'ils doivent manger cinq fruits et légumes par jour…

 

Jacques Berthomeau : C'est quasiment du commerce équitable que vous souhaitez ? Ça devrait plaire à la Grande Distribution si friande de ce label.

 

Dominique Granier : Et bien oui ! Et pourquoi pas ? Le commerce équitable à l'origine, c'est pour aider à la survie des paysans… Chez nous, on y est ! Aujourd'hui 75 % des exploitants du Languedoc-Roussillon ont moins de 7000 euros de revenu annuel !

Pour les Français, le commerce équitable commence à côté de chez eux : les agriculteurs locaux contre les produits low-coast. Ou alors on n'a qu'à aller chercher des Préfets, des gendarmes, des artisans, des ministres en Inde ou en Chine… Après tout ils ne seront pas forcément aussi bons mais ils seront bien moins chers !

Un paysan qui disparaît, c'est un pan du territoire en friche qui apparaît, des balades du dimanche condamnées, du patrimoine séculaire qui fout le camp. Et demain, dans le Gard, on ne passera plus du Pont du Gard aux arènes de Nîmes ou de la bambouseraie d'Anduze à la plage du Grau du Roi en traversant ces magnifiques paysages méditerranéens cultivés. Cet enjeu est l'affaire de tous. Je suis donc content que le président Sarkozy se penche lui-même sur les marges abusives de la Distribution. Maintenant… « Wait and see ! »

De notre côté, l'effort sur les charges, nous le faisons et le ferons encore, mais lorsque la variable de rentabilité d'une production repose sur quelques centimes, cela devient l'affaire de tous. Surtout quand 65 % du coût d'un kilo de pêche provient de la main d'œuvre et que ce ne sont plus seulement les paysans d'Italie ou d'Espagne qui ont un coût horaire plus bas que nous mais aussi les Allemands, les Belges, les Hollandais…

 

Jacques Berthomeau : Générer de la valeur certes par ces « quelques centimes de plus » demandés aux consommateurs mais que faites-vous pour les convaincre qu’ils ont besoin de vous sur vos territoires ? Est-ce que vous vous réveillez brutalement face à l’ampleur du désastre ou bien avez-vous déjà entrepris des actions en leur direction ?  

 

Dominique Granier : Oui ! Cela fait déjà quinze ans que le Gard développe ET la qualité ET la proximité. Si je compte tous les produits, nous en avons une soixantaine sous signe de qualité. Dans un contexte de réduction budgétaire, on a mis le paquet sur le réseau Bienvenue à la ferme. Résultat : le Gard fait partie des trois premiers départements français en agritourisme.

La force de l'agriculture c'est qu'elle fédère ! Nous avons su motiver la Communauté Nîmes Métropole et le Conseil général du Gard et ça marche ! Nous faisons prendre conscience aux décideurs politiques de l'importance de l'agriculture locale. Pour éduquer au goût dès l'enfance, à la saisonnalité et à la complexité toute en nuance de notre activité ; pour faire entrer nos produits dans la restauration scolaire et collective ; pour faire de la pédagogie, comme dans notre station d'expérimentation, la SERFEL à Saint-Gilles qui accueille chaque année 2000 scolaires, pour quelques heures de joie, de découvertes, de pique-nique en plein air et de cueillette sur l'arbre. Nous estimons être à plus de 20 % de vente directe. Nous devons encore progresser ! Nous devons cultiver nos consommateurs à notre porte et le citoyen doit aussi cultiver ses producteurs à sa porte. C'est un intérêt partagé.

Dans le même domaine, nous sommes désormais le 3e département bio de France. Pour nous, la bio, c'est une des façons de faire de l'agriculture durable. La bio, c'est techniquement plus compliqué que le conventionnel, et pas gagné commercialement si on ne s'organise pas… Plus largement, nous militons pour une agriculture écologiquement intensive ; mais elle ne peut-être durable que si elle génère des agriculteurs durables. Pour cela, notre combat est d'obtenir cet équilibre subtil entre la capacité personnelle de l'agriculteur, la rentabilité de ses productions et le soutien indispensable que la société doit lui apporter, véritable investissement à long terme pour elle !

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 00:09

Même si Houellebecq est un peu passé de mode, je trouve qu’appliquer le titre d’un de ses premiers romans, ou du moins son entame, va bien au corner parisien de Corinne Richard-Saier : L’ANNEXE 15, Rue Chevert dans le 7ième arrondissement de Paris. Ce lieu se situe dans une rue dont j’ignorais l’existence moi qui m’estime être parisien jusqu’au bout des pédales de mon vélo. C’est donc GPS en bandoulière qu’un beau matin, rendez-vous pris avec Corinne Richard-Saier, j’ai pris le chemin de cet espace de vente, proche des Invalides, dédié aux professionnels et aux particuliers et niché dans une de ces rues strictement résidentielles d’un des beaux arrondissements de Paris.

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Corinne Richard-Saier c’est Robert Skalli qui me l’a présentée dans le cadre de notre réflexion stratégique qui a débouché sur la note « Cap 2010 les défis du Vin Français ». Notre volonté de sortir le vin français de son unique tropisme gigot du dimanche et présence à la table du quotidien pour explorer à la fois les nouveaux lieux de consommation, les modes émergents de consommation et les néo-consommateurs : les femmes plus particulièrement, passait par une analyse des modes de distribution du vin en CHR. Sans en avoir pleinement conscience nous subissions bien plus que nous le contrôlions le basculement du vin de tous les jours vers le vin festif. Une forme de résignation, confortée avec gourmandise par les hygiénistes, nous faisait accepter le retrait de la part du vin. Les chiffres moyens de consommation en litres/français masquaient une réalité très contrastée entre le déclin des consommateurs réguliers et le nouveau poids des occasionnels. L’extension du domaine du vin n’est en rien incompatible avec la santé publique, bien au contraire, et c’est sur cette vision débarrassée des derniers stigmates du vin à la Zola que les gens du vin doivent conjuguer leurs efforts.

Alors, lorsqu’on pense CHR, il va de soit de s’intéresser à la Maison Richard qui est l’une des maisons historiques (1892) de la distribution du vin aux bistrotiers parisiens. Elle a aussi accompagné à partir de 1955 les débuts de l’expresso en créant les cafés Richard. Pour plus de détails aller sur www.richard.fr. Pour l’heure je me concentre sur l’Annexe que me fait découvrir Corinne Richard-Saier. Bel espace, joliment conçu, contemporain, qui donne envie, qui scénarise le vin dans un environnement où se mêle le fonctionnel et une forme d’intimité bien traduite par une luminosité soft. Mais alors pourquoi ce retrait loin de la chalandise des passants ? La volonté de se faire connaître, loin des purs badauds, par le moyen le plus fidélisant « le bouche à oreille du vin ». Aujourd’hui j’y participe avec, toujours chevillé au cœur, mon souhait de participer à l’extension du domaine du vin. Distribuer du vin, avec cet objectif, c’est bien plus que vendre du vin c’est aussi l’entourer de services pour qu’il arrive, surtout dans les cafés, où il quitte de plus en plus le zinc pour migrer sur les tables des terrasses, dans les meilleures conditions au consommateur.

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Corinne Richard-Saier sait, mieux que quiconque, sentir, analyser et traduire les tendances de la consommation tant dans les cafés que dans les formes nouvelles de restauration. Le vin doit y être accessible, par son prix, son identification, désacralisé, mis en scène dans une verrerie attrayante, adoptant de nouveaux codes. C’est en cela que l’opération « Le petit verre divin » m’apparaît emblématique de cette volonté de développer les ventes de vin au verre en dehors des repas auprès de nouveaux consommateurs, plus particulièrement les jeunes et les femmes. Recruter de nouveaux consommateurs, n’en déplaise aux hygiénistes, est un objectif compatible avec leur souhait de préserver la santé publique. Les terrasses de nos cafés sont des lieux de convivialité et de renforcement des liens sociaux meilleurs antidotes au stress et à la solitude. Ça se décline par un verre atelier sans pied, un sous-verre valorisant le service au verre, une ardoise d’annonce et aussi un verre expert pour les « longs nez et les becs fins ». Pour le conseil aux cafetiers « sélectionner 4 à 6 vins frais et gourmands, panachés rouge, blanc, rosé, bulles, servis entre 12cl, 15cl et 18cl. Afficher un prix raisonnable 3 et 5€ le verre... »

Autre point de grande importance pour l’extension du domaine du vin : la formation des professionnels du CHR pour mieux conseiller et vendre du vin en restauration, au café. C’est une formation agréée qui s’adresse aux responsables de restaurants, chef de rang, maîtres d’hôtels, chefs cuisinier ou encore aux serveurs. Enfin, une initiative de Corinne Richard-Saier qui correspond bien à l’air du temps, au goût pour les bulles, les petits degrés, pour les douceurs, pour les mélanges : Bullsss de Corcelles un pétillant de Gamay fines bulles, frétillant et gourmand, léger en alcool 7,5° (présent à Autrement Vin), Contre Toute Attente Vin de France rosé perlant, un vin de piscine à 8,5°, et pour changer de l’éternel Kir des cocktails à base de Vin et Sirops Monin : Folie Fruit (Pêche blanche et Chardonnay du Pays d’Oc) ou Le Temps des Cerises (Cerise Griotte et Coteaux du Lyonnais) et des blancs tendances comme le Sauvignon Attitude 2009 de Pascal Jolivet ou l’Elixir du Domaine de Jöy un gros Manseng 2009 moelleux. Le tout est possible est à l’ordre du jour et que ceux qui hurlent contre les glaçons dans un petit rosé de St Tropez ou de la limonade dans un petit blanc de soif lèvent le doigt !

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Pour en revenir à l’Annexe c’est plus de 200 références vins de toutes les régions de France, des vins du Monde, tout conditionnement, AB, avec bien sûr les vins des Domaines Richard : Château La Nerthe à Châteauneuf-du-Pape, Château de Corcelles en Brouilly, Château Gantonet  à Bordeaux entre autres, et une sélection de vins comme on dit de propriétés ou de vignerons. Si vous souhaitez vous rendre compte par vous-même il ne vous reste plus qu’à faire un petit détour via le métro Latour-Maubourg et aller traîner vos guêtres à l’ANNEXE 15, Rue Chevert, une belle surprise vous attendra si vous souhaitez faire des emplettes : Corinne Richard-Saier vous accordera en tant que « lecteur du blog Berthomeau» une remise de 10% dès les 3 premières bouteilles achetées (au lieu de 36blles). Entre bons vivants les bonnes manières sont de mise.

L’extension du domaine du Vin mon credo, en notre beau pays et tout particulièrement sur les terrasses de ses cafés qui séduisent tant nos visiteurs venus du vaste monde, qu’elles soient parisiennes, toulousaines ou sous les charmilles d’un petit village ou d’une sous-préfecture, passe par une approche très professionnelle du service d’un vin correspondant à l’esprit du lieu. Faire sortir le vin des lieux strictement dédiés à son achat, le proposer dépouillé du cérémonial que prisent tant les spécialistes, lui redonner une réelle image de convivialité, c’est à la fois répondre et susciter la demande. Si nous voulons redonner de l’élan à la consommation, en prenant en compte toutes les contraintes du marché, y compris les sanitaires, au lieu de nous lamenter, de trouver des nièmes boucs émissaires, une approche décomplexée, simple, jouant de toutes les complémentarités de nos vins, du potentiel de nos vignerons, de notre capacité à faire comprendre nos beaux discours sur le terroir à nos concitoyens, à nos amis étrangers. En ces temps difficiles pour beaucoup de vignerons, la voie la plus prometteuse pour sortir du marasme est de conjuguer nos efforts sur la distribution du vin quelle qu’en soit ses formes.

Ce combat n’est pas nouveau pour moi, pour preuve ce que nous écrivions dans Cap 2010, ici, sur cet Espace de Liberté, je ne roule pour personne, je roule pour tous. Aux intéressés de bien vouloir mettre le nez à la fenêtre au lieu de se contenter de se congratuler en cercles fermés...

« Nous voulons tirer le meilleur parti de notre antériorité, de notre tradition, tout en innovant sur les segments les plus porteurs ; nous voulons être créateurs de vins à vivre pour nos clients présents, de vins bien dans leurs baskets pour les nouvelles générations ; nous voulons une fois pour toute dire à ceux qui sont en charge de la chose publique que le vin, que nos vins, sont des produits de civilité, de convivialité, de bien vivre ensemble et que nous sommes tout autant qu’eux soucieux de la santé publique, de la sécurité de nos concitoyens

 

Nous voulons aussi dire à l’ensemble des viticulteurs de France que l’expansion et le développement de nos vignobles passe par l’absolue nécessité d’être à l’écoute des attentes de nos consommateurs qu’ils soient chez eux, en famille, entre amis, à la terrasse d’un café, à déjeuner au restaurant, le soir à l’heure de l’apéritif, les jours de fête ; qu’ils soient en train de pousser leur caddie dans une grande surface, chez un caviste, dans la cave d’un producteur, dans le caveau d’une cave coopérative, sous les voûtes prestigieuses d’un château ou les poutres d’un domaine de renom ; qu’ils soient à Lille, à Marseille, à Brest, à Londres, Tokyo, New York ; qu’ils soient dans un avion, en TGV, sur un ferry, un paquebot de croisière ou dans un village de vacances. »

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 00:09

Qui se soucie des restaurants d’entreprise où beaucoup de nos concitoyens déjeunent ? Pas grand monde et surtout pas les « longs nez et les becs fins » des magasines papier glacé. Pour info tout d’abord quelques repères : «  Depuis les années 80, deux pôles émergent au sein du marché de la restauration hors foyers :

- La restauration commerciale (restaurants indépendants et restaurants de chaîne notamment)
- La restauration collective (restaurants d'entreprise, d'écoles...).

Selon Gira-sic-conseil, sur les 24 millions de repas servis en France, près de 12 millions le sont dans la restauration collective et plus de 6,5 millions dans la restauration commerciale.

Grâce à ces chiffres, on peut considérer que 4 Français sur 10 mangent en dehors de chez eux au moins une fois par jour. 

Aujourd'hui, la restauration commerciale accélère sa progression, avec un rythme de croissance de quatre à cinq fois supérieur à celui de la restauration collective. Il se compose d'indépendants à 70%, qui ont réalisé un chiffre d'affaires de presque 23 milliards d'euros en 2003, après une baisse de 0,3% ; les 30% restant sont des sociétés et des groupes structurés, dont le chiffre d'affaires est de plus de 9 milliards d'euros et qui comprennent majoritairement les chaînes de restauration telles que Restaumarché, Flunch ou Buffalo Grill. »

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Pour revenir aux restaurants d’entreprise, les ex-cantines qui n’avaient pas très bonne presse du côté des rations servies qui s’apparentaient souvent à de la tambouille de pensionnat, leur gestion est pour la plupart du temps concédée à de grands groupes tel Sodexho le leader mondial ou, comme à Vaugirard, pour ce qui concerne le mien au groupe Elior*. Le mien donc, est un restaurant inter-entreprises situé au rue de Vaugirard, dans le bloc d’immeubles dont fait partie cette annexe – si je puis m’exprimer ainsi à propos de la concentration en ce lieu « de têtes bien faites et bien pleines » du Ministère de l’Alimentation et du reste – dont la configuration architecturale est déjà un atout. On y descend, au premier niveau se situe un bar avec une restauration rapide, puis toujours en descendant, un bel espace vaste et agréable, haut de plafond, bien agencé, lumineux, avec un jardin d’intérieur qui, aux beaux jours – quand reviendront-ils ? – permet de déjeuner à l’extérieur. Bois clair, plan de circulation bien étudié avec des ruptures de la chenille des entrants grâce à la localisation des points de distribution des plats en « banques » séparées.

Ainsi les choix proposés permettent un bon dispatching des usagers en fonction de leurs critères du jour : rapidité, nature du plateau-repas qu’ils souhaitent constituer, influence de la météo ou de je ne sais quoi. C’est donc un vrai restaurant avec sa cuisine et ses cuisiniers qui confectionnent les plats in-situ. Ce n’est pas du réchauffé. Moi qui y passe de temps en temps je suis un adepte de la pièce du boucher, grillée à la demande devant soi, avec des frites. J’apprécie et la viande et le service. Bref, c’est tout sauf une cantine. L’offre de plats y est diversifiée, variée et la nourriture est de qualité. Enfin, cerise sur le gâteau, le personnel est aimable, attentionné, toujours un petit mot sympa comme l’aiment les habitués du petit resto du coin, de la belle ouvrage comme je l’apprécie.

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Ceci écrit, parlons peu mais parlons vin. La proposition vin est bien visible, bien présentée, pratique. Certes la carte des vins est courte : le vin au pichet d’1/4 issu d’un tonneau, un Brouilly Château de Corcelles et un Bordeaux Château Gantonet en deux présentation : 37,5cl et 75cl bouché liège. Du côté prix :

-         le carafon de vin rouge de table : 1,34 €

-         le Bordeaux Château Gantonet : 11,20 € en 75cl et 6,30€ en 37,5cl

-         le Brouilly Château de Corcelles : en 75cl 12,80€, en 37,5cl 8,30€

J’ai goûté le carafon, le vin rouge y est de qualité, agréable, soyeux et peu alcooleux. Bon rapport qualité/prix. Pour les vins dit bouchés, deux remarques : le Brouilly aurait intérêt à être placé en vitrine réfrigérée pour être bu à une température plus adéquate (j’en ai acheté une de 37,5cl pour la déguster à bonne température à la maison) et, sans vouloir pousser les clients du restaurant à la consommation, un bouchage à vis me semblerait bien plus pratique. Les deux appellations proposées sont des vins des propriétés de la Maison Richard qui assure l’approvisionnement de mon restaurant d’entreprise. Pour mes amis du Beaujolais je signale qu’à Paris le Brouilly reste une valeur sûre et que je ne les oublie pas. J’avance pas à pas dans mon opération « Grand Corps Malade » et que vous aurez droit à une chronique la semaine prochaine.

L’offre vin existe donc, mais au dire du gérant le débit n’est pas très important ce qui est dans la tendance de la consommation d’alcool à l’heure du déjeuner pour les « bureaucrates ». Ceux-ci, faute d’exercice postprandial, se font sobre ce qui est un handicap pour le vin à table. Ceci étant écrit, sans avoir d’études sur le sujet, il me semble que le carafon de rouge, le verre de vin, est plus facilement commandé dans un restaurant classique que dans un restaurant d’entreprise : moins de pression sociale par rapport à l’image donné à ses collègues.

Pour clore ce petit tour dans nos cuisines, et parce que je suis un bon camarade, cette petite chronique va être diffusée à mes chers collègues de boulot qui, s’ils veulent bien se connecter sur www.berthomeau.com pour lire la chronique de demain : « Extension du Domaine du Vin le corner parisien de Corinne Richard-Saier», ils se verront proposer une offre  fort alléchante, je dirais même gouleyante.

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Enfin, je n’y résiste pas  à vous poser une petite devinette : « Pourquoi, à votre avis, devrait-on proposer des bouteilles du château La Tour Blanche 1ier Cru Classé de Sauternes note Parker pour les Primeurs 2009 94/96, aux fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture qui fréquentent le restaurant d’entreprise de la rue de Vaugirard ? »

 

J’attends avec impatience vos réponses !

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 00:09

Dans ma boîte e-mail www.monsupercasino.com vient de se pointer et de me demander de venir découvrir ses supers avantages. Moi, vous commencez à me connaître avec un gueule enfariné je clique et je fouine dans la cave du Casino en ligne.

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Sans trop savoir pourquoi je me fais une ligne de Blancs et j’aligne les chiffres :

-         46 références

-         27 AOC dont 15 viennent de 3 régions Alsace 5, Bourgogne 5, Loire 5

-         13 Vins de Pays dont 9 viennent du Pays d’Oc et sont en fait des Vins de Cépages

-         5 Vins de Table dont 4 sont d’Espagne

-         1 Vin étranger un cépage Chenin Afrique du Sud

-         27 de ces vins sont la marque Le Club des Sommeliers (marque maison) 17 AOC et 10 Vins de Pays

-         2 Marques Nationales du groupe Castel : La Roche Mazet et Vieux Papes

-         Pour les contenants : 3 BIB en vin de Pays d’Oc et 1 BIB en Bourgogne ; pour les Vins de Table 3 sont dans des petits contenants de 25cl en pack de 4 ou 6 et en briques par 3 et les autres en Litre.

-         4 Blancs moelleux : 3 A0C et 1 VdP

-         Pour les prix sur l’échelle ramenés tous à la bouteille de 75cl :

 

Moins de 1,99€ =    ...        /1 VdP / 4 VdT

1,99- 2,99€        = 1 AOC / 5 VdP / ...

2,99-3,99€        = 9 AOC/ 6 VdP/ 1 VdT

3,99-4,99€        = 5 AOC/ 1 VdP/ 1 vin étranger

5,99-6,99€        = 2 AOC/

6,99-7,99€        = 2 AOC/

7,99-8,99€        =

8,99-9,99€        = 1 AOC/

Plus de 9,99€    = 2 AOC : Chablis 10,35€  et Sancerre 10,45€ 

 

Analyse et Commentaires :

-         sur le créneau de prix le plus fourni (2,99-3,99€) la moyenne des 9 AOC = 3,63€, la moyenne des 6VdP = 3,09 € et le VdT est le Vieux Papes à 3,63€              

-         sur le créneau (3,99-4,99€) la moyenne des 5 AOC = 4,47€, le VdP est 1 Viognier à 4,11€ Coteaux de l’Ardèche

-         la moyenne des 14 AOC sur le créneau (2,99-4,99€) est de 3,66€

-         la moyenne Alsace = 4,96€

-         la moyenne Bourgogne = 6,86€

-         la moyenne Loire = 6,33€ hors Sancerre 3,86€

-         la moyenne Bordeaux = 3,88€

-         la moyenne VdP OC = 2,82€ (moyenne abaissée par la présence de 3BIB)

-         la moyenne VdT Espagne = 1,62€

-         2 vins à tout juste à + de 10€ le Chablis 10,35€  et le Sancerre 10,45€ et 2 liquoreux Monbazillac à 6 €  et Jurançon à 7,04€ 

-         La Roche Mazet Sauvignon Pays d’Oc à 2,89€ se situe pile poils à la moyenne des Pays d’Oc.

-         Le Vieux Papes justifie son statut de marque nationale en se retrouvant à 3,63€ dans le peloton le plus dense : 16 vins (dont 9 AOC et 5 VdP)

-         Le seul vin étranger, disons non-communautaire à 4,34€ lui se retrouve dans le 2d peloton : 7 vins dont 5AOC et 1 VdP.

-         je déteste ces prix pas ronds

-         les bobos n’achèteront pas leur vin enligne chez MonSuperCasino. Com.

-         le club des Sommeliers ici ne fait pas dans les Grandes Réserves

-         j’ai comme l’impression que nos gars de Casino y z’ont pas vraiment envie de vendre du vin en ligne faut dire que c’est lourd à livrer les bouteilles de vin.

-         je ne sais pas si je vais me coller aux rouges je fatigue du col...

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 00:09

 

Dans tout débat, toute confrontation, aussi vifs soient-ils, il est essentiel, si l’on souhaite réellement se comprendre, d’écouter et surtout d’entendre – ici de lire – les arguments de toutes les parties en présence. Mettre des visages sur cette fameuse GD, qui parfois prend l’allure d’une sorte hydre insaisissable, me semble aussi essentiel. Ma longue pratique du métier de médiateur, qui par construction se situe toujours sur un terrain conflictuel, me permet de croire que c’est la seule méthode qui permet de prendre en compte la réalité. Condition nécessaire mais pas suffisante certes mais que le monde du vin, par-delà ses baronnies régionales et ses poses syndicalo-professionnelles, devrait résolument pratiquer. Angélisme ironiseront certains ; non réalisme face à des rapports de forces économiques qui ne sont pas gravés dans le bronze.

Sur mon espace de liberté je m’enorgueillis de recevoir tout le monde. Tel n’est pas le cas de la grande majorité de mes confrères qui se contentent de révérer les bouteilles en ignorant superbement l’avant et l’après. C’est plus facile, plus confortable, plus valorisant que de s’intéresser au caddie et au cabas de madame tout le monde. Ce long préambule pour vous dire que je suis très heureux ce matin d’accueillir Olivier Mouchet, le monsieur vin d’Auchan. Mon plaisir est d’autant plus grand que je le fais avec plusieurs casquettes : la première est celle de Secrétaire Perpétuel autoproclamé de l’ABV dont Olivier est membre depuis l’origine, la seconde est bien sûr celle de questionneur non patenté, et la dernière, plus personnelle, est celle d’un petit chroniqueur bien esseulé qui a apprécié, au temps des vaches maigres, le soutien d’Olivier Mouchet en tant que lecteur, mais aussi promoteur, de mon petit blog auprès de son entourage (prenez de la graine, faites abonner vos amis !). Que l’on m’accusât de « mélange des jarres » (pour comprendre lire http://www.berthomeau.com/article-faut-il-changer-l-aude-en-vin-jean-baptiste-botul-ne-a-lairiere-y-repond-dans-la-metaphysique-du-mou-et-pisse-le-long-de-la-raie-d-onfray-50170766.html ) peu me chaut, je ne suis pas achetable car je suis invendable.

Olivier est un parigot de naissance, le sud du 15ième, le quai de Javel (ceux qui  n’ont lu mon impayable roman du dimanche ne peuvent pas comprendre l’opération double chevron et de Javel à Ste Anne), les usines Citroën, passionné de vin. C’est déjà un sacré bon point pour lui dans son dossier. Études de marketing, puis démarrage en magasin, à Fontenay sous Bois, chez Auchan en 1988. La suite : acheteur en produits frais, en épicerie, responsable marketing en vins et spiritueux et, depuis 2002, chef de groupe vins pour Auchan France. Fidélité, expérience, voilà pour moi un interlocuteur de premier niveau à qui je me devais de poser mes 3 Questions qui, comme le souligne à juste raison Olivier Mouchet en recèlent une bonne dizaine. Merci Olivier Mouchet d’être venu sur mes lignes et en bonus  " Alone again or " de Love,

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1ier Question : C’est une première sur mon espace de liberté, un « grand méchant loup » de la Grande Distribution, accepte de se soumettre à mes « redoutables » questions. Rassurez-vous Olivier Mouchet vous n’êtes pas ici au tribunal des flagrants délires, Desproges est sur son nuage, alors dites-nous comment une grande enseigne comme Auchan distribue ses vins ? Tracez nous le chemin qui va du vigneron au consommateur ? Expliquez-nous votre approche, votre philosophie, et votre vision de l’évolution du secteur ?

 

Réponse d’Olivier Mouchet :

Votre 1ere question en comportant 3, je vais essayer de synthétiser.

Tout d’abord, pourquoi le vin est un parti pris d’Auchan ? C’est bien sur d’abord par intérêt commercial. En effet, nous sommes convaincus qu’un magasin qui satisfait les attentes de ses client(e)s pour les vins, marque un point déterminant vis-à-vis de concurrents voisins qui s’en désintéresseraient. Par ailleurs, et il ne faut pas le négliger, Auchan est une société familiale, non cotée, dont les valeurs et la convivialité ne sont pas incompatibles avec la culture œnophile.

Avant même de les distribuer, il s’agit de les choisir. Pour cela, j’anime une équipe constituée d’abord de 4 amoureux des vins, chacun spécialisé dans 1 ou plusieurs bassins de production, qu’ils parcourent à longueur d’année pour rencontrer nos fournisseurs et ceux qui pourraient le devenir, qu’ils soient vignerons indépendants, caves coopératives ou négociants. Nous travaillons avec plus de 500 d’entre eux, les vins sont dégustés à chaque millésime, et pour notre « Sélection » (dont je vous sais friand), nous réalisons nous même les assemblages, prioritairement sur cuves.

Nos 5 entrepôts viennent enlever les vins pour les redistribuer dans nos magasins, où l’assortiment proposé est régionalisé, car les clients ne consomment pas du tout les mêmes vins selon qu’ils soient de Dunkerque, Strasbourg, Pau ou Nice.

Concernant le marché, je crois malheureusement que la chute de la consommation en France - en volume -  va continuer encore le temps d’une génération, et que nous devons trouver les leviers pour la limiter, tout en faisant en sorte que la valeur, elle, croisse. Cela passe forcement par l’augmentation de la qualité, mais aussi par la promotion de nouveaux instants de consommations, éloignés du sempiternel repas du Dimanche, et encore par la prise de conscience que nos clients sont en majorité des clientes.

 

2ième Question : Comme vous le savez Olivier Mouchet je suis un grand « adorateur » des marques, des vraies. J’ironise, avec la facilité qui m’est chère, sur les fameuses Marques de Distributeur (MDD) et ce brave Pierre Chanau est passé récemment à ma moulinette. Votre point de vue sur l’émergence de réelles marques nationales dans le secteur du vin m’intéresse et je suis persuadé qu’il intéressera au plus haut point mes lecteurs. En complément, les hard-discounter vont, eux-aussi, lancer des marques, qu’en pensez-vous ? Le moins cher du moins cher a-t-il des limites ?

 

Réponse d’Olivier Mouchet :

Amateur depuis longtemps, j’ai découvert ce secteur – professionnellement s’entend - il y a presque 10 ans, et au tout début j’avais emmené à lire comme devoirs de vacances le rapport B, qui a été pour moi une excellente introduction à la filière.

Pierre Chanau n’est pas une marque, mais la signature, née en 1977, de la « Sélection Auchan », gamme de 150 vins Français de toutes origines (à cet égard, nous sommes fiers de commercialiser dans toute la France un Pacherenc du Vic Bilh) qui ont en commun une cible qualité prix.

Si, effectivement, une marque se doit d’avoir un positionnement qualité, cela ne suffit pas. Il faut également une promesse, les preuves de cette promesse, des moyens puissants pour la distribuer (ce qu’on appelle une force de vente) et la faire connaître et reconnaître (une communication), sans oublier de la recherche et développement pour préparer le futur.

Il y a très peu de marques en France ayant ces attributs (si l’on excepte les « icones » Bordelaises qui ne sont pas des produits de grande consommation). Et il n’y a pas du tout de « méga marques » capables a elles seules de renverser une tendance de marché grâce à l’innovation et la communication.

Pour bâtir une méga marque, il faut un marché potentiel et des capitaux. La filière viti vinicole manque de capitaux, et ceux qui ont des capitaux jugent sans doute que le potentiel de rémunération de leurs capitaux dans cette filière est insuffisant.

A ce point du débat, je suis sur que certains vont dire que c’est « la faute à la GD ». C’est inexact car la GD n’existe pas. Il y a des entreprises indépendantes et des groupes ; des sociétés régionales ou internationales, des Françaises ou étrangères, des entreprises cotées ou non, des bretonnes, des nordistes, des charentaises, … des centralisées, des décentralisées

Chaque distributeur a ses spécificités, ses avantages, ses défauts, qui sont différents selon les produits que l’on souhaite commercialiser.

En revanche, ce qui est sûr, et vous l’avez démontré, c’est que la filière souffre d’un  manque d’organisation et de concentration de son amont (j’y inclus le négoce car c’est notre amont) et d’une concurrence mortifère sur certains segments à bas prix.

 

3ième Question : Autre sujet qui m’est cher : le mur de vin dans la Grande Distribution : à quoi bon se casser la tête à créer des lignes de produits, en clair à quoi ça sert que Pierre Chanau se décarcasse, pour que les vins ainsi packagés soient dispersés aux quatre coins du rayon au gré des régions, des couleurs, des appellations ? Comment le pousseur de caddie de base s’y retrouve-t-il ? Explorez-vous chez Auchan des pistes nouvelles pour que le rayon vin sorte de sa massification ? Les catalogues des foires aux vins semblent être le summum de l’innovation de votre mode de distribution, alors qu’à leur lecture on se rend compte qu’ils sont bien traditionnels ?

 

Réponse d’Olivier Mouchet :

L’achat de vins en hyper est anxiogène (je ne l’invente pas, ce terme vient des clientes), du fait de la complexité de l’offre, de la manière « linéaire » de les présenter,  de l’absence de conseil et de réassurance.

En dehors des Foires aux vins, qui s’adressent encore majoritairement aux hommes, ce que vous appelez le pousseur de caddie est majoritairement une « pousseuse », dont les clés d’entrée sont, quand on les écoute, et dans l’ordre : un conditionnement, une couleur, un bassin de production au sens large, un prix approximatif … et une occasion qui va provoquer la consommation du vin qu’elle recherche. Vous noterez l’absence de marque et sur un autre axe, de profil organoleptique (je ne veux pas parler de typicité !). Nos axes de travail visent alors à clarifier la présentation des vins, casser la monotonie des linéaires, réassurer l’achat. Quant au conseil, nous essayons de pallier à son absence par de l’information, par exemple avec des pictogrammes indiquant pour chaque vin les mets qu’il accompagnera le mieux. Et contrairement au lieu commun qui assène que nous pratiquons des marges prohibitives, nous n’avons pas les moyens, aujourd’hui, dans une majorité de magasin, d’employer un Conseiller permanent en rayon. Néanmoins, nous développons un programme de formations aux vins, très ambitieux, pour les Chefs de rayon et leurs équipes.

Concernant les catalogues Foire aux vins, vous avez partiellement raison car certains de nos concurrents ont tenté des innovations très intéressantes dans les dernières Foires de printemps, ce qui doit nous aiguillonner pour arrêter le copier/coller.

 

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 02:09

« Votre Wladimir voulait passer définitivement à l’Ouest... » Jeanne se crispait. Je lui serrais très fort le poignet : « L’heure n’est pas aux cachoteries. Dites-moi tout ce que vous savez ! » Elle soupirait « Mais je ne sais rien... Wladimir n’était pas très bavard... » Je changeais de pied pour la déstabiliser « À votre avis, pourquoi s’est-il suicidé ? » Sa réponse me laissait pantois « Qui vous a dit qu’il s’est suicidé ? » Je ricanai « Vous ! » Butée elle répliquait « Wladimir n’était pas homme à se tirer une balle dans la tempe ! » Furibard je la tançais « Alors, donnez-moi votre version... » Jeanne fronçait les sourcils et lâchait, comme à regret, « ce sont ses créanciers... » Le déstabilisé c’était moi « ses créanciers, quels créanciers ? » Elle minaudait « ceux à qui il empruntait de l’argent... » La moutarde me montait au nez « ça suffit, crachez-le morceau, le temps presse ! » Jeanne tirait un petit mouchoir pour se tamponner les yeux. « Vous n’allez pas pleurnicher ! » Elle se cabrait « Non, dès que je suis contrariée je fais de la conjonctivite. » J’éclatais d’un petit rire nerveux « Pas possible, vous êtes contrariée, mais qu’est-ce qui peu bien vous contrarier ? Moi ?» À mon grand étonnement elle posait sa tête dans le creux de mon épaule en chuchotant « Bien sûr que non, je vous trouve formidable... Vous avez des nerfs d’acier... Un peu comme Wladimir...» La comparaison m’emplit cette fois-ci d’une réelle hilarité. « Jeanne nous sommes à Berlin-Est, moi sans sauf-conduit, vous, si je puis dire, vous avez un macchab sur les bras, et vous ne trouvez rien de mieux à me dire que je suis superman. Nous nageons dans le bonheur. Pourquoi votre beau Wladimir avait-il des dettes ? » La réponse fusait « Il jouait ! » Mes neurones opéraient une connexion rapide. « Au poker ? » Elle opinait. « Où ? » Elle murmurait « au consulat ». Tout devenait limpide. Je vérifiais mon intuition : « Ses partenaires : des américains, sans doute... » Elle hochait la tête.

Le tramway arrivait à son terminus. Nous descendions en donnant l’impression aux autres voyageurs que nous étions familiers du lieu. Pourtant, juchée sur ses hauts talons, avec ses vêtements luxueux, Jeanne jurait au milieu de ce petit monde gris, mal fagoté, dont la tristesse suintait par tous les pores de la peau de cette cohorte de mal nourri. Il me fallait vite trouver un téléphone pour joindre Sacha à son bureau. Tout mon plan reposait sur ses épaules. La cité, avec ses barres parallèles, ressemblait à un alignement de sinistres clapiers bordé d’arbres rachitiques poussant sur des plaques d’herbe rare. Plus rare encore, les cabines téléphoniques, je commençais à m’inquiéter. Jeanne accrochée à mon bras me suivait sans piper mot. Sur une portion de terre battue des gamins frappaient dans un ballon de cuir dégonflé. « Vous parlez bien l’allemand je suppose ? » Jeanne me répondait que oui. « Et vous avez des dollars... » Son bien sûr m’indiquait qu’elle devait en posséder un beau paquet. Je l’entrainais vers l’aire de jeu. Le plus petit des gamins, un rouquin, qui faisait office de gardien de but entre deux poubelles, nous regardait nous approcher avec un regard où se mêlait crainte et intérêt. Je briffais Jeanne « Vous allez lui proposer de l’argent pour qu’il s’achète un nouveau ballon en échange d’un petit service... Nous conduire chez un médecin. » Jeanne marmonnait étonnée « Qu’allons-nous aller faire chez un médecin ? » Je raillais « Voir si vous êtes enceinte des œuvres de votre beau Wladimir ! » Avant qu’elle ne se fâche vraiment j’ajoutais « nous allons téléphoner à mon ami Sacha. »

Dans l’intervalle qui nous restait encore à franchir pour rejoindre le gamin aux taches de son Jeanne trouvait le temps de s’inquiéter. « Mais ils vont nous dénoncer » Je la rassurais « Pourquoi diable nous dénonceraient-ils ? Les gamins vont s’acheter un beau ballon et notre toubib empocher de quoi améliorer sérieusement l’ordinaire. Vous savez, ici, le patriotisme claironné par la propagande de leur bel Etat démocratique ne résiste pas aux beaux billets verts. Ils ont faim...» Les mains dans les poches le rouquin toisait Jeanne comme un petit coq. Les autres cessaient de jouer. Jeanne, dans un allemand rapide, exposait la transaction. Le petit mec tendait la main. Jeanne ouvrait son sac et sortait un billet de 20 dollars d’un beau portefeuille en cuir gold. Les yeux du rouquin s’écarquillaient. Je retenais la main de Jeanne. « Il nous conduit d’abord. Le paiement en port du » Jeanne traduisait. Le gamin lui empoignait la main et la tirait vivement. Elle se tordait les pieds mais le gamin accélérait. Après avoir contourné un long bâtiment de briques nous débouchâmes sur une petite place entourée de pavillons assez coquets. « Dites-lui que nous doublons la mise s’il nous attend. » Jeanne transmettait. Le gamin souriait dévoilant une denture chaotique. Nous étions devant un portillon donnant sur un jardinet. Le gamin sonnait. Une vieille femme en blouse noire entrouvrait la porte. Le gamin s’expliquait. Au fur et à mesure de ses explications les yeux de la bonne femme s’écarquillaient. Avant même qu’il en eut fini elle ouvrait brusquement la porte et nous faisait signe d’entrer. Le rouquin restait dehors. Le hall empestait le désinfectant. Jeanne profitait d’un miroir pour remettre de l’ordre dans sa coiffure. La vieille nous introduisait dans un salon dont les fauteuils étaient recouverts de housses. En dépit de son invitation à nous asseoir nous restions debout. « Dis-lui qu’elle nous mène de suite chez le toubib ! » Jeanne n’eut pas le temps de traduire, la bonne femme répliquait « J’ai compris, suivez-moi... »

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