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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 00:09

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« Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil... » ironisait le grinçant Jean Yanne, s’il eut connu Facebook je suis persuadé qu’il nous aurait concocté une pochade sur le grand lac des « amis». C’est simple comme un clic de s’en faire sur le réseau communautaire créé par Mark Zuckerberg. Dans son film, alors que Prévost délire à la radio sur les amis : Blier le big  chef comme Yanne le râleur ponctuent : « c’est de la merde ! » Attention, je ne suis pas en train de cracher dans la soupe puisque je suis moi-même sur Facebook. J’y ai, à l’heure où j’écris cette chronique, 732 amis dont plus de 99% que je n’ai jamais vu, jamais entendu et qui à priori se préoccupent plus de poster que d’engager un réel dialogue avec moi. Ainsi je suis sollicité pour des évènements, pour faire parti d’un groupe de ceci ou de cela, pour partager les goûts de X ou de Y... bref, à de rares exceptions, la canalisation coule toujours dans le sens descendant et ça ne remonte jamais. Certes certains dialoguent en direct mais n’ayant pas de temps à consacrer à ces échanges je n’en mesure ni l’importance ni l’intérêt. Attention je ne dénie pas aux réseaux sociaux leur capacité à créer des liens entre les personnes mais j’y sens plus de communautarisme que de sociabilité et surtout j’y sens la main prégnante du marché.

 

Moi-même si je poste chaque jour mes chroniques sur Facebook c’est pour accéder, entre guillemets, à une nouvelle clientèle. La diffusion sur le Net exige que l’on soit présent partout. J’assume donc cette présence sans aucun complexe mais j’avoue rester parfois perplexe sur le contenu et sur le devenir de certains contenus. Ce n’est qu’une forme de doute, je ne porte pas de jugement péremptoire ni ne qualifie de gamineries l’inventivité de certains. Comme l’aurait dit Mao, grand spécialiste du maniement du peuple, il y a un côté cent fleurs (百花运动/百花運動) – campagne qui visait à redonner une certaine liberté d'expression à la population, tout particulièrement aux intellectuels, pour critiquer le Parti – car le but affiché sur un réseau social est l’échange, la création de liens alors qu’en fait, dans la majorité des cas, c’est un grand théâtre d’ombres où chacun cherche à se faire une place au soleil, sortir du gris de l’anonymat, être connu quoi. Ambition louable j’en conviens mais qui nous vaut des miss France ayant fait HEC et des débiles profonds, style Stevie, qui passent à la Télé. Le web, comme je l’ai écrit récemment, « pousse les murs » de l’espace public tout « en enlevant le plancher » et devient la nouvelle frontière pour monsieur et madame tout le monde. Là encore nulle ironie de ma part mais pur constat du fossé qui se creuse entre ceux, une poignée, qui prennent toute la lumière et ceux, la masse, qui se morfond dans l’ennui de la classe moyenne, dans le désintérêt de jobs peu gratifiants, dans le froid glaciaire du chacun pour soi. Je force sans doute un peu le trait mais moi qui suis dans la dernière ligne droite d’une vie professionnelle qui m’a donné beaucoup de satisfactions – pour autant je ne dis pas que j’ai réussi ma vie – je sens mariner des frustrations, des pourquoi pas moi.

 

Que viens faire le marché dans tout cela ? Pour faire simple je dirais que nos jeunes pousses l’ont totalement intériorisé, il est leur façon de respirer. Nous, les connards de soixante-huitard, qui avons ouvertes grandes les portes de la société de consommation, affichions des idées en béton puisés dans les grandes idéologies, nous voulions refaire le monde et, sans doute, n’avons-nous que refait les peintures de nos salons pour mettre en valeur nos meubles design. L’heure n’est plus à ces balivernes, sauf pour quelques minorités plus jacassantes qu’agissantes, mais au modèle économique de l’instantanéité si bien illustré par les traders qui se goinfraient, et qui continuent de le faire, pour en une petite poignée d’années atteindre le top des nouveaux riches. Bien sûr les réseaux sociaux sont plutôt peuplés de petits caïmans mais des caïmans tout de même. Sur le web l’économie de moyens pour s’y positionner donne à tous de grands espoirs. Trouver le bon truc qui fera le buzz, le tour du monde en 80 secondes, et qui vous propulsera au nirvana de la notoriété. Devenir le Gary Vaynerchuk français du vin ou le nouveau Bob Parker de la Toile... le rêve quoi ! Comme nous sommes dans une phase où les seuls qui s’en foutent plein les poches sont les fabricants de tuyaux (la valeur de Facebook dépasse celle de Yahoo), sur les réseaux sociaux le petit monde se presse en rangs serrés et l’heure est à « embrassons-nous Folleville... ». Tout le monde y attend tout le monde en se gardant bien d’avoir des aspérités, des angles, une ligne. Les provocations sont surtout formelles alors que le fond ne contient guère de matière : les sujets défilent et leurs enterrements se font sans fleurs ni couronnes dans l’indifférence générale.

 

Le marché est sans pitié dans un « Océan Rouge » où l’intensité de la ponction affaiblit chaque jour la ressource. L’essoufflement et l’épuisement viendront sans aucun doute et, à mon sens, ne survivront que ceux qui auront su aller jeter leurs lignes dans le paisible « Océan Bleu » là où, pour l’heure, il ne se passe rien. En n’écrivant cela je ne joue pas les rabat-joies mais je m’essaie à mesurer l’importance d’un phénomène dont je ne saisis sûrement pas toutes les composantes. Réfléchir n’a jamais fait de mal à qui que ce soit et la transmission, même si l’expérience et les apprentissages sont raillés par les jeunes boutures, devrait être au centre des fameux réseaux sociaux plutôt que cette concurrence ripolinée « en tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil... » Le monde est dur et sans pitié, marcher sur la tête de son voisin avec le sourire n’est pas différent de l’écraser avec cynisme. Retrouver le sens du collectif, une culture du bien commun ne nuit en rien à l’épanouissement personnel, à l’esprit d’entreprendre. Alors, comme je crois toujours en la vertu de l’intelligence, j’attends que les « amis» des réseaux sociaux fassent autre chose que de s’empiler comme les briques d’un mur de l’indifférence même si celui-ci est peint aux couleurs des bons sentiments. Sachez que mon espace de liberté est ouvert à tous les talents qui voudraient venir s’y exprimer et y « bénéficier » de ma toute petite parcelle de notoriété...

 

Afin de bien me faire comprendre, et je ne suis pas sûr pour autant d’être bien compris, ces quelques réflexions sur ce que je ressens face à l’observation du comportement de certains sur Facebook, ne vaut pas condamnation. Je n’ai instruit aucun procès et je ne m’érige pas en juge. J’émets simplement le souhait que sur cette nouvelle trame s’instaure entre les « amis » un vrai dialogue qui dépasse le convenu, le simple affichage, la pure ingéniosité, la quête éperdue de soi-même. Sans doute suis-je un Vieux Con mais que voulez-vous je ne me soigne pas et je suis prêt à relever tous les défis d’une vraie convivialité, d’un réel bien-vivre au travers de goûts communs. « Un peu de douceur dans un monde de brutes... » oui mais bien au-delà d’un Bloglouglou bien réducteur, bien fermé... Levons le nez de nos verres pour voir les gens qui sont autour de nous... ça ne peut que faire du bien à tout le monde y compris à l’extension du domaine du vin...  

 



Tout le monde il est beau,Tout le monde il est gentil
envoyé par DinozzoGibbsProd. - Plus de vidéos fun.

 

mardi 4 janvier 2011

Goldman Sachs investit lourd dans Facebook valorisé 50 mds

Facebook a levé 500 millions de dollars auprès de la banque Goldman Sachs et du groupe russe Digital Sky Technologies (DST) dans le cadre d'un accord valorisant le site de réseau social 50 milliards de dollars, selon une source proche du dossier.
Les deux groupes prévoient en outre de lever au moins un milliard de dollars supplémentaires à investir dans Facebook, a dit la source qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat.
L'investissement réalisé par Goldman et Digital Sky donne à Facebook une valorisation supérieure à celle de géants plus anciens de l'Internet, tels que Yahoo! et eBay et pose une nouvelle fois la question de l'introduction en Bourse du site de réseau social.
Le cycle d'investissement, dont le New York Times s'était fait l'écho le premier, survient un an et demi environ après un investissement de 200 millions de Digital Sky. Il valorisait alors Facebook 10 milliards de dollars.
Goldman Sachs prévoirait de créer un véhicule d'investissement destiné à l'investissement dans Facebook pour ses gros clients, selon le New York Times.
"Nous avons choisi une stratégie de total et inconditionnelle concentration sur l'Internet comme outil de consommation, et je dirais même l'Internet social", avait indiqué Yuri Milner, le président de DST, le 28 décembre dans une interview au quotidien des affaires russe "Vedomosti".

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 08:00

Chers lecteurs, la vie sur cet espace de liberté est pleine de rebondissements, de saillies, de variété, de questions idiotes, de réponses savoureuses ou idiotes, mais comme le dit l’adage populaire « il vaut mieux en rire qu’en pleurer » Dans la case pourvoyeur de rire salubre, de salubrité publique même, François Morel est l’un des meilleurs. La preuve cette chronique de la Nativité sur France Inter que je vous propose d’écouter ou de réécouter.

 

* Ma question titre est moins idiote qu’il n’y paraît, en effet Bethléem étant Judée, région productrice de vins, Joseph, qui était aussi tonnelier pour des raisons de diversification, y était venu livrer des futs au dénommé Luc Charlier, Dr en médecine reconverti en vigneron, qui étant un peu juste du côté trésorerie, a revêtu ses habits anciens d’accoucheur... pour...   


Nativité
envoyé par franceinter. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 00:04

Au basculement de l’année, beaucoup de médias traditionnels nous bassinent avec des rétrospectives sur les évènements de l’année morte. Pas question ici de nous adonner à cet effeuillage et de verser dans l’empilement des catastrophes. Simplement, puisque chaque jour arrive de nouveaux venus sur cet espace de liberté je me propose, de temps à autre, de leur offrir un échantillon de mes écrits anciens. La quintessence bien sûr, la crème de mes chroniques, et pour commencer je vous propose, afin que certains puissent mieux comprendre le mystère de ma grande saga du dimanche commencée le 7 novembre 2006, deux chapitres écrits en fin d’année 2006. Ils relatent un haut fait de ce fameux mois de mai 68 qui par bonheur a fait couler beaucoup plus d’encre que de sang. Bien évidemment tout cela est pure fiction... Tout à la fin de cette chronique de haute portée littéraire un super Bonus à ne pas manquer. 

 

« Le Comité de grève, réuni dans la salle des professeurs, recevait le Doyen, Claude Dupond-Leborgne, flanqué de quelques professeurs, ceux qui ne s'étaient pas tirés, d'un paquet de maîtres-assistants et d'assistants penchant plutôt vers notre bord. Nous avions convoqué le Doyen – avec la dose de grossièreté qui sied à une assemblée dont c'était le seul ciment – pour vingt heures, afin qu'il prenne acte de nos exigences. Pas question de négocier avec lui, même si nous n'étions d'accord sur rien, sauf de maintenir la mobilisation, il devait bouffer sa cravate. Sans protester, le Doyen et son dernier carré avait tout avalé. Tous arboraient le col ouvert, le tableau était pathétique. Tous à plat ventre, même Salin, l'un des futurs thuriféraires des papes de l'Ecole de Chicago nous donnait du cher collègue. Mais si eux étaient pathétiques nous, nous étions lamentables. Nous pratiquions une forme très primaire de langue de béton brut mal décoffré, grisâtre, granuleuse, du genre de celle qu'on utilise pour se lester avant de se jeter à la baille un jour de désespoir sans fond. « Sous les pavés, la plage...» Nous étions à cent lieux de la poésie de nos graffitis.

 

Vers onze heures, face à l'enlisement, je pris deux initiatives majeures : ouvrir en grand les fenêtres – le nuage de notre tabagie atteignant la cote d'alerte – et proposer une pause casse-croûte. Pervenche, avec son sens inné de l'organisation, à moins que ce fusse son atavisme de fille de chef, nous avait fait porter par le chauffeur de son père – sans doute était-ce là une application directe de l'indispensable liaison entre la bourgeoisie éclairée et le prolétariat qu'elle appelait de ses voeux – deux grands cabas emplis de charcuteries, de fromages, de pain et de beurre, de moutarde et de cornichons, de bouteilles poussiéreuses de Bordeaux prélevées dans la cave de l'hôtel particulier de la place Mellinet. Rien que de bons produits du terroir issus de la sueur des fermiers des Enguerrand de Tanguy du Coët, nom patronymique de mon indispensable Pervenche. Quand au Bordeaux, le prélèvement révolutionnaire s'était porté sur un échantillon représentatif de flacons issus de la classification de 1855. Face à cette abondance, la tranche la plus radicale du Comité hésitait sur la conduite à tenir : allions-nous nous bâfrer en laissant nos interlocuteurs au régime sec ou partager avec eux notre pitance ? Ces rétrécis du bocal exigeaient un vote à bulletins secrets. A dessein je les laissais s'enferrer dans leur sectarisme.

 

Sans attendre la fin de leur délire je sortais un couteau suisse de ma poche, choisissais la plus belle lame et tranchais le pain. Face à ce geste symbolique le silence se fit. De nouveau je venais de prendre l'avantage sur les verbeux, leur clouant le bec par la simple possession de cet instrument que tout prolo a dans sa poche. Eux, l'avant-garde de la classe ouvrière, à une ou deux exceptions près, en étaient dépourvus. Dupond-Leborgne étalait sur sa face suffisante un sourire réjoui : il exhibait un Laguiole. Je lui lançais « au boulot Doyen, le populo a faim ! » Spectacle ubuesque que de voir, notre altier agrégé de Droit Public, embeurrer des tartines, couper des rondelles de saucisson, fendre des cornichons, façonner des jambons beurre avant de les tendre à des coincés du PCMLR ou à des chtarbés situationnistes. Nous mâchions. Restait le liquide et là, faute de la verroterie ad hoc, nous séchions. Se torchonner un Haut-Brion au goulot relevait de la pire hérésie transgressive dans laquelle, même les plus enragés d'entre nous, ne voulait pas tomber. Que faire ? Face à cette question éminemment léniniste, nous dûmes recourir à l'économie de guerre, c'est-à-dire réquisitionner les seuls récipients à notre disposition soit : trois tasses à café ébréchées, oubliées là depuis des lustres ; deux timballes en fer blanc propriété de deux communistes de stricte obédience qui les trimballaient dans leur cartable, un petit vase en verre soufflé et quelques gobelets en carton gisant dans une poubelle.

 

Muni de cette vaisselle vinaire hétéroclite, après avoir donné un peu d'air aux grands crus, je procédai d'autorité à une distribution équitable. Le doyen, toujours aussi ramenard, délivrait de doctes appréciations, faisant étalage de sa science de la dégustation. A ma grande stupéfaction, un panel représentatif de l'orthodoxie prolétarienne, fit cercle autour de lui pour gober ses lieux communs. Magie du vin, la perfusion des nectars de haute extraction dans de jeunes veines révolutionnaires et, dans celles plus obstruées, des mandarins, déliait les langues, attisait l'esprit, donnait de la légèreté aux mots. Ils fusaient. L'euphorie montait. Le professeur Salin abandonnait Milton Friedmann en rase campagne pour raconter des histoires salaces. Ma Pervenche, seule femme dans ce marigot de mâles enivrés, subissait les assauts conjugués de Dieulangard, le Spontex, et du doyen que j'avais surpris, quelques minutes auparavant, en train de siffler les fonds de bouteille. Nous étions tous pétés. A la reprise de la séance, sur proposition de Jean-Claude Hévin, un assistant famélique, spécialiste du droit de la Sécurité Sociale, le principe du passage automatique en année supérieure fut voté à l'unanimité. A la suite de ce vote historique, le doyen se levait pesamment pour porter un toast, en dépit de son verre vide, « au succès du plus grand mouvement populaire du siècle... »

 

Ce soir-là, Pervenche et moi, rentrâmes à pied. Nous devions distiller nos excédents avant d'aller dormir. Le ciel de mai était pur, l'air tendre et nous fîmes une longue pause sur les pelouses bordant l'hippodrome du Petit-Port. Couchés sur l'herbe, le nez dans les étoiles, Pervenche ayant posé sa tête sur mon ventre, nous étions restés un long moment silencieux. Même si mon alcoolémie voguait encore sur des sommets, ma lucidité restait intacte, vive, et je pressentais que ma compagne, qui ne quémandait que des caresses tendres, attendait de moi autre chose que l'expression animale de ma virilité. Ayant grandi dans les jupons des femmes j'ai développé un sentiment, dont on dit qu'elles sont supérieurement dotée, l'intuition. Ce sont des ondes fines, un faisceau sensible, comme une petite musique intérieure qui vous rend réceptif, prêt à accueillir et comprendre même l'indicible. L'autre le sent, s'ouvre, se confie et j'entendais Pervenche me dire « Benoît, j'aime les filles... »

- Tu en aimes une en particulier ?

- Oui.

- Elle le sait ?

- Non.

- Alors, dis-lui...

- Non !

- Tu crois que ce n'est pas réciproque ?

- Oui...

- Tu en es sûre ?

- Oui !

- D'où tires-tu cette certitude ?

- Parce que c'est Anne Sautejeu...

- Non !

- Si !

- Mais c'est la reine des fafs de la Corpo...

- Je sais Benoît mais je l'aime...

L'irruption brutale dans ma petite tête bien pleine, de l'absolue irrationalité de l'amour avec un grand A, me propulsait dans une abyssale attrition.

 

Ce matin encore un super bonus vous est offert avec une chronique comme vous n'en trouverez nulle part ailleurs : Le Dr Charlier a-t-il accouché la Vierge Marie ? François Morel en direct de Bethléem sur France-Inter répond. Clicquez !  http://www.berthomeau.com/article-le-dr-charlier-a-t-il-accouche-la-vierge-marie-francois-morel-en-direct-de-bethleem-sur-france-inter-repond-64255366.html

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 08:00

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« Moi, je couche toujours le premier soir. C'est un principe ! » Bahia Benmahmoud pratique donc en vertu de ce principe « la lutte des corps » en ouvrant ses cuisses pour convertir ses ennemis politiques, de droite bien sûr. Fille d’un brave émigré algérien de la 1ière génération et d’une militante féministe post-soixante-huitarde, elle est trop française pour qu’on la prenne pour une beurette : « Bahia, c’est brésilien » l’interroge-t-on ? La rencontre entre cette tornade, au sourire éclatant, aux convictions brandies comme des étendards, avec Arthur Martin, est celle du feu avec l’eau qui dort. Lui, en effet, coincé de chez coincé, adepte du principe de précaution - tant dans sa profession au Centre Français des épizooties où il recense et étudie les oies bernaches mortes et lesquelles pèse la suspicion du fameux virus H5N1- qu’à titre personnel, jospiniste effacé, porteur d’un lourd héritage silencieux, est au sens propre en état d’attrition. Saisi ! Jacques Gamblin est un contre-point cravaté mais ébranlé face à une Sara Forestier formidablement vivante : vêtue que de ses petits brodequins violets on en oublie qu’elle est nue dans la rue.

 

Ce film est jubilatoire. Bien écrit, ciselé même, sans temps mort, c’est un feu d’artifice d’humour qui frappe juste, c’est aussi une comédie citoyenne joyeuse, profonde, pétulante, qui ne nous prends pas la tête, c’est la vraie vie projetée l’air de rien, sans gros sabots, avec le double questionnement sur l’identité nationale et intime. Ce film est une thérapie par un rire franc et massif. C’est un film qui à la sortie vous donne envie d’en parler. Chaque scène recèle des trésors de drôlerie, de tendresse, de vérités toutes bêtes. Moi ça m’a donné de l’oxygène, aéré la tête, m’a ému, m’a fait jubiler, rire à en pleurer. Sans déflorer le scénario, la scène avec Lionel Jospin, le vrai, détendu et rigolard – oui, oui... – est un vrai bijou de drôlerie et d’inventivité. Si vous ne courrez pas voir ce film c’est que primo, en dépit de vos protestations, vous ne me faites aucune confiance, et que secundo vous êtes d’affreux réactionnaires craignant de se voir retourner par la belle Bahia Benmahmoud qui affiche la couleur sans aucune impudeur malgré la propension de ses seins à jouer les montgolfières. Même Télérama trouve le film réjouissant alors allez-y en masse ou, lorsqu’il sortira, achetez le DVD et organisez une petite soirée entre amis.

 

À mon avis seul les irrécupérables de quelques bords qu’ils fussent, et je suis persuadé que du côté gauche y’en a un paquet qui va s’offusquer de la légèreté de ce film, vont détester. Mais qu’importe pour une fois que la  critique et un large public sont d’accord ne boudons pas notre plaisir. Antidote à la morosité ambiante « Le nom des gens » vaut que l’on soutienne l’aventure des auteurs Baya Kasmi et Michel Leclerc – compagnons dans la vie – qui, comme l’écrit un critique : « lorsqu'ils se sont lancés, ne songeaient sûrement pas faire l'ouverture de la Semaine de la Critique 2010 et encore moins recueillir l'ovation méritée qui leur fut réservée à la fin de la projection. Et pourtant, rien de plus normal puisqu'ils signent simplement l'une des plus savoureuses comédies françaises de ces dernières années, tout en se targuant de convoquer Lionel Jospin dans son premier rôle » Moi j’aime les gens qui réussissent dans leur entreprise en redonnant à nos vies ce qu’il faut de sel pour ne tombent pas dans l’affadissement le plus sinistre. Rire bordel ça fait du bien !  

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 00:09

 

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C’est toujours le jour où tu ne t’y attends pas que tu  prends une tuile sur le coin de ta gueule enfarinée. Ainsi, alors que le Bojolo Nuovo lançait une offensive de charme en sortant dans les vignes notre pépé Coffe, j’ai chroniqué sur le sujet. Bonne pomme j’ai même cité dans son intégralité un petit billet d’humeur du correspondant du Progrès de Lyon à Villefranche. Le gars était content, il me l’a même écrit sauf que quelques heures après, un peu penaud, sur ordre de ses chefs, on m’intimait le retrait au nom de la protection de la propriété intellectuelle. Ce que je fis mais ce n’était pas fini car pour montrer la tronche de JPC j’avais glissé une vidéo You Tube qui le montrait dans son opération de promo de Leader Price. Deuxième sommation dans le même style émanant d’un manant très pincé. Moi vous me connaissez, toujours aussi léger, je réponds que c’est avec plaisir que je mets le tout à la poubelle mais que tout cela c’était normal vu que le truc sentait le ménage. Mal m’en pris en retour on sortait le gros calibre : huissier, photo du fonds d’écran, donc emmerdement. Ebahi qu’on prenne ma petite crèmerie en ligne de mire pour un tir nourri je me dis « vaut mieux un bon compromis qu’un mauvais procès... » J’appelle donc le susdit – il est alors 23 heures – nous nous expliquons entre hommes et tout rendre dans l’ordre.

 

Qu’est-ce qui c’était donc passé ? J’avais fait l’objet d’un contrôle par la patrouille qui surveille le Net pour le compte de la presse écrite. Aux abois les gars quand tu en es réduit à venir chercher des poux dans la tête à un petit gars comme moi c’est qu’il y a le feu au lac. Certes la loi c’est la loi certes mais tout de même en quoi la reproduction d’un court billet qui, si je l’avais tronçonné, aurait perdu de sa saveur, et qui à l’heure de ma publication était déjà enfoui dans la poubelle de l’Histoire, s’assimilait à un pillage, à une usurpation ? Sans me pousser du col je lui donnais un écho qui dépassait largement les frontières du canton de Villefranche. Mais non, faut payer pour lire ! Rire jaune ! La diffusion de l’info ils s’en tamponnent la coquillette, faut sauver le bateau qui coule. Protection oui mais protection de quoi ? D’un pré-carré qui rétrécit chaque jour. Courte vue, absence totale de compréhension du phénomène des blogs, érection de frontières qui confinent plus encore les détenteurs de l’info écrite dans leur petit monde, fin d’un monde, pour autant la presse écrite, tout comme le livre, ne sont pas condamnés. Encore faut-il ne pas tirer le rideau de fer, lâcher les chiens et les Vopos, mais plutôt jeter des passerelles, dialoguer, s’épauler, donner aux lecteurs du contenu, leur redonner de l’appétit, sortir d’une info aseptisée, copié-collé, incolore, inodore et sans saveur.

 

Pour autant la gratuité n’existe jamais. Il faut bien vivre, trouver des ressources, assurer la pérennité des entreprises de presse écrite, parlée, télévisée ou du Net. Pour l’heure, en dehors du secteur public qui vit de la redevance et aussi de la publicité, ces médias sont entre les mains de quelques groupes bien connus de nous. Dans le cas d’espèce c’était une banque, dites mutualiste, qui ramasse les canards boiteux, mais la question n’est pas là. Internet existe, lui appliquer les recettes du passé relève de notre esprit ligne Maginot. L’important dans l’affaire n’est pas de se payer de mots mais d’être sur le théâtre des opérations pour comprendre, agir plutôt que réagir. Bref, je vous propose donc ce matin de lire un extrait de l’Introduction : Internet une révolution démocratique de Dominique Cardon paru au Seuil.

 

« Internet n’est pas un média comme les autres. Beaucoup voudraient l’inscrire dans une chronologie qui commencerait avec la presse et se poursuivrait avec la radio et la télévision. Internet serait en quelque sorte l’aboutissement naturel de l’évolution des médias de masse, puisqu’il parvient à associer le texte, le son et l’image dans le format numérique du multimédia. Mais cette conception, qui fait s’enchaîner les grands supports d’information, est trop simple. Elle transpose paresseusement vers Internet des modèles qui sont forgés dans le monde des médias traditionnels : une pratique du contrôle éditorial, une économie de la rareté, une conception passive du public. Il suffirait de dompter ce jeune média rebelle pour que se perpétuent les modèles économique, culturel et politique qui se sont établis tout au long du XXe siècle. »

 

« Le web ne se laisse pas apprivoiser facilement. Il pose des défis redoutables aux producteurs d’informations, aux détenteurs de la propriété intellectuelle, aux politiques de communication des entreprises, des institutions et des partis. » Le vieux modèle séparant l’espace de sociabilité (les échanges interpersonnels) et l’espace public voit ses frontières devenir poreuses. Autrefois « entre les deux, des « gardiens », les bien-nommés gate-keepers, éditeurs ou journalistes, se sont chargés de surveiller la frontière. C’est sur cette séparation que se sont édifiées les principales oppositions qui structurent l’espace public : la conversation et l’information, les individus et les citoyens, le privé et le public, le marché et la politique, etc. Ce découpage, renforcé tout au long du XXe siècle, est au fondement d’une économie de la représentation qui place d’un côté l’espace des interactions entre les individus, de l’autre les univers de plus en plus professionnalisés et clos sur eux-mêmes de la politique, de l’information et des industries culturelles. »

 

Brouillage, effacement de la ligne de démarcation, « Internet élargit l’espace public. Il ouvre grand les portes d’un univers qui s’était enfermé dans un dialogue entre des journalistes encartés et des professionnels de la politique. »

 

Danger crient les initiés « agressivité des débats, fausseté des informations, diffusion de rumeurs, rétrécissement de l’espace privé, pillage des œuvres protégées, exhibition narcissique... »

 

Chance proclament les révolutionnaires du Net ce serait 3la disparition de l’espace public et la prise du pouvoir des internautes »

 

On se calme ! « Il est cependant hasardeux de tenir des positions aussi tranchées, dans la mesure où Internet instaure moins une compétition entre professionnels et amateurs qu’un système d’interdépendances agissant sur les uns et les autres. »

 

Comme l’écrit Dominique Cardon dans son petit livre rouge « La démocratie Internet » promesses et limites au Seuil La République des idées « Internet pousse les murs tout en enlevant le plancher. Il ôte d’abord le privilège d’accès à la publication dont bénéficiaient naguère les professionnels. L’apparition des amateurs sur la scène publique étend considérablement le périmètre du débat démocratique. La parole publique ne reste plus sans réponse, dans une posture d’autorité imposant à son public silence et déférence. Elle peut désormais être commentée, critiquée, raillée, transformée par un grand nombre de personnes autrefois inaptes ou ignorantes. Mais Internet aspire aussi dans l’espace public les expressions personnelles des internautes. Le web s’empare de conversations qui n’étaient pas reconnues comme « publiques », en profitant des nouvelles pratiques d’exposition de soi des individus. »

 

Sur son blog Hervé Lalau, un peu excédé par cette profusion, cette agitation, cette obsession du flux, à juste titre craignait un raz-de-marée du moins disant. Ce n’est pas une crainte injustifiée car l’autoédition ouvre la porte au déferlement du n’importe quoi et au triomphe du plus petit commun dénominateur. L’histoire de la bande-FM libérée en 1981 en est un bon exemple : les grands gagnants de celle-ci furent les diffuseurs en boucle de musique-soupe : NRJ tout particulièrement. Cependant le contre-exemple c’est la chaîne de TV ARTE née sous les lazzis au temps de Jack Lang qui, sur une ligne éditoriale de qualité, a su s’imposer dans le paysage des généralistes. L’intérêt du Net c’est que nos diffuseurs vivent sur un modèle économique qui, pour l’heure, ne nous impose aucune ligne éditoriale. Alors à nous de faire en sorte de mettre dans les tuyaux des contenus de qualité qui petit à petit gagneront une audience fidèle pratiquant le bouche à oreille. Moi qui fais parti de la génération des baby-boomers, je considère le blog comme mon devoir de transmission. Je l’assume au jour le jour, sans souci de reconnaissance mais pour le plaisir de créer ou de recréer des liens sans le souci des gate-keepers chargés de surveiller la frontière de l’info d’origine contrôlée. Reste aux journalistes professionnels à retrouver dans leur rédaction le sens profond de leur métier et notre vie en commun fera progresser le débat démocratique...

 

Si ça vous dis en cliquant sur ce lien vous pouvez avoir accès à une chronique qui se mettra en ligne à 9 heures sur mon blog sans message d'annonce http://www.berthomeau.com/article-arthur-martin-aime-jospin-les-tribulations-d-un-specialiste-de-la-bernache-h5n1-et-d-une-militante-de-la-lutte-des-corps-64088182.html

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 00:09

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Un jour gris, en feuilletant vaguement les feuilles mortes du web, je suis tombé sur une envolée d’un grappilleur bien connu à propos d’un projet visant à créer « un site en chinois qui reprenne les principaux textes de nos meilleurs critiques » qui m’a laissé songeur. En effet, ce saint homme, en une tournure d’esprit qui m’étonnera toujours, s’emportait avant même d’avoir tenté d’agir : « Mais on n'aime pas les idées simples, et on va avoir 40 fonctionnaires sur le dos qui exigeront 50 réunions totalement improductives pour nous lister des arguments byzantins et n'avoir qu'un regard suspicieux sur ce qui devrait enthousiasmer tout le monde du vin ! » J’adore les on, c’est rond et c’est d’un vide très pratique qui enveloppe tout et rien.

 

Moi qui me suis vu accoler, après mes écrits iconoclastes, l’étiquette infamante de « haut-fonctionnaire parisien », solidaire de tous les sans-grades enfournés dans le même sac d’infamie, je me suis interrogé pourquoi tant de haine chez certaines gens du vin contre les fonctionnaires de ce vieux Ministère de l’Agriculture ? De plus, fort de ce qu’écrivait à mon propos nos amis de Harpers dans « First Berthomeau, now it’s plan B ... Cependant, une décennie plus tard, alors que la période visée par le rapport touche à sa fin, Berthomeau doit se demander pourquoi il a consacré presque une année de sa vie pour écrire ce plan. La plupart des perspectives font de 2009 l’annus horibilis du vin Français dans ce qui a déjà été une décennie châtiment. » je me sens investi d’un droit de réponse en défense de leur honneur outragé.

 

En effet, quelle est la responsabilité de ces fonctionnaires dans l’émergence puis le développement de cette « décennie châtiment » ? Bien sûr, comme toutes les machines administratives, lourdes, paperassières, tatillonnes, le petit monde des fonctionnaires porte sa part de responsabilité. Mais, rapporté à ce qui s’est passé pendant 10 ans, elle me semble dérisoire et peu décisive. Alors faire d’eux des étouffeurs d’initiatives privées, des fossoyeurs du dynamisme des entrepreneurs, des ratiocineurs, des emmerdeurs, des empêcheurs de décider, ceux par qui l’immobilisme arrive, c’est leur faire trop d’honneur. Que certains trouvassent commode de les installer dans la position de boucs-émissaires je le comprends aisément car ça les dédouane – sans jeu de mots – de leur propre responsabilité. En écrivant ce que j’écris je ne défends pas ma « corporation » – où je suis, si je puis m’exprimer ainsi, un corps étranger – mais je me permets de remettre les pendules des ouvriers de la 25ième heure à l’heure. C’est trop facile de charger la mule – voir plus bas – lorsqu’on se contente du pur magistère des mots. Gonflé certes mais surtout enflé comme des bulles éphèmères.

 

À ce stade je pourrais entonner mon petit couplet sur les Nouveaux Fermiers Généraux collecteurs de CVO mais je m’abstiendrai car je ne vais pas prendre des coups pour le compte de gens dont les propos me gonflent. Parker n’est pas allé demander des subventions pour faire du Parker. Il a fait du Parker. Alors, au lieu de chouiner, de couiner, de taper à bras raccourci sur ces « cons » de fonctionnaires qui ont la vue basse et l’esprit tordu, prenez-vous par la main mes petits loups, allez frapper aux bonnes portes, présentez vos projets, défendez-les auprès des responsables professionnels qui détiennent les beaux euros. Ce ne devrait pas être très difficile pour des gens qui ont autant d’entregent que vous. Cependant permettez-moi de sourire un instant sur ce beau sujet de l’influence, où je serai sans aucune indulgence, pour constater que le temps des banquets est depuis longtemps terminé. Certes se congratuler entre soi en des lieux idylliques, faire comme si le monde tournait autour de vous alors que tout le monde s’en fout, est fort sympathique mais sans aucune efficacité. Personne ne vous attend, ne nous attend, alors continuons gaiement notre chemin.

 

Pour ne rien vous cacher cette chronique, dans sa forme initiale, avait pris la forme d’une opérette leste. Cependant, la nuit portant conseil le matin je me suis dit mon petit, certains vont se reconnaître et tu vas te faire une foule d’ennemis. Au panier mon livret mais je ne puis m’empêcher d’en extraire une seule réplique : celle de la baronne des exclus bien connue qui ironisait, seule au milieu d’un monde viril, sur le comique de la situation et lançait à la cantonade – sacré Cantona – « vous devriez aller faire la manche dans le métro ça vous rapporterait gros... » Pour vous dédommager de ce manque à gagner je vous offre cet extrait de la Périchole d’Offenbach avec le célèbre duo « En avant, vite, vite... Ma mule va grand train... Mais n'allons pas si vite... N'allons pas si grand train...» Tout un symbole ne trouvez-vous pas. Après cela vous vous imaginez bien que je n’aurai pas l’audace d’aller offrir mes services à l’érecteur du projet. J’ai déjà beaucoup donné sur plein de sujet avec que de belles paroles en réponse...

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 02:00

Le Chili d’Allende, pour la gauche française, surtout celle de Saint Germain des prés, des clubs de l’Obs., des chrétiens progressistes, c’était le grand laboratoire du passage pacifique du capitalisme au socialisme démocratique. La fine fleur des plumes journalistiques venait humer ce vent salubre, s’en imprégner pour pisser de la copie saint-sulpicienne, ce qu’on qualifierait de nos jours des papiers « politiquement correct ». Je les croisais dans les bars d’hôtel. Rien ne pouvait les faire dévier de leur mission évangélisatrice de grands reporters au service de la cause se contentant de recueillir les clichés des intellectuels et des technocrates du régime, de faire des visites guidées dans les fiefs tenus par le MIR. Jamais au grand jamais ces baroudeurs n’auraient mis les pieds dans les quartiers du petit peuple industrieux, des boutiquiers, des futures tapeuses de casseroles, pas fréquentables ces gens-là, ce qui n’empêchait pas ces bonnes âmes d’accepter des invitations à la table de la grande bourgeoisie des professions libérales, celle qui sait si bien avoir des idéaux de gauche et le portefeuille à droite. Jeu de dupe, pure paresse, cécité, je ne savais pas mais je ne me risquais plus à tenter de les convaincre car mon point de vue réaliste me valait d’être taxé par eux de valet de l’impérialisme américain, ce qui n’était pas tout à fait faux sans pour autant nuire à la pertinence de mon jugement. La division du monde en deux blocs, même si la fiction des non-alignés arrangeait les deux camps antagonistes, viciait le jugement des plus honnêtes, le socialisme réel des pays parqués derrière le rideau de fer, les folies agrestes de Mao, la dictature naissante de Castro, la main de fer d’oncle Ho et des Viêt-Cong, n’étaient que des broutilles face au napalm de Kissinger et de Nixon. Les queux devant les magasins vides, la gabegie, le rationnement, la planification bureaucratique n’étaient que des péripéties négligeables pour ce beau monde de bien nourris.

 

Dans mon rôle de catalyseur des mécontentements populaires, bien bordé, fonctionnarisé, je commençais à m’ennuyer ferme, à m’empâter. Mes amours clandestins me pesaient aussi. Je manquais d’allant. Francesca, fine femme, pressentait le danger, un soir elle me déclarait tout à trac, bras croisés sur sa belle poitrine « Sors-moi ! » Pure folie et pourtant sitôt cette injonction nous quittions le lit conjugal pour une boîte de nuit. Expérience calamiteuse tellement ce lieu suintait l’ennui. Dans le taxi du retour Francesca me chuchotait « Emmènes-moi chez toi ! ». Ce à quoi je lui répondais que depuis des lustres je n’avais pas de chez moi. Elle souriait en se pelotonnant tout contre moi « Je voulais dire, emmènes-moi dîner à l’ambassade de ton pays... » J’en restais baba mais j’embrayais ma petite machine à faire des folies. Que risquait Francesca ? Rien ou si peu, mes amis américains feraient pare-feu du côté des services du mari trompé. En revanche pour moi sa proposition m’offrait une nouvelle perspective : reprendre contact avec ma maison-mère qui avait un peu perdu ma trace depuis l’épisode de Berlin-Est. À bien y réfléchir, je n’avais jamais songé à le faire depuis mon arrivée à Santiago et comme nos services de renseignements se révélaient soit peu performants, soit tout simplement à la remorque de leurs collègues américains, personne ne se préoccupait de moi. Le lendemain, en prenant contact avec un certain Ramulaud à l’ambassade de France, Eva avait concédé du bout de ses belles lèvres à me livrer ce nom, je pus vérifier que nos services se fichaient totalement de moi comme du devenir du régime Allende, pour eux c’était l’affaire des américains, ils se contentaient d’assurer une sorte de fichage systématique des amoureux de l’expérience chilienne venant faire du tourisme politique à Santiago. Mon irruption dans le paysage dérangeait salement leur petit train-train. De mauvaise grâce, sous la menace à peine voilée d’un petit mémo à Paris,  Ramulaud acceptait de me recevoir le jour-même.

 

Armand Ramulaud, capitaine de réserve, coupe en brosse, costume Armand Thierry, chaussures André, sourcils en bataille, pipe culotée, bureau en ordre impeccable, une caricature de culotte de peau doublée d’une vue basse et de l’absolue certitude que l’armée française en 40, à Dien-Bien-Phu, en Algérie, avait été la victime de ces cons de civils. Même si je n’en étais pas tout à fait un, eu égard à mon statut de policier, la vieille baderne me reçut avec une froideur teintée de perplexité. Qu’étais-je vraiment ? Je n’entrais dans aucune de ses cases préétablies. Méfiant il commençait à me cuisiner. Que voulais-je ? Qu’est-ce je fricotais avec les ricains ? Pourquoi n’avais-je pas pris contact plus tôt avec l’ambassade ? Mes réponses vaseuses lui faisaient monter la moutarde au nez. Je le laissais s’échauffer avant de placer mon estocade. Son « je n’ai pas de temps à perdre avec... » me permettait de le couper en m’attribuant le qualificatif qu’il retenait entre ses grosses lèvres gercées « ... avec un jeune con de mon espèce qui vient te prévenir, tête de nœuds, qu’il va venir dîner avec son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France en compagnie de la belle Francesca épouse légitime du général Juan Manuel Guillermo Contreras Sepúlveda... » Saisi, vitrifié, il tendait ses mains vers moi puis agitait nerveusement ses bras courtauds comme s’il m’implorait de bien vouloir revenir en arrière. La bouche ouverte il manquait d’air. Sans pitié je me levais en le toisant « je compte sur toi pour que notre souper fin se passe dans la plus grande discrétion... » Bandant ce qui lui restait de forces et de lucidité il parvint à articuler sa détresse « Vous êtes complètement fou... ça n’est pas possible... vous allez nous foutre dans une sacré mélasse... » En ouvrant la porte je lui claquais le bec d’un « alors, c'est une tradition de l'armée française, défaitiste capitaine... » qui l’achevait

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 00:09

Danser n’est pas mon truc je suis très mal coordonné sauf pour le rock où là je le sens, pour faire simple, avec mes pieds. Dès les premiers accords ma tête abandonne tout pouvoir, tout contrôle, je me sens branché sur 100 000 volts. Alors le seul problème pour moi est de trouver une partenaire qui se laisse aller entre mes mains expertes, m’obéisse, me sente, aille à ma main. Pour autant je ne suis pas un adepte du rock acrobatique mais d’une fusion avec ma partenaire bien dans le tempo du rythme binaire. Les 3 S donc : swing, sueur et sexe à m’en faire péter le cœur : finir au bout de la nuit vaut mieux que de mourir dans son lit.

 

Tout ça parce que je suis né au rock par Bill Halley and His Comets avec le titre Rock Around the Clock (reprise de Sonny Dae and His Knights, 1952). Je sais c’est simplet, c’est pour petit blanc à QI limité, c’est le premier tube de l'histoire du rock 'n' roll (figure au générique du film Graine de violence) numéro 1 des hit-parades aux États-Unis (8 semaines) et au Royaume-Uni (3 semaines) en 1955. Je m’en tape. La petite galette vinyle 45Tque je découvris chez mon futur beau-frère au début des années 60 c’est ma petite madeleine de la danse. Je l’ai fait tourner jusqu’à m’en saouler sur mon électrophone. Après il y eut bien sûr Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Eddie Cochran, Gene Vincent, Chuck Berry et Bo Diddley. Je n’ai jamais été amateur de Presley.

 

Rockabilly donc, musique du diable qui offusquait la bonne société américaine, rébellion bien tempérée certes mais, même si je n’en suis pas resté là, pour moi le rock n’est pas une musique à écouter le cul dans un fauteuil de concert, ni même debout aux eurockéennes de Belfort, j’ai besoin de mes 3 S. Merci de ne pas me prendre la tête chez moi le rock, pardonnez-moi l’expression, est « tripal ». Pour autant, comme je ne suis pas tout à fait un VC, que je suis un peu curieux, que je ne vis pas dans une petite chapelle, que je ne suis pas sectaire comme les mecs des Inrocks, pas d’oukases, d’interdits... j’écoute tout ce que m’apporte le vent. Je n’écris pas que c’était mieux avant, de mon temps, mais simplement que Téléphone me donnait mes 3 S. Et comme le faisait remarquer le sieur Charlier : il me reste Aubert et ironie plaisante de l’histoire dimanche dernier j’ai reçu de la part de Cédric&Cécile des places pour le Concert d’Aubert au Zénith le 27 avril 2011. Y’a des gens qui m’aiment et me comprennent même si je me vautre dans le rock variété qu’est bien trop populaire pour être sincère et obtenir le nihil obstat des gardiens de la Révolution...  Je plaisante bien sûr !  

 
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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 09:00

Retrouvé un enregistrement au fond d’un tiroir… C'était en 1980, il y a 30 ans. Bernard Pivot recevait, en compagnie de quelques figures du monde gourmand de l'époque, Alexis Lichine et Émile Peynaud. Deux personnages qui ont laissé une trace durable dans l'histoire du vin. À cette époque, ils étaient mes héros, chacun dans son domaine. J’ai eu la chance de bien les connaître.  

 

Émile Peynaud fut notre conseil à Lynch-Bages dans les années 70. Il nous aida à comprendre et à maîtriser la vinification, à modifier le style de nos vins, à en améliorer la qualité et à moderniser nos installations, qui en avaient bien besoin.  

 

Alexis Lichine, qui fut un ami proche, était un promoteur infatigable et inventif des vins de France. Il parlait un nouveau langage et ouvrit à nos vins les portes du marché américain. A ces deux champions, le bordeaux d’aujourd’hui doit beaucoup. Ils ont bâti les fondations de la bonne santé actuelle du vignoble.  

 

J'ai réduit l'enregistrement à l’essentiel, une douzaine de minutes. Alexis y évoque la mondialisation du vin, phénomène qu’il était un des rares à percevoir à cette époque. Quand à Emile Peynaud, après un savant cours de dégustation comme il savait si bien les donner, sa performance « à l’aveugle et en direct » nous rappelle que le dégustateur se doit d’être prudent. Il nous permet aussi de vérifier le vieil adage , qui veut qu’ « en matière de dégustation, un rapide coup d’œil sur l’étiquette est plus utile que 40 ans d’expérience » !

 

J’espère que prendrez plaisir à revoir ces images, autant que j’en ai pris moi-même.

 

 Et acceptez tous mes vœux pour une excellente année 2011…

 

 Jean-Michel

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 00:09

Deux Mille OnZ: Première année Z du XXIe Siècle !

 

Il y en aura Dix-huit en tout.

 

Rappelons-nous qu’au Siècle précédent :

- la première décennie Z fut celle de la Grande Boucherie de QuatorZe Dix-huit ;

- la seconde, celle des années 70, qui vit la fin des Trente Glorieuses ;

- la dernière, celle des années 90, qui fut bien poussive et dépressive...

 

Alors Deux Mille OnZe sera-t-elle au Zénith ? En ZigZag ? Une année Zip ? Une année Zéro ? Une année Zombi ?

 

Moi je vous la souhaite Zen, douce comme un Zéphyr, pour vous et tous ceux qui vous sont chers...

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Une jeune femme en chemise d’homme ample, à peine entrouverte...

Le noir et blanc adoucit le trait, oui elle est douce et pudique, féline, pour moi elle est symbole de :

Force et Fragilité,

Innocence et Sensualité

Beauté et Humilité,

Élégance et Simplicité...

L'Avenir 

Belle et Bonne Année 2011

 

Jacques Berthomeau

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