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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:43

photo-Tunisie.jpg

Ce texte, simple coup de cœur personnel, publié ailleurs et rapatrié sur mon blog aujourd’hui pour en assumer seul la responsabilité ne donne aucune leçon à qui que ce soit. J’y exprime ma joie loin des bisbilles franco-françaises. J’y exprime aussi ma honte d’un silence assourdissant face à un pouvoir qui fait tirer sur son peuple. Je m’incline devant le courage des gens de peu. La joie dimanche soir de mes 2 épiciers tunisiens du Boulevard St Jacques m’a ému, surtout lorsque l’un d’eux à découvert que pour la première fois de sa vie il allait voter « pour de vrai ».Lire ma chronique sur le Vin de l'épicier du coin link

 

Vendredi soir je sortais du métro à Saint Placide, il pluviotait. Tout en haut de l’escalier un jeune homme me sourit et me dit «C’est un beau jour monsieur!» Je lui réponds «oui» sans hésiter car je le prends pour un jeune Tunisien – en fait il me dira être marocain – nous conversons. Du bonheur, de l’espoir, beaucoup d’intelligence, le dictateur, comme l’écrira Joffrin, n’était «qu’un pleutre et quand le peuple insurgé lui a signifié son congé, il est parti la queue basse». Je ne sens pas très fier de mon pays, du moins de ses représentants officiels qui, comme ceux qui ont tenu ce régime pourri à bout de bras au nom de la realpolitik, et j’ai honte comme l’écrit Jacques Camus dans La République du Centre «Cela a tout de même duré 23 longues années, marquées par un silence dont nous devrions avoir honte».

 

Alors j’espère que vous comprendrez que ce lundi, au lieu de vous raconter des histoires de vin, je préfère lever mon verre à la santé de mes amis tunisiens libérés du joug d’un régime féroce, prévaricateur, aux mains couvertes de sang, menée par une clique de profiteurs, en formant des vœux pour que le peuple tunisien, si accueillant, si joyeux, si émancipé – les femmes surtout – puisse prendre son destin en mains, vivre librement, et bâtir son destin. Je m’incline respectueusement devant la dépouille mortelle de Mohamed Bouaziz, 26 ans, vendeur ambulant à qui une police corrompue avait saisi sa charrette, qui en transformant son corps en torche humaine a allumé l’incendie qui a mit en fuite l’indigne successeur de Bourguiba. Le désespoir des gens de peu, leur sacrifice, leur courage me remettent à ma petite place de petit homme. Je les salue et leur tend la main au-dessus de la Méditerranée qui nous unit de liens d’amitiés et de destin commun

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 00:09

Dans sa préface du livre de Florent Quellier « Gourmandise histoire d’un péché capital » chez Armand Colin Philippe Delerm écrit « Quand j’étais encore professeur, j’aimais beaucoup étudier avec mes élèves de 6ième un poème intitulé le baba et les gâteaux secs, dont j’ai appris seulement le jour de ma retraite qu’il était tiré des Fables de Franc Nohain. Ce texte opposait l’hébétude satisfaite du baba, trempant sans vergogne dans sa flaque de rhum sucré, pendant que les gâteaux secs, pinçant la bouche, disaient tout le mal qu’il fallait penser de cet ivrogne. L’auteur faisait s’exprimer à tour de rôle les deux gâteaux antagonistes, et c’était très amusant de faire jouer cette petite scène, métaphorique de la gourmandise mais aussi de la vie. Plus encore que la récitation de la fable, le bon moment consistait dans la discussion qui suivait l’explication du texte. Difficile d’affirmer qu’il faut être complètement baba ou complètement gâteau sec. Mais j’ai toujours en tête l’enthousiasme d’un Nicolas légèrement enrobé qui coupa court à l’échange philosophique pour s’exclamer : « Moi, m’sieur, j’suis au moins à soixante-quinze pour cent baba ! » Je respecte son sens des proportions. »

 

Et vous quel est votre pourcentage ?


Le baba et les gâteaux secs 

 

Ce qui caractérise le baba,
C'est l'intempérance notoire.
A-t-il dans l'estomac
Une éponge ? On le pourrait croire,
Avec laquelle on lui voit boire,
— En quelle étrange quantité —
Soit du kirsch, de la Forêt-Noire
Soit du rhum, de première qualité.
Oui, le baba se saoule sans vergogne
Au milieu d'une assiette humide s'étalant,
Tandis que près de lui, dans leur boîte en fer-blanc
De honte et de dégoût tout confus et tremblants,
Les gâteaux secs regardent cet ivrogne.
« Voyez, dit l'un des gâteaux secs, un ancien — à ce point ancien qu'il est même un peu rance —
Voyez combien l'intempérance nous doit inspirer de mépris
Et voyez-en aussi les déplorables fruits :
Victime de son inconduite,
Sachez que le baba se mange tout de suite.
Pour nous qui menons au contraire
une vie réglée, austère
on nous laisse parfois des mois. »
Cependant, une croquignole,
jeune et frivole, et un peu folle,
Une croquignole songe à part soi :
— On le mange, mais lui, en attendant, il boit.
Je connais plus d'un gâteau sec
Dont c'est au fond l'ambition secrète
Et qui souhaite d'être baba.

 

« Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny – mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète[1]. Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Son père était agent-voyer.

 

Au lycée Janson-de-Sailly, il fonde avec André Gide et Pierre Louÿs Potache revue.

 

Il publie ses poèmes dans la revue Le Chat noir. Il se qualifie de « poète amorphe ». Il a écrit de nombreux livrets d’opérettes pour le compositeur Claude Terrasse et, notamment, celui de L’heure espagnole de Maurice Ravel. Il fonde Le Canard sauvage et devient le rédacteur en chef de L’Écho de Paris.

 

Il a eu deux fils : Jean Nohain (dit Jaboune), dont le parrain était Alfred Jarry, et le comédien Claude Dauphin. » source Wikipédia

franc_nohain_02.jpg

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 00:09

 

 

En parodiant Tartuffe j’ose écrire « Cachez-moi ce cul que je ne saurais voir... » afin de souligner l’hypocrisie des défenseurs de la pudeur qui pourraient m’accuser de manier trop facilement la provocation. Et pourtant boire cul sec au cul de la barrique est une pratique – certes réprouvée par la gente dégustatrice bouche en cul de poule – encore fort usitée dans le fin fond de ma Vendée crottée. Et qui peux nier que les bouteilles ont un cul ? En son temps j’ai même écrit une chronique « Elles montrent leur cul » link Je suis donc un récidiviste et j’aggrave mon cas en soulignant que les chansons paillardes accompagnant les libations n’ont jamais été avares de cette association.

 

Paul-Emile Debraux (1776-1831) employé à la bibliothèque de l’Ecole de Médecine (les carabins sont des paillards), chansonnier populaire et prolifique, auteur du Cul de ma blonde écrivait dans son premier couplet :

J’ai tâté du vin d’Argenteuil

Et ce vin m’a foutu la foire*

J’ai voulu tâter de la gloire

Une balle m’a crevé l’œil

Des catins du grand monde

J’ai tâté la vertu

Des splendeurs, revenu,

Je veux tâter le cul

De ma blonde, de ma blonde...

 

* foire = ici foria

 

Ce préambule posé pourquoi ai-je abordé ce matin ce sujet d’apparence fort scabreux. Le hasard chers lecteurs, comme toujours avec moi un hasard malicieux et bien sûr au moment où je m’y attendais le moins. Le « coupable », ou plus exactement celui par qui ce hasard est tombé sur moi, se nomme Michel Issaly. Je sortais d’une conférence de presse, fort intéressante, en compagnie de deux confrères, et sur une table dans un petit pochon en papier kraft une bouteille nous était proposée pour la nouvelle année. Chacun de nous en prend une, et mon pochon à moi rend l’âme, le flacon chute sans se briser le cul. Je le recueille avec tendresse et que vois-je sur l’étiquette : Bourgogne en Montrecul

 photo Montrecul

Que dit le BIVB là-dessus ?

 

Les noms de CÔTE SAINTJACQUES, MONTRECUL (ou MONTRE-CUL ou EN MONTRE-CUL), LE CHAPITRE ou LA CHAPELLE NOTREDAME ne peuvent être adjoints à celui de BOURGOGNE que pour les vins rouges ou blancs et à celui de BOURGOGNE CLAIRET ou BOURGOGNE ROSÉ que pour les vins rosés produits à l'intérieur de l'aire délimitée de l'appellation BOURGOGNE et sur certaines parcelles du territoire de 1 commune du département de l'Yonne et de 3 communes du département de Côte d'Or.

Sur l’étiquette, les mentions CÔTE SAINT-JACQUES, MONTRECUL (ou MONTRECUL ou EN MONTRE-CUL), LE CHAPITRE ou LA CHAPELLE NOTRE-DAME doivent être inscrites immédiatement au-dessous du nom de BOURGOGNE, BOURGOGNE ROSÉ ou BOURGOGNE CLAIRET en caractères dont les dimensions ne dépassent pas la moitié de celles des caractères utilisés pour ce nom.

 

LE VIGNOBLE

 

Situation

Commune de production

- BOURGOGNE CÔTE SAINTJACQUES : Joigny (Yonne)

- BOURGOGNE MONTRECUL : Dijon (Côte d'Or)

- BOURGOGNE LE CHAPITRE : Chenôve (Côte d'Or)

- BOURGOGNE LA CHAPELLE NOTRE-DAME : Ladoix- Serrigny (Côte d'Or)

 

Encépagement

vins rouges et rosés, Pinot noir

vins blancs, Chardonnay

 

Production

Superficie en production délimitées :

- BOURGOGNE CÔTE SAINT-JACQUES: 13,43 ha

- BOURGOGNE MONTRECUL : 16,11 ha

- BOURGOGNE LE CHAPITRE : 5,24 ha

- BOURGOGNE LA CHAPELLE NOTRE-DAME : 4,53 ha

 

Rendement maximum à l'hectare

rouges et rosés 55 hl

blancs 60 hl

Récolte moyenne annuelle

 photo-cul-du-loup.jpg

Rentré chez moi je me suis souvenu d’avoir acheté au magasin de la cave coopérative de Lourmarin « Le Cul-du-Loup » un AOC Lubéron et une petite recherche sur la Toile m’a permis de débusquer un « Cul de Beaujeu » un Sancerre dont il est dit sur le blog www.fou-rgeot-de-vin.com « Autrefois on parlait du Clos de Beaujeu. Cette belle pente des vignobles sancerrois, 45% s'il vous plaît, exposée sud-est, sur la commune de Chavignol, est aussi connue que la côte des Monts Damnées. Nous sommes ici sur des terres blanches du Kimméridgien. Le vin de Franck et Christine Laloue provient d'une petite parcelle d'un peu plus d'un hectare que leur cousin, Bertrand Paillard, leur a proposée en métayage en 2008.« Un vrai challenge que nous avons été heureux de relever » ont-ils commenté au dernier Salon des vins de Loire d'Angers autour d'un échantillon, déjà prometteur, de ce Cul de Beaujeu dont le premier millésime n'a été commercialisé que début septembre, après huit mois d'élevage en cuve. Cette parcelle du Cul de Beaujeu, il a fallu la travailler, la remettre en état, reprofiler les rangs, la nourrir d'un apport d'amendement organique et de pâturin, avec l'objectif d'enherber les rangs de cette vigne très pentue, qu'il faut vendanger avec un chenillard sur lequel sont disposées les caisses de raisin ramassé à la main fin septembre 2009. » 

 

À ce petit jeu j’ai trouvé :

- Cristia Cul de Sac 1905 VdP d’Oc de Baptiste Grangeon

- Cuvée Cul Sec la Réaltière Coteaux d’Aix 2009 Bio...

- Gratte-cul KLIPFEL mais c'est une eau-de-vie blanche à l'églantine...

- apéritif à base de vin au Gratte-Cul (cynorhodon)...

 

Cependant afin d’épuiser cet important sujet je lance ce matin, auprès de vous chers lecteurs de tous pays, un appel pour le recensement exhaustif de l’association Vin&Cul... Question subsidiaire : qu'elle est la belle qui se dévoile aux côtés de notre Fabrice des Hospices de Beaune ?

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 02:00

Francesca chuchotait « je te rappelle ton premier amour... » Sans vraiment la démentir je lui répondais que l’affaire était un peu plus compliquée que cela mais qu’en effet c’était grâce à elle que mes souvenirs remontaient à la surface. Ma cote déjà forte montait au zénith. Je reprenais mon soliloque « Ma sociologue de Pervenche, toujours en recherche d'une connexion avec le peuple, avait tâté du terrain en arpentant les fermes du canton de la Chapelle et elle avait commis un mémoire sur « le métayage ou la survivance du servage au profit des grands latifundiaires de la noblesse ». Cet opus touffu, gentiment orienté, avait bien évidemment comblé d'aise son comte de père qui comptait parmi les plus grands propriétaires fonciers de la région et, à ce titre, présidait la section des bailleurs ruraux. Pour Pervenche, Joseph Potiron, qui l'avait guidé et conseillé pour ce travail, représentait l'image vivante de la pertinence de sa thèse. Depuis elle faisait partie de la famille Potiron. Comme le disait Joseph, avec un sourire, c'était une vraie famille, solide, où le patriarche, Donatien, soixante et onze ans, avait appris à ses sept enfants  « à ne pas être des valets ». Un dimanche, avant de nous rendre au manoir familial, nous avions fait un détour chez les Potiron pour trinquer. Ils rentraient de la messe. Connection immédiate, nous n'avions pas vu le temps passer et, ce jour-là, nous étions rentrés pompettes et les Enguerrand de Tanguy du Coët avaient déjeuné froid.

 

Dans ce pays, où la vigne voisine les vaches et des boisselées de blé, la cave est un lieu entre parenthèses. Au café, les joueurs d'aluette, se contentaient de baiser des fillettes, ce qui, dans le langage local, consiste à descendre petit verre après verre, des petites bouteilles d'un tiers de litre à gros culot, emplies de Gros Plant ou de Muscadet. Ils picolaient. A la cave, le rituel était différent. Certes c'était aussi un lieu d'hommes mais le vin tiré directement de la barrique s'apparentait à une geste rituelle, c'était un soutien à la discussion. Dans la pénombre, le dimanche après-midi, tels des conspirateurs, les hommes déliaient leur langue. A la cave ces peu diseux disaient et ils se disaient, ce qu'ils n'osaient dire à l'extérieur. Echappant à la chape qui pesait  sur eux depuis des millénaires, ils se laissaient aller. Les maîtres et leurs régisseurs en prenaient pour leur grade, surtout ces derniers, supplétifs visqueux et hypocrites. Ces hommes durs et honnêtes se donnaient la main pour soustraire du grain à la part du maître. Le curé, lui aussi, recevait sa dose, en mots choisis, il fallait t pas blasphémer. Pour lui taper sur le râble, ils raillaient leurs bonnes femmes, culs bénites, auxiliaires dévotes de leur servitude. Et quand le vin les y poussait un peu, les plus chauds, versaient dans leurs exploits de braguette.

 

Chez les Potiron, la JAC aidant, leur prosélytisme un peu naïf, ce tout est politique, avait bien du mal à briser la carapace de servitude affichée par beaucoup de ces hommes méfiants vis à vis de l'action collective. Alors le Joseph il donnait l'exemple, se surexposait, ne se contentant pas de récriminer dans le dos des maîtres. Syndicalement il leur tenait tête. Qui peut imaginer aujourd'hui que le Joseph s'était trimballé dans le patelin avec un drapeau rouge flottant sur son tracteur ? On l'avait traité de communiste, ce qu'il n'était pas. Comme dans l'Espagne de la guerre civile les bonnes âmes lui ont taillé un costard de quasi-violeur de bonnes sœurs. Pour l'heure, avec les deux Bernard, nous dressions des plans de mobilisation pour la grande manif du 24 mai où les paysans, allant au devant du mouvement populaire, investiraient la Centre ville pour poser un acte symbolique, rebaptiser la place Royale : place du Peuple. » Francesca me saisissait les mains et, d’une voix emplie d’une admiration non feinte, me gratifiait d’un « j’en étais sûre tu es un vrai révolutionnaire... » Avec précaution je la ramenais sur terre « Pas vraiment ma belle mais si j’ai conseil à te donner, puisque tu en as les moyens, quitte ton pays au plus vite, il va s’y passer des choses qui ne te plairont pas... » Ses ongles s’enfonçaient dans mes paumes « Tu m’emmènes alors... » Je soupirai un peut-être qui, sans la satisfaire vraiment, lui laissait un petit espoir et je changeais de pied « Il faut de tu saches ma belle que notre hôte, son Excellence l’Ambassadeur de France, Charles-Enguerrand de Tanguy du Coët, est le frère aîné de ma Pervenche... »

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 00:09

images-Adamo.jpg

Du fin fond de notre Vendée, avec un nom et un prénom pareil, nous le croyions italien, ce qu’il était fils de mineur, mais la radio nous disait qu’il était belge puisqu’il vivait à Jemmapes, alors nous nous contentions de fredonner Tombe la Neige tout en essayant d’emballer la fille que nous venions d’inviter à danser. Ma mère, fan de Luis Mariano, le trouvait beau. Adamo né, en 1943, c’est comme l’a si bien dit le Grand Jacques, belge pur sucre, un « tendre jardinier de l’amour », de nos amours adolescentes. Alors, foin des lazzis des pourfendeurs de variétés ce dimanche un petit coup de projecteur sur ce gentil « roucouleur » équivaut à un beau bras d’honneur.

 

Pour en rajouter une couche, certes j’ai aimé l’Adamo de mes années de première volupté mais, la mâturité venue, j’ai même pleuré tellement j’étais bouleversifié en écoutant Arno chanter Les filles du bord de mer. Et puis, cerise sur le gâteau, en 2003 Adamo a sorti l'album Zanzibar avec la collaboration du même Arno, son poteau... (écoutez la vidéo du live d'Arno Les filles du bord de mer c'est 5 minutes 55 secondes de jouissance intégrale). En bonus et en audio, mon leitmotiv Je voudrais mourir dans tes bras... 

 

 

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 00:09

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L'histoire est narrée dans un bar par un cow-boy interprété par Sam Elliott. L'intrigue du film s'inspire de celle du roman noir Le Grand Sommeil, de Raymond Chandler The Big Sleep adapté au cinéma par Howard Hawks. Jeffrey Lebowski le héros du film The Big Lebowski, dit The Dude, contrairement à Marlowe (celui de Hawks autant que celui de Chandler), n'a aucun code moral : il se drogue, il est oisif, sans emploi et préfère le bowling à son «enquête». C’est l’anti-héros : ce qui l’intéresse c’est de se faire dédommager de la perte de son tapis. Il est confus, bafouilleur, se perdant dans des explications vaseuses, flanqué d’un ancien du Vietnam Walter Sobchak, son meilleur ami (interprété par l’énorme John Goodman) the Dude subit les évènements avec un fatalisme en or blanc massif.

 

Ma transition, pour répondre à la question-titre : Que boit le « Dude » dans The Big Lebowski ?, est cousue de fil blanc puisque la réponse est un White Russian, un Russe blanc dénommé aussi Caucasien (50% de vodka pour 20% de liqueur de café (la plupart du temps du Kahlua) et 30% de lait) Dans le film des frères Coen, le Dude carbure au Russe Blanc, c’est un rituel qui, dit-on, a contribué à la popularité de ce cocktail et a donné naissance à un jeu qui consiste à boire un Russe Blanc à chaque fois que le Dude s’en concocte un dans le film.

 

Si ça vous dit jouez-y, en adaptant la recette à votre terroir , comme l'ont fait les canadiens (White Canadian, avec du lait de chèvre à la place du lait de vache) par exemple le White Catalan* au lait d’ânesse, tout en visionnant mon film-culte où Julianne Moore, Steve Buscemi, David Huddleston, Philip Seymour Hoffman, Tara Reid et John Turturro, qui complètent la distribution, sont tout aussi déjantés que le Dude.

 

À consommer sans aucune modération.

 

* l'inventeur de cette adaptation serait un certain Michel au nom prédestiné mais les mauvaises langues catalanes on rebaptisé le cocktail le LDB (Lev Davidovitch Bronstein) à ne pas confondre avec le LSD...

 

180px-RusoBlanco.jpg

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 08:00

vROS2006-75

Ceci écrit le vin de Tahiti ça existe je l’ai même rencontré du côté d’une boutique de Saint Germain des Prés mais je ne l’ai pas acheté vu que le prix était proportionnel à la distance qui sépare Paris de Tahiti. Donc je ne l’avions point goûté. Alors pour vous dépayser je suis allé en chercher sur le site vin de tahiti link

Deux récoltes par an, du Carignan, et... je vous livre la page d’accueil et l’historique, pour la suite allez visiter le site du Domaine Dominique Auroy « L’Union parfaite entre un savoir-faire ancestral et la terre polynésienne... » Je suggère à mes 4 compères de notre crèmerie coopérative d’aller faire une dégustation in situ subventionnée par le Ministère des DOM-TOM. Les chemises de Jim Budd feraient un tabac, le chapeau de Michel des ravages, Hervé serait obligé de tomber la cravate, Marc ferait des photos et moi je ne vous dis pas. Bref, pour parfaire vos connaissances afin de briller auprès de vos connaissances voici ce qu’il vous faut savoir. Dernier point : il y a un bonus en fin de chronique notre complice Rémi Gaillard l’homme du faire n’importe quoi pour devenir n’importe qui développe le concept d’ascenseur Tahitien.

 

« Le vin de Tahiti est produit en Polynésie française dans le Pacifique Sud, sur l'atoll de Rangiroa, à 355 km de Tahiti. Ses plus proches concurrents sont situés en Nouvelle Zélande, au Chili, en Australie ou en Californie.

La Polynésie française, située au milieu du Pacifique sud, à plus de 5000 km du continent le plus proche, comprend plus d'une centaine d'îles ou atolls. La superficie des terres émergées est de 4 200 km2 répartis sur une surface équivalente à celle de l'Europe.

La température moyenne ambiante est de 27°C, tandis que l'eau des lagons se stabilise autour de 26°C. Nettement plus éloignés de l'Equateur, les archipels de l'extrême sud, Australes et Gambier, jouissent de températures plus fraîches.

Rangiroa est situé dans l'archipel des Tuamotu, un aérodrome met Rangiroa à 45 minutes d'avion de Tahiti avec plusieurs rotations par jour. C'est un des plus grands atolls du Pacifique. L'île entière de Tahiti tiendrait dans son lagon. Rangiroa est connu mondialement pour les magnifiques plongées que l'on peut faire dans les deux passes.

Le chai est situé en plein centre du village d'Avatoru à proximité du quai où accostent les goélettes.

Le domaine quant à lui est situé à l'ouest de la passe d'Avatoru, à 4 500 m à vol d'oiseau. Un bateau puis un véhicule tout terrain sont nécessaires pour arriver jusqu'à la vigne. »

 localisation2.jpg

Historique

 

La création d'un vignoble en Polynésie a demandé de longues années de recherches préalables.

 

Si quelques pieds de vigne sont présents depuis longtemps dans certains jardins en Polynésie, aucune production en quantité n'avait été entreprise jusqu'à présent ni en Polynésie, ni de surcroît sur un atoll.

 

Les premiers cépages ont été importés en 1992 et subi les tests d'acclimatation et de sélection dans les principaux archipels de Polynésie.

 

Le vignoble de Rangiroa est le résultat d'un long travail qui a nécessité de nombreux efforts et beaucoup de patience de la part des promoteurs et de leur équipe. »

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 00:09

 

 

scotland 1921Ici « naturistes » s’entend au sens de ceux qui s’approprient en notre beau pays de vignes, à mon sens indument, l’état de nature. En effet, le terroir est, par essence, l’état d’une nature domestiquée par la main de l’Homme, une construction de l’homme. Et, comme toute construction humaine l’impact sur l’état de nature le transforme, le modèle, le domestique et donc ce qui est en jeu dans le débat actuel c’est bien sûr l’intensité de cet impact et non un impossible retour vers l’état de nature qui est bien évidemment une illusion. Pour illustrer mon propos j’ai choisi l’Écosse au travers d’un beau petit livre de Kenneth White « Écosse le pays derrière les noms » chez Terre de Brume.

 

Kenneth White, Écossais d’origine, Français d’adoption, a développé dans son œuvre le concept de géopoétique. Dans « Écosse le pays derrière les noms » il s’introduit au cœur d’une culture, ouvre un espace où « l’existence se refonde et où l’esprit respire. » Nous qui nous gargarisons avec la diversité de nos terroirs, la multiplicité de nos belles Appellations d’Origine Contrôlée, sans pour autant être en capacité d’aller explorer ces pays au-delà des noms, de relier par le langage les origines physiques de nos sols aux racines des hommes qui les ont défrichés, labourés, cultivés... Seul peut-être un André Valadier à Laguiole, homme de sa terre d’Aubrac, de ses burons, de l’aligot mais aussi de la relecture de la tradition dans sa coopérative Jeune Montagne, a su inscrire dans les mots ce fameux « lien au terroir » que certains minoritaires voudraient approfondir alors que d’autres, majoritaires, n’ont de cesse de diluer dans une normalisation réductrice.

 

Dernier point à souligner avant votre lecture : la vieille détestation de l’Angleterre par les Écossais trouve dans cet extrait une expression géologique des plus pertinentes. Je pense que David en appréciera tout le sel...

tintin_l_ile_noire_1280.jpg

 

« La géologie du territoire est extrêmement complexe.

Parlant des grands mouvements de l’écorce terrestre, Marcel Bertrand, professeur à l’écorce terrestre, Marcel Bertrand, professeur à l’École des mines de Paris, écrivait dans la Revue générale des sciences pures et appliquées (Paris, 1892) : « La chaîne calédonienne est une des plus anciennes, sinon la plus ancienne que nous puissions reconstituer. On se trouve là en face de mouvements qui datent du début des temps primaires. » Et, après avoir évoqué à la fin de son essai des problèmes de métamorphisme, il conclut : « Tous les géologues qui s’occupent de ces questions devraient faire un pèlerinage à la côte d’Écosse. »  Quelque huit décennies plus tard, dans ses Recherches de géomorphologie en Écosse du Nord-Ouest (Strasbourg, 1965), un énorme volume de sept cents pages, fruit d’années d’investigations tectoniques, lithologiques et pétrographiques. Alain Godard lui fait écho : « Je ne soupçonnais guère toute la richesse des combinaisons morphostructurales que pouvait receler le socle de l’Écosse du Nord. »

Il y a cinq cents millions d’années (pour les roches les plus anciennes, il faudrait remonter à trois mille millions d’années, mais soyons raisonnables), l’Écosse se situait au bord d’un continent qui reliait la Scandinavie, le Groënland et l’Amérique du Nord. Il y a quatre cent cinquante millions d’années (c’est l’étude des fossiles qui l’indique), le pays se trouvait au sud de l’Équateur, séparé de l’Angleterre (ah, époque bénie !) par une énorme étendue d’eau. Puis, il y a environ soixante millions d’années, l’Atlantique s’élargissant, l’Écosse s’installa dans la situation actuelle, mais sans oublier ses grands contacts.

Après tous ces chiffres qui, tout en donnant un peu le vertige, permettent de relativiser les choses et de rendre compte des immenses mouvements de la planète, regardons le sol de plus près.

Dans le Nord-Ouest, la terre est composée de vieux gneiss lewisien, émergé des grandes profondeurs de la planète, qui, dans les Hébrides Extérieures, donne ce paysage de rocher gris usé par la glace où terre et eau se confondent. Ailleurs, le gneiss originel est couvert d’une épaisse couche de grès rouge, résidu des systèmes fluviaux de l’ancien continent hyperboréen, du grès que la glace, encore une fois (la dernière période de glaciation date de dix mille ans), a érodé pour créer des formes fantastiques, laissant paraître parfois, sur le sommet des monts, un dôme de gneiss étincelant. Plus au centre, c’est le pays des roches ignées, métamorphiques – schiste, quartz, granite – plissées et replissées, comme sur le plateau du Cairngorm (« la roche bleue »). Au sud, c’est le charbon, né de l’époque où cette partie de l’Écosse ressemblait aux marécages de Floride. Et partout, des flots de lave figés.

Étant donné toute cette variété de forces et de formes, toutes ces variations sur un fond archaïque toujours présent, on ne s’étonnera guère de constater que « le père de la géologie moderne », dont la Théorie de la Terre parut à Édimbourg en 1788, fut un Écossais, James Hutton, que nous retrouverons tout à l’heure sous la pluie de l’île d’Arran.

Le climat est tributaire des perturbations atlantiques. Comme le dit Godard : « Plus que n’importe quelle autre région de l’Europe occidentale, plus que l’Irlande même, l’Écosse septentrionale est baignée par le flux zonal d’ouest. » La masse d’air polaire maritime, le vent né des grandes dépressions atlantiques, donne un ciel changeant, avec de fréquentes précipitations – c’est-à-dire, des symphonies en gris et noir, interrompues par des lumières étranges et parfois des clartés extraordinaires.

Malgré les menaces qui pèsent sur elle comme sur tout autre territoire de la planète à une époque adonnée aux projets à court terme et à une absence de vision comme de toute culture profonde, malgré les grandes transformations qu’a pu subir le paysage dans le passé, l’Écosse reste une des régions d’Europe le moins marqué par la présence humaine, avec de grandes étendues ouvertes de lande et de montagne, quantité de rivières aux eaux claires, et de côtes que fréquente une multitude d’oiseaux : oies descendues en hiver du Spitzberg, fous de Bassan sur cette masse volcanique blanche de fientes d’oiseaux qu’est le Bass Rock. Ajoutons à tout cela, dans cet aperçu préliminaire, des pins aux troncs couleur de vieux bronze tordus par le vent, des bouleaux au feuillage vert-pâle, le mauve des bruyères, le rouge des sorbiers, le blanc étincelant en hiver du lièvre des montagnes.

« Alba conahingantaib » - « Alba et ses merveilles » dit un vieux poème.

Les premiers habitants humains, des chasseurs cueilleurs, arrivèrent il y a peut-être quatorze mille ans. Ensuite sont venus les gens de l’âge de pierre. Les premiers Celtes (brythoniques), porteurs d’une poésie cosmologique, débarquent vers le premier siècle de notre ère. En ces temps-là les Pictes, obsédés de symboles, rôdent aussi dans les parages ; Au Ve siècle, venus d’Irlande, les Celtes scotiques (gaéliques), violents et visionnaires, abordent en Argyll, à l’ouest. Trois siècles plus tard, les Vikings, taciturnes, sévères, extravagants, commencent leurs descentes draconiennes, et se mêlent aux autres populations.

Avant d’explorer plus avant le plan humain et culturel, un dernier détail géologique. Soulagée du poids de la glace à la fin de la dernière époque glaciaire, il y a dix mille ans, la terre écossaise commença à  se soulever. Ce phénomène continue de nos jours. L’ouest de l’Écosse se lève à la vitesse, considérable étant donné la masse en jeu, de deux millimètres par an. Pendant ce temps, l’Angleterre s’affaisse. Il y a de l’espoir dans l’air. »

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 00:09

À la lecture d’un tel titre certains vont encore ironiser « l’année est à peine commencée et le voilà qui recommence à décoconner... » Foin de leurs sarcasmes, qu’ils ne me fassent pas tout un fromage de l’affirmation d’un attachement indéfectible à l’origine qui engendre ma totale aversion pour toute forme de normalisation ou d’un mercantilisme réducteur. Tout se vend certes mais il y a la manière et si nous ne voulons pas nous transformer en un Oenoland noyé dans un Ruraloland à la Houellebecq ne cédons pas aux sirènes des communicants en mal de clientèle, ne nous vautrons pas dans le convenu des marchands de tout et de rien. En notre beau et vieux pays nous avons tout sous la main alors nous gaspillons, nous nous dispersons, nous mélangeons tout, nous réinventons le fil à couper le beurre avec l’œnotourisme et le tourisme en kit, nous torchonnons d’épais et lourds cahiers des charges qui ne sont que des copié-collé sans âme, nous « croskillons », au nom d’une qualité normative au raz des étalages, celle que je dénomme qualité tout court, tout ce qui donnait à nos vins et nos fromages, pour ne citer qu’eux, leur originalité.

 

Je pousse à dessein le bouchon un peu loin non pas pour affirmer que c’était mieux avant, bien au contraire, mais simplement pour souligner que nous persistons à rester dans l’ambigüité. Sous la grande bannière des signes de qualité, aussi divers que variés, aussi incompréhensibles que vides de réalité, se nichent tout et n’importe quoi : une vache y perdrait son veau. À force de faire prendre aux consommateurs des vessies pour des lanternes ce qui faisait la force et l’originalité de beaucoup de nos produits d’origine se dilue dans un grand lac indifférencié. La conséquence de ces non-choix, de cette dilution c’est que le fossé se creuse entre une élite qui a accès à des produits cousus mains, chers, et une masse de consommateurs à qui l’on propose de pâles copies, sans grand rapport avec l’empreinte d’une quelconque origine. Je suis frappé par le toujours plus d’exigences de ceux qui ont déjà beaucoup et le toujours moins d’attention à ceux qui, sans avoir un degré d’exigence démesuré, doivent se contenter d’une bouffe ni bonne, ni mauvaise, mais badigeonnée aux couleurs de nos terroirs profonds.

 

La réponse qui risque de m’être claqué au bec c’est qu’une grande majorité de consommateurs s’en fichent. Qu’ils préfèrent des trucs préemballés, des machins qui passent vite fait aux micro-ondes, des pommes pelées en quartier, des fromages pasteurisés, des vins qui se boivent tout seul... Objection retenue chers contradicteurs mais alors pourquoi diable affubler beaucoup d’étiquettes de signes d’origine qui ne sont que des labels de qualité ? La qualité tout court me va fort bien pour mon steak haché operculé mais n’y-a-t-il pas usurpation d’identité lorsque l’on fait accroire que l’origine (en dehors des exigences dites de traçabilité) apporte un plus au produit ? Pour moi le doute n’est pas permis : le marketing de l’origine donne le sentiment au client qu’il accède à la consommation des grands alors qu’il n’entre que par la porte de service et qu’il mange sur un coin de table à la cuisine. Quand je me plonge dans les entrailles des panels de consommateurs, comme je le fais en ce moment pour la consommation de la viande de bœuf, je suis stupéfait du fossé qui sépare les discours des tenants de la défense des bons produits et la réalité de monsieur et madame tout le monde qui fait ses courses majoritairement dans la GD. Un peu de rigueur intellectuelle ne nuirait pas mais je crois que c’est peine perdue.

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Las de m’époumoner, de gaspiller ma précieuse salive, d’user ma belle plume, pour des combats perdus d’avance face à des poids lourds si lourds qu’ils ressemblent aux omnibus de notre SNCF entre Strasbourg et Port-Bou, ce matin je vais vous demander de me suivre sur les sentiers des marcaires de la vallée de Munster. Celle-ci, « des différentes vallées qui strient le versant du massif des Vosges (...) compte parmi les plus étendue. En aval de la vallée de Munster, elle va s’élargissant en direction de la plaine, vers Colmar. En amont, elle se divise en deux vallées secondaires divergentes : la Grande Vallée se déploie au sud, la Petite Vallée au nord. Celles-ci sont barrées à l’ouest par une succession rectiligne de montagnes imposantes dont la ligne de crêtes marque l’horizon et forme la limite avec les Hautes Vosges lorraines.

Contrastant avec les versants boisés, les sommets des montagnes qui enserrent la vallée de Munster sont couverts de vastes pâturages. Ouverts et entretenus par le marcaire, ou Melker (littéralement « celui qui trait »), ils sont autant de preuves d’une économie pastorale séculaire. »  L1000393.JPG

Tout est presque dit, le fromage de Munster s’inscrit l’estive qui entraîne tout un système de déplacement plus ou moins complexe des vaches laitières. « Elle implique aussi une occupation temporaire ou permanente de bâtiments dispersés entre le village et les sommets : petite marcairie, étable-fenil de montagne ou grande marcarie sommitale. » Au printemps, le troupeau monte par étapes, se pose, avant d’atteindre à partir du mois de mai « les chaumes sommitales débarrassées de la neige pour estiver dans une grande marcairie privée ou communale. » À l’automne c’est la redescente vers les vallées.

 

Alors engagez-vous dans un Parcours du patrimoine sur les pentes de la vallée de Munster !

 

Fort bien mais je dois vous avouer que toute ma science matinale je la tire d’un précieux petit livre « Une architecture pour l’estive les marcairies de la vallée de Munster » réalisé par le Service de l’Inventaire et du Patrimoine de la Région Alsace édité par Lieux Dits. Il vous propose 4 circuits traversant les principales zones de l’estive. Ce sont des ballades dans la montagne vosgienne qui vit grâce à l’activité des marcaires et à l’existence des fermes-auberges. Il ne s’agit pas de réserves d’indiens mais de lieux chargés d’histoire où il y a de la vie.

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Le fromage, la finalité de l’estive

 

C’est là où je voulais en venir, à l’empreinte, à la réalité de l’origine du fromage de munster « Le fromage moyen de paiement »

 

« Bien plus que l’élevage de bêtes pour leur viande, le fondement de la pratique pastorale e l’estive dans la vallée de Munster demeure la production de fromage. Au cours des siècles, il reste le moyen de conservation le plus durable du lait. Au-delà de sa fonction d’aliment, il représente très tôt une redevance du fait de sa valeur marchande. Les marcaires alsaciens qui louent les hautes chaumes lorraines sont astreints depuis le XIVe siècle à régler partiellement leur loyer avec des fromages. Ce paiement en nature destiné au duc de Lorraine et à l’abbesse de Remiremont se fait annuellement lors de la Journée des Chaumes, tenue le 24 juin à Gérardmer. Il est constitué de « tous les fromages qui se font sur les chaumes, de tout le lait donné par toutes les vaches, le jour de la <saint Jean Baptiste ».Les fromages apportés sont vendus et le prix atteint lors de l’enchère fixe le cours de cette denrée pour toute la saison... »

 

« Un fromage réputé »

 

« Dans sa Cosmographia Universalis parue en 1544, Sébastien Munster se fait l’écho de l’excellente réputation dont jouit le fromage de Munster à l’époque. Il constitue un cadeau de bon goût fort prisé des gourmets. Le corps professionnel des Kessgremper ou Kessleute a fait métier de son commerce sur les différents marchés d’Alsace. »

 

Fort bien mais me dira-t-on tout cela fleure bon le parchemin, ce n’est que du passé, l’heure est au cahier des charges en béton armé, aux ODG, aux OP, aux OI, aux contrôleurs des cahiers des charges, aux contrôleurs des contrôleurs des cahiers des charges, aux organismes certificateurs, à la normalisation et ron et ron petit patapon... et à la Grande Distribution... et à l’exportation... Bon, mais si nous revenions à notre Munster des marcaires n’est-ce pas lui sur qui repose le cœur de l’appellation ? Son origine, ses origines, son originalité... Sinon pourquoi continuerais-je à préférer acheter un de ses petits frères totalement frigorifié dans un rayon de GD à un bon vieux Caprice des Dieux bien industrialisé et bien supporté par la publicité ? Notre différence dans la mondialisation réductrice n’est-elle pas dans l’expression assumée de ce passé ? Pour autant, je l’ai suffisamment écrit et défendu, il est hors de question de se désengager de la production de masse. Simplement appelons un chat un chat, une appellation d’origine contrôlée une appellation d’origine contrôlée, un produit normalisé un produit normalisé, mais de grâce cessons de tout raboter au nom de la médiocrité. À ce jeu nous perdons par tous les bouts, nous n’avançons plus, nous régressons et nous collectionnons les crises là où nous devrions tirer les dividendes de notre diversité.  L1000395.JPG

Pour ceux qui ne le sauraient pas  Le munster ou munster-géromé est un fromage AOC (1969) à base de lait de vache, à pâte molle à croûte lavée, de forme cylindrique, de 13 à 19 cm de diamètre, haut de 2,4 à 8 cm. Son poids peut varier de 450 g à 1,5 kg. L'appellation « Petit-Munster » ou « Petit Munster Géromé » est réservée à un Munster ou Munster-Géromé de format réduit de 7 à 12 cm de hauteur, d'un poids minimum de 120 g. La croûte est lavée avec des coryneformes Brevibacterium linens (dit ferments du rouge). Sa zone de production couvre sept départements dont les versants alsacien et lorrain du massif des Vosges. Son tonnage : autour de 8000 tonnes est plutôt en régression. 98 producteurs fermiers et 7 fabricants, 14 % au lait cru (9 % en fermier). La majeure partie de la production est aujourd'hui réalisée en Lorraine.

 

Selon les auteurs de la Maison du Lait « Les vrais amateurs de Munster ou Munster-Géromé l'apprécient nature, sans pain, avec des pommes de terre chaudes en robe des champs.

Il entre aussi dans la composition de plats régionaux savoureux, comme la quiche et l'omelette au Munster, la tourte aux pommes de terre et au Munster, le baeckeofe de Munster, etc...

Il peut s'accompagner de vins rouges puissants, Corton, Haut-Médoc, mais il s'harmonise encore mieux avec des produits du terroir alsacien, Gewurztraminer, Pinot Noir ou encore bière. »

 

Et vous qu’en pensez-vous, un peu vague tout ça !

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 06:19

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Je soussigné Jacques Berthomeau, mandaté à cet effet, conscient de l’extrême difficulté pour certains néo-vignerons de poser leurs cuves en un lieu prévu à cet effet et afin de leur éviter une forme de nomadisme préjudiciable à l’exercice de leur art, propose sous la forme d’un bail emphytéotique une cave de vinification sise dans la Province arménienne de Vayots Dzor aux confins de l’Iran et de la Turquie.

 

Cette unité de production de 6100 ans, dotée d’un pressoir rudimentaire, d’une cuve en argile destinée à la vinification, de tessons de poteries qui, une fois assemblés par les archéologues pourront resservir au stockage du vin, répond parfaitement au désir justifié d’en revenir aux pratiques originelles. Prévoir un balai de sorgho pour le dépoussiérage, un âne pour le transport du raisin mais comme le souligne A de Candolle dans « Origines des plantes cultivées » : « c’est surtout dans le Pont, en Arménie, au midi du Caucase et de la mer Caspienne que la vigne présente l’aspect d’une liane sauvage, qui s’élève sur de grand arbres et donne beaucoup de fruit sans taille ni culture. » les travaux de la vigne seront ainsi réduits à leur plus simple expression et répondront au souci légitime de naturalité. Enfin, dans la mesure où à l’inventaire dressé par l’équipe d’archéologues figure des restes de pépins de raisin pressé et quelques sarments atrophiés, des équipes de Steven Spielberg s’engagent à produire un « Wine Arménic Park » où bien évidemment toute cette vie originelle vitrifiée repartira de plus belle.

 

Comme vous pouvez le constater tous les éléments sont réunis pour obtenir un vin dont la naturalité et l’origine ne pourront être contesté par qui que ce soit. Pour le commerce l’apport de Steven Spielberg permettra de vendre le vin comme produit dérivé de la superproduction Hollywoodienne : l’étiquette en 3D étant en cours de conception. Pour la distribution, dans la mesure où une grande maison d’origine française, le groupe Pernod-Ricard, est implantée en Arménie où elle commercialise un brandy dénommé Ararat, son réseau mondial assurera au néo-vigneron « nature » une diffusion des plus profitables.

 

Enfin, dans la mesure où les mêmes chercheurs avaient trouvé, dans le même réseau de cavernes, en juin 2010, un mocassin en cuir parfaitement préservé datant de 5 500 ans, ce qui en faisait la plus vieille chaussure connue, le domaine pourra prendre la marque commerciale de château de la Vieille Grolle si c’est un néo-vigneron bordelais, clos de la Vieille Grolle si c’est un Bourguignon, domaine de la Vieille Grolle si c’est un Ligérien, mas de la Vieille Grolle si c’est un Grand Sudiste... etc

 

Pour bien prouver la naturalité du couple vigneron-terroir les chercheurs de l'université de Californie à Los Angeles qui ont pu confirmer la datation des installations et des autres objets soumettront le vigneron à une analyse au radiocarbone. Ils ont aussi utilisé cette nouvelle méthode scientifique pour vérifier le millésime d'un vin datant de 4 100 ans avant l'ère chrétienne.

 

Merci aux néo-vignerons nature de me transmettre en urgence leur acte de candidature à la reprise de cette unité de vinification unique au monde qui bien évidemment sera certifiée Ecocert. Le CAC de l’INOAQ a aussi prévu de se rendre en délégation à Vayots Dzor pour mettre en place le cahier des charges, l’ODG, l’OI et tout le saint frusquin...

  article du Monde link

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