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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 00:09

Mes bulles à moi dans une Bulle sont coquines, elles vont de Joséphine à madame Bollinger tout de rose vêtue qui se pose une belle question « comment donner un nom à des couleurs ? » et qui y répond joliment « la couleur du Bollinger rosé conjugue les reflets mordorés du Spécial Cuvée et la profondeur intense du vin rouge. Ce pourrait être la teinte de la chair crue du saumon sauvage à peine rougie sur les braises. C’est une lumière et une profondeur. C’est la couleur d’un grand vin. » Et comme en écho Bertrand Gautherot explore les nuances du Pinot Noir avec sa cuvée Rosé de saignée de Sorbée. Il revisite l’idée mythique du champagne des tsars, ce vin qui valait la peine de lui faire parcourir des milliers de kilomètres, image de l’élégance, de l’allure. Et puis l’histoire de la Côte des Bars qui vinifia longtemps le Gamay avant de devenir un terroir de Pinot Noir. Mais comme mon esprit batifole d’une radiale aussi rapide qu’une sabrée je vais d’Aÿ à Ayse : le Mont Blanc Brut zéro de Dominique et Patrick Belluard du domaine Belluard. La Savoie, son Gringet, avec un vigneron plein de talent qui m’enchante avec cette méthode traditionnelle exceptionnelle que je trouve chez mes amis de la Contre-Etiquette http://www.berthomeau.com/article-le-gringet-un-quasi-monopole-savoyard-de-dominique-belluard-vigneron-d-ayze-37799369.html . Les hauteurs du Mont Blanc m’enivrent sans pour autant me faire oublier mes amis de Limoux qui disent avoir inventé la bulle bien avant les gens de Champagne. L’ami Gilles Azam avec élégance et sourire avec sa cuvée Joséphine que j’ai déjà célébré http://www.berthomeau.com/article-avec-mon-paris--brest-garcon-ce-sera-une-cuvee-josephine-de-gilles-azam--43567884.html me comble.

 

Dans mes bulles j’ai glissé pour Gilles Azam et sa Joséphine un texte d’un bloggeur sudiste : Showviniste www.showviniste.fr avec une mention rétro à la méthode champenoise qui est dite maintenant traditionnelle hors la Champagne, pour le Bollinger rosé, le Mont Blanc et le rosé saignée de Sorbée des textes maisons qui m’allaient bien au teint. Qu’importe ! Avoir un faible pour n’est pas ici preuve de faiblesse mais l’expression d’un attachement au talent d’hommes croisés, pour qui j’ai de l’amitié, Gilles, Ghislain, Bertrand et Patrick... J'ai dégusté le  Joséphine  Crémant de Limoux et le champagne rosé de saignée de Sorbée 2007 au Paul Bert. Pour le Mont Blanc 2005 c'est en cave (voir ma chronique) et le Bollinger Brut rosé c'est au bar Bollinger du Bon Marché que je l'ai apprécié grace à un service impeccable et souriant assuré par le Forum www.bar-le-forum.com (voir reportage photos en fin de chronique). C'est que du bon chers lecteurs.

 

Pour plus de renseignements : www.vouette-et-sorbet.com www.domainebelluard.fr www.champagne-bollinger.fr et pour Gilles Azam les.hautes.terres@wanadoo.fr et 04-68-31-63-72

img205.jpgimg206.jpgimg207.jpgimg208.jpgGenou 0647saignee-de-sorbee-nouvelle.jpg

 

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blle Rosé BDphoto-Bollinger-2.jpgphoto Bollinger 1

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 00:09

La vie des grands prédateurs du monde du vin n’est pas un long fleuve tranquille, à force de vouloir tout bouffer ils transforment les poules aux œufs d’or en vulgaires nids de pertes alors ils régurgitent en nous servant de belles explications qui ont bien de la peine à masquer leur échec. Je n’aurai pas le mauvais esprit de vous resservir les grands discours qu’ils nous assénaient au temps de leur résistible ascension.

 

Je vous propose donc :

 

- soit de lire   en langue originale (VO) Constellation Brands Enters Agreement to Sell Its Australian and U.K. Business to CHAMP Private Equity | Constellation Brandshttp://www.cbrands.com/news-media/constellation-brands-enters-agreement-sell-its-australian-and-uk-business-champ-private-e

 

- soit de lire la traduction de Luc Charlier (qu’il soit remercié pour ce travail amical et bénévole)

 

Victor, Etat de New York, le 23 déc. 2010 : la société Constellation Brands (CWAE, Constellation Wines Australia and Europe), leader mondial dans le domaine des vins haut de gamme, a annoncé aujourd’hui un accord visant à céder ses activités en Australie et au Royaume-Uni à CHAMP Private Equity, de Sydney, Australie. On estime le montant de la transaction à environ 290 millions de dollars australiens (A$). La compagnie gardera une participation de 20 % environ et percevra 230 millions A$, sujets à une légère réévaluation au moment de la signature. Cette transaction, attendue vers la fin janvier 2011, est sujette aux clauses de finalisation en usage. Elle inclut virtuellement toutes les marques, unités de vinification et vignobles appartenant à Constellation en Australie, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, ainsi que sa participation de 50 % à Matthew Clarke, la « joint venture » qui s’occupe des grossistes au Royaume-Uni. Tous les salariés de CWAE seront transférés en même temps que les activités.

 

«  Au cours de ces deux dernières années, Constellation a mis en oeuvre une stratégie visant à favoriser une croissance interne bénéficiaire par le biais d’une optimisation de son portefeuille de classe mondiale et d’une amélioration des marges, du retour sur investissements et du flux de trésorerie disponible. » a dit Rob Sands, son président et CEO.

« Les activités de CWAE consistent à vendre du vin de qualité provenant de l’importante zone d’appellation Australie et ont atteint une taille considérable, mais elles se voient aux prises avec des conditions de marché difficiles. Pour cette raison, CWAE n’est plus en phase avec la stratégie de Constellation. Nous pensons que CHAMP a la compétence requise et la motivation nécessaire pour arriver à accélérer le succès du groupe CWAE. »

 

Constellation continue à s’appliquer à développer ses activités internationales et à investir et à soutenir son portefeuille de vins haut de gamme de par le monde. En plus de ses filiales au Canada et en Nelle Zélande, l’organisation Constellation Wine International va intensifier son effort de commercialisation de son portefeuille de vins haut de gamme dans le monde. Constellation and CHAMP vont collaborer à la distribution et la livraison de leurs produits respectifs, internationalement.

 

Constellation espère que le produit net dégagé par cette cession va diminuer sa charge d’emprunts. Tout gain ou perte  (après impôts) attribuable à cette transaction sera exclu de la base de calcul des dividendes. L’influence de cette transaction sur les dividendes devrait rester neutre sur l’exercice fiscal 2011, et neutre ou légèrement défavorable sur l’exercice 2012.

 

« CHAMP a pris l’engagement de soutenir l’équipe dirigeante dans le but de développer une activité compétitive et bénéficiaire sur les marchés en Australie et au Royaume-Uni, et investira pour l’augmenter », selon John Haddock, Directeur Général chez CHAMP.

 

« Et j’adresse mes félicitations les plus sincères au talentueux personnel de CWAE pour ses efforts remarquables au fil des ans, arrivant en particulier à produire quelques-uns des meilleurs vins australiens et à maintenir une position de leader au Royaume-Uni, le numéro un des marchés d’importation du vin », a conclu Sands.

 

A propos de Constellation Brands

 

Constellation Brands est le leader mondial des sociétés de vins de haut de gamme, ayant bâti son succès grâce à une connaissance inégalée des consommateurs de vin, grâce à des marques réputées satisfaisant différents modes de vies et différents types de goûts, grâce à des collaborateurs compétents partout dans le monde. Possédant un large portefeuille de produits haut de gamme, largement respectés dans toutes les catégories du secteur du vin, de la bière et des spiritueux, elle détient des marques comme Mondavi, Hardys, Clos du Bois, Blackstone, Arbor Mist Estancia, Ravenswood, Jackson-Triggs, Kim Crawford, Corona Extra, le whisky canadien Black Velvet et la vodka Svedka.

 

Constellation Brands fait partie des sociétés reprises dans le S&P 500 Index et au Fortune 1000, avec plus de 100 marques dans la gamme, des ventes dans 150 pays et plus de 40 sites d’activités. La société pense que sa position dominante nécessite une implication dans ses marques, dans sa branche, dans son pays, auprès de ses investisseurs, et envers les différentes personnes dans le monde qui portent leur choix sur nos produits pour célébrer les grands instants de leur vie ou savourer leurs moments de quiétude. Nous traduisons cette implication dans notre vision : améliorer la vie à chaque verre que nous levons.

 

A propos de CHAMP Private Equity

 

Le groupe CHAMP possède  des bureaux à Sydney et Brisbane, Australie, et des filiales à Singapour et New York, qui lui confèrent une zone d’influence inégalée chez ses compétiteurs basés en Australie. Ceci lui permet d’identifier des possibilités d’investissement, tant en Australie qu’au-delà des frontières, et également de rechercher des opportunités de croissance pour des sociétés existantes d’investisseurs.

 

Depuis sa fondation en 1987, CHAMP et le fonds qui l’a précédée ont réalisé des placements dans plus de 70 sociétés privées de placement en actions dans toute une série de secteurs : les media, les transports, l’activité industrielle, l’éducation, la vente au détail, l’agro-alimentaire, la santé et le financement. Des investissements parfaitement couronnés de succès ont notamment été obtenus avec .... (liste de compagnies)

 

La stratégie d’investissement chez CHAMP est la création de richesse au départ de la croissance des gains. Une utilisation prudente des leviers fait partie intégrante de notre mode d’action ; néanmoins, le vrai moteur de la création de richesse est une augmentation durable des gains s’appuyant sur une gestion irréprochable et des investissements portant sur des initiatives de croissance.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 00:09

Enfant je détestais la galantine truffée du charcutier que maman achetait pour le repas de Noël et ce pour deux raisons : la première était gustative, je suis allergique à la gelée qui l’entourait, la seconde était liée à mon instruction religieuse, en effet ce carré noir central, tel l’œil de Caïn dans la tombe, ne me disait rien qui vaille. J’en mangeais bien sûr pour faire plaisir à ma sainte mère mais mon rapport à la truffe s’en est toujours ressenti : je ne cours pas après. Même que, dans mes vertes années, la Tuber mélanosporum, évoquait pour moi la ringardise de la poularde demi-deuil chère aux banquets républicains et aux demi-sels chers à Audiard et consorts.

 

Les maîtres de la Haute Gastronomie Française vont encore me toiser, me remettre à ma place d’usurpateur, en objectant que la truffe, la vraie, celle qui atteint les sommets à chaque saison sur les marchés de Richerenches, Valréas, Aups, Carpentras, Lalbenque... sous le manteau, n’est pas l’ersatz de ma jeunesse mais une reine. J’en conviens aisément d’autant plus que je puis aussi leur rétorquer que j’ai depuis le temps lointain de mes culottes courtes accédé au sommet de la truffe. Pour preuve ce dîner tout à la truffe chez l’ami Jérôme Quiot à la veille d’un Vinisud, rassemblant des clients canadiens, où le chef Guy Jullien de la Beaugravière à Montdragon avait magnifié la Tuber mélanosporum dans tous ses états. « L’hiver, de décembre à mars, c’est la passion de la truffe qui signe les plats du restaurant. En salade, en velouté ou accompagné de coquilles Saint-Jacques, le produit est travaillé à tous les plats. Le repas se termine avec du Saint-Marcellin à la truffe puis une crème glacé truffée » www.labeaugraviere.comMême que pour en rajouter une couche j’écris cette chronique en pleine zône truffière et qu’à la « Petite Maison de Cucuron » chez Eric Sapet j’ai mangé un Suprême de poule faisane rôti au chou et à la saucisse de Morteau, sauce salmi. COICA6JP793CAVBWYNQCA675YMLCA69OELUCA12XF1KCA2896AXCALTNZHA

Reste que la truffe garde encore aujourd’hui sa part de mystère, certes on n’élucubre plus en affirmant qu’elle naît « des pluies d’automne et des coups de tonnerre secs », on ne la diabolise plus, elle l’« enfant des dieux », depuis que notre sainte mère l’Eglise catholique et romaine ne la rejette plus comme porteuse de mille sorts, on laisse à l’Ecole Nationale de chimie de Toulouse et à la société Trufarôme leur aromatisant jus de truffe commercialisé sous la marque « Arôme de Truffe », on préfère penser à George Sand qui vouait à la « gemme des terres pauvres », la plus « révérée des princesses noires, une passion sans borne ou à Giono la dégustant « au plus près de la Provence, crue avec du sel et de l’huile d’olive ». Moi ce que j’aime dans la truffe, la « rabasse » provençale, c’est qu’elle est capricieuse, exigeante : elle naît dans un sol attentif et adapté, c’est mademoiselle « juste ce qu’il faut » de chaleur, de froid, de pluie,  c’est la locataire d’un arbre ami, c’est une amoureuse d’une nature humanisée mais respectée. De plus, sa récolte, le cavage s’avère délicate et aléatoire. Elle nécessite un détecteur : cochon (S-O), chien (S-E), mouche (Grasse) selon la tradition locale, de la patience, du nez, de la délicatesse lorsque le caveur gratte le sol avec son « truffidou ». Connaissance empirique des signes annonciateurs, sens de l’observation : le brûlé du sol autour de l’arbre truffier, ressenti, chaque rabassier a ses secrets.

 

Folklore railleront les sceptiques : la trufficulture (application de l’arboriculture à la culture de la truffe) va « industrialiser » le process et roule inexorablement la fin des caveurs et autres rabassiers. Ce n’est pas nouveau puisqu’en 1808 Joseph Talon sema des glands près de Saint Saturnin d’Apt dans des terrains calcaires déjà saturés par des spores de truffes et il ramassa quelques années plus tard des truffes. Il fut imité et on alterna vigne et chêne truffier lorsqu’en 1880 les ravages du phylloxéra aboutirent à l’apogée de la culture de la truffe. Et puis, comme toujours, la mécanisation, l’exode rural, la chimie eurent raison de cet âge d’or. Depuis 20 ans l’INRA cherche, le CTIFL expérimente, des méthodes de cultures ont été éprouvées (Pallier, Tanguy) sans aboutir à des résultats probants. Les traditionnalistes avancent que l’intervention de l’homme créé les conditions de l’appauvrissement de la faune et de la flore incompatibles avec la fructification du champignon. C’est heureux s’écrieront les « nature » ! Reste que cette économie de cueillette confère à la truffe le statut de produit rare donc cher.

 

La France est le premier pays consommateur de truffes, elle produit entre 20 et 40 tonnes/an (statistique qui ne prend pas en compte l’autoconsommation et les ventes au black) et en importe tout autant d’Espagne et d’Italie, et en importerait plus de 20 tonnes de Chine (tuber indicum qui ressemble à la mélanosporum à prix bas bien sûr). Le négoce de la truffe est familial, culturel (une vingtaine de négociants/conserveurs) car il exige un savoir-faire empirique, avoir un « nez ». Bien évidemment je ne vais pas entrer sur le terrain des débats chauvins : franco-français Périgord/Provence ou avec nos voisins italiens, et leur blanche d’Alba, et autres espagnols. Je préfère m’en remettre à Maguelonne Toussaint Samat qui écrit « L’Italie prend la truffe française pour un bruit qui court et l’espagnole pour une triste plaisanterie. L’Espagne ne connaît qu’une truffe, la sienne. Et la France dit des autres : impossible ».

 

Reste le sujet le plus important : la truffe et le vin. Je partage avec Pierre Casamayor l’opinion que la truffe, dans notre cuisine, n’est pas un « prétexte parcimonieux à des fins décoratives ou prétentieuses » et que la simplicité, telle celle de Giono, lui va bien. Fraîche ou à peine tiédie, elle exhale son parfum puissant, son arôme de sous-bois, ses fragrances incomparables. Lui faire face n’est pas chose aisée, il faut tenir le choc, supporter la comparaison. Alors le vin de truffe n’est-il pas un vin de territoire de truffes : Châteauneuf-du-Pape ou Cahors, ou un vin qui fleure bon lui aussi l’arôme de truffe : un côte-rôtie ou celui de la noisette : un Hermitage blanc... Plus roturiers les futurs Grignan les Adhémar lui iraient bien aussi... « En Italie, dans le Piémont, à Alba, à l’automne dans sa pleine maturité, la truffe parfume l’air et les grappes des dolceto et des nibbiolo qui, bien secs, se marient avec la truffe blanche. » Bref, chers amis, ne vous privez pas d’aller plus avant dans ce mariage d’amour, donnez-moi les noms des heureux élus à qui va votre préférence...

 

Pour tous les détails voir l’ABCdaire des Truffes chez Flammarion 3,95€ qui m’a servi à écrire cette chronique.

 

Note de l'auteur : la truffe ne vaudra jamais la vie d'un homme fusse-t-il un voleur de truffe à 1000 euros le kg...

 

La nouvelle rubrique « à lire » se mettra en ligne à 9 heures, Constellation Brand passe un accord avec CHAMP Private Equity pour lui céder ses activités en Australie et au Royaume-Uni  mais si vous souhaitez la lire de suite elle est accessible grâce à ce lien

http://www.berthomeau.com/article-constellation-brand-passe-un-accord-avec-champ-private-equity-pour-lui-ceder-ses-activites-en-australie-et-au-royaume-uni-63919493.html  

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 00:09

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Ai-je sauté le pas ? Profitant de mes séjours réguliers en Luberon ai-je décidé de passer à l’acte ? Suis-je devenu un simple propriétaire terrien ou mieux un petit propriétaire-exploitant comme certains belges déracinés ? Mon titre semble répondre positivement à ces questions mais avec moi il faut toujours se méfier car je suis capable de vous emberlificoter pour que vous me lisiez.

 

Le premier bien que j’ai acquis, ce fut à l’Isle-sur-Sorgue un document officiel émanant du Ministère de l’Agriculture, Direction de la Production, de J. Long Inspecteur de l’Agriculture et P. Bonnet Directeur des Services Oléicoles : L’OLIVIER. Bel opus à couverture vert olive où les deux ingénieurs agronomes font la preuve de l’utilité ce qu’on appelait autrefois « les services agricoles ». Belle appellation que voilà tombée dans les oubliettes des Chambres d’Agriculture. Muni de ce viatique il ne me restait plus qu’à, sauf qu’avant je vous dois quelques explications. 

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Dans ma carrière l’olivier fut un amour tardif, pour autant ce fut un amour ardent et sincère qui, le temps passant, ne s’est pas émoussé même si le petit monde de l’olivier français n’a guère tenu les promesses des espoirs que j’avais placé en lui. Qu’importe, c’est un peu mon lot que de croire en la capacité des hommes de relever des défis à leur portée. L’olivier et la vigne vont bien ensemble dans notre grand sud et, persuadé que j’étais qu’il y avait une place à prendre dans le formidable développement qu’a connu la consommation d’huile d’olive en France, j’ai milité pour l’émergence d’une oliveraie en capacité d’apporter aux consommateurs français une huile de large origine, Provence par exemple, une IGP, à un prix compatible avec le porte-monnaie du plus grand nombre. Peine perdue – même si mon labeur fut surtout verbal – l’huile d’olive française reste dans le confidentiel, le haut de gamme, le produit rare d’AOC. C’est un choix qui parfois confine au non-choix et ça ne me regarde pas.

 

Pour finir sur ce sujet, lorsque j’exerçais le dur métier de médiateur des VDN à Perpignan j’avais organisé une journée de l’olivier dans la bonne ville de Millas (moulin à huile de Millas) dont le maire était Christain Bourquin Président du CG des PO – présentement successeur de Georges Frèche – pour convaincre certains viticulteurs de sortir de la monoculture des VDN. On m’a pris alors pour un fêlé, un fada de Paris, mais je reste persuadé que l’objectif de fournir 10% de la consommation française avec notre production n’avait rien de baroque. Encore eut-il fallu, là comme ailleurs, sortir de l’approximation, du bricolage et des mauvaises habitudes. Et moi, croyez-moi, je devrais perdre la mauvaise habitude de ramener ma fraise sur des sujets qui ne me regardent pas.

 

Maintenant je vais vous livrer le fin mot de mon histoire.

 

« J’ai acquis, il y a trois ans, à Lourmarin, une petite terre.

 

Depuis un quart de siècle, personne n’y avait donné un coup de pioche. J’y comptai cependant, dans la rocaille, une soixantaine de vieux oliviers. La moitié était mutilée, rasée aux racines, sauvagement. Du sol, il ne sortait que troncs sciés de travers, pourris, rongés, et de maigres rejets déjà épineux. Les autres plants, secs, crevassés, tant bien que mal tenaient encore. Mais, mangés de soleil, ravagés par le vent, sans nourriture, ils étaient stériles. Pas une olive : de vrais oléastres.

Pourtant je ne sais trop pourquoi, je leur trouvai de bonnes têtes. Dans l’abandon où ils vivaient, oubliés de tous, reniés, voués à la hache et au feu, ils avaient conservé un je ne sais quoi de solide, de confiant. Ils avaient l’air ainsi de très vieux hommes. J’en suis sûr, quelque chose d’humain émanait d’eux, comme si, d’une antique race paysanne, ils eussent, seuls, conservé et perpétué, sur ce sol aride, le tenace espoir. Et ils attendaient.

C’étaient des arbres de patience, des arbres de foi, des créatures végétales religieusement attachées à leur roc infertile, et, vivants vénérables, de ce roc, les derniers, les vrais possesseurs. L’homme avait abdiqué ; eux, ils restaient là. Ils n’attendaient pas de pitié ; ils espéraient peut-être un peu d’amour ou, plus simplement encore, un peu de justice. Et c’est pourquoi je me suis mis soudain à les aimer.

Or, si j’écris, ici, ces quelques lignes, c’est à cause de cet amour. Car j’ai soigné mes arbres, et ils m’ont bien rendus en fruits le peu que je leur avais donné. Sauf un ou deux, tous ils ont repris vie. Deux ans après, une trentaine portait des olives er présentement ma bastide dresse son fronton de petit temple grec au milieu de leurs beaux feuillages ressuscités. J’avoue sans façon que j’en suis heureux, d’abord à cause d’un peu d’huile, d’huile vraies, dorée, nourrissante, fruitée à point, lente et grasse à couler, et qui vient de mon sol.

Pour modeste qu’il soit, c’est le don de reconnaissance du roc, de l’humus et de l’arbre associés. Voilà qui réconforte.

Car le pacte du renouveau fait avec l’homme a été tenu.

J’ai l’impression maintenant d’être aimé de mes arbres. Et être aimé d’un olivier n’est-ce pas, pour celui qui honore la terre et ses travaux, une rare récompense. »

 

Henri BOSCO Lourmarin, septembre 1950 (le gel de 1956 détruira une grande partie de l'oliveraie française) fut un grand fabricant de dictées pour moutards utilisant la plume Sergent major et l'encre violette, humaniste, amoureux du Luberon, il est enterré au cimetière de Lourmarin. (1976)

« Je veux qu'on ramène mes cendres à Lourmarin, au nord du fleuve, là où vécut mon père et où, trop peu de temps, j'ai connu les conseils de l'Amitié.

Et que l'on creuse alors sur ta paroi, en plein calcaire, là-haut loin des maisons habitées par les hommes, entre le chêne noir et le laurier funèbre, un trou, ô Luberon, au fond de ton quartier le plus sauvage. J'y dormirai.

Et puisse-t-on graver, si toutefois alors quelqu'un prend souci de mon ombre, sur le roc de ma tombe, malgré ma mort, ce sanglier »

 

 

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 09:00

Pourquoi le « Made in China » est plus cher ?

 

« C'est devenu une tendance pour les Chinois de voyager à l'étranger pour acheter des produits comme les IPads, les ordinateurs portables et les appareils-photo. Et les fêtes de Noël et du Nouvel An vont voir davantage encore de Chinois du continent chercher les bonnes affaires à Hong Kong, Macao ou autres endroits.

 

Ironie du sort, la plupart de ces produits sont faits sur le continent. Alors pourquoi cette folie des voyages, me direz-vous ? Tout simplement parce que, ironie du sort encore, ils coûtent plus cher sur le continent.

 

Prenez l’IPad 16 giga, assemblé à Shenzhen, dans la province du Guangdong, par exemple. Son prix de lancement était de 499 Dollars US (3 326 Yuans) pièce aux Etats-Unis, et de 3 888 Dollars HK (3 336 Yuans) à Hong Kong. Mais quand il a été lancé sur le continent un an plus tard, il coûtait 3 988 Yuans, soit au moins 650 Yuans de plus qu'à l'étranger.

 

Et cette différence de prix serait plus grande encore si on prenait en considération le revenu par tête en Chine et aux Etats-Unis. Le revenu par tête en Chine représente un treizième de celui des Etats-Unis.

 

En théorie, les produits faits sur le continent devraient coûter moins cher sur le marché local. Mais alors pourquoi coûtent-ils donc plus cher ?

 

Les rabais à l'exportation sur les produits chinois sont la principale raison qui explique pourquoi les produits exportés du continent sont moins chers à l'étranger.

 

La Chine dispose d'un avantage comparatif s'agissant de la fabrication et de l'assemblage des produits, mais, en plus de cela, elle octroie des rabais sur les taxes pour les produits qui sont exportés afin de favoriser la croissance économique et de résoudre le problème du chômage.

 

C'est cette politique qui est devenue la source de profits supplémentaires pour de nombreuses entreprises étrangères. Et compte tenu de la concurrence féroce sur le marché mondial, cette politique a aussi pour conséquence d'abaisser le niveau des bénéfices des exportateurs chinois.

 

Les rabais sur les taxes frappant les produits chinois non seulement donnent des subventions indirectes aux pays développés et aident les gens du monde développé à maintenir leur haut niveau de consommation, mais ils abaissent aussi le prix des produits chinois vendus à l'étranger et les rendent plus chers sur le marché intérieur. Ainsi, un rabais de 17% sur la TVA a pour conséquence qu'un produit coûtera au moins 17% de plus sur le marché intérieur qu'à l'étranger.

 

La concurrence sur les marchés des pays développés est féroce. De nombreuses marques européennes, américaines ou japonaises disposent plus ou moins d'une base de consommateurs fixe. Par conséquent, ils ne peuvent conquérir de nouveaux consommateurs dans l'environnement de marché existant des pays développés en affichant leurs produits à un prix plus élevé. De plus, dans ces pays, la logistique est relativement bien construite, ce qui permet plus aisément aux marques internationales d'être vendues avec des coûts intermédiaires faibles.

 

Mais quand les mêmes produits Made in China sont réexportés vers la Chine, ils sont frappés par des droits de douane, la TVA et la taxe à la consommation.

 

En Chine, le coût de distribution des produits est très élevé parce que le réseau de vente du pays n'est pas complètement développé. Les distributeurs doivent payer des frais de transport et de location de leurs boutiques relativement plus élevés. Ils doivent aussi payer une certaine somme à des agents situés à différents niveaux de la chaîne des ventes. Tout cela s'ajoute au prix des produits Made in China qui sont réexportés et vendus dans le pays.

 

Les coûts logistiques des produits chinois locaux représentent entre 20 et 40% de leur prix. Même aux Etats-Unis, où le coût du travail est relativement élevé, ce pourcentage est bien inférieur. En fait, lors de la dernière décennie, il est tombé à environ 10%, et il était de 8,7% seulement en 2002.

 

Les coûts parallèles sont plus élevés en Chine que dans les pays développés pour des raisons institutionnelles. Par exemple, le transport par voie ferrée, par route et par avion est loin d'être complètement marketisés en Chine. Avec pour résultat que les coûts logistiques sont élevés et les services comparativement médiocres. Les statistiques montrent que les coûts logistiques représentent environ 21,3% du PIB de la Chine tandis qu'ils ne comptent que pour 10% du PIB dans le monde développé.

 

De plus, la plupart des marques internationales disposent de puissants réseaux de distribution, ce qui leur donne l'avantage de pouvoir fixer les prix de leurs produits, alors que les marques chinoises ne peuvent pas encore le faire. Et du fait du manque de marques chinoises réellement de classe mondiale, les marques internationales célèbres tiennent toujours le haut du pavé sur le marché haut de gamme en Chine. Ce qui fait que les marques internationales peuvent tirer profit de cet avantage pour y vendre leurs produits à des prix beaucoup plus élevés que dans les pays développés pour faire le maximum de bénéfices.

 

Il reste un fait, celui que le coût de production des produits Made in China reste le même, qu'ils soient vendus localement ou à l'étranger. Les produits de marque coûtent plus cher en Chine pour des raisons logistiques. Si la Chine pouvait intensifier sa réforme et réduire ses coûts, les marques internationales faites en Chine coûteraient beaucoup moins cher sur le marché intérieur, et moins de Chinois iraient les acheter à l'étranger ou les passer en fraude à la frontière. Et plus important encore, cela stimulerait la consommation intérieure. »

 

L'auteur est Han Qi, professeur d'économie à l'Université d'Economie et des Affaires Internationales

 

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 00:09

Jacques Vivet rime avec discret, et pourtant avec sa carrure et sa prestance il pourrait en imposer à la République des dégustateurs autoproclamés. Il m’a fait récemment le plaisir un soir de me convier à son centre de dégustation situé face au jardin du Luxembourg à deux pas de Saint-Germain des Prés. Derrière la lourde porte cochère un autre monde où, sur les pavés de la cour, j’imagine le bruit sourd des tonneaux que l’on roule. Mais laissant ma folle du logis au cellier je me suis sagement assis à la table où se tenaient déjà les « élèves » de Jacques Vivet. Séance à l’aveugle, bien rythmée, sans pathos ni faux-semblants. L’homme est précis, pédagogue avec humour, il pratique le fleuret moucheté, taquine, met en scène avec sobriété la dégustation. J’y reviendrai en une future chronique mais ce soir-là moi, qui fut marchand de vins donc soucieux de mes clients, je retrouvais les fondamentaux du métier. Lorsque je me suis mis en tête de mettre des bulles dans une Bulle c’est donc tout naturellement que je me suis tourné vers lui. Ainsi dans la République des Jacques nous serions 3, le Dupont Merveilleux du Vignoble lui et moi. Merci donc à Jacques Vivet d’avoir accepté de venir buller sur mes lignes

 

« Ce que nous aimons avec le champagne c'est qu'il est multiple. Si cette diversité qui peut  aller du vin ciselé, construit sur la lame du rasoir, jusqu'au vin vineux puissant et long en bouche à la manière d'un meursault,  est susceptible de déstabiliser le premier venu fort de ses certitudes, c'est elle qui permet de trouver toujours un accord mets-vin judicieux. Et disons-le tout net le meilleurs des vins effervescents constitue un plaisir à lui tout seul.

Comme vous me le demandiez, je vous propose 3 d'entre eux, dégustés à l'aveugle avec verres INAO. » www.ecolededegustation.fr

 

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J’inaugure  ce matin une nouvelle rubrique : « à lire » si ça vous intéresse un clic http://www.berthomeau.com/article-pourquoi-l-ipad-16-giga-assemble-a-shenzhen-coute-499-dollars-us-3-326-yuans-piece-aux-etats-unis-et-3-988-yuans-en-chine-63813643.html

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 08:00

 

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Qui suis-je?

 

Une étudiante en école de commerce à Reims et qui fait son mémoire sur le vin? Une fille passionnée d'œnologie et qui adore les blogs sur le vin, en particulier celui de Jacques Berthomeau? Une jeune fille de 24 ans qui ne s'y connait encore que très peu?

 

Et Oui un peu de tout ça!! C'est pour ça que j'ai besoin de vous amis oenophiles ou amateurs de vin.

 

Remplissez-vite mon questionnaire de mémoire et vous en saurez plus sur vous et moi.

Transmettez-le à vos amis aussi!!

 

Voici le lien :

http://qtrial.qualtrics.com/SE/?SID=SV_a4pllqPlrkTpCIs  

 

Bonnes fêtes!

 

Léa PERROT-MINOT

 

Un clic, un tout petit peu de temps, et le tour est joué.

Faut que ça boum ou prenez de l'hépatoum !

 

Merci pour elle.

 

Et en prime : Léa par Louise Attaque

 

 

 

 

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 00:09

« L’araignée, ce morceau de gourmets qui est au bœuf ce que le sot-l’y-laisse est au poulet grillé... » est le sésame ouvre-toi d’André le jeune boucher de la boucherie Plomeur de Quimper « car c’était cette étroite languette persillée, aussi ferme que tendre, d’un rouge aussi foncé que le secret des lèvres, moelleuse, goûteuse, juteuse à souhait, qui donnait le signal » En effet, même « si physiquement rien ne disposait le si jeune boucher à autant de succès, dans ses mains la chair féminine se mettait à chanter. » La procédure se répétait chaque jour et « chaque fois que les gros doigts d’André aux ongles bien rongés, commençaient à tailler habilement la macreuse, les onglets, les bavettes, les prétendantes se massaient au-dessus du comptoir pour avoir les meilleurs morceaux, en exhibant les leurs. »

 

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Mais à quoi diable l’araignée donnait-elle le signal ? Au péché de la chair bien sûr car « celle à qui était échu le morceau de barbaque dans le papier journal savait qu’entre midi et deux... » André retrouvait l’heureuse élue derrière la cathédrale où il suivait « jusque chez elle l’élue à l’araignée ». Ceci est le début de la fable savoureuse contée par Martin Provost dans Bifteck chez Phébus 12€. La suite est du même jus, jubilatoire et tendre : sensualité et paternité... Si ce matin j’aborde la chair par le versant péché de chair c’est la « faute » à l’expression des goûts carnés de notre Charlier. Il aime la hampe ! Moi aussi ! Toujours précis, documenté, il la décrit : « muscle strié classique, morceau de diaphragme en fait ? » Il l’avait pour son déjeuner du samedi préparée grillée et muscadée mais ne l’avait point, faute aux pandores routiers, arrosée de vin. Pertinemment notre avaleur de hampe – pas mal non ça sonne comme astiqueur – faisait remarquer que ce morceau était en notre beau pays classé en abats ce qui à l’avantage d’en trouver à la fois chez les tripiers et les bouchers. Ces derniers la planquent car la hampe est visuellement du genre chiffon sale de garagiste, brunâtre, parente des bandes molletières ou des bas de contention pour femmes variqueuses, donc peu ragoutantes aux yeux des ménagères de plus de 50 ans.

 

Moi j’adore la hampe de bœuf (il en existe aussi de veau) 250 g de viande bien rassise, quasi-noire, acidulée, forte, grillée ou poêlée au beurre – dans ce cas je passe mes pâtes dans le jus de cuisson – pour un plaisir de flibustier. Cependant face à l’abstinence vinique de mon collègue je me trouve aujourd’hui dans les affres du choix du liquide qui va avec cette nourriture, qui s’apparente au steak des Tartares attendri sous la selle, donc vachement coriace. D’ordinaire je sais ce que je bois avec ma hampe, du lourd en verre Duralex, mais là, troublé, je me vois dans l’obligation de vous demander : que tèteriez-vous avec votre hampe ? Du cidre brut de Quimper en souvenir de l’André de la boucherie Plomeur ou un jus de treille du style Alicante Bouschet ? Ne m’en veuillez pas je n’ai pu m’en empêcher, en effet j’ai l’âme si noire que je vais devoir passer chez le teinturier...

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 02:00

De cette soirée je n’ai plus guerre de souvenirs, Luc le belge doté d’une vertigineuse descente assaisonnée d’un maniement pointu de la dialectique me saoula. Le bougre, en costume trois pièces anthracite lustré sur chemise blanche en tergal dotée d’une lavallière cramoisie, dès que je posai mon cul sur le haut tabouret du bar me confia d’un air contrit qu’il était le représentant des champagnes Mercier pour l’Amérique latine. Son problème, et les problèmes il les collectionnait comme d’autres les timbres postes, c’est qu’il abhorrait le mousseux de Reims, surtout le demi-sec fort à la mode en ces contrées andines. Alors nous carburâmes au whisky. Je déteste ce breuvage au goût de punaise mais mon état m’inclinait à boire n’importe quoi. Sans même s’inquiéter de qui j’étais Luc le Belge embrayait sur l’amour de sa vie le père Léon Trotski. Intarissable, je le laissais s’épancher sur la révolution permanente sans évoquer mon aversion pour les petits cons se réclamant de la IVe Internationale qui m’avaient fait chier lorsque je me bousillais les mains sur les chaînes du quai André Citroën. Mon seul regret c’est qu’en ces années 70 Sharon Stone n’avait pas encore manié le pic à glace car ça m’aurait permis de le vanner. Le barman, comme tous les loufiats un chouïa indics, pointait ses grandes oreilles en notre direction tout en faisant semblant de récurer ses verres. Deux pouffiasses peroxydées nous zieutaient en battant de leurs faux-cils noirs qui me faisaient l’effet de mygales en rut. Le long flot verbal alambiqué du belge conjugué au jus d’alambic écossais m’enfonçait doucement dans un magma de plus en plus visqueux, tiède et putride. Pour lui faire plaisir je pissais dans un seau à champagne placé à l’à pic de mon tabouret. Ensuite je ne sais plus.

 

Mon éveil s’apparenta à un violent mal de mer dans un lit de palace. Toutes mes écoutilles grinçaient. Je me sentais guenille en charpie. Ma première tentative de mise sur pied se solda par un affaissement sur la descente de lit. Jambes de coton, bouche fétide, je rampais jusqu’au bidet où je dégobillais. Tout mon corps suintait d’un jus jaune. J’étais à poils. Mon crâne éclatait sous des coups de masse portés sur des coins d’acier luisants. Du café ! Retour à quatre pattes jusqu’au téléphone : j’appelais le service « un broc ! ». Demi-tour, la douche glacée, je braillais comme un goret. Des spasmes, des frissons monstrueux, le garçon d’étage me contemplait comme si j’étais un spectre. J’étais un spectre emmitouflé dans un peignoir blanc. Le café brûlant empestait le gland. Un bain bouillant coulait en faisant gémir la tuyauterie, de la bile coulait aux commissures de mes lèvres, en miettes je coulais en maudissant le ciel et le roi des Belges. La mer se calmait. Impression agréable d’un grand ménage de printemps, récuré, astiqué, vidé, je planais dans une béatitude langoureuse. On frappait. Éva entrait. Je bandais sous le drap tendu. Elle s’asseyait sur le bord du lit et m’annonçait que mon compagnon de libation venait de se faire faucher par un camion militaire en traversant Huerfanos. Ma tête pensait « Mort d’un commis voyageur », Arthur Miller, death of  a salesman, pauvre Willy Loman ; mes mains pensaient « je vais lui enlever sa petite culotte » ; Éva me demandait si je souhaitais récupérer la malle de démonstration de Luc le Belge ; mon esprit louvoyait entre la compassion et le dégoût de moi-même. J’optai pour l’hommage à mon compagnon d’un soir : jeter à bas le capitalisme. Ce fut fait sans passion mais avec rage. 51KAXMEDMJL__SL500_AA300_.jpg

Nous le mîmes dans un cercueil plombé que nous l’embarquâmes sur un cargo mixte en partance pour Rotterdam. J’éclusai le stock de Mercier demi-sec tout en me consacrant, tel un Papon des Andes, sans état d’âme, à ma nouvelle mission : l’organisation de la grande grève des camionneurs d’octobre 1972 qui verra 70 000 camions, des milliers d’autobus cessé de rouler, alors que les petits commerces baisseront leur rideau de fer. Bloquer ce pays tout en longueur, paralyser les usines, tarir les exportations, affamer le pays... Moine civil, tel un fonctionnaire zélé je planifiais le grand bordel sous la haute autorité des barbouzes et des culottes de peau américains. Je n’y mettais ni entrain, ni bonne volonté, simplement donner le change pour le soir aller goûter un repos bien mérité dans les bras de Francesca. Pour protéger mes arrières la belle, pleine de ressources, me logeait avec ses domestiques. Éva fermait les yeux. Les époux Sepúlveda faisant chambre à part nous faisions lit commun jusqu’à l’aube dans le lit même de Francesca. Après l’amour je lui parlais du complot. Elle m’écoutait en posant sa tête sur ma poitrine plate. Fataliste je lui confiais que de toute façon le régime tomberait comme un fruit mûr car les mineurs avec leurs débrayages, leurs grèves à répétition précipitaient le pays dans un désastre programmé. Même l’appoint, en novembre 1971, de Castro lorsqu’il vint au Chili et tempêta contre les mineurs de la mine de Chuquicamata, les traitant d'agitateurs « démagogues » en les tançant : « cent tonnes de moins par jour c’est une perte de 36 millions de dollars par an » ne sauverait pas le régime. Francesca attendait que je me taise et, avec une constance triste, elle me posait toujours la même question « Quand vas-tu m’épouser ? »

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 00:09

1976-1986 le temps du « passage de l’ombre à la lumière » selon l’inénarrable Jack Lang à propos de l’élection le 10 mai 1981 du François de Jarnac comme premier président de gauche de la Ve République. Téléphone : Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Corine Marienneau participe au gigantesque concert organisé le 10 juin, place de la République pour célébrer la victoire en partageant l'affiche avec Jacques Higelin. La chanson Faits Divers, interprétée en direct, tient lieu de générique au journal télévisé de la nuit sur Antenne 2.

 

Leur second album intitulé Crache ton venin sort le 2 avril 1979. « Enregistré en seulement 15 jours aux studios Redbus de Londres et produit par Martin Rushent, c'est l'album de la consécration : il est disque de platine, avec plus de 400 000 exemplaires vendus. Le single emblématique de l'album, La Bombe humaine est immédiatement n°1, et reste classé dans le hit-parade de l'époque pendant 53 semaines d'affilée. » Wikipédia.

 

Mes belles années Téléphone loin de l’omniprésent « Té où ? » des accros du téléphone portable... sans doute les puristes vont me reprocher la mièvrerie des paroles mais le rock n’est pas fait pour se prendre la tête mais s’éclater. Enfin, leur dernier album : Un autre monde... et c’est la fin... Je reste toujours accro de Téléphone le seul groupe rock made in France digne de ce nom...

 

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