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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 08:22

Suite à ma chronique du jour j'ai reçu ce texte de Michel Bedouet vigneron au Pallet en Muscadet.

 

 

«Si aujourd’hui vous êtes viticulteur en muscadet, si vous aimez être dans vos vignes et que vous n’avez pas développé votre propre réseau commercial en comptant sur le modèle producteur, courtier, négoce, à court terme vous êtes morts professionnellement.

 

Si vous êtes vigneron en muscadet, que vos parents ont eu la fibre commerciale, que votre tempérament et votre formation vous poussent  vers la vente directe et le commerce au sens large, vous êtes sans doute mieux armés pour faire vivre votre entreprise.

 

Si en même temps vous vous réjouissez du malheur de ceux qui doivent cesser leur métier en pensant que moins il y aura de producteurs, plus ceux qui resteront prospérerons, vous vous tirez une balle dans le pied, ou pour ceux qui jouent au foot, vous mettez un but contre votre camp.

 

Bien sûr qu’un certain nombre d’exploitations ne sont et ne seront plus viables et que des entreprises qui arrêtent il en existe tous les jours et  dans toutes les professions, mais ce n’est pas une raison pour ajouter l’humiliation à l’échec.

Nous devons au contraire faire preuve de solidarité pour faire en sorte que ceux qui arrêtent ne se dévalorisent pas et puissent ainsi retrouver confiance en eux  et un travail valorisant.

 

Si vous êtes courtier en muscadet, vous devez faire évoluer votre métier de « porteur d’échantillons » vers celui de technico- commercial spécialisé en vins.

Vous savez où sont les producteurs intelligents et sérieux qui sont capables de produire des vins de qualité adaptés aux différents  marchés, qui ne se sentent pas commerçants dans l’âme, mais qui ne demandent qu’à évoluer techniquement.

Vendez ce savoir faire aux différents opérateurs commerciaux de France et d’ailleurs !

 

Si vous êtes un négociant « historique » en muscadet, soyez conscient que votre relative petite taille et votre proximité avec le vignoble vous rapprochent plus des vignerons que des mégas structures internationales et continuez à croire en vous en construisant une filière de partenariat avec des producteurs motivés.

 

Si vous êtes un industriel du vin en muscadet, il est normal que votre priorité soit la rentabilité de votre entreprise par des marques fortes qui vous distinguent des autres et vous renforcent sur les gros comptes et au niveau international.

Sachez que le muscadet n’est pas une marque, mais un vignoble d’appellations au pluriel.

Occupez vous donc du marché mondial des vins blancs indépendamment de celui des différents muscadets et si vous ne voulez pas mettre en avant les vins de la région, créez des petites structures pour le faire ou investissez auprès de vignerons qui sauront innover.

 

Osons 2011 ! »

 

 

Michel BEDOUET                                                                                   

 

Le 10.01.2011

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 00:09

 

Antonin écrit sur son blog Vindicateur «  Des domaines viticoles, agricoles, se cassent la figure, ce n'est pas nouveau. Récemment, Olivier B (Rhône) et le Clos Romain (Languedoc) ont été sur le devant de cette scène bancale. Le premier recevant un soutien bienvenu, le second pour annoncer une décision sur laquelle il n'était déjà plus question de revenir… Au-delà, comment faire pour enrayer un système si prompt à casser les petits ? » Bonne question jeune homme mais quel est donc ce système si prompt à casser les petits ? Notre viticulture, largement artisanale, vivrait-elle hors ou à côté du système économique qui régit l’ensemble de la planète ? De plus est-ce vraiment à une casse des petits que nous assistons ?

 

Je n’ai bien sûr aucun élément pour analyser la situation des deux cas évoqués par Antonin et je me garderai bien de porter un quelconque jugement sur les raisons qui les ont amenés à cette situation où la pérennité de leur entreprise s’est trouvée mise en cause. De même je ne m’aventurerai pas sur le terrain de l’élan de solidarité qui s’est développé sur la Toile, via Facebook, pour aider au sauvetage d’Olivier B. Lorsque quelqu’un lance un SOS ou appelle au secours il est réconfortant de voir que des gens se mobilisent. Ce même type d’initiative est en train de se mettre en œuvre sur mon espace de liberté – de façon moins spectaculaire – pour donner un coup de main à un vigneron. Que l’on instille un peu de chaleur dans nos filières froides je ne vais pas m’en plaindre.

 

Il n’en reste pas moins vrai que s’en tenir à des sauvetages individuels, au gré d’un buzz sur le Net n’est guère satisfaisant. D’autant plus que l’élan de solidarité, hormis ceux qui peuvent vraiment acheter plus, se traduit par un déplacement des achats un simple effet de substitution. Le budget des uns et des autres n’est pas extensible à l’infini pour permettre de donner de l’oxygène à tous ceux qui peinent. En effet, les difficultés peuvent être structurelles : endettement trop lourd ou charges fixes incompressibles trop importantes ou faiblesse des ventes, alors elles relèvent d’un traitement de fond ; si elles sont conjoncturelles le coup de pouce sur les ventes peut permettre de surmonter une mauvaise passe. Que les amateurs de vin prennent enfin conscience que derrière les bouteilles qu’ils aiment il y a aussi des hommes et des femmes qui doivent gagner leur vie pour assurer la pérennité de leur entreprise, est un fait nouveau. Jusqu’ici j’ai souvent eu le sentiment que beaucoup, au nom de présupposés idéologiques, privilégiaient une approche a-économique, hors marché, comme si cultiver la vigne, faire du vin, relevait d’une forme de sacerdoce au profit des amoureux du vin.

 

L’accès au marché de nouveaux entrants, sur des créneaux déjà bien encombrés, occupés par d’autres vignerons ayant développé depuis des années une clientèle, est de plus en plus difficile. Nous nous trouvons face à « l’océan rouge » où tout le monde se rue mais où la ressource est au mieux sur le marché intérieur stable, au pire en effritement. Pour ceux déjà en place l’exacerbation de la concurrence, la multiplication des intervenants, l’archaïsme de certains réseaux de vente, rognent leurs prix et donc leurs marges, les contraignant à rechercher plus de nouveaux clients. L’exportation, avec des chiffres significatifs, n’est pas à la portée du premier venu : la prospection est coûteuse, les formalités lourdes et difficiles à gérer, la concurrence des producteurs d’autres pays sont autant de freins pour beaucoup quelle que soit leur taille. L’effet taille, n’en déplaise à ce cher Antonin, ne trace pas une ligne de démarcation entre des pauvres petits et de grands prédateurs mais prend en compte toute une série de facteurs liés à l’adéquation entre son mode de production et le positionnement prix des vins. Je ne vais pas jouer ici à Monsieur Conseil mais simplement écrire que les solutions ne se trouvent pas dans des fausses bonnes idées telles la solidarité entre ceux qui empochent des prix stratosphériques – peu nombreux pour peu de flacons – et ceux qui rament avec des prix de misère.

 

Je n’ai pas de solutions clé en mains bien évidemment mais plutôt que de s’en tenir à une forme de chacun pour soi, à un je me démerde tout seul avec l’appui de ma tribu, à une sorte d’absence de tout intérêt pour le devenir de ses voisins, je pense que réinsuffler le sens du collectif : le fameux mutualisme qui a su en son temps mettre en commun des moyens permettant à des agriculteurs et des viticulteurs de partager à la fois des idéaux, des matériels, des assurances et des financements. Bien sûr me rétorquera-t-on que sont devenus le Crédit Agricole Mutuel, Groupama ou les coopératives de production ? Je sais, mais pour autant l’armée mexicaine, des petits producteurs artisans-commerçants, ne pourra vivre ou même survivre si elle n’est pas capable d’imaginer et de mettre en commun des outils, tout particulièrement pour la distribution de ses vins vers des lieux de consommation de plus en plus lointains ou concurrencés. L’éparpillement, la multiplication des approches individuelles, les kilomètres parcourus, le temps passé en des salons, des dégustations, des foires, ne permettra pas à tous les intervenants de tirer leur épingle du jeu.

 

Je suis frappé par la profusion, l’agitation, l’activisme qui règne en notre beau pays autour du vin. C’est un produit qui attire comme la lumière des réverbères les lucioles mais, celles et ceux qui gravitent dans cet univers, qui est tout aussi redoutable que tous les milieux de commerce, de cette foutue concurrence, ne me semblent pas toujours avoir conscience que pour vivre sur un produit il est nécessaire de lui apporter un service réel, de lui ajouter de la valeur, de contribuer à son développement. Qu’en est-il vraiment ? Souvent je suis perplexe. Et pourtant il y a de beaux chantiers à ouvrir, beaucoup de pistes à défricher, de créneaux à explorer face à une demande mouvante, changeante, infidèle, zappeuse, solidaire dans les mots mais parfois si peu dans les actes. Dans un monde en pleine recomposition, où les grands ensembles économiques se heurtent en une tectonique des plaques, notre petit monde du vin parisien devrait lever le nez de son petit verre, de sa petite bouteille, ne pas s’en tenir à une vision étriquée du vin, ouvrir ses fenêtres, se colleter au réel. C’est à mon avis le meilleur service qu’il pourrait rendre à celles et ceux qui peinent ou qui sont dans la difficulté.

 

Mon approche qui peut sembler un peu froide, trop réaliste, n’est pas antinomique avec une démarche solidaire s’inscrivant dans la durée. Alors plutôt que des petites bulles sympathiques sans lendemain ne pourrions-nous pas au travers de ce fameux réseau social qu’est Facebook imaginer les voies et moyens pour épauler celles et ceux qui coulent. Plutôt que des conférences, où chacun étale à la face des autres l’étendue de son ego afin d’étendre l’étendue de son influence, nous pourrions nous retrouver, non pas pour faire la charité mais pour mobiliser nos énergies, nos moyens matériels et financiers, concilier comme l’a si bien fait Coluche avec ses Restaurants du Cœur la solidarité et le buiseness.

 

Hier au soir, à l'Hédoniste, Olivier B était l'hôte de la blogosphère parisienne pour une dégustation-vente. Excellente initiative c'est sûr ! Alors pourquoi n'y suis-je pas allé ? Parce que je suis un vieux ronchon au coeur de pierre qui se défie des engouements feu de paille ? Un peu sans doute mais pas seulement. Comme je l'ai écrit au début de ma chronique tous les élans de solidarité sont bons à prendre mais, comme je suis en ce moment le nez dans mon histoire d'éleveurs de vaches et de boeufs qui crèvent la bouche ouverte dans le fin fond de la France difficile, dans l'indifférence générale ou même parfois l'hostilité des sectes des nantis anti, je n'avais pas le coeur pour cette rassemblement qui je l'espère ne sera pas un simple coup de vent dans les voiles de la blogosphère du vin... Attention je ne suis pas en train de vouloir graduer la misère, ce qui serait une tâche impossible en notre vaste Monde, mais je plaide pour que nous tous élargissions la focale ensemble. Que nous sortions de nos chapelles ! Que nous retrouvions du lien en dehors de la pure émotion suscitée par un cas. Bonne journée à tous et à toutes.

 

Lire Le suicide des agriculteurs, symptôme d'une profession en mal de devenir

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 00:09

C’est le Salon des Vins de Loire où je ne suis pas, faute de temps et aussi un peu d’envie, mais en bon travailleur du dimanche je vous livre ma copie sur Henry Marionnet vigneron emblématique de ces vignobles du Val de Loire.

 

J’ai découvert le Gamay de Touraine d’Henry Marionnet en 1976 au « Pied de Fouet » chronique du 20 mars 2006 link et je puis me targuer d’en être un vrai amateur car je n’eus nul besoin de me référer aux gazettes spécialisées ni pour le découvrir, ni pour l’apprécier. Pour autant, dans la mesure où HM arpentait les rangs de ses vignes plutôt que les couloirs du Ministère de l’Agriculture je n’ai fait sa connaissance personnelle il y a très peu de temps au cours d’une belle soirée amicale organisée par le guide du Pous en sa maison familiale. D’une certaine manière avec les vins d’Henry Marionnet, comme je le fais avec les livres que j’aime, la connaissance intime de leur auteur n’a guère d’importance car ce qui compte pour moi c’est l’approche intime, personnelle, du contenu, du style, de la manière. Pour autant aller à la rencontre de celui qui fait, et en l’occurrence HM est vraiment un homme qui sait ce que fait la main, un vrai artisan toujours en recherche, un vigneron animé d’une réelle curiosité, permet de vérifier les intuitions nées de la découverte de son vin. Sans vouloir me placer en deçà, au-dessus, en retrait de tous ceux qui, dans le livre de Barthélémy « Henri Marionnet charmeur de cépages » chez Féret, sont sous le charme, je suis assez heureux, moi le petit chose ignorant des cépages, d’avoir en mon inculture du vin fait le même chemin qu’eux sans pour autant le parsemer de leurs considérations de grands connaisseurs.

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« C’est avec le Gamay que le vigneron de la Charmoise va se faire connaître à Paris, à travers les bistrots d’abord puis les grandes brasseries comme les groupes Flo, Joulie ou celui des frères Blanc, et qu’il va devenir, ce qui est pour une fois un compliment, le « vin des Parisiens ». La plus belle illustration du phénomène étant sans aucun doute le dessin de Claire Bretécher, où l’on voit l’une de ses héroïnes se préparer une bonne soirée étendue sur un canapé, en train de lire un magazine, un verre de Gamay dans la main droite et le téléphone dans la main gauche, dire à une de ses copines : « ah ! tu dînes avec le roi d’Espagne ? Super, moi je passe juste une divine soirée avec Henry » Mais c’est avec M qu’Henry Marionnet va connaître la notoriété lorsqu’il sera sacré « Meilleur Sauvignon du Monde » aux Olympiades organisées par Jacques Dupont et Pierre Crisole du magasine Gault&Millau. Henry Marionnet pense que sa première cuvée de M en 89 il ne la « connaîtra jamais plus, mon fils peut-être, une année pareille, aussi grandiose, c’est la cuvée qui m’a donné la plus grande émotion de ma vie ! »

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Je ne connais pas assez Henry Marionnet pour m’aventurer dans l’esquisse d’un portrait, Barthélémy dans son livre s’y risque avec un certain bonheur. « Henry Marionnet porte en lui la volonté de l’accomplissement et du bien faire. C’est la force qui l’anime et le motive, c’est aussi celle qu’il communique. » écrit-il en ajoutant plus loin que c’est un homo faber, un homme qui forge, qui transforme au besoin, qui métamorphose pour mieux obtenir ce qu’il appelle : le meilleur. » Jacques Dupont souligne lui que « c’est quelqu’un qui est toujours à la recherche de quelque chose de nouveau. Il est insatiable en termes de curiosité et, ce qui le rend sympathique, c’est aussi sa grande sensibilité humaine. Quand on parle avec lui, on s’en aperçoit tout de suite et il a transposé cette sensibilité sur le vin. » Philippe  Bourguignon du Laurent met en exergue avec justesse « qu’il ressent chez lui : une sensibilité  au passé, il s’attache à sauver ce qui en vaut la peine mais dans le travail, c’est un moderne, un homme qui regarde devant. » Pour ma part je relèverais deux formules d’Henry Marionnet qui font mouche, me plaisent « Il faudrait arriver à faire du vin sans y toucher ! » et « On ne fait pas faire ses enfants par le voisin ! » à propos de son allergie à l’intervention ou aux conseils d’un œnologue pour faire son vin. Barthélémy me pardonnera, du moins je l’espère, le non recours dans ce portrait à l’omniprésent Perico Légasse qui nous gratifie de formules d’une grande saveur et d’une grande pertinence « si l’INAO était intelligente, elle ne donnerait pas seulement des AOC à des terroirs mais aussi à des hommes... » ou « S’il y a une identité nationale, qui nous est propre, elle réside dans le bonheur et le plaisir de jouir. Or, dès la première gorgée de Marionnet, on est un petit peu plus français ! Ou, si l’on préfère : je suis français parce que j’aime boire du Marionnet ! »

 

Même si Barthélémy omet Le Pied de Fouet – où les Ministres étaient traités par Andrée la patronne comme le commun des mortels sous l’œil impassible de son Martial de mari au flegme belge très prononcé – dans son chapitre « à nous deux Paris » décrivant la résistible conquête de la capitale par Henry Marionnet je lui sais gré de bien mettre en lumière le travail de commerçant de celui-ci en un temps où les vignerons restaient dans leurs vignes « Henry s’est construit en allant à Paris et en n’hésitant pas à mettre le pied dans la porte des bistrots et en les forçant en quelque sorte, à prendre son vin ! » témoigne Jacques Dupont » De l’énergie il fallait en dépenser « Quand je livrais au début avec mon gros camion, j’arrivais à Paris le samedi, quand il y avait moins de circulation, vers six heures du matin. Je passais d’abord par les bistrots qui étaient déjà ouverts et quand j’arrivais avec mes paniers de bouteilles pleines, rarement on m’avait préparé les vides car à l’époque on faisait échange de bouteilles. Il fallait que j’aille les chercher à la cave, un vrai boulot de chien, et quand je remontais j’étais noir de saleté ! Mais faire les livraisons était un plus, très apprécié, et cela me permettait de rencontrer les patrons. Aujourd’hui, quand le restaurant est tenu par un groupe, à six heures du matin il n’y a personne, ou éventuellement un balayeur ! » Simple consommateur de son Gamay de Touraine je n’ai certes pas beaucoup contribué à la notoriété d’Henry Marionnet mais mon lien avec son vin relevait du pur amateurisme.Vous pouvez aussi lire dans mon autre crèmerie une chronique 

 

Si vous souhaitez mieux connaître Henry Marionnet, en savoir plus son beau parcours, faites l’acquisition du Barthélémy « Henri Marionnet charmeur de cépages » chez Féret qui, comme son auteur le précise dans son Avant-propos est « un ouvrage, comme on peut parler d’un tricot ou d’un travail d’aiguille, dont les fils s’entrecroisent en même temps qu’ils se démêlent pour en mieux renforcer le tissage. Un ouvrage à plusieurs mains... » Pour accéder au Domaine de la Charmoise link 

 

Vous pouvez aussi lire dans mon autre crèmerie ma chronique du lundi Le Provignage d’Henry Marionnet vous est offert par la coopé des 5 du Vin  link 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 02:00

Lorsque nous passâmes à table, Charles-Enguerrand, sans être complètement pompette, prenait du gîte et sa gestuelle se libérait en accompagnement d’une parole de plus en plus démonstrative qui fascinait sa chère Marie-Amélie. Adieu la langue de bois, vive la langue de pute, notre homme relâchait la bride pour s’aventurer plus encore dans les méandres de la politique intérieurs française. Prenant des airs de conspirateur, tout en portant avec élégance la cuillère à sa bouche et en la gardant en suspend au bord de ses lèvres, monsieur l’Ambassadeur nous confiait qu’en novembre 1970, Salvador Allende avait informé Claude Estier, l’un des fidèles parmi les fidèles du Florentin qu’« il fallait absolument que François Mitterrand vienne au Chili». Ce voyage revêtait, nous faisait-il remarquer avec gourmandise, la plus haute importance : François Mitterrand n’était pas uniquement un socialiste, il était le leader du parti socialiste français depuis le Congrès d’Epinay où, en s’alliant à la fois aux cryptocommunistes du Cérès de Chevènement et aux bastions traditionnels de l’ex-SFIO drivés par Gaston Deferre, il avait mis la barre à gauche toute. En tant que tel, se rendre au Chili serait une preuve de la volonté française d’instaurer une solidarité socialiste internationale avec le Chili. Ce choix était d’autant plus judicieux dans la mesure où l’Unité Populaire chilienne venait à peine de fêter sa première année au gouvernement et que son action était considérée comme exemplaire par la gauche française. Le nouveau leader du parti socialiste français pourrait ainsi être aux côtés de l’homme qui incarnait cette expérience insolite, la « Révolution dans la légalité ». Salvador Allende incarnait cette idée neuve du socialisme que François Mitterrand souhaitait mettre en place en France en parvenant à la signature d’un programme commun de gouvernement avec le parti communiste.

 

Charles-Enguerrand de Tanguy du Coët, en bon centriste confit de religion mais pétri d’opportunisme, tout en imaginant les chars de l’armée rouge occupant la Place de la Concorde, se voyait déjà dans la peau d’un ambassadeur de France au Kremlin par la grâce de l’ancien pensionnaire des bons pères d’Angoulême devenu Président de la République Française. La crudité des propos de son époux devaient, sans nul doute, glacer d’horreur Marie-Charlotte : l’image des cosaques violant les bonnes sœurs du couvent des Oiseaux, comme pendant la guerre d’Espagne, devait éveiller en elle des sentiments contrastés car elle donnait tous les signes d’une agitation intérieure où le désir de se voir enfourcher me semblait évident. Elle se tamponnait nerveusement les lèvres avec sa serviette tout en oscillant d’une fesse à l’autre comme quelqu’un en proie à un feu intérieur incontrôlable. Francesca se contrefichait des propos enflammés de l’ambassadeur elle se contentait de savourer sa première victoire en me couvant du regard. Pour moi cette venue était du pain béni, j’allais pouvoir, avec la complicité de mon nouvel allié, commencer à me réinsérer dans la vie de mon pays. Double jeu, bien sûr, d’une main mettre en lumière les contradictions internes du pouvoir de l’UP pour conforter l’entourage du président Pompe, qui partageait l’allergie de Nixon  à l’endroit du « bon docteur » Allende, ce fils de pute « son of the bitch qui sous ses airs bonnasse faisait le lit des marxistes purs et durs, qui considérait que l’expérience chilienne de Révolution dans la légalité constituait un superbe épouvantail intérieur ; de l’autre, brosser la Gauche non-communiste dans le sens du poil pour mieux l’infiltrer.

 

En dépit de sa légère griserie, notre ambassadeur de France gardait la maîtrise de ses propos, prenait des risques calculés en me jugeant suffisamment duplice pour ne pas le compromettre. Le rôti de bœuf de Patagonie en croûte, arrosé d’un Montrose d’un millésime dont j’ai oublié le numéro, nous permettait de faire une pause dans la conversation. Nous mastiquions. Marie-Charlotte de Tanguy du Coët, loin de retrouver sa sérénité, semblait comprimer une forme de féminisme sourd. Je la sentais prête à se débonder. Il me fallait lui tendre une perche. Ce que je fis en m’adressant à elle « comment va Pervenche votre belle-sœur ? » L’ambassadeur faillit en lâcher, et fourchette, et couteau, alors que sa digne épouse étalait sur ses fines lèvres pincées un sourire épanoui. Francesca se retenait de pouffer de rire. La réponse de son épouse jetait plus encore Charles-Enguerrand de Tanguy du Coët dans un profond océan d’incompréhension : « Elle vit, cher Monsieur... » La voix vibrante mais posée alignait des phrases courtes que n’auraient pas reniées le MLF d’Antoinette Fouque. Tout le ressentiment rance d’une vie de femme soumise suintait sous ses mots simples. L’ambassadeur, passé le moment de surprise, en bon diplomate prenait le parti de laisser-faire pour mieux en tirer parti. Parfois Marie-Charlotte buttait sur des mots, les retenait pour mieux les jeter avec une sorte de jubilation de petite fille. Le vent brulant de mai passait sous les ors de la salle à manger de l’ambassade de France à Santiago-du-Chili. Je ne sais si les de Tanguy du Coët faisaient chambre à part mais ce dont j’étais sûr c’est que la nuit qui s’ouvrait allait être chaude dans leurs appartements privés.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 00:09

 

images PlastiscinesLorsque les Plastiscines sont sorti leur premier album LP1 le 12 février 2007 et que de cet album est extrait le single Loser qui apparait dans la bande originale du film L'Heure d'été d'Olivier Assayas, j’ai eu l’extrême mauvais goût de dire que ça me plaisait. Dans une chronique de mars 2007 très Berthomeau fait le beau : « Les béatitudes de B... » link à la n° 7- je déclarais : J'adore les Plastiscines, quatre jeunes nénettes qui jouent du rock à l'ancienne, c'est frais, ça déménage, ça racasse comme disait ma grand-mère... link cliquez vous aurez le son et la photo des minettes.

Bienheureuses les jeunettes

 

Que n‘avais-je dit-là, sarcasmes, les gardiens du bon goût du rock raillaient la pauvreté des paroles et de leur musique, ainsi que leur côté Yéyé. Pire, je me voyais accoler l’étiquette infâmante de vieux grigou qui aimaient les minettes. Bref je fus la cible de railleries. Vous commencez à me connaître j’ai laissé meugler les vaches sacrées et continué d’aimer les bonbons acidulés. De même que j’aime le côté un peu pompier de Verdi ou la quincaillerie de Bill Halley, il m’arrive fréquemment de m’offrir des frivolités qui m’aèrent la tête, me délassent, passent dans mes oreilles sans y laisser de trace, de l’air frais.

 

Ceci avoué je viens de découvrir que Les Plastiscines sont nominées aux Victoires de la Musique 2011 dans la catégorie « Groupe ou artiste Révélation Scène » et je dois avouer que leur prestation scénique ne m’a pas époustouflée. On me dit que c’est du garage rock. Dieu que le garage est mis à toutes les sauces mais ici ça prend vraiment des allures de ferraille sans grande originalité. Pour les accros la cérémonie des Victoires de la Musique 2011 aura lieu le mercredi 9 Février au Zénith de Lille.

 

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 00:09

Je vais sûrement choquer les adeptes de la dégustation de haute école mais lorsque je lis sous la plume de l’académicien des années 50 Georges Duhamel le texte suivant je sors de suite mon « mauvais garçon » Boudard, Alphonse de son prénom.

 

« La France est un des rares pays où des esprits clairvoyants s’efforcent de sauver encore certaines merveilles dont elle est, moralement et matériellement, la gardienne apostolique. Parmi les arts et les artisanats qui forcent au respect les multitudes étrangères, déjà conquises par les impératifs des civilisations vulgaires, l’art du vin, pour menacé qu’il soit dans le reste du monde, demeure un art français, un art qui inspire le respect, même aux ignorants, même aux gloutons des plus basses catégories. Qu’une vraie bouteille de vin français arrive au bout du monde sans trop de dommage, et elle sera regardée, avant d’être bue, comme le véritable et respectable symbole de la communion entre gens hautement civilisés. »  

La langue de Boudard à une autre saveur :

 

« Une messe de Monseigneur Lefebvre, je ne peux pas mieux comparer. Il débouchait soigneux la bouteille. Il versait. Son verre il le tenait toujours à la base. Là, il frimait l’aspect, la couleur. Un vin c’est pas comme un homme politique, rare que ça vous trompe à l’apparence. Il reniflait ensuite et déjà il savait tout. Plus rien à apprendre. Enfin il poursuivait son office... dodelinait, tournait le liquide précieux dans le guindal. Voilà, la haute technicité du lichailleur d’élite... le coude fixe, la pogne preste, hop ! première gorgée... il la laissait couler... qu’elle prépare la route... la seconde, celle-là, il se la gardait dans la bouche. Si c’était un bon petit cru, ça se lisait dans ses yeux. Il avait un certain sourire qui lui... je peux pas dire enluminait la face, elle y était déjà... rubiconde, éclatante... toutes sortes de rougeurs... sur les joues, le pif, jusqu’aux esgourdes. C’était pas l’hypocrite alcoolique, il annonçait ses penchants en effigie.

- Alors ?

Il interrogeait Félicien. A propos, là, d’un picrate dont il avait reçu deux ou trois bouteilles. Un petit vin de la Drôme... d’un producteur modeste de ses amis... un vieux copain de l’avant-dernière.

Ils avaient fait ensemble les Eparges de 1916... je ne sais plus quelle autre bataille...

Fameux ! »

 

« Le banquet des léopards » Table Ronde 1980

 

« Alphonse Boudard est né à Paris en 1925 de père inconnu. Mineure et sans ressource, sa mère le confie dès sa naissance à une famille de paysans de Bellegarde, en pleine forêt d’Orléans. Il grandit là comme « un petit clébard », entre Blanche et Auguste, un ancien de la grande guerre, taciturne, laconique, bourru et affectueux, qui ponctue ses journées besogneuses et silencieuses de courtes tirades telles que « Tchon, fi de garce, v’là t’y pas l’Alphonse qui s’ramène ». Son premier langage fut donc celui des Carnutes, alors que lui-même semblait promis au difficile statut d’ouvrier agricole, à la vie de petit paysan ou de cul-terreux si vous préférez. » puis ce sont les apaches de la Butte aux Cailles, la Résistance puis c’est ensuite sa période sombre lire la suite avec un grand expert de la langue verte : André Pousse ICI link 

 

Alphonse Boudard à propos de son passé trouble

Bains de minuit - 13/05/1988 - 08min11s

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 00:09

Lorsque je croise certains d’entre vous quelques-uns s’inquiètent gentiment de mon stakhanovisme de chroniqueur, ils m’imaginent tel un Epagneul breton la truffe au vent à la recherche du sujet du jour puis suant et eau face à mon clavier pour accoucher de ma copie. Si tel était ma condition, eut égard à mon peu de goût pour la besogne, il y a fort longtemps que j’aurais posé mon sac. Je travaille bien sûr mais, par je ne sais quelle grâce, une foultitude de sujets viennent à moi, me tendent les bras, sans que j’eusse à déployer beaucoup d’efforts. Pour faire simple disons que depuis que je baguenaude sur mon petit espace de liberté j’ai très largement ouvert mon angle de vision ce qui me permet de capter et de glaner du matériau.  photo-Alg-1-copie-2.jpg

Tel est le cas aujourd’hui. Samedi dernier j’allumais au passage Matthieu Pigasse, « le banquier du Monde » en écorchant les débiles des Inrockuptibles avec leur titre à la Marianne « La viande tue » Le lundi matin suivant en me rasant – expression d’origine contrôlée ne correspondant chez moi à aucune réalité – j’entends dans la revue de presse de France Inter un insert sur le portrait à la pointe sèche du jeune banquier Lazariste dans la revue XXI. Quelque temps auparavant, toujours sur les ondes du SP, les propos d’un des fondateurs de cette revue m’avaient déjà fort intéressé mais je n’avais pas pris le temps de l’acheter. Profitant d’un voyage en TGV j’ai donc fait l’acquisition du N° 13 de cette revue mensuelle. Je l’ai abordée par le versant Pigasse bien évidemment « Le Banquier du Monde » » enquête sur Mathieu Pigasse par Jean-Pierre Perrin. Lecture agréable, c’est de la belle ouvrage sur le terrain difficile du portrait où il est si facile de véhiculer des clichés qui plaisent tant au bon peuple et de se contenter de vendre l’image ici du jeune loup de la gauche dites « caviar » versus Costes pressé, à qui tout réussi. Sans vouloir faire l’intéressant je dois avouer que ce profil de gus ne m’impressionne guère, j’en ai tant croisé au temps où je chalutais sous les ors de la République que ça sonne creux.  De plus, comme notre sémillant banquier d’affaires de gauche « ne célèbre jamais une victoire. Jamais de champagne, il ne boit que du Coca... Il refuse la simple satisfaction d’un repas. » et qu’il déclare « Je n’ai aucun plaisir à manger. J’ai peur de la sensation d’être repus et je fais tout pour la repousser. Il faut être sous tension, sinon vous n’êtes plus dans le combat. » je repliais mes gaules prestement.

photo-Alg-3.jpgFeuilletage en retour arrière de la revue : un titre « Les derniers français d’Algérie » Au lendemain de l’indépendance deux cent mille Français décident de rester en Algérie. C’était en 1962. Ils ne sont plus qu’une poignée. André, Henriette, Adrien et Germaine ont tout traversé : nationalisations, rancunes, guerre civile. Sans jamais renoncer à leur bout d’Algérie. Par Géraldine Schwarz. En 1974-75 lors de mon séjour à Constantine j’ai côtoyé quelques-uns de ces résistants si attachés à leur terre. Alors en traversant les verts pâturages de Bourgogne je me plongeais dans la lecture de ce remarquable reportage en un territoire disparu où les derniers survivants ont une épaisseur humaine, de la chair, du sang et des larmes, mais aussi une capacité extraordinaire à vivre tout simplement. Du bon journalisme, un rendu d’écriture sans pathos, un vrai voyage dans un pays, l’Algérie, que les jeunes générations françaises de toutes origines connaissent si mal. Bien sûr, en écrivant cette chronique forte est l’envie de vous parler de Germaine Ripoll, 80 ans, de son restaurant d’Arzew aux volets bleus, avec ses nappes à carreaux, ses serviettes blanches, son pain craquant et son anisette formidable dixit Adrien, 81 ans, le roi du champignon de couche.  Je m’en tiendrai à cette citation « La mer d’Algérie, étourdissante, se déploie sous les fenêtres de la maisonnette de Germaine : « C’est pour ça que je suis restée, c’est mon petit paradis. » Chaque matin, elle descend son escalier vertigineux pour se baigner dans l’eau limpide où les calamars viennent lui caresser les orteils.» photo Alg 2

Je vais m’arrêter sur André Féral dont la famille de propriétaires terriens « n’étaient pas riches, mais ils vivaient bien. A l’été 62 le père Féral refuse de partir et André son fils, adolescent, décide de rester avec lui. « L’exode des pieds-noirs achevé, André et son père découvrent un nouveau pays : « Tout avait été déserté. Les administrations, les écoles, étaient vides. Des quartiers entiers aussi. C’était un pays fantôme. » De cela, le père Féral se fiche, seule compte sa terre. Quand l’Etat algérien s’en saisit, il meurt subitement. « Je pense que c’est ça qui l’a tué. Ça l’a foudroyé. On lui avait enlevé l’œuvre de sa vie et de ses parents »

 

« On avait le vin dans le sang »

 

« André se retrouve seul, plus rien ne le retient. Il reste. Et restera, malgré les échecs répétés, malgré les invites au départ. Au nom du devoir filial à respecter « jusqu’à la mort ». André Féral cherche « dans un tiroir en fouillis, il tire une petite boîte noire et en fait glisser le couvercle. » Il en tire un écusson rouge et vert « Ce sont nos armoiries, les armoiries des Féral. » C’est « écusson gravé d’un « F » majestueux. » André Féral s’explique ému « J’ai remonté notre arbre généalogique. Nous avions des ancêtres en Corrèze. J’y suis allé, exprès. C’est là que j’ai trouvé l’écusson ». Et si vous avez eu le courage de m’accompagner jusqu’à maintenant je vous livre cet extrait qui donne sa chair au titre de ma chronique.

 

« Dans les archives de Corrèze, André découvre également que les aïeux de son père avaient déjà des vignes. «  Ça été comme un coup, je me suis dit qu’on avait ça dans le sang, le vin. » De retour à Oran, il décide de renouer avec l’histoire, cherche une terre. Sans trouver. Jusqu’à ce qu’il s’associe avec un Algérien.

Il déplie, sur un coin de bureau, une carte d’Algérie et pointe une région proche de la frontière avec le Maroc : « C’est un coin avec un sol de qualité et protégé des grosses chaleurs. » La maison Féral produit du rouge, du blanc et du rosé. Trois bouteilles en attestent exhibées tels des trophées dans la pièce sans autre éclat.

Le commerce est difficile. Traditionnellement bons consommateurs de vin, les Algériens se sont pliés aux diktats des islamistes. En quelques années, plus de cent cafés ont fermé à Alger. Le soir, les rues de la capitale sont tristes, l’ennui suinte. « A croire que tout le monde à oublié la vie d’avant les islamistes et les années de plomb. »

 

Voilà, encore deux points importants :

 

Moi je m’abonne à XXI : bulletin téléchargeable sur www.larevue21.fr

Je suggère que via Géraldine Schwarz nous aidions, dans la mesure où cela possible, André Féral à commercialiser ses vins.  

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 00:09

L’idée me trottait dans la tête depuis mon grand concours de l’été : et si je proposais à celles et ceux qui abordent le vin un parcours ludique d’initiation à la dégustation du vin. Comme toujours avec moi, qui ai deux ou trois idées par jour – des bonnes et des mauvaises bien sûr – il faut que le tamis du temps fasse son œuvre, trie et permette de voir mûrir mes projets débridés. Corinne Richard-Saier a bien voulu me suivre sur mes chemins de traverse pour que je puisse publier aujourd’hui cet Avis à la Dégustation. Qu'elle en soit remerciée.

 

 Je propose donc à vous Parisiens, Franciliens ou lecteurs de passage :

 

Une escapade à l’Annexe voir ma chronique link

Pour deux heures d’initiation à la dégustation.

De 18h00 à 20h00

Annexe Richard – 15 rue Chevert – 75007 Paris – 01 45 55 16 29 (Métro : Ecole Militaire ou Tour Maubourg)

 

Une approche de la dégustation, initiatique et ludique, pour apprendre à utiliser ses sens, à exprimer ses sensations, à trouver les mots…

-          La robe du vin et ce qu’elle nous révèle

-          Le nez du vin, pour faire travailler le nôtre,

-          La bouche, avec tous nos sens en émoi…

-          Et les mots pour le dire.

-          Jeux autour des odeurs et des goûts

-          Dégustation de 4 vins et accords avec quelques fromages.

 

L’animatrice :

 

Myriam Huet  - Titulaire du diplôme national d’œnologue et du diplôme universitaire d’aptitude à la dégustation, obtenus à la Faculté d’œnologie de Bordeaux en 1983 ; auteur de plusieurs ouvrages didactiques sur les vins, a animé pendant 5 ans la chronique vins de l’émission de Jean-Pierre Coffe, « ça se bouffe pas, ça se mange ».

« Mieux comprendre le vin, pour avoir plus de plaisir

Pouvoir exprimer ses sensations »

Pouffe-5946.JPG 

La Marche suivre :

 

1-     si vous êtes intéressé par cette escapade dégustative à l’Annexe vous voudrez bien assez rapidement m’en faire part sur berthomeau@gmail.com afin que je puisse savoir si ma proposition rencontre un réel écho : soit un potentiel de 20 à 25 personnes ;

2-    dans l’affirmative je proposerai aux candidats, assez longtemps à l’avance, le jour précis de notre dégustation ;

3-    même si cette dégustation est gratuite tout engagement de votre part se devra d’être honoré par courtoisie à l’égard de Corinne Richard-Saier et Myriam Huet.

4-    si tout se passe bien nous renouvèlerons ce parcours initiative sous une autre forme...

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 00:09

Je suis un traqueur de mots, un orpailleur aussi car souvent c’est dans la gangue de textes anciens que j’en découvre de vieux si nouveaux. Les vignobles « tête du pays » ne trouvez-vous pas ça beau ? Moi si ! C’est d’une belle simplicité, c’est évocateur, ça sonne bien. Je suggère l’appellation à tous ceux et à toutes celles qui, las de côtoyer la médiocrité satisfaite de leur appellation, voudraient respirer, s’exprimer, mieux se faire reconnaître. Où l’ai-je trouvée? Plus exactement comment ai-je redécouvert le texte dans lequel elle était nichée ?  photo-Louise.jpg

Qui connaît Louise Bourgeois ? Moi bien sûr – je cultive mon ego super boursouflé – depuis son exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1995. Elle née à Paris le 25 décembre 1911, y a passé sa jeunesse avant de s’installer à New York en 1938 après avoir épousé, contre l’avis de son père, l'historien d'art américain Robert Goldwater (1907-1973) Naturalisée américaine elle est morte à New York le 31 mai 2010. Grande artiste au caractère bien trempé elle et son œuvre m’ont alors fasciné. J’ai couvert mes petits carnets de ses mots « je suis devenue sculpteur car je ne pouvais faire autre chose » « le regard était plus important que la parole » « un refuge dans un art qui ne fait de mal à personne. »

 photo-EG.jpg

Moi, Eugénie Grandet, est une exposition qu’elle a conçue spécialement pour la Maison de Balzac à Paris. C’est son ultime projet auquel elle a travaillé jusqu’à ses derniers jours. Jean Frémon, qui avait présenté sa première exposition à Paris en 1985, alors qu’elle était quasi inconnue, a publié chez Le Promeneur pour cette exposition un de ces superbes petits livres dont je raffole Louise Bourgeois, Moi, Eugénie Grandet. Dans une chronique prochaine je tenterai de faire passer la magie de Louise Bourgeois au travers d’une Ode à Eugénie Grandet.

 

C’est grâce à lui que j’ai rouvert Eugénie Grandet et que j’ai découvert ma pépite. Lisez c’est plein d’enseignements pour les nostalgiques du bon vieux temps. Bonne lecture !

 

« Monsieur Grandet jouissait à Saumur d’une réputation dont les causes et les effets ne seront pas entièrement compris par les personnes qui n’ont point, peu ou prou, vécu en province. M. Grandet, encore nommé par certaines gens le père Grandet, mais le nombre des vieillards diminuait sensiblement, était en 1789 un maître tonnelier fort à son aise, sachant lire, écrire et compter. Lorsque la République française mit en vente, dans l’arrondissement de Saumur, les biens du clergé, le tonnelier, alors âgé de quarante ans, venait d’épouser la fille d’un riche marchands de planches. Grandet alla, muni de sa fortune liquide et de la dot, muni de deux mille louis d’or, au district, où, moyennant deux cents doubles louis offerts par son beau-père au farouche républicain qui surveillait la vente des domaines nationaux, il eut pour un morceau de pain, légalement, sinon légitimement, les plus beaux vignobles de l’arrondissement, une vieille abbaye et quelques métairies. Les habitants de Saumur étant peu révolutionnaires, le père Grandet passa pour un homme hardi, un républicain, un patriote, pour un esprit qui donnait dans les nouvelles idées, tandis que le tonnelier donnait tout bonnement dans ses vignes. Il fut nommé membre de l’administration du district de Saumur, et son influence pacifique s’y fit sentir politiquement et commercialement. Politiquement, il protégea les ci-devants et empêcha de tout son pouvoir la vente des biens des émigrés ; commercialement, il fournit aux armées républicaines un ou deux milliers de pièces de vin blanc, et se fit payer en superbes prairies dépendant d’une communauté de femmes que l’on avait réservée pour un dernier lot. Sous le Consulat, le bonhomme Grandet devint maire, administra sagement, vendangea mieux encore ; sous l’empire, il fut monsieur Grandet. Napoléon n’aimait pas les républicains : il remplaça M. Grandet, qui passait pour avoir porté le bonnet rouge, par un grand propriétaire, un homme à particule, un futur baron de l’Empire. M. Grandet quitta les honneurs municipaux sans aucun regret. Il avait fait faire, dans l’intérêt de la ville, d’excellents chemins qui menaient à ses propriétés. Sa maison et ses biens, très avantageusement cadastrés, payaient des impôts modérés. Depuis le classement de ses différents clos, ses vignes, grâce à des soins constants, étaient devenues la tête du pays, mot technique en usage pour indiquer les vignobles qui produisent la première qualité de vin. »

 

« M. Grandet obtint alors le nouveau titre de noblesse que notre manie d’égalité n’effacera jamais : il devint le plus imposé de l’arrondissement. Il exploitait cent arpents de vignes, qui, les années plantureuses, lui donnaient sept à huit cents poinçons de vins. Il possédait treize métairies, une vieille abbaye, où, par économie, il avait fait muré les croisées, les ogives, les vitraux, ce qui les conserva ; et cent vingt-sept arpents de prairies où croissaient et grossissaient trois mille peupliers plantés en 1793. »

 

 

Arpents, poinçons : ça fait combien de superficie et de contenance chers lecteurs ?

photo-LB1.jpg 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 18:56

Question trouvée sur forum au féminin link : J'ai une 307. Je n'ai jamais fait l'amour dans une voiture et je voudrais savoir quels sont les meilleures positions pour que ma copine soit au 7eme ciel.

Merci

 

Réponse donnée par les revendeurs chinois de voitures qui se battent de plus en plus pour obtenir de plus grosses parts de marché. Pour appâter le client, certains ont donc décidé de placer dans la notice un guide de positions expliquant comment faire l'amour dans leur voiture. Ainsi, les constructeurs automobiles Lexus, Mercedes-Benz, Hummer et Bentley, ont placé dans la notice de leurs véhicules un guide expliquant comment... faire l'amour dans l'habitacle !

 

Commentaire : La 307 Pigeot c’est pour les Frenchies du terroir profond sans notice bien sûr et la Bentley c’est pour les nouveaux rois du monde avec croquis à l'appui. Grandeur et décadence de l’Occident... Que voulez-vous on n’arrête pas le « progrès » du grand n’importe quoi.

ce-manuel-vous-montre-comment-faire-l-amour-en-voiture_3597.jpg 

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