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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 11:01

9782226075895.jpgLa maison est une bonne maison, elle assure même le service après-vente de ses clients. Notre vigneron désolé qui se la coule douce en Émilie-Romagne a pris le temps de m’envoyer ce long post pour passer une avoinée à Alonso and Co (je lui signale que les 99 € s’appliquent à un magnum qui, que je sache contient 1,5 L, soit un prix à la bouteille classique de 48€ ce qui avec la boutanche sérigraphiée n’est pas le prix d’un GCC)  et bien sûr en remettre une couche sur Cheval Blanc. Comme c’est long je vous le poste. Bonne lecture : l’été est chaud chez Berthomeau.

 

Merci Denis mais tout ça c'est de la faute au Léon qui m'a embrouillé ce matin avec ses commentaires sur le jéroboam et le mathusalem. Le post n'est pas de moi Denis donc je n'ai même pas l'excuse du trop de boulot. 

 

« Bah, voila que je remets ca, chez le Bert aux mots, alors que je suis en vacances chez les meilleurs créateurs de pates au monde, je veux dire l'Émilie Romagne, du côté de Ravenne, Bologne, Parme...

 

Je m'énerve, je m'énerve, et puis faut que ca s'écrive, sans bien réfléchir, ca doit titiller juste une petite jalousie ?

 

Allez, j'explique : 99€ le flacon de beaujolais, non mais, pourquoi ?

Pour un nom et une bouteille PUR marketing ? Pour le fait de faire sans levurage ( la belle affaire, on peut tous le faire si on est tant soit peu intelligent ou qu’on a la chance d’avoir un climat adéquat...) Depuis quand la technique couterait elle plus cher que le jus ?

Un sublime beaujolais- je ne mets aucun doute a ce que Bert nous dit- même en petite quantité, ne me parait pas valoir 99€.

 

Vaste débat sur les appellations chères et reconnues et celles qui n'en sont pas et voudraient en être...qui rejoint ma réponse faite au Bert aux Mots sur le béton de Cheval blanc : toutes ces images qui envahissent nos vies, toute cette virtualité aux faux airs de liberté... sonnante et trébuchante, mon bon monsieur, ca nous mène ou ? Je suis en train de boire un petit san giovese gouleyant à souhait, qui coule et roule sous mon palais, frais, fruité, et qui me coûte 5€ le quart de litre au meilleur restau de Parme, juste derrière le tribunal d'appel. (En passant, parce que nous avons la digression en commun, mon cher Jacques et moi, ca fait 5 jours de parenthèse italienne enchantée, que je bois des vins a prix totalement normaux, dans tous les restaus du coin, du plus petit au plus grand, amis restaurateurs français, prenez en de la graine !)

Donc, disais je, cheval blanc (je laisse tomber les 99€ qui rejoignent le Panthéon des idées a 2 balles d'un certain type de comportements modernes perpétrés par des types de mecs vachement sympas, vachement malins, mais qui ne m'esbroufent nullement et m'escagassent a mort) pour reparler de la réponse de je ne sais plus qui sur le fait que mon avis de vigneron sur l'architecture valait celui d 'un architecte sur le vin : ben oui, cher Môssieu, on PEUT avoir un avis subjectif sur un sujet qui actionne son oeil, et l'autre peut avoir un avis subjectif sur ce qui actionne sa bouche : ca se vaut, oui, car on est son propre expert en la matière abordée et ca ne fait pas figure de gout universel, c 'est vrai. Et mon propos n'était pas QUE d'émettre une opinion personnelle sur l'architecture de cheval blanc- c'est mon droit de la trouver ratée et de relier ce ratage a ce que j'y sens, et donc de relier mon gout perso à ce qui est manifestement une volonté d'installer une image de plus dans la galaxie Frère/Arnaud, qui, comme vous l'avez lu, vont décliner le nom de cheval blanc dans des hôtels d'archi luxe ( à quand les 6 étoiles ?) partout dans le monde.

La marque, mon bon, la marque, y a que ca de vrai pour gagner du pognon. C’est ca que je dénonçais, cette propension a oublier le réel et l'humain pour de l'image. Je voudrais pas non plus que les amis de mon ami Jacques me perçoivent comme un arriéré 68-tard ( j'avais 8 ans a l'époque, pas rebelle du tout avec mes tartines de Nutella dans les vignes) j'aime quand mon vin se vend, que je marge dessus de quoi me payer mon voyage en Italie dans les petites fermes d agriturismo, et des bonnes bouffes bien arrosées, j'aime avoir du pognon, comme tt le monde : c est pratique, ça attire les filles, ca permet de se soigner sans attendre 8h a l'hôpital, ca élève mes enfants, bref, je me sens assez normal de ce côté-là. Non c'est la démesure qui se fout du peuple qui m'énerve, c'est l'inhumain a outrance qui me perturbe.

 

Voila un post bien décousu; désolé, je suis en vacances a l'italienne. Ceux qui aiment l'Italie comprendront. Ah, un dernier mot : savez vous la définition d'un Italien, selon Cocteau ? C'est un Français de bonne humeur. Allez, va e via, 99€, comme les anciens 99 francs d'un certain Beigbeder, ca vaut pas le coup de s'énerver trop... »

 

Ci-dessous les Alonso : « je vous les présenterai vigneron ulcéré... »

alonso-mm-380ed.jpg

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 07:00

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Marie avait la pépie, Abraham lui tendit un jéroboam de champagne que venait de lui passer le capitaine des Pompiers. L’orchestre entamait « Ce soir je mets le feu ! » Ayant étanché sa grande soif et reçu un bisou dans le cou, Marie entamait elle la dernière ligne droite de la nécrologie des Saint-Drézéry. « Le premier frappé fut Pierre-Henri. Foudroyé ! Philémon, qui se réjouissait dans son for intérieur de cette disparition, pour de bonnes et de mauvaises raisons, ne put réprimer son absence d’affliction. « Ce garçon, comme tous les invertis, avait une petite nature. Que voulez-vous mes chers sœurs c’est la vie ! » mais lorsqu’il vit Marie-Adélaïde tourner de l’œil la panique le saisit. Il héla Olga qui s’empiffrait des restes du gueuleton. L’ex-maîtresse du dernier président de la RDA, le souriant Ulrich, ne fit pas plus de trois pas, elle s’effondra. La conjonction de l’e-coli, de la listéria et autres saloperies les fit passer un à un de vie à trépas. Ce fut le maître de chai, avant d’aller soutirer, qui les retrouva. Il appela le curé de Saint-Émilion qui, conduit par François Des Ligneris, arriva dans l’heure pour procéder à une extrême-onction rétroactive. François fit office de chauffeur mais aussi d’enfant de chœur. Sitôt finie la cérémonie, et après s’être envoyé un bon millésime du château débouché par le maître de chai ils téléphonèrent à Me de Candolle pour qu’il rapatrie Marie. La nouvelle se répandit telle une traînée de poudre et, par l’odeur alléché de beaux hectares de GCC, les prédateurs divers et variés prirent position. La seule question qui revenait en boucle était « Mais qui est donc cette Marie dernière Saint-Drézéry en vie ? » Des bruits, des rumeurs, une théorie du complot de l’ex-Stasi, l’hypothèse d’un contrat, montèrent ce qui contraignit le Procureur de la République de Bordeaux à mettre les pandores de Saint-Émilion sur l’affaire. La médecine légale révéla vite l’étendue du désastre sanitaire et les journalistes ameutés en furent pour leurs frais... » Abraham avant de regagner sa caserne posait Marie chez elle. Lénine était furax d’une entrée si matinale, il feula et Tintin au Congo jura que c’était le dernier que les boches n’auraient pas.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 00:09

Si la recette de d’une pure amitié était dans le commerce je vous la vendrais mais comme elle ne s’écrit qu’à l’encre sympathique mes mots n’en pourraient mais. L’ingrédient principal, le seul dont je sois certain qu’il soit essentiel, mais ne demandez pas la dose, c’est la capacité à saisir par les fenêtres qu’ouvre le hasard, la meilleure part de celui qui y pointe sa tronche de cake. Entre Cyril et moi, il en fut ainsi. Selon mon penchant préféré un beau matin sur mon espace de liberté je l’ai allumé sur son Grand Q glacé château gonflable, sa Pureté autoproclamée et sa Rébellion non révisée. Mon sang de vieux soixante-huitard n’avait fait qu’un tour : « sous les ceps je ne trouvais plus la plage... » Ma charge me valut une excommunication immédiate de tous les fans de PUR qui me sommèrent « Coco touche pas à notre Alonso ! » Tout le jour je ferraillais sec, défendant becs et ongles mes propos pour au soir me retrouver nez à nez avec un Cyrille Alonso qui, après m’avoir dit bonsoir, confiait à ses zélotes ébahis que le Berthomeau ne faisait là que son boulot.

  

Les jours passèrent, sereins. Et puis à la veille de prendre la route pour la Beaujoloise le 11 avril de cette année, sur FB, qu’est un réseau social un p’tit message à Cyrille pour lui annoncer que nous pourrions nous voir. La réponse fut rapide « 

Jacques,

On mange un p’tit bout à la maison avec des restaurateurs. Si tu veux ça commence à 19h30 dimanche : 1 asperge par personne et un verre de petit vin - J l’adresse 137 bd Antonin Lassalle Villefranche s/Saône.

 

Emballé c’était pesé.

 

Je me suis paumé dans Villefranche mais ma navigatrice m’a remis dans le droit chemin ce qui est chose bien malaisée quand on me connait.

Les asperges du Vaucluse étaient extra et l’andouillette à tomber par terre. Le jaja de PUR versé dans des verres troués qui se vidaient tout seul.

J’ai connu le nouvel associé de Cyril : Florian Looz du solide au flanc de notre poète vinificateur itinérant et les papa-maman et son petit frère : les premiers tiennent un beau restaurant à Sorgues (l’un des meilleurs du cru) www.restaurant-alonso.fr et le second est sommelier chez un grand de Genève dont j’ai oublié le nom.

Notre retour, en une nuit sans lune, sur les routes Beaujoloise fut guilleret.

 

Tout ça pour dire qu’en dépit de nos différences Cyril et moi sommes de vrais bons amis. Je n’aime pas tous ses vins car, comme il le concède « quand on fait dans le border line il arrive parfois de se mettre les pieds au-delà », mais ceux que j’aime je les adore, c’est du pur jus et puis notre Cyril et le Florian ils le vendent leur jaja décalé, à des grands, à des petits, à ceux qui aiment. Le monde est assez grand pour que chacun y trace son sillon et, notre vinificateur itinérant, le sien ne fait de tort à personne en suivant son chemin de petit bonhomme. PUR, sans mettre de l’eau dans son vin, assume bien son parti pris sans pour autant dire que ses voisins sont tous des crétins. Souvent sans soufre certes mais surtout sans sectarisme avec parfois encore des étiquettes qui décoiffent les vins de Cyril ont intégré le paysage et c’est fort bien ainsi. Moi j’en suis !    bottles-num-8--9--10--12-et-65.jpg

Reste la dernière création de PUR, sa cuvée UNIK, issue de son union avec l’artiste Marthe Martinez. C’est un Beaujolais Villages élégant et exclusif, vendangé en septembre 2010, égrainage à la main, macération et vinification en barrique unique, pressage lent avec micro pressoir en bois à cliquet… le tout sans levurage ni chaptalisation. Le résultat est UNIK issu des vignes de Vieux Gamay, datant de 1904. « Il a tout pour vous étonner par sa longueur en bouche et sa vivacité. Un beaujolais village aux allures de « grand » qui mêle les fins arômes de la rose, du jasmin, de l’orchidée et de l’œillet. » UNIK soulignent ses accoucheurs « marque aussi sa différence par l’exclusivité des 75 bouteilles qui sont proposées par la Maison mais aussi par la prestance des magnums qui accueilleront la cuvée vinifiée en plein air. »

Une rencontre UNIK qui fera la différence en 2011 même par le prix du magnum (99 euros) !

Production Unique Rebelle

Florian Looze – Tél. : 04 37 55 47 33 – Email : p-u-r@p-u-r.eu

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 07:00

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Le feu d’artifice interrompait Églantine. Abraham l’entourait de ses grands bras et elle aimait ça. Lui au moins il ne la tripotait pas, ses gestes étaient tendres et attentionnés. Les kanaks vénèrent leur terre, il la respecte et pour Marie l’essentiel partait de là. Quand les lucioles s’éteignirent Abraham chargeait Marie sur son dos et comme elle avait noué les lacets des rangers de son beau légionnaire autour de son cou le tableau de leur équipage ne manquait pas d’attirer l’attention des passants. Ils atterrirent au bal des Pompiers de la caserne située près de St Sulpice et, après avoir dansé un rock endiablé sous le poignet ferme de son beau kanak, Marie reprit son récit. « La Olga rentrait de sa Prusse natale d’où elle avait rapporté des graines germées qu’elle avait, pour le déjeuner de la commandite, préparées avec des tomates du jardin. En plat elle le leur avait concocté des boulettes faites avec de la viande hachée achetée au Mutant, le hard-discount du coin. Comme la bouteille de gaz butane était tombée en panne la cuisson des dites boulettes en était restée à un certain degré de crudité. Le plateau de fromages se résumait en des régatons oubliés, avant son départ, dans le garde-manger par la teutonne. En dessert Olga leur servit des crêpes flambées. L’opération faillit tourner au drame lorsque Marie-Charlotte, jamais en reste d’une connerie, s’était penchée sur son assiette pour, dit-elle, « reconnaître le millésime du rhum ». Elle s’enflamma et il fallut qu’Olga actionnât l’extincteur pour qu’elle ne se transformât pas en torche vivante. Finement Pierre-Henri fit remarquer « Tiens, ça sent le roussi ! » en pensant que la disparition de ce boulet ne serait qu’un détail. En général, lors des assemblées générales de la commandite, ils buvaient le troisième vin de l’une de leur propriété mais là, Philémon, pour faire pression sur ses associés, avait fait servir un magnum de Vieux Papes que lui avait offert Pierre Castel à Vinexpo. Au café, qu’Olga agrémentait de chicorée, une majorité fut trouvée sur le niveau de la hausse : 40% grâce au ralliement de Marie-Charlotte au clan des maximalistes. Son soudain embrasement lui avait fait comprendre, avait-elle souligné, « qu’elle devait se préoccuper de sa destinée... » Pour fêter cette heureuse conclusion Pierre-Henri ouvrit un flacon de Veuve Amiot et porté un toast qui avait fait rougir ses deux prudes sœurs « à nos femmes, à nos chevaux, et à ceux qui les montent ! »  

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 00:09

Je ne suis pas Georges Pérec * mais allez donc savoir pourquoi en ce lundi matin de juillet je me souviens :photopere.jpg

 

- je me souviens de Berthe Berthomeau, née Gravouil, ma mère par qui le 25 juillet fut ce qu’il fut pour moi...

 

- je me souviens  de la photo d’Arsène Berthomeau, mon père, sur son cheval de militaire.

 

- je me souviens  de Bernard Lambert, ce fils de métayer, sa Gitanes maïs aux lèvres, son charisme échevelé et envahissant, son slogan « le crédit agricole paiera ! », les poulets de mon frère Alain, son bouquin au Seuil « Les Paysans dans la lutte des classes » 1970 préfacé par un certain Michel Rocard du PSU, c’était le temps de Secours Rouge, des réunions enfumées, de la vérité au fond des verres, la Vendée agricole qui basculait, se défigurait, prenait le seul chemin qu’on lui offrait...

 

- je me souviens  de Frédéric Dard, « l’écrivain forain » signant San Antonio, dont le premier opus « Réglez-lui son compte » avait juste un an de plus que moi. Un bide !  Et pourtant Jean Cocteau écrira « San-Antonio c’est de l’écriture en relief, un aveugle pourrait le lire avec la peau des doigts » Je m’en gavais dans la Micheline qui s’arrêtait à toutes les gares. Facile, non « je m’y tous les matins. Pour quelques lignes, il m’arrive de sortir dix fois mon Robert. J’ai à force, une sorte de « crampe au Robert »

 

- je me souviens  des petits-déjeuners à 6 Francs de la Compagnie des Wagons-Lits sur le Paris-Nantes, veste et gants blancs, table nappée, serviette immaculée, brioche mousseline, toasts grillés, café, thé ou chocolat servis avec de lourdes cafetière, théière ou chocolatière en métal argenté siglées WL. Tout à volonté ! Je montais nourrir ma thèse au laboratoire de Le Bihan, à Rungis, avec de facétieux chercheurs qui avaient adoptés comme sigle : le SECS (Service d’Enquêtes Charcuterie-Salaisons) avec le cochon de Reiser en effigie. J’y croisais Ghislain de Montgolfier qui lui faisait dans les fruits et légumes alors que moi je faisais le cochon...

 

- je me souviens  d’Yves Prats, le frère de Bruno de Cos d’Estournel, doyen de la Fac, mon maître de thèse qui me recevait chez lui le samedi après-midi pour tenter de démêler l’écheveau de mes idées afin que je puisse les coucher en une thèse acceptable pour la communauté universitaire. En vain ! Je n’ai jamais su me plier à un cadre rigide, mon esprit d’escalier ne s’épanouit que dans la liberté. Et pourtant, Yves Prats suivi avec amusement, et une certaine fierté, mon parcours si peu orthodoxe.

 

- je me souviens  du désert des Tartares de Dino Buzzati de son Giovanni Drogo, ce jeune ambitieux pour qui « tous ces jours qui lui avaient parus odieux, étaient désormais finis pour toujours et formaient des mois et des années qui jamais plus ne reviendraient... »

 

- je me souviens  des yeux topaze d'Yvonne Furneau dans le « Comte de Monte-Cristo et des bas de soie sur la peau blanche de Catherine Deneuve dans « Belle de jour »

 

- je me souviens  de Jean Neveu-Derotrie à la Ferme des 3 Moulins, entre Port-Joinville et Saint-Sauveur à l’Ile d’Yeu, avec qui, à l’été 68, j’ai fait le marchand de « vermoulu » : de la belle brocante.

 

- je me souviens  de Jean-Michel Bellorgey : en 1981 « Jacques veux-tu occuper de hautes fonctions ? » dis comme ça comment dire non. J’embarquai sur un porte-avions dont je n’aimais guère le Pacha mais faut bien se mettre les mains dans le cambouis de temps en temps dans la vie que l’on vit.

 

- je me souviens  d’Indira Gandhi et d’Olof Palme à qui j’ai serré la main.

 

- de mon premier discours, à Poitiers, devant le syndicat des producteurs de tabac dans un palais des Sports, munie d’une sono pourrie, avec le PDG de la SEITA au premier rang.

 

- je me souviens  de Georges Halphen et de Jacques Geliot mes deux pétulants octogénaires qui me couvaient comme un poussin...

 

- je me souviens  de Sarriette l’ânesse qui nous a accompagnés sur le sentier Stevenson dans les Cévennes.

 

- je me souviens  de la naissance de Martin juste après le 11 septembre...

 

- mais je ne me souviens pas de mon premier verre de vin...

 

Bonne journée à vous tous en ce 25 juillet...

 

* « Je me souviens est un livre de Georges Perec publié en 1978 aux éditions Hachette. C'est un recueil de bribes de souvenirs rassemblés entre janvier 1973 et juin 1977, échelonnés pour la plupart « entre ma 10e et ma 25e année, c'est-à-dire entre 1946 et 1961 », précise l'auteur. Quelques-uns ont été publiés dans Les Cahiers du Chemin n° 26 en janvier 1976. »

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 00:09

Mon immersion vénitienne se prolongea. Jasmine fit un saut de puce par avion Venise-Gênes  via Rome puis s’embarqua sur un ferry pour la Corse. Elle récupéra Matthias et revint par le même chemin. Nous avions dégotté, loin des foules de touristes une chouette maison Vialle Giuseppe Garibaldi dans le quartier du Castello. C’est Jasmine qui en avait eu l’idée « Tu vas aborder tes années de plomb en Italie, alors pourquoi ne pas t’installer ici. Tu serais tout près de Milan et tu pourrais te replonger dans les lieux où tu as vécu. Et puis, je ne sais pas pourquoi j’ai envie de couver notre nouveau petit ici...

- Mais qui te dis que tu es enceinte ?

- Moi car si je ne le suis pas encore je vais l’être !

- Et notre petit Mathurin qu’en faisons-nous ?

- Quand arrêteras-tu d’affubler ton fils de prénoms baroques ! Notre Mathias je vais le chercher gros bêta.

- Va falloir que je retrouve mes marques. Mais bon je crois que tu as raison ma belle ça me fera une rupture. D’ailleurs je vais mettre fin à ce chapitre 8 interminable. Mon retour sur la France n’a été rien d’autre qu’une balade de santé où sur le cargo mixte je me suis enfilé « A la recherche du Temps Perdu de Proust » cadeau de Clarisse.

- Une qui n’est pas passée par la case lit !

- Ironise, comme tu le sais je n’ai pas toujours eu le choix...

- En plus il faudrait peut-être qu’en plus que je te plaigne coq de basse-cour ?

- Non petit cœur ce fut pour moi une belle période de chasteté empli d’un plaisir exquis.

- Madame Verdurin !

- Oui Jasmine j’ai un faible pour la Verdurin car avec elle on ne sait jamais si ce qu’elle prévoit est pur égoïsme ou d’attention aux autres. Je crois que Proust se moquait un peu d’elle. J’adore ce que disait d’elle sur France-Culture le beau petit précieux Enthoven, le papa du premier mouflon de Carla, Madame Verdurin, tout au délice de son croissant, se trouve littéralement dans la position humienne de celui qui considère qu’ « il n’est pas contradictoire à la raison de préférer la destruction du monde à une égratignure de son petit doigts ». Il cause riche ce garçon je ne suis pas sûr que son successeur atteigne de telles hauteurs de vues...

- Arrête ton ironie facile, lis-moi ce passage, j’adore !

- Qui te dit que je l’ai sur moi ?

- Moi !

- J’abdique.

- Oui rends-toi tu as tant à te faire pardonner...

- Tu ne crois pas si bien dire mon cœur car ces années de plomb ont été surtout des années de sang...

 

« Mme Verdurin, souffrant pour ses migraines de ne plus avoir de croissant à tremper dans son café au lait, avait obtenu de Cottard une ordonnance qui lui permettait de s’en faire faire dans certain restaurant dont nous avons parlé. Cela avait été presque aussi difficile à obtenir des pouvoirs publics que la nomination d’un général. Elle reprit son premier croissant le matin où les journaux narraient le naufrage du Lusitania. Tout en trempant le croissant dans le café au lait et donnant des pichenettes à son journal pour qu’il pût se tenir grand ouvert sans qu’elle eût besoin de détourner son autre main des trempettes, elle disait : « Quelle horreur ! Cela dépasse en horreur les plus affreuses tragédies. » Mais la mort de tous ces noyés ne devait lui apparaître que réduit au milliardième, car tout en faisant, la bouche pleine, ces réflexions désolées, l’air qui surnageait de sa figure, amené probablement là par la saveur du croissant, si précieux contre la migraine, était celui d’une douce satisfaction. »

 

- C’est Le Temps Retrouvé ?

- Oui mère de mes enfants...

- Moque-toi !

- Que non ma belle toi tu n’es pas la Verdurin qui lorsqu’elle s’exclame «Ah, quelle horreur » ne sent ressent rien car pour elle c’est juste ce qu’il convient de dire en face d’une telle situation. Madame Verdurin tout ce qui ne la touche pas ne l’intéresse pas.

- Tu me flattes coquin !

- Non je t’aime...

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 00:09

imagesBashung.jpg

 

Suivre Gérard Manset sur ses lignes, qu’elles soient paroles sur sa musique ou mots assemblés en phrases qui font les livres, relève de l’expédition sans guide dans la forêt amazonienne. Ce n’est pas un parcours pour adeptes du Club Méditerranée mais, si comme moi, vous êtes des 100% Manset ce n’est qu’une question de rythme, de souffle, de transversale à la Alain Gheerbrant. « J’étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s’opposant à lui, au lieu d’aller avec lui, de se fondre en lui, d’abord, et d’obéir ensuite à ce que décide le corps. »

 

Alors, jetez vous dans « Visage d’un Dieu Inca » de Gérard Manset et comme Gheerbrant dans le fleuve amazonien laissez-vous « aller dans le sens du danger, le toucher du bout du doigt de telle façon que sa force elle-même nous rejette après nous avoir attirés. » Sinon passez votre chemin, prenez l’autoroute, consommez du pré-emballé, buvez ce que vous voulez, moi que vous voulez-vous, comme le vieux qui voyage en solitaire je ne sais pas cacher mon émotion, même si comme lui, moins bien que lui bien sûr, je l’habille de trop de mots.

 

Je commence donc par la fin pour ensuite revenir au début afin d’en finir avec le dernier Olympia d’Alain Bashung.

imagesInca.jpg

 

« Je ne serai probablement jamais un amateur du Web ni des Facebook ou des Dalymotion, mais je suis allé me rendre compte, surpris par ce besoin de fouiller, de chercher... Je dois dire que j’en suis ressorti très humble, très étonné : c’était indubitablement magique, ces témoignages du vide et de la machine, de la nuit des pixels... effectivement troublant de distinction simple et honnête, l’anonymat de ces remerciements lancés à qui avait montré qu’on pouvait être intègre, solide, droit comme le rock lui-même. J’en étais bouleversé, que toute cette jeunesse saluât son Assomption, le rendit éternel, Alain, lui et sa très auguste manière de lever la main, de pointer l’index on ne sait en direction de quelle partie de la salle, tel Pharaon le fait sur ses effigies colossales. »

 

 

« Évidemment, je n’ai plus de mémoire. Je me dis parfois que j’en suis à ce moment de la vie où l’on « ramène les bêtes. » Prenant le chemin au-dessus de la gorge de la vallée, je songeais à Alain, cet atypique au masque très élégant, très animal, comme une espèce étrange cherchée au file du temps. Palpite en moi le collectionneur qui n’a rien fait que jouer et vérifier sans cesse, tester certaines saveurs, chercher si quelques sucrerie, parfois riche, parfois pauvre, monterait ou caraméliserait. Alain en était une, épicée très doucement.

B comme balèze, A comme Alain, et puis la suite : le chapelet des lettres formant son nom... S comme social, H comme humain, U comme unique, N comme n’importe quoi et G, peut-être pour Gérard ? Ce qui fut fait. Il avait face à lui quelqu’un de fasciné, d’admiratif de sa succulence absconse, de son « abscuonsité » page 11 (la première)

 

Lego « Je me souviens tout à fait : j’étais au beau milieu de la première rangée du haut, appuyé au balcon, vautré, lorgnant à moins de vingt mètres la fauve silhouette noirâtre. Il faut se rappeler Alain, seul, sa guitare acoustique et le balancement de sa pogne qui avançait solide : « Voyez-vous tous ces humains/ Danser ensemble à se donner la main... »

J’étais servi : royal, majestueux. Autour de lui venait le flot des autres : violoncelle impatient, bassiste en colosse noir, et puis ce Yann Pechin donnant une impression de picking omniprésent, que l’on ne distinguait pas, qui tournoyait dans le fond : nappes musicales que générait une corde unique qui noyait tout, vibrait, zinguait... fantôme atrocement maigre, chevelu, à envoyer son flot d’adrénaline dans les colonnes d’amplis... Et refluaient les vagues, et se soulevait une inventivité inouïe. Ce fut bientôt le drame narratif de ma douloureuse Pianiste retrouvée morte dans le coffre de sa voiture, puis le sortilège de la mystérieuse et si mutique Vénus. J’en étais mal à l’aise, agrippant l’accoudoir, me rapprochant du siège à côté de moi où se trouvait, comme un fils, un musicien nouveau et nouvellement élevé au rang de vendeur tous azimuts : Raphaël. »

 

Merci Gérard Manset pour ces lignes où comme vous l’écrivez, « si attentif à ne pas froisser quelque repli de son être » vous faites d’ALAIN BASHUNG, non pas un portrait, mais un voyage dans l’épaisseur de ses plis, dans la profondeur de sa complexité, lui le « Gourou du trois pas en arrière », le sage, placide dans son humilité dont vous avez su déceler en écarquillant les yeux, en scrutant notre idole « rien d’autre que la plastique exquise d’une admirable guirlande de mots ténus et doux, choisis, qu’il évacuait lentement de ses lèvres très subtilement arquées, modelées, bleutées. »

 

Et Bleu Pétrole me fait pleurer...

  

 

 

 

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 19:29

 

 

Sale coïncidence, dans ma chronique de lundi sur le livre Wine Sound System, l’un des auteurs évoquait Amy Winehouse (1). C’était une reine ! Elle a brûlé sa vie par tous les bouts diront les cons. Et alors, même brève sa vie en vaut bien d’autres et Back to Black est et restera une œuvre magnifique. Il n’empêche que je déteste voir mourir des grandes filles de 27 ans alors je vous l’écris tout simplement.

 

(1) Amy Winehouse

 

« Mais pour une fois, je vais t’épargner le plaisir mélancolique de l’association vin rouge et chanson triste existentielle que j’aime tant, et je vais laisser la reine, Amy Winehouse, accompagner mon chablis. D’ailleurs, avec un nom pareil, elle doit s’y connaître »

 

« Miracle. Il existe encore des disques qui, certes, sont fait pour être vendus, mais qui savent aussi être incroyablement beaux. On avait un peu perdu leur trace, en raison de la stupidité des producteurs qui pensent que les gens sont complètement formatés.

 

(...) La production de l’album Back to Black d’Amy Winehouse est précieuse et soignée, mais en même temps roots et rétro, entre Motown et le hip hop des De la Soul (...) Back to Black est un album magnifique. Il faut espérer qu’il ne se fer pas écraser par le fantasme de l’artiste maudite, dont raffolent les maisons de disques et les journalistes, qui y trouvent le moyen de distraire les gens du caractère tragique du monde et de l’espoir d’un art plus pur. »

 

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 07:00

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Abraham, son grand kanak, l’écoutait religieusement. Marie n’en finissait de lui raconter la brutale et triste fin des Saint-Drézéry. Afin de libérer ses grands panards, son beau légionnaire qui n’en était pas un mais qui sentait bon le sable chaud de la Nouvelle Calédonie, avait ôté ses rangers règlementaires. Ils buvaient des bières au goulot sur les pelouses du Trocadéro. « Tout ça est parti de leur pingrerie, chez eux un sou est un sou surtout depuis l’irruption de l’euro qui a ôté tant de zéro à leur compte en banque. Mes oncles et mes tantes se chamaillaient à propos de la fixation du  prix des primeurs 2010 de leur cotriade de châteaux. D’un côté le clan de la hausse maximale regroupant Marie-Adélaïde et Philémon, de l’autre celui de la hausse raisonnable défendue par Adelphine et Pierre-Henri : égalité parfaite qui ne pouvait être rompue que par la voix de Marie-Charlotte, la neuneue, qui changeait d’avis comme de chemise. Trois réunions de la commandite n’avaient pu lever le verrou et, ce 13 juillet, Philémon avait invité à Pomerol, pour un déjeuner, le restant de la famille. La demeure de Philémon, comme souvent à Pomerol, tenait plus du pavillon de banlieue que du château. N’empêche que Bob le pointeur lui attribuait systématiquement une note qui frisait le 100. Une pépite donc qui n’empêchait pas ce cher Philémon de vivre chichement avec une gouvernante allemande, femme à tout faire, qu’il avait récupéré suite à la Chute du Mur de Berlin. Dans les châteaux de la Rive droite, comme dans ceux de la gauche d’ailleurs, il se murmurait que le cher homme vénérait les Prussiens et, qu’au cours de l’Occupation, ses relations cordiales avec les Officiers Supérieurs de la Wehrmarcht, des SS  et de la Gestapo, lui avait permis d’arrondir son magot. Raie au milieu il portait un monocle, le plus souvent vêtu d’un pantalon de cheval enserré dans des bottes lustrées par son Olga. Les mauvaises langues toujours affirmaient que la teutonne au gros cul faisait cheval pendant qu’il l’attisait avec sa cravache. Ces ragots indisposaient deux de ses sœurs forts pieuses mais, comme il gérait les châteaux d’une main de fer, d’ordinaire elles le suivaient aveuglément. Là, elles s’étaient séparées, et bien sûr la neuneue effectuait son va-et-vient traditionnel en se goinfrant de boudoirs.

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 00:09

Caillou 9274

Le sieur Cabanes qui affirme du haut de sa grande carcasse « Je suis un dandy et je vomis la vulgarité. J’appelle à un soulèvement de l’esprit pour la défense du style, de la droiture et de l’élégance. » vient de commettre un petit opus portant le titre provocateur Éloge de la vulgarité aux éditions du Rocher. L’homme a du panache et sa profession de foi me va comme un gant. L’homme se défend contre les beaux esprits peu amicaux « un dandy soit, mais un dandy stalinien. Je les emmerde. Alors ils insistent. Mais d’où vient-il, ce « bolcho », avec ses grands airs, pour toiser le monde de haut ? » L’homme excipe sa « basse extraction » pour clouer le bec à ceux d’en haut. C’est de bonne guerre camarade mais, ne pas être issu de la cuisse de Jupiter, c’est mon cas, ne permet pas d’absoudre d’un trait de plume ses silences passés. Faut assumer coco ! La charge est brillante mais elle eut gagnée en honnêteté intellectuelle si dans le paquet des vulgaires quelques coups de boules fussent consacrées à deux monuments de la vulgarité : Georges Marchais et les époux Ceausescu. Cette réserve remisée, le fils de Denise, est brillant, fringant, sa plume est un scalpel, sa culture raffinée, alors je vous offre quelques morceaux choisis.

 

« Goujateries. Pierre Assouline dans son ouvrage Le Portrait note l’épisode d’un dîner d’autrefois à l’ambassade d’Angleterre : une marquise importunée par son voisin de table très éméché lui lance : « Monsieur, vous êtes ivre ! » Il répond : « Et vous, Madame, vous êtes laide, mais moi, au moins, demain, je serai sobre. » Vulgarités plastronnantes. La grossièreté peut être une affectation, une décontraction affichée, un coup de dent aux raideurs bourgeoises comme pour mieux affirmer l’arrogance de classe héritée de longue main. Un dîner encore : on entend un long et sonore pet ; le coupable, à la dame à sa gauche et à belle voix : « Ne vous inquiétez pas, madame, je dirai qu’c’est moi. » Et parfois les goujateries mornes et les cynismes mondains ne sont que les traces de l’ancienne vulgarité boutiquière dans le salon du bourgeois pas fini, le parvenu.

Nomenclature sémantique en forme de monologue que le « dominant » adresse au « dominé » sous les vivats du public du chapiteau :

 

« Je suis distingué, tu es vulgaire.

Je suis rare, tu es commun.

Je suis unique, tu es quelconque.

Je suis irremplaçable, tu es habituel.

Je suis incomparable, tu es banal.

Je suis brillant, tu es terne.

Je suis fin, tu es grossier.

Je suis raffiné, tu es trivial.

Je suis aisé, tu es pauvre.

Je suis le consommé, tu es la soupe (le public rit)

Je suis un prince, tu es un bouseux.

Je suis profond, tu es futile.

Je suis mince, tu es gras. »

 

Quand la séance dérape légèrement, un spectateur dans les travées se lève, prétend parler au nom des « dominés » et lance à l’orateur : « Excrément d’exégète ! Crevette desséché ! Chèvre dégénérée ! Jument qui pisse ! Ver de terre en gelée ! », etc. Insultes dont il précise qu’elles viennent toutes du fond littéraire français, et il conclue par un bruyant « Je te chie ! » Tout le cirque est debout.

 

Sur le livre d’or consacré au curé d’Ars, à la cathédrale de Bayonne, ce vœu ardent récent : « Faites que nous puissions toujours louer nos appartements » Un certain affaissement vulgaire de la spiritualité. »

 

Pour terminer l’oncle Maurice professeur de latin qui lance à la cantonade « Les demoiselles, ça ne se mange pas, ça se suce ! » Et il brandit ainsi comme des trophées les carcasses d’oies encore rissolées du feu de la braise, et que l’on appelle en Gascogne les « demoiselles », dont les lambeaux de chair grillée déposent une pellicule joliment grasse sur toutes les bouches »

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