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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 02:00

Avant de retrouver la France j’ai beaucoup lambiné. Sur mon cargo-mixte j’ai pris goût plus encore à me laisser vivre, à lire, à me retrouver à table à l’heure dites à la salle à manger du commandant, à dormir des journées entières, à passer des nuits entières sur le pont à regarder la mer. De Belém nous sommes allés à Lisbonne, superbe ville dans un Portugal crevant de pauvreté sous la férule de Salazar. J’y suis resté attendant le retour du « Ville de Bayonne » qui devait transporter, après le déchargement de sa cargaison à la Palice, du Cognac et des Bordeaux pour le port de Gênes. Le capitaine, un homme peu disert mais cultivé, m’avait à la bonne. Nous jouions au poker avec ses seconds en discutant politique. Vieux radical cassoulet c’était un antigaulliste viscéral, grand lecteur du Canard Enchaîné et donc adepte de contrepèteries plus ou moins fine du style « madame la comtesse est folle de la messe », « quelle piteuse mine vous avez, ce matin » « la femme du capitaine m’a fait mander à bord » « la Chine se soulève à l’appel des Nippons ». Je les plumais à chaque fois mais comme j’étais le plus gros pourvoyeur de devises, ils se rattrapèrent au cours de notre périple Lisbonne-Gênes via Gibraltar en me vendant à prix fort des grands crus classés soutirés à la cargaison. La manip était simple, demandant seulement du doigté pour ôter avec soin le capuchon de plomb et décoller l’étiquette, et ainsi de bonnes simples boutanches de Bordeaux ordinaires prenaient la place pour la plus grande renommée de la place de Bordeaux. Nous les buvions bien sûr. Arrivé à Gênes j’aurais pu filer jusqu’à Milan rejoindre Chloé. Je me contentai de lui envoyer un télégramme « Encore des détails à régler, j’arrive pour la nouvelle année. »

 

De Gênes nous sommes allés au Havre où j’ai définitivement posé mon sac à terre. Le capitaine m’a payé un dernier verre dans un caboulot quai des Amériques qui longe le bassin René Coty. Tout près du bistro un type couvert de cambouis, mégot au bec, tenait un atelier de réparation de motos. Je lui acheté une vieille Terrot. En ce temps-là pas de permis moto, nous vivions encore une période bénie où la route restait un lieu de liberté. Pour ma reprise de contact avec mon foutu pays je voulais prendre mon temps, rousiner, ne pas me précipiter vers Paris. Par les petites routes j’ai rejoint les piles de l’imposant Pont de Tancarville que j’ai ensuite traversé pour me rendre dans le Marais Vernier. Je retrouvai dans cette enclave préservée un peu du parfum de mon pays natal : les marais sont des lieux particuliers, mystérieux, où la population consanguine voit arriver l’étranger avec méfiance. Nous étions en novembre, mon corps qui venait de vivre dans le vase clos douillet du bord sous des climats cléments se rétractait. Par bonheur j’avais fait l’acquisition d’une canadienne en cuir qui retenait mon peu de chaleur intérieure. Comme je commençais à avoir faim je me suis arrêté à l’Hôtel de la Marine tout près de Saint-Samson-de-la-Roque. La cuisine de la patronne était si bonne que j’y suis resté plusieurs semaines. Le patron qui était chasseur m’a emmené dans un gabion sur le Marais pour chasser à l’appeau vivant. Á ma grande surprise le lieu était confortable, chauffé par un petit poêle en fonte, et nous avons passé une grande partie de la nuit à manger de la charcutaille, du fromage arrosés de cidre fermier en bouteille de limonade et de café renforcé au Calva. Comme les gens d’ici sont des taiseux, adepte du « méfie-te », ils ne me posaient aucune question de peur que je ne les soumette au même supplice. Le Marais Vernier fut mon sas de décompression, même les quelques jeunes rouquines que je croisais, tout particulièrement la serveuse de l’hôtel de la Marine, un sosie de la Marlène Jobert avec un peu plus de poitrine, ne me tirèrent pas de ma chasteté.

7515403.jpgPour reprendre pied je lisais la presse. Chaque mercredi j’achetais le Canard Enchaîné pour recoller « aux affaires ». L’immobilier chauffait partout, avec la Côte d’Azur comme lieu de prédilection. Dans un article « Les gars de la Marina » la nouvelle astuce pour coloniser la Côte était le port-prétexte » en l’occurrence ici « Cannes-Marina ». L’auteur ironisait sur ce port-privé niché sur un petit fleuve côtier afin d’échapper au droit maritime « l’Administration ayant la bonté de considérer le port comme une banale piscine » Mais ce petit trou d’eau pour 1700 bateaux  n’était rien à côté du complexe immobilier de 5 immeubles, 3 tours pour la bagatelle de 8 à 9000 résidents. Le nom de Roland Nungesser, l’homme qui siégeait dans le Conseil d’Administration des frères Willot, dont la déconfiture permettra à la fortune de Bernard Arnault de se faire un pied de cuve pour le franc symbolique, en tant que président du club nautique de « Cannes-Marina ». Pour laisser entrer les bateaux relever le pont de chemin de fer et le pont routier ne sera qu’une peccadille de plus pour la SNCF et les Ponts&Chaussées, la France est bonne pour les promoteurs immobiliers mais implacable pour tous ces planqués de cheminots et de fonctionnaires. Bref, le premier adjoint au maire de Cannes M. Ladevèze est bien sûr directeur de la société promotrice avec pour avocat le très célèbre Me Rochenoir conseil de la « Garantie Foncière » et du « Patrimoine foncier » des frères Willot. « Que le monde de l’Immobilier est petit ! » concluait le journaliste. La République Pompidolienne cultivait ses bonnes vieilles traditions, allais-je y replonger plutôt que d’aller jouer au con avec les fous-dingues de la Péninsule ?   

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 00:09

alain-souchon-mes-chansons-c-est-un-peu-du-baratin-copie-1.jpgCe dernier jour d’un mois juillet automnal, sans me laisser glisser dans une molle nostalgie, l’envie me prend de mettre mes pas dans ceux d’Alain Souchon lorsqu’il veut voir « sous les jupes des filles très fières sur leurs escabeaux en l'air /Regard méprisant et laissant le vent /Tout faire. » Alain Souchon c’est ma génération, en lui je me retrouve : un peu dilettante mais toujours présent, une apparence sereine qui cache des colères rentrées, une mélancolie pleine de grâces, de mots de toutes les couleurs, l’amour des femmes, une démarche tranquille un peu solitaire, un style forgé sur la rythmique de Laurent Voulzy qui l'a obligé à modifier son écriture, à briser ses phrases, à bousculer la langue, le français. « C'était comme un jeu. Un jeu qui a duré plusieurs années. Jusqu'à en devenir un tic d'écriture, trop facile. Alors je suis revenu à un style plus classique. »

 

En décembre 2008 il confiait à Hugo Cassavetti et Valérie Lehoux de Télérama « En 68, je me disais que c'était bien de foutre le désordre, que le monde n'était pas très amusant à vivre : se lever, avoir un boulot, être jugé tout le temps. Il y avait quelque chose de très dur que la jeunesse cherchait à adoucir. On voulait se rouler dans l'herbe, fumer des pétards et rire. Je me disais que lorsque des types de la génération de Paul McCartney deviendraient présidents de la République, le monde serait plus doux. Ce n'est pas vraiment ce qui s'est passé. Il y a une immense roue qui s'est mise en route, que personne ne peut arrêter, à laquelle les hommes politiques sont accrochés. Ils sont, comme nous tous, ballottés par ce grand truc libéral, de mondialisation, cette idée qu'il n'y a plus que l'argent qui compte, la réussite financière. C'est ahurissant. Je suis ébahi par le monde tel qu'il va. » link 

 

 

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 07:00

photoB10-copie-1.jpg

« Puis-je me permettre mademoiselle de Saint-Drézéry...

- Allons Paul cessez tous ces chichis appelez-moi Marie !

- Comme il vous plaira mad... Marie... mais vous m’interrompez si vous me jugez indiscret. Comment avez-vous connu tous ces gens si importants mais si différents ?

-  Mes extra !

- Vos extras ?

- Oui Paul lorsque je turbinais au Monop de la rue de Rennes je distribuais des petits papiers avec mon téléphone pour que les bourgeoises du quartier puissent me sonner lorsqu’elles organisaient des coquetels. J’adore voir du monde et dans cette faune j’ai fait le petit choix que voici que voilà. La baronne G elle vendait en appart ses boutanches non étoilés alors que le Michel je l’ai chopé à la Sorbonne dans un grand raout très « j’me secoue la tête pour voir s’qui en tombe ». Canto c’est au Flore qu’on s’est causé. Yannick lui c’est dans un truc caritatif qu’on a papoté. Catherine j’l’ai croisé chez une copine. Bref, mon idée de créer un think tank, qui plus est baptisé « Sans Interdit » les a séduit... Simple, non !

- Si vous le dites Marie mais vous faites quoi au juste ensemble ?

- Jusqu’ici, rien de précis, on se contente d’écouter Michel et de noter les saillies d’Eric... Mais la donne a changée nous allons pouvoir passer la surmultipliée : le genre Cap Bonne Espérance !

- Du sponsoring ?

- Non, non mon cher Paulo, de l’intelligence, du sens, ça va décoiffer les indéfrisables et jaser dans les châteaux...

- Je n’en doute pas mademoiselle Marie vous êtes déjà si attendue...

- Ils ont sorti l’artillerie lourde aux meurtrières les poteaux Paulo...

- Vous êtes un peu sévère Marie, les propriétaires vous attendent avec un réel intérêt, les tergiversations de vos malheureux tantes et oncles mettaient le marché sous pression. Vous pesez lourd dans la tendance !

- Fort bien cher maître, croyez-moi je ne vais pas les décevoir ces petits loups !

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 00:09

photoMacaro1.jpgJ’entends déjà monter de nos villes et de nos campagnes les ricanements des chasseurs de fautes d’orthographe. Môssieu Berthomeau « on ne met pas de « s » aux noms de pâtes italiennes puisque les noms italiens sont déjà des pluriel comme spaghetti, rigatoni, fusilli, (pluriel masculin) bucatini, ou penne, tagliatelle, trenette, lasagne (pluriel féminin). Et là je me gondole grave messieurs les railleurs, je vous retourne votre compliment : macaroni est un faux-ami puisqu’il s’agit d’un mot français que nos vendeurs de pâtes, Panzani en tête, pour traduire les mots italiens maccherone et maccheroncini bien trop difficile à prononcer par nos bouches franchouillardes.

 

Est-ce pour cela que dans la langue argotique les Italiens sont désignés sous l’appellation : Macaronis, je ne sais. C’est plus gentil que Ritals. Toujours dans la langue de ce qui fut la zone j’adore l’expression « Allonger le macaroni » pour qualifier la masturbation. Plus sérieusement, maccherone viendrait du grec byzantin makaria : « banquet funèbre » et « soupe d’orge ». Le macaroni courant se présente sous la forme d’un tube de quelques centimètres. Cependant il existe aussi des macaronis longs : même diamètre mais de la longueur d’un spaghetti. Leur consommation allie la difficulté de la prise en fourchette et de l’absorption du spaghetti traditionnel avec celle d’avaler sans s’étouffer. Ils sont très difficiles à trouver sur le marché français. Recommandé pour les faims gargantuesques : ça cale bien l’estomac et ça donne de la combustion lente.

 

À ce propos, et sans recourir à une telle extrémité, la météo de ce mois de juillet prédispose à la consommation de plats qui permettent à nos corps de brûler de la calorie. Le gratin de macaronis en est un. Préparation simple et après passage au four le gratin se bonifie lorsqu’on le réchauffe « Quand au gratin (de macaronis) plus il est réchauffé meilleur il est. » San Antonio Pour la béchamel pensez à râper de la noix de muscade. Cuisson des macaronis al dente bien sûr sinon l’ensemble avec la béchamel équivaudra à de la colle d’affiche. Certains font cuire les macaronis dans du bouillon à l’ancienne, moi je préfère la cuisson classique car le bouillon donne son goût à la pasta et lui ôte son côté pur blé dur. Pour les fromages : Parmesan en lamelles alternées avec les couches de macaronis et Gruyère râpé pour le gratin. Ne mélangez pas les macaronis avec la béchamel, nappez couche par couche. Attention gratiner n’est pas cramer mais bien dorer la croute. Pour le réchauffage l’opération est délicate : soyez doux avec le gratin et patient.

 

Reste la délicate question de l’accompagnement liquide de ce plat fort roboratif. D’ailleurs faut-il toujours boire en mangeant ? Dans le cas présent la réponse est oui. Mais faut-il boire italien ? Que nenni, je pencherais plutôt pour méditerranéen rouge. Alors choisissez sur la photo ci-dessous !

 photoMacaro.jpg

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 07:00

photoB9.jpg

Autour de François de Ligneris, de Candolle reconnu d’abord Yannick Noah, toujours aussi décontracté, puis la fameuse baronne G qui bavardait avec un grand costaud un peu rustaud : c’est Eric Cantona lui chuchota son clerc qui était un supporter de Manchester et aussi des Girondins, tout à côté de la baronne G Catherine Ringer devisait avec un vieux monsieur digne, un peu vouté, qui masquait un tout petit bonhomme en costume-cravate qui tenait le crachoir à l’hôte du lieu. S’il avait eu un dentier, de Candolle l’eut avalé, quand il découvrit l’identité du ludion : « Michel Rocard, je rêve... » Des bouffées soixante-huitarde montèrent sous le front déplumé du notaire qui, à Assas, en un lieu dédié à l’extrême-droite avait brandi l’étendard de la révolte, adhéré au PSU pour les beaux yeux d’une grande gidouille et accessoirement pour le futur maire de Conflans, avant de perdre et ses illusions et ses cheveux. Il n’empêche que dans l’isoloir, en 1988, il avait voté pour le François de Jarnac rien que pour voir son Michel entrer à Matignon. Marie claqua des bises à tout le monde, sauf au vieux monsieur, qu’elle salua d’un merci d’être venu Monsieur Hessel, qui lui valut d’être embrassée sur les deux joues. Le déjeuner fut joyeux, bien arrosé, animé par les bretteurs de service : la baronne G, Michel et François dont les échanges furent entrecoupés de quelques aphorismes forts de Cantona. Sans être mauvaise langue, Rocard le débiteur de mots trouva son alter ego en la personne de la baronne qui, elle, les alignait avec une fougue qui tirait des sourires à Stéphane Hessel. Marie pouffait avec Yannick pendant que de Candolle, béat, s’étonnait de voir son clerc, d’ordinaire si discret, discuter avec flamme de la discographie des Rita Mitsouko avec une Catherine Ringer un peu éméchée. Lénine reconnaissant en lui un frère campait sur les genoux de Cantona pendant que Tintin au Congo pompette entonnait « Maréchal nous voilà ! » Aucun sujet sérieux ne fut abordé, même si Michel Rocard brossa à plusieurs reprises des fresques planétaires, et lors des adieux Marie se contenta de lancer à la cantonade « Je règle mes petits problèmes d’intendance puis je vous fais signe pour notre remue-méninges... »

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 00:09

photoJeroboam.jpg« Prolifération de millionnaires » en 2010, la population mondiale des plus de 1 million de $ (hors résidence principale) a augmenté de 8,3% (contre 17,1% en 2009) pour s’établir à 10,9 millions de personnes et son patrimoine s’est accru de 9,7% (contre 18,9% en 2009) atteignant 42 700 milliards de dollars. Les plus fortunés d’entre eux ont vu leur nombre progresser de 10,2% pour atteindre 103 000 personnes et leur patrimoine a cru de 11,5% en 2010.

 

« En France, le nombre de millionnaires a augmenté de 3,4% passant de 383 100 personnes en 2009 à 396 200 en 2010.

 

Les millionnaires restent fortement concentrés aux États-Unis, au Japon et en Allemagne, ces trois pays rassemblant encore 53% de cette population dans le monde.

 

Les Etats-Unis comptent toujours le plus grand nombre de millionnaires, à savoir 3,1 millions, ce qui correspond à 28,6% des personnes fortunées dans le monde. 

 

Pour la première fois, le nombre et le patrimoine des millionnaires de la région Asie-Pacifique dépassent ceux de l’Europe

 

En 2010, la région Asie-Pacifique a enregistré le taux de croissance le plus élevé en termes de nombre de millionnaires et de taille de leur patrimoine. Alors que cette région avait déjà dépassé l’Europe en termes de patrimoine en 2009, elle la dépasse en 2010 également en nombre de grandes fortunes. Cette population a bondi de 9,7% pour s’établir à 3,3 millions de personnes, devançant l’Europe qui affiche un taux de croissance de 6,3% et compte 3,1 millions de personnes fortunées. Parallèlement, le patrimoine des millionnaires en Asie-Pacifique a augmenté de 12,1% représentant ainsi 10 800 milliards de dollars et dépassant les 10 200 milliards de dollars de patrimoine des millionnaires européens (en augmentation de 7,2% en 2010). La région Asie-Pacifique est aujourd’hui la deuxième plus grande région derrière l’Amérique du Nord en termes de nombre de personnes fortunées et de patrimoine. »

 

Pour consulter et télécharger le World Wealth Report 2011 (en anglais) : www.capgemini.com/worldwealthreport

 

 

Tout ça pour vous dire, chers lecteurs, que la crémerie Berthomeau vient de passer cette nuit le Cap des 2 millions de pages lues depuis son ouverture.

Merci à vous tous

 

La photo me représentant de dos, au temps où j’étais jeune et beau, recevant des mains d’Antoine Verdale, un… s’adresse prioritairement aux deux marins d’occasion Denis et Luc, par ailleurs Paganini de l’étalonnage de grands flacons mais aussi à vous tous : 2 Questions

1)     à vue de nez c’est un… ?

2)     le flacon ne m’étant pas destiné à quel Ministre était-il dédicacé ?

3)     pour les audois quel est le troisième personnage de la photo ?

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 07:00

photoB8.jpgAprès la visite à la morgue et l’approbation des détails de la cérémonie des funérailles organisée par Me de Candolle avec l’aide du curé de Saint-Émilion ayant reçu mandat de l’archevêque de Bordeaux le cardinal Jean-Paul Ricard, deux questions d’importance restaient à trancher : « qui allait porter les cordons du poêle des 5 catafalques ? », soit la bagatelle de 20 noms à trouver, et le cas de la Prussienne Olga de confession luthérienne. Les réponses lapidaires de Marie stupéfièrent le notaire. « Pour les cordons du poêle vous prenez les 20 propriétaires de GCC dans l’ordre décroissant des prix de leurs primeurs... et pour le cordon bleu, le mieux, c’est de la laisser reposer en paix dans son potager... » Lénine criait famine. Tintin au Congo voletait en chantant « Mort au gorille... » Me de Candolle et son clerc lui indiquèrent que ses tantes et ses oncles n’ayant rédigé et enregistré aucun testament elle, Marie de Saint-Drézéry, marquise de Bombon, héritait de l’ensemble des châteaux et que, dès à présent, en vertu des statuts de la commandite simple, elle se retrouvait de fait et de jure seule gérante de la société. Ils se rendirent dans les cinq banques de ses oncles et de ses tantes pour qu’elle puisse faire agréer sa signature puis traversèrent la Garonne pour gagner Pomerol où les attendait l’expert-comptable de feu son oncle Pierre-Henri. À la sortie de Libourne Marie demandait au clerc qui conduisait la limousine de passer d’abord par Saint-Emilion car elle souhaitait déjeuner à l’Envers du décor. Me de Candolle, prudemment, s’enquérait de savoir si elle souhaitait déjeuner seule. Marie lui rétorquait tout sourire « Soyez sans inquiétude cher maître mes invités vont vous surprendre... »

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 00:09

treebkgrndsanerasmo.jpg

 

Roquette, trévise, castraure, Amarone della Valpolicella... et je vous ai épargné dans mon énumération le Fernet-Branca et le Cynar mais comme l’écrit Emmanuel Giraud dans son petit opus blanc exquis : L’Amer en parlant de son séjour en Italie à la Villa Médicis, un temps hors du temps, « Là-bas, l’amertume est joyeuse, sociale et évidente. » Sous entendu, en France, l’amer c’est un peu la honte, « cette cousine arriérée (...) qu’on enferme dans un placard pendant les banquets de famille, de peur qu’elle ne bave un peu trop sur la nappe. Pour preuve le jeu de mots railleur dont notre palmipède enchaîné avait affublé Michel Debré « L’amer Michel »

 

L’auteur annonce la couleur «  Mon séjour à la Villa Médicis ne se résume pas à un enfermement laborieux dans les murs du palais Renaissance. Très vite, je me hâte à la découverte des vignerons de toute la botte, des producteurs de charcuterie de Toscane, des coopératives fromagères parmesanes, des vinaigriers de Modène, des trifolai * du Piémont, pour m’enivrer de leurs produits parfois difficilement trouvables en France. »

 

Vaste programme !

 

Moi aussi j’ai l’âme italienne ces temps-ci, et même vénitienne, alors ne vous étonnerez donc pas que je me sois intéressé aux castraure de l’île de San Erasmo. Celle-ci a déjà l’objet d’une chronique récente à propos de son tout récent vignoble. Donc revenons à nos petits castrats des artichauts violets de San Erasmo les castraure qui sont « ces premiers bourgeons qui sont coupés, « castrés », en début de saison, afin de redoubler la vigueur de la plante. De taille d’un gros chou de Bruxelles, leur renommée est telle qu’ils s’arrachent à des prix indécents au marché de la Pescheria, à côté du pont du Rialto. »


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Et donc, notre auteur qui est un baroudeur des terroirs d’exception, se rend donc dans le potager de Venise dont « le paysage est plutôt laid. On pense à certains coins de Vendée, ravagés par le vent et hantés par des white trash adorateur de MC. Circulaire, le chantre du rap rural » Botté de caoutchouc, chambré par Giuliano le maraîcher en dialecte vénitien dans une Panda vert artichaut toute cabossée, ce garçon plein d’humour nous conte que le dit Giuliano reste dubitatif « devant l’engouement marketing qui entoure les castraure » que « les prix pratiqués par certains margoulins le font rire (vert ?) » mais « il relativise ces dérives car la production reste confidentielle : 60 000 têtes par an environ », fragiles donc non exportables, et une période de récolte d’une semaine, dix jours tout au plus.


Les castraure sont une IGP et sont devenue presidio de Slow Food.


Bref, comme notre auteur n’est pas un bobo il souligne que ce n’est qu’ensuite que démarre la « vraie saison » des artichauts de l’île de San’Erasmo.

 

« Les raisons d’une telle ferveur ? 

Le goût indubitablement !

Une amertume prononcée, légèrement réglissée, qui doit autant à la variété utilisée * qu’au caractère iodé du climat. Elle prend toute son ampleur quand ces bourgeons d’artichauts sont mangés crus, taillés finement à la mandoline et assaisonnés d’un filet d’huile d’olive ardente (surtout pas de jus de citron ! Quand au vinaigre balsamique, n’y pensez même pas... »

 

Pour le reste de ces petites sonates sur l’Amer reportez vous à la lecture de l’opus d’Emmanuel Giraud chez Argol 12€. Pour de rire je signale que j’ai payé deux fois puisque le petit livre a été publié avec le concours de la Région Île de France.

 

Reste la question cruciale, que notre auteur baroudeur des terroirs exotiques n’aborde point : que boire avec les castraure de San’Erasmo ?

 

* trifolai « caveurs » de truffes blanches en dialecte piémontais des collines d’Alba

* Cynara scolymus L, variété Violetto du San’Erasmo

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 07:00

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L’arrivée de Marie à la gare Saint-Jean ne passa pas inaperçue : Tintin au Congo, déchainé, criait à intervalles réguliers « Au feu, les pompiers ! » pendant que Lénine, altier, juché sur l’épaule de sa maîtresse, tout hérissé, plus Persan que jamais, donnait le sentiment d’être une grenade dégoupillée. Me de Candolle, flanqué de son premier clerc, ne savait trop que faire face à cette grande brigue en tongs qui baillait aux corneilles sans se soucier de la nuée de photographes et de journalistes qui la pressaient de questions. Marie, plus ébouriffée que jamais, souriait, tout en faisant claquer, à intervalles réguliers, son bubble-gum, ce qui avait le don d’exciter plus encore son chat. Une grande pouffe de Voici se poussait du col pour lui poser la question la plus bête de l’année : « Mademoiselle de Saint-Drézéry quels sont vos projets ? ». Sans se démonter Marie lui répondait « Goûter les vins du dernier millésime ! » ce qui laissait pantois le représentant du syndicat des courtiers qui s’était glissé dans la meute. Derechef, il appelait ses commanditaires « Cette fille c’est tout sauf une gourde, je suis sûr quelle va nous donner du fil à retordre... » Bonne pioche car, sous ses airs de godiche, Marie cachait un esprit plein de répartie, et comme elle avait passée la fin de la nuit, sitôt Abraham reparti, à consulter sur le Net le blog de Robert Parker link, elle savait tout sur les tendances de la campagne des Primeurs 2010. Au petit matin elle avait même réveillé Michel Rolland pour lui demander son sentiment sur la qualité du millésime de ses châteaux. Pour se procurer le numéro de téléphone de l’œnologue-star, ainsi que ceux des grands propriétaires de GCC, elle avait eu recours à son pote Léonard, un hacker pointu. En passant, avant de partir pour la gare Montparnasse, elle avait acheté un petit calepin en moleskine à l’Écume de Pages. Dans le TGV, tout en buvant du café à la paille, elle en avait couvert les pages de crobars. Face à Lénine et Tintin au Congo estomaqués en passant à la hauteur de la gare de Libourne elle avait proclamé « ça va bouillir ! »

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 00:09

L1020176.JPGNotre vigneron éploré a encore frappé hier rejoignant certains commentaires pour mettre l’Alonso et son vin PUR au piquet. Y’en a même qu’on dégainé leur marketing. Bref, je me disais, en traversant à vélo les Tuileries pour aller discuter de mes problèmes de petites laiteries : Danone, Lactalis, Bongrain et Cie... à la Maison du Lait, et que j’étais obligé de zigzaguer entre les étals de vendeurs de Tour Eiffel miniature : ils font du bon marketing les bougres. Y sont là au bon endroit, avec le bon produit et ils le vendent. À quel prix je ne sais car j’étais pressé je n’ai pas eu le temps de le demander aux vendeurs. Juste le temps de faire 2 photos. Si j’avais été à Pise c’eut été des Tour de Pise. Bref, j’entends déjà les esthètes pousser des cris d’orfraies : mon dieu que c’est laid ! Et alors, si tous ces grands noirs proposent leurs camelotes aux chalands c’est qu’ils savent que ce sont des clients potentiels. C’est la base de tout commerce : le vendeur va là où se trouve son acheteur. Les autres, il s’en tamponne. Le prix se fixe en fonction du lieu, de la concurrence, du profil des acheteurs potentiels. Il n’y a rien d’immoral, ils sont juste hors légalité car ils font concurrence aux boutiquiers, qui sous les arcades de la rue de Rivoli vendent les mêmes produits, et qui payent loyer, patente et personnel.

L1020177.JPGCeci écrit, il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Chacun est libre d’acheter ou de ne pas acheter au prix proposé. Alors si le allons-y Alonso ses magnums sérigraphiées à 99€ ses clients les boudent, c’est pour sa pomme. Que certains d’entre vous les qualifient de gogos alors on en revient aux vendeurs de Tour Eiffel. Le vin est une marchandise comme les autres n’en déplaisent à ceux qui en font le sang sacré de la terre. Même ceux-là ils le vendent ou l’achètent le vin et parfois bon prix. Ha, le prix, sa fixation : vaste sujet. Lorsqu’à Venise devant le magasin Gucci deux grands noirs proposaient des copies Gucci aux passants je me disais, certes c’est gros comme une maison, grossière contrefaçon, mais où est le bon prix entre leur camelote à deux balles et le prix canon du vrai ? Tout ça pour dire que l’ami Alonso que j’ai sérieusement allumé en son temps sur son enseigne PUR, il ne trompe personne, il s’adresse à une cible. Il vend à ses clients ce qu’ils recherchent. En plus, pour moi qui le connais il ne bave pas sur ses confrères qui ne suivent pas le même chemin que lui. Il ne dit pas qu’il lave plus blanc que blanc. Depuis l’origine il se situe dans une culture du décalage, de la provoc parfois à deux balles. Et alors c’est péché mortel ?

 

Du marketing me dit-on ? Voilà bien un mot tarte à la crème dont on entarte le premier contradicteur venu quand on n’a rien à objecter. Moi je m’en tiens à ce qu’est le marketing.

 

Que dit ce cher Matthew Dickinson ?

 

« Les vins de marque du nouveau monde affichent des progressions spectaculaires en Grande-Bretagne pendant que la part de marché de la France s’effrite et que les producteurs français semblent incapables d’imposer leurs marques, à l’exception du Champagne.

Une approche marketing structurée s’impose aujourd’hui(…)

- le marketing est une façon de penser qui part du consommateur, s’étend à chaque service de l’entreprise et finalement augmente sa rentabilité tout en offrant de la valeur ajoutée au consommateur ;

- le marketing est une affaire de bon sens ;

- le marketing inclut ce qu’on appelle en anglais les 5 P :

 

1- Product : le style du vin doit correspondre aux attentes du consommateur

2- Price : doit être fixé en fonction du marché et de la concurrence

3- Promotion : doit être planifiée en incluant la publicité, les opérations au point de vente et les RP

4- Packaging : doit être conçu en fonction des goûts du consommateur et non du producteur

5- Place : les canaux de distribution doivent être sélectionnés en fonctions des objectifs retenus.

 

Beaucoup font du marketing sans le savoir, et souvent avec succès, d’autres s’adressent à des soi-disant professionnels du marketing qui feraient mieux d’aller vendre des Tour Eiffel aux Tuileries. Le monde du vin, moi qui fréquente en ce moment les Big Brother du lait, n’attire pas la fine fleur de la profession. La calamiteuse campagne des Vignerons Catalans en est un exemple emblématique : comment voulez-vous développer une marque en bradant votre produit à vil prix et ce n’est pas un petit génie autoproclamé du marketing qui changera le cours de l’histoire. Pour faire du marketing il faut faire de belles marges pour les réinvestir versus Nespresso par exemple. J’entends déjà Léon affuter son coupe-coupe. Je m’en tiens là mais j’avais besoin de me lâcher un chouïa. Ça me fait du bien, ça me détend après mes affaires de médiation laitière. Quand j’étais à la SVF mes commerciaux me disaient « ils ne vendent pas du vin les gars d’en bas, ils se contentent d’être toujours deux balles au-dessous de nous... » et la fête continue avec les mêmes.

 

Pour finir mon dérèglement de comptes, et faire ma petite provoc à deux balles moi qui circule aux bords des trottoirs de Paris qu’y vois-je ? De plus en plus de mecs qui vous tapent de 2 balles et de moins en moins de péripatéticiennes – c’est la faute de l’Internet – et il y a un livre à écrire sur les stratégies développés par les uns, les unes et les autres pour glaner trois sous et pour beaucoup c’est une question de survie : du pire comme ces infirmes parfois mutilés par ceux qui les exploitent au meilleur avec la bonne vieille manche de mecs qui ont un matos pourri (petit ampli sur caddie) qui couvre la nullité de leur interprétation. Samedi dernier après-midi j’ai subi une stratégie inédite : je sortais de chez Orange, un type assis sur un banc m’interpelle pour me taper une pièce. Il a une bonne tronche de cinquantenaire un peu ravagé. Je lui réponds que je cherche la monnaie et lui, du tac au tac, me balance « ce n’est pas d’une petite pièce dont j’ai envie, mais de toi, car j’suis homo ! » Alors je lui réponds en riant que moi j’suis tendance fille mais que je double la mise pour sa franchise. Le type me réponds « j’disais ça pour rigoler ». Peu m’importait si ce SDF faisait le coup à tout le monde, il s’était bien « vendu » et avait obtenu une bonne contrepartie. Ne me traitez pas de cynique, la vie dans la rue n’est pas le pays de Candy alors, comme dans la jungle du buiseness, chacun fait comme il peut. Rien d’amoral dans cette histoire. Rien que la vie que l’on vit. Quel rapport avec le schmilblick me direz-vous ? Réfléchissez-y !  

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