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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 07:00

imagesCA7ZF5V7Marie reprenait le fil « Sans m’en référer à l’histoire des 3 petits cochons, je pense que pour bâtir il faut des fondations, du solide, et du temps, donc une forme de patience. C’est de l’investissement d’image, et comme l’irruption d’une nouvelle génération de vignerons « atypiques », se référant à des pratiques « durables », met en orbite sur le marché une nébuleuse de points, à la fois indépendants les uns des autres tout en gravitant autour d’un corps de doctrine commun, sans pour autant produire un langage commun ni dessiner une nouvelle géographie des vins de terroir. Trop de fragmentation, de personnalités fortes, de singularité identitaire, implique des démarches solitaires. Le potentiel actuel des consommateurs se reconnaissant dans ces « pratiques » étant restreint – le bruit médiatique n’étant pas un indice probant de la capacité de ces vins  à trouver leur public – ce segment de marché reste marginal et la frilosité des distributeurs peut se comprendre. En effet, comme me le faisait remarquer le patron du principal site de vente de vins en ligne : mettre en avant des « valeurs sûres » c’est la garantie d’un taux de visite 10 fois plus important que lorsqu’on se risque à mettre en avant des « découvertes ».


Pour sortir du cercle, se faire reconnaître de façon durable, plus particulièrement en dehors du marché domestique, tout en restant attaché à ses valeurs, à son indépendance, sans sacrifier au maelstrom médiatique, il me semble que nos « indépendants », au sens des peintres du Salon des Indépendants, devraient tenter de susciter l’émergence d’un nouveau métier : éditeur de vin. Je n’aurais pas ici l’outrecuidance de rappeler le rôle de l’éditeur auprès des écrivains mais de souligner que l’une de ses fonctions essentielles est de découvrir de nouveaux talents, de prendre le risque de les éditer, de les promouvoir. Dans le passé des négociants, de grandes ou de petites maisons de commerce, ont joué, et quelques-uns jouent encore, à leur manière, ce rôle d’éditeur auprès de domaines ou de châteaux. Pourquoi ne pas imaginer – ça ne mange pas de pain d’imaginer – que nos « atypiques » puissent confier, pour certains pays, tout ou partie de leurs enfants à des « éditeurs de vin » afin de construire avec eux cette fameuse notoriété. Celle-ci, une fois acquise, même si en ce domaine rien n’est jamais acquis, quelques-uns pourront ou voudront voler de leurs propres ailes, d’autres viendront les remplacer. Je rêve direz-vous – c’est beau aussi de rêver – mais comme je ne recule devant aucune provocation j’avoue que je me verrais assez bien dans ce rôle d’éditeur de vin, appuyé bien sûr, vu mon incompétence, sur un comité de lecture – pardon de dégustation – dans le giron d’une maison de confiance. »

 

Suite et fin lundi...

 

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 00:09

broders-roger-tour-du-cap-corse.jpgJe m’envole enfin ! Le taulier prend ses quartiers d’été dans son île préférée. Et, à la manière de la préparation au mariage, je me suis imprégné d’elle avec la bénédiction du hasard. En effet, le mauvais temps a du bon, j’ai lu encore plus que d’habitude et ainsi sorti de la pile des livres achetés au gré de mes razzias en mes librairies cultes. « Qu’as-tu fait de tes frères » de Claude Arnaud chez Grasset je l’avais acquis après avoir entendu Guy Bedos en dire grand bien. Bonne pioche, comme il est écrit avec pertinence sur la quatrième de couverture « c’est la confession d’un enfant d’une époque qui continue de hanter notre imaginaire. » Né en 1955, l’auteur fut un adolescent post-soixante-huitard – à 12 ans il est allé traîner ses belles grolles à la Sorbonne et à l’Odéon – et sa plume vive, ironique, sans concession m’a scotché à ce roman autobiographique. Je vous le recommande vivement. Attention, l’épisode corse dont sont tirées mes citations se situe dans les années 60, et ce n’est qu’un épisode qui collait bien avec mon départ sans pour autant faire de l’île le centre du roman.

 

« En survolant la Giraglia, j’ai l’impression de toucher des yeux ce caillou couvert de myrte et de lentisque. Les hublots deviennent autant de masques qui grossissent les contreforts du cap Corse, un index tendu vers le golfe de Gênes.

Une forte odeur de maquis me gagne à l’aéroport de Bastia-Poretta, quelque chose d’âpre et d’entêtant qui fait battre mon cœur et me confirme que je suis corse aussi. »

 

« Mince et Coquet, Jean se parfume, se laque et parle pointu sans accent ou presque. Chef incontesté du clan, il dirige la section corse du Parti radical, a ses entrées à Paris, salue Pierre Mendès-France et François Mitterrand à la Chambre et se voit presque chaque jour consacrer un article dans la presse locale que ma grand-mère collectionne dans un grand scrapbook.

Ayant longtemps plaidé au barreau de Bastia, Jean Zuccarelli se fait régulièrement élire au conseil général depuis 1932, à la députation depuis 1962, et s’apprête à conquérir la mairie. Son propre beau-père, Emile Sari, l’a fait avant lui et durant tout l’entre-deux-guerres, où il a été un indélogeable sénateur de la Corse après avoir succédé en 1912 à son propre oncle, maire de Bastia et membre du conseil général : les Sari sont les piliers du clan Landry, opposé aux gavinistes conservateurs, un qualificatif qui pourrait désigner un peu tout le monde en l’occurrence, les Casabianca ayant eux-mêmes tourné casaque au début du siècle. »

 

« Une partie de la population dépend de leur entregent ou de leur art, Bastia est la ville des Zuccarelli, c’est ainsi. »

 

« L’omniprésence familiale renforce le sentiment de propriété qu’on éprouve, sur les plages de Lavasina et d’Erbalunga, exploitées par presque personne et fréquentées par une poignée de familles locales, ou sur les rives délaissées du golfe de Saint-Florent : le village homonyme se résume à vingt maisons de pêcheurs, une citadelle en ruine et un littoral semé d’algues offert au premier venu, avec ses tours génoises que mes frères et moi partons explorer à mains nues. Les côtes paraissent encore appartenir à tous les Corses, comme l’immense territoire âpre et sauvage que délimite le maquis, à l’intérieur de l’île. »

 

« Dans le jardin long et mince qui donne sur la montagne, nous sommes parfois trente-cinq à dévorer la tarte aux herbes et les beignets au brocciu de Jacqueline, les gnocchi de semoule que ma mère découpe à l’aide d’un verre, les salades d’aubergines venues des jardins de Sermano, le village des Turchini, relevées de menthe et de ciboulette, le tout arrosé d’un vin produit dans le Patrimonio par des petits-cousins, les Orenga de Gaffory. »

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 07:00

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Toute la presse la voulait. Les chaînes de télévision la suppliaient. Même les anglo-saxons si prompt à chercher des poux dans la tête des français s’impatientaient. Quelques coups de fils discrets lui firent même savoir qu’en haut lieu elle serait la bienvenue. Et pendant ce temps-là Marie dormait comme une bienheureuse avec Lénine lové sur le second oreiller et Tintin au Congo qui logeait dans une grande volière posé sur un tapis persan. Elle rêvait d’Abraham son grand kanak si doux, si prévenant. Elle se voyait nager à ses côtés dans le lagon de la mer de Corail. Elle lui téléphonait. Il répondait de sa voix chantante. « Quand viens-tu me rejoindre » l’interrogeait-elle ? « Dès que je peux ma belle » lui répondait-il. Le lendemain matin Marie s’éveillait à l’aurore et tout en sirotant son café avec une paille elle appelait César Compadre pour lui accorder une interview exclusive. Il rappliquait dare-dare. Avec gentillesse  elle se pliait au jeu des questions-réponses puis, elle lui déclarait, « et si je vous livrais un vrai scoop, ça vous ferait plaisir ? Le grand César en riait de bon cœur « Je vous écoute mademoiselle de Saint-Drézéry... »


« Beaucoup de beaux vins fait d’excellents vignerons ne sont pas vendus à leur juste valeur car leur appellation manque de notoriété. Alors comment faire pour percer dans un univers qui privilégie les situations acquises, comme celles des GCC qui vendent du luxe, du statut avant de vendre du vin, ou comme celles des vignerons stars qui vendent des mots avant de vendre leur vin, ou ceux qui s’en remettent aux grands épiciers car ils sont en capacité d’aligner des budgets de promotion permettant de mettre en avant les vins auprès des  consommateurs ? Efficacité commerciale avant tout : les distributeurs de vin ne sont pas des mécènes. Pour autant faut-il tout sacrifier pour entrer dans le système médiatique qui permet de capitaliser de la notoriété par le truchement de la presse spécialisée, des faiseurs de roi ou des juges aux élégances ? « Mais alors ce n'est plus la bouteille qu'on juge... C'est l'attachée de presse ? » Je ne sais pas pourquoi la profession est trustée que par des nanas ? (rires) La notoriété se bâtit-elle sur le seul bruit du tambour médiatique ? La réponse est bien évidemment non car dans cet univers de l’instantanéité, du scoop, de la fausse différence, une nouvelle « découverte » chasse très vite « la petite merveille » dénichée la veille chez un small is beautiful du fin fond du terroir. Le nouveau vieilli vite aussi bien pour les produits de pur marketing que pour ceux surfant sur des tendances pas toujours solides... »


« Mon cher César, si je puis me permettre cette familiarité, puisque je vous ai tiré si matinalement de votre lit je vous propose que nous déjeunions à l’ancienne, sans chichis, avec le chef de culture et le maître de chai. Nous reprendrons ce bavardage le ventre plein.

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 00:05

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Je ne sais rien, ou presque, de ce que fut la vie de Francis Ponge alors, plutôt que de vous dévider une resucée de Wikipédia je préfère vous proposer ce lien. link Poète singulier élevé au sein d’une famille protestante aisée Ponge posera les fondements de sa ligne poétique dans le « Le Parti pris des choses », paru en 1942, où, à la différence de Saint-John Perse et René Char il « dissèque les objets, en abolissant la frontière entre le mot et la chose qu'il désigne. Il se fait le poète du quotidien, matérialiste, sensualiste... » Alors ce matin je vous propose deux textes : un très court le cageot, car en argot c’est un boudin, et que chez moi il arrivait parfois que l’on plaça, blotties dans de la paille humide, les bouteilles de vin dans des vieux cageots pour les porter au bout du champ où se faisait la moisson.

 

Le cageot

 

A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.

Agencé de façon qu'au terme de son usage il puisse être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou nuageuses qu'il enferme.

A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles, il luit alors de l'éclat sans vanité du bois blanc. Tout neuf encore, et légèrement ahuri d'être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet est en somme des plus sympathiques - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement.

(F. Ponge, Le Parti pris des choses, 1942)

 

Le Vin

(extrait de La Correspondance du vin essais éditions Guitardes 1981 cadeau d’anniversaire)  

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 07:00

À Beychac-et-Caillau les échos de ses déclarations du jour avaient largement déblayé le terrain pour Marie, qui, sans être en terrain conquis se retrouvait face à une assistance assez bien disposée à son égard. De plus, fine mouche, elle s’était fait accompagnée par David Cobbold qui avait reçu en début d’année, au pavillon Ledoyen, le « Prix de la presse » accordé aux journalistes de la presse du Vin, pour le soutien qu'ils procurent à la filière par leur travail, des mains de Bernard Farges président du Syndicat Bordeaux&Bordeaux Supérieur. David, elle l’avait rencontré au Juvéniles et ils avaient sympathisés autour d’un Beaujolais de Chermette. Sitôt que Bernard Farges l’eut présenté, Marie embraya sur un vibrant hommage à Louis Marinier le précurseur. Face à une salle ébahie par le culot de cette gamine ébouriffée elle indiquait que c’était son pote Michel Rocard qui lui avait fait la confidence un soir qu’il s’épanchait sur les deux merveilleuses années qu’il avait passé au 78 rue de Varenne grâce à cette vieille fripouille de Mitterrand. Le public était sous le charme. C’est le moment que choisit Marie pour aborder de nouveau le sujet de son vin d’assemblage estampillé Vin de France. Il y eut un grand blanc. Sans se démonter Marie cita le Plan « Bordeaux demain » : tous ces vins qui ne trouvaient plus leur place sur le marché sauf à des prix de casse, pourquoi ne pas réfléchir à leur donner une autre destination ? « Mais attention, mesdames messieurs, pour adhérer à mon projet ce sont des vins voulus et non des vins subis qu’il me faut ! » Et de citer René Renou, puis un rapporteur tombé en désuétude et reconverti en pisseur de copie électronique. « Moi je ne ferai plus de second vin. Certes j’en ai les moyens, mais vous pourquoi ne feriez-vous pas un choix similaire pour une partie de votre vignoble ? Je sais ce ne sera plus du Bordeaux mais avec le temps, des volumes conséquents, du sérieux, de l’obstination vous pourriez sucer la roue de ma première cuvée que j’ai baptisé, avec une certaine malice Noah, et bâtir une belle marque de vin d’entrée de gamme, avec cépage et millésime. Je vous invite à venir avec moi après la vendange chez mes amis d’Embres&Castelmaure. Je puis vous assurer que le Président Patrick Hoÿm de Marien vous y accueillera avec sa courtoisie d’aristocrate terrien. Au fond de la salle des courtiers tapotaient nerveusement des sms pour leurs mandataires « le hérisson est en train de gagner la partie. L’état d’urgence doit-être proclamé, le plan déclenché... » Marie, en bonne politique, plaçait son dernier coup gagnant en soulignant que ceux qui avaient jeté au caniveau les droits de plantation serait bien avisé de s’acheter une épuisette pour aller les récupérer. Les pompiers pyromanes ne sont pas ma tasse de thé ajoutait-elle avec perfidie. La salle lui réservait une standing-ovation... Marie réclamait à boire.

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 00:09

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« Un peu de douceur dans notre monde de brutes » écrivions-nous dans Cap 2010. Nous avons été entendus en Australie puisque une dépêche AFP nous informe que le groupe de hard rock australien AC/DC va lancer toute une gamme de vins aux noms inspirés de ses tubes les plus célèbres. Sur le même sujet, et au même niveau de notoriété, je vous signale qu’ABC Australie et la BBC au Royaume-Uni préparent un documentaire prime time d'une heure  sur « l'histoire de l'industrie du vin australien - y compris l'attitude de l'Europe envers ces vins du nouveau monde. Ce documentaire se veut à la fois amusant et animé, une histoire divertissante sur l'industrie mondiale du vin. C’est une histoire sociale du vin en quelque sorte, qui examinera en profondeur la façon dont un petit groupe de chefs d'entreprises à la tête de vignobles australiens a voulu conquérir le monde et a du coup changé non seulement la façon dont le vin est fait et mais également commercialisé dorénavant. Comme vous en doutez, à la recherche de « grands participants » les producteurs ont sollicité « Monsieur Rapport ».


Trêve d’une autosatisfaction outrancière qui va encore me valoir l’ire de qui vous savez, revenons à l’avant-garde du progrès en portant à votre connaissance que « Pour faciliter la vie des éleveurs, la société Médria a lancé le Velphone, qui informe du début de la mise bas. Une heure avant l'arrivée du veau, il prévient la base par SMS. » Positionné sur la vache environ trois semaines avant la date prévue de la naissance, le Velphone mesure et transmet en permanence la température de l'animal par voie radio. Une fois éjecté par la poche des eaux, soit une heure avant l'arrivée du veau, il prévient la base par l'envoi d'un SMS à l'éleveur. Luc Debraclkeire, à Moliens, en Picardie a équipé sa ferme du système. « Ce nouveau procédé a changé ma vie. Maintenant, ce sont les vaches qui m'envoient en quelque sorte un SMS pour me prévenir de l'arrivée de leur veau », précise-t-il en souriant. Coût de l'appareil 3600€ + 29€ par mois maintenance et abonnement téléphonique + un peu de consommable (désinfectant) La société Medria, qui commercialise ce produit, a été lauréate du concours national d'aide à la création d'entreprises innovantes en 2003 puis en 2005 et elle bénéfice du soutien du ministère délégué à la Recherche et à l'Enseignement.

 

Moi qui ai mauvais esprit j’imagine que l’on pourrait aussi équiper nos braves laitières d’un IPhone leur permettant en attendant « les eaux » d’écouter les morceaux culte d’AC/DC ce qui aurait peut-être pour effet de changer leur lait en vin. Bref, on n’arrête plus le progrès ! Sauf que peut-être les défenseurs des animaux vont demander une étude sur l’innocuité de cette engeance et que ceux qui ne veulent plus voir de vaches dans nos prés pour cause de pets carboniques vont protester car l’écoute d’AC/DC risquerait  d’amplifier les rots de nos bovidés.

 

Agence France-Presse

 

Le groupe de hard rock australien AC/DC, l'un des plus grands succès de l'univers rock depuis près de quarante ans, va lancer toute une gamme de vins aux noms inspirés de ses tubes les plus célèbres, a-t-on appris mardi.

Le groupe s'est associé avec l'établissement vinicole australien Warburn Estate.

Seront proposés aux fans de hard-rock amateurs de vins, et aux autres, du cabernet sauvignon «Highway to Hell» («autoroute vers l'enfer») ou du sauvignon blanc «Hells Bells» («les cloches des enfers»).

«Pour nous, il n'y avait pas de doute sur la nécessité de rendre disponible sur tout le territoire (ces bouteilles), afin que personne ne soit laissé de côté», a déclaré Steve Donohue, directeur général des achats chez Woolworths Liquor Group, dont les magasins proposeront ces boissons.

«C'est un phénomène mondial et une première sur le marché» du vin, a-t-il assuré.

Voici un lien sur le vin AC DC, bonne lecture :

link

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 07:00

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Ces messieurs du négoce s’était fendus d’un vin d’honneur et, pendant que Paul de Candolle, très froufroutant, distribuait le contrat de confiance Saint-Drézéry, suivi d'un Luchini rayonnant qui, petit à petit, se voyait cerné par une grappe d’admirateurs qui le suppliait de leur faire Bardamu. Ce qu’il fit, avec une certaine discrétion, pendant que Marie s’entretenait avec un monsieur Pierre tout ragaillardi qui, avec son petit sourire aux lèvres, lui confiait « même si je ne partage pas toutes vos idées mademoiselle ce que je puis vous assurer c’est que vous possédez, bien plus que la grande majorité de cette assemblée, le sens du commerce. Croyez-moi, puisque vous dites savoir compter, et je vous crois, vous irez loin... » Cet aparté fut l’objet de toutes les suppositions car nul, même en tendant l’oreille, n’avait pu saisir des bribes de leur conversation car Luchini avait légèrement haussé le ton  « Moi je m'étais trouvé pour la pratique un petit appartement au bord de la zone d'où j'apercevais bien les glacis et l'ouvrier toujours qui est dessus, à regarder rien, avec son bras dans un gros coton blanc, blessé du travail, qui sait plus quoi faire et quoi penser et qui n'a pas assez pour aller boire et se remplir la conscience. Molly avait eu bien raison, je commençais à la comprendre. Les études ça vous change, ça fait l'orgueil d'un homme. Il faut bien passer par là pour entrer dans le fond de la vie. Avant on tourne autour seulement. On se prend pour un affranchi mais on bute dans des riens... » Le déjeuner avec le Président du CIVB et son bureau fut d’un chiant et d’un convenu absolus car le Fabrice s’était esbigné pour aller rendre visite à Alain Juppé qui voulait qu’il soit du prochain « Bordeaux fête le vin ». Marie, un peu vénère, entreprit Roland Feredj, l’inamovible directeur du CIVB, sur son allergie à l’égard des ronds-points avant d’abréger les agapes pour, dit-elle, aller s’acheter quelques bouquins chez Mollat qu’est à deux pas. De retour pour quinze heures, remontée comme une pendule, elle disséqua devant une Assemblée générale stupéfaite le plan « Bordeaux demain » avec la précision d’un chirurgien, mettant le doigt là où ça faisait mal, affirmant qu’être en retard d’une guerre n’a jamais amené à la victoire, que seul le passage à l’acte permettrait à l’ensemble du vignoble de mieux vivre. Foin des égoïsmes, des faux-semblants, des larmes de crocodiles, du laxisme, de l’opposition stérile négoce-propriété, il fallait faire des choix clairs, arrêter de vouloir tout faire, d’emmerder les Languedociens, et de conclure que son contrat de confiance Saint-Drézéry pouvait constituer une base intéressante pour un véritable partenariat entre les vignerons, leurs coopératives et un négoce qui ne vendrait pas que du vin. Dans le fond de la salle Paul de Candole était en lévitation, atteignant un quasi-extase alors qu’à grandes enjambées Fabrice Luchini rejoignait l’estrade pour déclarer devant le public médusé « La Fontaine est supérieur à Baudelaire parce que ce n'est pas la forme mais l'éblouissement. Baudelaire, c'est le génie de la forme, une ciselure qu'on peut simplement suivre. Mais je crois qu'il faut se méfier du génie de la forme. La Fontaine, on peut l'aborder sans cette méfiance. Sans aucune méfiance « Il est bon de parler mais meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais, alors qu'ils sont outrés. Nul animal n'avait affaire dans les lieux que l'ours habitait, si bien que tout ours qu'il était, il vint à s'ennuyer de cette triste vie. » Vous rendez-vous compte ? Si bien que tout ours... » D'ailleurs, on ne doit pas dire le s de "ours" : « Si bien que tout our qu'il était, il vint à s'ennuyer de cette triste vie. Il est bon de parler, meilleur de se taire, mais tous deux sont mauvais, alors qu'ils sont outrés. Nul animal n'avait affaire dans les lieux que l'our habitait. » A chaque fois il nous en envoie une ! Il y a tout Raymond Devos, en une phrase. Voilà : d'un côté, on a Baudelaire qui est un génie de la forme, de l'autre, on a La Fontaine qui est un génie tout court. » Le public debout l’ovationnait.

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 00:09

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Je suis frappé par l’incapacité de certains à faire le lien entre que le slogan « boire moins mais boire mieux » qui explicitement a été utilisé par certains tenants de l’AOC ou par les défenseurs de la Santé Publique et la baisse régulière depuis plus de trente ans de la consommation de vin per capita. Ils continuent de s’insurger contre leur cible favorite la loi Évin. Que celle-ci soit un frein à une bonne communication sur le vin je suis le premier à le reconnaître mais elle n’est pas le puissant frein à la consommation que certains mettent en avant puisque les spiritueux, qui sont soumis aux mêmes règles que le vin, ont continué sous son empire à développer leur consommation. Souligner qu’ils ont de gros moyens financiers marque aussi l’une des limites de la puissance de persuasion du monde du vin. Bref, même si je suis de ceux qui militent, et depuis longtemps, pour que le vin puisse avoir accès aux médias télévisuels pour exprimer sa différence j’affirme sans détour que même si cette ouverture se faisait elle n’aurait qu’un faible impact à moyen terme sur la consommation car les freins principaux à celle-ci se situent ailleurs.

 

Un autre argument utilisé par les petits génies d’une consommation tendance : « Rendre le vin « plus sexy » et « moins chiant » pour séduire les jeunes Français et leur redonner la culture du vin procède de la même incapacité d’analyse. Affirmer comme le sémillant Oliver Magny  que « Le vin français va devenir comme l'Eglise catholique, il n'y aura plus aucun jeune qui sera intéressé » procède du bon mot qui séduit les dirigeants professionnels mais ne correspond en rien à la réalité : les jeunes ne se détournent pas du vin parce qu’il serait chiant mais parce que sa culture n’est plus transmise par la courroie la plus efficace : la famille ou l’environnement social. De plus, et ça rejoint ma remarque initiale : Olivier Magny, qui plaide pour sa chapelle branchouille qui ne sert que des vins chers, n’est pas le meilleur avocat du développement de la consommation par tête du vin : boire cher se heurte à la limite du porte-monnaie de chacun. Seule la loi des grands nombres peut permettre au vin de retrouver des volumes en valeur absolue qui permettent de garder une viticulture nombreuse sur le territoire. Quand il affirme que pour « rendre le vin « plus sexy », désormais il ne faut pas hésiter à recourir au marketing voire au happening, une technique qu'il a mise en oeuvre en organisant une dégustation, dans les airs, de 3 grands crus pour les passagers d'un vol Paris-Barcelone, en 2009 » je préfère m’abstenir de commentaires sur l’inanité de tels arguments. Quant à profiter de « l'effet d'entraînement des séries américaines, type Sex in the City ou Cougar Town, où l'on voit régulièrement les personnages déguster un verre de vin » pour contourner la loi Evin je ne vois pas ce que la culture du vin à la française y gagnerait. Le Net offre des possibilités bien plus intelligentes que celle-ci. Enfin, toujours se lamenter que les « les Chinois et les Américains ont plus soif de terroir que nous » est une posture bien française qui est toujours de se refuser à une analyse de la réalité pour s’en tenir aux antiennes éculées. Appréhender les Français tels qu’ils sont en 2011 ne nuirait pas à la crédibilité et à l’efficacité des analyses et des préconisations mais notre filière à les penseurs qu’elle mérite.

 

Le journal le Monde du 14 juillet reprenant une dépêche de L’AFP fait écho à une étude de chercheurs qui « estiment que la baisse de la consommation de vin en France va s'accentuer. Leur étude souligne en effet que boire du vin est devenu « exceptionnel » pour les 18-30 ans, et qu'en conséquence cette génération sera donc moins consommatrice à l'avenir. » Ils ont répertorié 3 strates générationnelles :

- la « génération héritage » les plus de 65 ans ;

- la « génération X » entre 30 et 40 ans

- la « génération Y »  entre 18 et 30 ans

 

Au travers d’entretiens ils font apparaître, sans grande surprise, des représentations du vin et de sa consommation qui diffèrent selon la génération. Ils notent des « cassures importantes » entre les trois générations étudiées et que « chaque génération a son vin emblématique ». Là aussi rien de très nouveau dans le fait que ce soit le vin de table pour les plus anciens, les vins d’AOC pour les 30-40 ans, et les vins de cépage pour les plus jeunes. Leur constat que « si les trois générations s'accordent sur le caractère convivial de la consommation de vin, la fréquence diffère, en revanche, selon les âges » n’apporte lui aussi pas grand-chose à notre connaissance. On sait depuis fort longtemps qu’elle est régulière, voire quotidienne, pour la génération héritage, qui la pratique en famille et entre amis ; qu’elle est occasionnelle et surtout festive pour la génération X ; qu’elle devient « exceptionnelle » pour la génération Y. Dans ce dégradé ce sont les raisons invoqués par les plus jeunes qui sont intéressantes : ils redoutent les dégâts sur la santé et considèrent le vin comme un produit de luxe.

 

Très clairement le travail de sape des hygiénistes, mené depuis des années, produit ses effets mais pour autant l’argument santé et forme dépasse largement les seuls effets des campagnes de Santé Publique. Une part importante de nos jeunes concitoyens y est très sensible même si dans le même temps une autre s’adonne à une alcoolisation brutale de type binge-drinking. Et c’est là qu’une approche strictement générationnelle n’est pas pertinente car, selon les catégories socioprofessionnelles, les niveaux de revenus, l’implantation géographique l’approche du vin dans la nouvelle génération est très contrastée : quoi de commun entre l’appétence pour la connaissance du vin de groupes de plus en plus importants de jeunes et le pochtronage collectif des fins de semaine ? Pas grand-chose, alors les chercheurs feraient bien d’affiner leurs outils d’analyses plutôt que de se contenter de faire de simples projections du type : « la diminution du nombre de consommateurs pour chacune des nouvelles générations laisse à penser que la baisse de la consommation globale de vin en France en volume va se poursuivre sous l'influence des « générations X et Y ». En effet, la part de consommateurs réguliers est passée de 51 % en 1980 à 17 % aujourd'hui et s'établira autour de 13 % en 2015. La part des non-consommateurs absolus de vin est quant à elle passée de 19 % en 1980 à 38 % en 2010 pour s'établir à 43 % en 2015. »

 

Ce qu’ils écrivent n’est pas faux mais ils ne prennent pas en compte trois éléments importants :

- ils ont « oublié » volontairement ou non la catégorie des 50-65 ans qui étant donné l’allongement moyen de la durée de vie vont avoir des comportements de consommation à l’identique plus longtemps.

- la progression possible de la consommation per capita dans la génération médiane liée à l’effet consolidation de son niveau de vie (l’accès au travail étant de plus en plus tardif la catégorie des 30-40 ans née dans les années de crise accède bien plus tard que la précédente à une consolidation de leurs revenus) ;

- la modification du comportement de la nouvelle génération face au vin liée à un phénomène que l’on rencontre dans les pays néo-consommateurs où le vin est un marqueur social important. Les Français, et leurs jeunes plus encore, ont une forte capacité à développer des discours contradictoires avec leurs actes : Mac Do se porte très bien chez nous malgré un discours dominant très négatif.

 

Bref, ce que je souhaite faire passer comme analyse ce matin c’est qu’au-delà des tendances – les chiffres de l’étude évoquée résultent d’études dites qualitatives (entretiens) et d’extrapolation – le monde du vin Français ferait bien de sortir de ses vieilles lunes pour aborder l’univers de la consommation tel qu’il est pour développer des discours audibles par la nouvelle génération. Comme je l’ai souvent écrit le vin est sorti de son ghetto mais entre le discours purement élitiste ou ne s’adressant qu’aux amateurs et celui des hygiénistes qui jouent sur les peurs et la religion de la forme, il nous faut savoir développer, au travers des nouveaux médias ouverts par le Net des contenus qui intéressent les nouvelles générations. C’est un travail de fond, difficile, patient et opiniâtre qui portera ses fruits à moyen terme et sera un bras de levier puissant pour l’extension du domaine du vin qui permet de conjuguer une consommation per capita responsable et l’augmentation du nombre des consommateurs.

 

Tout le reste n’est que faux-semblants, discours de comices agricoles, articulet de lois sans effet. Depuis des années nous persévérons dans l’erreur pour le plus grand bénéfice de nos adversaires. Je le regrette mais sans une traduction claire, pour l’opinion publique, de ce que nous sommes et de ce que nous proposons, nous resterons minoritaires ce qui signifie pour les politiques, qu’en dehors de draguer des voix circonstancielles, nous ne pesons pas suffisament. Attention je ne pose pas en juge de la sincérité de certains combats, tel celui que mène Jean Clavel, mais je pense que même s’ils aboutissent à des décisions concrètes – ce dont je doute – elles ne suffiront pas à inverser certaines tendances lourdes. Nécessaires donc mais pas suffisants ces combats... Quand aux gloses sur l'iniquité de la loi Evin, elles font plaisir à leurs auteurs mais comme la grande majorité de nos concitoyens électeurs ignorent ce qu'est la loi Evin nos élus, majoritairement urbains, penchent du côté des défenseurs de la Santé Publique. Je le regrette mais ce que je regrette encore plus encore c'est que la bonne méthode suivie par Vin&Société ne soit pas amplifiée par tous ceux qui font des moulinets. Arrêtons d'agiter des chiffons rouges qui ne servent que nos adversaires ! Nous sommes minoritaires, et Dieu sait que je sais ce que c'est d'être minoritaire, nous devons inverser la tendance par un travail lent et patient.

 

Enfin, je signale à certains approximatifs qu'Edonys attaque une décision  du CSA et non la loi Evin à propos de laquelle, puisque nous allons entrer dans une période électorale je dis Chiche ! proposez à chacun  des candidats un texte en forme qui modifie la loi Evin sans rompre le principe constitutionnel d'égalité. Je suis preneur d'autre chose que des rodomontades. Si je fais le compte  de mes chroniques sur le sujet depuis que mon blog existe : une bonne dizaine je n'ai pas de leçon à recevoir de quiconque et surtout pas de qui vous savez. Se taper sur le ventre entre nous c'est bien agréable mais allez donc, comme je l'ai fait aux AG de l'ANPAA, dans les associations de lutte contre le Cancer ou tout bêtement à la rencontre de parents confrontés à l'alcoolisme violent de leur progéniture : notre discours passe difficilement mais il n'empêche qu'il faut le tenir et le tenir encore. Merci à madame Tarby et je souhaite à l'ami JM Peyronnet bonne chance pour que sa chaîne thématique Edonys voit enfin le jour...

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 07:00

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Leur arrivée, bras-dessus, bras-dessous, elle et Fabrice, lui en polo rouge, toujours dans sa phase Murray, clamait que « l’aristocratie des châteaux de Bordeaux constituait le dernier rempart face au totalitarisme. » et, elle, souriante, tout de blanc vêtue, ne passa pas inaperçue dans la petite salle qu’avait réservé le syndicat des négociants de la place de Bordeaux. Ils étaient tous là, même le patriarche Pierre venu avec son jet de Genève, le challenger Joseph en provenance de Petersbach par Easy Jet, et bien sûr le ban et l’arrière-ban des négociants au sein duquel s’étaient glissés quelques courtiers ulcérés d’être boudés par cette pétroleuse. Luchini pour détendre l’atmosphère se proposa de lire du Paul Valéry. Ce qu’il fit « Ce qui nous force à mentir est fréquemment le sentiment que nous avons de l'impossibilité chez les autres qu'ils comprennent entièrement notre action. Ils n'arriveront jamais à en concevoir la nécessité, qui à nous-mêmes s'impose sans s'éclaircir. Je te dirai ce que tu peux comprendre. Tu ne peux comprendre le vrai, je ne puis même essayer de te l'expliquer. Je te dirai donc le faux. C'est là le mensonge de celui qui désespère de l'esprit d'autrui, et qui lui ment, parce que le faux est plus simple que le vrai. Même le mensonge le plus compliqué est plus simple que le vrai. » Puis il se rassit sagement aux côtés de Marie en déclarant « Ça lève, là, quand même, la langue... ». L’assistance applaudit même si l’aridité de Valéry les avait un peu surpris. Marie se leva, micro-cravate fixé au col de son corsage, et avec aisance, tout d’abord remercia son cher Fabrice pour la pertinence de sa lecture introductive puis bien évidemment les participants, les citant un à un par ordre d’importance sans en oublier aucun, même les courtiers resquilleurs. Elle souligna qu’elle tenait à donner la Primeur au négoce de la place de sa nouvelle approche du marché. Applaudissements polis. Son exposé sur le « Contrat de confiance Saint-Drézéry » fut d’une grande limpidité, il se fondait sur une philosophie d’une grande simplicité : si vous souhaitez achetez mes vins pour les revendre il vous faudra vous conformer à des obligations simples : absence de spéculation, qualité du service rendu aux clients, concurrence loyale, fidélité et capacité à  lier des relations durables avec des importateurs... Tout manquement à ces conditions contractuelles vaudrait, selon la gravité, un carton jaune ou rouge, soit une exclusion temporaire ou définitive. Bien évidemment Marie tiendrait compte de l’antériorité, elle ne souhaitait pas mettre ses partenaires négociants en difficulté mais consolider sur de nouvelles bases les relations commerciales. Afin que la confiance règne, que le suivi soit facile, toutes les bouteilles du prochain millésime seraient munies d’une puce et l’étiquette d’un QR code permettant au client d’accéder à la fiche d’identité du vin. L’assistance était bouche bée. Marie termina son exposé en indiquant aux négociants que son contrat duo avec des châteaux partenaires leur était aussi ouvert. « En ramenant mes prix à des niveaux conformes à une saine économie de marché je dégage ainsi des moyens pour que nos acheteurs puissent s’intéresser à des vins de moindre renommée mais de belle qualité. Ainsi je participe à l’Extension du domaine du Vin » conclut-elle sous des applaudissements nourris.

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 00:08

Il est de bon ton dans notre milieu du vin de railler le fait que notre Président ait consommé, dit-on – je n’étais pas présent à Châteauneuf-du-Pape – du jus de cerise lors de sa rencontre avec des professionnels du vin. Mais c’est son droit le plus strict. Au risque de passer pour un provocateur je trouve qu’il a fait preuve de courage en ne se soumettant pas à un geste pour simplement faire plaisir à ses interlocuteurs.

 

Pour autant,  cette abstinence, le disqualifierait-il en l’empêchant de porter sur nos problèmes un jugement serein ?

 

Pour moi la réponse est bien sûr non.

 

Quand à se pencher sur le pourquoi, les raisons de son choix j’estime que c’est une pure inquisition qui n’a rien à voir avec la sacro-sainte transparence.

 

Que notre Président se retrouve dans la catégorie majoritaire des non consommateurs absolus de vin qui est passée de 19% en 1980 à 38% à 2010 et que l’on prévoit à 42% en 2015 devrait nous amener à sortir de nos analyses à courte vue (chronique de demain )


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Dans ma jeunesse Pierre Mendès-France, baptisé Mendès-lolo pour sa distribution de lait dans les écoles, s’est aliéné le vote de ceux qui lui reprochait sa croisade contre les bouilleurs de cru et a été vilipendé dans les campagnes. Pour autant, était-ce un mauvais dirigeant politique ? Il était l’élu d’un département normand où l’on ne suçait pas que de la glace et son combat était respectable.

 

Notre Président ne peut être taxé d’être anti-vin car il n’en boit pas. L’important pour nous tous c’est que lui-même et ceux qui se présenteront à la magistrature suprême comprennent ce nous sommes vraiment et ne se laissent pas seulement influencer par le lobby des hygiénistes. Nous sommes le fruit d’une Histoire, le vin n’est plus la boisson nationale, à nous de convaincre nos décideurs de la place nouvelle qu’il occupe dans nos sociétés urbaines déshumanisées. Gardons-nous de nous faire plaisir avec des facilités de plume ou de langage.


La colère est souvent bien mauvaise conseillère. Moi le premier il m’arrive de m’y laisser prendre. Mon ami David Cobbold me le faisait remarquer il y a quelques jours lorsque j’ironisais sur le nom d’un de mes détracteurs favoris. Il avait raison et je vais plus encore être attentif à garder au débat une certaine forme de tenue. Que nous fussions irrités, fâchés, exaspérés par la mauvaise foi de certains de nos adversaires, par la réceptivité des médias à leur argumentaire, je le comprends aisément mais pour autant gardons-nous de céder à la facilité, à l’emphase, aux arguments qui nous font tant plaisir mais qui desservent notre belle cause.


Comme nul ne peut me taxer d’être un thuriféraire de notre Président j’ajoute à cette chronique en défense que l’intérêt général n’a jamais été, et ne sera jamais l’addition des intérêts particuliers, mais la capacité que nous aurons à demander à nos hommes politiques d’énoncer des choix clairs qui nous permettrons de choisir en toute connaissance de cause et non à entendre des promesses, dont beaucoup ne seront jamais tenues. Comme je n’ai pas la vocation, ni l’envie d’ailleurs, d’énoncer ces choix pour notre secteur du vin je forme des vœux pour que ceux qui en ont la charge représentative le fassent. C’est le moins qu’on puisse espérer d’eux…

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