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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 07:00

9782253082972Le matin de l’opération « un peu de vent dans les branches de sassafras » Marie se leva de bonne heure - écrire de bonheur conviendrait aussi - pour marcher dans ses vignes. Elle jetait sur elles un autre regard que celui du premier jour et elle déclamait du Onfray face à elles « Les pierres qui font les vins sont roturières pour la plupart. Mais toutes sont mêmement chargées de magnétisme : brûlées par le soleil, fendues et fondues par la foudre, polies par les sacs et ressacs, lustrée par l’entropie des vents violents et brefs ou doux et longs, elles eurent pour destin moins les palais et les chefs princiers que les ornières des champs, les fondrières des chemins. On ne les vit pas serties sur un chaton à la main d’une belle, ni pendues autour du cou d’une courtisane, scintillantes de tous leurs feux, en représentation et habits d’apparats, mais révélées à la lumière par le soc d’une charrue, mélangées à la terre et offertes à l’œil par l’acier tranchant d’une araire, ou tout simplement irradiant dans la main de l’homme de l’art qui l’aura extraite de la glèbe qu’il travaille quotidiennement. » Onfray, qu’elle avait croisé dans un truc organisé par « les folles de Télérama du VIe arrondissement » au marché St Germain, Marie le trouvait un peu casse-couilles pour un hédoniste avec une forte tendance à beaucoup aimer le son de sa voix, mais pour autant dans son livre Les formes du temps, théorie du Sauternes certains passages la trouaient. Sur son épaule Tintin au Congo s’égosillait « Onfray n’est pas gai » pendant que Lénine se goinfrait de Merlot jusqu’à en avoir les babines rougies tel un vampire des Carpathes. Paul de Candolle la rejoignit après avoir laissé dans la chaintre son nouveau scooter rose fluo.

- Prête ?

- Oui j’adore le sprint long.

Le programme tenait en effet d’un 1500 mètres : à 10 heures rencontre avec le Syndicat des Négociants, à midi déjeuner avec le Président et le Bureau du CIVB, à 15 heures intervention devant l’AG du CIVB, le soir enfin, à Beychac-et-Caillau dîner-débat avec le syndicat des Bordeaux et Bordeaux Sup. Powerpoint or not Powerpoint ? Marie avait très vite tranché : elle ne voulait pas être enserrée dans un carcan pour pouvoir s’adapter aux réactions du public. Sa seule concession fut l’élaboration un dossier papier qui serait distribué en temps et en heure aux participants. Sur la page de garde du dossier une simple étiquette, genre pot de confiture, collée avec, calligraphié à l’encre violette, ce titre : « Le contrat de confiance Saint-Drézéry » et tout en bas une citation de Henri Bergson « J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. » que lui avait soufflé son pote Luchini qui d’ailleurs serait de la partie aujourd’hui

 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 00:09

En ce jour de l’Assomption de la Vierge Marie oser évoquer un lit à propos de Berlusconi relève de la faute grave, du péché mortel et frise l’excommunication. Et pourtant, à l’aide de mon si pratique et parfois casse-gueule esprit d’escalier, j’en suis arrivé à cette question qui me paraît pas forcément idiote.

 

Démonstration en 3 points :

 

1-     Le constat de l’existence d’une alliance objective entre notre « gros » vigneron bordelais désolé (a) et notre petit vigneron du sud révolté (b) pour célébrer une Italie paradis du petit commerce :

 

(a)   « Je suis en train de boire un petit san giovese gouleyant à souhait, qui coule et roule sous mon palais, frais, fruité, et qui me coûte 5€ le quart de litre au meilleur restau de Parme, juste derrière le tribunal d'appel. (En passant, parce que nous avons la digression en commun, mon cher Jacques et moi, ca fait 5 jours de parenthèse italienne enchantée, que je bois des vins a prix totalement normaux, dans tous les restaus du coin, du plus petit au plus grand, amis restaurateurs français, prenez en de la graine !) »

 

(b)  Un de mes excellents potes – un libéral pourtant, vivant au GDL – se rend en Italie presque tous les mois, au volant de sa grosse BMW de société. C’est un homme intelligent et cultivé, fou de Jazz, de musique baroque $d’opéra aussi, hélas$, des arts plastiques et ... de bon vin. Sa femme et lui me font baver par leurs récits des vignerons à qui ils rendent visite, les bouteilles qu’ils rapportent, les fromages et les charcuteries qu’ils me font goûter. Et ils me disent la même chose que toi : pas le moindre hameau sans une petite trattoria sympa où on mange les pâtes de la mamma, avec l’huile du moulin local et la bottiglia sur table à un coefficient de 1,5 ! Forza Azzuri ! »

 

2-    La ressortie, au Champo, de Vedo Nudo du grand Dino Risi, film en 7 illustrations comiques, daté du début des années de plomb 1969,  avec un époustouflant Nino Manfredi, qui comme l’écrit Jacques Siclier « suggère que ces personnages atteints d’anomalies sont conditionnés par un grand monstre : la société italienne elle-même » Je suis allé le voir à midi dimanche pour la modique somme de 5 euros. Grandissime !

photoRisi.jpg

3-    Le constat que Sylvio Berlusconi est à ce jour le président du Conseil ayant la plus grande longévité de la République.

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À votre avis ai-je tort ou raison d’évoquer un lien entre maintien du commerce de proximité en Italie et longévité politique de Sylvio Berlusconi ?

 

Étant comme le vigneron désolé et le vigneron révolté un grand amoureux de l’Italie je ne puis être taxé d’engager un mauvais procès mais La Ligue du Nord et l’Alliance Nationale (héritière du MSI néo-fasciste) les alliés d’Il Cavaliere ne sont pas une invention de mon esprit...

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 02:00

Francesca s’affairait autour de nous avec grâce pendant que le grand homme monologuait en brassant beaucoup d’air et, avec son air cabotin, se tournant vers elle, les bras grands ouverts, d’abord il s’extasiait « Quel immense bonheur que le ciel m’est envoyé cette belle et douce enfant qui égaie mes jours... » ; puis il me prenait à témoin « Crois-moi sans elle je suis certain que j’en serais réduit à parler tout seul face au vide de ma vie... » ; enfin il l’appelait « Viens t’asseoir sur les genoux de ta vieille tante ma belle Francesca... » Celle-ci soupirait et s’exécutait. Le vieil homme lui caressait les cheveux en se laissant aller à un soudain accès de sincérité « Vois-tu Francesca, je n’ai été père qu’une seule fois, par accident, par paresse et lâcheté. Ce fut Marie. Trop occupé que j’étais à la contemplation de moi-même je l’ai laissé pousser loin de moi auprès de sa mère. C’était une fille comme toi, sincère et droite. Il a fallu que ce soit cet énergumène qui me fasse découvrir que je tenais à elle comme à la prunelle de mes yeux. Deux jeunes fous amoureux qui débarquent dans le fracas de mai. Quelques beaux jours, lumineux, pleins de l’espoir d’une jeunesse à nouveau ardente et solidaire. Eux deux ils étaient une île sur laquelle une vieille tapette prétentieuse comme moi retrouvait la lumière. Tu sais Francesca pour une peintre capter la lumière est essentiel. J’avoue que je me voyais déjà avec une nuée de petits enfants entre les jambes. Le vieil égoïste allait enfin sortir de son isolement hautain laisser parler son vieux cœur sec. Et puis ce fut ce que ce fut, bien plus qu’une déchirure, le sentiment d’être passé à côté de ma Marie, d’avoir gaspillé le seul trésor de ma vie. Restait lui, brisé en mille morceaux. Perdurer me dit-il, crever à petit feu pour ne plus jamais connaître le bonheur. Oublier, jamais ! Je ne sais Francesca s’il t’a raconté sa vie depuis que Marie nous a joué ce sale tour mais aujourd’hui ce petit con pourrait dire : j’arrête. Je reprends le cours de ma vie. Il est mon légataire universel alors qu’attend-il ? Francesca somme-le de t’épouser ! » Le grand homme éclatait de rire comme s’il s’en voulait soudain d’avoir entrouvert sa cuirasse.

 

Et de revenir sur la connerie de la Gauche Prolétarienne, de l’imbécillité congénitale d’Alain Geismar qui lors de son procès, poing levé, boudiné dans sa chemise écarlate, vilipendait « l’impérialisme américain » avant de faire l’éloge de la Chine de Mao « où les ouvriers depuis plus de vingt-ans on chassé les patrons et dirigent eux-mêmes les usines. » Même ce couard de Sartre n’est pas apparu au procès. Ce monsieur ne veut témoigner que devant les ouvriers de Billancourt. Calembredaines que tout ça, le 27 octobre place Bir-Hakeim, sur son tonneau il s’époumonera devant une poignée d’intellos rameutés par Godard et Maurice Clavel. Pure provocation, la CGT a raison, les gauchistes font le jeu de Marcellin tout heureux de les agiter comme des épouvantails à bourgeois apeurés. Même un type comme Foucault écrit n’importe quoi avec son mélange soi-disant détonant des voyous du lumpenprolétariat et des travailleurs. Oser écrire dans Esprit ce qu’il écrit a de quoi désespérer Billancourt. « Ce dont le capitalisme a peur depuis 1789, 1848, 1871, c’est de la sédition, de l’émeute : les gars qui descendent dans la rue avec leurs couteaux, leurs fusils, qui sont près à l’action directe et violente... » C’est stupide : les émeutiers ça se réprime avec les armes, par le sang. Cette religion de la violence est la plus parfaite expression de l’irresponsabilité de ces petits bourgeois qui écrivent bien au chaud dans leur appartement. La violence armée n’est légitime que face à l’oppression d’un dictateur, d’une armée occupante, Foucault est un pleutre minable lorsqu’il ose déclarer « quand on apprend à ne pas aimer la violence, à ne pas vouloir la vengeance, à préférer à la lutte, on vous apprend quoi ? On vous apprend  à préférer à la lutte sociale, la justice bourgeoise... » Si on lui volait son portefeuille le sieur Foucault irait sûrement sans rougir porter plainte au commissariat !

 

En entendant le grand homme la sommer de m’épouser Francesca était allé se pelotonner à l’extrémité du canapé d’où elle avait suivi sa péroraison d’un air perplexe. Les subtilités de l’extrême-gauche française lui apparaissaient sans doute tout aussi absconses que celle du MIR chilien. Alors que le grand homme reprenait son souffle elle revenait à ce qui en fait la préoccupait vraiment : « Ce que vous me demandez, cher père – elle l’appelait père – est impossible. Je suis mariée..

- À une ordure galonnée...

- Oui mais marié devant Dieu mon père !

- Allons Francesca Dieu s’en fout de votre lien. Vous pouvez le rompre à votre guise ! Et puis, vous êtes ici sous une nouvelle identité donc...

- Non père je ne puis m’engager sans avoir réglé mes comptes avec lui...

- Avec Dieu ?

- Non avec Juan Manuel mon mari...

- Et comment allez-vous régler vos comptes Francesca ?

- Je ne sais pas père mais pour l’instant je n’ai nulle envie d’encombrer la vie de qui que ce soit. Je vais essayer de vivre la mienne au mieux. Vous me comprenez j’en suis sûr...

Désarçonné, le grand homme changeait de pied.

- Et ce grand couillon, lui, part en Italie... Vous voulez ma mort mes enfants...

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 00:09

  

Une fois n’est pas coutume mais ce dimanche, au lieu de vous faire de mes amours musicales comme d’ordinaire, je vais fort brièvement vous narrer mon allergie au crooner à la française.  Je n’aime pas le sirop, le mielleux, la ritournelle à l’eau de rose même si certains crooners américains Sinatra, Dean Martin, Marvin Gaye, Nat King Cole, Bing Crosby, à petite dose et dans un contexte favorable, je consomme. Du côté français, sur mon échelle de Richter de l’allergie :

- au niveau 9 : Jean Sablon et François Deguelt par bonheur oubliés dans le grenier et pleins de toile d’araignée ;

- au niveau 5 : Henri Salvador supportable sans réel plaisir.

- au niveau 3 : Yves Montand et Guy Marchand acceptable pour la part d’humour et d’autodérision qu’ils mettent dans leur interprétation. De beaux textes aussi... mais je m’ennuie vite...

 

Dans la nouvelle génération je ne sais si cette espèce existe encore. Enfin, merci de ne pas classer Joe Dassin dans cette catégorie. Je vais lui consacrer une chronique prochainement. J’ai choisi à dessein les vidéos les moins caricaturales et je vous conseille celle de Guy Marchand car elle contient le geste qui sauve.

 

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 07:00

 

Le désarroi, tel fut le sentiment qui s’abattit sur beaucoup d’intervenants de la place de Bordeaux suite à la réception entre les deux rives. « Mais où voulait-elle en venir cette diablesse sans jupon ? Le savait-elle au moins, grinçaient les plus obtus. Les plus aigus, eux, attendaient stoïquement la prochaine livraison de Marie. Voldemort, lui, plaçait ses pions. Surtout ne rien laisser paraître, tisser tel une araigne sa toile, attendre que l’imprudente s’y englue. Rendons tout de même à la vérité que les idées de Marie firent leur chemin dans les esprits les plus éclairés et, fort discrètement, sur les deux rives, des petits groupes en discutèrent, sans pour autant dévoiler la sympathie que cette Marie de Saint-Drézéry leur inspirait. Les seuls grands absents du débat furent, comme à l’accoutumée, ceux que par facilité nous désigneront sous le vocable « journalistes du vin ». Ils étaient tous en vacances. Seuls quelques bloggeurs par l’odeur du buzz alléchés se fendirent de posts : Lalau toujours prompt à dégainer en pleine nuit, à 3 heures 15 très précisément, lorsque la dépêche Reuters tomba sur son télescripteur de poche posé sur sa table de nuit ; Antonin le basque bondissant fut plus vindicateur que jamais même si cette Marie venait impunément piétiner ses plates-bandes ; dans les 5 du Vin Michel WS quittant pour un temps la môme Carignan donna  un sacré coup de chapeau à celle qu’il surnomma la reine du Petit Verdot ; Hervé Bizeul toujours à l’affut des idées neuves invita Marie à venir chez lui partager le pain et le sel, et la Petite Sibérie aussi. Et pendant ce temps-là Marie arpentait ses vignes. S’imprégnait. Posait des questions. Noircissait son petit calepin de notes. Paul de Candolle, lui, préparait la seconde phase de la blitzkrieg avec le think tank « Sans Interdit » où, un drôle d’escogriffe bien connu des services officiels, tenait lieu dans la plus grande discrétion bien sûr, d’éminence grise. Juillet touchait à sa fin et un matin, en suçotant sa paille, Marie face à Lénine qui s’étirait et à Tintin au Congo qui sifflotait la Paimpolaise, pensa « Ils sont tous à Ferret, je vais me payer le luxe de les tirer de leur farniente » et se saisissant de son Iphone elle balança un SMS à Paul de Candolle : « feu vert pour l’opération « un peu de vent dans les branches de sassafras » Avant qu’elle ne rengaine son téléphone Marie fut hélé par la cuisinière marocaine « Mademoiselle, y’a encore le monsieur Leclerc des magasins qui voudrait vous causer... 

- Encore lui ce casse-couilles...

- Qu’est-ce je lui réponds au monsieur casse-couilles ?

- Rien Aziza je vais le prendre l’appel de ce gros malin dans le salon. « Tel est pris qui croyait prendre » je vais le ferrer...

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 00:09

P_-Bettencourt.jpgAppliquée aux Bettencourt, Liliane et sa fille, la citation des Nourritures terrestre d’André Gide « Familles, je vous hais ! Foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur.» est un pied-de-nez de l’Histoire qu’aurait apprécié à sa juste valeur provocatrice Pierre Bettencourt, le frère d’André le mari de Liliane. Il l'avait fait imprimer sur un billet de 20 francs, ce qui provoqua l’ire de la Banque de France calmée par le bras long du Ministre Bettencourt. Mais sous ce patronyme se cache le trouble Eugène Schuller, le père de Liliane sa fille unique, financeur de la sinistre Cagoule d’Eugène Deloncle, l’inventeur de l’Oréal. Nous sommes ici face à l’ambigüité française en un temps que nous ne voulons plus connaître. bettencourt-009 1189110267

Pierre Bettencourt (1917-2006), je l’ai découvert au cours d’une soirée, chez un ami, dans le secret de sa bibliothèque emplie de trésors bibliophiles. Pendant que d’autres, les forçats de la plume, faisaient semblant de ne pas s’emmerder dans les dîners au château, pour ce faire ils comptaient les convives, dépiautaient les menus et s’extasiaient face aux vins servis, moi vautré dans un canapé je touchais, que dis-je j’effleurais, je caressais, je dénudais des livres rares aux saveurs excitantes, je les dégustais sans hâte, je m’extasiais. Vous pensez bien que je n’avais aucune compassion pour les petits marquis qui, en bout de table, se croient importants alors qu’ils confinent à l’insignifiance. Moi je suis un privilégié de la plume qui surfe sur ses insignifiances, les revendique même, mais qui se fait un grand plaisir de pisser au long de la raie des coqs de basse-cour. Suis-je vulgaire ? Je ne sais mais je suis et je reste aux côtés de ceux qui ne suivent pas les chemins ordinaires. Je leur réserve mon admiration. La réussite ne se situe pas toujours dans les soi-disant hauteurs de fortune mais se niche plus souvent dans le talent pur. Merci a toi P... toi qui, en plus, me dit que je fais parti de la famille. Avec de tels enfants j'en suis heureux et flatté. 

 

Pendant que les Allemands occupait la France avec la complicité du Maréchal, Pierre Bettencourt, dans la maison familiale de Saint-Maurice-d'Ételan (Seine-Inférieure) , elle-même occupée par les militaires, « inventa une occupation irréductible: l'édition, sur sa propre presse à bras. Le culte de l'acte esthétique, l'amour du métier, la recherche de la beauté qui se niche dans le moindre détail » Cette résistance ne le quittera plus. « Après des études secondaires au Havre et en Savoie, Pierre Bettencourt suit au Collège de France le cours de poétique de Paul Valéry. En 1948, il offre ainsi, dans la quasi-clandestinité de son art des catacombes, un texte d'Antonin Artaud l'année même de la mort du poète: Le Théâtre de Séraphin. Cette diatribe inspirée, rédigée à Mexico en 1936, recèle la force des mages maudits: «Cela veut dire qu'il y a de nouveau magie de vivre; que l'air du souterrain qui est ivre, comme une armée reflue de ma bouche fermée à mes narines grandes ouvertes, dans un terrible bruit guerrier.»

 

Pierre Bettencourt le passeur « devait mettre ainsi entre quelques mains choisies d'autres poètes essentiels, comme Henri Michaux et Francis Ponge. Il devait surtout, après avoir publié Plukifeklair Mouinkonnivoua de Jean Dubuffet, devenir l'ami de cet artiste, qui lui adressera, de 1949 à 1985, des lettres tordantes » Pierre Bettencourt, le chaînon manquant 20 juillet 2010 | Par Antoine Perraud sur Médiapart.

 

Pour vous, rien que pour vous, quelques photos prises à la volée, mais pas volées, rien que pour le plaisir de se glisser dans les lignes de ce Bettencourt là, loin de la petite frappe suceuse de vieille héritière, loin des ressauts mère-fille, loin des requins de la basse-finance, tout près de cet artisan qui voyageait en solitaire, défiant l’esprit du temps, hors tout, sauf la beauté et l’inutilité du geste.

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 07:00

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Sur la vidéo Marie, micro-cravate, entourée de ses chefs de culture se promenait dans ses vignes. Elle ne s’embarrassa pas de circonvolutions elle alla droit au but.  Si Marie s’était contentée d’annoncer une simple baisse, même forte, de ses prix, la place de Bordeaux ne se serrait pas autant émue. La mécanique qu’elle venait d’enclencher était beaucoup plus subtile car la conjonction de son retrait des primeurs, de son refus des allocations au négoce et de la programmation d’une forte baisse modulée, suivant un savant calcul qu’elle détaillait, et étalée sur trois années, plaçait les propriétaires haussiers en porte-à-faux. Pour les courtiers la messe semblait dite, Marie avait annoncé la couleur « Pourquoi m’encombrerais-je d’un entremetteur pour fixer mes prix ? Moi la tendance je m’en balance tout comme ce que mijotent mes concurrents. Je connais mes prix de revient et l’important pour moi est de pouvoir financer mes investissements, qu’ils soient physiques ou commerciaux. Me goinfrer et faire du surprofit ne m’intéresse pas. » Ce froid langage glaça d’horreur ceux qui espéraient voir en Marie une Cigale dispendieuse. D’ailleurs, avec son ton gouailleur, elle avait signifié qu’elle ne partait pas au combat sans d’importantes réserves de munitions. « Je succède à cinq fourmis, des vrais, des âpres au gain, des qui vivaient chichement sur des matelas bourrés d’or. Moi, jusqu’ici, sans faire grand-chose de mes dix doigts, je vivais de trois fois rien qui était déjà beaucoup. Comme vous l’ai dit je sais et j’adore compter alors, ne comptez donc pas sûr moi ni pour dilapider le capital qui vient de me tomber dessus, ni gonfler un bas de laine comme une grosse reine. Nous allons faire du vin, des vins, et nous allons les vendre au plus prêt de ceux qui peuvent ou qui veulent les consommer. Sans doute allez-vous me trouver prétentieuse mais me contenter de jouer à la châtelaine, très peu pour moi ! Bien sûr, mon expérience commerciale est mince : vendre de la charcuterie au Monoprix de la rue de Rennes doit vous paraître à la portée de n’importe quelle grande idiote de mon acabit. Franchement, sans vouloir vous vexer, croyez-vous vraiment que vendre certains de vos GCC à des prix astronomiques est une tâche qui requiert des compétences particulières ?  Vu l’emballement actuel ce n’est pas du commerce qui se fait ici mais plutôt du nursing pour nouveaux riches. Bien sûr tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et, sans être vraiment à la peine, beaucoup de mes chers confrères ne pètent pas dans la soie. Donc c’est clair ne comptez pas sur moi pour participer à cette version financière de la Grande Bouffe de Ferreri. Ceci dit, qui trop embrasse mal étreint, que les maisons de négoce se rassurent je ne souhaite pas les mettre hors-jeu. Simplement il leur faudra me persuader que le service qu’elles m’apportent justifie le passage de nos vins en bouteilles par eux pour être distribués dans certains pays. Même si vous me prenez pour une nase, je sais cela. Que je sache nous ne sommes à la Bourse des Grains de Chicago ou sur le marché spot du Brent mais rien qu’à Bordeaux. Moi j’aime les contacts directs, la vie quoi. Pas des jeux d’écritures ou des ordres donnés au téléphone. Enfin si j’ai choisi  de m’exprimer par ce moyen un peu déshumanisé c’est pour que vous puissiez m’écouter tranquillement chez vous hors d’une assemblée où, sans vouloir vous offenser, il facile à certains d’emporter l’adhésion. Sachez que j’ai pour principe de dire ce je fais et de faire ce que je dis, alors si ce que je dis vous déplaît ma porte est grande ouverte...

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 00:09

En août tout ferme même les coiffeurs. J’ai donc du pédaler jusqu’à une impasse adjacente à la rue Marbeuf pour qu’on me fit ma coupe Corse. En avance je baguenaudais, en attendant l’heure, sur les Champs Elysée qui sont un vaste déambulatoire pour grappes de touristes. Alors je m’suis dit en passant devant le Monoprix « qu’est-ce qui offrent (façon de parler bien sûr) à tous ces assoiffés adeptes du snacking ? » Je plonge dans les entrailles du Monop pour jeter un œil sur le rayon vins. C’est étroit donc le mur à vin est bien tassé mais dès qu’on vire à gauche on tombe sur une flopée de petites boutanches. Bravo M’sieur Rovire et sa petite bande vous vous adaptez à la demande du quartier qui, touristes ou petites mains, mange sur le pouce. Donc j’en ai choisi 3, des toutes petites quilles, j’suis passé à la caisse et ça m’a fait 5,30€. Z’allez me dire qu’avec ça je n’allais pas zigzaguer sur le chemin du retour ou alors le nectar ne devait pas être de grande qualité. Détrompez-vous, car d’abord chez Monop la qualité est toujours top –j’suis le genre cireur de pompes – et puis attendez la suite de mon histoire.

 

Je ressors à l’air libre. Il flotte ! Je traverse les Champs au niveau de la rue Marbeuf et j’me mets à l’abri  dans un Franprix flambant neuf. En facing d’entrée un présentoir snaking plein de petites boîtes pour japonaises pressées. Puis, tout à côté, l’offre liquide avec plein de petites boutanches. En vitrine quelques tables et, cerise sur le gâteau, une jeune hôtesse fort jolie. Byzance donc, sauf que nos petits pourvoyeurs de boissons de Franprix ne proposent pas une seule petite quille de vin. Quand j’écris pas une, ce n’est vraiment pas une. Même pas dans le rayon vins du magasin. Carton rouge donc à Franprix ! Feuille de match pliée : Monoprix gagne sans faire un pli. Mais m’objecterez-vous : avant de faire mordre la poussière à ce pauvre Franprix qu’était-ce donc ces 3 petites quilles que proposait Monoprix. J’y arrive, mais attention je signale que mon choix est de pure opportunité (peu de place dans mon célèbre sac Pan Am) il n’est pas représentatif de la large gamme de petites bouteilles proposées par Monop. Sans vouloir faire la honte à Franprix : il n’en proposait aucune. photoChanze.jpg

Mon choix : les 3 couleurs en 187 ML capsulées à vis et pourvus d’une contre-étiquette.

- La Veille Ferme Ventoux 2010 1,40€ rouge 13,5% bouteille style PET munie d’un QR code

- O natura Vin de Pays d’Oc Syrah 2010 AB 12,5% rosé 1,60€ bouteille style PET

- Gio Gérard Bertrand Vin de pays d’Oc 2010 13% Grenache blanc 2,30€ bouteille verre.

 

Présentation : classique pour la Veille Ferme, plus branchée pour Gio de Gérard Bertrand, O natura sans grande originalité. Deux remarques : le texte de la contre-étiquette de Gio très traditionnel me semble en décalage avec le côté d’jeun du produit ; pour le vin Bio rosé et son conditionnement et le texte de sa contre-étiquette ne l’identifie guère comme un vin AB. Vous me direz : qui lit les contre-étiquettes, surtout sur de si petits contenants ? Je n’en sais rien mais puisque les vendeurs grattent du texte je préfèrerais qu’ils se creusent un peu plus que le bateau de chez bateau ou alors le recours au Code QR me semble la bonne méthode. Nos bouffeurs de snaking ils ont tous des Iphone ou autre. (la vielle ferme en a un d'ailleurs).

 

Pour le contenant, j’ai dégusté, voici mes commentaires dans l’ordre de la dégustation :

photoChanze1.jpg photoChanze3.jpgphotoChanze2

Gio : belle couleur paille, nez floral, attaque agréable, belle fraîcheur, un peu court en finale. 13/20 bien adapté à une consommation du type japonaises speedées ou vendeurs de Virgin

O natura : nez inexistant, belle couleur vineuse, plat, sec, court, 9/20 très décevant, y’a beaucoup mieux sur le marché les gars de Monop.

Vieille Ferme : belle couleur rouge profond, nez chaleureux, belle attaque douce, soyeuse et une longueur qui donne envie de se resservir 15/20 beau rapport qualité/prix c’est le moins cher des trois.

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 07:00

cle-usb-tour-eiffel-1goPour une surprise ce fut en effet une grosse surprise, oui ! En effet, dans l’enveloppe les propriétaires découvrirent une simple clé USB Eiffel Tower posée sur une belle feuille de vigne en papier aluminium accompagnée d’un petit post-in « Belle et douce nuit à tous » Des oh de désappointement fusèrent, un « ah, la petite garce » jaillit d’une bouche d’ordinaire plus amène, des rires nerveux secouèrent des poitrines formatées à la retenue, une dame plus que pompette se mit à valser seule sur les accords du « Beau Danube bleu. Le grand Eric, profitant d’un blanc, plaça d’une voix de stentor un aphorisme qui jeta plus encore le trouble dans l’assistance « Quand on ne sait pas, on a peur.» Les plus inquiets, sans vouloir l’avouer, étaient ceux qui ne savaient pas utiliser une clé USB. Attendre le lendemain matin que leur fidèle et dévouée collaboratrice, celle qui sait si bien tout faire, introduise cette foutue puce dans le ventre de l’ordinateur, équivalait au supplice de Tantale. Réveiller le petit dernier en pleine nuit pour lui demander de faire la manip équivalait à une capitulation sans condition lourde de conséquences pour l’avenir. Bref, la lenteur exaspérante de la barquasse provoquait des prises de bec entre époux. Dans le bateau pour Blaye dont le temps de traversée était plus court Voldemort se contentait de glisser la clé dans la poche de son veston en pensant qu’il venait de trouver un adversaire à sa mesure et qu’il lui fallait vraiment tout mettre en œuvre pour contourner l’obstacle, l’affronter de face, comme allaient le faire tous ces boutefeux, relevait de la charge de la brigade légère. François des Ligneris proposait à la cantonade de venir terminer cette belle soirée à l’Envers du Décor et qu’il se ferait un plaisir de projeter le contenu de la clé USB sur un bel écran plat. Hormis ses habituels affidés, dont je tairais le nom de peur de les compromettre, les autres s’engouffrèrent dans leurs puissantes autos pour foncer jusqu’à leurs châteaux. Ensuite, comme lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, le réseau sans fil fut chauffé à blanc, les appels se croisaient, se buttaient aux boîtes vocales, les sms volaient, rebondissaient. Les plus modernes lancèrent même sous des pseudos des philippiques sur Twitter pour tenter de discréditer Marie de Saint-Drézéry. Au petit matin une dépêche de Reuters tombait  « L’Ouragan sur les Primeurs se prénomme Marie » 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 00:09

Le camarade non-syndiqué Lalau s’est payé la tronche de la pub radio des Ormes de Cambras (si vous souhaitez écouter allez sur link et cliquez sur le petit poste de radio) dès juin ce qui lui a valu de se faire remonter les bretelles par l’éminent professeur Norbert Olszak qui adore les marques tous les matins en se rasant et qui ne lit plus mes conneries car il me trouve malpoli. Moi je suis un lent alors je prends mon temps et c’est en plein mois d’août que je me décide. Vu le temps qu’il fait sur PARIS entendre des cigales à la radio ça fait du bien au moral même si la musique qui accompagne le baratin bilingue me semble plus provençale que languedocienne. Bref, moi j’ai un faible pour la marque Cambras car elle évoque pour moi le souvenir de mes premiers pas dans l’univers des vins de table.

 

Avant ce retour en arrière, je signale à Hervé que les fils de pub et leurs commanditaires adorent faire passer des vessies pour des lanternes. Pour preuve : l’association de l’huile d’olive Puget avec notre Fernandel national et provençal. Génial ce détournement s’exclament les créatifs sauf qu’il n’y a pas une goutte d’huile d’olive provençale dans les bouteilles de Puget. C’est un assemblage, par ailleurs de qualité, d’huiles d’olive le plus fréquemment espagnoles. Le plus plaisant dans cette histoire c’est que Puget a été vendu par Unilever à Lesieur qui est maintenant la propriété de Sofiprotéol lui-même entre les mains des producteurs français de graines oléagineuses. Je sens qu’Hervé va rire jaune alors je n’irai pas plus loin dans mes révélations capitalistiques car on pourrait me faire les gros yeux. Les affaires sont les affaires et nos chers producteurs d’huile d’olive provençaux n’ont même pas été capables de se doter d’une IGP Provence. Ils n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes.

 

Je reviens à Cambras qui, avant de tomber dans le giron de Pierre Castel, était l’une des marques sœur de la grande marque de vin de table Julien Damoy propriété de la maison de négoce parisienne, embouteillage à Thiais, dont le PDG était Emmanuel-Jean Dugas. Celui-ci, fine moustache, lunettes d’écailles, costume bien coupé, représentait le négoce, au temps de la défunte CNVS, dans des instances nationales où je le croisais. Courtois, c’était l’image même de ce qu’avait été la puissance du négoce de place de Paris. Les marques ont une histoire et ce qui me chagrine c’est que les gens dit de marketing sont incapables de la raconter, de la revisiter. Ils n’apprennent pas ça dans leurs écoles et sur le site de Cambras www.cambras.fr les textes sont d’une pauvreté confondante : « Depuis 1975, Cambras est reconnu des amateurs pour ses vins ronds et fruités. Fidèle à cet engagement Cambras à néanmoins toujours su évoluer avec son temps à travers ses habillages et ses communications. »

 

Les deux mots-clés sont lâchés : l’habillage et la communication. Il ne s’agit pas de la robe du vin mais celle de l’étiquette et pas d’histoire mais de communication.  Damoy-4.jpg

Et l’histoire c’est cela « Jean-Baptiste Julien Damoy est un épicier français (31 janvier 1844, Irreville - 8 mars 1941, Bégadan). Établi à Paris dès la Belle Époque, il étendit son activité de commerce de vins et d'épicerie générale à toute la France : « Julien Damoy » fut l'enseigne de nombreuses succursales et supérettes, jusque vers 1970. Son « Granvillons », "grand vin Damoy" au goût de framboise, eut ses heures de gloire jusque dans les années 1960. Il était propriétaire de vignobles en Médoc (Château La Tour de By à Bégadan), en Beaujolais à Romanèche-Thorins (Château du Moulin à vent), ainsi qu'à Gevrey-Chambertin. »

item-2.jpg item.jpg

Alors Cambras, qui a toujours été à ma connaissance un vin de table, avec sa bouteille bordelaise et son étiquette aux codes aussi très bordelais, s’adressait aux consommateurs réguliers de VCC devenus Vin de Table qui souhaitaient poser sur leur table un flacon plus élégant, plus classieux, plus représentatif de l’image qu’ils souhaitaient se donner et donner aux autres, que le bon vieux litron 6 étoiles de Granvillons ou même de « Julien Damoy » qui avait son litre personnalisé. Je ne sais ce qu’est devenue cette clientèle. Elle a fondue bien sûr comme le montre les panels. Beaucoup se sont tournés vers les petits châteaux de Bordeaux. Je ne sais qui sont ces fidèles. Les gens du marketing Castel doivent le savoir. Moi je suis un peu perdu. En effet, ce qui me frappe dans cette marque c’est que je ne sais plus vraiment où elle habite car, avec l’irruption des cigales du Pays d’Oc, la référence bordelaise, qui faisait son charme, n’existe plus même si l’article de Télérama (cf link ) dit que les Bordelais sont jaloux des vins de pays d’Oc. Moi je croyais que la gamme des Vins d’Oc qui avaient l’accent c’étaient ceux de la marque la Roche-Mazet (certes commercialisée par la SVF).

 

Et puis, les Ormes de Cambras, ça fait très deuxième vin à la bordelaise et guère vins de cépages de South of France. Moi, dans l’esprit de Cap 2010 j’aurais bien vu la marque Cambras tout court érigée en marque phare : un Vin de France top du top embouteillé à Bordeaux et non pas à la Chapelle-Heulin (44) par Chatelier frères (sic) et les Ormes de Cambras en déclinaisons de cépages : après tout le Cabernet-Sauvignon, le Merlot ça sonne un peu Bordeaux, non, et pourquoi pas pour le blanc et le rosé aller sourcer dans le grand bassin Sud-Ouest ce qui permettrait bien des innovations. Mais comme je ne suis qu’un écrivaillon je sais qu’on va me rétorquer que premièrement la maison Castel sait ce qu’elle fait et pourquoi elle le fait, et que secondement le consommateur se tamponne comme de sa première chemise de mes explications à la con. Pas si sûr, et je fais le pari que le marché domestique du vin en France se porterait mieux si de vraies marques jouaient d’autres cartes que celles qu’elles jouent en ne faisant que ripoliner des étiquettes fourre-tout. Cambras pour moi c’était une jolie petite marque de vin de tous les jours pas un rouleau compresseur pour la GD, ce qu’elle ne sera jamais d’ailleurs. Le consommateur est déjà tellement déboussolé face au rayon vins de la GD qui croule sous les références je trouve dommage cet émiettement. Faire bien des petits vins accessibles au plus grand nombre c’est un vrai enjeu pour l’avenir de la consommation du vin dans notre pays. Les consommateurs sont ce qu’ils sont mais ils peuvent évoluer si on leur présente des arguments accessibles et compréhensibles. Les toiser, leur dire qu’ils sont des cons parce qu’ils achètent leur vin en GD, et en Bag-in-Box de surcroît, ne fait guère avancer les choses. La France du vin se complaît dans ses croyances et ses chapelles et elle recule. Bravo les artistes de tous les bords !

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