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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 07:00

Dans la longue chenille qui regagnait l’embarcadère les conversations allaient bon train. Beaucoup se gaussaient « C’est une folle furieuse. Les occasions de se réjouir sont si rares ma chère. Vraiment, il y a fort longtemps que je ne m’étais autant amusé... Nous faire boire du vin de France et du Vin de Pays de l’Hérault, il fallait l’oser, non... J’avoue que le de Moor très frizzante m’a ravi et le Champagne de Boulard est franchement un petit bijou. » Les « ma chère » jugeaient que l’ébouriffée savait recevoir, service impeccable, mets simples mais raffinés, et puis tout de même ce vin de pays de l’Hérault très ligérien formait un couple ravissant avec le Coucou de Rennes. Un peu en retrait, la petite poignée de ceux qui s’estimaient les maîtres du beau troupeau devisaient avec sérieux. « Ils ne pouvaient continuer de subir les diktats de cette grande sauterelle sans réagir l’heure était venue de lui clouer le bec et de reprendre la main. Voldemort – tel était son surnom hors de ses oreilles –, lui, restait silencieux. Son atavisme familial lui dictait la circonspection : avant de faire de Marie une ennemie jurée mieux valait tenter de se concilier avec cette astucieuse. Bien évidemment il se garda bien d’exprimer son sentiment profond à ses très chers collègues, bien au contraire sur sa face lisse et compassée il laissa transparaître des signes d’approbation courroucée. L’héritière et l’héritier de qui vous savez ne savaient pas sur quel pied danser d’autant plus qu’ils s’étaient fait chier toute la soirée en se disant que Marie de Saint-Drézéry avait une chance inouïe de ne pas avoir à subir la tutelle de ses ascendants. La chenille se scinda en deux : la Rive Gauche et la Rive Droite. Sur le pont de chacun des « petits navires » se tenaient quelques membres du club du troisième âge de Saint-Emilion pour la rive droite et de Listrac pour la gauche que Marie avait conviés à la réception. Discrets, nul ne les avaient remarqués, ils avaient beaucoup apprécié de côtoyer autant de beau linge et jouèrent à merveille leur rôle de distributeurs de la « pochette surprise » Celle-ci, cachetée à la cire, était logée dans de belles enveloppes en papier recyclé violet et il fut demandé aux récipiendaires de ne l’ouvrir qu’au signal donné par le capitaine : un coup de corne de brume. Les disciplinés majoritaires surveillant du coin de l’œil les impatients nul ne se risqua à enfreindre la consigne. Les bateaux appareillèrent avec la lenteur de limaces. Des haut-parleurs diffusaient en sourdine le « Beau Danube bleu », l’ambiance était joyeuse et rieuse, même que certains se laissèrent aller à quelques grivoiseries jusqu’au moment où le grand Éric actionna sa trompe suivi en écho par celle de François.

 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 00:09

Je ne suis guère adepte du possessif mais dans le cas présents je me lance dans le grand plaisir que m’ont fait deux de mes lecteurs assidus et de se rencontrer, et de nous narrer ces instants. Quel beau pied de nez à tous ceux qui ne voient dans l’Internet qu’une Toile sans âme, peuplée de gens qui ne vivent que dans la virtualité. En fait, comme dans la vraie vie, se dire bonjour, se parler, échanger, décoconner, discuter de choses sérieuses ou de l’air du temps en cassant une petite graine et faisant couler la miette avec le liquide ad hoc reste à notre portée. Prendre le temps de vivre, prendre son temps pour mieux vivre ensemble, c’est ça, au-delà des éternels discours en défense, qui donne à la civilisation du vin sa suprématie sur la religion de l’instantanéité, des plaisirs expédiés, du bonheur médicalisé. Petit sillon tracé par Luc et Denis amis lecteurs, rien ne vous empêche, comme j’ai incité Denis à le faire, de poster des commentaires, de suivre le fil, de nouer des dialogues, d’apprendre à se connaître. Suite à ma chronique sur les vendeurs de Tour Eiffel à la sauvette aux Tuileries, le sieur Charlier m’a proposé que nous vendions de concert des Manneken-Pis en ce lieu. J’ai une bien meilleure idée : que je sache ce ludion est vigneron alors nous pourrions, nous parigots tête de veau, après que le vin du nouveau millésime soit fait, organiser sa montée chez nous pour que son vin soit enfin accessible aux assoiffés de la capitale. Merci à vous deux, en espérant que vous ferez des émules.

« L’espace de liberté de Jacques Berthomeau a parmi ses buts avoués de favoriser la convivialité dans ce monde de brutes ainsi que l’expansion du domaine du vin.

Comme je partage pleinement ces deux objectifs j’ai commencé à lire ce blog, et son style précis mais décontracté m’a accroché au point d’en faire une lecture aussi quotidienne que matinale (hors périodes saturées par mon boulot). 

Impressionné par la qualité  des chroniques du taulier comme par le professionnalisme des commentateurs, je n’osais pas y mettre mon grain de sel. Qui suis-je, moi, simple amateur de vin, pour m’immiscer dans les dialogues de tous ces journalistes, cavistes, aubergistes, sommeliers et vignerons, orchestrés par un Contrôleur Général des Offices Agricoles ? 

Premier passage du virtuel au réel : je rencontre Jacques Berthomeau himself à une dégustation. Aussi charmant à l’oral qu’à l’écrit, il sait se mettre à mon niveau d’amateur peu éclairé et insiste pour que je me lance à poster des commentaires sur son blog. Si, si, paraît que ça lui ferait plaisir de savoir ce que pensent ses lecteurs…alors bon, je me lance et j’y vais de mes petits mots. Du coup on me répond, et un dialogue s’installe avec le principal commentateur du blog : Luc Charlier. Le gars m’intéresse : vaste érudition, grandes idées, mais aussi des trucs simplets. Bref, il m’amuse et m’instruit. Par exemple il a réussi à faire bouger les lignes de mon esprit obtus sur un sujet comme les OGMs. Et sa croyance en un collectivisme désuet me fait bien rire.

Comme j’ai la chance d’avoir hérité  de la maison du Grand-père face à l’Atlantique j’invite ce Flamand-vigneron du Roussillon à une partie de pêche, et il accepte ! 

Deuxième heurt avec le réel : c’est l’escapade que Jacques a rapportée dans son billet du 20 juillet dernier link Moi qui adore rencontrer des vignerons, en voilà un bien particulier à mettre dans ma collection. Et comme je partage l’idée que plus il y a de liens entre les gens qui veulent du bien au monde du vin mieux ça marche, j’ai mis ledit vigneron en présence de quelques amateurs férus de Bourgognes et d’une viticultrice biodynamiste de Bourgueil (Catherine Breton). L’entreprise était risquée puisque Luc, en bon révolutionnaire, n’aime pas les valeurs établies comme les GCC de Bordeaux ou les crus de Bourgogne. De plus son matérialisme l’empêche d’adhérer à la poésie naturelle du biodynamisme.

Mais Luc était venu avec des arguments imparables : les œuvres quasi-complètes de son Domaine de la Coume-Majou. Donc tout s’est très bien passé. 

En bon disciple de Berthomeau je vais continuer à créer du lien et raffermir ceux dont on vient de parler. Pour continuer sur mon histoire de liens virtuels qui se concrétisent dans le réel : je prévois une visite dans le Roussillon, je vais organiser une dégustation des vins de la Coume-Majou pour le groupe d’oenophiles que j’anime, et nous lui adresserons probablement une commande. Bref, du concret, du solide.  

 

Dégustation des 5 & 6 juillet 2011. Luc, Denis, Catherine et quelques amis à l’Ile d’Yeu.

Sans compter les BIBs de Muscadet !

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 07:00

photoaligotee.jpgDès qu’elle descendit de l’estrade Marie fut très entourée. Ce fut le bal des faux-culs. Tous pensaient « elle est givrée ! » et les plus lèche-bottes s’exclamaient :

« Quel panache ! »

« Vous apprenez vite ! »

« Vous allez faire des adeptes ! »

« Quelle classe, bravo ! »

« Excellente prestation, mes félicitations ! »

Les plus âpres se taisaient en se félicitant que dans quelques temps de beaux arpents de vignes seraient à l’encan. Les plus futés la scrutaient sans aménité car il sentait que cette grande duduche, qu’ils avaient sous-estimée, n’était pas allé jusqu’au bout de sa logique et qu’elle leur préparait un coup de Jarnac. La dame permanentée d’un de ces messieurs se permit de faire remarquer au cercle des sceptiques qu’ils n’avaient pas tout à faire tort de se montrer circonspect car, pointant son index sur le carton d’invitation elle lut « la pochette-surprise sur le bateau du retour » Le menu était affiché, les tables numérotées et chaque convive avait reçu un carton sur lequel il était porté.

 

MENU : Patchwork de tomates anciennes à la mozzarella di Buffala de Caserte

                Coucou de Rennes méli-mélo de vieilles patates

                Fromages : Boulette d’Avesnes, Maroilles et Salers

                Dessert : feuilleté de fraises des bois

VINS : À Ligoter tirage de printemps 2010 Vin de France O de Moor 

             Vin de Pays de l’Hérault 2010 Catherine Bernard

              Champagne Les Rachais  brut nature Francis Boulard       

 

Vous décrire le placement aux tables des uns et des autres serait fastidieux et sans intérêt mais Paul de Candolle, à l’instar de ce qui s’était fait pour l’inauguration du chai de Cheval Blanc, avait formé les tables en fonction de la hiérarchie des GCC. Simplement, pour mettre un peu de piment, chacune de ces tables étaient présidées par les amis de la Marie : le grand Éric à la table number one, François des Ligneris à la 2, la baronne G à la 3, Patrick Hoÿm de Marien à la 4, Patrick Baudouin à la 5, Marc Parcé à la 6, Catherine Bernard à la 7, Luc Charlier à la 8... et ainsi de suite. La grande surprise de la soirée fut que Marie n’était à aucune table car, micro à la main, elle assurait l’ambiance en allant de table en table. Lorsqu’à l’approche du dessert Catherine Ringer et ses musiciens montèrent sur l’estrade l’ambiance était chaude bouillante et même que certains, d’ordinaire coincés de chez coincés, oubliant les menaces à venir se laissèrent aller à frapper dans leurs mains et quelques couples improbables se formèrent pour danser des rocks endiablés. La bienséance m’interdit de les mentionner.          

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 00:09

imagesmeteo.jpgCet été la météo pourrie qui, à l’instar des indices boursiers en pleine débine, obsède bien évidemment les congepés mais surtout ceux qui voient leur chiffre d’affaires suivre la courbe du moral des adorateurs du Dieu soleil. Nous sommes passés d’une angoissante sécheresse frappant une grande part de l’agriculture française à une climatologie peu favorable aux vacanciers. Pendant très longtemps seuls les paysans scrutaient le ciel pour prédire le temps qu’il ferait d’où une flopée de dictons ponctuant le calendrier des saints (les fameux Saints de glace par exemple) : « S’il pleut à la Chandelouse, L’hiver s’en va comme une bouse. » De nos jours les bulletins météo font parti intégrante de l’offre télévisuelle, ils sont mis en scène sur le fameux fond bleu avec une forme de starisation des présentatrices et présentateurs. Des projections sur le temps à venir pour la semaine avec même un indice de confiance viennent compléter cette information qui peut, à priori, apparaître comme futile pour des urbains qui passent pour la plupart leur sainte journée enfermés dans des bureaux. Bien évidemment pour les fameux week-ends boostés par les RTT le temps qu’il fera est un élément influençant leur choix.

 

Reste qu’il n’est nul besoin de sortir de Polytechnique pour faire le constat que la météo influe sur la consommation. Plus il fait chaud plus il fait soif et bien évidemment lorsqu’il fait froid une bonne soupe est la bienvenue. Mais le bon sens ne suffit plus à notre monde de grandes machines à distribuer. Il faut sonder, non les reins et les cœurs, mais les réactions des pousseurs de caddies aux fantaisies de la pluie ou aux lubies du soleil. « Vague de froid sur la moitié de la France entre le 3 et le 10 janvier 2010 : plus de 24 % d'augmentation des ventes de potages. Semaine chaude du 16 au 22 août 2009: plus de 20 % de croissance des ventes de bières! La météo fait la pluie et le beau temps pour les achats. En effet, plus de 30 % de la consommation alimentaire serait «météo-sensible». Des variations qui intéressent au plus haut point les fabricants, les enseignes de grandes et moyennes surfaces et les sites marchands » Comment éviter les ruptures en magasin ou l’accumulation coûteuse de stocks ? C’est à cette question que Metnext, filiale de Météo France et Nielsen, spécialiste de la mesure de consommation en grande surface, prétendent répondre. Plus étonnant encore, une étude réalisée par Médiamétrie et Climpact a démontré l’existence d’un lien entre la météo et l’audience de la télévision : lorsque les conditions météo changent, le temps passé devant la télévision peut varier jusqu’à 45 minutes ! »

 

« Nielsen recense l’ensemble des données de ventes en hypermarchés et supermarchés sur plusieurs années et les agrège par catégories de produits et par région. De leur côté, les experts de Metnext corrèlent les ventes par région avec les observations météorologiques et les moyennes saisonnières pour déterminer un modèle d’impact météo par catégorie et par région. Les deux entreprises se sont ainsi unies pour offrir aux professionnels 300 indices Meteoeco sur 30 catégories de produits de grande consommation distribués en France. « Les indices meteoeco répondent à une vraie attente car plus de 30% de la consommation alimentaire est météo-sensible », explique Frédéric Bardoux, président de Matnext. Avec des observations, le modèle fournit les indices Meteoeco de suivi. Et avec des prévisions météorologiques, le modèle fournit des indices Meteoeco prévisionnels. Les horizons de prévisions sont aujourd’hui d’une semaine, deux semaines et quatre semaines. 300 indices sont ainsi désormais disponibles sur le site www.weatherindices.com/Nielsen . »

 

Mais à quoi ça sert d'étudier ça ? me direz-vous ?

- à écrire une chronique !

- à justifier la vente de services aux têtes d’œufs de la GD...

- « Nous travaillons avec beaucoup d'entreprises dans la distribution et la production », explique notre consultant. Pour un producteur d'eau par exemple, il est très important de pouvoir anticiper la demande afin de gérer ses stocks. Pour un distributeur dans l'agro-alimentaire, c'est plus ou moins la même problématique. " Nous faisons aussi des analyses du passé censées permettre mieux appréhender le futur, explique Tristan d'Orgeval. Par exemple nous allons travailler avec un distributeur pour évaluer son chiffre d'affaires hors effet météo. Cela lui permet de budgéter l'année qui arrive sans ces effets climats qui jouent largement sur les ventes ».

 

Et le vin dans tout ça ?

 

Pas ou peu d’éléments sur le sujet mais il me semble que la surabondance de l’offre de Rosé va peut-être se heurter à une certaine chute de la fréquentation des terrasses ou à la baisse de la fréquence des barbecues. Simple hypothèse qui ne signifie pas pour autant une baisse de la consommation en valeur absolue car un effet report sur le rouge par exemple, lié à des repas pris à l’intérieur ou au restaurant en attendant le beau temps, pourra jouer. Peu importe me direz-vous puisque le vin est en rayon alors qu’est-ce que ça change toutes ces élucubrations ? Pas grand-chose j’en conviens mais à plus long terme avec ce que nous constatons sur un réel dérèglement climatique ne serait-il pas sage de ne pas céder aux purs emballements liés à des prévisions fondées sur la prolongation de tendances historiques ? Mais le plus important me semble pour le vin niché ailleurs : dans le moral de nos consommateurs et là la météo joue un rôle capital : son inadéquation aux désirs joue un rôle dépresseur. Le vin n’étant plus vraiment une boisson mais un produit de confort psychologique – rien que pour faire chier les prohibitionnistes – nous devons face à la déprime mettre en avant ses vertus thérapeutiques – deuxième couche – et surfer sur la météo. D’ailleurs, pourquoi ne pas demander à ceux qui vont solliciter nos suffrages pour la Présidence de faire sponsoriser Météo France par les Vins de France ! Honnêtement mon cher Clavel ce serait à mon sens bien plus payant que n’importe quel articulet intégré dans le Code Rural. Je décoconne à peine ! Dernier point, c’est avéré, lorsque la plage est inaccessible le touriste pointe son nez dans l’arrière-pays avec la marmaille, alors peuple des petits vignerons hameçonnez-les pour qu’ils viennent dépenser leur picaillon dans vos petits caveaux. Vive le carton de 6 !

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 07:00

Chocololo-3620.JPG« Ma première décision va sans doute vous surprendre mais je la trouve, bien au contraire, conforme au respect que l’on doit au vin et à ceux qui le font. Aucun de nos châteaux ne présentera ses vins à la dégustation dite des Primeurs. Je suis une prématurée. J’ai passé quelques semaines en couveuse, ce qui ne m’a pas empêché de pousser comme une asperge ou de la folle avoine si vous préférez, alors je souhaite que les vins présentés aux dégustateurs soient ceux qui seront effectivement dans les bouteilles mises sur le marché.

 

Dans un souci d’égalité d’accès au marché comme disent les nazes de l’OMC – dixit le Michel – nous ne pratiquerons plus le système des allocations au Négoce de la Place de Bordeaux... »

Là, il y eut un oh !

 

« Je sais, comme le disait à tort et à travers un candidat président « c’est une vraie rupture, j’en conviens aisément. Cependant, le système de commercialisation que nous sommes en train d’étudier sera une forme de vente directe très innovante. Ce soir je ne puis vous en dire plus car je réserve mon annonce au  négoce de la place... »

Là, il y eut des ah !

 

« Pour vous mettre plus encore l’eau à la bouche, si je puis m’exprimer ainsi face au gotha des GCC, je peux quand même vous dire que nous pratiquerons des ventes en duo avec des châteaux moins renommés que nous mais dont l’excellence n’est plus à prouver. En un raccourci un peu rapide nous nous inspirerons du système de la Romanée-Conti. Sans vouloir jouer les donneuses de leçon, ce qui serait de ma part une forfaiture, j’estime que le haut du panier des Grands Crus Classés ne peut se désintéresser du sort du gros du peloton. Même si dans le monde des affaires ce mot n’est pas de saison je me veux solidaire.

Là, il y eut des ricanements.

 

«  Je sens vraiment que je vais finir sous vos applaudissements comme disait l’ex-premier mari de Cécilia. Bien sûr je plaisante. Reste encore à vous dire que nous n’élaborerons plus de second vin, et bien évidemment de troisième ou même de quatrième comme certains de nos éminents et prestigieux confrères.

Là, il y eut des rires.

 

« Pour sûr mon comique de répétition porte ses fruits. Ne vous privez pas je suis de très bonne composition. Donc très chers confrères tous les vins qui n’iront pas dans nos grands vins seront assemblés en Vin de France par nos amis de la coopérative emblématique d’Embres&Castelmaure dont le président, Patrick Hoÿm de Marien est ici présent. La première cuvée issue de la prochaine récolte portera le nom de NOAH, clin à mon ami Yannick et symbole d’un cépage réprouvé, et l’étiquette sera imaginée par Vincent Pousson qui lui n’a pu être des nôtres car il souffre du mal de mer.

Là, il y eu des applaudissements.

Merci de votre attention et maintenant passons à table... »  

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 00:09

imagesCAYDB8J1-9.jpg

Dans son style inimitable, fait de plat et de déliés, après avoir délivré des généralités générales, un éditorialiste connu du Net, dégaine son scud d’été « oublier les blogs bling bling, écrit par leur auteur pour leur auteur. » Mais qu’est-ce donc qu’un blog bling-bling ? » me dis-je alors. Et puis, que je sache, un blog est par construction originelle le fait d’un individu qui publie sur le Net ce qu’il estime être intéressant pour des lecteurs. Alors qu’il écrive pour satisfaire les débordements de son ego ou pour toute autre raison, qu’importe, puisque sans lectorat il sombrera à plus ou moins longue échéance dans l’anonymat de la Toile. Oui mais l’auteur, pour appuyer sa brillante démonstration, met en avant un blog collectif, link dont il qualifie le contenu de remarquable pour jeter en pâture les blogs qu’il affuble de l’étiquette popularisée par les porteurs de Rolex ou les amateurs de marques aux prix pharaoniques. Bien sûr je me suis rendu sur ce blog pour m’informer. Qu’en dire ? Tout simplement que c’est une approche intéressante pour, en effet, comme l’écrit l’éditorialiste, dans le style qu’affectionne le Sud de France, faire « découvrir un patrimoine économique, social, culturel à la recherche de sa renaissance... » Il s’agit, ici des caves coopératives. Pour autant, est-ce une raison pour opposer le « sérieux » d’une approche dites professionnelle à la « légèreté » d’une approche personnelle ? La réponse est bien sûr non !

 

Je m’explique. Cette dénonciation, non étayée d’ailleurs, sens la frustration d’un éditeur sur le Net qui estime que le contrôle éditorial constitue une digue indispensable face au flux débordant de tous ces petits débiteurs indépendants de lignes. Une telle approche relève aussi de l’un des péchés mignons du monde du vin : l’entre-soi, des professionnels parlent aux professionnels, ils geignent ensemble, brassent, tels des derviches tourneurs, les mêmes récriminations, sont toujours en retard d’une guerre, se ménagent mutuellement, se confortent et se réconfortent, tout ça pour regretter dans une unanimité touchante que « les concurrents de la France avancent plus vite. » J’ai retrouvé dans mes papiers un e-mail personnel émanant d’un de ceux qui a fait les vins de Pays d’Oc, c’était en 2003, où il me disait sa tristesse face à ceux qui s’attribuaient des médailles pour des combats menés par d’autres, et pour prédire qu’avec eux nous gaspillerions nos chances. C’est bien joli de faire des constats à postériori mais ce qui compte dans la vie c’est d’assumer ses responsabilités à l’heure des vrais choix.

 

Bien sûr que les blogs sont plein d’ego. Le mien, vieux de 6 ans, n’en est sûrement pas indemne, et je l’assume. Mais c’est quoi au juste cette « mâturité» que l’auteur associe à la professionnalisation ? Un retour à l’ordre, à la suprématie du communiqué de presse, à l’information calibrée par l’émetteur, à l’incapacité d’une approche remettant en cause le discours dominant. La séquence qui s’ouvre va donner aux éditeurs patentés l’occasion de faire la preuve de leur capacité à poser les bonnes questions à ceux qui aspirent à tenir la barre de notre barque. À mon tour je vais ironiser : le dossier de la suppression des droits de plantations où a-t-il été correctement exposé ? Nulle part, il semblerait qu’il soit descendu du ciel sans que quiconque l’ai initié et approuvé. Et vous qu’avez-vous fait me rétorquera-t-on ? Pas tout a fait rien (merci de lire mon adresse du 8 août 2007 à Madame la Commissaire Mariann Fisher-Böll sur la réforme de l’OCM vin qui a été ensuite votée au nom de la vulgate libérale dominante de l’époque link) mais comme je ne suis qu’un plumitif sans pouvoir ma lettre équivalait à pisser dans un violon. Où ai-je lu qu’il fallait réformer mais sans pour autant tout jeter ? Nulle part, sauf dans la cacophonie des professionnels et de leurs prises de positions syndicales feutrées pour ne pas gêner. Bref ne comptez donc pas sur moi, blogueur sans légitimité, pour que ce sujet émerge sur mon espace de liberté et ce pour deux raisons : mon devoir de réserve (je suis un des rares à avoir passé du temps sur ce dossier pour le compte d’autrui) et surtout mon peu de goût à prendre des coups en lieu et place de ceux dont c’est la responsabilité. Là encore, c’était à l’heure du choix qu’il fallait faire triompher une vision revisitée de la régulation.

 

Donc, pour en revenir à l’opposition manichéenne entre le « sérieux » et le « clinquant » cher à notre éditorialiste, entre des publications ayant pignon sur rue et des petits joujoux entre les mains de zozos,  ma position est d’une grande simplicité : fournir du contenu au lecteur, du contenu qu’il ne retrouve pas partout sur la Toile, sur la presse papier, à la télé, le genre marronnier, donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais, ouvrir des débats sur tous les sujets sans craindre la foudre des annonceurs, n’avoir qu’un seul juge de son influence : ses lecteurs, leur fidélité, leur diversité. L’important n’est en rien le nombrilisme professionnel mais notre capacité à donner à ceux qui ne sont pas dans notre jeu, les consommateurs de toute origine, le goût de ce merveilleux produit qu’est le vin. Alors les blogs bling-bling ou les blogs pro quelle importance, franchement même en août la réflexion peut dépasser les lieux communs ou alors mieux vaut faire la sieste ! Voyez comme je suis : avec cette chronique je vais être triquard chez notre éditorialiste. Qu’importe !

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 00:09

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Les puristes du rock vont m’incendier – « technique parfaite au service d’une musique sans âme » dixit le magazine Rolling Stone – mais je m’en tape car j’ai aimé le TOTO des origines, celui des années 80, qui avec des titres comme Hold the line, Rosanna et Africa, a occupé la bande FM toute neuve avec un rock matinée de pop, mais puisant aussi ses sources  dans le jazz et le funk. De la musique en boucle mais ça me lavait la tête de tous les soucis accumulés sous les ors de la République. Pas touche à mes souvenirs sur ma première vraie chaîne Hi Fi.  

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 00:09

Un soir je me suis décidé à appeler le père de Marie et je suis tombé sur Francesca qui, loin de me faire des reproches sur mon si long silence, m’a répondu comme si nous nous étions quittés la veille. Tout allait bien pour elle, Paris était une ville merveilleuse, le grand homme (le père de Marie pour ceux qui prennent ce récit en route) la sortait presque tous les soirs dans son monde d’artistes et d’écrivains et l’avait fait inscrire à la Sorbonne où elle entamait un cycle d’Histoire médiévale. Je me contentais de lui dire que j’allais rentrer à Paris à la fin de la semaine. Francesca laissa échapper « Quel bonheur ! » et moi de répondre que ce ne serait que pour un tout petit moment. Son bref silence m’a mis mal à l’aise mais très vite Francesca embrayait sur ce que nous allions faire ensemble. Entre Chloé et Francesca mon choix était déjà fait, je suis un vieux chien fidèle qui ne sait que suivre ses vieux instincts. J’irais en Italie, sans enthousiasme, pour tenter de tirer Chloé de ce merdier où elle se complaisait. Elle et moi étions complaisants, installés que nous étions dans notre autodestruction. Notre génération se croyait investie d’une mission libératrice alors qu’elle s’est contentée de brûler ses propres navires pour le plaisir morbide du feu purificateur. Nous voulions tout détruire, faire table rase, assainir, purifier, mais nous n’avions rien d’autre à proposer que des discours obscurs, des solidarités groupusculaires, des vies sans chair. Nous avons eu, comme seuls stigmates, beaucoup de sang sur les mains ou sur la conscience, et beaucoup ont fui leur responsabilité, la queue entre les jambes, couards verbeux, abjurateurs comme Battesti.

photode-G.jpg 

Le dernier soir à l’hôtel de la Marine en sirotant un dernier Calvados je suis tombé sur un reportage d’une certaine Françoise Berger qui, dans le Figaro, relatait le « chemin de croix de Lorraine », dixit le Canard, de l’Association pour la fidélité à la mémoire du général de Gaulle présidée par Pierre Lefranc. Un grand moment de ce que notre vieux pays sait faire : se fabriquer des images d’Epinal et dresser des statues Saint-sulpiciennes :

« Quelques morceaux de bois plantés en terre ont tout changé : Colombey-les-Deux-Eglises appartenait à ses habitants Colombey-les-Mille-Croix appartenait aux Français.

- ... Voici des fleurs, des feuilles et des branches.

- Et puis voici mon cœur.

Partout des croix de Lorraine faites de branches, de planches, de matière plastique, de métal recouvertes de lierre, d’immortelles, de lauriers, ornées ou peintes des trois couleurs. Une forêt pour rendre hommage au chêne abattu.

Devant la tombe, la procession défile lentement. Beaucoup se signent. La grande plaque de pierre blanche n’a pas changé depuis un an. L’inscription « Charles de Gaulle, 1890-1970 » n’a même pas pâli.

Au sortir du petit cimetière, c’est le début de la « longue marche » : quelques centaines de mètres sur un large chemin tout neuf pour atteindre « la montagne ». Elle mesure tout juste quatre cents mètres de haut qui suffisent pour dominer l’Europe couchée sur une table d’orientation. Moscou est à 2400km, Constantinople à 2100km, Athènes à 1950km, Berlin à 795km. Colombey se donne des allures de centre du monde. En face s’étende la magnifique forêt d’Orient où s’initiaient les Templiers.

Pendant plus d’une heure, les genoux s’enfoncent dans la terre humide, un léger coup de marteau retentit. On croirait assister à quelque rite païen en voyant s’aligner ces symboles multicolores.

Certains plantent timidement leur offrande. D’autres la déposent avec des gestes solennels. Quelques bricoleurs comparent même en connaisseurs la perfection des réalisations. On dirait un jeu naïf et enfantin. Mais c’est aussi une prise de possession. »

 

Lorsque j’ai retrouvé le grand homme, toujours vert mais soucieux, et que j’ai fait référence à cette idolâtrie, il a levé ses grands bras au ciel « Mon garçon, oui c’est un grand chêne abattu, la France des notaires, des Indépendants-Paysans, des rentiers a aiguisée la hache et maintenant le petit peuple sait bien que le pays va être livré aux affairistes. Rien en face d’eux, les socialistes ne sont que des pleutres qui vont se faire bouffer par ce manipulateur de Mitterrand, les communistes ne sont plus qu’une nomenklatura aveugle et obtuse menée par un démagogue. Reste plus qu’aux plus immondes à relever la tête : la vieille droite nationale, antisémite et populiste ne tardera pas à relever la tête. Vous êtes des jeunes cons qui vous épuisez dans des luttes stupides à Billancourt derrière ce faux-derche de Sartre. C’est Camus qui a raison ! Vous méprisez le peuple alors qu’il a besoin de vous. Qu’allez-vous tirer de votre gangue ? De l’opportunisme mon garçon, vous serez les valets des nouveaux maîtres qui nous gouverneront dans la froideur et l’indifférence de leur conseil d’administration. De Gaulle ne vivait que pour la grandeur de la France, il nous a légué des commis de ce qu’on appelle maintenant des multinationales... »

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 07:00

photoB16.jpgMarie accueillit chacun de ses invités avec un mot gentil. Elle les reconnut tous sans exception ce qui fit grosse impression. Dans son tailleur-pantalon noir Saint-Laurent, juchée sur de beaux talons, Marie de Saint-Drézéry, qui avait domestiqué au mieux ses cheveux en les piquetant de fleurs des champs, rayonnait. À son côté Paul de Candolle, chemise rose à col ouvert sous un costume gris lamé, orchestrait le ballet des serveurs tous issus d’une entreprise de réinsertion d’anciens taulards. Tout au fond de la salle un pupitre, juché sur une petite estrade et pourvu d’un micro, attirait l’attention de tous car il ne faisait aucun doute que Marie allait y faire, avant le souper, comme c’était écrit sur le carton d’invitation : ses petites annonces. Verres à la main ces messieurs et quelques dames des propriétaires s’agglutinèrent en demi-cercle avec un sens aigu de la hiérarchie des GCC. C’est le grand Eric qui testa la sono en déclamant sérieux comme un Pape «On dit d'un bon vin que c'est la Vierge qui vous pisse dans le gosier» provoquant des rires forcés. Précédée par Paul de Candolle qui tenait sous son bras un maroquin de cuir patiné, Marie fendit le demi-cercle pour prendre place sur la petite estrade. Elle chaussa des petites lunettes à monture métallique pendant que de Candolle posait sur le pupitre deux feuillets. Un silence à couper au couteau s’était installé. Marie s’éclaircissait la voix.

« Mesdames, mes chers collègues,

 

Tout d’abord merci d’avoir répondu aussi massivement à mon invitation. Je suis vraiment touchée. Vous pardonnerez je l’espère mon inexpérience. Mon invitation en ce lieu magique, entre les deux rives de la Gironde, outre le plaisir d’apprendre à mieux vous connaître, marque ma volonté de participer pleinement à la prospérité de notre vignoble prestigieux. Le destin funeste vient de me placer brutalement à la tête d’un patrimoine remarquable et j’entends en être digne. L’hypocrisie n’étant mon fort je ne vais vous la jouer grave – désolé je sors du texte de Paul, j’y reviens – mes tantes et mes oncles, famille de sang, ne constituaient pas ma famille de cœur et, tout en respectant leur mémoire, je ne me sens en rien leur héritière. Pour autant, même si certains d’entre vous le croient, je ne suis pas une révolutionnaire. Ce qui m’importe c’est de bien faire. De mon père je tiens le goût des chiffres. J’aime jongler avec eux et, même si jusqu’ici les valeurs monétaires m’étaient étrangères, je puis vous assurer que j’ai comblé mon retard en moins de temps qu’il faut à une pouffiasse pour perdre quelques kilos – pardon Paul c’est plus fort que moi il faut toujours que je fasse ma ramenarde.

Sans faire un mauvais jeu de mots je souhaitais vous accorder la primeur de la nouvelle orientation que je veux impulser à ces propriétés qui me sont tombées dessus comme la vér... – oui Paul, toi l’homme qui a quitté tes actes authentiques pour guider une pauvre fille comme moi, je reviens à ton beau texte. »

Marie but d’un trait son verre d’eau et passa la première page sous la seconde.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 00:09

Dans ma jeunesse, oui je sais vous bassine avec mes souvenirs, lorsque ma mère voulait faire plaisir à mon père elle lui cuisinait de la loubine. C’était son poisson roi, alors que maman était très sole. Dans son livre D’Yeu que c’est bon ! Bruno Verjus, qui n’aime rien tant que les îles et tout particulièrement l’insula Oia son anti-ville, jamais vile, de cœur et de pied à terre, parle de la Loubine du plateau de Rochebonne. Celui-ci « se situe à plus de trois heures de mer* des côtes d’Yeu. Vaste comme deux fois la surface de l’île, il offre un site rocheux unique pour la pêche au homard, langouste, thon germon et loubine.

En juillet, la loubine (bar) se pêche à la canne avec des lançons. En août elle musarde et modifie son régime alimentaire. Elle ne résiste pas aux ballardes, lignes de fond garnies de chancres-ballants, petits crabes blancs. »

* faudra acheter un petit moteur Denis

Un pêcheur à pied note lui aussi :

« Il m'est arrivé, sur des fonds connus de m'avancer en péchant jusqu'au moment du retournement du jusant : presqu'immédiatement les touches reprennent et dans les petits fonds on aperçoit les hordes de loubines comme chevauchant la vague en direction du rivage... Tout juste si elles ne cognent pas mes bottes ... »

 

La loubine est donc un bar commun est surnommé « loup » ou « perche de mer », dans la région méditerranéenne. Cependant, les termes de bar et de loup ne sont pas pour autant complètement synonymes puisque les poissons du genre Anarhichas, sont eux uniquement appelés loups. Le mot « bar » a pour origine le mot néerlandais borstel qui comme le mot allemand bürste signifie brosse (l’équivalent chez nous des brosses de chiendent dont se servaient les lavandières) en référence aux dangereuses épines dorsales de ce poisson.

 

Maman la préparait au four, le four de la cuisinière à bois, celle où l’on enfournait par le haut, en ôtant les rondelles selon le volume des morceaux,  le bois fendu. Elle déposait les loubines vidées dans un plat émaillé rectangulaire avec des poignées aux deux bouts, sans aucun condiment, afin que la belle chair blanche et ferme de la  loubine exprime seule sa saveur. Juste un tout petit d’eau au fond du plat pour que le poisson ne prenne pas au fond. Tout le contraire de ce qu’elle faisait avec la daurade couchée sur ses rondelles de carotte et recouverte de thym, feuilles de laurier et de persil. Papa était un adepte de la sardine crue, alors sa loubine se devait d’être al dente, pas mollassonne. Je suis sûr qu’il eut aimé la cuisson à l’unilatéral car comme le note Bruno Verjus lorsqu’on cuit le « bar sur sa peau, la chair va prendre et blanchir un peu. Lorsque le dessus de la chair est translucide, couper le feu. »

 bouteille-jubilation.jpg

Donc va pour la loubine à la Berthe Berthomeau pour son Arsène plus facile à préparer dans un four moderne que dans l’antique four de la cuisinière du Bourg-Pailler, un tour de moulin à sel puis un autre de moulin à poivre et c’est tout. Minimaliste certes mais préservant le goût de la chair de la loubine, cette reine vorace (voir la découverte de Bruno Verjus dans le ventre de l’une d’elle : link ) Reste pour arroser cette fille : et oui chez nous nous aimons les filles du bord de mer, à ouvrir une belle bouteille de la toute nouvelle communale du Muscadet : Le Pallet. Osez Jubilation mes amis pour fêter la naissance du petit dernier link J’ai reçu le faire-part d’Inter-Loire annonçant trois naissances d’un coup : Clisson, Gorges et Le Pallet. Vous allez me trouver mauvaise langue mais deux pages pour un faire-part c’est du lourd, du besogneux, du trop de tout : mot du Président de l’appellation sous le titre : confirmation d’une légitimité, puis un gloubiboulga pour journaliste ignare en mal de copié-collé, avec pour me mettre de bonne humeur la phrase de communiquant-type : « Bref : les nouveaux venus dans la famille du Muscadet poussent l’excellence à son paroxysme. Ils commencent modestement : à peine une centaine d’hectares, sur les 10 000 que compte l’appellation, et environ 65 producteurs sur 650. Mais ce sont des précurseurs : ces trois crus pourraient être rapidement suivis par Mouzillon- Tillières, Château Thébaud, Monnières Saint-Fiacre, Goulaine... entre autres. »

 

Faites-nous rêver, bordel ! Donnez la parole aux vignerons qui ont accouché ces nouveaux enfants. Ne pensez-pas à notre place. Cessez de tout noyer dans du verbiage. Travaillez essentiellement à l’extension de la notoriété de ces précurseurs qui ne font que retrouver le vrai chemin de nos AOC, l’excellence, que beaucoup ont oubliée. Mettez-les en avant que diable : dans les Côtes-du-rhône on dit d’abord Cairanne, Sablet, Chusclan...Ne leur chaussez pas vos semelles de plomb. Y’a du travail à faire, lorsque je suis allé sur Google et que j’ai renseigné « Le Pallet AOC » j’ai eu droit au Wikipédia Palette. Alors plutôt que des communiqués ronflants qui tombent dans des boîtes aux lettres électroniques surchargées faut d’abord s’occuper de toucher au plus vite les consommateurs. Bon courage aux gars et aux filles du Pallet, de Gorges et de Clisson, c’est vous qui êtes dans le vrai mais pour autant il faudrait tout de même que dans cette appellation, chère à mon cœur, en état de sinistre, des choix clairs soient vraiment faits et que les actes suivent. Même si la réalité déplaît rien ne sert de l’esquiver.

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