Jeudi 25 octobre 2012 4 25 /10 /Oct /2012 00:09

282248_4487065261959_1254206861_n.jpg La petite maison du taulier qui affiche sur son enseigne : « espace de liberté » crapahute sur la Toile depuis plus de 7 ans sans s’être fait une spécialité de nettoyer les écuries d’Augias. Cependant je me pose souvent la question « Puis-je chroniquer sur tout mais pas sur n’importe qui ? »


Mettre en cause une personne, même avec des documents incontestables, tel l’e-mail de la DO de Jumilla envoyé aux domaines pour le compte de Jay Miller et de son pote Pancho Campo annonçant les tarifs de leurs visites dégustatives pour Wine Avocate publié par Vincent Pousson sur mon blog link ne se fait pas à la légère. Il ne s’agit pas de jeter qui que ce soit en pâture, instruire à charge, prononcer une quelconque sentence sans appel mais demander des explications, des réponses. Les risques juridiques existent mais ils n’entrent pas en ligne de compte dans l’indispensable éthique. Dans le  cas cité le droit de réponse a été publié. La suite nous a donné raison mais nous n’avons procédé à aucune mise à mort des deux larrons simplement permis de mettre fin à des pratiques douteuses.


La séquence sur les pratiques d'un blogueur auto-proclamé critique gastronomique a disparue dans les mailles de la toile.


Et puis Jean-Paul LUBOT est venu. La lecture de la chronique de Bruno Verjus mettant clairement en lumière, sur la base d’un échange d’e-mails entre lui et le restaurateur Pierre Jancou, l’étrange requête d’un patron d’un grand groupe de presse : Marie-Claire propriétaire de la RVF. Pas n’importe qui le gus, pas le genre vieux ramenard à la Orliac, un membre de la nouvelle élite des affaires, chemise ouverte, décontracté, dans l’air du temps le Jean-Paul. Le hasard a fait que je venais d’écrire une chronique sur l’élite de l’apparence selon Olivier Bardolle «Homme d’affaires le jour, écrivain la nuit» et réac assumé link . Très honnêtement je n’en croyais pas mes yeux car le Jean-Pierre Lubot je le connais puisqu’il préside le Cercle Vendéen dont j’étais membre. Pour moi, j’ose l’écrire, c’était une affaire d’honneur (c’est Bardolle qui va être content) et je ne pouvais que l’apostropher séance tenante. Ce que je fis link


La suite vous la connaissez, ce fut la trainée de poudre. Un détail d’importance je n’ai jamais mis les pieds au restaurant Vivant de Pierre Jancou mais sa réputation m’avait été vantée par l’ami Guillaume Nicolas-Brion grand amateur de vins nature. La position de Pierre Jancou était simple et saine. La montée sur ses grands-chevaux de Lubot d’une suffisance époustouflante. Que le DG d’un grand groupe prenne le temps (pas de réfléchir) mais de consacrer son temps qui, officiellement, doit être très précieux, à tancer un simple restaurateur, qui fait honnêtement son métier, dépasse l’entendement, le mien tout particulièrement. Un tel degré de dégradation de la morale publique ne peut être toléré. La vertu de l’exemple, en des temps où l’élite se vautre dans un mépris de la plus simple décence, je suis sans doute vieux jeu, garde pour moi un rôle essentiel dans la Cité.


Bien évidemment, j’ai eu droit à une leçon de morale d’un  anonyme : « Reste que ces procès en ligne, dans lesquels un simple échange de mails suffit à condamner une personne, peuvent filer la gerbe » Je lui propose de lire ce qui suit : « Je regrette sincèrement cette maladresse (…) Mon attitude a été déplacée. Ceci ne correspond absolument pas aux pratiques et aux valeurs de la rédaction de Marie Claire et des autres magazines du groupe Marie Claire. Je prie toute personne affectée par cet incident d’accepter mes excuses», déclare Jean-Paul Lubot. Dans un communiqué le groupe Marie Claire reconnait que son directeur général « commis une erreur personnelle, que nous désapprouvons fermement ». Je peux fournir à ce commentateur sensible une bassine pour qu’il puisse épandre plus facilement ses vomissures. Où était le procès ? Des faits rien que des faits ? Où était le fort ? Où était le faible ? Sans doute faut-il se taire, laisser de tels agissements sous le boisseau. La réponse est non.


Sur Face de Bouc une commentatrice notait « il existe des privilèges abusifs, notoires ou pas, autrement urticants et à la dénonciation desquels j'applaudirais plus volontiers à défaut de pouvoir le faire à leur abolition… » J’en conviens aisément mais à ce tarif, eu égard au développement exponentiel d’une nouvelle catégorie de privilégiés, le petit chroniqueur que je suis, sans pouvoir d’investigation, n’a plus qu’a remiser sa plume. Cependant les petits ruisseaux faisant les grandes rivières se priver de mettre en lumière des comportements inadmissibles est, à mon sens, salutaire. Pour preuve, dans mon courrier ce matin une lettre d’un ami vigneron me citant deux faits le concernant :


-          « Une demande d’échantillons de X…, pour son guide. Je n’ai jamais reçu un courrier duquel suintait un tel mépris. « Nous estimons que votre vin atteignait une qualité suffisante pour pouvoir figurer dans notre guide ». A aucun moment  cet individu ne s’est posé la question de la qualité de son travail, et si moi je l’estimais suffisante pour y associer mon nom. Je lui ai fait savoir, et sa réaction a été la même que celle de JPL. Mais j’ai été plus vindicatif (la jeunesse ?) que M. Jancou, et les échanges ont été plus loin. Si je vous avais connu à l’époque, je me serais fait un plaisir que de vous transmettre les mails.


-          Une lettre à en-tête du Sénat, requérant des bouteilles, offertes bien sûr, pour le club de dégustation de cette institution. La réponse a été envoyée directement au Président du Sénat et au fonctionnaire (énarque, certainement). J’attends toujours la réponse du président, mais le fonctionnaire a passé un coup de fil indigné au domaine. Il est malheureusement pour lui tombé sur ma mère. Je n’en ai plus eu de nouvelles. Mais plus de demande non plus. »


Des broutilles, des petits trucs sans importance, pas de quoi faire une chronique, d’alerter l’opinion, que nenni, moi j’appelle ça des gens qui « vivent sur la bête » sans même avoir la plus petite parcelle de respect pour le travail des autres. C’est de l’impudence, de la grossièreté de la pire espèce, une absence totale de la plus élémentaire politesse. Tous ces petits marquis n’ont pas de honte, leur claquer le bec de temps en temps ne peut que les ramener sur le plancher des vaches, au ras des bouses, à la bonne hauteur, celle qui est la leur, ne leur en déplaise, bien basse.  


Le couple Jay Miller et Pancho Campo nous avaient traités : Vincent Pousson, Jim Budd et moi-même de « petits blogueurs de merde ». Petits blogueurs, certes, c’est un fait, mais pour la merde, en revanche, nous ne pouvions que tenter de ne pas trop nous faire éclabousser par la leur. Sur ce petit  « espace de liberté »  en 3100 chroniques jamais, au grand jamais qui que ce soit n’a été traîné dans la boue, maltraité, calomnié, le ton est parfois vif certes, un peu vachard quand il s’agit d’amis, mais tout un chacun peut prendre la parole, contester mes écrits, dire que j’écris des conneries, m’insulter, à la seule condition de signer ses écrits (l’anonymat, les corbeaux, vont droit à la poubelle). Ici la parole n’est serve ni pour moi, ni pour ceux qui veulent s’y exprimer. Je ne suis pas journaliste mais je fais mienne la phrase de Beaumarchais dans son mariage de Figaro « Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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