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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 06:00

 

Aujourd’hui c’est « La Rose et la flèche » (1976)

 Ephémères : Des films qui marquent - 13 - "La rose et la flèche" de Richard  Lester

Comment ce film est entré dans ma vie de cinéphage je ne saurais le dire ?

Ce qui est sûr, c’est  que depuis, il occupe la toute première place. Il est suivi de très près par quelques autres films  enchanteurs mais sa place d’enfant chéri est solide. Certains, autour de moi, ont du mal à  comprendre mon intérêt pour ce qu’ils croient être une bluette. Quand je signale à ma fille son  prochain passage sur l’une ou l’autre chaîne, elle me remercie et avec un rire de connivence me rappelle quand même qu’elle va pleurer. 

 

De quoi s'agit-il ?

 

Le roi Richard Cœur de Lion est de retour de croisade, assez déconfit. Robin des Bois et Petit  Jean, fidèles d’entre les fidèles, sont toujours à ses côtés. Pour un caprice de roi, qui explique  peut-être pourquoi après ses années d’errance ans il est dans cet état, il meurt à Châlus. Robin et Petit Jean, libérés de leurs serments, rentrent à Nottingham et sa forêt de Sherwood. Ils retrouvent leurs vieux complices ainsi que l'amie de Robin, Marianne, tous vieillis et fatigués. Marianne est devenue abbesse et, à la suite des démêlés entre le roi Jean et le pape,  doit quitter l'Angleterre. Elle refuse. Le shérif a été chargé de l'arrêter. 

 

Robin rouvre donc les hostilités en s'opposant à l'arrestation de Marianne, qu'il emmène de  force en forêt. Là bas, Marianne apprend que le shérif a fait prisonnières les nonnes. Robin et  Jean se chargent de les délivrer, même si c'était un piège du shérif pour les capturer. 

 

Pendant ce temps, les habitants pauvres de Nottingham, jeunes et vieux pour la plupart, ont  rejoint Sherwood pour combattre à nouveau sous la bannière de Robin. Lorsque le shérif  arrive à la tête de ses hommes à l'orée de la forêt, il fait monter son campement et attend la  réaction de Robin. Celui-ci, galvanisé par la troupe qu'il a rassemblée et entraînée, et malgré  les réticences de Marianne, décide d'affronter le shérif en combat singulier, lui promettant la  soumission de ses hommes en cas de défaite. Bien que Ranulf représentant du Roi Jean s'oppose à sa décision, le shérif promet lui aussi le départ de ses troupes s'il venait à  succomber. 

 

Mais, Robin est moins jeune qu'il ne voudrait le croire, et le shérif en meilleure forme que lui. Bien que ce dernier l'exhorte à se rendre plutôt que mourir, Robin arrive in extremis à le tuer.  Ranulf et ses troupes en profitent pour charger les compagnons, qu'ils n'ont aucun mal à tuer  ou à neutraliser. 

 

Jean et Marianne arrivent tout de même à sauver Robin du champ de bataille et l'emmènent à l'abbaye où Marianne pense pouvoir le guérir.

 

Pendant que les compagnons sont tués ou capturés, Marianne s'empoisonne puis fait ingurgiter le poison à Robin, à son insu. Lorsque ce dernier comprend, il est trop tard.  Marianne se justifie en lui disant qu'elle l'aime plus que tout et qu'elle ne supporte pas qu'il se  berce encore d'illusions sur les exploits qu'il peut encore accomplir. Robin accepte sa mort  prochaine et demande à Petit Jean de les enterrer, lui et Marianne, là où sa dernière flèche se plantera. Puis il bande une dernière fois son arc. 

 

Les bons moments 

 

Ils sont plusieurs

 

L’enlèvement de Marianne par Robin, façons enlèvement des Sabines 

 

Escalade d’un mur de forteresse où l'on perçoit rhumatismes et raideur de Robin et Petit Jean  qui n’ont plus vingt ans. 

 

Les grandes chevauchées à travers prés et champs accompagné par la superbe musique qui  revient tout au long du film 

 

La confiscation de la carriole du colporteur pour permettre à Robin et Petit Jean d’entrer dans  la ville fortifiée. 

 

Marianne et Robin qui retrouvent leur ancien camp et la place de leur ancien logement. Elle se prend au jeu et demande à Robin qui envisage de rebâtir le camp et la cabane. Il y aura un  plancher demande-t-elle ? Et j’aurai une armoire ?

 

Robin qui se réveille et se brosse les dents avec un rameau. 

 

Les nonnes qui ne comprennent pas que Robin est venu les délivrer 

 

Ce sont presque tous des moments drôles pour escamoter le côté fin de vie et l’impasse  prévisible de l’histoire. Il n’y aura plus de Grand Jour. 

 

Les moments forts 

 

Il y en a deux. 

 

Robin est toujours en train de courir après son Grand Jour, alors que Marianne a compris que  ce n’est plus le Robin d’autrefois qui est de retour mais il garde toutes ses illusions. Marianne se rapproche de Petit Jean plus lucide et lui demande de l’aider à convaincre Robin. Ils sont assis côte à côte chacun regardant devant lui. Petit Jean ne répond pas à la demande. Marianne déclare : 

 

- Vous ne m’aimez pas Petit Jean

 

- ... 

 

- Vous ne m’aimez pas…

 

 Petit Jean regardant toujours devant lui :

 

- Si vous aviez été à moi Marianne, jamais je ne serai parti en croisade…Déchirant aveux d’un amour, tu depuis toujours par fidélité à l’amitié et au Roi. D’autant plus déchirant que pour cet amour, Petit Jean aurait renié cette amitié et sa fidélité 

 

Marianne a récupéré le corps blessé de Robin. Elle l’a installé dans une tour haute du couvent. Sur son lit, il parle et parle de ce que fut son grand combat contre le shérif qu’il a finalement tué alors qu’il était prêt à succomber. Il ne sent plus ses jambes.

  

Au lieu de lui administrer une potion, Marianne l’a empoisonné. Il comprend et appelle Petit  Jean au secours. Mais Marianne lui explique et lui dit les plus beaux mots qu’une femme peut dire à un  homme et qu’un homme peut avoir la chance d’entendre de la bouche d’une femme.  Bouleversant ! 

 

Petit Jean fait irruption alors que Marianne qui a bu également le poison, commence à faiblir.

 

Laisse Petit Jean dit il, tout va bien. Donne moi mon arc. Robin tire une dernière flèche par la  fenêtre et dit, va enterre nous ensemble là ou la flèche s’est plantée en terre. Et la scène se termine avec un long plan sur deux petites pommes en train de flétrir, sur le  rebord de la fenêtre. On ne peut s’empêcher de penser à des pommes semblables évoquées par  Rilke dans « Testament » nous faisant assister, là aussi, à un moment de grande émotion. 

 

Qui a fait quoi 

 

Richard Lester est le metteur en scène. C’est un cinéaste éclectique, réalisant des films  souvent un peu déjantés. 

 

 

Audrey Hepburn est Marianne. Elle revient à l’écran après huit ans d’absence. Le couple  qu’elle forme avec Sean Connery est superbe de complicité. 

 

La Rose et la flèche (Robin and Marian - Richard Lester, 1976) - Le Monde  de Djayesse

 

Robert Shaw est le shérif de Nottingham. C’est un acteur à forte personnalité à qui ont été  confié de grand rôle. Dans « l’Arnaque » par exemple ou « Bon baisers de Russie » Il est  souvent affecté à des rôles de méchant, pas vraiment méchant mais méchant quand même.  L’ambiguïté lui va bien. 

 

La Rose et la Flèche – Richard Lester – KinoScript

 

J’avais dit que Ciné Papy ne s'étendrait pas sur les castings. C’est l’occasion de préciser, sauf  s’il présente un intérêt particulier pour le film et qu’il y a des acteurs que j’aime particulièrement. 

 

Ainsi Richard Harris qui est Richard Cœur de Lion. Petit rôle assez court au début du film  mais qui laisse quand même percer le talent d’un acteur à la filmographie impressionnante. Il  m’est cher car il faisait partie d'une génération turbulente d'acteurs irlandais et britanniques  avec Albert Finney, Richard Burton et Peter O'Toole.

 

Enfin last but not least, il faut souligner la musique de John Barry qui fait beaucoup pour le  côté enchanteur voir envoûtant du film 

 

Le mot fin apparaît sur l’écran. La lumière s’allume dans la salle On reste dans son fauteuil. “ Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes.” disait Henri Calet… 

Pax 

Prochainement « Un homme pour l’éternité »

 

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19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 06:00

Albert Finney

 

Aujourd’hui c’est « Les Leçons de la vie » (1993)

 

https://www.ecranlarge.com/uploads/image/001/132/bx3qiagijdmgsdi1xy2ezcjg5ug-584.jpg

 

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez vous » fait on dire à Eluard.

 

C’est ce qu’il faut retenir à propos du pourquoi de ce film. 

 

Je lis, au générique de la présentation des programmes : Albert Finney. Chic, ma soirée est faite. 

 

Il suffit du nom d’un acteur présent sur ma liste d’acteurs préférés pour, sans plus, emporter mon adhésion. Un peu comme suivre, ipso facto, les informations du Taulier pour me rendre à Assignan au château Castigno ou à Chatillon-en-Diois voir la gueule que pourrait  bien avoir, et ce village, et Pierre Jancou. 

 

C’est comme ça, on ne se refait pas. Les élans du cœur ou rien.

 

Dans un premier temps je fus déçu. C’était bien Albert Finney mais je l’avais confondu avec Alan Bates, autre acteur fétiche que j’aime depuis le méconnu «  Le roi de cœur » d’Edouard Molinaro bide retentissant sur toute la ligne en 1966. Nous y reviendrons.

 

Je les confonds toujours comme je confonds toujours et encore ma droite et ma gauche etc.

 

Bien évidemment ils  ne se valent pas .Mais c’est toujours un plaisir de suivre un film dans lequel l’un ou l’autre joue.

Une fois mes idées remises en place, Le film.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Andrew Crocker-Harris enseigne les lettres classiques depuis 18 ans à l'Abbey College, établissement d’enseignement très chic. Au fil du temps il s'est rendu très impopulaire aux yeux de ses élèves et de ses collègues. Dur et autoritaire, il était surnommé «Hitler des cinquièmes». 

 

Son départ, provoqué par une mise à la retraite anticipée, ne désole pas grand monde. Seule Laura, sa femme, n'est pas satisfaite de ce changement qui l'éloigne de Frank Hunter, son amant, un professeur de sciences, car son mariage tourne au désastre.

 

Alors qu'il doit quitter le collège, Taplow, l'un des élèves de Crocker-Harris, sera le seul à lui rendre hommage une dernière fois . Il lui offre une traduction de l'«Agamemnon» d'Eschyle qu’il a trouvé chez un bouquiniste et qu’il a acheté avec son argent de poche. 

 

Alors qu’il reçoit ce cadeau, il interroge Taplow qui se montre à la hauteur et prouve que cet élève a été plus proche de son enseignement qu’on aurait pu le croire. Ce geste va bouleverser le vieux professeur acariâtre qui continue à lire Eschyle devant Taplow. Subjugué, celui-ci  écoute le vieux maître qui montre enfin une véritable passion pour son sujet et lui donne un aperçu du professeur qu'il aurait pu être.

 

Tout accable les derniers jours de Crocker-Harris dans l’établissement. La prise de conscience des tromperies de sa femme. Le mépris dans lequel elle le tient, affiché en public. Le refus du directeur de le faire bénéficier des avantages usuels en matière de retraite. La demande qui lui est faite de bousculer, en sa défaveur, les préséances, la encore usuelles lors de la grande fête de la fin de l’année scolaire.

 

Sans que cela ne constitue une fin heureuse, il va trouver le courage de triompher de tout ce qui s'acharne contre lui.

 

Réalisation

 

Elle est de Mike Figgis un réalisateur britannique qui a su donner beaucoup de charme à ce film qui se déroule en lieu clos. Et cela, malgré l’agitation de la fête de fin d’année scolaire qui réunit parents, élèves, professeurs, anciens et tout en soulignant l’hypocrisie des relations sociales et la férocité feutrée comme seule les Anglais savent la distiller entre eux. 

 

Les fleurets sont mouchetés mais n’en blessent pas moins pour autant.

 

Bref il se dégage, grâce à l’élégance de la mise en scène, une sombre mélancolie à laquelle on s’abandonne sans déplaisir.

 

De Mike Figgis je connaissais et appréciais son premier film « Un lundi trouble » (Stormy Monday) tourné en décor naturel à Newcastle qui, rien que pour cela, mériterait le détour. Newcastle sert aussi de décor naturel au film La Loi du milieu  (1971) avec tient tient…Michael Caine. Nous reviendrons sur ces deux films.

 

Albert Finney

 

Lors de sa formation, il a Alan Bates et Peter O'Toole comme condisciples. 

 

Sa filmographie est impressionnante. Quelque 45 films. C’est un acteur exigeant et sollicité de toute part et par les plus grands metteurs en scène. Il entend rester libre avant tout car le théâtre reste une activité importante dans sa vie. 

 

En 1961 l'acteur hors normes refuse le rôle de Lawrence d'Arabie et un cachet de 100 000 dollars pour diriger une troupe théâtrale à Glasgow pour un salaire modique de vingt dollars par semaine. 

 

En 1962, il tourne « Tom Jones », comédie picaresque  ou il virevolte dans le rôle de ce personnage de mauvais garçon sympathique. Cette performance le sacre star et lui vaut sa première nomination à l'Oscar.

 

Il refuse le star système . « Dans le Crime de l’Orient Express »sa composition toute personnelle d’Hercule Poirot, a enthousiasmé public et critique ( un peu moins votre serviteur) Cependant, il refuse de reprendre le rôle pour « Meurtre sur le Nil » qui écherra à Peter Ustinov.

 

Un petit mot pour Michael Gambon qui interprète le rôle du Docteur Frobisher directeur de l'Abbey College . Il se sépare avec une joie non dissimulée de ce professeur encombrant, d’une autre époque et qui fait tache sur l’image de modernité qu’un établissement de son standing doit présenter. 

 

Avec sa désinvolture à l’égard de Crocker-Harris, il joue à la perfection de sa morgue, mais aussi de sa feinte compréhension des parents d’élèves n’accordant de l’intérêt qu’aux plus riches ou au plus haut dans l’échelle sociale .Tout le chic de l' Old England »

 

Pax

 

Prochainement « La Rose et la flèche »

 

Le légendaire Albert Finney s'est éteint à 82 ans ICI

Paris Match ||Mis à jour le 

 
Albert Finney au côté de Julia Roberts dans «Erin Brockovitch, seule contre tous».
Albert Finney au côté de Julia Roberts dans «Erin Brockovitch, seule contre tous».Universal Pictures / Columbia Pi / Collection ChristopheL/AFP
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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 06:00

Mes funérailles à Berlin

Le Limier

Un Américain bien tranquille

Crimes contre l'humanité

The Dark Knight

Notre commentateur en chef, qui vient d’endosser la tunique de critique de cinéma, a de la constance, comme en témoigne ce commentaire sous une chronique du 1er décembre 2018

 

L’antre du Lapin Blanc mène à tout y compris à l’Ecole Normale supérieure de la rue d’Ulm, j’y étais hier au soir pour 1 colloque Sauvegarde de la biodiversité et démocratie : les enjeux d’une transformation et, à mon grand regret, je n’y ai pas croisé le fantôme d’ « Althusser à rien »

ICI

 

N'a-t-il pas de la gueule notre cher Taulier, le micro à la main ? Si, déjà souvent cité, Frédéric Schiffter observe et conclut que la beauté des femmes éclot à l'automne on peut rétorquer que l'homme n'est pas en reste. Regarder les gueules plus que grisonnantes des Peter O'Toole, Michael Caine, du regretté Jean Rochefort ou encore ce fou de Jean Pierre Marielle mais aussi Claude Rich. Ils ne s’y trompent pas les metteurs en scène qui, comme Patrice Leconte, les réunissent dans Les Grands Ducs ou continuent à leurs trouver des emplois. Faisons mentir Gabriel Garcia Marquez : « Nous sommes vieux. L'ennui c'est qu'au-dedans on ne le sent pas, mais qu'au dehors tout le monde le voit. » ( in Mémoires de mes putains tristes – 2004)

 

La classe vous dis-je !

 

Eulala mes chevilles !

 

Achat Mes funérailles à Berlin en DVD - AlloCiné

 

Aujourd’hui c’est « Mes funérailles à Berlin »

 

Pourquoi ? 

 

Parce que Michael Caine est au Panthéon de mes acteurs préférés. Comme on le verra par la suite, ce sont souvent les acteurs qui font l’accroche des films que j’aime. Le cinéma est un spectacle. Alors, intéressons nous à ceux qui « se donnent en spectacle. »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Mes funérailles à Berlin - Film 1966 - TéléObs

 

à Berlin dans les années 1960. Le colonel Stok est, en tant qu’agent important des services soviétiques , responsable de la sécurité du mur de Berlin. Il fait savoir aux Britanniques qu’il veut passer à l'Ouest. Ces derniers sont méfiants. Ils envoient à Berlin l’agent Harry Palmer pour étudier la possibilité d'une opération d'exfiltration. Sur place Palmer ,qui ne croit pas un instant en la sincérité de Stok, va se trouver confronté à la duplicité de ce dernier et à une sombre histoire d’anciens nazis au sein même du service d’espionnage anglais auquel il appartient avec les services secrets israéliens.

 

Source.

 

Le film est tiré d’un roman de Len Deighton.

 

Mes funérailles à Berlin - Len Deighton - Babelio

 

Tout le monde connaît John Le Carré. Len Deighton pourrait être son petit frère. Même domaine d’inspiration : le monde de l’espionnage en général et les services secrets britanniques en particulier. Si Deighton est moins connu c’est qu’il est resté au niveau d’un excellent auteur de romans policiers et/ou d’espionnage alors que l’œuvre de Le Carré rejoint très vite le monde littéraire. Deighton est également l’auteur de « Ipcress, danger immédiat » et « Un cerveau d'un milliard de dollars » avec pour héros Harry Palmer toujours incarné par Michael Caine . Ils ont, cependant, été tournés par des metteurs en scène différents. Dans le dernier on retrouve le colonel Stok interprété par Oskar Homolka acteur autrichien suffisamment truculent pour être souligné.

 

Réalisation

 

Affiches, posters et images de Mes funérailles à Berlin (1966)

 

« Mes funérailles à Berlin » est un film réalisé par Guy Hamilton. Il s’agit d’un bon faiseur, une valeur sur d’Hollywood. Il n’atteint, cependant, pas le niveau des grands metteurs en scène. Ses réalisations les plus marquantes sont des « James Bond » dont l’un des premiers : «Goldfinger » avec Sean Connery bien sur. Mais aussi, pour moi surtout, l’inénarrable Gert Froebe. Je me régale de ses tics d’acteur. Il donne toujours l’impression, avant de prendre la parole, de remonter son pantalon par un mouvement général des épaules coordonné avec ses épaules, ses hanches et son ventre, tout en se rengorgeant en arrière. En outre, bravo pour le choix du comédien assurant la version française des films où il apparaît. Cette digression en dit long sur l’importance ,pour moi, de Guy Hamilton. Quoique le réalisateur de « James Bond » ce n’est déjà pas si mal. On peut souligner l’éclectisme de Hamilton qui réussit aussi bien ses « James Bond » que « Mes funérailles » où Palmer est l’anti Bond

 

Michael Caine

 

Michael Caine : biographie de l'icône du cinéma britannique

 

Quel acteur ! 140 films à son actif et pas des moindres. Il a été choisi par les plus grands metteurs en scène. Je retiens surtout Alfie le dragueur, film anglais qui le confirmera parmi les acteurs avec lequel il va falloir compter et « La Loi du milieu » film sur lequel j’aurais l’occasion de revenir.

 

Le jeu du « myope de charme » est fascinant. Toujours sur le motif, il donne cependant l’impression d’être ailleurs, de ne pas y croire. D’être celui à qui on ne la fait pas. Hors les moments d’action, il affiche une nonchalance calculée, comme un chat qui ne dort que d’un œil. C’est peut être cette distance qu’il sait prendre par rapport à ses rôles qui lui permet ce jeu si personnel. Il serait du genre de ce nageur avec qui on parle au bord du bassin qui, un moment, enlève son peignoir et dit, il faut y aller. Une fois dans l’eau, on découvre un nageur hors pair. Il m’apparaît toujours plein d’humour, un humour discret mais toujours présent qui lui permet une désinvolture sans pareille.

 

A partir de quarante ans, on a la gueule qu'on mérite disait Degas. Regardez la séduction de Michael Caine aujourd’hui, fabuleux ! Je me souviens d’une rencontre hilarante entre ces deux « vieux » l’autre était Peter O’Toole. Quelle tronche ! Ils n’ont plus rien à prouver. Ils sont, tout simplement. C’est le sort des plus grands, regarder Sean Connery et chez nous Jean- Pierre Marielle ! Qu’elle séduction, quelle grâce, plus rien à voir avec ce qu’ils étaient jeunes et déjà bien lotis. Tout autre d’aspect mais quelle gueule ! C’est çà « un monstre sacré !»

 

Pax


Prochainement « Les Leçons de la vie »

L'Education de Rita

Cinéma
Michael Caine ou l'élégance du jeu ICI
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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 06:00

 

L'oreille collée au transistor, dans ma jeunesse, le dimanche soir, dans mon lit, j'écoutais le Masque et la Plume animé par Michel Polac puis François-Régis Bastide. Les joutes entre Jean-Louis Bory de l'Obs et Georges Charensol de France-Soir, me fascinaient.

 

L'intello et le populo, l'art de la critique, avec juste ce qu'il faut de mauvaise foi, de mise en boîte et de légèreté, tout ce qu'il faut pour durer 50 ans ICI

 

Ou sera-ce la dernière séance ?

 

Il y a comme ça des chansons qui rencontrent leur époque. Au fil des ans, elles en deviennent ainsi l'image synonyme, sensible et nostalgique. En 1977, Eddy Mitchell écrit La dernière séance, l'histoire en quatre couplets des petits cinémas de quartier qui ferment les uns après les autres, mortellement pris en sandwich entre la télévision d'un côté et les multiplexes de l'autre.

 

Les eaux glacées du calcul égoïste -- Le Grand Paris et le Chourizo

 

En plus d'être une chanson, La Dernière séance a également été le titre d'une émission de télévision animée sur FR3 par le chanteur lui-même. Une fois par mois, de 1982 à 1998, Schmoll nous entraînait dans un de ces cinémas, le Trianon de Romainville (avec la façade du Palace de Beaumont-sur-Oise) et nous faisait vivre une de ces séances composées de deux films américains, une série B et une série A des années 50 et 60, des publicités de l'époque et des "actualités".

 

Détail familial, mes enfants sont producteurs de cinéma : Mille & Une production et ils habitent à Beaumont-sur-Oise

 

Ou encore Pax préfèrerait-il Henry Chapier 


L'animateur du légendaire "Divan", Henry Chapier, est mort
 

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Ça, c'est un truc que le Taulier n'a pas oublié.

 

En plein marché, à Collioure, me préparant à déguster ma douzaine dominicale de « belles moyennes » de Leucate, vibration soudaine de mon smerdphone. Ecailler arrête un peu le bras..  j’m’en va voir de quoi il retourne. 

 

Un message : « Bonjour heureux sudiste. Proposition matinale honnête. Vous tenez une chronique cinéma sur mon blog à votre rythme. Bonne journée. » 

 

Quoi c’est y donc qu’ça ? 

 

Le Taulier ? 

 

Il fait un appel au peuple ?

 

Le malin singe sait fort bien à qui il s’adresse. En caressant un graphomane impénitent dans le sens de la plume il sait que c’est gagné d’avance. 



 

Voilà pour le bulletin de naissance d’une série soumise aux aléas de la Tramontane « Le mercredi c’est Ciné Papy »



 

Pour cette première chronique évoquons «  Clair de femmes » (1979) tiré d’un livre de Romain Gary. 

 

Clair de femme - Blanche - GALLIMARD - Site Gallimard

 

Pourquoi Romain Gary ? 

 

Consul Général de France à Los Angeles, il a fréquenté le tout Los Angeles partant le tout Hollywood pendant la mise en disponibilité que lui accorda le Quai d’Orsay. 

 

Mais ce n’est pas pour cela. Pas non plus parce qu’il épousa Jean Seberg sa cadette de 25 ans, mignonne starlette qui enflamma les fans de la nouvelle vague la voyant débouler sur les Champs au coté d’un Jean Paul Belmondo déjà plus goguenard que jamais dans A bout de souffle de Jean Luc Godard. 

 

Peut être, parce que c’est quelqu’un qui m’impressionne et m’intrigue par son mystère .Je l’aime aussi pour son désespoir profond que dissimulaient toutes ses mystifications. 



 

Pour cette première chronique évoquons «  Clair de femmes » de Costa-Gavras prosaïquement peut être parce que la Revue de Deux Mondes en a fait l’objet de son dossier du mois.

 

Clair de femme - Film (1979) - SensCritique

 

D’accord pour Gary, mais pourquoi « Clair de femme » ? En effet l’œuvre de Gary a été  portée à l’écran de nombreuses fois. Il y a des films plus flamboyants que celui-là.

 

Par exemple : « Les Racines du ciel » , « La Promesse de l'aube » et surtout « La Vie devant soi » etc. 

 

C’est le moment de dessiner le cadre de ce que seront ces chroniques. Elles traiteront de films que j’ai aimés. Je dirai pourquoi je les ai aimés et les aimes toujours et que chaque rediffusion m’est un plaisir renouvelé. Ce sont donc des critiques impressionnistes qui seront livrées. Attention, les films seront évoqués avec mon regard de l’époque et non les critères en vogue aujourd’hui avec lesquels, on le devine à l’avance, je ne partage pas grand chose. 

 

Je ne parlerai pas non plus des castings ni de « la troisième assistante maquilleuse de la deuxième équipe ». Wikipédia est là pour satisfaire les plus curieux amateurs d’exhaustivité. Je n’en parlerai que si l’un ou l’autre acteur est concerné par mon souvenir du film évoqué.

 

« Clair de femme »  est un film de Costa Gavras avec Yves Montant et Romy Schneider. Si avec une telle affiche on ne décroche pas la timbale c’est qu’il y a un hic. 

 

Clair de femme (Costa-gavras, 1979) : Vos critiques

 

Le livre dont est tiré le film est, nous dit sa biographe Myriam  Anissimov  « Un roman tragique et ténébreux. Une histoire d’amour fraternel et sans espoir entre un homme presque veuf et une femme qui venait de perdre un enfant » Presque veuf car, pendant qu’il déambule, désemparé, dans les rues, les seules lueurs d’espoir qui lui parviennent sont celles blafardes des réverbères, sa femme agonise. Elle l’a supplié de partir. Elle ne veut pas qu’il la voie mourir. Elle veut qu’il continue à vivre et garde d’elle un souvenir intact de ce que furent leurs jours heureux. Elle l’envoie vers un nouvel amour qui rendra le leur éternel. Il croise une peine aussi grande que la sienne : une mère qui vient de perdre un enfant et dont le mari est handicapé. Je trouve Romy Schneider assez mal à l’aise dans ce film et donc peu crédible. Je dois avouer que j’ai un problème avec Romy Schneider dont, l’aura et la légende qui l’entoure fait que je ne voit plus qu’elle à l’écran ce qui est un peu gênant. Il vont tenter de conjurer la mort le temps d’une nuit mais en vain.

 

J'avais lu le livre avant d’avoir vu le film. Le livre sacrifie aux formules définitives qui font mouche.Pour le reste, il est écrit comme souvent chez Gary, à l’estomac. La critique littéraire bien pensante en est déroutée et même dégoutée. Cela n’empêche nullement Gary d’avoir un réel et immense succès. Aucune comparaison à voir avec les succès frelatés de nos Marc Lévy et/ou Guillaume Musso dont les tirages n’impressionnent que leurs banquiers. 

 

Le film est à l’avenant du texte. Je dirais de guingois. On voit des images qui se contentent d’illustrer les dialogues. Les formules définitives entre les deux acteurs sont échangées comme un match à Roland Garros. Mais en nocturnes car les couleurs de la nuit ne quittent pratiquement pas l’écran. Du moins c’est ma mémoire qui me laisse ce souvenir. On n’est pas loin du documentaire avec des images défilant en banc titre avec des commentaires en voix off.

 

Romain Gary savait que sa vie et ses récits n’étaient pas à l’eau de rose.Le message qu’il a laissé pour expliquer son suicide deux ans après l’étrange mort de sa femme est clair et net : « Aucun rapport avec Jean Seberg. Les fervents du cœur brisé sont priés de s’adresser ailleurs. » C’est peut être là que se situe le hic qui expliquerait pourquoi ce film n’a pas rencontré son public même s’il existe quelques inconditionnels grâce aux formules choc qui savent nous toucher. En effet, il y a là de quoi chagriner les amateurs d’histoires d’amour fussent elles tristes.

 

Pourtant Gary se rend compte qu’il charge la barque avec cette situation limite. Elle lui permet surtout d’enfiler des formules en virtuose. Il introduit donc des scènes où le burlesque le dispute au dérisoire : des scènes de music-hall de chiens savant. 

 

Ce n’est quand même pas le livre le plus fameux de Romain Gary et Costa Gavras s’est illustré par de plus grands films. Pourtant si ce film m’a fait autant d’impression c’est que j’étais moi même entre deux histoires d’amour. Les formules à l’emporte pièces des dialogues me faisaient rêver à tout ce qu’on pouvait dire à une femme qui telle celle de Verlaine « n'est, chaque fois, ni tout à fait la même ,ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. »

La niaiserie n’a pas d’âge.

 

Pax

 

Prochainement «Mes funérailles à Berlin »

 

P.S Avant de remettre mon papier au Chroniqueur en chef, j’ai eu, in extremis, la curiosité de vérifier si le blog n’en avait pas déjà parlé. Bingo le 16 août 2020 avec, comme à l’ordinaire, un commentaire de mézigue . 

 

Pour mémoire : «  Claire de Femme, j’avais adoré le livre de Romain Gary . Et oui, cette midinette de mouche du coche aime les histoires d’amour surtout racontées par un être aussi blessé et tourmenté que Gary. Mais alors, le film ! Au secours ! Personne n’y croit, ni les acteurs (pardon, les très grands acteurs que dis je, les Monstres Sacrés qui s’y collent), ni le metteur en scène. Un éclairagiste peut-être ou une maquilleuse ?

 

Et bien voilà encore un commentaire qui casse la baraque. Ben oui, c’est comme ça.

 

J’ai déjà dit que je ne connaissais rien à la musique du magazine Rolling Stone et évoquée quelques fois par notre Taulier mélomane éclectique mais tout n’est pas à jeter dans ce monde là. Il me plait de faire mienne cette phrase de Kurt Cobain “Ils se moquent de moi parce que je suis différent, je me moque d’eux parce qu’ils sont tous pareils »

Na ! » ( Ouah les chevilles putaing ! Le mec il se cite lui même cong !)

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