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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 09:00
CHAP.15 opération Chartrons, « Bayrou, c'est comme le sida... Quiconque le touche meurt ! » propos que le Parisien attribue à Nicolas Sarkozy

Un point précis sous le tropique/Du Capricorne ou du Cancer/Depuis, j’ai oublié lequel/Sous le soleil exactement/Pas à côté, pas n’importe où/Sous le soleil, sous le soleil/Exactement, juste en dessous…

 

Les paroles de Gainsbourg tournaient dans ma tête mais elles avaient la voix d’Anna Karina l’égérie de Godard pendant que je lézardais sur mon balcon juste en-dessous de ce premier soleil d’avril en lisant la dernière biographie en date de Mitterrand écrite par Michel Winock. Au-delà de ce que je lisais, que je notais, elle était là, bien ancrée dans mes pensées, omniprésente, elle, l’inattendue, l’inespérée. 35 ans, quel bel âge, mais qu’est-ce donc l’âge ? Ce foutu âge. La différence d’âge, rien qu’un espace incomblable sur le fil tendu de la vie, mais était-il si infranchissable ? M’en persuadais sans grande conviction, en comptant celui qui séparait le vieux François et la jeune Anne Pingeot la mère de Mazarine. « Un personnage de roman » avait coutume de dire de lui François Mauriac. « Anne tient tête, et sa famille devra accepter sa résolution. Elle veut un enfant de François… En décembre, 1974, Anne Pingeot accouche d’une fille, Mazarine, dans une clinique d’Avignon. » François sera Président, en 1981, à 65 ans. J’en avais 33, l’âge du Christ au Golgotha. Entre ce François de Jarnac et moi, aucune proximité, un profond fossé générationnel, une opposition frontale, mais sans doute le même secret fiché au cœur et la même pugnacité. Ne rien lâcher aux pires moments, toujours se battre, ne jamais se plaindre. L’important c’est elle et, au-delà du manque, n’espérer que du bonheur sous le soleil exactement ! Même si, depuis toujours, je n’avais pas croisé le grand amour sans doute parce que je n’étais pas aimable. Trop tard ! Je me roulais une cigarette après avoir bu à petites gorgées mon café.

 

Plaie d’amour n’est pas mortelle, dit-on, il est pire blessure, comme le confit Djamel après son accident à Trappes sur le quai de la gare « J'ai eu la chance extraordinaire de ne pas m'en rendre compte. Quand le médecin est venu et m'a appris que je ne pourrais plus bouger le bras, il avait des stylos dans sa poche. Je lui ai demandé de m'en prêter un et je me suis immédiatement mis à écrire de la main gauche. Sans réfléchir, j'ai pris ma douleur à crédit. J'ai fait ma rééducation durant presque deux ans dans un centre du XVIe arrondissement, et j'ai vu des gens qui ne pouvaient s'exprimer qu'avec leurs paupières. Là, je me suis senti très bien, très en forme. J'étais heureux de vivre, je n'étais plus handicapé. »

 

Handicapé du cœur, une distance masquée par mon indolence qui aujourd’hui me glace dans une solitude intérieure qui, par instant, se révèle intolérable. Je n’en veut qu’à moi-même, alors sourire sans retenue, vivre, se dire que cette soudaine échappée belle sur un territoire inconnu c’est la chance de ma vie. L’unique, je la prends comme elle vient, à plein !

 

Comme il fait trop beau pour travailler je lézarde sur le balcon, sous le soleil exactement. Mais en fait je travaille. Face à la déliquescence de l’ensemble de la gauche sous ses appellations plurielles : PS officiel et ses nouveaux diverticules vibrionnant, Front de Gauche amalgame improbable du PCF qui n’a pas encore assumé son passé d’aligné sur la ligne des gérontes de Moscou : pauvre petit Laurent fils de son père et de la bande à Mélanchon pur produit du pire mitterrandisme et, bien sûr, le compost étrange des Verts mélangeant le pire et le meilleur, j’instruis avec succès le procès Mitterrand.

 

« … à l’automne 1994… Paul Thibaud, ancien directeur de la revue Esprit, gravait du président un portrait au burin impitoyable. Pour lui, le chef socialiste était « incapable de penser à autre chose qu’à lui-même » : il « a tenté de sauver sa personne de l’échec de son œuvre. ». « Entre l’intensité de la passion pour le pouvoir et le résultat d’une dizaine d’années de pouvoir sans partage, le contraste est affligeant. Si l’on met à part le discours au Bundestag, réaction apparemment convaincue et certainement pertinente au chantage nucléaire soviétique, Mitterrand présente un bilan essentiellement passif ; il a enregistré et utilisé à son profit la mort de la gauche et le déclin de la France sans aller jusqu’à penser ces évènements et à essayer de remplacer les capacités défaillantes. Même en politique intérieure, après l’abolition de la peine de mort, retardée par la pusillanimité des gouvernements de droite, il n’y a pas eu de réforme importante menée à bien. […] Mitterrand aime le pouvoir, non le gouvernement. Le pouvoir a été souvent pour lui l’exercice d’un contre-gouvernement. Il y a chez cet homme dont le projet de gouvernement a échoué une croyance profonde en l’inaction, dans la vanité de l’action, une tendance à réduire la politique à un faire croire, à l’art de conjurer les évènements en leur opposant des mises en scène, des gestes. »

 

« Pour Paul Thibaud, Mitterrand a fait preuve d’un « absolutisme inactif », « d’ « une démagogie immobiliste » : « s’il n’y a rien à entreprendre, le souci de l’image et la détention du pouvoir sont toute la réalité du politique ». Qu’est-ce-que régner sans gouverner ? C’est choisir « la grandeur à vide, la grandeur parodiée, la vanité, le pouvoir débridé sans substance politique. »

 

Déçu Thibaud, moi je ne l’ai jamais été, lui et sa cour me sont toujours apparu comme étant que des opportunistes sans colonne vertébrale, jugement vérifié par mon voisinage avec un des hommes du premier cercle, fidèle parmi les fidèles, ce pauvre et falot Louis Mermaz, et je n’ai jamais espéré comme lui « que les déceptions de 1982-84 pouvaient entraîner une redéfinition, plus stricte et moins marquée par le ressentiment, du projet de la gauche. Le choix de Mitterrand, ce ne fut pas la rénovation du socialisme, le projet que certaines valeurs redeviennent opérationnelles, mais l’utilisation de son délabrement, sa conservation dans un état déconsidéré que s’en réclamer (Mitterrand continue de le faire) ne signifie plus rien. »

 

Jean-François Revel, lui aussi, frappe juste « Quant à la réflexion politique, à la connaissance des faits, Mitterrand était si incurieux des idées générales, des visions d’ensemble tirées de l’examen scrupuleux du réel que, précisément à cause de son indifférence à la pensée, ce réaliste était incapable de distinguer une analyse sérieuse d’une ânerie chimérique. »

 

Le seul mérite que je lui reconnais c’est d’avoir démontré, par sa victoire en 1981 et son refus de changer la règle du jeu, que l’alternance était possible. Par la suite il n’a fait qu’être de ceux que seule la vulgaire jouissance du pouvoir satisfait. L’heure des comptes pour ses héritiers a sonné et ce n’est que justice…

 

À peine refermé le livre de Winock je me penchais sur l’actualité en laissant de côté la famille Le Pen dans toute sa merde pour ne m’intéresser qu’à Nicolas qui se dit « humilié d'assister à un tel spectacle » dans l’amour qu’il porte à l’allié de Juppé, le petit béarnais. « Bayrou, c'est comme le sida... Quiconque le touche meurt ! » Dans son édition du mercredi 8 avril, le journal Le Parisien attribue ces propos à Sarko qui dément catégoriquement et annonce des poursuites judiciaires à l'encontre du quotidien.

 

Dans cette affaire, dont nul ne pourra jamais savoir si c’est vérité ou mensonge, ce qui plaide en défaveur du petit teigneux c’est que ces propos sont crédibles à défaut d’être réels. Monsieur et madame tout le monde, instruits par moult précédents, se l’imaginent parfaitement se laissant aller à ce type d’horreur. Il est méchant et rancunier.

 

Alors le Bayrou entre en guerre ouverte contre Sarkozy :

 

« Le responsable de la victoire de la gauche en 2012, il porte un nom, il s’appelle Nicolas Sarkozy »

 

« Si Juppé ne l’emporte pas, je serai dans la situation que j’ai construite depuis longtemps : je serai libre, affirme-t-il. Si sur la table, le jour du vote en 2017, on trouvait seulement les bulletins de vote Hollande, Sarkozy et Le Pen, des millions de Français n’auraient pas le bulletin qui représente leur opinion. » Et d’ajouter : « Nicolas Sarkozy a l’habitude que tout le monde plie devant lui et se range, voire se couche. Ce n’est pas ma nature. »

 

C’est tout bon pour notre opération Chartrons !

 

Avant d’aller m’asseoir à une terrasse pour prendre l’apéro je coche pour mes troupiers un article du Monde « Charlie Hebdo » : quand la DGSI réécrit l’histoire 

 

« La scène se déroule au lendemain de la tuerie de Charlie Hebdo. Il est 19 h 50, ce jeudi 8 janvier, lorsqu’un agent du renseignement territorial (ex-RG) téléphone à l’ancien syndicaliste policier, Jo Masanet. Il lui parle de la cellule de crise mise en place « avec Bernard Cazeneuve et tous les services de renseignement », place Beauvau. Puis l’agent marque une pause. Il hésite, cherche ses mots pour évoquer les frères Kouachi toujours recherchés : « Bon, par contre… Faut savoir que, heu… On avait les informations déjà sur les individus… On les avait suivis, on les avait sur notre base de données… » Ils les connaissaient mais ne les surveillaient pas.

 

« On avait constaté que la DGSI (la direction générale de la sécurité intérieure) était dépassée par les événements, d’accord ? Donc, on a un gros souci, là-dessus… » Cette conversation, écoutée par des enquêteurs en marge d’un dossier de trafic d’influence, illustre ce que beaucoup pensent sans oser le dire dans un cadre officiel. Et ce même au sein de la DGSI, traversée depuis par de légitimes questions sur ses choix stratégiques et ses méthodes de travail. »

 

Je note aussi la fameuse distinction de Carl Schmitt dans La Notion de politique, théorie du partisan l’instinct du politique c’est l’aptitude de percevoir nettement l’ « ennemi en tant que tel quel » Tonton et Sarko même combat !

 

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, si la primaire est « bidouillée », Juppé  se présentera au premier tour.

Je hais les départementales… c’est du Jean Yanne pur cru… À Paris nous ne votons pas alors au petit matin blême et pluvioteux nous avons pris l’autoroute de l’Ouest, Trouville peut-être, pour échouer finalement au Trianon Palace jouxtant le parc du château de Versailles où un pingouin constipé nous a poliment signifié, à l’entrée du room-service, que le petit-déjeuner, œufs brouillés et viennoiseries incorporées, nous passeraient sous le nez, because jamais le dimanche pour une engeance de notre importance. Nous avons fait antichambre, expresso à 6 euros, pour un défilé de nanas et de mecs en survêtements gris. Bonjour tristesse, le chic se perd dans les palaces de pacotille. Dignement nous nous sommes retirés, ils ont même osé s’excuser. France terre d’accueil ! Notre faim était immense alors nous sommes rentrés at home pour la satisfaire. Le beurre demi-sel pour elle sur de la brioche. Le café à la turque était limite. Midi déjà, il est vrai qu’au cœur de la nuit nous avons pris une heure dans le buffet. Mon Dieu qu’elle est belle ! Aimer à perdre la raison/Aimer à n'en savoir que dire/A n'avoir que toi d'horizon/Et ne connaître de saisons/Que par la douleur du partir/Aimer à perdre la raison… Dans ces moments-là j’aime Aragon. Demain elle part à Ouessant fêter son anniversaire…

 

Seul face à mon écran, lassé par les rodomontades du nouveau Badinguet en talonnettes je me plongeais dans ma revue de presse.

 

Concernant les ennuis judiciaires du président de l'UMP, Le Point écrit : « Sarkozy en est convaincu : il est « victime d'un complot politique » orchestré, selon lui, par François Fillon ». Le cocker de la Sarthe parachuté dans le VIIe de Rachida appréciera la gentillesse de son ex-boss qu’il a trouvé dimanche dernier, au siège de l'UMP, « trop sûr de lui et désagréable ». Mais ce n'est pas tout. « Le lendemain, lundi en fin d'après-midi, la tension monte d'un cran. En plein bureau politique, l'ex-chef de l'État fusille l'élu parisien. (...) En juillet, l'un des membres du Bureau politique a trahi et a balancé à la presse et à la justice cette affaire de paiement des pénalités de l'UMP. En politique, j'en ai vu de la haine, notamment entre Jacques Chirac et Édouard Balladur ! Mais au point d'aller au pénal contre l'un des membres de sa famille politique et d'organiser un complot, jamais ! » rapporte l'hebdomadaire. L’agité faisait bien sûr référence au fameux déjeuner avec le secrétaire général de l'Élysée Jean-Pierre Jouyet, au cours duquel son collaborateur à Matignon (appellation d’origine contrôlée), simple exécutant de la volonté du tout puissant aurait demandé de « taper vite » sur celui-ci. L’amour, l’amour, quand tu les tiens, tu ne les quitte pas. Purée qu’est-ce que ça sera lorsque Carlita quittera Nicolas, car je vous fiche mon billet que ça arrivera.

 

Et pendant ce temps-là le roquet de Meaux, qui ronge son frein, refuse tout contact avec les journalistes, ressentait le besoin d’ouvrir son clapoir plein de dents acérées, de ramener sa fraise pour prendre sa part de lumière dans le « succès historique » aux cantonales. Au bureau politique de l'UMP, lundi soir, il rappelle au chef suprême tout auréolé de sa victoire qu'il fut, lui aussi, l'artisan du succès du parti aux municipales alors qu’il présidait le mouvement. « Moi aussi, j'avais gagné les municipales. Et même les européennes, car, si on additionne les voix de l'UMP et de l'UDI, nous étions devant le Front national. » Copé pousse encore plus loin le bouchon. « L'UMP est un label. J'interroge sur la nécessité de changer de nom. » Le triomphateur de l’hydre socialo-lepéniste monta alors sur ses petits chevaux pour exécuter le félon «Est-ce une question innocente ?» : « Oui, cela en est une » répondait le Copé, alors ce fut l’hallali : « Il ne te vient pas à l'esprit qu'il y a des affaires judiciaires qui te concernent qui justifient qu'on change le nom ? » Interloqué, sonné, le roquet resta muet, cloué à sa niche. Suivait, selon un témoin de la scène, à la fin de la réunion, un aparté d'une dizaine de minutes entre les deux cadors. Après la rouste, un peu de lustrage de poils, l'affaire Bygmalion qui allait rebondir avec la garde à vue de Guillaume Lambert, le directeur de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 pourrait bien les rassembler au pôle financier.

 

Jamais en reste, le petit tonton flingueur de la droite dure ne manque jamais une occasion de moquer Juppé en soulignant que c'est dans le Sud-Ouest, cher au maire de Bordeaux, que l'UMP a réalisé ses plus mauvais scores, notamment en Gironde. « Vous voyez, quand on regarde le Sud-Ouest, tout est en rose, sauf un département : les Pyrénées-Atlantiques où le MoDem a gagné. C'est utile l'alliance avec le MoDem, ça fait gagner le MoDem, et nous, on n'a plus rien », a-t-il ironisé. Bayrou encore un autre félon, François Bayrou, l'allié d'Alain Juppé, pour qui il a le plus profond mépris (et c'est réciproque). Juppé libéré, délivré même, qui sait fort bien que la bataille sera longue et rude, qu’il peut s'essouffler, s'abîmer, s'user, surtout face à un adversaire énergique comme le Sarko. Mais ça lui laisse le temps de montrer sa différence comme le note Alba Ventura sur RTL : « Juppé / Sarkozy : le yin et le yang, le bouillonnement et la modération, le clivage et la nuance. » Alors continuer de diffuser sa petite musique, en disant que c'est aussi sa victoire, la victoire de sa stratégie de l'union de la droite et des centres. Chez ses amis, on prend bien soin d'expliquer en ce moment que ce qui est une « stratégie » chez Alain Juppé n'est qu'un « positionnement » chez Nicolas Sarkozy. Autrement dit : chez Juppé ça vient de loin, chez Sarkozy c'est de l'opportunisme. Alain Juppé a décidé d’accélérer, il est partout, donne des interviews, comme celle du jeudi 2 avril à La Tribune, où il redit que si la primaire est « bidouillée », il se présentera au premier tour.

 

Mercredi après-midi lors d’un débat organisé par l'université de Paris Dauphine la langue de Juppé a fourché « Ah, on a commencé le match déjà? On est dans les primaires? », a-t-il ironisé, avant d’assurer que Sarkozy avait « été un très bon président de la République en 2012… heu en 2007! Pardonnez-moi c’est un pur lapsus… »

 

« L’UMP, c’est Nicolas Sarkozy qui en est le président, mon président, mais pas que », a-t-il souri. « C’est moi aussi, l’UMP. C’est François Fillon, Bruno Le Maire, NKM et quelques autres… C’est une diversité. C’est pas : en colonne derrière une seule personnalité. »

 

« Il a défendu à nouveau sa stratégie d’alliance « de la droite et des centres », MoDem compris, Alain Juppé est resté prudent quand un étudiant lui a demandé de définir d’un mot le centriste François Bayrou. « Euh… Béarnais. » Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a en revanche été qualifié de « décalé », Marine Le Pen de « démago » et François Hollande… « d’empêtré ».

 

Nous sommes sur la bonne route, poursuivons-nous notre objectif !

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, NKM à Sarkozy : « Tu devrais manger du porc, ça rend plus aimable » et t’en fait pas Nicolas on s’en souviendra de ton ni-ni

La solitude est un cercueil de verre, je ne sais pourquoi le titre du livre de Ray Bradbury est venu de suite roder dans ma tête dès l’annonce du crash de l’A320. Intuition que cette descente programmée, froide, inexorable, avait pour origine la main d’un homme enfermé dans sa prison intime. Les psys, jamais en reste d’explications, parlent de « suicide altruiste » qui ne relève d’aucun schéma rationnel, mais de ressorts psychologiques bien particuliers. « Au cours d’un tel acte, la personne est envahie par une idée – de ruine, de menace, de culpabilité… Alors, elle ne voit pas d’autre solution que de programmer sa mort et celle de son entourage. Elle ne réalise pas, sur l’instant, le drame humain que peut représenter la mort de 150 personnes. Il y a une perte des échelles de valeur. ». L’ex-petite amie trouble un peu le panorama clinique en déclarant que le copilote lui aurait dit « Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra ». Exister, marquer d’une empreinte indélébile son passage sur terre, se cacher, donner le change aux autres et puis aller jusqu’au bout de son choix sanglant : s’immoler ! « On retrouve cela dans des suicides altruistes où des parents décrits comme aimants tuent leurs enfants… ». 8 minutes dans le poste de pilotage, être le seul maître à bord après Dieu, le point final d’un rêve déçu, spectaculaire, demain le monde entier saura, et tel est le cas. Puissance posthume, radicale, pouvoir absolu, ça n’a pas de sens sauf pour ce garçon qui n’aurait jamais dû s’asseoir là où il était. Les troubles psychologiques et physiques sont très probablement sous-estimés. « La médecine aéronautique est une médecine vétérinaire ! Comme l’animal, le patient ne dit rien. Il a peur qu’on lui retire sa licence. Il n’existe aucune catégorie de personnes qui explique aller aussi bien ! » Si Andreas Lubitz «a fait ça», «c’est parce qu’il a compris qu’à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d’un emploi à la Lufthansa, comme commandant de bord et comme pilote de long courrier était pratiquement impossible» Puzzle humain indéchiffrable, se mettre dans la peau de… mission impossible… sauf pour le romancier.

 

Écrire !

 

Comment entrer en écriture ?

 

« Venice, Californie, avait autrefois de quoi plaire à ceux qui aiment être tristes : du brouillard à peu près tous les soirs, et le grondement des installations de forage au long de la côte, et le clapotis de l’eau noire dans les canaux, et le crissement du sable contre les fenêtres quand le vent se levait et chantait sur les aires dégagées et les promenades désertes. »

 

C’est la première phrase, le premier paragraphe de La solitude est un cercueil de verre publié en 1985 sous le titre original Death is a lonely Business par Ray Bradbury qui, dans ce roman, ne maîtrisait pas forcément tous les codes du roman noir américain mais son humour, sa capacité à créer des ambiances, à restituer ce qui fait le charme d’une énigme policière : dans le vieux tramway rouge, grinçant, le jeune narrateur tête brûlée, romancier en devenir, seul avec un poivrot ivre qui lui souffle «Oh ! La solitude est un cercueil de verre. » avant de disparaître alors qu’en contrebas, dans le canal, un vieil homme se balance, mort, dans une ancienne cage à lion. L’inspecteur Crumley n’a pas d’épaisseur, il flotte tout autant que le narrateur dans un Vénice du bout du bout du monde plein de nostalgie.

 

Dans La solitude est un cercueil de verre Ray Bradbury ne peut se départir de sa plume de romancier, il ne se soumet pas à l’implacable réalisme du roman noir qui noue des intrigues complexes pour mieux les démêler. Lui écrit, car pour lui «l'écriture s'apparente à un noyau de passion enrobé d'une coquille d'intelligence », celle-ci ne devant « servir qu'à s'assurer qu'on ne fait pas de grosses bêtises ». « Dans la vie, comme dans l'écriture, il faut agir par passion : les gens voient que vous êtes honnête et vous pardonnent beaucoup », soulignait Bradbury.

 

Page 25

 

« A l’intérieur m’attendaient :

 

Un studio vide de six sur six contenant un divan élimé, une étagère comprenant quatorze livres et beaucoup d’espace disponible, un fauteuil rembourré acheté au rabais chez Good Will Industries, un bureau en pin brut venu de chez Sears Roebuck et sur lequel trônait une machine à écrire Underwood Standard modèle 1934, non huilée, aussi grosse qu’un piano de concert et aussi bruyante que des sabots dansant des claquettes sur un parquet nu. »

 

Pour entrer en écriture j’ai besoin d’elle, elle me transfuse force et sérénité. Besoin de cette proximité simple, dénuée de tout désir de possession, de domination, de l’attention, de la tendresse, un fil tendu, un équilibre toujours instable, la manque parfois, vivre au présent j’y tiens et je m’y tiens. Le sourire d’Émilie suffit à mon bonheur du jour.

 

Entre les deux tours, le crash inédit de l’Airbus rejette les petits débats misérables au rang de leur médiocrité. J’ai rassemblé ma fine équipe au 50 pour boire et nous buvons. Ducourtioux, toujours aussi prolixe et démonstratif, déroule un raisonnement pour lui imparable : « Puisque l’homme au karcher nous fait le coup du ni-ni prenons en acte et renvoyons lui la réponse en boomerang : entre la Marine et toi nous ne choisirons pas. Nous ne te donnerons pas nos voix puisque d’après toi nous sommes à égalité d’exécration avec elle. Tu seras élu tout de même, mais mal élu, avec la Marine au cul et nous absents… »

 

Et d’enchaîner : « Bien sûr il ne faut pas sous-estimer la force électorale du Front national, il est bien installé dans le paysage politique français. Mais il ne faut pas non plus la surévaluer car c’est le niveau des abstentions qui grossit artificiellement son importance. Dimanche 22 mars, à l’occasion du premier tour des élections départementales, 5,15 millions d’électeurs ont voté pour ses candidats, et cela faisait 9,3% de plus qu’aux élections de 2014, mais la France compte plus de 43 millions d’électeurs. Le Front national reste donc très loin de pouvoir disposer d’une majorité électorale.

 

La droite, au premier tour des élections départementales, a d’ailleurs progressé plus spectaculairement que le Front national puisque les candidats de l’UMP­UDI, rassemblés derrière Nicolas Sarkozy, ont progressé, eux, de 44,2% par rapport à 2014 ; ils sont passés de 5,07 millions à 7,32 millions. Cela montre qu’il y a eu un effet Sarkozy plus fort que l’effet Le Pen.

 

Bien que le Parti socialiste ait subi une déroute le bloc des gauches, lui aussi, a progressé : il est passé de 6,45 millions d’électeurs à 7,48 millions. Cela montre que si le Front national progresse, sa progression reste modérée. Et comme le Front national fait cavalier seul, n’a pas d’alliés et se complaît dans l’isolement, il lui sera difficile de dépasser à la fois la droite et la gauche qui lui feront toujours barrage parce que, sinon, elles se suicideraient politiquement.

 

Voilà pourquoi, si la situation économique et sociale de la France ne s’améliore pas, il lui arrivera sans doute d’enregistrer quelques succès aux élections législatives mais voilà, pourquoi aussi Marine Le Pen ne sera jamais élue président de la République parce que les rejets que ses idées et son programme suscitent seront toujours plus mobilisateurs que les adhésions dont elle bénéficie aux élections intermédiaires grâce à l’effet amplificateur des taux d’abstention. »

 

- Rassurez-vous mes petits loups je ne fais là que relayer l’analyse d’Alain Rollat un bon spécialiste de l’extrême-droite

 

J’approuve et j’ironise « la pilule a du mal à passer pour Longueurs&Pointes, elle doit défendre le « ni-ni » de talonnettes qui, toujours aussi léger et élégant, voyant sa mine déconfite dimanche au soir du premier tour des élections départementales, il n'a pu s'empêcher de la vanner : « Pour te faire retrouver le sourire, je t'annonce que j'ai fixé à 70 le nombre de parrains parlementaires nécessaires pour te présenter à la primaire » Du tac au tac la NKM qui avait tenté de faire abaisser ce seuil de 25 à 10, lui a conseillé de « manger du porc, ça te rendrait plus aimable » Le respect du chef se perd à l’ex-RPR !

 

Je rapporte qu’au Salon du livre, lors de la séance de dédicaces de Juppé, la plupart des dédicataires - et leur file était imposante - lui demandaient, exigeaient et parfois le suppliaient de se présenter à la prochaine élection présidentielle. « À la fois gêné, flatté et amusé, Juppé opinait pour aussitôt brandir la réédition de son Montesquieu. Satisfait, mais prudent. Seulement, quelques dizaines de mètres plus loin, n'échappant pas aux caméras et aux micros des journalistes fouineurs, des militants juppéistes - oui, ça existe, la preuve ! - arpentaient la file d'attente cherchant à obtenir les adresses mail des uns et des autres, « comme ça, nous vous enverrons du matériel de campagne et vous pourrez nous aider ». Le « nous », c'est évidemment d'Alain Juppé dont il s'agit. »

 

En politique, Juppé est un cartésien. Il estime que l’on ne peut pas cogner sur Marine Le Pen, sport pratiqué au quotidien avec obstination, par le Sarko et proposer le ni-ni aux électeurs de la droite républicaine. « La contradiction est trop importante pour être soutenable à moyen et long terme. On ne peut pas prôner l'alliance avec les centristes - condition préalable à une victoire présidentielle - et doubler le FN sur sa droite en prônant la suppression des repas de substitution. Contradiction une fois encore insurmontable dont Sarkozy ne peut plus se relever.

 

Car le maire de Bordeaux est persuadé qu'après un tel déport à la droite de la droite, Sarkozy, plus jamais, n'incarnera le pôle central de la vie politique française. Il ne reviendra pas de cet enfer idéologique parce que les extrêmes droitiers n'abandonneront plus Marine Le Pen et que les républicains du centre, eux, ont perdu à jamais toute confiance en lui. Construction apparemment cohérente. Et Juppé veut se convaincre que, cette fois, la cohérence triomphera. Et puisqu'il l'incarne, cette cohérence... »

 

Nous nous quittons. J’ai acheté une bouteille de Prosecco nature pour Émilie. Il pleut sur Paris.

 

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, Colmou le rocardien qui rétrécit la gauche et le Buisson ardent qui brûle les doigts de Mélanchon

Semaine étrange, pleine d’absence, de trous, de fureurs intérieures, de dépressions suivies de remontées vertigineuses, je ruminais. Toujours précédées d’un long temps de lenteur, masqué par une manière d’être, absente, insondable, mes décisions importantes ont toujours été aussi soudaines qu’imprévisibles. Je tranche ! Laisse derrière moi ce qui n’est qu’après tout du passé sur lequel qui que ce soit n’a de prise. Hôtel de l’avenir, quel avenir s’interroge dans sa langue concise souvent imperméable, Patrick Modiano, par la bouche de son héros qui arpente les rues du Ve au petit matin tout près de l’église Saint-Jacques-Haut-le-Pas ? L’équation est simple, sans aucune inconnue, elle est mon avenir, je ne suis pas le sien, insoluble et je ne cherche pas à la résoudre. Précautionneux et attentif je me contente de me glisser dans tous les espaces qu’elle me donne. Et elle m’en donne. Apaisé face à elle j’en deviens contemplatif. M’envole ! La connexion se fait : amarrée sur l’autre rive du bassin, Milou, la péniche bleue et jaune, devient notre trait d’union, « je l’achète et nous partons ! » Elle sourit. Nos secrets, une forme d’intimité tendre, je m’inquiète, elle s’inquiète, mes mots, les siens. Et puis il y a le regard des autres… qu’importe… peu m’importe… C’est simple : débarrassé de mes vieux habits je revis. Prends de plus en plus de distance avec mon job, j’en ai marre de voir les gens de pouvoir sombrer dans la médiocrité la plus crasse. « Chronique d’un désastre annoncé » avis de gros temps, une vraie grande marée qui va tout emporter. Devant ma petite bande de bras cassés sympathiques je me roule une petite clope, tabac naturel et papier chanvre, et j’entame ma conférence de début semaine en évitant d’avoir l’air désabusé.

 

Au temps d’une Rocardie planant sur un petit nuage bleu ciel, sondages au zénith pour son cher Premier Ministre, souvenir du fameux Congrès de Rennes où les courants du PS s’étripèrent sans prendre de gants, juchés sur des chaises, tout près de moi, le couple Dray-Mélanchon leaders d’une motion à leur nom, très à gauche bien sûr, conspuait les sociaux-traîtres que nous étions. Et dire que Mitterrand avait refusé de voir Julien Dray entrer dans le gouvernement Rocard avec son petit sourire carnassier qui voulait dire : « je ne vais pas vous faire ce cadeau Monsieur le Premier Ministre, donner une gamelle de soupe à l’un de vos adversaires le plus acharné c’est me priver des services d’un roquet qui vous mordra les chevilles à la première occasion… » Par dérision nous les avions baptisés : Gueule de Raie et Méchant Con. Mais, en ce temps-là, les deux larrons ne faisaient pas parti de nos préoccupations premières : l’adversaire à abattre était le puissant et redoutable Laurent Fabius et ses troupes avec à leur tête l’actuel président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone, et entre autres Didier Migaud, alors député de l’Isère et maintenant Premier Président d’une Cour des Comptes qui nous coûte bien cher pour des résultats insignifiants et un inconnu qui n’est pas devenu célèbre : Jean-Pierre Philippe, ex-Mermazien cherchant une belle écuelle, et qui la trouvera sous le gouvernement Jospin en se faisant nommer à la SOPEXA, présentement légitime époux de Longueurs&Pointes, la clopeuse des quais de Paris NKM alliée intermittente de Sarkozy. La Bretagne, foyer principal de la Rocardie, tous ces cathos de gauche passés avec armes et bagages au service de cette Deuxième Gauche honnie par tous les hiérarques du Parti. Les restaurants de Rennes étaient bondés et nous avions dû, un petit carré de suppôts de Rocard, accepter de partager le nôtre avec un bloc des partisans de Lolo du Grand Quevilly. L’atmosphère, tendue au départ, devint plus fluide au fur et à mesure que le vin produisait ses effets de convivialité. Si je vous parle de cet épisode c’est que ce soir-là, Yves Colmou, alors chef de cabinet du Premier Ministre, s’endormit pendant le repas.

 

En dehors des petits cercles du PS et de la gente politique, qui adore les coups fourrés, hantant les couloirs du Parlement, qui connaît Yves Colmou ? Les Préfets ! Ce cher Yves adore orchestrer le ballet des Préfets… Homme de l’ombre, comme l’écrit David Revault d'Allonnes, grand spécialiste de la 2e gauche, dans le Monde « il n'aime rien moins que d'apparaître en pleine lumière. «Moi, je ne m'occupe de rien», tente d'abord d'évacuer Yves Colmou, 58 ans. La réalité est tout autre. Adepte de la discrétion, le «conseiller auprès du premier ministre», numéro deux du cabinet dans l'ordre protocolaire entre la directrice et le directeur adjoint, n'en est pas moins l'un des piliers du système Valls. Conseiller politique et parlementaire, DRH et chasseur de têtes, expert ès cartographies électorales et éclaireur dans les méandres du PS. « Colmou est multifonction, estime un proche de M. Valls. Il est capable d'avoir un œil sur l'administration, le groupe, le parti. C'est le couteau suisse. » Son bureau, plutôt exigu et situé au rez-de-chaussée, ne fait pas partie de ceux, plus vastes et majestueux, qui entourent celui du chef du gouvernement, au premier étage de l'hôtel Matignon. Mais il se trouve juste à côté du salon où se tiennent toutes les réunions importantes. Vieux routier de la Rocardie et de la Jospinie, professionnel de l'appareil et des réseaux socialistes, capable d'égrener sans ciller les résultats électoraux, sur trente ans, des cantons les plus reculés, Yves Colmou ne saurait ignorer que l'essentiel, en politique, se joue ailleurs : en coulisses. »

 

Mais avec le premier tour des élections départementales, Yves Colmou est sorti brutalement de l’ombre, surnommé dans Le Parisien «l’homme qui rétrécit la gauche». Et d’énumérer les tares congénitales de la réforme menée en solitaire, lorsqu’il occupait le même poste Place Beauvau : fin du renouvellement des départements par moitié ce qui démultiplie la tendance générale du scrutin, qualification au second tour à 12 et demi pour cent des inscrits contre 10% jusqu’ici ce qui n'est pas très malin en ces temps d’abstention record et de gauche est faible est divisée.

 

Mes troupiers fascinés m’écoutaient dérouler la démonstration de Frédéric Métézeau dans son billet politique de France-Culture : Les apprentis sorciers se brûlent toujours les doigts 

 

« Avec ce nouveau mode de scrutin, le gouvernement s’est piégé tout seul mais ce n’est pas la première fois et c’est une nouvelle preuve que les redécoupeurs de cantons, les tripatouilleurs de calendrier, les appsrentis-sorciers des élections se brûlent toujours les doigts. Que ces réformes lancées comme des grandes avancées démocratiques avec en arrière-pensée l’espoir d’une victoire sans forcer, leur reviennent dans le visage comme le boomerang d’une défaite inattendue…

 

1986 : premières élections législatives à la proportionnelle sous la Vème République qui n'évitent pas la défaite de la gauche au pouvoir, 35 députés FN entrent à l'Assemblée et c’est la cohabitation.

 

1988 : la droite est passé par là et Charles Pasqua avec ses grand ciseaux pour le rétablissement du scrutin majoritaire mais la gauche retrouve la majorité, certes relative.

 

1997 : Jacques Chirac bouleverse le calendrier et dissout l’Assemblée Nationale, ses stratèges croient au bain de jouvence pour la suite du septennat, c’est la douche froide.

 

2002 : Lionel Jospin et Jacques Chirac (aiguillonnés par VGE) passent au quinquennat avec inversion du calendrier électoral. L’entourage du Premier ministre dont Manuel Valls et Yves Colmou y voient une réforme d’une si grande modernité et d’une si grande logique institutionnelle qu’elle va porter leur champion et son si bon bilan vers l’Elysée. Chou blanc donc…

 

2012 : redécoupage Marleix pour les législatives avec la création de 11 circonscriptions pour les Français de l’étranger (la 1ère Etats-Unis Canada, la 2ème Amérique centrale Amérique du sud, la 5ème Espagne Portugal et Monaco, la 8ème Italie, Grèce, Chypre, Israël, la 11ème qui couvre la moitié de la planète : la Russie, toute l’Asie et l’Océanie !) mais en juin 2012 malgré les craintes du PS la droite n’en remporte que 3 sur 11.

 

À l’inverse, en 2011 la gauche remporte le Sénat sans aucune réforme de ce scrutin pourtant censé favoriser la droite.

 

Moralité : la carte électorale et le mode de scrutin ne changent pas une élection. Un scrutin reste une démarche politique.

 

Jusqu’ici, redécoupages et tripatouillages pouvaient limiter les dégâts mais cette année cela risque d’être le contraire, reste que les scrutins sont de plus en plus illisibles pour les Français. Quand il était président, Nicolas Sarkozy confiait « les Français sont le peuple le plus politique du monde ». Il est vrai qu’avec une monarchie, deux empires, cinq républiques et quantité de réformes nous avons goûté à tout avec des cuistots très imaginatifs dans l’arrière-cuisine électorale mais aujourd’hui on frise l’indigestion ou pire… l’indifférence. »

 

J’abordais en dessert le cas de Mélanchon, un beau cas que je connais sur le bout des doigts depuis que je l’avais croisé alors qu’il était grouillot du maire de Massy Claude Germon

 

Dans leur dernier livre Le Mauvais Génie,  Ariane Chemin et Vanessa Schneider, grands reporters au Monde, révèlent comment Patrick Buisson, ancien prof d’histoire, proche des « néofascistes » Alain Renault et François Duprat, a bénéficié d’une mansuétude fascinante au sein de la Sarkozie. Non content d’insuffler ses thèses identitaires au président de la République, il a irrigué toute la droite, fabriquant de nombreux « bébés Buisson ». Dans le sillage de l’ex-directeur de la rédaction de Minute, un inframonde politique, réactionnaire ou ultracatholique, a retrouvé le chemin du pouvoir. Ça tout le monde le sait, ou presque, mais pour Mélanchon, à part nous les Grandes Oreilles, pas grand monde. Le journalisme d’investigation a besoin de sources, de vraies gorges profondes.

 

« J’en suis sûr. Je suis écouté. » La voix de Jean-Luc Mélenchon a blanchi. Près de lui, à quelques mètres, un collaborateur voit des gouttes perler sur son front. Le candidat du Front de gauche à la présidentielle vient de raccrocher après quelques mots murmurés au téléphone, mais la conversation semble l’avoir plongé dans une angoisse irraisonnée. Comme si le seul fait de s’être entretenu avec ce mystérieux correspondant avait suffi à le plonger dans cet étrange accès de fébrilité. (…)

 

L’homme avec lequel Jean-Luc Mélenchon était en ligne n’est autre que Patrick Buisson. (…) Buisson et Mélenchon se sont rencontrés au début de l’année 1993. Un jeune journaliste de Valeurs actuelles, Éric Branca, a décidé de s’atteler à une biographie de Philippe de Villiers. Patrick Buisson rejoint le projet en cours de route. Il donne au livre du souffle, du lyrisme, de la flamme. Pour clore l’ouvrage, les deux auteurs demandent à quatre « hérétiques » qui « ne supportent ni les carcans ni les contraintes » de donner leur avis sur le vicomte vendéen. Buisson a choisi Raoul Girardet, Marie-France Garaud, Bernard Debré et Jean-Luc Mélenchon.

 

« Mélenchon est l’un des derniers socialistes à se référer à une grille d’interprétation marxiste de l’économie et de la société, écrit Buisson après avoir reçu le texte du socialiste. Paradoxalement, ce n’est ni un brasseur de vulgate ni un adepte de la langue de bois. » Il est conquis. « Il faut absolument que tu me le présentes », demande-t‑il à Branca. Le début d’un long dialogue et d’une amitié. (…)

 

« Mélenchon a pris l’habitude de consulter son nouvel ami avant chaque décision stratégique. Buisson met avec plaisir sa science des sondages à son service. (…) Lorsque l’ami Jean-Luc Mélenchon se décide à concourir à la présidentielle, son conseiller occulte le convainc chiffres à l’appui, qu’il a un espace à conquérir à gauche du PS »

 

Régulièrement remise sur le tapis depuis 2012, comme une petite ritournelle que l’on chantonne quand revient le beau temps, ainsi de la présence de Jean-Luc Mélenchon en 2007 à la remise de la légion d’honneur de Buisson comme preuve flagrante de leur proximité. Face à Marc Oliver Fogiel, récemment dans l'émission Le Divan, Mélenchon propose un argumentaire plus sophistiqué mais pas vraiment plus convaincant. « Aller à la légion d'honneur de Patrick Buisson par Nicolas Sarkozy, c’est une curiosité, c'est une gourmandise, un spectacle gratuit. Comme si vous me disiez 'ah ! On a trouvé un papillon qui a des pattes, des pattes de lapin. J'y vais. Je vois le président de la république qui dit remercier l'homme qui lui a permis d'être élu. C'est extraordinaire !».

 

Ce n’est pas de la langue de bois mais de la langue de pute comme l’adore le monde médiatique. Ça ne draine pas les voix des gens d’en bas mais la Merluche, qui a tété au sein des hiérarques Mitterrandien, le sait mieux que quiconque : le peuple c’est beau mais, à démagogue, démagogue et demi, il préfère l’original à la copie… Alors le pont avec Buisson n’est pas une vue de l’esprit…

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, « Ce garçon est incroyable, c’est un opportuniste ! » Juppé à propos de Le Maire

Moment rare que ces jours où tout va, la vie s’y écoule, non comme un long fleuve tranquille, mais tel un torrent apaisé qui allie force et vivacité ; tout y concourt, le ciel paré d’un vif et ardent soleil, l’attente qui se fait sereine, l’addition de petits riens tissant de la sérénité, l’arrivée d’un message tel un heureux présage, la voilà tout en bas, s’ensuit une belle plage de temps partagée, sa place privilégiée… Ce moment file, s’échappe, mais surtout ne pas vouloir le retenir, l’enfermer car « L’amour est pour moi le lien privilégié de l’infini et l’étroitesse m’a toujours étouffée : aimez le monde en moi, non pas moi dans le monde. »

 

De Marina Tsvetaieva une grande passionnée à qui le grand Rainer Maria Rilke écrivait :

 

« Tes amours incandescentes allaient aussi bien au mari, qu'aux amants, qu'aux amantes. Tu aimais la provocation et en pleine Russie révolutionnaire tu écrivais des poèmes à la gloire de l'armée Blanche (Camp des cygnes à la gloire de l'Armée blanche), en plein exil tu refusais de te mêler à la cohorte des Russes blancs de Paris ou de Prague. Libre, scandaleusement libre, tu riais à la face du monde. Mais le monde s'est vengé.

 

Misère et indifférence semaient en chemin ton quotidien. Tu écrivais en prose pour gagner les quelques pièces que la poésie ne rapporterait jamais. Les Drames se dressaient en talus de mort autour de toi : Mandelstam est mort, Alexandre Blok est mort, Pasternak qui t'avait suppliée de revenir est devenu l'un des poètes officiels de Staline, avant plus tard de devenir lui aussi un paria.

 

Tous se détournent de toi. Toi qui avais peur la nuit, peur de l'abandon et du désamour, te voici dans le lit glacé du néant si proche. »

 

ÉLÉGIE À MARINA TSVÉTAÏEVA poème de Rilke pour Marina.

 

Les amants ne devraient, Marina, ne doivent pas en savoir trop sur leur déclin. Ils doivent être neufs.

Leur tombe seule est vieille, leur tombe seule se souvient, s’obscurcissant sous l’arbre qui pleure, se souvient du « à jamais ».

Leur tombe seule se brise ;...

Nous sommes devenus pleins comme le disque de la lune.

 

Après ces moments forts le retour au quotidien est difficile surtout lorsque le ciel se met de la partie en virant au gris. La tête dans le sac, comme une envie de tout plaquer, de s’exiler avec elle. Un passage au 50 nous remet sur les rails de la réalité, chacun de notre côté. J’ai repris le collier avec un enthousiasme modéré mais une belle énergie.

 

Le climat politique plaçait l’aiguille du baromètre sur avis de grand vent, même que l’impatient de l’UMP, qui va défunter, tel un Albert Simon shooté aux sondages, clamait devant 2500 personnes « Je sens qu'une vague immense est en train de se former. Du Val-de-Marne va partir la grande victoire pour la reconstruction de la France »

 

« Ce sera une vague de Bretagne, pas une vague d'Hawaii ! »

 

« Officiellement, le patron de l'UMP se refuse à tout pronostic sur les résultats des départementales, mais il rêve d'une « vague immense ». Rue de Vaugirard, on s'attend à une victoire sans bavure, avec un PS historiquement bas et un FN en forte progression de voix, mais qui ne gagnerait qu'un à deux départements. « Le PS va se prendre la raclée de sa vie ! », pronostique un dirigeant du parti. Certains voient plus grand : « Le PS pourrait ne garder que onze départements », souffle un autre. A droite, certains mettent toutefois en garde contre une victoire « cosmétique », due d'abord à une forte abstention et à la division de la gauche, et non à un retour en grâce de l'UMP. « Ce sera une victoire par défaut. Quand on regardera le nombre de voix, on s'apercevra que la droite républicaine ne progresse pas, que la gauche va se maintenir et que le FN va triompher en gagnant plusieurs centaines d'élus », avertit un ancien ministre. « Ce sera une vague de Bretagne, pas une vague d'Hawaii ! », ironise un cadre. »

 

Si Valls est un crétin selon Michel Onfray, le penseur qui pense à la place de monsieur et de madame tout le monde, imbu qu’il est de son immense succès médiatique et commercial, lui-même oublie qu’il venait de se vautrer dans la fange en exhumant de son oubli profond Alain de Benoist, vieux kroumir de la nouvelle droite post-soixante-huitarde, qui s’était fait une belle réputation sulfureuse avec la fondation du GRECE (groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne), véritable laboratoire de refondation idéologique de l’extrême droite. Tout au long des années 70, ce groupe de propres sur eux aux idées sales, a exhumé et rénové de vielles antiennes de l’extrême droite pour accoucher d’un nouveau logiciel : « l’obsession de la quête identitaire, un racialisme établissant une hiérarchie des cultures et des peuples, et une forte imprégnation de paganisme. A l’époque, sur fond d’angoisse du déclin de l’Occident et de disparition de l’homme blanc, ce discours permettait de justifier, par exemple, l’existence de l’apartheid, c’est-à-dire le «développement séparé» des races en Afrique du Sud.»

 

Comme l’écrit Renaud Dély dans l’Obs. :

 

« Ces thèmes ont irrigué de jeunes esprits qui se sont notamment implanté au sein du club de l’Horloge, cercle de pensée qui s’efforçait d’établir au tournant des années 80 des passerelles entre droite et extrême droite. Fidèle à un combat métapolitique d’inspiration gramscienne, Alain de Benoist s’est bien gardé d’approcher de trop près les joutes partisanes en général, et le Front national en particulier. » Mais Alain de Benoist est resté le pape de cette «Nouvelle Droite», appellation générique attribuée à ce courant de pensée.

 

« Depuis, l’intéressé s’est appliqué à brouiller les cartes. L’anticapitalisme, la contestation de la démocratie libérale et du parlementarisme, la dénonciation d’élites jugées dévoyées, et le rejet de la prééminence des droits de l’homme et du métissage, constituent des constantes de sa pensée. Mais pour éviter de se retrouver confiné à l’extrême droite de l’échiquier intellectuel, Alain de Benoist s’est ingénié à nouer des liens avec des penseurs de l’autre bord sur fond de dénonciation des dégâts culturels de la mondialisation et de rejet de la société de consommation. »

 

« Après avoir tout détruit, le capitalisme, tel un scorpion, ne peut plus que se détruire lui-même. Saturation des marchés, explosion de la dette, baisse tendancielle des taux de profit, déclin européen, généralisation de la fausse conscience, activation d’un processus sub-chaotique de décivilisation, le monde semble être entré dans une phase implosive, voire terminalePeut-on en sortir autrement que par la guerre. Oui, il n’est plus déraisonnable de penser que la guerre approche et que ce sera une nouvelle guerre mondiale, qui ne sera pas une guerre de civilisation entre l’Islam et l’Occident mais entre l’Est et l’Ouest. » écrit le de Benoît nouveau.

 

Et ce Benoist-là fait bander le vieux Onfray ! Ce de Benoist qui applaudit et loue Zemmour avec sa dénonciation d’une «idéologie dominante fondamentalement déconstructrice». Maître Alain de Benoist félicite également l’élève pour avoir «bien compris qu’aujourd’hui, ce n’est plus le vieux clivage droite-gauche qui structure les esprits. Le clivage fondamental, désormais, c’est celui qui oppose le peuple à des élites mondialisées qui n’ont jamais digéré la souveraineté populaire et ont fait allégeance à la mondialisation économique».

 

« Une chose me frappe lorsque je voyage en Europe […], je trouve que les Italiens sont formidablement italiens, les Allemands formidablement allemands, idem pour les Espagnols. Il y a en revanche une dépersonnalisation incroyable des Français ».

 

Et Alain de Benoist de fustiger les «spécialistes en cordons sanitaires et dénonciations édifiantes, les défenseurs du monothéisme du marché, les nouveaux curés des droits de l’homme qui dispensent leurs sermons moralisateurs, se veulent défenseurs du Bien […] et remplissent ainsi leur rôle de chiens de garde du système en place.»

 

Renaud Dély frappe juste dans ce magma des deux extrêmes qui se mêlent, se mélangent, deviennent miscibles :

 

« Michel Onfray a raison, Alain de Benoist a évolué : il n’a sans doute jamais été aussi proche du discours du Front national.

 

Dans le dernier numéro d'«Éléments», quatre pages à sa gloire invitaient «le philosophe normand» à faire son «coming out réac».

 

Intitulé «Cher Michel Onfray, encore un effort !», l’article énumérait une liste de «points communs et convergences» entre ses écrits et déclarations et «les positions et les options que l’on trouve dans les colonnes d’ « Éléments » et dans les livres d’Alain de Benoist.»

 

Il s’achevait par cette formule : « La balle est dans votre camp, Michel Onfray ».

 

Comme me le fit remarquer Ducourtioux « il y a du Déat dans ce gars-là ! »

 

Le même Ducourtioux, consciencieux, revenait à l’objet même de notre mission : Juppé, un Juppé furax contre cette face d’œuf de Bruno Le Maire :

 

Les faits

 

« Au mois d'octobre dernier, alors que la campagne pour la présidence de l'UMP vient de commencer, Bruno Le Maire, visiblement très satisfait, raconte à ses troupes qu'il a reçu un coup de fil d'Alain Juppé. Selon lui, le maire de Bordeaux lui aurait proposé de soutenir officiellement et publiquement sa candidature en échange de son engagement à ne pas se présenter à la primaire de 2016 pour départager les candidats à l'investiture pour l'élection présidentielle. »

 

Réaction ulcérée de Juppé :

 

« Ce garçon [sic] est incroyable ! C'est exactement le contraire qui s'est passé. C'est Le Maire qui m'a téléphoné pour me demander de me prononcer publiquement en sa faveur.

 

Je lui ai alors répondu : « Dans ce cas, Bruno, j'imagine que tu ne te présenteras pas en 2016 et que tu soutiendras ma candidature… ? » On en est restés là. »

 

Et Juppé d'ajouter, furieux : « Ce garçon est un opportuniste. »

 

Très juste Alain !

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, même si nous n’avons pas appuyé sur la gâchette comme dit Fillon, Poutine n’a pas tout à fait tort lorsqu’il affirme « Vous avez tué Kadhafi! »

Je déteste février, chaque année j’attends la chute de ce petit mois du calendrier avec impatience ; elle me ravit, car il a beau être raccourci, tout rabougri, cet entre-deux teinté de gris m’amène sur des rives d’ennui qui me bouffent l’âme. Le cru 2015 fut, plus encore, redoutable : au spleen traditionnel s’ajoutât l’absence, son absence. Elle partait, à l’époque des grandes marées, tout à la fin de la Terre voir sa grand-mère et sa mère. Grand seigneur, je m’armais d’une patience de fer, que je rêvais à toute épreuve ; elle le fut sauf que, plus les jours passaient plus mon désir d’elle montait. Je le réfrénais. Mes jours, s’effilochaient. Je les comptais la tête pleine de ce que je lui déclarerais à son retour. Faire des déclarations d’amour ça je savais faire mais, face à elle, elles me fuyaient me laissant désarmé. Paradoxalement cette incapacité à lui dire tout ce je voulais lui dire m’apaisait, me rendait sans doute aimable. Notre déjeuner à son retour fut un de ces moments qui vous donnent ou redonnent le goût de vivre. De vivre au présent, intensément. Regonflé à bloc j’ai convoqué in petto ma bande de joyeux drilles tout juste remise de la tournée des provinces au Salon de l’Agriculture : ils avaient bouffé et picolé à s’en faire péter la sous-ventrière.

 

Mon propos liminaire fut décapant :

 

Et plus dure est la rechute pour le couple exécutif « Les sondages se suivent et se ressemblent pour le président de la République et son Premier ministre. François Hollande perd quatre points de confiance, à 25 %, en mars par rapport à février, tandis que Manuel Valls fait une chute de sept points, à 37 %, selon un sondage CSA/Les Echos/Radio classique* publié vendredi. », avec en prime une déculottée magistrale aux départementales. Se prendre une veste ne va pas être du goût des notables locaux du PS qui vont devoir abandonner voitures de fonction, notes de frais, cabinet pléthorique, et se retrouver dans leur misérable permanence ignorés de tous. Quand tu n’as plus le pouvoir : tu n’es plus rien ! Mon analyse fut radicale : ce gros parti, assoupi, sourd, lourd, mêlant des bien-assis conservateurs à de jeunes loups qui n’ont même plus de dents tellement elles ont rayés le parquet, d’ailleurs comment osent-ils se baptiser les frondeurs, regardez ce pauvre Christian Paul tout avachi, mou comme du beurre, ce parti, donc, a besoin d’un bon lavement. Vous savez le clystère dans le cul ! Ça dégage ! L’ex-premier secrétaire le sait, l’as de la synthèse va se retrouver juché sur un tas de décombres face aux survivants tétanisés qui n’auront plus que lui pour se raccrocher. L’heure des choix radicaux sonnera, les termes de l’alternative seront simples : retour à la balkanisation que le père Mitterrand a cassé, dans l’ambigüité, au Congrès d’Epinay ou l’érection d’un vrai parti social-démocrate fondé sur les nouvelles aspirations de la société. Comme c’est dans les vieux pots qu’on fait le bon beurre, Hollande n’aura que le choix que de la seconde voie pour entrer vraiment dans l’Histoire. Le petit père Queuille adoubera l’héritier de Clémenceau, le Manuel dont il nous faut préserver l’avenir en ouvrant la voie à une droite présentable représentée par le vieux Juppé.

 

Mes troupes apprécièrent ce discours musclé. Pour détendre l’atmosphère je changeais de registre en annonçant une nouvelle que venait de me transmettre une de mes gorges profondes non dépourvue d’humour : « Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis et le Premier ministre Manuel Valls se déplacent jeudi en Haute-Vienne dans le cadre des élections départementales. Au programme, la visite de France Confection, spécialisée dans le vêtement sur mesure de haut de gamme. » Mon correspondant, en verve, notait :

 

  • ETONNANT, ALLER VISITER UNE FABRIQUE DE VESTES À LIMOGES POUR SOUTENIR DES CANDIDATS AUX DÉPARTEMENTALES !

Quelle idée ! Pour une élection ?

 

Aller visiter une fabrique de vestes !

 

Ohé les communicants de Matignon ! Vous ignorez l’expression ? Pourtant, avec les anniversaires de la grande guerre …

 

Aujourd’hui, cette expression signifie subir un échec. Curieusement, la veste dont il est question était à l’origine un capot ! Si le rapport entre le vêtement et la carrosserie de la voiture ne semble pas évident, rassurez-vous, c’est qu’il s’agit d’un jeu de mots datant de 1867. Pour commencer, le terme capot désignait le manteau long qu’on appelait « capote », comme la capote militaire que portaient les poilus pendant la première guerre mondiale.»

 

Pertinent autant qu'impertinent il avait conclu « Même si une entreprise française dans le domaine du vêtement est devenu une rareté. Je suis sûr qu’en ce domaine, ceux qui gagnent le plus sont ceux qui collent leur marque (leurs étiquettes) sur les produits de l’entreprise. »

 

Passé ce moment de détente, je rebranchais mes troupes sur l’actualité en évoquant la tentative quasi-désespérée de ce pauvre Fillon pour tenter de surnager dans le bourbeux marigot de l’UMP. Difficile car Talonnette à ressort, dont il a été le chef de rayon pendant 5 ans, a repris ses thèmes usés jusqu’à la corde pour tenter de doubler Juppé sur son extrême-droite. Son interview au nouveau magazine Society est un modèle du genre looser absolu.

 

Morceaux choisis :

 

Pourquoi il n'a pas quitté Matignon en 2010

 

« François Fillon explique pourquoi il a refusé de démissionner en 2010 au moment du large remaniement opéré par Nicolas Sarkozy : « C'est compliqué de répondre à cette question. Premièrement parce que les relations (avec Nicolas Sarkozy, Ndlr) n'étaient pas exactement celles que la presse décrivait. C'est un mélange de complicité et de différences. Sur beaucoup de sujet, je n'ai pas hésité, en réalité, à entamer un bras de fer avec le président de la République. Deuxièmement, j'étais extrêmement populaire au sein de ma majorité durant cinq ans. Il faut se rendre compte de ce que c'est. Vous avez un président de la République pas très populaire et vous, à l'Assemblée nationale, les gens se lèvent dans l'hémicycle à chaque fois que vous prenez la parole, c'est grisant. Vous vous dites : « Merde, je ne vais pas m'en aller! Pourquoi je m'en irais? » Je ne saurai jamais si j'ai eu raison ou tort. »

 

La colère de Poutine sur la Libye

 

« Je me souviens d'une discussion très violente avec Poutine, fin 2011 :

- Je ne vous croirai plus jamais', disait-il. Vous m'avez trompé une fois, c'est terminé.

- C'est faux, on s'est contentés de bombarder les colonnes de chars...

- Vous avez tué Kadhafi !

- Mais ce n'est pas nous qui avons tué Kadhafi.

Bref, il m'a fait tout une démonstration : les avions français qui bloquent la colonne de Kadhafi, les forces spéciales sur le terrain... Même si c'est ce n'est pas nous qui avons appuyé sur la gâchette, l’honnêteté m'oblige à dire que ses arguments n'étaient pas tous fallacieux »

 

François Fillon et son ami Poutine 

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, « C'est de la bombe, ça… c'est dans les industries d'armement» Hollande fait le buzz un verre de bergerac à la main
CHAP.15 opération Chartrons, « C'est de la bombe, ça… c'est dans les industries d'armement» Hollande fait le buzz un verre de bergerac à la main

De suite, sitôt reçue, j’ai posé sur mon bureau la photo qu'elle venait de me poster, alors j'étais gai « comme un italien quand il sait qu'il aura de l'amour et du vin… tu ressemblais un peu à cet air d'avant, où galopaient des chevaux tous blancs, ton visage était grave et ton sourire clair, je marchais tout droit vers ta lumière, aujourd'hui quoi qu'on fasse, nous faisons l'amour, près de toi le temps parait si court… » La chanson de Nicole Croisille, annexée à mon seul profit, tournait en boucle dans ma tête. Je me surprenais même à la chanter mezzo voce. Dans la foulée je donnais congé à ma petite troupe en l’invitant gentiment à aller arpenter les allées du Salon de l'agriculture afin de laisser traîner leurs grandes oreilles pour me rapporter leur moisson d’informations de première main. Ils se marraient tous plus ou moins discrètement, et c’était Ducourtioux qui se dévouait en leur nom en plaçant une bourre qui m'allait droit au cœur  « Putain que c’est bon d’avoir un patron amoureux… » Je souriais. Avant qu’ils ne partent je sortais de ma réserve personnelle une belle bouteille de champagne d’Emmanuel Brochet. Nous levions nos verres. Ducourtioux sur sa belle lancée portait un toast en trinquant avec moi « à vos amours qu’ils durent toujours… » Sur un petit nuage, aux anges j'étais, la semaine allait me paraître un peu moins longue. En dépit de mon allergie pour le grand barnum je m’embarquais guilleret sur la ligne 12, cap sur le salon qui sent la bouse !  

 

 

 

CHAP.15 opération Chartrons, « C'est de la bombe, ça… c'est dans les industries d'armement» Hollande fait le buzz un verre de bergerac à la main

Là-bas c’était la ruée. Ils sont venus, ils sont tous là, pelotant le cul des vaches, flattant la nuque laineuse des moutons, grattant les têtes de biquettes belliqueuses, verre à la main pour certains, avalant cochonnailles grasses et fromages qui puent avec des cris d’extase, tentant à tout moment de présenter au bon peuple leur meilleur profil, les carnassiers souraient, faisaient de bons mots, dans un décor de carton-pâte à la porte de Versailles. Comme on l’écrivait à tout bout de champ, c’est le cas de le dire dans ce terroir image d’Epinal, le salon de l’Agriculture est devenu un évènement incontournable de la gente politique. Avec l’irruption de Twitter c’est la mitraille permanente, ça tombait comme à Gravelotte, l’immortalisation du foirail était si fugace que je ne savais à quoi servait ce flux interrompu. L’exécutif à deux têtes – souvenir de l’aigle à deux têtes de Cocteau, avec Edwige Feuillère et Jean Marais – jouait sa partition en avant-première, à la Corrézienne pour le boss, à la catalane pour le fondé de pouvoir comme l’aurait dit Fillon le cocker. Face à eux la cohorte des Présidents de tout ce que la France des vaches, cochons, couvées, et autres joyeusetés, défile, courbe l’échine, fait le beau, n’en pense pas moins, flatte, c’est le bal des faux-culs dans toute sa splendeur agraire. Comme avait fait dire à Pétain, Emmanuel Berl, la Terre ne ment pas, ses représentants si. Ils me sortaient par les yeux, les trous de nez, je les fuyais pour aller faire des photos des animaux.

 

De ce salon deux informations de la plus haute importance surnagaient : tout d’abord un François Hollande à son aise, samedi, lors de son inauguration marathon, alors qu’il faisait station au Pavillon des Vins, subissait le lamento d’un Président que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, face à un sommelier bavard et verbeux comme à l’ordinaire, quand les fera-t-on taire, a réussi à placer, un verre de bergerac rouge à la main : « C'est de la bombe, ça… c'est dans les industries d'armement» Bien évidemment, les éternels ramenards de la Toile ont poussé des hauts cris en dénonçant un affreux coup de com ! Jamais contents, quand l’autre n’en buvait pas c’était l’horreur absolue, et quand celui-ci en boit ils le traitent de menteur. Bande de cons !

 

La seconde, fait exceptionnel, Nicolas Sarkozy a bu un verre à la santé de la filière viticole, le 25 février au Salon. Un crémant d’Alsace et un mercurey attendaient Nicolas Sarkozy sur le pavillon des vins au Salon de l’agriculture, ce 25 février... Ainsi qu’une brochette de responsables professionnels. But de la visite pour la filière : lui faire part de ses revendications, mais surtout le voir trinquer à la santé de la viticulture, alors qu’il ne boit pas. Je me régale :

 

« Il est 11 h 45 lorsque le président de l’UMP arrive sur le stand. Jean-Marie Barillère, président du Cniv, Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer, et une dizaine d’autres présidents ou directeurs d’interprofessions ou de syndicats l’accueillent. Rapidement, les deux responsables l’invitent dans l’espace fermé du stand, dédié aux réceptions, plutôt qu’au bar ouvert au public où François Hollande puis Manuel Valls s’étaient prêtés au jeu de la dégustation quelques jours plus tôt. « Nous avons préféré discuter au calme », explique Jérôme Agostini, directeur du Cniv. » Bien sûr, ils n’ont que ça à la bouche la loi Évin. Jean-Marie Barillère, Audrey Bourolleau, directrice de Vin et Société, et Jérôme Despey prennent tour à tour la parole pour lui rappeler que la filière refuse toute nouvelle restriction de la publicité pour le vin et qu’elle demande une définition de la publicité. Le petit Nico n’en a rien à cirer. Impatient de prendre la parole, il a répondu en noyant le poisson : « Vous, les viticulteurs, vous avez fait quelque chose que les autres secteurs de l’agriculture n’ont pas su faire : garder le contact avec le consommateur. » Puis il a soutenu que l’administration et les tribunaux français produisent trop de normes. « La première mesure que nous prendrons (sous-entendu, si nous revenons au pouvoir) sera : toute la réglementation européenne, mais seulement la réglementation européenne. Ce sera une façon de repenser à la loi Évin. Je sais que les ravages de l’alcool chez les jeunes, c’est la bière et les alcools forts, pas le vin, pas le champagne. » Une déclaration qui a piqué le président et la directrice du BNIC, présents dans l’assistance. » Pendant ce temps, le crémant ne cessait de se dégazer. Revenant à l'essentiel, Jérôme Agostini a invité le sommelier à le servir. Nicolas Sarkozy a levé son verre à la santé de ses hôtes, sans plus de commentaire. Il l’a bu en deux ou trois gorgées. Puis, d’un coup, il a bondi de son siège comme si l’épreuve avait assez duré ! Apparemment, il était hors de question pour lui de boire un second verre, fût-ce du mercurey. »

 

Pour le reste notre poulain conforte sa place au zénith des sondages : le tableau de bord politique Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio JUPPÉ ET BAYROU, ENSEMBLE AU SOMMET

 

« C’est le duo choisi par les Français. Alain Juppé et François Bayrou trônent, pour la première fois, respectivement à la première (66%, +1) et à la deuxième place (57%, stable) Certains y verront peut-être l’équation magique de la prochaine présidentielle. Les compères bordelais et béarnais disposent en tout cas d’un atout : ils sont populaires auprès de l’ensemble des Français et, surtout, ils dépassent leurs camps naturels. Alain Juppé bénéficie d’une bonne opinion auprès de 61% des sympathisants de gauche et François Bayrou auprès de 65% quand Nicolas Sarkozy en réunit 19%. Attention toutefois à ne pas tout focaliser sur le pourcentage de bonne opinion. Quand Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sont testés en duel par l’IFOP auprès de l’ensemble des Français, le maire de Bordeaux l’emporte largement (61/34), mais moins fortement que précédemment (64/30 en janvier). Lorsque la mesure ne concerne que les sympathisants UMP, l’ex-président devance toujours le maire de Bordeaux et dans les mêmes proportions : 62% pour Sarkozy contre 38% pour Juppé. Preuve donc que le patron de l’UMP –malgré un retour moins flamboyant que prévu– reste toujours le favori incontestable de la primaire. »

 

Vivement mardi ! Je t'attendrai à la porte du garage dans ma superbe auto !

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, «Avec Juppé c’est dur, avec Sarkozy c’est possible, avec Le Pen c’est sûr mais c’est fait.»

Semaine de funambule, côté cœur comme côté job, ça avait très mal commencé avec une envie de tout quitter, ça a beaucoup mieux fini dans un bar du bout du monde rue de Lancry. Toucher le fond de la piscine, couleur bleue marine, pour se retrouver rasséréné, regonflé, il en a toujours été ainsi dans ma vie même si aujourd’hui je sens se pointer l’extrémité de celle-ci. Je suis heureux comme je ne l’ai jamais été. Ma vie est fluide, légère, impalpable. Je ne demande rien, n’exige rien, profite des bons moments à plein, intensément. Le temps ne compte plus tout au bout de notre isthme, il s’égoutte dans son sablier. Nos vies se croisent sans s’emmêler. C’est doux c’est chaud, la vie au présent partagée comme une cigarette roulée fumée de concert.  Le cinquante, au 50 de la rue de Lancry et à cinquante pas du canal Saint-Martin avec des airs d’années 1950 pas trop appuyés... Le bar cache bien son jeu, sonne juste en un entre-deux à l’ancienne sans trop de vieilleries, de bric et de brac avec table et chaises en formica jaunes, vertes … et un zinc derrière lequel de bonnes tronches servent à boire et à manger. À l’arrière,  deux salles très maison campagne où ce soir-là, le piano était en mains avec à ses côtés une contrebasse, des vieux dans une antre de jeunes. Tout ça c’est Émilia ma belle persane. J’aime ! Je l’aime…

 

Retour au taf, discours musclé :

 

Le jeune Macron s’est fait un nom. Ha ! ce fameux 49-3, on ne vote pas le texte de loi débattu, adopté par défaut d’un vote positif d’une motion de censure, l’arme nucléaire, belle mécanique pour mater sa majorité parlementaire imaginée par le père de la Constitution de la Ve République, Michel Debré. L’exécration du grand Charles pour ce qu’il qualifiait avec mépris de régime des partis, trouvait là sa plus haute expression. Devant ses ministres réunis le dimanche 20 janvier 1946, il expliquait qu'il serait « vain et même indigne, d'affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d'antan ». Il s'agit, dans son esprit, de bien choisir entre un gouvernement qui gouverne et une assemblée omnipotente, ne faisant que déléguer à un gouvernement pour accomplir ses volontés. Dans ses Mémoires de guerre (Le Salut), de Gaulle s’expliquait : « J'entrai, serrai les mains et, sans que personne s'assît, prononçai ces quelques paroles : « Le régime des partis a reparu. Je le réprouve. Mais, à moins d'établir par la force une dictature dont je ne veux pas et qui, sans doute, tournerait mal, je n'ai pas les moyens d'empêcher cette expérience. Il me faut donc me retirer. Aujourd'hui même, j'adresserai au Président de l'Assemblée nationale une lettre lui faisant connaître la démission du Gouvernement. Je remercie bien sincèrement chacun de vous du concours qu'il m'a prêté et je vous prie de rester à vos postes pour assurer l'expédition des affaires jusqu'à vos successeurs soient désignés. »

 

Les soi-disant héritiers du Général, le petit caporal Nico en tête, se sont, comme à l’ordinaire couvert de pipi. Tous, à l’exception de Juppé qui s’est fait discret, ont joué des partitions dans le plus parfait désordre, la surenchère, bel exemple du retour en force des petites et basses manœuvres d’une UMP traversée par les dérives du fameux régime des partis. La palme de l’ignorance de la vulgate gaullienne revenant sans contestation à ce pauvre et lourdaud Christian Jacob. Pour qui, comme moi, connaît le personnage, son ton de gros tambour creux était pitoyable, minable. Cette forme de frénésie à appeler à la dissolution de l’Assemblée Nationale pour revenir à la soupe avec le FN au cul est contraire à l’un des credo du Général : la stabilité des institutions. C’est le coup d’Etat permanent à la Mitterrand. Je ne puis m’empêcher de citer aussi une belle raffarinade, pour  le génie du Haut-Poitou, l’utilisation de l’article 49.3 équivaut à aller «chercher un bulldozer pour faire des pâtés de sable». C’est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité, avec le coup de pied de l’âne en direction de la bande à Sarko  «Ce n’est pas un drame d’utiliser l’article 49.3 qui est un outil institutionnel, ce qui est dérisoire, c’est de [le] sortir pour un texte de cette nature, qui n’a pas du tout l’ampleur que nous attendons dans la crise économique dans laquelle nous sommes». Ces gens-là n’ont pas de honte quand on se souvient, et de leurs reculades, et de leur incapacité à assumer la mise en œuvre des fameuses réformes qu’ils disent vouloir maintenant nous enfiler.

 

À gauche rien de nouveau, du côté du Front du même nom c’est toujours la surenchère avec des cocos qui disent vouloir voter une motion de censure avec la droite et un Merluchon qui commence à se sentir bien seul pour tirer les marrons du feu d’un PS dont il diagnostique la fin. Chez les écolos, comme toujours, c’est le grand n’importe quoi entre la danseuse mondaine Cécile Duflot et le renard des sables Vincent Placé : le jeu des alliances cher à la IVe qui assure des sièges dans les assemblées. À quand le retour des apparentements que le gouvernement de la Troisième Force avait fait voter dans une loi électorale de mai 1951 qui instaure les apparentements. La Troisième force fut une coalition politique française sous la quatrième qui rassemblait les socialistes de la SFIO, le MRP et les radicaux plus quelques petits partis centristes. Cette loi prévoyait que, dans un scrutin proportionnel, deux listes distinctes pouvaient annoncer qu'elles s'apparentaient. Dans ce cas, elles additionnaient le nombre de voix qu'elles ont obtenues. Si à elles deux elles obtenaient la majorité absolue des suffrages, elles recevaient tous les sièges au sein d'une circonscription. Ce système favorisait les partis de la Troisième Force qui pouvaient s'apparenter, alors que les gaullistes ou les communistes ne pouvaient pas le faire. Le triomphe du régime des partis !

 

Alors, entendre ce pauvre Christian Paul jouer les frondeurs, pour quelques messes de moins, afin de tenter de sauver ses meubles, est tellement dérisoire qu’on en vient à souhaiter que les petites manœuvres d’un congrès du PS subclaquant amplifieront la déroute électorale à venir. Montebourg lui, pendant ce temps-là, fait le beau avec son Aurélie du côté de la grosse pomme en se ramassant un miroir sur la tronche. Il laisse le champ libre à un Benoît Hamon qui, en bon breton, a toujours l’air avec sa cravate noire de porter le deuil de ses ambitions déçues. Et pendant ce temps-là aussi Bayrou est à Pau et le petit Nicolas arpente la Saône-et-Loire en faisant semblant d’écouter les agriculteurs « Alors que les députés UMP votaient la censure du gouvernement, jeudi 19 février, Nicolas Sarkozy a sillonné les routes de Bourgogne. Au milieu des photographes, il a caressé le mufle d’une vache charolaise, embrassé les enfants du village et discuté avec leurs parents, pour la plupart éleveurs à Mellecey (Saône-et-Loire). Dans une pièce de l’étable, autour d’un café, il a été question des charges sociales, de la politique agricole commune (PAC), de la concurrence des abattoirs allemands… Mais aussi d’un mode de vie à défendre, de « ces terroirs qui ne se transportent pas » contrairement à ces vins de mauvaise qualité que « l’on produira toujours moins cher quelque part dans le monde ».

 

Et nous on est un peu dans la merde car entre le patron de l’UMP et Alain Juppé, l’Elysée choisit le premier comme adversaire en… 2017. Un journaliste a écrit un papier qui résume bien la situation : «Merci Sarkozy !» A l’Elysée, on ne le crie pas trop fort, mais les amis de François Hollande ont bien du mal à retenir ce cri du cœur. Un de ses proches résume la nouvelle donne politique depuis le retour sur scène de l’ex-chef de l’Etat : «Sarkozy, il faut le garder au chaud. Et quand la flamme diminue, il faut remettre du gaz.» Les hollandais attendaient ce moment avec gourmandise. «Qu’est-ce qu’il fait comme bêtises !» se réjouit un vieux compagnon de route de François Hollande, oubliant un peu vite les débuts calamiteux du quinquennat et les sondages qui recommencent (déjà) à plonger. Qu’importe ! Pour l’heure, les fidèles du président ne se lassent pas de commenter les premières semaines cafouilleuses du patron de l’UMP. François Hollande ne rate pas une occasion de glisser des piques contre son meilleur ennemi. Lors de sa dernière conférence de presse, il a ironisé sur l’art de la synthèse que ce dernier expérimente à l’UMP. «Sarkozy, il ne le regarde pas d’un œil mais des deux. C’est son sparring-partner. Ça le motive et ça le fait rigoler. C’est un personnage qui le fascine», explique un visiteur de l’Elysée. «Avec Juppé c’est dur, avec Sarkozy c’est possible, avec Le Pen c’est sûr mais c’est fait.»

 

Obsession mutuelle, Sarko « ne croit pas une seconde à une autre hypothèse que Hollande. Il n’envisage pas Manuel Valls. «N’enterrez pas trop vite le duel droite-gauche », a-t-il lâché récemment devant des proches. Preuve qu’après l’avoir longtemps sous-estimé – à tort – Sarkozy a fini par prendre Hollande pour un redoutable adversaire. » J’exhorte mes troupiers : « Pour nous le cap n’a pas changé, nous jouons la carte Juppé pour préserver la trajectoire présidentielle de Manuel et faire la peau à la Marine qui avec lui prendra une vraie mufflée… »

CHAP.15 opération Chartrons, «Avec Juppé c’est dur, avec Sarkozy c’est possible, avec Le Pen c’est sûr mais c’est fait.»

Un rajout signé Roselyne Bachelot

 

Dans « A feu et à sang : carnets secrets d’une présidentielle de tous les dangers » (Flammarion), paru en 2012, vous critiquiez sévèrement la « droitisation » de la campagne de Nicolas Sarkozy. Cet hiver, lors d’un meeting tenu près d’Angers, l’ex-chef de l’Etat a exprimé ses regrets de vous avoir "choisie" comme ministre...

 

« J’ai bien servi la République et j’ai été une ministre loyale. Je fais crédit à Nicolas Sarkozy de m’avoir nommée pour de bonnes raisons : il connaissait mon expérience, ma capacité de travail et ma connaissance des sujets sociaux et sanitaires. C’est lui qui a pris toutes les décisions importantes. Sur tous les sujets, j’ai appliqué « sa » politique. Je n’ai d’ailleurs fait l’objet d’aucune remontrance ni d’aucune discussion. Certains collègues, au sein du gouvernement, me disaient : "C’est drôle, tu es la seule qu’il n’engueule pas." Sur cette campagne de 2012, j’ai dit ce que j’avais à dire. Je suis une femme politique, j’ai des convictions. Je ne suis pas une femme que l’on « choisit » dans un harem. Nicolas Sarkozy est le pire ennemi de lui-même. Pourquoi dire cela dans une circonscription que j’ai représentée pendant près de vingt-cinq ans, devant des militants qui m’aiment ? Pourquoi ne joue-t-il pas les grands seigneurs ? Pourquoi supporte-t-il uniquement les gens qui sont à genoux devant lui ? Pourquoi se laisse-t-il toujours emporter par ses passions ? Pourquoi s’en prendre à moi, alors que je suis retirée de la vie politique, chroniqueuse sur D8 et que je ne reviendrai pas dans le jeu politique ? Cet homme est incorrigible. »

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, DSK avait demandé une chambre avec Wifi, pas avec 8 filles.

Dois-je tout écrire ? Cette question me turlupinait depuis des semaines. M’épancher. Faire part de mes doutes, de mes espoirs, de mes amours, disons plus clairement de mon nouvel amour impossible. Allais-je continuer à l’exposer à la terre entière ce bel amour qui m’était tombé dessus pour mon plus grand bonheur. Je revivais, mais je balançais entre le vivre à la folie ou m’enfuir. Jusqu’à ces derniers jours, avec soin et précaution, je penchais pour la première branche de l’alternative : me priver d’elle serait mourir un peu. Alors me taire, pour ne rien vous cacher je n’y arrivais pas : c’est si dur de garder tout, et surtout ce feu dévorant, à l’intérieur de soi. À qui aurais-je bien pu me confier ? Non pas pour me plaindre ou geindre mais pour mettre des mots sur tout ce que je retiens ? Je ne sais. Ce que je sais c’est que plus rien n’est plus comme avant. Je veux tout et le contraire de tout. J’attends. Même pas de goût pour le travail. J’erre. Ma petite troupe m’observe en me ménageant mais je n’essaie même pas de lui donner le change. Je suis furieux contre moi-même. Comme l’impression de passer à côté de ce dont j’ai toujours rêvé. Par bonheur, un message me propulsait dans un café du côté de la Motte-Piquet et ce ne fut que du bonheur. Une embellie bleue marine, m’en foutait de tout, sortait de mon apnée, repartais, gonflé à bloc, demain serait un autre jour. De retour en nos locaux je me ruait sur mon clavier et je pondais.

 

« Cette semaine nous pataugions joyeusement dans la « démence mixte » au tribunal de Bordeaux avec le procès dit Bettencourt, la famille la plus riche de France, celle de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, âgée de 92 ans, une des plus belles fortunes mondiale ; et dans le stupre et la fornication rugueuse, à Lille dans le procès dit du Carlton. Le plus drôle, si je puis m’exprimer ainsi, c’est qu’au centre de ses deux minables procès correctionnels, où généralement on juge du menu fretin, deux hommes François-Marie Banier, le mondain vaguement artiste qui roule en scooter pour faire de la photo, et Dominique Strauss-Kahn qu’on ne présente plus, qui, d’une certaine manière, partageait une forme d’amoralité hautaine et méprisante. Tout leur est permis car ils s’estiment au-dessus du commun car se vivant comme des personnalités hors du commun. Banier, je ne le connais pas mais, avant même qu’il exerça son charme sur Liliane, je le considérais comme un dandy sans épaisseur, faussement décadent. Tout ce rien, ce vide, que Paris peut porter aux nues ! Pour DSK c’est différent, ce gus, je l’ai souvent côtoyé dans les soupentes de Solférino, à Bercy, à des soirées, et je portais sur lui un regard sans concession. C’est un ancien petit chose, assez revanchard, mais qui sait faire luire, avec succès, son vernis dans un sérail politique composé en majorité d’ignorants. Il sait s’entourer aussi. Je ne vais pas vous faire un dessin, c’est au FMI qu’il a pu exercer le plus efficacement sa duplicité et en imposer à tous. Nous savions tous, du moins les happy few de la grande maison, que le DSK tirait sur tout ce qui se mouvait en jupon. Des dossiers nous en avions mais, fut un temps, où n’en avions aucune utilité. Les affaires de cul n’émeuvent guère les bons français, surtout les mâles. Strauss s’est toujours cru tout permis, incapable qu’il est d’imaginer qu’une proie féminine puisse ne pas céder à ses avances. Pourquoi allez lui chercher des poux dans la tête, entre adultes consentants toutes les pratiques sexuelles sont possibles, même si une certaine morale les réprouve, il en va de la liberté de chacun au sein de la sphère privée. Le libertinage, l’échangisme, la zoophilie… et autres joyeusetés, la basse police en fait son miel mais, avant l’affaire de New-York, ça ne donnait pas matière à jeter DSK aux chiens.

 

Mais revenons à Bordeaux, la ville de notre poulain, où le petit monde des prévenus, dix, dont Éric Worth, a palpé des millions, voire des centaines de millions qui sont passés de main en main. Des chiffres qui font tourner la tête. Florilège !

 

À la barre, le petit-fils de Liliane Bettencourt, Jean-Victor raconte cette anecdote.

« Un jour, ma grand-mère me dit :

- Ta mère m'embête car j'ai donné un million à Banier !

- Non, plutôt un milliard.

- Ah, bon... Ça fait quand même beaucoup... »

 

Invitée à parler à la barre, l'ancienne secrétaire de Liliane Bettencourt aura cette réflexion qui fera hausser pas mal de sourcils au tribunal.

« Il m'est arrivée de remplir des chèques pour Madame Bettencourt à l'attention de François-Marie Banier. Mais c'étaient des petits montants, environ 50.000 ou 60.000 euros. »

 

L'artiste et collectionneur François-Marie Banier n’a pas moins de 300 tableaux de maître dans son coffre-fort. Mais il en accroche peu. Pourquoi ? A la barre, le prévenu aura cette réponse... poétique :

 

« L'œil s'use à regarder quelque chose. On met (les tableaux) dans des coffres pour les redécouvrir : je ne vais pas les accrocher les uns sur les autres »... So chic note le journaliste qui suit le procès.

 

Dans un enregistrement, on entend le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, lui soumettre des chèques à signer. Parmi eux, il y en a un pour Éric Woerth, un pour Nicolas Sarkozy et un autre pour Valérie Pécresse. Leur montant : 7.500 euros chacun (cela correspond au plafond légal). Une somme qui représente le salaire rêvé pour certains, mais qui, dans la famille Bettencourt, n'est que broutille.

« En ce moment, il faut qu'on ait des amis, assure Patrice de Maistre à sa patronne. Alors ça, c'est pour les soutenir, hein. Ce n’est pas cher, et ils apprécient. »

 

Et pendant ce temps-là, au tribunal correctionnel de Lille, c’est plutôt dans le glauque, limite vaudevillesque, que l’avocat de l’ancien directeur du FMI se mouvait en sortant de sa sacoche un document audio exceptionnel. Alors qu’on accuse Dominique Strauss-Kahn d’avoir commandé 8 filles lors d’une nuit de débauche, il s’avère en fait qu’il a appelé la réception pour demander… de la WIFI ! L’enregistrement de la conversation téléphonique présentée au juge atteste  effectivement de la demande : on y entend bien DSK demander qu’on lui active la WI-FI. « C’est la réceptionniste, originaire d’Espagne, qui n’a pas bien compris sa demande et a pris contact avec Dodo la Saumure pour lui amener 8 filles. Les 8 prostituées sont donc arrivées en lieu et place de la connexion sans-fil. DSK n’aurait alors pas pu refuser. C’est comme si on vous offre une bouteille de champagne déjà ouverte, je n’allais pas refuser…Comment peut-on imaginer une seule seconde, 8 bourgeoises en mal de sexe se ruer dans la chambre de DSK pour s’envoyer au 7ième ciel avec ce taureau sévèrement burné ? On frise l’obscénité, DSK a déclaré au juge qu’il ne comprenait pas que les « filles » se plaignent de leur condition et de certaines pratiques. En effet, certaines filles étaient payées jusqu’à 10.000 dollars pour une soirée de débauche. 10.000 euros la sodo, elles n’ont pas à se plaindre. En 2 soirées, elles gagnent autant qu’une caissière sur une année. Que voulez-vous, Dominique travaillait si dur alors il fallait bien qu’il se détende et, bien sûr, l’intendance c’était pour les petits calibres. Le Prince ne s’abaisse jamais à de telles vétilles. »

 

Mes troupiers m’avaient laissé seul. Je me sentais bien, apaisé, prêt à tout affronter, et si je posais mon sac pour me mettre sérieusement à écrire…

 

 

Mépris de classe ovidie dans 20 mn...

Je serai claire, s’il y a encore des personnes qui minimisent ce dont on accuse DSK, c’est parce que ces femmes n’étaient pas du même rang social. Si on apprenait par exemple qu’une personne du même milieu que lui avait été un jour neutralisée sur un lit pendant que celui-ci la sodomisait de force, croyez-moi que les réactions auraient été différentes. Alors qu’une domestique, des putes, ma foi, pas de quoi fouetter un chat. On se rappelle à titre d’exemple du très élégant « troussage de domestique » de Jean-François Kahn. Toutes ces histoires révèlent avant tout le problème de l’impunité, du pouvoir de l’argent, et de la domination d’une classe sociale sur une autre.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 07:00

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Lors de notre première réunion de la semaine, ce dernier lundi, comme un petit air de fête flottait dans l’air. Mes troupiers devisaient gaiement en sirotant l’excellent café préparé par Emmanuel. Moi je donnais le change, j’allais de l’un à l’autre, souriant alors que je me trimballais un vague à l’âme en béton. J’aurais voulu être à cent lieues de ce lieu pour oublier. L’oublier ! Surtout ne pas se plaindre, assumer, assurer, ne rien laisser paraître, contre-attaquer !


J’ouvrais la séance :


« La vie de l’UMP, encore et toujours, est tout sauf un long fleuve tranquille, le retour loin d’être triomphal du petit connétable de Neuilly n’a pas apporté une once de sérénité, bien au contraire, ça va de mal en pis. D’autant plus qu’en face comme le caramel mou, face à l’épreuve, s’est révélé plus coriace, très duraille même, le Hollande bashing s’apaisait alors que la dernière du petit Nicolas, sa petite escapade à Abu Dhabi, le précipitait dans la raillerie et le discrédit. Et pendant ce temps-là, Juppé sur son blog, droit dans ses bottes, goguenard, se payait le luxe de brûler la politesse au boss en cavale en annonçant que, s’il votait dans la circonscription de Mosco,  ce serait pour le candidat du PS. Les résultats de la partielle du Doubs, une tuile qui, comme toujours, vous tombe sur le coin de la gueule au moment où l’on ne s’y attend le moins. Fallait dégainer le soir même, imposer son tempo, le Nico a temporisé avant de s’envoler sous des cieux cousus de beaux euros. Au bal des faux-culs Le Maire lui s’est encore distingué, toujours avec toujours son air de gendre idéal, propre sur lui mais avec un peu de merde dans la tête, pour nous asséner l’argument foireux qu’il faut respecter l’électeur de la Marine. Ça veut dire quoi au juste cette bouillie pour chats ? Ne pas insulter l’avenir, aller racoler l’électeur en le brossant dans le sens du poil, vendre sa belle âme pour une poignée de lentilles, Longueurs et Pointes, elle, n’a pas eu ce genre de coquetterie déplacée. Mais le pompon revient à l’inénarrable Wauquiez qui a ressorti Guy Mollet de sa naphtaline en nous assénant u péremptoire « le général de Gaulle n'aurait jamais appelé à voter, en pareil cas, pour son opposant politique, le socialiste Guy Mollet. J'aimerais que chacun réfléchisse à cela » concluait-il en guise de morale. Connard ! Comme l’a balancé Bussereau en plein Bureau Politique de l’UMP, à l’attention d’un autre indigent mental. Qu’un agrégé d’Histoire oubli de Gaulle a nommé Mollet dans son gouvernement d'union nationale en 1958 en dit plus long qu’un long discours. Wauquiez est un spécialiste d'approximations, d'inexactitudes et de mensonges. »


J’invite ma petite troupe à prendre connaissance de deux analyse : l’une de droite le pari risqué d’Alain Juppé d’Isabelle  Ficek des Echos et l’autre de gauche Alain Juppé au JT de France 2 : comment il a ringardisé Sarkozy sur le FN de Thierry de Cabarus sur le plus de l’Obs.


« Voter PS pour « faire barrage au FN ». Le positionnement dAlain Juppé est risqué disent certains. Totalement décalé, assènent d’autres, à moins de deux ans de la primaire à droite et au centre. Sauf que celle-ci est inédite : personne ne sait qui se déplacera pour voter en novembre 2016.


Sa position est clairement minoritaire à l’UMP quand 67 % de ses sympathisants sont pour le « ni-ni » et seuls 19 % d’entre eux pour le vote PS selon un sondage de l’Ifop pour « Le Figaro » publié ce mardi. Mais elle est dans la droite ligne de ses fondamentaux (qui ont évolué depuis les années 1990) et de sa défense d’une UMP ayant vocation à rassembler la droite et le centre, lui qui l’a fondée dans l’esprit de faire barrage au FN au lendemain du 21 avril 2002. »link


«Alain Juppé est sans conteste un homme libre et il semble prendre un malin plaisir à le montrer aux téléspectateurs, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche.


 On s’en est aperçu hier soir, pendant le JT de David Pujadas, sur France 2, où il est apparu à la fois serein, distancié, je dirais même rajeuni, sans pour autant ne rien céder sur ses convictions républicaines.


 Aussi bon que Sarkozy était mauvais


 À le voir ainsi poursuivre avec cohérence son bonhomme de chemin qui devrait le conduire à des primaires ouvertes à droite, à la fin de l’année prochaine, on ne pouvait que songer, par contraste, à la prestation calamiteuse qu’avait fournie son rival Nicolas Sarkozy quelques jours plus tôt, sur ce même plateau, quand il s’était cru obligé, à grands coups de mensonges et de surenchères sécuritaires, de rompre l’unité nationale après les sanglants attentats de Paris.


 À l’évidence, hier soir, Alain Juppé a démontré qu’il était sans doute « le meilleur d’entre eux », je veux parler des chefs de la droite et du centre, même si à l’UMP tout le monde, loin de là, n’en est pas encore convaincu.» link


Avant d’en terminer, à la surprise générale, je leur parle du juge Charles Duchaine, celui qui a mis Jean-Noël Guérini en examen, que j’ai bien connu au temps où il officiait à Bastia. Celui-ci dirige l'Agrasc à Paris, une agence qui s'intéresse aux biens criminels des petits et grands voyous. Depuis sa création, l’Agence a traité plus de18 252 affaires correspondant affaires à la gestion de 34 000 biens de nature très diverse (numéraires, comptes bancaires, véhicules, bateaux, biens immobiliers..), d’un montant total évalué à un demi-milliard d’euros. Chaque jour, en moyenne, elle est saisie de 20 affaires nouvelles et publie une saisine pénale immobilière.


Je conclue, en m’adressant aux plus jeunes, que l'Agrasc pour eux c’était une belle piste de job link  et link


Pour les vieux je leur propose encore de la lecture pour réveiller leurs neurones assoupis :


-         Chaffanjon : le poison Bygmalion Le Point - Publié le 05/02/2015


Nicolas Sarkozy ne voulait pas vraiment du poste de président de l'UMP, estime Charlotte Chaffanjon. Et cela commence à se voir dans ses décisions.


« Oui. Le comportement de Nicolas Sarkozy autour de cette histoire de consigne de vote est a priori incompréhensible. N'importe quel observateur prédisait un FN largement en tête au premier tour dans le Doubs. On en a parlé ici même la semaine dernière : c'était évident que la question se poserait, soit pour le PS soit pour l'UMP, d'appeler, ou pas, à faire barrage au FN. Eh bien, il semble que le sujet ait complètement échappé à Nicolas Sarkozy... Il n'avait tellement pas prévu le coup que, dimanche, à l'annonce des résultats, il a demandé un délai de deux jours avant de se prononcer sur la marche à suivre. Évidemment, les dirigeants de son parti n'ont pas attendu pour donner leur avis. NKM dans les médias, Juppé sur son blog, Fillon dans un communiqué, aucun évidemment n'ayant le même avis que l'autre... L'autorité de Sarkozy en a pris un sacré coup » link


Sarkozy, le Frankenstein de l'UMP par Renaud Dély publié le 04-02-2015 L’Obs. Politique


« Nicolas Sarkozy rêvait d'une "droite décomplexée". Il voulait bâtir une "droite sans tabou". Le voilà servi ! Douze ans de leadership idéologique sur son camp pour façonner une droite à sa main et l'ancien chef de l'Etat se retrouve débordé par ses fidèles d'hier devenus rebelles.


L'UMP n'a plus de tabou, c'est vrai, pas même celui du Chef qu'elle ose désormais défier et ridiculiser aux yeux de tous. Quelle réussite ! En s'écartant, un peu, du fameux "ni Front républicain ni Front national" pour inciter son parti à opter pour un "refus du FN" assorti d'une "liberté" allant de l'abstention au vote PS en passant par le vote blanc, l'ancien président aspirait à rassembler une droite de plus en déchirée par le cactus lepéniste. » link


Je sors, emmitouflé. Le froid me prend de face. J’enfourche mon vélo et je fonce vers nulle part. Oublier ! L’oublier !

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