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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, Valls sur Bertrand : « maintenant le pauvre, il va devoir se coltiner Martine Aubry. Ça, c'est plus dur...»

Du côté cœur, sans discours devant le Parlement, en mon petit jardin d’intérieur, je viens de décréter l’état d’urgence ! Ma patrie est en danger, Valmy, la levée en masse. À l’aube de ma vie mon instinct de survie a balayé tous mes beaux principes. Je monte en première ligne la fleur au fusil.

 

Comme l’écrivait Douglas Jerrold « L'amour, c’est comme les oreillons, plus on l’attrape tard, plus c’est grave. »

 

Même pendant la fameuse trêve des confiseurs je bosse.

 

Nous sommes dotés de grands hommes aux pensées élevées, notre petit Ex par exemple qui n’a guère apprécié les prises de position de Xavier Bertrand et Christian Estrosi, tous deux vainqueurs de leur duel face au FN lors des dernières régionales. « Attendons qu'ils dessoûlent! », a-t-il lancé après le second tour, rapporte mercredi Le Canard enchaîné. « Ils sont atteints du syndrome de Stockholm », a moqué le guide des Républicains. Des attaques qui sont remontées aux oreilles de Xavier Bertrand, qui ne s'est pas laissé faire. Toujours selon Le Canard, l'ancien ministre du Travail a ainsi répliqué à Nicolas Sarkozy « au téléphone et devant témoins » : « Je ne crois pas être victime de ce syndrome, mais à ta différence, je préférerais être l'otage de Manuel Valls plutôt que celui de Marine Le Pen ». Et toc !

 

Notre catalan de Premier Ministre lance aussi des flèches, fait feu de tout bois « cet entre-deux-tours va laisser des traces pour Sarkozy ». Il se fait bien plus aimable envers Xavier Bertrand. Lors d'un déjeuner avec des journalistes, il confie avoir été en contact avec Xavier Bertrand durant l'entre-deux-tours, relate encore l'hebdomadaire. «Il était furieux contre Sarkozy», a noté le chef du gouvernement, non sans gourmandise », écrit Le Canard. « Il s'est très bien débrouillé. Il a même fait un sans-faute! », avant de décocher une flèche à l'égard de sa rivale de toujours au PS : « Mais, maintenant, le pauvre, il va devoir se coltiner Martine Aubry. Ça, c'est plus dur... »

 

Cerise sur le gâteau, la vieille ordure de Montretout dans Rivarol embrasse le Nico sur la bouche à la manière des hiérarques séniles de l’URSS moribonde, en l’adoubant comme étant le meilleur candidat contre sa Marine, car capable de la déborder sur sa droite et en dézinguant ses concurrents à la primaire « Juppé est quand même plombé par sa réputation d'homme de gauche. Sarkozy est un bate­leur de qualité. C'est le meilleur orateur de masse, il a du charme, ce que n'ont ni Juppé ni Fillon qui ont tous les deux des gueules d'empeigne »

 

Je note encore une mauvaise nouvelle pour le mari de Carla : à la question avec quelle personnalité politique aimeriez-vous passer votre soirée de réveillon, les Français citent en premier le nom du maire de Bordeaux juste devant la nièce de Jean-Marie Le Pen. L’an passé, c’était Nicolas Sarkozy qui avait les faveurs des sondés… C’est Alain Juppé qui sort en tête (16%) suivi de très près par Marion Maréchal-Le Pen (15%). Le maire de Bordeaux doit sa première place aux sympathisants Républicains, mais aussi aux centristes (27% au MoDem et 35% à l’UDI). La nièce dépasse la tante auprès des sympathisants FN (60% contre 54%) et réalise un beau score auprès des hommes (22% contre 9% pour les femmes).

 

Deux ministres suivent ex æquo (12%) : le populaire Emmanuel Macron qui plaît autant aux François de droite que de gauche et Najat Vallaud-Belkacem qui plaît bien plus à gauche qu’à droite (24% contre 4%) et plus aux hommes qu’aux femmes (16% contre 9%).

 

Mais où est passé l’Ex, en tête de ce classement-Réveillon de l’an dernier ? Il a perdu 6 places avec 10% de citations contre 19% l’an dernier. « Si l’on regarde le score auprès des sympathisants Les Républicains, on considérera soit que la coupe (de champagne) est moitié pleine : 39% le citent c’est 10 points de plus qu’Alain Juppé ou à moitié vide puisque 53% le citaient en 2014 », constate Céline Bracq, directrice général d’Odoxa.

 

Toujours en matière d’agapes : « J’ai déjeuné à l’ELYSÉE en 2015 » ces Français invités à la table de Hollande.

 

« J’ai été surprise de trouver un président vivant »

 

Sakina M’sa, 43 ans, styliste et patronne d’une société d’insertion par la couture

(16 février, sur le thème « Aimons ce que nous sommes »)

 

« Soyons clair, j’ai été invitée car je rentre dans les ­quotas. Je suis une femme, jeune, issue de l’immigration. ­“Comment ça va dans votre secteur de métier ?” m’a demandé le président. J’ai répondu que je n’allais pas parler de mode mais ­d’économie sociale et solidaire. Je travaille à la Goutte-d ’Or, un ­quartier ­populaire parisien, et je recrute des salariés en insertion. Mes ­collections sont réalisées à partir de chutes de tissu ­rachetées aux maisons de haute couture. J’ai expliqué qu’on donnait beaucoup d’argent aux fonds d’investissement spécialisés dans ­l’économie sociale et solidaire, mais les dossiers qu’il faut monter pour espérer en bénéficier sont aussi lourds que ceux que l’on ­attend des grands groupes. »

 

Nous, les petites structures, n’avons ni le temps ni les moyens pour cela. J’ai parlé aussi de l’importance de la création et de la nécessité de fabriquer de l’estime de soi. L’entreprise peut être un moyen de valoriser chacun de nous. La société civile doit se mobiliser. Je suis allée à l’Elysée fatiguée de la politique, désabusée et pleine d’idées reçues. J’avoue que j’ai été surprise de trouver un président vivant, à l’écoute et avec une flamme dans le regard. En 2016, j’aimerais des mesures en faveur d’une vraie mixité sociale à l’école. »

 

« Il a beaucoup fait rire l’assistance »

 

Bruno Derrien, 51 ans, ancien arbitre international

(26 mars, avec les « grandes voix » du foot)

 

« Autour de la table étaient assises toutes les grandes voix du foot de la radio et de la télé, dont Jacques Vendroux, Jean Rességuié, Didier Roustan, Pascal Praud, Eugène Saccomano. Il y avait également Pauline Gamerre, la directrice générale du Red Star, et un passionné de foot, le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet. En fin connaisseur, le président a cité tous les joueurs du Red Star des années 1970. Il s’est intéressé à tous les enjeux du football, professionnel et amateur. L’atmosphère était très détendue, mais tout le monde était impressionné d’être à la table du président.

 

J’ai raconté comment j’avais exclu Didier Deschamps, alors entraîneur de Monaco. Pendant un match, il avait pesté en disant que j’étais “un grand malade”. Je l’ai appelé et lui ai lâché : “Le grand malade vous invite à aller en tribune.” François Hollande a répliqué par un bon mot qui a fait rire l’assistance : “Grand malade, il n’y a que votre médecin qui peut vous le dire !” Il m’a demandé mon avis sur l’arbitrage vidéo. Il nous a dit enfin que l’Euro ­devait être une grande fête populaire. Et que l’organisation de grands événements sportifs participe au rayonnement de la France. »

 

La suite ICI.

 

Je ne puis terminer ce tour d’horizon sans évoquer le sujet qui passionne la vraie gauche : l’extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés français condamnés pour terrorisme.

 

« François Le Pen » Tous ne vont pas jusqu’au titre choc du quotidien communiste italien Il Manifesto, mais plusieurs titres de la presse étrangère ont commenté, jeudi 24 décembre, la décision du président de la République d’inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité à l’encontre des binationaux nés français condamnés pour terrorisme.

 

Dans le plus style des procès de Moscou : la déchéance de Charles de Gaulle par le régime de Pétain est convoquée. Un déluge, tout ce qui sait à peu près tenir un porte-plume se déchaîne.

 

 

Sachons raison garder sur ce type de mesure qui ne sert à rien sauf à mettre entre les dents de ceux qui ont dit être compris par la Marine un symbole flattant l’exclusion. Pour autant en appeler à tous les binationaux en les disant menacés il y a un grand pas qu’il ne faut pas franchir. S’en tenir au débat de fond et non à des chiffons rouges sans portée pratique pour la sécurité  des citoyens.

 

Dès 2010, Robert Badinter, la vigie du Droit proclamait « On ne peut pas créer des catégories de Français »

 

«L'article premier de la Constitution dit que (...) la France assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine», qu'ils soient français de souche ou d'origine étrangère, a martelé ce lundi sur France inter Robert Badinter, l'ancien Garde des Sceaux socialiste. En voulant sanctionner d'une certaine manière une catégorie de Français - ceux d'origine étrangère - le chef de l'Etat «veut faire des discriminations contre les Français au regard de mêmes crimes, de même infractions, selon l'origine de la personne, selon les modalités d'acquisition de la nationalité française», a insisté le socialiste. «C'est contraire à l'esprit républicain», a-t-il résumé. Même analyse dans Libération pour le constitutionnaliste Guy Carcassonne, qui ne «vois pas comment on peut distinguer deux classes de citoyens selon qu'ils sont nés Français ou le sont devenus». Pour que la loi passe, il faudrait donc retoucher le 1er article de la Constitution française, un symbole qui paraît intouchable. »

 

Faut-il attaquer au nom du principe d'égalité l'extension de la déchéance de nationalité?

 

« Depuis l’annonce par François Hollande de l’introduction de la déchéance de nationalité dans la Constitution et de son extension aux binationaux nés français, il y a un argument qui a souvent été employé par les détracteurs de cette mesure: celui de l’égalité. Elle constitue une «rupture d’égalité» pour Martine Aubry; «l'extension de la déchéance de nationalité […] aurait pour conséquence de créer deux catégories de Français», estime Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF; «pour nous c’est l’égalité entre les Français qui est rompue», assène l'ancienne candidate EELV à la présidentielle Eva Joly.

 

Mais de quelle égalité parle-t-on? Le journaliste Laurent de Boissieu note sur son blog que cet argument est d’un usage périlleux. En effet, l'égalité entre les Français est déjà rompue par le droit actuel, qui permet la déchéance de nationalité pour les binationaux disposant de la nationalité française depuis moins de dix ans, ou quinze ans dans le cas d'un «crime ou délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation». Il estime donc qu'«il convient d'admettre objectivement que le projet de réforme de François Hollande renforce la République en ce qu'il supprime une actuelle rupture d'égalité en fonction du mode –et logiquement aussi du délai– d’acquisition de la nationalité française».

 

Désormais, la nouvelle frontière inégalitaire ne passerait plus entre les Français naturalisés depuis moins d'une décennie et les autres, mais entre les binationaux et ceux disposant «uniquement» de la nationalité française. Le constitutionnaliste Olivier Duhamel estime ainsi, lui aussi, que la proposition du gouvernement «réduit l'atteinte au principe d'égalité».

 

La suite ICI

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, « on a besoin d’un leader, pas d’un contremaître » chez NKM virée par le stalinien Sarkozy ça défouraille sec…

5 mois, et la voilà assise en face de moi au Yard, avec son petit chignon ananas, toujours aussi belle, et c’est comme si nous venions de nous quitter la veille. Je suis toujours aussi amoureux d’elle et elle le sait. «Le verbe aimer est difficile à conjuguer: son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif et son futur est toujours conditionnel» – disait Jean Cocteau

 

L’amour !

 

Camus tape juste « L'homme a deux faces : il ne peut pas aimer sans s'aimer. » et avec elle parler d'amour, c'est lui faire l'amour. Rien au monde ne saurait prendre sa place dans mon cœur. J’en suis là et j’en finirai là. Finir en beauté !

 

Tourgueniev dînait avec Flaubert et quelques amis, le 2 mars 1872, et il leur raconta que dans sa jeunesse il avait eu pour maîtresse, la fille d’un meunier, qu’il rencontrait lorsqu’il allait à la chasse. « Elle était délicieuse, pâle, avec un léger strabisme divergent, et elle n’acceptait jamais rien de moi. Ni argent ni cadeau. » Un jour pourtant, elle lui demanda un présent : un savon. Tourgueniev n’eut aucune peine à la satisfaire. Dès qu’elle eut le savon entre les mains, elle disparut un instant, puis réapparut toute rougissante, tendant ses mains désormais parfumées. Elle lui demanda de les embrasser, comme il baisait les mains des dames dans les beaux salons de Saint-Pétersbourg. Tourgueniev tomba à genoux devant elle. Jamais, dit-il, il n’y eut dans sa vie un moment comparable à celui-ci.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet, ma chère Longueurs&Pointes candidate à la primaire ? Secret de polichinelle, elle a fait un nouveau pas dans cette direction ce mardi. « C’est une question qui se pose naturellement. Ce qui s’est passé dimanche, avec les résultats des élections régionales, m’a rapprochée de cette hypothèse », a répondu la députée sur France Info. NKM s’est également insurgée de la façon dont elle a été écartée de la future direction du parti LR par Nicolas Sarkozy, lundi : « J’ai reçu le verdict avant le procès par une dépêche AFP. J’aurais trouvé ça mieux qu’il me le dise en face. »

 

Virée sans entretien préalable, ni préavis, mais « il n'y a aucun drame, elle a 40 ans, elle peut subir une traversée du désert pendant deux ans puis rebondir. » Comme on s’aime beaucoup chez les jeunes prétendants « Elle ne construit pas quelque chose en étant contre quelqu’un, or elle tente de se construire contre Sarkozy. Elle est toute seule, trop fofolle, elle n'a ni ligne directrice ni colonne vertébrale » juge un proche de Bruno Le Maire.

 

Scories que tout cela…

 

Après un premier tour triomphal, pour la bande à Marine le plafond de verre, barrière symbolique et psychologique dont on dit qu’elle empêchera toujours le FN de gagner, avait sauté. C’était sans compter avec l’adoption, par une partie de l’électorat, un peu molle du bulletin au premier tour, d’un comportement stratégique lorsque le risque de voir passer le FN est fort. Face au risque FN, une part importante d’électeurs qui n’avaient pas voté au premier tour s’est donc mobilisée. «Le taux d’abstention au premier tour chez les inscrits qui se disaient proches de la gauche atteignait 47%. Alors qu’il n’était que de 43% à droite et de 44% chez les électeurs qui se sentaient proches du Front national». Le FN ne rafle donc aucune région, et perd très largement en Paca, Nord-Pas-de-Calais et en Alsace, là où il avait le plus de chance de passer. «Le plafond de verre électoral entamé, mais pas brisé»: cette phrase, titre d’un chapitre signé par la chercheuse Nonna Mayer dans le livre collectif Les faux-semblants du Front national, est sans doute plus juste. Le «plafond de verre» est toujours d’actualité, même s’il a pris quelques fissures.

 

«Estrosi l’emporte avec une majorité confortable, qui n’aurait pas été possible s’il n’y avait pas eu des reports de voix de gauche en sa faveur, commente Vincent Pons. Cette victoire est due au comportement responsable du PS, qui a retiré sa liste, et ensuite à l’attitude des électeurs.»

 

Ce constat optimiste doit être nuancé. Si le verre n’a pas brisé, il est fissuré et sans une action rapide de type Carglass il risque de voler en éclat. Le FN progresse de plus en plus dans toutes les catégories. « Depuis 2012, sa progression est forte dans toutes les catégories socioprofessionnelles, dans toutes les tranches d’âge, chez les hommes comme chez les femmes. Désormais, le FN fait de bons scores chez les étudiants, les cadres, les professions intermédiaires. Il progresse chez les diplômés, y compris de l’enseignement supérieur»

 

2016, année sans élections, va placer la Primaire des Républicains au centre et c’est là que l’opération Chartrons, que l’on raillait il y a un an, à gauche comme à droite, ce qui se comprend aisément, prend tout son sens. Si dans un premier temps, Juppé élimine Sarkozy, avec une mobilisation de l’électorat modéré en sa faveur, par la bande il met pratiquement Hollande hors-jeu comme le montre, le sondage TNS Sofres des 14 et 15 décembre, soit au lendemain du second tour des régionales.

 

Dans le cas où Nicolas Sarkozy serait désigné comme le candidat de la droite, il recueillerait 24 % d'intentions de vote, François Bayrou 10,5 %. Dans ce cas, François Hollande ne recueillerait que 19 % quand Marine Le Pen, elle, en engrangerait 26 %.Si le président du MoDem ne se présentait, Sarkozy verrait son score passer à 26 % contre 22 % à Hollande et 27,5 % à Le Pen. « On le voit: la présence de Bayrou est en fait légèrement plus handicapante pour Hollande que pour Sarkozy. Dans le premier cas, le différentiel entre les deux finalistes de 2012 est de 4 points sans le président du MoDem et de cinq s'il est présent. » L'absence de Bayrou a un impact sur les autres candidats.

 

D'une certaine manière, le vote MoDem apparaît comme un vote sans doute pas anti système, mais extérieur au système. Car sans lui, Marine Le Pen grimpe à 27,5 %, Nicolas Dupont-Aignan bondit de 4,5 % à 7 % et même Jean-Luc Mélenchon passe de 10,5 à 12 %. «Si le total des voix de gauche est loin d'être négligeable, il reste quand même fragile dès qu'est évoquée la présence de François Bayrou, puisque le total baisse de 4,5 points», explique Emmanuel Rivière, directeur de l'unité Opinion de TNS Sofres.

 

La présence d'Alain Juppé à la présidentielle change la donne du premier tour. C'est la seule configuration où Marine Le Pen ne virerait pas en tête avec 28 % contre 31 % pour le maire de Bordeaux. C'est aussi la plus mauvaise hypothèse pour François Hollande qui avec 20 % voit l'écart le plus grand (8 points) entre lui et le deuxième qualifié. D'une certaine manière, Hollande comme Sarkozy, ont un intérêt à être adversaires au premier tour de 2017…

 

Au second tour, les Républicains remporteraient l'élection. La présidente du FN serait dans l'incapacité de remporter l'élection. Face à elle, Nicolas Sarkozy recueillerait 64 % des voix. De son côté, Alain Juppé atteint les 70 % avec des reports de voix impressionnants de 100 % des électeurs UDI et MoDem au premier tour, de 94 % du Front de gauche et de 95 % du PS… mais seulement 86 % de la part des électeurs Républicains. «Il est clair qu'Alain Juppé possède la capacité de captation la plus large en étant le seul à devancer Marine Le Pen. En revanche, il n'est pas un candidat capable de faire baisser Marine Le Pen. Il existe une étanchéité entre ces deux électorats. Ça positionne tout de même Alain Juppé comme un bon candidat de rassemblement et de second tour», avance Emmanuel Rivière.

 

Autre enseignement de ce sondage, l'échec du Front national et singulièrement celui de Marine Le Pen au second tour des régionales, n'est pas perçu comme un élément déstabilisateur dans la mobilisation du vote FN. «Les électeurs frontistes sont toujours les plus déterminés et sûrs de leur choix, note Emmanuel Rivière. 96 % des sympathisants FN voteraient Le Pen quand 80 % des sympathisants LR choisiraient Sarkozy et seulement 72 % Juppé».

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, « Marine Le Pen, a été le père de substitution de Marion Maréchal-Le Pen » Christine Clerc, Les Conquérantes

La semaine fut rude. Je me suis fait moine.

 

« Comme ceux qui dessinent les paysages se placent dans la plaine pour observer la nature des montagnes et des lieux élevés, et pour observer celle des lieux bas se placent en haut sur la montagne, de même, pour bien connaître la nature des peuples, il faut être prince et pour bien connaître celle des princes, il faut être du peuple. »

 

Je lis le Prince de Machiavel

 

 

Notes de lecture

 

« Grandes actions, grands hommes, grandes choses » font la virtù.

 

Avec complaisance et jubilation Machiavel n’a de cesse de s’interroger sur leur « mobile » et leur efficacité pour en dégager le modus operandi de leur action. Quelles sont donc les qualités requises du Prince dans l’exercice de ses fonctions ? Quelles sont les vertus princières ? » Libéralité, générosité, courage, sens de l’honneur, loyauté, gloire, confiance, clémence, aptitude au bon conseil, discernement, virilité, vaillance… Toutes dimensions que Machiavel incarne dans la virtù.

 

L’homme princier en serait-il pour autant un être plénier, un Dieu sur terre ? La parfaite coïncidence du dire, du faire et de l'être est, dans l’espace de la condition humaine, une illusion : « Je sais que chacun confessera que ce serait chose très louable, que chez un prince, l’on trouvât, parmi toutes les qualités susdites, celles qui sont tenues pour bonnes. Mais on ne peut les avoir ni les observer entièrement, car les conditions humaines ne le permettent pas. »

 

Cependant Machiavel affronte le dilemme de tout ordre politique : la cruauté, qui lui est consubstantielle, ne doit pas le rendre odieux et méprisable, rapace et haïssable. « Il lui est nécessaire d’être assez prudent pour savoir fuir l’infamie de ces (vices) qui lui feraient perdre son État.

 

« Un prince doit donc prendre grand soin qu’il ne sorte pas de sa bouche une chose qui ne soit pleine des cinq qualités susdites et il doit paraître quand on le voit et l’entend, toute pitié, toute foi, toute intégrité, toute humanité et toute religion : et il n’est pas de chose qui soit plus nécessaire que paraître avoir cette dernière qualité. »

 

L’aura, ce que l’on appelle aujourd’hui le charisme pour gagner la confiance et l’estime du peuple.

 

Il s’agit donc de discriminer à quelles conditions et dans quelles circonstances, l’homme acquiert la virtù ?

 

« Seuls la défense de la patrie et le maintien de l’État peuvent légitimer pour Machiavel le sacrifice absolu d’une « entrée » dans le mal : « C’est que l’amour de ma patrie avait dans tous les cœurs plus de pouvoir qu’aucun autre sentiment. »

 

« En toute cité, on trouve ces deux humeurs différentes ; et cela naît de ce que le peuple désire ne pas être commandé ni écrasé par les grands, et que les grands désirent commander et écraser le peuple ; et de ces deux appétits différents naît dans les cités un de ces trois effets : ou le principe ou la liberté ou la licence. »

 

Je referme le Prince et me voilà sitôt face à la tribu Le Pen…

 

 

« Sans Lambert, pas de FN. Sans Le Pen, pas de Lambert »

 

« Ce sont quelques mots prononcés par Lorrain de Saint Affrique, conseiller en communication de Jean-Marie Le Pen pendant dix ans (1984-1994). Ils concernent deux hommes : l'ancien président du FN et Hubert Lambert, riche industriel français… et grand admirateur des présidents des formations d’extrême droite.

 

Le 27 septembre 1976, Hubert Lambert dit Saint-Julien, actionnaire de la société Lambert Frères et Cie, décède. Dans son dernier testament, ce quadragénaire fragile physiquement et psychologiquement a fait de Jean-Marie Le Pen son exécuteur testamentaire et son unique héritier. Les commentaires, les polémiques et sous-entendus consécutifs à cet héritage ne changent rien. À l’automne 1976, Jean-Marie Le Pen devient un homme riche, très riche. De plus, l’héritage Lambert lui donne les outils et les moyens structurels pour relancer son histoire, intimement liée à celle de son parti.

 

Au FN, on apprécie cet homme discret, « très gentil ». On évoque également sa faiblesse de caractère. On sait également qu’il est fortuné… pour preuve : la Rolls avec chauffeur qui le dépose rue de Surène, lorsqu’il se rend au siège du FN. Cependant, on ignore sa filiation avec les ciments Lambert et, donc, sa fortune colossale.

 

Le Président du FN, lui, fait la connaissance d'Hubert Lambert au début des années soixante-dix. En 1973, il convie Jean-Marie Le Pen à un dîner. Hubert Lambert arrive avec une serviette en cuir. Selon Roger Mauge, l’un des hagiographes de Jean-Marie Le Pen, les deux hommes auraient tenu le dialogue suivant, en rapport avec les premières élections législatives auxquelles le FN participe (mars 1973) :

 

« - Il faut absolument que tu te présentes aux prochaines élections, Jean-Marie [...]. Je t’ai apporté 300 000 francs pour ta campagne électorale. Ils sont là [...].

 

– Tu es très généreux, Hubert. [...] Permets-moi de me servir de cet argent pour saupoudrer partout où nous présenterons une candidature. (…)

 

Hubert plaisante :

 

– Aucune importance ! Prends, et rends-moi la serviette. Elle pourra encore servir ! »

 

Après ce déjeuner, rapporte Roger Mauge, Jean-Marie Le Pen et Hubert Lambert se «voient plus souvent et d’une certaine manière deviennent amis» ! Car les Le Pen se montrent particulièrement attentifs à cet homme, notamment en lui rendant visite régulièrement. Jean-Marie Le Pen va jusqu’à lui attribuer des fonctions officielles au FN. Membre du Comité central et conseiller national du parti pour les questions militaires, Hubert Lambert affiche régulièrement sa présence aux réunions du parti. Il participe au comité de rédaction du journal du FN, Le National. Il y signe même quelques articles.

 

L'héritage Lambert... une des causes de la suspension de Jean-Marie Le Pen ? par Valérie Igounet historienne

 

« L’héritage Lambert change considérablement la vie de Jean-Marie Le Pen sur les plans politique et personnel. Il lui permet de faire – comme il l’entend - de la politique. L'ancien président du FN devient propriétaire du domaine de Montretout, sise au 8 parc éponyme. Jean-Marie Le Pen y reçoit encore aujourd’hui dans son bureau, à l’étage de cette imposante bâtisse qui domine tout Paris. Cette demeure n’a pas seulement été le lieu d’habitation de la famille Le Pen et le quartier général du FN pendant de nombreuses années. C’est aussi un symbole pour l’ancien président du FN qui désire laisser son nom dans l’Histoire. Montretout est un lieu singulier : le premier propriétaire, Napoléon III, l’avait offert à son chef de cabinet, Jean-François Mocquard. Hubert Lambert le lègue à Jean-Marie Le Pen en 1976. »

 

Revenons aux héritiers de l’immonde de Montretout

 

Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot, la concurrence de deux forces ascendantes au FN

 

« Malgré son omniprésence politique et médiatique depuis plusieurs années, le vice-président du FN reste considéré par de nombreux historiques du parti comme une personnalité d’ouverture. Critiqué, au choix, pour son gaullisme revendiqué, son étatisme assumé en matière économique ou son influence auprès de Marine Le Pen, le député européen de 34 ans est placé en concurrence avec Marion Maréchal-Le Pen, 25 ans. Dépositaire de la « marque » Le Pen, catholique, libérale et identitaire, la députée du Vaucluse, elle, n’hésite pas à jouer de sa popularité auprès de la base pour marquer sa différence. Elle avait fini première lors du congrès de Lyon en 2014 pour l’élection du comité central du FN, devant M. Philippot, seulement quatrième.

 

La jeune femme a ainsi réaffirmé, vendredi 27 novembre, sa volonté de supprimer les subventions accordées par la région au Planning familial, malgré le fait que sa tante ait rappelé que cela n’était « pas dans les projets du Front national ». En 2013, sa présence dans les cortèges de la Manif pour tous, contrairement à Mme Le Pen et à M. Philippot, avait déjà été remarquée. Ses propos sur la République aussi. La députée avait avoué en juin ne pas comprendre l’« obsession pour la République » exprimée par la majorité de la classe politique, estimant qu’« il y a des monarchies qui sont plus démocratiques que certaines Républiques ». Une vraie différence avec sa tante et son bras droit, qui ne manquent jamais de faire assaut de républicanisme dans leur entreprise de dédiabolisation. »

 

D’où sort-elle cette Marion Maréchal-Le Pen ?

 

 

« En 2013, on apprenait que le père de Marion Maréchal-Le Pen n'était pas Samuel Maréchal, mais Roger Auque, journaliste aujourd'hui décédé et qui n'avait pas reconnu sa fille à l'époque. Dans le même temps, L’Express, qui disait tenir ses informations de l'ouvrage de Christine Clerc, Les Conquérantes, nous apprenait que Marine Le Pen avait joué auprès de la jeune Marion le rôle d'un père de substitution, s'occupant tout particulièrement d'elle. « Marine, ma petite sœur, a été son papa à l'accouchement. Elle m'a aidée à l'élever », a raconté Yann Le Pen, sœur de Marine et mère de Marion, dans l'ouvrage Les Conquérantes.

 

L’égaré du Che de Belfort et l’héritière de la Manif pour tous : le national-populisme ratisse au plus large…

 

- Dans le Nord, le « silence terrifiant » des patrons face au FN 

 

« No Pasaran ». C’était il y a un mois. Bruno Bonduelle, l’un des bâtisseurs de l’empire international de légumes en boîtes, tirait la sonnette d’alarme. Ce chef d’entreprise à la retraite prenait la plume pour crier son angoisse de voir le Front national remporter les élections dans la nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. « Comment peut-on prôner la fermeture des frontières alors que notre économie régionale est immergée dans le monde, avec un salarié sur quatre qui travaille dans une entreprise aux capitaux étrangers, alors que nous vantons dans nos brochures ce carrefour transfrontalier ouvert aux quatre vents de l’Europe, nos succès à l’exportation ? », écrivait Bruno Bonduelle.

 

Son billet d’humeur se terminait par une supplique à l’adresse des élus qui affronteraient Marine Le Pen au second tour : « De grâce, ne laissez pas notre économie sombrer dans le repli sur soi ! »

 

Ce cri du cœur est devenu prophétie. Mais la pythie a perdu sa voix. Contacté, l’ancien grand patron du Nord ne souhaite pas commenter la situation. Sa sortie dans les médias n’a pas été sans conséquence. Des consommateurs ont écrit au groupe en menaçant de boycotter les produits Bonduelle. Des agriculteurs de la région qui fournissent les usines ont menacé de ne plus les approvisionner en légumes si Bruno Bonduelle, ou d’autres, prenaient encore position. L’ancien patron se dit « effondré ». « Ils ont déjà réussi à instaurer la terreur », ajoute-t-il. Christophe Bonduelle, l’actuel PDG, a été contraint de se désolidariser des propos de l’ancien président du groupe. »

 

- Régionales: les catholiques ont plus voté FN (Ifop)

 

« Les catholiques ont davantage voté pour les listes Front national aux élections régionales que l'ensemble des Français (32% contre 27,7%), selon une étude Ifop publiée aujourd'hui par l'hebdomadaire Pèlerin, pour qui « la digue catholique s'effondre» face à l'extrême droite. Les listes Les Républicains-UDI-MoDem arrivent toutefois légèrement devant le FN dans la population catholique, à 33%, les candidats PS-PRG obtenant 19%, selon ce sondage.

 

Fait notable, les catholiques ont voté FN à 32%, alors que 26% d'entre eux l'avaient fait lors des départementales de mars, selon un sondage Ifop pour Atlantico. Le ralliement à l'extrême droite reste moins marqué chez les pratiquants réguliers que dans l'ensemble de la population, mais il progresse très fortement dans ce segment d'une élection à l'autre, de 9% à 24%. «Cette poussée s'est faite avant tout dans l'électorat traditionnel de droite, composé de catholiques pratiquants et âgés», observe Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies de l'Ifop, cité par le magazine catholique Pèlerin. »

 

En l’état, la percée de Marine Le Pen, de sa nièce Marion et de l’énarque Florian Philippot, c’est en effet moins un triomphe idéologique du discours simpliste et baroque du Front national qu’un formidable coup de pied au derrière aux partis de gouvernement, de gauche comme de droite.

 

Le gouffre n’est pas loin

 

Beaucoup de Français, c’est clair, en ont, en effet, par-dessus la tête de partis qui, disent-ils, ne s’occupent pas d’eux, ne les écoutent pas, parfois les méprisent, vivent en vase clos. Le 6 décembre, une partie des électeurs ont voté FN par exaspération. D’autres se sont réfugiés dans une abstention agressive. Pour le moment, Marine Le Pen et ses amis ne sont encore qu’un gigantesque signal d’alarme. Mais le gouffre n’est pas loin.

 

En 1989, au moment de la chute du Mur de Berlin, l’historien américain Françis Fukuyama se faisait applaudir - y compris en France - en prophétisant la fin de l’Histoire. Erreur monumentale. Naïveté grandiose. Sans perspective historique, les Français, qui ne sont pas des Suisses, sont perdus, et ils le sont. Qui sommes-nous? Où allons-nous? Que voulons-nous? Et aussi : que pouvons-nous?

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, «Les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare.» Gabriel Matzneff.

Samedi-dimanche derniers je logeais à Ixelles. Des voitures blindées, comme dans Tintin, stationnaient sur les places, des jeunes troufions patrouillaient le FM en bandoulière. La police faisait couiner ses sirènes. Nous avons trainés dans les bars. Au retour, sur l’autoroute nous avons redécouvert les joies de la frontière, file d’attente, barrage filtrant, nous régressons. Comme je ne suis pas d’humeur j’ai mis mes amours entre-parenthèses. Ma colère est sourde. Je retiens mes mots, je les pèse, j’en suis économe. Face aux égouts qui débordent, aux vieux rats qui refont surface pour profiter de nos malheurs, mon cœur se soulève, j’ai envie de gerber.

 

Que lis-je dans le flux ininterrompu ?

 

Que face à Daesh Matzneff le « pédéraste » et De Villiers « l’illuminé » en appellent au retour de la transcendance !

 

Je rêve, je me frotte les yeux :

 

De Villiers d’abord dans son registre de gouaille populiste :

 

« Les laïcards font le vide et les islamistes le remplissent. Le nihilisme occidental, prenant congé d'une chrétienté flageolante, s'exprime comme la neutralisation religieuse de l'espace public. Résultat : c'est le vide. Il n'y a pas de réponse à la quête de l'absolu, et les jeunes Français, quelle que soit leur origine, ethnique ou religieuse, sont tentés de partir ailleurs pour chercher des drames, des gloires, des fiertés que la France ne leur offre plus. »

 

Matzneff ensuite, l’ignoble, qui évoquait dans son journal des années 1983-84 «un joli gamin, pétillant de malice, parlant un bon anglais, écolier bien propre, treize ans», qu’il rencontra en Asie: «Il n’a pas voulu que je le baise, mais il m’a sucé à merveille et m’a fait jouir.» il pérore :

 

« À part le pape de Rome et le patriarche de Moscou, qui, en Europe, fait appel aux forces de l'Esprit, invite les gens à la transcendance ? Personne. En tout cas, personne en France où les responsables politiques pleurnichent contre la montée de l'islamisme, mais leur unique réponse, pour endiguer cette montée, est d'interdire les crèches de Noël dans les mairies. Bientôt, j'en fais le pari, la passionnante fête de la Nativité, du mystère de l'incarnation, du Verbe qui se fait Chair, du Christ Dieu et homme, sera, comme en Union soviétique à l'époque de la persécution antichrétienne, remplacée par une fête du Bonhomme Hiver, Diadia Moroz, mouture léniniste du père Noël. »

 

Matzneff le compagnon de libation de Jean-Marie Le Pen : 

 

« Je me souviens d'une de nos soirées à l'époque du traité de Maastricht. Les propos que nous tint Jean-Marie Le Pen étaient la raison même, la justesse même, l'avenir allait nous le prouver, et ce soir-là je pris conscience à quel point était absurde l'image d'excité extrémiste que la presse purée de droite et de gauche s'appliquait à donner de lui.

 

Dans la vie française, en littérature comme en politique, il y a les gens qui sont blanc-bleu, les bien-pensants, les vertueux ; et puis il y a les sulfureux, les infréquentables. Jean-Marie Le Pen fait partie de ces derniers. Même si je n'avais pas déjà des raisons personnelles d'avoir de l'amitié pour cet homme, son éternel statut d'excommunié suffirait à me donner l'envie de le défendre, et quand il a raison (en ce moment sur la Russie, par exemple), de l'applaudir. »

 

Matzneff qui ironise dans le POINT sur « La médiocrité de cette « génération Bataclan » 

 

« Trafalgar Square et la gare de Waterloo sont à Londres. La gare d'Austerlitz et la rue d'Arcole sont, elles, à Paris. Aux lieux, aux monuments, on donne des noms de victoires, non de défaites. De même, dans les écoles militaires les promotions de jeunes officiers prennent les noms de soldats victorieux : « Maréchal de Turenne », « Général Lassalle », « Lieutenant-Colonel Amilakvari ». Quand, par extraordinaire, il s'agit de vaincus, ce sont des vaincus qui se sont battus héroïquement jusqu'au bout, ont été vaincus avec tous les honneurs de la guerre : une des promotions de Saint-Cyr se nomme « Ceux de Diên Biên Phu ».

 

Quel est le suicidaire crétin qui a donné le nom de « génération Bataclan » aux jeunes femmes et jeunes hommes qui ont l'âge des victimes du vendredi 13 novembre 2015 ? C'est l'État islamique qui doit donner ce nom à ses jeunes citoyens, non la France, pour qui ce vendredi 13 novembre 2015 demeurera la date d'une de ses plus spectaculaires et déprimantes défaites.

 

Ce choix de « génération Bataclan » exprime un masochisme, un mépris de soi ahurissant. Et l'on est accablé par la médiocrité petite-bourgeoise, l'insignifiance des propos tenus par les survivants de cette « génération Bataclan » lorsqu'ils sont interrogés par les journalistes ou s'expriment sur les réseaux sociaux. Le zozo qui s'est mis une ceinture de cœurs autour de la taille, l'autre imbécile qui se balade avec une pancarte « Vous êtes tous super ! », le troisième qui déclare fièrement que son but dans la vie est de continuer à se distraire, à voir les copains, ces petits bourgeois qui tiennent pour un acte de courage de dîner au restaurant le vendredi soir.

 

S'il s'agissait de gamins de douze ans, ce serait admissible. Hélas, ce n'est pas le cas. Ceux qui se comportent de manière si niaise, si médiocre sont des adultes, des barbus. J'ai dit « ahurissant », mais le mot juste est « consternant ». Comme a été consternante la cérémonie d'hommage aux victimes dans la cour des Invalides. J'adore Barbara et je connais par cœur certaines de ses chansons, mais ce jour-là, c'est le « Dies irae » qui, après La Marseillaise, devait retentir en ce haut lieu, non une gentille chansonnette, et nous aurions été autrement saisis aux tripes si, à la place du discours fadasse de M. Hollande, un acteur de la Comédie-Française nous avait lu le Sermon sur la mort de Bossuet.

 

Ils ne vivent pas, ils existent… »

 

Qui est ce Matzneff ?

 

Gabriel Matzneff, sans doute peu connu des jeunes générations, l’est bien plus de ceux qui avaient déjà l’âge de s’intéresser à la littérature dans les années 1970, quand l’écrivain, essayiste, romancier, journaliste (collaborateur du Point), aujourd’hui âgé de 77 ans, publia Les Moins de seize ans. Il y expliquait son amour pour les très jeunes adolescents:

 

«Ce qui me captive, c’est moins un sexe déterminé que l’extrême jeunesse, celle qui s’étend de la dixième à la seizième année et qui me semble être —bien plus que ce qu’on entend d’ordinaire par cette formule— le véritable troisième sexe

 

A l’époque, dans ce livre notamment, Matzneff défendait sans complexe ses goûts pour les jeunes gens. Lors de sa publication, il était venu expliquer sur le plateau d’Apostrophes que «rien ne peut arriver de plus beau et de plus fécond à un adolescent et une adolescente qu’un véritable amour avec quelqu’un de son âge mais aussi peut-être avec un adulte qui l’aide à se découvrir soi-même».

 

Il dit bien plus tard, en 2011:

 

«Dans les années 1970, il existait en France une certaine liberté de mœurs, d’esprit, qui a depuis disparu

 

Après le scandale des Moins de seize ans, quelques autres: la publication d’Ivre du vin perdu, roman racontant son histoire d’amour avec une adolescente; l’évocation dans Mes Amours décomposés, journal des années 1983-84 d’«un joli gamin, pétillant de malice, parlant un bon anglais, écolier bien propre, treize ans», qu’il rencontre en Asie:

 

«Il n’a pas voulu que je le baise, mais il m’a sucé à merveille et m’a fait jouir.»

 

Il y écrit aussi:

 

«Les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare.»

Puis sa mise en cause dans l’affaire du Coral (affaire d'abus sexuels sur mineurs) lui vaut d’être renvoyé du Monde. En 1990, il se retire quelques temps de la vie publique.

 

Qui a salué la chronique de Matzneff ?

 

Un petit tour sur les réseaux sociaux suffit à le percevoir: les admirateurs de la prose de l’écrivain se recrutent en majorité du côté de ces réactionnaires qui, sous couvert de laïcité et de philosophie des Lumières, tentent de lier culture chrétienne et République française. Le plus souvent, et comme par hasard, ce sont ceux qui sont parmi les premiers à réclamer un aménagement de la loi de 1905 au prétexte que cette dernière, serait inadaptée au problème que pose l’intégrisme religieux musulman.

 

Pour ce courant politique, protéiforme et qui avance masqué, l’air du temps est à l’instrumentalisation de ces idiots utiles que sont les fondamentalistes afin de tenter de réintroduire la religion catholique, en tant que fait religieux dominateur, dans la République. »

 

« Il faut prendre la mesure de la charge menée par Gabriel Matzneff contre la Génération Bataclan. Le passé "hédoniste" de l’auteur a occulté ce qu'exhibe sans retenue cette tribune publiée sur le site du Point: à savoir que c’est au nom d’un spiritualisme catholique d’essence réactionnaire que l’écrivain s’en est ainsi pris à la jeunesse contemporaine. Or, depuis quelques mois, ce courant, dont il est un nouvel avatar révélé, est à l’œuvre dans la sphère publique, qui demande sans cesse à la République de se plier au fait religieux. Sous couvert de lutte contre l’intégrisme islamique, il conviendrait de réinjecter dans la République une bonne dose de catholicisme ; c’est en cela que la tribune de Matzneff dit une tendance de l’époque. »

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, le Prophète n’est pas venu sur terre pour donner des cours de couture. Dieu n’est pas un tailleur, un styliste de mode.

« Pourquoi viens-tu si tard ? »

 

Je n’ai plus que mes yeux pour dire, te dire. Les mots me fuient. Que dire d’ailleurs face cet arpent de vie qui nous sépare à jamais. S’y adosser, capter ta lumière, m’en infuser. Quel grand bonheur ! Chance ultime de l’avoir croisé, de t’avoir croisé. De la douceur, rien que de la douceur, mon vieux cœur s’embrase toujours avec la même vigueur mais s’apaise dans l’océan de tes yeux. Dans la yourte de mon imaginaire tu vas et tu viens, je suis comblé. Ton prénom sonne comme une promesse, c'est mon secret, il sera bien gardé.

 

Je commence ma journée de vendredi par la lecture d’une Lettre d’amour à la France, pays que j’aime plus que jamais  

 

J’ai toujours su que je t’aimais, d’un amour profond, sincère, presque ridicule tant je peux paraître fleur bleue en t’évoquant. Mais en entendant cette Marseillaise chantée par le peuple anglais à Wembley, j’ai compris que je brûlais d’amour pour toi, ma France, mon pays, ma patrie.

 

Tu m’évoques tant mon village natal perché sur une colline, où il fait toujours beau, où mes copains ont toujours dix ans et font du vélo avec insouciance sur des rues mal goudronnées, où mes ancêtres reposent, non loin de cette école communale où les dernières craies bruissent sur les ultimes tableaux en ardoise. Ma France, tu es cette Beauce d’où vient ma grand-mère, tu es cette campagne que mon grand-père traversait pour la rejoindre. Tu es cette lumière que mes arrières grands-parents ont certainement vu reluire à l’horizon, fuyant la Pologne, pendant la guerre.

 

Ma France, j’aime ton caractère, ta liberté, ton histoire, ta culture millénaire. Tu es ce pays d’humbles ouvriers dont je suis issu, un peuple fier, digne, qui a rêvé de communisme ; comme je suis descendant de travailleurs de la terre. Un mélange de gueulards et de taiseux, à ton image ma France : frondeuse et parfois frileuse.

 

Je m’enivre de tes parfums, des aubépines qui s’épanouissent parfois sauvagement le long d’un mur, de tes églises aux bancs qui grincent, de tes cafés où le monde se fait et se défait autour d’un ballon de blanc. J’ai toujours estimé que tu avais tout donné aux miens avec tes écoles, ton sens de la solidarité. Les droits, les devoirs, la santé. On vit quand même bien, en France. Et de Villon à Molière, en pensant par Hugo, Sartre, Debussy, Proust, Manet, Poussin, Lully, Rimbaud, ta richesse se révèle incommensurable, et ce sont ces milliers de génie qui à chaque catastrophe ressuscitent pour mieux redire à la face du monde combien tu es immortelle et jamais fatiguée de te relever.

 

Du Louvre aux sables de Cabourg, des terribles forêts de Verdun jusqu’aux ocres rochers de Provence, tu es un livre de poésie ouvert aux regards du monde. Être français, c’est avant tout aimer le Beau. Parce que tu as voulu être Athènes, Rome et Jérusalem, tu es devenue un peu des trois. Harmonieuse, glorieuse et lumineuse. A la fois jardin et palais, temple de la Raison et réceptacle du Sentiment. Tu es un pays devenu bijou.

 

lire l'intégralité en cliquant sur le titre.

 

Vous dites souvent que la visibilité actuelle de l’islam fait peur à l’identité française…

 

… et qu’elle est aussi nuisible à la spiritualité musulmane. Il faut en finir avec la bédouinisation de l’islam. Phagocyté par le wahhabisme saoudien, le salafisme consiste à bédouiniser l’islam avec des moyens technologiques particulièrement développés. C’est un retour à l’histoire pré-islamique mais certainement pas un retour à l’état de l’Islam. Cette visibilité identitariste n’a rien à voir avec un enracinement mystique ou spirituel, mais répond à une logique de minorités qui veulent se préserver en s’attachant aux écorces au lieu de s’attacher à l’esprit de la religion.

 

Que voulez-vous dire par écorce ?

 

Tout ce qui participe à l’islam folklorique de la visibilité à outrance. Le propre de la religion, c’est la discrétion, la modestie, le travail intérieur et non l’exhibition. Il faut changer complètement de paradigme. Notre "communauté" est très jeune, j’entends essentiellement formée par des jeunes gens issus de culture et de religion musulmane, qui vivent dans une certaine frustration : sociale, scolaire, etc. Ils compensent ce complexe d’infériorité par un complexe de défiance. C’est le propre de l’adolescence. Je me démarque par rapport à la famille. Je ne reconnais pas l’autorité, même religieuse. Je provoque. Je suis victime, donc j’existe. Et je greffe un discours religieux sur des pratiques qui ne devraient pas avoir beaucoup d’importance, comme le fameux foulard islamique. J’attends de voir ce qu’il y aura après le foulard, peut-être les cravates islamiques ? Les chaussures islamiques ? C’est n’importe quoi. Car enfin, que dit le Coran ? Au centre, il y a la pudeur. La pudeur fait partie de la foi. Mais le Prophète n’est pas venu sur terre pour donner des cours de couture. Les vêtements n’ont rien à voir avec la religion. Un voile n’est pas une kippa. Il n’y a pas d’objets cultuels dans l’islam. Il n’y a pas de symboles, pas de slogan. C’est une hérésie que d’introduire dans le culte les vêtements. Une fois encore, on mélange le principe éthique avec sa traduction vestimentaire. Dieu n’est pas un tailleur, ce n’est pas un styliste de mode. En vérité, on se cache pour mieux se montrer. Alors certes, l’apparence est conforme à la lettre du texte, mais l’intention n’est pas bonne. Ce qui est condamnable, c’est l’habit de l’orgueil, de l’arrogance et de l’ostentation.

 

La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder. Daech puise dans un réservoir de jeunes Français radicalisés qui, quoi qu’il arrive au Moyen-Orient, sont déjà entrés en dissidence et cherchent une cause, un label, un grand récit pour y apposer la signature sanglante de leur révolte personnelle. L’écrasement de Daech ne changera rien à cette révolte.

 

Le ralliement de ces jeunes à Daech est opportuniste : hier, ils étaient avec Al-Qaida, avant-hier (1995), ils se faisaient sous-traitants du GIA algérien ou pratiquaient, de la Bosnie à l’Afghanistan en passant par la Tchétchénie, leur petit nomadisme du djihad individuel (comme le « gang de Roubaix »). Et demain, ils se battront sous une autre bannière, à moins que la mort en action, l’âge ou la désillusion ne vident leurs rangs comme ce fut le cas de l’ultragauche des années 1970.

 

 

Quand Abou Hamza, un ancien rebelle syrien, a rejoint les rangs de Daech, il pensait adhérer à l’utopie islamiste qui attire les djihadistes du monde entier. Au lieu de ça, il eut comme supérieur un émir irakien et reçut ses ordres de mystérieux Irakiens. L’année dernière, après avoir contredit d’autres chefs lors d’une réunion, Abou Hamza a été arrêté sur l’ordre d’un Irakien masqué, présent dans la salle, qui avait écouté silencieusement en prenant des notes tout au long de la séance.

 

Abou Hamza n’a jamais découvert l’identité de ces Irakiens dissimulés sous des noms de code ou dont le nom n’avait tout simplement pas été révélé. En revanche, il sait que tous ces hommes étaient d’anciens officiers ayant servi sous le régime de Saddam Hussein, y compris l’homme masqué, un ancien agent des services de renseignements irakiens, qui travaille désormais pour les obscurs services de sécurité de Daech.

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, «on ne peut pas toujours être dans la surenchère» à droite seul Juppé se tient bien…
CHAP.15 opération Chartrons, «on ne peut pas toujours être dans la surenchère» à droite seul Juppé se tient bien…

Les chefs de LR pilonnent Hollande, Juppé salue un «très bon discours», l’Assemblée Nationale se comporte mal, les aboyeurs de la droite sont dans la surenchère, n’épiloguons pas seul notre poulain se tient bien et ça nous va bien. Il assume les erreurs, critique à bon escient, pour l’heure nous n’avons rien à faire sinon à engranger les points.

 

Je vais m’asseoir pour lire en terrasse.

 

« La guerre civile qu’ourdissent les maos, c’est surtout dans l’usine Renault-Billancourt, la « forteresse ouvrière », qu’ils vont la mener : parce que, entreprise nationalisée, modèle industriel et social, elle symbolise le triple pouvoir contre lequel ils se révoltent, l’État flic, le patronat, le syndicalisme jaune, c’est-à-dire : la complicité « objective » du gaullisme et du communisme – complicité datant de la guerre –, cette « complicité nauséabonde », dirait Alain Geismar.

 

« … les démocrates bourgeois… pourquoi se priver de ces alliés même temporaires, même nauséabonds ? » lit-on par ailleurs dans les Cahiers prolétariens.

 

Pierre Victor, alias Benny Levy, grand timonier de la Gauche Prolétarienne :

 

«Et vous me mettrez quatre caisses de « démocrates » pour la manif de Saint-Nazaire! »

 

« Par « démocrates », les maos désignent, non sans mépris, les universitaires, écrivains, peintres, acteurs, membres de professions libérales diverses, qu’ils ont recrutés comme compagnons de route – et qu’ils rançonnent financièrement… »

 

« La célébrité de ces personnalités permet par ailleurs aux maos de médiatiser leurs coups :

- Si les flics, tabassaient des manifestants, il valait mieux qu’ils s’appellent Claude Mauriac que Mohamed ou Dupont, car on était sûrs, alors d’avoir les gros titres… »

 

« Quand, avec 30 ans de recul, on parcourt les interviews incendiaires que certains intellectuels de gauche donnèrent au début des années 70, et qu’on s’en étonne auprès des ex-maos, ils vous expliquent que c’est i=un langage « situé », « daté »…

 

Sauf que, « Le problème de ce « double langage », c’est que nombre de jeunes marginaux (peu au fait du jésuitisme normalien) n’en perçoivent qu’une seule dimension qu’ils prennent à la lettre, ce qui en a conduit bon nombre au terrorisme – no verbal celui-là. « La fraction Armée Rouge, s’est inspirée des textes des Temps Modernes. »

 

Que disait Sartre sur son tonneau à Billancourt ?

 

« Qu’il préférait parler aux prolétaires, parce que qu’à l’usine les prolétaires sont directement victimes de la violence bourgeoise. « Et contre cette violence, il n’y a pas de moyens légaux ! »

 

Pierre Overney a suivi avec enthousiasme les consignes de la GP. Celle-ci prépare en effet la « lutte armée ». Elle décide de multiplier les « actions de partisans » : bris des cadences à l’usine, représailles directes contre les contremaîtres, séquestrations, expropriations, sabotages, manifestations violentes… »

 

« Le modèle à suivre, pour le général mao Pierre Victor, c’est la rébellion des ouvriers de Sochaux en juin 1968 : « Onze CRS ont alors été tués, de l’aveu des ouvriers, pas de l’aveu du ministre de l’Intérieur, confie-t-il dans une longue interview à Michèle Manceaux. »

 

« La prochaine fois c’est avec les flingues qu’on accueille les CRS » lui auraient-ils dit !

 

« Renault doit prendre exemple sur Sochaux. Le pouvoir est au bout du fusil ! »

 

- J’en veux à Pierre Victor et à Alain Geismar de nous avoir menés en bateau, confie aujourd’hui Dédé. Les gens comme moi et Pierrot, on a été utilisés… On était impressionnés par des types qui nous faisaient faire n’importe quoi. Victor, il ne regardait que son intérêt : le pouvoir ! Aujourd’hui, je ne le ferais plus avoir…

 

- À la GP, explique Michel Chemin, on transformait les ouvriers en singes savants qui récitent leurs leçons : le Petit Livre Rouge… on n’essayait pas de leur ouvrir des horizons. On les abaissait. On cherchait à en faire des brutes qui cassent du contremaître.

 

Morgan Sportès « Ils ont tué Pierre Overney » Grasset

 

 

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 07:00

photoplomb.jpg« Le 14 mai 1977, via De Amicis à Milan, un jeune homme portant un passe-montagne, un jean à pattes d’éléphant et des bottines tend les bras en position de tir, un pistolet dans les mains. La photo a fait le tour du monde. A peine une semaine plus tard, Umberto Eco écrit qu’il faut garder cette image à l’esprit, qu’elle deviendra représentative de notre siècle. Elle est l’emblème de l’affrontement qui met l’Italie à feu et à sang, le cliché symbole de 1977, d’une « génération perdue » dans la violence d’une année où auront lieu 42 homicides et 2128 attentats politiques.

 

 

Je feuillette Le Nouvel Observateur et la voici, en grand format, bien nette, en introduction d’un article consacré aux « années de plomb ». Tout le monde connaît cette image, elle est très forte, pour certains elle est même devenue une icône. Pour beaucoup, elle représente la défaite définitive des idées, de la contestation ; d’autres se réjouissent, y voient la force, la rébellion. Tout le monde s’arrête sur cette image.

 

Mais il faudrait la retourner, la regarder de derrière, la pénétrer. On découvrirait un monde complexe, qu’il faut analyser. 

 

Sur la fameuse photo, on voit un garçon portant un passe-montagne foncé qui se penche et ture avec un Beretta calibre 22. 

 

« C’est Ferrandi ? – Non, lui, c’est Giusseppe Memeo, il n’a tué ton père, là il n’a que 18 ans, c’est la première fois qu’il tient un pistolet mais, en 1979, avec les Prolétaires armés pour le communisme, le groupe du fugitif exilé à paris Cesare Battisti, il a tué l’orfèvre Pierluigi Torregiani et l’agent de la Digos (l’équivalent des RG) Andrea Campagna. Pendant la fusillade devant leur magasin à la Bovisa, à Milan, le fils de Torregiani, Alberto, a également été touché. Il était adolescent. Depuis il vit dans un fauteuil roulant, hémiplégique. »sur la photo, c’est la scène finale, les jeunes gens sont en fuite, ton père a déjà été touché. Ils sont devant le 59 de la via De Amicis, où il y a un grand magasin de reprographie. Mais si on regarde le cliché avec attention, de l’autre côté de la rue, à moitié caché par un arbre, on voit un autre photographe, Antonio Conti. La clé pour comprendre l’homicide se trouve sur les photos que cet homme, parent d’Oreste Scalzone, (co-fondateur avec Toni Negri de l’organisation d’extrême-gauche Potere Operario), a cachées pendant douze ans dans un livre, dans sa chambre à coucher. »

 

Ce texte me remémorait toute la complexité de cette période. Lorsque j’avais débarqué dans cette semi-clandestinité j’avais été frappé par le sérieux des militants, à cent lieues des petits frelons de la Gauche Prolétarienne enfants de la bonne bourgeoisie intellectuelle. Là, à côté des intellectuels il y avait de vrais ouvriers travaillant dans les usines, formés à la lutte, rudes, sombres, tristes, déterminés, inaccessibles à toute forme de pitié. Et puis dans le livre de Mario Calabresi ce qui me frappa c’est le peu de place donné aux victimes : « dans les grandes librairies, il y a toujours un rayon consacré aux « années de plomb », parfois même un grand rayon. Il s’agit pour la plupart de livres écrits par des terroristes, présentant une multitude de points de vue, mais de leur côté. D’autres ouvrages reconstituent l’histoire du terrorisme, mais quasiment aucun ne parle des victimes, des gens qui sont morts, de leur travail. Il y a quatre ans, un petit livre de mémoires fin et délicat, écrit par Agnese Moro, a eu un certain succès. Il m’a semblé qu’il jurait dans les rayons, tellement il était différent. » Ce fut une vraie guerre intérieure, implacable, sans merci, inexpugnable à laquelle je n’ai pas participé mais que j’ai pu observer comme le faisait les vrais correspondants de guerre, de l’intérieur.

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, et si Nicolas Sarkozy devenait le Premier ministre de François Hollande ?

« Malgré nos différences, il m’a aidée à me structurer, en ignorant tout de sa tendre épouse, sans jamais poser la moindre question embarrassante ni faire couler la moindre larme. Peu de gens ont cette faculté de ne pas fouiller l’âme de l’autre. Chez beaucoup, cette propension frôle le viol. Edgar m’aimait sans raison, à la folie. Jamais je n’ai pu comprendre, même après quarante années de mariage, la raison de cet engouement stupéfiant. J’aimerais vous dire que j’étais d’une beauté saisissante, mais ce n’était pas le cas. Il est très difficile de se juger physiquement lorsque l’on a du mal à accepter sa féminité. Ce fut de tout temps l’un de mes principaux problèmes. La glace me renvoyait une image transformée par mes inhibitions, à la manière de l’un de ces miroirs déformants de fêtes foraines. »

 

Mon respect pour l’intimité de l’autre est, et a toujours été, sans faille, je ne pose jamais de question mais je suis accueillant à ce que l’être aimé veux bien me confier. M était une taiseuse, fermée, fière, grand oiseau blessé, sauf lorsqu’elle avait picolé et qu’elle s’épanchait ; L est volubile, légère, va, vient, revient, je ne sais rien d’elle et ça me va bien. L sera une hôtesse idéale, indépendante, hors le marigot, son charme jouera à plein. J’ai dressé mon plan de bataille, elle l’a approuvé sans réticence, ça l’amuse.

 

En attendant de le mettre à exécution je continue d’analyser au plus près la situation.

 

« Les sondages pour la primaire Les Républicains sont parfaitement bidons », assurait ainsi le politologue Thomas Guénolé dans un entretien au Figaro, en août dernier. Il soulignait à juste raison que « les instituts de sondage ne peuvent pas connaître la sociologie du futur électorat ». Ces enquêtes ne peuvent pas, par définition, prendre en compte d'autres paramètres de taille : la campagne électorale, l'évolution de l'actualité de chaque candidat, la perception évolutive des futurs électeurs.

 

Qu’est-ce qui peut faire bouger les lignes ?

 

Comment les deux outsiders que sont Bruno Le Maire et François Fillon peuvent-ils grappiller des points au détriment des deux favoris qui se situent très hauts dans les fameux sondages ?

 

Commençons par le gendre idéal Bruno Le Maire. Il peut se targuer d’avoir déjà créé la surprise, en novembre 2014, lors de l'élection du président de l'UMP, en frôlant la barre des 30%, empêchant le revanchard de s’octroyer un score de République bananière, un petit 64,5% des voix, soit 20 points de moins qu'en 2004. Le Bruno, faux modeste travaille son image en multipliant les réunions Tupperware. Il est jeune, ce qui renvoie en boomerang à la gueule de Sarko l’appellation vieux appliquée à Juppé et il se prévaut d’un beau parcours au Ministère de l’Agriculture, une maison difficile où de belles pointures : Edgar Faure, Chirac et Rocard se sont fait les dents. L’homme a des convictions et l’échine souple, il sait ondoyer avec élégance et efficacité. Son principal handicap : sa capacité à planter froidement un couteau dans le dos ceux qui l’ont fait roi : de Villepin puis Sarko.

 

Le cocker triste mise lui sur le libéralisme économique : la Droite revient. Il croît que son heure va sonner dans un petit englué dans l’immobilisme. Tout au fond de lui il est persuadé que Sarko va être rattrapé par l’un de ses nombreux dossiers judiciaires, plus particulièrement l’explosion de ses dépenses de campagne. C’est la vengeance, plat qui se mange froid, du collaborateur humilié. Il est populaire à droite, le succès en librairie de son livre « Faire » qui dessine les contours de son projet libéral, le prouve. Son handicap à lui c’est d’avoir collé à Sarkozy tout au long de son quinquennat et de partager la responsabilité des promesses non tenues et de l’échec. Looser et chien battu, ça amène un capital de sympathie dans la vieille droite mais ça n’emporte pas pour autant des votes à la Primaire hors le noyau dur des sarkozystes.

 

Ces deux-là sont donc à surveiller, non pas parce qu’ils vont menacer le duo de tête, mais pour deux raisons de la plus haute importance pour l’ordre d’arrivée au premier tour et les reports pour le second. Le premier se veut le candidat du renouveau, le second celui de la rupture, s’ils progressent : à qui prendront-ils des voix ? Plus le corps électoral sera large plus Sarko sera menacé d’érosion et plus ses chances au second tour se rétréciront. Juppé c’est un diesel, Sarko un lapin, tout se jouera dans la dynamique de campagne qui elle-même dépendra du paysage économique de l’époque.

 

Rien n’est joué, Fillon-Sarko sont irréconciliables, reste le cas Le Maire qui devra gérer son « indépendance » forcenée du premier tour, la monnayer intelligemment auprès de Sarko qui bien-sûr lui tendra les bras, pour ne pas apparaître comme un vulgaire opportuniste. La perspective ou la promesse d’être nommé Premier Ministre sera mère du reniement. Sarko aime les traîtres à la Besson, ils sont plus faciles à manipuler. Juppé peut tirer parti de ce reniement auprès de la frange modérée de centre gauche du futur corps électoral des primaires.

 

L’enjeu des manœuvres que je dois mener en sous-main se situe là. Moi aussi, comme Le Maire, je vais labourer patiemment tous ces déçus de Hollande qui ne veulent pas se retrouver face à des dilemmes : Le Pen-Sarko, Le Pen-Hollande, ou Sarko-Hollande. Le vieux Juppé c’est le recours gaullien.

 

Un nouveau scénario, pas si loufoque que cela est évoqué par Anthony Escurat doctorant en science politique à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence.

 

« Dix-sept. Nous sommes à dix-sept mois de l’élection présidentielle de 2017 et le scrutin est déjà dans toutes les têtes. Fortement distancé dans les sondages, l’actuel locataire de l’Élysée semble d’ores et déjà disqualifié pour le second tour au profit d’un duel quasi joué d’avance opposant Les Républicains au Front national. Et si pourtant la droite ne gagnait que les législatives, tandis que François Hollande remportait quant à lui la présidentielle ? Une nouvelle cohabitation en perspective qui n’a rien d’un scénario improbable. Explications. »

 

Il conclut :

 

« Dans ce maelström et face à cette « gauche plurielle » mue aujourd’hui en « gauche plus rien », François Hollande voit s’éloigner le spectre des primaires – ainsi qu’une éventuelle candidature de Manuel Valls – que d’aucuns dans son camp réclamaient à hue et à dia. Mieux encore, alors qu’il avait dès 2013 lié sa candidature à la baisse du chômage, le président de la République a certainement dû accueillir avec délectation les chiffres du mois de septembre (-23 800 demandeurs d’emploi) ainsi que l’accalmie anticipée par l’UNEDIC pour 2016.

 

Une conjugaison de signaux positifs inespérée qui – sans trouver encore de véritable traduction dans l’opinion – accrédite l’idée d’une possible victoire du président sortant en 2017.

 

Une victoire favorisée par la présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Catalysée par la frénésie sondagière (31% des Français se déclarant prêts à voter pour la candidate frontiste lors d’un récent sondage IFOP), confirmée par ses succès électoraux, la présence au second tour du FN apparaît aujourd’hui comme une évidence. Dans cette configuration et face à l’étiolement de la gauche de la gauche, à l’atonie du centre ainsi qu’à la détestation que suscite Nicolas Sarkozy dans l’opinion, François Hollande dispose d’un boulevard pour prolonger son bail à l’Élysée.

 

En revanche, à la lumière des dernières élections européennes, municipales et départementales, et compte tenu du fait que le chef de l’État ne devrait pas modifier le mode de scrutin d’ici 2017 (pour réintroduire une dose de proportionnelle comme avait pu le faire François Mitterrand en 1986), les prochaines élections législatives s’annoncent périlleuses pour le Parti socialiste, même en cas de victoire à la présidentielle. À cette aune, ouvrant la voie à une nette victoire de la droite, elles pourraient déboucher sur une nouvelle cohabitation. Or, comme le veut la tradition inaugurée il y a bientôt trente ans, le président de la République a coutume de nommer à Matignon le chef de l’opposition. Pas certain que Nicolas Sarkozy accepte alors la proposition de François Hollande… »

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, « Je croyais que c'était le PS qui soutenait le gouvernement, pas le Medef… » Juppé se lâche…

« À nous deux maintenant ! »

 

Telle une marmotte sortant d’une longue hibernation l’heure était venue pour moi de remettre le nez dehors, de réactiver mes réseaux en sommeil, de trouver le bon angle pour réussir mon retour, je passai donc mon week-end en solitaire à élaborer ma stratégie. Il me fallait, en priorité, trouver un point de chute qui cadre bien avec l’esprit de ma nouvelle mission. À Paris, comme dans tous les lieux de pouvoir, et sans doute plus encore dans cette capitale autrefois enserrée dans des fortifications où le peuple a été rejeté en banlieue, l’habitat a toujours été un marqueur social fort. Mon choix ne pouvait donc se limiter à l’alternative très clivante entre les beaux quartiers momifiés de l’Ouest des nouveaux et des anciens riches et les arrondissements populaires du Nord où la gentrification galopait. Il me fallait trouver une zone mixte, sans grand relief, un quartier en lisière, oublié mais vivant ; un village. Du café et du tabac, j’étalais sur ma table un vieux plan de Paris et je restais un long moment à le contempler sans que mon regard ne se fixât sur un lieu précis. Ronde de nuit, boulevards de ceinture, je divaguais, me laissais aller à égrener mes souvenirs. Sans que je n’y prenne garde, une évidence s’installait : retrouver le temps heureux où je m’étais retrouvé « jardinier à Sainte-Anne ».

 

« Mon point de chute à Paris je le connaissais car j’y avais déjà séjourné par la passé lorsqu’après l’exécution d’Aldo Moro par les Brigades Rouges en 1979 certains dans la Grande Maison voulurent me faire porter un chapeau bien trop large pour moi.(…)

 

L’heure était venue d’aller faire une dernière virée sur la lagune. Matteo pilotait la vedette avec une science toute vénitienne faite d’accélérations soudaines et de décélérations suivies de longs sillages en inertie. Pelotonnés à l’arrière, enveloppés dans un plaid, ma future bonne et moi, profitions de cette dernière échappée belle. C’est en passant sous le pont du Rialto que je l’informai de mon futur point de chute « je vais me placer comme jardinier à Sainte-Anne… »

 

Chap. 13 placé comme jardinier à Sainte-Anne… J’écrivais cela en janvier 2014.

 

« Comme tous les jours depuis que nous nous sommes réfugiés à Sainte Anne je me suis levé de bonne heure, Adeline aussi, un peu avant moi pour préparer le jus d’orange et le café. Emmitouflés dans nos gros pulls, silencieux, nous aimons cet instant où, assis sous la loupiotte jaunasse de la cuisine, pelotonnés l’un contre l’autre, le nez au-dessus de nos bols fumants, nous sortons de la ouate du sommeil. Ça peut paraître idiot mais c’est un moment de pur bonheur que ce sentiment de renaître chaque jour à la vie. J’aime dormir. Je dors comme un bébé. L’insomnie connais pas ! Je rêve comme tout le monde sans doute mais je n’ai aucun souvenir de mes rêves sauf d’un qui m’assaille dans les moments de forte tension. À mon âge, et même si Adeline déteste que je fasse référence à mon âge, mon sentiment de finitude me rend serein. Chaque jour qui naît est un beau jour. J’adore le café brûlant. C’est mon premier choc du jour alors que le jus d’orange se contente d’ouvrir la voie. Nous faisons rarement l’amour le matin, sauf si nous nous offrons une grasse matinée, mais très souvent au cœur de la nuit et c’est toujours Adeline qui en prend l’initiative. S’épandre en elle dans le cocon de la nuit ajoute à ma plénitude. Je suis bien. Le matin mon estomac refuse toute nourriture solide alors je m’installe à ma table de travail pour écrire. Lorsque mon estomac crie famine, avec une régularité de métronome, je le calme avec un vrai déjeuner. Adeline me sert. J’adore me faire servir c’est reposant. Pourtant je fais souvent la cuisine, ça me détends. Nous papotons. »

 

J’appelai sitôt Adeline qui me répondait. Elle était heureuse de m’entendre. Oui les enfants allaient bien. « Tu sais, je te suis à la trace. Il faudra que nous dînions ensemble un de ces quatre…

 

- Et si nous déjeunions de suite…

- En voilà une bonne idée mon grand…

 

Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à Amarante. Elle était tout en beauté. Nous nous embrassions. Toujours aussi pétulante, à peine assise, elle me taquinait :

 

- Comment s’appelle ton dernier amour fou ?

 

- Secret d’État !

 

- La belle Persane t’en a fait voir de toutes les couleurs…

 

- Oui…

 

- Et tu n’es pas vacciné…

 

- Non...

 

- Tu es touchant mon grand c’est pour ça que nous t’aimons…

 

- Représentante du Syndicat des femmes aimées…

 

- Choisi le vin au lieu de dire des conneries !

 

Et c’est ainsi que j’ai trouvé le point de chute dont je rêvais : la maison de Michel H, rue de l’Aude dans le 14e arrondissement. C’est une impasse, on y accède par un escalier depuis l'avenue René-Coty tout comme la rue des Artistes qui la coupe. Patrick Modiano y a situé, au numéro 28, l'adresse de ses narrateurs dans L'Horizon (2010) et L'Herbe des nuits (2012).

 

« Le 28 rue de l’Aude, où Jean loue une chambre dans L’Herbe des nuits, était déjà l’adresse de Jean Bosmans, le personnage central du précédent roman de Modiano, L’Horizon. Ces deux Jean logés dans le même petit immeuble, près du parc de Montsouris, sont-ils un seul et même homme, pris à deux moments différents de sa vie ? Quelles relations entretiennent-ils avec Patrick Modiano, dont le premier prénom est justement Jean ? Jean Patrick Modiano a-t-il habité lui aussi à cette adresse ? »

 

Michel H pourrait être un personnage de Modiano, ambiguë, collègue de DSK, flambeur, amateur d’art contemporain, de pur-sang et de belles filles. Sa maison est à son image, biscornue, pleine de coins et de recoins, mystérieuse. Entre lui et moi, le lien est fort et ancien, il a pour nom : la Santé ; Michel accepta sans même discuter. Le surlendemain j’étais dans la place. À peine avais-je réceptionné mes cartons je recevais un SMS d’Adeline « Elle est vraiment très séduisante ta nouvelle conquête, je viens de la croiser, elle te va bien, et plutôt que de l’appeler Elle, appelle là L… Baci »

 

Toujours la même, je riais tout en installant mon bureau dans le patio, sous la verrière, au milieu des plantes vertes et des plantes grasses. La perspective de recevoir, en ce lieu à la fois provincial mais si parisien, la « volaille qui fait l’opinion » me mettait en extase. Nous allions les soigner bien comme il faut, mon ami Alessandro tiendrait les fourneaux, je m’occuperais du vin, et ma très chère L jouerait à merveille son rôle de maîtresse de maison. Jouer fin, amorcer les conversations avec justesse et détachement, lâcher au bon moment une info, prendre le ton de la confidence, appâter ces coqs de basse-cour, vaniteux et stupides, bien connaître leurs travers, leurs obsessions, leurs failles. Les piéger pour les tenir à ma merci ne laissait aucune place à l’improvisation, je devais apparaître à leurs yeux comme un homme de haute influence, informé de tout, proche des puissants de ce monde. Mon irruption sur la scène, après avoir disparu des écrans radar, devait être crédible. J’avais passé mon dimanche après-midi à reprendre contact avec les 2 ou 3 parrains de la place, à qui j’avais par le passé rendu des services éminents, pour qu’ils m’adoubent à nouveau. Les sms sont une invention fantastique car ils permettent, à la condition bien sûr de posséder les bons numéros, de pratiquer une intrusion non intrusive, en douceur. En effet, votre interlocuteur peu vous ignorer, ou vous faire languir, ou bien encore vous répondre de suite. Test révélateur de l’intérêt que l’on vous porte. Ma capacité de nuisance alliée à ma discrétion fit qu’ils me répondirent avec une célérité qui me combla d’aise. Ils étaient tous trois à la chasse. Ils m’appelèrent de leur voiture. Nous bloquâmes des dates.

 

Avant d’aller dîner avec L. je fis un saut à l’Écume des pages pour faire une razzia de livres.

 

La bio de FOG m’occupa toute la nuit, un véritable bijou « la politique suscite chez lui une fascination dégoûtée. Il renifle une odeur de purin, mais il aime le purin. »

 

J’allais patauger dans le purin.

 

En attendant ce moment délicieux, ha ! les odeurs de mon enfance, je continuais d’emmagasiner, tel une fourmi précautionneuse, des infos, des petites phrase…

 

Voir Poutine … et après ?

 

« Et surtout évitons entre nous les leçons de gaullisme revisité ! Personne ne peut dire ce que De Gaulle aurait fait dans les circonstances actuelles. La seule certitude, c’est que la France ne se serait mise ni dans la roue des Américains, ni dans celle des Russes. Elle aurait eu sa ligne. »

 

Juppé blogueur

 

Et voilà que Marianne, par l’odeur du Juppé alléché, se rallie au vent dominant, en titrant « Juppé, le candidat du moindre mal »

 

« C'est un air que le peuple de gauche reprend avec de plus en plus d'entrain. Et si l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac devenait un bon candidat... par défaut? En juillet dernier, un sondage Ifop révélait d'ailleurs que près d'un quart des électeurs de François Hollande en 2012 étaient prêts à voter Juppé en 2017 ! Une simple « tendance » certes, mais suffisamment significative pour susciter l'inquiétude au Château où l'entourage de François Hollande ne cache plus sa crainte de voir le maire de Bordeaux participer à la présidentielle de 2017. « C'est une évidence que le président de la République préférerait avoir Nicolas Sarkozy comme adversaire, qu'il peut utiliser comme un repoussoir, plutôt qu'Alain Juppé, qui mord à fond sur les sympathisants centristes », explique, en off bien sûr, un ministre socialiste. Désormais, nul ne peut plus ignorer l'attrait qu'exerce Alain Juppé sur les sympathisants de gauche. Comme si, lassés par les mensonges, les atermoiements et les petites lâchetés de François Hollande, ces électeurs déboussolés étaient disposés à se tourner par dépit vers un sauveur venu de la droite...

 

Car l'ancien Premier ministre n'intéresse pas uniquement les tenants de la « réforme » orphelins de Strauss-Kahn et les fans de Macron. Même les électeurs les plus à gauche se disent aujourd'hui que, pour renverser la table du statu quo imposé par la mollesse d'un François Hollande, Juppé pourrait donner un bon coup de balai républicain... Un peu comme François Bayrou en 2007. »

 

Et ce pauvre petit Hamon, renégat du rocardisme, qui se désespère : « Juppé, c'est un homme de droite. Macron, c'est un homme de gauche. Pourtant, ils disent la même chose. Ils sont en réalité dans le même camp. Celui des élites qui partagent une même vision de la société et des orientations politiques. C'est finalement juste une question de dosage. »

 

Et le Mélanchon, qui ne rate jamais une occasion de se taire, se fait renvoyer sèchement dans ses 18 mètres par Christian Ingrao, historien du nazisme et chercheur au CNRS.

 

Monsieur,

 

Je viens de prendre connaissance de votre courrier à l’éditrice de la maison Fayard, Sophie Hogg, lui demandant de renoncer à l’édition de Mein Kampf et en tant qu’historien du nazisme, je voudrais vous apporter quelques éléments de réflexion.

 

Mais la cerise sur le gâteau c’est, en son pays breton, ce foudre de guerre de « Doudou » chef de guerre et marchand de canons exceptionnel qui est en passe d’être … canonisé vivant par des socialistes… J’ai nommé Jean-Yves Le Drian : un beau cas d’école « Cet enfant du peuple, lui, a conservé la modestie fraternelle de sa jeunesse étudiante chrétienne, et fait de l’humilité une règle. » 

 

Pour finir, deux affaires à suivre :

 

  • Le minuscule diverticule de droite du vieux Parti Radical, adoptant les bonnes vieilles pratiques du PCF au temps du rideau de fer, a annoncé le jeudi 29 octobre avoir exclu de ses rangs Rama Yade en raison de certaines « prises de position » et de « propos de nature à nuire au parti ». Jeune pousse de la Sarkozie, 38 ans, administratrice du Sénat, mère d'une petite fille et fille de diplomate, « très ambitieuse » et accusée de faire des « caprices » est donc en train de vivre une descente en enfer « Rama, elle a une place à prendre mais souvent elle se dessert elle-même » 

 

  • Fabius père et fils: « l'ignominie du FN : Ils sont nombreux, les gogos, y compris parmi les « élites » dites « éclairées », qui veulent croire, pour d'obscures raisons d'ailleurs, au ripolinage du Front National, à l'authentique conversion républicaine de ses nouveaux dirigeants. Non sans fierté, nous revendiquons d'appartenir à ces derniers « sectaires », dénoncés d'ailleurs comme « bien-pensants » par les nouveaux « bien-pensants », meuniers « sectaires » donc qui n'y croient pas. Les faits, jour après jour, nous donnent raison, mais il n'est pas de bon ton de le souligner, surtout en cette période où la « réac academy » fait tant d'audience. Mais la bassesse de l'extrême-droite est décidément sans limite, Nous contraignant malgré le dégoût à la réaction, au coup de gueule, à la dénonciation. 

 

Du purin…

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 07:00
Naim Attallah Online

Naim Attallah Online

Lorsque que j’ai monté l’opération Chartrons, voici une année, avec le soutien discret et réservé de Matignon, tout le monde sans exception, a ricané, m’a traité d’illuminé, d’opportuniste, Juppé n’était qu’un has been, pas assez couillu, trop vieux, amorti, raide comme un piquet dans ses bottes, le nain n’en ferait qu’une bouchée. Sauf que, contrairement à ce qu’agitent les crétins, face à la fille du borgne, la stratégie consistant du côté de Sarko à lui coller au cul pour lui bouffer des électeurs, comme celle des socialos de faire peur pour rameuter les électeurs des classes populaires, est inepte. En effet, comme le disait avec pertinence, car il était tout sauf con, le grand déplumé de Chamalières : l’élection présidentielle se gagne toujours au Centre. Alors, comme le vieux Front Républicain et l’Union de la Gauche sont portés disparus il ne restait plus qu’à se replier sur un Juppé devenu un modéré adoubé par le Béarnais dernier avatar du centrisme qui se dit indépendant. Hollande s’est planté lorsque, se croyant encore premier secrétaire du PS, il n’a pas eu la magnanimité de tendre la main à Bayrou, qui venait de lui faire gagner la Présidentielle, et de le laisser se prendre une veste du côté de Pau. Tout ça pour faire plaisir à la planche pourrie que sont les Verts et à la gauche de la gauche qui se croit toujours au temps de la guerre froide. L’intérêt du locataire de Matignon c’est de durer sans se retrouver dans l’obligation de se présenter à la Présidentielle. Trop tôt car plombé par la disgrâce présidentielle. Le problème pour lui c’est que du côté du château, le locataire croit, avec une certaine justesse, que les seuls challengers qui peuvent lui permettre de retrouver son fauteuil sont bien sûr la Marine et l’ex. La planche de salut ce sont les primaires qui risquent fort de voir l’excité triompher grâce à des alliances de deuxième tour : NKM, Bruno l’Insoumis de salon et l’assureur de Saint-Quentin face au duo Juppé-Fillon. Dans cette hypothèse, Bayrou se présente et bouffe des voix à Sarko l’empêchant d’accéder au second tour, et c’est un duel Hollande-Le Pen dont on peut prévoir le dénouement favorable au sortant.

 

L’équation n’est donc pas simple à résoudre mais, pour ne rien vous cacher j’adore les situations complexes où je me meus comme un poisson dans l’eau. À Matignon, fort de ma prescience, on m’a donné carte blanche et tous les moyens qu’il faut pour aller foutre mon groin là où il faut. Je n’ai de compte à rendre qu’au boss, à charge pour lui de me laisser tomber comme une vieille chaussette si je plante. C’est la règle du jeu et je l’accepte. Je l’accepte d’autant plus facilement que je suis à nouveau tombé fou amoureux. Excellent carburant et surtout la chance d’avoir à mes côtés une compagne, belle, jeune et intelligente pour la part ouverte de ma mission : les dîners en ville, les mondanités où la volaille caquète, se répand, déblatère. Pour ne pas la compromettre je ne la nommerai pas, elle sera Elle. Elle, est bordelaise ce qui me permettra aussi de me glisser avec plus de facilité dans les replis de cette ville bien fermée.

 

Au travail !

 

La Une du Point de la semaine : Enquête sur le président Juppé

 

« Et c’est vrai qu’avec son visage avenant et sa mine taquine, posé sur un fond bleu ciel qui n’est pas sans évoquer celui des affiches de la campagne Mitterrand 81, Alain Juppé fait très force tranquille présidentielle.» note l’omniprésent BRP dans Challenges la feuille de repli de Perdriel orphelin du Nouvel Obs.

 

Les chiffres des omniprésents sondages tout d’abord :

 

50% des sondés sont favorables à sa candidature.

 

37% pour la Le Pen

 

36% pour le François B

 

28% pour l’ex

 

Et que 19% pour François Hollande.

 

Non seulement Alain Juppé fait carton plein à droite, mais il est aussi plébiscité à gauche. 55% des sympathisants de gauche souhaitent sa candidature et, plus révélateur encore, 62% des seuls sympathisants socialistes le soutiennent, le classant dans leur hit-parade derrière Manuel Valls (73%).

 

« Et si c’était lui ? »

 

BRP affiche la bible du scénario idéal des périodes précédant toute élection présidentielle. Et dans cette bible, le premier rebond scénaristique serait l’invention du candidat surprise favori à dix mois de l’élection.

 

« En 1965, L’Express avait lancé l’opération « Monsieur X », mise sur orbite de la candidature qui devait bousculer les règles du jeu d’une élection promise au général de Gaulle. Plus tard, on devait découvrir que le Monsieur X en question devait être Gaston Defferre. En fonction de quoi, à l’arrivée, ce fut François Mitterrand le candidat qui contraignit de Gaulle au ballotage.

 

En 1987, on a aussi pu contempler le phénomène Raymond Barre, promis par des Unes de journaux au rôle de candidat surprise destiné à sortir de la règle du jeu d’une cohabitation qui imposait un duel Mitterrand/Chirac. En fonction de quoi, à l’arrivée, Barre termina troisième.

 

En 1994, la Balladurmania déferlait sur la France. Tout sauf Chirac, encore Chirac, toujours Chirac. Balladur à l’Elysée, c’était une ontologie. En fonction de quoi, à l’arrivée, quand vint le temps de la campagne, il termina à la même place que Barre, le tout après s’être hissé sur une table pour faire coucou à ses supporters, climax de la campagne présidentielle la plus surréaliste de tous le temps.

 

En 2001, ce fut le quart d’heure Chevènement. Lui aussi eut droit à ces Unes en mode « Si c’était lui ». On le vit même monter à 15% des intentions de vote dans les sondages. Chevènement, l’homme qui devait nous épargner le pensum Chirac/Jospin, déjà vu en 1995. En fonction de quoi, à l’arrivée… 5%… »

 

Manie bien française de se fonder sur des références historiques allant toutes dans le même sens en omettant bien évidemment les élections qui démontrent le contraire et rendent ce type de raisonnement caduc. L’Histoire repasse rarement les plats. La donne est nouvelle dans un paysage politique totalement inédit. La force de Juppé c’est qu’il est une ambiguïté. Avant lui Mitterrand avait su cultiver avec gourmandise cette « qualité » digne de Talleyrand. Il est le candidat de la gauche aussi bien que le candidat de la droite. Il n’est que le produit de la désaffection Hollande, et du double rejet frappant Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Il plait à ce groupe central français, modéré et angoissé, qui rêve d’une présidence de rassemblement, transcendant la ligne de clivage gauche/droite.

 

Juppé, qui a eu en son temps la tentation de Venise, saurât-il se glisser dans la tunique d’un Florentin pour être tout à la fois le candidat de la gauche modérée, qu’il est en ce moment, et qui va mobiliser contre lui le noyau dur de la Sarkozie, et un tueur et un charmeur quand sera venu le temps de la campagne? Aura-t-il l’étoffe d’une nouvelle force tranquille pour entraîner, fédérer, rassembler à la fois des militants fans de Sarkozy et des sympathisants centristes et sociaux-démocrates, pour soulever à travers eux des électeurs? Juppé n’est pas un tribun, il garde toujours une certaine réserve, pour gagner il lui faudra fendre vraiment l’armure se mettre dans la peau d’un héritier du Général capable de séduire et de convaincre, d’un rassembleur pugnace prêt à dézinguer la machine de guerre interne que saura actionner un Sarkozy battu.

 

Nous n’en sommes pas là, l’heure est aux Primaires sur fond de campagne pour des Régionales de tous les dangers, bien sûr pour la Gauche socialiste, mais aussi pour Juppé. En effet, si Alain Rousset, comme c’est probable, garde la nouvelle région à gauche contre une candidate juppéiste un peu trop Medef, le nain saura remuer le couteau dans la plaie. Dans l’hypothèse inverse, qui marquerait un véritable raz-de-marée, Sarkozy se trouverait renforcé dans sa stratégie jusqu’au-boutiste.

 

J’ai donc du pain sur la planche et ça me met en joie.

 

L’amour et le travail, couple de ma vie d’éternel chasseur de l’inutilité, je suis un enfant gâté.

 

Autre enfant gâté par les fées Bruno Le Maire, « l’Insoumis » ou le Mélenchouchou de la droite.

 

Celui-là je le connais, je l’ai côtoyé, disséqué, c’est un beau cas que Nicolas Domenach dissèque avec gourmandise :

 

« Les indociles méritent toujours le détour. Et quand sort une biographie titrée L’Insoumis d’Olivier Biscaye aux éditions du Moment, voilà qui interpelle! De surcroit, quand cet Insoumis est Bruno le Maire, alors je dis stop, halte-là. Que je sois transformé en lampadaire! Aurais-je, aurions-nous manqué quelque chose? Bruno le Maire, ce gendre idéal de la droite, qui semble toujours sortir du pressing, gentil comme chou, peigné net à la tondeuse pour pelouse, plus d’un mètre 90 d’éducation bourgeoise, un teint de lait pasteurisé, des yeux bleu sainte vierge, toujours à traverser dans les clous, et seulement au feu rouge… Le Maire, un bon fils évidemment, Le Maire, père modèle également, serait un rebelle? L’enfant caché de Che Guevara? Le Maire ça serait Spartacus et Nelson Mandela à la fois? Le méchant Mélenchon de la droite, et on ne le savait pas jusque-là? Bigre! Diantre! Palsambleu! Ventre Saint Gris!»

 

La suite ICI

 

Revigoré, je me sens dans l’état d’esprit d’Eugène de Rastignac, le fameux héros balzacien qui, à la fin du Père Goriot, déclare à propos de Paris : « À nous deux maintenant ! »

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