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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 06:00
Jean-Claude Ribaut, promeneur-chroniqueur de la critique gastronomique, et son complice Desclozeaux, le nouveau Daumier, meilleurs révélateurs de la misère intellectuelle de leurs successeurs…

Je ne suis pas un adepte du c’était mieux avant mais s’il est un domaine où ce regret nostalgique  s’applique presque totalement c’est bien celui de la critique gastronomique.

 

Je me garderai de donner des noms puisque pas un ne rachète l’autre, ils chroniquent pour leur pomme, se mettent en scène pour tirer des dividendes de leur soi-disant expertise, encenseurs, lécheurs, suiveurs de ce qui leur paraît la tendance, adeptes du renvoi d’ascenseur lorsqu’ils ne sont pas carrément stipendiés, leur but ultime c’est de faire fructifier leur biseness-modèle en le vendant au plus offrant.

 

Le Fooding vient de nous offrir la plus belle démonstration de mes dires en se vendant au Guide Rouge après l’avoir vilipendé.

 

Après cela, pourquoi s’étonner que le lien de confiance entre le lecteur et la critique soit rompu pour malheureusement déboucher sur le fameux « tous pourris ! » bien dangereux pour notre vieux pays en proie au doute et parfois aux outrances de chantres d’idées sales.

 

 

Jean-Claude Ribaut, promeneur-chroniqueur, avec appétit, attention et compétence, au Monde pendant plus de vingt ans est comme le note Bernard Pivot, « grand lecteur, sa culture artistique et littéraire est impressionnante. Il ne l’étale pas. Il ne la convoque que lorsque les adresses sont des lieux de mémoire. Il embarque avec lui Baudelaire, Ernest Hemingway, Céline, Apollinaire, Tocqueville ou Pérec seulement quand il en a besoin. Comme une herbe du jardin ajoutée à la fois pour le goût et la beauté. »

 

« Autre mérite de Jean-Claude Ribaut : son écriture soignée, goûteuse, fluide, liée comme une sauce réussie »

 

En 2001, Jean-Claude est nommé responsable de la page gastronomie. Il y fait évoluer la « critique » en chronique et, cerise sur le gâteau celles-ci sont accompagnées d’un dessin plein d’humour et de malice de Jean-Pierre Desclozeaux.

 

Pour ma part, je n’aimais pas Robert Courtine alias « La Reynière » récupéré par Hubert Beuve-Méry au sortir de l’Occupation où il fut un collabo sans états d’âme.

 

Lire : ICI

Le jour où... Les lecteurs du « Monde » découvrirent qu'ils lisaient un ex-collabo

LE MONDE | 29.07.2014 à 20h59 • Mis à jour le 04.08.2014 à 17h22 | Par Raphaëlle Bacqué

 

La gourmandise chez Ribaut fleurait bon une culture bien digérée, mêlant l’Histoire et ce que l’on nomme les faits de société, une vision d’honnête homme républicain aimant le politique, appréciant ces hommes et ces femmes qu’on dénomme chefs, soucieux de l’origine des produits, plaisir de table certes mais aussi plaisir d’être à table pour converser, digresser, chroniquer quoi !

 

Pour faire court je dirais que Jean-Claude a été élevé à l’ancienne, comme les poulets de grains de ma grand-mère, il a pris le temps, atteint sa plein maturité, pour régaler ses lecteurs. Il n’est pas resté figé, accroché à une vision empoussiérée de la gastronomie sans pour autant verser dans les excès moléculaires ou les menus égotiques des jeunes chefs.

 

Reste l’autre larron Desclozeaux.

 

 

« Charles Baudelaire qui commençait un portrait-mystère par ces mots : « je veux parler maintenant de l’un des hommes les plus importants, je ne dirais pas seulement de la caricature, mais encore de l’art moderne… qui divertit la population parisienne, satisfait aux besoins de la gaieté publique et lui donne sa pâture. » Il s’agissait d’Honoré Daumier, dont Baudelaire dressa un portrait chaleureux. Desclozeaux est son successeur dans l’univers des goûts, des mets, des vins et aussi des animaux, où il excelle (voir son Charivari au Cherche Midi 2015) Comme Daumier en son temps, Desclozeaux va à l’essentiel ; de quelques mots, il tire, comme avec une pelote, une dizaine, parfois plus, d’idées, joyeuses ou provocantes, qu’il couche aussitôt sur le papier sous forme de croquis succincts. Sans aucun effet, avec des crayons n’excédant pas 5 cm il atteint la précision du trait d’un artiste de la Grotte Chauvet. Il y a de la magie dans l’air !

 

« Quand Matisse, disait, Picasso, trace une ligne sur une feuille de papier, il dessine avec une telle acuité de perception, qu’il y a toujours métamorphose des parties qui forment le tout » Avec, chez Desclozeaux, outre l’acuité de perception, un humour omniprésent et parfois ravageur. »

 

C’est la plume de Jean-Claude qui l’écrit.

 

 

Samedi dernier, pour fêter les 30 ans de la collaboration de Ribaut et de Desclozeaux une exposition : ironie et gastronomie était organisée place Brancusi au restaurant la Cagouille dans le 14e. Une palette de dessins de Desclozeaux agrémentés des commentaires de Ribaut.

 

La place Brancusi est à quelques tours de roues de chez moi, place Denfert-Rochereau, je longe le cimetière Montparnasse, je coupe l’avenue du Maine, j’enfile la rue de l’Ouest et j’y suis. Il fait gris. À chaque fois que je prends la rue de l’Ouest je pense au Président Pompe qui voulait la rayer  de la carte pour en faire une autoroute urbaine allant se jeter au pied de la Tour Montparnasse.

 

C’était la radiale Vercingétorix

 

La radiale Vercingétorix est particulière à plus d'un titre, car elle connut un début de réalisation, mais ce fut aussi sa chute qui entraîna celle de l'autoroute qui l'amenait aux portes de la capitale, mais non l'inverse. Son tracé devait relier la partie sud de l'autoroute A10 à la porte de Vanves en empruntant l'emprise de la ligne de chemin de fer inachevée Paris - Chartres par Massy et Gallardon, longer les voies SNCF jusqu'à l'actuelle place de Catalogne.

 

La situation resta incertaine jusqu'en 1977-1978, où l'idée de la pénétrante fut définitivement abandonnée, emportant ainsi le reste de l'A10 dans son sillage. Les emprises résultant des destructions ont été remplacées rue Vercingétorix par une multitude de squares.

 

En banlieue, c'est finalement la LGV Atlantique et la Coulée verte du sud parisien qui occuperont la plateforme de la ligne ferroviaire de Paris à Chartres par Gallardon.

 

Ce samedi c’était jour de marché place Brancusi.

 

À mon arrivée j’allais saluer l’ami Ribaut qui me présenta Desclozeaux.

 

Ambiance bon enfant, comme pour les retrouvailles d’un club de bons vivants, un peu de nostalgie, tiens voilà Guy Savoy qui arbore une casquette grise très chic  et qui achètera le dessin de Desclozeaux que j’ai affiché à la Une de cette chronique.

 

Je fais des photos que je poste sur face de Bouc

 

 

Très beau buffet…

 

 

Je prends congé, à la sortie je croise Lionel Jospin qui porte bien ses 80 balais… Je le salue avec plaisir. Je suis né comme lui un 12 juillet, comme lui aussi j’ai fait du basket, il était Ministre de l’Éducation Nationale dans la gouvernement Rocard, un honnête homme et ceux de la gauche bien-pensante qui l’on fait trébucher portent une bien lourde responsabilité…

 

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 06:00
« Écrire l'histoire de nos cafés serait, à peu de choses près, écrire l'Histoire de France.»

Cette phrase tirée du livre Bistrots. Reportages parisiens de Jean Vertex chez Louis Querelle éditeur, 228 p., 1935, recouvre-t-elle encore aujourd’hui une réalité sociale, culturelle ?

 

J’en doute.

 

À de rares exceptions, ces lieux ont disparus de nos villes et de nos villages, soit physiquement, soit en changeant de peau sous les effets de leur « modernisation », de leur standardisation par des chaînes ou des distributeurs…

 

Si l’on égrène, dans l’ordre alphabétique, les synonymes de l’appellation : café à la française, les vieux comme les nouveaux : assommoir, bar, bistrot, boui-boui, bousin, brasserie, buffet, buvette, cambuse, estaminet, mastroquet, pub, taverne, troquet…  on prend la mesure de ce basculement d’un monde vers un autre.

 

La France des bistrots a disparue, celle où, comme l’écrit Vertex « Tout se termine au petit matin, à la sortie du métro, «dans l'odeur d'ail, de friture, de cigarette éteinte, de guimauve trop chaude, et de pernod tiédi.»

 

Pour lui le café, «c'est le moyen terme entre le salon et la rue, le chez-soi et le chez-autrui.»

 

« Jean Vertex commence sa difficile enquête dans les gares:

 

Les cafés des abords des lignes PLM sont peuplés de chevillards en blouse, de courtiers en pinard cossus et décorés, d'Italiens ravaleurs de façades coiffés de chapeaux verts, de Savoyards dont la besace exhale des odeurs de fromage, de servantes proprettes aux joues roses encaustiquées, aux yeux étonnés et candides. On y voit des marins amateurs de vin blanc, aux bérets insolents, aux hanches excessives, aux pompons trop serrés et trop volumineux, matelots d'opérette connaissant la marine ignorant la mer...»

 

Puis il y a les bistrots de sous-préfecture, «avec quadragénaires chargés de famille, magistrats austères, conservateurs d'hypothèques, supérieurs assomptionnistes, généraux en retraite à Cahors et sénateurs fatigués.» Passons ensuite aux «Bistrots d'escroqueries et d'affaires malsaines», pleins de faisans qui, «en quittant la prison, font leur première visite pour le bistrot où ils savent retrouver leurs combines.»

 

Le 9 janvier 2009 je postais une chronique :

 

Qu’il est loin l’âge d’or des buffets de gare… lettre à Guillaume Pepy président de la SNCF

 

« Le temps des voyages, des excursions, des balades a-t-il définitivement laissé la place à celui des migrations, celles des fins de semaine, celles des grandes et petites vacances : les fameux chassés croisés, celles des charters, où, en cohortes serrées, pressées, plus personne ne prend le temps de se poser, de se restaurer ? Alors, dans tous les lieux drainant les grands flux : les gares, les aires d’autoroute et les aéroports, les points de restauration, à quelques rares exceptions, s’apparentent à des bouis-bouis, chers, malpropres, proposant le plus souvent une nourriture indigne que même un quelconque Mac Do n’oserait pas servir. Sous le prétexte, souvent justifié, que les voyageurs ne sont qu’en transit, qu’ils ne viennent pas dans ces lieux pour le bien manger, que c’est dans tous les pays pareil, le traitement qu’on nous inflige donne de notre beau pays, qui se vante d’être celui de la bonne chère, une image déplorable. »

 

La suite ICI 

 

Quant aux sous-préfectures elles auront bientôt disparues…

 

Le bistrot à la française, modèle d’authenticité locale souple et adaptable, est-il en train de disparaître ?

ICI

 

Aujourd’hui, les cafés ne sont plus que des lieux de passage, de transit, de stationnement de solitude, et sur les terrasses des cafés il suffit d’observer les couples, les groupes, pour s’apercevoir que l’attention des uns et des autres est aspirée par le petit écran de leur Smartphone.

 

La sociabilité s’est transférée sur les fameux réseaux sociaux qui eux-mêmes, sont, selon une chronique, sont aussi en train de mourir.

 

Tout va si vite !

 

« La belle aventure aura duré dix ans. Avant 2007, nous étions déconnectés, isolés dans nos villages, amis de quelques-uns, reliés à pas grand monde le temps d’une vie. Puis Facebook et Twitter ont changé la donne. Nous nous sommes parlé, d’un pays à l’autre, en petits messages puis en photos et vidéos. Nous sommes devenus bavards et curieux les uns des autres, sous le regard moqueur des sentinelles de la dignité, politiciens, médias, amis incrédules et inquiets pour notre propension à « raconter nos vies à des inconnus »...

 

Enfin les politiciens, les médias et les amis incrédules ont rejoint la partie, découvrant enfin leur intérêt à se connecter à l’autre. Pour finir ce sont eux qui occupent l’espace tandis que l’impulsion d’origine a disparu.

 

Désormais le terrain de jeu est quantifié, quadrillé, scruté et manipulé.

 

Il est une fenêtre sur le bruit du monde, l’écume des mots déposés sans filtre à la merci du premier visiteur unique. Vous ouvrez Twitter et vous cherchez au milieu d’une montagne d’ordures le petit caillou qui brille, en souvenir d’un temps que les moins de vingt ans ne veulent même pas connaître.

 

Foire d’empoigne des anti-contre, antichambre de l’ennui sponsorisé, Twitter et peu à peu Facebook se transforment en déversoirs de notre dépression collective, calculée par datas et par affinités »

 

La suite ICI 

 

La boîte à bouquins de Forestier : la France vue du bistrot

« Je ne sais pas qui était Jean Vertex, sinon qu'il se nommait en réalité Jean-Maris Sau, qu'il était journaliste, qu'il a composé des chansons, écrit des films et fréquenté les rades. Né en 1904, mort en 1971, voilà tout. C'est maigre. Mais j'ai mis la main sur un exemplaire de son livre, «Bistrots», publié par l'éditeur Louis Querelle en 1935, et illustré par d'Esparbès, Gen-Paul, Sennep. »

 

Lire ICI

 

Sous-titré «Reportages parisiens», le bouquin est une promenade de comptoir en comptoir, la Gauloise à la bouche et le verre de Sauvignon à la main. Le principe, énoncé par Willy, est simple:

 

Écrire l'histoire de nos cafés serait, à peu de choses près, écrire l'Histoire de France.»

Gravures sur le zinc

Au Diable Vert rue saint Merry, une clochard devant son premier verre en confidence lui dit : - Place toi là pour voir le défilé !

Mais sur le miroir du comptoir un petit écriteau ravive la mémoire de ce client trop empressé :

                            Surtout n’oubliez pas de payer

                                même

                          si vous buvez pour oublier.

Ailleurs dans la ville, sur la grisaille des murs, le socle des statues, les tables des cafés, le plâtre des WC d’autres sentences sont gravées ou titubantes dans les rues à haute voix proférées :

Mon lit c’est le ruisseau

mon trottoir l’oreiller

le flic c’est mon cauchemar

le vin mon rêve doré.          Debout les ivre-morts

                                  révérend-père Ricard

                                 le dernier verre du condamné

                                            beaucoup

                                   l’ont bu dans les tranchées.

                                         Tu m’as quitté

                                                      Beauté

                                                  A m’en rendre

                                                  malade

                                                 je bois à

                                                    ta santé

Buvez ceci est mon eau

signé Saint Galmier 

         quand

le chameau                                           

entre

       le bistrot est désert

L’alcool tue mais pas n’importe qui

Plus le verre est épais

plus le vin est cher et mauvais         

 

 Que de grands verres

 on pourrait remplir avec les

                         petits verres que les larmes ont fait verser

le mauvais buveur

vit sous l’Empire de la Boisson

le bon

dans sa révolution

     Méfiez-vous du Brandy corse

                 Buvez du rouge

            jamais de fine Napoléon

Bacchus ne disait pas que c’était

          son sang

il avait horreur des Appellations

                            Contrôlées

J.C chassa les marchands de

vin du Temple

Son père n’aimait pas la concurrence.

….. et tant d’autres encore choses lues

Et retenues, entendues racontées.

                      Jacques Prévert

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 06:00
Manger de la cervelle rend-il plus intelligent ? Les chefs de haute cuisine et de bistronomie l’affichent à nouveau…

Ma sainte mère, qui voulait que je grandisse en âge et en sagesse afin d’accéder aux plus hautes marches,  m’en a fait ingérer tout au long de ma jeunesse en culottes courtes.

 

 « Longtemps, on a donné de la cervelle aux tout-petits parce qu’elle aiderait au développement des neurones. Ce n’est pas scientifiquement prouvé, mais la croyance subsiste. »

Jean-Jacques Arnoult président de la Confédération nationale de la triperie française (CNTF)

 

Manger de la cervelle rendrait intelligent ?

 

Pas sûr !

 

« Sa consommation est très ancienne. Avant de maîtriser le feu, les primates hominidés savouraient les abats, faciles à mâcher crus. Des tribus primitives ingéraient la cervelle de leurs ennemis pour s’approprier leur force. Jusqu’à ce que des chercheurs découvrent, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, qu’une pratique anthropophage – la consommation de broyats de cervelle humaine – déclenchait une maladie neurodégénérative mortelle, nommée kuru chez les Fore, et caractérisée par de forts tremblements. »

 

Selon les nutritionnistes, les abats boostent le cerveau.

 

À Paris, Nicole Tripier,(oui, oui, ça n’invente pas) naturopathe et micro-nutritionniste, estime que la cervelle, riche en protéines, en fer, en vitamine B12 et en phosphore, « contribue à l’oxygénation du sang et apporte de l’énergie. La cervelle contient des acides gras essentiels, des oméga-3 DHA, indispensables au développement du cerveau et aux fonctions d’apprentissage »

 

Points négatifs ?

 

« Elle contient aussi du cholestérol, et génère de l’urée et de l’acide urique. »

 

Mais, et j’ai vécu la séquence au cabinet du Ministre, la maladie de la vache folle, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), affection dégénérative du système nerveux central due à la consommation de farines animales par le bétail, a entraîné à partir de 1995 une baisse de la consommation de viande bovine, et plus encore d’abats.

 

La maladie de Creutzfeldt-Jakob, apparue après l’injection à des enfants d’hormones de croissance extraites de cerveaux humains mal stérilisés, a alerté sur le danger lié à l’absorption de cervelle.

 

En plus, la cervelle est très beurk !

 

Son aspect visuel est pour beaucoup répulsif parce qu’elle ressemble au cerveau humain, la cervelle suscite souvent le dégoût.

 

Le bel Aymeric Caron, végétarien, auteur de No Steak (Fayard) l’a fort bien compris, il appuie là où ça fait mal :

 

« Aujourd’hui, l’industrie alimentaire a choisi de cacher la réalité de ce que l’on mange. Tout est fait pour que la viande que l’on achète n’évoque pas l’animal, afin que les gens aient bonne conscience. Or, avec une cervelle dans son assiette, endroit magique où nichent le savoir et peut-être l’âme, impossible de se voiler la face. »

 

Pour toutes ces raisons, les chefs de haute-cuisine l’ont rayé de la carte mais, sous l’impulsion de certains résistants, tel Christophe Philippe à Amarante, la bistronomie, petit à petit, ose l’extraire de  son purgatoire.

 

 

Ainsi, lundi dernier à TABLE, la crèmerie de Bruno Verjus, m’a servi une cervelle absolument fondante et très présentable. Je me suis régalé.

 

e-santé :

 

La cervelle est le cerveau des animaux de boucherie. C'est un des abats les plus renommés sur le plan gastronomique.

 

Son poids et ses saveurs varient selon l'animal dont elle provient. Les cervelles d'agneau et de mouton (100 à 150 g) sont les plus fines. Celle de veau est beaucoup plus grosse (300 à 350 g) mais d'une saveur aussi délicate. Une cervelle de bœuf pèse de 500 à 800 g : elle est moins bonne. Quant à celle de porc, elle est fort peu utilisée.

 

À préparer avec précaution

 

Une cervelle doit toujours être : rapidement utilisée après l'achat car c'est un produit fragile ; soigneusement lavée et débarrassée des membranes et des vaisseaux sanguins ; dégorgée pendant 1 heure au moins dans de l'eau vinaigrée.

 

Nutrition

 

La cervelle qu'elle soit de veau ou d'agneau n'est pas très riche en protéines. Malgré sa texture très moelleuse, elle ne contient pas énormément de lipides. En revanche, elle est particulièrement riche en cholestérol. Lorsqu'elle est servie avec du beurre fondu, selon la tradition, elle peut alors devenir une vraie catastrophe nutritionnelle. Mais la cervelle n'est pas un aliment de consommation quotidienne : peut-être faut-il ne penser qu'au plaisir de sa dégustation.

Manger de la cervelle rend-il plus intelligent ? Les chefs de haute cuisine et de bistronomie l’affichent à nouveau…
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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 06:00
«De bois noué courent grandes vendanges» dit le proverbe, les maladies du bois ravagent la vigne française, Sonia Lopez-Calleja in LeRouge&leBlanc

En 1978, débarquant dans mon nouvel emploi à l’Office des Vins de Table, créé par le gouvernement Chirac suite aux évènements de Montredon, j’ai découvert lors de la première réunion du comité de direction l’existence d’une division Bois et Plants de Vigne dirigé par un ingénieur agro le placide monsieur Guillot.

 

L’Office, outil éminemment politique, prenait la suite de L’Institut des Vins de Consommation Courante qui lui se contentait de  faire de la technique. Choc culturel entre de vieux ingénieurs et de jeunes loups ne s’intéressant qu’à l’économie. Je découvrais moi un nouveau vocabulaire : sélection massale, clonage, greffés-soudés, taille Guyot… et la population des pépiniéristes divisée en deux syndicats rivaux : celui du nord dominé par les charentais et celui du sud entre les mains des vauclusiens.

 

En clair, les « histoires de bout de bois », dixit le directeur de l’époque, ne passionnaient pas grand monde et surtout pas l’INRA… Comme le dit François Dal dans son interview : « Au début de mes actions, il y a quinze ans, je faisais rigoler les gens ; mes collègues étaient sceptiques ; l’IFV, c’était pire, et les chercheurs de l’INRA riaient à gorge déployée. Les vignerons en revanche étaient très intéressés. »

 

LeRouge&leBlanc de ce mois se penche sur « les maladies du bois (qui) font des ravages dans la vigne française. Selon l’INRA, en 2012, elles touchaient 13% du vignoble. Et leur impact va croissant. »

 

Dans l’édito de ce numéro Sonia Lopez-Calleja, son premier, titre : Flavescence dorée, le phylloxéra du  XXIe siècle, autre fléau qui frappe la vigne France.

 

Sa conclusion est édifiante « En France, après des années de négation d’une possible résistance de la vigne, sans y avoir travaillé, et de l’oubli des travaux d’Antoine Caudwell, l’INRA de Bordeaux a enfin initié un programme de recherches sur les résistances naturelles de la plante au phytoplasme et à son vecteur en serre à haut confinement. Ces études semblent indispensables, car comme le souligne François Dal, dans l’entretien qu’il nous a accordé, pour comprendre une pathologie il faut se confronter à la maladie. Espérons seulement que les années  perdues à cause de l’obligation d’arrachage, y compris dans le cadre de recherches, n’aggraveront pas l’extension de la flavescence dorée. »

 

Extraits de l’interview de François Dal :

 

R&B : Quelles maladies recouvre le terme « maladies du bois » ?

 

F.D : L’esca principalement. Il y a un  débat pour savoir si l’esca et le BDA (Black Dead Arm) sont deux maladies différentes ou la même. Pour moi, c’est un faux débat : ce sont deux expressions légèrement différentes de la même problématique. Il y a aussi l’eutypiose qui a un aspect différent de l’esca avec un feuillage rabougri. Mais le champignon déclencheur est un des champignons « pionniers » de l’esca. D’après Philippe Larignon de l’IFV de Nîmes, qui a beaucoup travaillé sur les champignons, certains d’entre eux sont des « pionniers » ; ils sont ensuite surcontaminés par des champignons secondaires qui, eux, provoquent les symptômes. Parmi ces champignons pionniers, il y a le champignon responsable de l’eutypiose.

 

R&B : Des vignes atteintes d’eutypiose sont donc condamnées à souffrir de l’esca ?

 

F.D : Si elles expriment les symptômes de l’eutypiose, en général, elles n’ont pas d’esca… car elles meurent avant. À l’époque où l’arséniate de soude était autorisé, ce produit était efficace contre les champignons de l’esca, donc nous n’avions pas d’esca… Mais il n’était pas efficace contre « eutypa lata », le champignon de l’eutypiose, donc nous avions beaucoup d’eutypiose. Depuis qu’on n’en met plus, on a plus d’eutypiose mais on a de l’esca. Je pense qu’à l’époque, l’eutypiose s’installait avec un ou deux champignons secondaires. L’arséniate détruisait les champignons secondaires et ne laissait que l’eutypiose, qui finissait par s’exprimer. Désormais, on a une « surexpression » du champignon secondaire, plus rapide, qui provoque l’esca. Si l’on remettait de l’arséniate, il est probable que l’on bloquerait les symptômes de l’esca, mais que l’on retrouverait l’eutypiose.

 

R&B : Avez-vous noté des corrélations entre les pratiques agricoles et la propagation des maladies ?

 

F.D : Oui, mais uniquement si l’on considère l’angle des réserves. La culture bio est une pratique presque trop jeune pour en étudier les répercussions, puisque son explosion ne date que d’une quinzaine d’années. Quand je suis arrivé à Sancerre, il n’y avait qu’un vigneron bio, maintenant nous en sommes à près de 15% des surfaces malgré le climat très difficile des dernières années. Je suis convaincu qu’avec un bon travail en bio, des sols qui fonctionnent bien, on améliore la résistance aux maladies. Par contre, un des problèmes, surtout chez les jeunes convertis, est que, pour éviter le mildiou, redoutable dans nos régions, on enherbe et on baisse la vigueur, avec pour résultat d’affaiblir la plante. On constate alors des taux d’esca importants. Si on fait attention  à maintenir une vigueur correcte, des sols en équilibre et à pratiquer des tailles correctes, il y a peu d’esca. Une parcelle que je connais très bien, menée de cette manière a très peu d’esca après quinze ans, alors que deux autres plantées le même jour, avec le même lot de greffés-soudés, sont touchées à plus de 15%.

 

Ce ne sont que de courts extraits d’une interview très dense où je n’ai pas tout compris mais ce que j’ai compris, au sens de l’histoire c’est que :

 

  • Primo : Les représentants de la fabrication d’équivalents Rafale se sont mobilisés contre la loi Evin alors que sur ces sujets ce fut le grand aveuglement ou peutêtre la croyance que que tout ça se règlerait par le progrès des thérapies violentes.

 

  • Secundo : Les grands nez, ceux qui ne l’ont que dans le verre, les grands amateurs, les « critiques » patentés grattant dans la presse papier spécialisée ne se sont jamais intéressés à ces « détails » vulgaires d’intendance.

 

  • Tercio : La puissance publique, via à la fois les politiques, son administration, sa recherche s’est contentée d’entonner des chants de victoire, qui font tant plaisir aux chefs de la vigne France, sans se préoccuper des questions essentielles.

 

Et maintenant face aux périls que faire ?

 

Réciter la cigale et la fourmi…

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26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 06:00
En Corse du vin partout ou presque au XVIIIe-XIXe siècle mais que valait-il ?

Philippe Pesteil, anthropologue à l’Université de Corse Pasquale Paoli à Corte, dresse un tableau des productions alimentaires de l’île entre 1769 et 1852 d’où il ressort que la majorité de la population est tempérante en ce qui concerne l’alimentation et majoritairement sobre.

 

« Les Corses mènent une vie frugale et se contentent des plus simples productions de leur pays, sans user de raffinement pour en assaisonner le goût. Les bergers mangent souvent, dans leur repas, de la viande que leur troupeau leur fournit et la mangent à moitié cuite comme les anglais. Il y a des paysans qui pendant trois mois d’hiver n’usent que de pain de châtaigne en certains endroits, ou de pain d’orge en d’autres pays. Leur pauvreté et leur paresse les ont préservés de l‘intempérance et les ont accoutumés à vivre de peu… »

 

L’abbé de Guermanes Histoire des révolutions de Corse depuis ses premiers habitants jusqu’à nos jours, 1771

 

« … l’embonpoint est rare dans les deux sexes ce qui est moins l’effet  du climat que de leur sobriété naturelle »

Arrighi

 

« Nul ne travaille, en Corse, au-delà du temps nécessaire pour gagner sa nourriture du mois ou de l’année, et comme cette nourriture est très simple, la sobriété des habitants vient en aide à leur oisiveté. Aucune tentation ne les excite à consommer des produits qu’ils ne connaissent point, et par conséquent à travailler pour les acquérir. »

Blanqui

 

« Leur frugalité leur permet de vivre à peu de frais. Je connais tel paysan qui vit du lait de son troupeau et des fruits de deux ou trois châtaigniers qui sont une richesse de l’île. Des châtaignes ils font du pain, le pollento, et s’ils joignent à cela un fusil, un manteau grossier et un petit cheval, ils passent à l’état de grands seigneurs. C’est un peuple d’aristocrates en vestes rondes et en guêtres. On ne trouve plus, sous ce climat béni, le caractère énergique de nos paysans, qui passent leurs journées courbées sur la bêche et sur la charrue. Les Corses abandonnent à des manœuvres étrangers les soins de la culture et de la récolte. Ceux d’entre eux qui travaillent en prennent à leur aise. Ils ne rêvent point, comme nos cultivateurs, de moissons chargées de grains, ni de ceps couronnés de raisins. Leur rêve à eux, c’est d’être fonctionnaires, d’être employés par le gouvernement… »

Charles Raynaud, 1848

 

« Le vin est souvent coupé d’eau et l’ivresse est rare par temps ordinaire. »

 

« Ils boivent du vin avec une modération qui n’est peut-être pas connue d’aucun autre peuple. C’est une chose extraordinaire en Corse que d’y voir un homme dans l’ivresse. »

Guermanes

 

Et pourtant, il y avait du vin partout ou presque…

 

« Si la vigne existe naturellement à l’état sauvage en Corse à l’instar de nombre autres régions du  globe, il faut sans doute attendre la présence Grecque et la fondation de leur comptoir d’Alalia en 565, pour la voir devenir plante cultivée. Elle va connaître avec Rome une large propagation sur le littoral  et le long des vallées fluviales ainsi que des techniques de mise en culture et de vinification. On ne sait quelle réputation avait ce vin mais à en croire Martial il ne passait pas pour le meilleur cru. »

 

« À la fin du XVIIIe siècle après la conquête française, l’île est couverte, selon les données du Terrier, de 9.743 hectares de vigne soit 3,82% du territoire. La Haute Corse représente l’essentiel des terres, soit 7.596 hectares. »

 

Cette surface restera constante jusqu’à l’assainissement de la Plaine orientale qui permettra de monter les surfaces à 20 000 ha.

 

« Le niellucciu et le vermentinu (autrefois surtout raisin de table bon à sécher) qui apparaissent aujourd’hui comme les piliers de la revalorisation des vieux cépages étaient des cultivars parmi  d’autres  au XVIIIe siècle. »

 

« Selon l’abbé de Lemps « la vigne est presque le seul objet auquel les Corses donnent quelques soins : aussi leur fournit-elle en échange un vin délicieux. Celui d’Ajaccio et du Cap Corse, surtout jouissent, dans le pays, d’une juste renommée »

 

« le sévère La Vallée n’est pas de cet avis quelques années plus tôt il dresse pour la vigne aussi un tableau désolant : « … ici elles rampent sans honneur sur la terre ; et cependant leurs raisin, qui sont déjà mûrs au commencement de thermidor, fourniroient un nectar délicieux, si les Corses prenoient la peine et connaissoient l’art de les élaborer. Ce sont sur-tout les vignes de Mariano, du Cap et de Campo-Loro qui produiroient des vins supérieurs en délicatesse à tous ceux de l’Europe. »

 

« … le vin serait excellent « s’ils travaillaient la vigne d’une manière intelligente et soigneuse, s’ils ne noyaient pas leur vin avec de l’eau en le faisant, s’ils le faisaient dans de bonnes cuves au lieu de le presser, à la vigne même, dans des carrés de maçonnerie qui restent découverts toute l’année, et d’où, sans le laisser cuver, ils le transportent, avec des outres très sales et très puantes,  dans le tonneaux à leurs maisons. »

 

 

« Contrairement à la situation actuelle où il existe des régions spécialisées dans cette culture, au début du XIXe, chaque village essaie d’avoir sa propre production ; on trouve des vignes dans les villages de l’intérieur comme Sant’Andria di Bozio, Alzi, Cambia ou Castirla qui compte 12 vignes et Bocognano, même si la qualité n’est pas au rendez-vous, si elles reconnaissent que leur territoire est mal adapté à cette culture et que le rapport n’est pas abondant. »

 

(carte postale ancienne): Jadis les vignes venaient embrasser la mer...
 

En Corse du vin partout ou presque au XVIIIe-XIXe siècle mais que valait-il ?
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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 08:00
Denis Saverot est atterré par l’application Vivino « Avec lui, l’amour du vin, sa connaissance se transforment en banale, en vulgaire « relation client »

Le titre de l’édito du dernier numéro de la RVF signé, bien sûr, par Denis Saverot m’a intrigué : Uberiser le vin ?

 

J’ai ouvert l’article et j’ai découvert un étrange plaidoyer :

 

« S’agit-il d’un progrès pour les vins de qualité ? Comme pour tout bien subtil, civilisé, noble, la connaissance du vin réclame du temps et du travail. Tout ce que la consommation immédiate, sans effort et massifiée réfute puisqu’elle postule d’abord la satisfaction du désir par l’achat instantané. D’autres y ont perdu leur âme, en témoignent ces saumons fumés qu’on trouve désormais sur toutes les tables, produits sans saveur, sans âme et sans respect de la nature. Mais totalement démocratisés. »

 

« Permettez-moi donc de défendre ici le connaisseur, cet enfant de la culture et de l’humanité. J’en connais qui ont rêvé des années durant de goûter telle belle bouteille, de visiter tel fameux domaine, et le fait d’y penser était à lui seul un plaisir. Mais vu de Cupertino ou de San José, ce genre de rêverie n’est que frustration inadmissible du roi consommateur. Demain, les algorithmes de Vivino proposeront sans doute aux clients des listes de vins allant “dans le sens de votre goût”, privant les hommes de la fatigue harassante de l’étude et de la quête de connaissances. En attendant, je fais un rêve : qu’ils ne raflent pas complètement la mise. »

 

« Permettez-moi donc de défendre ici le connaisseur, cet enfant de la culture et de l’humanité. »

 

L’intégralité de l’éditorial ICI  

 

En étant lapidaire je répondrai à l’angoisse de Denis Saverot face aux algorithmes de l’application Vivino par la célèbre boutade de Douglas Mac Arthur :

 

« Les batailles perdues se résument en deux mots : trop tard. »

 

Maintenir les fameux connaisseurs dans leur petit pré-carré, user jusqu’à la corde un fonds de commerce s’appuyant sur un petit nombre, ignorer le consommateur, qualifier de vulgaire le client, bref nous fatiguer, se foutre de nous, bien avant l’application Vivino a fait péter le minuscule monopole des « critiques » du vin.

 

« Lorsque les concepteur de produits sont aussi ceux qui façonnent le goût des agents qui auront à le juger dans la sphère médiatique, la boucle est bouclée, il ne reste plus qu’à amuser le public avec ces très démocratiques exercices de dégustation comparée dont les magazines auxquels ils assurent de gros tirages sont friands. »

 

Les gros tirages c’était hier, les magazines sont subclaquant, seuls les gens du vin les achètent, les lisent-ils d’ailleurs, trop tard Denis Saverot !

 

 

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 06:00
Mengele Agrartechnik épandait du fumier, Josef Mengele fils de bonne famille envoyait 400 000 hommes à la chambre à gaz en sifflotant et Tinguely composait Mengele – danse macabre…

J’ai dévoré le roman d’Olivier Guez La disparition de Josef Mengele chez Grasset en un après-midi.

 

« Mengele est infatigable dans l’exercice de ses fonctions. Il passe des heures entières tantôt plongé dans le travail, tantôt debout une demi-journée devant la rampe juive où arrivent déjà quatre ou cinq trains par jour chargés de déportés de Hongrie… Son bras s’élance invariablement dans la même direction : à gauche. Des trains entiers sont envoyés aux chambres à gaz et aux bûchers… Il considère l’expédition de centaines de milliers de juifs à la chambre à gaz comme un devoir patriotique. »

 

Signé : Miklós Nyiszli, médecin légiste hongrois membre des Sonderkommandos (ceux étaient condamnés à recueillir les cheveux et à arracher l’or des cadavres gazés avant de les jeter dans les fours) fut « le scalpel de Mengele ». Il a consigné l’inimaginable et l’effroyable dans Médecin à Auschwitz parut en France en 1961.  

 

« Un jour descendent d’un convoi un père bossu et son fils boiteux, deux juifs du ghetto de Lódz. Quand il les aperçoit sur la rampe, Mengele les fait immédiatement sortir du rang et les envoie au crématorium numéro un se faire examiner par Nyiszli. Le médecin hongrois prend leurs mensurations et leur offre du sauté de bœuf aux macaronis, « la dernière scène », écrit-il. Des SS les emmènent et les tuent à bout portant sur ordre de Mengele. Les cadavres sont ramenés à Nyiszli qui, « totalement écœuré », confie leur dissection à des confrères. »

 

S’ensuit un débat sur « quels sont les meilleurs systèmes pour nettoyer parfaitement des squelettes ? » car Mengele désire que les squelettes soient expédiés à Berlin au Musée anthropologique.

 

Mengele décide d’utiliser le procédé le plus rapide : la cuisson.

 

« On prépare les foyers. Des barriques de fer sont mises sur le feu et dans des chaudrons mijotent les cadavres du bossu et du  boiteux, le père et le fils, ces juifs modestes de Lódz.

 

« Au bout de cinq heures, écrit Nyiszli, je me suis rendu compte que les parties molles se séparent facilement des os. Je fais donc arrêter le feu mais les barriques doivent rester sur place jusqu’à ce qu’elles refroidissent. »

 

« Ce jour-là, le crématorium ne fonctionne pas. Des prisonniers maçons réparent ses cheminées. Un des assistants de Nyiszli vient le trouver, paniqué : « Docteur, les Polonais sont en train de manger la viande des barriques. » J’y cours vite. Quatre prisonniers étrangers, revêtus de la bure rayée, sont debout, autour des barriques, frappés de stupeur… Affamés comme ils l’étaient, ils cherchaient quelque nourriture dans la cour et c’est ainsi qu’ils se sont  approchés par hasard des barriques, pour quelques instants sans surveillance. Ils croyaient que c’était de la viande pour le Sonderkommando qui était en train de cuire… Les Polonais étaient presque paralysés de frayeur en apprenant de quelle chair ils avaient mangés. »

 

 

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.

 

« Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.

 

Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?

 

La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre. »

 

 

Ainsi, la famille […] qui a su garder un silence total depuis la mort de Josef Mengele en 1979, devient brusquement très bavarde. Son fils lui a rendu visite plusieurs fois. M. Hans Sedlmeier, fondé de pouvoir de la firme Mengele (prospère société de matériel agricole installée à Günzburg, en Bavière : la Mengele Agrartechnik)) faisait la liaison et lui apportait régulièrement des fonds qu’il prétend aujourd’hui avoir toujours été très modestes puisque ces sommes allaient de 300 à 500 DM [deutsche mark, la monnaie allemande jusqu’à la fin de 2001].

 

 

« L’entreprise Mengele Agrartechnik a périclité après les révélations de juin 1985. Elle ne comptait plus que 650 salariés en 1991 contre le double 6 ans plus tôt. Elle a été vendue cette année-là. La marque a définitivement disparue en 2011. » 

 

Lely acquiert le constructeur allemand Mengele. Il fabrique des remorques autochargeuses, des ensileuses traînées et des épandeurs à fumier.

 

A compter du 1er juin 2010, Lely acquiert 100 % des parts de Mengele.

 

L'entreprise hollandaise possédait déjà des parts du constructeur allemand depuis mai 2009. Cela s'était concrétisé par la commercialisation des remorques autochargeuses Lely Tigo.

 

Mengele continuera à fabriquer ces machines ainsi que des ensileuses traînées et des épandeurs à fumier dans son usine de Waldstetten. Elle emploie 68 personnes.

 

Après avoir acheté Welger, Lely s'offre un second constructeur allemand. La renommée de Mengele est forte outre-Rhin. Grâce à cette opération, l'entreprise batave conforte sa position sur ce marché important. Lely ne prévoit pas de commercialiser en France les ensileuses et les épandeurs Mengele pour le moment.

 

 

Mengele Danse Macabre, Hoch-Altar, 1986. « In Basel... est une œuvre extraordinaire qui a largement occupé les dernières années de l’artiste. Cette œuvre est née à partir d’un événement, l’incendie de la ferme voisine de sa maison, qui a laissé sur Tinguely une impression si forte et marquante, qu’on peut se demander dans quelle mesure il ne s’agit pas d’une reviviscence de traumatismes précoces. Ecoutons le récit qu’il en fait, qui est un magnifique témoignage sur le fonctionnement du processus créateur.

 

ICI 

 

« Ce phénomène de carbonisation m’inspirait l’horreur, la chair des veaux aurait tout aussi bien pu être de la chair humaine (…) Toute la monstruosité des fours crématoires resurgissait de ces décombres. La couleur cendre de ces matériaux m’inspirait (…) Je travaillai avec acharnement pendant une semaine, chargeant les pièces les unes après les autres sur un camion de l’armée qui les transportait chez moi sous un toit à l’abri de la pluie. J’étais comme possédé, travaillant avec l’assurance d’un somnambule. J’allai même rechercher d’autres matériaux dans la fosse qui fut creusée après. Le dernier vestige fut une grosse machine à ramasser le maïs sur laquelle était encore inscrit deux fois le nom « Mengele », le même que celui de la famille de ce fameux médecin nazi. L’idée était là, dans cette machine si monstrueuse d’aspect ».

Rentrée littéraire : nazi society

Avec "La Disparition de Josef Mengele", Olivier Guez reconstitue l'exil latino du SS, paria qui fut pacha.

Publié le  | Le Point
 
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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 06:00
Un petit coup derrière la casquette du « bouffon de la bouffe » le Périco Légasse de Marianne le « torchon de la République »

Pour sûr que je ne vais pas me faire beaucoup d’amis en relayant cette charge, bien argumentée, pas forcément conforme à mon analyse, contre le Périco qui dispose d’une large cour, une vaste basse-cour l'encensant, dans le milieu très épais des qui gueulent par principe, des va-de-la gueule blablateurs, des nonistes, des insoumis de salon, tous ceux qui sur la base des dégâts causés par la mondialisation, s’en tiennent à des y’a ka et des faut qu’on.

 

Il est le gros trait d’union qui unit les deux bords du marigot politique, il fait du bruit, il tonitrue, fait beaucoup de bruit, profite de la vacuité de ses collègues « critiques » pour occuper les médias. Il est le représentant le plus caricatural de notre temps superficiel, sans profondeur, celui qui ouvre en grand la porte aux démagogues de tout poil, de toute obédience.

 

Marianne subclaquant, en fait des tonnes jusque parfois à se prendre les pieds dans le tapis lorsque la feuille de choux tape sur Macron à bras raccourcis en soutenant la première ministre polonaise, une progressiste bien connue.

 

Alors, je fais mon Périco, je lui pose l’étiquette de « torchon de la République »

 

Revenons à la bouffe, la malbouffe, l’ancien territoire du tonitruant Jean-Pierre Coffe, ça m’attriste de voir dévoyés des analyses et des constats pertinents sur notre agriculture et notre alimentation, que je partage, pour en faire de la bouillie pour les chats. Rien n’est pire qu’un avocat flambard, ramenard, dont la plaidoirie aboutit à plomber son client. La FNSEA de madame Lambert adore ce genre de bavard, ça la renforce dans son lobbying auprès de ce pauvre Travert, qui se prend pour le Ministre de l’Agriculture.

 

Les forts en gueules, comme Périco, qui en sera bien sûr, où n’est-il pas, braieront aux Assises de l’Alimentation pilotées par la fine fleur de l’agro-alimentaire, de la distribution et, bien sûr, de l’Administration. Ils nous diront haut et fort qu’ils n’ont pas été entendu, sauf que ce n’est pas avec leur boîte à outils que l’on fera virer de bord les pratiques des agriculteurs et que l’on dénouera les liens tissés avec les IAA et la GD par des décennies de perte de valeur de la production agricole.

 

On ne repasse pas du minerai au produit fini contrôlé par les paysans en poussant des coups de gueule !

 

Le cambouis du faire n’attire guère les démagogues de toute obédience qui vivent de leur petit fonds de commerce. Se retrousser les manches, mettre les mains à la pâte, ce n’est pas de leur compétence, c’est celle des autres.

 

C’est écrit, j’ai pratiqué le Périco, il m’a même invité à un grand raout du Marianne d’avant, à Poitiers, aux frais de Ségolène, pour débattre sur «L’Europe favorise-t-elle le goût» ICI

 

Il m’a donné du maître, toujours l’excès, mais ma seule certitude c’est que ce n’est pas en ne pointant du doigt des boucs émissaires que l’on fait bouger un pays, un secteur, les femmes et les hommes qui font, qui sont souvent dans des situations inextricables. Pester contre le système, le combattre, en s’exonérant de sa part de responsabilités, est si facile : nous sommes le système.

 

Je suis le premier à reconnaître que notre approche de l’agriculture, de l’agro-alimentaire doit radicalement changer mais ce n’est pas, en tant citoyen-consommateur, en faisant porter la responsabilité de l’état actuel sur les autres que nous ferons changer les choses.

 

Le nouveau président de la République ne l’a, lui aussi, pas compris en nous ressortant les vieilles recettes des Assises de l’Alimentation.

 

Je le regrette mais je n’y peux rien, comme à la SNCF je termine mon trajet immobile sur une voie de garage d’une gare de triage.

 

Pour que tout soit bien clair, je ne souscris pas forcément aux analyses de Pierre-Antoine Delhommais mais il me semble salubre de faire entendre certains arguments, de permettre d’engager un vrai débat sur la qualité de notre alimentation.

 

C’est disant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui…

 

 

Pierre-Antoine Delhommais - Le gastronome qui ne savait pas compter

 

Pour le critique gastronomique Périco Légasse, prompt à dénoncer la malbouffe, les Français ne dépensent pas assez pour se nourrir. C'est faux.

 

Depuis la disparition du truculent Jean-Pierre Coffe, le critique gastronomique Périco Légasse, icône de la dénonciation outrée et tonitruante de la malbouffe, se trouve en situation de quasi-monopole médiatique. Sur France Inter, il n'a pas mâché ses mots pour commenter la fraude autour des œufs contaminés au fipronil, conséquence directe et évidente, à ses yeux, du « libre-échange à tout-va» et de la « financiarisation de l'alimentation de masse». Qu'il soit tout de même permis de rappeler que les scandales alimentaires ne datent pas de cette mondialisation libérale qui semble donner à M. Légasse autant de haut-le-cœur que les pizzas surgelées. Citons le pain aux os moulus et aux cailloux en poudre fabriqué par les boulangers du Moyen Âge, ou encore les bonbons colorés aux pigments de plomb et d'arsenic vendus au début du XIXe siècle par des confiseurs parisiens, qui tuèrent des centaines d'enfants. « La malbouffe, a ajouté le nouveau porte-parole des Indignés culinaires, c'est le premier des fléaux internationaux. On a un problème économique d'emploi, on a un problème de sécurité et de terrorisme, et un troisième, qui concerne tous les citoyens du monde, surtout ceux du monde développé, en particulier les Français, c'est la malbouffe. La malbouffe, elle ne tue pas d'une rafale dans la rue ou d'une bombe qui explose, elle tue sournoisement par des maladies épouvantables.» Les familles des victimes du Bataclan apprécieront la comparaison.

 

M. Légasse, décidément très en verve ce matin-là, s'est par ailleurs dit révolté par les économies que les Français réalisent sur leur budget alimentaire : « Il était de 22-23 % dans les années 1970 et il tombe aujourd'hui, dans certains milieux sociaux, jusqu'à 5 %. [...] Il n'y a rien de plus urgent que de consacrer le plus d'argent possible à notre alimentation.»

 

 

Selon l'Insee, les dépenses alimentaires des Français ont fortement augmenté, en volume et de façon continue, depuis cinquante ans.

 

M. Légasse est à l'évidence plus doué pour la dégustation de confit de canard que pour les raisonnements économiques. Le fait que la part du budget alimentation dans le budget total des ménages ait considérablement diminué au cours des dernières décennies (34,6 % en 1960, 23,4 % en 1980, 20,4 % en 2014) ne signifie pas que les dépenses alimentaires ont baissé, mais que le poste alimentation a progressé moins vite que les autres postes de consommation. De fait, selon l'Insee, les dépenses alimentaires des Français ont fortement augmenté, en volume et de façon continue, depuis cinquante ans, à un rythme annuel moyen de 1,1 %. Pour atteindre, en 2014, 232 milliards d'euros, soit 3 600 euros par habitant (contre moins de 2 000 euros en 1960, en euros constants).

 

La poursuite de cette hausse paraît d'autant plus remarquable que les Français, d'une part, dépensent déjà nettement plus pour leur alimentation (+ 16 %) que la moyenne des autres pays européens. Et que, d'autre part, comme le soulignent les économistes de l'Insee, les « besoins en nourriture et en boissons sont naturellement limités. Le fait que les dépenses alimentaires continuent de croître s'explique aujourd'hui pour l'essentiel par des phénomènes de transfert en faveur de produits de meilleure qualité, de plus en plus élaborés et diversifiés (essor des dépenses de produits surgelés et autres plats préparés), au détriment de produits bruts, nécessitant plus de temps de préparation.» Des explications de nature à faire avaler son cassoulet de travers à Périco Légasse. Pour l'Insee, la « diminution de la part alimentaire en France depuis cinquante ans dans la dépense de consommation de l'ensemble des ménages est le reflet de la hausse de leur pouvoir d'achat». Et non d'un complot ourdi par une grande distribution et une agro-industrie affamées de profits pour empoisonner les Français avec des produits toujours moins chers et de moins bonne qualité.

 

Progrès social

 

M. Légasse devrait consacrer le peu de temps que lui laissent ses colères radiotélévisées pour lire les travaux d'Ernst Engel, cet économiste allemand du XIXe siècle qui a mis en évidence la loi, jamais démentie depuis, selon laquelle la part du budget allouée aux dépenses d'alimentation diminue quand les revenus augmentent. La fréquentation des chefs étoilés fait visiblement perdre de vue les préoccupations alimentaires des classes populaires, pour lesquelles le fait de consacrer une part toujours plus faible de leurs salaires à la nourriture a constitué, au XXe siècle, et constitue, de nos jours encore, un extraordinaire progrès social. Cela leur permet notamment de dégager des marges financières pour les loisirs, les vacances, l'aménagement de la maison, l'éducation des enfants ou la santé. À la fin du XIXe siècle, le poste alimentation représentait près de 90 % du budget d'une famille d'ouvriers. En 1960, il frôlait encore 50 %, pour tomber à moins de 20 % aujourd'hui.

 

Sur France Inter, M. Légasse s'est lamenté du fait que « le budget alimentaire, dans certains milieux sociaux, tombe jusqu'à 5 %». On ne sait pas dans quelle arrière-cuisine le critique gastronomique est allé chercher cet extravagant pourcentage, mais, ce qui est sûr, c'est que seuls les ultrariches qu'il a la chance de croiser dans les très grands restaurants, et dont l'estomac n'a pas la taille de leurs salaires et de leurs patrimoines, peuvent se permettre de consacrer une part aussi faible de leurs revenus à l'alimentation. Certainement pas les 8 millions de Français qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, ni les 20 millions de Français qui ont du mal à boucler leurs fins de mois et à qui il est tout de même quelque peu déplacé, pour ne pas dire indécent, d'expliquer, comme le fait M. Légasse, qu'« il n'y a rien de plus urgent que de consacrer le plus d'argent possible à notre alimentation». Des propos qui rappellent désagréablement ceux de Marie-Antoinette exhortant les Français à manger de la brioche.

 

Publié le 19/09/17 à 06h21 | Source Le Point

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:00
« Au jeu des ceps familles » le cadet des Arena : Antoine-Marie multi-étoilé par les nez du continent.

Le journaliste de Corse-Matin, Jean-Marc Raffaelli, pour dresser le portrait du cadet des Arena, n’est pas avare de jeux de mots, tel celui du titre.

 

À propos de l’aîné, Jean-Baptiste, il se surpasse « à l’image de sa production, a le niveau idéal de la maturité, a pris parallèlement de la bouteille en politique comme nationaliste de premier plan (t). »

 

 

Mais revenons au chouchou du guide vert de la RVF : 2 * sur 3 et du duo d’enfer Butane&Degaz : 4 * sur 5, pour qui la passion pour le vin n’était pas génétique, « elle a fermenté » (sic).

 

Olivier Poussier « se fait lyrique, tel un poète qui sirote ses vers » (re-sic).

 

« Fraîcheur florale et fruitée des blancs, texture ciselée, empreinte minérale. Il n’a que trois millésimes derrière lui, mais ses cuvées impressionnantes de cohérence et de justesse, dévoilent une telle sensation de pureté et d’osmose qu’Antoine-Marie Arena pourrait avoir dix ans de métier et plus. »

 

Bon sang ne saurait mentir, « le père, Antoine, est la figure de proue du riacquistu viticole de Patrimonio, pour ne pas dire l’âme, de l’appellation. »

 

 

Antoine-Marie est aussi un sportif « Quand il court au milieu de ses vignes, on peut dire qu’il prend son pied. « J’ai beaucoup joué au football, j’ai commencé à l’Étoile filante bastiaise puisque ma mère (ndlr Marie) est du quartier Saint-Joseph, je fais aussi régulièrement du vélo, des randonnées en montagne et de la chasse sous-marine. »

 

« La plongée est bien la seule discipline où il met de l’eau dans son vin » (re, re, sic)

 

Pour ne rien vous cacher je n’ai pas attendu les nez experts pour aimer les vins d’Antoine-Marie, on les trouve à ICI MÊME, en face de chez Giovanni Passerini, dans le 12e une très belle cave, j’aime beaucoup l'étendue du choix et la qualité de l'accueil !

 

 

« Il a isolé une vieille vigne, presque centenaire, planté par son arrière-grand-père Barthélémy. Il tient à ce demi-hectare comme à la prunelle de ses yeux, privilégiant la qualité à la rentabilité : là où il pourrait sortir quatre mille litres, il en sort six cents. C’est la cuvée Memoria dont il dit, en souriant, que c’est une danseuse. »

22 mois d'élevage 15 jours de macération en grappes entières millésime 2015
22 mois d'élevage 15 jours de macération en grappes entières millésime 2015

22 mois d'élevage 15 jours de macération en grappes entières millésime 2015

Ici-même

68 rue de Charenton

75012 Paris

01 43 40 00 99

Horaires :

lundi 17h – 20h (pas de service sur place)

mardi au samedi 10h30 – 22h30 (service sur table jusqu’à 21h45)

dimanche 10h30 – 19h (service sur table jusqu’à 17h)

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 06:00
Je suis un ex-baissier de l’estran de la Normandelière qui va exaspérer les vegan en dévorant crue des berniques juste décrochées de leur rocher.

La bernique est tenace « la puissance d’adhérence à la roche est étonnante, celui qui ne parvient pas à la décrocher du premier coup pourra ensuite user de sa force, il cassera plus de coquilles qu’il n’en ramènera. Cette ténacité fait parfois prétendre qu’en se cramponnant ainsi aux rochers, la bernique les empêche d’être emportées par les flots. »

 

En image crue : la bernique a un petit côté vérole sur le bas-clergé.

 

Dans ma Vendée buissonnante à quelques kilomètres de l’Océan, mon paysan de grand-père, le pépé Louis, doté comme tout un chacun d’un couteau, lorsqu’il se risquait, rarement, à pratiquer la pêche à pied, se contentait de décoller des berniques de leur rocher.

 

Mon premier beau-père pêchait lors des grandes marées sur l’estran de la Normandelière. Je l’ai accompagné et j’ai gagné son estime en étant un remarquable pêcheur de dormeurs, les tourteaux pour les parigots, et d’étrilles dites balleresses en patois vendéens.

 

C’est pour cette raison que j’ai fait l’acquisition de Récits et Recettes du Ressac La pêche à pied de Patrick Cadour aux éditions de l’épure.

 

 

Il s’adresse « aux fanatiques de la marée basse, ceux qui se rendent sur l’estran pour ramener des denrées comestibles, transformant parfois la pêche à pied, qui était une activité locale récréative ou de subsistance, en une manière de fête foraine, attirant des populations venues de loin. »

 

Je fus donc un baissier pur jus, celui qui mangeait ce qu’il pêchait, les tableaux de pêche n’étaient pas ma tasse de thé.

 

J’ai peu pêché la bernique me contentant lors de mes pêches à pied d’en décoller quelques-unes de leur rocher pour les manger toute crue.

 

C’est pour cette raison que j’ai choisi de citer quelques passages de Patrick Cadour, qui est calé sur tout ce qui se balade sur les estrans, à propos de la bernique ou patelle.

 

« Le mot bernique provient du mot breton brenning, lui-même issu du gaulois bronn, qui signifie « sein », voire « ventouse ». On lit également que brenn est le mot celtique pour « montagne », ou qu’il s’agit d’une allusion au casque du légendaire Brennus. Les Celtes la considéraient donc comme une bosse, tandis que qu’en français on s’intéresse plutôt au creux, puisque son nom officiel de patelle vient du latin patella, « la petite coupe ».

 

« On met tout le monde d’accord en parlant de « chapeau chinois », même les Provençaux pour lesquels elle est une arpède, qui dérive du mot occitan (Arapeda qui signifie « accroché par le pied »), ou les Charentais pour lesquels c’est une jambe ».  

                                                         

La bernique est casanière. Lorsqu’elle se déplace sur son rocher pour se nourrir elle revient à la même place.

 

La bernique est abondante et facile à pêcher « On peut en ramasser toute l’année, sachant qu’en été elle peut être laiteuse. On prétend que « la bernique de mai est aussi tendre que la raie ».

 

J’aime beaucoup le conte du renard et de la bernique : celui-ci ayant une petite faim apercevant une bernique mal accrochée à son rocher glisse sa langue pour l’attraper. Ce devait arriver arriva « l’offensée se rebiffe, et elle adhère fortement au rocher, emprisonnant le présomptueux. » C’est la morale de la fable Le Rat et l’huître de La Fontaine « Que tel est pris qui croyait prendre ».

 

Voilà c’est dit pour plus vous allez acheter l’opus ICI

 

Moi je la mange crue sur le rocher. C’est simple « on détache l’animal, on gratte les fragments de rocher qui pourraient y rester collés, on décoquille et on enlève la tête et la boule d’entrailles et surtout le fil digestif qui est un barbelé indigeste. »

 

Pour les raffinés vous pouvez les faire griller, ce qui vaudra plus encore les insultes des vegan, arrosées de beurre salé.

La pêche à pied des coques dans le Gois de Noirmoutier ou des hénons en baie de Somme…    ICI

 

Je suis un ex-baissier de l’estran de la Normandelière qui va exaspérer les vegan en dévorant crue des berniques juste décrochées de leur rocher.
Je suis un ex-baissier de l’estran de la Normandelière qui va exaspérer les vegan en dévorant crue des berniques juste décrochées de leur rocher.
Je suis un ex-baissier de l’estran de la Normandelière qui va exaspérer les vegan en dévorant crue des berniques juste décrochées de leur rocher.
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