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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 00:09

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Comme son nom l’indique la pêche à pied, l’une des premières prédations de nos ancêtres vivant au bord de la mer, se pratique à pied, à pied sec pour les berniques, les coques, les palourdes, les praires, les pétoncles, les tellines, les couteaux, les clams, les bigorneaux, les moules, les ormeaux… les pieds dans l’eau pour les crevettes, les étrilles, les araignées, les tourteaux…


Elle peut être professionnelle mais elle est aussi ouverte aux amateurs sous certaines conditions... Comme l’écrit le site pêche à pied c’est pour tous « une école de la nature ». En effet « Avant de parler de vos droits à la pêche sur les côtes, il est utile de parler de vos devoirs envers la nature et donc envers les pêcheurs à pied d’aujourd’hui et de demain… La pêche à pied comme beaucoup d’autres activités demande de l’observation, un zeste de bon sens, et un peu de patience. »link


Le natif du bord de mer que je suis a pratiqué la pêche à pied pour les coquillages agrippés aux rochers mais ce n’était que de la cueillette facile alors je préfèrerais la pêche aux étrilles en suivant la marée. En effet, la pêche à pied se pratique surtout lors des marées à fort coefficient car elles découvrent des rochers habituellement inaccessibles et permettent d’accéder à des zones de pêche moins ratissées.


etrille3.jpg

 

Puisé dans l’une de mes nombreuses chroniques : « L’étrille, communément appelée en Vendée : balleresse, est d’un gris violet avec des reflets verts et de beaux yeux rouges proéminents. Contrairement au gros tourteau dormeur elle est petite (3 à 6 cm en moyenne), vive et agressive. Pour la pêcher il faut suivre la marée car c’est un crabe nageur ou aller la dénicher dans les creux de rocher où elle s’accroche comme un pilier en mêlée. Dans mes jeunes années, je fus, lors des grandes marées d’équinoxe, un bon pêcheur de balleresses ce qui me valait l’estime de mon beau-frère de l’époque grand pêcheur. Pour éviter de se faire pincer, et elle pince dur la diablesse mais relâche contrairement au tourteau, il faut la saisir si je puis dire « par la peau du dos ». J’aimais cette prédation sportive où la balleresse étrille avait toutes ses chances et comme, en plus, sa chair est d’une grande finesse et d’un goût iodé, je me régalais. Bien sûr, sa petitesse exige que l’on prenne son temps pour l’épibosser, mais lorsqu’on la pêche au moment de sa mue le régal est de consommer ses pattes en entier. Vraiment c’est un must ! Cuites les étrilles sont d’un beau rouge vif! »


Etrilles.jpg

 

Mais ce matin c’est de la pêche aux coques dans le Gois de Noirmoutier dont je souhaite vous entretenir.


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Le Gois de Noirmoutier c’est 4,125 km de chaussée qui se découvre au rythme des marées, six mats de perroquet, 3 balises refuges et 907 945 passages en 1970 l’année précédant l’ouverture du pont.


Quelques dates :


-        Avant 1780, le Gois porte son nom et est repéré par de courts poteaux en bois. « la route n’est pas empierrée et il n’est pas rare de s’écarter du  bon chemin pour aller s’envaser plus loin. »


-        1786 les premières balises, 18, sont installées.


-        1805 sous l’impulsion de l’ingénieur Louis-Joseph Plantier 2 postes de cantonniers de la mer : les Garde-Goa, sont créés par le département.


-        1832 : officialisation du Gois sous le nom de voie n°5.


-        1841 : création d’une ligne régulière de diligence Beauvoir-Noirmoutier.


-        1872 : empierrement de la chaussée.


-        Au début des années 1900 les premières voitures s’y aventurent, d’abord chargées sur des charrettes, puis ensuite par leurs propres moyens.


-        1924 : élargissement de la chaussée qui est macadamisée.


-        1935 : comme la dégradation du revêtement est quotidienne on pose de lourds et larges pavés.


Source : Noirmoutier l’inventaire inachevé d’Éric Bouhier.


« Les coques vivent en colonie à l’état sauvage et se plaisent dans les estuaires et dans les baies protégées, au sol sableux et vaseux. Elles restent, en permanence, enfouies dans le sable à quelques centimètres de la surface. Dès que la marée les recouvre, elles sortent leur deux siphons et filtrent l’eau de mer pour se nourrir des matières en suspension… »


« La France est le 3e producteur mondial de coques, après les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Les gisements sont répartis le long du littoral Atlantique allant de la frontière belge à l’Espagne. »


Almanach

 

Ma science de la coque, qui prends, selon les régions, le nom de bucarde, demoiselle, rigadeau, sourdon, maillot, mourgue ou hénon, je la puise dans l’Almanach Gourmand 2015 qui est une bible du bien manger intelligent.


Bon, ce sont les hénons de la Baie de Somme qui sont à l’honneur, dans le triangle allant du Crotoy, aux pointes du Hourdel et de Saint-Quentin.


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« Dès lever du jour, les pêcheurs à pied partent à marée basse jusqu’aux gisements, munis d’un râteau et d’un crible (la venette). Ils grattent le sable, ramènent les coques dans la venette et la secoue jusqu’à ce qu’il reste que des coques d’une taille règlementaire. Les coquillages sont ensuite nettoyés, conditionnés dans des sacs et expédiés dans des bassins d’épuration pendant 48 heures ou  directement à la Conserverie Saint-Christophe, où ils sont préparés après cuisson. »


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Souvenir du passage du Gois dans la C4 de Louis Remaud, l’arrêt au retour pour aller patauger et gratouiller dans la vase noirâtre afin de ramener des coques à la maison. Nous avions toujours un soupçon d’angoisse de nous faire surprendre par la montée rapide de la marée même si la perspective de passer la nuit juché sur un refuge nourrissait nos goûts d’aventure.


Enfin, sur le plan gustatif, je préfère les coques ouvertes à la poêle avec des oignons émincés, des herbes et de la crème fraîche, avec bien sûr un verre de Muscadet

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Philippe MARGOT 12/10/2014 10:43


Excellent article qui nous en apprend beaucoup, surtout que nous avons vécu à la mi- septembre sur la plage du Sillon de Saint-Malo, le jour du coefficient 115, au retour de la pêche à pied, par
un océan ultra calme.


Un breton disait à ses amis, aujourd'hui, c'est un véritable grand lac Léman ! Donc, je suppose, les meilleures conditions pour pratiquer la pêche que vous décrivez si bien.


Placés au bon endroit, le seul muni d'un robinet public sur le Sillon, ils y arrivaient tous en nombre pour se laver les pied. Mais suspense, les bidons et autres contenants étaient tous bien
recouvert d'algues. Pas possible de découvrir quoi que ce soit d'une belle récolte, parfois même du homard, m'a-t-on dit de bonne source !

HPT 12/10/2014 09:44


Sur le Gois nous délaissons souvent les coques pour les palourdes. Un petit stage d'une nuit en eau propre et les palourdes sont consommables crues où à la poêle suivant recette du taulier. (on
mange le corps; on suce les "gobiasses" et on se lèche les doigts...). Avec les coques il faut prenfre la précaution de bien les faire dégorger pour ne pas risquer la fort désagréable
consommation de sable qui crisse sous les dents!


Et puis comme avait dit Gustin à son copain Octave, en revenant de la pêche aux moules: "y suis moulu". Octave lui a répondu: "ben mon gars t'as de la chance de pas être allé à la pêche aux
coques!". Je sais cette histoire a une longue barbe mais c'est une mise en garde bonne à rappeler.


Bon dimanche, je ne connais pas le coef de la marée.

patrick axelroud 12/10/2014 07:07


Le Gois fait partie de mes souvenirs d'enfance ( vous pensez pour un gamin des villes à mille km de là ! ) un lieux fascinant offrant un décor sans pareil pour toutes les imaginations. Quel
plaisir que de le retrouver inspirant Maurice Tillieux auteur de BD et créateur de Gil Jourdan dans le journal de Spirou ,dans le  deuxième album :" La voiture immergée " Avis au
amateurs de " la ligne claire" et des bons scénarios ( Dupuis éditeur )

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