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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 06:00
Le goût, il fait généralement défaut chez les masses populaires où l’on n’hésite pas à se priver de caviar pour se goinfrer de topinambours !

Le week-end sur France Inter officie Alain Baraton qui dimanche dernier s’est extasié, à propos du topinambour, sur le soufflé sucré au topinambour et chocolat ! d’Alain Passard de l’Arpège. 

 

« Auparavant, je travaillais beaucoup à partir de viande et de poisson. Mais j'ai eu besoin de mettre de la couleur dans ma cuisine, ce que ne permet pas le tissu animal. C'est pourquoi, en 2001, j'ai décidé de ne plus servir de viande rouge dans mon établissement. A mon sens, la grande cuisine de demain, la plus artistique, c'est la cuisine légumière. Rien n'offre une aussi grande abondance de teintes, de formes, de textures que les légumes.

 

Mettez la main à la pâte: betteraves, chou, carottes, céleri, topinambours, voyez par vous-mêmes toutes les couleurs, les odeurs et goûts que les légumes d'hiver ont à vous offrir. »

Alain Passard

 

Le topinambour a très mal commencé sa carrière dans L’Hexagone, en effet comme le rappelle Le Petit Robert, on le nomma ainsi parce qu’on le croyait originaire de la région du Brésil où vivaient les Topinambous – tribu cannibale de l’Amazonie, devenue synonyme de « sauvage, barbare, inculte ». Ce qui est faux.

 

Le topinambour doit son nom à une tribu brésilienne, les Toüoupinambaoults. En 1613, six membres de cette peuplade ont fait la traversée de force vers la France, pour y être exhibés. Le topinambour n’était pourtant pas du voyage ! Il a été introduit chez nous à la même époque, via le Canada, par le colonisateur français Samuel de Champlain. Plébiscité, il sera peu à peu boudé au profit de la pomme de terre, à la fin du XVIIIe siècle. Ce sont les animaux d’élevage qui s’en régaleront.

 

Cet hélianthe tubéreux provient effectivement d’Amérique, c’est celle du nord. Plus précisément du Canada, d’où son autre appellation de « truffe du Canada », où les Indiens hurons et algonquins en faisaient leur quotidien…

 

C’est un légume qui a la particularité de porter une ribambelle de surnoms : artichaut de Jérusalem (par déformation de l’italien girasole = tournesol, rien à voir avec la Ville Sainte), artichaut du Canada (son pays de naissance), patate de Chine, patate à cochons

 

Les Français l’ont « redécouvert contre leur gré sous l’Occupation allemande. Les pommes de terres étaient alors réquisitionnées au titre d’indemnités de guerre, mais pas les topinambours ni les rutabagas. Symbole de restrictions son image en a pris un sale coup. Pour en avoir trop consommé en ces heures sombres, nombreux sont ceux qui jurèrent de ne plus y toucher les beaux jours revenus.

 

 

En Allemagne, le rutabaga était plutôt associé aux hivers rigoureux de la première guerre mondiale. Quelques 700 000 Allemands sont morts de faim entre 1914 et 1918 et le rutabaga fut alors bien souvent la seule nourriture disponible. Sous la période nazie, les villes allemandes étaient relativement bien approvisionnées, par contre c’est dans les années de l’immédiat après-guerre où la pénurie de vivres devient dramatique que les Allemands se retrouvent au régime du rutabaga : cette rave leur rappelle donc à eux aussi d’amers souvenirs. Le panais, une sorte de carotte blanche, a subi le même sort.

 

«Il a fallu attendre les années 1990 et les efforts conjugués de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et du Potager du roi à Versailles pour que le topinambour, en même temps que le panais et le rutabaga, accède enfin à sa juste place dans la gastronomie hexagonale: celle dun légume raffiné, à la saveur délicate proche de lartichaut, rehaussée dun discret goût de noisette. »

 

 

Il existe plusieurs variétés de topinambour, mais elles sont rarement nommées dans le commerce. La forme des racines est allongée, en fuseau ou arrondie. Le plus répandu est le topinambour commun rouge, à la peau violacée et au tubercule arrondi.

 

Le topinambour commun blanc présente une chair blanche et des tubercules difformes mais son goût est plus affirmé. Le topinambour fuseau rouge, à chair jaune est le plus lisse et donc le plus facile à éplucher.

 

Ces curieux tubercules, difficiles à éplucher tant ils sont tarabiscotés se révèlent d’une grande délicatesse de goût. Mais attention, ils sont peu digestes. Très faible en calories mais fort nourrissant, ils se cuisinent facilement, cuit à l’eau, à la vapeur, à l’étuvée ou au beurre.

 

Chef Simon du Monde nous dit : Comment cuisiner les topinambours ?

 

Brossez avec douceur mais insistance les aspérités et circonvolutions de ce tubercule puis les mettre dans une grande casserole d'eau froide salée. Porter à ébullition lente (sinon le topinambour explose, prend l'eau et termine à la poubelle navrant). Surveiller, le temps de cuisson varie souvent selon l'âge du légume. Fraichement récolté il sera plus ferme et demandera donc une cuisson plus longue.

 

Piquer le légume il doit lui rester un peu de fermeté. Ensuite le passer à l'eau froide et peler... On peut aussi les éplucher à cru mais il faudra immédiatement les citronner pour éviter l'oxydation.

 

Voici quelques façons de le cuisiner...

 

La voie authentique : une fois cuits et épluchés, détailler les topinambours en gros cubes ou grosses rondelles, sautez au beurre clarifié ou à la graisse d'oie, salez, poivrez au moulin et saupoudrez de cerfeuil frais. Délicieux.

 

La voie Royale : épluchés à l'économe, taillés en rondelles épaisses et sautés à cru. Sublissimes ! Vous pouvez voir la technique complète des topinambours sautés à la crème !

 

La voie gourmande : bouillir cette satanée crème à 35% de MG, et plonger les cubes de topinambours préalablement cuits à l'eau et maintenus fermes. Regarder s'opérer la liaison et servir avec des herbes fraîchement ciselées qui suffiront à apporter l'air frais dans ce plat assez riche. Et si vous désirez transformer l'essai, servez ces petits dés de topinambours à la crème sur un nid de tagliatelles fraîches et ajoutez un salpicon de homard ou de langouste, ou quelques gambas... un peu de cerfeuil ou de coriandre ciselés avant de servir et c'est direct au paradis !

 

La suite ICI 

 

« Le goût, enfin, que nous avons gardé pour la bonne bouche, c’est bien le moindre hommage à lui rendre, peut être considéré comme le plus distingué des cinq sens. Au reste, il fait généralement défaut chez les masses populaires où l’on n’hésite pas à se priver de caviar pour se goinfrer de topinambours ! On croit rêver ! ! C’est pourquoi je fous tout à coup des points d’exclamation partout alors que, généralement, j’évite ce genre de ponctuation facile dont le dessin bital et monocouille ne peut qu’heurter la pudeur. »

Pierre Desproges.

Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis / Éditions du Seuil

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 06:00
Antoine éleveur youtubeur et ses vaches fiche 40 000 vues dans la vue à ceux qui prétendent œuvrer à l’extension du domaine du vin

Être vu, capter des abonnés, les faire raquer pour, dit-on, contribuer à l’extension du domaine du vin, voilà une ambition légitime de celles et ceux qui rament dans leur petit bateau sur l’immensité de la Toile.

 

Sauf que, ces braves gens, ne se sont pas aperçus, qu’en fait ils ne clapotent que dans le petit marigot du vin. Ça ne fait pas grand monde, bien sûr l’entre soi tient chaud, on se garde bien de communiquer les chiffres de fréquentation.

 

Et puis, patatras, voilà qu’un « péquenot » du fin fond de la Normandie, éleveur de 39 ans Antoine Thibault qui élève 110 vaches et veaux, dont 55 vaches laitières dans un petit patelin à Cintray en Normandie, en décembre dernier, décide de se filmer et de mettre la vidéo sur le site YouTube.

 

Pourquoi ?

 

« Je voulais montrer les bonnes conditions de vie de mes vaches, détaille-t-il. Plus on les met dans de bonnes conditions, plus elles vont produire et plus elles seront rentables. Cela fait partie du métier. »

 

Une manière de contredire les reportages à charge contre l’élevage en utilisant un média accessible à tous et un format léger pour faire passer de véritables messages.

 

« L’idée lui est venue à la suite de la publication en novembre 2016 d’un manifeste signé par 26 associations pour le bien-être animal (sous le collectif Animal Politique), adressé aux candidats à l’élection présidentielle. Ce document recense 30 propositions visant à mettre la condition animale au cœur des enjeux politiques.

 

« Je me suis rendu compte que je faisais déjà quasiment tout », constate Antoine Thibault, qui attend alors une réaction de la part des éleveurs.

 

Alors devant l’absence de communication de ces derniers, Antoine se lance pour « montrer patte blanche » et se glisse dans la peau des YouTubeurs dont il avoue être un « grand fan».

 

La vidéo d’Antoine a décroché la timbale avec plus de 46 759 vues

 

« J’en espérais 10 000 », sourit l’éleveur.

 

Il faut dire qu’elle n’a vraiment décollé après avoir attiré l’œil du site spécialisé Wikiagri.fr en janvier, puis du HuffingtonPost.fr. Par effet boule de neige, il a été contacté par des journalistes de France info et de C8. Les reportages ont été repoussés à cause de l’actualité nationale chargée, mais celui de C8 a finalement été diffusé lundi dernier dans La Nouvelle édition. « Le journaliste n’avait jamais vu de vaches », s’amuse Antoine.

 

Ce matin c’était sur France Inter avec la chronique L’Esprit d’Initiative d’Emmanuel Moreau Le paysan youtubeur et ses vaches.

 

« Pour certains, l’élevage est assimilé à l’esclavage, regrette l’agriculteur installé depuis 2002 à Cintray. On ne peut pas comparer la traite des noirs et un élevage laitier. J’ai retiré les commentaires haineux. »

 

Abattoirs, écornage, séparation…

 

Dans sa vidéo, Antoine voulait « un maximum de transparence », même si cela le fait aborder certains sujets sensibles comme l’écornage, une pratique douloureuse qui « consiste à brûler la corne du jeune veau ». « C’est dangereux si nous leur laissons les cornes, justifie-t-il. Les vaches peuvent nous blesser mais aussi se blesser entre elles. Il y a des moyens pour atténuer la douleur, notamment l’anesthésie locale. Les techniques s’améliorent. » Saviez-vous qu’il existe des races de vaches sans cornes, qui pourraient permettre aux éleveurs de faire disparaître l’écornage ?

 

2 000 jours de vie

 

Antoine Thibault s’avoue très attaché à ses bêtes, même si leur durée de vie n’est que d’environ 2 000 jours. « Je sais que je les verrai naître, vivre, et que je les amènerai à la mort… Le but, c’est qu’elles aient la vie la meilleure vie possible ». Il en profite pour rappeler que les éleveurs ne sont pas directement concernés par les conditions d’abattage. « Une fois dans le camion, elles ne nous appartiennent plus, souligne-t-il. Et il ne faut pas mettre les abattoirs dans le même panier. »

 

Pour autant, il est plutôt favorable à la vidéosurveillance pour éviter les dérives comme on a pu le voir dans les vidéos publiées par des associations comme L214. À ce propos, l’agriculteur de Cintray estime que « c’est très facile de montrer des passages d’une minute » parfois sortis du contexte.

 

Un autre sujet qui a suscité des questionnements, la séparation du veau et de sa mère. « Cela minimise leur stress, car les veaux peuvent se faire coincer et piétiner par les vaches adultes qui peuvent même être agressives avec les veaux qui ne sont pas les leurs, poursuit Antoine. Il y a une sorte de « congé maternité » pour les vaches qui sont alors séparées du troupeau, et cela leur cause parfois plus de stress que d’être séparées de leur veau. »

 

Antoine, l’éleveur youtubeur ne compte pas s’arrêter là et a déjà plusieurs idées pour des prochaines vidéos. Notamment pourquoi il fait ce métier, les avantages des ruminants et leur alimentation, en lien avec la question des OGM.

 

Il est déjà entré dans le cercle fermé de ceux qui peuvent ambitionner d’atteindre les centaines de milliers, voire le million, de vues.

 

Alors, simple question aux acharnés du tire-bouchon : comment se fait-il que votre niveau de bruit sur le Net reste aussi modeste ?

 

Poser cette question n’est pas manquer d’empathie à votre égard mais c’est simplement pour que vous vous interrogiez sur l’utilité, je ne parle pas de viabilité, de votre entreprise aux ambitions élevées.

 

 

Ces agriculteurs YouTubeurs qui dévoilent les dessous de leurs « vraies fermes » par  Mathilde Golla

Lire ICI

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 07:00
.« Dans les lettres aussi, le talent est un titre de responsabilité » : Aragon, Éluard : la trahison des poètes.

Monsieur,

 

Robert Brasillach fut effectivement le seul traître écrivain, parmi ceux qui n'avaient pas activement servi l'ennemi, pour lequel j'ai dérogé au principe que je m'étais fixé : je n'ai pas commué sa peine. S'il a été fusillé, en ce matin glacial, triste et brumeux du 6 février 1945, malgré les appels de ses confrères les plus méritants, c'est que lui, j'estimais le devoir à la France. Cela ne s'explique pas. Dans les lettres aussi, le talent est un titre de responsabilité et il fallait que je rejette ce recours-là, peut-être, après tout, parce qu'il m'était apparu que Brasillach s'était irrémédiablement égaré. Je précise tout de même que ma décision n'eut rien à voir avec les orientations sexuelles de cet auteur, dont je reconnais par ailleurs, comme vous, la phénoménale culture. Si je me rappelle si bien de ce matin-là, c'est qu'à chaque dernière nuit d'un homme que je pouvais gracier, je ne fermais pas l'úil. A ma manière, il fallait que je l'accompagne.

 

Bien sincèrement à vous,

Charles de Gaulle

 

« Que la poésie se lève pour flageller les bourreaux, exalter l’héroïsme des torturés, garder la fière mémoire des fusillés, c’est sans nul doute l’une des missions les plus humaines eu temps présent. Mais que cette poésie soit souvent signées de poètes qui, par ailleurs, louent le bourreau, louent le tortionnaire, insultent les fusillés, mentent sur les tombes d’une autre résistance « mue » par les mêmes mobiles – la défense de l’homme contre la tyrannie –  cela nous amène par une effrayante alchimie, à la négation de toutes les valeurs affirmées. L’or pur n’est plus que vase trouble. La conscience de l’écrivain se révèle pleine de noires coulisses. La voix passionnée du chant n’est plus que celle du faux témoin. La qualité poétique de l’œuvre d’Aragon m’a quelquefois paru émouvante et même excellente ; mais combien d’hommes dont il chercha l’enseignement, qu’il aima ou feignit d’aimer en URSS et dans la IIIe Internationale ont subi la torture et la mort des fusiliers sans qu’il s’en émût ? Sans qu’il se soit posé à leur endroit la question élémentaire de l’innocence ou de la culpabilité ? Sans qu’il se soit interrogé sur la sinistre gravité des répressions paradoxalement justifiées par l’ « humanisme révolutionnaire » ? Aragon écrivit autrefois, en 1937 je crois, dans Commune des pages incroyables sur les accusés des procès de Moscou. Qu’il eussent ou non conspiré, ces vieux socialistes méritaient au moins le respect humain qu’un tribunal de vainqueurs accorde à Nuremberg aux chefs du nazisme. (…)

 

 

L’allégeance de l’écrivain au parti d’une grande puissance accoutumée à fusiller beaucoup, est dans ce cas précis une explication suffisante. Mais dès lors comment comprendre ces vers sur les traîtres écrits par un autre poète du même parti (Paul Éluard) :

 

 

Ils nous ont vanté nos bourreaux

Ils nous ont détaillé le mal

Ils n’ont rien dit innocemment.

 

Oui, comment les comprendre ? Constatons la désintégration psychologique. Constatons que le poème, si parfait qu’il puisse être dans sa coulée, rend un son faux. Le lecteur croît entendre la voix d’un défenseur de la liberté, d’un ennemi des fusilleurs d’innocents, et le lecteur est trompé. Et l’on s’inquiète. Mais que se passe-t-il donc dans l’âme de ces poètes ? Le poète est tout à coup dépouillé de sa clarté. « Qu’est-ce que la vérité ? » demandait Ponce Pilate au condamné. Des milliers d’hommes formés par les disciplines intellectuelles à la pensée scientifique – semble-t-il – répondent en fait : « C’est le commandant en chef de mon parti… » Mort de l’intelligence. Mort de l’éthique. »

 

Victor Serge La tragédie des écrivains soviétiques 1947

 

« Dans L’Archipel du Goulag, Alexandre Soljenitsyne rapporte une scène qui se déroule au camp n°5 de l’Ounjlag (centre-sud de la Russie), à peu près au moment où Sartre, Merleau-Ponty et Bourdet reproche à leur camarade Rousset (ndlr. David Rousset), d’ignorer le prisonniers politiques du camp occidental, singulièrement ceux de Grèce, « Après le travail, on chasse les détenus jusqu’à la conférence, raconte Soljenitsyne. Le camarade, à vrai dire, n’a pas achevé ses études secondaires, mais, politiquement parlant, il donne de façon irréprochable une conférence nécessaire et opportune : « Sur la lutte des patriotes grecs ». Les zeks (nom donnés aux prisonniers du Goulag à partir de l’abréviation officielle « Z/k ») sont assis, endormis, ils se cachent derrière le dos de leurs voisins : pas la moindre marque d’intérêt. Le conférencier raconte les terrifiantes persécutions des patriotes, poursuit Soljenitsyne, et comme quoi les femmes grecques en pleurs ont écrit une lettre au camarade Staline. Fin de la conférence. Cheremeteva  se lève, une femme comme ça, de Lvov, un peu simple, mais rusée, et elle demande : « Citoyen chef ! et nous autres, dis voir, à qui c’est-y qu’on pourrait écrire ? »

 

 

Né à Bruxelles, le 30/12/1890

 

Mort  à Mexico, le 17/11/1947

 

Victor Serge, de son vrai nom Viktor Lvovitch Kibaltchiche (В.Л. Кибальчич) était un révolutionnaire russe et écrivain francophone, né en Belgique d’un père ancien officier russe (converti au socialisme) et d’une mère issue de la noblesse polonaise, émigres politiques.

 

Après quelques errances durant son adolescence, il milita au sein des milieux anarchistes belges, français et espagnols. En France, il travailla comme imprimeur pour les anarchistes et employa un homme nommé Valentin qui défraya la chronique comme membre actif de la bande à BONNOT. Les frasques de Valentin coûtèrent (injustement) quelques années de prison à Victor Serge.

 

Il rejoint l’URSS en 1918 et devint un membre actif de la IIIème Internationale. Cette activité lui vaudra d’être déporté en Sibérie pour avoir lutté contre Staline qui semble leur confisquer la Révolution. Naturalisé citoyen soviétique, Victor Serge va passer dix-sept ans en Russie.

 

Libéré en 1936, il séjourne en Belgique et en France avant de fuir au Mexique en 1940. Pendant sept ans il continue l’écriture de ses derniers romans et ses mémoires et vit pauvrement.

 

Il sera persécuté par la GUEPEOU (Police politique soviétique) jusqu’à sa mort en 1947.

 

Il fut l’ami de Trotski et côtoya des hommes comme Boukharine, Zinoviev et Staline.

 

Il a laissé une œuvre considérable aussi bien comme romancier qu’historien ou poète. Proche des milieux anarchistes, il est à la fois acteur et témoin des grandes révolutions, et principalement du grand bouleversement de la Russie.

 

Honnête et intelligent il fut l’un des premiers à dénoncer les tricheries et les malversations staliniennes tout en restant un homme épris de justice, de liberté et un combattant pour l’égalité des Hommes.

Aragon, l'écrivain qui préférait Staline à Proust

Tandis qu'on célèbre le 30e anniversaire de la mort d'Aragon, l'ancien dirigeant du PCF Pierre Juquin consacre une volumineuse biographie à ce «personnage tragique de la tragédie des communistes». Fabrice Pliskin l'a rencontré.

 

A 82 ans, Pierre Juquin, ancien député communiste rénovateur exclu du PCF en 1987, publie le premier tome d'«Aragon. Un destin français», biographie-fleuve, biographie-Volga du poète et romancier, mort il y a trente ans. Cosmogonie critique d'un ogre des mots et des mètres.

 

C'est en 1957 que Juquin rencontre Louis Aragon, cet archétype de «la première génération rimbaldienne» (comme il se définissait lui-même), dandy anar passé du surréalisme au soviétisme et de dada à «da, da», stakhanoviste de la rime, prima donna de la comédie politico-littéraire, grand fauve boulimique qui sut ingérer mille écoles esthétiques, des troubadours à Barrès, de Racine à Maïakovski, de Lautréamont à Zola. Rencontre avec son biographe.

 

Le Nouvel Observateur Vous avez écrit la biographie d'Aragon qui, au Parti communiste, était votre camarade. Quelle image gardez-vous de lui?

 

Pierre Juquin Aragon, c'était Talma [immense comédien français (1763-1826), NDLR]. Je me souviens d'une rencontre avec lui en 1967, pendant la guerre du Vietnam. Le Parti communiste intensifiait son action pour la paix. Il se préparait une exposition avec Picasso. On demande à Aragon d'écrire un manifeste. Waldeck Rochet, le secrétaire général du PC, me dit: «Aragon est très occupé. Il ne veut pas le faire, mais souhaite que ça se fasse. J'ai obtenu que tu puisses aller le voir chez lui, rue de Varenne. Bonne chance, l'humeur est très mauvaise.» Je gratte un texte-manifeste. Je fais de mon mieux.

 

Aragon me reçoit. Il me dit: «Mon petit, on m'en demande trop. Si ça continue, je me jette par la fenêtre.» Je m'assois dans le fauteuil couleur boue des tranchées. Il commence à marcher de long en large sur ses grands fuseaux. Il me parle de Gorki, de la construction du canal de la mer Blanche, de Malraux, de mille choses passionnantes, peut-être un peu romancées. De temps en temps, il se regarde dans le miroir. Comme chacun sait, il détestait son image, mais il la regardait à chaque pas. Au bout de plus deux heures, il a besoin de sortir. Elsa entre, avec un grand plateau. Samovar, thé à la russe. Elle est charmante. Elle me dit: «Soyez patient, LOU-IS signera votre texte.»

 

Puis elle ressort dans le couloir et elle lui fait la leçon. Il revient, très digne. Il me dit: «Mon petit, il faut savoir terminer une grève. Tu as un papier?» Il dévisse le bouchon de son stylo à encre bleu Waterman. Il s'assoit et commence à lire mon texte. Il raie la première phrase. Il écrit quelque chose à la place. Je me dis avec inquiétude que mon papier n'est pas bon. Il lit le texte jusqu'au bout. A la fin, il me le tend et il me dit: «Je signe.» Je regarde sa correction. J'avais écrit: «La guerre des Etats-Unis au Vietnam.» Il a rectifié: «La guerre américaine au Vietnam.» Et Aragon de jouer à Aragon et d'ajouter: «Tu as compris: ça change tout.» Mais il le faisait avec une élégance. Il avait la classe. C'était le roi Louis.

 

C'est ce jour-là, je crois, qu'il m'a dit: «Ce parti a tous les défauts que tu lui connais, et d'autres, mais c'est le seul pour faire la révolution.» C'est le pari qu'il avait fait dès 1927, année où il entre au Parti. C'est le pari de Pascal. Il l'a dit. Et son ami et admirateur Antoine Vitez a repris cette idée dans «Ma nuit chez Maud» d'Eric Rohmer, où il improvise, à la demande du cinéaste, une théorie du pari de Pascal qui serait non plus chrétienne, mais marxiste. Cette théorie vient droit d'Aragon.

 

La suite ICI

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 06:00
« On fait de grands leaders d'extrême-droite avec des gens qui ont une expérience d'extrême-gauche » Pascal Ory « Mussolini était entouré d'anciens militants d'extrême-gauche »

Horreur, malheur, clameurs sue les réseaux sociaux lorsque Pascal Ory déclare sur France-Inter à un Nicolas Demorand estomaqué et confit dans ses images d’Epinal de gauchiste reconverti : « Mussolini était le Mélenchon de 1914 »

 

L’imparfait d’Ory, absolument justifié, a mis en transes tout le petit monde des Insoumis pour qui bien évidemment l’inventeur du fascisme ne pouvait qu'être dès l'origine qu’un type d’extrême-droite.

 

Ory a raison lorsqu’il affirme que « Mussolini était entouré d'anciens militants d'extrême-gauche" » « Il popolo d'Italia » (« Le peuple d'Italie »), le nom du journal lancé par Mussolini quand il fait dissidence en 1914.

 

Du socialisme au nationalisme

 

En juillet 1902, Benito Mussolini s'exile en Suisse pour éviter le service militaire. Il vit d'un travail de manoeuvre sur les chantiers tout en militant activement dans les milieux syndicaux et socialistes. Il rencontre les réfugiés bolcheviques et fait connaissance avec les thèses de Lénine. Il apprend aussi l'allemand et le français.

 

En 1904, de retour en Italie, il se résout à accomplir son service militaire.

 

À partir de 1909, il se consacre au journalisme et prend en Romagne la direction d'un hebdomadaire socialiste, La Lotta di classe. Il publie par ailleurs un virulent pamphlet anticlérical.

 

Qualifié d'agitateur politique, il grimpe dans la hiérarchie du Parti socialiste et prend en 1912 la direction du journal national du Parti socialiste Avanti ! à Milan.

 

À l'aube de la Première Guerre mondiale, les socialistes prônent la neutralité de l'Italie et la non-intervention à la guerre. Mussolini, qui a reçu des subsides du gouvernement français, se convertit quant à lui à l'interventionnisme.

 

Dans un nouveau quotidien, Il Popolo d'Italia, qu'il fonde grâce au soutien financier de la malheureuse Ida Dalser, il prône l'entrée en guerre de l'Italie et s'engage volontairement comme soldat lorsque l'Italie entre en guerre en 1915 du côté des Alliés français et anglais.

 

La guerre est une expérience-clé pour Mussolini (comme pour Hitler). Il y forge ses idées sur la militarisation des partis, la violence et le nationalisme. Gravement blessé en 1917, il retourne à la vie civile et au journalisme, à la tête du Popolo d'Italia.

 

Après la guerre, Mussolini rompt sans rémission avec ses anciens amis socialistes et s'oppose à leurs velléités pacifistes et internationalistes. Ses options nationalistes recueillent de plus en plus d'écho dans le pays.

 

Ory n’a pas suggéré que Mélenchon allait faire la jonction avec l’extrême-droite, il affirme à juste raison selon moi que le populisme, c'est le renouvellement réussi de la pensée de droite dans un style de gauche.

 

Le passage de Florian Philippot, ex-admirateur du Che : Chevènement bien sûr, au Front National jusqu’à  sa sortie en est la démonstration. La distinction jésuite entre les électeurs FN et l’adhésion aux idées du FN permet d’entretenir ce mélange comme ça été le cas pour le vote hostile au traité européen : pas de pincettes pour un NON très brun-rouge.

 

Dans la même logique, Pascal Ory affirme ensuite que le populisme n'est rien d'autre qu'un point de convergence entre les deux extrêmes, allant jusqu'à forcer le trait :

 

Il poursuit : « le fascisme est une version radicale du populisme qui va jusqu'au bout ». Ainsi Pascal Ory estime que « Si Trump gagne, c'est parce qu'il est un populiste soutenu par les républicains »

 

On fait du bon populisme avec la convergence des extrêmes de droite et de gauche.

 

Revenons à Mussolini :

 

« Ainsi, le fascisme révolutionnaire séduit-il aussi bien le patriotisme exalté de Giuseppe Ungaretti, l'irrationalisme antidémocratique et destructeur de la forme de Luigi Pirandello, que la volonté réactionnaire de restauration de l'ordre classique de Curzio Malaparte. Cette diversité permet de s'interroger sur l'existence véritable d'une culture fasciste, sur l'existence d'un transformisme culturel durant le régime de Mussolini, et de poser les problèmes en termes de rupture ou de continuité. Si les courants intellectuels du début du siècle ont favorisé le fascisme en Italie, celui-ci ne s'est jamais identifié à eux pour en tirer son idéologie. Le comportement des intellectuels sombrant dans l'adoration servile de la dictature confirme la "trahison des clercs". Mais ces attitudes n'engagent que les individus et non pas les concepts qu'ils ont défendus. La culture italienne du début du siècle a joué un rôle indéniable dans l'avènement du fascisme. En lui fournissant des éléments pour l'action et pour la propagande, elle a sans doute contribué à l'élaboration du style fasciste. Mais elle reste étrangère au régime de Mussolini qui ne parvient pas à dépasser le stade d'un comportement pour élaborer une culture fasciste authentique. »

 

« Il ne s'agit pas donc de "lyncher" les innombrables intellectuels italiens qui collaborèrent avec le fascisme à des degrés divers (Pirandello, Brancati, Malaparte, Silone, D'Annunzio etc.) mais de comprendre le pourquoi. Or, on ne peut que constater que le régime inspira à toutes ces personnes une véritable fascination, qui allait bien au-delà de la simple contrainte. D'ailleurs, la situation en France n'était guère très différente : cf. Céline, Drieu de la Rochelle etc. »

 

Lorsque le régime fasciste tombe que l’Italie se libère et devient une République Thierry Wolton note :

 

« Les intellectuels qui ont flirté avec le fascisme ne sont pas vraiment dépaysés chez les communistes. Ils retrouvent dans le PC le vieux fonds anticapitaliste et antilibéral qui fut aussi celui de Mussolini, un socialiste radical à l’origine, rappelons-le. La coloration rouge-brun du fascisme n’est pas incompatible avec le rouge-brun du communisme, comme on le sait. »

 

« Exister, produire, écrire sous le fascisme nécessitaient de pactiser avec le régime, au mieux par le silence, au pis en lui prêtant serment d’allégeance. La mauvaise conscience des intellectuels les conduit à vouloir se racheter.

 

Moravia fut-il fasciste ?

 

 

« La célébrité de l’écrivain l’amène à collaborer à diverses revues du régime fasciste et surtout à fréquenter le salon, alors recherché, de Margherita Sarfatti, l’une des plus influentes et intelligentes collaboratrice du Duce… »

 

« Il est certain que l’écrivain est animé de sentiments hostiles à la bourgeoisie dont l’univers s’incarne autant dans l’Angleterre que dans les USA. Son récit de ce qu’il voit dans ce pays apparaît avant tout de circonstance (se faire bien voir du régime). Mais en 1941, Moravia qui se dit communiste, espère leur victoire. En réalité, ce qui anime l’écrivain, comme le révèle plus tard l’une de ses œuvres les plus connues, Le Conformiste, c’est son anti-antifascisme. […] Moravia est plus hostile à la bourgeoisie libérale qu’au fascisme, sans pour autant adhérer à celui-ci. Parler d’un « antifascisme passif » nous semble bien plus exact. Sceptique, désabusé, amer, il accepte le fascisme et s’en sert (…)

 

FRÉDÉRIC ATTAL

Histoire des intellectuels italiens au XXe siècle

 

Peuple souverain : de la révolution populaire à la radicalité populiste

De Pascal Ory

Gallimard, 2017

 

Notre conjoncture historique ramène au-devant de la scène une série de questions sur ce que fut l'expérience politique du XXe siècle. L'anniversaire de la révolution d'octobre 1917 fournit l'occasion naturelle de les examiner. Cet essai s'efforce d'y apporter des réponses précises. Qu'est-ce que le populisme? Une idéologie de synthèse qui permet à la droite de trouver le chemin des classes populaires en adoptant un style de gauche. Qu'est-ce que la radicalité? Une mythologie qui rapproche les extrêmes dans un rejet commun de la réforme et du compromis et facilite, le cas échéant, la circulation de l'un à l'autre. Dans certaines conditions de température et de pressions politiques, la radicalité de gauche ou la radicalité populiste peuvent accéder au pouvoir. Elles en font alors un usage qui satisfera, en proportions variées, le goût de l'absolu qui anime les radicaux et la servitude volontaire qui anime les populistes. Cela donne ce qui mérite le nom de «catastrophe».

 

 

FRÉDÉRIC ATTAL

Histoire des intellectuels italiens au XXe siècle

 

 

« La figure de l'intellectuel naît, en Italie, avec le XXe siècle. Animés de l'ambition de forger la culture nationale et de former les élites – voire de s'y substituer –, ces hommes ont épousé toutes les passions politiques de leur temps : nationalisme, fascisme, communisme, libéralisme, catholicisme, socialisme.

 

Or, quel que fut leur engagement, différentes manières de le comprendre et de l'exercer se sont succédé en fonction du contexte historique. Aux côtés des prophètes comme D’Annunzio, Moravia, et Pasolini, prédominants durant les périodes de crises (entrée dans la Grande Guerre en 1915, stratégie de la tension), coexistent, dans la première moitié du siècle, des philosophes comme Croce ou Gentile. Puis, dans une Italie en pleine mutation, c’est la figure du sociologue qui domine, l’intellectuel-expert, plus en prise avec l’actualité, chargé d’orienter les choix de la classe politique, d’accompagner les vicissitudes du réformisme en Italie.

 

Cette histoire intellectuelle d’une ampleur et d’une précision inédite (elle est suivie de plus de 500 notices biographiques) est bien plus qu’un outil indispensable pour comprendre l’Italie : elle constitue une typologie de l’engagement intellectuel d’une grande richesse, à même d’être adaptée à de nombreux contextes.

 

Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, Frédéric Attal a consacré sa thèse de doctorat à l’étude des intellectuels napolitains après 1945. Il est maître de conférences à l'École normale supérieure de Cachan et est l’auteur d’une Histoire de l’Italie de 1943 à nos jours (2004) »

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 06:00
La cave du poivrot de père de Gus pleine de vapeurs soufrées et de cadavres de bouteilles avec leur fermoir en porcelaine qui avaient contenu du cidre jadis…

J’ignorais qu’il existait un prix SNCF du polar qualifié sur le bandeau de l’éditeur de plus grand prix des lecteurs de France. Comme j’ai l’esprit mal tourné j’ai pensé à Florence Parly.

 

Grossir le ciel de Franck Bouysse à la MANUFACTURE DE LIVRES (09/10/2014) est le lauréat 2017.

 

35 000 lecteurs ont voté pour Grossir le ciel, de Franck Bouysse (Le Livre de Poche) dans la catégorie roman.

 

 

Grossir le ciel, un roman noir lumineux

 

Sur son blog, « Boulevard du crime », Alain Léauthier nous livre son « coup de cœur » de l'année 2014 en matière de polar : Grossir le ciel de Franck Bouysse. Un « grand livre » qui traite de « l'essentiel ». « Misère et grandeur de la condition humaine. Deux solitudes paysannes. Des secrets de famille comme une bombe à retardement. Les Cévennes, somptueuses et austères ». Avec en prime, un « style Bouysse » : « charnel, racé, levant l'émotion comme la pâte d'un bon pain ».

 

Pas mieux !

 

À lire absolument par celles et ceux qui ont une vision bucolique de la campagne d’avant.

 

 

Extrait

 

« Gus se souvenait que, quand il était petit, son père l’envoyait toujours tirer du vin à la cave, au moment des repas. Il devait alors ouvrir la petite porte au fond de la cuisine, descendre un escalier en bois sans contremarches, un genre d’échelle améliorée, avec un garde-fou fait d’un vulgaire tuyau en galva. Un problème électrique, que son père n’avait jamais résolu, faisait que les plombs sautaient une fois sur deux quand on allumait la lumière. Pour ne pas le mettre en rogne, Gus descendait avec une lampe électrique en faisant attention à ne pas louper de marche, ce qui l’aurait conduit en bas plus rapidement que prévu, le cul en compote, par-dessus le marché. Une erreur que son père lui aurait probablement pardonnée à vide, mais certainement pas avec une bouteille de pleine entre les mains. À chaque descente, c’était pourtant une sensation de joie qui lui venait, au fur et à mesure qu’il s’enfonçait dans la cave, dans ce silence gardé par les grosses pierres dissemblables des murs, au milieu des vapeurs soufrées et des cadavres de bouteilles, avec leur fermoir en porcelaine, qui avaient contenu du cidre jadis, à l’époque où on ramassait encore les petits fruits boursouflés et tavelés des pommiers plein-vent, et que l’on ne les laissait pas bouffer par les vaches à mesure qu’ils tombaient par terre.

 

Le grand  plaisir du gamin, c’était de balancer le faisceau de lumière à l’intérieur de la cave et de surprendre des araignées grosses comme une main, sa main. Aussi loin qu’il lui était possible de remonter, Gus n’avait pas le souvenir d’avoir éprouvé de la peur, même quand un rat déboulait de derrière des barriques, pour se fourrer dans un des trous du mur, jamais le même. Ce qui l’incitait à se demander comment la maison pouvait encore tenir debout, vu qu’il pensait que les rats étaient capables de bouffer la pierre avec leurs dents, aussi facilement que du fromage. Ça n’aurait pas vraiment gêné Gus qu’une telle chose arrivât au moment où il était enfermé dans la cave, se disant que ce ne serait pas donné à tout le monde d’avoir une tombe de ce genre. Il devait avouer que bien des fois il avait espéré que ça se produise, pendant qu’il tournait le robinet serti dans le bois de la barrique et qu’il regardait un vin épais gicler dans la bouteille, puis qu’il ralentissait progressivement le débit quand le niveau du liquide approchait du goulot. C’est qu’il ne fallait pas en perdre une seule goutte. La dernière, il l’essuyait d’un doigt et la portait à ses lèvres avant de remonter donner sa ration quotidienne à son père, qui trouvait immanquablement que Gus avait été trop long. Sa contrariété oubliée, le père renversait le goulot de la bouteille dans son verre, comme il l’aurait fait avec une cheville pour planter une salade le long d’un cordeau tendu, puis il buvait cul sec cette bénédiction et faisait claquer sa langue contre son palais en même temps qu’il reposait bruyamment son verre vide sur la table en disant : « encore un que les boches n’auront pas ! » Gus l’observait attentivement en se disant que le vin apportait plus de choses qu’il n’en prenait, que c’était une des grandes lois de la nature, étant donné que son père était bien plus calme quand il avait picolé, comme apaisé ; que ce qui se passait à l’intérieur d’un homme après un verre ou deux était une expérience à vivre chaque jour, un délicieux engourdissement qui faisait voir les choses différemment, qui vous conduisait à regarder à l’intérieur de vous sans vous laisser emmerder par ce qui se passait autour.

 

Gus n’avait jamais vu son père saoul, probablement qu’il buvait trop pour ça. Il s’endormait invariablement après le repas, assis sur sa chaise, la tête basculée en arrière sous sa casquette crottée, et il se mettait à ronfler comme une locomotive gorgée de charbon. Gus pouvait demeurer ainsi, à l’observer, en attendant qu’il se réveille et lui demande de retourner remplir la bouteille, pendant  que sa mère était partie Dieu sait où. »

PRIX SNCF DU POLAR

 

PRIX 100% PUBLIC

 

Vous avez toujours rêvé d’être jury d’un prix Littéraire ? Alors le PRIX SNCF DU POLAR est fait pour vous ! Pour preuves, des sélections élaborées par des comités d’Experts composés de spécialistes du polar en Roman, Bande Dessinée ou Court Métrage. De quoi vous faire frissonner de plaisir.

 

 

Prix 100% public, le sort des œuvres en compétition est placé entre les mains du plus intransigeant des jurys : VOUS !

 

 

Grâce à vos votes et à votre engagement, de nombreux noms du polar ont été révélés depuis 18 ans : Franck Thilliez, Mo Hayder, Gilda Piersanti, Gilles Legardinier, Jérémie Guez, Ian Manook ou encore Emmanuel Grand ! Lors de la 17e édition, 35 000 votes ont ainsi été recueillis.

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 07:00
Au matin de ce dimanche d’été indien en retrouvant la photo de la petite classe de l’école libre de la Mothe-Achard je sais d’où je viens…

Ceux d’entre vous qui me lisent chaque matin savent que, en dépit de mon grand âge, ma plume aime à s’égarer sur des chemins qui mènent nulle part ou, plus exactement, qui s’aventurent dans les secrets de mon petit jardin d’intérieur.

 

Hier, j’ai cuisiné pour des invités. Mettre les mains dans la farine est le moyen le plus sûr pour permettre à son esprit de folâtrer.

 

En faisant mes courses j’ai à l’insu de mon plein gré fait la charité en versant chez le boulanger 1 euro pour 1 Love Baguette dans le cadre d’une opération nationale de l'association AIDES pour aider la recherche contre le Sida puis 3 euros à la supérette pour construire une école en Syrie.

 

 

Charité moderne, indolore, sans main tendue à la sortie de la messe.

 

En entrée, c’est là où je peux exercer ce qui me reste de créativité, j’ai dressé des assiettes sous-bois&mer sur un lit de salades. Soit en français : des petits cèpes, des noix fraîches de Saint-Jacques, des moules de bouchot sur des endives de plein champ, du cresson et du pissenlit. Le tout aspergé de vinaigre de miel et d’huile d’olive.

 

Pour le reste du repas, des pappardelle au ragù de cerf (préparé pour moi par l’ami Giovanni Passerini), un plateau de fromages pestilents à souhait : une boulette d’Avesnes d’enfer, et bien sûr la fameuse tarte aux pommes. ICI  

 

 

Là-dessus 1 Clairet de chez Massereau.

 

 

Tout le monde était content d’avoir bien mangé et bien bu, merci petit Jésus…

 

Sur le soir, sur le fil d’infos, il m’est proposé un sujet qui me touche  La photo de classe, un rituel toujours vivace. Je les ai toutes, ou presque, et sans nostalgie exagérée c’est toujours un plaisir de les regarder. 

 

Avec elles, si tant est que je l’aurais oublié, je sais d’où je viens !

 

L’article souligne : « L'école publique de Jules Ferry se met aussi en scène. Enfants sagement alignés, instituteur ou institutrice vêtu sobrement au milieu du groupe d'élèves, cette photo de classe veut transmettre jusqu'aux tréfonds des campagnes l'excellence de l'école républicaine et laïque. L'école libre, elle, valorise les symboles religieux »

 

Si vous me reconnaissez sur la photo de l'école libre de la Mothe-Achard je vous offre une bouteille de Clairet.

 

La nuit passe là-dessus, je me lève de bonne heure : 5 heures, que vais-je leur raconter ?

 

Disserter sur l’hypocrisie du « Tout le monde savait… » à propos du producteur prédateur sexuel ou sur l’impudeur d’un Bertrand Cantat s’affichant à la Une des Inrocks pour faire la promo de son nouvel opus ?

 

Je ne m’en sens pas le courage.

 

Sur le premier sujet, Virginie Despentes dans Vernon Subutex dresse un portrait très ressemblant d’un producteur qui passe sa vie à se faire des lignes et à traquer des proies.

 

 

Quant à Cantat, grand pourfendeur, donneur de leçons, il a purgé sa peine humaine, mais bordel de merde qu’il ne vienne pas ramener à nouveau sa fraise. Et Dieu sait si j’ai aimé Noir Désir, pas vraiment Cantat.

 

J’en étais donc là lorsque mon esprit descendit l’escalier sans préavis, sous l’effet du discours ambiant sur la valeur travail, je me souvins de la fable de Jean de La Fontaine : Le Laboureur et ses Enfants.

 

Emmanuel Macron va causer à la télévision ce soir :

 

 

Travaillez, prenez de la peine :

C’est le fonds qui manque le moins.

Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage

Que nous ont laissé nos parents.

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage

Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.

Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’Oût.

Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place

Où la main ne passe et repasse.

Le père mort, les fils vous retournent le champ

Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an

Il en rapporta davantage.

D’argent, point de caché. Mais le père fut sage

De leur montrer avant sa mort

Que le travail est un trésor.

 

Je regarderons point Macron à la télévision mais descendant d’une lignée de laboureur, ne sachant ni le jour ni l’heure, je me demande toujours si j’ai pris le bon chemin…

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 06:00
Le discours complet d'Emmanuel Macron à Rungis sur les états généraux de l'alimentation

J’ai écouté attentivement hier, en direct depuis Rungis, le discours du chef de l’État pour la fin de la première phase les états généraux de l’Alimentation.

 

Pour faire plaisir à Emmanuel Macron je ne me rangerai pas de suite dans le camp des sceptiques même si sous des habits neufs et des intentions louables j’ai reconnu la patte des hauts-fonctionnaires de la rue de Varenne qui ont recyclé des idées et des concepts usés jusqu’à la corde : organisation des producteurs par filière, contractualisation et le serpent de mer de la régulation sans instruments physiques d’intervention.

 

Attendre et voir donc !

 

Pour l’heure je n’ai ni le courage, ni l’envie de pousser plus avant mon analyse. D’ailleurs, il n’est pas certain que, quoi qu’il arrive, je mette l’ouvrage sur le métier.

 

Pour refonder la politique agricole il est nécessaire de faire des choix, de vrais choix, des choix parfois douloureux qui remettent en cause des situations acquises.

 

Je ne sens pas souffler sur le 78 rue de Varenne un grand souffle de remise en cause, et le sieur Travert n’est pas Pisani et la vision du monde agricole d’Emmanuel Macron reste biaisée et influencée par son vécu auprès de certains responsables.

 

Bref, je n’en dirai pas plus mais traiter les commodities dans le même panier fourre-tout des fameuses filières où les interprofessions n’ont plus aucun pouvoir économique, en implorant une nécessaire montée en gamme via les signes de qualité, le bio, la vente directe… c’est méconnaître la sclérose intellectuelle des dirigeants de ces organisations professionnelles.

 

Qui vivra verra mais le défi alimentaire, bien analysé par Emmanuel Macron, ne pourra être relevé que si les citoyens consommateurs y mettent beaucoup du leur. Demander aux industriels, aux distributeurs, aux agro-managers d’être gentiment raisonnables, de s’auto-discipliner c’est se leurrer.

 

Je vous propose de lire l’analyse du Monde qui colle bien au système, puis si vous en avez le temps d’écouter le discours du Président de la République.

 

Etats généraux de l’alimentation : le donnant-donnant de Macron aux agriculteurs

 

Le chef de l’Etat propose une réorganisation des filières et redonne la main aux producteurs dans la construction des prix.

 

LE MONDE ECONOMIE | 11.10.2017 à 11h13 • Mis à jour le 12.10.2017 à 06h43 | Par Laurence Girard

 

Les agriculteurs qui attendaient des mesures immédiates du gouvernement pour améliorer leur rémunération risquent d’être déçus. Emmanuel Macron, qui s’est exprimé, mercredi 11 octobre, depuis le marché de Rungis, donne rendez-vous à la profession dans deux mois pour établir la feuille de route de l’agriculture française.

 

Le président de la République a choisi ce moment pour « fixer un cap », selon l’Elysée. Il demande aux filières de mettre sur pied un grand plan de restructuration de la « ferme France » sur cinq ans. Ces annonces ont été saluées par Michel-Edouard Leclerc, qui a exprimé son « grand soulagement ».

 

Le discours du chef de l’Etat, très attendu, est censé marquer la fin du premier chantier des Etats généraux de l’alimentation (EGA), une promesse de campagne du candidat à la présidentielle. Il est désormais considéré comme un point d’étape.

 

Les premiers travaux des EGA portaient sur la création et la répartition de la valeur au sein de la filière agroalimentaire. Leur objectif était de trouver des solutions concrètes pour mieux rémunérer les agriculteurs. L’accent était clairement mis sur la question économique 

 

Un rapport de force déséquilibré

 

Le sujet de la juste rémunération des agriculteurs est plus que jamais d’actualité. Dans son premier bilan qui porte sur l’année 2016, publié mardi 10 octobre, la Mutualité sociale agricole (MSA) estime que leur revenu moyen est de l’ordre de 13 000 à 15 000 euros. Soit en très légère augmentation par rapport à 2015, sachant que cette progression est plus due à la baisse des charges décrétée par le précédent gouvernement qu’à une évolution des recettes. Surtout, comme le souligne une nouvelle fois la MSA, 30 % des exploitants auraient un revenu inférieur à 350 euros par mois. Et 20 % seraient en déficit en 2016.

 

Les discussions au sein des ateliers ont mis en lumière le déséquilibre du rapport de force entre agriculteurs, d’une part, industriels et grande distribution, d’autre part. Ou encore les effets dévastateurs de la guerre des prix menée par les enseignes.

 

Plusieurs propositions ont été avancées, comme la volonté de contractualiser les relations entre agriculteurs, industriels et distribution en permettant aux producteurs de se regrouper et de négocier en tenant compte des coûts de production et d’indicateurs de marché. D’autres mesures ont été demandées, comme la revalorisation du seuil de revente à perte, l’encadrement des promotions et la définition du prix abusivement bas.

 

Levée de boucliers

 

La revalorisation du seuil de revente à perte, prix en dessous duquel un distributeur ne peut pas vendre ses produits, a provoqué une levée de boucliers de Michel-Edouard Leclerc. Le patron de Leclerc a brocardé cette mesure qui, selon lui, entraînerait une revalorisation des prix de 5 % à 15 %.

 

Quatre associations de consommateurs, (UFC-Que choisir, CLCV, Familles rurales et UNAF) se sont regroupées et lui ont emboîté le pas pour dénoncer, mardi, dans un communiqué commun, les répercussions d’un tel relèvement sur le budget des ménages.

 

M. Macron a décidé de ne pas trancher pour l’heure sur les mesures qui suscitent la polémique. Il demande à tous les intervenants des Etats généraux de poursuivre leur travail. Sachant que le second temps des travaux, qui se terminera fin novembre, a pour thème « une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous ».

 

Le chef de l’Etat demande aux filières de préparer un plan de restructuration à cinq ans. Un préalable avant toute mesure législative et réglementaire. La structuration de filières interprofessionnelles serait une condition sine qua non pour mettre en place le plan d’investissements agricoles de 5 milliards d’euros sur cinq ans, cofinancé par l’Etat. Une promesse de M. Macron, qui demande par ailleurs aux coopératives d’être plus transparentes, en particulier sur la redistribution de leurs marges auprès de leurs adhérents.

 

Inverser la construction des prix

 

En attendant, le président de la République met en exergue la piste qui a fait consensus lors du premier chantier : une inversion de la construction des prix en redonnant la main aux agriculteurs pour « changer la philosophie de la négociation commerciale », selon L’Elysée. Une loi devrait être présentée et adoptée par ordonnance « au premier semestre de 2018 », a précisé le chef de l’Etat.

 

Ce sera au producteur de proposer à l’industriel un contrat avec un prix tenant compte des coûts de production, et non l’inverse. Et pour que l’amont puisse peser dans les négociations, le gouvernement demande aux agriculteurs de se regrouper pour commercialiser leurs produits. L’Etat se dit prêt à accompagner le mouvement en les aidant à se « professionnaliser » et à leur donner un guide pour éviter les écueils du droit à la concurrence, dont la France veut faire bouger les lignes à Bruxelles.

 

Le renforcement des moyens de l’Observatoire des prix et des marges et de la direction générale de la concurrence (DGCCRF) est aussi à l’agenda.

 

Reste que les mesures réglementaires risquent de n’être applicables que pour les négociations commerciales 2019. Cette année, le gouvernement compte sur la dynamique créée par les Etats généraux pour qu’elles se déroulent dans de meilleures conditions.

 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 06:00
Défenseurs des vins nature à l’assaut, les députés adorent le Coca zéro ils boivent de moins en moins de vin à la buvette !

Encore un effet du dégagisme macronien, Ouest-France journal officiel d’une région de picoleurs tire la sonnette d’alarme :   Les députés boivent moins, l’Assemblée vend son vin.

 

J’imagine le désarroi de Vin&Société, la panique de la CNAOC, l’incrédulité des anciens députés habitués de la buvette de l’Assemblée, car cette désaffection pour notre nectar national propulse le Coca Zéro au rang de boisson favorite des députés.

 

« La buvette doit maintenant s’adapter et notamment se réapprovisionner en Coca zéro et en bière « qui sont très demandés, observe Florian Bachelier. La buvette est parfois en rupture sur le Coca pendant les séances nocturnes ».

 

Souvenir, souvenir, j’ai fréquenté après mai 1981 la buvette de l’Assemblée, surtout pendant les séances de nuit, fort nombreuses en cette période, j’ai même envisagé de dresser une typologie des boissons selon les groupes politiques. Du côté du vin, les hiérarques du groupe vin de l’AN imposaient à la Questure l’achat de bouteilles provenant de leur circonscription. Le plus doué dans cet exercice était sans contestation le député de la Drôme, Henri Michel, grand ami de Tonton.

 

Bref, suite à des votes importants les bouchons de champagne pétaient et, tous groupes confondus ça picolait grave. Le moment le plus étonnant que j’ai vécu à la buvette se situe au tout début de la législature qui a suivi la seconde élection de Tonton. Rocard était Premier Ministre, Nallet Ministre de l’Agriculture et moi directeur-adjoint de son cabinet. Ma bonne connaissance de la maison faisait que j’accompagnais le Ministre lorsqu’il allait y défendre un texte.

 

Donc, nous étions juste installé, le Ministre se pointe un soir à l’AN, moi je me rends à la buvette où je tombe sur la fine fleur du groupe RPR qui m’accueille à bras ouverts. À juste raison je m’en étonne. Ils se marrent. « Même si on préférerait avoir gagné, vous venez de nous rendre un fier service en nous débarrassant de François Guillaume. Ce type nous méprisait. Jamais nous n’avons été traités de cette façon. »

 

Précision pour les petites louves et les petits loups qui pensent que le monde commence avec eux, François Guillaume, ancien Président de la FNSEA, fut le Ministre de l’Agriculture du gouvernement de Cohabitation de Jacques Chirac.

 

Ils me payèrent le champagne.

 

Bref, revenons à la désaffection pour le vin de nos nouveaux députés.

 

Je cite Ouest-France :

 

Les députés sont plus sobres et réclament du Coca et de la bière. L’Assemblée nationale va devoir vendre son stock de bouteilles de vin.

 

Les nouveaux députés sont beaucoup plus sobres que leurs prédécesseurs. La consommation de bouteilles de vin et d’alcools forts à la buvette de l’Assemblée nationale a chuté de 50 % depuis le mois de juillet. Une baisse spectaculaire qui a interpellé, à la rentrée, la questure de l’Assemblée nationale, chargée de gérer le budget de l’institution (550 millions d’euros).

 

Sociologiquement, il y a une différence importante entre l’Assemblée actuelle et la précédente. Cela se voit dans beaucoup d’endroits. Les députés boivent moins, mais fument plus qu’avant", affirme-t-il. Avant de confirmer avoir été obligé de "rétrocéder une partie des stocks" de l'hémicycle. Thierry Solère

 

Florian Bachelier (premier questeur et député LaREM d’Ille-et-Vilaine), a donc demandé au conseil d’administration des restaurants du Palais Bourbon des détails. Et pour l’élu rennais, la raison est simple. « Les nouveaux députés, dont 351 marcheurs, sont plus représentatifs de la société française. La consommation d’alcool baisse en France, elle baisse également à l’Assemblée nationale. C’est plutôt une bonne chose. »

 

5 100 bouteilles à vendre

 

La questure a donc décidé de vendre une partie de la cave de l’Assemblée. En tout 5 100 bouteilles pour une économie estimée à 77 000 € par an. « Nous avons contacté nos fournisseurs pour qu’ils nous rachètent une grosse partie du stock. On négociera un bon prix de reprise », précise Florian Bachelier.

 

Face à ce tsunami je propose à mes « amis », je mets des guillemets car mon irrespect en irrite certains, puisque beaucoup d’entre eux sont en connexion avec les Insoumis du Jean-Luc nouveau converti à l’écologie, de faire des pieds et des mains pour que le vin nature soit inscrit à la carte de la buvette afin d’entreprendre la reconquête.

 

Voilà un beau challenge mes « amis », plus important à mon avis que vos petits combats sur  Face de Bouc.

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 06:00
Bonne nouvelle le nouveau prix Nobel d’économie aime les bons vins, il fait un raisonnement qui devrait faire jouir les Lpviens !

Pendant que les zinzins du vin s’excitent, j’oserais même écrire se branlent à propos du fameux tire-bouchon de la mère Buzyn, l'économiste américain Richard Thaler nouveau Nobel d'économie 2017 (littéralement « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel ») pour son travail en finance comportementale, lui va faire jouir jusqu’à l’extase les grands amateurs de vin, ceux qui s’agitent la nouille face aux grands vins tout en se lamentant sur la faiblesse de leurs bourses pour les acquérir.

 

Pour les ignares que nous sommes : les études d'économie comportementale explorent l'intersection entre le comportement humain et les principes économiques — ou pourquoi nous nous comportons d'une certaine manière avec l'argent.

 

Outre l'économie, le professeur de l'université de Chicago aime aussi le golf et les bons vins m’indiquent-on dans mon oreillette. Alors rien de surprenant que Thaler ait posé une question sur le vin à Paul Sullivan, chroniqueur au New York Times, pour expliquer l'économie comportementale dans son  livre « The Thin Green Line: The Money Secrets of The Super Wealthy. »

 

Je plante le décor : vous êtes un Lpviens-type qui a acheté au bon temps des bons prix des grands vins de magnifiques flacons et qui, bien sûr, les a conservés dans sa belle cave voutée.

 

Voici sa question du nouveau Nobel d’économie :

 

Combien cela vous coûterait de boire une bouteille de vin que vous avez acheté il y a des années pour 50 dollars et qui vaut désormais 500 dollars?

 

Prenez le temps de la réflexion :

 

La réponse de l’éminent professeur a moins à voir avec le vin qu'avec les sciences économiques.

 

Dans les faits, c'est même une illustration de la distorsion cognitive qui affecte beaucoup de gens lorsqu'ils confondent coûts irrécupérables et coût de renoncement.

 

Un coût irrécupérable est de l'argent que vous avez déjà dépensé. Il est perdu et vous ne pouvez rien faire pour changer cela maintenant. Dans ce cas, les 50 dollars dépensés pour la bouteille initialement sont un coût irrécupérable.

 

Un coût de renoncement est le prix que vous coûte le choix d'une action plutôt qu'une autre — dans ce cas, choisir de boire la bouteille au lieu de la vendre pour 500 dollars, voire la garder pour la revendre plus cher encore à l'avenir.

 

La bonne réponse est que cela vous coûte 500 dollars de boire la bouteille, parce que vous choisissez de la savourer au lieu de la vendre.

 

« La plupart des gens disent que ça ne leur coûte rien », explique Thaler à Sullivan. » Il y a des gens que j'apprécie beaucoup qui me disent même qu'ils se font de l'argent en buvant le vin car il ne leur a coûté que 50 dollars. C'est de la segmentation mentale."

 

Sullivan poursuit dans son ouvrage:

 

« Vraisemblablement, certains collectionneurs qui choisiront de boire leur vin auraient eu du mal à aller acheter la même bouteille pour 500 dollars afin de la boire avec leur dîner, mais pourtant c'est exactement ce qu'ils font lorsqu'ils boivent cette bouteille aujourd'hui. Ils préfèrent croire que la boire est une affaire, car ils l'ont achetée pour 50 dollars des années plus tôt. »

 

Sullivan souligne que les gens ne sont pas rationnels lorsqu'il s'agit d'argent. Nous achetons trop et n'économisons pas assez, parce que le consommateur moyen ne pense pas l'argent comme un économiste.

 

Les travaux Richard Thaler nous rappellent avec brio que les acteurs économiques ressemblent plus à Homer Simpson qu'à Superman.

 

Reste à répondre à une question : ceux qui ont acheté des vins pour spéculer, le boiront-ils si le prix se met à dévisser. L’adage en Bourse reste t’as rien perdu tant que t’as vendu, ici c’est bu !

 

Version originale: Libby Kane/Business Insider

 

LA TÂCHE ? CE N'EST PAS UNE MARCHANDISE

 

Dire qu’Aubert de Villaine n’a pas apprécié est un euphémisme. Il était furieux ! Depuis des années, le gérant du domaine de la Romanée-Conti (ses fidèles disent “le DRC”), au nom du caractère sacré et convivial du vin, demande par courrier à ses clients allocataires de résister aux sirènes de l’argent facile et de ne pas revendre leurs flacons mais de les boire en les partageant. "Tout producteur de grand vin a le sentiment de produire quelque chose de précieux, son devoir est de veiller à ce qu’il soit dégusté à son apogée. Une Romanée-Conti ou une Tâche n’ont pas vocation à être une marchandise sur laquelle on spécule", assène-t-il du haut de son Olympe bourguignon, en l’occurrence le village de Vosne-Romanée.

Lire ICI Spéculation : les grands crus face au mur de l’argent

 

 

Le coup de gueule des viticulteurs audois

 

« On ne peut pas être encouragés, encensés par Ubi­France et la Sopexa pour aller commercialiser nos vins dans tous les pays du monde et être considérés chez nous comme des assassins » : Jean-Marie Fabre, président de la fédération audoise des vignerons indépendants, ne décolère pas contre la dernière campagne de communication du ministère de la santé en faveur de la lutte contre le cancer, et qui utilise comme illustration un tire-bouchon (allusion directe au vin). 11.000 pétitions demandant le retrait de la campagne sont déposées le 28/9 par la filière viticole sur le bureau de Stéphane Travert, ministre de l’agriculture. « Le député audois Roland Cour­teau va de son côté saisir le CSA et le ministère de la Santé pour demander le retrait », complète Jean-Marie Fabre. Un tire-bouchon ne peut en effet ouvrir qu’une bouteille de vin, la campagne excluant de fait les autres alcools du type whisky, vodka ou bière. « Or, la loi interdit la stigmatisation d’un seul alcool dans les campagnes de communication. Soit on cite tous les alcools, soit aucun. Une fois de plus, seul le vin est stigmatisé alors que la consommation d’alcool fort ex­plose, et par des clients de plus en plus jeunes. Si la France consi­dère que le vin est un problème de santé publique, il faut un vrai plan Marshall pour faire disparaître la filière viticole, qui induit des emplois et contribue à l’aménagement du territoire. »

11 000 SIGNATURES preuve de faiblesse !

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 06:00
Le dessinateur François Boucq suit pour Le Monde le procès DSK-Carlton à Lille.

Le dessinateur François Boucq suit pour Le Monde le procès DSK-Carlton à Lille.

Mon Ministre, membre du premier cercle mitterrandien, celui qui déjeunait chaque mercredi avec lui après le Conseil des Ministres, Pierre Joxe, Louis Mexandeau, entre autres, les UDSR, alors que DSK n’était que, en 1991, ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur dans le gouvernement Édith Cresson puis de Pierre Bérégovoy jusqu’aux élections législatives de 1993, me confia un jour « Strauss-Kahn c’est un danseur mondain ! »

 

Il n’avait pas tout à fait tort, DSK de par sa légèreté et la haute idée qu’il se fait de sa personne intéressera beaucoup l’ex-brigade mondaine avec son pote Dodo la saumure.

 

En ce temps-là DSK était jospinien.

 

Comme Nicole Bricq, à qui il est venu rendre un dernier hommage au Conseil Economique et Social, avec une palanquée d’anciens ministres, des parlementaires au chômage, quelques rescapés et des politiques en plein recyclage, il a commencé - prof d’économie barbu et binoclard - sur les bancs du Ceres. «Nous pensions à l’époque que nous connaissions le sens de l’histoire et que nous pourrions en dénouer les ruses», s’amuse l’ancien présidentiable, avant de tenir tête à Emmanuel Macron, parlant d’égalité réelle, de socialisme de production, de lutte contre les inégalités et des «méfaits de la financiarisation mondialisée».

 

Oui, oui, ne vous pincez pas notre DSK en parangon de la « vraie gauche » est le parfait symbole de l’ancien monde, de ce PS dévalué, englouti sous le poids de ses contradictions, de son discours de gôche dans l’opposition, de ses pratiques gestionnaires de « gauche de gouvernement », de ses ambiguïtés, de ses haines recuites, de la notabilisation de ses cadres, de ses combines…

 

Rappelons à ceux qui ont la mémoire courte qu’en 1971, lors du congrès d’Epinay, les membres du Centre d’études, de recherches et d’éducation socialistes (Ceres), les marxistes de service, les idiots utiles du PCF,  allait permettre à Mitterrand, en s’alliant à la droite du PS : Gaston Deferre, de prendre le parti et son envol vers l’Elysée. À l’époque, Nicole Bricq et ses compères voulaient forger l’outil politique qui permettrait l’alternance pour changer la vie et surmonter la division de la gauche», a rappelé «le Che», dont la lettre a été lue par l’ancien député socialiste Emeric Bréhier.

 

Le Ceres a été le creuset de toutes les dérives, de tous les parcours ambigus liant les deux extrêmes au nom de ce que l’on nomme aujourd’hui le souverainisme.

 

Reprenons le fil de l’Hommage à Nicole Bricq : une époque et des piques par Laure Bretton dans Libération.

 

 « Sous la verrière de béton armé, la soirée avait de faux airs de tragédie grecque. Des colonnades, un peuple déboussolé et trois héros convoqués pour se souvenir d’une de leurs et qui finissent par raconter leurs guerres. Mardi soir, l’hémicycle du Conseil économique et social (Cese), à Paris, a réuni près de 250 socialistes et apparentés pour un ultime hommage à Nicole Bricq, brutalement disparue début août. Parmi eux, orateurs invités par Jean-Paul Planchou et Renaud Bricq, le compagnon et le fils de l’ancienne ministre, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Emmanuel Macron. Celui qui aurait pu être président, celui qui l’a été et celui qui l’est sur une même estrade pour rappeler le parcours politique d’une femme, qui épouse les méandres de la gauche. De Jean-Pierre Chevènement à En marche en passant par le Portugal de la Révolution des œillets, qui fut le laboratoire de l’union de la gauche au mitan des années 70. »

 

« Pour les écouter, lovés dans le velours vermillon du Palais d’Iéna, une palanquée d’anciens ministres, des parlementaires au chômage, quelques rescapés et des politiques en plein recyclage. Un moment suspendu dans l’histoire de la gauche. «On retenait tous notre souffle, c’était une heure hors du temps, un moment un peu fou», glisse a posteriori un des rares élus non socialistes de l’assemblée. Quatre mois après la victoire d’Emmanuel Macron, qui a achevé de faire imploser le Parti socialiste, «nous étions, au fond, dans cet hémicycle les différentes couches sédimentées de la gauche de gouvernement depuis quarante ans», complète le sénateur Alain Richard, qui a rejoint La République En marche en juin. »   

 

« Costume anthracite, cheveux blancs, tête rentrée dans les épaules, Dominique Strauss-Kahn commence par rendre hommage à la «combattante» Nicole Bricq. Sept minutes millimétrées, sans note mais «probablement apprises par cœur», se marre un ancien strauss-khanien. Comme l’ancienne sénatrice, il a commencé - prof d’économie barbu et binoclard - sur les bancs du Ceres. «Nous pensions à l’époque que nous connaissions le sens de l’histoire et que nous pourrions en dénouer les ruses», s’amuse l’ancien présidentiable, avant de tenir tête à Emmanuel Macron.»

 

« À la sortie du Palais d’Iéna, des berlines transportent la famille de Nicole Bricq vers une brasserie du VIIe arrondissement. François Hollande suit le mouvement. Samedi, une partie de cette assemblée remet le couvert à Boulogne-sur-Mer, invitée au mariage de l’ancien ministre hollandais, Frédéric Cuvillier. Et Jean-Christophe Cambadélis, dont le récit acide du quinquennat a fini de braquer ses camarades, de regretter d’avoir «terminé [s]on livre trop tôt». Tous ont envie de raconter ce «petit précipité de gauche» mais la plupart réclame de le faire sous le couvert du «off». A les écouter, immédiatement les piques affleurent, la rancœur aussi. A l’heure de tourner la page sur quarante ans de militantisme, un convive verse dans la psychanalyse : mardi soir, «Hollande et Strauss-Kahn ont dit à Macron : « Tu es parce que nous avons été. » Et Macron leur a répondu : « Vous étiez certes. Mais je suis. »

 

Le message de DSK à Emmanuel Macron sur les valeurs de la gauche

 

L’ancien patron du FMI, qui a vu certains de ses ex-conseillers rejoindre l’équipe d’Emmanuel Macron, en a profité pour donner son premier discours politique depuis l’affaire du Sofitel de New York, le 14 mai 2011. Tout en dressant un portrait très personnel de l’ex-ministre de François Hollande, qui a participé à ses côtés, dans les années 1990, à son courant « Socialisme et démocratie », il n’a pas manqué d’adresser un message sur les valeurs de gauche au président de la République, comme l’a rapporté L’Opinion. En parlant de Nicole Bricq, il a déclaré notamment :

 

« Je l’avais convaincue de mon idée de socialisme de la production, pour remplacer le vieux socialisme de la redistribution. Et quand on voit aujourd’hui les méfaits, l’explosion des inégalités créées par la financiarisation de la mondialisation, on voit que la cible n’était pas si mal choisie. »

 

Et DSK de poursuivre :

 

« Quand on est sûr de ce qu’on pense, on peut faire des compromis avec des adversaires d’hier et peut-être de demain. Elle l’a fait par conviction, très loin du cynisme de beaucoup. Parce qu’elle savait que les valeurs de gauche et les valeurs de droite ne sont pas les mêmes. Que les deux sont nécessaires à l’équilibre de la société, mais que leur opposition dialectique vivra tant que vivra la démocratie. Les mêler, ce n’est pas les confondre. Les faire avancer ensemble, c’est savoir garder leur équilibre. »

 

Allusion à peine voilée au chef de l’Etat, chantre du « ni droite, ni gauche » puis du « et droite et gauche » pendant la campagne présidentielle. Un discours longuement applaudi par la salle, « presque comme dans un meeting », écrit L’Opinion.

 

En savoir plus sur ICI 

C’est le bordel… DSK sort sa verge pour fouetter sur sa fesse gauche le Président Macron et en même temps !
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