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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 06:00
L’entrecôte Black Angus USA sous opercule à 54,95 € le kg ou le triomphe des montres molles c’est pour les gogos…

En serais-je 1 puisque j’en ai acheté une de 0,275 kg pour 15,11€ ?

 

Bien sûr que non, en chroniqueur qui teste avant d’écrire je me dévoue et je mets la main à la poche.

 

À la boucherie de la grande épicerie du Bon Marché l’entrecôte c’est 54,80 € le kg

 

Chez Hugo Desnoyer c’est € le kg

 

Brent Young, l’un des bouchers de la boucherie Meat Hook à Williamsburg, Brooklyn, reste dubitatif. Lors de son voyage en France pour apprendre l’art de la boucherie française auprès de Le Bourdonnec, son associé et lui n’ont pas réussi à trouver de viande digne de ce nom à Paris. “Les steaks étaient trop jeunes. Ils avaient autant de goût qu’un blanc de poulet. C’était devenu une sorte de défi impossible entre nous : trouver un bon steak”, raconte-t-il.

 

Qu’est-ce que la Black Angus US ?

 

  1. La version Yves-Marie  Le Bourdonnec

 

La Black Angus d’origine américaine  correspond aux standards de consommation actuels. Par contre, c’est une aberration environnementale de faire venir des carcasses  d’Amérique par avion lorsque l’on pense au bilan carbone du produit final. Et même en comptant le transport, c’est la viande la moins chère du marché actuellement. Elle provient d’une production industrielle pure, les animaux sont élevés en intensif, concentrés sur des prairies sans herbe et nourris au soja dont une partie est transgénique. Ce sont vraiment les endroits dans le monde où la densité le nombre de têtes par km² est la plus élevée. Les éleveurs ont obtenu des bêtes conformes au marché européen. En croisant la Black Angus avec des types charolais ou Herford pour améliorer sa conformation, ils ont un produit plus épais dont  la carcasse pèse autour de 450 kg contre 280 à 320 pour une carcasse standard de Black Angus.

 

La Black Angus importée du continent américain (sud et nord) offre des taux de marge élevé. Selon Yves-Marie  Le Bourdonnec, et conseiller des chefs, une entrecôte française coûte 25 euros, prix d’achat pour un restaurateur contre 16 pour son homologue d’Outre Atlantique,  coûts de transport inclus. Les raisons de son succès : une tendreté poussée à l’extrême.

 

  1. La version Boucherie Metzger

 

Black Angus USA

 

ÉLEVAGE

 

C’est au coeur des Grandes Plaines des États-Unis que l’Angus américain est élevé à l’air libre. Une alimentation contrôlée, composée exclusivement d’herbes, suivi d’un régime de cent jours à base de céréales minutieusement choisies, donnent à cette viande un goût exceptionnel. Les bovins nourris aux céréales produisent de manière constante des viandes dont la tendreté et la saveur les différencient nettement de la plupart des autres viandes. Leur secret ? Seul un nombre limité de races est utilisé.

 

MORPHOLOGIE

 

De taille moyenne, 135 cm au garot pour 650 à 700 kg, l’animal porte une robe uniforme noire ou rouge, bien que du blanc puisse apparaître sur ses mamelles. Ses muqueuses sont noires et elle est naturellement sans cornes.

 

PLAISIR DES YEUX

 

Le Black Angus USA se distingue par un persillage exceptionnel ("marbling" en anglais). Le marbrage - graisse intramusculaire dans la partie maigre - constitue un facteur déterminant de la qualité de la viande. Le marbrage exceptionnel que l’on retrouve dans le Black Angus USA résulte de sa finition en feed lot ( maïs à volonté).

 

DÉGUSTATION

 

Ses saveurs sont très développées, avec une prédominance de gras fondu et d’animalité. Même si les nutritionnistes froncent les sourcils, les amateurs de viande en sont fans! Reconnue dans le monde entier pour sa tendreté, sa succulence et son goût unique, la Black Angus USA est une viande d’exception très appréciée des connaisseurs.

 

CONTRÔLE

 

C’est un produit au goût recherché qui respecte les normes de l'UE, notamment en matière d'alimentation animale et de non-utilisation d'hormones. Le Black Angus, l'Angus US ou l'Angus Aberdeen de la boucherie Metzger provient du stock des viandes d'exception de Metzger Frères. Toute notre viande est contrôlée par les autorités européennes et fait partie du programme très strict "ANGUS BEEF" certifié par l'USDA (Ministère de l'agriculture Américain).

 

  • La version maison Lascours ICI 

 

Donc j’ai testé.

 

 

C’est mol, ça fond dans la bouche, ce n’est pas de la viande mais le triomphe d’une tendreté sans relief, ce n’est pas mauvais mais ça passe comme une lettre à la poste sans laisser de trace.

 

 

Le prospectus indique que les animaux sont finis aux grains mais ne dit rien sur les conditions d’élevage auparavant.

 

Très décevant.

 

France. Le bœuf français n'a plus la cote

THE NEW YORK TIMES - NEW YORK

Publié le 15/03/2014

 

Pauvre en goût, souvent trop jeune, le bon vieux pavé charolais a du souci à se faire ! On lui préfère de plus en plus les bêtes qui paissent loin de l’Hexagone et qui arrivent en masse dans les assiettes des bistrots parisiens à la mode.

 

En France, il est relativement facile de manger de la mauvaise viande. Le moindre troquet parisien propose sa bavette à l’échalote, son faux-filet frites, ou encore son entrecôte sauce roquefort. L’origine des pièces de viande est souvent identifiée sur le menu : charolaise, limousine ou encore blonde d’Aquitaine.

 

Le problème, c’est que la viande française est loin d’être extraordinaire. Ce qui explique sans doute que, depuis quelques années, une révolution silencieuse est en marche : la France importe du bœuf et cette viande en provenance des Etats-Unis, d’Amérique du Sud ou d’autres pays européens est en train d’envahir le pays.

 

“Nos races d’élevage sont robustes et musclées car au départ, les bêtes étaient destinées à travailler, explique Yves-Marie Le Bourdonnec, boucher depuis 30 ans. Par conséquent, leur viande n’a pas beaucoup de goût.” M. Le Bourdonnec est une star. (Il a posé nu avec une côte de bœuf pour le calendrier 2012 afin de rendre sa profession “plus sexy”) C’est également un ardent défenseur de la viande d’importation.

 

Sa boutique, la Boucherie Lamartine, pourrait presque passer pour un musée avec sa devanture traditionnelle et ses moulures anciennes. “Spécialiste de la maturation” peut-on lire en lettres dorées sur les deux vitrines.

 

Les touristes viennent prendre des photos. Et les chauffeurs particuliers se garent en double file pour récupérer les commandes de leurs riches patrons. Les vitrines réfrigérées contiennent différentes pièces de côte de bœuf sagement alignées sur des étagères. Il y a le Wagyu importé d’Espagne, la Longhorn anglaise nourrie exclusivement à l’herbe et la Montbéliarde française. Certaines pièces coûtent plus de 100 dollars [72 euros] la livre. Dans une autre vitrine, des morceaux de bœufs français considérés dans d’autres pays comme impropres à la consommation, sont exposés sur des crochets. “Les Américains utilisent ces morceaux pour les hamburgers”, dit-il. “Quant aux Anglais, ils les donnent à leurs chiens.” Des vaches élevées comme des chevaux Environ 20% du bœuf consommé en France est d’origine étrangère. La viande vient d’Allemagne, d’Angleterre et d’Irlande et de plus en plus souvent des Etats-Unis, d’Espagne, d’Argentine ou du Brésil. (Le bœuf américain est interdit dans les pays de l’UE tant que les producteurs ne peuvent garantir que leur viande n’a pas été gonflée artificiellement avec des hormones de croissance.)

 

Chez Caillebotte, un bistrot parisien ouvert fin 2012 par les propriétaires du Pantruche à quelques pâtés de maison, on sert de la bavette de bœuf Black Angus en provenance du Kansas. Le restaurant Unico est quant à lui spécialisé dans la viande argentine. Le Beef Club, propose sur sa carte du boeuf anglais et écossais sélectionné par Le Bourdonnec, et a installé sa propre boucherie dans ses locaux afin de respecter les normes européennes très strictes sur la maturation de la viande.

 

Le plus américain de ces nouveaux venus est sans conteste le Café des Abattoirs, du chef Michel Rostang, deux étoiles au Michelin, et de ses filles Caroline et Sophie dans le centre de Paris. Inspiré des steak-houses new-yorkaises, ce restaurant offre à ses clients d’immenses serviettes de tables blanches et oranges qui ressemblent plutôt à des mini-tabliers, des couteaux à viande gigantesques et une grande variété de pièces de viande Black Angus du Kansas et Angus d’Ecosse. (On peut aussi y manger de la viande française et notamment de généreuses entrecôtes de variétés bretonnes comme la Nantaise ou l’Armoricaine.)

 

Sur la table, des sauces faites maison : barbecue, béarnaise, moutarde, sauce poivre et un ketchup à base de raifort et de citron qui irait sans doute mieux avec des crevettes. Les short-ribs, une pièce de viande inconnue en France puisque cette manière de couper la viande n’y est pas pratiquée, cuisent pendant 72 heures à feu très doux dans un four sophistiqué, et terminent ensuite leur cuisson dans un four-grill hybride de la marque espagnole Josper dont le feu est nourri de bois et de sarments de vigne. Le résultat ? La viande la plus persillée de Paris.

 

“Nous ne sommes pas en France ici”, dit le chef Yann Lainé. “Personne ne coupe la viande comme ça. Si je portais ce morceau au boucher du coin, il me dirait qu’il est beaucoup trop gras.

Mais ici nous raffolons du bœuf américain. Les animaux sont élevés sous le même climat toute l’année et reçoivent la même nourriture. La viande est uniforme, savoureuse et grasse.”

 

Au Sévero, un petit restaurant de seulement 28 couverts dans un quartier désert de la partie la moins chic du 14ème arrondissement. William Bernet, le propriétaire, ne sert pratiquement que des pièces de bœuf Simmental d’origine bavaroise maturées. Ce boucher d’origine tient Le Sévero depuis 27 ans. Et pour les amateurs de viandes, c’est la meilleure adresse de Paris. En règle générale, il ne demande pas aux clients comment ils souhaitent la cuisson de leur viande. Les amateurs qui fréquentent l’endroit veulent leur viande bleue ou saignante. “Parfois quelqu’un demande sa viande à point. S’il le faut vraiment, nous obtempérons”, concède-t-il.

 

Il explique qu’historiquement, les vaches françaises n’étaient pas destinées à la consommation mais à devenir des bêtes de somme minces et musclées :“Pour obtenir une bonne viande, il faut prendre le temps de bien nourrir les vaches avec de bonnes choses, sans stress, sans maladie, ni additifs. Le problème des vaches en France, c’est que les éleveurs ont tendance à les confondre avec des chevaux.”

 

C’est pour cette raison que les régions françaises ont toutes leurs propres recettes traditionnelles à base de bœuf émincé (comme le hachis Parmentier) ou longuement mijoté pour que les morceaux soient plus tendres (comme dans le pot-au-feu), raconte-t-il. L’érotisme de la côte de boeuf

 

Malgré l’invasion des viandes importées, les Français défendent farouchement la supériorité de leur bœuf. En 2011, 40 écrivains, historiens, illustrateurs et intellectuels ont sorti en partenariat avec la Confédération des Bouchers, une luxueuse revue en édition limitée, véritable hommage à la viande française.

 

Dans un essai intitulé L’Etre-bœuf, [Richard Millet] évoque “la sensualité bovine de la femme, et [la] beauté toute féminine de la vache.” Pour lui “partager une côte de bœuf avec une femme est (…) un acte éminemment érotique.”

 

L’érotisme ne consistant pas “dans les mots échangés, dans les regards, ni dans ce qui se frôle sous la table”, mais davantage dans une “faveur amoureuse” partagée.

 

Brent Young, l’un des bouchers de la boucherie Meat Hook à Williamsburg, Brooklyn, reste dubitatif. Lors de son voyage en France pour apprendre l’art de la boucherie française auprès de Le Bourdonnec, son associé et lui n’ont pas réussi à trouver de viande digne de ce nom à Paris. “Les steaks étaient trop jeunes. Ils avaient autant de goût qu’un blanc de poulet. C’était devenu une sorte de défi impossible entre nous : trouver un bon steak”, raconte-t-il.

 

Le Bourdonnec pense avoir trouvé la solution. Il a l’intention d’importer en France des animaux vivants, et non plus congelés. Il raconte l’histoire de cet homme d’affaires, Yves-Marie Morault. Ce dernier aimait regarder ses vaches Blonde d’Aquitaine paître dans sa propriété en Normandie mais il trouvait que leur alimentation en céréales lui coûtait beaucoup trop cher.

 

Il a donc demandé à Le Bourdonnec de les remplacer par des Angus, plus petites, plus délicates et moins voraces. 100 vaches anglaises ont ainsi débarqué en Normandie. Et il est aujourd’hui à la tête d’un cheptel d’une soixantaine de vaches et de quatre taureaux. Les deux hommes envisagent même leur commercialisation.

 

“Nous n’avons pas besoin d’importer de viande”, explique Le Bourdonnec. “Chaque élevage français dispose d’une grande prairie. Nous avons besoin d’élever de meilleurs animaux et de croiser les races. Le tandem idéal étant un animal anglo-saxon et un boucher français, un peu comme une Américaine avec un amant français.”

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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 06:00
Ni de droite, ni de gauche, les députés La République en marche devraient revenir sur l’invention du docteur Guillotin : l’hémicycle !

Ils sont si nombreux, les députés LREM, 310 plus deux apparentés, qu’il a été difficile de les caser ni à gauche ni à droite dans l’hémicycle.

 

La photo ci-dessous ou ICI montre qu’ils penchent physiquement plus à gauche qu’à droite pour une raison simple les députés de gauche : les insoumis de Mélenchon 17, la gauche démocrate et Républicaine 16, la Nouvelle Gauche 27 + 3 apparentés sont moins nombreux que Les Républicains 94 + 4 apparentés. Seuls les députés de Bayrou  sont à leur place : au centre qui penche sur la droite 41 + 6 apparentés. L’UDI est encore plus à droite : 33 + 1 apparenté.

 

 

Alors pourquoi, à propos de l’hémicycle, évoquer le docteur Guillotin ?

 

« La guillotine justement. Machelin s’était brusquement accroché à mon bras : tout était là, dans cet objet emblématique, dans ce symbole effroyable de la modernité. Le docteur Guillotin, son promoteur, était à l’origine d’une autre innovation capitale de l’ère révolutionnaire. C’était lui qui avait proposé de distribuer la représentation nationale dans un hémicycle – sur le modèle, évidemment des amphithéâtres de médecine. De l’application de cette forme savante au champ politique, jusque-là plutôt organisé en rangées et en ordres, étaient nés les concepts géniaux de droite et de gauche. La gauche et la droite avait conclu Machelin de  façon parfaitement syllogistique, étaient nées autour d’un cadavre – cadavre qu’elles s’étaient disputé jusqu’à ce que celui de Jernigan les réconcilie. »

Le Grand Paris Aurélien Béranger page 90

 

1er décembre 1789 Les Français découvrent la guillotine

 

 

Le 1er décembre 1789, le député Joseph Guillotin, docteur de son état, suggère à la tribune de l'Assemblée constituante que soit introduite l'égalité de tous les citoyens devant le juge.

 

« Les délits du même genre seront punis par le même genre de peine, quels que soient le rang et l'état du coupable, écrit-il dans son projet de loi. Dans tous les cas où la loi prononcera la peine de mort, le supplice sera le même (décapitation), et l'exécution se fera par un simple mécanisme »

 

Égalité devant la mort

 

L'Assemblée constituante édicte donc le 3 juin 1791 que « tout condamné à mort aura la tête tranchée » (article 3 du Code civil). Elle demande à Antoine Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de chirurgie, de mettre au point la machine à exécuter.

 

Le chirurgien s'inspire d'une machine d'origine écossaise, avec un tranchoir entre deux montants en bois. Il améliore son mécanisme et remplace le couperet en forme de croissant par un couperet en forme de trapèze.

 

La machine assure selon ses promoteurs une mort immédiate, à la différence de la décapitation à la hache ou à l'épée (la « décollation », privilège des nobles) ; à la différence également de la pendaison, de la roue ou, pire, de l'écartèlement, supplices réservés aux roturiers.

 

Elle est essayée à Bicêtre sur des moutons et des cadavres. Nicolas-Jacques Pelletier, en fait les frais pour la première fois le 25 avril 1792. C'est un voleur de grand chemin qui a frappé un citoyen pour lui extorquer ses assignats.

 

La machine est d'abord appelée « louisette ». Puis, les journalistes parlementaires, mécontents du docteur Guillotin qui, à l'Assemblée, leur demandait de bien se tenir, la baptisent « guillotine », non sans s'attirer les protestations de l'intéressé.

 

Dans l'argot des rues, la machine sera aussi surnommée le « rasoir national » ou la « Veuve ». Les magistrats préfèrent quant à eux le délicat euphémisme : « bois de justice ».

 

Pendant la Grande Terreur, en 1793 et 1794, environ 17 000 condamnés auront à la connaître.

 

Elle recueillera en France un vif succès populaire jusqu'au 29 juin 1939, date à laquelle les exécutions cessent d'être publiques.

Source : Hérodote.Net

 

Joseph-Ignace GUILLOTIN

1738-1814

Médecin, humaniste et homme politique français

 

Docteur de la faculté de Reims, Joseph Guillotin combattit toute sa vie pour le rationalisme et la justice. Erudit et cultivé il fréquente les cercles, il côtoie des savants comme Franklin, Lavoisier, Bailly, Buffon ou Lacépède, ou des écrivains comme Condorcet ou Voltaire.

 

Il fait décréter, par l'Assemblée Nationale, l'égalité des peines pour tous les citoyens.

 

La suite ICI 

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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 06:00
« C’est un scandale ! » « Le Champagne détruit les petits vignerons voisins » David contre Goliath

Quelle découverte, les grands libéraux que sont les champenois ont prospéré pendant des décennies sous un lourd dirigisme, faisant fi du droit européen, né du régime du maréchal Pétain. (1)

 

 J’ai eu l’occasion à deux reprises de pratiquer l’impérialisme champenois : la première fois lorsque ceux-ci ont exigé des pouvoirs publics que la méthode de vinification champenoise leur soit uniquement réservée ; ils ont gagné, les autres, les crémants tout particulièrement et les autres appellations effervescentes, devant inscrire sur leurs étiquettes méthode traditionnelle.

 

La seconde fois ce fut, plus récemment, lorsque je tins la plume de madame Catherine Vautrin, alors députée de la Marne, vice-présidente de l’AN, ex-Ministre de Jacques Chirac, chargée  par Bruno Le Maire de faire des propositions sur un nouveau régime de droits de plantation.

 

Le gouvernement de l’époque s’était fourré dans un beau merdier en ayant voté à Bruxelles, en pleine euphorie libérale, la fin du régime des droits de plantations. La crise aidant revirement de jurisprudence il fallait imaginer un nouveau régime permettant de ne pas perdre la face.

 

Dès notre première entrevue, je signalai à madame Vautrin qu’il n’y avait rien de possible entre un régime de droits de plantation et la liberté de planter. Elle balaya d’un revers de main mon objection. Bon petit soldat j’assistai en silence aux auditions de toutes les organisations professionnelles du vin, soit une tripotée.

 

Et, comme par hasard, les plus attachés aux droits de plantations furent les grands libéraux champenois  épaulés par les gens du Cognac. Sans vouloir être mauvaise langue ça sentait le LVMH.

 

22 septembre 2012

 

Y-a-t-il un substitut au droit de plantation ? La réponse est non ! ICI  

 

29 septembre 2012

 

Le nouveau système de gestion des plantations de vignes dans l’UE : une nouvelle usine à gaz qui ne produira qu’un rideau de fumée ICI 

 

Alors lorsque ce pauvre Patrice Bersac, président du Syndicat des vignerons d’Ile-de-France tempête : « C’est un scandale ! » je compatis.

 

En effet, son syndicat demande pour la troisième année consécutive à pouvoir planter des vignes dans des zones autour de l’appellation Champagne mais le Syndicat général des vignerons de la Champagne ne l’entend pas de cette oreille.

 

Le 20 décembre, jour de l’écriture de cette chronique, le Comité vin de FranceAgriMer doit entériner les projets de limitation de plantations de vignes nouvelles. Les producteurs d’Ile-de-France demandent à pouvoir planter librement comme le droit européen les y autorise des vignes sans indication géographique, notamment dans des communes jouxtant l’aire de Champagne.

 

« Mais, nous savons que ces gens nous méprise, et nous sommes convaincus que le Comité vin de FranceAgriMer ne prendra pas de positions courageuses » commente Patrice Bersac. En clair : les producteurs franciliens s'attendent à ce que FranceAgriMer vote en faveur d'une limitation des plantations autour de la zone champenoise.

 

David contre Goliath

 

C’est pourquoi, son syndicat lance une pétition à l’attention du ministre de l’Agriculture Stéphane Travert. Intitulée « le Champagne détruit les petits vignerons voisins », elle explique comment le Syndicat général des vignerons de Champagne tente d’instaurer un cordon de 25 kilomètres autour de son aire, au sein duquel aucune vigne ne peut être plantée. Le syndicat « veut transformer plus de 500 communes en désert viticole autour du riche champagne »

 

Pas sûr que le père Travert tremble face à la menace.

 

Autre front plus intéressant

 

Parallèlement à cette pétition, le Syndicat des vignerons d’Ile-de-France agit également au niveau européen. Il a en effet envoyé une lettre au Commissaire Hogan pour le sensibiliser à la question et lui demander son aide. Datée du 19 décembre, elle rappelle que « le règlement stipule que l'État membre ne peut restreindre la délivrance d'autorisations de plantation nouvelles que pour deux motifs, notamment « la nécessité d'éviter un risque dûment démontré de dépréciation importante d'une appellation d'origine protégée ou d'une indication géographique protégée donnée ».

La naissance du Comité interprofessionnel du vin de Champagne

 

 «  À Épernay, le 10 juillet 1941, Bousquet assista à l'assemblée générale annuelle du Syndicat général des vignerons présidé par Gaston Poittevin, qui avait été député radical-socialiste de la Marne de 1919 à 1936. Devant les délégués de la Champagne viticole venus de la Marne, de l'Aube et de l'Aisne, le secrétaire général Maurice Doyard annonça la naissance du Comité interprofessionnel du vin de Champagne ( CIVC ), créé par la loi du 12 avril 1941 ( 22 ). Ce comité était appelé, selon lui, à devenir « la représentation de tous les intérêts champenois », et il en expliqua le fonctionnement.

 

   Bousquet parla de la mise en œuvre de la charte du champagne qui devait fixer les droits et les devoirs de tous les éléments de la production et du commerce :

 

   Il ne faut pas que la nouvelle organisation de la viticulture soit la revanche de quelques hommes sur d'autres hommes, un retour à des erreurs ou des égoïsmes passés [...]

 

   Aucune opposition fondamentale ne peut dresser le travail contre le commerce et vice-versa.

 

   À l'issue de cette assemblée générale, Otto Klaebisch et son adjoint Muller firent leur entrée dans la salle et participèrent aux libations d'usage ( 23 ).

 

   Le CIVC, qui remplaçait l'éphémère Bureau national de répartition du vin de Champagne, était organisé selon une structure pyramidale. Au sommet était placé un commissaire du gouvernement désigné par le ministre secrétaire d'État à l'Agriculture et qui fut, de 1941 à 1945, le directeur des contributions indirectes de la Marne, Charles Théron. Il assistait à toutes les délibérations et pouvait, selon les directives qu'il recevait, ou bien donner son accord immédiat aux propositions qui lui étaient soumises, ou bien les soumettre à l'avis du ministre. Il était assisté d'un délégué du vignoble qui fut de 1941 à 1944 Maurice Doyard, et d'un délégué du négoce, Robert de Vogüé, directeur de Moët et Chandon, remplacé en 1944 par René Chayoux.

 

   En dessous, le Bureau exécutif comprenait trois négociants et trois récoltants, et le Comité consultatif était composé de dix récoltants, dix négociants, un courtier, trois représentants des industries annexes, deux représentants du personnel viticole, deux représentants des cavistes et un représentant du Comité national des appellations contrôlées.

 

   Tous les membres du CIVC furent choisis par le ministre secrétaire d'État à l'Agriculture dans les organisations professionnelles ou syndicales existantes dont les instances firent des propositions. Le préfet de la Marne, René Bousquet, fut chargé de transmettre ces propositions et de donner son avis personnel.

 

   Les compétences du CIVC, définies dans la loi du 12 avril 1941, étaient larges, et correspondaient assez bien à ce que revendiquaient les représentants des vignerons et des négociants qui siégeaient depuis 1935 dans la Commission de la Champagne délimitée, et dont étaient issus la plupart des responsables professionnels nommés à la tête du CIVC.

 

   Ainsi, le CIVC qui aujourd'hui encore joue un rôle important dans l'économie champenoise, est né curieusement de la rencontre entre la situation créée par l'importance des prélèvements allemands, le souci des professionnels de répondre à cette demande tout en préservant les intérêts champenois, leur volonté de faire aboutir une réorganisation de la profession qu'ils réclamaient depuis longtemps avec insistance, les projets corporatistes et dirigistes des technocrates de Vichy, et enfin la bonne connaissance de ce dossier qu'avait acquise René Bousquet, lors de son passage au ministère de l'Agriculture aux côtés du ministre Cathala avant la guerre.

 

   En 1991 dans le Bulletin d'information du CIVC, un article non signé intitulé " Le cinquantenaire du CIVC ", récusait le parrainage du régime de Vichy, faisait totalement l'impasse sur celui du préfet Bousquet, et présentait la loi du 12 avril 1941 comme un simple « texte législatif de reconnaissance » habilement imposé par les Champenois « contre la volonté de l'autorité publique » en profitant des « défaillances de l'appareil administratif ». Selon cet article, l'idée interprofessionnelle serait née à la fin des années 1930, dans les travaux d'économistes « soucieux de trouver une troisième voie entre un capitalisme défaillant et un socialisme inquiétant » ; les fondateurs du CIVC « ne revendiquaient aucune doctrine » et se seraient simplement efforcés de faire preuve de « pragmatisme », et de renouer avec le « solidarisme » que prônait Léon Bourgeois sénateur radical de la Marne avant la Première Guerre mondiale ( 24 ).

 

   Hervé Malherbe considère au contraire qu'on retrouve bien dans la structure du CIVC et dans son mode de fonctionnement, « les critères idéologiques de l'État français basés sur la corporation, qui méconnaît la démocratie de base ». En même temps, il récuse toute parenté entre le CIVC qui, malgré son nom, correspondait bien à une Corporation du Champagne, et l'organisation interprofessionnelle que les socialistes marnais, avec leur député Henri Martin, appelaient de leurs vœux à la veille de la Seconde Guerre mondiale ( 25 ).»

 

 

Le vin de Champagne à l'épreuve de l'occupation allemande 1940-1944

ICI http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/enseigner/memoire_2gm/champagne_occupation.htm#civc

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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 06:00
Chamath Palihapitiya ex-chargé de la croissance de Face de Bouc défend à ses enfants de toucher à « cette merde » paroles d'alcoolique repenti…

D'après lui, les réseaux sociaux « sapent les fondamentaux du comportement des gens ». « Je pense que nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social », juge-t-il aujourd'hui, en faisant part de « son immense culpabilité »

 

Ce revirement n'est pas un cas isolé. « Dieu seul sait ce qu'ils font aux cerveaux de nos enfants », s'était déjà alarmé l'ancien président de Facebook, Sean Parker.

 

Le créateur du bouton « J'aime » de Facebook, Justin Rosenstein, a décidé de bouder les réseaux sociaux Reddit et Snapchat.

 

« Il est révélateur que beaucoup de ces jeunes experts n'utilisent plus leurs propres produits, soulignait alors le quotidien britannique, en envoyant leurs enfants dans les écoles élites de la Silicon Valley où les iPhones, les iPads et même les ordinateurs portables sont interdits. »

 

Ma pomme, blogueur précoce, chalute sur le Net depuis presque 14 ans, a vu de ses yeux vu les tuyaux du Net, avec l’irruption de Face de Bouc et de Twitter, se remplir de merde, devenir l’expression de la lie de nos sociétés.

 

Pas que, bien sûr, ce ne sont pas les tuyaux qui sont responsables des Fake News ou des torrents de boue, même si leur politique de lutte contre ces phénomènes n’est pas toujours à la hauteur.

 

C’est dans le même ordre d’idées que les jérémiades sur la propreté des rues de Paris : les déchets qui la jonchent ne tombent pas du ciel, les usagers en sont responsables.

 

Ma politique d’usage sur Face de Bouc et Twitter, où mes chroniques sont automatiquement postées par mon hébergeur, est simple : je me refuse à commenter et si, ça déborde trop, je vire le fouteur de merde.

 

Ma page de Face de Bouc est pour moi un lieu où je poste des articles de presse qui m’apparaissent intéressants, depuis le massacre de Charlie Hebdo des caricatures de presse, j’ai eu aussi ma période citations fausses très appréciée par mes amis.

 

Dans le fil journalier, pendant que je rédige mes chroniques, je m’arrête parfois, tel un profiler, sur le profil psychologique de certains, surtout ceux que je connais bien.

 

Face de Bouc leur permet de ripoliner leur CV, de faire oublier ce qu’ils étaient dans une vie intérieure, de se lover dans la tendance, de devenir un ardent féministe alors que par le passé au nom de la paillardise on brocardait les pisses-froid, de flatter les gogos… Bref, de dorer la pilule.

 

Certains  de mes « amis » me disent : pourquoi estimes-tu qu’untel est infréquentable ?

 

Je réponds invariablement, « je sais » et lui aussi « sais que je sais », je n’ai pas vocation à la délation.

 

Ça les fait chier, alors ils bavent sur moi mais je m’en fous « les chiens aboient la caravane passe. »

 

 

Cédric Villani, député LREM de l'Essonne, et Dominique Cardon, sociologue, étaient les invités de Léa Salamé sur France Inter vendredi dernier.

 

Mathématicien et député LREM, Cédric Villani a été chargé par le gouvernement d'une mission sur l'intelligence artificielle. Sociologue, spécialiste de l'usage d'Internet, Dominique Cardon est l'auteur de La démocratie internet aux éditions du Seuil. Ils répondent aux questions de Léa Salamé sur l'impact des réseaux sociaux sur nos sociétés, la taxation des GAFA et le rôle de l'intelligence artificielle dans la vie publique et économique.

 

« Toutes les technologies puissantes ont leurs bénéfices et leurs maléfices », explique le mathématicien, également député de l’Essonne, qui rappelle la perte de repères face aux espoirs qu'Internet nourrissait à ses débuts.

 

Dominique Cardon, sur l'ex-cadre Facebook qui a émis des critiques publics contre le réseau social : « C'est un peu des paroles d'alcoolique repenti », estime le sociologue : « Les réseaux sociaux ont apporté à nos sociétés quelque chose de majeur, de central (...) Ces discours sont une crise d'adolescence de la 'routinisation', de l'utilisation quotidienne, de ces outils dans nos vie.

 

On est tous entré dans un monde assez nouveau, il faut qu'on apprenne à mieux interpréter ces signaux.

 

Le marché publicitaire a détruit l'expérience Facebook (...) Nous devons nous demander : sommes-nous à la hauteur de nos usages, ou est-ce que nous cliquons bêtement sur n'importe quel truc qui passe ?

 

« C'est à nous de nous prendre en main, trouver nos propres règles, nos propres valeurs » renchérit Cédric Villani. « Adhérer à l'économie numérique oui, mais en conscience de nos propres valeurs »   

 

Sur l'abrogation de la neutralité numérique

 

« Oui, c'est grave » explique Dominique Cardon, « on est en train de donner à quelques acteurs économiques la possibilité d'utiliser l'infrastructure commune à leur profits »

 

Dominique Cardon prône la pédagogie et même l'auto-apprentissage : « C'est toujours plus efficace de responsabiliser que d'interdire franchement » puisqu'à « 13 ans, les réseaux sociaux jouent un rôle majeur de sociabilisation »

 

Il faut obliger les plateformes à nous fournir plus d'outils pour les maîtriser

 

Protéger la vie privée sur Internet

 

Une responsabilisation des utilisateurs aussi prônée par Cédric Villani : « La question commence à se poser sur l'utilisation des données personnelles par Google. Personnellement, je vais sur Qwant », explique le mathématicien, pour qui ce moteur de recherche respecte davantage la vie privée.

 

Écouter ICI 

 

 

L'appel du 2 novembre contre les réseaux sociaux : Frédéric Beigbeder

 

Françaises, Français, Facebookiennes, Facebookiens, Instagrameuses, Instagrameurs, Twitteuses et Twitteurs, le moment est venu de quitter tous ces réseaux asociaux pour revenir à la vraie vie.

 

J’ai fait l’expérience pour vous. Il y a un mois, Facebook a censuré une jolie photo de Mireille Darc aux seins nus que j’avais postée en son hommage. J’ai alors supprimé ma page Facebook. Si je vous parle de ce non-événement, ce n’est pas pour me glorifier d'un acte qui ne demande aucun courage, mais pour vous décrire ce qui se passe quand, comme moi, on arrête d’être sur les réseaux sociaux : RIEN.

 

Il ne se passe rien.

 

Facebook est une addiction dont le sevrage ne provoque aucun manque. Normalement si l’on vous coupe l’électricité, le téléphone ou France Inter, vous ressentez un changement dans votre vie mais pas avec Facebook : le fait de ne plus pouvoir envoyer des phrases, des photos ou des vidéos à des amis virtuels, le fait de ne plus pouvoir lire leurs injures ou leurs compliments, n’a rien changé à ma vie. Tout cela c’était du vent, du vide qui me faisait perdre mon temps et stimulait une mauvaise partie de moi : ma quête de likes impossible à rassasier.

 

Que sont les réseaux sociaux en vérité ? Prenons les un par un.

 

Facebook au départ c’est un annuaire d’université. Ce sont des curriculum vitae avec votre photo, vos hobbies, vos musiques préférées, votre situation amoureuse c’est compliqué, que vous envoyez sur la toile comme des bouteilles à la mer. Quand vous allez sur Facebook, c’est comme si vous adressiez votre CV à des DRH pour être embauché dans une entreprise qui n’existe pas.

 

Instagram c’est autre chose. Je me souviens, quand j’étais enfant, certains amis de mes parents, revenant de voyage, organisaient régulièrement des soirées diapositives où il nous projetaient leurs photos de vacances sur un écran. C’était long, c’était chiant, le seul intérêt de ces soirées diapo était les apéricubes dans un bol sur la table basse. Instagram c’est une soirée diapo sans apéricubes et qui ne s’arrêterait jamais, une soirée diapos 24 h sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an.

 

Quant à Twitter, tous ceux qui ont déjà pris un taxi parisien ont eu à subir parfois les commentaires passionnants du chauffeur sur l’actualité politique, du genre « Macron s’en fout plein les fouilles, la France est gouvernée par la banque Rothschild, tout ça c’est le complot judéomaçonnique ! » Twitter, c’est ça : un média qui transforme tout le monde en chauffeur de taxi exprimant rageusement sa fake news sur l’actu, ou, ces derniers temps, en délateur assumé.

 

L’usage embarrassant qu’en fait le président des Etats-Unis aurait déjà dû conduire à un boycott massif de ce réseau social inepte qui prétend qu’on peut articuler une pensée en moins de 140 signes. Les social networks ont été inventé il y a exactement dix ans ; on commence donc à avoir un peu de recul. Si parfois, exceptionnellement, ils nous ont permis de revoir des camarades de lycée ou de correspondre avec des gens à l’autre bout de la planète, ils ont surtout été un déversoir de tout ce qu’il y a de pire en nous, notre narcissisme, notre haine et notre bêtise à base de vidéo de chatons ou de décapitations. Ils nous ont rendu plus seuls, plus frustrés, plus stupides et plus malheureux. Ils ont permis à quelques nerds de devenir milliardaires en vendant des publicités ciblées par l’espionnage de notre vie privée.

 

Hier le Canard Enchaîné, qui n’a pas de page Facebook, rappelait que Facebook abrite ses sociétés dans le Delaware et en Irlande afin, je cite, de « payer des clopinettes aux impôts ».

 

Quand, un jour prochain, tout le monde éteindra les réseaux dits sociaux, l’humanité redeviendra peut-être…sociale. Je rêve du jour où Facebook ne sera plus qu’un gadget passé de mode, l’équivalent numérique du scoubidou.

 

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 07:00
Du système Law qui transformait l’or en papier au bitcoin de Satoshi Nakamoto changeant le papier en crypto-monnaie, chronique d’1 faillite annoncée…

Pas si sûr, même si cette révolution technologique, nouvelle forme d’or, a tout l’aspect d’une bulle financière ou fleure bon l’escroquerie.

 

Le bitcoin, phénomène technico-financier de l’année, peut-être tout ceci, ou rien de tout cela, tout dépend de qui le définit.

 

Le système de Law

 

À la mort de Louis XIV, en 1715, les caisses de l'Etat sont vides. Un écossais, John Law, propose la création d'une banque qui émettra du papier-monnaie contre de l'or et prêtera à l'Etat le métal récolté. La solution séduit le Régent qui autorise en 1716 l'ouverture de la Banque générale qui deviendra Banque Royale en 1718.

 

L'opération démarre bien, mais la banque est fragile puisque, ayant prêté son or à l'Etat, elle est dans l'incapacité de faire face à d'éventuelles demandes de reconversion de ses billets.

 

Pour poursuivre ses activités, Law met en place un système ingénieux.

 

En 1717, il fonde la Compagnie d'Occident qui obtient le monopole du commerce avec la Louisiane. En 1719, il y réunit d'autres sociétés de commerce pour créer la Compagnie perpétuelle des Indes. Les actions de sa compagnie peuvent être souscrites par apports de rentes sur l'Etat ou par paiement comptant et la banque accepte de prêter des billets à cette fin.

 

L'opération est bien menée et les spéculateurs s'y laissent prendre. Le cours des actions de la Compagnie s'envole. La cadence d'émission des billets s'accélère. Mais la réalité des mines d'or du Mississipi et plus généralement la solidité de l'entreprise sont bientôt mises en doute.

 

La spéculation se retourne. Law qui a réuni la Banque à la Compagnie et est devenu, au début de l'année 1720, contrôleur général des Finances a beau faire, en mai 1720 l'expérience prend fin. C'est la banqueroute.

 

Source : Université de Poitiers.

 

 

Revenons aux fameux bitcoins en confiant le soin à un Suisse, Sébastien Ruche, du journal Le Temps de nous faire Le bitcoin pour les nuls

 

Bon, le bitcoin, c’est quoi exactement ?

 

Une monnaie virtuelle créée sur la base d’un document de travail publié en 2008 et dans l’indifférence générale par Satoshi Nakamoto, un pseudonyme derrière lequel se cachent un ou des individus jamais identifiés jusque-là. Le bitcoin repose sur un réseau décentralisé d’ordinateurs qui vérifient les transactions entre deux parties, comme le feraient une banque ou une autorité centrale. Chaque nouvelle opération s’ajoute dans un registre infalsifiable, la blockchain. Détenir du bitcoin revient à posséder une clé secrète prouvant à tout utilisateur du réseau qu’on détient ce bitcoin.

 

Le nombre total de bitcoins qui sera mis en circulation est limité à 21 millions d’unités, dont 17 millions ont déjà été créés. Le cours de cette cryptomonnaie non régulée a explosé de 1700% cette année, jusqu’à approcher 19 000 dollars le 7 décembre. De nombreux observateurs pensent qu’il s’agit d’une bulle. Contrairement aux monnaies traditionnelles ou à d’autres actifs financiers, il est impossible de déterminer la valeur intrinsèque du bitcoin.

 

Mais peut-on devenir milliardaire en bitcoins?

 

Absolument mais, pour le moment, mieux vaut mesurer 1,96 mètre, peser 100 kg et affirmer s’être fait voler l’idée de Facebook par Mark Zuckerberg. Ce sont les caractéristiques des premiers milliardaires officiels en bitcoins, les jumeaux Winklevoss. Après avoir reçu 65 millions de dollars pour régler leur contentieux autour de la paternité du réseau social, ils ont acheté en 2013 pour 11 millions de dollars de bitcoins, alors que la cryptomonnaie était encore peu connue et encore moins valorisée. Quelque 4 ans plus tard, le pactole de ces visionnaires se compte en milliards grâce à l’envolée du bitcoin.

 

Cette réussite fait rêver les acheteurs actuels de bitcoins, qui sont essentiellement mus par le syndrome FOMO – pour «Fear of missing out», une forme d’anxiété sociale qui fait que quelqu’un s’inquiète démesurément du risque de rater une opportunité. Dernier détail: les Winklevoss viennent de prédire que le cours du bitcoin allait encore être multiplié par dix ou vingt. D’autres, dont de nombreux banquiers, estiment qu’il n’a aucune valeur.

 

Qui détient des bitcoins ?

 

Il est estimé qu’environ 40% des bitcoins en circulation sont détenus par un millier d’utilisateurs, selon plusieurs experts interrogés par l’agence Bloomberg. On les appelle des «baleines», l’appellation utilisée dans les milieux financiers pour décrire des investisseurs dominateurs sur un marché. Il est probable que ces crypto-cétacés se connaissent et communiquent entre eux, afin d’influencer le cours du bitcoin grâce à des opérations concertées. Ce ne serait pas illégal, puisque le bitcoin n’est pas une action ou une obligation, qui sont, elles, soumises à des restrictions.

 

Concernant le grand public, il a été beaucoup écrit que Monsieur et Madame Tout-le-monde s’étaient mis au bitcoin lorsque son cours a dépassé 10 000 dollars, le 28 novembre dernier. On peut en douter fortement. La Suède est l’un des pays les plus familiarisés avec cette devise. Il est possible d’y investir facilement dans le bitcoin. Quelque 30 000 Suédois l’auraient adopté, c’est 50 fois plus qu’il y a un an. Mais ces précurseurs ne représentent toujours qu’environ 0,3% de la population. Un test simple: combien de personnes de votre entourage possèdent des bitcoins?

 

Certes, mais comment obtient-on des bitcoins?

 

Il existe deux méthodes. La plus simple: échanger des monnaies traditionnelles contre des bitcoins (ou des fractions de bitcoin) sur une plateforme d’échange comme Bitfinex ou, en Suisse, Bity. La plus complexe: «miner» des bitcoins, c’est-à-dire en produire avec un ordinateur. Ou plutôt avec des batteries d’ordinateurs dont la puissance de calcul est mise en commun afin d’assurer les transactions et de résoudre des problèmes mathématiques extrêmement complexes. En échange de leur contribution, les «mineurs» sont payés en bitcoins.

 

La complexité des calculs explique qu’une transaction en bitcoins consomme autant d’énergie qu’un ménage américain pendant une semaine et que l’ensemble du réseau du bitcoin émet autant de dioxyde de carbone que l’Equateur. A terme, il est estimé que ce réseau consommera autant d’énergie que le Japon.

 

La suite ICI  

La fin du système vue par un contemporain (extrait du Journal de Barbier, 1720)

 

« Hier mercredi, 17 juillet, la rue Vivienne fut remplie de quinze mille hommes, dès trois heures du matin. La foule fut si considérable qu'il y eut seize personnes d'étouffées avant cinq heures. Cela fit retirer le peuple. On en porta cinq au long de la rue Vivienne ; mais à six heures on en porta trois à la porte du Palais-Royal. Tout le peuple suivait en fureur ; ils voulurent entrer dans le palais, qu'on ferma de tous les côtés. On leur dit que le Régent était à Bagnolet, qui est une maison de campagne de Mme la Régente ; le peuple répondit que ce n'était pas vrai, qu'il n'y avait qu'à mettre le feu aux quatre coins et qu'on le trouverait bientôt. C'était un tapage affreux par tout ce quartier-là. Une bande porta un corps mort au Louvre. Le maréchal Villeroi leur fit donner cent livres. Une autre bande se jeta du côté de la maison de M. Law, et ils cassèrent toutes les vitres ; on fit entrer des Suisses pour la garder. Pendant ce temps, M. le Régent avait peur ; on n'osa pas faire paraître de troupes ; Rocheplatte, un de ses officiers de garde, avait fait entrer cinquante soldats. Quand ils eurent pris leurs mesures en dedans, à neuf heures, ils ouvrirent leurs portes, et en un moment les cours furent pleines de quatre à cinq mille personnes. M. Le Blanc, secrétaire d'Etat de la guerre, y vint avec une garde de gens déguisés. M. le duc de Tresmes, gouverneur de Paris, y entra ; tout le peuple entoura son carrosse ; il jeta de l'argent, même de l'or ; et il eut ses manchettes déchirées. M.Law y vint aussi dans son carrosse, dans la grande cour.

 

Quand son cocher vit cette populace, il commença à dire qu'il faudrait faire pendre quelqu'un de ces Parisiens. Cette insolence anima le peuple ; on ne lui fit pourtant rien dans le palais, mais il sortit seul avec le carrosse. Une femme tenant la bride de ses chevaux lui dit : " S'il y avait quatre femmes comme moi, tu serais déchiré dans le moment. " Elle avait perdu son mari. Il descendit, et lui dit : " Vous êtes des canailles ! " Le peuple le suivit, brisa le carrosse, et maltraita si fort le cocher... qu'il mourra, dit-on, aujourd'hui... Il ne s'en est guère fallu qu'il n'y ait une sédition entière... On a enterré des gens morts et cela s'est apaisé. Law voulait sortir, mais on l'en empêcha. Il est demeuré dans le Palais-Royal pendant huit jours sans sortir. Le Régent s'habillait pendant ce fracas ; il était blanc comme sa cravate, et ne savait ce qu'il demandait... Depuis ce jour-là, la banque n'a point été ouverte, et l'on ne paye nulle part, en sorte que l'on se passe d'argent à grand peine. Et pourtant on est si accoutumé au luxe et au plaisir... que malgré la misère générale où on est (puisque dans les meilleures maisons, il n'y a pas un sol, et que la circulation des choses nécessaires à la vie et à l'entretien, se fait par crédit, tout le monde crie et se plaint), cependant je n'ai jamais vu un spectacle plus rempli et plus superbe qu'hier, mercredi 20 novembre, à l'Opéra... Il est impossible que le Régent, en voyant tout cela, se repente, ni soit touché de tous les maux qu'il fait. » 

 

Mais puisqu’on vous répète que le bitcoin est le mal incarné !

 

Pourquoi est-ce que les gens s'obstinent à acheter du bitcoin aujourd'hui ? On leur a pourtant bien expliqué que c'était une monnaie diabolique !

 

Les gens sont têtus ! Malgré les efforts renouvelés des politiciens pour bien « expliquer » la situation, malgré la montée au créneau d’économistes chevronnés, estampillés crédibles par l’establishment jusqu’au point de recevoir un prix Nobel, qui ont pourtant largement détaillé pourquoi le Bitcoin était une hérésie abominable, la foule s’entête.

 

Elle continue, malgré tout ça, à acheter du bitcoin, à déplacer une part de plus en plus importante de ses avoirs vers les cryptomonnaies qui de leur côté, continuent de se renchérir à mesure que les jours passent

 

Pourtant et quasiment dès le départ, nombreux étaient ceux qui avaient bien senti que ces bricolages informatiques bizarres ne pouvaient rien valoir de bon, qu’ils n’étaient que le résultat d’une énième tentative de subversion des États démocratiques et respectueux de tous et de chacun, et que, de toute façon, sans régulation ni supervision serrées par ces derniers, les cryptomonnaies étaient appelées à un avenir néfaste, sulfureux ou délétère (cumul possible).

 

La suite ICI 

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 06:00
Enfants, sur le bord de la Nationale, pendant les vacances d’été, nous tenions la comptabilité des 75 qui n’étaient pas tous des parigots têtes de veau et le neuf-3 n’existait pas

Au Bourg-Pailler, en été, lors de ce qu’on ne nommait pas les grandes migrations, les chassés croisés de Bison Futé, nous voyions défiler les autos des estivants se rendant aux Sables d’Olonne ou du côté de Brétignolles ou de Saint-Gilles-Croix de Vie.

 

Notre jeu, nous n’avions pas la télé, c’était de tenir la comptabilité des marques des autos et celle des plaques minéralogiques.

 

« Les 75 » majoritaires, constituaient pour nous la fine fleur des estivants, ces chanceux qui allaient se faire bronzer sur les plages de sable fin.

 

La plupart d’entre eux étaient des filles et des gars de la campagne montés à Paris pour trouver du boulot. Ils logeaient dans de grands immeubles modernes érigés à la hâte sur les grandes plaines de la périphérie de Paris.

 

Et pourtant, les gens de chez nous les brocardaient comme on le fait à propos des belges, « les 75 » faisaient l’objet de petites histoires où ces émigrés n’étaient même pas capable de distinguer une vache d’un taureau bien membré.

 

Un homme, un grand commis de l’État, nommé par Michel Debré, alors Premier Ministre, Paul Delouvrier, se chargea de concevoir l’aménagement de la banlieue parisienne pour accueillir ces migrants « souchiens » comme dirait le joyeux Alain Finkielkraut.  

   

C’est lui qui décida de construire cinq villes nouvelles qui rempliraient des fonctions déléguées, démographiques, logistiques ou aéroportuaires.

 

À propos, pouvez-vous me les nommer ces 5 villes nouvelles ?

 

Mais ce ne fut pas la seule novation.

 

 

« On ne pouvait, c’était la grande intuition de Delouvrier, porter de grands projets sans réformer aussi les administrations concernées. Il avait ainsi plaidé pour une refonte complète des départements franciliens, façon de peut-être rendre à la France sous une forme anamorphosée et réduite, une partie des dix-sept départements de l’Algérie perdue. Celui  de la Seine donnerait ainsi naissance à quatre départements : l’un se confondrait au centre  avec la ville de Paris, qui conserverait le chiffre 75, et se trouverait enchâssé entre trois entités nouvelles, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val de Marne, numérotés 92, 93, 94 – chiffres jadis attribués à des départements d’Algérie. L’ancien département de la Seine-et-Oise, qui correspondait à la grande couronne de Paris, laisserait sa préfecture, Versailles, aux Yvelines, quand sa partie sud deviendrait l’Essonne et sa partie nord le Val-d’Oise, qui prendraient tous les deux des villes nouvelles, Évry et Cergy-Pontoise, comme préfectures – mais Versailles était, à sa manière, aussi une ville nouvelle. Laissée intacte, la Seine-et-Marne viendrait enfin refermer à l’est ce dispositif impeccable, le casse-tête territorial résolu de l’aménagement de la ville capitale.

 

Il restait pourtant un évident point faible : le département de la Seine-Saint-Denis, concédé par le pouvoir gaulliste aux communistes, et laissé depuis presque à l’abandon, comme si le département qui tenait son nom du lieu où se trouvait le tombeau des rois de France devait demeurer un point aveugle du jacobinisme. La nouvelle carte de l’Ile-de-France ressemblait à cette illusion optique qui consistait, en fixant un point noir, à en faire disparaître un autre, situé juste à côté mais qui tombait à l’emplacement où le nerf optique de raccordait à la rétine – c’était ainsi que disparaissait la Seine-Saint-Denis, servitude fonctionnelle de Paris, territoire presque maudit du nord-est dont le nom lui-même finirait par disparaître derrière un numéro prophétique et vengeur, le 93, qui se décomposerait à son tour en deux chiffres, hâtifs et maladroits, 9-3, qu’on verrait dessinés à la bombe sur les ruines de la ville moderne par ses ressortissants analphabètes. »

 

 

Extrait du Le Grand Paris Aurélien Bellanger roman Gallimard pages 20-21

 

Les 75 de mon enfance n'étaient donc pas tous des Parigots mais des habitants du défunt département de la Seine.

 

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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 06:00
Guylain Pageot exploite, avec son épouse et son jeune frère, la ferme du Marais-Champs, à Bourgneuf-en-Retz. | Ouest France

Guylain Pageot exploite, avec son épouse et son jeune frère, la ferme du Marais-Champs, à Bourgneuf-en-Retz. | Ouest France

L’un de mes maîtres en peinture, Gaston Chaissac, l’Hippobosque au bocage, écrivait dans ce livre publié dans la collection blanche chez Gallimard : « Durant un temps, je voulais m’établir marchand de souvenirs dans un lieu touristique et n’ayant pas complètement abandonné cet idée, je me demande s’il ne serait pas possible de faire de Boulogne un lieu touristique. Il y a d’ailleurs une rivière qui est la Volga du lac de Grandlieu… »

 

Bourgneuf-en-Retz se situe au sud-ouest du lac de Grandlieu, sur un territoire où j’allais jouer  au basket avec la Vaillante Mothaise : la Garnache, Bouin, Rocheservière, Saint-Philbert de Bouaine, Saint Etienne de Mer Morte…

 

Bordé à l'ouest par l'océan Atlantique avec la baie de Bourgneuf, le Pays de Retz l'est au sud par le Marais breton et la Vendée, au nord par la Loire, et à l'est par le lac de Grandlieu.

 

 

Le pays de Retz a été entre autres l'un des principaux fiefs de Gilles de Retz, compagnon d'armes de Jeanne d'Arc et maréchal de France, dont l'histoire a surtout retenu les crimes et débauches.

 

À la Mothe-Achard, le lieu-dit du vieux château était un des châteaux, entièrement rasé, de Barbe-Bleue.

 

Tout ça pour introduire le témoignage de Guylain et Stéphanie Pageot qui élèvent une soixantaine de vaches à Bourgneuf-en-Retz.

 

« De A comme Ardoise, la vache la plus âgée (12 ans) à N comme Nectarine, une génisse de quelques mois, elles sont tout sauf stressées. Sur le chemin de terre bordé par des haies champêtres, le troupeau d’une soixantaine de vaches (prim’holstein, normande, montbéliarde) rentre paisiblement à l’étable dont le toit est équipé de panneaux photovoltaïques.

 

Nous sommes sur la commune de Bourgneuf-en-Retz (Loire-Atlantique) à une quarantaine de kilomètres de Nantes et à cinq à peine du littoral, en bordure du marais breton. Hoti, le border collie, ramène les plus gourmandes sur le droit chemin tandis que sa maîtresse, Stéphanie Pageot, 45 ans, se contente de les surveiller du regard, « Nous respectons leur rythme. C’est un peu le principe de l’élevage en biodynamie. D’ailleurs Guylain, mon mari, se forme en homéopathie pour encore mieux les soigner. »

 

« Quand, avec ma femme et mon frère, on s’est installé en bio en 1998, ici à la ferme du Marais Champs, un de nos objectifs était de se passer de toute chimie, aussi bien dans le traitement de nos sols que de nos bêtes. », précise Guylain, 44 ans et déjà les cheveux poivre et sel. Après ses études dans une  école d’agriculture à Rouen – «  où on nous avait appris à ne voir l’animal que comme une machine à produire » –, Guylain a eu, en effet, la chance de rencontrer Bruno Giboudeau, un vétérinaire du Jura, créateur de la méthode Obsalim (1). « Il s’agit d’observer 7 points sensibles de l’animal (poil, nez, ozil, pied, peau, bouse, urines) pour ensuite déterminer la meilleure ration alimentaire adaptée à sa physiologie. » Un jeu semblable à celui des 7 familles et un livre, Les vaches nous parlent d’alimentation (1), complètent cette méthode originale et en pleine expansion, notamment dans les réseaux de l’agriculture biologique.

 

Pour la famille Pageot, ce sera le début d’une belle aventure avec, sur ses 180 hectares en biodynamie, le pâturage des vaches se nourrissant exclusivement d’herbe et de foin, mais aussi des compléments céréaliers reposant sur 4 composantes (fleurs, feuilles, fruits et racines).

 

« Nos vaches ne tombent pas malades, plus besoin d’antibiotiques, juste des huiles essentielles, et de l’homéopathie. Par exemple des mélanges à base d’ortie, de pissenlit et de chardon-marie pour le drainage de leur foie, mais aussi de petites granules de lycopodium pour calmer leur agressivité », détaille-t-il.

 

Pas de stress inutile, donc. Ni des animaux, ni des paysans qui les élèvent. « Le bien-être animal et celui de l’éleveur se nourrissent l’un l’autre », estime Guylain. Un souci d’éviter les tensions d’autant plus accessible que la situation économique de la ferme du Marais Champs est saine. Avec sa production laitière annuelle de 340 000 litre de lait bio – la moitié livrée à la coopérative locale, la moitié transformée sur place (tomme, fromage frais, faisselle fermière, etc.) et vendue en vente directe dans 2 AMAP et 1 Biocoop –, cette exploitation laitière vit très bien : « Alors que le lait conventionnel est payé 300 euros les mille litres, notre lait bio est acheté 450 euros. Et le reste que nous transformons, 1220 euros les mille litres grâce à la valeur ajoutée que nous créons. » Outre les 3 associés de la ferme (Stéphanie, Guylain et son frère), quatre emplois ont été créés, dont 3 occupés par des jeunes de moins de 30 ans.

 

Este la question délicate de l’abattage : « Avec la lutte de ND des Landes dans laquelle nous sommes très investis, nous avons pu discuter avec des groupes vegans et tenté de leur faire comprendre que nous ne sommes pas des exploitants d’animaux », explique Guylain, dont la femme, Stéphanie, est devenue présidente de la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture biologique). « Nous leur montrons que, pour avoir des légumes et des céréales, il faut aussi du fumier pour fertiliser les champs. C’est un équilibre à trouver. », d’ailleurs, la moitié du fumier produit par la ferme du Marais Champs sert de fertilisant sur l’exploitation en maraîchage  bio de leurs cousins, installés à quelques kilomètres sur la même commune. En contact également avec l’abattoir de Challans, Guylain a mis en place un groupe de réflexion  avec une douzaine d’éleveurs bio de Loire-Atlantique. À partir de cette idée qui lui tient à cœur : « Pour que la mort de l’animal ait un sens, il faut que sa vie ait un aussi. C’est un contrat moral que nous passons avec nos animaux et qui nous oblige à les accompagner jusqu’au bout. » D’où l’idée de créer un abattoir mobile qui irait de ferme en ferme, mais géré par des professionnels de l’abattoir de Challans.

 

« Le bien-être animal, c’est un cheminement que nous faisons tranquillement depuis vingt ans. On se pose des questions qu’on ne se posait pas au début. Même s’il y a des excès dans le mouvement vegan, je les prends pour des lanceurs d’alerte. Sans les vidéo de L214 et les scandales révélés dans certains abattoirs, nous ne pourrions pas faire progresser, tout seuls, la législation. Mais c’est aussi à nous de mieux expliquer notre travail de paysan, la relation que nous établissons avec l’animal. Cela se faisait très bien dans un temps passé. Aujourd’hui, avec à la fois la perte de contact des citadins avec le monde rural, l’hyper-industrialisation de l’élevage dans certaines exploitations et le développement du hors-sol, c’est  beaucoup plus compliqué. Il y a une mise à distance colossale entre un morceau de viande qui arrive dans notre assiette et sa provenance. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il faille manger moins de viande, mais en même temps je trouve que c’est un peu imbécile de criminaliser l’élevage. »

 

À la ferme du Marais Champs, les vaches ont plus qu’un nom et une fonction : « Elles ont une place particulière dans notre histoire, résume Guylain. Elles sont un peu ici chez elles. C’est pour cela qu’il faut d’abord comprendre leur fonctionnement pour mieux les respecter. »

 

  1. Bruno Giboudeau, Les vaches nous parlent d’alimentation éditions Obsalim 2012

 

Témoignage extrait du livre d’Olivier Nouaillas La ferme aux 1000 terroirs éditions Chêne.

 

Merci à lui  de me l’avoir fait parvenir.

« Pour que la mort de l’animal ait un sens, il faut que sa vie ait un aussi » Guylain Pageot éleveur laitier bio à la ferme du Marais Champs Bourgneuf-en-Retz
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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 06:00
Pour 1 livre de safran, il faut 75 000 fleurs cueillies à la main, 5 000 euros le kg, et comme le bon vin il vieilli bien ! Laurent Cazottes et les De Moor
Pour 1 livre de safran, il faut 75 000 fleurs cueillies à la main, 5 000 euros le kg, et comme le bon vin il vieilli bien ! Laurent Cazottes et les De Moor

Mon ami Laurent Cazottes, celui qui distille, m’a offert dans un petit pot des pistils de safran. Ils ont rouge.

 

C’est un très beau cadeau.

 

Le safran qui est le pistil du crocus sativus et le mot provient du persan za’faran qui signifie « jaune ».

 

 

Et puis, vendredi dans ma revue de presse je tombe sur un article dans le Courrier International : Agriculture. Le safran fleurit sur des terres inattendues 

OZY - MOUNTAIN VIEW (CALIFORNIE)

Publié le 08/12/2017

 

Traditionnellement cultivée en Iran, l’épice la plus chère du monde s’acclimate désormais un peu partout, du Canada à la Nouvelle-Zélande, aux USA, en Angleterre

 

« Le safran suscite énormément d’intérêt. C’est un produit mystérieux, fascinant et imprévisible. »

 

Micheline Sylvestre qui vit à Lanaudière, au Québec, à une centaine de kilomètres au nord de Montréal, et elle cultive cette plante depuis quatre ans seulement. Son entreprise, Emporium Safran, fait partie de cette vague de nouvelles plantations de safran qui fleurissent en Amérique du Nord, en Europe et même en Nouvelle-Zélande. Partout dans ces contrées, une nouvelle industrie émerge.

 

C’est l’épice la plus chère du monde. Aux États-Unis, son prix de détail tourne autour de l’équivalent de 5000 euros le kilo. Cest en partie dû au fait quil demande beaucoup de travail : pour une livre de safran, il faut 75000 fleurs, et elles sont cueillies à la main.

 

Les amish étaient des précurseurs ça c’est pour Alice et Olivier de Moor

 

« Aux États-Unis, la culture du safran n’est pas nouvelle : les communautés amish de Pennsylvanie en font pousser depuis trois cents ans, précise Arash Ghalehgolabbehbahani (chercheur à l’université du Vermont). Micheline Sylvestre a d’ailleurs rencontré l’un des producteurs amish lors de la formation dispensée par l’université du Vermont, en mars. « La salle était pleine à craquer », raconte-t-elle.

 

En fait, aux États-Unis, l’engouement pour la culture de cette épice s’étend bien au-delà de la communauté amish. »

 

« On en faisait autrefois pousser de grandes quantités dans le sud de l’Angleterre, jusqu’à ce que les goûts culinaires changent, il y a deux cents ans. Aujourd’hui, des fermes telles que Norfolk Safran font renaître le safran anglais. En Suisse, les champs de safran du village de Mund voient affluer les touristes depuis dix ans. »

 

Laurent Cazottes habite à Villeneuve/Vère dans le Tarn. Le  terroir du Tarn, cœur de l’Occitanie, est réputé depuis des siècles pour la qualité de son safran. Tout comme le pastel, la culture du safran de cocagne a été florissante dans la région du Moyen-Âge jusqu’au XVIIIe siècle.

 

Safran produit dans le Quercy © AFP

 

90% de la production vient d’Iran

 

Reste qu'en 2015, 93% de la production mondiale venait d'Iran (soit 350 tonnes annuelles) où la main-d’œuvre est moins chère et la sélection des stigmates moins stricte, les autres pays se partageant le reste (Espagne, Maroc et le Cachemire). «Les caractéristiques climatiques du plateau iranien conviennent à cette fleur, qui pousse de préférence dans les régions sèches et froides à plus de 1000 mètres d’altitude ; c’est pourquoi le safran d’Iran a été de tout temps le meilleur du monde. L’Iran détient depuis des siècles le quasi-monopole de la production de ce produit agricole le plus cher du monde, surnommé l’or rouge»

 

Les exportations de safran ont généré 384 millions dollars de revenus pour le pays en 2013. Mais l'’embargo a pesé sur les exportations du pays. La levée de cet embargo devrait donc profiter au pays qui aurait souffert de contrefaçons.  Les sanctions ont créé «un grand marché pour la contrefaçon, avec des produits colorés artificiellement. Et d’autres pays ont agi comme intermédiaires en important la véritable épice iranienne, en changeant les étiquettes et en exportant vers le reste du monde en leur nom, à des prix plus élevés», souligne le Guardian, cité par Slate. 

 

Un peu d’histoire :

 

En Irak, on a retrouvé des traces de safran dans des peintures de mammouths datant de la préhistoire.

 

Les Sumériens utilisaient le safran sauvage pour la magie (5000 ans avant notre ère).

 

Cantique des cantiques 4-13

 

Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée, Une source fermée, une fontaine scellée.

 

Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, Avec les fruits les plus excellents, Les troènes avec le nard;

 

Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome, Avec tous les arbres qui donnent l'encens; La myrrhe et l'aloès, Avec tous les principaux aromates;

 

Une fontaine des jardins, Une source d'eaux vives, Des ruisseaux du Liban.

 

Ce n’est qu’à partir de 2000 ans avant notre ère qu’on commence à le cultiver en Crète.

 

Une épice mythique

 

Le safran est connu depuis la plus haute antiquité. Les Grecs anciens en avaient fait un mythe, Crocos, et les fresques minoennes de Santorin dans les Cyclades montrent la plante et des cueilleuses de safran.

 

Fresques d'Akrotiri à Santorin (Grèce) montrant des cueilleuses de safran. © AFP

 

Pour les assyriens c'est est un symbole de pureté, ils le font cueillir uniquement par de jeunes vierges.

 

Ce sont les commerçants Phéniciens qui ont répandu le safran dans toute l’Europe.

 

Chez les Grecs, les Égyptiens ou les Romains, l'utilisation du safran était variée : parfum, remède, aromate et colorant.

 

Un papyrus égyptien datant 1550 avant JC, énonce les propriétés du safran pour la santé. Des médecins tels qu’Hippocrate, Homère, Virgile connaissaient déjà les vertus stimulantes, digestives et antispasmodiques du safran.

 

Lorsque Néron est entré dans Rome, du safran était répandu sur son passage.

 

Alexandre le Grand était féru de safran : il en consommait dans son thé, son riz et en saupoudrait dans son bain, croyant en la capacité du safran à soigner ses blessures et accroitre son courage.

 

Michel-Ange s’est servi du safran pour peindre la chapelle Sixtine.

 

Les pirates du 14ème siècle de la Méditerranée préféraient piller les bateaux de safran que les bateaux d’or ! Face à l'augmentation des actes de piratage, les Bâlois ont débuté leur propre culture du safran, ce qui en fit en quelques années une des villes les plus riches d’Europe.

Source : l’île aux épices

 

Le safran est principalement cultivé pour son goût très apprécié en cuisine. Il sert à parfumer et colorer tous les plats.

 

La technique pour utiliser le safran en pistil est simple : faites chauffer un peu d’eau (une dizaine de cl), et laissez infuser les pistils (1 ou 2 pistils par personne) au moins 3h mais jusqu’à une journée entière ! On peut couper le pistil en deux ou trois pour une meilleure infusion.

 

Vous pouvez utiliser l’infusion de safran partout, par exemple : la paella, la bouillabaisse, dans vos soupes, légumes ou viandes blanches.

 

Le pistil s’utilise aussi avec le poisson, mais peut aussi entrer dans la composition de desserts. On peut décrire le parfum du safran comme du miel possédant de subtiles consonances métalliques.

 

En Iran, il est utilisé dans le chelow kebab, plat traditionnel. En Suisse on le préfère dans les desserts, comme dans les brioches.

 

Le safran colore le riz, mais il parfume aussi le fromage dans de nombreux pays.

 

En Italie, c'est l’ingrédient incontournable du célèbre Risotto alla Milanese.

 

 

Le safran est aussi utilisé depuis l’Antiquité comme un colorant. Les stigmates du safran produisent une couleur jaune-orangée. Plus la quantité de safran est importante, plus la couleur du tissu devient rouge. Les moines bouddhistes portent traditionnellement une tunique de couleur safran.

 

 

Le fameux blond vénitien des femmes de la renaissance italienne, était obtenu en s'enduisant les cheveux d'un mélange de Safran et de citron, puis en s'exposant au soleil.

 

Le safran possède de nombreuses propriétés médicinales.

 

« Clos du Val d'Éléon »

 

Vin blanc

 

Appellation : Alsace

 

Cépages principaux : Assemblage à part égales de Pinot Gris et Riesling.

 

Terroir : Sols de schistes gris de Villé, situé en aval du clos Rebberg.

 

Viticulture : Biodynamie certifiée Biodyvin depuis 1995.

 

Vinification : Pinot Gris vendangé, pressés et vinifié en foudre. Rejoint une dizaine de jours plus tard par les Rieslings à la maturité plus tardive. Fermentation courtes (dégradation des sucres rapide). La fermentation malolactique est effectuée pour gagner en rondeur et éviter une acidité trop marquée. Puis l'élevage sur lies fines avec batonnage pour extraire les composés aromatiques.​​​​​​​

 

Le Domaine

 

Le domaine se situe à Andlau, en Alsace, à mi-chemin entre Strasbourg et Colmar, dans la partie du Piémont des Vosges. Blotti au pied des montagnes, le vignoble bénéficie d’un climat continental et se partage une mosaïque de terroirs complètement opposés dans leur géologie : grès rose des Vosges (g.c. Wiebelsberg), schiste noir (g.c. Kastelberg), schiste bleu (Clos du Val d'Eléon et Clos Rebberg), et marno-calcaro-gréseux (g.c. Moenchberg).


 
Marc Kreydenweiss a transmis sa passion du vin, des terroirs et de la biodynamie à ses enfants. Antoine Kreydenweiss a repris les rênes du vignoble alsacien en 2007 accompagné de Charlotte, leurs filles Zoé, Lilou et Léonie, de l’équipe et de son cheval comtois. Ensemble ils affichent une même passion : produire des vins avec une personnalité en mettant en valeur l'âme de chacun de ses terroirs.


 
Le Domaine comprend 13.5 hectares de vignes, dont les 3 grands crus d’Andlau : Wiebelsberg, Moenchberg et Kastelberg. Un autre grand cru : le Kirchberg de Barr a rejoint le panel diversifié du domaine.


 
La vinification est réalisée de façon la plus naturelle, dans le respect de l'équilibre de chaque vin. Chaque année, ce sont quelques 70 000 bouteilles qui sont produites.



La notoriété du domaine est mondiale, présent au Japon, Etats-Unis, Norvège, à travers toute l’Europe et bien évidemment en France. 


 
Le vigneron fait appel chaque année à un artiste différent pour illustrer les étiquettes. En unissant la créativité de l’artiste et le savoir-faire du vigneron, chaque bouteille se transforme en une pièce unique.


 
La biodynamie appliquée depuis 1989 fait partie intégrante des activités du domaine.

 

ICI 

Pour 1 livre de safran, il faut 75 000 fleurs cueillies à la main, 5 000 euros le kg, et comme le bon vin il vieilli bien ! Laurent Cazottes et les De Moor
Pour 1 livre de safran, il faut 75 000 fleurs cueillies à la main, 5 000 euros le kg, et comme le bon vin il vieilli bien ! Laurent Cazottes et les De Moor
Pour 1 livre de safran, il faut 75 000 fleurs cueillies à la main, 5 000 euros le kg, et comme le bon vin il vieilli bien ! Laurent Cazottes et les De Moor
Pour 1 livre de safran, il faut 75 000 fleurs cueillies à la main, 5 000 euros le kg, et comme le bon vin il vieilli bien ! Laurent Cazottes et les De Moor
Pour 1 livre de safran, il faut 75 000 fleurs cueillies à la main, 5 000 euros le kg, et comme le bon vin il vieilli bien ! Laurent Cazottes et les De Moor
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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 06:00
Édouard Philippe s’est inscrit les pas des « géants » – Michel Rocard, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, les canaques au temps d’Évelyne Pisier

« J’ai confiance. » C’est par ces mots qu’Edouard Philippe a conclu son discours devant le Congrès de Nouvelle-Calédonie, mardi 5 décembre, dernier jour de son séjour sur le territoire. Un déplacement de quatre jours durant lesquels il aura rencontré l’ensemble des responsables politiques du territoire et des trois provinces, échangé longuement avec chacun avant de s’adresser aux élus en ce jour anniversaire de la mort des « dix de Tiendanite », dix jeunes Kanak, dont deux frères de Jean-Marie Tjibaou, massacrés dans une embuscade le 5 décembre 1984, et sur la tombe desquels il s’était recueilli deux jours plus tôt.

 

Quatorze ans plus tard, l’accord de Nouméa du 5 mai 1998 a ouvert un processus devant conduire à la consultation prévue au plus tard en novembre 2018 qui permettra au « peuple calédonien » de se prononcer sur l’accession du territoire à la pleine souveraineté. Pour la première fois, en effet, le premier ministre a utilisé ce terme dans l’hémicycle en évoquant un « destin commun » qui se nourrit d’« une identité calédonienne en construction », de la « permanence d’une identité ancestrale » et du « surgissement d’une identité commune ».

 

M. Philippe s’est inscrit dans les pas des « géants » – Michel Rocard, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou – qui, en 1988, ont balisé le chemin pour parvenir à construire un avenir en commun. « Ils ont montré ce que peut faire la volonté politique », et depuis, a-t-il déclaré aux élus, « vous avez fait fructifier un actif immatériel d’une valeur considérable ».

 

En savoir plus ICI 

 

Les accords de Matignon ça vous dit quelque chose ? 1936 ? Non ceux du 26 juin 1988 ! La poignée de mains Lafleur-Tjibaou c'est loin, vous avez oublié. Et pourtant, sur le Caillou - la Nouvelle Calédonie – ces deux-là, quelques temps avant, ne semblaient pas fait pour s'entendre. Le sang avait coulé. Rocard nommait une mission de conciliation emmenée par Christian Blanc pour renouer les fils du dialogue, sortir des postures, retrouver la confiance, aller à l'essentiel : les accords Matignon c'est un feuillet dactylographié.

 

 

L'encre était à peine sèche que Rocard demandait à Henri Nallet de se rendre sur le Caillou. Je suis du voyage. Une trentaine d'heures de vol jusqu'à Nouméa sur UTA. Nous allons d'abord à Wallis et à Futuna en Transall.

 

Retour à Nouméa, la résidence du Haut-Commissaire, un parfum colonial, mais nous ne sommes pas là pour faire du tourisme : le Nord, territoire kanak, puis les éleveurs caldoches, enfin l'île de Lifou et son jeune chef à l'écharpe rouge qui a fait ses études à la Sorbonne, danses traditionnelles des guerriers lances à la main, on palabre, on mange des ignames, on crapahute, le FLNKS et le RPCR, le début d'un processus de paix...

 

Une anecdote pour finir ce petit papier : « Jacques Lafleur ne boit jamais une goutte d'alcool, il pourrait en mourir. Mais par un bel après-midi d'hiver austral, seul dans sa propriété d'Ouaco perdue dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, il s'est versé une coupe de champagne... »

 

Dans le roman à 4 mains d’Évelyne Pisier et Caroline Laurent Et soudain la liberté, la jeune Lucie (Évelyne Pisier) arrive avec ses parents à Nouméa en provenance de Saigon, « Hô Chi Minh et Giáp étaient grand vainqueurs. La France balayée, cèderait le terrain aux Américains », « Le voyage fut éprouvant : une vingtaine d’heures, avec deux escales en Australie, pour parcourir les 7500 km qui les séparaient de Nouméa. »

 

 

« La Nouvelle-Calédonie était une toute petite colonie, mais il s’y était passé des choses. Le Code de l’indigénat avait été aboli le 7 mars 1944. Depuis 1946, les Canaques disposaient d’un droit à la nationalité française pleine et entière. En d’autres termes, ils pouvaient voter, circuler, être propriétaires, accéder aux institutions et créer leur parti, ce qu’ils n’avaient pas tardé à faire. »

 

Lucie allait à l’école des sœurs, à la naissance de son frère, sœur Marie de Gonzague la trimballe dans toutes les classes pour « annoncer l’heureuse nouvelle à tes camarades. » Pensez-donc, un garçon !

 

« Dans chaque classe où s’arrêtait sœur Marie de Gonzague, Lucie annonçait la bonne nouvelle et les enfants applaudissaient. Lorsqu’elle arriva devant le bâtiment réservé aux Canaques, l’enseignante lui fit signe de se taire. Elles entrèrent par une porte de service et, silencieusement toujours, s’approchèrent.

 

Par la grande fenêtre, Lucie les vit. Ils étaient au moins quarante, entassés les uns sur les autres, indisciplinés, sales et joyeux. Eux aussi portaient l’uniforme, mais aucun n’avait de chaussures. Un petit garçon récupéra un crayon avec ses doigts de pieds et le fit sauter à hauteur du bureau. Des filles, au fond de la salle, se tiraient violemment les cheveux, pendant qu’une autre, très grosse, attaquait sa troisième banane. Un brouhaha de français et de canaque parvenait aux oreilles, dans lequel perça soudain un rot sonore, lâché par la petite boulotte. Lucie fit une grimace de dégoût. « Tu vois, chuchota la sœur au menton fripé, voilà des choses que l’on ne verra jamais chez les Blancs. » Et elle l’entraîna vers la sortie.

 

Comme André Desforêt, sœur Marie de Gonzague croyait en l’inégalité des races. Le spectacle de ces sauvages était à ses yeux un argument suffisant. Depuis de nombreuses années, les pères maristes tentaient de les faire progresser grâce à l’enseignement religieux, mais le chemin serait long. La nonne sourit à Lucie. « Dieu a fait ainsi les hommes. Différents les uns des autres. » Elle ne lui parla pas des terres canaques spoliés par les colons ou des bidonvilles dans lesquels s’aggloméraient comme des grappes les familles, et où le Christ n’avait envoyé ni l’eau courante ni l’électricité. »

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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 06:00
La saga des Richard du « café charbon » aux cafés tout court : le jaja et les barista…

L’aveyronnais est du genre discret, taiseux, industrieux, ambitieux sous ses airs de brave mec à qui on refilerait 3 sous pour qu’il s’achète un costume convenable. Patiemment, petite fourmi il bâtit un empire.

 

Voyez Philippe Cuq, venu du Decazeville des gueules noires, installé au Père Lachaise, bien sûr hors les murs, branché alternatif, modérément nudiste, le voilà qui étend son réseau de bouiboui à vin dans tout Paris et même en banlieue. Il vogue vers les 5 caves sous l’enseigne Lieu du Vin.

 

Beaugrenelle !

 

Blague dans le coin, c’est d’un autre aveyronnais, tout aussi discret (le grand Philippe, lui, est du genre Paganini sur Face de Bouc avec une tendance exécration des oligarques) : André Richard.

 

« Tout commence en 1875, par un « café charbon » à Paris, dans le 18e arrondissement. Le fondateur s’appelle Pierre Fayel et il est originaire de Neyrac, dans l’Aveyron. L’affaire prend de l’essor, en 1900, quand la charrette à bras est remplacée par la voiture à cheval. Il devient possible de livrer de plus grandes quantités. En 1920, un petit-cousin de la famille, Henri Richard *, est engagé comme employé. En 1938, il devient le patron. Arrive l’automobile ! Il est désormais possible de livrer des quantités encore plus importantes et beaucoup plus loin. En 1945, Henri reprend une société qui distribue des eaux minérales, des jus de fruits et des sodas aux cafés, hôtels et restaurants.

 

Henri Richard travaille étroitement avec son frère cadet, Georges, installé en Algérie, où il dirige une affaire de négoce en vins et produits viticoles.

 

Cinq ans plus tard, son fils, André Richard entre dans l’entreprise et crée l’activité torréfaction de café à Asnières. La famille se lance ensuite dans une politique de rachat de vignobles dans le Beaujolais, le Bordelais et la vallée du Rhône.

 

La nouvelle génération entre à son tour dans l’entreprise. Corinne et Céline, filles d’André Richard, s’intéressent aux vins. ; Nathalie, elle, s’occupe de la branche restauration. Leurs cousins, Anne et Arnaud, se consacrent, eux, au café. La fortune est estimée à 120 millions d’euros. »

 

Gabriel Milési Les dynasties du pouvoir de l’argent (2011)

 

Famille Richard **#210ième fortune de France

2016 : 330 M€ 2015 : 330 M€

 

Voir ICI 

 

Le vin, activité historique du Groupe Richard

 

Lorsque Henri Richard, en 1920, reprend à 22 ans l’entreprise de vente de vin en gros de son cousin, il n’imagine pas qu’un empire est en train de naître. L’inventaire de l’affaire se résume à 10.000 hectolitres de vin, trois attelages, quatre chevaux et une chèvre !

 

Vins Richard : 21 millions de bouteilles par an

 

« Aujourd’hui, la branche Vins distribue 21 millions de bouteilles par an dans les cafés et restaurants de France. Pour Corinne Richard-Saier, continuer l’œuvre est une évidence. «C’est plus qu’une passion, un projet de vie qui transcende...», confie cette suractive de 50 ans, diplômée d’un MBA de l’université de San Francisco, devenue spécialiste en matière vinicole. «Le vin n’est pas un produit qui se vend tout seul. Il faut expliquer son histoire, parler de l’homme qui est derrière, de ses intentions. Nous sélectionnons donc les producteurs en fonction des appellations et des régions bien sûr mais aussi des vignerons et de leur histoire, des spécificités de leur terroir... Notre catalogue doit toucher aussi bien les brasseries de quartier que les restaurants avec un grand Chef en cuisine. Il nous faut plusieurs niveaux de prix, des domaines reconnus, des coups de cœur...».


Dès 1960, la famille Richard fait l’acquisition de ses propres Châteaux dans le bordelais, le Beaujolais et la Vallée du Rhône. Les 8 domaines, soit 600 hectares, produisent 2,9 millions de bouteilles dont 1,4 millions sont distribués par le groupe (5,5% de ses ventes). 



«Cette activité nous a permis de concrétiser notre caution vin», explique Corinne Richard-Saier. «Mais aujourd’hui, ce n’est pas une volonté stratégique de poursuivre ce développement même si on ne dit jamais non à une opportunité ou à un coup de cœur !». Et pour cause, les ambitions du groupe sont ailleurs.

 

L'empire discret des Cafés Richard 

 

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