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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 00:01

images-Pain-amour.jpgimages Gina

Avis aux amateurs de vin : votre chroniqueur préféré cause vin tout à la fin, veuillez ne pas quitter et patienter.

 

Mon frère aîné Alain, grand lecteur de Cinémonde, vouait à Gina Lollobrigida une admiration sans bornes qui valait à la belle italienne d’être épinglée, en tenue légère, sur le mur de notre chambre commune ce qui bien sûr mettait notre sainte mère dans tous ses états. Aguichante elle incarnait le péché de chair : j’adorais ! « Pain, amour et fantaisie » de Luigi Comencini, sorti en 1953, mais jamais projeté au Rex de la Mothe-Achard car classé pour adultes avec réserves par l’OCIC (l’Office Catholique International du Cinéma créé en 1928 à Rome et relayé en France par la CCA). L’Eglise tenait ses ouailles dans nos campagnes, mon frère du donc aller le voir au Modern des Sables d’Olonne. Considéré par la critique comme le meilleur film de Gina Lollobrigida, celui où elle est la plus naturelle, connu une grande popularité et deux suites furent tournées, la première avec Lollobrigida et la seconde avec Sophia Loren : Pain, Amour et Jalousie et Pain, Amour, Ainsi-soit-il. Tout ça pour dire que mon amour pour l’Italie date de mon plus jeune âge et qu’il naquit sur le versant des femmes.

alberto-toscano-sarkozy-me-prend-au-pied-de-la-lettre-alber.jpg« Avoir 20 ans en 1968 », n’en déplaise à Paul Nizan dans Aden Arabie « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. », Alberto Toscano et moi-même partageons un avis contraire, ce fut le plus bel âge de notre vie car lui à Milan, moi plus modestement à Nantes où le FC Nantes de José Arribas ne brillaient pas des mêmes feux que l’Inter (j’adorais le grand Fachetti), nous nous sommes engagés dans ce mouvement à la fois contestataire et promoteur de liberté et de légèreté. Alberto est un Italien de France, en 1986, il s’y est installé définitivement après de nombreux séjours, dont la couverture des élections présidentielles de 1981. Il sera l’un des derniers à interviewer Pierre Mendès-France. C’est un grand journaliste, belle plume et bon débateur, européen convaincu, il fait partie du groupe des polémistes de l’émission On refait le monde sur RTL et il participe régulièrement à l’émission Kiosque sur la chaîne de télévision francophone TV5. Il est également collaborateur du quotidien La Croix, président de l’Association de la Presse étrangère (APE) en 1996-1997, président du Club de la Presse européenne (depuis 2000). Nous sommes rencontrés sur la Net, plus précisément sur mon Espace de Liberté. En effet, lorsqu’Alberto Toscano publia son livre  « Critique amoureuse des Français » chez Hachette en 2009 je pondis en juillet une chronique où j’affichais mon amour pour l’Italie link. Alberto la découvrit et m’appela au téléphone. Je crapahutais en Corse. Nous convînmes de nous retrouver à déjeuner à la rentrée. Et puis pour des raisons propres à nos vies ce rendez-vous fut différé. Et puis mes pérégrinations me menèrent dernièrement jusqu’à un nouveau restaurant italien qui venait de s’ouvrir : le RAP (comme Ristorante Alessandra Pierini celle par qui le lieu est né) au 24 rue Rodier dans le neuvième arrondissement. Heureux de mon repas avant de reprendre le collier je papotais avec Alessandra et dans la conversation j’évoquai Alberto. Bonne pioche, Alessandra avait lu « Critique amoureuse des Français » dans le TGV Paris-Marseille qu’elle empruntait pour venir prospecter afin de trouver le lieu de son restaurant parisien. La suite est facile à imaginer : je contacte Alberto et nous voici autour d’une table chez RAP.

 

Comme tout bon parisien qui se respecte lorsqu’il quitte ses territoires connus Alberto s’est un peu égaré dans le quartier avant de rejoindre RAP. Cette jeune maison est élégante, simple, pas de chichis, l’accueil d’Alessandra est chaleureux et souriant et le service de Giovanni attentionné sans être envahissant. Avant d’ouvrir son restaurant à Paris Alessandra Pierini, native de Gênes, a tenu pendant 17 ans une épicerie « Pasta e Dolce » qui faisait restaurant à midi dans le quartier St Giniez à Marseille (8 arrt). Ici, c’est elle tient restaurant au 24 rue Rodier www.rapparis.fr et épicerie en face au 15 de la rue. Une fois qu’Alberto eut repris son souffle et qu’Alessandra ait obtenue sa dédicace sur son exemplaire de « Critique amoureuse des Français » nous trinquons à la nouvelle année avec une flute de Prosecco frizzante Torbia La Caneva. Les sujets de conversation ne manquent pas : le président du Conseil italien et notre président sont des sources inépuisables pour ce genre d’exercice. Dans son livre Alberto consacre un chapitre à la première dame de France, sa compatriote, sous le titre « Carla Bruni est une chanteuse ». Il écrivait, à juste raison, « Malgré les moqueries de certains, Carla n’est pas un « objet » de décoration de l’Élysée, mais une protagoniste à part entière de la vie politique et institutionnelle nationale » Comme je suis en train de lire le livre d’entretiens avec Carla Mosca et Rossana Rossanda de Mario Moretti, l’une des « têtes pensantes » des Brigades Rouges, « Brigate Rosse » Une histoire italienne j’interroge Alberto sur les années de plomb et nous partageons le même point de vue sur Cesare Battesti. La conservation roule allant de l’huile d’olive au football en passant par Michel Rocard qu’Alberto reçoit régulièrement à son club de la Presse européen.

 L1000404-copie-1.JPG

Rassurez-vous nous mangeons et nous buvons tout en causant. Alberto, tout comme moi, apprécie la cuisine et le vins de RAP. La carte est courte : deux antipasti, deux primi, trois secondi et trois dolce mais offre un réel choix. C’est fin, frais, plein de saveurs préservées. De la vraie cuisine toute en finesse qui ravit et nourrit. Entre autres j’ai beaucoup aimé les Tagiolini in sugo di anatra al cedro (tagliolini, sauce de canard au cédrat), les Filetto di branzino, sugo di vogole e carciofi (filet de bar de ligne, jus de palourdes et artichauts) et la Pastieria napoletana con salsa di arancia rossa (pastieria napolitaine à l’orange sanguine).

Du côté des vins nous avons bu :

- en blanc Ansonaco Isola del Giglio Carfagna link

- en rouge Le Amandole Barbera d’Asti 2006

J’avais bu, lors d’un précédent déjeuner un superbe Montebuono Uno Maga 1986 rouge.

Giovanni est un amoureux du vin : ça se sent et ça se voit. Ses vins, dans la tendance dites « nature » sont de petits bijoux qui se marient très bien avec la cuisine raffinée de RAP. Je reviendrai dans une future chronique sur la cave de RAP (on trouve aussi les vins à l’épicerie) car comme le dit la carte « c’est au fil du temps, à fur et à mesure que notre jeune restaurant grandira, que la carte des vins évoluera avec votre aide et votre appréciation ». Cette simplicité et cette ouverture d’esprit sont à saluer tout comme le prix des vins qui est très raisonnable commence à 19€ avec un beau lot autour des 20 à 25€. De plus pour RAP « le vin reste un élément de fête et de connaissance. Boire du vin avec modération, c’est aussi raviver sa mémoire culturelle. »

2010102616380.jpgansonaco carfagna

 

Tout comme j’ai fait découvrir à Alberto Toscano ce petit bijou italien de Paris qu’est RAP 24 rue Rodier www.rapparis.fr je vous invite à suivre mes bonnes manières : allez-y ! Accueil garanti, cuisine de belle expression et pour les vins du cousu main. De plus à l’épicerie en face vous pourrez faire vos commissions.  

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Françoise 24/02/2011 11:03



Il n'y a pas seulement la focaccia, la ciabatta, etc...il y a aussi le pain du Tyrol du Sud, comme le "Schuettelbrot", le "Vinschgerle Paar" et les "Bretzeln". Le Tyrol du Sud est
une merveilleuse région de montagnes très proche de la frontière autrichienne, où à Bressanone se tient une "Fete du pain" international très importante au debut d'octobre!


Faites un tour sur le site:
www.tyrol-italie.fr


Luc Charlier 09/02/2011 18:20



Vongole,  Kesako ?


 


On va encore me taxer de pédantisme ; d’autres diront peut-être que « j’étale ma science ». Je m’en fous. Je vous livre le petit texte qui suit comme un CADEAU, pour votre information. Il ne représente pas mon érudition, mais le fruit
d’une petite recherche que j’avais faite il y a quelques années et consignée par écrit. Je ne pense pas que le savoir s’étale : il se partage, comme du bon beurre qu’on offre à des
amis !


En effet, dans tous les coins de l’Europe gourmande, les restaurants italiens vous proposent, comme à Jacques Berthomeau, des pâtes
« alle vongole ». C’est souvent exquis, mais il ne s’agit jamais des mêmes coquillages. J’ai donc voulu en avoir le coeur net.


 


En français, le terme vernaculaire palourde désigne en fait
plusieurs bivalves :


la « vraie » palourde (clovisse en Provence) appartient aux espèces Tapes
decussatus et Tapes philippinarum, même si la dernière (originaire du Pacifique) a été introduite il y a une 40aine d’années pour en faire l’élevage. Il s’agit d’un
coquillage gris assez clair et aux stries concentriques, ou alors blanc et non strié, qui serait moins fin de goût dans ce cas, d’après les puristes. On décrit aussi une « palourde des
Glénans », de couleur rose mais peu savoureuse. On lui associe souvent la telline (ou douceron) , Donax truncullus, de forme plus oblongue, et les
coques ou bucardes, beaucoup plus profondément striées et de forme plus globuleuse (βους-καρδία = coeur de boeuf). Ensuite, il y a les praires, Venus
verrucosa, plus grandes.


L’italien utilise indifféremment « vongole » pour tous ces types de coquillages,
et les préparations de pâtes qui y font appel sont très répandues.


En espagnol, almejas désigne généralement les palourdes, de manière plus
restrictive.


Amêijoa est son équivalent portugais et la palourde tient une place importante dans la
gastronomie de ce pays, notamment en Alentejo, où on l’associe souvent à de la viande de porc, avec une sauce relevée d’ail, de tomates et de coriandre : j’adore. N’abusez pas de
l’ail : les filles d’Evora sont superbes et accueillantes et il serait dommage d’hypothéquer vos chances. Plus au nord, les Portugais vous offriront des bernacles (ou pouce-pieds, ou
anatifes), comme à Belle Île. Il s’agit d’une espèce de patte d’éléphant miniature et noire, contenant un crustacé blanc à orangé, très salé mais délicieux. A ne rater sous aucun
prétexte.


 


Et bien merde, Jacques, tu m’as donné faim et soif. Ce soir, c’est une aile de raie au beurre noir, comme on dit chez moi. Les
Français parlent plutôt de « beurre noisette », si j’ai bien compris. J’y ajoute persil, jus de citron, noix muscade et ... quelques câpres. En accompagnement, nous aimons le
stoemp (stampen veut dire piétiner, écraser), une purée de pomme de terre pas trop fine agrémentée de céleri coupé mince. Cela tombe bien, mon ami Georges, maraîcher en Salanque, vient
de m’en apporter une caisse plaine.


 



laurentg 09/02/2011 14:22



Bien aimé ce vin :
Maremma Toscana – Isola Del Giglio - Azienda Agricola Altura Famiglia Carfagna 2009 (un petit air d'assemblage de marsanne et de roussanne).



Luc Charlier 09/02/2011 10:44



Puisque ce blog est un espace de liberté, je m’en vais vous conter une anecdote en rapport direct avec cet article, mais qui
n’intéressera pas forcément tout le monde. A zapper, peut-être.


L’expulsion – comme on dit – de ma fille a duré presque 24 heures. Sa mère, une primigravide primipare a trouvé le temps un peu long.
Pour le père supposé (moi donc) et pour l’accoucheur, ce fut plus facile : nous avons bu des bières ensemble en suivant le monitoring. En effet, il s’agissait de celui que je tiens pour le
meilleur obstétricien de Belgique, professeur – à présent à la retraite – de gynécologie à la Vrije Universiteit Brussel et un des principaux artisans de la libéralisation de l’avortement en
Belgique. Dans ce cadre, il avait même été incarcéré quelque temps, je crois, par les sbires du très charismatique Roi Baudouin et de l’Opus Dei de sa femme.


Et maintenant vient le rapport avec le blog de Bertho : c’était un INCONDITIONNEL de Laura Antonelli, d’une part, et du Château
La Conseillante d’autre part. Lorsque j’ai invité le Dr. Nicolas à venir présenter son Pomerol dans le cadre d’une série d’exposés que je donnais dans un centre d’enseignement des métiers de
bouche à Bruxelles (le CERIA), j’ai convié cet excellent homme à nous rejoindre. Mon vénéré maître est donc, pour un instant, devenu en quelque sorte mon élève. Pour Laura Antonelli, je n’ai rien
pu faire, par contre.


Je l’ai retrouvé, quelques années plus tard, venu fêter comme moi avec la communauté portugaise le passage de Otello de Carvalho en
Belgique. Nous partageons en effet la même sensibilité politique. Ce fut bon de chanter ensemble :


« Em cada esquina um amigo


Em cada rosto igualdade


Grândola, vila morena


Terra da fraternidade ... »


 



Luc Charlier 09/02/2011 09:06



Très surpris de ne pas trouver le « tag », pardon « l’étiquette », ROMAN au bas de cette rubrique. Donc, tout y
est vrai et pas de Pervenche ni de Francesca.


 


Tout surpris aussi de cette apologie qui ferait la joie de la jolie Chimène :


« J'ai dans la voix, certains soirs,
Quelque chose qui crie,
Mélange d'un chant barbare
ET DU VIN D’ITALIE


Des colères monumentales
Que les vents m'ont soufflées,
Des discours interminables
Après le déjeuner.
Je viens du sud
Et par tous les chemins,
J'y reviens... »


 


Ainsi, l’auteur du rapport sauveteur de la viticulture tricolore boit du transalpin aussi !


Bravo. J’aime l’acidité vive des vins italiens, enfin, pour les bons d’entre eux. J’aime aussi leur côté « cousu
main » ;  bizarre pour un troquet situé rue ... Rodier.


Mais surtout, j’ADORE la remarque sur les prix des vins au resto : autour de 25 € (et peut-être même jusqu’à 30 €  les jours
d’allégresse), c’est ce que je souhaite débourser moi-même pour une bouteille de qualité. Si on enlève les 19,6 % de TVA (un cinquième pour faire simple) qui filent au Trésor Public, il reste 25
€ HT pour le vin. Je connais PLEIN de viticulteurs qui vendent des vins de qualité autour de 8-10 € aux restaurateurs, livrés tous les 15 jours (pas de stockage). Cela laisse une marge de 15 à 17
€ pour enlever un bouchon (ou dévisser la capsule pour les plus avancés) et proposer un verre propre.


Maintenant, soyons fous : si le prix d’achat de la bouteille passe à 20 € HT (pour un flacon d’exception), ajoutons-y 17 € de
marge, et 19.6 % de TVA. Résultat : 45 € (arrondi). Vous en connaissez beaucoup, vous, des buibuis où des très bonnes bouteilles figurent à 45 € à la carte ? Moi, j’en connais
quelques-uns, et ils ne désemplissent pas. L’assiette y est un peu plus chère qu’ailleurs, pourtant. C’est normal, il y a souvent un vrai chef, un vrai piano, de vrais fours et les produits sont
frais, pas à – 38 ° C ... le matin.


Conclusion : allez manger chez des vrais cuisiniers qui vous proposent aussi du vin, pas chez un gros micro-onde qui fait
l’essentiel de son chiffre sur la cave à vins.


 



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