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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 00:09

photoStChi.jpgLes « Tintin reporter » de Télérama « explorent cinq régions de France » pendant l’été. C’est le Languedoc-Roussillon du vin qui ouvre le bal. Qu’un grand média national s’intéresse au vin j’applaudis des deux mains mais sans tirer à boulets rouges sur « Un rouge se rebelle » (c’est le titre du reportage) je trouve que nous resservir encore une fois l’histoire du Midi Rouge (80% de l’article) dessert cette belle région. C’est le boulet qu’elle traîne alors que la chaîne a été sectionnée depuis bien des années. Notre reporter, Stéphane Jarno, est un reporter en chambre, il a pu écrire son article à Paris sans se taper le voyage dans le terroir. Ma remarque ne met pas en cause la qualité des sources où l’ami Jean Clavel tient une bonne et juste place. Mais que diable ça manque de chair tout ça. Où sont les femmes et les hommes d’aujourd’hui qui font le Languedoc et le Roussillon ? Au rayon des grands absents, et l’entame de l’article est digne d’un copié-collé des papiers des divers services de presse des nombreuses interprofessions de South of France, avec une mention spéciale pour celui des Vins de Pays d’Oc. Je cite.

 

« Ils sont partout. Sur les meilleures tables new-yorkaises comme dans les supermarchés chinois, servis au verre dans les bars de Tokyo ou vendus par caisses entières chez les cavistes canadiens : les vins du Languedoc-Roussillon sont partis à la conquête du monde. Dans le nord de l’Europe, où la consommation de vin gagne petit à petit sur celle de la bière, ils se taillent la part du lion. Et les compagnies aériennes ne sont pas en reste qui, sur leurs plateaux-repas, sont nombreuses à avoir troqué les sempiternels petits bordeaux contre des crus du pays d’Oc. Même Air France s’y est converti. Evidemment, cette marche triomphale cache une réalité contrastée ; tous n’est pas rose au pays des corbières et du banyuls, où chaque année bien des viticulteurs mettent la clé sous la porte. Mais le chemin accompli par ces vins en à peine un quart de siècle n’en reste pas moins remarquable. »

 

Fermez le ban, le reporter passe à l’histoire, ça plaît aux lecteurs de Télérama le je me cultive un peu pendant les vacances et ça permet de rester dans le sanitairement correct. Dans le sous titre l’allusion à la guerre mondiale du vin est de rigueur mais du côté de la réalité de la vie d’aujourd’hui de nos vignerons pas le début d’une vraie approche de reporter. Tout ça est loin, tout ça ce sont des sujets qui emmerderaient les lectrices et les lecteurs de Télérama. Paris et le désert français titrait un bouquin de JF Gravier paru en 1947 : c’est toujours une réalité dans la tête des rédactions parisiennes qui ne prennent pas la peine, lorsqu’elles envoient un journaliste en reportage, de lui demander de sortir des sentiers battus, d’aller au contact de la vie des gens de nos belles provinces. Le fossé élitiste est bien toujours présent, ça me fâche et je l’écris. La photo qui illustre la chronique, très artistique : bravo Guillaume Rivière, va très bien avec l’introduction de l’article : ça doit plaire au bobo l’Upper East Side ou aux nouveaux riches de Shanghai cette France forcément houellbecquienne...

 

Pour le présent notre reporter l’expédie en deux petits paragraphes aussi généraux qu’approximatifs « Certaines AOC ont retrouvé leur lustre d’antan (saint-chinian, picpoul-de-pinet), d’autres comme le pic-saint-loup ou le faugères ont fait une ascension fulgurante, et les grès-de-montpellier se révèlent très prometteurs. Le recrutement d’œnologues, la diversification des cépages, la recherche de nouveaux assemblages, bref l’amélioration globale de la vinification a porté ses fruits. Premier bénéficiaires : les vins de pays, qui représentent aujourd’hui la moitié de la production régionale. Réussite exemplaire, le label « pays d’Oc » et ses vins monocépages qui cartonnent à l’export. Même les Bordelais dit-on, en seraient jaloux !

La filière, surtout, suscite beaucoup de vocations chez les jeunes et crée de nouveaux emplois. Depuis une dizaine d’années, de nombreux domaines sont rachetés et transformés. Indépendants, peu enclins à se plier aux contraintes et à l’aventure collective de l’AOC, ces électrons libres produisent à leur manière et souvent « bio ». Grâce à eux le Languedoc-Roussillon est devenu un eldorado en la matière et le salon Millésime bio qui se tient tous les ans à Montpellier est la plus grande manifestation européenne du genre. »

 

Pour l’avenir la parole est donnée à l’ami Jean Clavel mais comme ce n’est pas un sujet spécifiquement languedocien il m’excusera de ne pas en parler.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

clavel 05/08/2011 10:56



Je n'ai pas envie de commenter cet article de Stéphane Jarno dans Télérama. On lui a demandé à la rédaction du magazine d'écrire quelque chose a paraître dans l'été sur le pays bas, sans doute
parcequ'il y a beaucoup de lecteurs/abonnés qui y passent leurs congés. Il a trouvé dans la bibliothèque du journal deux  ouvrages anciens, l'un de Jean Sagnes universitaire historien
bittérois spécialiste de 1907, et l'un des miens paru chez Privat en 1985 "Histoire et avenir des vins du Languedoc. c'est la base des son article, il est vrai peu actuel, mais pas négatif sur
nos vins, en particulier de Pays d'Oc, responsables tout heureux des propos sur la présence de leurs vins sur les vols Air france. J'ai en ce moment d'autres préoccupations viticoles, près de 200
parlementaires ont déposé 4 propositions de loi  au Sénat et à l'Assemblée Nationale pour demander l'introduction dans le Code Rural d'un article assurant la protection du vin en qualité de
bien gastronomique et culturel, nous avons tenté lors de la venue de NS à Chateauneuf du Pape  d'obtenir un avis du président sur cette initiative, c'est un "non" total , il a refusé de
déguster une seule goutte de vin, il a bu un jus de cerises, et a parlé de l'alcool au volant !!! Dommage, nous n'abandonnons pas cette initiative qui nous permettait, si elle était adoptée, de
réduire l'action des anti vin du ministère de la Santé et des associations qui en sont proches.



Egmont Labadie 05/08/2011 09:41



Ben moi je trouve que c'est assez bien résumé pour quelqu'un qui n'y est pas allé, et qui voit aussi bien les réussites que le côté sombre de la réalité. N'est-ce pas un tropisme typiquement
languedocien que de toujours se désoler sur ce qui ne va pas, alors qu'en ce moment il y a vraiment des raisons d'avoir le moral (cf l'enquête de la SOPEXA sur les acheteurs de vins du monde
entier, qui placent le Languedoc en tête des régions pour lesquelles leurs achats vont croître?) Quant à Paris, ne croyez pas que le Languedoc en soit absent, je peux vous citer des dizaines
d'adresses où il est en super star. Il y a bien sûr encore beaucoup de resaintchigneurs dans la clientèle, mais dans les moins de 40 ans, bon nombre sont déjà totalement convertis. Grâce par
exemple à des adresses comme les Crus du Soleil, le Bistrot Paul Bert, le Baratin, le Vieux Comptoir, la Robe et le Palais, Vin chai moi, le Verre volé, les Aprioris, le Tandem...



Suite... 04/08/2011 14:48



Hé, les gars ! reveillez vous de la sieste...Les parigots...tiens,  je connais même un restau chez vous, pas loin d'ailleurs de chez le père Berthomeau, restau qui à pour nom " LE LANGUEDOC"
. Hé ben vous savez quoi ? Sur sa carte y a même pas un seul vin du Languedoc...si si...à peine croyable ! Je crois même que le taulier ne sait même pas où c'est...alors, les vins...Ceci dit, je
crois que c'est un peu aussi de notre faute, on a pas toujours fait, dans notre beau Midi, tout ce qu'il fallait pour être à la hauteur...ou simplement pour être respecté.



Reggio 04/08/2011 14:36



Et ca vous étonne de la part de Télérama ? Bobo et parigot  à fond ...Ah oui, le Languedoc, ce truc là bas en bas qui fait de la piquette... ils font du vin maintenant ?



Michel SMITH 04/08/2011 08:55



Je ne voulais pas évoquer cette vision parisianiste du Languedoc et finalement, je ne suis pas mécontent que tu le fasses avec tes mots. Tout est cliché, tout est approximation. Au passage,
signalons qu'il n'y a pas de salon Millesima, mais Millésime Bio et que ce salon concerne les vins de la France entière et même du monde entier. Jusqu'à la photo que tu nous montre qui affiche un
Languedoc en ruine alors qu'il se reconstruit. Bon, je m'écrase, mais je fulmine ...



JACQUES BERTHOMEAU 04/08/2011 09:11



Désolé mais l'auteur a bien écrit Millésime c'est mon doigt qui a fourché


Merci Michel



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