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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 00:09

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Comme son nom l’indique, Le Stilton Cheese — fromage de Stilton — est un fromage anglais qui se présente sous deux formes : le Stilton bleu (le plus connu) et le Stilton blanc. Le Blue Stilton est protégé par un PDO (Protected Designation of Origine) manière so british de décliner l’AOP. Lorsque nous terminions de négocier, sous présidence anglaise, dans les années 90, les futures AOP-IGP nos chers collègues anglais, pour qui seul le droit des marques était digne d’intérêt, n’avaient que dédain pour nos joujoux juridiques protecteur du terroir qu’ils considéraient comme des entraves à la concurrence.

Et pourtant le Stilton n’a droit à ce nom que s'il est produit dans les comtés de Derbyshire, Leicestershire, et Nottinghamshire en suivant une méthode stricte de production. Pour corser l’affaire, il est ainsi illégal de produire un fromage au nom de Stilton dans le village de Stilton, le village qui lui donne pourtant son nom, mais qui se trouve maintenant dans le Cambridgeshire. Imaginer que notre Roquefort soit interdit de cité dans le village de Roquefort : les anglais sont vraiment des gens compliqués.

« Le pionnier de Blue Stilton fut Cooper Thornhill, résident de Stilton, qui tomba amoureux de ce fromage bleu en visitant en 1730 une ferme du Leicestershire. Le village de Stilton étant situé sur une route majeure du circuit des diligences britanniques, la notoriété du fromage se répandit dans toute la Grande-Bretagne. »

Le Blue Stilton est un fromage bleu à pâte persillée produit avec du lait de vache pasteurisé « local » (notion un peu vague qui ne semble pas exclure un approvisionnement au-delà des 3 comtés) dans 6 laiteries situées dans le périmètre délimité des 3 comtés www.clawson.co.uk . C’est un fromage cylindrique qui prend une forme cylindrique, génère sa propre croute et ne peut être pressé et doit avoir un goût « typique de Stilton » (merci David de nous éclairer sur cette typicité stiltonienne). Sa texture est crémeuse mais friable et son goût relevé. Il titre 35% de matières grasses.

 

Et c’est là que les Athéniens s’atteignirent : le Blue Stilton comme tous les fromages bleus à pâte persillée (ensemencé de pénicillium roqueforti qui est, en fait, un champignon microscopique) : Bleu d'Auvergne, Auvergne Bleu de Bresse, Ain Bleu de Franchimont, Belgique Bleu de Gex, Ain Bleu de Laqueuille, Auvergne Bleu des Causses, Aveyron Bleu du Vercors, Dauphiné Château d'Arville, Belgique Fourme d'Ambert, Auvergne Fourme de Montbrison, Rhône-Alpes / Auvergne Fromage de pays, Sud de l'Auvergne Gorgonzola, Italie Rochebarron, Auvergne Roquefort, Aveyron Saint Agur, Auvergne Tignard, Savoie, n’est pas considéré comme un vrai supporter du vin. Nos amis anglais le consomment avec du Porto en croquant des branches de céleri me dit-on.

 

Étant investi, même si c’est auto-investi, de la haute mission d’étendre le domaine du vin même face à des mets hostiles, je ne peux me contenter de cet accord unique, sauf à substituer un Banyuls ou un Maury au Porto. Mais ce sont des vins de la même famille. Comme le diraient mes amis catalans : et les vins secs dans tout cela ? J’en appelle donc à votre saine réaction pour proposer à nos amis anglais un vin à la hauteur de leur cher Blue Stilton.

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 00:09

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Comme je pérégrine beaucoup répondant en cela aux sollicitations aussi nombreuses que variées je suis frappé par la prolifération des « maîtres de la pensée vigneronne », ceux qui pensent que, ceux qui indiquent le chemin à ces braves vignerons : voie unique à sens unique à prendre obligatoirement, ceux qui s’autoproclament détenteurs de la vérité. Tout ce petit monde, s’agite, plastronne, se démène, vibrionne, interpelle. Normal ils sont des phares, des balises, des repères sans qui les pauvres « barquasses » vigneronnes déboussolées iraient inexorablement s’échouer sur le sable de rivages incertains, voire même se fracasseraient sur les récifs acérés du monde mondialisé. Bien sûr, ils font aussi un peu de commerce, de papier ou de vin, faut bien vivre mon brave, mais ils subliment le vil côté mercanti par leur vocation messianique.

 

Pour ne rien vous cacher ils me saoulent si je reste poli et, pour être plus direct, ils font chier tout le monde, les vignerons tout particulièrement. Tous ces « maîtres à penser en chaise longue », ces biens assis, ces biens nourris, dont l’échelle de pensée se situe à la longitude de leur intérêt bien compris, à la hauteur de leur resto, échoppe ou autre fonds de commerce, se soucient comme d’une guigne de l’état du monde, des gens de peu, de tous ces pousseurs de caddies ignorants, de ce qui se passe au Brésil, en Chine, en Inde, au Chili, en Argentine ou en Nouvelle-Zélande... Peu leur chaut, tout ça c’est de la broutille, l’important pour eux se résume à quelques quilles bichonnées par de braves vignerons, bien enracinés dans leur terroir, qui se rallient à leur beau panache blanc de gens qui pensent à la place des principaux intéressés et qui bien sûr ne leur veulent que du bien. Désolé les poteaux vous tirez un peu court et comme le dit avec pertinence Henri Nallet dans son livre ce réductionnisme qui tendrait à nous cantonner dans une production, certes à haute vocation qualitative, mais s’adressant essentiellement à des portefeuilles bien garnis est une vue de l’esprit qui nous mènerait vers une agriculture et une viticulture ne produisant que pour des nantis.

 

Les urbains que nous sommes, avant de monter en chaire pour exhorter le petit peuple vigneron, ou paysan d’ailleurs, à rejoindre les belles et magnifiques chapelles dont les clés sont entre de bonnes mains, ferions mieux de commencer par balayer devant notre porte en ayant dans notre vie de tous les jours des comportements respectueux de cette nature pour laquelle nous demandons le respect (sans ironiser je demande une déclaration obligatoire de la cylindrée des autos des hérauts du retour à des comportements plus respectueux de la nature sinon je prends des photos dans les parkings des manifestations dites bio où les 4x4 des clients sont légions). En effet, nous sommes majoritaires, nous les urbains, et nos discours sont trop souvent à 100 lieux de notre pratique. Alors avant d’excommunier les gens d’en face au nom d’un principe de pureté ou de naturalité ou, en inversant l’oukase, en traitant les viticulteurs bios de traîne-lattes, les bio-dynamistes d’illuminés et les «natures » de producteurs de vins qui sentent tous la bouse de vaches, il me semble qu’à minima nous pourrions faire notre propre bilan d’impact sur notre environnement. J’ai comme l’impression qu’il y aurait quelques surprises.

 

Je ne souhaite pas ce matin revenir sur le fond du débat ou des débats, exhumer les controverses récurrentes, par ailleurs stériles, mais simplement demander à tous ceux qui gravitent autour des vignerons, petits ou grands, de remplir en priorité au mieux leur fonction, quelle qu’elle soit, avant de se transformer en père prêcheur au service d’une cause aussi juste soit elle. Par ailleurs, je tiens tout de même à souligner que lorsque l’on lève son nez un peu au-dessus de son verre de vin, que l’on ouvre son angle de vision, il est possible alors de s’apercevoir que des proximités étranges entre les néolibéraux et ceux qui veulent réduire l’emprise de l’agriculture dans nos vieux pays. Instruire le procès du productivisme, de ses excès, de ses dégâts est chose aisée mais une fois l’acte d’accusation dressé se contenter d’externaliser, de se débarrasser de ces élevages qui puent, polluent, alimentent la malbouffe, de mettre une croix sur les grandes cultures c’est jeter le bébé avec l’eau du bain. La conséquence ultime de ce modèle qui ne propose, comme seule alternative à une agriculture productive, une agriculture néo-artisanale à forte valeur ajoutée c’est la délocalisation sur le modèle de l’industrie textile. Laisser croire par exemple que le modèle du Comté va sauver l’ensemble des petites exploitations laitières c’est se tromper et surtout tromper les producteurs. Nos voisins allemands peuvent en effet pourvoir sans problème à notre approvisionnement en lait de consommation.

 

Si je fais référence à la production de lait, mais j’aurais pu aussi bien prendre l’exemple de la production de poulet de Bresse, de Loué ou en batterie ou celle de viande bovine par des éleveurs des bassins allaitants ou simple sous-produit de la production laitière, alors que je m’adresse à des passionnés de vin c’est que la démarche qualitative avec ses différentes déclinaisons n’est pas antinomique avec la promotion d’une agriculture productive respectueuse de son environnement, plus durable, plus responsable. Il faut savoir sortir de l’univers des clichés, accepter de prendre en compte l’ensemble des données, sortir de son petit pré-carré, ne pas s’en tenir à une forme de manichéisme qui classe d’un côté les bons – ceux de sa chapelle – et les pas bons : les autres. Ma vision n’a rien d’angélique, de naïve, je suis conscient des rapports de force, des résistances, des lobbies des fournisseurs d’intrants, du poids de la grande distribution, mais pour autant je suis profondément et viscéralement hostile aux petits marquis de la ville, tout particulièrement ceux qui passent leur temps chez les étoilés, qui viennent porter la bonne parole à ces pauvres paysans, vignerons ou autres éleveurs qui se doivent bien évidemment d’être tous des gars produisant pour le haut du panier. Malheureusement j’ai rarement vu qui que ce soit vivre de bonnes paroles.

 

Pourquoi me direz-vous cette soudaine colère, ce prêchi prêcha ? C’est l’histoire du petit caillou qui se glisse dans votre chaussure et qui, aussi minable soit-il, si vous ne vous en débarrassez pas, rend votre démarche difficile, pénible. Alors c’est ce que j’ai souhaité faire ce matin, m’en débarrasser, à la suite d’une séquence où j’ai eu l’occasion de mieux appréhender la problématique alimentaire mondiale, en écoutant des acteurs, opérateurs sur le marché mondial, des chantres pontifiants des aménités environnementales, en lisant plusieurs livres dont celui de Henri Nallet, en me plongeant pour des raisons professionnelles dans des études sur la survie de nos bassins allaitants (races à viande), en laissant traîner mes oreilles dans les travées de lieux de dégustation.

 

Bien évidemment le vin n’entre pas dans la question de l’autosuffisance alimentaire mondiale mais la vigne occupe chez nous des territoires parfois difficiles, elle a une fonction environnementale de premier ordre, elle est un grand pourvoyeur d’emplois, d’activités, de vie rurale et nos vins depuis des décennies sont les poids lourds de notre balance commerciale agro-alimentaire. Qui plus est, par rapport au restant de notre agriculture, fortement intégré dans le système agro-alimentaire, notre viticulture s’appuie sur un modèle spécifique privilégiant la valeur ajoutée par le producteur.

 

Ce qui implique en clair, au-delà de tous les discours groupusculaires ou majoritaire, que le vin, tous les vins y compris les grands, sont « condamnés », à emprunter une démarche de viticulture de précision, retrouvant la culture des sols, minorant au maximum les intrants, gérant à l’optimum la ressource en eau, les effluents, se préoccupant de l’emprunte carbone de son process, de sa distribution. Mais cette ardente obligation ne peut se traduire dans les faits sur la base des seules bonnes paroles des petits marquis urbains. L’éditorialiste du Vitisphère de cette semaine, se cantonnant prudemment dans le simple constat, écrit  « Vin de Bordeaux : la catastrophe annoncée…Dans les chais de la Gironde, les « bons » millésimes se succèdent. Mais rien n’y fait, les prix notamment dans les appellations de Bordeaux et Bordeaux sup suivent une pente douce depuis 2003. Une pente de moins en moins douce !

Dans les difficultés du vignoble de France le plus réputé, se dessine un scénario périlleux pour l’économie de notre pays. A l’ombre des grands crus aux prix vertigineux, (dans les cas extrêmes, il faut vendre un tonneau de vin, soit 900l pour acheter une bouteille de grand cru !) , survit une viticulture qui doit s’aligner sur les prix mondiaux, c'est-à-dire entre 40 et 60 euros pour les vins sans IG, entre 50 et 90 euros pour les vins avec IGP, de 80 à 110 euros pour la majorité des AOP. Ce scénario est bien en place en Languedoc, il a ruiné le Beaujolais, et sérieusement affaibli les Cotes du Rhône… A qui le tour ? ou plutôt comment inverser ce scénario avant que le vin ne soit moins cher que l’eau ! »

 

Ce n’est pas sur la base d’une « chirurgie de champ de bataille », telle que celle qu’a connu notre sidérurgie, ou d’un lent et inexorable déclin du type de celui vécu par notre industrie textile et qui est sous nos yeux dans les bassins allaitants, que le socle de notre viticulture pourra investir – ce n’est pas un gros mot l’investissement n’étant pas que financier mais aussi humain – dans cette viticulture de précision permettant de faire vivre côte à côte, en symbiose, en synergie comme on dit, des modèles viticoles correspondant aux vins que demandent les consommateurs. Nous pouvons, comme l’écrit le Professeur Pitte, abandonner la viticulture dite productive – qui n’est pas synonyme de faire pisser la vigne et massacrer l’environnement – aux nouveaux entrants. C’est un choix. Pour moi, il doit rester entre les mains des vignerons eux-mêmes, de leur expression collective mais... là je n’en dirai pas plus car je n’ai nulle envie de me faire pendre en place de Grève...  

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 00:09

« L’agriculture est le premier, le plus utile, le plus étendu et peut-être le plus essentiel de tous les arts. » cette citation de Denis Diderot tirée de l’Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers (1751) ouvre l’Atlas de l’Agriculture de Jean-Paul Charvet publié chez Autrement, sous titré Comment pourra-t-on nourrir l’humanité en 2050 ?

 

La pertinence de ce jugement, émis à l’époque des physiocrates, « malgré la diversification croissante des activités humaines, la production des denrées alimentaires demeure le secteur d’activité le plus répandu de la planète :

-         en 2010, près de 40% de la population active mondiale se trouvait encore employée dans l’agriculture. 

-         Le nombre d’agriculteurs continue d’ailleurs à croître, en valeur absolue, à l’échelle de la planète [...]

-         Si l’on ajoute à l’effectif total des agriculteurs celui des personnes employées dans les secteurs économiques en amont [...] et en aval [...] de la production agricole, on arrive à des chiffres plus élevés.

-         Avec les filières agro-alimentaires, y compris les activités de restauration, 55 à 60% de la population mondiale travaillent aujourd’hui à la satisfaction d’un besoin quotidien incontournable des hommes : celui de leur nourriture. »

 

Comme le souligne Jean-Paul Charvet « actuellement, plus d’un milliard de personnes survivent en situation de sous-alimentation chronique, ce qui correspond à une progression de près de 200 millions de personnes par rapport à la situation des années 1990, et 2 milliards de personnes continuent à souffrir de malnutrition en raison de régimes alimentaires déséquilibrés et/ou de carences alimentaires diverses »

 

Le défi que va devoir relever l’agriculture mondiale est d’envergure : en « partant d’une situation actuelle déjà loin d’être satisfaisante, qu’en sera-t-il en 2050 lorsqu’il faudra pouvoir satisfaire les besoins alimentaires, non plus, de 6 milliards de personnes comme c’était le cas en l’an 2000, mais de 9 milliards ? »

 

En parodiant la fameuse phrase apocryphe : « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas » attribuée à André Malraux (l’auteur des Antimémoires n’a jamais prononcé cette phrase. Il a même précisé à Pierre Desgraupes (Le Point, 10 novembre 1975) : « On m’a fait dire : « le XXIe siècle sera religieux ». Je n’ai jamais dit cela bien entendu, car je n’en sais rien.), il n’est pas grandiloquent d’affirmer au terme de la 1ière décennie de ce siècle que « le 21 siècle sera agricole ou ne sera pas. »

 

Les dimensions de cet Atlas de l’Agriculture – 79 pages – ne lui permettent pas, bien sûr, d’aborder et d’approfondir toutes les problématiques mais il apporte, sous une forme claire, parlante – 100 cartes et infographies de Claire Levasseur – un éclairage qui peut permettre à un public, soucieux de mieux comprendre les enjeux alimentaires mondiaux, d’acquérir les bases indispensables à celle-ci.

 

Cet Atlas est estampillé par le timbre de mon beau Ministère qui, pour être dans le vent, affiche fièrement : L’AGRICULTURE NOTRE ALIMENTATION, cependant je dois avouer que, lorsqu’il traite de notre belle agriculture française,  l’ouvrage m’a moins convaincu de sa pertinence, même si les thèmes abordés sont intéressants. En effet, les concepts d’agriculture « écologiquement intensive », de « Révolution doublement verte », ou d’ « agriculteurs raisonnés », sont certes séduisants, mais ils n’aident guère à dénouer la contradiction entre la compétitivité-intensivité/durabilité. Pour prendre une image un peu triviale : est-il possible de rester compétitif avec un pied sur le frein ou en décélérant ?

 

La nouvelle PAC, en dépit de son verdissement, privilégie encore la productivité : le boom de l’agriculture et de l’agro-alimentaire allemand au travers des ex-landers le montre largement : ce ne sont pas les producteurs laitiers français qui me démentiront.

 

Sans doute suis-je trop dans le cambouis des crises, trop le témoin du peu de plasticité des grands systèmes de production et de la capacité de résistances des OP les défendant pour me contenter d’une approche qui semble coller aux attentes des urbains mais dont je ne perçois guère les implications concrètes auprès des principaux intéressés : les agriculteurs.

 

Enfin, le chapitre sur la qualité des nourritures terrestres pages 14-15 illustré par les ventes de Champagne et l’impact des AOC oléicoles françaises m’a fait sourire (c’est l’ancien Président de la SIDO promoteur du plan de relance de l’oléiculture française qui s’exprime et qui doute un peu de la dynamique de l’oléiculture française : l’ami Olivier président de l’AFIDOL pourra s’inscrire en faux sur ce point s’il le souhaite).

 

Ceci étant écrit, j’insiste sur le fait que mes remarques ne sont que celles d’un vieux routier du 78 rue de Varenne qui a vu beaucoup de présidents de la FNSEA y passer, d’un habitué des colloques savants et des débats programmatiques, sans doute un peu trop sceptique sur la capacité de toutes ces contributions de nos décideurs et de nos penseurs ruraux à faire évoluer l’agriculture française.

 

Bref, même si la France est et reste un grand pays agricole, les enjeux de l’agriculture mondiale dépassent largement notre débat national et l’Atlas de l’Agriculture est un ouvrage que je recommande car il met à la portée du plus grand nombre ce qu’il faut savoir pour mieux comprendre et mieux « prendre la mesure des questions fondamentales qui secouent le monde agricole ».

 

Au-delà de la simple empathie pour « ces pauvres agriculteurs », les petits surtout, le citoyen-consommateur de nos économies développées, en évaluant mieux les enjeux mondiaux, en comprenant mieux les contraintes,  pourra peut-être mieux peser sur les évolutions, en modifiant ses comportements d’achats, ses habitudes alimentaires. En effet, compatir pour le petit producteur de lait du Cantal tout en ne se posant pas de question sur le prix de la brique de lait UHT, tout droit venue d'Allemagne, acquise à un tarif rase-mottes dans son magasin de hard-discount en est un exemple trop courant.

 

Biocarburants,  diffusion mondiale des plantes transgéniques, le blé céréale mondiale, le soja impérialiste, l’accroissement des échanges mondiaux, la volatilité des prix des matières premières, l’urbanisation débridée, le bio, les agricultures brésiliennes, le poids des USA, la PAC, l’OMC, sécurité et souveraineté alimentaire en Chine et en Inde, le potentiel de l’Afrique... voici en vrac ce que l’Atlas de l’Agriculture vous livrera très bien présenté, je n'ose écrire bien conditionné.

 

Comme en Agriculture tout commence par la Terre, surtout celle que l’on qualifie d’arable, pour vous donnez le sentiment que vous feuilletez cet Atlas dans une librairie je vous propose de visionner les 4 pages concernant LA TERRE CULTIVABLE :

(I)               Une ressource de plus en plus rare

(II)           Main basse sur une ressource stratégique

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 00:09

C’est indéniable mon addiction, certes grave, est supportable car une belle platée de pasta est le meilleur support qui soit pour n’importe quel vin, certes plutôt rouge, qu’il soit humble, grand, bourgeois, châtelain, vigneron, corsé ou fruité, gentillet ou musclé ou efféminée mais pas bodybuildé ...  13011299 jpeg preview medium

Oui je l’avoue sans la moindre honte je suis capable de manger des pâtes en tout lieu, seul ou avec d’autres, tous les jours, deux fois par jour, à n’importe quelle heure de la nuit et du jour, après l’amour. Mon addiction à la Pasta di Semola Di Grano Duro ne date pas d’hier, en effet elle est survenue à l’époque de mes culottes courtes donc bien avant l’irruption de la vénération des sucres lents par les gourous de la nutrition sportive.

Moi ce sont les nouilles Rivoire&Carret de mémé Marie embeurré avec le beurre salé baratté par la tante Valentine qui m’ont y jeté. La simple vue du petit paquet parallélépipédique – un mot pareil ça vous coupe la chique – bleu ciel et bleu roi avec sa mangeuse de pates de profil, ses trois étoiles me mettait en transe, en état de manque radical. Je suis donc devenu un nouille addict (merci de ne pas féminiser).

Bien sûr, avec le temps j’ai diversifié ma « drogue douce » : macaronis, spaghettis, coquillettes, coudes rayés d’abord, puis mes sources d’approvisionnement avec l’irruption des Ritals, rois de la Pasta sur le marché : De Cecco et autres plus petits faiseurs. Mon trésor de guerre, dans un placard au sec, me permettait de pourvoir, à tout instant, à mes indispensables shoots aux sucres lents. Imaginez mon état lorsque me rendant dans des contrées barbares où la Pasta di Semola Di Grano Duro était aussi rare qu’une belle ligne de coke, la Suède par exemple, c’était la descente aux enfers.  89868616.jpg

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Cependant le pire martyr fut pour moi la guerre impitoyable que se livrèrent les cartels de la Pasta di Semola Di Grano Duro pour contrôler le marché français. Dès 1968, année de tous les dangers, la famille Carret propriétaire de Rivoire&Carret redoutant la puissance de feu des italiens Barilla et des allemands Birkel, proposa à la famille Cartier-Million propriétaire de Lustucru, qu’elle côtoyait dans le Syndicat des fabricants, un rapprochement. Ainsi vit le jour en 1969 une holding à deux filiales, Rivoire & Carret et Lustucru, chacune des filiales détenant respectivement 58 et 42% des actions, ces dernières étant réparties entre 32 actionnaires familiaux. Le holding récemment créé décida de construire une nouvelle usine, dans l'Oise, à Ourscamp. Cette dernière installation produisit vite plus de 200 tonnes de pâtes par jour contre 130 tonnes à Marseille (usine des Rivoire & Carret) et 100 tonnes à Grenoble. Dans les années 70-80, les ventes de Rivoire & Carret commencèrent à stagner tandis que celles de Lustucru continuèrent à croitre.


Pendant cette même période, en 1971, les Cartier-Millon furent pris de court par la revente de la majeure partie des actions de la famille Carret à la famille de semouliers marseillais les Cohen-Skalli. Ces derniers devant la situation de l'époque et le suréquipement en usines décidèrent de fusionner Rivoire & Carret et Lustucru en 1981. De nombreuses procédures judicaires s'ensuivirent sur une période de 7 ans, jusqu'au rachat en 1987 des 42% de la famille Cartier-Millon par les Cohen-Skalli. Lustucru fut transférée à Marseille et en 1989 l'usine de Grenoble fut fermée.

 

Rivoire & Carret allait-il disparaître ?

 

Le boulet passa très près avec l’irruption de la pate fraîche qui bouleversait les équilibres, permettait une profitabilité supérieure. Lustucru tira le premier. Robert Skalli triomphait, et comme lui alliait Pasta et Vins il dérangeait les barons de Panzani tenus par les banquiers de PAI (Paribas). En 2002, comme l’écrivait Frédéric Pons dans Libé : « Panzani aspire Rivoire et Carret-Lustucru. «Al dente», pour mieux déguster les pâtes fraîches et le riz Taureau ailé de son concurrent historique. Par crainte d'indigestion, en revanche, Panzani chipote sur les activités «pâtes sèches» et sur les «semoules» du groupe français Rivoire et Carret-Lustucru, propriété de la famille Skalli : Don Patillo, mascotte de Panzani, aimerait bien refiler son assiette à un autre convive. » En effet, même si la pasta sèche représente 90 % de la consommation des Français, c’est un marché mature, il ne progresse pas alors que celui de la fraîche se tape du +10% par an. Et là Lustucru c’est 40% du créneau. Le rêve pour un cartel.

 

Alors, même si le consommateur n’y comprend goutte, il y a aujourd’hui d’un côté le Lustucru frais et de l’autre le Lustucru sec&Rivoire&Carret qui a formé une nouvelle boutique Pastacorp une grosse PME, basée à Aix-en-Provence, qui bien sûr a du mal à s'imposer sur un marché dominé par les barons Panzani, Barilla et les marques discount. Du coup, sa part de marché décroît lentement, à 10,3 % fin 2005.

 

Nouvelle guerre avec le repositionnement de Rivoire & Carret entre les MDD et les marques nationales. « Elle a encore 71 % de notoriété assistée, ce qui nous permet d'offrir une vraie marque au juste prix, dans un contexte législatif très favorable », se félicite le directeur général, Olivier Meloyan qui non content de la lancer sur le marché des pâtes sèches, s'attaque aussi à ceux du riz et des pâtes fraîches, avec plus de 25 références au total. Gonflé en période de forte rationalisation des linéaires ! Arnaud Loquet, « baronnet » de l'épicerie de Leclerc ironise « Sur des marchés aussi encombrés que les féculents, cela va encore amoindrir la visibilité, d'autant que le milieu de gamme régresse au profit des pôles discount et marques. Les membres du cartel font dans le sous-entendu vachard « Nous n'avons reçu aucun écho ni menace de remplacement de produit, comme c'est le cas habituellement lorsqu'une une entreprise lance de nouvelles références », balance Emmanuelle Bach Donnard, manageur de catégorie chez Barilla. « C'est une marque qui n'évoque plus rien pour les consommateurs et qui n'a donc plus de légitimité », tranche Xavier Riescher, directeur général de Panzani.

 

Bon mes histoires de nouilles vous gonflent peut-être, même si contrairement à une idée reçue la pasta ne fait point grossir, mais il vous faut aussi sortir votre nez de votre verre pour affronter l’univers impitoyables des marques. Pour me faire pardonner ce magistral cours, j’ai décidé de vous offrir :

 

1° 2 vidéos des Rivoire&Carret addict : Desproges&Prévost et Coluche

2° 1 recette exclusive : le Gratin de nouilles à l’émincé de pot-au-feu http://www.berthomeau.com/article-23501942.html c’est du bon et bien sûr comme la maison Berthomeau ne recule devant aucun sacrifice les vins qui vont avec cette recette sont prescrits.

Bon appétit !


1975 - rivoire & carret
envoyé par fifitou. - Court métrage, documentaire et bande annonce.


RECLAME : LES PATES RIVOIRE ET CARRET (COLUCHE)
envoyé par artemis181. - Regardez des web séries et des films.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 09:17

  

Ce matin j’ai deux bonnes raisons pour surfer sur le Goncourt de Michel Houellebecq et d’affirmer, sans rire, qu’il participe à « L’extension du Domaine du Vin » et à la défense de la France des Terroirs avec JP Pernaut :

- Bernard Pivot, membre de l’académie Goncourt a soutenu « La carte et le territoire » ;

- Je suis un lecteur de Houellebecq depuis ses origines et je considère « Extension du Domaine de la Lutte » comme son meilleur livre dont le héros travaille dans une Direction Départementale de l'Agriculture.

  

Voir chronique du 7/11/2006 « Une caricature de socialiste agricole » http://www.berthomeau.com/article-4420891.html

 

et un mauvaise : Michel Houellebecq est Ingénieur Agronome

 

Donc ce matin quelques extraits du Goncourt où Houellebecq hume la France profonde...   

 

«  Partant de l'actualité immédiate - violente, rapide, frénétique, insensée - Jean Pierre Pernaut accomplissait chaque jour cette tâche messianique consistant à guider le téléspectateur, terrorisé et stressé, vers les régions idylliques d'une campagne préservée, où l'homme vivait en harmonie avec la nature, s'accordait au rythme des saisons ».

 

« Il revoyait les affiches représentant la vieille momie pétainiste* sur fond de clochers, de villages. Il avait 13 ans à l'époque et c'était la première fois de sa vie qu'il prêtait attention à un slogan politique (...) »

 

* il s’agit de l’affiche de la force tranquille de Jacques Séguéla

 

« Un chien porte déjà en soi un destin individuel et une représentation du monde, mais son drame a quelque chose d’indifférencié, il n’est ni historique ni véritablement narratif, et je crois que j’en ai à peu près fini avec le monde comme narration — le monde des romans et des films, le monde de la musique aussi. Je ne m’intéresse plus qu’au monde comme juxtaposition — celui de la poésie, de la peinture. Vous prenez un peu plus de pot-au-feu ? »

 

Jed déclina l’offre. Houellebecq sortit du réfrigérateur un saint-nectaire et un époisses, coupa des tranches de pain, déboucha une nouvelle bouteille de chablis.

 

Michel Houellebecq, La carte et le territoire, Flammarion, pp. 258-259

 

Houellebecq hocha la tête, écartant les bras comme s’il entrait dans une transe tantrique — il était, plus probablement, ivre, et tentait d’assurer son équilibre sur le tabouret de cuisine où il s’était accroupi. Lorsqu’il reprit la parole sa voix était douce, profonde, emplie d’une émotion naïve. « Dans ma vie de consommateur », dit-il, « j’aurai connu trois produits parfaits : les chaussures Paraboot Marche, le combiné ordinateur portable-imprimante Canon Libris, la parka Camel Legend. Ces produits je les aimés, passionnément, j’aurais passé ma vie en leur présence, rachetant régulièrement, à mesure de l’usure naturelle, des produits identiques. Une relation parfaite et fidèle s’était établie, faisant de moi un consommateur heureux. Je n’étais pas absolument heureux, à tous points de vue, dans la vie, mais au moins j’avais cela : je pouvais, à intervalles réguliers, racheter une paire de mes chaussures préférées. C’est peu mais c’est beaucoup, surtout quand on a une vie intime assez pauvre. Eh bien cette joie, cette joie simple, ne m’a pas été laissée. Mes produits favoris, au bout de quelques années, ont disparu des rayonnages, leur fabrication a purement et simplement été stoppée — et dans le cas de ma pauvre parka Camel Legend, sans doute la plus belle parka jamais fabriquée, elle n’aura vécu qu’une seule saison... » Il se mit à pleurer, lentement, à grosses gouttes, se resservit un verre de vin. « C’est brutal, vous savez, c’est terriblement brutal. Alors que les espèces animales les plus insignifiantes mettent des milliers, parfois des millions d’années à disparaître, les produits manufacturés sont rayés de la surface du globe en quelques jours, il ne leur est jamais accordé de seconde chance, ils ne peuvent que subir, impuissants, le diktat irresponsable et fasciste des responsables des lignes de produits qui savent naturellement mieux que tout autre ce que veut le consommateur, qui prétendent capter une attente de nouveauté chez le consommateur, qui ne font en réalité que transformer sa vie en une quête épuisante et désespérée, une errance sans fin entre des linéaires éternellement modifiés.

— Je comprends ce que vous voulez dire », intervint Jed, « je sais que beaucoup de gens ont eu le cœur brisé lors de l’arrêt de la fabrication du Rolleiflex double objectif. Mais peut-être alors... Peut-être faudrait-il réserver sa confiance et son amour aux produits extrêmement onéreux, bénéficiant d’un statut mythique. Je ne m’imagine pas, par exemple, Rolex arrêtant la production de l’Oyster Perpetual Day-Date.

 

— Vous êtes jeune... Vous êtes terriblement jeune... Rolex fera comme tous les autres. » Il se saisit de trois rondelles de chorizo, les disposa sur un bout de pain, engloutit l’ensemble, puis se resservit un verre de vin.

 

Michel Houellebecq, La carte et le territoire, Flammarion, pp. 170-171.    +

 

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 00:09

 

Sur son blog Léon-Marc Lévy s’interroge gravement « Je me demande avec insistance et depuis longtemps pourquoi Diable les Belges sont-ils depuis des décennies l'objet national de blagues imbéciles et surtout profondément humiliantes ? Je finis par être saisi d'un doute. Est-ce un vrai problème ? Habitués à cette antienne de l'histoire belge, nous sommes plus ou moins convaincus que ça ne mange pas de pain, que ce n'est pas grave, qu'il faut avoir de l'humour (!!). Bref, pas de quoi écrire à sa mère et encore moins sur son blog de « Médiapart »! Et il se dit qu'ils font de même. Mais l'ampleur du phénomène et son aptitude à ne jamais passer de mode, finissent par provoquer malaise.  Et puis quoi, si j'étais Belge je serais meurtri par cette image dégradante que les Français, dans leur suffisance, donnent de mon pays et de ses habitants ! »

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Je ne raconte jamais d’histoires belges pour une bonne et simple raison que je ne raconte jamais de petites histoires car mon cerveau les entend sans les retenir. Ce matin, je romps avec la tradition franchouillarde et donne ma plume à Alain Bertrand qui est un belge amoureux de Vialatte qui, dans un petit opus « Je ne suis pas un cadeau » publié à la finitude 14, cours Marc-Nouaux à Bordeaux, s’essaie à la chronique en portant un regard tendrement ironique sur notre société.

 

Comme cet homme, tout belge qu’il fût, écrit dans son avant-propos « La vie ne fait pas de cadeaux ; en revanche, l’homme peut en faire. C’est sa suprématie sur les choses, avec l’ivrognerie, le sourire en coin et la position du missionnaire » je ne puis que le relayer en vous proposant de lire « Le jean de Jane Birkin » à savourer un verre de vin du Domaine de la Coume Majou à la main www.coumemajou.jimdo.com photo-Belge.jpg

« Le jean moule le derrière comme une louche à fromage blanc. On l’imagine ferme à l’époque des chercheurs d’or, tendre et moelleux à Woodstock, coulant depuis l’invention du Mc Do. Le fond de la culotte a suivi les courbes de l’affinage : d’abord flottant et pratique, il opéra un touché-collé des parties sensibles jusqu’à déshabiller l’homme et le femme sans qu’il soit besoin d’ôter son pantalon. La sensualité qui s’en dégageait causait des émois cutanés, des accrochages en ville, des rapprochements scabreux, des plongées dans les salles obscures.

James Dean et Marlon Brando musclaient les affiches de cinéma tandis que Marilyn Monroe flottait dans comme dans une piscine bleue de Gênes.

Vint le temps où, au lieu de le voir sur un écran, on enfila le jean comme une preuve qu’on avait grandi. Le poil moustachait, le blouson noircissait, les boutons évitaient de spéculer plus avant que la braguette. Le monde avait des rondeurs de fesse en goutte d’eau, et il n’était pas un mètre derrière une femme qui ne modifiât le galbe du trottoir. On en revenait à la toile de tente, au fromage de chèvre, et on s’affalait sans craindre de se mouiller ailleurs qu’à la bouche des filles.

Pour le reste, ça causait le matin, l’après-midi, et même au dessert.

Et après ? Le moulage figeait si bien la matière qu’arracher le jean c’était comme enlever la croûte d’un camembert. Si bien qu’on dormait dedans, fuselés et rivetés, jusqu’à la mue d’été : le jean devint une seconde peau, à l’image du ciel.

Cette évolution, que n’aurait pas reniée un paléontologue, dota l’espèce humaine de pattes d’éléphant. Il fut question, brièvement, de changer le monde. Le passage du pantalon étréci au pantalon flottant ouvrait la voie à la chute de reins et de jean. Que faire quand le pantalon tombe tout seul ? Remonter les bretelles rappelait les misères de la grande crise de 29 ; dès lors, on conçut de baisser sa culotte le plus souvent possible et de ne la remonter qu’en cas de coup dur, soit pour lancer quelque slogan, quelque pavé, quelque rockeur.

On voyagea pour découvrir des fromages népalais. On improvisa des paradis artificiels à Katmandou. À Amsterdam, on dissimulait les plaisirs fumigènes dans les roues du gouda.

C’était le temps des seins menus et des douceurs sur canapé.

La fermeture ouverte depuis l’éclair du nombril, le tee-shirt blanc, Jane Birkin improvisait des cambrures à l’anglaise. Il s’en suivit une mode pour la chanson lascive et l’ostéopathie.

On rêvait de faire l’amour avec son corps à elle.

On le faisait, mais uniquement avec le sien. »

 

Pour le vin adressez-vous au taulier du Domaine de Coume Majou : Luc Charlier auteurs de saillies et digressions en tout genre mais surtout vigneron à Corneilla-de-la-Rivière www.coumemajou.jimdo.com.  

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 00:09

Dans la galerie des portraits des Ministre de l’Agriculture affichés dans l’antichambre de l’Hôtel de Villeroy au 78 rue de Varenne celui d’Henri Nallet pourrait y figurer deux fois, encadrant ainsi le Ministre paysan l’inflexible lorrain François Guillaume. En effet, par la grâce de la démission nocturne de Michel Rocard, Henri se retrouva en avril 1985 un matin Ministre de l’Agriculture puis lors de la réélection de François Mitterrand à nouveau Ministre de l'agriculture et de la forêt de mai 1988 à octobre 1990 dans le gouvernement de Michel Rocard. Je garde un délicieux souvenir de la seconde passation de pouvoir : nous étions arrivés pédestrement par la rue de Bourgogne Henri, Jean et moi et nous fûmes fort civilement accueillis par Denis Gautier-Sauvagnac Directeur du cabinet de l’autre François qui lui fut un peu plus réfrigérant...

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Même si je ne suis pas là pour vous conter des souvenirs permettez-moi cependant d’affirmer, n’en déplaise à ceux qui placent notre Chirac en tête du Top 10 des Ministres de l’Agriculture, bien plus pour sa faculté à serrer les manettes et caresser le cul des vaches au Salon de l’Agriculture que par le fond de son action au 78 rue de Varenne, qu’Henri Nallet tout comme Michel Rocard sont pour moi sur le podium. Pourquoi ? Non parce que je sois partisan mais parce j'estime qu’ils ont su mener ou soutenir des réformes indispensables à la rénovation de notre agriculture : quotas laitiers, accords de Dublin, accord sur l’enseignement agricole privé... C’est au pied du mur qu’on juge les maçons.

Henri Nallet est plutôt un taiseux, homme précis, réfléchi, il connaît bien les hommes de la grande maison de la rue de la Baume et de ses satellites, possède une culture du monde paysan, travaille ses dossiers, un homme qui sait qu’une politique de petits pas vaut mieux que de l’esbroufe. Bref, nous nous connaissons bien, j’ai été le directeur-adjoint de son cabinet, j’ai mené avec lui le dossier explosif de la représentativité syndicale qui valut à Henri une conduite de Grenoble lors du Congrès de la FNSEA de Versailles. Le rocardien pur sucre que j’étais prenait un grand plaisir à parler cambouis politique avec lui qui, sans être un Mitterrandiste pur sucre, cherchait à faire le lien entre les 2 gauches. Détail pour mes lecteurs, le dossier viticole m’a peu mobilisé au court de cette période.


Henri a connu aussi l’extrême solitude du politique dans la tourmente où l’on fait le compte de ses amis. Mais revenons à ce qui m’amène à vous parler de lui. Il vient de commettre de sa plume précise, acérée parfois, un essai qui met en perspective la future réforme de la PAC. Pour moi c’est une œuvre d’utilité publique car Henri Nallet, sans emphase, avec sa culture de gouvernement où le cambouis conditionne souvent les vraies avancées, propose au lecteur non averti des arcanes agricoles de notre Union Européenne un texte d’une limpidité peu commune où, comme l’écrit Rocard dans sa préface, il nous donne sur un demi-siècle « une histoire intelligible de la PAC». Il ne se paye pas de mots, il ne réécrit pas l’histoire, il expose simplement avant d’aborder avec courage les enjeux, les termes des choix, les pistes à explorer. Hors des sentiers simplificateurs, avec superbe, il explique aux responsables de notre vieux pays que les postures ne sont plus de saison, que les lignes Maginot sont des leurres, qu’il nous faut affronter cette foutue réalité sans faux-fuyants, qu’il nous faut être imaginatif pour mettre du contenu sous des mots « magiques » telle la préférence communautaire.

Cet essai va sans doute agacer les dents fragiles des Verts, insupporter les Confédérés de José Bové, être dédaigné par tous les « alters » de la Terre, chauffer les oreilles des nonistes des deux rives, mais comme je l’écris souvent sur cet espace de liberté il vaut mieux présenter des aspérités, se donner des angles plutôt que de se congratuler entre soi dans sa petite chapelle. Les grands enjeux de notre planète pour ce qui concerne l’alimentation de ses milliards d’habitants, la prise en compte des questions environnementales, des effets du réchauffement climatique, des équilibres territoriaux méritent qu’on les aborde avec le souci de produire des solutions applicables et durables. Mettre en avant sans fausse honte l’aspect productif de l’agriculture comme le fait Henri Nallet c’est mettre les urbains consommateurs face à leurs contradictions : empathie pour une agriculture fantasmée d’un côté et réalisme du porte-monnaie lors de l’acte d’achat : en clair « pleurer » sur les pauvres petits producteurs de lait écrasés par le marché et acheter sans barguigner sa brique de lait UHT en provenance directe d’une Allemagne fort productive. Nous avons besoin d’engager une réelle thérapie sur ces questions vitales pour nos agriculteurs (viticulteurs aussi bien sûr) et nos territoires. Nous ne réglerons pas les problèmes des producteurs de lait en prenant le modèle Comté comme référence de régulation du marché et de la fameuse volatilité des prix. Comme je l’ai écrit dans une chronique à force de nous recroqueviller sur un pré-carré de quoi vivrons-nous demain ?

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Henri Nallet fors de son expérience pose la bonne question : « L’Europe gardera-t-elle ses paysans ? » sous entendu en a-t-elle vraiment la volonté et comme elle c’est nous citoyens-consommateurs-contribuables européens porter à notre connaissance de manière simple une problématique qui semble au plus grand nombre si opaque, si entre les mains des experts, est essentiel car vecteur de compréhension de la portée et des enjeux d’une PAC lointaine, qui semble injuste, compliquée et couteuse qui, tel un vieux cheval fourbu, à force de se réformer donne à penser qu’elle n’a plus de réelle utilité ni économique ni sociale.

 

Ce livre est doté d’une version anglaise et de documents annexes très intéressants : surtout une note d’HN, très Henri Nallet, à François Mitterrand du 10 janvier 1984 sur la nécessaire réforme de la PAC et un échange de courrier avec Peter Mandelson le Commissaire au Commerce en avril 2007 au moment de la Présidentielle sur le volet agricole du cycle de Doha. Dans la tradition de la maison 2 extraits dont le choix est totalement arbitraire, berthomesque, pour vous mettre en appétit : ce petit livre – et vous savez tous que j’aime les petits livres – lisez-le, même s’il ne va pas dans le sens du vent, même s’il vous irrite, comme me l’écrit Henri dans sa dédicace « ce petit essai pourrait peut-être servir...

 

LE COUPLE MITTERRAND-ROCARD AU TRAVAIL

 

« Il fallait donc remettre un peu d’ordre dans la maison avant de faire redémarrer le projet européen. François Mitterrand s’y pris en deux temps. D’abord, il remplaça Edith Cresson par Michel Rocard. Coup double : en confiant les intérêts de la paysannerie française à la coqueluche des sondages et des médias, il signifiait aux dirigeants agricoles qu’il désirait la paix. Ensuite, il envoyait au feu un responsable politique important qui ne l’avait pas toujours soutenu... Mais Michel Rocard, bien secondé par un bon cabinet animé par Jean-Paul Huchon, maître négociateur, s’en tira fort bien, mettant en œuvre sans hésiter le virage nécessaire de la politique agricole décidée par le Conseil Européen. En laissant à Michel Rocard le soin de faire la paix à l’intérieur, François eut les mains beaucoup plus libres pour, avec Helmut Kohl, puis Jacques Delors, relancer la progression de l’Europe unie et son élargissement. » page 55

LE DÉCOUPLAGE OU LE RÈGNE DU MARCHÉ

 

C’est le « découplage », qui a transformé la PAC en un système mutualisé d’assistance aux titulaires du droit d’exploiter la terre agricole, reste, aujourd’hui encore le cœur de la seconde PAC, enfin conforme aux saints principes du libre-échange. Mais, à y regarder de plus près et du point de vue des autres producteurs présents sur les marchés agricoles, le « découplage » que pratiquent tous les pays du Nord est une vaste fumisterie qui requiert pour être défendu, un solide culot. En effet, les primes compensatrices reçues par les producteurs, liées ou non aux productions, sont des aides publiques qui entrent dans le revenu de l’entreprise, at qui peuvent donc servir à financer les intrants nécessaires pour améliorer la productivité, et donc chasser du marché d’autres producteurs. Ou elles peuvent permettre de maintenir en état de produire des agriculteurs peu productifs qui, sans cette aide publique aurait mis la clé sous la porte. Au regard des producteurs agricoles démunis des pays du Sud, les aides des pays du Nord, couplées à la production ou non, reviennent au même... C’est parce qu’ils ont fini par s’en apercevoir que les pays du Sud ont refusé jusqu’à présent d’accepter les conclusions du cycle de Doha. » pages 68-69

 

 « L’Europe gardera-t-elle ses paysans ? » est publié par la Fondation Jean Jaurès www.jean-jaures.org

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 02:09

Éveil tardif, Chloé m’attendait pieds nus sur la terrasse, un bol de thé entre les mains, enveloppée dans une vaste chemise d’homme en coton écru dont les échancrures montaient jusqu’en haut de ses cuisses m’offrant une brèche dont je profitais pour glisser mes deux mains sous la toile rêche et empoigner ses crêtes iliaques. Je n’ai jamais su résister à l’érotisme torride de ces deux ailes pointées à la fois vers le ciel et mes mains. La vallée qu’elles surplombent attise chez moi une frénésie intérieure, forme de houle contenue prête à déferler sur les flancs si lisses, si suaves, si doux. Chaleur intense mais sans éruption, ce sont mes doigts, le bout de mes doigts qui frôlent, glissent, cherchent la faille, l’entrelac des lèvres tièdes, la résistance. Une fois cerné ce dur, le ressenti du corps qui appelle, la lente ouverture, le miel, insistance lente, raids foudroyants, fausse résistance, toutes les défenses tombent, la brèche devient puits, nulle reddition, l’offrande impérieuse, projection impudique, poupée de son embrasée. Pas de pitié, la capitulation jetait le corps humide entre mes bras. Féline, Chloé rugissait, me griffait le dos, me mordait le lobe de l’oreille, sans jamais demander grâce. Mon sexe silex irradiait mon bas ventre mais restait sec, refusant la décadence. Ce matin-là, nous soldions ainsi nos infidélités, sans un mot, avec une rage un peu désespérée. En écrivant ces lignes je tremble.

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Dans la division du travail logique que nous avions décidée, Chloé prenait en charge les galonnés de l’état-major, plus particulièrement les colonels, plus jeunes, plus chauds aussi, mais surtout clés d’entrée dans le cercle des officiers généraux. Se glisser entre les cuisses d’une beauté, la posséder n’avait aucun prix pour ces étalons. Avec une facilité dérisoire ils lâchaient tout sans même y être invité par Chloé. J’en devenais jaloux car moi je me contentais des pouffiasses, aux cheveux gras et sales, des tas sans grâce qui m’enflaient la tête avec leur logorrhée révolutionnaire. Au mépris de nos conventions je m’attaquais à la très jeune femme d’un général, une ganache adipeuse et arrogante, Juan Manuel Guillermo Contreras Sepúlveda, qui deviendra le directeur de la DINA de 1973 à 1978, le service de renseignement chilien sous la dictature militaire d’Augusto Pinochet. Nous nous étions croisés à une réception à l’ambassade des Etats-Unis. Francophile, timide mais pas farouche, notre bref échange se cantonna dans la banalité et pourtant je sus de suite qu’elle tomberait au premier assaut. Aux flancs de son époux plastronnant elle suintait un ennui parfumé de jasmin de Séville. Mes manœuvres d’approche furent longues et complexes parce que le mari la tenait sous bonne garde. La solution vint d’elle et de ses dévotions.  Quoi de plus rassurant pour un mari jaloux qu’un couvent.  Avec la complicité d’un jardinier sympathisant des socialistes nous nous retrouvâmes chaque matin, et parfois l’après-midi, dans une resserre attenante au grand Jardin potager du couvent de San Vicente Ferrer.

Franscica, fille unique d’un grand latifundiaire du sud ne portait guère Allende et ses visions dans son cœur mais l’aversion pour son époux et ses affidés tempérait ses à-priori contre la populace. Sous ses airs de petite fille sage elle cachait un tempérament fougueux et ardent. Nos ébats me laissaient sur le flanc ce qui donnait à Franscica du temps pour s’épancher sur les sinistres besognes de son Juan Guillermo. De sa voix flutée, elle alternait des plaintes sur sa détresse de devoir encore subir ses assauts tout en ajoutant qu’ils étaient brefs, le général étant un éjaculateur précoce, et des propos glacés sur le sang dont il se couvrait les mains. Ces mêmes mains qui la touchaient. Éliminer par tous les moyens ceux qui pactisaient avec les Rouges relevait pour lui de la dératisation. Le premier a avoir subi le traitement fut le commandant en chef de l'armée, le général René Schneider qui  constituait un obstacle. Avant le scrutin, il avait émis une directive (la doctrine Schneider) selon laquelle la mission de l'armée se limitait à s'assurer du fonctionnement régulier du système politique tant que le gouvernement respecte le cadre légal et constitutionnel. Excluant la force pour renverser le verdict populaire, Schneider affirmait même que ce recours serait considéré comme un délit de haute trahison. Deux opérations distinctes, dirigées par des généraux chiliens et financées par la CIA, furent mises sur pied pour barrer la route à Allende. Leur but enlever Schneider et en accuser la gauche afin de justifier une intervention militaire. Washington joua les Ponce-Pilate et les généraux tentèrent deux enlèvements le 19 et le 20 octobre qui échouèrent. Mais une embuscade, le 22 octobre, une embuscade se soldait par la mort de Schneider.

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 00:01

En dépit de son absolu « mauvais goût » l’objet kitsch reste toujours furieusement tendance. Il suffit pour s’en persuader d’arpenter les brocantes et autres vides-greniers qui prolifèrent dans nos villes et nos campagnes. L’avantage avec le kitsch c’est que l’on peut tout y fourrer, il est à la fois péjoratif et plaisant tout en permettant de repousser les limites du laid, de l’absurde ou du comique. Georges Pérec dans « J’aime... Je n’aime pas » place kitsch très haut dans la seconde catégorie.  

 

JE N'AIME PAS : les légumes, les montres-bracelets, Bergman, Karajan, le nylon, le « kitsch », Slavik, les lunettes de soleil, le sport, les stations de ski, les voitures, la pipe, la moustache, les Champs-Elysées, la radio, les journaux, le music-hall, le cirque, Jean-Pierre Melville, l'expression « à gogo », les fripes, Charlie Hebdo, Charlie Chaplin, les Chrétiens, les Humanistes, les Penseurs, les « Nouveaux (cuisiniers, philosophes, romantiques, etc.) », les hommes politiques, les chefs de service, les sous-chefs de service, les pastiches de Burnier et Rambaud, le merlan, les coiffeurs, la publicité, la bière en bouteille, le thé, Chabrol, Godard, la confiture, le miel, les motocyclettes, Mandiargues, le téléphone, Fischer-Dieskau, la Coupole, les cuisses de grenouille, les t-shirts, les coquilles Saint-Jacques servies dans des coquilles Saint-Jacques, la couleur bleue, Chagall, Miró, Bradbury, le centre Georges Pompidou, James Hadley Chase, Durrell, Koestler, Graham Greene, Moravia, Chirac, Chéreau, Béjart, Soljenitsyne, Saint-Laurent, Cardin et son espace, Halimi, les films un peu trop suisses, Cavanna, les manteaux, les chapeaux, les portefeuilles, les cravates, Carmina Burana, Gault-Millau, les initiés, les astrologues, le whisky, les jus de fruits, les pommes, les objets « griffés », les perles de culture, les briquets, Léo Ferré, Claire Bretécher, le Champagne, les biscottes, le Perrier, le gin, Albert Camus, les médicaments, les crooners, Michel Cournot, Jean-Edern Hallier, les blue-jeans, les pizzas, Saint-Germain-des-Prés, le couscous sauf exception, les bonbons acidulés, le chewing-gum, les gens qui cultivent le style « copain » (Salut ! Comment tu vas ?), les rasoirs électriques, les pointes Bic, Marin Karmitz, les banquets, l'abus des italiques, Bruckner, le disco, la haute-fidélité... (Extrait de la revue L'Arc n°76, 1979.)

 

Bref ce matin ce ne sont pas des objets kitsch que je vous propose mais dans l’ordre un groupe hyper kitsch guimauve et chamalow moqué en son temps par l’intelligentsia devenu cultissime : ABBA, puis le filon JAVA exploité par l’ex-idole des minettes des années 90 reconverti au poker Patrick Bruel pour finir par une dégustation de château Léoville Las Cases par Louis de Funès qui fut considéré de son vivant par les critiques de cinéma comme l’horreur absolue et qui lui aussi retrouve une aura dans le kitch chez les bobos.

  
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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 00:09

La civilité est l’expression la plus discrète du savoir-vivre, sans pause ni excès, une forme simple, naturelle qui allie courtoisie, politesse, affabilité et amabilité. Hormis son érudition, Philippe Margot, est pour moi un homme civil. Nous ne nous sommes jamais rencontrés mais, lecteur fidèle et attentif, je sais pouvoir compter sur son attention courtoise. Pour le chroniqueur solitaire que je suis c’est un viatique précieux et si je souhaitais trouver une motivation pour m’encourager à continuer mon petit bonhomme de chemin sur cet Espace de Liberté, la présence sur mes lignes de Philippe Margot, et de certains d’entre vous aussi chers lecteurs, y suffit grandement. La vie est ainsi faite de petits riens, de petits gestes ou de petits mots qui réchauffent le cœur et raffermisse l’âme.

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Ce matin je vous offre grâce à lui la primeur de la 9ième édition de son remarquable livre numérique scindé en 2 tomes pour des raisons de mise en pages. C’est un beau cadeau. Il vous suffit d’ouvrir les liens ci-dessous puis de cliquer sur LIRE LA PUBLICATION et vous pouvez feuilleter en plein écran ce bel ouvrage. Vous aussi transmettre les liens à vos amis et les placer dans vos favoris pour pouvoir consulter l’ouvrage à votre guise.

 

ART & VIN I - Œuvres originales illustrées pour Château Mouton Rothschild - Tous les artistes contemporains de 1924 à 1975 http://fr.calameo.com/books/00003074798238f3abade

 

ART & VIN I - Œuvres originales illustrées pour Château Mouton Rothschild - Tous les artistes contemporains de 1976 à 2005 http://fr.calameo.com/books/0000307479b62332e6e60 

 

Grand merci, cher Philippe Margot, pour votre remarquable contribution à l’extension du domaine du vin et un merci plus personnel pour avoir intégré deux de mes petites chroniques tout à la fin de votre bel  ouvrage.

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