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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 08:35

Le domaine Coirier à Pissotte www.domainecoirier.com qui possède déjà une particularité peu commune : être à soi seul un fief de l’appellation qui monte Les Fiefs Vendéens vient d’en ajouter une autre : Fabrice Luchini « dandy nonchalant tout de noir vêtu, le sourire jovial et la main tendue » y est apparu dans leur jardin où « il profitait du soleil pour faire un tour sur le domaine, attendant le service chez mon oncle Philippe, crêperie « Le Pommier ». Imaginez le saisissement : « Monsieur Luchini ?? » S’ensuit une « discussion amicale et intéressée avec Fabrice Luchini en croisant mon père, sourire interrogateur et perplexe de ma grand-mère quand il lui demande si elle a toujours été là (non, pas assise là maintenant sur son banc en pierre, sous le tilleul !..). » Avec notre Fabrice national on ne s’ennuie jamais.  

  

Tout ému notre jeune Coirier raconte « Je crois qu’il a réellement apprécié les vins de Pissotte, les trois couleurs, pris au repas avec modération car il jouait 2 heures plus tard au château de Terre-Neuve, à Fontenay le comte. Le regret est de ne pas avoir pu accepter son invitation à venir plus longtemps à sa table, malgré son enthousiasme, son côté chaleureux et sa volonté à vouloir faire plaisir. Il avait promis de repasser me voir à la cave et il l’a fait.

La suite sympa est que l’attaché presse de Fabrice Luchini, ayant liché les bouteilles que celui-ci avait ramenées, a dû appeler pour passer commande. Alors merci Fabrice pour ce numéro »

 

Démonstration est donc faite que Fabrice Luchini aime le vin, et qui plus est le vin vendéen. C’est donc un grand amateur et sa venue à la vente des Hospices de Beaune doit donc être saluée chapeau bas.

 

Merci Fabrice.

 

Mais je ne puis m’en tenir à mon seul plaisir vendéen je me dois se suivre Fabrice Lucchini sur d’autre chemins. Comme lui j’aime Philippe Murray (lire ma chronique sur le sourire de Ségolène) http://www.berthomeau.com/article-5980933.html qui, je l’espère me pardonnera, là où il se trouve, de la légère compression de son beau texte due au nombre de caractères qui me sont impartis pour mes titres par mon hébergeur. Son texte, tel que dit par Fabrice Lucchini, est celui-ci« Comme toutes les radasses, toutes les pétasses, toutes les grognasses, toutes les bécasses, elle aimait Marguerite Duras »

 

J’imagine donc notre Fabrice national lisant entre deux coups de marteaux, juste avant la mise aux enchères du tonneau de charité, ce texte de Philippe Murray.

Moteur !

Fermez les yeux !

Ouvrez-les !

Vous y êtes, Fabrice vous prend sous son charme de grand diseur... qui est aussi un grand « vagabond idéologique » Je le cite rien que pour le plaisir :

 

« Je peux me lever réactionnaire, avoir un élan de générosité vers 13 heures, aller jusqu’à Besancenot sur le coup de 15 heures, revenir à un réformisme à la Strauss-Kahn pour le thé, sans cracher sur Hollande et, le soir, finir par penser que la droite a la vision la moins irréelle du réel. Je suis un vagabond idéologique. » L’Express 15 mai 2010 

 

  
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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 00:09

Dans la famille Brun, y’a bien sûr le petit, dit thé Brun, puis y’a le monsieur Brun de Pagnol, vérificateur des douanes à la retraite, et il y a maintenant Jean-Paul Brun du Domaine des Terres Dorées en Beaujolais qui s’est dit qu’avec un si beau terroir le mieux pour ses vins c’était de l’exprimer. Pour faire court, le JPB ne fait pas dans le carbonique (vinification semi carbonique) mais plutôt dans le canonique (vinification bourguignonne) « j’ai une table de tri, on égrappe et on fait une cuvaison d’à peu près trois semaines un mois. » Donc plutôt chemin de traverse qu’autoroute à 4 voies ce qui donne des boutons aux normalisateurs type CAC croskill qui vénèrent l’air de famille en nos appellations.

 

Attention les poteaux, et je n’ose écrire les potiches de peur des représailles, ce matin en prenant la roue de JPB je n’enfourche pas pour autant la tendance dénégatrice des anciens zélateurs du Bojolo Nuovo qui l’ont abjuré 3 fois avant que le coq ne chante, ni ne me met dans les vents portant de la nouvelle tendance récupératrice des bojolos nuovo bobos. Moi je suis du genre fidèle : lire ma chronique du 3 :12/2008 « Lettre ouverte aux AA (agréeurs anonymes) pour le renouveau du Beaujolais » http://www.berthomeau.com/article-24976848.html Mais tout cela est de l’histoire ancienne, du moins je l’espère, et comme JPB est un passionné, un innovateur né qui cultive la tradition, je vais ce matin entonner un nouveau couplet de ma chanson.

 

Tout d’abord, il faut que j’éclaire votre lanterne sur la cuvée « BQ » que je vous recommandais d’entrée pour fêter l’arrivée du Beaujolais Nouveau. Désolé pour les petits cochons qui sommeillent en chacun de nous les hommes le B n’est pas ce à quoi vous pensiez, même si dans Beaujolais il y a beau. En la circonstance « BQ » c’est Bruno Quenioux http://www.berthomeau.com/article-desapprendre-a-deguster-recevoir-plutot-que-de-prendre-par-bruno-quenioux-53185915.html En effet, Jean-Paul et Bruno se connaissent depuis plus de 15 ans. Ils ont un langage commun qui permet au second dans l’exercice d’assemblage de se calquer dans la personnalité du second. Cette fidélité liée à la sincérité de la démarche donne à Bruno Quenioux l’avantage d’avoir la primeur – j’adore la primeur du Primeur –, c’est-à-dire de pouvoir choisir le premier entre toutes les cuves. Comme le souligne Bruno avec Jean-Paul il ne faut pas être pressé car la cuvaison prend plus de temps que la carbonique. Tout goûter, mettre la barre très haut, faire la cuvée qui lui plaît, revenir parfois 3 fois, le temps toujours le temps.  photo_ban_2010_btle_fond_pierre_1.jpg

Pour 2010 ce sera 85% d’une cuve provenant d’un coteau un peu chaud + 15% en provenance de l’argilo-calcaire pour le socle puisant dans la profondeur du minéral. Dans toutes les cuvées ce socle est toujours présent, c’est l’assise, le marqueur de la conjugaison du travail de Jean-Paul et de la patte de Bruno. Tirer la quintessence du terroir des Terres Dorées, lumière et finesse, retrouver, se rapprocher de sa belle origine qui fut, avant l’irruption du développement à tout va, l’équivalent de celui de Corton ou de l’Hermitage. Cette réappropriation n’est pas synonyme d’une revendication de prestige ou de grandeur mais l’affirmation d’une simplicité ouverte sur l’authenticité. Comme le souligne Bruno Quenioux « On a perdu la simplicité dans le vin. Le Beaujolais Nouveau est l’occasion de la retrouver. Et de prouver qu’à la condition de faire le tri il en existe d’excellents. »

 

Allez, trêve de mots il faut faire sauter les bouchons du Beaujolais Nouveau de Jean-Paul Brun. La nuit tombe Jean-Paul malgré un chausseur de bus de la RATP n°27 qui se prenait pour Sébastien Loeb est lui aussi arrivé. C’est l’heure de trinquer. BU et APPROUVÉ : L’ANCIEN de Jean-Paul BRUN est un jeune gaillard plein de vivacité qui, à n’en pas douter, va enchanter bien des palais. Bolduc 9334Bolduc-9335.JPGBolduc 9333

Bolduc 9337 

 

 

img187-JPB

 

  

Aurélia Fillon

 

 

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 00:04

Affirmer que le Pr David Khayat, qui va coprésider avec Fabrice Lucchini la 150ième Vente des vins des Hospices de Beaune, laisse le microcosme parisien indifférent est un euphémisme, l’homme scinde ce petit monde, nombriliste et pépiant, en deux camps irréductibles comme en témoigne cet article de l’Express du 6 mai 2010 signé par Delphine Paras et Estelle Saget http://www.lexpress.fr/actualite/societe/david-khayat-le-cancerologue-des-vip_889701.html . Ne frayant pas dans les eaux de ce marigot mon propos de ce matin ne sera pas puisé dans ce tonneau : les règlements de compte à OK hôpital ne sont pas ma tasse de thé et, pour ne rien vous cacher, j’ai un goût assez prononcé pour les gens, un peu border line, qui dérangent. N’étant qu’un petit chroniqueur je m’en tiendrai au constat que ce Professeur, face au discours hygiéniste extrémiste dominant, a le courage de faire entendre sa petite musique qui casse un peu l’ambiance.http://www.berthomeau.com/pages/N70_David_Khayat_ancien_directeur_de_lINCA_declare_au_Nouvel_Obs_Le_vin_nest_pas_cancerigene_--2647831.html Si vous souhaitez avoir l’avis d’un scientifique rigoureux, Denis Corpet, de l’équipe « Aliments et Cancer » (Inra/Envt) reportez-vous à ses réponses aux questions de Sylvie Berthier de la Mission Agrobiosciences à propos de David Khayat & David Servan Schreiber : Peut-on avoir confiance dans leurs livres « anti-cancer » ? http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2834

 

Ce matin je m’en tiens à l’association AVEC (l’Association pour la Vie-Espoir contre le Cancer) de David Khayat. Les fonds collectés « participeront aux coûts de la rénovation et donc de l'humanisation de certaines zones d'accueil et de traitement du service d'oncologie médicale que je dirige à l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière. Frappés par une maladie angoissante, soumis à des thérapeutiques pénibles, les malades atteints de cancer ont besoin d'être reçus et traités dans des conditions qui permettent le respect de leur dignité, de leur intimité, de leur personnalité. Tout mettre en œuvre pour que ces conditions d'humanisation soient remplies, c'est là l'une des grandes missions de l'association AVEC »  a91e1f4e-12dd-11de-ac1d-ecad4f3c0205.jpg

Extrait de « Grands et petits secrets du monde de l’Art » de Danièle Granet et Catherine Lamour chez Fayard

 

Paris, le 17 mars 2009. Nous assistons à une vente particulière, une vente de charité organisée par Christie’s au profit de l’association du professeur David Khayat. Pour cette vente, le maître de cérémonie, François Pinault, a sollicité les artistes dont il est proche : Jeff Koons, Damien Hirst, Subodh Gupta, Martial Raysse... Vingt-huit d’entre eux ont offert une toile. Dans la salle du sous-sol de la maison de ventes se retrouvent les membres du comité d’honneur : l’ancien associé de la banque Lazard Bruno Roger, l’industriel Patrick Ricard, le conseiller des Princes de l’industrie Alain Minc, Judith Pisar, épouse de l’avocat international Samuel Pisar... Tous des collectionneurs. Les amis aussi sont venus, comme le courtier Philippe Ségalot, les galeristes Jérôme et Emmanuelle de Noirmont, ou encore Anne de Villepoix. Les artistes liés à leurs galeries ont offert des œuvres. Comme d’habitude, les collaborateurs de Christie’s, le téléphone collé à l’oreille, sont en place pour les enchères. Les experts espèrent tirer de la vente 3 millions d’€.

Elle va en rapporter 4,62 millions. Un succès dont se félicite ce petit monde, qui se salue, s’embrasse, se congratule. Autour d’eux tourbillonnent les collaborateurs. Tout le monde connaît tout le monde. Sauf celle qui va enchérir pour la plus grosse somme – 700 000 € pour une sculpture en acier de Richard Serra. Une collectionneuse de langue espagnole, qui sera guidée tout au long des enchères par une amie qui connaît les procédures – pardon, les cotes. C’est comme à la Bourse, il faut savoir jusqu’où ne pas s’inscrire dans la « liste C » des « acheteurs gogos ».

 

Le mercredi 14 décembre 2010 Vente Caritative de grands vins au profit d’A.V.E.C chez Christie’s 9 avenue Matignon 75018 Paris

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 07:00

 

Vu dans le métro station Glacière à 14 H30 le mardi 16 novembre 2010

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À 14h 45 suis allé sur  www.vinsduroussillon.com : je n’ai trouvé aucune info sur les« Les rouges qui bougent »...

sans doute bougent-ils trop pour que je les trouve...

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 00:08

 

Dimanche prochain nous serons loin du folklore des ventes des vins à la bougie, la 150ième édition de la vente des vins des Hospices de Beaune sera placée de plain-pied dans l’instantanéité de l’enchère mondialisée via la maison Christie’s. Mon titre ironique, puisé dans l’histoire lorsque Christie’s et Sotheby’s, « petites maisons anglaises traditionnelles en activité depuis deux siècles ont ouvert des bureaux à New York au milieu des années 60 » n’a plus rien à voir avec la réalité. « La rivalité entre Sotheby’s et Christie’s a été l’un des facteurs de l’explosion des prix dans le domaine de l’art. À elles deux, ces maisons séculaires contrôlent environ 80% du marché mondial des ventes aux enchères d’objets d’art. »

 

Frappées par la récession mondiale du début des années 80 Sotheby’s est rachetée par A. Alfred Taubman un géant des centres commerciaux américains, et Christie’s par François Pinault en 1989. Le marché de l’art connaît tous les 10 ans des crises (crise japonaise en 80, l’effondrement immobilier en 90, éclatement de la bulle Internet et en 2008, les subprimes puis la crise mondiale. Cependant, « sur la durée, le chiffre d’affaires n’a cependant pas cessé d’augmenter : Christie’s, qui faisait 2,3 milliards de $ (1,4 milliard d’€) en 2000 et se trouvait en tête des opérateurs mondiaux, se place toujours en tête des opérateurs mondiaux, se place toujours au même rang, quasi à égalité avec Sotheby’s. Une différence, toutefois : leurs chiffres d’affaires respectifs tournaient en 2008, autour de 6 milliards d’€ (en 2009 ce chiffre a été divisé par 2). Ces grands opérateurs ont en effet diversifié leurs activités dans les ventes d’immobilier, de vins, de chevaux, de voitures de luxe, les assurances, les garde-meubles sécurisés, les services aux clients. »

 

Les ventes de ces 2 grandes maisons ne représentent pas la majorité des transactions du secteur mais les prix y servent de référence pour la fixation des prix des œuvres er la cote des artistes. « Si, dans l’une de leurs grandes ventes du printemps ou de l’automne, à Londres ou à new-York, un peintre ou un créateur bat le record de prix qu’il avait atteint auparavant et entre dans la catégorie des « cents premiers prix atteint dans l’année aux enchères », sa carrière est faite. Ainsi que celle de son marchand ou de la galerie qui le représente. » Ces ventes sont très médiatisées mais ne représente « que la partie visible de l’iceberg. La plus grosse part de l’activité du commerce de l’art passe par les marchands, les courtiers, les galeristes, les antiquaires et les autres opérateurs de ce que l’on appelle le « marché gris ». Par construction, aucun montant chiffré des transactions ne peut être avancé car la discrétion, le secret sont la règle, le liquide et les paradis fiscaux aussi. « On avance un chiffre total de 50 milliards d’€ pour l’ensemble du marché de l’art. » Les relations entre tout ce petit monde sont complexes, ils se tiennent tous par la barbichette « Les marchands comme les courtiers font partie des meilleurs clients des maisons de ventes. Ils achètent et vendent des œuvres aux enchères comme n’importe quel collectionneur. Mais il leur arrive aussi fréquemment, lorsque le marché faiblit, de soutenir en ventes publiques la cote d’un artiste auquel ils sont liés. »

 

Marché de l’art ou marché tout court ? Dire qu’ils obéissent aux mêmes règles est déjà mal vu mais comme le dit José Frèches, qui n’a rien d’un gauchiste échevelé http://www.josefreches.com , « un artiste reconnu n’est rien moins qu’une marque » et « artistes et entrepreneurs sont des aventuriers qui n’ont pas peur de prendre des risques. » Alors, si ce matin, j’ai vous ai lancé sur cette piste qui a pu vous paraître à 100 lieues de vos préoccupations professionnelles c’est que je crois sincèrement que celles et ceux qui dans le monde du vin affrontent la mondialisation devraient lire l’excellent livre de Danièle Granet et Catherine Lamour « Grands et petits secrets du monde de l’Art » chez Fayard, dont sont tiré les citations de cette chronique. Passionnant et instructif, facile à lire dans un avion, un TGV ou le soir après diner ce qui me semble mieux que de regarder la télé.

photo-art-contemporain.jpg 

 

Fine Wines

 

Geneva - Tuesday, 16 November 2010

Sale no: 1377 - Top Ten

[All sold prices include buyer’s premium]

 

Sold:

SFr. 6,028,398

$ 6,040,454

€ 4,442,929

Lots Sold: 967

Lots Offered: 1,000

Sold by Lot: 97%

Sold by SFr: 99%

Exchange Rates: SFr.1=$1.002 ; SFr.1=€0.737

 

Lot

Description

 

Estimate (SFr.)

 

Purchase Price

Buyer

281

Château Cheval-Blanc -- Vintage 1947
1 imperial

SFr.150,000-250,000

SFr. 298,500

$ 299,097

€ 219,994

Anonymous

282

Château Cheval-Blanc -- Vintage 1947

1 jeroboam

SFr. 90,000-150,000

SFr. 230,000

$ 230,460

€ 169,510

Anonymous

330

A vertical of Château Mouton-Rothschild from vintages 1945 to 2007

Above 64 bottles

SFr. 60,000-80,000

SFr. 132,250

$ 132,514

€ 97,468

Asian Private

283

Château Cheval-Blanc -- Vintage 1947

1 marie-jeanne

SFr. 40,000-60,000

SFr. 109,250

$ 109,468

€ 80,517

Anonymous

285

Hermitage, La Chapelle -- Vintage 1961

2 magnums

SFr. 65,000-85,000

SFr. 109,250

$ 109,468

€ 80,517

European Trade

290

Château Lafite Rothschild -- Vintage 1982

12 bottles

SFr. 40,000-60,000

SFr. 86,250

$ 86,422

€ 63,566

Asian Private

291

Château Lafite Rothschild -- Vintage 1982

12 bottles

SFr. 40,000-60,000

SFr. 86,250

$ 86,422

€ 63,566

Asian Private

292

Château Lafite Rothschild -- Vintage 1982

12 bottles

SFr. 40,000-60,000

SFr. 86,250

$ 86,422

€ 63,566

Asian Private

912

Romanée-Conti -- Vintage 2005

6 bottles

SFr. 55,000-75,000

SFr. 86,250

$ 86,422

€ 63,566

Asian Private

284

Château Cheval-Blanc -- Vintage 1947

1 magnum

SFr. 20,000-40,000

SFr. 59,800

$ 59,919

€ 44,072

Anonymous

 

 

 

 

 

 

David Elswood, International Head of Christie’s Wine Department: We are extremely pleased to have established the world record price for any bottle of wine at auction, selling the unique imperial of Château Cheval Blanc 1947, endorsed and reconditioned at the Château in 2010, for $ 304,375. We are also proud to announce that our first ever Evening Sale dedicated to the wines of Domaine de la Romanée-Conti achieved a combined total of over $ 2 million, setting many new impressive reference prices for vintages from 1937 to 2007. Buyers from 20 different countries registered for this memorable sale which totaled more than $ 6 million, selling over 99% by value”.

Press Contact:

Cristiano De Lorenzo    +44 7500 815 344 / +44 207 389 2283    cdelorenzo@christies.com

Next Wine Sale in Geneva:

17 May 2011

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 09:26

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, la maxime s’applique aussi bien pour ma pomme que pour JP Coffe qui « un pantalon vert assorti à ses grosses lunettes rondes, une veste violette » a trouvé chez Dominique Piron, vigneron à Villié-Morgon, « le Beaujolais Nouveau de ses rêves ». Réhabilitation, réconciliation, photos, JPC assume ses propos anciens, il a changé d’avis. Fort bien, Don’t acte, mais il faut tout de même préciser que son déplacement médiatisé il le fait en tant que sélectionneur de la cuvée de Beaujolais Nouveau des enseignes Leader Price et Franprix : 27 000 bouteilles vendues au prix de 4,25€ (on me précise qu'il ne s'agit que de Leader Price)

 

Jean-Pierre Coffe est satisfait « J’ai retrouvé ce beaujolais d’il y a 30 ans, ce vin de convivialité, d’échange, de plaisir. On peut les boire comme on veut, quand on veut, c’est une qualité que beaucoup de vins n’ont pas, ce n’est pas si facile. Aujourd’hui, je veux du fruit frais, et surtout pas de la banane et du cassis. Je suis vraiment très content de la cuvée ».

 

Pour Dominique Piron « cette reconnaissance et cette réhabilitation sont importantes » note la journaliste du Progrès de Lyon. « Nous avons souffert de cette image unique à toutes les sauces, explique-t-il. Bien sûr il y a beaucoup de coupables, mais la nouvelle génération est très intéressante, elle a un regard neuf. Nous sommes réunis aujourd’hui autour du beaujolais nouveau, mais je crois qu’il est entrain de redevenir doucement à sa vraie place, un évènement festif. Il n’est plus une locomotive, les crus ont pris le pas, ce qui est une très bonne chose. »

 

L’ordre règne donc à nouveau et, en tant que promoteur de l’opération « Grand Corps Malade », j’en prends acte avec plaisir même si je me dois de noter que le temps des tambours et des trompettes médiatiques est plus bref, plus intense, plus consensuel sans que pour autant le temps tout court, celui de la vie de tous les jours, disparaisse sous les flonflons de la fête.

 

Avant d'en finir, une petite question de journaliste : combien de références Beaujolais Nouveau dans le groupe Casino, dont font partie Franprix et Leader Price, en 2000 et combien aujourd'hui ? Et combien de bouteilles commercialisées il y a 10 ans et aujourd'hui ? Bien sûr, c'est très terre à terre mais je croyais que le métier de journaliste c'était de rapporter des faits plutôt que d'être des hauts parleurs de... qui que ce soit. Même les meilleures causes ont besoin de bons avocats...

 

Reste ce petit billet d’humeur de Jean-Didier Derhy du Progrès qui est très représentatif d’un état d’esprit bien français.

 

 

                         RETIRÉ

 

Suite à mon premier mail, je vous serais reconnaissant de bien vouloir retirer  de votre site la reproduction d’un article du Progrès (billet d’humeur)  qui a été effectué sans autorisation.
Conformément à la législation sur les droits d’auteur et sur la propriété intellectuelle.
Au plaisir de vous lire  dans vos chroniques
cordialement
 
 
Jean-Didier Derhy

Bon, moi je croyais qu’un chantre c’était plutôt quelqu’un qui chantait les mérites de... je ne savais pas que Coffe fut quelqu’un qui chantât la malbouffe... Pour le reste des propos à chacun de vous de comprendre l’humeur de JD Derhy...

 

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 00:09

J’ai longuement hésité pour un titre à la Libé du type « En passant par la Lorraine avec mes sabots bio... », « JP Géné aime les recettes... les recettes d’El Bulli... » et si j’ai penché pour « La traçabilité de JP Géné : l’esprit du Libé des origines... contrôlé bien sûr... » en compressant un peu comme César c’est pour une double raison : sa dédicace (voir photo) et l’empreinte – Si je puis dire – de Libé sur son parcours professionnel « Fin 1974, je suis entré à Libération. J’y suis resté jusqu’en 1995 avec une parenthèse de 1981 à 1985. J’y ai vécu les plus belles années de ma vie de journaliste. Plusieurs se sont essayés à raconter la naissance et le succès de ce journal, privilégiant rapport de force, querelles idéologiques ou rivalités personnelles mais négligeant l’essentiel : Libé c’était le bordel le plus total où tout était possible. »

 

 

  photo-jpg-2.jpg

 

 

 

« Mes chemins de table »  chez hoëbeke, le livre de JP Géné, présente tout de même par rapport à la prose « libératrice » de beaucoup de journalistes de l’ex-journal de Serge July, dit Amédée le brochet dans le livre de son camarade Olivier Rolin « Tigre en Papier » je cite « Mandibule osseuse, profil hydrodynamique, gare à vous gardons... [...] Journaliste célèbre * aujourd’hui, cultive l’apparence d’un capomafia, cheveux gominés, grosses chevalières... », la supériorité d’une belle écriture, d’un style précis, enjoué, parfois moqueur. Son livre n’est pas une suite de papiers pour solde de tout compte mais de vrais chroniques bien bâties, fouillées, documentées et intelligentes. Moi qui suis fortement allergique aux chroniques, dites gastronomiques, j’ai lu le livre de JP Géné bouchée par bouchée avec facilité le soir, dans mon lit

 

 

sans piquer du nez.  photo-jpg-3.jpg

 

 

De ce livre, la partie racinaire m’a enchanté, ému parfois, touché souvent par sa franche vérité : «  Je suis un enfant de la Mirabelle et du planché huilé avec la quiche lorraine et Jules Ferry comme tuteur. La Meurtre et la Moselle, le derby Nancy-Metz et, par temps clair, la ligne bleue des Vosges comme unique horizon » c’est ainsi que JP Géné plante son soc dans le premier sillon. Baby-boomer comme moi, mais enfant de la communale lui, de l’école laïque comme on disait dans ma Vendée confite de bondieuseries, c’est un « rural » un gars du bourg pas un fils de crotté mais comme bibi mais nous partageons les mêmes valeurs, les mêmes goûts de sauvageons, le sens du geste en cuisine et l’art de savoir acheter les bons produits étant entendu que JP Géné opère en Champion’s League et moi en DH départementale. Il a conduit « en roulant des mécaniques » le Massey Ferguson de l’Albert pendant que je tournais autour des Société Française de mon père Arsène sur lesquels j’avais tout juste le droit de monter. Donc, c’est l’évidence, le courant passe entre le petit lorrain à qui son grand-père disait « tu sens la vache » lorsqu’il rentrait tout crotté de chez l’Albert et la Germaine et moi le petit vendéen qui allait les garder, les vaches normandes du pépé Louis.

 

En guise de mise en bouche un petit extrait de ces Chemins de table – qui sont à l’origine des décorations de table : fleurs, pétales de fleurs dressées par la maîtresse de maison pour une grande occasion... maintenant vendues en kit, quelle horreur ! – que j’ai choisi parce qu’on y picole. Est-ce l’esprit du temps ou le peu de goût des rédac-chef pour tout ce qui touche au vin, notre ami Géné, qui ne crache pas sur le jus fermenté du raisin, n’est pas un adepte de l’accord mets-vins.

 

« Ils approchaient (l’Albert et la Germaine) la soixantaine, cultivaient encore une quinzaine d’hectares et élevaient une dizaine de vaches, deux chevaux, le cochon et la basse-cour. C’était pour moi la ferme idéale où je pouvais aller « feugner » (traîner en patois lorrain) à loisir et les accompagner dans les travaux des champs. Avec eux j’allais chercher les vaches, retourner le foin, dresser les gerbes de blé en chapeau, ramasser les œufs ou les patates et regarder, stupéfait, la fermière pisser debout dans les prés. Pour le « quatre heures » il y avait toujours du mauvais saucisson, de la Vache qui rit et un verre de piquette mouillé d’eau. Je me régalais.

 

Le Totor (Victor), lui, ne mettait jamais d’eau dans son vin. Il le buvait dans des verres Duralex que la lumière du jour peinait à transpercer tant ils avaient servi. Avec son frère Édouard, tous deux vieux garçons, il partageait un logis où seul un esprit averti pouvait distinguer l’espace réservé aux bêtes de celui dévolu à l’homme. Chez eux ça sentait le bouc, la vieille pipe et la vaisselle de la semaine. C’est pour ça qu’on les aimait. Le Totor était le plus propre, car il devait se laver les mains deux fois par jour pour la traite et il avait un pif extraordinaire, rouge comme une betterave en perpétuel bourgeonnement. L’Édouard, regard malicieux sous son béret moulé à l’occiput, avait le visage buriné par la terre dont il avait pris la couleur. Parfois, le dimanche, il troquait le béret contre un casque, enfourchant sa moto de marque Terrot pour une destination inconnue dont il revenait à la nuit tombée. Au bruit de la pétarade, tout le village murmurait derrière les volets déjà clos : « V’là l’Édouard qui rentre ! Où qu’c’est qu’il a ben pu encore aller ? » Lorsqu’on voyait le Totor s’esbigner par la ruelle de la Catherine à l’heure de la messe dominicale, chacun savait où il allait. Dans les bois, relever ses collets. Et toujours de retour avant que les fidèles ne sortent de l’église pour ne pas être surpris avec la musette pleine. La vie au village, c’était les Deschiens grandeur nature. »

 

 

  photo-jpg-1.jpg

 

 

 

Et puis le petit lorrain est « entré dans Paris par les Halles » et c’est ainsi qu’il est « devenu un usager averti et régulier des restaurants parisiens, que peu à peu j’y ai retrouvé mes cantines en rapport avec mes goûts et mes moyens et que, bon an mal an, j’ai appris à savoir où manger correctement en me promenant dans notre beau pays. Une fois la frontière passée, c’est autre chose. J’allais le découvrir. » Les Chemins de Table sont donc à la fois une aventure gustative et littéraire où JP Géné nous fait partager ses découvertes, ses émotions, son art de transformer une recette en une sorte de fenêtre sûr. Face à la profusion des beaux livres papier glacé avec photos bien léchées incorporées notre homme oppose la résistance du puriste, de l’anthropologue, du défenseur du bien mangé. Bref, vous saurez tout sur presque tout, en vous baladant sur ses lignes : pas de spaghetti à Bologne, ma madeleine à moi (de Commercy bien sûr), le crabe poilu à Shangai, la paella de Pepita... etc.

 

Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes si entre JP Géné et moi ne se dressait un désaccord profond. Rien à voir avec sa fréquentation assidue et professionnelle des étoilés qui sont comme chacun sait les cantines de gens qui sont parmi les plus soucieux du devenir de l’humanité. C’est le soixante-huitard qui bouge encore et qui pense que certains combats ne supportent pas certaines proximités (la pétition de la Conf’Pé en était un bel exemple). Mais bon, ce désaccord n’a que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette au regard de celui qui nous oppose à propos du riz au lait. Comment Géné ose-t-il écrire que le riz au lait est « un dessert de dégonflé qui n’ose pas courir le risque de la troisième cuisson, celle qui en fera ce gâteau moelleux et parfumé, hélas maltraité par trop de plâtriers-pâtissiers. » ? C’est une attaque frontale contre le brave riz au lait de la tante Valentine, un délit aggravé de parisianisme culinaire, la preuve flagrante des ravages de l’élitisme gustatif... Je hais tant le gâteau de riz avec son caramel qui bave sur les bords du plat que je serais capable de l’utiliser pour « entarter »  le Ministre de la Culture inaugurant la Semaine du Goût qui, comme chacun sait, est la créature du lobby sucrier. Pouah, le sucre, le sirupeux, ça vous empâte la bouche, ça masque, ça farde, le gâteau de riz n’est qu’une poule de luxe chichiteuse, une escort-girl bodybuildé pour footballeur friqué moi je préfère la fraîcheur, l’ingénuité, la simplicité d’un vrai riz au lait cru de vache Jersiaise (lire la chronique 27:02/2008 Recherche pouvoir d'achat désespérément qui fleure bon la vanille Bourbon et qui vous donne envie d’aller vous rouler dans l’herbe avec une Perrette portant des dessous en coton blanc, bio bien-sûr...

 

Bien évidemment JP Géné et moi ne viderons pas cette querelle de riz au lait en un duel à l’épée sur le pré mais plus sûrement à coup de fourchettes au Baratin qu’en a une au Michelin. « Une ardoise alléchante, des prix sages, un choix de beaux vins. » Jean-Pierre choisira le solide et moi le liquide, ce ne sera pas un chemin de croix mais un chemin de table fort agréable...

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 00:09

Mon degré de rouerie, tel celui d’un grenache frappé par les excentricités du réchauffement climatique, n’a aucune limite. Ce matin je vous embarque dans un titre qui fleure bon la Boîte de Nuit, lieu mythique, où aux temps anciens la drague façon Guy Bedos/Sophie Daumier avait droit de cité : « accroche-toi Jeannot ! La nuit est à nous... », le slow langoureux, interminable sur « night in white satin » des Moody Blues, le whisky baby, les lumières tamisées, les spots aux lumières psychédéliques, le panty des filles et nos pat’d’eph...

 

Désolé chers lecteurs mais ceci s’apparente à un passement de jambes à la Zidane. Je ne sais si je l’ai réussi, mais je l’ai tenté. En effet, mon propos matinal est encore plus terre à terre, disons alimentaire. Je ne doute pas un seul instant que vous allez, cette fois-ci, me délivrer sans hésiter le diplôme du Meilleur Barjot de France mention TB. Je me lance : nous vivons nous les urbains, plus encore que les ruraux, dans un univers de plus en plus intégré où, au plus petit incident, panne d’électricité généralisée de longue durée par exemple, tout le système qui nous entoure, nous borde, risque de s’effondrer en cascade. Alors, tout en pédalant je me suis dit, « Berthomeau, même si on pense que tu as un petit vélo dans la tête, prépare-toi une ration de survie... »  

 

 

D’où l’idée de la boîte, vous me suivez ? Un scénario à la René Barjavel dans Ravage « qui présente le naufrage d'une société mécanisée, dans laquelle, un jour, l'électricité vient à disparaitre. Les habitants, anéantis par la soudaineté de la catastrophe, sombrent dans le chaos, privés d'eau courante, de lumière et de moyens de déplacement... Un étudiant en chimie agricole, François Deschamps, décide avec quelques autres personnes, de quitter Paris, mégapole de vingt-cinq millions d'habitants, en proie à l'anarchie et aux flammes pour retrouver son village d'enfance en Provence. Il espère pouvoir y reprendre une vie normale mais paysanne... Mais le chemin est long et difficile, pour ceux qui n'ont jamais connu autre chose que le confort qu'offrent la technologie et la science. »

 

Ainsi, moi, après l’apocalypse technologique qui nous guette, avec mon petit vélo, ma trousse de survie accrochée à mon guidon pour me procurer ma ration minimale de calories, je pédalerai guilleret jusqu’à ma vieille Vendée pour y trouver refuge entre ce qui reste de bosquets et de prairies naturelles épargnés par les « bouchers du remembrement » qui se sont reconvertis maintenant dans l’écologie.

 

Bref, la constitution d’une trousse de survie doit répondre à quelques règles simples : faible encombrement, utilisation de la nourriture sans cuisson, dates de péremption de longue durée, emballage résistant aux intempéries...  Bolduc-9323.JPG

Sur cette base j’ai donc sélectionné pour ma trousse de survie :

- une boîte de sardines à l’huile

- 2 boîtes de thon blanc au naturel

- une boîte de corned-beef

- une boîte de haricots verts extra-fins

- quelques figues sèches (emballées sous film alu) et quelques noix

- quelques petits fromages de chèvre secs (emballé sous film alu)

- une canette de vin ou une ½ bouteille à vis (la 1ière plus légère mais ne se referme pas, la seconde peut se briser)

- un couteau suisse+ une petite boîte alu pour stocker les restes+1gourde Bolduc-9320.JPGL’actualité, plaide en faveur de mon scénario catastrophe. L’odyssée du paquebot Carnival Splendor qui a connu une sérieuse avarie au large de la côte pacifique du Mexique est en phase avec mes propos matinaux. En effet après qu’un incendie se fut déclenché dans la salle des machines et que le feu fut maîtrisé sans que personne n'ait été blessé l'équipage n'a pas réussi à rétablir l'électricité et le navire était à la dérive lorsque Carnival a émis un communiqué relatant l'incident. Selon le communiqué, les 3,299 passagers avaient la possibilité d'accéder à leur cabine et on leur distribuait de l'eau et des repas froids. Mais l'air climatisé, les toilettes, les repas chauds et les téléphones étaient inopérables. Les gardes côtes américains ont déployé un avion et des navires d'intervention qui sont en route vers le navire en détresse. Par ailleurs ce matin le porte-avions USS Ronald Reagan a été dérouté pour se positionner à proximité du Splendor pour permettre l'acheminement de matériel par hélicoptère.

swissarmius-main-01.jpg  gourde10.jpg

Donc, comme vous pouvez le constater, je ne suis pas totalement délirant mais comme dirait l’autre : à toute chose malheur est bon. Je m’explique dans mon scénario Ravage 2 l’accès à l’eau potable serait très problématique donc la fameuse citation de Pasteur redeviendrait d’une actualité brûlante : « Le vin est la plus saine des boissons. » Vous imaginez aisément le boom sur le nectar. Comme je ne suis pas là pour écrire un livre, je me sens pourtant très houellebecquien ce matin, je m’en tiens à ma descente vélocipédique vers ma terre natale qui croiserait, vous vous en doutez, sur sa route quelques vignerons qui se feraient un plaisir d’emplir ma gourde de vin, de me refiler un quignon de pain avec un bout de lard... Je pourrais même chanter : « à bicyclette »...   

 

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 02:08

Ce matin-là, sur la terrasse, après notre règlement de comptes, Chloé me fit la morale « Tu devrais être plus prudent mon légionnaire, si le général se découvre cocu je ne donne pas cher de ta peau. À quoi tu joues ? » Ma réponse « Tu le sais bien ma belle ! » me valait une volée de coups de poings sur la poitrine et un avertissement « Si tu continues à déconner je rentre en Italie... » Je haussais les épaules en ironisant « Pas de problème je te suivrai car là-bas le jeu en vaut encore plus la chandelle qu’ici. Mes chances de m’envoyer en l’air avec nos potes des BR seraient bien meilleures qu’avec ces petites bites du MIR... » Chloé soupirait un « T’es vraiment con... » qui ne souffrait aucune contestation. Par bonheur pour ma tranquillité Franscica, épouse Contreras Sepúlveda, se trouvait chez ses parents pour cause de fête familiale. J’allais pouvoir me consacrer à la manif du MIR pour l’enterrement d’un ouvrier tué par la « police d’un gouvernement populaire » comme ils disaient. Santiago en ce temps-là accueillait tous les traine-lattes de la Révolution mondiale, tel ce journaliste jordanien rescapé du massacre de Septembre, dont la bouche ressemblait à un cimetière bombardé : la police d’Hussein lui avait brisé toutes les dents. C'est lui qui devait me mener jusqu’aux types de Punto final proches du MIR. Je m’habillais en jeans et chaussait des Doc Martens pour aller rejoindre mon édenté qui m’attendait à Prensa latina tenu par des Cubains. Quand j’arrivais ils buvaient du Nescafé. J’aurais pu leur faire le coup de la multinationale de Vevey mais je n’en eus pas le courage. Franscica manquait à mes gonades enflées. Les cubains savaient où se tenait le rassemblement de la manif, au confluent de Bustamente et d’Irrazaval.

 

À l’heure dite, aux alentours de trois heures de l'après-midi, pas grand monde au point de rassemblement si ce n’était une poignée de filles avec des brassards du MIR et quelques boutonneux agitant des drapeaux rouges et noirs. Pas de flics en vue non plus, morne plaine, l’édenté et moi allions nous asseoir à la terrasse d’un bistro où la bière sentait la pisse d’âne. Dans ce foutu putain de pays même les manifs ne tenaient pas la route, c’était le bordel institutionnalisé. Je m’emmerdais ferme. Qu’est-ce je foutais ici ? Qu’est-ce je foutais tout court ? J’allais pisser ma bière. En revenant des chiottes je croisais un mec dont la gueule d’indic me faisait penser que les réjouissances se précisaient. Et pourtant deux bonnes heures s’écoulaient tant et si bien que j’étais aller m’étaler sur une chaise-longue en rotin à l’ombre d’un appentis. Une sourde rumeur qui s’enflait me réveillait, ça déboulait de partout tout d’un coup. Les boutonneux et les minettes disparaissaient dans le flot de mal vêtus. Les campamentos étaient descendus derrière le cercueil du camarade assassiné. La foule s’enfournait dans l’Alamenda puis suivait l’Alhumada en direction du cimetière, elle était énorme et tonnait :

 

ESTE GOBIERNO

TIENE DOS CAMINOS

O ESTAR CON EL PUEBLO

O SER SU ASESINO

 

Fleuve gris, sombre, pauvre, poings levés, l’Internationale entonnée par ce ramassis de mal foutus. Quelques véhicules de police se planquaient aux carrefours. Les gens de Santiago observaient, silencieux sur les trottoirs ce flux s’écouler tel du pus d’un furoncle mal placé. Loin de Paris, curieux pays que le Chili.

 

PUEBLO – CONCIENCIA – FUSIL

MIR! MIR!

 

Au cimetière, à la nuit, venait la litanie des discours, chacun pour sa chapelle. Du verbe, du verbe, ils parlaient, ils parlent toujours trop. La masse refluait en silence. Surgi de nulle part, Victor Toro, un dirigeant du MIR tout juste relâché par la police, brièvement, avec des mots forts, violents, redonnait à la cérémonie un peu de gueule. Couvert de sueur sèche et de poussière  j’en avais plein les bottes. Sur le chemin du retour je larguais l’édenté pour pister Toro mais je le perdais lorsqu’il rentrait dans une cour intérieure où je ne pouvais le suivre sans risque de me faire repérer. Je notais l’adresse. Face à moi une cabine téléphonique, j’appelais Francesca chez ses parents. Un domestique me répondait. Je me faisais passer pour un type de l’ambassade US, sans succès, le bonhomme ne me comprenait pas.  Je raccrochais et me précipitais dans un bar où des gens bien mis racontaient qu’Allende s’était rendu à la Hermidad où avait eu lieu l’accrochage entre la police et les militants du MIR. « Grotesque » disaient-ils. Je m’envoyais deux vraies bières en bouffant des cacahuètes. La barmaid me zieutait avec insistance. Elle avait de gros lobards, un cul de jument, une bouche charnue aux lèvres outrageusement peintes mais un soupçon de tristesse dans les yeux et ça me donnait des envies de vidange, des envies de vautrer ma puanteur dans son patchouli et sur sa viande molle. Mon sourire las lui faisait sauter le pas, elle me glissait une clé en me tendant un verre de gin. Je rotais, elle me souriait découvrant des dents d’une rare blancheur.

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 00:09
Tom Waits ! Une gueule d'enfer, sombre, une dégaine de bagnard sorti du film de Jim Jarmuch Dawn by Law, un déglingué distingué, une voix de gorge, shaker de Rock et de Blues,  remplie d'effluve d'alcool et de tabac Jockey full Bourbon, un déjanté radical, un iconoclaste drôle, un décalé tout droit sorti des Bas-fonds de Chicago, un mec qui chante pour les paumés et les égarés de la vie... Waits possède une voix reconnaissable entre tous, décrite un jour par le critique Daniel Durchholz  comme trempée dans un fut de Bourbon séchée et fumée pendant quelques mois, puis sortie et renversée par une voiture. Encore un grand Monsieur du Rock !

C'est également un grand acteur qui a joué dans Short Cuts de Robert Altman, Dracula de Francis Ford Coppola, Coffee and Cigarettes, Down by Law de Jim Jarmush dont il a écrit la bande son qui est une petite merveille  


Tom Waits - Downtown Train
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