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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 00:01

Ce matin je ne sais si vous allez me suivre dans les méandres de mon esprit d’escalier mais comme « point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » je vous livre le fond de ma pensée. En notre beau pays françois il est inscrit dans notre ADN national qu’il est fort probable qu’un beau jour le petit peuple vous portât au pinacle pour dès le lendemain réclamer que l’on vous écartelât en place de Grève ou bien encore, en une volte radicale, que les Tout Puissants un beau matin réclamassent votre tête alors qu’avec le même élan souverain dès lendemain au soir ils la couronnassent de lauriers.

 

Il m’apparaît que tel est le destin de 2 hommes qui se situent aux antipodes de notre échiquier du vin : Marcel Richaud de Cairanne et Georges Duboeuf de Romanèche-Thorins. Le premier, précurseur d’un retour à des pratiques précautionneuses, fut longtemps moqué par ses pairs avant de se retrouver aujourd’hui inscrit sur les tablettes des meilleures maisons ; le second, père du Beaujolais-Nouveau, encensé, révéré, cité en exemple par le Gotha de notre France vineuse comme le porte-drapeau d’une France conquérante et sûre d’elle-même, se voit depuis quelques années vilipendé, caillaissé, stigmatisé comme étant l’auteur de tous les maux du Grand Corps Malade...

 

Sans rappeler trop lourdement des temps difficiles de notre Histoire où le peuple de Paris  qui se pressait sur le parvis de Notre-Dame pour saluer  avec chaleur le vieux Maréchal « protecteur » d’une France à genoux acclamait avec la même ardeur quelques mois après le Général libérateur d’une France humiliée mais à nouveau debout, il serait quand même de salubrité publique de se pencher sur notre propension nationale à la versatilité ou mieux encore, n’en déplaise à Michel Onfray, à nous étendre sur le divan du père Sigmund pour nous soumettre, tel des Woody Allen ou autre Fabrice Luchini, à une bonne et longue analyse. Le Divan donc pour nous permettre de mieux vivre avec nos multiples contradictions !

 

À ce stade de ma chronique je peux tout à fait comprendre que vous fussiez dubitatif, même un peu inquiet de ma santé mentale, que vous vous interrogiez sur l’état de mes connexions neuronales, que vous vous inquiétiez de mon devenir. Et pourtant, même si j’ai sûrement un grain – mais après tout avoir quelques aspérités donne prise à la discussion – je ne suis pas encore totalement barjot. En effet, je reste persuadé après avoir observé nos 10 dernières années de postures, de faux-débats, d’anathèmes, d’érections de chapelles, de bals des faux-culs, de réformes enlisées, de rapports enterrés, qu’il nous suffirait de bien peu de choses pour sortir de nos névroses, pour nous assumer tels que nous sommes, ni plus, ni moins.

L1000110.JPGAprès ce ¼ heure freudien, lacanien ou jungien, je vous dois l’explication de l’origine de cette chronique qui plonge ses racines, telle une vieille vigne, au plus profond de mon sens aigu de l’observation (pour les chevilles qui enflent je m’administre des bains d’eau salé au sel de Guérande IGP). Mon titre étrange ne relève pas de la vile tromperie pratiquée par les adeptes du marketing qui vous fabriquent des Barons de je ne sais pas quoi pour vous vendre du jaja qu’a pas plus de quartiers de noblesse que moi.

 

Tout est parti de mon Franprix qui vient de se refaire une beauté (à noter que le rayon vin y a perdu au moins 2 tailles ce n’est pas encore la peau de chagrin mais ça vient). J’y passe de temps en temps y acheter deux ou trois bricoles. Là je me dis : « y’a t’y encore du Bojolo Nouvo ? » Je cherche ! Peau de zibi pas plus de Bojolo Nouvo que de poils sur le ciboulot du père Coffe. Dire que je suis content de ce désert serait mentir mais comme je m’apprêtais à sortir je tombe nez à nez avec Georges Duboeuf, pardon sur un Mâcon-Villages Nouveau de Georges Duboeuf. Avouez que y’a de quoi être un peu stupéfait de voir débarquer ainsi ce nouveau « Nouveau » tout blanc que bien sûr j’acquière : 6,95€.   L1000141

L’affaire aurait pu en rester là si le lendemain trainant mes guêtres chez Lavinia je ne m’étais pas mis dans la tête de vérifier si y’avait encore un rayon Beaujolais dans ce temple chic et choc. Pendant un temps j’ai cru que non. J’ai tourné un petit moment avant de découvrir niché au bout de la Bourgogne quelques casiers de crus du Beaujolais, dont bien sûr Le Morgon de Marcel Lapierre. Allez, je suis généreux : 6 références dont un Bojolo Nouvo de chez Foillard. Aucune mise en avant, queue de chique et eau de boudin j’en étais un peu chagrin lorsque je suis tombé sur Marcel Richaud, pardon sur un lot de bouteilles mis en exergue au bon endroit. Celles-ci étaient dotées d’étiquettes à fort contenu philosophique : Elle pensait : « Si la vie n’était ce qu’elle est, elle pourrait être ce qu’elle n’est pas ». Le vin la rendait philosophe, qui m’intriguèrent. Je consultai le cul de l’une d’entre elles et je découvris le Côtes du Rhône Nouveau de Marcel Richaud. Bien évidemment j’achète : 8,70€.

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Voilà donc le pied de cuve de mon histoire de divan : Marcel&Georges ou le vin français en analyse. Je ne sais ce que vous en tirerez mais moi, avant de les déguster, je puis vous assurer que Georges et Marcel même si tout semble les opposer, sont bien deux acteurs très représentatifs de notre vin français et que, avant d’instruire dans chacun des 2 camps opposés, leur procès, l’heure me semble venue de s’intéresser à la réalité. Ne m’étant pas moi-même soumis à une quelconque analyse je ne puis ce matin aller pousser plus loin mes investigations. S’il y a parmi vous des candidats : j’offre le divan...

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 00:09

Le secrétaire de Mairie de Losse-en-Gelaisse le 8 décembre 2010 jour de la fête des Saints-Innocents.

 

« Suite à une demande d’inscription en questions diverses du Conseil Municipal du 8 décembre par Marcellin Gourret, alerté conjointement par le club Facebook « Tous derrière les vins de Losse-en-Gelaisse » que, soit-dit en passant sans que ce soit écrit dans la délibération vu que nous sommes à la veille de Noël, ce mécréant d’Ulysse Vergnes appelle, vu son appellation, le club Fesses Bouc, et par le club du 3ième âge de tricot féminin de Losse-en-Gelaisse  « Les aiguilleuses du ciel » qu’Achille Gauche, qu’est en cave particulière et qu’à toujours été plus porté sur les jupons que sur la vinification, appelle « les chroniqueuses du fiel » vu que la présidente en est  Eugénie Poulain, l’ancienne bonne du curé, qui a dit à qui à bien voulu l’écouter, et elles sont nombreuses « que c’est parce qu’il faisait porter des cornes au maire et à son principal opposant président de la coopé qu’il s’est mis à faire son vin. »

 

Le Conseil Municipal s'est saisi de la question suivante : « pourquoi Google Maps ignore l'existence de Losse-en-Gelaisse ? »

 

Marius Schivardi – qui n’a aucun lien de parenté avec le célèbre Gérard du même nom – a suggéré que pour remédier à ce trou regrettable, du sans doute à l’homonymie avec le patelin américain, il faudrait que nous changions de nom pour adopter celui de Montcuq qui jouit d’une notoriété mondiale depuis le célèbre reportage de Daniel Prévost dans le Petit Rapporteur (voir en annexe).

 

Le Maire objecte que c’est impossible puisque le nom est déjà pris et que changer de nom c’est des tonnes de paperasseries.

 

Marius Schivardi propose mon Montcuq-en-Gelaisse...

 

Le Conseil, objectant sur les pires jeux de mots que susciterait cette adjonction, repousse à l’unanimité sauf la voix de Marius Schivardi qui s’en va.

 

Ulysse Vergnes, jamais en reste de faire l’intéressant, après un long topo sur la notoriété, rien que pour emmerder le maire qui est aussi président de la coopé « L’Etoile », dite familièrement l’Etoile rouge vu les penchants politiques du président, a proposé d’inviter Robert Parker pour que celui-ci vienne noter les vins de sa propre coopé « La Moderne », dites aussi La Citerne, vu qu’ils vendent tout en vrac, qui fait, a-t-il ajouté les seuls rouges dignes de ce nom de toute l’appellation.

 

Un ange est passé, le maire tel Peponne frisait l’apoplexie. Germinal Chopineau, l’adjoint aux chemins vicinaux,  invoquant le Général de Gaulle et Waldeck Rochet a déclaré que Losse-en-Gelaisse n’allait pas baisser son froc devant un cow-boy.

 

Rejeté à mains levées !

 

Ulysse Vergnes, pas bougon des cépages pour deux sous, a contre-attaqué en proposant d’organiser le Mondial de l’Aramon à Losse-en-Gelaisse et d'y inviter Robert Parker. Pour mémoire le maire au temps de sa splendeur fut surnommé le roi de l’Aramon.

 

Rappel à l’ordre du maire : « de l’aramon il n’y en a quasiment plus à l'Etoile, mais à La Moderne y'en a un gros tas et qu'elle le fait tellement pisser qu’il est tout juste bon à faire du rosé... » qui sur sa lancée a dégoupillé sa grenade à retardement : sa proposition de fusionner La Moderne et L’Etoile sous la houlette de la coopé d’Embres&Castelmaure qui est connu dans le monde entier...

 

Tout le Conseil s’est levé, sauf Ulysse Vergnes et Achille Gauche bien évidemment, ce dernier qualifiant le projet de collectiviste et de machine de guerre contre les caves particulières, pour applaudir et saluer le caractère visionnaire du maire.

 

Ulysse Vergnes a ricané que comme visionnaire le maire pouvait aller se rhabiller vu que le projet de fusion était un serpent de mer qui traînait sa queue dans la poussière depuis plus de 20 ans, mais que grand seigneur il prenait l’engagement de le mettre aux voix de son prochain Conseil d’administration.

 

Face à cette quasi-unanimité le maire a indiqué qu’une lettre au Président Patrick Hoÿm de Marien partirait dès demain matin pour lui demander de bien vouloir accueillir le Conseil Municipal de Losse-en-Gelaisse à Embres&Castelmaure en janvier. (Note du secrétaire de Mairie : le maire se voyait déjà aux côtés du Président PHM dans sa Jeep découverte arpentant les vignes du Seigneur et rêvait des étiquettes destroy qu’allait leur concocter le sieur Pousson)

Bolduc 8387

 

Fait à Losse-en-Gelaisse le 8 décembre 2010 aux environs de minuit.

 

Le Secrétaire de Mairie

 

Paul Hochon


Montcuq - Daniel Prevost
envoyé par Shadoko. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 09:00

Bonsoir chère Sandrine Blanchard,

 

Si j’ose m’adresser une nouvelle fois à vous, qui rappelez-vous aviez complaisamment tendu le micro au Professeur Président de Inca Dominique Maraninchi qui affirmait sans rougir « Le vin est un alcool, donc cancérigène » et que, bien sûr, le premier verre de vin nous précipitait la tête la première dans l’addiction la plus noire et était le plus sûr chemin pour choper ce foutu chancre, c’est pour vous faire part de ma surprise. Que dis-je de ma stupéfaction ! J’en suis tout tourneboulé. Mon étonnement est à son comble. Je suis proche de l’attrition.

 

En effet, dans ma boîte électronique de ce jour, à 12 :08, votre employeur : l’ancien austère journal Le Monde auquel je suis abonné via la Toile m’a dragué, m’a aguiché, m’a enjôlé, m’a alléché, avec une réclame pour une VENTE PRIVÉE de VINS&CHAMPAGNES du 6 au 12 décembre 2010. Exclusivité Le Monde.fr qu’ils disaient et même jusqu’à 50% de réduction qu’ils annonçaient. Donc, vous voilà par ce biais devenu, à votre corps défendant peut-être, « vendeuse de vins », ce qui entre nous soi-dit n’est pas un plus sot métier que de vendre du papier imprimé. Moi, pour ne rien vous cacher je trouve ça plutôt bien votre petit magasin de vins tout près de chez moi – pour mes lecteurs je précise que le Monde est logé au 80 Bd Auguste Blanqui et moi au 24 Bd St Jacques. Ces 2 boulevards sont bout à bout mais le premier est dans le 13e et le second dans le 14e, donc je suis à  

 

300 mètres du siège – et je vous imagine, chère Sandrine, conseillant les clients sur les accords mets-vins.

 

Mais bon je plaisante, je galèje et mon ami Hervé va me reprocher de profiter de l’occasion pour sournoisement placer mon plan drague. Revenons à vous, chère Sandrine Blanchard grande-prêtresse de notre Santé Publique, dites-nous qu’en pensez-vous ? Si vous désapprouvez cette VENTE PRIVÉE peut-être pourriez-vous pondre dans les colonnes du Monde un de ces papiers dont vous avez le secret. Vous savez dans le style : moi j’ai une éthique, je ne fréquente pas ces affreux pinardiers qui veulent pervertir notre belle jeunesse avec leurs fruits défendus. Un truc bien senti qui plairait tant à tous vos amis les grands protecteurs de notre santé qui nous disent de bouger, de faire ceci mais de ne pas faire cela, de ne pas manger de ceci ou de cela, ou bien je ne sais plus trop quoi si bien qu’à la fin de tout ça on n’en a la tête farcie et qu’y’se pourrait bien qu’on se mette en arrêt-maladie.

 

Donc chère Sandrine Blanchard, tout en étant désolé de vous avoir accolé, même avec des guillemets, cette horrible étiquette de « vendeuse de vins », et en ne pensant pas une seule seconde que vous fussiez complice de ce vil commerce, vous pourriez tout de même faire un petit geste de repentance en prenant la peine un jour de venir voir en leur terroir – vous savez la terre où poussent les pieds de vigne qui font le raisin qui pressé et fermenté donne ce foutu vin que vous vouez aux gémonies – les femmes et les hommes qui y travaillent. Peut-être qu’après ce petit voyage sur la terre vous pourriez descendre plus aisément de votre Olympe médicale et écrire des papiers plus équitables.

 

J’en ai fini de mon ironie et vous prie de recevoir mes saluts de voisin du Monde.

 

Jacques Berthomeau

 

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 00:09

Marcel Lachiver titre « La Fortune du Champagne » et note que « ce vin plut, d’abord en Angleterre, puis en France. ». Nos amis anglais avec leurs clubs, leur Empire et leur goût pour la Marine à voile ont beaucoup fait pour la renommée de nos vins. Le sparkling Champagne George Farquhar, en 1676, dans Love and a bottle compare son pétillement aux bons mots d’un homme d’esprit « How it puns and quibbles in the glass! » Mais, comme toujours, les « Français se passionnent à leur tour pour ce vin dont il faut d’abord faire sauter le bouchon, au besoin éliminer le dépôt qui a pu se former (répétons qu’il n’y a pas alors le dégorgement) et qu’on verse de haut dans les verres pour le faire mousser davantage »

 

Donc « Le vin d’Ay, vin tranquille au départ, est devenu synonyme de mousseux [...] À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le blanc de blanc est associé à la fabrication du champagne, et on commence à étendre les plantations de chardonnay dans la côte d’Avize, notre côte des blancs. » Et Dom Pérignon dans tout ça « pour rendre ce vin mousseux, de cette mousse délicate qui se précipite jusqu’en haut du verre. » La réponse de Lachiver est claire « Il est certain que Dom Pérignon n’a rien inventé ; de ce point de vue il est, comme Archimède, comme Christophe Colomb, comme Newton, un observateur, un découvreur. La tendance à mousser des vins champenois existait avant lui, puisque Saint-Évremond en parle avant que Dom procureur ait eu le temps de faire sa première cuvée, et cette seconde fermentation était plutôt considérée comme une tare que comme une qualité. L’art de Dom Pérignon a été de maîtriser cette mousse, de l’obtenir à peu près tous les ans par ces mélanges subtils de raisins qu’il savait doser, de trouver le moyen de soutirer et de coller pour que le dépôt (le « louche ») ne s’accumule pas dans la bouteille. Tout ceci, en ces débuts prometteurs, relève de l’art et c’est pourquoi Dom Pérignon doit recevoir le titre de père spirituel du champagne. »

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 Déjeuner au jambon de Nicolas Lancret Musée Condé de Chantilly

 

Les deux pages 276-277 de Marcel Lachiver sur les grands principes de « l’homme exceptionnel » qu’était Dom Pérignon sont à lire et à relire par tous ceux qui ne croient pas en la viticulture de précision.

- Il élimine « dans les premières années de sa charge tous les plants qui ne lui plaisent pas. De même, il fait arracher  toutes les parcelles qui ne lui semblent pas convenir à une production de qualité et, au contraire, il fait planter ou replanter celles qui paraissent le mieux exposées pour fournir une belle vendange. Un vin de qualité ne peut être tiré que d’un vignoble de qualité »

- « Dom Pérignon exige une maturité parfaite ; toute la vigne n’est donc pas vendangée en une fois mais en vendanges fractionnées, le dernier passage recueillant tous les raisins qui restent uniquement pour faire du vin rouge. Il exige ainsi qu’on ôte les grains pourris, les grains verts... »

- «  Dom Pérignon, et c’est sans doute là son intervention principale, examine les paniers, goûte les raisins pour savoir de quelle pièce de vigne ils proviennent (il avait, dit-on, le palais si fin qu’il ne se trompait pas sur la qualité et l’origine du raisin) et procède alors aux assemblages qui lui paraissent le mieux convenir pour le vin qu’il veut obtenir. »

- « C’et dans les soutirages et les collages que Dom Pérignon excelle aussi » Il permet aux vins de ne pas « tourner casaque » et « En un mot, il sait stabiliser les vins et leur garder la possibilité de mousser. Car, naturellement, les vins de la Champagne, ont tendance à mousser sans aucune addition de sucre. C’est dans la lune de mars que le vin manifeste le plus cette propension et Dom Pérignon met ses vins en bouteilles vers le 15 mars ; à ce moment, le vin contient encore du sucre résiduel qui n’a pas été transformé en alcool et qui va subir cette transformation dans la bouteille en dégageant du gaz carbonique. »

 

Si après cela, pour ceux qui ne l’ont pas encore, vous ne faites pas l’acquisition du Marcel Lachiver « Vins, vignes et vignerons Histoire du vignoble français » chez Fayard, vous ne saurez pas ce qu’était « le bouchage au broquelet », le « gaudronnage », comment est née la bouteille champenoise d’abord pomme puis poire, quand est apparu le dégorgement, jusque quand les anglais ont mis le champagne en bouteilles dans leur île, quel était le prix de la bouteille à la propriété et à Paris au XVIIIe siècle.

 

Bref, avec mes petits moyens j’ai tenté, sans me faire mousser, d’éduquer les masses ignares. Bien évidemment, en dépit là encore de mes modestes qualités de dégustateur j’ai au cours du salon Brittle www.brittle-boutique.com , fort bien organisé par ailleurs : tout le contraire du foirail habituel, n’en déplaise aux perfides natifs d’Albion qui raillent mon papillonnage, j’ai pu repérer mes futures proies sur lesquelles je chroniquerai à la veillée dès que le temps me sera donné. Sachez que contrairement à l’ancien président Gérald Ford qui ne pouvait mâcher son chewing-gum et penser en même temps, je puis conserver toute ma lucidité même bombardé de questions par le Grand Pauchon de France-Inter.

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 08:16

 

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Ce vendredi soir, tout premier d’un mois de décembre glaciaire, affrontant les éléments mes pas me portaient jusqu’au Télégraphe, sis à une encablure du Pont Royal, où l’ami Olivier Borneuf www.brittle-boutique.com proposait une dégustation de Champagne de ses producteurs préférés. À peine défait, alors que je me portais vers une sainte table pour me faire mousser, mon attention fut de suite attirée, non par une charmante damoiselle mais par un grand escogriffe portant en bandoulière un Nagra et qui tendait un micro siglé France-Inter sous le nez de tous ceux qui lui tombaient sous la main. « Tiens me dis-je, comme c’est étrange, un reporter de France-Inter dans un lieu de perdition... » Ne craignant nullement la concurrence j’entamais mon ouvrage dégustatif jusqu’à l’instant où cherchant Vincent Laval pour laper son champagne je le vis pris dans les rets de l’homme de Jean-Luc Hess – si j’osais ça ferait une rime d’enfer. Bref, je m’approchais et qu’entendis-je ? Des questions pas bien dosées du genre b.a.-ba du champagne pour les Nuls. Vous me connaissez je ne pus m’empêcher d’ironiser sur la haute compétence des journalistes de notre grande radio nationale. Mal m’en pris car le gars, qui se présenta sous le nom d’Hervé Pauchon, prit ça du bon côté et se mit à rousiner autour de moi me posant mille questions à la con.


 images HP

 

Là mon ignorance crasse de la grille de France-Inter éclatait, même vue l’heure tardive, au grand jour et je dus à mon tour confesser qu’Un temps de Pauchon d’Hervé Pauchon du lundi au jeudi de 21h50 à 22h sur France Inter je ne savais pas ce que c’était. Mais notre gars s’en foutait comme de sa première chemise. Je tentais le coup de La résistible ascension du petit Pochon mon feuilleton inachevée des années 2006 en vain, il continuait de m’asticoter. Faut dire que le gars était sympathique pas pour deux sous bêcheur donc je me suis laisser-aller à bavasser.


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Ceci écrit, sans préjuger de ce qui en restera à l’antenne, je me suis dit « si ce gars-là pose autant de questions sur le Champagne c’est qu’à la base, comme disent les partisan de Méluche, l’homme qui éructe plus vite que le faisait Marchais, ils ne doivent pas savoir grand-chose de ce nectar qui mousse. » Donc je me suis plongé sitôt rentré dans mon Lachiver « Vins, vignes et vignerons Histoire du vignoble français » chez Fayard pour en extraire quelques pépites me permettant d’édifier les jeunes générations. Marcel Lachiver consacre 3 rubriques au Champagne :


- Vin Champenois et Vin de Champagne

- Naissance du vin mousseux de Champagne

- La fortune du Champagne.

 

Voici donc pour l’édification du Grand Pauchon l’extrait sec des écrits du Grand Marcel Lachiver.

 

Au Moyen Age, la Champagne c’est la Champagne pouilleuse qu’évoquait le frère Buton mon professeur de géologie et de géographie où ne broutaient que des moutons. L’expression vin de Champagne n’apparaît pas à cette époque. « Mais les régions de Chalons, d’Épernay et de Reims magnifiquement situées sur la route reliant la Bourgogne à la Flandre, étaient depuis la fin du XIVe siècle, période à laquelle avait surgi la renommée des vins de Beaune tirés du pinot noir, le lieu où passaient ces vins de Bourgogne, où ils étaient entreposés. Tout flamand se dirigeant vers Dijon avait donc la possibilité, en allant ou en revenant, de compléter sa provision si la vendange bourguignonne avait failli et nous avons noté, du XIVe au XVIe siècle, de nombreux achats faits en Champagne. Il s’agissait de vins de la vallée de la Marne, qualifiés de vins d’Ay, le cru le plus réputé. »

 

Selon Lachiver « La plus ancienne mention de vin de Champagne semble avoir été trouvée par M. Guillot ; elle figure en 1493 dans les ordonnances de l’Hôtel-Dieu de Paris qui recommandent l’achat de vins de Suresnes, de Gentilly, de Vanves et « autres bons terrouers près de Paris » plutôt que de « vin de Gastinois ne de Champagne qu’il a esté faict par cy devant ». Sous ce vocable se cachent des « vins de valeur inégale » en effet si ceux d’Ay sont classés comme « vins délicats et excellents » les vins de la Montagne sont qualifiés de « petits vins » en 1389 dans un inventaire des caves de l’évêque de Reims. Mais dans le courant du XVIe René Gandilhon conclut à une amélioration notable de la qualité des vins de la Montagne, surtout le cru de Verzenay et insiste « sur le fait que vin de la Montagne est synonyme jusqu’au début du XIXe siècle de vin rouge exclusivement... » On reproche au vin rouge de Champagne leur manque de couleur et comme dans beaucoup de vignobles on utilise « des baies de sureau pour lui donner un peu de sang ». Même si les vignerons de Champagne ont entrepris, selon le Chanoine Godinot en 1718, « de faire en Champagne du vin aussi rouge que celui de Bourgogne » il doit bien concéder que les vins de la Montagne « ne valent pas tout à fait ceux de Bourgogne et il s’en faut qu’ils ne soient aussi moelleux ni même si agréables au goût. »

 

« Jusqu’à la Révolution, on distingue la jauge de Rivière et la jauge de Montagne... »

 

La 1ière s’applique à des poinçons de 192 à 196 pintes soit 180 litres environ.

La 2ième s’applique à des poinçons de 216 à 220 pintes soit 200 litres environ.

 

Mais comme le souligne Marcel Lachiver « cette distinction n’est pas seulement géographique ; si on mesure bien les vins blancs de la vallée de la Marne avec la jauge de la Rivière, tous les vins rouges, non seulement ceux de la Montagne, mais aussi ceux de la vallée, sont jaugés à la mesure de la Montagne. Ainsi, on n’oppose pas seulement deux régions aux vocations viticoles différentes, on met l’accent sur la distinction à faire entre les vins blancs (même s’ils proviennent de raisins noirs) et les vins rouges, toujours moins réputés à l’époque. »

 

Affaire à suivre demain sur mes lignes...

 

 

Hervé Pauchon

 

Comédien et homme de radio, lauréat des enfants d’Inter, Hervé Pauchon signe ses premiers reportages à France Inter dans «Là-bas si j’y suis». C’est ensuite «Ça crée des liens», «Zinzin», «Le grand polochon», «La bande à Bonnaud»… Parallèlement on l’a retrouvé au cinéma dans le «Miraculé» de Mocky, «Cyrano» de Rappeneau, «Le couperet» de Costa-Gavras, sur scène dans «Zazou» de Savary entre autres. Il a tourné sous la réalisation de Radu Mihaileanu «Le concert» avec Mélanie Laurent, Miou-Miou et François Berléand (en salles en nov. 2009).

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 00:09

Moi je trouve ça très romanesque et fort drôle cette histoire de l'ancien électricien dePicasso coulant une retraite dans son petit pavillon  de Mouans-Sartoux Alpes-Maritimes et gardant au fond de son garage, sans doute dans une vieille valoche en carton bouilli, 271 œuvres de Picasso (tableaux, carnets et dessins des années 1900 à 1932) dont personne ne connaissait jusque-là l'existence et qui sont estimés par le service des affaires juridiques de la famille Picasso à une soixantaine de millions d'euros. Faut le faire, non ! Et le spécialiste du 110Volts, la gueule enfarinée, de déclarer « Je me doute que cela doit avoir une certaine valeur. Mais ça ne m'a pas intéressé. Si cela m'avait intéressé, il y a longtemps que j'aurais essayé de les vendre » et d’ajouter qu’ayant connu des problèmes de santé il risquait de ne pas survivre et voulait clarifier la situation pour ses héritiers.

 

Le mot est lâché : les héritiers ! Je ne vais pas ironiser sur les rapaces des deux bords, la famille Picasso qui fait dans le trémolo, comme celle du prolo qui doit se dire que le paternel est vraiment trop barjot... Bref, l’important dans cette affaire qui va faire les délices des cabinets d’avocats, autres rapaces, c’est que dans les œuvres exhumées du garage de notre électricien ignorant, il y a deux collages qui sont à la gloire du vin.

 

Les voici !

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 02:09

En dépit de ma bonne volonté je ne pouvais assumer cette position obscène, ce gros type à mes genoux, cette bouche lippue me pompant, ces mains douces qui me pelotaient le cul avant d’empoigner mes gonades, c’était trop pour mon corps fatigué, je lâchais prise, fermais les yeux, débandais et me laissais aller à un évanouissement libérateur. Lorsque je remontai à la surface j’étais allongé sur un lit étroit en fer, les mains entravées et les pieds attachés par des sangles aux montants du lit, dans une pièce badigeonnée à la chaux, mal éclairée par une ampoule pendouillant au bout d’un fil, dépourvue de tout mobilier si ce n’était une chaise dont les pieds étaient scellés au sol. Ce détail s’ajoutant à ma position ne me laissait rien présager de bon. Après la tapette goulue j’allais sans aucun doute me faire prendre en mains par d’autres pervers. Mon estomac criait famine. Pour la première fois depuis ma mise au trou j’espérais que Chloé allait s’inquiéter de mon absence. Jusqu’ici, me connaissant, elle avait du croire que je filais le parfait amour avec ma dulcinée Francesca. En pensant à cette dernière, je me disais que tout ce cinéma ne cadrait pas du tout avec une quelconque vengeance d’un mari jaloux. Connaissant les mœurs en vigueur chez certains militaires chiliens, si le Général avait voulu laver son honneur, soit au mieux il m’aurait fait passer à tabac par ses séides, soit au pire liquidé sans autre forme de procès par des hommes de mains. Là ça sentait le scénario tordu de mes commanditaires officiels de la CIA. Mon indépendance devait leur donner de l’urticaire alors un traitement de choc ne pouvait selon eux que me remettre dans le droit chemin.

 

Le problème avec les américains c’est que contrairement à nous qui torturons salement sans mandat eux pratiquent cet exercice proprement en respectant des procédures avalisées par la hiérarchie elle-même couverte par le pouvoir politique. Au bout du compte le résultat est le même mais eux ont bonne conscience alors que nous nous trimballons le poids de la nôtre. Bref, j’eus droit à plusieurs séances  d’électricité administrées par 3 gaillards cagoulés. Ces cons avaient tracé à la craie sur une ardoise ce qu’ils pensaient être une question en bon français « votre travail pour qui ? » Même si j’étais un peu secoué par le traitement je sentais bien que mes tortionnaires en gardaient sous la manette. Ils faisaient joujou avec moi comme des chats avec une pelote de laine. Même si ça peut vous surprendre, non que j’eus envie qu’ils augmentassent la sauce, ça me déplaisait. J’en avais marre, et même plus que marre de jouer à ce jeu de cons. Il fallait que je trouve un moyen de rompre cet enchaînement de conneries. Deux voies s’offraient à moi : soit l’agression physique comme mordre l’un de mes pseudo-tortionnaires lors de la pause des électrodes ; soit leur en donner pour leur argent. La première ne débouchant sur rien de prévisible j’optai pour la seconde tout en me demandant ce que je pourrais bien leur vendre qui puisse vraiment les intéresser. Je n’avais rien en magasin sauf peut-être une grosse ficelle qu’ils attraperaient comme une vraie ouverture. Qu’est-ce que je risquais ? Je n’en savais fichtre rien alors entre deux séances je cherchais un nom qui puisse faire tilt dans leurs grosses cervelles de ricains.

 

Je séchais lamentablement lorsque la porte qui faisait face à ma chaise s’ouvrait. Je ne pus m’empêcher de lâcher un gros « merde alors ! » qui arrachait à la superbe bouche d’Eva Harriman, flanquée de cette vieille râclure d’Ernest J Gayne, un rictus de dégoût. À peine entrée elle se mettait à tempêter contre mes trois cagoulés en les traitant de noms d’oiseaux que je ne pouvais pas tous identifier eu égard à ma méconnaissance des jurons américains. Gayne venait défaire mes liens. Je lui fis remarquer qu’à mon avis la belle Eva surjouait. Sa réponse me surprenait et bizarrement me convainquait « Tu te trompes petit c’est la seule qui croit que tu es réglo... » L’affaire fut vite bouclée. Dix minutes plus tard je quittais dans la limousine d’Eva une caserne dont je n’ai jamais su le nom. Pendant tout le trajet ma libératrice présumée ne desserrait pas les dents se contentant de tirer sur sa jupe de tailleur qui s’ingéniait pour mon plus grand plaisir à remonter très haut sur ses cuisses. Gayne avait pris place devant aux côtés du chauffeur. Dans la mesure où je ne maîtrisais aucune des données de la situation je jouais profil bas et me taisait ce qui ne m’empêchait pas de réfléchir. En tentant de décrypter les propos qu’avait tenu Eva à mes cagoulés j’en arrivais à supposer que ceux-ci étaient des conseillers militaires américains grenouillant avec la haute hiérarchie militaire chilienne. Oui mais dans ce cas pourquoi s’intéressaient-ils à moi ? Je n’étais rien qu’un petit agent sans grand intérêt pour eux. La belle Harriman rompait enfin son silence en ouvrant son étui à cigarettes « Vous n’avez rien vu, rien entendu, et tout ce qui vient de vous arriver n’est jamais arrivé... Compris ! » J’acquiesçais en me saisissant d’une Pall Mall qu’elle m’allumait avec un Zippo en argent.

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 00:09

XF8CAUPQ32SCAIAGZFDCAYD2ZW5CA12XV42CAU1TNGTCARXEFSICAD2EY3Y15 minutes 56 secondes de souvenirs mais aussi de sueur, de fumée et de petites pépés avec Johnny Rivers et son long blues, John Lee Hooker, vibrant hommage au bluesman, enregistré live en 1967 au Whisky à  Go-Go de Los Angeles www.whiskyagogo.com . Il est aussi connu pour avoir repris Memphis Tennessee de Chuck Berry.

 

« Contrairement aux albums précédents, John Lee Hooker a surtout trouvé un écho en France, s’imposant instantanément dans les discothèques. Grâce à son rythme irrésistible, hypnotique, ce rock bluesy au tempo moyen est un titre phare de l’époque ». –Boris Black 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 00:09

Mercredi soir, avant un rencart au Flore, j’ai poussé la porte de l’une de mes librairies fétiches : l’écume des pages. Il y régnait une animation peu commune. La raison en était une séance de signature par l’auteur d’un gros livre. Rien de très original me direz-vous sauf que la maison servait dans des gobelets en plastic au choix : un Chablis ou un vin de pays de cépage rouge au nom exotique dont j’avoue humblement avoir oublié. Comme toujours une bonne et une mauvaise nouvelle : la bonne le vin était à l’honneur, la mauvaise les affreux gobelets. Je n’ai pas consommé. J’ai acheté des livres.

 

Une suggestion à mes amis vignerons : établir des partenariats avec les grandes librairies parisiennes ou d’autres villes de province pour assurer le service de leurs vins (via leur agent éventuellement ou un caviste) pour ce genre de pinces-fesses. Y’a que du beau linge consommateur de surcroît...

 

Bref j’ai acheté quelques petits livres dont celui d’Héctor Abad Faciolince qui est un écrivain colombien né à Medellin en 1958 qui, comme le dit la 4ième de couverture de son livre Traité culinaire à l’usage des femmes tristes  publié chez Lattès : « À l’heure de la course épuisante au bonheur, à l’époque du bien-être en cachets, HAF se fait avec humour l’avocat de la mélancolie, l’ambassadeur des élans du cœur et nous livre un traité plein de grâce pour apprivoiser la tristesse. »

 

Pour votre samedi glacé je vous offre un petit extrait GXRCA50459OCAJCTSP2CA4DCMD5CAOIANJUCA584KG4CA3T1CLDCAP72YJN.jpg« Si un jour les mots te rendent malade, ce qui nous arrive à tous ; si tu es lasse de les entendre et de les prononcer ; si ceux que tu as choisis te semblent usés, ternes, infirmes ; si tu as des nausées quand tu entends « horrible » ou « divin » à tout bout de champ, ce n’est assurément pas la soupe des lettres qui va te guérir.

Tu dois alors procéder ainsi : tu cuiras des spaghettis al dente, que tu assaisonneras de la plus élémentaire des façons : ail, huile et piment. Puis tu braveras les critiques de l’étiquette en râpant un peu de parmesan après avoir ajouté ce mélange aux pâtes. À la droite de l’assiette creuse remplie de spaghettis accommodés ainsi qu’il a été prescrit, tu poseras un livre ouvert ; à sa gauche, un livre ouvert aussi. Devant toi, un verre de vin rouge. Aucun autre accompagnement n’est souhaitable. Tu tourneras au hasard les pages de l’un et l’autre livre, qui doivent être tous deux des recueils de poésie. Seuls les bons poètes nous guérissent de l’indigestion de mots. Seule la nourriture simple et essentielle nous guérit des ravages de la gourmandise »

 

Si le cœur vous en dit vous pouvez proposer pour la séance de dédicace le vin rouge que vous y verriez et pourquoi ne pas passer à l’acte à l’écume des pages... Un dernier mot sous forme d’une interrogation à Luc Charlier : « les bons poètes sont-ils aussi difficiles à trouver que les bons champagnes ? »

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 09:34

La dernière Lettre de la Mission Agrobiosciences du mois de décembre  http://du104w.dub104.mail.live.com/default.aspx  tombe à pic pour nos amis de Losse-en-Gelaisse car elle met à l’honneur deux des thèmes centraux de la 8ème édition du Salon de la qualité alimentaire (SISQA) qui se tiendra du 9 au 12 décembre prochains au Parc des Expositions de Toulouse : la construction du goût chez les jeunes et les cultures alimentaires des ados.

 

Le second sujet « Tais-toi et mange ! » Cultures et Qualité alimentaires : quels enjeux pour la santé des jeunes ? sera traité lors d’une conférence-débat le samedi 11 décembre (voir les détails sur le site)

 

Le premier a été traité au cours de l’émission de novembre 2010 de la Mission Agrobiosciences « Ça ne mange pas de pain ! » consacrée au goût des aliments, Sylvie Berthier recevait Natalie Rigal, psychologue chercheure, spécialiste de la construction du goût chez les enfants. Un entretien au cours duquel il fut question des préférences et des aversions universelles des bambins, de la manière de les amener à goûter divers aliments, afin d’enrichir leur palette gustative, mais aussi, fort de l’échec des recommandations nutritionnelles, de la place grandissante de la notion de la plaisir au coeur des politiques de santé publique.

 

Bien sûr ça nous intéresse, alors je mets en ligne cet entretien plein d’enseignements.

 

 Si partager un repas avec son enfant peut être une vraie partie de plaisir, l’expérience, quotidiennement renouvelée, s’apparente davantage à un fardeau dans certaines familles. Sortis du poulet-frites, du jambon coquillettes et du hamburger, impossible de faire goûter quoi que ce soit d’autre - sans même parler de betterave, de roquefort ou de céleri - à certaines chères têtes blondes ou brunes.

 

Il faut dire que la construction du goût chez les pitchouns est une affaire complexe, combinant inné, sensibilité sensorielle, environnement familial, social et culturel. Que faut-il savoir, comment s’y prendre et quelles attitudes éviter pour que la table ne se transforme pas en véritable lieu de conflit ? Réponses avec Natalie Rigal, psychologue chercheur à l’Université Paris X, auteure de « La naissance du goût » paru en 2000 aux éditions Agnès Vignot, et d’un cahier au titre éponyme téléchargeable, sur le site de la Mission Agrobiosciences.

 

 

Sylvie Berthier. Natalie Rigal, que faut-il absolument savoir de la construction du goût chez les enfants ? Par exemple ont-ils, tous, les mêmes préférences ou aversions alimentaires ?

 

Natalie Rigal. On retrouve chez l’ensemble des enfants des aliments favoris ; en général, des aliments très denses sur le plan énergétique, qui ont donc la capacité de rassasier durablement. Dans cette catégorie, on trouve des desserts avec, en priorité, les glaces, mais aussi les gâteaux et, dans une bien moindre mesure, les yaourts et les fruits. Ces derniers, s’ils ont l’avantage d’être sucrés, manquent de densité pour contenter les enfants. on y trouve également les féculents, qui, en raison de leur forte teneur en sucres lents, ont la capacité durable à calmer la faim. Concernant les aliments les moins appréciés des enfants, un certain consensus concerne deux catégories de produits : d’abord, ceux très forts en bouche – les fromages forts, le poisson et les condiments, par exemple- ; ensuite, les légumes très certainement en raison de leur très faible densité énergétique. Une étude de terrain a montré que le corps des enfants de 2-3 ans (ce n’est pas intellectualisé) est capable de reconnaître les aliments rassasiants de ceux qui ne le sont pas. Au-delà de ces préférences, qui sont assez universelles, il existe évidemment des différences entre enfants. Elles sont liées, d’une part, à des expériences culturelles particulières – selon les familles, on ne mange pas les mêmes aliments et on a l’habitude d’apprécier les aliments que l’on consomme souvent -, mais aussi à un facteur génétiquement déterminé : la sensibilité gustative et olfactive. On sait que dès les premiers jours de vie, des enfants sont très réceptifs à l’amertume et sont capables, par exemple, de percevoir la quinine à très faible concentration, alors que d’autres ont besoin d’une concentration beaucoup plus forte pour distinguer cette tonalité amère. Les enfants les plus sensibles sur le plan gustatif, notamment à l’amertume, seront les plus difficiles, ultérieurement, dans leurs choix alimentaires.

 

Sylvie Berthier On connaît l’intérêt de faire goûter aux enfants afin qu’ils enrichissent leur palette gustative. Mais s’ils ne veulent pas goûter, que faut-il faire ou ne pas faire ?

Natalie Rigal Déjà, il faut savoir qu’il est normal que les enfants aient du mal à goûter ce qu’on leur propose, notamment les aliments nouveaux, car comme toutes les espèces omnivores, le petit de l’homme est réticent à ingérer des produits qu’il ne connaît pas. C’est une façon de se protéger d’une potentielle intoxication. Goûter les aliments, notamment les végétaux qui ont un fort potentiel toxique, relève d’apprentissages. Cette difficulté à goûter est donc normale, au sens de la protection, au sens adaptatif, mais aussi au sens statistique : 75% des enfants entre 2 et 6 ans sont difficiles dans leurs choix alimentaires. Il ne s’agit pas de caprice, d’opposition, de refus ou de rejet familial, mais d’une période normale du développement. Le savoir rassure un peu les parents. Cela permet de mettre un peu moins de drame dans les repas. La littérature scientifique nous enseigne un certain nombre de stratégies qui semblent efficaces pour aider les enfants à dépasser leurs dégoûts. La méthode la plus simple et la plus efficace reste la consommation répétée, car plus on goûte un aliment plus on l’apprécie. C’est d’ailleurs, certainement, avec ce mécanisme de consommation répétée que nous-mêmes, adultes, en sommes venus à apprécier des sensations que nous rejetions au départ telles que l’alcool, le café, l’amertume du chocolat noir. A force d’en goûter, on a oublié que ces produits nous semblaient déplaisants.

 

Sylvie Berthier Vous dites qu’il ne faut pas punir ou faire chanter l’enfant sur l’air : « si tu ne goûtes pas ça, tu n’auras pas de dessert ». Y-aurait-il un danger à adopter une telle attitude ?

 

Natalie Rigal Non, il ne faut pas exagérer ! Tout ce dont nous parlons jusque-là relève du développement normal, pas de troubles psychiatriques ou de pathologies très particulières que sont l’anorexie ou la boulimie. Alors, danger non, puisque si l’enfant craint de ne pas avoir de dessert, il va goûter, et plus il goûte, plus il apprécie. Cependant pour que cet effet d’une consommation répétée marche bien il faut qu’elle se déroule dans un contexte positif. Les pratiques dont vous parlez se déroulent dans un contexte coercitif de punition, de chantage, de pression… qui risque vraiment de diminuer l’impact positif de cette consommation répétée. Par ailleurs, il faut essayer, en général, de ne pas décentrer l’enfant, quand il mange, de ses sensations alimentaires, à savoir le goût de l’aliment, son croquant, son odeur, son apparence, mais aussi les sensations de satiété qu’il procure. Car plus on mange avec son corps, avec son sens, avec son ventre, plus on risque d’avoir un comportement alimentaire adapté. Et toutes ces pratiques qui sont « Mange pour faire plaisir à papa, pour faire plaisir à maman, pour avoir du gâteau, pour éviter une punition… » sont des messages qui détournent l’enfant des propriétés même de l’aliment et qui risque de perturber, mais pas au sens de la pathologie, de déréguler le comportement alimentaire de l’enfant.

 

Sylvie Berthier Après les crises sanitaires comme celle de la vache folle, dans les années 2000, les discours et les débats s’étaient centrés sur la question de la sécurité des aliments. N’avez-vous pas l’impression que la notion de plaisir est remise au goût du jour depuis assez peu finalement. Et pour quelle raison ?

Natalie Rigal Absolument. Il y a eu une évolution progressive en 10-20 ans, qui a remis au centre des discours la notion de plaisir, de sensorialité et de convivialité autour de l’alimentation. Même les médecins sont d’accord, aujourd’hui, pour dire que la recherche doit surtout se développer sur le comportement alimentaire, et non plus sur les questions nutritionnelles. Pourquoi le plaisir revient au centre des débats ? Très certainement parce qu’on constate que la seule information nutritionnelle ne marche pas. Selon certains auteurs, elle aurait même un effet contre productif. Aux Etats unis, par exemple, plus il y a d’obésité, plus il y a d’informations nutritionnelles. On peut traduire cette réalité par plus il y a d’informations nutritionnelles, plus il y a d’obésité, car on ne sait pas dans quel sens marche le lien. Finalement n’est-ce pas à force d’embêter les gens avec des questions nutritionnelles, qui sont de l’ordre cognitif et non du plaisir, de la sensation, de la faim, de la convivialité, que l’on perturbe les comportements alimentaires des mangeurs ? En revanche, cette notion de plaisir est surtout centrale en France, car la culture française l’a toujours mise cela au centre de son art culinaire. Et puis parce, contrairement à ce qu’on a longtemps pensé dans notre société judéo-chrétienne, le plaisir ne serait pas régulateur. C’est à dire que si on apprend à manger avec plaisir sans culpabilité en respectant ses sensations alimentaires sa faim sa satiété ça ne serait pas le meilleur moyen d’avoir un comportement alimentaire le plus adapté possible : plaisir inné à consommer ce qui est nourrissant et plaisir appris à manger les aliments au départ rejetés, tels que les légumes.

 

Sylvie Berthier - Vous avez récemment travaillé sur le goût d’adolescents obèses. Quelles en sont les grandes conclusions ?

 

Natalie Rigal Que l’on peut leur apprendre à apprécier les légumes à force de leur en proposer, de façon répétée, et bien cuisinés. Mais cet apprentissage est plus difficile pour les adolescents les plus sensibles aux composés amers.

 

Discussion avec les chroniqueurs

 

Valérie Péan. Quand l’enfant est dans l’utérus, est-ce que ce que mange la mère peut avoir une influence sur le comportement alimentaire de l’enfant, plus tard.

 

Natalie Rigal Quelques études ont effectivement montré que si, au cours du dernier trimestre de grossesse, la maman consomme de l’ail ou de l’anis, des molécules olfactives très fortes, l’enfant, à sa naissance et quelques temps après, se tournera préférentiellement vers ces odeurs par rapport à des enfants qui ne les auraient pas connues durant leur vie intra-utérine. Ce niveau d’étude est très intéressant parce qu’il montre que l’exposition répétée aux odeurs fonctionne dès la vie intra-utérine. Néanmoins, on n’en est pas à un niveau de preuves pour demander aux femmes enceintes de manger le plus varié possible et être sûr que leur enfant aura un comportement alimentaire très varié.

 

 

Lucie Gillot. Concernant les femmes qui allaitent, un certain nombre d’aliments sont proscrits, comme le persil, au risque que le lait aurait un goût trop amer, un drôle de goût. Est-ce prouvé ou de l’ordre de préconisations hypothétiques ?

 

Natalie Rigal Un drôle de goût ? Cela dépend dans quel sens on entend le mot goût. Le goût au sens pur comprend quatre saveurs de base : sucré, salé, acide, amer. Effectivement, tous les bébés du monde aiment la saveur sucrée et rejettent l’acidité et l’amertume. Alors, oui, le lait de la maman se parfumant de ce qu’elle consomme, si elle mange des aliments très amers, il pourrait être difficile pour le petit de téter ce lait là. Mais ce n’est pas si simple que cela, parce que l’amertume, finalement, on ne sait pas très bien ce que c’est. Il n’existe pas de molécule de l’amertume, comme il en existe pour l’acidité. On ne sait pas bien ce qui est réellement amer de ce qui ne l’est pas, et on n’est pas vraiment sûr que manger une endive donne un goût amer au lait. Voilà pour la saveur. Mais, finalement, dans les aliments la saveur représente une toute petite quantité de la formation du goût : seulement 20% en moyenne. Les 80% restants sont dus à l’odeur. Prenez l’ail : il a une odeur très forte, mais très peu de saveur. Et là, on sait, qu’il n’y a aucune bonne ou mauvaise odeur universelle, à part peut-être la vanille qui suscite des réponses de plaisir, et les odeurs de protéine en décomposition du déplaisir. Mais le chou, l’ail, tout ce qu’on demande aux mamans de ne pas consommer ne sont pas des odeurs rejetées a priori par le nouveau-né. C’est à force d’apprentissage qu’il va apprendre à les rejeter.. Au contraire, on pourrait dire que si la maman veut habituer son enfant au goût du chou, de l’ail, etc., elle peut commencer à le familiariser à travers l’allaitement. De nombreux travaux scientifiques montrent qu’un des facteurs permettant de d’augmenter les chances qu’un enfant ne sera pas difficile est l’allaitement. Cela ne s’explique pas par une catégorie socioprofessionnelle plus élevée, mais bien parce que le bébé qui boit le lait de sa mère est soumis à un univers olfactif très varié, alors que celui nourrit au biberon a toujours le même goût et la même odeur en bouche, pendant 3 mois voire 6 mois de sa vie.

 

Gérard Garrigues, cuisinier. Une question sur l’apprentissage des enfants – et peut être des adultes aussi. Est-ce que le fait de faire participer les enfants aux préparations culinaires – je ne parle pas que de la pâtisserie-, pourrait donner envie aux enfants de manger des produits qu’ils ne mangeraient pas sous « la menace » ?

 

Natalie Rigal C’est un point très intéressant. Malheureusement, il n’y a pas de travaux scientifiques qui peuvent répondre à cette question. Cependant, de nombreuses observations empiriques ont montré que quand les enfants participent à la préparation des repas, ils ne vont pas forcément aimer ce qu’ils ont confectionné, mais au moins ils vont goûter. Et on a vu combien c’est important. Sachant que l’enfant n’aime pas ce qu’il ne connaît pas, le fait de l’impliquer dans la préparation du repas, est une manière de le familiariser avec l’aliment et tout l’univers qui lui est lié : le contexte dans lequel on l’a acheté, le toucher, les odeurs qui se dégagent pendant la préparation, un partage affectif avec l’adulte, la curiosité de l’expérimentation… Toutes sortes de sensations très importantes pendant l’enfance sont mises à participation pendant la préparation du repas et permettent de familiariser le petit avec le produit. Une fois que l’aliment sera cuisiné, ce n’est plus comme s’il était totalement inconnu. Cette expérimentation lors de la préparation est une autre stratégie que la consommation répétée.

 

Donc le lien familial est très important

Le partage des savoir-faire… Concernant cette notion de plaisir, on parle beaucoup de la réintroduction de la cuisine à la maison. Mais ce n’est pas si simple, par manque de temps ou le choix de consacrer du temps à d’autres activités… Et parce que de nombreuses personnes ne savent plus faire la cuisine, pour toutes sortes de raisons. Nombre de programmes notamment en faveur des personnes défavorisées, essaient d’inciter les gens à retourner dans la cuisine… avec tout ce que cela peut impliquer sur le plan idéologique et le féminisme comme sous-entendus. ou de céleri - à certaines chères têtes blondes ou brunes. Il faut dire que la construction du goût chez les pitchouns est une affaire complexe, combinant inné, sensibilité sensorielle, environnement familial, social et culturel.

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