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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 00:09

Seule une femme pouvait écrire le texte qui suit ; une femme sarde ; une inconnue devenue célèbre grâce au bouche à oreille qui a fait de son premier roman traduit en français – c’était son second en Italie – Mal de pierres en 2007 un best-seller en France. J’y ai participé en le découvrant lors de mes vacances en Corse et je suis devenu addict de Milena Agus. Ses romans sont publiés aux éditions Liana Levi www.lianalevi.fr des livres d’un format que j’adore, élégant, facile à glisser dans mon sac. Depuis le Mal de pierres, je guette la sortie de ses nouveaux livres : Battement d’ailes, Mon voisin, Quand le requin dort, pour les acheter et les lire d’une seule traite – ils ne sont pas épais dans tous les sens du terme. Le dernier, dont est tiré cet extrait, La comtesse de Ricotta 13,50€, ne fait pas exception : c’est un nouveau petit bijou, sensible, avec un style lapidaire et une construction toujours originale Milena Agus m’accroche, me séduit. La romancière aime les mensonges de la fiction et moi j’adore qu’on me mène par le bout de la plume en des lieux inexplorés.

 

« La Sardaigne au cœur. Pour Milena Agus, cette île est une miraculeuse inspiratrice, et le vent qui y souffle fait tourner les pages de ses livres comme les ailes des moulins : il y a du don Quichotte chez l'auteur de Mal de pierres, qui prend tellement ses rêves pour des réalités qu'elle croit parfois « vivre les yeux fermés ». Chevillée corps et âme à sa chère Sardaigne, elle y moissonne une oeuvre pleine de contrastes délicats, entre ombre et lumière, comme ces ruelles de Cagliari qu'elle décrit avec la sensualité d'une aquarelliste. » Pierre Clavel L’Express en 2010.

 

Pour La comtesse de Ricotta 2 critiques.

 

«C’est une joie délicate de se plonger dans l’imaginaire de Milena Agus.» La Libre Belgique

 

«Un petit roman délicieux, saugrenu, à l’humour grave, qui explore l’irrépressible désir d’absolu de la gent féminine.» La Vie

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Le choix de cet extrait est bien sûr motivé par le goût du vin.

 

« Maddalena et Salvatore ont éteint la lumière et laissé les fenêtres ouvertes, car en Sardaigne à l’automne il fait encore chaud, les feuilles tombent mais on continue de se baigner.

 

La lune, comme une opaline, éclairait la table encore dressée et rendait tout phosphorescent.

« Déshabille-toi et assieds-toi à table, dans la lumière de la lune », a ordonné Salvatore.

 

Maddalena s’est déshabillée et ils se sont assis, elle a passé son verre de vin glacé sur ses mamelons pour les durcir. Ses seins se tenaient bien fermes et ainsi éclairés paraissaient plus gros.

 

« Écarte les jambes. Mouille-toi le joni avec du vin et lèche tes doigts. Dis-moi quel goût ils ont. »

 

Il s’est levé de table et s’est placé devant elle.

« Maintenant, défait ma ceinture et sort mon lingam. Lèche-le comme tu sais bien faire. Dis-moi quel goût il a avec le vin et le goût de ton joni. »

 

Elle a mis les doigts dans son joni, après les avoir plongés dans le vin. Elle les a léchés et a essayé de décrire tous les goûts. Jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus et jouissent en même temps, lui dans sa bouche et elle dans sa propre main. Ils ont joui sans avoir le temps d’entrer l’un dans l’autre, alors qu’elle était peut-être fertile ce soir-là.

 

Voilà pourquoi Maddalena n’est pas contente. Parce que le présent n’existe pas s’il n’y a pas de futur. Ils ont gâché une occasion, fous de désir qu’ils étaient, et c’était peut-être le moment où les spermatozoïdes de Salvatore étaient les plus forts et les ovules de Maddalena les plus accueillants.

 

Après, Salvatore est allé dans la chambre et s’est tout de suite endormi. Maddalena s’est mise au balcon, en chemise de nuit transparente car elle ne pense jamais qu’on peut la voir, mais la nuit était claire, bleue et douce, et de l’autre côté de la rue toutes ces lumières sur la mer. »  

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 16:00

photo-LB1.jpgMerci aussi à celles et ceux qui continuent d’adhérer à l’Amicale du Bien Vivre dites des Bons Vivants. Sur Face de Bouc c’est ICI link Faites passer le message ! Faites du ramdam ! nous ne sommes pas des radicaux pour nous contenter d’une cabine téléphonique pour tenir nos AG !

 

À quoi sert l’A.B.V. me direz-vous ?

 

Qu’avez-vous fait depuis sa création Monsieur le Secrétaire-Perpétuel Autoproclamé ?

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Pas grand-chose, et vous ?

 

En effet, le bien vivre c’est d’abord le bien vivre ensemble, au plus près de chez soi, les amis, les voisins, les collègues, les gens de la commune, du canton, du département comme en des limites beaucoup plus larges qui n’ont de finitude que celles de notre monde. Se contenter de se taper la cloche, de boire de bon coups, de bambocher entre copains, de refaire le monde sous la tonnelle… n’être que des bons vivants ripailleurs, noceurs, hâbleurs…  ça n’a rien de désagréable et ça participe aussi au bien vivre… mais au-delà de nos bonnes intentions, de nos bonnes paroles, rien ne vaut le sillon de nos actes.

 

Pardonnez-moi ce prêchi-prêcha mais je voulais en remettre une petite couche, vous faire une piqure de rappel. Pourquoi ? Parce que tout bêtement lorsque le Taulier le 8 mars vous propose un Afterwork sérieux : paroles fortes du Cantalou Michel Teyssedou…la montagne a un côté insulaire qui vous incite à être humble…à méditer par les rats de villelink vous faites la fine bouche… ça ne parle pas de vin… le taulier nous gonfle avec son lait, ses vaches et ses paysans…

 

Ça me fâche un chouïa !

 

Ça me fâche doublement car au bout de ce billet je tirais mon chapeau à l’un des tout premiers membres de l’A .B.V. Alors comme je ne m’avoue pas vaincu, quite à froisser la modestie de François, je réitère mon propos :

 

« Encore une petite couche à propos des Fils de la Terre link et de votre relative indifférence link Faites comme l’ami François des Ligneris qui a décroché son téléphone pour contacter les producteurs de Cantaveylot pour que leur lait soit présent à l’Envers du décor. Merci François et c’est simple comme un clic www.cantaveylot.fr  Le taulier est têtu et obstiné… » pour gagner leur vie

 

Bien sûr les gars de Cantaveylot prospectent au plus près mais ils sont besoin de vendre 4 Millions de litres de leur lait bleu-blanc-coeur (allez voir sur le site ce que c'est www.bleu-blanc-coeur.com) pour commencer à gagner leur vie et ainsi vivre dans leur vallée du Lot. Le reste de leur lait par pour l'Italie pour faire du Nutella chez Ferrero-Rocher. Il ne s'agit pas de les aider, de leur faire l'aumone mais de faire pression sur les distributeurs du grand Sud-Ouest pour qu'ils référencent leur lait. Alors, par le bouche à oreille ou je ne sais quelle influence des uns et des autres faisons en sorte qu'on ne les oublie pas. Rien n'est pire que le silence qui étouffe les meilleures initiatives. Merci pour eux.

 

J’en ai fini pour aujourd’hui. Longue vie à une A.B.V. qui marque à la culotte les défaitistes !

 

Bonne fin de journée à vous

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 00:09

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L’ANPAA a-t-elle définitivement gagné la partie dans cette affaire ?

 

La réponse est non, l’affaire n’est pas pliée.

 

En effet, la Cour de Cassation juge le droit « la cour d’appel a violé le texte susvisé » l’article L. 3323-4 du code de la santé publique dans sa rédaction issue de la loi n° 2005-157 du 23 février 2005.

 

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 26 février 2010, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Versailles.

 

Mais il faut souligner, pour les petits loups et louves consternés, que la cour d’appel de Versailles n’est pas liée par l’arrêt n° 215 du 23 février 2012 (10-17.887) de la Première chambre civile de la Cour de Cassation.

 

Si celle-ci, comme la Cour d’Appel de Paris, confirme le jugement du 19 décembre 2006 du TGI de Paris 4ième chambre 1ier section, et que son arrêt de renvoi est de nouveau attaqué par les mêmes moyens, le pourvoi sera examiné par l'Assemblée plénière de la Cour de Cassation (le Premier Président plus trois représentants de chaque chambre: le président, le doyen et un conseiller). Après cet arrêt solennel, en cas de nouvelle cassation, la nouvelle cour de renvoi devra s'incliner.

 

Pour mémoire je vous rappelle les considérants de la Cour d’Appel de Paris :

 

« Considérant que, au regard de l’exigence d’une analyse stricte des restrictions apportées, le juge n’a pas a procéder à des distinctions que la loi ne fait pas, tandis que compte tenu des dispositions légales et réglementaires comme des usages professionnels rappelés, la représentation figurative de professionnels appartenant à la filière de l’élaboration, de la distribution et de la commercialisation de vins de Bordeaux comme le caractère avenant, souriant, jeune, en tenue de ville, de personnes ou groupe de personnes, présentant différentes marques de vins en levant le bras en tenant un verre, avec une impression manifeste de plaisir ne peuvent être utilement reprochés dès lors que les autres exigences de la législation et réglementation applicables sont respectés, une telle représentation n’étant pas, par elle-même de nature à inciter à une consommation abusive et excessive d’alcool étant observé que par essence la publicité s’efforce de présenter le produit concerné sous un aspect favorable pour capter la clientèle et non pour l’en détourner.

 

Considérant que de la même manière est vaine l’argumentation, au regard des dispositions de l’article L 115-1 du code de la consommation, comme de la définition donné par l’arrangement de Lisbonne, et des termes de la recommandation du Bureau de Vérification de la Publicité on ne saurait réduire, l’expression <facteurs humains >que visent ces différents textes, aux usages locaux entourant un produit, c’est à dire des usages de production spécifiques d’une région, ce qui revient à limiter les facteurs humains aux seuls aspects de la production et à exclure l’activité de négociation, de distribution et de commercialisation, à méconnaître la transmission d’un savoir-faire personnel entre générations successives qui caractérise les professionnels de la filière du vin, y compris dans le domaine de la distribution »

 

La chronique est ICI link

 

Arrêt n° 215 du 23 février 2012 (10-17.887) - Cour de cassation - Première chambre civile

 

Cassation

 

Demandeur(s) : L’association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA)

Défendeur(s) : Le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) ; et autre

 

Sur le premier moyen :

Vu l’article L. 3323-4 du code de la santé publique dans sa rédaction issue de la loi n° 2005-157 du 23 février 2005 ;

 

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que le 15 avril 2005, puis courant décembre 2005, le Conseil

interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a mis en oeuvre une campagne publicitaire d’affichage ; que soutenant que celle-ci contrevenait aux dispositions de l’article L. 3323-4 du code de la santé publique relatives à la publicité en faveur des boissons alcooliques, l’Association nationale de prévention de l’alcoolisme et addictologie (ANPAA) a assigné le CIBV en interdiction des affiches litigieuses et condamnation au paiement de dommages-intérêts ;

 

Attendu que pour rejeter cette demande, l’arrêt retient que les affiches litigieuses représentent divers professionnels appartenant à la filière de l’élaboration, de la distribution et de la commercialisation de vins de Bordeaux et met en scène des personnes ou des groupes de personnes souriant, jeunes, en tenue de ville, levant le bras en tenant un verre avec une impression manifeste de plaisir et qu’une telle représentation ne peut être utilement reprochée au CIBV dès lors qu’elle n’est pas par elle-même de nature à inciter à une consommation abusive et excessive d’alcool, étant observé que par essence la publicité s’efforce de présenter le produit concerné sous un aspect favorable pour capter la clientèle et non pour l’en détourner ;

 

Qu’en statuant ainsi, alors qu’il résulte de ces constatations que lesdites affiches comportaient des références visuelles étrangères aux seules indications énumérées par l’article L. 3323-4 du code de la santé publique et visaient à promouvoir une image de convivialité associée aux vins de Bordeaux de nature à inciter le consommateur à absorber les produits vantés, la cour d’appel a violé le texte susvisé;

 

PAR CES MOTIFS et sans qu’il y ait lieu de statuer sur le second moyen :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 26 février 2010, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Versailles

 

Président : M. Charruault

Rapporteur : Mme Richard, conseiller référendaire

Avocat général : Mme Falletti

Avocat(s) : SCP Odent et Poulet

 

Sur le fond cet arrêt est étrange car la Chambre Civile de Cassation est lapidaire : elle casse l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris car elle estime les « références visuelles étrangères aux seules indications énumérées par l’article L. 3323-4 du code de la santé publique »

« Promouvoir une image de convivialité associée aux vins de Bordeaux de nature à inciter le consommateur à absorber les produits vantés. »

 

Absorber, quel vilain mot, sous-entendu comme une éponge, le liquide prohibé. Le mot vin n’est pas cité : il ferait tache. Alors la Cour lâche les produits vantés. Si les professionnels du vin présentés sur les affiches contestées – chacun avait fourni une attestation établissant qu’il était bien viticulteur, négociant, maître de chai… – avaient tirés la gueule tout serait allé pour le mieux dans le meilleur des mondes. Très franchement lorsqu’on regarde les affiches les protagonistes sont assez figés dans une pause devant le photographe. Mais, point plus important : par ce type d’argument les hauts magistrats prennent le parti de la prohibition car leur argumentaire fort lapidaire sous-entend qu’une publicité ne doit pas inciter les consommateurs à acheter le produit. Je ne vois pas en quoi lever son verre de vin en souriant incite à une consommation abusive. Je rappelle que nous sommes en l’espèce dans le champ de la Santé Publique et non dans celui d’une morale puritaine. N’oublions jamais que les magistrats restent des hommes imprégnés eux-aussi de leurs préjugés. À nous de gagner la bataille de l’opinion publique pour inverser cette tendance lourde.  

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 16:00

Un de mes lecteurs bien plus éminent juriste que moi m’a fait parvenir sitôt ma dernière chronique l’arrêt du Conseil d’État 3ème et 8ème sous-sections réunies publié au recueil Lebon. Je vous livre 3 des considérants. C’est d’une lecture assez aisée. Si vous souhaitez recevoir l’arrêt dans son intégralité je peux vous le faire parvenir. Nul besoin de faire un commentaire de cet arrêt. Il est d’une clarté absolue comme le démontre le texte en gras. À noter, et c’est très important pour la suite de ce dossier que le Conseil d’État annule le décret pour ce seul motif et « sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de leur requête » Les distances resteront toujours les mêmes en dépit de l’extension de la zone de l’AOC Pomerol. Mon devoir de réserve m’interdit d’aller plus avant mais permettez-moi d'estimer que ce dossier n’a pas été mené avec la sérénité nécessaire. Une bonne médiation vaut mieux qu’un mauvais contentieux.

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Considérant que le décret du 8 décembre 1936 relatif à l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Pomerol, abrogé par le décret attaqué, définissait une aire géographique de récolte et se bornait à préciser, s'agissant de la vinification, qu'elle devait être conforme aux usages locaux ; qu'il ressort des pièces du dossier que de nombreux producteurs de vins bénéficiaires de l'AOC Pomerol procèdent aux opérations de vinification et d'élevage de leurs vins en dehors de l'aire géographique de production, en vertu d'usages anciens et, depuis 1998, d'autorisations délivrées à titre dérogatoire par l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) ; que le cahier des charges homologué par le décret attaqué a utilisé la faculté ouverte par le règlement précité du 14 juillet 2009 pour délimiter une aire de proximité immédiate au sein de laquelle sont autorisés, à titre dérogatoire, la vinification et l'élevage des vins en dehors de l'aire géographique de production ; qu'une telle délimitation doit être justifiée par des critères objectifs et rationnels et n'introduire aucune différence de traitement entre producteurs qui ne corresponde à une différence de situation ou à un motif d'intérêt général en rapport avec les objectifs poursuivis.

 

Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que seules deux parcelles où sont installés des chais, proches de l'aire géographique de l'AOC Pomerol , ont été incluses dans l'aire de proximité immédiate ; qu'ont été en revanche exclues de l'aire de proximité immédiate des parcelles, situées à des distances de l'ordre de 1 à 7 kilomètres de l'aire géographique, sur lesquelles sont situés les chais utilisés de longue date par les requérants pour procéder aux opérations de vinification des raisins qu'ils produisent à l'intérieur de l'aire géographique et à l'élevage des vins issus de ces raisins ; que le cahier des charges prévoit toutefois que les exploitants dont les chais sont implantés en dehors de l'aire de proximité immédiate pourront continuer à vinifier leurs raisins et élever leurs vins en dehors de cette aire jusqu'à la récolte de 2018 incluse pour la vinification et la récolte 2025 incluse pour l'élevage des vins ;

 

Considérant que si le ministre de l'agriculture et l'INAO motivent cette nouvelle délimitation, qui aura pour effet de retirer à des vignerons producteurs de vins bénéficiant depuis des décennies de l'AOC Pomerol la possibilité de procéder à la vinification et à l'élevage de leurs vins en dehors de l'aire géographique, par la nécessité de limiter le transport et la manipulation du vin afin de préserver sa qualité, il ne ressort pas des pièces du dossier que le transport sur les distances mentionnées ci-dessus des grappes de raisins, et non du vin, entre le lieu de la récolte et celui du chais de vinification aurait une incidence sur la qualité du vin produit, alors qu'il est par ailleurs constant que certains exploitants sont amenés à transporter leur vendange à l'intérieur de l'aire géographique de production sur des distances parfois plus longues que celles sur lesquelles les requérants transportent leur récolte ; qu'au regard du seul motif invoqué par le ministre de l'agriculture, les requérants sont fondés à soutenir que la délimitation ainsi retenue de l'aire dite de proximité immédiate induit une différence de traitement entre des exploitants qui bénéficiaient jusque-là pour leur production de vin de l'AOC Pomerol, les uns conservant ce bénéfice parce que leurs chais sont implantés sur les parcelles comprises dans cette zone et les autres se voyant retirer ce bénéfice à terme, et qu'il n'apparaît pas que cette différence de traitement serait en rapport avec les objectifs du cahier des charges ; que, dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de leur requête, les requérants sont fondés à demander l'annulation du décret attaqué homologuant le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Pomerol, en tant qu'il a homologué la délimitation de l'aire de proximité immédiate.

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 00:09

« Il faut remonter au SMS du samedi 14 mars : bashung est mort.

Le b en minuscule, dû à la sobre typographie du numérique et des cristaux liquides. »

Manset est chez des amis, « probablement aux environs de Rochefort, une ville, par sa topographie, sa linéarité, le quadrillage des rues, qui paraissait à ce moment-là le mieux correspondre à une révélation de cette sorte, intemporelle et froide. »

« Quelques fleurs dans un vase. C’était des roses, bien sûr, la chambre et son grand lit de métal »

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61 ans, à 19h42 à l'hôpital Saint-Joseph à Paris, un cancer du poumon terrassait Alain Bashung en chimio depuis septembre 2007. Je passais Bleu Pétrole en boucle. Né le 1er décembre 1947 d'un père qu'il n'a pas connu et d'une mère ouvrière, Bashung avait été envoyé à l'âge d'un an vivre chez sa grand-mère, à Wingersheim, en Alsace.

Bashung était un enfant du rock. Il avait grandi en écoutant Elvis Presley, Gene Vincent ou Buddy Holly et clôturait sa dernière tournée par une reprise de Nights in white satin des Moody Blues. Visionnez la vidéo ci-dessous c’est un adieu.


De Gaby à …

« Dans les années 80, je me suis vraiment éclaté avec mes quatre musiciens. On se prenait pour les Doors ! On faisait un accord, il sonnait tout de suite. J’ai trop longtemps regardé passer les trains, j’aurais dû les prendre plus tôt... Mais une fois dedans, j’étais bien dans mes pompes, j’avais une bonne énergie. »


Bleu pétrole…

« J’avais envie de chanter à nouveau. Pendant l’enregistrement, je pensais à la période de mai 1968. Ne gagner que du fric n’était pas une obsession, on vivait avec nos utopies. On parlait de la paix dans le monde, on y croyait. Puis nous sommes passés au monde du Cac 40. On a perdu de la naïveté, je le regrette. Je crois qu’il est important d’apporter un point de vue sur les événements, pour ne pas entretenir la confusion dans laquelle nous vivons. »


Dans « Tant de nuits », il évoque la haine : « Parce que c’est un sentiment que je ne pratique pas. La haine m’empêche d’avancer. Il m’est arrivé des choses où je me suis dit : “Là, tu devrais haïr”, mais je n’y arrive pas. En général, la vie s’est chargée de régler les comptes des personnes qui m’ont fait des saloperies. La chanson pose quelques questions. L’un décide d’oser dire à l’autre qu’il a trahi et qu’il a haï. Mais qui est responsable ? L’histoire est-elle finie ou va-t-elle reprendre ? Est-ce que l’on est devenu un peu plus adulte entre-temps ?


Alain Bashung habitait dans une riante maison, au bas de Barbès, vers Château Rouge, villa Poissonnière, une allée devenue privée entre la rue Polonceau et celle de la Goutte d’Or, où je suis allé rêver au temps où je me voyais en écrivain. « Une chaumière du passé, toute courte, toute rigolarde, et ses massifs de groseilliers, de tulipes, ses rosiers épineux, ses flutes en petites corolles.. »

Alain s’excusait de ce luxe – bien relatif d’ailleurs – de la possession,  comme une entorse à ses idées « Tu sais, j’ai acheté ça à un moment… maintenant on ne pourrait plus… »


1947, est un bien meilleur millésime que la mien 48, cette année l’une des années les plus chaudes du XXe siècle, « s’inscrivant dans un cycle d’années sèches (1945, 1946, 1947 et 1949). Le souvenir qui en reste aujourd’hui est pourtant celui d’un millésime de légende.

Rarement le ciel s’était montré plus favorable : du début avril à la fin octobre, la France ne connut que la chaleur, caniculaire à partir de juin. Rappelant celle qu’avait subie le pays deux ans plus tôt, la sécheresse fut particulièrement pénible pour la population qui dut faire face à des restrictions d’eau. Pour la vigne, elle constitua en revanche une véritable bénédiction.

Certes, dans un premier temps la situation ne parut pas extraordinaire. Une petite pluie de juin contraria la floraison, entraînant une diminution du volume de la récolte et une concentration des substances dans les baies. En été, les orages relancèrent la végétation qui commençait à souffrir cruellement de la sécheresse. Au bout du compte, le beau temps entrecoupé de quelques pluies au bon moment permit d’obtenir une maturité inégalée.

En Champagne, les vendanges commencèrent le 5 septembre. Il fallait remonter à 1893 pour avoir une date aussi précoce.

En Bourgogne, ce millésime fabuleux fut à l’origine de vins puissants. Depuis 1865, on n’avait pas récolté des raisins aussi riches en sucre.

Les bordeaux rouges comme les vins du Rhône furent de la même veine. Complets et charpentés, les premiers ont valu à l’année d’être souvent présentée comme l’un des millésimes du siècle. Beaucoup sont toujours à l’apogée et certains n’ont pas encore épuisé toutes leurs réserves.

Malheureusement, il est aujourd’hui très difficile de se procurer ce millésime. Qui ne rêve pourtant de savourer un grand sauternes de 1947 à la teinte jaune brunâtre et aux arômes de fruits confits ? Sans parler d’un Cheval Blanc du même millésime, aussi mythique aujourd’hui que les Yquem 1921, Mouton-Rothschild 1945, Latour 1961 ou Petrus 1982. »

 

Ce sont les meilleurs qui partent les premiers. Salut Alain mon frère, j’irai même un de ces 4 manger des huîtres au Wepler place de Clichy. « Le taxi emmenait là-bas, le Wepler… un peu de citron, la similigrimace de connivence et puis les larges mains comme des araignées de mer qui allaient se poser vers le méplat de quelques serviettes pliée ou dépliée… du pain et la pichenette de beurre… »

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 16:00

Cacher ma grande et jubilatoire satisfaction serait de ma part faire preuve d’une hypocrisie de vieux chanoine rongeant son frein face à l’arrogance des prélats. J’exulte, oui ! Pour l’heure, comme  je n’ai pas sous les yeux les attendus de l’arrêt du Conseil d’État je ne vais pas me livrer à ce qui était mon exercice favori lorsque j’étais étudiant en Droit au temps d’Yves Prats le frère de Bruno et l’oncle de Jean-Guillaume de Cos d’Estournel (tout me prédestinait à tomber dans le tonneau de Bordeaux) le commentaire d’arrêt. Oui j’étais le Paganini du commentaire d’arrêt (oh les chevilles, oh les chevilles…)

 

Que voulez-vous lorsque je me penchais sur mon clavier en juillet 2009, encore jeune et fringant, pour mettre mes gros sabots crottés dans le beau terroir de l’ODG de Pomerol link pour m’étonner que 35 viticulteurs, ayant des vignes sur l’aire de l’appellation Pomerol, mais pas de chais, seraient privé de leur droit de vinifier du Pomerol. Je ne vais pas revenir sur le fond, il en sera toujours temps puisque le feuilleton, comme toujours en notre beau pays, aura une suite puisque, sentant l’odeur du roussi, un second décret fut pondu par les éminences juridiques de nos appellations afin de rectifier certaines anomalies historiques.

 

Bref, l’argument« j’aime tant mon grand terroir de Pomerol que je le protège des petits prédateurs… » si beau, si saint-sulpicien, si je me fous de la gueule du monde pour jeter un voile pudique sur mes arrangements avec le ciel, tient la route comme ces belles voitures anglaises dont on disait que rien ne les arrêtaient même pas leurs freins… » Tout ça sent le crottin de cheval, de pur-sang bien sûr ! Les hippodromes en France ont depuis quelques temps d’étranges destinées mais que voulez-vous sans doute fallait-il enrichir l’aire de Pomerol d’une zone de proximité au prestige reconnu par les turfistes du cru.

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Libourne : sous les sabots, la vigne : Des pieds de merlot pousseront sur l'empreinte des chevaux, à la place de l'hippodrome de Cantereau. Mercredi 26 janvier 2011 Sud-Ouest

 

J’arrête là mes railleries de petit chroniqueur qui adorait la rigueur du droit administratif à la française. Pendant des années « Les Grands Arrêts du Conseil d’État » fut mon livre de chevet. Que voulez-vous l’arrêt Blanco du 8 février 1873, l’arrêt Compagnie nouvelle du gaz de Deville-lès-Rouen du 10 janvier 1902, l’arrêt Syndicat des patrons coiffeurs de Limoges du 28 décembre 1906, l’arrêt Société des granits porphyroïdes des Vosges du 31 juillet 1912, l’arrêt Compagnie générale d'éclairage de Bordeaux du 30 mars 1916 me procuraient une forme d’extase et le fameux arrêt Barel du 28 mai 1958 sur le principe de l'égalité d'accès aux fonctions et emplois publics.« L'administration ne saurait, sans méconnaître ce principe, écarter un candidat en se fondant exclusivement sur ses opinions politiques » l’épectase.

 

J’appelle de mes vœux de juriste – même si on ne me donne pas du Docteur – un grand arrêt des sans chais de Pomerol pour que je puisse raconter à mes petits-enfants : Martin, Zoé et Juliette que leur papy impénitent chroniqueur avait tiré dans les premiers sur ce déni de justice qu’était ce premier décret…

 

La suite au prochain numéro…

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 00:09

Dans ma Vendée natale, l’art d’accommoder les restes du cochon s’illustre avec la fressure. C’est très beurk comme frichti, pas très ragoutant à voir faire c’est sûr et, c’est pire encore, lorsque la fressure chaude arrive sur la table dans un tarrasson. Sans vouloir vous asirer, vous dégouter quoi, ça a un petit côté marronnasse qui peut évoquer des matières moins goûteuses. Et pourtant, pour en avoir mangé lorsqu’on cuisinait le goret au Bourg-Pailler, c’est bon. Bien sûr ça tient au corps, ce n’est pas de la cuisine raffinée pour chef étoilé mais du fricot pour paysan.  rando-de-la-fressure-2008-006.jpg

Dans la fressure y’a de la tête de cochon, des abats de cochon : poumons, foie, rate, cœur, couenne… dans mon souvenir : tout ce qui restait après avoir cuisiné le goret. Mais, comme dans le boudin, y’a du sang de cochon et c’est là que je veux en venir : au sang. Dans ma jeunesse, le sang, celui que je voyais le plus souvent épandre, était celui des volailles et des lapins. Dans sa préface au petit opus Le Sang aux éditions de l’Epure, Francis Ricard, un toulousain, écrit « Mon arrière-grand-mère portait toujours un tablier sombre. Elle étouffait les pintades. Elle les pendait à une poignée de porte ou elles s’étranglaient dans un battement d’ailes. Elle étouffait les pigeons, un dans chacune de ses mains paysannes. Mais elle saignait les poulets et les lapins. Le sang coulait, généreux, puis finissait par goutter dans l’assiette en fer ; toujours la même. J’observais les bulles qui se formaient et l’irisation de ce liquide noirâtre. Je supposais qu’il était chaud mais j’ai toujours répugné à y tremper un doigt. »

 

Chez moi  c’est la mémé Marie qui tuait, on disait bien tuer, les volailles et les lapins. Elle le faisait simplement, normalement, car pour manger le poulet ou le lapin il fallait bien le tuer. J’ai donc vu couler leur sang dans une petite assiette en fer et je n’ai jamais trouvé cela sanguinaire. C’était la vie, le cycle normal de la prédation alimentaire. La mise à mort du cochon était une affaire d’hommes et beaucoup plus spectaculaire car l’animal braillait et se débattait lorsqu’on le conduisait au sacrifice. Mais là aussi aucune barbarie, aucune méchanceté, on se contentait de tuer le goret au petit matin. Pour les poulets comme pour le goret il y avait après le sacrifice les odeurs du grill et je n’ai jamais aimé ce parfum de crématoire. De nos jours tout cela est externalisé, dérobé à nos yeux, caché, occulté, confié à des professionnels, l’animal apparaît sous sa forme hygiénique sans aucune trace de sa mise à mort. Ainsi le vrai sang disparaît de notre quotidien pour laisser la place au sang humain virtuel qui éclabousse les jeux de nos enfants ou les écrans de télé et de cinéma. Tuer des animaux est un signe de notre barbarie alors que la mort donnée par les armes modernes ou même les plus sommaires fait partie d’une forme ultime du fait divers ou de la guerre lointaine. L’émotion est là, fugace, répétitive, brève. Comme nous n’assumons plus la réalité, il faut tout aseptiser afin que nous puission supporter les images.

 

Trouver de la fressure chez un charcutier parisien relèverait du même challenge que de se procurer un camembert au lait cru à Little Rock en Arkansas et je pense que, même en Vendée, ce doit être bien difficile d’en trouver. Si vous en dégotez elle se présentera dans un état solide. Réchauffée, elle se délitera, prendra l’apparence d’une «soupe» épaisse rouge tirant sur le noir. Je n’ai donc pas consommé de la fressure depuis mes années vendéennes. Ce que j’aimais, bien plus que la mixture, c’était la préparation qui mobilisait presque toute une journée. D’abord le grand chaudron où dans de l’eau on plongeait la tête du cochon, on ajoutait les épices, les carottes coupées en grosses rondelles, les oignons piqués de clous de girofle, le cœur mais pas les autres abats qui eux seront rajoutés sur la fin. Sous le chaudron un bon feu de bois portait le bouillon à ébullition. Puis, on  se contentait de la braise pour cuire le tout à feu doux, en remuant de temps en temps, pendant au moins trois heures et quand la viande commence à se détacher des os on ajoutait les abats coupés en gros morceaux. Tout ça mijotait encore une heure puis on récupérait avec une grande écumoire le solide et il fallait, sur une toile cirée, séparer les os et le cartilage de la viande. Du temps, toujours du temps, et quand le tri était terminé on hachait le tout : viande, abats, oignons, légumes.

 

Venait alors l’adjonction du sang, louche à louche, dans le hachis qui a été replacé dans le chaudron. C’est là qu’intervenait le « bâton à fressure » avec lequel on touillait la préparation pendant qu’elle prenait corps pour qu’elle ne prenne pas au fond. Attention, il ne fallait pas que ça bout sinon le sang aurait coagulé. Je ne sais plus mais je crois qu’on rajoutait des tranches de pain de quatre livres rassis. Tout ça durait une bonne heure. Alors la fressure était prête. On la laissait reposer pour ne la consommer que le lendemain réchauffée.

Je vous propose une vidéo sur la Fête de la fressure à Saint Georges de Montaigu dans le haut-bocage vendéen C’était en 1992. Vous y remarquerez, dans une atmosphère de cuisine du diable pleine de vapeurs infernales, que ce sont les hommes qui sont aux manettes, qu’ils ont une bonne descente. Ce qui me fait une très bonne transition avec le Gros Plant qui, en Vendée, s’étend sur 4 communes : Cugand, Rocheservière, Saint-Étienne-du-Bois et Saint-Philbert-de-Bouaine qui n’est séparé de Saint Georges de Montaigu que par Vieillevigne où je crois, il n’y a pas de vignes.

 

EARL VIGNOBLE EPIARD

DSC00330_2_1_2327266468.JPG 

LA PIERRE BLANCHE

85660 ST PHILBERT DE BOUAINE

Téléphone(s) : 0251419342

Adresse email : vignoble-epiard@orange  

 

GROS PLANT SUR LIE :

Millésime 2011 : Médaille d’Argent au Concours Général de Paris

Millésime 2010 : 1ere médaille d’Or au Concours des Vins de Nantes.

Millésime 2009 : Médaille de BRONZE au Concours Des Vignerons Indépendants (macaron sur la bouteille)

Millésime 2008 : Médaille d’argent au Grand Concours Général de Paris.

Millésime 2008 : sélection dans le Guide Hachette.

Enfin, je ne puis m’empêcher en évoquant ce bout de Vendée d’avoir une pensée pour Gaston Chaissac qui y a habité de nombreuses années «  Je suis  le cordonnier de Boulogne-en-Vendée qui peint avec sa vis inutile de sa forme à  forcer qui poussiéreuse be sert à rien. Eh bien elle a servi quand même pour une fois. A Boulogne-en-Vendée au bord de la Boulogne qui est la Volga du lac de Grandlieu on se permet d’avoir un cordonnier in-partibus et les outils poussiéreux de ce cordonnier-là reposent.


Fête de la fressure 1992 par comitedespalauds

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 00:09

l-eloge-du-vin-011.JPGLe taulier est un homme heureux car il habite un quartier, indemne des boutiques de nippes et de fripes, où le commerce de proximité garde une vraie densité avec, qui plus est, de bons artisans de bouche. Le bas du treizième, le morceau de la rue de Tolbiac qui jouxte le quatorzième, au-dessous de la Butte aux Cailles, garde le doux fumet du populo. Moi j’y vais à vélo. Vous connaissez déjà mon fournisseur exclusif de museau, la charcuterie Pellé, link mais, comme dans ce quartier les moindres désirsdu taulier sont satisfaits illico presto, je vais vous conter une histoire vécue. Rappelez-vous, récemment, je regrettais la quasi-disparition de la vente de vins à la tireuse et bien qu’ai-je trouvé à quelques pas de mon charcutier ? Un petit caviste (je dis petit non par condescendance mais parce que la boutique est du genre timbre-poste) affichait tout en haut de sa vitrine « Vin à la tireuse … (75cl) Apportez votre bouteille ! »l-eloge-du-vin-002.JPGLe problème c’est que, comme je ne fais pas mes courses avec une bouteille vide dans mon cabas, je ne pus dans la minute assouvir mon désir de vin à la tireuse. Je rentrai donc dans mon neuvième étage tout en me disant que c’était bien joli d’apporter sa bouteille à remplir chez le caviste mais comment la boucherais-je hermétiquement ? Avoir recours à un vieux bouchon issu d’une autre boutanche me semblait une solution peu fiable car le risque était grand de voir mon vin tiré s’épandre goutte à goutte sur la chaussée du retour. Comme je suis un homme de décision très vite je trouvai la solution : il me fallait faire l’acquisition d’une bouteille à système (style bouteille de limonade) Où allais-je trouver ce type de bouteille ? Soit j’achetais une bouteille de limonade et je déversais son contenu dans le caniveau pour qu’elle fût vide ; soit j’achetais une bouteille vide. Mais où ? À Paris, là où on trouve tout c’est dans les drogueries tenues par des étrangers un peu basanés, vous savez ces gens qui viennent voler le pain dans la bouche des bons français. Bonne pioche, sur mon chemin rue de la Glacière je fis l’emplette d’une bouteille à système pour la somme de 2,90€.

l-eloge-du-vin-001.JPGContent d’avoir trouvé mon contenant, même si le joint au lieu d’être en caoutchouc était en plastique, je poussé l’huis de « l’éloge du vin » Le caviste, un jeune homme avenant faisait déguster un Menetou-Salon à un client. Il s’enquit de mes attentes. Je lui répondis que je souhaitais qu’il rinçât ma bouteille neuve. Ce qu’il fit. Restait à choisir le nectar : « un Ventoux rouge » dis-je. Le jeune homme n’en avait plus car il n’en était pas satisfait. Alors je me repliais sur le Vin de Pays du Gard rouge. Emplissage, vérification de l’étanchéité, et le tour était joué. Je fouinai dans la boutique pour dégoter quelques quilles originales qui sont la signature du bon caviste. Quelques photos puis je payais et je m’en retournais après avoir salué la compagnie.

 

De retour en mon étage élevé qui si sied aux âmes légères j’entrepris, vite fait pas très bien fait, de concocter une étiquette pour mon flacon de vin tiré. Comme vous le savez « quand le vin est tiré, il faut le boire ». Un petit coup d’imprimante, découpage, collage (de guingois bien sûr) et « photographiage » : content le taulier, il ne lui restait plus qu’à chroniquer. Ce qui est maintenant fait.

l-eloge-du-vin-004.JPG 

l-eloge-du-vin-007.JPG

Fort bien me direz-vous mais ce vin de pays du Gard issu d’une cave coopérative que vaut-il ? 2 euros 20 plus l’amortissement de la bouteille, je plaisante bien sûr : il fut sympatoche avec ma saucisse de Morteau aux lentilles vertes du Puy. Pas crâneur le petit gars, à boire dans un petit verre comme au temps de mon grand-père au cul de la barrique par gorgeons bien lampés. Ça coule et ça désoiffe. Pas de problème pour reboucher la bouteille : faudrait peut-être proposer ça au trou du cul étoilé de Sète le Mont saint Clair, très prout-prout ma chère, qu’aime pas les vices, pardon les bouchons à vis, de Luc Charlier et qui sait même pas ce qu’est un vin rosé. Y’a des coups de pied au cul qui se perdent. Le dénommé Jean-Luc doit sans doute être tout juste bon à ramasser les herbes dans le jardin potager.

 

Pour finir, je vous propose de lire un courrier que j’ai reçu, pour soutenir ma croisade du vin au verre de qualité dans les restaurants :

 

Bonjour Monsieur BERTHOMEAU,

 

Ravi d’être « tombé » par hasard sur votre feuille.

En effet, depuis près de 2 ans existe un nouveau conditionnement qui garde le vin bien mieux qu’en bouteille ou bag-in-box : le KeyKeg.

Et les Italiens l’utilisent facilement : que ce soit Montelvini ou Castellargo et bien d’autres.

En France, cela commence. Les premiers à l’utiliser sont des vignerons qui font du vin « naturel ».

Le KeyKeg est une bonbonne de 20 L ou 30 L en PET avec une poche étanche à l’intérieur.

La bonbonne est remplie d’air sous 2 bars de pression. La poche est repliée sur elle-même et est fabriquée dans une salle en surpression.

Donc très propre.

Lorsqu’on remplit la poche qui est directement reliée à la cuve dans laquelle il y a le vin, l’air de la bonbonne s’échappe. La poche gonfle.

Quand il n’y a plus d’air dans la bonbonne, la poche est pleine. Il n’y a jamais eu contact entre le vin et l’oxygène. Lorsque la poche est désaccouplée de la cuve, la valve spéciale de la poche se ferme. Tout est donc bien étanche.

Pour « tirer » le vin, il suffit de réinjecter de l’air dans la bonbonne : la poche est alors comprimée et le vin sort tout seul.

Comme la poche est vraiment étanche aux gaz, le vin n’est pas en contact avec l’air et peut se conserver plusieurs semaines. Que ce soit du pétillant comme le procecco ou du vin tranquille.

Pas besoin d’ajouter des conservateurs.

Pour injecter l’air dans la bonbonne un petit compresseur suffit. Mais il existe une petite tireuse avec compresseur et refroidisseur intégrés.

Cela permet de mettre le vin tiré à la température souhaitée, quel que soit la température extérieure : le rouge à 18°C, le rosé à 12°C, le blanc à 9°C.

Ci-joint quelque documentation sur le KeyKeg et la tireuse.

Si vous allez à Vinisud à Montpellier, je serai ravi de vous « tirer » un très bon vin du Domaine de Massereau. Il y aura aussi un autre vin, mais chut... secret.

Nous serons dans le Hall 7, Allée C, stand 96.

A bientôt j’espère.

Cordiales Salutations

Loïc COUAILLIER

Sté Mat-in  http://mat-in.over-blog.com

Matériel et accessoires pour Lignes de Conditionnement et d'Embouteillage

Tél fixe : +33 951 04 10 99

Tél Mobile : +33 6 710 711 03

Email :  mat.in@free.fr

16, Av. Salomon

F - 59000 LILLE

Bien évidemment je n’ai pas la moindre idée de ce que vaut ce procédé et je ne touche bien sûr aucunes royalties. Si ça peut intéresser certains lecteurs www.Keykeg.com

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 07:00

Lucia et moi il nous fallait vite rentrer au bercail où, sans nul doute, nous allions être soumis à la question par nos colocataires qui ne badinaient pas avec une étrange discipline qui se voulait militaire mais qui relevait bien plus d’un début de paranoïa et de soupçon qui allait s’amplifier au fur et à mesure de la répression policière. Comme toujours dans les situations délicates ce sont les femmes qui savent prendre les décisions les plus pertinentes et surtout les plus pragmatiques. Nous allions rentrer ensemble en assumant ouvertement un statut de nouveaux amants qui désarmeraient nos compagnons de chambrée. La belle italienne succombant au charme irrésistible du français fraîchement débarqué ça ne souffrait d’aucun commentaire désobligeant ni de demandes d’explication. À l’extrême limite la durée de notre escapade pouvait nous être reprochée. Il n’en fut rien mais Lucia, toujours elle, avait préparé une réponse cinglante « avec lui au moins je n’ai pas vu le temps passer » qui aurait profondément blessé l’orgueil des mâles italiens. Ce fut un grand silence qui nous accueillit et Lucia s’empressa de gagner la cuisine pour préparer le repas. Moi j’avais décidé de garder la chambre quelques jours pour me mettre les idées en place et je laissai à ma nouvelle compagne officielle le soin de l’annoncer et de me nourrir. Sur le plateau qu’elle m’apporta elle avait déposé un livre à la couverture fripée : KAPUTT de Malaparte. « Si tu veux commencer à nous comprendre, lis ce livre d’une seule traite ! Rien n’est simple en Italie… »

malaparte.jpg

J’avais lu de lui Technique du coup d’Etat publié en français en 1931 par Grasset qui m’avait intéressé car il était à cheval entre plusieurs genres, l’histoire, le pamphlet, la narration et la psychologie des masses de Gustave Le Bon et Gorges Sorel. Touffu et ambitieux il n’était pas à la hauteur du Prince de Machiavel mais il ma captiva. Bon titre, accrocheur, style alerte, formules-choc, analyse lucide, il avait tout pour plaire à un apprenti révolutionnaire. Ne disait-on pas qu’il  fut le livre de chevet de Che Guevara et de sa femme ou que le coup d’Etat des colonels grecs en 1967 s’en était inspiré. « L’erreur des démocraties parlementaires, c’est leur excessive confiance dans les conquêtes de la liberté, alors que rien n’est plus fragile dans l’Europe moderne. » Ce livre restait très moderne car il  dressait un tableau très actuel du parcours qui conduit, »l’homme nouveau », à s’emparer du  pouvoir. Peu importait qu’il soit de gauche comme Trotski ou Staline ou de droite comme Primo de Rivera ou le polonais Pilsudski ou Mussolini. Malaparte reprend la leçon de « l’intelligent » Lénine qui sait que l’idéologie est moins importante que la  réalisation efficace d’un coup d’Etat. Le Tout-Paris s’arracha le livre et TROTSKI  lui fit l’honneur de l’attaquer de plein fouet dans un discours à Copenhague le 7 novembre 1932 à l’occasion du quinzième anniversaire de la révolution d’Octobre.

 

« L’écrivain italien Malaparte, quelque chose comme un  théoricien fasciste, a récemment lancé un livre sur la technique du coup d’Etat. L’auteur consacre bien entendu des pages non négligeables de son « investigation » à la révolution d’Octobre. A la différence de la « stratégie » de Lénine, qui reste liée aux rapports sociaux et politiques de la Russie de 1917, « la tactique de Trotski n’est – selon les termes de Malaparte – au contraire nullement liée aux conditions générales du pays ». Telle est l’idée principale de l’ouvrage ! L’auteur oblige Lénine et Trotski à conduire de nombreux dialogues dans lesquels les interlocuteurs font tous deux montre d’aussi peu de profondeur d’esprit que la nature en a mis à la disposition de Malaparte. Il est difficile de croire qu’un tel livre soit traduit en diverses langues et accueilli sérieusement (…) Le dialogue entre Lénine et Trotski présenté par l’écrivain fasciste est dans l’esprit comme dans la forme une invention inepte du commencement jusqu’à la fin. » On peut comprendre l’ire du père Léon, qui jouait alors toutes ses cartes contre Joseph Staline pour capter l’héritage du grand Vladimir Ilitch, d’être présenté comme un usurpateur alors qu’il se voulait le disciple le plus fidèle de Lénine. Malaparte, bien longtemps après l’assassinat par de Léon Davidovitch par Ramon Mercader au Mexique, taillera au révolutionnaire russe une fulminante nécrologie qui se terminait au vitriol « On peut dire de lui ce qu’on peut dire de tant d’autres hommes d’action : c’était un écrivain raté. »

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 00:09

Même si je ne suis pas très friand des cérémonies officielles de remises de trophées par les professionnels de la profession à leurs pairs méritants je reconnais que voir Catherine Ringer sacrée artiste-interprète féminine de l'année aux dernières Victoires de la musique me fait grand plaisir et a visiblement fait plaisir à l’intéressée trop souvent oubliée par l’establishment parisien. Emue, la chanteuse a confié être « vraiment très heureuse de compter encore pour vous, d'être utile » et ses premiers remerciements sont allés à Fred Chichin son compagnon décédé fin 2007 à l'âge de 53 ans d'un cancer fulgurant « qui m'a tellement aidé et appris de choses ».

 

C’est une voix singulière que celle de Catherine Ringer, un concentré d’énergie, une vraie bête de scène. Femme courage qui a décidé de poursuivre seule l'aventure musicale entamée avec les Rita Mitsouko pour surmonter la douleur de la disparition de Fred Chichin. Son premier opus en solo « Ring n'rol » sur lequel plane l’ombre bienveillante, de Fred est un bouleversant hymne à la vie et à l'amour.

 

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