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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:00

Oui je suis un Vieux Con de la pire espèce, la fière ! La très à l’aise dans ses pompes, qui ne se laisse pas démonter, celle qui l’affirme avec hauteur à la face de ceux qui passent leur temps à nous faire accroire qu’ils sont à la nôtre. « La vulgarité des élites, c'est un peu comme le porno chic, un effet de mode… » Jean-Louis Missika dans le Monde. « C'est un signe des temps. Le vocabulaire s'appauvrit, la syntaxe se relâche, l'excès de langage devient banal. »

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Oui ce soir j’ai décidé de l’assumer en prenant la tête de l’escadrille des Vieux Cons qui préfèrent la prétendue vulgarité de Coluche et de Desproges à celle qui flotte dans l’air en ce moment. Ainsi je survolerai la poignée de jeunes cons sponsorisés qui se baladaient, samedi après-midi, tout près de l’Hôtel de ville, dans les embouteillages, juchés sur la plate-forme d’un autobus à impériale, qui agitaient des drapeaux tricolores pour le compte d’un candidat. Plus cons qu’eux : ceux qui ont imaginé et payé ce moyen de propagande !



Place à Coluche - Le Belge et Le CRS Arabe et à Pierre Desproges Les Juifs


 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 00:09

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Je l’ai assez seriné : je suis allergique aux appariements obligés mais je dois avouer que je fus fort troublé l’autre jour à un déjeuner lorsqu’un vin a décidé de s’apparier à la couleur de mon écharpe et de mon pull du jour. Là, je sens que vous allez m’accuser de grand n’importe quoi et vous n’auriez pas tort si vous vous contentiez d’interrompre à ce stade la lecture de cette chronique.

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Oui, je sais j’insupporte les minimalistes black-white avec mes pulls aux couleurs pétantes et mes cheches assortis. Y fait tout pour se faire remarquer le taulier. Non c’est faux j’aime les couleurs et je les apparie avec mon humeur du jour. Se vêtir c’est choisir sa peau du matin, on peut même en changer au cours de la journée, alors je ne vois pas au nom de quoi je devrais me fondre dans le gris majoritaire de la muraille. Pour autant j’adore la chaleur d’un beau gris flanelle. Nulle provocation, aucune agression, j’assume mes choix. Ça toujours été ainsi, en mai 81 alors que la vague rose déferlait sur la France, que certains croyaient déjà entendre le bruit des chenilles des chars sur les pavés de la Concorde, j’arborais dans les travées du palais Bourbon un nœud papillon sur des chemises anglaises à carreaux. De même lors d’un Vinisud post-rapport mon pull fuchsia mit mes amis de « Sans Interdit » en joie tout en faisant l’effet de raisins verts sur mes plus ardents détracteurs. Jamais je n’affiche ainsi ma couleur puisque je suis un caméléon.

 

Apparier c’est Assortir par paires, par couples, joindre des choses qui se conviennent, qui sont faites pour aller ensemble. Apparier des chevaux de trait, des bœufs. Apparier ses chaussettes. Accoupler le mâle avec la femelle de certains oiseaux.

 

Plan de la situation : je me rends à une invitation, via Magali Touratier, qui est une AP qui ne vous prend pas la tête, à un déjeuner de presse, au Royal Montceau, pour une présentation des Vins d’Alsace de Paul&Philippe Zinck. www.zinck.fr  Sur place la tablée est 100% féminine, ça dézingue dur sur les mœurs de la place de Paris. Moi, comme je rentrais de Montpellier – levé très tôt – où j’avais prêché à Vino Latino et joué une troisième mi-temps fameuse, mon radar tournait dans ce nid de guêpes et me protégeait des piqures. Nos hôtes, Pascale et Philippe Zinck, un jeune couple discret et délicieux, tentait d’en placer une, Philippe surtout. Il le fit avec une tranquille assurance, le sourire et une conviction dépourvue d’ostentation.

 

Le millésime 2011 est le premier 100% bio du domaine Zinck. «  Toutes nos vignes sont aujourd’hui cultivées en bio… nous explique Philippe… Du côté des performances obtenues en biodynamie, elles ont été très convaincantes tant du point de vue du comportement de la vigne que du résultat qualitatif sur le vin. Les vins semblent exprimer plus d’authenticité et de minéralité… Il ajoute que travailler en biodynamie… implique un travail précis et très structuré. Une mauvaise gestion de la vigne en culture biodynamique serait fortement préjudiciable. » Que voilà un garçon sage et intelligent qui n’entre pas en religion mais, pas à pas, adapte son travail de vigneron à ses observations. Bref, il me plaît bien ce Philippe Zinck !

 

Les dames bourdonnaient alors que d’autres ne s’étaient même pas donnée la peine de s’excuser (c’est ainsi à Paris, la politesse ne fait pas parti du logiciel de certaines ou de certains. Tout leur est dû).  Par bonheur, nous étions doté d’un garçon compétent, qui avait apparié les vins Zinck avec le miam élaboré par le chef Laurent André, Manuel Peyrondet Meilleur Sommelier de France 2008 et MOF Sommellerie 2011. Le rêve pour le Taulier : il ne lui restait qu’à écouter et bien sûr à manger et déguster. Ce qu’il fit, en plaçant de temps à autres quelques saillies de son cru afin de montrer à l’essaim que sa verve légendaire restait vive. Voici la transcription des notes de dégustation de Manuel Peyrondet sur ce que nous bûmes au cours de ce déjeuner.

 

Apéritif : Pinot Blanc Terroir 2010 Alsace 7,50€

 

Robe : très lumineuse, d’un ton jaune pâle, et brillante ;

Nez : séduisant et équilibré. Nez franc, pur et salin sur des notes d’agrumes confits, de mirabelle et de poire juteuse.

Bouche : attaque en demi-corps d’une grande fraîcheur. Tension acidulée avec des notes d’écorce de pamplemousse.

Finale : belle finale saline, persistance minérale aromatique.

 

Tartare de veau morilles à l’étuvée, oignons confits, pistou d’herbes, glace à l’huile d’olive extra-vierge, baba au thym comme une bruschetta

Pinot Gris Terroir 2010 Alsace 10€

 

Robe : ton jaune paille aux reflets brillants

Nez : franc avec beaucoup de relief et une grande pureté. S’ouvre sur des touches de fruits du verger, d’écorce d’agrumes avec une note saline. Se développe ensuite sur des touches de poivre blanc, de fleurs blanches et des notes de céréales.

Bouche : belle vivacité sur des notes de poivre blanc, de fleurs blanches et des notes de céréales.

Finale : légère et digeste au gré d’une finale saline et acidulée.

 

Le Saint-Pierre en filet brodé d’épices nacré au sautoir Epeautre onctueux, légumes d’un tajine

Gewurztraminer Grand Cru Goldert 2009 15€

 

Robe : brillante et limpide de ton jaune doré aux reflets d’or

Nez : intenses notes de rose et de loukoum. L’aération livre des touches de pêches et de poires pochées rejointes par un végétal fin nuancée des notes exotiques de mangue.

Bouche : attaque en douceur avec un velouté suave. Le cépage s’exprime pleinement avec la rose, une pointe de menthol et de sous-bois et évolue au gré d’une acidité fine et une note intense de bergamote.

Finale : belle persistance sur des notes de rose ancienne.

 

Minestrone de fraise par Pierre Hermé sorbet citron vert, à la vanille et basilic grand vert   

Crémant Brut rosé  cépage Pinot Noir 10€    .

 

Robe : robe saumonée pâle aux reflets argentés. L’effervescence riche au service s’affine dans le verre.

Nez : puissant et intense, il délivre des arômes de fruits à noyaux, de groseille et d’écorce d’orange. L’aération propose ensuite une pointe mentholée qui rafraîchit l’ensemble.

Bouche : tempérament vineux, trame ouatée onctueuse et des notes gourmandes de cerise à l’eau-de-vie.

Finale : chaleureuse rejointe par des notes mentholées et d’agrumes.     

 

J’entends déjà pleuvoir les critiques : si c’est pour retranscrire les notes de Manuel Peyrondet franchement ce n’est pas la peine d’aller au déjeuner-dégustation ! Je veux bien vous l’accorder mais je trouve que vous êtes injuste avec moi car j’aurais pu broder sur les notes de MP, faire comme-ci c’était bibi qui les avait écrites. Et bien non, je vous fais bénéficier gratuitement de ces notes et sans y mettre mon grain de sel. Je suis ici un strict véhicule et, sans être mauvaise langue comme mes douces consœurs d’occasion, je pense que ce genre de sport doit se pratiquer allégrement.

 

Mais, en rester là serait discourtois à l’égard de mes hôtes. En effet, je me dois de dire, à ma manière, que j’ai beaucoup apprécié le Pinot Blanc Terroir 2010 qui, en apéritif est d’une belle élégance simple et rafraîchissante. Mais ce qui m’a le plus plu c’est le Gewurztraminer Grand Cru Goldert 2009 qui, sur le filet de saint-Pierre, était d’une belle tenue et se mariait excellemment. Enfin, et c’est sous ma plume c’est un réel compliment : les plats, en dépit de leur nom à rallonge, amenaient une belle satiété et les vins choisis ne provoquèrent aucune fausse note à ce plaisir, bien au contraire ils tinrent leur rang d’accompagnateur et surtout, de ce doit d’être un vin au cours d’un bon repas, un exhausteur de goût qui redonne à la bouche l’envie du solide, comme une belle alternance roborative. Reste un point capital, les vins du Domaine Zinck sont très abordables.

 

Comme je suis d’une futilité exaspérante je souligne que je trouve les étiquettes des vins du domaine Zinck très belles, très fraîches, juvéniles et élégantes comme le couple Pascale et Philippe Zinck. Merci à eux, je leur souhaite de continuer de tracer leur route ainsi, simplement, avec leur tranquille assurance. Pour la chute de cette chronique j’ai bien sûr gardé l’accord Vin du domaine Zinck avec l’écharpe et le pull du Taulier : il s’agit d’un Crémant Brut Blanc cépage Pinot Noir, Chardonnay, Pinot Blanc. 9€.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 13:11

Ne voyez aucune malice en la date proposée – d’ailleurs, qui se souvient du 10 mai ? – ce n’est qu’une fantaisie du calendrier. En effet, chaque mois, un jeudi, le restaurant Divinamente Italiano organise une soirée : le jeudivins où le chef Matteo Oggioni  propose de découvrir les spécialités culinaires d’une région italienne en les accordants avec des vins du cru.

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Le jeudi 10 mai donc, c’est le Lazio qui est à l’honneur avec les vins du domaine Piana Dei Castelli, à Velletri au sud-est de Rome auxquels j’ai consacré une chronique link

 

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L’ambition des deux  jeunes fondatrices de Divinamente Italiano: Inès la sicilienne et Raffaella la sommelière est, comme leur enseigne le dit si joliment, de faire déguster des vins qui sauront parfaitement mettre en valeur la qualité des recettes italiennes préparées par leur soins. Mais, plus encore, et ça ne peut que toucher une corde sensible chez vous, chers lecteurs, c’est l’identité et la diversité des terroirs d’Italie qu’elles veulent exprimer au travers de la cuisine et des vins qu’elles proposent aux parisiens.

 

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L’Italie c’est aussi mon pays. Comme Jean Cocteau j’aime à dire que « Les italiens sont des français de bonne humeur » et que nous devrions apprendre à mieux nous connaître afin de sortir de nos clichés réciproques. Créer des liens, tisser la trame de la convivialité grâce au bien-vivre qui est sans nul doute le dernier refuge du savoir-vivre et échanger. L’art de la conversation s’épanouit souvent autour d’une belle et bonne table. Apprécier l’art de la main, celle de l’artisan, qui magnifie des produits de saison, frais, authentiques tout en déliant les langues et les cœurs par la magie du vin, n’est-ce pas, en ces temps difficiles, un peu de douceur dans ce monde de brute.

 

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Alors mes chers amis, vous comprenez aisément que lorsque mon amie Lucia Ceracchi a évoqué devant moi cette soirée au Divinamente Italiano  je me suis tout de suite dit, dans ma petite Fiat d’intérieur, je me dois d’en avertir mes lecteurs. Donc, chers Bons Vivants, chers lecteurs fidèles, si vous êtes parisiens ou franciliens ou simplement de passage dans notre capitale je vous invite à vous rendre sur le site du restaurant link pour découvrir l’Enogastronomia Laziale de Lucia Ceracchi avec les vins du domaine Piana Dei Castelli. C'est 80 euros tout compris. Puis si ça vous chante vous réservez votre soirée et vous vous inscrivez sur le site du restaurant link ou

 

DiVinamente Italiano

 28, rue Notre Dame des Victoires

75 002 PARIS

 Tel : 01 47 03 38 41

contact@divinamenteitaliano.com

 (Le nombre de places est limité)

 

Si vous venez le 10 mai pour ce dîner-dégustation je serai présent et, outre le plaisir de découvrir la belle cuisine du Divinamente Italiano mariée aux vins du domaine Piana Dei Castelli, ce sera pour nous l’occasion de faire connaissance.

 

Voici le Menu des jeudivins du 10 mai (vous pouvons le visualiser sur le site de Divinamento )

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 00:09

Saint-Drezery-facon-Force-tranquille.jpg

Ma terre, mes vignes, mes vaches… être propriétaire de sa terre, de ses vignes, de ses vaches peut sembler naturel, allez de soi. Dans le jargon juridique ça s’appelle le faire-valoir direct, ceux qui ne sont pas propriétaires de leur terre ont un contrat de fermage : un bail rural régi depuis l’après-guerre par un statut qu’a fait voter après 1945 Tanguy-Prigent et ceux qui ne sont ni propriétaire de la terre, ni de leurs moyens de production sont en métayage et partagent les fruits (au sens du fructus) avec le propriétaire. Dans certaines régions viticoles, le Beaujolais tout particulièrement, ce type d’exploitation de la terre était très répandu.

 

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, en France, le fermage domine mais cette prédominance est beaucoup moins nette au sud de la Loire où le poids de la viticulture est le plus fort. En effet le tiers du vignoble de France se situe en Languedoc-Roussillon, où le faire-valoir direct reste majoritaire, car la région compte beaucoup de petites unités de cultures pérennes portant leur récolte aux caves coopératives. Pour ceux qui aiment les chiffres je propose ci-dessous deux tableaux illustrant mes propos. Que les allergiques aux statistiques les enjambent pour aller vers le cœur de cette chronique qui  aborde un sujet très sérieux par un côté rarement mis en lumière : l’économie solidaire.


Mode de faire-valoir des exploitations professionnelles en 2010 en milliers d'hectares

 

Champ : France métropolitaine.

Source : Agreste, recensement agricole - 2010 provisoire.

 

Faire-valoir direct         5 199

Fermage      19 902

Terres prises en location auprès de tiers          15 699

Terres prises en location auprès des associés 4 010

Autres locations (métayage, locations provisoires...)            193

 

Total de la surface agricole utilisée (SAU)        25 101

 

Évolution du nombre d'exploitations agricoles selon le mode de faire valoir en nombre Languedoc-Roussillon           

 

Faire-valoir direct 27 907 en 2007        76 % de la France métropolitaine         

                                  39 842 en 2000        71 % de la France métropolitaine

Fermage                 12 120 en 2007        35 % de la France métropolitaine         

                                  14 225 en 2000        35 % de la France métropolitaine

Autres modes de faire-valoir      1815  en 2007     8,8% de laFrance métropolitaine                                                3 149 en 2000         8,7 %de la France métropolitaine

 

Même si ça vous étonne je vais d’abord commencer par des vaches pour ensuite aborder la vigne. Dans la première proposition il s’agit de cheptel (prononcer chptel) un troupeau de vaches laitières. Je signale aux petites louves et petits loups qui adorent le vert (prairies permanentes par opposition aux prairies artificielles), les animaux qui s’y prélassent, que les vaches donnent toujours du lait après avoir vêlée (mis bas un veau, mâle ou femelle) mais que pour certaines leur vocation est de produire du lait pour la consommation et que pour d’autres, dites allaitantes, elles et leur produit sont destinés à être transformés en beefsteak. Donc, la première proposition  concerne les rats des villes, qui ont un petit bas de laine à investir, à qui il est proposé d’en consacrer un tout petit bout dans de bonnes vaches laitières afin de « mettre du beurre dans les épinards ».

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C’est ce titre qui m’a intrigué dans le TGV alors que je revenais de mon énième voyage dans le grand Sud-Ouest afin de recaser mes producteurs de lait. Je suis un grand feuilleteur, à défaut d’être un habile effeuilleur, donc tout ce qui me tombe sous la main fait l’objet d’un examen plus ou moins attentif. Le magazine TGV de la SNCF est plutôt de qualité, moins prout-prout ma chère que celui d’AF dans les bétaillères des lignes intérieures. Si je vous reproduis le texte très court de cet article, inclus dans un ensemble d’expériences de l’économie dites sociale et solidaire, c’est que son style est caractéristique de la vision que se font les urbains de l’élevage.


Placement 

 

Des vaches anticrise pour mettre du beurre dans les épinards

« Face à un avenir de plus en plus incertain, de nombreuses familles choisissent d’investir dans une valeur sûre : la vache ! « Elles produiront toujours du lait, mettront bas toujours des veaux et fourniront toujours de la viande », explique, pleine de bon sens, Sandrine, une mère de famille, heureuse propriétaire d’une quinzaine de têtes. Un patrimoine qui fait, de surcroît, chaque année des petits… Il faut savoir, en effet, que chaque génisse enfantée par les vaches dont on est propriétaire accroît ce capital de 1250€. Un placement beaucoup plus concret et plus sûr que la Bourse. »Cela représente une augmentation de capital de 4,5 à 5% par an selon les années », éclaire Jean-Claude Janès, président de l’Association française d’investissement en cheptel (Afic). Créée en 1972, cette structure met en contact les propriétaires de vaches avec des éleveurs qui, eux, sont rémunérés par la production de lait. Pour l’éleveur, l’intérêt principal est de réduire les investissements, car il n’a pas, ici, à mobiliser des financements pour acquérir des animaux. Quelque 1100 propriétaires se partageraient ainsi, aujourd’hui, plus de 30 000 têtes de bétail dans 880 exploitations différentes, que l’on peut évidemment visiter. »

Tél. : 04 72 45 00 70 www.afic-ass.com


Un goutte d’eau dans un océan blanc de lait puisque le troupeau laitier français compte environ 3,9 millions de vaches et réalise 18% du lait de l’UE. La Prim’Holstein : 2,1 millions, la Montbéliarde à 0,64 million, la Normande 0,48 million, devant l’Abondance, la Simmental française, la Pie rouge des Plaines, la Brune française et la Tarentaise… sont les 8 principales races de vaches laitières en France. Bien évidemment, ce n’est pas avec une telle initiative que l’on va bouleverser le paysage de l’élevage laitier français. Cependant, nous qui sommes si prompt à mettre en avant les petits producteurs, à larmoyer sur leur sort pas forcément enviable, il y a là un moyen de participer activement à leur soutien concret en mobilisant un peu d’épargne pour alléger leur fardeau d’endettement.


Mais, ce qui m’a le plus intéressé dans cette initiative c’est le mouvement, je veux dire par là le fait que tout cela soit organisé et structuré depuis des années. En effet, des épisodes récents d’élans louables mais peu durables pour venir en aide à des vignerons étranglés par leur absence de trésorerie ou leur endettement trop élevé, a montré que si l’on ne veut pas se cantonner dans l’éphémère, le pur émotionnel, mais participer au financement du capital foncier et/ou d’exploitation d’un vigneron, hors des circuits traditionnels, d’une façon durable et équitable il est nécessaire de mettre en place des outils juridiques sûrs et équilibrés. Même si dans ce type de démarche, le rapport immédiat, le retour sur investissement juteux, ne sont pas le moteur premier il n’en reste pas moins vrai qu’il ne s’agit pas de faire la charité. Bien sûr, des outils juridiques, tel le GFA, existent, mais, sans entrer dans le détail, ils manquent de souplesse et ne permettent pas une sortie facile dans le cas, par exemple, d’un accident de la vie qui oblige à rendre rapidement l’investissement liquide.

La-lune-de-la-Carbonelle.jpgMobiliser l’épargne de proximité, géographique ou amicale, au travers d’un réseau solidaire, structuré,  sérieux, est bien plus qu’une ambition,  c’est une nécessité à la fois citoyenne et d’intérêt bien compris. Plutôt que de se lamenter sur les difficultés de certains vignerons à équilibrer leurs comptes, ou tout simplement à mobiliser l’essentiel de leurs ressources sur ce qui leur permettrait d’atteindre un rythme de croisière, ne serait-il pas plus intelligent de mettre la main à la poche pour y participer. Nous sommes les champions de l’épargne alors, au lieu de s’en remettre aux circuits traditionnels, qui sont des échelons incapables de prendre en compte ce type de situation, pourquoi ne pas mobiliser nos intelligences pour imaginer et mettre en place des initiatives concrètes. L’économie solidaire ne concerne pas que le lointain mais aussi nos voisins.


Moi je suis partant pour ce chantier car j’estime qu’il permettrait de recréer des liens concrets entre les rats des villes et ceux des champs. Bien sûr, le choix se situera entre des besoins qui ne sont pas essentiels : la dernière tablette, le dernier Smartphone, le je ne sais quoi prothèse à l’ennui… et ce petit bout d’épargne consacré à quelques arpents de vigne ou quelques têtes de bétail… Sans doute suis-je en train de rêver mais peu importe : les utopies d’aujourd’hui sont souvent les réalités de demain. Là où j’en suis arrivé dans ma vie je me dis que c’est ainsi que je participerai à la transmission. Quand je pense aux inepties, proférées par des jeunes, que j’ai lus sur certains forums du Net à propos de notre futur, je me dis qu’à force de tout demander à la collectivité, à l’Etat, nous nous exonérons à bon compte des liens de solidarité les plus élémentaires : il est plus facile de sonner une ambulance pour sa vieille mère que d’aller la conduire soi-même à l’hôpital, en plus c’est remboursé par la Sécurité Sociale… Les gros déficits, celui des comptes sociaux : l’assurance-maladie tout particulièrement, qui nourrissent la fameuse dette, commence aussi par de telles facilités…

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Je signale que pour l’heure je suis détenteur d’un part dans le GFA de la Carbonnelle rien que pour l’amitié et le plaisir de me dire que ces beaux rangs de ceps portent une toute petite empreinte d’un type qui a consacré une grande part de sa vie aux femmes et aux hommes de la vigne sans jamais en posséder un cep. Que du bonheur, je n’ai jamais eu l’instinct de propriété et là, c’est bien, comme si je venais de me greffer sur une histoire écrite par quelqu’un que j’aime bien… comme le disait ma mémé Marie « on n’emporte pas ses sous au ciel… » celui qui nimbe le clocher de l’église de ... me va bien…

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 11:00

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Qui mieux que Francis Lemarque, avec sa tripe populaire, peut chanter un Paris oublié, englouti, au son de son piano du pauvre à bretelles, l’accordéon des bals musettes, en ce 1er mai plein de bruits et de fureur. Il y a des accents d’Aristide Bruant chez le petit Nathan Korb qui est né dans un petit deux pièces au second étage du 51 de la rue de Lappe à Paris au-dessus du bal des Trois colonnes. Son père Joseph, est tailleur, juif polonais, et sa mère Rose est originaire de Lituanie, et le jeune Nathan va grandir avec son frère Maurice et sa sœur cadette Rachel dans le quartier de la Bastille bercé par les bals musettes de la rue Lappe. C’est entre les deux guerres la France et Paris terres d’accueil de beaucoup de déracinés de l’Europe Centrale où déjà se lèvent le vent mauvais de l’antisémitisme, la brutalité des ligues d’extrême-droite qui veulent abattre la gueuse, la République. Enfance joyeuse avec son frère, Nathan quittera l’école dès l’âge de onze ans pour travailler en usine et il gardera toute sa vie, la simplicité et l’amour de son quartier populaire et il restera fidèle à ses origines. Qui pourrait nier que les temps qu’a connu Francis Lemarque n’étaient pas durs, dangereux, mortifères, et pourtant des femmes et des hommes, le peuple, celui des petits matins ou des longues soirées, ne se laissait pas  enrôler par les démagogues prompts à se draper dans les valeurs nationales. Le verbe est dangereux lorsqu’il se déverse sur les peurs. Je pense que, dans le fond de nos campagnes, comme le dit si bien l’ami Luc Charlier, ces peurs ne sont que l’expression de ce qui s’est exprimé tout aux longs des années noires de l’Occupation.


En 1940, il est mobilisé et affecté comme « lieutenant-guitariste » aux activités musico-théâtrales de l'armée. En 1940 il passe en zone libre et s'installe à Marseille. C'est là qu'il rencontre Jacques Canetti, qui deviendra par la suite son agent artistique. Il fait quelques tournées en Afrique du Nord dont une semaine de récitals avec le guitariste gitan Django Reinhardt. Sa mère déportée en 1943 meurt à Auschwitz. Fidèle à son idéal communiste, il rejoint le maquis puis s'engage dans le régiment du douzième Dragon. Un bon Français… non…

800px-Plaque_Francis_Lemarque.jpgFrancis Lemarque fêtera ses soixante-quinze ans au Balajo et il s'est éteint brutalement en 2002, dans sa quatre-vingt-cinquième année, dans sa maison de La Varenne-Saint-Hilaire. Il repose à côté d'Yves Montand dans le cimetière du Père-Lachaise (44e division) à Paris. Une belle vie, celle d’un homme fidèle à ses origines, à ses valeurs, qui chantait la joie de vivre et la vie de Paris. Merci.

 

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 00:09

P.M.F aimait parler aux Français  (causerie à la radio sans pompe dans une langue accessible). Il alliait la simplicité à la compétence et ne versait pas dans les envolées lyriques. C’était un élu de Louviers et comme il le dit dans ce discours « j’ai pensé qu’ici, à l’origine et au centre de ma vie politique, à l’endroit d’où je tire, de votre confiance, toute la force dont j’ai besoin pour poursuivre mon activité de chaque jour… » Lucide et courageux, pugnace jusqu’à l’entêtement, en dépit de campagnes dirigées contre sa personne, P.M.F. cherchait en permanence à expliquer, à convaincre. Gouverner c’est choisir et il assumait ses choix face à ceux qui préféraient brosser les électeurs dans le sens du poil. P.M.F n’a gouverné que quelques mois démontrant crument que nous Français nous sommes prompts à nous indigner, à faire la leçon à la terre entière mais que nous n’avons que peu de goût pour ceux qui parlent vrai et qui ne virent pas de bord à la première bourrasque. Pour autant, je n’érige pas P.M.F en gourou mais, comme c’est par lui que je me construit face à la chose publique, en ce le Premier mai je vous propose la lecture de quelques extraits d’un de ses plus important discours. orange-009.JPG

« Beaucoup, parmi les gouvernants comme dans le pays, agissent en négligeant trop souvent leur devoir fondamental qui consiste à tout subordonner, leurs actes, leurs intérêts, leur popularité, leur carrière professionnelle ou politique, oui, à tout subordonner au seul intérêt national.

 

De ce manquement fréquent, résultent des conséquences graves ; le système représentatif (représentatif cela veut dire représentatif du pays, c’est-à-dire l’intérêt général) est faussé, la démocratie vraie n’est pas réalisée.

 

La démocratie vraie, c’est l’association intime, c’est la fusion de l’État et du citoyen. Aujourd’hui le citoyen et l’État sont devenus étrangers l’un à l’autre. Le citoyen se détourne de l’État et l’État se méfie du citoyen… »

 

L’INDIFFÉRENCE DES JEUNES

 

« L’indifférence actuelle, nous la sentons se manifester surtout chez les jeunes. Les jeunes craignent d’être dupés par un État qui, ils le sentent bien, ne travaille pas pour eux. J’ai souvent eu l’occasion d’attirer l’attention sur la fragilité d’un régime qui n’a pas la confiance des nouvelles classes, qui repose sur la seule résignation  des jeunes. Un régime qui n’a pas avec lui les couches neuves qui montent, qui ne jouit pas de leur foi et de leur coopération, un régime qui n’a pas le contact direct avec la partie la plus vivante et dynamique de la masse populaire, la plus représentative de l’avenir, n’est pas vraiment un régime démocratique.

 

C’est pourquoi l’État a le devoir de s’occuper de la jeunesse. Je sais bien qu’il n’y a pas de problèmes particuliers à la jeunesse. La jeunesse n’a pas de problèmes spécifiques comme peuvent en avoir les agriculteurs, les ouvriers, les classes moyennes. La jeunesse n’est pas une classe ; elle participe à l’ensemble des catégories du pays. Mais dans chacune de ses catégories, dans chacune de leurs activités, la jeunesse subit, plus profondément que les autres parties de la Nation, les conséquences bonnes ou mauvaises des décisions qui sont prises par l’État.

 

(…) Dans le domaine économique on redoute le chômage ; dans certaines périodes et dans certaines circonstances, l’ensemble des travailleurs est menacée par le chômage. Cependant, le plus souvent et sauf en période de crise aigüe, les adultes ont un travail, un emploi et, sauf malchance extrême, ils le conservent. Mais les jeunes qui, au sortir de l’école, arrivent sur un marché du travail pour la première fois, subissent, eux, de plein fouet la menace du chômage lorsqu’elle existe. Car, bien souvent, ils ne parviennent pas à trouver un métier ou un travail et commencent leur vie professionnelle par l’oisiveté, le déclassement et le sous-emploi.

 

Ainsi, tout le problème, même général, retentit plus durement sur les jeunes que sur leurs aînés. L’État doit donc orienter ses décisions en fonction de l’avenir, en fonction des jeunes. Il doit les associer à la préparation des décisions de manière à être assuré qu’elles ne méconnaissent pas les intérêts essentiels du lendemain.

 

« L’ÉTAT IMPOSTEUR, »

 

« Quelle est la cause profonde de cette indifférence, à l’égard de l’action politique, de cette indifférence des abstentionnistes, des jeunes et de ceux qui votent communistes sans être communiste ? La cause, je le disais à l’instant, c’est la croyance si populaire, si répandue, que le machine politique, que le régime dans lequel nous vivons, n’émanent pas vraiment des citoyens, comme cela devrait être dans une démocratie ; c’est la croyance que les citoyens ne disposent pas du pouvoir réel, qu’ils ne pèsent pas vraiment sur les décisions.

Le mécontentement qui se manifeste (…) résulte, non seulement de ce que leurs besoins sont insatisfaits, mais plus encore de leur impression que l’État se désintéresse de leur sort, qu’il ne cherche à les apaiser que par des promesses habiles, qu’il s’efforcera ensuite de ne pas tenir. C’est le sens de cette parole de Malraux, selon laquelle « on considère partout en France que l’État est un imposteur ! »

 

(…) L’État dans son comportement, semble redouter le citoyen, le traiter comme un adversaire, un gêneur, un ennemi. On a, semble-t-il, dans ces dix dernières années, construit un mur entre l’État et le pays ; alors, que, dans une démocratie, l’État et le pays ne doivent faire qu’un, on perçoit aujourd’hui l’existence d’une séparation, quelquefois infranchissable.

 

LE PREMIER DEVOIR : DIRE LA VÉRITÉ

 

« Pour les dirigeants d’abord. Le premier devoir, c’est la franchise. Informer le pays, le renseigner, ne pas ruser, ne pas dissimuler ni la vérité ni les difficultés ; ne pas éluder ou ajourner les problèmes, car dans ce cas, ils s’aggravent ; les prendre de face et les exposer loyalement au pays, pour que le pays comprenne l’action du gouvernement.

 

(…) Mais voici une seconde responsabilité qui leur appartient : c’est de formuler pour le pays des objectifs concrets, précis, nets et que chacun peut apprécier et juger. Trop souvent, hommes politiques, candidats, partis se contentent de promesses vagues et générales dans les programmes électoraux. On promet la paix, la prospérité, le bien-être pour tout le monde. Comment le pays choisirait-il en présence de propositions aussi imprécises, aussi générales, et qui d’ailleurs se ressemblent et se répètent quel que soit l’horizon politique dont elles proviennent ? Le devoir des hommes responsables, c’est de proposer des solutions claires, nettes, et limitées, rédigées dans le langage du peuple, des solutions que chacun puisse comprendre et juger. »

 

Ensuite, P.M.F aborde d’autres thèmes dont certains sont toujours d’actualité: la moralisation de la vie publique, les devoirs de citoyens, la primauté de l’intérêt général1955 c’est loin, très loin et pourtant… je venais d'avoir 7ans... la vie devant moi... je n’en dirai pas plus... la voix de Mendès France (le Chagrin et la Pitié)  

 

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 00:09

« Le « mariage » du vin et du sel animait aussi le littoral atlantique. Non seulement le vin du Bordelais mais également le vin de la Charente où les Romains avaient jadis favorisé les salin. Après le privilège de Probus, lorsque toute la Gaule eut le droit de replanter de la vigne, le vignoble de Saintonge ne cessa de se développer. Dès le IXe siècle, le sel sera un de ses meilleurs agents de propagande aux pays des brumes. Jusqu’à la Révolution, les navires en provenance du nord de l’Europe (chargés de bois et des céréales de Prusse et de Lituanie) ou de l’Angleterre venaient ici s’approvisionner en sel et compléter leur chargement avec des tonneaux de vin des Charentes afin d’améliorer leur lest »

 

« Sel de vin ou les Rubis de Valentine. De tous temps, bateaux transportèrent sel et vin... Tanguant sur les eaux, par les caprices des vagues, leur cale fut l'écrin où naquirent ces « rubis ». Les marins arrivant au port de Libourne ne purent que constater le « sang », échappé des tonneaux renversés, qui entachait la pureté des blancs cristaux. Ne pouvant en faire le commerce, ils les offrirent à la femme d'un caviste : Valentine Cornier. Celle-ci, amusée par l'étonnante couleur, y ajouta des épices et s'en servit pour rendre originaux, de saveur et de vue, les mets qu'elle servait à sa table. Ce condiment raffiné évolua au cours du siècle mais demeura le privilège de la famille, conférant à sa cuisine une empreinte toute particulière » extrait des Vignobles Delbeck  

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Si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on ? Ce passage du Sermon sur la Montagne, même si c’est une allégorie, remet les petits bons hommes que nous sommes face à leur dénuement car il souligne, en premier lieu, une évidence qui fera sourire certains : le sel n’est plus un produit rare, et surtout parce que l’histoire du sel a précédé l’histoire des hommes. En tirer des enseignements – mais est-ce bien  porteur de vouloir tirer des enseignements de l’Histoire puisque notre temps pense que le Monde commence avec lui – pour nos comportements futurs ne semblerait pas inutile.

 

En effet, nos excès, du moins ceux des pourvoyeurs-emballeurs d’une nourriture vite prête – nous font oublier, si tant est que nous le sachions, que le sel, l’économie du sel fut, ne souriez pas, l’un des tout premiers négoces « mondialisé ». J.F Bergier écrit « Le sel a animé d’intenses trafics, fait l’objet de spéculations de la part des producteurs, suscité l’angoisse des consommateurs rarement assurés pour longtemps d’un ravitaillement satisfaisant. Il a justifié des stratégies marchandes et politiques, enrichi les uns, appauvri les autres. En somme, le sel a joué pour des dizaines de générations le rôle que la nôtre assigne aujourd’hui au pétrole. » L’or blanc donc, bien avant la houille blanche, le gemme du sel de la terre ne signifie-t-il pas pierre précieuse !

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Pour preuve l’extrême modernité de l’exploitation par les Celtes  dès le Xe siècle avant notre ère des mines du Hallstatt à plus de 1000 m d’altitude au cœur des Alpes autrichiennes. « Il s’agit là d’une civilisation du sel, vivant pour le sel et par le sel. On savait parfaitement creuser des galeries, les étayer. Et aussi vendre. La richesse des deux mille tombes environnant le site démontre là une véritable opulence, avec des bijoux, des accessoires provenant des quatre coins d’Europe ou du Moyen Orient. Le négoce du sel se faisait vraiment à l’échelle « internationale ». Et que dire des fameuses salines de chaux à Arc-et-Senans, dues à l’architecte de Louis XV Claude Nicolas Ledoux. Il s’agit d’un « véritable complexe industriel, admirable bâtiment en demi-cercle (soleil éclairant toutes les parties qui le composent) et dont le symbolisme monumental s’allait au fonctionnel. Déjà, depuis des siècles, sur les lieux de la proche exploitation, tout un système d’amenées d’eau de source, au moyen de norias actionnées par des chevaux, livrait une saumure liquide que l’on évaporait par bouillons. »

 

« Arc-et-Senans et Hallstatt démontrent bien comment une denrée alimentaire aussi essentielle que le sel peut servir de moyens d’expression au génie multiforme de l’homme : de l’ingéniosité empirique à l’esthétisme visionnaire ». Mais, le sel est vite devenu un moyen du pouvoir sans vergogne et comme le souligne Maguelonne Toussaint-Samat « les céréales et le vin ont leur dieu tutélaire. Le sel, jamais. » Le sel à plusieurs reprises a contribué à faire l’Histoire : « on trouve beaucoup de sel à l’origine de la conquête de la Gaule par les Romains ; du sel et par le sel était déjà venue la prospérité des comptoirs phéniciens de la Méditerranée occidentale, grands producteurs de salaisons et de garum, prospérité qui ne pourra laisser Rome indifférente dès qu’elle sera assez grande pour la faire sienne. » (de même pour la Palestine et sa Mer Morte).  t_moneins.jpg

En effet, on a beaucoup salé les viandes, poissons et légumes jusqu’au XIVe siècle, de même on salit plus les fromages et le pain pour le faire mieux lever et le conserver plus longtemps « On salait le vin comme on sala la bière. » Jusque vers le XIIIe siècle, même s’il fallait le transporter, coûtait bien moins cher que les épices. Tout changea lorsqu’il devint le véhicule de l’impôt. C’est toute l’histoire de la fameuse gabelle, qui trouva son origine dans les salins de Provence (sel de mer), impôt sur le sel qui empoisonnera la vie du peuple pendant tout l’Ancien Régime et qui provoquera des révoltes sévèrement réprimées. Elle était haïe, exécrée comme la plus hideuse des calamités. Ainsi, « En 1548, après l’édit de Châtellerault étendant la gabelle à toutes les provinces de l’Ouest, une véritable guerre civile déchaîna la Guyenne et les troupes royales eurent fort à faire contre les 40 000 paysans rassemblés autour de Cognac et de Châteauneuf. Ayant mis en fuite les soldats, ils s’emparèrent de Saintes qu’ils pillèrent, devenus absolument fous de rage. Tous les pays compris entre Blaye et Poitiers fut ravagé. Puis à leur tour les Bordelais se soulevèrent et le chef de l’administration, Tristan de Monneins, fut coupé en morceaux et salé comme un pourceau. » Le connétable de Montmorency, homme pieux et féroce, « hérissa la Guyenne de gibets, rentra dans Bordeaux comme dans du beurre, désarma les habitants et confisqua les cloches des églises. Ayant imposé à la ville une amende de 200 000 livres, il suspendit le Parlement pour un an, désigna cent-vingt-cinq notables pour déterrer de leurs ongles ce qui restait du corps de Monneins puis les fit pendre ou expédier aux galères. » (la révolte des Pitaux link )

 

Parti de Bordeaux je suis revenu à Bordeaux mais, dans une toute prochaine chronique je reviendrai au sel de chez moi, celui des paludiers, et peut-être qu’une autre fois je m’attacherai à vous conter l’histoire de la gabelle honnie du peuple. Tiens, j’ai écrit le peuple : comme c’est étrange ? Je n’aime pas le convoquer le peuple car il n’a aucune consistance le peuple, en effet le peuple c’est moi, c’est vous, c’est nous, et je ne vois pas au nom de quoi ceux  qui quémandent nos voix parlent pour l’heure en mon nom, en votre nom et en notre nom. Qu’ils attendent d’être élus, d’assumer leur mandat et d’agir en notre nom, pour en avoir le droit.    

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 08:00

Jasmine s’était inscrite sur Twitter et sur sa tablette  s’ingéniait à relayer les messages codés venus de ses copines : «L'agité est dans son bocal, je répète, l'agité est dans son bocal» ; «il y aura du Flamby au dessert, je répète, il y aura du Flamby au dessert» ; «Je ne réussis toujours pas à écrire son nom: Sieg Heil, je répète, Sieg Heil» ; «Laissez la peur du rouge aux bêtes à cornes, je répète, laissez la peur du rouge aux bêtes à cornes» ;  «Le steak est accompagné de sauce béarnaise, je répète, le steak est accompagné de sauce béarnaise» ; «Les myopes ont un charme flou, je répète, les myopes ont un charme flou» ; «Le facteur vous fait des gros bisous, je répète, le facteur vous fait des gros bisous » ; «Demain, j'irai voir le maire d'Yerres, je répète, demain j'irai voir le maire d'Yerres» ; «Nous avons reçu des nouvelles de tante Arlette, je répète, nous avons reçu des nouvelles de tante Arlette» ; «Mars attaque, je répète, Mars attaque». Et moi, face à mon écran, je songeais au Président Pompe qui, en cette fin de printemps 1972, sait que la maladie de sang, la maladie de Waldenström, dont il souffre depuis quelques années vient de prendre une mauvaise pente. Son pas devient lourd, un peu saccadé, il se ferme, devient sombre et le Professeur Jean Bernard lui conseille de démissionner et de préparer sa succession. C’est durant cette période qu’il rédige, aux dires de Michel Jobert, son testament.

 

Démissionner, préparer sa succession semble hors de portée des réflexions de nos chefs d’État. Si j’en suis à relier le tohu-bohu indigne qui règne en France avec cette période charnière  c’est qu’à cette période l’ancien banquier Pompidou commence à sentir que les « Trente Glorieuses » tirent à leur fin, que la croissance va s’effriter et qu’il faudrait prendre des mesures difficiles à faire avaler à la veille d’une échéance politique majeure : les législatives de mars 1973 où l’Union de la Gauche risque de l’emporter. « Avec tous ses malheurs et ses difficultés de mutation, la France, il faut bien le reconnaître, traverse une période de développement sans exemple depuis le Second Empire. Mais ne nous leurrons pas, viendra le temps où l’expansion se tassera. Tout nous conduit dans cette direction et d’abord la réduction de la durée du travail qu’il faudra bien accepter mais qui se traduira obligatoirement par un freinage. Tout n’est pas faux dans les idées Mansholt, loin de là. L’ère de la consommation à outrance et de l’expansion continue ne sera pas éternelle. Mais prenons garde aux réactions lorsque l’économie tournera moins vite ! » confie-t-il à Raymond Tournoux. Mais il y avait la guerre froide qui figeait les rapports sociaux dans notre vieux pays et, la maladie aidant, Pompidou va jouer sur la peur du rouge et revenir à l’ordre, à l’ordre moral. « La tendance dans le monde n’est pas au libéralisme, ce n’est pas vrai : les cheveux courts sont en train de l’emporter sur les cheveux longs. De même la pornographie, le sexe subissent une régression. On assiste à un mouvement vers la mesure, les traditions et, bientôt, vous verrez, le romantisme. » Pauvre président Pompe, le déplumé de Chamalières allait bientôt jouer de l’accordéon.

 

Consentirait-il à appeler Mitterrand à Matignon en cas de victoire de l’Union de la Gauche lui demande-t-on ? Et de répondre « Je n’ai pas l’intention de vous répondre là-dessus, tout au plus pourrais-je vous dire, comme dans ma province, qu’i l y a des sortes de chats qu’on ne prend qu’avec des mitaines » À son attitude de durcissement vis-à-vis de la gauche correspond aussi celle sur les grands problèmes de société. Ainsi, alors qu’il a gracié tous les condamnés à mort depuis le début de son septennat, il envoie à la guillotine, deux criminels, Buffet et Bontemps. Tous ceux qui l’ont approché savent que ça n’a pas été sans lui poser des problèmes de conscience. Conviés à un déjeuner ses anciens camarades de l’ENS gardent ancrée en mémoire l’image d’un homme bouleversé, presque défaillant, écrasé par le poids de sa responsabilité. Pourtant il n’a pas reculé. Sans doute, sauf en matière artistique, sa vision du monde change et, au fur et à mesure que son mal progresse, un certain pessimisme sur la nature humaine le gagne. L’ORTF est confiée à Arthur Conte. L’UDR à Alain Peyrefitte car Tomasini est éclaboussé par les affaires. L’ordre règne, le début des années 70 est gris, triste et je suis à Rome pour un temps éloigné du chaudron où commencent à bouillonner les années de plomb.

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 00:09
 
 

La Nouvelle Star avait ses addict totaux, scotchés à leur écran sur M6, votant à qui mieux mieux pour leur chouchou ou chouchoute pour le plus grand profit des opérateurs de téléphone. Créée en mars 2003, présentée tout d’abord par le grand bellâtre Benjamin Castaldi (2003-2006), puis par Virginie Efira (2006-2007) et enfin par Virginie Guilhaume (2008-2010). En 2011, l’émission-culte des 7 à 107 ans a été mise en sommeil après 8 saisons et les Michel, le forgeron de Dana, Elisa chezmoi et beaucoup d’autres ont été orphelins de Marianne James, Manu Katché, Dove Attia et André Manoukian et ont eu bien du mal à s’en remettre. Le manque absolu, radical... mais l’espoir est revenu lorsque la chaîne a évoqué le retour de la Nouvelle Star.

 

Qu’en est-il ? moi je ne sais pas...

 

Comme c’était un radio-crochet revisité à la sauce Pavillon Baltard avec un bon orchestre il y eu des gagnants Jonatan Cerrada, Steeve Estatof, Myriam Abel, Christophe Willem,  Julien Doré, Amandine Bourgeois ou Soan, mais aussi des heureux perdants Thierry Amiel, Amel Bent ou Miss Dominique… Pour ma part je n’ai suivi que la saison qui vit le triomphe de Christophe Willem.

 

Le dernier vainqueur de la Nouvelle Star, Soan se la jouait rebelle et il n’avait pas ménagé l’émission en déclarant lors du Journal de la Musique sur Nostalgie Belgique en décembre2010 : « Autant l'émission que la tournée, c'était de la merde ce qu'on a fait sur scène ». Mais voilà t’y pas que notre Léon bourlinguant avec son auto du côté de ses brumes natales nous télégraphiait : « Et pourtant, l’autre jour, entre Armentières et Steenvoorde, j’ai entendu une interview d’un gaillard un rien cabotin, retombant lentement d’un shit trop boosté mais dont les quelques extraits m’ont plu. Or, il a gagné la « Nouvelle Star » - pas vraiment une référence à mes yeux ! 

 

J’ai acheté l’album (13,99 €, ça va encore) à midi et me suis déjà passé la galette trois fois. C'est normal, on est à la période des bunyetes. Du côté des références, dès l’entame, sa voix fait immédiatement penser à celle de Bertrand Cantat, surtout quand il chante le rock – ce n’est pas la meilleure partie du disque. Sinon, on évoque irrésistiblement Alain Barrière (« Pour de Bon » par exemple), Alan Stivell et Jacques Brel (« Pour de Bon » encore) . Si seulement il voulait se servir un peu plus de ses abdominaux et un peu moins de son larynx ! Marge de progression certaine. Dès que le rythme se fait ternaire, il devient bon, réellement bon : la valse, la musette, la java, voilà son truc, ou alors des ballades lentes, au beat quaternaire. A partir du titre «Drosophyle », l’album décolle.» Lire l'intégral de la chronique ICI link

 

Les Inrocks devraient embaucher Luc Charlier ça remonterait le niveau et en plus ils boiraient bons coups avec de la Coume Majou les jeunes bobos… L’ordre des morceaux est sur mon blog différent de celui de la galette qu'a écouté Luc. Il ne vous reste plus qu’à nous dire si vous êtes en accordéon, pardon en accord avec Léon…

 

Et pour remercier notre dénicheur de talent ci-dessous la version de Soan de Le vent nous portera de Noir Désir et l'original.

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 16:00

Afterwork… je suis sûr que le gars d’Eauze, prof. de lettres classiques, grand lecteur de Guy Debord depuis 1969, et qui lui a consacré en 2008 un opus Sous l’écorce de Guy Debord le rudéral que j’avions point lu, y va pas aimer mais, comme il développe une forte allergie aux écrans, à l’Internet, et pire encore aux blogs et aux imbéciles qui les tiennent mon existence même lui restera étrangère. 


Dans son libelle de l’imbécilité chez Sens&Tonka 12,50€ où je trouve qu’il y a boire et à manger, parfois c’est un peu lourd, ça sent le vieux ronchon en charentaises, le lettré misanthrope, mais comme y’a tout de même de beaux et percutants aphorismes avec une mention toute particulière pour le 155 (il y en a 254) qui me ravit : la différence entre le hasard et Claude Allègre (par exemple), c’est que le hasard est souvent stupide, mais ne l’est pas toujours.

9782845342002.jpgLoin de moi, puisque je ne le connais pas, d’instruire à l’encontre de Bilheran un procès en déni du bien vivre mais, à la lecture de son libelle, je le trouve un peu sûr de lui, professoral, et  je ne suis pas certain que, s’il lui prenait l’envie de m’inviter à Eauze, j’aurais très envie d’aller passer une soirée avec lui. Et pourtant, je pourrais l’amener sur le terrain du vin. En effet, au mitan des années 1970, le route de Marcel Lapierre va croiser celle de Guy Debord.


Dans son petit livre « Chez Marcel Lapierre » chez Stock Sébastien Lapaque écrit « Étonnante rencontre dont le vigneron n’a rien oublié. « J’avais vingt-trois ans. Avec Alain Braik, nous avions l’habitude de nous retrouver rue Paul-Escudier. C’est là que j’ai fait connaissance de Guy Debord. À l’époque, chaque bistrot brassait sa propre bière. En une nuit, on pouvait goûter un nombre incroyable de bières artisanales. Mais déjà la qualité était en baisse et les bières industrielles en train de prendre le dessus. Guy Debord s’en  désolait « La vie d’ivrogne devient difficile », disait-il. Je me souviens l’avoir souvent entendu formuler à haute voix ce qu’il écrirait plus tard dans Panégyrique : « De mémoire d’ivrogne, on n’avait pas imaginé que l’on pouvait voir des boissons disparaître du monde avant le buveur » ça m’amusait, mais je ne me rendais pas compte à qui j’avais affaire. Je me souviens de conversations politiques qui me dépassaient… »


Marcel Lapierre, pour qui les 221 thèses de La Société du spectacle » n’ont jamais été l’affaire, était heureux un quart de siècle plus tard qu’on lui parle de Guy Debord comme un des maîtres penseurs de son époque. Pour lui c’était un compagnon de beuverie et il a compris bien plus tard que pour Debord « l’ivresse était un moyen parmi d’autres. Qu’elle lui permettait d’accéder à une forme supérieure de lucidité qui lui rappelait à chaque instant qu’il n’y avait ni retour ni réconciliation possible avec l’état présent du monde. »


« Dans le petit nombre des choses qui m’ont plu, et que j’ai su bien faire, ce qu’assurément j’ai su faire le mieux, c’est boire. Quoique ayant beaucoup lu, j’ai bu davantage. J’ai écrit beaucoup moins que la plupart des gens qui écrivent ; mais j’ai bu beaucoup plus que la plupart des gens qui boivent… »

Pour en revenir à Bilheran je vous cite la  Quatrième de couverture de son libelle de l’imbécilité :

L'imbécillité, de nos jours, n'est probablement pas plus imbécile que celle d'avant mais le parfois mal-t-à-propos de la modernité lui fait reprendre le devant de la scène pour la simple raison que, a contrario des époques passées, elle s'expose. On nous la montre sous toutes ses coutures, on nous la fait entendre sur tous les tons par le biais d'un voyeurisme récurrent, ce qui en contrepartie a sûrement l'avantage de nous rendre intelligents ! Seulement, trop c'est trop, la nausée atteint parfois ses limites et pour un peu on en reviendrait au vieil adage : "Pour vivre heureux, vivons cachés", car quelle tristesse si l'on ne peut même plus être un imbécile en solitaire »


Pour en finir avec cette chronique je vous cite l’aphorisme n°26 et le 128

 

« Lors d’un accouchement, sauf s’il s’agit d’une césarienne, le petit être humain parvient au monde en empruntant la voie par laquelle il a été conçu. Je trouve que c’est une affaire qui commence mal que cet aller-retour ; car c’est vraiment une imbécilité, de commencer à vivre en revenant sur ses pas.

-> C’est une histoire de con- et de gland.

 

« L’imbécile veut aller droit aux conclusions parce qu’il n’aime pas chercher. »

-> Une conclusion constitue toujours l’hypothèse d’un nouveau problème. L’imbécile veut ignorer cette évidence qui le consterne.

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