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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 00:09

 C’est Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra (Gallimard 2007) énorme succès mondial dont a été tiré le film de Matteo Garrone en 2008), qui l’écrit dans la Repubblica « Du temps où j’habitais les quartiers espagnols de Naples, je connaissais par cœur toutes les chansons néomélodiques. Et je les connais toujours, à vrai dire, ces airs que les radios déversent à plein volume dans les ruelles, qui s’échappent des voitures et des sonneries de portables. Chaque matin à l’heure du ménage jaillissent des fenêtres ouvertes les voix de Tony Colombo, Rosario Miraggio, Stefania Lay et de mille autres. « Plus je souffre et plus je veux tester ce que fait le sel sur les plaies » (Rosario Miraggio).


Les artistes mineurs sont comme les petits vins, ils existent et leur popularité veut dire quelque chose qu’il faut se garder de mépriser. Comme le remarque très justement Saviano « c’est un marché – les producteurs et distributeurs de ces chanteurs pressent souvent eux-mêmes des copies pirates pour prendre de vitesse les faussaires – qui ne connaît pas la crise. Il ne touche pas simplement Naples et sa région, mais tout le sud de l’Italie, qui représente un immense vivier de fans. De la Sicile aux Pouilles en passant par la Calabre et le Basilicate, régions qui possèdent leurs propres répertoires traditionnels en dialecte, les jeunes plébiscitent les chansons modernes en dialecte napolitain. »


Les thèmes : sentiments, amour et trahison, sont universels mais les textes racontent le quotidien sur les terres de la Camorra où il est synonyme de mort, de prison, d’enrôlement, de violence et de pouvoir. L’absence de choix, c’est inéluctable avec pour corollaire l’honneur et le silence. Mais peu importe si le monde est hostile puisque la famille est là, aimante. « Le talent et la damnation  des chanteurs néomélodiques résident dans leur art de raconter les moments de la vie quotidienne, en s’attachant à la vie et au destin de ceux qui composent leur  public : les personnes contraintes à la cavale,  des femmes mariées ou fiancées à des fugitifs, des tueurs à gages qui en ont assez de leur sale besogne. »


Je commence ma journée en faisant du mal à cette ville.

Casque sur la tête, j’enfourche ma moto, prêt à dégainer, bête à sang-froid sans pitié, je me sens comme un enfoiré blasé et perdu…


On peut bien sûr écouter ces bluettes avec le mépris, trouver ces chanteurs et chanteuses ridicules mais comme l’écrit Saviano « ces chansons m’ont plus appris sur mon pays que les dizaines et les dizaines d’éditoriaux. Elles représentent  un pan important de l’Italie. »

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 00:09

  

L’histoire à défaut d’être ragoûtante est édifiante. Je ne vais pas vous la raconter car ce serait trop long.

 

D’un côté un self-made-man à l’américaine Eldon Roth  qui fonde il y a 30 ans une entreprise de transformation de viande Beef Products Inc. (BPI) qui récupère des tonnes de restes de viande graisseux jusqu'alors inutilisés dans l’alimentation humaine après la découpe de la viande dans les morceaux traditionnels. En effet, ce génial bricoleur, a mis au point « un moyen de séparer la graisse à l'aide de centrifugeuses, puis de surgeler la viande dégraissée sous la forme d'une sorte de pulpe rose qui, mélangée à de la viande hachée de bœuf, permettait d'en réduire la teneur en matières grasses. Il a baptisé ce produit «lean finely textured beef » (LFTB, soit viande bovine maigre finement texturée) et l'a vendu à des chaînes de fast-foods et de supermarchés telles que McDonald's, Wal-Mart Stores, Burger King, Kroger et Taco Bell. Roth a implanté des usines dans te Texas, le Kansas, l’Iowa et le Nebraska dont les effectifs tournaient autour de 1500 personnes. »

 

De l’autre Bettina Elias Siegel, « qui blogue sur des sujets liés à l'alimentation depuis sa maison à Houston »  Elle a 46ans, est diplômée de la faculté de droit de Harvard, est membre du comité consultatif sur les questions alimentaires des établissements scolaires de Houston. Son blog www.thelunchtray.com/  notait en juillet 2010 que « ministère de l'Agriculture américain avait annoncé des normes de contrôle plus strictes pour le bœuf servi dans les cantines scolaires. Elle avait alors pensé que cela signifiait que la viande bovine maigre finement texturée ne serait plus utilisée. Elle a donc été surprise de lire le 5 mars un article sur le produit de BP I sur le site TheDaily.com. qui affirmait que le ministère de l'Agriculture américain prévoyait d'utiliser plus de 3 000tonnes de viande traitée de BPI dans la préparation des menus scolaires.

 

La suite est  ici link

 

Pour ceux qui souhaiterait lire un article en très complet du POINT Bloomberg Buisenessweek, en français, Panique sur la viande. Vraiment ? « Les critiques se sont déchaînées sur Internet contre une pratique de transformation de restes de viande. Résultat : les consommateurs boudent la «viande bovine finement texturée» et des usines de production ont dû mettre la clé sous la porte. » prière de me le demander sur berthomeau@gmail.com je me ferai un plaisir de vous le faire parvenir.

 

mcdonalds-pink-slime.jpg

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 00:09

Robert Giraud, grand maître des bistrots (avec un t) parisiens, expliquait en 1960 que celui-ci « sous quelque forme qu’il se présente est avant tout un établissement où l’on peut boire et déguster toutes sortes de liquides en principe alcoolisés. » Son « en principe » n’est plus tout à fait de saison depuis l’irruption des soft-drinks dont le Coca est le roi incontesté. Le même Giraud remarquait « hors dans les livres, il y a des mots qu’on ne lit jamais, bien que tout un chacun les emploie d’une façon régulière. Sous le néon et les ampoules électriques de certaines vitrines et devantures «Bistrot» n’apparaît pas remplacé par bon nombre d’appellations contrôlées qui toutes le désignent. » Le plus souvent pour le populo c’est le café, et c’est justifié car le petit noir est roi, sans pousse café, pour preuve la maison Richard fait à la fois dans le café et les vins. Le demi- pression de bière garde aussi une belle place dans les établissements d’étanchement de la soif, normal sauf que les bières industrielles qui y règnent en maître absolu ne sont guère agréables. Moi je choisis d’aller au Sélect, bar américain (putain que c’est chic !) car on m’y sert de la Pilsner Urquell à la pression.

Revenons au mot bistrot « d’origine confuse » toujours selon Giraud qui selon lui « date de l’arrivée des cosaques dans la région parisienne durant la guerre de 1814 – Napoléon abdique le 6 avril 1814 et part en exil à l'île d'Elbe – Les hommes de troupe qui n’avaient absolument pas le droit de fréquenter un quelconque estaminet, déjouant toute surveillance s’y précipitaient à chaque occasion en criant : bistro, bistro !... ce qui paraît-il signifie : vite… vite… Après avoir absorbé ce qui leur était servi, ils disparaissaient aussi rapidement qu’ils étaient venus. C’est de cette époque dit-on que le parisien avide de nouveauté prit l’habitude d’appeler le café, le bistro.

1960, une éternité, le temps des yéyés, avec la génération des Y le bistro, avec ou sans t, c’est up, pas le temps, scoot toujours, sauf pour se jeter un light en tapotant sur sa tablette, alors que les bobos eux se ruent dans les bars à vins pour se rapprocher de la nature et que les vieux boomers comme moi, en terrasse, ne lassent pas de voir se déplier les longs compas des jolies femmes. Certains vont me rétorquer que les bistros, les rades, n’ont pas de terrasses ! Faux, dès qu’ils le peuvent, pour les fumeurs, les bistrotiers posent quelques tables et chaises sur le trottoir. Notre maire, qui cherche des picaillons, loue le domaine public où s’érigent des quasi-tentes (même sur le bd St Jacques qui n’est pourtant pas très affriolant). De plus, crime contre le réchauffement climatique et les économies d’énergie, les bistrotiers chauffent leurs clients exposés à tous les vents. Paris garde toujours la palme des capitales dans la variété de ses lieux de boisson et dans le charme de leurs terrasses où il fait si bon lire son journal en buvant son café, en sirotant un demi ou en partageant un petit Chablis avec sa petite amie.

Mais alors pourquoi ce t au cul du o de bistro ?


Giraud, pense que cette adjonction « provient d’une suite d’allitérations et de déformations de mastroquet tout simplement. En louchebem (ce langage particulier aux bouchers) mastroquet devient listroquet. Reprenant le mot au vol l’argot à son tour le malaxe et le refond pour en faire listroquet, listroque, troquet, bistroquet et finalement le raccourci bistrot avec un t car il ne faut pas oublier que l’on dit en parlant de son tenancier ou de sa tenancière qu’il est un bistrotier ou une bistrote.


Pour finir, le quart d’heure souvenir à propos des meubles meublants des bistrots d’autrefois – ceux que l’on retrouve aux Puces de Saint Ouen ou dans les brocantes – « immuables comme les murs, l’immortel vase de glaïeuls – c’est décoratif et ça dure – voisine sur le comptoir, près de la caisse, avec un siphon drapé dans son treillage d’argent ou plus simplement avec l’aquarium du poisson rouge qui répond souvent au prénom de Victor. Et ce n’est pas tout, le progrès que l’on n’arrête pas se heurte souvent aux habitudes établies depuis des lustres, seul un changement de propriétaire transformera le zinc en bois sombre en un rutilant autel de faux marbre du meilleur ton : le modernisme assassin enverra sans aucun recours possible vers ces hangars cimetières, aussi bien les glaces aux naïfs dépolis que la boule cache-torchon ou l’étrange porte-manteau en bois tourné, perchoir ahuri d’attendre les pensionnaires de sa jeunesse : le chapeau melon ou le canotier. »

 

Reste dans les temples germanopratins, le Flore et les Deux Magots, la caissière qui trône derrière sa caisse qui ne tinte plus et c’est Fernandel qui aura les mots de la fin avec sa Caissière du  Grand Café…

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 16:00

Sur la Toile, et c’est pire depuis que Face de Bouc permet les épanchements en ligne, les blogueurs et les bloggeuses  exerçant leur « talent » en chroniquant sur des produits commerciaux sont accusé(e)s, cloué(e)s au pilori, vilipendé(e)s car ils ou elles seraient acheté(e)s par ceux qui vendent ces produits via des agences de com., des attachés de presse… Les moyens sont connus, répertoriés, pratiqués par une large majorité de journalistes professionnels, déjeuners dit de presse, voyages dit de presse, cadeaux divers et variés, colis de fin d’année… À l’étage juste au-dessus, plus juteux, il y a ce que l’on dénomme les ménages : animation rémunérée de colloques, de séminaires d’entreprises, articles grassement payés dans des revues professionnelles. En montant encore un peu dans l’achat des plumes, il y a des propositions gracieuses de maisons pour les vacances, de services rendus du genre embauche de membres de la famille, d’obtention de médailles honorifiques – très couru et peu couteux - invitation à des festivals où l’on côtoie des happy few… Le sommet de la hiérarchie étant, bien sûr, une bonne petite enveloppe en liquide qui ne laisse aucune trace, sauf lorsque le « donateur » en tient la comptabilité sur un petit carnet.

 

Alors, les blogueurs et les bloggueuses seraient-ils pires que leurs illustres prédécesseurs des médias traditionnels ? Je ne le pense pas et, je souligne que l’énumération ci-dessus ne consiste pas à entonner à propos des journalistes un quelconque « tous pourris ! » mais tout simplement à demander à certains chevaliers blancs de la Toile de mettre un bémol sur leur soudaine envie de nettoyer les écuries d’Augias du Net. Franchement, les blogueurs et les bloggueuses, même dans des secteurs bourrés de fric comme le luxe et la mode, ne sont que des petits couteaux car ce sont de petits calibres. Ne voyez pas dans ce qualificatif une quelconque condescendance de ma part puisque fait partie de la confrérie. Ce que je veux dire c’est que tous ceux qui achètent payent le prix en fonction de l’influence, du pouvoir de prescription, de ceux qui acceptent de se vendre. Se vendre ne signifie pas pour autant être un ou un(e) vendu(e), et que d’aller à un déjeuner ou à un voyage de presse c’est se lier par contrat à celui ou celle qui vous invitent. Pour les cadeaux : la bouteille à la sortie ce n’est rien, les wagons de caisses, que reçoivent plutôt les journalistes, à la Nouvelle année mériterait un peu plus de modération de leur part. Pour tout le reste, c’est le début de la fin de la crédibilité.


La crédibilité, la confiance que vous fait votre lecteur, sa fidélité, c’est le meilleur salaire que puisse espérer le  blogueur ou la blogueuse. Oui c’est bien joli tout ça mais il faut bien vivre. Il faut assurer les fins de mois. J’en conviens aisément mais dans la mesure où la gratuité, qui est la règle sur le Net, ne permet pas de tirer des revenus directs de ses écrits, le blogueur et la blogueuse, doit avoir recours à d’autres ressources pour vivre. Pour ma part, je ne crois pas, après 7 ans d’exposition sur la Toile, que le Blog puisse se transformer en petite entreprise individuelle médiatique. En revanche, je suis persuadé que de nouveaux formats sont viables, tel le ou la journaliste qui tient un blog : à la seule condition que le ou la blogueur-blogueuse soit un vrai journaliste et non pas le faux-nez de l’organe qui le rémunère. Nos amis journalistes américains dans de grands médias ont démontré qu’indépendance, liberté de ton, crédibilité étaient tout à fait possible. Autre possibilité, s’adosser à un autre métier sans rapport direct avec la sphère d’influence de son blog. On peut avoir une double vie en l’assumant.

 

Dans le sport de compétition, dans la langue de bois des joueurs et des entraineurs, on utilise le terme « pression ». Je le trouve bien adapté au statut de blogueur ou de blogueuse. Nous ne vivons pas dans un monde de Candy mais dans un monde de mercantis et il ne faut pas se voiler la face du plus petit vigneron à la plus grande maison de Champagne l’important c’est d’accéder aux consommateurs, d’être connus pour les inconnus ou d’entretenir sa notoriété pour les plus connus. Pour autant tous les moyens d’y parvenir ne sont pas bons. À chacun de se forger son éthique, de s’assumer, d’assumer ses proximités, de ne pas se la jouer pur et dur lorsque l’on se laisse aller à servir la soupe ou à passer les plats de ceux qui graissent les pattes. Enfin, même si le marché français ou même francophone, reste important, surtout pour les vignerons indépendants, l’avenir du vin français se situe ailleurs et les blogueurs et bloggueuses francophones chalutent, comme on le dit en langue de marketing, sur un marché mâture et je leur demande de réfléchir au phénomène Parker. En effet, pourquoi le pays qui se vit et se revendique comme le pays du vin n’a-t-il pas accouché d’un influenceur pratiquant notre langue ?


Ayant dans ma vie antérieure détenu une petite parcelle de ce que l’on appelle le POUVOIR j’ai vu, côtoyé de grands squales, des lobbyistes de tout poil, plein de gens qui vous veulent du bien, ça grouille, ça se pousse, c’est la Cour, la basse-cour… Si l’on veut survivre dans ce bal des hypocrites, des corrupteurs, il suffit de les tenir à l’écart, de vivre sa vie comme on l’entend pour pouvoir chaque matin se regarder dans la glace de sa salle de bains. C’est la vie, chacun la vit comme il peut ou comme il veut, et je n’entends donner de leçons à qui que ce soit. Simplement, jeunes blogueurs et bloggueuses ne faites ni preuve de fausse naïveté ou d’ambitions démesurées, vous comme moi ne sommes que de minuscules chiures de mouches sur la grande Toile. Ne soyons ni dupes, ni complaisants, apportons à nos lecteurs du contenu, de l’information, du plaisir et ne prêtons pas le flanc aux aigreurs soit de stipendiés honteux ou des passeurs de plats qui ne crachent pas sur les faveurs accordées par les grands pourvoyeurs de pub dans leur organe dit de presse.

  

  

  


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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 00:09

 

En notre beau pays, il est de bon ton, surtout en période d’élections, de dire pis que pendre des politiques, d’affirmer haut et fort ne plus vouloir s’intéresser au débat politique, de vilipender ceux qui se présentent à leurs suffrages, tous des… Sauf que, depuis des mois, l’espace médiatique ne s’intéresse qu’à ça. Les Français adorent sans aucun doute contempler leur nombril, se prendre pour le centre du monde et faire porter la responsabilité de ce qui ne va pas à leur yeux, sur les autres (au sens le plus large). Pour avoir, pendant un temps de ma vie, mis les mains dans le cambouis des choix à faire,  des décisions à prendre, des réformes à mener je trouve que, pour postuler aux responsabilités de gouverner ce pays, il faut être doté d’un sacré courage ou d’une forte dose d’inconscience.


Mes missions récentes, au plus près des gens dont on dit qu’ils sont d’en bas, me renforce dans l’idée que la citoyenneté, le sens du bien commun, le vivre ensemble, n’ont pas disparu mais ne sont plus la colonne vertébrale de notre vieux pays pétri d’histoire. Le flux, l’agitation, l’instantanéité, les images qui se succèdent, nous ont transformé, plus ou moins, en consommateurs de tout, y compris de politique. Alors, pourquoi s’étonner que l’offre politique s’adapte à la fluidité, à l’inconsistance de la demande politique. Ne nous délestons pas aussi facilement que nous le faisons de notre part de responsabilités. La simple observation depuis dix ans du monde du vin en France constitue un exemple frappant de la prédominance du chacun pour soi et de l’affadissement du travail en commun. Pour moi c’est du gâchis, non pas que tout aille mal, loin de là, mais nous gaspillons par nos absences de choix des atouts qui capteraient, généreraient de la valeur. Cette valeur dont nous avons tant besoin pour relever les défis des morts-de-faim des BRICS.


Tout ça pour vous dire, en dehors des choix politiques de chacun d’entre vous, que la citoyenneté, le vivre ensemble commence au plus près de chez nous. Que, plus nous recréerons des liens, des passerelles, des lieux de débats, de gestion de notre quotidien, plus nous obligerons ceux à qui nous confions par notre vote la responsabilité de nous diriger pendant un temps déterminé à se situer à la même hauteur, à mettre la barre de l’exigence un peu plus haut. J’ai travaillé pendant des années avec quelqu’un qui préconisait le PARLER VRAI et lorsqu’il m’envoya dans le Languedoc profond des vignes je m’y suis essayé face à un public hostile qui rabâchait ses vieilles antiennes et conduisaient ce beau pays à la catastrophe. Ce n’est pas Jean Clavel qui me contredira.

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Donc, ce matin, après ce petit couplet citoyen, je vous offre une belle tranche d’histoire sur l’origine de la dénomination CAFÉ pour désigner nos débits de boissons.

Procope

Le café Procope au XVIIIe siècle : au second plan, de gauche à droite : Condorcet,La Harpe, Voltaire et Diderot.

Au temps où je portais encore des culottes courtes, entendre dire, avec une compassion hypocrite, par les grenouilles de bénitier, gardiennes inflexibles de l’ordre moral de ma Vendée profonde : « La pauvre, je la plains, son homme passe son temps au café à boire des chopines… »me laissait de marbre. En effet, les tapeurs de cartons, amateurs de « fillettes »* des artisans et des commerçants du bourg, même s’ils étaient parfois imbibés, ne m’apparaissaient comme se livrant à une quelconque débauche troublant la bonne marche de notre gros bourg. Ce qui, en revanche, me posait problème c’était l’appellation café dans lieu qui, à l’époque, n’en servait pas : le percolateur n’étant point encore arrivé jusqu’à la Mothe-Achard. Il faut dire que le café, dans nos campagnes reculées, était vraiment maltraité. En effet, dans les fermes on en le faisait infuser dans de grand faitout avec de la chicorée puis ensuite dans une cafetière il bouillotait sur un coin de la cuisinière à bois ou sur un trépied dans l’être. L’appellation jus de chaussette lui allait comme un gant. Il me fallut attendre l’adoption par ma sainte mère de petit filtre individuel que l’on posait sur chaque tasse pour devenir définitivement caféinomane.


Pourquoi donc dénomme-t-on nos débits de boisson : café ?

    

Toute est parti de la conjonction d’une déroute et d’un type astucieux en quête d’un métier d’avenir. Commençons par une date 1863, les Turcs se font battre à plate couture par le roi de Pologne Ian Sobiesky au siège de Vienne. Le général turc Kar Mustapha s’enfuit laissant derrière lui une abondante quantité de café. Parmi les prisonniers des turcs libérés par Sobiesky, un ancien esclave battaghi (cafetier), qui rapportait de sa captivité l’art de préparer le moka, ouvre alors à Vienne un véritable salon de café qui obtint immédiatement un foudroyant succès. Fort de ce succès il essaime des établissements dans toute l’Europe Centrale. Le « caffé » viennois, à la crème fouettée, puis à la glace, fait fureur.


Bien avant à Paris, un certain Procope, Palermitain issu d’une famille d’aristocrates – les gentilshommes siciliens étaient les plus impécunieux de la noblesse européenne – était devenu en 1672 serveur de « caffé » pour le compte de Pascal ou Pacuall vendant ce breuvage en plein air. Bien sûr Paris découvrit les alléchantes spécialités viennoises et notre Procopio dei Coltelli, dit Procope compris très vite que l’avenir était au salon de café à l’instar de ces caffehauss viennois. « Un lieu agréable, encore plus que chez soi, où l’on respire le luxe pour pas cher, où les gens aient plaisir à se rencontrer et où ils puissent trouver une carte de spécialités ne se limitant pas au café.


« On se réunissait dans ces lieux où, comme le vantait la publicité, « le luxe est une garantie de la bonne qualité des consommations », non seulement pour boire et savourer mille bonnes choses mais aussi pour se distraire, jouer aux échecs, lire les gazettes et les nouvelles du jour affichées par l’astucieux Procope sur les tuyaux de poêle et pour discuter des évènements et des idées à la mode. Les nouvellistes, à la fois informateurs, philosophes, agitateurs, agents secrets ou doubles, plein d’entregent et de bagou, se répandaient, à cette époque, dans les salons, les antichambres et les « ruelles », pour informer ou s’informer, colportant les on-dit de la capitale et de Versailles. Procope avait eu le flair de s’attacher quelques-uns de ces personnages qui attiraient et flattaient la clientèle, tout autant que les placards et les libelles sur les tuyaux du poêle. »


On imita Procope, en 1721, on comptait 300 cafés à Paris. Ils seront 2000 à la Révolution et 4000 au début de l’Empire. Montesquieu écrira dans ses Lettres Persanes « Si j’étais le souverain, je fermerais les cafés car ceux qui fréquentent ces endroits s’y échauffent fâcheusement la cervelle. J’aimerais mieux les voir s’enivrer dans les cabarets. Au moins, ne feraient-ils du mal qu’à eux-mêmes ; tandis que l’ivresse que leur verse le café les rend dangereux pour l’avenir du pays. » D’Argenson, face à une police débordée remarquait « Si l’on arrêtait tous ceux qui critiquent le gouvernement, il faudrait arrêter tout le monde… »

« Aussi, à l’aube de la Révolution, les cafés, devenus des sortes de cercles où se tenaient des séances parallèles à celles de l’Assemblée Nationale, virent Camille Desmoulins, juché sur une table du café de Foy, au Palais Royal et criant : »Arborons une cocarde » en épinglant une feuille d’arbre à son chapeau. Desmoulins, Danton, Marat construisaient la République, surtout au Procope tenu pour l’heure par un nommé Zoppi. Robespierre préférait La Régence (le café « La Régence ») mais venait au Procope boire le moka toujours incomparable et sucer des oranges. »


Le Procope s’ouvrit rue des Fossés-Saint-Germain, en  face de la Comédie Française puis il déménagea pour la rue de Tournon et enfin pour la rue de l’Ancienne-Comédie, où l’établissement existe encore au 13.

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Cette chronique cite et s'inspire du rmarquable ouvrage de Maguelonne Toussaint-Sammat Histoire Naturelle et Morale de la nourriture chez Bordas

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 16:00

Sur la Toile, Face de Bouc surtout,  l’effet d’annonce joue à plein, ça s’enflamme vite, ça part dans tous les sens, y’en a qui ne lise la chronique qu’en diagonale ou pas du tout, et le risque est grand que ce qui paraissait si beau à l’instant T ne soit plus qu’un feu de paille dès le lendemain.


Donc comme promis ce matin 2 gros plans sur le Taulier dans sa prime jeunesse : vous pourrez noter son évolution qui part du petit renfrogné près de sœur Marthe au grand dadais rigolard… et ça ne s’est pas arrangé avec les années… plus ça va moins ça va et il ne soigne pas son insoutenable légèreté.

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Du côté du Grand Jamboree de l’ABV chez la Baronne G ( voir ma chronique ICI  ) quelques précisions pour que l’initiative de votre vénéré Secrétaire-Perpétuel Autoproclamé ne se transforme pas en jus de boudin.


1-      Le Taulier discute avec la Baronne G du format du Grand Jamboree de l’ABV car l’intendance fait la force des armées.


2-     Selon le format proposé et le nombre de participants de 15 minimum à 30 maximum (pour le couchage) au Grand Jamboree un prix par tête de pipe sera fixé.


3-     La date est évidemment un élément d’importance pour que vous vous décidiez :

 

si c’est juin, étant donné les votations législatives des 10 et 17 juin, je propose le samedi 24 juin et le dimanche 25 juin.

 

si c'est en septembre, ce qui nous laisse du temps et nous offre peut-être une période plus intéressante, je propose le le samedi 22 septembre et le dimanche 23 septembre.


4-     Sur ces bases : date choisie et prix fixé les membres qui se déclareront intéressés s’inscriront sur mon adresse e-mail berthomeau@gmail.com jusqu’à une date limite assez resserrée si c'est juin; à déterminer si c'est septembre;


5-      Une fois les compteurs relevés le Secrétaire-Perpétuel estimera en son âme et conscience que c’est jouable ou non.


6-     Si ça lui semble jouable il demandera alors à chaque inscrit de verser des arrhes significatives qui permettent à notre hôtesse de monter l’opération avec un maximum de garanties financières. Je serai plus précis si nous allons jusqu’à ce stade. L’ABV n’a aucune coquille juridique pour supporter une telle opération vous devrez contractualiser avec le château Siaurac.


7-     Désolé de ces détails d’intendance mais ma vieille expérience d’organisateur m’y oblige. Le Grand Jamboree de l’ABV, s’il existe, sera une belle fête si chacun de nous y met du sien.


Donc pour l’heure :


-         Vos suggestions ou questions sont les bienvenues ;

-         Dites-moi quelle option de date vous va ?

-         Ensuite j'aviserai…

 

Quoiqu’il arrive votre Taulier aura essayé.

Merci par avance de votre confiance.

Pour votre Secrétaire-Perpétuel Autoproclamé il s’agit avant tout d’une rencontre amicale dans un lieu superbe, avec des hôtes délicieux et accueillants. Nous ne jouerons pas aux grands amateurs nous nous contenterons de cultiver l’art du Bien Vivre en toute simplicité et convivialité.Nouvelle-image-5.JPG

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 00:09

Non, non je ne tombe pas dans une nostalgie du bon vieux temps que d’ailleurs je n’ai pas connu en dépit de mon grand âge. Ce qui me passionne dans les 13 pages sur la vigne et le vin dans le livre de l’élève qui va passer son certif’ : L’Agriculture au Certificat d’Études Questions et Réponses par René Leblanc Inspecteur général honoraire de l’Instruction Publique, c’est le recours aux choses vues. Voir, comprendre, questionner le réel, et non pas se contenter d’absorber sans comprendre ce que fait la main. Avoir un avis sur tout et rien, définitif, péremptoire, sans concession, même à la réalité, asséner sa vérité en ignorant l’Histoire, celle des Hommes et des choses, la vie quoi.


« Au début du vingtième siècle, il y avait derrière chaque instituteur un paysan… » Après la défaite de 1870 « la France a voulu  reconstruire l’idée de nation et former une nouvelle élite républicaine… la nature est devenue sous la Troisième République une source d’instruction collective. L’École normale recrutait alors les sujets les plus doués de cette classe rurale pour en faire ses Hussards noirs comme le montre très bien l’œuvre de Péguy. Elle formait des maîtres qui eux-mêmes allaient enseigner à coups de règles l’amour de la République laïque à des enfants de paysans. Le certificat d’études était alors un brevet de citoyenneté. Le jeune adolescent savait écrire, compter, mais aussi cultiver sa terre. Il devait être autonome et savoir se débrouiller à la ferme e au village. La nature qui avait été si longtemps lyrique devenait pratique. Il fallait savoir planter des salades et compter les choux. À douze ans, on était lâché dans la nature.


Le certif’ en quelques dates :


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- le 20 août 1866 sous l'impulsion de Victor Duruy, une circulaire met en place un certificat d'études primaires.


- celui-ci est institué par la loi Jules Ferry du 28 mars 1882, qui rend l'instruction primaire obligatoire de 6 à 13 ans. L'article 6 précise : « Il est institué un certificat d'études primaires ; il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l'âge de onze ans. Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d'études primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. « Pendant longtemps, pour la majorité des lauréats, le certif’ marque la fin de l'instruction obligatoire et l'entrée dans la vie active.


- 1936, la loi Jean Zay prolonge l'instruction obligatoire jusqu'à 14 ans.


- La réforme de 1959 du ministre de l'Éducation nationale, Jean Berthoin, prolonge l'instruction obligatoire jusqu'à 16 ans.


Votre Taulier n’a jamais mis les pieds dans une école de la République il n’a tété que le lait de « l’école libre » crèmerie concurrente et majoritaire en Vendée de « la laïque ». Les deux photos ci-dessous en témoignent : en maternelle avec la sœur Marthe de la congrégation des Petites Sœurs de Mormaison et à l’école primaire avec le frère Pothain de la Congrégation de Saint Louis Grignon de Montfort. Si vous êtes capables de repérer mon minois sur ces photos je vous paye un coup lors de l’un de vos passages à Paris. (Je publierai des gros plans dans quelques heures en afterwork).


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Pour autant nous passions le certif’, à la fois parce que je crois que c’était obligatoire et aussi parce que les bons frères voulaient foutre la honte à la laïque avec les très bons résultats de ses têtes d’œufs. Le certif’ était noté. Donc, ayant quitté l’école Sainte Marie de la Mothe-Achard pour l’école d’agriculture ND de la forêt de la Mothe-Achard, j’étais en quatrième en 1962, lorsque le très cher frère décréta que nous allions aller passer le certif’ aux Sables d’Olonne. J’avais 12 ans et, premier acte d’indépendance, je déclarais ne pas être intéressé par cette peau d’âne. Convoqué chez le Directeur on me signifia mon inscription sans mon consentement. Le matin du jour dit je pris le car très décontracté. Je n’avais rien révisé. L’appel des noms et, ô surprise, pas le mien. Je riais sous ma barbe (déjà, non…) Le frère accompagnateur s’affolait. Il se renseignait. Réponse : pas inscrit ! Que faire ? Attendre la fin des épreuves ? Assez bon avocat je convainquis le frère de me laisser rentrer par mes propres moyens. Ce que je fis en auto-stop. Vous imaginez à 12 ans, tranquille, en stop. Et de me pointer, la gueule enfarinée dans la matinée chez le Directeur qui faillit manger son rabat. Bref, n’ayant pas passé le certif’ je ne puis le mentionner sur mon CV et aujourd’hui je le regrette.


EXTRAITS de L’Agriculture au Certificat d’Études Questions et Réponses par René Leblanc aux Éditions des Équateurs.


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50 sujets sont réunis dans ce livret et englobent à peu près toutes les questions d’agriculture « accessibles aux intelligences de douze ou treize ans ». Ce que l’on demande au candidat au certif’ « c’est de résumer ses propres informations sur un fait d’agriculture expérimentale et scientifique très élémentaire, de dire ce qu’il en a vu et, s’il y a lieu, d’en tirer des conclusions pratiques. »


38. Viticulture


« Dans bien des vignobles encore, on semble ignorer la loi de restitution et croire qu’il n’est pas utile de donner des engrais à la vigne. Un simple raisonnement suffit cependant pour en démontrer la nécessité.


Chaque vendange enlève au sol une quantité notable de principes fertilisants ; selon les vignobles, 1 hectolitre de vin renferme de 500 grammes à 2 kilogrammes de potasse, sous forme de tartre ; les sarments en contenaient davantage, sans compter l’acide phosphorique, la chaux et les matières azotées ; les feuilles seules sont restituées au sol.


De sorte qu’à 1 hectare de vigne(supposé suffisamment calcaire, pour simplifier les calculs) où la récolte (raisins et sarments) renferme, par exemple, 50 kg de potasse, autant d’azote et le ¼ d’acide phosphorique, il faudra restituer, si l’on veut maintenir la fertilité : 100kg de sel de potasse à 50%, et même poids de superphosphate ou 12 à 15%, sans compter la restitution en azote.


L’engrais azoté est ordinairement fourni à la vigne sous forme de compost obtenu, sur le sol même, par un amas de couches superposées de fumier frais et de terre végétale. Le nitrate de soude active singulièrement la végétation des mauvaises herbes ; on lui préfère le fumier décomposé ou mieux le compost.


En résumé, il faut rendre à la vigne après chaque vendange, les éléments fertilisants exportés par le raisin et le sarment, savoir : l’azote sous forme de compost, la potasse à l’état de chlorure ou de sulfate, et l’acide phosphorique par les superphosphates en sol calcaire, par les scories en terre argileuse. Les vignes reconstituées sur cépages américains paraissent plus exigeantes, en engrais, que les vieilles souches françaises, peut-être parce qu’elles produisent davantage. »


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41. Vendange et vinification


« Depuis longtemps on prépare, en Champagne, du vin blanc mousseux avec des raisins blancs ; mais aussi, et surtout avec des raisins rouges.


Au sortir du pressoir, le vin blanc est logé dans des fûts bien nettoyés et préalablement méchés, c’est-à-dire qu’on y fait dégager du gaz sulfureux soit en y brûlant une mèche soufrée, soit en y introduisant du bisulfite de soude. Cette opération a un double but : 1° suspendre momentanément la fermentation jusqu’au moment du débourbage, sorte de décantation qui élimine les impuretés tombées peu à peu au fond ; 2° décolorer le vin s’il est sorti un peu rosé du pressoir, ce qui se produit quand les raisins noirs sont très mûrs.


La fermentation, beaucoup moins rapide que dans la cuve à vin rouge, ne tarde pas à s’établir dans les tonneaux ; la bonde mal fermée laisse échapper le gaz carbonique dont on connaît les propriétés asphyxiantes. Aux premiers froids, tout redevient calme et le vin s’éclaircit ; avant l’arrivée des premières chaleurs printanières, on le soutire. Généralement, il renferme encore du sucre : on en détermine la quantité ; puis on calcule le poids de sucre raffiné qu’il faut ajouter pour produire une bonne mousse.


Ce qui rend le vin blanc mousseux, c’est le gaz carbonique dégégé par une nouvelle fermentation dans la bouteille même. Si, au moment de sa mise en bouteilles, le vin contient une quantité insuffisante de sucre, la mousse sera faible ; elle deviendra au contraire violente et pourra faire sauter les bouteilles, s’il en contient trop. On sait, en Champagne, régler les dosages et procéder aux diverses opérations pour la plupart délicates, qui terminent la bouteille de ce vin brillant et pétillant, expédié chaque année, par millions de caisse dans le monde entier. »

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 00:09

Parfois il est des évidences qu’il faut savoir énoncer tant le sens commun semble les avoir oubliées. Lorsque le temps s’ancrait dans la réalité et non dans des images, des concepts, fricotés par des petits génies du pré-vendu, du prédigéré, faiseurs de modes ou de tendances, une salle à manger était la pièce où l’on mangeait le dimanche chez les petits bourgeois, tous les jours chez les gens d’en haut, alors que le populo lui, faute de place se contentait de le faire dans une cuisine pourvue d’une table et de chaises. Quant au restaurant, petit ou grand, du Routiers au bord des grandes nationales dont la 7 bien sûr, en passant par les bonnes maisons souvent tenues par des femmes, jusqu’aux grandes tables étoilées, on s’y arrêtait ou, on y venait, pour se restaurer. Il y avait même des maisons où l’on pouvait apporter son manger et qui gagnaient leur vie avec le boire. Maggritte-004.JPG

Bien sûr, chez soi, comme au restaurant, tout un chacun reste sensible à la qualité, voire à la beauté, de la vaisselle, des couverts, du nappage, des serviettes et surtout pour nous gosiers fins : des verres. Des fleurs sur la table, un service attentionné et impeccable, chez soi comme au restaurant participent au savoir-vivre et au contentement. Et  bien évidemment la simplicité n’est pas forcément synonyme de petite cuisine ou de gastronomie au rabais. Le décorum, l’épate,  le trop de tout, aussi bien dans le style néo je ne sais quoi que dans la froideur d’un faux-minimalisme à coup de matériaux dignes d’une formule 1 ou d’une fusée spatiale, n’apportent pas grand-chose au plaisir si ce n’est celui d’un paraître de nouveaux riches. Quant au service proliférant, encombrant, caquetant, malpoli lorsqu’il interrompt la conversation pour vous décrire l’œuvre du maître, intransigeant pour la partie sommelière sur les accords mets-vins, hautain parfois comme si nous n’étions pas à la hauteur de la magnificence de la maison qui nous tendra une addition en béton ou cire-pompe jusqu’à l’outrance si dans la tablée la tronche de cake d’un ou d’une people émoustille la brigade, je ne vois pas ce que tout cela apporte à ma restauration.


Reste l'essentiel : ce qu’il y a dans notre assiette, puisque de nos jours le service se fait majoritairement à l’assiette, et là trop souvent le désir du client, de celui qui vient se restaurer – concept qui selon les jours, les heures, les circonstances va de l’œuf mimosa jusqu’au plat le plus raffiné – est la dernière préoccupation du chef. Quand il ne vous impose pas un manger sans choix possible, il ne vous demande en rien votre avis sur la taille de la portion qui va d’un minimalisme chichiteux absorbant des heures d’une main-d’œuvre très qualifiée à un trop de tout qui ne cadre pas forcément avec l’appétit d’oiseau de votre compagne du jour. Pour le boire n’en parlons pas, vu la tradition des prix à la bouteille coups de bambous ou de ceux au verre à choix restreint et tout aussi juteux. Quant à la qualité du breuvage elle dépend du soin apporté à la conservation. Bref, et si ces messieurs – ils sont encore ultra-majoritaire – et ces dames aussi, voulaient bien penser un tout petit peu à nous plutôt que d’être obsédés pour certains ou certaines par des étoiles de plus en plus toc ou par du du précuit pour les champions du revenant bon maximal avec les gogos de payants.


Pour inverser la tendance, le cours, que dis-je la dérive, ce matin je lance un appel pour un retour aux sources en mettant sur la table une chaîne volontaire – je n’ai pas écrit franchisée – baptisée : La Salle à manger®.


Chaque adhérent y adjoignant son prénom, son nom, celui du lieu, de ce qu’il veut. Ce qui donnerait : La salle à manger de Léon, d’Eva, d’Antonin et de Samia Iommi-Amunategui, de Guillaume NICOLAS-BRION, de la Baronne G, du Taulier, de la Gare, de la Poste, de la Santé, du Boulevard Saint-Jacques, des Amoureux, de Sainte Thérèse de Lisieux, des Indignés, des Bois sans soif…


La Charte de cette chaîne volontaire n’aurait rien à voir avec un cahier des charges. Je hais les cahiers des charges ! Ne serait en rien un label. Je déteste les organismes certificateurs mangeurs de laine sur le dos. Ce serait tout bêtement l’engagement de faire simple et de bon goût pour le décor et tout ce qui touche à la table...


Et du côté manger du bon, du frais, de la proximité, du cuisiné en direct avec comme seul juge le bouche à oreille des clients. Le point essentiel sera de proposer si le chef tient au service à l’assiette  des portions tarifées en fonction de l’appétit du client : je n’innove en rien ça existe déjà dans certains restaurants (petite, moyenne, grande assiette). Dans le cas d’un plat partagé sur table par les convives : même approche pour l’importance du plat : ça se fait déjà avec les poissons selon leur poids. Bref, ce qui compte c’est l’adéquation entre la faim du ou des clients et la nécessité pour le restaurateur de gagner sa vie. Plutôt que de nous faire chier avec des descriptions de plats un bon palabre préalable au repas mettrait tout le monde en appétit et permettrait de satisfaire et le porte-monnaie du restaurateur, et celui des clients, tout en contentant l’estomac de ces derniers. Tout le monde n’atteint pas la satiété avec la même quantité de manger.


Et du côté matériel de cuisine : tout ce qu’il faut, rien que ce qu’il faut et pas plus que ce qu’il  faut. Nous les cochons de bouffants nous n’avons nul besoin de voir le poids des investissements pharaoniques des stars de la haute gastronomie faire maigrir nos assiettes. C’est lourd pour l’addition et léger pour l’estomac ! La satiété est trop souvent inversement proportionnelle à celle de l’ego de certains étoilés. Les millions d’euros ça ne n’apporte pas à la cuisine une once d’inventivité, ça satisfait les fonds de pension qui n’aiment rien tant que le gavage à deux chiffres.


Enfin du côté du vin : là je propose, mais je n’impose pas, le concept de vignerons ou de maisons de vin associés à La Salle à manger ® fondé sur la triple satisfaction du client, du vigneron et du restaurateur toute entière contenue dans le PRIX de la bouteille ou d’un verre. Discussion, échange d’arguments, accord clair tenant compte des intérêts de chacun : ça me semble plus productif et efficace qu’un colloque sur le prix des vins au restaurant. Sans se la jouer alter : du commerce équitable explicable aux clients.


Le seul engagement obligatoire sera bien évidemment une adhésion à l’Amicale du Bien Vivre dites des Bons Vivants et bien sûr le Taulier ne touchera pas la moindre royaltie sur l’enseigne. Il se contentera, tout autant que Dieu lui prête vie, de botter le cul à ceux qui profiteraient de la folle réputation de l’enseigne La Salle à manger ® pour fourguer tout ce qu’il déteste et décrit ci-dessus. Autre point de la plus grande importance : pas de photo du Taulier, genre petit père du peuple, encadrée dans la salle à manger.

 

Bien évidemment toutes les suggestions visant à améliorer la « géniale proposition » du Taulier seront les bienvenues…

 

Bien sûr il suffit de consulter Google pour comptabiliser toute une tripotée de restaurants baptisés La Salle à manger mais ils n’ont rien à voir avec ce que je propose. Ils n’ont pris qu’un nom de fantaisie… Nous c'est du lourd, du vrai, de l'authentique...

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:00

Faites une confiance aveugle en votre secrétaire perpétuel autoproclamé de l’ABV il a du nez et lorsqu’il vous invite à un jamboree en Segway dans les vignes de la Baronne G, croyez-le, soyez-en assuré, il porte haut les valeurs qui nous assemblent.

 

Tout d’abord qu’est-ce donc un Segway ?

 

C’est ça ?

 

Bon je sais certains vont me dire qu’ils vont friser le ridicule perchés sur ces drôles de bécanes mais qu’ils soient rassurés, le Taulier, toujours aussi taquin, a utilisé le Segway pour les hameçonner, les attirer dans les rets de la mystérieuse Baronne G.

 

Qui est donc la mystérieuse baronne G ?

 

Je pourrais vous répondre que c’est la meilleure amie de Marie de Saint Drézéry mais ça ne serait pas gentil pour ceux qui n’ont pas eu la chance de suivre la grande saga de l’été du Taulier « L’Ouragan sur les Primeurs se prénomme Marie » qui a tenu en haleine une partie de l’été dernier la place de Bordeaux link 

 

Alors pour découvrir les mille et une propositions de la baronne G allez donc lui rendre une petite visite en son château www.baronneguichard.com  Là, sous la belle photo du château vous cliquez sur à la carte coincé entre œnotourisme et vins pour que la baronne G puisse vous poser une foultitude de p’tites questions pour satisfaire le moindre de vos désirs.

 

Moi le Taulier, doublé de mon éminent titre de Secrétaire-Perpétuel autoproclamé de l’A.B.V – donc par construction non soumis à élection – j’ai accédé à tout ce que la baronne G peut vous proposer et c’est là que j’ai eu l’idée de mon Jamboree des membres de l’A.B.V.

 

C’est quoi un Jamboree l’ami ?

 

La légende veut que Jamboree soit un mot anglais, d'origine zoulou, qui signifie rassemblement et qui a été utilisé par Baden-Powell, fondateur du scoutisme, pour désigner les rassemblements scouts. Chez moi c’est un reste de mon addiction R qui fut scout unioniste et locataire successivement à deux numéros d'hôtels de la rue de Varenne.


Donc vous voilà éclairé sur mes intentions profondes. La baronne G propose : L'art de faire vivre le vin...


LES VISITES DÉGUSTATIONS : Vin et Patrimoine - Les 3 Vins de la Baronne.

 

LES ATELIERS : Savoir déguster/Faites votre vin/Les 5 Sens/Le Savoir-Vivre du Vin/    Accords mets-vins.

 

- LES BALADES DE LA BARONNE : Balade et Vins, Lazy Balade en Segway

 

Bien sûr ce sont là des propositions générales si nous nous rassemblons à Siaurac en Jamboree éminents membres de l’A.B.V. votre tout puissant Secrétaire-Perpétuel autoproclamé concoctera avec la baronne G une proposition adaptée à l’éclat et au rayonnement mondial d’une telle manifestation.

 

Mais où dormirons-nous me direz-vous ?

 

Afin de vous allécher sachez que vous aurez droit à La Nuit Privilège : Bivouac à Siaurac !

 

Vous arrivez à 19h.

Vous découvrez le domaine.

Vous partez en balade dans les vignes au soleil couchant.

Vous dégustez à l’aveugle les Grands Vins Baronne Guichard, à la nuit tombée.

Vous découvrez votre tente ; vous prenez une petite douche (à l’indienne, on vous expliquera)

Ne cherchez pas : vous avez aussi des toilettes (sèches, c’est plus écolo)

Vous dinez dehors, dans le Jardin des Vignes, ou dans l’Orangerie XXVIIIe (s’il pleut)

Plus tard, sous les étoiles, vous vous coucherez sur un vrai matelas.

Bonne nuit avec les chouettes hulottes de Siaurac.

Rendez-vous pour le petit déjeuner à 9h.

Voilà. Vous avez passé une Nuit Privilège.

Privilège, parce qu’elle était juste tranquille, naturelle, pleine de sens, confortable et savoureuse

 

Mais que mangerons-nous me direz-vous ?

 

Des petits plats de la baronne (ce n’est qu’un aperçu si vous souhaitez y aller par vos propres moyens il y a plein d'autres propositions goûteuses mais ça faut le demander à la baronne G)

 

Le Menu du Marché


Assiette du Sud-Ouest de Pierre Oteiza.

Plat principal, selon produits du marché : Joue de bœuf confite au Château Siaurac, tourtière de pommes de terre gratinée, noix muscade. Ou Fricassée de veau, écrasée de pommes de terre montée à l’huile d’olive. Ou pot-au-feu et ses légumes du marché.

Fromages.

Tarte Tatin et crème légère

 

Les Sarments de Siaurac

 

Toasts de foie gras, tartelettes de magret et légumes confits

Grillade de bœuf aux sarments de Siaurac, pomme au four et crème ciboulette

Assiette de comté.

Fondant au chocolat

 

Le tout Bon, tout Bio


Crostini de légumes confit bio, salades de jeunes pousses

Gigot d’agneau bio à la fleur de thym, écrasé de pommes de terre monté à l’huile d’olive

Assortiment de fromages bio

Carpaccio de fruits de saison bio

 

A la chasse !

 

Duo de terrines, faisan et lièvre

Salmis de palombes aux petits oignons grelot, petit pois étuvé à la française

Fromages

Suprême noisettes : noisettes grillées caramel liquide et mousse de crème brûlée

 

Voici donc l’appel du Taulier lancé : tous au Jamboree de l’A.B.V. chez la baronne G !

 

Si ça vous dit, nous avons le où, reste à choisir le quand ?

 

Deux détails d’importance :


-         Si par hasard la proposition de votre vénéré SP Auto ne fait pas comme à l’accoutumée un flop et que c’est la ruée sur le Grand Jamboree de l’A.B.V. je signale que nous devrons limiter le nombre à 30 maximum.


-         L’A.B.V. étant raide, c’est-à-dire dénuée de toute forme de CVO, nous appellerons une participation financière pour couvrir les frais engagés. Le taulier négociera ferme avec la baronne G.


Enfin, sachez que la baronne G, fidèle abonnée, n’a pas été informée par le Taulier de cette proposition du SP Auto de l’A.B.V. Elle découvrira comme vous tous le Grand Jamboree de l’A.B.V.


Le Taulier étant déjà fort occupé par ses vaches laitières il ne va pas se transformer en GO du Grand Jamboree de l’A.B.V. Alors si ça mord à l’hameçon va falloir l’aider les filles et les garçons de l’A.B.V. sinon il ne s’en sortira jamais.

 

La carte de membre de l'A.B.V. (qui existe en version française, en version belge et version espagnole : voir sur le site de l'ABV sur Face de Bouc link) conçue par l'éminent Vincent Pousson pourrait être distribuée à cette occasion.


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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 00:09

Roses-et-Primeurs-001.JPGEn notre France qui a raccourci le dernier détenteur royal du pouvoir absolu le vocabulaire monarchique est toujours prisé : nous parlons des fonctions régaliennes à propos du pouvoir exécutif de la République et pour les familles qui ont su transmettre au fil des générations un patrimoine abritant des trésors viniques : de dynasties. « À l’origine même de la maison qui porte leur patronyme ou devenues propriétaires au cours de l’histoire de domaines réputés, les familles dont nous vous contons ici l’épopée font du vin depuis trois générations au moins. » écrivent JP de la Rocque et Corinne Tissier dans leur livre Guerre & Paix dans le vignoble Les secrets des douze grandes dynasties du vin chez Solar.


Antinori, Bollinger, Drouhin, Egon Müller, Hugel, Lurton, Mellot, Pol Roger, Roederer, Romanée-Conti, Rothschild, Torres… Nous y sommes… mais pourquoi me direz-vous un match entre Catherine et François ? Tout bêtement parce que j’ai reçu d’eux deux flacons de vins rosés issus de leur production :


-         Pour Catherine 1 Sancerre Rosé 20011 Le Rabault et 1 Reuilly rosé Jean-Michel Sorbe 2011 ; Roses-et-Primeurs-003.JPG

-         Pour François  1 Vino de la Terra de castilla Y Léon Rosé 2011 Bodega El Albar et Vin  de France fumées blanches Rosé 2011.Roses-et-Primeurs-006.JPG


« Guerres ou révolutions, pandémies humaines ou viticoles, luttes fratricides… elles se sont montrées plus résistantes que leurs ceps de vigne au phylloxéra ! Quel est donc le secret de leur longévité ? Seulement 15% des entreprises familiales passent à la troisième génération. Qu’en est-il pour le vin ? Aucune statistique officielle sur le sujet. « mais la maxime populaire selon laquelle le fondateur soit un aigle, le deuxième un faucon et le troisième un vrai c… se vérifie aussi dans le vin ! » ironise Jean-Philippe Hugel, PDG de la prestigieuse maison alsacienne. »

9782263050510.JPGAlors vous me voyez venir avec mes gros sabots plein de paille : je vais vous gratifier de quelques citations en vrac. Je suis l’ordre alphabétique :

 

LURTON : quelle galaxie !

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« Dans le monde du vin, ce nom est un sésame. Pourtant, la famille Lurton reste méconnue du grand public. Même si l’amateur averti connaît certains de leurs nectars (…) en revanche, il ignore que la dynastie Lurton, c’est déjà plus d’un siècle d’histoire et un patrimoine total de vingt-cinq châteaux, dont plusieurs crus classés bordelais, 1200 hectares de vignes en Bordelais et dans le Languedoc, des domaines en Argentine, au Chili, en Espagne, au Portugal et même en Australie. 


Certes, tout cela n’est pas la propriété d’un seul homme. À l’image des Rothschild, les Lurton ne font pas cave commune, autant d’étiquettes, autant de prénoms, autant de Lurton, peut-on dire. Faire le tour des propriétaires relève à l’évidence d’un voyage à la Jules Verne (…)

Quatre à la deuxième génération, vingt-quatre à la troisième et plus du double à la quatrième… pas facile de s’y retrouver dans cette dynastie tentaculaire !  Des présentations s’imposent donc. L’essentiel du patrimoine viticole est aujourd’hui  détenu, de manière indépendante, par deux des quatre  branches de la deuxième génération. »

 

Pour faire simple c’est André et Lucien Lurton.


« Frères ennemis, André et Lucien Lurton ? « Non, ils ne sont pas fâchés. Simplement, ils ne se fréquentent plus, c’est tout », lâche Jacques, fils d’André. Orphelin de leur mère à 10 et 9 ans, André et Lucien ont tenté de travailler ensemble. Très vite pourtant, leurs chamailleries de jeunesse se sont transformées  en rivalité professionnelle. André « l’expansif » et Lucien « le taiseux », ont une vision de la vie et du vin radicalement opposée. À l’évidence, les deux frères n’évoluent pas sur la même planète ! D’un côté, Lucien le solitaire, de l’autre André, en quête perpétuelle de reconnaissance (…)


« La divergence d’approche de la vie se retrouve dans la manière dont ils ont développé leurs affaires viticoles », observe Thierry, fils de Lucien. Même si les deux frères ont hérité du côté Géo Trouvetout de leur grand-père Récapet. « Lucien comme André ont énormément innové, qu’il s’agisse du matériel pour la vigne ou pour la vinification », souligne le fils d’André, François (junior).


« André Lurton rechigne à passer le relais à la génération suivante. Au grand dam de ses neufs enfants, surtout de Jacques, qui après quelques mois à la tête de l’entreprise familiale a jeté le gant, fin 2006, dégoûté par le caractère tyrannique d’un père incapable de lâcher les rênes. Ce comportement considéré par ses propres enfants comme autocratique avait déjà poussé Jacques et son frère François (junior) à fonder, dès 1988, leur propre société de négoce, faisant de leur nom un label quasi-planétaire (…)Jacques et son frère François (junior) « ont dénoué en 2006 l’association qui leur a permis de bâtir une entreprise viticole d’envergure international(…) Pilotée désormais par le seul François Lurton, insatiable bâtisseur, cette société est présente dans cinq pays, écoule plus de 6 millions de bouteilles et pèse aujourd’hui près de 25 millions d’euros. En dix-huit ans de travail commun, les deux frangins ont fait de leur patronyme, sans forcément le vouloir au départ, une marque mondiale de vins biens faits à prix serrés (entre 5 et 10 euros). »


« Si la question de la succession pollue les relations d’André avec ses enfants, ce n’est pas le cas pour Lucien, qui a réglé cette question il y a dix-sept ans déjà. Lors d’une réunion de famille qui a marqué à jamais ses dix enfants. Lucien leur a légué ses dix châteaux. »


Le livre date de 2008, des évolutions sont intervenues depuis mais je n’ai pas vocation à l’exhaustivité


MELLOT : cousins, cousines….

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« Alphonse senior et Alphonse junior qui a pris le relai de son père partagent une philosophie tout élitiste du vin, pour le plus grand plaisir du palais. Prénommés Alphonse de père en fils aîné depuis cinq générations, les Mellot revendiquent plus de cinq siècles d’histoire dans le vin… pas moins de dix-neuf générations à Sancerre.


Mais un Mellot peut en cacher un autre… À quelques mètres de là, au 16 de la Nouvelle Place de Sancerre, un restaurant bien nommé l’auberge Joseph Mellot rappelle aux visiteurs et aux touristes qu’il y a d’autres membres de la famille à Sancerre. Ici, pas question de déguster les nectars d’Alphonse Mellot, mais les vins des heureux propriétaires de la maison Joseph Mellot, qui se prévalent de la même lignée née en 1513. Et pour cause, les deux branches Mellot sont cousines, mais s’ignorent.


Certes, les « Alphonse » et les « Joseph » portent le même nom. Mais ils ne jouent pas dans la même ligue viticole.


À la tête des vignobles Joseph Mellot, une femme, Catherine Corbeau-Mellot, businesswoman, la quarantaine dynamique,  a pris les rênes de l’entreprise familiale après le décès prématuré de son époux Alexandre Mellot, en 2005, des suites de maladie. So credo ? Faire des vins « plaisir » à  des prix raisonnables – de 5 à 15 euros – la bouteille. À l’opposé de celle des « Alphonse », cette stratégie s’est avérée aussi très payante et lui vaut d’être citée régulièrement dans les guides les plus établis (…)


Successions, bagarres, jalousies ou décès : il s’en est fallu de peu pour que l’entreprise Mellot, unique à l’origine, ne disparaisse. Mais soucieuses de préserver chacune leur part d’héritage, les deux branches de la famille ont préféré le divorce à la berrichonne pour faire cave à part. Chacun des Mellot a ainsi poursuivi son chemin dans se préoccuper de l’autre (…)


« Lorsque Catherine arrive dans la société en 1987 après avoir rencontré « l’homme de sa vie », elle s’occupe de la partie commerciale. Épaulée par Alexandre, elle suit les cours de l’université du vin à Suze-la-Rousse et prend des responsabilités dans la marche de l’entreprise. Au lendemain du décès d’Alexandre, elle ne se pose même pas la question. « Deux jours après, il y avait une réunion export. J’y suis allée, je n’allais tout de même pas laisser s’écrouler la société », raconte-telle. « Les sœurs d’Alexandre – Marie-Josèphe, Isabelle et Pascale – et ma belle-mère m’ont donné confiance pour continuer. ».

 

Voilà des extraits de deux histoires que vous pouvez lire dans leur intégralité dans Guerre & Paix dans le vignoble Les secrets des douze grandes dynasties du vin de JP de la Rocque et Corinne Tissier chez Solar.

 

Du côté des vins : ceux de Catherine, le Sancerre Rosé est un 100% Pinot Noir et le Reuilly Rosé est un 100% Pinot Gris. Ils sont tous les deux de couleur saumonée clair ; ceux de François l’espagnol est un rosé de goutte 100% Tempranillo et le Vin de France rosé est un Grenache Syrah Sud de France. Ils sont plus colorés, et munis de capsules à vis. Le Sancerre est vendu 12,90€ et le Reuilly 9,90€ alors que l’El Bar est vendu 8,50€ et les fumées blanches rosé 6,95€.

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Les adresses : www.josephmellot.com et www.domainesfrancoislurton.com

 

Du côté de la dégustation il n’y aura pas de guerre des Roses entre Catherine et François, j’en ai décidé ainsi. En effet, la confrontation n’était que littéraire et simple prétexte à mettre en parallèle des destins. Ce faisant, je ne me dérobe pas face à l’obstacle car il n’y en a aucun sur mon chemin. Cependant je puis vous confier, sans jouer à Salomon, que mes deux préférés sont le Reuilly de Catherine et les Fumées Blanches de François. Je les aime pour leur fraîcheur et leur vivacité, ce sont des vins de petit plaisir même si le différentiel de prix lié au fait que les vins de Catherine sont nés dans des AOC, dont une, le Sancerre, a la cote, me semble un peu trop fort. Mais c’est ainsi que le consommateur voit souvent le prix d’un vin : il a en tête une échelle de référence, prix trop petit pour un … c’est non, prix trop lourd pour un … c’est encore non.

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