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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 00:09

Comme je ne serai jamais publié dans la prestigieuse collection blanche de Gallimard alors ne lisez pas de travers la remarque qui suit. Elle s’adresse à tous ceux qui font de l’orthographe la valeur-étalon de l’écriture. À la moindre faute ils sortent leur baguette et pan sur les doigts de celui qui a osé violer la règle par étourderie, méconnaissance ou tout bêtement par fausse manœuvre. Ça m’arrive, je n’ai pas le temps de relire mes écrits. Mais est-ce si grave ? L’abomination de la désolation ou une certaine forme de j’m’en foutisme qui, certes irrite les puristes, mais laisse aux écrits toute leur saveur.  

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Au tout début des blogs, janvier 2008, un obscur plumitif de la RVF me tapa sur les doigts et bien sûr j’adressai à Denis Saverot une lettre sous forme de chronique  link « Oui, cher Denis Saverot, je n’ai pas la plus petite excuse, je me couvre la tête de cendres, je bats ma coulpe et, tel un alcoolique anonyme, je m’engage à me soigner. Mais, comme je ne peux jamais m’empêcher d’ironiser, chez vous, à la Revue, ça vous arrive aussi, en dépit du nombre que vous êtes. Moi qui suis tout seul face à mon écran, avec ce foutu clavier qui n’a rien à voir avec mon bon vieux crayon de papier, ça change tout car je fais tout trop vite. À l’heure où la notation revient en force, et comme à la RVF vous êtes des spécialistes, n’hésitez pas à pointer à l’encre rouge mes errements orthographiques pour que je puisse m’amender plus vite. Encore merci, chers amis, de ce salutaire rappel à l’ordre qui titille mon incommensurable orgueil et me motive pour retrouver vos grâces. »

 

Et pourtant un vendéen d’adoption, Gaston Chaissac, qui se définissait comme un enlumineur d’ordures et qui étaient présenté sous l’appellation « comme un quasi-éliminé et comme l’illuminé » fut comme l’écrit Nadia Raison des écrivains, journalistes et des critiques littéraires qui l’ont encouragés à écrire. « Dès 1944, Raymond Queneau puis Jean Paulhan, Gaston Gallimard, et plus tard Benjamin Perret et Gerashim Luca le stimulent au point qu’il engage une activité épistolaire qui va outrepasser le temps consacré à la peinture. Les lettres qu’il sait être lues et échangées vont devenir des outils de communication pour décrire son travail artistique et franchir les limites imposées par des cercles de connaissances exigus et son manque d’assurance dans le contact direct. Grâce à ses lettres, sa démarche devient explicite et corrobore avec les recherches de ses contemporains artistes et hommes de lettres. »  Chaissac-008.JPG

Les carcans, les espaces exigus, les limites artificielles, pour un artiste comme Gaston Chaissac, c’étaient autant d’entrave à sa créativité inquiète. Certains le cite en corrigeant ses fautes d’orthographe, ça n’enlève aucune force à ses écrits mais gâte un peu leur saveur, leur relief. « J’avais pensé aussi à m’établir marchands de baignoires dans une des localités où personne n’en fait usage puisque de toute façon je suis pour échouer dans toutes les entreprises. Je tenterai peut-être la chose si un jour je suis assez en fonds pour avoir quelques baignoires en magasin. Quoique embarrassants ces objets ce serait tout de même mieux d’en avoir quelques-unes en magasin que de les faire choisir sur catalogue. Il faudra que je demande à Cattiaux le sorcier s’il me voit dans le marc de café vendant des baignoires à Chavagnes-en-Paillers. Ça pourrait d’ailleurs ‘être très bon d’être dans ce Chavagnes à cause des pères de ce nom qui y ont leur maison mère et qui sont dans le monde entier et pour peu qu’ils parleraient un peu de moi un peu partout s’ils me connaissaient ça me donnerait des chances de trouver le placement sinon de baignoires du moins de quelques dessin (à R.G., juin 1948)

 

Que voulez-vous je suis fou de Chaissac ! Lui le succès, la gloire, il ne les a jamais connu de son vivant et pourtant ils ne sont pas très nombreux les artistes français à avoir eu droit à une grande rétrospective au Centre Georges Pompidou. Alors lorsque je vois de petits marquis se gausser, se hausser sur la pointe de leurs petits pieds aux chaussures bien lustrées, pour de si minuscules glorioles, je ne peux que penser qu’au royaume des cireurs de pompes les petites pointures croient occuper le haut du pavé. Des biens éduqués, non de sinistres convenus, dont la vacuité n’a d’égale que la suffisance. Chaissac revient ! « En Vendée on a un faible très marqué pour ce qui est inauthentique et le Vendéen n’est d’ailleurs jamais un novateur mais toujours un suiveur (à J .B, 27-6-1948 in Hippobosque)

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 16:00

« La vérité sort de la bouche des enfants » dit-on, ça n’a jamais été vérifié et je pense que c’est de moins en moins vrai, la naïveté et l’innocence me semblent en régression. En revanche, nos enfants nous questionnent de plus en plus sur nos problèmes d’adultes. MAFALDA, l’héroïne de Quino, née d’une commande publicitaire en 1963 est de cette pâte là. Nous sommes en Argentine. « Quand les journaux ont commencé à la publier, je me suis rendu compte que j’avais à faire à un personnage dont j’ignorais ce qu’il serait » note le dessinateur qui ajoute qu’il va prendre une revanche en s’évadant des premières bandes dessinées et faire de MAFALDA une gamine contestataire et engagée.

 

Umberto Eco établit le parallèle entre Charlie Brown le héros nord-américain « qui appartient à un pays prospère, à une société opulente à laquelle il cherche désespérément à s’intégrer en mendiant bonheur et solidarité » et Mafalda la sud-américaine qui « appartient à un pays plein de contrastes sociaux, qui ne demande pas mieux que de l’intégrer et de la rendre heureuse. » mais elle s’y refuse et repousse toute avance. Eco ajoute qu’elle est un « héros de notre temps » car elle est révélatrice des mœurs d’une époque. Bien sûr, pour beaucoup des générations Y ou pré-quadra les années 70 c’est aussi loin que l’Antiquité même si leurs références musicales y puisent l’essentiel. Quitte à passer pour un VC impénitent je persiste à penser que l’on ne se construit pas dans la pure immédiateté qu’il est indispensable de puiser dans l’Histoire des enseignements. 

 

 

 

 

Nous les baby-boomers, post-soixante-huitard, avons été vilipendés par les héros de la nouvelle droite morale, libérale avant les subprimes et nationale depuis, comme étant les corrupteurs de nos propres enfants alors que nous avons, trop sans doute, épousé notre temps en tournant la page des vieilles idéologies qui nous avaient nourries, structurées et en définitive bâties. Faire de nous un paquet compact, indifférencié, est une sottise qui est le signe le plus évident du niveau du débat actuel. Plus personne ne s’adresse plus à personne mais ceux qui tiennent le haut du pavé se contentent de délivrer du prêt à penser via les médias de masse qui déversent sur nous des images, du bruit, de l’absence de sens... Et quel prêt à penser ! J’aimerais qu’il ait une Mafalda qui surgisse pour railler ces postures de cour de récréation de prétendus grands de ce monde. C’est à pleurer ! En ce moment, je l’avoue : pour la première fois de ma vie j’ai honte de nous…

 

 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 00:09

Vix-007.JPGL’art contemporain et les Grands Vins, ou ceux qui se disent tels, barbotent dans le même marigot, celui des grands et petits squales, qui comme l’écrit Flore Vasseur dans « Comment j’ai liquidé le siècle » sont pour certains « Les pires truands de la planète (…) Ils financent la lutte contre le paludisme, créent des écoles en Afrique, investissent dans l’éolien. Ils invitent Nelson Mandela à leur anniversaire. Ils écoutent Bono comme le Messie, veulent serrer la main d’Angelina Jolie. Ils passent leur week-end dans leur Bionic, un sous-marin individuel de luxe. Ils fuient le monde, le survolent en jets privés. Dans les journaux, sur les recommandations de leur directeur de la communication, ils s’affichent en Prius. Ils cherchent une rédemption dans l’art, investissent dans n’importe quoi… »

 

À Paris j’habite avec une prostituée de luxe, un majordome philippin et ma fille Kate. J’ai récupéré sa garde après des années de séparation. Elle vit entre une clinique pour troubles alimentaires graves à Sceaux et mon appartement, un penthouse de l’île de la Jatte. Sur la terrasse, l’installation de Damien Hirst, un requin grandeur nature plongé dans du formol, regarde vers Paris. Le mini-golf jouxte la piscine : deux mètres de long et un de large. J’appuie sur un bouton, l’eau se met en mouvement. Elle crée un contre-courant dont je peux régler l’intensité. Je dois nager pour rester à flot. Contempler, c’est couler. Je suis un mercenaire post-moderne. 

Rassurez-vous je ne parle pas à la première personne car l’île de la Jatte n’est pas située à Paris mais à Neuilly-sur-Seine, une banlieue dangereuse, et je hais tout à la fois le post-moderne et la paille dans les sabots. Alors, j’abandonne l’idée de plonger un maquereau dans de l’Yquem à la Damien Hirst, même si c’était un pied de nez à la grande amitié de François Pinault, grand sponsor de Damien Hirst, avec ce cher Bernard Arnault – les a.u.l.t ont une forte propension au lustrage de leur ego contrairement au e.a.u. qui sont souvent des péquenots – et une sainte colère contre tous ceux qui féminisent ceux qui vendent leur plume en les traitant de putes en mettant en exergue les maquereaux.

Alors, pour me soumettre aux désirs ardents de Véronique de Mas Coris de nous voir, pour ce vendredi du vin, nous muer en peintre du dimanche, jeter des couleurs sur la toile, accoucher d’une œuvre, je n’ai pas écrit un chef d’œuvre, je me suis dit que ma seule issue était de me glisser dans la peau de Gaston Chaissac, le cordonnier de Boulogne-en-Vendée « qui peint avec sa vis inutile de sa forme à forcer qui poussiéreuse ne sert à rien » qui a écrit « Mon père n’était pas bien grand, il avait été courbé trop tôt sous le joug pour pouvoir grandir beaucoup, bientôt le pantalon fut à ma taille. Le vieux pantalon de papa fut mon premier pantalon d’homme. »  Vix-003.JPG

« Mon mode d’expression en peinture, qui n’a rien à voir avec quelque chose d’épuré, de correct, est assez comparable à un dialecte et même au patois avec lequel on peut s’exprimer et qui peut même être particulièrement savoureux. Parmi ceux qui le goûtent il y a certes des bouseux sensibles à mon art et des . Il m’arrive même de dire très sincèrement à des campagnards : « de nous deux c’est moi le bouseux. » Il y a d’ailleurs dans mes dessins du temps où j’en savais encore moins qu’aujourd’hui des choses parfaitement valables. Certains ont même dit avec conviction que l’ignorance ne s’apprend pas… »

 

Je suis d’Avallon, comme Cousin d’Avallon, mon maître en compilation » écrira Gaston Chaissac.

 

« Aucune couleur, aucune matière, aucune forme, aucun objet ne l’a rebuté. Il a beaucoup essayé, beaucoup appris, beaucoup réussi. Et parfois il s’est fourvoyé, comme tout le monde. N’apprend-on âs encore plus de ses erreurs que de ses réussites. »

 

Jean Dubuffet écrira de lui « J’ai été content de connaître Gaston et de parler avec lui. J’ai été surpris quand je l’ai vu, ce n’était pas ça que je l’imaginais. C’est son élégance à quoi je n’avais pas pensé et qui m’a surpris, sa svelte élégance physique. Et sa tristesse aussi ; au premier contact avec lui j’ai été frappé qu’il a l’air si triste ; j’avais pensé d’après ses lettres à un dosage de tristesse et d’enjouement mais je ne croyais pas que la tristesse dominait tant dans le mélange (…) Tel qu’il est il est encore mille fois mieux que tout ce que j’avais pu imaginer et je l’adore. Tous les gens bien qui ont contact avec lui l’aiment. Il est épatant (…) C’est un homme très charmant, plein de grâce et de profondeur et de lucidité et d’extrême sensibilité à un degré rare, plein de chaleur et de rayonnement, attachant au possible. »

 

Si vous allez en Vendée déguster les excellents vins de Thierry Michon link faites un petit détour par les Sables d’Olonne au  Musée de l'Abbaye Sainte-Croix rue de Verdun 85100 Les Sables d'Olonne Tél : 02 51 32 01 16. Fax : 02 51 32 01 17 link . C’est un très beau bâtiment installé dans une abbaye du XVIIe siècle, fondée par les religieuses bénédictines de Poitiers, le musée occupe 2.500 m² de grandes salles sobres et blanches. Au 3ème étage, une salle sous combles à la charpente en carène de bateau renversé forme la partie la plus ancienne. vous pourrez y découvrir une très intéressante exposition permanente des œuvres de Gaston Chaissac link

Je pourrais encore écrire sur Chaissac des lignes et des lignes, car comme lui je suis un graphomane impénitent, Camille Chaissac dit « Pourquoi écrivait-il ? L’œuvre d’art objet (tableau, sculpture) est encore un obstacle entre soi et autrui. Alors il écrit des lettres, par dizaines, par centaines… À n’importe qui. Les gens dont il trouve l’adresse dans le journal. Je le vois qui écrit : « Cher ami… » Je lui demande qui est la victime, cette fois ! Et il me répond : « Ah, je ne sais pas… » Selon la tournure de la missive, il l’envoyait à celui-ci, ou à cet autre. Et il allait la mettre à la boîte aussitôt »

 

Chaissac écrivait en 1946 « Je peins comme un bourrelier et le trait qui entoure mes dessins a quelque choses des filets que les bourreliers tracent sur les colliers des chevaux pour les décorer. » dans beaucoup de ces œuvres les personnages seront cernés, entourés d’un large trait marquant sans doute l’incompréhension sans laquelle il vivait.

 

« Pour peindre ses tableaux, il était souvent couché, ou à quatre pattes. Mais souvent, allongé sur le côté. Il avait jamais une belle position pour peindre, et il était désordonné. Autour de lui, il y avait dix ou quinze petits pots et beaucoup de petits pinceaux ; jamais il ne les lavait. On lui avait fait deux petits tréteaux et une table pour peindre en hauteur. Jamais je ne l’ai vu peindre dessus ! Dans sa chambre (si on pouvait appeler ça une chambre) il y avait des morceaux de bois partout et de la peinture. Il ébauchait plusieurs toiles à la fois : il peignait un petit coin, il s’en allait badigeonner un autre, puis il venait contourner les champs du premier, et c’était fini. Il en avait cinq ou six en chantier en même temps. Je me demande s’il savait dans quel sens était ses tableaux : car quelquefois il y avait deux têtes, des totems avec une tête à chaque bout. Il y en avait un qui était jumelé par la hanche avec l’autre. » Max Dion

 

Gaston Chaissac est mort le 7 novembre 1964 à l’hôpital, j’avais 16 ans et je regrette de ne pas l’avoir connu. Il fut enterré civilement dans le cimetière de Vix.

 

Ne me reste plus qu’à relier mon Chaissac à un vin pour entrer dans les plans de Véronique de Mas Coris pour que vous puissiez éviter de dire que ce Vendredi du Vin du Taulier vous ne pouvez pas le voir en peinture.

 

Ce lien fut facile à trouver : Avallon c’est au sud de Chablis et pour s’y rendre il faut passer par Courgis la patrie d’Alice et Olivier de Moor. Je trouve qu’il y a du Chaissac en Olivier, cette réserve naturelle qui n’est pas une distance mais une forme de pudeur. Alors parodiant Dubuffet j’écrirai qu’ils  sont « très charmant, plein de grâce et de profondeur et de lucidité et d’extrême sensibilité à un degré rare, plein de chaleur et de rayonnement, attachant au possible. »Veronique 0327

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Et puis, le jour où j’ai écrit cette chronique j’ai croisé un Grand Cru d’Alsace, Furstentum du domaine Albert Mann, un Pinot Gris 2009 dont j’ai trouvé l’étiquette très chaissaquienne. Comme Maurice et Jacky Barthelmé sont d’excellents vignerons www.albertmann.com/ je l’offre à vos regards pour clore ma modeste contribution à ce vendredi du vin d’avril qui tombe pile poil au dernier virage avant la dernière ligne droite des Présidentielles.

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 00:09

Alternance d’averses drues et d’éclaircies ensoleillées, du vent, sale temps pour le cycliste, vendredi dernier en fin de journée je me suis ramassé une saucée qui m’a transformé en serpillière. Le seul souci ce sont les lunettes non pourvues d’essuie-glaces. Même alternance le lendemain samedi mais je ne désarme pas : j’enfourche mon bon vieux destrier pour vaquer à mes occupations. En fin de journée, après avoir empli ma besace de nourriture je pointe mon nez à l’éloge du Vin le caviste de la rue Tolbiac. Ne souriez pas je cherchais Tombé du ciel de Rivaton que j’ai trouvé super bon. Le jeune caviste qui venait juste de décrocher le téléphone se méprenait sur ma demande. Compréhensible avec cette météo, nous rigolâmes de la méprise mais en l’absence de mon chouchou il me proposait un petit dernier arrivé : Cheyenne, un prix doux 5,30€ et une étiquette qui me plaît. Emballé c’est pesé, je repars avec le flacon. Achat d’impulsion sur le conseil d’un gars à qui l’on fait confiance c’est confortable.

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Mais comme vous le savez, vous qui me suivez depuis des années, me supportez aussi, dans les deux sens du terme, le Taulier est en permanence connecté. Cheyenne ça lui inspire les Grandes Plaines de l’Ouest américain et c’est alors qu’il se souvient d’un bouquin, acheté à Ajaccio, qu’il a lu et beaucoup apprécié Tueur de bisons de Frank Mayer chez Anarchasis 14€.

9782914777681.jpgLa Conquête de l’Ouest, les westerns, les cow-boys, les Indiens, les saloons, les colts, les winchesters, le chemin de fer, les tuniques bleues, et les bisons. Dans l’Homme qui tua Liberty Valance de John Ford 1962, un des héros déclare « Ici Monsieur c’est l’Ouest. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende. » Rassurez-vous, je reviendrai à mon Cheyenne vin de pays de la Principauté d’Orange, mais avant cela je souhaite faire un petit accroc à la légende pour vous conter l’extermination du bison. L’industrie et la mort, par le truchement d’un petit artisanat, celui des « coureurs » de bisons. Frank Mayer, raconte sans fard, sans détour, avec une effarante irresponsabilité « ce désastre écologique sans précédent ; pour nombre de personnes (les Indiens des Plaines au premier chef), un cataclysme social, culturel, politique, psychologique même, dont on peine à prendre la mesure. » Mayer est un simple businessman qui fait tourner sa petite entreprise de 4 ou 5 employés. Il fait de l’argent en tuant. « Les chemins de fers se chargeaient su transport vers l’Est des peaux, de la viande et des os. Pour les lobbies financiers comme pour les chasseurs itinérants, tout était affaire de profit immédiat. »


Le colonel Richard Irving Dodge, dans Our Wild Indians, en 1884, note « Là où l’année passée se trouvaient des milliers de buffalos, il y avait maintenant des milliers de carcasses. L’air était empli d’une puanteur nauséabonde, et les Grandes Plaines, qui à peine onze mois plus tôt grouillaient de vie animale, étaient désormais un désert mort, solitaire et putride. »


« Entre 1860 et 1880, les USA avaient vu leur population augmenter de 20 millions de personnes ; c’était le temps de la conquête foudroyante des territoire à l’ouest du Mississipi. Les ruées vers l’or, le cuivre ou l’argent, vers les « terres vierges » se succédaient à un rythme effréné, accompagnées par la traversée de part en part du continent par le chemin de fer, par l’enfermement des Indiens dans les réserves, la fondation d’innombrables villes nouvelles, de développement de l’élevage et de l’agriculture extensifs dans les Grandes Plaines. Des bouleversements brusques et d’une rare violence. Un monde se transformait, suivait les rails de la Civilisation en marche. Et dans cet élan, le bison fut emporté.


On dénombre à peu près 10 à 12 millions de têtes vers 1870*. William T. Hornaday, zoologiste et taxidermiste, directeur du Zoo du Bronx à New-York et proche du Gouvernement, dans son recensement pour son étude The Extermination of the American Bison publiée en 1889, en compte tout juste quelques centaines. » * Ce chiffre est très controversé et difficilement vérifiable : on a parlé de 2à, parfois de 60 millions. Les études le plus complètes, qui se fondent sur des analyses climatiques, écologiques, biologiques et sociales (l’importance des chasses des Indiens des Plaines) conduisent à estimer que le nombre ne pouvaient excéder 15 millions car le troupeau n’aurait pu disposer des espaces de pâturages nécessaires pour survivre. »

Voilà, ce détour m’a semblé en valoir la peine et je ne sais si les créateurs de la chaîne Buffalo Grill, avec leur enseigne débile, ont un seul instant pensé qu’ils mettent en avant l’extermination du bison, la disparition d’une espèce vivante « dont les ossements qui blanchissaient les plaines pour qu’ils soient recyclés en engrais ou en colle. »

Chaissac-017.JPGRevenons à notre Cheyenne, vin de pays du comté d’Orange, dont l’étiquette m’a séduit par son graphisme, ses couleurs et son petit cheval qui se trouve être un cheval sauvage qui galopait jadis dur la terre qui produit maintenant les raisins Syrah, Carignan et Grenache dont ce vin est issu. Comme toujours je suis allé sur le site pour me renseigner  www.hautescances.com et le texte de l’accueil m’a beaucoup plu. Le voici.

 

« Nous n’étions pas destinés à devenir vignerons et pourtant voilà maintenant neuf longues années que nous avons décidé, Jean-Marie et moi, de prendre le témoin qui nous était tendu. Longues ces années, oui, car nous avons été écrasés de travail, heureusement, les vignes nous ont rendu au centuple les efforts fournis.


La création de ce site me pousse à chercher les réponses à une question essentielle : pourquoi tout cela, pourquoi ce virage à 180° ?


Ma mère, fille et petite-fille de paysans courageux et volontaires avait, par son mariage avec mon médecin de père, orienté ma destinée vers la médecine. J’ai donc suivi le chemin tracé avec enthousiasme, puis est venu le moment où il a fallu décider de l’avenir de la propriété qui m’était généreusement transmise. Deux décisions étaient possibles : fallait-il vendre ou reprendre ?


Ces vignes que j’avais jusque-là presque ignorées me renvoyaient de plein fouet le souvenir de toutes les générations qui s’étaient succédées pour me transmettre ce patrimoine. Il me fut alors impossible d’abandonner la tâche que je me devais d’accomplir.


Mais là n’est pas toute la réponse, autre chose m’a poussé à reprendre la propriété, le désir de donner à Jean-Marie l’occasion de s’accomplir dans un travail manuel et créatif qui serait un complément à la dimension uniquement intellectuelle de son métier. Mais nous avons rapidement compris, qu’à terme, il lui serait impossible de mener les deux tâches de pair, aussi, en Juillet 2000, a-t-il quitté la Psychiatrie avec un pincement au cœur.


Si vous passez par Cairanne, vous pourrez le rencontrer au milieu de ses vignes ou dans sa cave, il ne vous parlera pas de lui mais de ses vignes et de ses vins, de ses vins qui lui ressemblent et, en particulier, de son "Col du Débat".


Nous avons deux enfants, pour l’instant la vie les porte ailleurs qu’à Cairanne, qu’en sera-t-il dans quelques années ? Je souhaite que leur choix soit personnel et qu’ils ne ressentiront aucune obligation à continuer ce que nous avons commencé. Il est tellement important d’aller au bout de ses passions. »


Anne-Marie Astart, le 8 Janvier 2001.   

 

Le vin, ce petit vin du comté d’Orange est une petite merveille de fruit, croquant, le genre qui se boit tout seul, rieur, capable de vous réconcilier avec le ciel en ce jour de votation bien venteux. À inscrire sur vos tablettes sans hésitation.

 

DOMAINE LES HAUTES CANCES

Quartier les Travers

84290 CAIRANNE

Caveau (tél / fax / rép) :    +33.(0)4.90.30.76.14

Tél. cave :      +33.( 0)4.32.85.02.91

E-mail :         contact@hautescances.com

Coordonnées GPS du caveau :     Latitude : N 44°13'41"

Longitude : E 4°56'01"

 

« Les Cheyennes sont une nation amérindienne des Grandes Plaines, proches alliés des Arapahos et généralement alliés des Lakotas (Sioux). Ils sont l'une des plus célèbres et importantes tribus des Plaines. Dans leur langue maternelle, ils se nomment « Tsitsistas ». La nation Cheyenne est composée de l'union de deux tribus, les Tsitsistas et les Sotaae'o. Elle incluait dix bandes, dont les territoires s'étendaient sur l'ensemble des Grandes Plaines, du sud du Colorado aux Black Hills dans le Dakota du Sud. Au début du XIXe siècle, la tribu s'est séparée en deux groupes : celui du sud restant près du fleuve Platte et celui du nord vivant près des Black Hills à proximité des tribus Lakotas. 

Les Cheyennes du Montana et de l'Oklahoma parlaient tous deux la langue cheyenne, avec seulement quelques éléments de vocabulaire différenciant les deux groupes. La langue cheyenne est une langue tonale faisant partie du grand groupe des langues algonquiennes. » Wikipédia             

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 16:00

photoVc3Hier, face à l’entrée de la Grande Epicerie du BM je n’en crus pas mes yeux lorsque au-dessus de l’entrée je contemplais une immense affiche aux couleurs de la célèbre Veuve Clicquot Ponsardin (plutôt orange que jaune) annonçait : la Ponsardine avec tous les attributs d’une boîte qui se voulait de sardines même si le format fait plutôt penser aux maquereaux au vin blanc. Bref, je suis entré et j’ai pris des photos en loucedé (c’est interdit à la Grande Epicerie). Elles ne sont pas d’une grande qualité mais ça vous permettra de vous faire une idée.

photoVc1.jpgBon, je ne vais pas jouer les vierges effarouchées puisque je compte beaucoup d’heures de vol. Donc pas de mise en boîte du Taulier mais en dépit des explications données ci-dessous sur le site du BM je m’interroge : qu’en pensez-vous ?

photoVc2.jpgVous connaissez mon amour des sardines link, et quoi qu’en disent les gars ou les filles du marketing de VCP je ne suis pas très raccord. Ceci écrit j’en parle et ce doit-être le but de la manœuvre sauf que cet objet n’est vendu qu’à la Grande Epicerie. Les semelles de crêpes du VIIe seraient-ils sensibles à cet humour un peu tiré par les cheveux ? Je ne crois pas, tout ça c’est pour les touristes. Si VPC a besoin de ça pour vendre grand bien lui fasse. Moi j’achète du champagne.

photoVc4.jpgLa boîte « Ponsardine » par Veuve Clicquot Ponsardin

 

« La célèbre marque de champagne Veuve Clicquot Ponsardin a choisi d'habiller ses mythiques bouteilles dans de grandes boîtes semblables à des boîtes de sardines. Un clin d’œil réussi au blason de la famille Ponsardin, orné d'un pont au-dessus duquel se trouve une sardine.

La boîte « Ponsardine » à la couleur jaune, une des principales marques de reconnaissance de la Maison de champagne, habille la bouteille tel un écrin.

Nous vous invitions à découvrir ce tout nouvel étui chic et décalé, au sein d'un espace entièrement dédié à la marque de champagne Veuve Clicquot Ponsardin.

 

Exclusivement à La Grande Epicerie de Paris, 47 € l'unité. »

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 00:09

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Mon amie Eva très jolie m’avait conviée à une dégustation de bières du côté de Bonne Nouvelle. Il pleuviotait. J’arrive comme un vieux matou trempé au milieu d’une grouée de filles. Nous nous attablons et un maître dégustateur de bière nous initie à cet art inconnu. Pour faire dans le ton de la gente féminine présente plutôt portée sur le miam nous eûmes droit au désormais incontournable accord mets-ici bière. Des sushis donc. L’irruption tardive d’Isabelle la cathodique à mes côtés ne réussit pas à me troubler. Discipliné j’ai goûté. Mais comme mes chères consœurs, dans un bel élan, ont conté par le menu la séance, fort intéressante, j’ai décidé d’aller sur un autre terrain qu’elles. Faut pas lasser !

photoBiere3.JPGPour attester que vin et bière viennent quasiment du déluge j’ai emprunté à Outa Napishtîm, le Noé sumérien, mon titre. Celui ayant construit sa fameuse arche fait cette confidence à Gilgameh « J’ai offert aux artisans le jus des vignes, le vin rouge et le vin blanc, et aussi de la bière pour qu’ils en boivent. »


En interdisant la viticulture dans les régions de Gaule aptes aux céréales, afin de protéger les vignobles de la péninsule, l’empereur Domitien ne le fit pas exprès mais son arrêté fut pour beaucoup dans le développement de la bière dans la partie septentrionale de la France. La bière, qui n’était alors que cervoise (ce fut « un mot nouveau qui correspondait à une technique nouvelle »l’introduction du houblon) appellation usitée jusqu’au  XVIe siècle, était une préparation artisanale, voire ménagère. En 1600, Olivier de Serres constatait que « le temps de ce mesnage n’est restreint à certaines saisons de l’année vu que on a du blé ou orge dans son grenier. Alors que la réussite du vin est liée périlleusement au raisin (que l’on n’entrepose pas d’une saison à l’autre). Tous grains bons au pain sont aussi propres à la bière. »


« cependant, en dehors des territoires vraiment méditerranéens où tout le monde buvait du vin, du meilleur au pire selon ses moyens, de la Loire à la Baltique le choix de la boisson (bière locale donc bon marché, ou vin local ou importé mais toujours plus onéreux) relevait en quelque sorte de la « conscience de classe », comme le fait remarquer Léo Moulin, puisque la voix de cette conscience parle souvent du fond des porte-monnaie : « Il y a des boissons nobles, le vin. Et des boissons roturière, la bière. » et Moulin de de nous citer ce petit poème du XIIe siècle, extrait du Livre de vie et de mort :

 

Li povre vont à la cervoise / Si elle bone, il i font grande noise / Et li plus rike vont au vin / U a mies ou a lewekin.

 

Nota : la mies est une petite cervoise légère et le lewekin une cervoise forte et sirupeuse.

L’histoire de la bière est passionnante mais il me semble, qu’en dehors de notre Léon national, peu d’entre vous savent comment on élabore la bière. Je vais donc vous faire progresser pas à pas dans le processus de fabrication de la bière : 13 stations :

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1-      Le stockage prolongé du grain (orge, blé, riz, mil…) ou du manioc…pour qu’il termine sa maturation en développant des amylases dont lerôle est important au cours de la germination.

 

2-    Les trempages alternés avec des séchages, douze fois de suite en 90 heures, gorgent le grain d’eau très pure jusqu’à saturation.

 

3-    La germination durant 30 heures sur des trémies dans une atmosphère chaude et humide qui permet aux amylases de digérer l’amidon pour le transformer en sucre. On obtient ainsi le malt.

 

4-    La dessiccation dite aussi touraillage, arrête la germination et bloque la fabrication des sucres à un point précis sous un air très sec et très chaud. C’est à ce stade que le malt est plus ou moins rôti et que le bière prend sa couleur et sa douceur ou son amertume.

 

5-    Le dégermage fixe le goût de la bière en éliminant l’âpreté due au tanin des germes.

 

6-    Le broyage réduit le malt en farine.

 

7-     Le brassage : opération majeure où l’on mélange et on remue le malt soit en infusion dans de l’eau de plus en plus chaude jusqu’à 75°, soit en décoction par ébullition d’une proportion du malt reversée sur l’infusion dissolvant parfaitement les sucres.

 

8-    Le premier filtrage élimine les déchets et affine les moûts épais (les drèches)

 

9-    Les lavages à l’eau très chaude rincent bien les drèches et l’on rajoute le filtrat au premier filtrage.

 

10- L’ébullition voit la stérilisation définitive des amylases et l’adjonction du houblon au moût, tiers par tiers, pour obtenir à chaque fois une quintessence différente.

 

11- La fermentation, après plusieurs nouveaux filtrages, en cuves ou « guilloires » se fait « haute » lorsque le refroidissement est conduit jusqu’à15° maintenus pendant 5 jours, ou « basse » à 6° pendant 8 à 10 jours. La bière bout, les bulles se forment.

 

12-L’ensemencement se fait alors avec de la levure délayée, préparée avec des races de bactéries sélectionnées selon les goûts recherchés de la bière.

 

13-La garde en foudre de chênes qui permet à la bière de vieillir pendant 2 à 3 mois puis on la met en tonneaux, en futs ou en bouteille après une ultime filtration.

birere-lakepeople-sxc.jpg Quelques points importants :

 

1-      La pureté de l’eau : pour les amateurs, chaque source imprime à la bière son cachet, et l’on parle de crus reconnaissables par les palais des connaisseurs.

 

2-     Le degré d’alcool dépend de la fermentation plus ou moins poussée. Le dgré n’est pas un critère de qualité pour une bière.

 

3-     La couleur est fonction du touraillage, dessiccation brutale du malt, et de la torréfaction.

 

4-     Le rôle du houblon est important et composé. Les « cônes » utilisés sont des fleurs femelles renfermant des résines antiseptiques responsables de l’amertume, mais aussi des huiles essentielles apportant le « bouquet » (doux, fruité, ou « vineux »).

 

5-     La pasteurisation la plupart des bières de grande diffusion sont pasteurisées. Pour les amateurs, seule la bière fraîche et vivante est de la vraie bière mais elle se transporte et se conserve plus difficilement.

 

6-     La mousse : elle couronne le verre et développe les aromes. Pour les amateurs elle permet de juger de la qualité du produit : tenue, finesse et persistance sont autant de critères. Certaines mousses de grandes bières peuvent tenir un quart d’heure.

 

Les photos sont l'oeuvre d'Isabelle la Cathodique

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 00:09

 

Chaissac-022.JPGMes très chères amies blogueuses,


Je vais vous faire une confidence matinale : de mon temps, comme disait souvent ma grand-mère, il était un constat qui, dans la bouche d’une belle-mère, à propos de sa bru, me faisait toujours sourire « Elle travaille… » sous-entendu la femme de mon fils quitte son foyer chaque jour pour aller gagner sa vie comme un homme.


Dans sa préface de l’excellent livre de Vanessa Postec Le goût des femmes à table chez PUF 14€, le directeur de la collection Le Manger vrai Marc de Champérard écrit « dans les couples français, la cuisine était une affaire de femmes, la reléguant aux tâches aux tâches soi-disant subalternes : faire le ménage, torcher les gamins, arroser les fleurs, j’en passe et des meilleures.


Est-ce toujours le cas ?


Vanessa Postec, jeune mère qui vit en couple, vous apporte sa réponse. (je commettrai une petite chronique dès que mes vaches iront au pré).


Qu’en est-il aujourd’hui de la transmission orale du savoir gourmand de mère à fille ?


En se libérant, les femmes n’ont-elles pas privilégié les plats industriels tout prêts à la cuisine de nos jardins, de notre élevage, dans la ligne d’une tradition française qui fait de notre pays la première nation gastronomique d u monde ?


Alors, faut-il plaindre les générations futures ?


Est-il vraiment important que les bons petits plats de nos grands-mères aient été remplacés par l’industriel congelé paraît-il libérateur ? »


Que de questions mes belles, mais rassurez-vous je ne vous y soumets pas et, n’ayant pas de vocation de sociologue ménager,  je n’enquêterai pas auprès de Laurent, d’Alex  et d’Antonin pour déterminer qui tient le balai, fait le lit, les courses, étend le linge, repasse et se penche sur les fourneaux. Tout ce que je sais de vous c’est qu’Eva a une belle descente de quilles qui ferait se pâmer beaucoup de vignerons , qu’Isa à un coup de fourchette qui mettrait en déroute une escouade de Tartares et que Samia sait infuser à ses plats des sentiments qui vont de l’enfer au paradis.

Chaissac-001.JPGEn m’adressant à vous à l’heure du petit déjeuner – tient pendant que j’y pense les copines je ne lis pas beaucoup de chroniques sur ce moment important de la journée. Va-t-il falloir que le taulier s’y colle ? – je ne fais que passer les plats. Josy Ambroise-Thomas dans son Avant-Propos à son opus, écrit en 1948, Le Livre de cuisine des petites filles, se livre à un plaidoyer qui est une belle illustration du chemin parcouru depuis lors. À vous de me dire, si ça vous chante, le chemin qui reste à parcourir mais, pour ne rien vous cacher, ce qui me porterait au sommet de la volupté c’est que vous syndiquiez vos talents pour me concocter un festin de vos belles mains avec bien sûr de grands accords mets-vins ! Vous imaginez la chronique qui ensuivrait, une première sur la Toile qui ferait rougir Face de Bouc. Ce serait Grand  car à vous trois vous assemblez un triple A !

Chaissac-002-copie-1.JPG« Un livre de cuisine pour les petites filles ?À quoi bon ? Nos filles ont maintenant tant de leçons à apprendre, tant de cours divers à suivre, sans compter le tennis et les autres sports. Elles peuvent à peine jouer quelques minutes dans une journée ! Leur enseigne-t-on, comme à leurs grand-mères et leurs mères, à coudre, à tricoter ; à raccommoder ? Non, elles n’en auront pas besoin. Quand elles seront grandes, elles deviendront médecins, avocats, ingénieurs, usiniers, comme leurs frères. Les besognes ménagères seront faites par les employés.


En êtes-vous bien sûrs ? Et croyez-vous que les jeunes filles actuelles qui s’habillent sèchement en garçon, fument comme des garçons et ne s’intéressent, n’ont l’air de s’intéresser, qu’à des choses de sport ou à des questions techniques ardues, réalisent le rêve d’un homme ?


Que deviendra la famille dans les ménages où la  femme sera médecin, par exemple, et le mari ingénieur ? occupés l’un en dehors du foyer, l’autre dans un cabinet professionnel d’où la famille est bannie ? Les enfants laissés à la garde des domestiques ?


-         Croyez-vous qu’une mère pourra former l’âme et le cœur de ses enfants si, tout le jour, elle est prise par un travail absorbant ?

 

La femme est à sa place dans sa maison. Plus elle est instruite, intelligente et courageuse, plus elle saura rendre les siens heureux.

 

Son rôle n’est pas le même que celui de son mari. À lui le soin d’amener le blé au moulin ; à elle de le faire tourner, sans perdre la farine.

 

Et croyez-vous que toutes les jeunes files de France soient ainsi masculinisées ?

 

Je suis sûr que non. Je connais de plus instruites que leur grand-mères et leurs mères, car elles sont bachelière et même licenciées, qui cependant ne dédaignent pas le rôle de la femme : assurer le bien-être et la grâce dans la maison ; remplacer la servante absente le cas échéant, et ce cas est fréquent à l’heure actuelle.

 

Personne ne peux plus se faire servir comme autrefois. L’exigence de la vie supprime dans bien des ménages ce rouage essentiel : la bonne.

 

Les jeunes filles ont raison, parce que l’existence facile d’autrefois ne reviendra plus, de s’instruire, d’apprendre assez pour remplacer leur mari si le malheur le fait disparaître ; pour subvenir seules à leur existence si elles n’ont pu se créer un foyer.

 

Mais les sages sont celles qui, ayant appris, gardent leur savoir en réserve, l’utiliseront seulement s’il en est besoin, et soignant leur maison, leur famille, créent la joie et le bonheur autour d’elles.

 

À celles-là, je dédie ce livre. Qu’elles laissent leurs fillettes – dix, douze, treize ans – jouer à la ménagère, les aider dans leur tâche quotidienne. Toutes les petites filles devraient savoir préparer des hors-d’œuvre, arranger un joli dessert, exécuter quelques plats simples. Je suis certaine que beaucoup d’entre elles s’amuseront en les préparant.

 

C’est excellent de faire quelque chose d’utile en s’amusant.

 

Ne dédaignez pas la cuisine, mes petites filles c’est une occupation très intéressante et

c’est un art, oui un art, et un art bien français. Il y a eu, il y a des cuisiniers de génie.

 

La gourmandise n’est un défaut que lorsqu’elle est excessive et si les gourmands peuvent être égoïstes, ils ne sont jamais méchants.

 

Un bon repas rend joyeux, indulgent, aimable. La réunion de la famille autour de votre plat « apprécié » sera pour vous une jolie récompense.

 

Et si, d’être cuisinière, quelqu’un d’autorisé l’a écrit, cela développe l’esprit, vous serez plus tard des maîtresses de maison spirituelles et des femmes précieuses. »

 

Mes très chères, comme je ne suis pas Marxiste tendance Groucho, je ne vous dirai pas comme lui que « Les grandes guerres sont celles qui sont menées entre les sexes plutôt qu’entre les nations… » que « Les hommes et les femmes ne s’aiment pas et ne se fréquentent que pour des motifs sexuels. » et que « Sinon, les hommes éviteraient les femmes comme la peste. »


Non, je vous citerai Vanessa Postec qui note que dans la nouvelle génération « ces presque trentenaires se partagent les casseroles sans se marcher sur les pieds, les jeunes hommes cuisinant presqu’autant (à 82%) que leurs petites camarades, qui sont 84% à voir dans la poêle à frire autre chose qu’une arme blanche. »


Voilà les filles, il faut que je vous laisse aller travailler. Grosses bises et à bientôt pour des agapes joyeuses et bien arrosées.


Le taulier recyclé en défenseur des jeunes femmes qui ne sont pas au foyer

 

PS. Eva, Isa, Samia, sont devenues amies un peu par mon entremise.

 

La photo des 3 Quilles est un clin d’œil aux 3 filles qui s’identifieront en l’une d’elle. Le choix des flacons ne correspond à aucune sorte de hiérarchie mais à un code secret que je laisse à mes chers lecteurs le soin de retrouver.

-         Alsace Grand Cru Furstentum Pinot Gris 2009 Albert Mann

-         Bordeaux Supérieur la bouteille d’Elwan 2009 Domaine de la Vrille Têtue

-         This Side Up® Cidre 2010 de Cyril Zang

Chaissac-027.JPGChaissac 024Chaissac-023.JPG

Eva chronique sur www.oenos.net et une fois par mois chez le Taulier : le vin du mois d’Eva.

 

Isa chronique sur www.leboutdemalangue.blogspot.com

 

Samia chronique sur http://cuisineetsentiments.wordpress.com/  

 

Elles sont toutes les 3 sur Face de Bouc (appellation popularisée par Isa) et si un jour je les retrouve toutes les 3 ensemble, par exemple le jour du Grand Festin du Taulier, je vous promets une photo de groupe.

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 16:00

800px-Arago_medallion_Paris.jpgEstimations, projections, votations, tensions… un dimanche venteux… pluvieux… le temps est suspendu… Je suis allé voter dans le bureau n°26 du boulevard Arago tout près de la place de l’Ile de Sein, là où tous les soirs les Restos du Cœur servent des repas, et où la statue de François Arago fondue par l'occupant allemand pendant la Seconde Guerre mondiale pour fabriquer des canons n’a pas a été remplacée. En 1994, un hommage à Arago fut proposé par l'artiste néerlandais Jan Dibbets. Il prend la forme de 135 médaillons de bronze. Dibbets évoque ainsi la personnalité commémorée : François Arago a travaillé sur le système métrique, lié à la mesure du méridien de Paris et il reprend un matériau traditionnel des statues, tout en n'étant délibérément pas monumental. 134 de ces médaillons sont donc placés sur le tracé du méridien de Paris, du Nord au Sud de Paris, et sont incrustés dans le sol, tandis qu'un dernier médaillon est scellé à la verticale sur le socle de l'ancienne statue de François Arago.

Chaissac-031.JPGSur le coup de midi alors que les électeurs semblaient ne pas bouder les urnes il me prit une envie irrépressible de tarte aux pommes. J’allai donc acheter des pommes rue de la Glacière, des clochards ! De retour, pétrir la pâte de mes mains, éplucher les pommes, allumer le four, manier le rouleau à pâtisserie, trancher les pommes, les disposer sur le fond de pâte piquetée, enfourner la tarte, ranger mon fourbi et déjà s’épandait dans la cuisine les parfums mêlés de froment cuit et de pommes chaudes. Un petit coup d’œil de temps en temps et il était temps de sortir ma tarte du four. Démoulage impeccable, une petite photo sur la table et les premières parts de cette tarte impromptue, faite à la main, sans artifice, donnaient à ce dimanche ce qu’il fallait de sérénité, un petit côté popote loin des rumeurs et des fureurs de la soirée. Un délice cette tarte, avec un petit coup de Zang, pas difficile à contenter le Taulier, il en vu d’autres…220px-Monument_Arago.jpgChaissac-023-copie-1.JPG

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 00:09

 

Ay-015.JPGLundi matin, le roi, la reine et le petit prince… je rembobine… le taulier, sa petite auto et son autoradio ont mis le cap sur l’est, direction Aÿ-en-Champagne. Fait frisquet mais beau et la petite auto noire s’échappe de Paris sans subir le coup de bouchon. Le bel Olivier lui avait donné sa feuille de route alors le Taulier se gavait de musique sur l’autoroute. En chemin ses vaches à lait le rattrapaient et dans l’habitacle de la Twingo, à la voix d’Alanis Morissette succédait une causette (kit mains libres) avec sa Perrette au pot au lait préférée. Il obliquait vers Epernay. Au bout d’un chemin de vignes, descendant d’un coupé Mercédès noir une dame, type permanente platinée, déposait dans un bac prévu à cet effet ses déchets ménagers. La vallée de la Marne, et oui, toute honte bue, le Taulier allait vers Aÿ pour la première fois de ma vie. Des excuses il en avait, ses pas l'avaient toujours conduit, dans sa longue carrière, plutôt vers la déshérence que l’opulence. Que Ghislain lui pardonne il promet de s’inscrire aux cours de rattrapage où il promet de ne point ramener sa fraise sur le béton des droits de plantation. Bon, il trouvait le moyen de se perdre dans Aÿ qu’est la banlieue d’Epernay mais la dame avec sa drôle de voix lui dictait le droit chemin pour gagner le Castel Janson où se tenait la manifestation d’une bande organisée.champagne-001.JPG

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Selon une jurisprudence bien établie le bel Olivier manquait à l’appel. Normal sous ce climat, l’olivier craint le gel. Seul et abandonné il entrait donc de plain-pied dans « terres et vins » et allait saluer l’ami Pascal Agrapart qui arborait l’avatar de la manifestation : le pull marin. Ensuite il allait claquer la bise à l’ami Boulard qui lui avait omis de ceindre sa taille de chanoine des rayures susdites. En bon politique le taulier serrait des pinces amies  dont celle de Paco d’Ivry. Comme on était sur le coup de midi il apaisait son estomac qui criait famine en se tapant un fromage de tête de première bourre alors qu’Olivier et un petit coup de rouge manquaient à l’appel. Ce n’était pas tout ça il lui fallait justifier mes kilomètres et jouer au maître dégustateur de vin clair.

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Ha, le vin clair ! Pour les loulous et les petites louves qui se prendraient les pieds dans les qualificatifs : ce n’est pas un vin jaune qu’aurait éclairci (je dis ça pour signaler que j’ai bavardé avec Olif descendu de sa montagne pour gagner la Marne). Donc, pour faire simple c’est du vin de champagne qui n’est pas du Champagne mais qui va se faire des bulles en bouteille. Comme l’Olivier manquait toujours à l’appel pour guider mes pas je pensais que ce n’étais pas François Audouze qui allait le suppléer vu qu’il n’aime que les vins vieux. Bref, j’engageais ma virée dans la plus parfaite discrétion. À l’entrée il m’avait été remis un verre, un petit carnet vierge et un crayon : qu’allais-je en faire ? Pour le verre pas trop de soucis, j’ai assimilé les fondamentaux du craché sauf qu’il y a toujours devant les vasques prévues à cet effet d’éminents confrères qui, s’estimant incontournables, ne daignent pas bouger leur postérieur pour laisser libre l’accès. Un de ces 4 je leur enverrai un petit jet sur leurs grolles pour leur apprendre la politesse.


Ô surprise j’ai pris des notes mais après avoir lu les commentaires des experts de la LPV link mon front s’est couvert de honte, que je n’ai pas bue, mais si le mercredi des cendres avait eu encore court j’aurais recouvert ma tête de celle des sarments des vignes de David Léclapart car ils sont en contact direct avec la lune. J’aurais été biodynamisé, ce qui pour un Taulier, qu'est l’amortit et quasi-obsolète, eut été l’équivalent d’une triple dose de DHEA. Bref, comme je me tamponne le coquillard des polémiques sur la biodynamie (pardon David c’est l’Olivier, qui s’est fait porter pâle, qui m’a présenté David Léclapart), Steiner connais pas, j’ai décidé de vous faire part du plaisir que j’ai eu de retrouver David Léclapart à Aÿ (même punition, même motif, pour mes autres amis vignerons rencontrés à Aÿ, mais il leur faudra attendre que ma plume s’exerce sur leur talent).

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« 3ème génération de vigneron, David Léclapart est formé à l'école d'agrobiologie de Beaujeu. Après s'être essayé dans différentes activités, il revient auprès de ses vignes et trouve son épanouissement, en particulier dans la biodynamie (depuis 1998). Son travail au cellier est à l'image de ses convictions viticulturales, il évite tant que possible d'intervenir dans la vinification. Il travaille aujourd'hui 2,75 ha sur le terroir de Trépail Premier Cru, dont 90% est planté en Chardonnay. Exception dans la Montagne de Reims, ce terroir possède un magnifique potentiel que David réussit parfaitement à révéler : puissance, minéralité et longueur sont les mots justes pour décrire les vins de ce vigneron tout aussi sympa que talentueux ! » 

 

« Pour moi, la biodynamie c'est le bon sens ! » Ainsi David Léclapart, résume-t-il au journaliste de l’Union ce choix, de rejoindre en 1998 le « clan » de la biodynamie. Clan, tant aujourd'hui encore (même si les mentalités évoluent bien) beaucoup lorgnent ces vignerons du coin de l'œil, comme s'il s'agissait d'illuminés. A ce propos, David précise tout de go : « Certes, je consulte le calendrier lunaire, mais mon premier réflexe, comme tout bon paysan, reste de regarder par la fenêtre et d'agir en fonction de la météo du moment ». Pour résumer donc : oui, la position des astres influence le travail en vignes et dans le chai; oui, David s'en inspire; non, ce n'est pas « sa bible viticole ».

 

« Profiter sans exploiter »

« Je suis un fermier-métayer, ayant choisi de vivre en harmonie avec la nature, profitant de ses atouts mais sans l'exploiter »

 

4 cuvées millésimées mais non-déclarées, on peut cependant connaitre l'année en regardant sur la contre-étiquette : "L.V02" indique le millésime 2002… Toutes ses cuvées commencent par la lettre A comme pour annoncer la naissance commune des champagnes et du métier de vigneron de David.

L'Amateur : 100% chardonnay vinifié en cuve. (n’était pas présent à la dégustation)

L'Artiste : 100% chardonnay ; 50/50 cuve et fût de chêne

L'Alchimiste : 100% rosé de macération (donc pur pinot noir) ; 24h avec trois pigeages. Le domaine est réparti à 90% chardonnay et 10% pinot noir

L'Apôtre : 100% chardonnay ; 100% fût de chêne. Un vin issu de la parcelle « Pierre Saint Martin », les vignes ayant été plantées en 1946.

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Pour cette dernière cuvée remarquable, usant de mon patronyme d’apôtre : Jacques le Majeur, je l’ai rebaptisée « Pierre Saint Martin n’a connue que le cheval… » Mais déjà, comme je suis un vieux cheval de retour, il fallait que je prenne le chemin du retour. Ce que je fis en oubliant de faire la bise d’au revoir à Francis mais bon, comme je lui ai promis d’aller faire de l’enjambeur dans ses vignes un de ces 4, je suis absous de ma faute. De toute façon je ne brancherai pas mon GPS vu que c’est fléché Via Francigena.

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Comme les lauréats des Oscars, des Césars, je remercie David Léclapart de son accueil souriant, je remercie mes groupies, je remercie tous les amis rencontrés, et bien sûr je ne saurais oublier le faux régional de l’étape le bien nommé Olivier Borneuf qui, tel un ange gardien, a su veiller d'en haut sur le pauvre taulier égaré en terre champenoise. Je reviendrai dès que mes vaches m’auront lâché la grappe. C’est promis les amis. Je donnerai une conférence de presse sur ce que je pense des droits de plantations (joke).

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 08:00

Chloé nous attendait à Fiumicino. Entouré de Francesca et de Lucia, sapées comme des princesses, je revenais en Italie sans vraiment trop  savoir ce que j’allais adopter comme stratégie pour garder le contact avec les BR sans me mettre du sang sur les mains. À Paris j’avais fait un retour remarqué à la grande maison où Marcellin, toujours obnubilé, voyait toujours des gauchistes partout. Ma hiérarchie, pour complaire au Ministre, montait en épingles le moindre incident, mais ici la braise, depuis la mort de Pierrot Overney, tué d’une balle en plein cœur, à Renault Billancourt, par un nervi de la direction, Jean-Antoine Tramoni, se résumait aux gesticulation de l’intelligentsia parisienne qui avait suivi son cercueil : André Gluksmann,  Jean-Paul Sartre, Simone Signoret, Jean-Luc Godard… Lors de l’enterrement Althusser avait dit « c’est le gauchisme que l’on enterre. » et il avait raison. Il était loin le procès de Le Bris et de Le Dantec, directeurs de la Cause du Peuple, inculpés pour provocation à divers crimes et délits et apologie de la violence. Comme l’avaient clamer les avocats, et le père Sartre, la France du président Pompe pataugeait dans une société sans âme, répressive et liberticide. Et pendant ce temps-là, on bétonnait.

 

 

Le référendum sur l’élargissement de l’Europe, voulu par Pompidou, sur lequel le « père Joseph » du Président, Pierre Juillet est en profond désaccord car il craint qu’opposants et mécontents ne se coalisent. Mécontent de ne pas être entendu, il retourne en Corrèze s’occuper de ses moutons afin de bien signifier qu’il n’aura aucune part de responsabilités dans ce qui se passera. Même, Jobert est sceptique « C’est un trop beau sujet pour passionner les foules qui sont persuadés qu’il est traité » observe-t-il. Chaban est lui subjugué par la proposition. Olivier Guichard doute sérieusement de l’opportunité de ce référendum et il prédit 40% d’abstentions. Le madré de Montboudif y croit lui car il espère attirer le Parti Socialiste dans un piège car, celui-ci, ne pourra pas se prononcer pour le non à l’instar du PCF. Il se plante le PS prône le vote blanc. Pompidou se fâche « Voter blanc, c’est bafouer la démocratie et commettre une mauvaise action. » Tout le monde s’en fout du référendum de Pompidou. Les résultats sont peu brillants, on est loin de « l’approbation massive » qu’espérait le Président. Avec 10 millions de voix, soit 6è,70% des suffrages exprimés le oui, certes l’emporte, mais il ne recueille que 36,11% des inscrits ; les abstentions atteignent le taux record de 39,55% et les blancs ou nus celui jamais vu de 7,10%.


Pierre revenu de ses terres ne contribue pas à restaurer la sérénité du président Pompe très sérieusement ébranlé. Plus que jamais il croit le moment venu d’exiger le départ de Chaban. Avec celui-ci il n’y va pas par quatre chemins « Certes, vous êtes gaulliste. Je n’en disconviens pas, vous l’êtes. Mais vous êtes aussi l’homme qui amène le socialisme en France. Un socialiste, un communiste, on sait ce que c’est. On peut s’en garder. Vous on ignore qui vous êtes. Vous avez livré la télévision à nos pires adversaires. Votre politique en toutes choses avantage des gens qui ne sont pas nos électeurs et qui ne vous en sauront aucun gré, tandis que notre clientèle traditionnelle se détourne ; que nous restera-t-il si vous poursuivez, Votre système contractuel est une catastrophe… c’est la dégradation de l’autorité, c’est l’engrenage qui conduit à sa ruine. Ce sera, pour finir, l’anarchie, à partir de laquelle tout deviendra possible à nos adversaires… » Derrière Chaban un certain Jacques Delors alors qu’un certain Jospin lui était derrière le cercueil de Pierrot Overney. Alors, très clairement c’était barre toute à droite, plus question de nouvelle société et le père Marcellin avait besoin de grain à moudre pour effaroucher le pharmacien de Saint-Flour et le charcutier de Montmorillon. Mes basses œuvres italiennes pouvaient toujours servir à l’occasion. Il me fut donc donné carte blanche

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