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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 16:00

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« Pour la première fois en France un essai clinique a été mené pour vérifier l’efficacité d’un médicament, le baclofène, contre la dépendance à l’alcool. Il s’agit d’une étude préliminaire, permettant d’affiner le protocole d’un essai plus large qui doit commencer au mois de mai. Ces premiers résultats, obtenus sur 180 patients, montrent un taux de réussite de 58%, ce qui est beaucoup plus élevé que les traitements aujourd’hui disponibles (entre 20 et 25% de réussite). » Plus de 20.000 personnes en France prendraient déjà ce médicament pour des problèmes d'alcool.

 

Comme vous le savez le baclofène est à l’origine un relaxant musculaire, prescrit aux paraplégiques ou aux patients atteints de sclérose en plaques. Je rappelle que c’est le Dr Olivier Ameisen, ancien alcoolique et cardiologue qui a véritablement lancé la controverse dans son livre Le dernier Verre (oui Léon je vais le poster) en révélant qu’ après plusieurs cures de désintoxication et plusieurs rechutes, il avait testé avec succès sur lui-même ce médicament générique qui n’est pas officiellement indiqué en France dans le traitement de l’alcoolisme. Les médecins qui le prescrivent se mettent donc hors-la-loi et beaucoup plaident, pour obtenir une nouvelle autorisation de mise sur le marché, un essai clinique vérifiant et quantifiant ses effets est nécessaire.

 

« Le Dr Renaud de Beaurepaire (Hôpital Paul-Guiraud, Villejuif), l’un des premiers à avoir prescrit le baclofène, et le Pr Philippe Jaury (université Paris-Descartes), ont recruté 181 patients, de gros buveurs prenant le baclofène. Après un an, ils ont évalué les effets du traitement. L’analyse a été possible pour 132 patients : 78 étaient devenus abstinents, 28 buvaient des quantités raisonnables d’alcool. De 80% sur les 132 patients analysés, le taux de réussite est ramené à 58% en tenant compte des patients pour lesquels l’étude n’est pas allée jusqu’au bout. La dose moyenne de baclofène de l’étude est de 129 mg par jour, ce qui est élevé. » En considérant comme échecs les patients perdus de vue, c'est à dire pour qui l'évaluation complète n'a pas pu être possible, le taux de succès atteint encore 58%. Ça permet de dire que ça marche mieux que ce qu'on a actuellement, souligne le Pr Jaury cité par l'AFP. En effet, le taux de réussite au bout d'un an de traitement avec les deux principaux médicaments aujourd'hui utilisés, naltrexone et acamprosate, est estimé entre 20 et 25%. Or, si ces résultats semblent confirmer l'efficacité du médicament, ils vont surtout permettre de poursuivre les recherches.

 

«Le baclofène est le seul médicament que je connaisse avec un schéma posologique aussi complexe», expliquait le Dr Beaurepaire à Sciences et Avenir en mars 2011 (lire Le phénomène blaclofène, n°769 link  ). « Pour certains, 30 md suffiront. Pour d’autres, il en faudra 400 mg. Ce n’est pas une question de corpulence, ni de poids, ni de degré d’alcoolisation. Il est impossible de prévoir la dose efficace».

 

Le baclofène en mettant fin à la sensation de « craving », ce besoin pressant de reprendre un verre et puis encore un autre (lire les témoignages recueillis par Sciences et Avenir link, ce médicament révolutionne le traitement de la dépendance. Il ne passe plus par l’abstinence complète. Il devient possible de boire un verre sans les enchaîner.

 

 

Sciences & Avenir.fr
20/03/12

Olivier-Ameisen_articlephoto.jpg

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 00:09

Pourquoi le Tarn ce matin ?

 

En effet, dans la France de la vigne et du vin le département du Tarn n’est pas inscrit au fronton (pas pu m’en empêcher même si cette appellation est entre le Tarn et la Garonne mais pas dans le Tarn) des lieux où prospèrent les appellations de prestige, il fait plutôt dans la roturière. Et pourtant, les amateurs savent mieux que quiconque qu’on y trouve d’excellents vignerons, des amis du taulier dont je tairais les noms afin de ne pas les compromettre, sauf celui de Michel Issaly qui m'a convié aux Rencontres Nationales des Vignerons Indépendants de France les 12-13 avril à Orange.

 

Et bien c'est à cause de mes vaches. Ces dix derniers jours ceux qui les élèvent dans le Tarn et le Sud-Aveyron faisaient l'objet de mes préoccupations. Qui allait ramasser leur lait ? Mes gars s'inquiétaient au téléphone. Même leur Préfet qui me donnait du Monsieur Berthomeu (sic) sans doute par effet de mimétisme. A force de jongler avec des millions de litres de lait au téléphone j'en devenais chèvre... Mais il ne faut jamais désespérer, il existe encore en notre petit monde des gens de bonne volonté. Je tairais leurs noms, ils travaillent pour de grandes entreprises, mais je les remercie du fond du coeur pour ce qu'ils ont su faire et qu'ils n'étaient pas obligés de faire.

 

 J'en reviens donc aux tables à sacrifices des premiers vignerons de , la Haute Vallée du Tarn qui se situe dans le Sud-Aveyron. Les limites administratives ne s’embarrassent pas toujours des subtilités de nos AOC : Saint-Affrique et Gaillac sont à la même longitude. Donc, en cette Haute-Vallée la tradition populaire appelait des monuments énigmatiques : les « tables à sacrifices ». 

Buoux-040.JPG

La plus célèbre d’entre-elles se situe au lieu-dit Savignac sur la commune de Saint-Affrique. Il s’agit d’une haute table de grès de plus de 3 mètres de longueur sculptée en forme d’écusson. Non loin de là, sur une crête rocheuse dominant le lycée agricole de Saint-Affrique, un bloc mal dégagé présente, dans sa partie supérieure, un grand bassin déversoir. Sur l’une des parois latérales du monument, deux têtes conjointes sont sculptées dans un style naïf. Il s’git d’un homme et d’une femme qui pourraient bien être les anciens maîtres des lieux. À Marzials, sur la commune de Montjaux, dans un petit bois de chênes, le promeneur pourra découvrir un bloc de grès de plusieurs tonnes dont la partie est évidée en forme d’écusson. Non loin de Candas, près de la source d’Aiguebonne, deux splendides bassins contigus, munis chacun d’un déversoir d’écoulement confirment que ce que les gens du cru nommaient « tables de sacrifice » sont des pressoirs ou fouloirs à vins du type le plus archaïque.

 

Ils sont antérieurs aux pressoirs à vis de bois, et « tout porte à penser qu’ils furent aménagés vers le Xe siècle sur les adrets viticoles, partout où la géologie du terrain le permettait. » Le professeur Enjalbert dans une étude parue dans la Revue du Rouergue montre « que l’augmentation de la population et une certaine spécialisation agricole favorisèrent le développement du vignoble sur les versants bien exposés » des vallées de la Muse, du Tarn et du Dourdou. « C’est alors que commencèrent à être édifiés les innombrables murs de vignes en terrasses qui, même en grande partie abandonnée, forcent encore l’admiration par la masse de labeur qu’ils représentent, et qui, des Gorges aux Raspes, constituent des ornements distinctifs du paysage de la vallée. »

 

« Voilà les plus anciennes traces du vignoble local, un vignoble dont la production était acheminée à dos de mulet vers les montagnes du Massif Central et qui, sans être très célèbre, prenait place néanmoins dans toutes les affaires locales. N’est-ce pas « un muid de vin clairet » de la vallée du Tarn que les consuls de Millau offrirent à Jean Chandos, représentant du roi d’Angleterre, lorsqu’il vint prendre possession de la ville en 1362 ? » 

 

Extrait d’un article d’Alain Vernhet chargé de recherches au CNRS Conservateur des Fouilles de la Graufesenque dans « les Bacchanales culturelles autour du pic st Loup » 1981-1982

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 08:00

La-Chapelle-003.JPGImaginez les rats des villes sans gaz, sans électricité, sans fioul, sans cheminée, sans charbon de bois pour leur barbecue, plus rien à brûler pour cuire leurs aliments… Ravage de René Barjavel 1943 chez Denoël  « Tout cela [...] est notre faute. Les hommes ont libéré les forces terribles que la nature tenait enfermées avec précaution. Ils ont cru s'en rendre maîtres. Ils ont nommé cela le Progrès. C'est un progrès accéléré vers la mort. Ils emploient pendant quelque temps ces forces pour construire, puis un beau jour, parce que les hommes sont des hommes, c'est-à-dire des êtres chez qui le mal domine le bien, parce que le progrès moral de ces hommes est loin d'avoir été aussi rapide que le progrès de leur science, ils tournent celle-ci vers la destruction. »


Tout est si facile pour nous tous : tourner le bouton, programmer le four, le commander depuis son IPhone… Les 4 i trépignent à la moindre rupture du faisceau ! Là, rideau, plus de lumière, plus de chauffage, plus de quoi recharger la batterie de son Ipad, Internet ne répond plus, nous voilà nus et « déjà des meutes de citoyens affamés commencent à attaquer les animaux au couteau. C'est la loi de la jungle qui s'empare de la cité… » Je décoconne me direz-vous ? Pas si sûr, nos grands systèmes intégrés peuvent s’effondrer tels des châteaux de cartes… et alors, n’en déplaise à mon cher lecteur Olivier Legrand, plus d’amis, plus de voisins, plus de collègues, c’est l’exode avec son lot de monstruosités… et sans doute aussi de beaux gestes isolés.


Revenons au feu, à la cuisson de nos aliments : hasard, accident, on ignore comment nos ancêtres ont pu découvrir que le cuit pouvait avoir de meilleur que le cru pour certains aliments issus de la cueillette, de la chasse, sans doute pour les viandes mastication plus aisée, digestion facilitée, goût plus agréable.


Quand l’homme a-t-il maîtrisé le feu ?

 

« Pour l’heure, la seule preuve acceptable de la domestication du feu est la découverte de véritables foyers aménagés. Alors que les premiers outils en pierre remontent à 2,5 millions d’années, les plus anciennes structures de combustion datent d’environ 450 000 ans. La grotte de Menez-Dregan, dans le Finistère, a livré plusieurs foyers dont le plus ancien remonterait à cette époque. Dans le gisement de Terra Amata (Alpes-Maritimes), plusieurs foyers (datés de 380 000 ans) étaient aménagés dans de petites fosses ou sur des dallages de galets. A partir de 350 000 ans, les traces de domestication du feu sont de plus en plus probantes et nombreuses. Par la suite, la fréquence des foyers augmente encore nettement, à tel point que, dans les habitats bien conservés, c’est leur absence qui paraît étonnante… »


La maîtrise du feu est importante dans l'évolution humaine car c'est l'une des premières preuves de notre humanité. En effet, l'homme est le seul animal qui a non seulement domestiqué le feu, mais qui a aussi été capable de le reproduire à volonté.


« Aux environs de 400 000 ans, avec l’apparition des premiers foyers aménagés, se développe vraisemblablement autour du feu une vie sociale plus organisée. Le feu a été un formidable moteur d’hominisation. Il éclaire et prolonge le jour aux dépens de la nuit ; il a permis à l’homme de pénétrer dans les cavernes. Il réchauffe et allonge l’été aux dépens de l’hiver ; il a permis à l’homme d’envahir les zones tempérées froides de la planète. Il permet de cuire la nourriture et, en conséquence, de faire reculer les parasitoses. Il améliore la fabrication des outils en permettant de durcir au feu la pointe des épieux. Mais c’est surtout un facteur de convivialité ». Henry de Lumley 2004.

 

Comment faire du feu ?

Seuls deux moyens simples ont été recensés pour allumer un feu...

 

La percussion

« Trois éléments sont nécessaires pour allumer un feu par percussion : du silex, un minerai de fer (de la pyrite ou de la marcassite) et un initiateur (un végétal ou un champignon). La percussion du silex sur le minerai de fer (comme avec un briquet) éjecte des étincelles sur l'initiateur et durent pendant 2 secondes. C'est un temps suffisant pour provoquer des braises qui seront  ensuite entretenues avec des herbes sèches.

 

La friction

« Cette méthode ne nécessite que deux morceaux de bois. Le frottement de l'un sur l'autre génère un tas de sciure échauffé. Ce "nid" de chaleur va générer quelques braises... qui permettront d'allumer des brindilles sèches... »

Bien sûr, rien ne vaut du bois mort et le choix des espèces de bois compte beaucoup selon que l’on souhaite un feu vif ou une combustion lente.

La-Chapelle-002.JPG

Tout ça pour en arriver aux 4 modes de cuisson de nos aliments :

1-      Dans l’eau qui bout ;

2-     Dans la graisse qui fume, l’huile bouillante ou le beurre qui grésille ;

3-     Devant le feu ou dans une enceinte close chauffée mais sèche : la grillade et le rôti ;

4-      Dans une marmite close : cuisson à l’étouffée.

Dans une cheminée on peut aussi cuire sous la cendre : pommes de terre, châtaignes ou truffes…

 

Pour la viande la cuisson à l’eau qui boue c’est : le bœuf à la ficelle !

Du côté de la friture je penche pour celle d’éperlans !

La grillade c’est soit des sardines sablaises ou des côtelettes d’agneau de pré-salé !

Pour le four ce sera le poulet du dimanche cuit à la broche !

Et pour la cuisson à l’étouffée : de la joue de porc !

 

Tout ce feu m’a donné soif je vais m’ouvrir de quoi l’étancher…

 

Les photos sont celles de la cheminée et de la cuisine de mon château au temps où j'étais châtelain dans les bois... les peintures sont de ma main...

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 00:09

Myriam-8136.JPGToutes les victimes sont innocentes, mais l’innocence est l’apanage des enfants et, hier à Toulouse, comme partout ailleurs dans le monde où la folie meurtrière des hommes se déchaîne, c’est du blé en herbe qu’une main a sauvagement coupé, devant leur école, lieu de paix, de transmission. C’est un sanctuaire violé. Les enfants de Toulouse sont nos enfants, mes enfants, la prunelle de mes yeux, la chair de ma chair, je les pleure, je m’incline face à la douleur des leurs et je me tais respectueusement.


Je poste des vieilles photos images de l’innocence et de la joie de vivre, et pour eux un très beau poème de René Char : Cet amour à tous retirés, que leurs yeux à jamais fermés ne découvriront jamais…

 

Sur la terre de la veille

La foudre était pure au ruisseau,

La vigne sustentait l’abeille,

L’épaule levait le fardeau.

 

Les routes flânaient, leur poussière

Avec les oiseaux s’envolaient,

Les pierres s’ajoutaient aux pierres,

Des mains utiles les aimaient.

 

Du moins à chaque heure souffrante

Un écho devait répéter

Pour la solitude ignorante

Un grêle devoir d’amitié.

 

La violence était magique,

L’homme quelquefois mourrait,

Mais à l’instant de l’agonie,

Un trait d’ambre scellait ses yeux.

 

Les regrets, les basses portes

Ne sont que des inductions

Pour incliner nos illusions

Et rafraîchir nos peaux mortes.

 

Ah ! crions au vent qui nous porte

Que c’est nous qui le soulevons.

Sur la terre de tant d’efforts,

L’avantage au vaillant mensonge

Est la franche consolation.

Myriam-8135.JPGMyriam-8131.JPG

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 16:00

Myriam-9060.JPGJe ne résiste pas au plaisir de vous faire lire ce que j’ai reçu ce matin dans ma messagerie. D’ordinaire je mets à la poubelle ce type de messages sans les lire. Ils sont truffés de fautes d’orthographe ou de syntaxe et ne tromperaient même le plus crédule des crédules. Vous en avez tous reçu donc je ne vous décris pas le nombre d’héritages ou de sommes pharaoniques que j’ai ainsi laissé échapper. Bref, ce matin, je ne sais pas pourquoi j’ai jeté un œil mal ouvert sur l’écran de mon IPhone. Pour une fois le texte était écrit dans un français correct et à la troisième ligne j’ai relu pour m’assurer que je ne rêvais pas. Jusqu’où iront-ils ? Dois-je demander une protection au Ministre de l'Intérieur ? Je rigole bien sûr et je vous souhaite une belle fin de journée à tous moi je suis à l'Agro de Dijon peut-être que sûr le quai du TGV le destin m'attendait...


مرحبا


Je veux que vous lisiez ce message très attentivement et que vous gardiez le secret jusqu'à nouvel ordre. Vous n'avez pas besoin de savoir ni qui je suis ni d'où je viens. On m'a fait une avance de 200 000 € pour vous éliminer.  Mes commanditaires dont un est ce que l'on peut appeler un ami, m'ont donné les raisons que j'ai bien notées. Je vous suis depuis plus de 2 mois et je sais maintenant que vous êtes innocent de ce dont on vous accuse. N'essayez pas d'avertir ou de faire parvenir ce message au FBI ou à la police parce que je le saurai et que je serai obligé de faire le travail pour lequel j'ai été payé. Notez que c'est la première fois que je trahis mon employeur.


Ecoutez, je vais faire tout mon possible pour que l'on puisse se rencontrer mais avant j'ai besoin de 50 000 €. Vous n'avez rien à craindre de moi, je peux venir vous voir à votre bureau ou chez vous, c'est à vous de décider. Surtout n'essayez pas d'enregistrer ou de filmer notre future rencontre. Il faudra me faire parvenir les 50 000 € pour que je disparaitre sinon c'est a moi qu'ils auront affaire si je ne fais pas mon boulot. Après je vous dirai ce que vous devez faire.


Une fois le paiement effectué, je vous donnerai le CD qui contient les noms et les requêtes des commanditaires. Ceci est une bonne preuve qui peut vous servir pour les assigner en justice si vous le désirez. Le solde du paiement sera réglé plus tard. Pour l'instant ce n'est pas la peine que je vous donne mon numéro de téléphone car vous allez coopérez.


J'ai votre photo et d'autres informations importantes sur vous. J'ai été engagé avec mon équipe par la République Arabe du Yémen. Vous ne devez me poser aucune question.

Confirmer rapidement pour votre bien

 

أعتقد أنك سوف تفعل ذلك لأنني لا أريد هنا

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 00:09

Samedi et dimanche matin j’ai fait dans le bio, vigneron à Montreuil-sous-Bois, et généraliste au parc floral de Vincennes. C’est le lot d’un chroniqueur que de crapahuter dans les allées pour emplir sa boîte à malices. Première remarque d’importance : Montreuil s’est gagnée une clientèle, on voit des clients repartir avec leur diable chargé de caisses. Du côté de Vincennes ça me semble l’inverse, alors qu’il y a quelques années du côté des vignerons ça dépotait, je n’ai guère vu dans les allées de Vivre Autrement de trafic de caisses de vins. J’en ignore la raison mais ce que j’ai remarqué c’est qu’à Montreuil les vignerons présents, des habitués pour la plupart, sont rompus à la vente alors qu’à Vincennes, où le coût du stand doit être très élevé, le turn-over des vignerons est plus important, ce qui fait que beaucoup débarquent pour la première fois et sont sans doute intimidés.


Pas facile de faire le commerce du vin dans l’univers de Vivre Autrement où se côtoient des clientèles très diverses : des militants écolos de la plus pure ou parfois pire espèce jusqu’à monsieur et madame tout le monde qui cherchent à bouffer convenable en passant par les j’ai peur de tout de tous âges et de toutes conditions. À Montreuil la chose est plus aisée, la clientèle est plus homogène et sans aucun doute plus conviviale. Ce qui m‘a frappé à Vincennes, hormis les vieux routiers aguerris de château le Puy et de château Cajus, c’est la tristesse des vignerons présents, ils ne donnent pas envie. Ils attendent le chaland avec une certaine hantise et un peu de découragement. Bien sûr, ce ne sont que des impressions mais je n’ai pas retrouvé la dynamique d’il y a quelques années. Sans vouloir être pessimiste je crois que les acheteurs de vins dits bio trouvent de plus en plus leur bonheur ailleurs. Ce que je viens d’écrire n’est en rien contradictoire avec ce qui se passe à Montreuil, vrai marché aux vins qui a trouvé son public, avec un groupe de vignerons de qualité qui a fidélisé une clientèle.


Mon titre se voulait volontairement réducteur et provocateur parce que le vin est un produit qui  se prête mal aux bonnets de nuit, un chouïa de convivialité ne peut nuire à un bon commerce et le seul label bio ne suffit plus à attirer le chaland car là, comme ailleurs, la concurrence s’exacerbe. Les vins dit bios, ils vont l’être tout court bientôt, sont de plus en plus accessibles dans toutes les formes de commerces : la GD comme dans les magasins bio spécialisés alors il ne faudra pas s’étonner si certains évènements ne sont plus adaptés à la vente des vins de cette catégorie. La remarque s’applique d’ailleurs à tous les vins : quand on voit dans certaines brocantes des stands de vins on a comme le sentiment que ce ne sont pas forcément les meilleurs. Dimanche dernier à Chatou le stand d’un vigneron de Bourgogne avait quelque chose de pathétique : il se croyait à la foire du Trône alors que la clientèle était très classe moyenne à la recherche d’un guéridon année 30 ou d’un petit tableau à placer dans le salon.


Pour clore cette chronique un peu douce-amère, où pointe un soupçon de nostalgie des temps héroïques de Montreuil, je pourrais plaisanter sur la taille de sénateur de mon ami Patrick Baudouin ou vanner un éminent salarié de la CNAOC qui se dévergonde avec les bouffons, mais je préfère mettre en valeur deux très beaux sourires de vigneronnes : le vif et rieur de Virginie Maignien et le pétillant et enjôleur d’Isabelle Perraud.

 

Et maintenant photos de quelques stars prises sur les marches du Palais des Congrès, elles ont de l'avenir et vous les retrouverez dans de futures chroniques d'un Taulier revigoré...  

 Ronald Searle 056

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 Ronald Searle 061 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 07:00

Pasta e fagioli, j’adorais ! Lucia s’asseyait face à moi et me regardait manger sur la petite table de bois blanc. Elle m’avait servi un grand verre de vin. Nous restions silencieux. J’avais envie qu’elle reste avec moi et je le lui dis d’une manière détournée : « je vais lire toute la nuit car je n’ai pas envie de dormir… » Elle me sourit en se relevant « je vais te faire une marmite de café… » Lorsqu’elle se redressait j’aimais beaucoup sa manière de rejeter ses longs cheveux en arrière puis de les dégager de ses oreilles à pleine mains. Lucia n’était pas une beauté lisse, parfaite, mais altière, terriblement féline, prête à me protéger, à sortir ses griffes, à me défendre. Je la sentais tout à la fois mère, sœur et amante alors que nous n’avions fait que dormir ensemble. Ce corps à corps, qui n’avait rien eu de chaste, mais qui en était resté à une proximité ardente, me rassurait. Lorsqu’elle revint pieds-nus vêtue de son seul grand pull de laine je le lui dis. Comme mon lit de camp ne nous donnait guère d’espace nous nous installâmes l’un contre l’autre sur un vieux canapé profond et sommes toute confortable. Lucia avait tiré d’une grande armoire des oreillers et des couvertures ce qui nous donnait, installés ainsi, seulement éclairés par le trait dru d’une lampe de bureau, avec notre café à portée de mains, de bivouaquer. Si nos petits camarades nous avaient vus ainsi je suis persuadé qu’ils nous auraient accusés de déviationnisme petit bourgeois.


Je me plongeais dans Kaputt pour ne pas en ressortir. La douce chaleur de Lucia, le poids de sa tête sur mon épaule, le rythme de son cœur, ses pieds glacés, me tenait lieu de cordon ombilical. Ce livre est une sorte de voyage au bout de la nuit échevelé, où l’on passe, au cours d’un long périple au travers l’Europe Centrale, de la réalité à l’allégorie, sans que l’on puisse vraiment démêler le vrai du faux, d’ailleurs comme le dit dans la Peau le colonel américain Jack Hamilton « qu’importe si ce que Malaparte raconte est vrai ou faux. Ce qui importe c’est la façon dont il raconte. », où la barbarie est omniprésente, répétitive, banalisée. L’extermination totalitaire est avant tout  une opération culturelle, ce sont les intellectuels qui ont préparé l’œuvre des bâtisseurs de camps, des gardiens et des exterminateurs. Lorsque Malaparte visite le ghetto de Varsovie et qu’il croise deux jeune filles qui se battent pour le gain d’une pomme de terre et que l’une d’elle s’enfuie avec son petit butin laissant l’autre « les yeux remplis de faim, de pudeur et de honte ». Elle lui sourit. Gêné il lui offre de l’argent qu’elle refuse en souriant. Malaparte fouille dans ses poches, trouve un cigare et lui tend : « la jeune fille me regarda d’un air hésitant, rougit et prit le cigare : mais je compris qu’elle ne l’avait accepté que pour me faire plaisir. Elle ne dit rien, elle ne me remercia même pas : elle s’éloigna sans se retourner, lentement, son cigare dans la main. De temps en temps, elle l’approchait de son visage pour en respirer l’odeur, comme si je lui avais donné une fleur. »

4 Frank Family

En lisant le tableau de Hans Franck le nouveau roi de Pologne, car chez Malaparte ce sont des tableaux qui se succèdent, ce tueur cultivé et raffiné, bon père de cinq enfants, bon catholique de Franconie, ancien boursier à l’Université de Rome, féru de la Renaissance, bon juriste, bourreau au visage bien rasé avec ses petits mains blanches où l’on ne retrouve aucune trace du sang de ses victimes, ces mains qui vont effleurer les touches de son piano sur lequel il vient d’interpréter, avant l’arrivée de ses invités,  Prélude de Chopin, œuvre interdite comme toutes les œuvres musicales exaltant le sentiment national polonais, je pense à ce passage que j’avais lu dans les décombres du sinistre Lucien Rebatet « Je ne verrais aucun inconvénient, pour ma part, à  ce qu’un grand virtuose musical du ghetto fût autorisé à venir jouer parmi les Aryens pour leur divertissement, comme les esclaves exotiques dans la vieille Rome. » Mais attention :  « Si  ce devait être le prétexte d’un empiètement, si minime fût-il, de cette abominable espèce sur nous, je fracasserais moi-même le premier des disques de Chopin et de Mozart par les merveilleux Horowitz et Menuhin. » Et Malaparte d’écrire « l’extrême complexité de sa nature… il parle de Franck… singulier mélange d’intelligence cruelle, de finesse et de vulgarité, de cynisme brutal et de sensibilité raffinée. Il y avait certainement en lui une zone obscure et profonde que je ne parvenais pas à explorer… un inaccessible enfer d’où montait de temps en temps quelque lueur fumeuse et fugace… »

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 00:09

Dure semaine pour le Taulier, tendue, exaspérante, faites d’attente, de réponses qui ne viennent pas, de sentiments d’impuissance mêlés à l’intuition qu’il ne faut pas lâcher, s’accrocher, remettre l’ouvrage sur le métier. Je n’aime pas perdre, non pour gagner mais pour avoir le contentement du devoir accompli. Mes chroniques me lavent la tête, me permettent de contenir le trop-plein de mon exaspération, freinent mon envie de dire à certains que je ne suis pas dupe de leur hypocrisie, de leur petits calculs. Sur mon lisse tout glisse, j’encaisse en silence, j’argumente, mais il n’empêche que tout cela laisse des traces. Certes pas des bleus, je ne mets pas mon avenir en jeu moi, pas comme c’est types d’en bas pour qui je tente de fléchir des positions aussi inflexibles qu’arrogantes. Ainsi va la vie que l’on vit…


Alors pour décompresser, évacuer la tension, recharger de l’énergie, rien ne vaut une immersion dans la musique, bain de jouvence, proximité avec l’intimité de 2 interprètes habités par la passion, le goût de la perfection : après trente ans de séparation, Keith Jarrett a retrouvé en 2007 le contrebassiste Charlie Haden et composé Jasmine, stupéfiant album au romantisme exacerbé. Jarret se dit « Eperdument amoureux de Jasmine. »


S’offrir « Cent quarante minutes de musique intime, douce, élégiaque, romantique… » comme l’écrivait Paola Genone dans l’Express de juin 2010. Dans cet article Keith Jarrett avoue « Pour la première fois, j'ai joué assis, normalement, je joue debout, cambré, je me crispe, m'entortille autour des notes, des crampes dans les doigts, dans un état de perpétuelle tension. » Là, ses doigts déliés caressent les touches, des mélodies jouissives déferlent…

J’ai donc décidé de vous offrir cette déferlante jouissive…


« J'avais envie d'un huis clos : juste mon putain de Steinway bringuebalant, le crissement de la porte de bois et la contrebasse de Charlie. C'était romantique. Cela fait des années que je me suis juré de ne plus mettre le pied dans un studio. Je déteste le côté désincarné de ces usines. Je ne voulais pas non plus de public, car je n'avais aucune idée d'où mènerait cette rencontre. Finalement, nous avons enregistré plus de dix heures de musique. J'ai adoré jouer en duo : auparavant, il y avait toujours un batteur entre Charlie et moi ; nous n'en avons plus besoin. Le rythme est en nous. C'est ce qui a permis à Charlie de converser avec moi dans les mélodies. Nous étions sur un tapis volant. »


Grâce à Jasmine j’ai quitté le plancher des vaches pour me retrouver moi aussi sur un tapis volant. Bon dimanche…


 « Pendant trois jours, nous avons vécu en osmose. Il y a quelque chose de très impudique dans cette musique, d'incroyablement sensuel dans notre façon de nous livrer l'un à l'autre. Charlie et moi sommes tombés amoureux sur ces notes. Il est impossible de reproduire cette expérience. Pour le moment, nous utilisons Jasmine comme une thérapie : Charlie l'écoute tous les soirs. Moi aussi. Hier, j'étais seul, assis à la table de ma cuisine... Je me suis mis à écouter Jasmine avec un verre de vin. D'habitude, quand je fais un disque, je le range et je l'oublie »

 

 

 

 

 

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 16:00

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J’ai avec le château Palmer une relation particulière, en effet dans ma longue carrière, ce fut le premier grand château que je visitais dans le vignoble de Bordeaux. C’était en 1979 et j’étais à la tête d’un petit paquet d’énarques qui, officiellement, avaient choisi les vins de France comme mémoire de fin d’études (je les mènerais ensuite en Languedoc puis en Champagne). Après  Palmer nous étions allés à Lafite puis à Mouton avant de finir la journée à Cos d’Estournel où l’Union des Grands Crus nous invitait.

 

Même si ça peut vous étonner mes énarques étaient plutôt drôles, buvaient secs (ils ne recrachaient pas), ce qui eut pour conséquence qu’à leur arrivée à Cos ils étaient chauds, quasi-bourrés. La tradition voulait, qu’à la fin de chaque repas qui nous était offert, un des futurs énarques fassent un petit speech pour remercier nos hôtes. Celui qui officia ce soir-là fut quelqu’un qui s’est fait ensuite un nom dans la politique Jean-Louis Bourlanges link Agrégé de lettres modernes, gaulliste de gauche, il maîtrisait fort bien l’art du discours. Dans son état d’enivrement joyeux son propos, émaillé de citations, fut un grand moment qui ébranla certains brushings de l’assistance et fit sourire un peu jaune quelques propriétaires de GCC. Bref, ce fut un grand moment ponctué des applaudissements d’usage. Nous rentrâmes à l’hôtel. Le lendemain matin on frappa à la porte de ma chambre. J’ouvris. C’était Jean-Louis Bourlanges, dégrisé bien sûr, qui venait s’inquiéter de la nature de ses propos de fin de banquet (déjà politique le bougre). Je le rassurai en lui disant qu’il avait été gaullien (le général, en bon militaire, aimait le langage dru).

 

Bref, si en ce samedi j’évoque Palmer c’est pour vous parler de Jazz à Palmer 2012 (phonétiquement ça me fait sourire car je pense à chaque fois à Jack Palmer l’inénarrable héros  de Pétillon rendu célèbre par l’affaire Corse)

 

En effet depuis 2009, à l’initiative de Thomas Duroux, qui dirige château Palmer, , après une rencontre avec Jacky Terrasson, le vin rencontre le jazz dans les vignes et les chais du château de ce fleuron de l’appellation Margaux. Improvisation, maître mot, rencontre de deux univers, choc des mots et des notes, parcours d’Histoire, celle  du jazz, celle des Grands Crus, remise en question perpétuelle, transmettre, essayer de se comprendre, susciter la curiosité…


Je ne suis pas un grand connaisseur de l’univers du jazz, comme d’ailleurs de celui des GCC, mais ce qui m’intéresse dans cette initiative c’est tout d’abord qu’elle sort des sentiers battus des festivals qui peuplent nos campagnes. Ici, Thomas cherche à faire entrer les musiciens invités, qui bien sûr apprécient le vin, dans les secrets de la vigne, l’alchimie du vin, d'un Grand Vin, il cherche à créer des liens. Cette recherche de concordance sur des chemins personnels, en toute liberté, créée un monde où, dans l’instant, se lie mémoire et savoir, sensibilité et improvisation, nous sommes bien sûr dans ce que fait la main : le vin, le jazz, avec ses parts de cœur, d’âme, mais aussi de maîtrise, lâchons le mot : de technique.

 

J'ai rencontré Thomas Duroux lors d'un dîner chez des amis bordelais, c'est un passionné, ouvert et cultivé. Je suis allé à Palmer faire le dégustateur il y a deux ans lors des Primeurs. Voilà, et c'est ainsi que j'ai eu envie, pour ceux d'entre vous, passionnés de jazz, de mettre en ligne cet afterwork.

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Pour vous plonger dans cet univers c’est ICI link 

 

Le millésime 2011 de Jazz à Palmer avec le Trio AIR : Flavio Boltro à la trompette, Glenn Ferris au trombone et Giovanni Mirabassi au piano c’est le vendredi 22 mars. Pour les amoureux du jazz et du vin le concert sera diffusé en direct, dans son intégralité, sur TSF JAZZ et sur le site www.tsfjazz.com

 

Mais aussi de 19h30 à  20h45 toujours le vendredi 23 mars dans l’émission  « Jazzlive ».

 

Le concert sera également accessible sur le site de Palmer link et sur Face de Bouc link

 

Bon concert aux amateurs !

 

Signé :

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 00:09

Il en est des étiquettes comme de l’étiquette : les temps changent. Certains joyeux drilles n’hésitent plus à transgresser, à laisser leur imagination vagabonder, à sortir des sentiers battus. Le résultat n’est pas toujours à la hauteur des ambitions affichées mais ça met de la couleur et de l’ambiance dans les présentoirs où trônent les classiques qui bichonnent leurs codes, la grille du château, le mas typique… et les horreurs de la guerre qu’aiment tant les pépères qui se tapent encore des chopines. Tous les goûts sont dans la nature et je me garderais bien d’imposer les miens.

 

Dans mes pérégrinations de quartier, lorsque j’ai posé mon fier destrier face à l’éloge du vin, bouteille vide en main (à système en attendant les vis de Luc Charlier via son capitaine de barque Denis Boireau descendeur patenté de Coume Majou), et que je l’eus fait emplir, bien évidemment je furetais dans les bouteilles de vins bouchés. En des caisses de bois, posées à même le sol, gisaient des quilles à petit prix. J’aime ça les prix disons abordables. Que choisir ? Mes critères sont aussi flottants que les monnaies en temps de crise. J’optai pour un choix sentimental dont je vous reparlerai dans une prochaine chronique puis pour un achat à l’étiquette.  l'éloge du vin 015

Un achat à l’étiquette n’a strictement rien à voir avec la notion de buveur d’étiquettes car lorsque mon choix se porte sur une étiquette c’est que je n’ai pas la queue d’une idée de qui est le vigneron. C’est donc un achat à l’aveugle qui n’a rien à voir avec la dégustation à l’aveugle. Donc, lorsque mon regard encore plein d’acuité, en dépit de ses lunettes de presbyte, tombe sur une étiquette qui annonce PROduit pour un Irréductible assoiffé de liBerté mon sang de soixante-huitard non révisé, tendance « sous les pavés la plage », ne fait qu’un tour et j’achète ! C’est 5€.

 

Sur la contre-étiquette le vin est signé : la sélection de Raphaël Pommier qui écrit que cette cuvée « est le fruit d’un travail honnête, réalisé avec passion par d’authentiques vignerons, épris d’une saine liberté de créer et refusant de cultiver la pensée unique visant à contrôler le goût des autres ». C’est donc à priori un vin de négoce du  dit Raphaël Pommier, c’est le pluriel de vigneron qui me fait écrire cela, embouteillé par A.Boisselet à F.84700, soit Sorgues dans le Vaucluse, domicilié à F.84230 soit Châteauneuf-du-Pape (d’où le recours aux codes postaux pour ne pas « enduire » les consommateurs en erreur) C’est un Vin de France de 13% vol. qui contient des sulfites.

 

Qui est donc ce Raphaël Pommier ?

 

Je surfe sur le net pour découvrir qu’il est sis au  domaine Notre Dame de Cousignac  en situé en Ardèche Provençale, à quelques encablures du Rhône et des magnifiques Gorges de l'Ardèche. Je lis que chez les Pommier, cela fait sept générations que l'on cultive la vigne et que l'on fait du vin. Raphaël Pommier est  Récoltant et propriétaire d'une cave particulière à Bourg Saint Andéol ou il produit des Vins de Pays des coteaux de l'Ardèche et « quelques Vins de table pour les rebelles initiés » (sic). Le vignoble de 25 ha est cultivé sans engrais ni insecticide depuis bientôt trente ans et les vendanges sont toujours manuelles.

 

Raphael Pommier

Notre Dame de Cousignac

 07700 Bourg Saint Andéol

 www.notre-dame-de-cousigna​c.com

 

Le PRO I B est assemblage de Grenache (50%), de Syrah (40 %) et de Counoise (10 %)

Voilà donc qui se cache, façon de parler, car le vin est signé – il faut tout de même faire sa petite enquête. Ce n’est pas un reproche qui s’adresse à Raphaël Pommier mais aux subtilités de notre étiquetage qui, sous le prétexte louable de protéger le consommateur l’embrouille – il ne me reste plus qu’à consommer.

 

Ce que je viens de faire à midi en déjeunant au soleil sur ma terrasse tout en m’occupant de mes vaches au téléphone. Je signale que le message sur mon répondeur en surprend quelques-uns telle l’assistante d’un avocat d’affaires parisien (c’est pour mes vaches) qui m’a pris pour un riche propriétaire de GCC puisqu’elle m’a dit alors que nous discutions du jour du rendez-vous : « comme vous êtes en province… » Je l’ai détrompé en lui répondant que « certes j’étais propriétaire d’un part de GFA dans l’Hérault… » Bref, j’ai descendu un verre de ce « prohibé » épris de liberté. Ça se laisse boire, agréable, fruité rhodanien, un de ces vins qui plairait bien à notre ami le forgeron de Dana.  Je file vers mon bureau rue de Vaugirard pour faire du débauchage dans le Gers cher à mon ami André Dubosc. Villecomtal-sur-Arros c’est au sud de Saint-Mont tout près des Hautes-Pyrénées et d’un patelin dénommé Maubourguet qui est le fief d’un ancien locataire du 78 rue de Varenne.  

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