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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 00:09

grand-boise-002.JPGLa Chine, la Chine, les gens du vin s’y ruent et il  est bien loin le Petit Livre Rouge, cher au cœur du guide du Pous avant sa chute dans une autre forme de rouge, qui prenait le contre-pied des érudits chinois qui enseignaient que « Plus un homme s’accouplera avec des femmes différentes, mieux il appréciera l’acte de chair… » en décrétant « Faire l’amour est une maladie mentale qui entraîne une perte de temps et d’énergie. » Les vendeurs chinois de berlines de luxe milliardaires déposent dans la boîte à gants une notice expliquant comment... faire l'amour dans l'habitacle ! link Donc, gentils vendeurs de vins lisez-moi jusqu’au bout car je vous enseignerai l’art de marier les nids d’hirondelle, un des plus beaux fleurons de la gastronomie amoureuse chinoise, avec Jadis un grand blanc de Grand Boise. www.grandboise.com  eros_1.jpg

En Chine l’érotisme est aussi ancien que respectable, y coexistaient une sexualité purement littéraire considérée comme de l'érotisme, une sexualité liée à la peinture ou à la sculpture considérée comme de la pornographie, une sexualité médicale considérée comme de la prophylaxie et une sexualité alchimique liée à des pratiques ésotériques ou magico-mystiques. « Pour les lettrés chinois du temps jadis ces différents aspects n'étaient considérés que comme des manifestations différenciées du même principe. La sexualité, débarrassée des interdits tardifs, était beaucoup plus simplement perçue comme l'une des activités humaines essentielles permettant le plein épanouissement de l'individu dans la société. La société chinoise traditionnelle demeurait donc très libérale en ce qui est de la sexualité sous ses aspects les plus divers à l'exception d'un interdit majeur considéré comme un « crime inhumain» sanctionné par la peine de mort : l'inceste.

 

Le « Livre de l'histoire dynastique des Han antérieurs «  (Han Shu  de Ban Shu, compilé au premier siècle relate que ce fut le fils du prince Kiu, Ai Yang, qui fut le premier à faire peindre sur les murs de son palais des scènes érotiques. Cela lui permit, par la suite, de passer à la postérité comme l'inventeur du genre. Le terme « Ai Yang Hua » (Dessins de Ai Yang) désigna donc pour les lettrés, et pendant près de deux millénaires, les peintures et estampes érotiques. Par homophonie Ai Yang Hua signifiait également les «Fleurs (Hua) pour éduquer (Yang) l'amour (Ai) ». Encore de nos jours on désigne du terme fleuri (Hua) les lieux de plaisir... Un « bateau fleuri », une « maison fleurie », une « chambre fleurie «  signifient tout simplement un lupanar flottant, un lupanar terrestre et une chambre de passe.

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Le « cœur de fleur » (Xin Hua) est l'une des multiples appellations populaires du vagin et une « fille fleur jaune » (Wang Hua Nu) est une vierge délurée. Dans le même esprit des « fleurs dans un nuage de fumée » (Yan Hua Zhai) ne sont autre chose qu'un lieu de perdition apprécié des marins où se cumulent jeu, boisson et sexe. Enfin, une référence, très littéraire, à l'homosexualité masculine trouve une expression très imagée dans le fait de « couper la manche fleurie » En effet, un jeune prince, cité dans le Livre des Odes  ou Canon des Poèmes  (Shi Jing), un des grands classiques, préféra trancher la manche de sa veste de brocard sur laquelle son compagnon s'était assoupi que de le réveiller. Plus populairement une « veste fleurie » (Hua Shang) désignera donc un homosexuel quelque peu fortuné.

 

Ce qui frappa surtout Marco Polo  lorsqu’il arriva en Chine, à la fin du XIIIe siècle, c’est le charme et la grâce des femmes de ce pays. C’est ce qu’il dit dans Le Livre des merveilles : « Les femmes sont d’une beauté remarquable, et fort expertes à séduire un homme par des discours flatteurs et appropriés,  de sorte que celui qui les a rencontrés une fois demeure comme étourdi et si fasciné par elles qu’il ne peut les oublier. Et si c’est un étranger et qu’il doit quitter la cité, il ne songe qu’à y retourner. »

 

Dans la très abondante littérature érotique chinoise il faut mettre en avant les « livres coussins » à consulter allongé sur son lit. Pino Correntini auteur de Cinq mille ans de cuisine érotique chez Robert Laffont 1992 indique que leur pouvoir de suggestion s’exerçait d’autant mieux que les amants avaient dégusté un bon petit plat aphrodisiaque. La posture dite « du chien de l’automne précoce » qui exige que des amants qu’ils s’accouplent en se plaçant dos à dos semble adéquate pour déguster le potage aux nids d’hirondelles mais plus problématique pour la suite.

 

Les nids d’hirondelle, un des plus beaux fleurons de la gastronomie amoureuse chinoise, sont constitués « par les filaments presque transparents d’une algue e mer odorante que les oiseaux « cimentent » avec une substance gélatineuse et blanchâtre qu’ils sécrètent à l’époque des amours. Les nids d’hirondelles les plus fins, ceux qu’apprécient tous les habitants du Céleste Empire, sont uniquement composés de cette  sécrétion et on les trouve dans les épiceries fines en boîte de 60 à 100 g, déjà lavés et prêts à l’emploi. »

                                                      POTAGE

                                      AUX NIDS D’HIRONDELLE

Pour deux personnes

1 petite boîte de nids d’hirondelle

½ l de bouillon de poule

½ l d’eau

10 à 1é champignons parfumés

 

Plongez les champignons parfumés dans le demi-litre d’eau et laissez-les macérer quelques heures.

Versez-les ensuite avec leur eau dans une grande casserole contenant déjà du bouillon de poule. Allumez le feu et portez à ébullition.

Retirez du feu dès le premier frémissement et plongez alors dans la casserole les nids d’hirondelle qui vont gonfler dans le bouillon et devenir opalescents. Laissez-les tremper pendant une heure et dégustez tiède.

 

Là-dessus faut-il boire quelque chose ? Oui, tout sauf du thé, c’est chaud et avec le potage rien ne vaut un grand Blanc donc un Grand Boise Jadis 100% Rolle. Pourquoi ? Je pourrais répondre parce que j’aime bien Olivier Dauga mais ce serait mal vu par la confrérie des cireurs de pompe qui viennent aux déjeuners de presse, d’abord pour manger, et puis ensuite  pour torchonner un papier pompé dans le dossier de presse. « Merde, coco je suis indépendant sur mon blog, ma plume n’est pas ma fourchette, elle ne me nourrit pas. Je ne fais de courte échelle mais je ménage la chèvre et le chou. Donc j’adore le Jadis de Grand Boise pour ses allures de jeune fille en fleurs, en robe longue, vaporeuse, tout juste ce qu’il faut de sérieuse, en ballerines, pimpante avec ce qu’il faut de piquant, une belle bouche, longue sensuelle, polissonne mais raffinée… une « fille fleur jaune » tout ce dont peut rêver un grand amateur de cuisine aphrodisiaque lisant un « livre coussin ». Avouez que ça à une autre allure que les éternels baratins sur l’accord mets-vins…

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 16:00

Je suis de parti pris : OUI ! Je l’assume…

 

Je suis groupie : NON ! Ce n’est pas le genre de la maison.

 

Je suis simplement fier et heureux d’avoir travaillé aux côtés d’un homme politique, homme d’État, serviteur du bien public, qui a de 81 ans Michel Rocard : un vieux monsieur plein d’allant, mais ménage-toi un peu Michel, moi et quelques autres nous tenons à te garder le plus longtemps possible.

 

Oui tu es un vieil homme politique, c’est même toi qui date tes débuts : « Le 12 mai 1945, j’ai décidé que je ferais de la politique. À l’époque, je n’avais pas 15 ans et la Seconde Guerre mondiale venait juste de se terminer. »

 

Je fais le compte : 66 ans de vie politique, c’est un beau bail !

 

Le pourquoi de cet engagement précoce ?

 

Michel est « éclaireur unioniste », scout protestant, et chaque dimanche en compagnie d’une vingtaine de ses camarades il se rendait « dans les splendides forêts proches de Paris pour apprendre à connaître la nature et pratiquer divers jeux collectifs. » Mais « Un jour, au cours du printemps 1945, notre chef de troupe nous apprit que la prochaine activité ne serait pas une balade en forêt, mais l’accueil de « déportés », des hommes et des femmes revenus de l’horreur. La guerre finissant, on commençait, en effet, à mesurer la nature et l’ampleur des abominations commises. »

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Un choc terrible

 

« Plusieurs matins de suite devant quelques grands immeubles parisiens (moi, c’était l’hôtel Lutétia), on devait d’abord attendre le retour des déportés affaiblis, presque incapables de marcher ; puis, il fallait les emmener à l’enregistrement, à la douche, au rasage des barbes ; enfin, nous étions chargés de les accompagner jusqu’aux lieux de leur logements provisoires

Une fois les cars arrivés, nous les jeunes avons découvert avec effarement des hommes été des femmes hagards portant encore des tenues à rayures, l’uniforme des camps. Ils donnaient une impression de totale désolation. Chez certains, dont les yeux vitreux se perdaient nulle part, on ne percevait plus de regard. Beaucoup éprouvait beaucoup de difficultés à parler, à se faire comprendre. Je me souviens qu’il fallait les aider en les tenant par le bras d’un appui très ferme, et jamais je n’ai oublié ces terribles images. »

 

Tout ça pour dire que Michel Rocard vient d’écrire un petit livre à l’attention des jeunes : La politique ça vous regarde chez gallimard jeunesse giboulées 10€. Si ça vous dit de l’offrir à une jeune pousse à la veille d’une nouvelle échéance, je vous le recommande.

 

Michel à deux profondes certitudes :

 

-         Il n’y a de politique efficace que compétente. La gestion des affaires publiques est très difficile. Les décisions à prendre sont complexes, variées, fréquemment entremêlées d’intérêts contradictoires. Et, si la politique relève sans doute de la vocation, elle ne saurait se pratiquer sans l’usage de nombreux savoirs, qu’il faut acquérir comme on apprend un métier. 

-         L’exercice du métier politique suppose de constamment faire des choix qui, en règle générale, ont une forte dimension morale y compris pour des questions relevant de la vie quotidienne. Bien entendu, l’information détaillée et la réflexion permettent de décider en fonction de différents critères. Mais la morale devrait toujours rester le socle déterminant de l’action.

 

Faute de respecter ces deux principesla compétence et un code éthique –, la politique devient aveugle et peut vite dériver vers des chemins dangereux.

 

Aujourd’hui, nous ne vivons plus chez nous daans une situation dramatique similaire à celle d’une guerre avec son lot de souffrances criantes. Mais nous traversons une période de crise indéniable, en particulier financière, qui laisse planer beaucoup de peur et d’incertitudes. Du coup, même s’il existe des mouvements de protestation (par exemple, chez les jeunes, celui des « indignés »), l’envie de faire de la politique et de s’y engager pleinement diminue. Ou alors, trop de gens la conçoivent comme un moyen de promotion, voire comme une possibilité de se procurer de l’argent facile. Ce n’est pas admissible. »

 

Meilleure santé à toi Michel, fais ça pour ceux qui te sont chers, un peu aussi pour moi et pour tous ceux qui pensent que ta voix porte une parole d’homme de bonne volonté...

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 00:09

Chaque métier a élaboré au cours du temps son langage, son vocabulaire pour décrire les gestes accompagnant le processus de fabrication ou d’élaboration d’un objet ou d’un produit, car nous sommes dans ce que fait la main. Pour faire le vin il faut d’abord presser le raisin pour en extraire le jus afin qu’il puisse fermenter. Au premier temps ce geste était fait par piétinement à la vigne mais très vite des méthodes mécaniques de foulage ont été mises en pratiques : voir la chronique sur les pressoirs archaïques de la vallée du Tarn  link A Bordeaux, lors de l’aménagement des quais de la Garonne, des traces de machinerie permettant l’écrasement du raisin montrent que les baies venaient des vignobles en amont par la voie d’eau pour être pressées. Le moût fermentait sur place, était entonné dans des récipients les plus divers pour fermenter et « être expédié sans délai par la flotte du vin qui cinglait dès l’automne vers les îles britanniques. »

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Entre l’antique pressoir mobile de mon pépé Louis avec son énorme vis sans fin et toute sa machinerie en bois et les Rolls du pressurage de notre époque il semble il y avoir des siècles. Souvenir du cliquetis et du jus moussus qui s’écoulait dans le garnd baquet avant d’être pompé pour aller rejoindre les grands tonneaux d’une cave pleine de toiles d’araignée. Bref, nous y voilà pour le pékin de base puisque les baies sont pressées dans un pressoir le vin de presse ne peut qu’être le résultat de ce pressurage. Vrai et faux, et là intervient la subtilité du langage. En effet, le premier jus obtenu par le pressurage se dénomme vin de goutte, dont voilà une définition donnée par le site du lycée viticole de Champagne.


« Vin de goutte : premier vin obtenu au cours du décuvage en vinification en rouge. Le vin de goutte est obtenu par simple égouttage, par la vanne inférieure de la cuve de vinification. Une fois que l’on a obtenu le vin de goutte, il faut sortir le marc de la cuve pour le presser et ainsi obtenir le vin de presse. Le vin de goutte est beaucoup plus souple et beaucoup moins tannique que le vin de presse. L’assemblage du vin de goutte et du vin de presse est laissé au libre arbitre de l’élaborateur en fonction du type de vin qu’il veut obtenir. »


Mais le vin de presse, à la différence du vin de goutte, n’est pas unique car le marc peut être pressé à plusieurs reprises (première presse, deuxième presse,...) afin d'en retirer le jus qu'il contient. Le marc peut ainsi être pressé de 1 à 3 fois en sachant que plus ce dernier est pressé et plus le vin qui s'en écoule sera dilué et les tanins grossiers dans le cadre de cépages tanniques.


Pour éclairer ma pauvre lanterne, comme je suis un stipendié des GCC, je suis allé sur le site du château Margaux : « Lorsque le marc n’a pas été épuisé pendant la vinification par une extraction excessive, il est capable de donner par pressurage un vin riche, puissant, très tannique mais bien équilibré, gras, à la finale longue, douce et charnue. Un tel vin de presse ne peut qu’améliorer l’assemblage car il lui apporte force, charpente et longueur, sans perturber la subtile harmonie que construit spontanément l’addition des meilleurs vins de goutte.  Mais, là encore plus qu’ailleurs, la médiocrité ne pardonne pas, ni celle du raisin, ni celle de la vinification ou des conditions de pressurage car dans les vins de presse risquent d’apparaître, si l’on n'y prête garde, des défauts sous-jacents dans les vins de goutte. 

 

C’est d’abord la manipulation en douceur du marc qui rend possible l’obtention de bons vins de presse ; comme autrefois, leur transfert de la cuve au pressoir est manuel afin d’éviter toute forme d’écrasement. La dureté de ce travail donne, presque symboliquement, une juste image de son enjeu…


Mais bien sûr, c’est dans le pressoir que se joue vraiment la qualité ; là, ce n’est plus du tout comme autrefois ! La technologie moderne permet à la fois un pressurage en douceur et en profondeur, et surtout rend possible une sélection rigoureuse suivant les niveaux de pression. Alors intervient la phase ultime - et décisive - du processus : toutes les barriques de vin de presse sont goûtées une à une au bout de quelques jours, et assemblées en fonction de leur qualité respective. C’est un retour au travail de l’homme après celui, plus perfectionné, mais aveugle, de la machine ; cette collaboration pragmatique est un bon exemple de ce qu’est aujourd’hui devenue notre tradition. » Ce que fait la main compte donc encore, nous ne sommes pas dans un univers où un logiciel conduirait l’ensemble des opérations.


Le problème dans cette histoire,  sauf à être dans le secret de l’assemblage comme nos amis vignerons, ni vous ni moi sommes en capacité de d’apprécier un vin de presse. Nous devons nous contentez de boire les paroles de ceux qui font. Sauf qu’à Ivry, chez Paco, pour me faire oublier mon manque de Grololo, j’ai eu droit à un traitement de premier ordre : j’ai bu du vin de presse « le petit journal de Rapatel ». Paco l’a carafé. C’est du 15° affiché  c’est du velours. Redoutable nectar qui vous enveloppe et vous enjôle. C’est un vin de table élaboré à partir des cépages carignan, grenache, syrah, cinsault, marselan, cabernet-sauvignon… Tous les clients de passage de Paco ont eu droit à leur Petit Journal de Rapatel, en fin d’une belle journée de printemps ça leur a donné une bouffée des Costières

grololo-010.JPG« Rapatel, c'est moi, c'est ce que j'aime, ce qui me plaît, ce que j'ai envie de faire partager. La mode ? Connais pas. Je ne fais pas du coca. Je fais ce que j'ai envie de faire." »Et il le fait avec la plus belle technique : il fait parler le raisin. Il le fait chanter, même.

 

La Petite Histoire... Mouvementée

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Le domaine de Rapatel fut créé par le Grand-Père de Gérard Eyraud en 1905, pour faire son vin et élever des agneaux de Nîmes, sur les terres de l'ancienne ferme d'un monastère, dont il conservera ce nom qui lui va si bien : Rapatel, « chaud soleil », en Catalan. La fin des années 1950 marque un premier tournant, lorsque le domaine est amputé de sa moitié par la volonté de l'état, qui développe l'aérogare de Garons. Le Grand-Père n'y survit pas, c'est le père de Gérard qui reprend Rapatel. Les agneaux laissent la place à la culture maraîchère en plein champ, le négoce à la coopérative.

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En 1979, Gérard Eyraud reprend le domaine. Parce qu'il n'imagine pas faire autrement, amoureux de sa terre, il la rend à la nature et à la vigne sans jamais la souiller de chimie. Dix ans plus tard, il pose sa signature sur ses premières cuvées en bouteille. Avant cela, Gérard menait une autre vie. On devine son passé de Torero dans sa manière de conduire la vigne, avec ce mélange de guerre et d'art. Et lorsqu'on ouvre une bouteille, c'est l'éclat d'un opéra qui s'échappe, avec la puissance d'un Ténor et la finesse de la grande musique. Et voilà l'homme, qui tel le couteau camarguais, conjugue avec élégance le tranchant de la lame, la solidité et le raffinement. »

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C’est le site link qui l’écrit en ajoutant « Gérard Eyraud, du Domaine de Rapatel, est friand de jeux de mots et de rebus. Avec le Petit Journal de Rapatel, il signe un bel article de vin de presse qui est empreint de toute la spécificité de ce domaine des Costières de Nîmes : gourmandise, maturité, sensualité, notes de miel... »

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 07:00

Nous nous sommes installés dans un vieux palais sur les hauteurs de Cagliari, j’ai installé mon bureau à l’étage le plus élevé pour voir la mer et j’y ai campé sans mettre le nez dehors. Il me fallait prendre sur moi pour continuer d’écrire, rompre une forme de dégoût, de lassitude.  Cagliari, la ville dont Vittorini disait « je sens que Cagliari est une ville qui ne ressemble à aucune autre. Elle est froide et jaune. Froide d’une froideur de pierre et jaune comme le calcaire d’Afrique… » J’avais besoin de me sentir à la fois entouré mais isolé car je ne pouvais plus me contenter de suivre le fil des jours de mon séjour à Milan, ça ne m’inspirait plus car à part brûler de vieilles bagnoles et des pneus Pirelli, tracter à la sortie des usines, refaire le monde dans des rades enfumés, nous empailler dans des réunions interminables nous ne faisions rien de concret. C’est alors qu’un soir je ne sais plus qui a décrété qu’il fallait faire un geste dans le style des Tupamaros : enlever un type particulièrement odieux avec les ouvriers, le séquestrer brièvement, le « juger », le photographier dans une posture humiliante puis diffuser la photo pour qu’elle soit reprise dans les journaux. Ce fut un directeur d’établissement, Macchiarini, responsable des restructurations qui fut très vite désigné. Bien plus que son enlèvement ce que je garde dans mon souvenir c’est l’image du pistolet braqué sur Macchiarini, une vieille pétoire toute rouillée, et l’écriteau pendu à son cou. Sur ce dernier, le sigle des Brigades Rouges, et un texte bien dans le ton de cette époque « Tu mords et tu fuis. Rien ne restera impuni. Frappes-en un pour en éduquer cent. Tout le pouvoir au peuple armé. »


L’enlèvement fut simple. Nous prîmes Macchiarini à la sortie de l’usine au milieu d’un paquet d’ouvriers. Deux camarades l’ont abordé « Ne fait pas un geste, nous sommes armés, suis-nous et monte dans cette voiture ». C’était une fourgonnette 850 Fiat. Il n’a opposé aucune résistance. Nous l’avons trimballé dans Milan pendant des heures avant de l’interroger sur les restructurations qu’il était en train de faire chez Siemens. Aucune violence physique ne fut exercée à son égard mais il n’en menait pas large. Il a répondu sans aucune réticence à toutes les questions. A l’époque j’eus du mal à supporter ce simulacre de justice, dites populaire. Ce mec était sans nul doute un immonde salaud mais nous ne valions guère mieux avec nos méthodes de révolutionnaires en peau de lapin. Lorsqu’on lui a braqué le révolver sur la tempe Macchiarini s’est pissé dessus. Quelle humiliation, rien que pour faire une photo qui signifiait que nous étions des clandestins armés. De toute l’opération je n’ouvris pas ma grande gueule mais je restai en retrait. Quand tout fut rentré dans l’ordre, Macchiarini libéré, je confiai à Lucia mon dégoût et mon désappointement. Elle soupira en me confiant que malheureusement ce n’était que le début de la dérive car ce type d’action débouchait forcément sur la clandestinité qui renforcerait l’enfermement des groupes.Lucia n'avait pas tort nous allions vraiment nous placer dans les conditions du terrorisme et nos actions allaient devenir de plus en plus aventureuse et bientôt sanglante.


Le second palier du passage vers la clandestinité fut ce que Curcio baptisa « les hold-up d’autofinancement » Nous avions besoin de fric pour louer des appartements dans des quartiers résidentiels où la police aurait plus de mal à nous localiser. Mes petits camarades, comme moi-même, étions totalement inexpérimentés et, je l’avoue pas très rassurés. Notre première cible fut un convoyeur de fonds d’une banque qui se déplaçait à pied dans une rue du centre de Milan. Les jours précédents le hold-up nous avions analysé les mouvements de notre homme pour déterminer le mode opératoire le plus rapide, le plus efficace et surtout le moins dangereux. En fait nous mobilisâmes un véritable commando : quelques ouvriers de la Pirelli étaient disséminés sur les trottoirs et aux carrefours, un autre se tenait près au volant d’une voiture pour récupérer en cas de nécessité les deux qui allaient se charger d’aborder et de détrousser le convoyeur. Le jour dit, lorsque le type sort de sa banque, Curcio et moi le laissons s’engager sur le trottoir avant de très vite l’encadrer. Je lui pris le bras avec fermeté pendant que très calmement Curcio lui intimait l’ordre de nous remettre sa sacoche parce que nous sommes armés. Blême le type murmurait « Oui, oui, par pitié ne tirez pas » et il remettait à Curcio la sacoche. Nous fîmes encore quelques pas ensemble pendant que Curcio avertissait notre victime « Maintenant nous partons de notre côté, mais tu ne dois pas téléphoner, tu ne dois rien faire tant que tu nous auras pas vu disparaître… Derrière-toi il y a des camarades armés qui te surveillent… D’accord ! » Le type secouait la tête avec une grande conviction. Je le relâchai puis sans nous presser nous nous rendons à pied à l’appartement de Curcio où nous déposons les 25 millions de lires que contenait la sacoche. Ensuite nous nous rendons piazzale Lodi où l’ensemble de la troupe devait confluer. Une heure  passe, nous sommes très inquiets, nous pensons qu’il y a eu du grabuge après notre départ. Enfin un type de Pirelli se pointe et nous raconte que tout bêtement que personne ne s’est aperçu de rien et que toute notre troupe a fait le pied de grue aux points stratégiques sans comprendre que l’action était achevée. Il n’en irait pas toujours ainsi, les ennuis allaient commencer car nos petits numéros n’étaient vraiment pas du goût de la police milanaise.

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 00:09
Je n’ai pas une tête de punk même si certains n’apprécient pas ma tronche de cake mais y’a des moments où le son du ton de ce j’entends m’oblige à débrancher. Oui ma petite musique intérieure me gueule : « débranche taulier ! »  Alors rien ne vaut pour couvrir les insanités, les outrances, les mots faux, le son live des Clash qui me fait du bien car, comme le dit Joe Sturmer, il est celui d'« un phoque fou aboyant au milieu d'une multitude de marteaux-piqueurs »

Et puis, les Clash se place dans la tradition des musiciens activistes qui se sont rebellés contre le Thatchérisme. Thatcher est la mère de toutes les dérives financières que nous avons subi, avec Ronald Reagan, qui lui est le père, simples haut-parleurs d’une palanquées d’économistes ultra-libéraux, l’école de Chicago, Milton Friedman, « Prix Nobel » d'économie 1976 en tête, qui ont bourrés les têtes de nos dirigeants avec leur libre marché libertarien et leur monétarisme. Je garde en mémoire les grandes envolées contre le trop d’Etat de ceux qui disent maintenant vouloir nous protéger. Bref, pour moi les Clash, contrairement aux Sex Pistols qui n’avaient rien dans le chou, avec Joe Sturmer eurent de vrais engagements politiques et comme l’écrit Billy Bragg « S'il n'y avait pas eu les Clash, le punk aurait été simplement une raillerie, une épingle de sûreté et une paire de pantalon de servage »


Pour Lester Bangs, ce qui crédibilise le discours du groupe, c'est son authenticité plus que les origines sociales de ses membres. Ainsi, dans son article The Clash long d'une trentaine de pages, il écrit à leur sujet : « Le fait est que, comme Richard Hell le dit, le rock 'n' roll est une arène dans laquelle vous vous recréez, et tout ce qui est dit au sujet de l'authenticité est juste un tas de connerie. Les Clash sont authentiques parce que leur musique porte en elle une telle conviction brutale, pas parce que ce sont de Bons Sauvages. »

 

Le site officiel des Clash link

 

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 00:09

Lors de mon arrivée à Paris, j’ai habité rue Mazarine et il y avait à deux pas de chez moi, sur le trottoir d’en face, un bistrot tenu par un couple d’auvergnats qui faisaient aussi bois&charbon. Je découvris alors ce qu’était un bougnat, « immigrant installé à Paris, originaire du Massif central et plus précisément de l'Aubrac, de la Viadène, des Monts du Cantal, de la Planèze et de la vallée du Lot. Après avoir exercé la profession de porteur d'eau (pour les bains) au XIXe siècle, les immigrants de ces hautes terres vont s'orienter progressivement dans le commerce du bois et du charbon (livré à domicile) ainsi que dans les débits de boisson (vin, limonade). Cette reconversion se fit sous le Second Empire, quand le réseau d'alimentation en eau de la capitale commença à desservir les étages des immeubles. Les Parisiens les appellent bougnats à partir de cette époque. Le mot viendrait de l'association de charbonnier et Auvergnat charbouniat.


Passé ce rappel de parigot tête de veau j’en revient au  sujet du jour : les vins d’Auvergne et bien sûr la question qui fuse c’est « Ah bon ! On fait donc du vin en Auvergne ? Ben oui les petits loups et louves, le Taulier qui a toujours dix longueurs d’avance sur les poussifs qui carburent au communiqué de presse et à l’invitation, a chroniqué sur Vin de Pays du Puy du Dôme : Païs de Doumatz de Frédéric Gounan le 15 novembre 2009 link Bon je sais que c’est « Jacques Dupont, célèbre critique œnophile du magazine Le Point, qui lui a attribué les meilleures notes de sa sélection de vins d'Auvergne. » dixit mes potes d’Ochato mais bon le Merveilleux du Vignoble ne me fait pas d’ombre. Le taulier, avec son humilité légendaire, avouait qu’il découvrait qu’avant le phylloxéra et le mildiou c’était un riche vignoble de 45 000 ha, alors qu’aujourd’hui il n’en compte plus que 1500. Dès le départ, à Aubières qui jouxte Clermont-Ferrand, le musée de la vigne et du vin de Basse Auvergne vous instruira sur un vignoble du XIe siècle et où vous pourrez visiter le Quartier des Grandes de Caves, que des caves à vins : plus de 900, les plus anciennes datant du XVIIe siècle. Du côté de Montpeyroux, l’un des plus beaux villages de France, Philippe Gallon se dit « passeur de terroir ».

Ronald-Searle-075.JPGLe fait nouveau c’est que, aboutissement d'une lutte de vingt ans, les côtes-d’ auvergne ont obtenues obtiennent l'AOC. Je n’entre pas dans le détail mais je puise ma science dans la bible qu’est le Point « A l'arrivée, l'AOC reconnaît les côtes-d'auvergne simples puis des crus déjà existants : Châteaugay, rond et joyeux, Chanturgue, mangé en grande partie par l'urbanisation, Madrague, Boudes et Corent, orienté rosé très pâle depuis toujours. Le vignoble connaît un fort mouvement de conversion en culture bio. »


Et nos auvergnats y vont fêter ça le 16 avril ! Et voilà t’y pas que le plus beau nez féminin du vin leur à suggéré de m’inviter. Ce qu’ils ont fait en jetant une bouteille à la mer. Je ne sais pas si je pourrai me libérer mais au moins je vais chroniquer. Le cœur de la fête sera le « Clos des Amoureux » situé aux lisières de la ville de Clermont-Ferrand, sur le Puy de Chanturgue. La parcelle mise à disposition par la ville, est le symbole du renouveau car elle fait le lien entre l’urbain, au cœur des habitations, l’industriel qui a marqué le paysage, et la vigne qui reprend ses droits historiques. La parcelle sera cultivée par Vincent Auzolle. Qui plus est l’ambassadrice de charme m’a transmis une proposition plaisante : les entreprises et les particuliers peuvent devenir Ambassadeur de ce « Clos des Amoureux », en devenant propriétaire d'un plant pendant 8 ans. Une sorte de souscription-parrainage en quelque sorte, avec caisse de 6 bouteilles offerte tous les ans à partir de la 1ere vendange en 2015 et invitations diverses et variées. « Si jamais cela t'intéressait et t'amusait de figurer parmi les Parrains et Marraines, sachant que le parrainage dure 8 ans, pour un coût total de 800 € ? »

Ronald-Searle-074.JPGPas de chance je venais juste de devenir propriétaire d’une part d’un GFA de vignes dans l’Hérault je ne pouvais encore investir dans un nouveau signe extérieur de richesse, ce qui aurait sans aucun doute alerté les limiers du fisc. Si ça vous tente adressez-vous soit à Fanny « Vigne en fête… Côté Auvergne… » 04 73 44 45 23 ou à Pierre Goigoux président du syndicat 06 11 77 61 99 ou vigneenfete@gmail.com Ceci étant écrit, vous comprendrez aisément qu’étant donné mon penchant naturel je suis très tenté par le déplacement à pied, à cheval ou en voiture vers le « Clos des Amoureux » le 16 avril. Je vais le savoir très vite et j’irai, en avion s’il vous plaît, aux pieds de la chaîne des Puys, sur la fameuse parcelle sise sur l’un des plus anciens crus d’Auvergne : Chanturgue, 6 hectares, quatre viticulteurs, gamay majoritaire. Je suis hors délai, comme toujours, mais comme je n’aime pas les voyages organisés je me débrouillerai avec les moyens du bord. Et puis, comme j’ai aussi beaucoup de vaches à lait dans le Massif Central je profiterai du déplacement pour m’informer de l’état du troupeau.


Grand merci à l’ambassadrice des hauteurs de Paris, moussaillon bourlingueur, bonne descente et belle plume, qui m’a mis sur le chemin du « Clos des Amoureux »

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 16:00

Pour les petits nouveaux :le Taulier, c’est bibi, le patron de Vin&Cie, ici, et le Crémier c’est le Taulier, donc toujours bibi, revêtu de ses habits de Perette au pot au lait qui vous confiait ces derniers temps ses angoisses pour ceux qui traient des vaches au fin fond de nos campagnes. Bref, une double vie, le jour dans les prés, la nuit au clavier, avec bien sûr des intermèdes pour aller voir défiler  « les compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. » Une vie bien remplie donc.

after-001.JPGRevenons à nos moutons, veaux, vaches, cochons, couvées pour rappeler les noms  d’oiseaux dont les zélateurs encenseurs du grand Bob nous ont affublé, le sieur Vincent Pousson et moi-même, ainsi que Jim Budd avons déclenché ce qui allait devenir le Jumillagate link Nous n’étions que des petits blogueurs de merde venant poser leurs sales paluches sur les beaux habits de deux grands dégustateurs du grand Bob : Pancho Campo et Jay Miller sévissant en Espagne. L’e-mail que nous diffusions n’était qu’une illusion d’optique, nous pataugions dans le virtuel sauf que c’était plutôt dans le qualificatif qu’on nous accolait que nous salissions nos belles mains. Pourtant nous portions des gants et nous avons relevé le gant. Bien faire et laisser dire.


Résultat : une semaine après notre première révélation qui me valait du papier bleu, puis toute une série d’investigations de Jim Budd et la pugnacité légendaire du sieur Pousson, Jay Miller prenait piteusement la petite porte link  Bien évidemment arrivèrent après la bataille les journalistes de la vingt-cinquième heure, grattant plutôt en anglais, qui en rajoutaient des couches pour se rattraper. Dur à avaler pour eux que ce fut deux frenchies qui aient fait le sale boulot. Ben oui les donneurs de leçon il faut savoir être beau joueur. Nous qui ne sommes pas des appointés nous nous sommes contentés de mettre à jour la vérité. Même pas pour la gloire rien que pour le sentiment du devoir accompli.


Épilogue : « J'ai une part de responsabilité dans ce qu'il s'est passé avec Pancho Campo et Jay Miller en Espagne. Nous n'avons pas encore vu le rapport d'enquête définitif de nos avocats mais, au bout du compte, je pense que je n'ai pas encadré Jay Miller comme j'aurais dû le faire. J'aurais dû davantage suivre ses dossiers et lui poser plus de questions sur ce qu'il faisait. Rien de ce qui a été fait n’était illégal, mais certaines choses qui ont été faites étaient juste… Je suppose que la perception est proche de la réalité. J'aurais dû examiner minutieusement la façon dont il agissait, bien plus que je ne l'ai fait. »

 

Signé Robert Parker

 

Sur ce doux satisfecit du Taulier je passe la parole au crémier.

 

Je suis enfin arrivé au bout de ma pelote, même si sur le chantier il va me falloir remettre encore mon ouvrage, mes 130 éleveurs sont placés, des gros camions viendront ramasser leur lait. Qu’ai-je fait pour qu’il en soit ainsi ? Pour dire le vrai pas grand-chose, si ce n’est tenter de comprendre, d’écouter, de ne jamais me laisser aller à l’humeur, gérer le temps. Cependant, si ce dossier est bouclé, sans être totalement refermé, c’est que j’ai croisé chemin faisant des personnes qui m’ont accordé leur confiance. Je ne vais pas les citer ici, afin de ne pas les compromettre, mais sans eux je n’aurais pu pendant 9 mois mener cette mission à bien. La morale qui conclut la fable de La Fontaine Le Lion et le Rat : patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage fut mon seul viatique.

 

Que voulez-vous, tout au long de ma vie professionnelle très atypique j’ai toujours cru en ma bonne étoile, sans pour autant me croire pourvu de grands talents. Ce qui m’a toujours passionné c’est la pâte humaine, elle est parfois lourde, bien difficile à faire lever, mais dans nos sociétés, où tous les liens s’effilochent, quoi de plus important que ce travail de remaillage. Avoir au petit matin, au bout de son téléphone, un éleveur de l’Aveyron, du Tarn ou du Lot&Garonne, qui vient s’enquérir de là où en est le dossier et que vous n’avez que des bonnes paroles à lui délivrer, faute de pouvoir lui dire que son sort dépend de chiffres : bilan laitier d’entreprise, zone de collecte, capacité de transformation… ou de stratégies nationales de grands groupes… exige d’être attentif, de trouver les mots qu’il faut pour ne pas faire trop espérer sans désespérer.

 

Dans ce dossier où une grande entreprise espagnole Leche-Pascual était venue il y a plus de 20 ans débaucher des producteurs dans le Grand-Sud-Ouest, mettant en difficultés certains responsables d’usines, il y avait bien sûr beaucoup de vieilles rancœurs, des comptes non soldés. J’écrivais récemment à l’ensemble des parties en présence « Comme toujours dans l’histoire des hommes le passé est mis en avant pour justifier de la part de certains un quelconque engagement (…) Tout en reconnaissant à chacun sa part de responsabilité, et sans avancer un quelconque jugement ma mission consistait bien à faire en sorte que ce soient les éléments d’avenir qui puissent prévaloir sur ceux du passé. » Déminer, écouter, comprendre sans forcément céder à la facilité du binaire, tenter de bien faire et laisser dire. Certains vont peut-être m’accuser de sombrer dans l’autosatisfaction mais je me contenterai de leur répondre que j’ai seulement le sentiment du devoir accompli et ça me suffit.

 

Pour la fin un petit clin d’œil à ceux qui m’ont aidé : « ce matin sur ma tartine j’ai étendu du beurre Elle&Vire, j’ai ajouté du lait Candia à mon café et j’ai mangé un yaourt Danone… Comprenne qui pourra mais je ne fais pas un Caprice des Dieux de si bon matin. Enfin, à tous ceux qui tapent sur le dos des fonctionnaires je réponds : « pour moi, en  Aquitaine et Midi-Pyrénées ils ont répondus : présents ! Ils se sont mobilisés ! Merci à eux. Et rien que pour de rire je dis on se lève tous pour Danette ! Plus sérieusement, moi qui suis né à la politique avec Pierre Mendès-France, je lève aussi mon verre de lait Candia. Le blog du Taulier accueillant le crémier est indemne de toute publicité.

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 00:19

Elle lui a dit « Imagine-nous sur les routes désertes – c’était les derniers jours d’un mois de mai en 68 – filant vers Paris, la capote de notre deuche découverte, cheveux au vent. Non, toi seulement. Moi, je me  mettrai un foulard noué derrière le cou, très Jan Seberg. Aux carrefours nous passerons sous les regards étonnés des pandores. « Bonjour, bonjour les hirondelles... »  Nous serons les rois du monde. Nous mangerons des sandwiches en buvant un petit rosé glacé. Nous entrerons dans Paris par la porte d'Orléans. J'y tiens. Puis nous descendrons les Champs-Elysées en seconde. Je prendrai des photos debout à tes côtés. Oui, pendant que j'y pense, il faudra que j'achète des berlingots pour papa. Il adore ça. Surtout ceux à l'anis. La Concorde, trois petits tours, et on débarque avenue de Breteuil chez le père. Rien que du pur bonheur ! »

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Ils avaient 20 ans en 68, ils partaient de Nantes,  et ce furent de bien beaux jours dans leur vie alors comme aujourd’hui c’est de Paris qu’ils vont descendre pour aller à Béhuard sur la Loire pour ce pique-nique improvisé par une folle avoine qui se trouvait se nommer Graindorge. Pour le manger, ils mettront toute la mangeaille enveloppée d’un grand mouchoir de Cholet (ouais, ouais, z’étaient grands comme des torchons les mouchoirs du pépé) dans un grand panier d’osier pour les sèmeries (les semailles) et ils caleront le pochon avec toute une cotriade de bouteilles qui trouveront chez des copains vignerons avant d’arriver à Behuard.

ph49_behuard.jpgBe oui, Béhuard, ça vous en bouche un coin petits parigots têtes de veaux car le Taulier qu’est né en Vendée lui l’est allé en car sur l’île de Behuard qu’est la seule commune à être une île sur la Loire. Faut être aussi futé que le taulier pour proposer de pique-niquer sur la Loire. Bon le guide du Pous, alias le camarade Patrick  Baudouin qui n’habite pas très loin va trouver que je tire les bernes trop à moi puisque ça fait un bail qu’y me dit de venir poser mes brailles de luxe sur ce confetti d’île qu’est un rocher volcanique émergeant des flots. Le bâti y est modeste, comme le taulier, les petites rues sont étroites et les commerces absents. A cet endroit, pour remercier la Vierge de l'avoir sauvé de la noyade, Louis XI fit construire une église à deux nefs en équerre et charpente en carène de bateau renversé. Près d'elle se dresse un logis du XVe siècle dont le tuffeau est gracieusement décoré et orné d'une Vierge dans une niche. Béhuard est située dans la zone classée au patrimoine mondial de l’UNESCO à une vingtaine de kilomètres au Sud-Ouest d’Angers,  et est ceinturé par deux bras de la Loire, la Guillemette et les Lombardières, entre Savennières et Rochefort sur Loire.  Les crues sont fréquentes : une échelle de crues placée au centre du village atteste les niveaux des crues subis au XXe siècle en 1904, 1910, 1936, 1962, 1977, 1982, 1983, 1988, 1995 et 2000. Béhuard est traversée par la route départementale 106.

b562c896.jpgUn peu d’histoire de Béhuard : d'abord vouée à une déesse-mère gauloise, avant d'être évangélisée au Ve siècle par Saint Maurille, évêque d'Angers, puis offerte au XIe siècle à l'abbaye Saint-Nicolas d'Angers. Au XIe siècle, le chevalier Buhard reçoit les terres du Comte d'Anjou, Geoffroy Martel, en remerciement de ses services. Le nom Buhard se transforma en Béhuard à cause de la difficulté de prononciation pour les habitants. Entre 1469 et 1482, le roi Louis XI, neveu du roi René d'Anjou y ordonne la construction d'un sanctuaire dédié à la Vierge après avoir échappé à la noyade suite au naufrage de son embarcation dans la Loire, une église à double nef en équerre est construite. Béhuard, qui était un lieu de pèlerinage des bateliers avant le XVe siècle, doit sa renommée à la vierge protectrice des mariniers et des voyageurs. En 1948, année de naissance du Taulier un pèlerinage y réunit toutes les Madones de l'Anjou.

 

Le vendredi 30 avril 2012 Béhuard accueillera Eva chroniqueuse chez le Taulier

 

Les images de Béhuard sont ICI link

image3202Du côté spécialité régionale vous aurez droit au museau chaud de Berthomeau dont je vous livre à nouveau la recette en recyclant un bout de vieille chronique :

« Ceci écrit je me suis dit : mon vieux Berthomeau, certes tu n’es pas de la pointure d’un Alleno, mais, comme Monsieur Jourdain, tu pratique le casse-croute chaud sans le faire savoir. Je m’explique. Comme je suis friand de museau de porc, que j’achète à la charcuterie Pellé 213 rue de Tolbiac (c’est à deux pas de chez moi) , j’adore à l’heure du déjeuner le mettre au chaud, je devrais écrire au tiède. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement je glisse 1 ou 2 tranches de museau de porc dans une Ciabiatta tranchée (on peut moduler la part en fonction de son appétit) que j’ai légèrement toastée. La ciabatta, « savate» en italien, est un pain blanc originaire d'Italie, dont une des principales particularités est à la fois un taux d'hydratation élevé jusqu'à 80 % et la présence d'huile d'olive 3 à 5 %. Ce pavé rustique à la mie moelleuse et très poreuse, aux alvéoles grosses et irrégulières dues à sa grande hydratation combinée à une croûte caramélisée et croustillante mais très douce au toucher est l’idéal pour accueillir mon museau. Sa croûte retient le mince filet d’huile d’olive dont je l’asperge et la sauce vinaigrette qui accompagne le museau de porc. Pour corser l’ensemble il est possible de rajouter des rondelles de cornichons ou même des câpres, mais j’évite la moutarde ça ôterait à l’ensemble sa chaude douceur et son moelleux. Attention les petits loups et les petites louves : prière de ne pas confondre le museau de porc avec le fromage de tête. »

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Bon Miss Graindorge qui répond au bon prénom d’Anne (c’est celui de ma fille mais elle c’est Anne-Cécile) faudra prévoir un petit feu de sarments pour réchauffer mes Ciabatta. J’emporterai autant de museau que y’aura de petits cochons et de petites cochonnettes au pique-nique de Behuard. Pour le liquide nous feront dans le Savennières show puisque que c’est tout près à vol d’oiseau. Je me servirai d’abord chez mon copain Baudouin et pis aussi chez Pithon… et si le voulez bien j’ouvre la liste des suggestions à déposer en commentaires. Merci !

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 16:00

Désolé parfois le Serveur de mon hébergeur s'emballe et vous recevez une bordée de messages d'annonces.Je n'y peux rien ce n'est pas moi qui met en ligne, toutes mes excuses pour  ce désagrément qui pourrait s'apparenter à du harcellement textuel...

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Pas fait express, ma chronique de ce matin était en boîte avant mon départ pour Bordeaux, toujours mes producteurs de lait (je ferai une petite chronique dès que j’aurai bouclé le dossier), et dans le TGV, en lisant le Courrier International, je suis tombé sur cette information des plus sérieuses. Selon une étude publiée par le Journal of Psychopharmacology des chercheurs de l’Université des sciences et technologies de Norvège ont analysés les résultats de six études réalisées entre 1966 et 1970 et portant sur plus de 500 personnes, dont il ressort qu’une dose de drogue hallucinogène pourrait aider les alcooliques à décrocher.


Je sais ça va grincer sec du côté des réparateurs patentés de l’ANPAA et de ses alliés. Je cite « tous les sujets participaient à un programme de traitement de l’alcoolisme. Certains d’entre eux avaient reçu une dose de LSD comprise entre 210 et 800 microgrammes. Chez ceux-là, 59% ont réduit leur consommation d’alcool, contre 38% dans l’autre groupe, un effet qui s’est maintenu pendant six mois après la prise de l’hallucinogène mais qui a disparu au bout d’un an. Le groupe ayant pris du LSD présentait également un taux d’abstinence plus élevé que l’autre. »


Pour ceux qui ne le savent pas, le LSD est l’un des psychotropes hallucinogènes les plus puissants jamais identifiés. IL bloque la sérotonine dans le cerveau qui contrôle certaines fonctions comme la perception, le comportement, la faim et l’humeur. De suite je rassure mes fans, n’ayant jamais été hippie, je n’ai jamais pratiqué ni la fumette, ni tout autre produits qualifiés rapidement de drogue, donc pas de LSD. Les deux auteurs de l’étude répondant aux doux noms de Teri Krebs et Pal-Orjan Johansen « une dose unique de LSD a un effet bénéfique sur la consommation abusive d’alcool ». Ils ajoutent « Il est prouvé que le LSD a un effet bénéfique sur l’alcoolisme et on se demande pourquoi ce traitement a été négligé. »


Le Pr David Nutt, qui  était conseiller du gouvernement britannique en matière de drogue, limogé en octobre pour avoir appelé à un assouplissement de la règlementation en matière de drogues pour faciliter la recherche sur ces substances déclare « Pour traiter sa dépendance à l’alcool, il faut radicalement changer la perception  que l’on a de soi. C’est ce que fait le LSD. Dans l’ensemble, on a un gros effet. Montrez-moi un autre traitement qui donne d’aussi bons résultats. On est passé à côté de quelque chose »


Une autre petite musique qui ressemble à celle du Dr Ameisen. Je vous la livre telle que je l’ai perçue. Traiter la cause plutôt que les effets me semble tout de même la meilleure approche de la thérapie pour une maladie, et l’alcoolisme est une maladie…

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 00:09

Comme bistrot soulot prend un t, certains lui mettent un chapeau : soûlot, d’autres le charge plus encore : soulaud ou soûlaud, enfin le tout s’écrit aussi au féminin : soulote ou soûlote et soulaude ou soûlaude. Entre l’ivresse et la soulographie il semble y avoir la même distance qu’entre l’érotisme et la pornographie. Je n’entrerai pas sur ce terrain : étalonner la distance qu’il peut y avoir entre un individu ivre et un individu saoul est une gageure. Mon propos de ce matin est plus terre à terre il consiste, non pas à recenser, car là encore ce serait aussi une gageure, les mots qui flirtaient avec l’argot pour désigner les soulots.


Disparus ou survivants pour la plupart : les bibards, les éponges, les licheurs, le picoleurs, les pionnards, les pitancheurs, les pochards, les pochetons ou pochtrons, les sacs à vins, les soiffards, les soulards… des qui sont beurrés comme des petits Lu, des blindés, des bourrés comme des coings ou des cantines, des brindezingues, des chargés, des schlâsses, des dans le cirage, des cuits, des fadés, des givrés, des mûrs, des noirs, des pleins comme des œufs, des ourdés, des pafs, des pétés, des poivrés, des ronds comme des queues de pelle, des qui ont un coup dans le carreau, un coup de chasselas, un verre dans le nez, du vent dans les voiles, un coup dans l’aile, des souliers à bascule et les dents du fond qui baignent, ceux qui tirent  des bords, ceux qui en tiennent une bonne, une beurrée, une biture, une cuite, une charge, une muffée, une pétée… ceux qui se taperont une gueule de bois et qui auront mal aux cheveux.


Attention je ne fais aucune apologie mais comme l’écrit Gabriel Bender dans Ivresse « C’est lorsqu’on est confronté à la difficulté de penser le vin et l’ivresse sans a priori ni fioriture qu’on bute sur les lourdes empreintes laissées par les mouvements de tempérance, aussi bien chez les abstinents que chez les amateurs d’alcool. Toute approche de l’ivresse n’échappe plus au discours sur l’alcool. Aujourd’hui, les amis et les ennemis du vin tiennent à peu près les mêmes propos, lorsqu’ils sont confrontés à des pratiques amorales menaçant leur vision du monde. L’ivresse est considérée comme un désordre aussi bien par le gourmet que par le responsable de la santé publique »


J’aime la saine franchise de l’acteur Jean-Luc Bideau « Il n’y a pas de gradation dans la cuite. Il y a limite et off limite. A un moment donné, le corps dit : Stop ! Et on se sent mal à l’aise et il faut se casser… Alors on se lève : Bon salut ! On essaie d’aller droit jusqu’à la porte, par orgueil et fierté. On paie le plus possible à tout le monde parce qu’on se sent obligé et parce qu’on aime bien le faire. On dit : Au revoir ! On rentre péniblement à la maison et, au milieu de la nuit, on prend sa lampe de poche, on va à tâtons à la salle de bain pour ne pas réveiller Madame et là on avale des aspirines et des trucs pour équilibrer l’estomac, pour prévenir la gueule de bois. Oui je bois. Comme tout le monde, de temps en temps. Il le faut bien. Par contre, je ne bois jamais seul, je trouve cela d’une tristesse monumentale et c’est exceptionnel que je parte dans le zigzag ; deux comas éthyliques en soixante-quatre ans, pas un de plus. Je connais quand même le moment où il faut s’arrêter pour prendre le chemin qui mène au lit. Pourtant quand je bois,  c’est pour boire beaucoup et vite. Il y a des moments où j’ai vraiment envie de me défoncer ; cela me permet d’être agréable ou désagréable. Alors je bois trop forcément ! Et tant mieux si les vins sont bons. Avec de la bonne bière tchèque, c’est encore plus agréable. Mais l’alcool ne m’apporte jamais ni l’ivresse du second souffle, ni l’ivresse de l’altitude, ni les émotions du théâtre. »

 

Ivresse est un livre de Gabriel Bender voir www.monographic.ch et/ou www.gabrielbender.ch Jean-Luc Bideau en ayant écrit la préface dont est tiré le texte cité.


Totalement incorrect, mais il n’est pas interdit d’être sincère et de réfléchir sur la réalité. La fuir, la tordre, vouloir la faire entrer dans des moules doctrinaux conduit à l’échec des politiques dites de Santé Publique. J’en reste là mais je hais tout à la fois ausi bien la pudibonderie des prohibionnistes masqués que l’hypocrisie de ceux qui n’assument pas le statut de boisson alcoolisée du vin. Ce combat éternel entre deux clans irréconciliables aboutit à la demande imbécile d’apposer un message dit de santé publique sur les bouteilles de vin du même type que ceux inscrits sur les paquets de cigarettes. La réalité sociale n’est pas forcément agréable mais il faut savoir l’affronter sans œillères ou avec des verres correcteurs. Bref, je m’arrête en avouant comme Bideau : un vrai coma éthylique à l’âge de 25 ans dans toute ma vie d’adulte, on m'a piégé comme on aimait le faire à la campagne, et une beurrée carabinée après avoir gagné le championnat universitaire de basket quand j’étais étudiant en première année de Droit : après une fiesta dans un beuglant du quai de la Fosse j’ai mis deux bonnes heures au petit matin à retrouver l’entrée de la Rue Noire (sic), à Nantes où je logeais.


Et dire que l’idée de cette chronique est née de ce texte de Gaston Chaissac datant de 1952. J’ai un peu dévié de mon objectif initial, j’ai comme on le disait chez moi en Vendée : turcoler c’est-à-dire zigzaguer ! Mais n’est-ce point-là le bon plaisir de chroniquer ?

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