Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 00:09

Imaginez-vous la tête de mon entourage qui me considère, à juste raison va s’en dire et c’est mieux en le disant, comme l’un des plus grands, des plus éminents experts du monde du vin, lorsque le facteur vous tend un paquet, que vous l’ouvrez avec fébrilité et fierté – l’envoi de l’auteur ça classe son homme – et que vous découvrez avec stupeur, puis horreur le titre de l’opus «Bien acheter son vin pour les Nuls ». Les bras vous en tombent, votre ego part en charpie, le socle de votre immense notoriété se fendille, vous êtes tel, la femme de Loth, transformé en statue de sel.


Nuls-006.JPG

Chute du piédestal, sourires en coin autour de vous, vous voyez poindre les rives de la Bérézina, c’est bientôt la traversée de la Moskova et vous restez coi. Vite, se ressaisir, dire que Saverot&Goujard&Simmat sont de joyeux drilles, des adeptes de la dive bouteille, des experts éminents au service d’une vieille dame qui cherche à troquer sa permanente pour des dreadlocks, des gars qui œuvrent pour l’extension du domaine du vin. Reprendre son souffle, souligner que certes il m’arrive de tailler des costards à certains collaborateurs de Denis Saverot lorsque leur plume dérape link  mais jamais au grand jamais il serait venu à l’esprit de mon ami Denis, car c’est lui qui m’a fait porter et qui a dédicacé l’ouvrage pour Nuls, d’attenter aux fondements de ma notoriété. Donc va pour jeter un œil sur des lignes destinées à  des « primo-amateurs »


Bref, pour un ex petit rapporteur ce que je note d’emblée c’est qu’un bouquin avec une Introduction et 6 parties est assurément pas écrit par des énarques qui n’aiment rien tant que les plans en 3 parties. Ça commence par la boîte à outils qui je l’avoue ne me passionne guère car j’ai horreur de la mécanique. J’y note cependant quelques lignes sur la paupérisation du vignoble français et des petits vignerons (bien lire Marx pour les Nuls s’impose) et trois notules bien balancées sur les lieux les plus judicieux pour acheter son vin, je cite : la supériorité naturelle des cavistes, l’intérêt des grandes surfaces et le casse-tête des foires aux vins (bien comprendre Saint Ignace de Loyola pour les Nuls) et pour finir Les joies de l’achat au château pour les péquenots il est de coutume de dire à la propriété ou chez le vigneron.


Dans la seconde partie : les meilleurs vignerons de France pour les Nuls y’a une flopée de gens que j’aime. Je décide donc derechef, afin d’éviter d’en oublier et de vexer les autres de ne vous livrer que 3 noms (en fait 4) car ce sont de fidèles lecteurs (y’en a plein d’autres dont Francis Boulard, Jean-Luc Thunevin… mais il me fallait faire un choix ce qui est toujours une réelle douleur) : François des Ligneris, Aline et Paul Goldsmith qui sont, selon le trio, des incontournables et Guy Salmona qui lui est une valeur en devenir.

Nuls-002.JPG

Nuls-003.JPG

Nuls-005.JPG

 

Je fais l’impasse sur la troisième et quatrième partie car c’est du commerce et, comme je ne suis pas toujours d’un commerce agréable sur ce type d’approche, les 3 lurons s’en donnent à cœur joie : « Même une nonne craquerait pour le Bon Pasteur 2009. Corsage en dentelle, culotte de velours, bas de soie, parfum raffiné… Une classe de dandy. » ou « PUR : Cette maison porte bien son nom. Sans soufre ajouté, toute la pureté des arômes de ce rouge (un Beaujolais-Villages rouge 2011). Des notes fruitées, très naturelles et une bouche sincère et dodue. » Non mais, tout de même, Denis tu te dévergondes grave, comment peux-tu mettre dans le même bateau notre cher Michel Rolland national et ce pirate de Cyril Alonso, ça va faire jaser dans les châteaux et pas sûr que Jean-Robert goute cet accouplement contre-nature.


La cinquième partie, dites la partie des Dix agglomère tout d’abord joyeusement, le genre choux et carottes, l’essentiel et l’accessoire sous le  titre les 10 questions essentielles sur le vin mais bon les Nuls, même un peu décrottés par Saverot&Goujard&Simmat, ne vont s’étonner que l’on plaçât sur le même plan pourquoi le vin est présent dans la liturgie chrétienne et pourquoi il n’y a pas de chaîne et de publicité sur le vin en France ? Du côté des 10 questions qui fâchent c’est plus homogène même si à la question : pourquoi la France ne compte-t-elle aucun Danone ou l’Oréal du vin ? reçoit une réponse est un peu courte mais sans doute ne faut-il pas trop fatiguer les Nuls avec du jus de tête stratégique. Donc, sans me pousser du col ou faire enfler mes chevilles, je ne suis sans doute pas le meilleur juge de la pertinence des questions et des réponses données aux 10 questions sur l’avenir de la viticulture mondiale ? Pas sûr que nos 3 gosiers en pente soient de bons macro… économistes mais comme les économistes ont la fâcheuse tendance ces derniers temps à se vautrer sas doute mieux vaut lire dans le marc de café ou plus sérieusement dans la lie de vin pour esquisser les chemins de l’avenir.


Ceci écrit, l’ouvrage fait dans le ludique, dans la non prise de tête, c’est le parti pris de la collection, une collection dont je ne connaissais que la première de couverture, alors je ne vais aller chercher des poux sur la tête des 3 auteurs qui, à leur manière contribuent à l’extension du domaine du vin, et qui, hormis certaines obsessions et approximations, font tout même progresser la connaissance des gniards et des jeunes filles en fleur. Dans le genre tendance c’est Vérigoud même si l’absence du livre de Jacques Dupont, Choses Bues comme livre de référence des 3 auteurs, est bien plus qu’un oubli mais une faute de goût et quand à la Toile et aux blogueurs ils subissent un régime sec très proche de celui de la loi Evin. Les Nuls, cher Denis Saverot, sont des accros de la Toile, certains ne savent lire que sur un écran, alors tout comme la conversion récente de la RVF aux nouvelles tendances bio, biodynamique et « nature », il serait temps que, tel Paul sur le chemin de Damas, ébloui par la lumière des écrans, vous embrassiez sans hésitation notre modeste apostolat.


Merci, cher Denis, de cet envoi sympathique qui m’a fait progresser dans la connaissance du vin, je ne désespère pas de te convaincre un jour que certaines de tes analyses empruntent trop à l’émotionnel et à ce qui fait plaisir aux gens du vin : l’entre-soi…

Partager cet article
Repost0
1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 00:09

Myriam est comme ça, avec un air de ne pas y toucher, enjoué, elle nous dit tout sur le vin et surtout elle le dit bien, c’est concis, précis, sans fioritures, car comme me le faisait un jour remarquer Marc Parcé « on ne fait pas du vin avec des mots ». Avec les mots, trop souvent, on ne fait que des discours qui volent, s’envolent, s’évaporent, parfois on fait des livres et, sous ce on, se cachent des gaspilleurs de mots, des qui n’en connaissent pas la valeur, des qui feraient mieux de les garder pour eux. Myriam Huet ce fut pour moi d’abord une voix, une voix chaleureuse, même enjôleuse, sortant du poste, la radio quoi, du temps où France-Inter diffusait le samedi l’émission de JP Coffe « Ça se bouffe pas, ça se mange… ». Elle parlait du vin et elle en parlait bien de ces vins car entre le singulier et le pluriel il y a un espace sur lequel certains, qui s’autoproclament critiques, devraient méditer. Puis je l’ai connu, pour de vrai, Myriam et, jamais en reste d’une belle initiative pour plaire à ses lecteurs votre Taulier l’a mobilisé pour une belle dégustation « sans copeau sur la langue »  link 


Ce soir-là, Myriam, dans un joyeux foutoir qui troublait un peu sa rigueur professionnelle, fut égale à elle-même : comme me l’a écrit un participant « J’avais souvent entendu parler de Myriam Huet mais je ne l’avais vu en chair et en vin » et ce fut, souligne un autre, « finalement un plaisir toujours recommencé qu'une dégustation de (bons) vins expliqués par un orateur de talent. On se prend à regretter que ça ne dure pas plus longtemps, que le Tour de France soit trop réduit. Mais Myriam Huet est un modèle de didactisme et de simplicité : j'ai eu l'impression de tout comprendre et de retrouver en nez et en bouche ce qu'elle venait de nous expliquer... » L’enthousiasme était au rendez-vous ce que traduit bien l’une des participantes « De la vivacité dans le propos mais avec une rondeur subtile, traces d'années de maturations fructueuses. Pas un copeau de langue de bois ; une langue qu'on avait d'ailleurs voulu nous réduire à 4 étapes de saveurs ordonnées dans l'espace. Et, oh joie, nous découvrîmes avec ivresse que toute honte pouvait être bue de ne pas répondre au standard du bien déglutir. »


9782100572441-G.jpg

Je vous avais prévenu, Myriam est comme ça : elle séduit sans chichis, elle transfuse du côté cœur sa passion pour le vin sans les artifices de certains, elle sait mieux que quiconque que, sans un corps bien fait, le vin ne pourrait avoir une âme. Ayant enseigné dans ma longue vie je sais d’expérience que, coucher sur le papier la somme de son expérience est une vraie douleur : il faut se tenir à son ouvrage, classer son matériau, le travailler, l’assembler, écrire quoi. Myriam s’y est mis et voilà que l’enfant paraît : « Le Vin pour Tous » chez Dunod 11,90€, le comprendre, le choisir, l’apprécier. C’est un beau petit livre, utile, pratique, simple d’accès tout en étant complet. Loin de ceux qui défoncent des portes ouvertes, des qui ont des œillères, des qui ne vont qu’à leurs messes basses, des qui donnent des leçons, Myriam, elle, se contente, et c’est beaucoup, de donner les clefs. Ça peut toujours servir une clé, par exemple à ouvrir une porte, à comprendre, ensuite libre à chacun de se forger une opinion, d’aimer ou de ne pas aimer, d’apprécier, de s’enthousiasmer, de rejeter. Prime à l’intelligence sur l’obscurantisme, tel est l’apostolat d’une œnologue de passion et de raison qui n’a rien d’une sœur tourière.


Dans le « Vin pour tous », tout est dit et fort bien dit alors je ne vais pas me fatiguer à vous en faire un résumé, le mieux pour vous c’est de l’acheter pour en faire votre livre de chevet surtout pour ceux qui prétendent tout savoir sur le vin. Pour ma part, sans fausse modestie, il me reste bien des choses à apprendre et à comprendre sur le vin car je n’y ai jamais mis la main : j’ai taillé la vigne et vendangé, j’ai embouteillé du vin, j’en ai vendu mais je n’ai jamais mis les pieds dans un chai pour en faire. Grâce à Myriam je fais du rattrapage par correspondance. Deux petits flashs photographiques pour éveiller plus encore votre appétit et pour un détail sur le bouchon de la couverture qui m'a mis en joie : mis en bouteille au château, mais c'est sans doute le fait de Dunod

 

photohuet.JPGphotohuet2.JPG

Partager cet article
Repost0
30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 00:09

800px-R8_Gordini_Pegomas-Tanneron_2005.jpg

 

Même si j’aime les vieilles anglaises, les voitures bien sûr, j’ai peu de goût pour les bagnoles et je n’ai jamais mis les pieds au Salon de l’Auto. Pour autant j’avoue avoir toujours été fasciné par les préparateurs de petites bombes pour rallye automobile. Avec mon pote Jack Troussicot, le frère de Gervais et du grand Henri-Pierre, j’ai fait le commissaire, en pleine nuit, sur je ne sais quel rallye en Vendée. Le feulement de ces caisses bricolées qui surgissaient dans la nuit telles des guépards, l’odeur d’huile de ricin et de la gomme surchauffée, les jantes larges et le volant sport, je trouvais ça exotique. Bref, dans mes souvenirs de jeune homme la Renault 8 Gordini et La FIAT-Abarth 850 TC stradale occupent une place à part. Pour la première, je vais ici faire un aveu, l’une de mes premières fiancées possédait un R8 Gordini, j’avais moins de 18 ans, donc pas de permis, et elle me laissait le volant jusqu’au jour où nous sommes tombés sur un contrôle de gendarmerie, par bonheur à la tombée de la nuit et dans une file ce qui nous permis d’échanger nos places sans descendre. La grosse trouille mais quel plaisir que de sentir sous la pédale cette puissance prête à se libérer.


Logo_abarth.gif

Peugeot-Citroën va mal, Carlos Ghosn déclare sur RTL « que Renault pourrait disparaître sous sa forme actuelle… », le Salon de l’auto s’ouvre dans la morosité Porte de Versailles avec les banderoles des salariés d’Aulnay-Sous-Bois. N’étant pas un expert de l’Industrie Automobile je me garderais bien de me risquer à avancer une analyse de ce secteur où nos voisins allemands, rois des grosses cylindrées, souffrent beaucoup moins que leurs homologues français. Ma toute petite réflexion portera sur le statut de la voiture tant en ville qu’à la campagne. De mon temps, comme le disait mon pépé Louis, l’automobile était le symbole de la liberté alors que le chemin de fer, je ne parle pas de l’avion qui était un luxe pour les nantis et les hommes d’affaires, c’était pour le populo. Posséder une auto c’était acquérir le droit d’aller et de venir sans contrainte d’horaires dans les coins les plus reculés du territoire. La route devenait le vecteur des déplacements individuels et très vite des transports de marchandises. Les villes devenaient le réceptacle des bagnoles, souvenez-vous de Georges Pompidou a donné son nom à la voie rapide sur berge, pratique certes mais aspirateur de voitures et horreur pour les flâneurs au clair de lune, par bonheur la pénétrante Vercingétorix fut tuée dans l’œuf. L’auto devint la pompe à fric : la vignette supprimée par Fabius, les parcmètres, les contractuelles, les radars… L’auto ça pue et ça pollue mais il n’empêche que les mecs et les gonzesses le cul dans leur gros 4X4 ou dans leur petite Fiat 500, leur Smart, piaffent, brûlent les feux rouges, prêt à vous écraser sous leurs roues pour gagner une place dans la file.


Le tout bagnole a triomphé partout et j’inclue les grosses chenilles de camions qui montent et descendent sur nos autoroutes. J’ai une auto : une Twingo mais je me déplace dans Paris en vélo et je ne cultive pas l’aversion des écolos pour l’auto. Simplement je demande que nous évitions de pratiquer notre sport national favori : penser qu’une inversion de la tendance n’aura aucun effet sur l’emploi des usines qui fabriquent les autos. C’est exactement la même attitude que ceux qui vomissent sur les poulets en batterie – ce que je peux parfaitement comprendre – mais qui dans le même temps pleurent et s’insurgent du sort des salariés du groupe Doux qui se retrouvent sur le carreau. Pour les autos la mutation, qui n’a pas été anticipée, ni par les constructeurs, ni par les pouvoirs publics, est brutale et radicale. La voiture électrique ne sauvera pas l’industrie automobile elle confortera les groupes qui sauront le mieux être à l’écoute des nouveaux besoins des utilisateurs.


Le scepticisme qui a prévalu tant pour Vélib que pour Autolib n’est plus de mise par les temps difficiles, les temps changent et il faut être réactif et innovateur.


« Autolib, le service francilien d'auto partage de voitures électriques exploité par le groupe Bolloré, devrait être rentable dès le printemps 2014, soit avec quatre ans d'avance, a déclaré Vincent Bolloré lors du Mondial de l'automobile à Paris.


« L'équilibre devait être atteint en sept ans, c'est à dire en 2018, et on pense qu'on l'aura atteint au printemps 2014. Mais pour cela, il faut que le rythme actuel d'abonnement demeure jusqu'en mars ou avril 2014 », a précisé l'entrepreneur breton.


« Nous avons cette semaine 30.000 utilisations et ça augmente de 5% par semaine. Chaque personne fait en gros une douzaine de kilomètres, un peu moins d'une heure, et donc dépense à peu près 10 euros. Et comme grosso modo, Autolib coûte 50 millions d'euros par an, si ça continue comme ça, nous serons en avance de trois ou quatre années », a-t-il calculé.


Lancé le 5 décembre 2011, Autolib compte 35.000 abonnés, dont 13.000 sont abonnés à l'année, pour un parc de 1.750 voitures électriques, de 670 stations et de 3.900 bornes électriques.


Le nombre de voitures électriques dans le cadre du service Autolib devrait être porté à 3.000, a précisé Vincent Bolloré, soulignant que plus de 530.000 personnes ont déjà loué une voiture Autolib depuis le lancement du service.


Fort du succès d'Autolib, l'entrepreneur s'attaque désormais à la voiture électrique particulière en lançant sa Bluecar via un contrat de location longue durée. »


Même à la campagne ou dans les villes moyennes la fonction de l’automobile peut changer à la condition que l’on aille au-delà des solutions uniques : à quoi bon faire circuler des trains ou des autocars au ¾ vides ( avec bien sûr des subventions des collectivités territoriales) alors qu’il serait plus judicieux d’étudier et de mettre en place avec les entreprises et leurs salariés du co-voiturage, des moyens de transports gérés par les intéressés eux-mêmes. En agriculture il existe des CUMA, des coopératives d’utilisation de matériel en commun alors pourquoi ne pas avoir ce type d’approche pour assurer le transport  des gens qui travaillent au même endroit et qui sont obligés d’utiliser une voiture individuelle. La liberté c’est bien mais le prix du gas-oil qui fait des bonds obère une autre liberté celle d’affecter ses achats pour des biens et des services choisis et non subis.


Bref, le souvenir de ma première voiture : la 2CV acheté au curé de la Mothe-Achard est bien loin, ainsi que le vrombissement des moteurs gonflés des FIAT-Abarth 850 TC stradale et la Renault 8 Gordini, mais n’en déplaise aux écolos l’auto reste et restera, avec toutes les mutations qu’elle va subir sous la pression des contraintes environnementales et économiques, un vecteur de liberté mais la liberté est un bien trop précieux pour la laisser entre les seules mains du lobby routier, à nous de reprendre la main et de mettre nos actes dans le sillage de nos légitimes préoccupations. Pour sourire deux petites histoires : la première vécue à Zonza, tout près des aiguilles de Bavella dans le Sud j’ai croisé sur la route un taxi : une Porsche Cayenne blanche (70 000€). Je n’ai pu, ayant le volant, fixer le cliché mais la Préfecture de la Corse du Sud pourrait confirmer ( il faut dire que c'est un véhicule courant en Corse) ;  la seconde est une chronique qui marche toujours très fort Les chinois sont formidables « Comment faire l’amour dans votre Bentley ou votre Hummer ? » link 

 

porsche-cayenne-6.png

Partager cet article
Repost0
29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 14:00

sd_181.jpg

 

N’en déplaise à mon ami Ghislain de Montgolfier, le tout frais président de de l'UMVIN (Union des Maisons et Marques de Vin) qui, en bon champenois qu’il est sait que ce qui est bon pour la Champagne n’est pas forcément bon pour les vins dits tranquilles, le jus produit par le 21 septembre, le Groupe de réflexion à Haut Niveau sur les Droits de Plantation se réunit à Palerme  en Sicile n’est qu’un habillage habile pour faire passer le suppositoire de la suppression du système des droits de plantation.


On enrobe tout d’abord le suppositoire de vaseline « l'idée essentielle est que la gestion des plantations doit largement impliquer les professionnels eux-mêmes ». La Commission Européenne reconnaît ainsi « qu'un système moderne et ambitieux de gestion des plantations ne peut pas être centralisé à Bruxelles. Les pôles de décision doivent se mouvoir vers les territoires concernés, les viticulteurs, les autres acteurs économiques et leurs organisations professionnelles. Ce sont eux qui connaissent le mieux les marchés actuels et futurs. Ce sont eux qui doivent devenir les vrais acteurs de la gestion des plantations. »


Ensuite, on différencie les patients auxquels s’applique la nouvelle posologie : « il faut souligner qu'il y a une différence entre les vins avec indications géographiques et les autres vins de tables ». Le premier outil concerne ainsi la gestion des plantations pour les vins d'indications géographiques protégées (AOP et IGP). Selon Jose Manuel Silva Rodriguez, « il s'agit de transférer aux acteurs économiques des vins AOP/IGP la gestion de leurs surfaces de plantation. Cette gestion pourrait entrer dans le cadre des tâches allouées aux organisations professionnelles (organisations de producteurs, organisations interprofessionnelles...). Toute décision prise dans ce cadre devrait être entérinée par les autorités publiques (nationales ou régionales). 
»


Enfin, pour faire joli, rassurer on érige une usine à gaz qui ne produira que de la fumée « le second outil proposé par la Commission est une clause de sauvegarde évitant « toute expansion rapide de la plantation de vins sans indication géographique. 
Même si nous ne prévoyons pas une explosion de nouvelles plantations en 2019, il faut répondre à certaines craintes que vous avez exprimées. » 
Cette clause de sauvegarde serait activée par les Etats membres, au-delà d'un seuil préétabli, les plantations seraient gelées. Supervisé par la Commission, ce mécanisme préviendrait le déséquilibre entre offre et demande des marchés du vin. Tenant à ne pas aboutir à un outil trop restrictif, la Commission envisagent cependant la mise en place de niveaux de priorités (notamment en faveur des jeunes exploitants) et de critères objectifs (typologie du terrain...). »


C’est le pire des systèmes : d’un côté les routes départementales voire nationales où la vitesse est limitée par les intéressés (rires dans les chaumières) sous la haute surveillance des pandores de Bruxelles et de l’autre une belle autoroute à allemande où les grosses cylindrées pourront faire rugir leurs beaux et fringants chevaux vapeurs.


Je partage le point de vue du Président de la Fédération Européenne des Vins d'Origine, l’italien Riccardo Ricci Curbastro qui a critiqué cette différenciation des vignobles. Pour lui, « il n’y aurait rien de pire que de prévoir un régime différent entre les vins AOC/IGP et les VSIG dont les plantations ne seraient pas régulées. La solution proposée conduirait à un développement incontrôlé de la production de VSIG et à une industrialisation du secteur. Quant aux vins AOC et IGP, ils deviendraient une réserve d’indiens ! »


C’est la prime aux forts.


Comme je l’ai toujours soutenu les 2 branches de l’alternative ne peuvent être que :


-         Plus de droits pour tous les vignobles.

-         Des droits pour tous les vignobles avec une gestion différenciée par catégories.


Dans le premier système la régulation se fera par le marché sans filet. Il est donc clair et évident que, le marché de la grande majorité des vins se régulant par les volumes du bas de la pyramide, toute surproduction entraînera une baisse des prix qui mettra en difficulté le modèle coopératif classique (il l’est déjà) ce qui entrainera la déprise des zones les moins productives au profit des zones de plaine, et par conséquence la diminution du nombre d'exploitations dites familiales (ce qui est une appellation commode qui recouvre une réalité un peu plus complexe). Ce phénomène est connu, il a été vécu par le Languedoc-Roussillon qui a connu un arrachage massif. Ce qui est nouveau c’est que la libéralisation des plantations va, à terme, mettre à mal le système des AOP volumiques. Est-ce souhaitable comme le prônent certains ? C’est la méthode du champ de bataille où l’on ramasse les morts et les blessés à la fin du combat. C’est efficace mais socialement et humainement difficiles pour les 3 vieux pays qui seront touchés : Espagne, France et Italie. C’est un choix politique.


Dans le second système que le bon Ghislain prône, mais qui n’est pas celui de la Commission, la régulation n’est plus un joujou entre les mains des technocrates : «  Sur la question des vins sans IG, l'UMVIN se dit favorable à un encadrement, mais qui serait géré de façon globale avec les autres catégories réglementaires, dans l'idéal en France au sein des interprofessions. Le tout irait dans l'intérêt des négociants, qui pour l'heure sont obligés d'avaliser les décisions des Organismes de Défense et de Gestion en matière de gestion des volumes (plantation, rendement, gestion des réserves) dans la plupart des régions, sauf en Champagne ou ceci se décide collectivement au sein du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC). Un modèle dont l'extension semblerait satisfaire les négociants, qui se disent prêts à développer la pratique des contrats, en échange de plus de partage du pouvoir sur le pilotage collectif des quantités. L'UMVIN se dit aussi favorable à l'existence d'une clause de sauvegarde, qui permettrait aux états membres de geler les plantations en cas de risque de surproduction, sur la base d'indicateurs économiques. »


Mais tout ce que je viens d’écrire c’est en pure perte car la messe est dite « S'il y a inflexion, la Commission ne fait pas pour autant machine arrière. Jose Manuel Silva Rodriguez a bien tenu à préciser « qu’un retour en arrière vers une position conservatrice n'était pas envisageable (...), il n'est pas possible de prolonger indéfiniment un système temporaire voué à disparaître au 1er janvier 2016 ».


Sans instruire un procès en responsabilité, mais en mettant le doigt sur l’inconséquence des responsables professionnels français, nous ne récoltons en ce moment que les fruits du débat avorté qui aurait dû accoucher de la fameuse stratégie Cap 2010. Les défis du Vin Français. Trop Tard messieurs !

1327336479_g1.jpg

Partager cet article
Repost0
27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 00:09

Montgolfier-001.JPG

 

Tout d’abord j’estime que Bercovici vous a un peu escagassé, je ne vous reconnais pas bien sous son trait de crayon cher Ghislain, dans la vie réelle vous êtes bien plus fringant ,votre regard pétille, alors que là vous ressemblez vaguement à un cousin-germain de Guaino matiné de Copé sur le qui-vive. Certes le scénario vous place dans une position fort peu confortable mais lorsque je lis les paroles que Simmat place dans les bulles – des fines bulles, bien sûr, d’une Grande année – sensément suspendues au-dessus ou au-dessous de votre auguste et fière tête je ne retrouve pas votre tête. Ça me gêne un chouïa car j’ai l’impression de visionner une vague doublure et ça me trouble, ce qui pour le champenois que je ne suis pas prend des allures de vin clair (oui je sais un vin clair qui est trouble peut troubler les non-initiés).

 Montgolfier-002.JPG

 

 

Autre point qui me chiffonne dans la séquence qui vous touche, cher Ghislain,  c’est que face à ce mystère, ce dérèglement du Royal Agreement, voir le Bollinger « champagne officiel de Buckingham depuis la conquête des Indes » jeté dans les eaux troubles de la Tamise et vous « l’héritier Bollinger, figure du vignoble champenois, congédié comme un simple VRP » votre sens aigu de la décision n’ai pas provoqué chez vous un réflexe immédiat : pianoter de suite sur votre IPhone pour joindre le boss de la branche 00 du Secret Intelligence Service (MI6) le dénommé M, et bien sûr Q, le directeur de la section équipement.  Ou, plus efficace encore appelé Bond directement dans son appartement de Kings Road dans le quartier de Chelsea. Vous seriez tombé sur May sa vieille gouvernante écossaise et 007 ce serait fait un plaisir de sauter dans son Aston-Martin et de régler cette affaire en trois coups de cuillère à pot via la couche chaude de quelques donzelles aux appâts plus conséquents que ceux des prudes dames d’Aÿ. Vous imaginez la tête de Simmat et de Bercovici si, les prenant à leur propre piège, vous foutiez en l’air leur beau scénario tout juste entamé. La cata quoi, mais je vous sais trop gentlemen Ghislain, et un peu joueur, alors vous n’avez pas voulu tirer avantage de votre arme secrète.


Montgolfier-003.JPG

Revenons au début de l’histoire, de ce maître Pérignon, en son abbaye d’Hautvillers près d’Épernay, partageant la couche de ribaudes, se faisant tancer par l’archevêque-duc pour sa luxure et ses expérimentations hasardeuses, ça risque de défriser les dames d'Aÿ et d'ailleurs en Champagne, dont j’évoquais l’existence, surtout à la sortie de la messe ou du temple, juste avant de passer chez le pâtissier pour acheter le gâteau du dimanche et se rendre ensuite à la brocante. En soulignant ce fait je ne fais que reprendre ce qu’écrivait sous forme de conseil, un homme autorisé, Jean-Paul Kauffmann, dans  « Voyage en Champagne 1990 » : « tu y passeras aussi tes week-end, sinon tu manqueras l’essentiel : la messe ou le temple, le passage à la pâtisserie et la brocante… » Le mécréant que je suis adore mettre un peu de piment dans les tea-parties de notre belle province. Quant à toi Ghislainn- oui je tutoie pour ça -, comme je ne te trouve pas une tête d’héritier depuis le jour où nous nous croisâmes dans les couloirs de l’INRA de Rungis où tes collègues du  SCECS, laboratoire étudiant le devenir du cochon, exhibaient celui de Reiser sur leurs publications officielles, je pense que tu feras preuve de pédagogie auprès de ces dames aux belles permanentes. Enfin, sans vouloir jouer sur les mots, tu es un Montgolfier et tes ancêtres  Joseph et Étienne inventeurs et constructeurs des montgolfières, ont été d’une certaine manière des précurseurs dans l’art et la manière de s’envoyer en l’air.


Montgolfier-005.JPG

Enfin, pour redevenir un peu sérieux, citant à nouveau JPK, je dois t’avouer mon cher Ghislain mon grand chagrin de constater que la danse est menée, dans la BD de Simmat&Bercovici, pour faire court, par un parisien, certes d’adoption puisque né à Roubaix,  « La nouveauté est que le Great Game* champenois se joue pour une large part à Paris et non plus à Epernay ou à Reims. Ce déplacement du pôle de décision vers la capitale, qu’ont choisi d’habiter les chefs de maison des grands groupes et leurs états-majors, est un objet de préoccupation pour l’avenir. L’absence d’enracinement est un handicap pour un produit issu de la terre. Une marque de champagne a besoin d’être représentée autrement que par un gestionnaire qui sait baisser les coûts et optimiser les stocks. Il entre en effet dans cette fonction une dimension humaine et culturelle impliquant un ancrage solide et durable dans l’environnement immédiat. Poser au milieu du vignoble pour la photo, convier à déjeuner la presse dans les salons désuets de la marque soigneusement entretenus et repartir ensuite pour la capitale constituent les limites de l’exercice. »


Montgolfier-006.JPG

Voilà, cher Ghislain, j’ai fait mon devoir comme le bon petit soldat que je suis qui, à force d’écrire des trucs désagréables sur les droits de plantation chers à la permanentée de Reims qui habiteà Paris, se trouve bien aise de passer la patate chaude à Simmat et Bercovici qui eux, peuvent aligner des vacheries sans le risque de se voir mettre au placard. Bref, ma question initiale reste ouverte, comme une conclusion d’un exposé de Sciences-Po : c’est quoi au juste cette histoire de Dom Pérignon Code ? La réponse est dans la BD susdite : Champagne ! Le Dom Pérignon Code chez 12Bis pour 12€ tout juste le prix d’une bouteille de champagne discountée par les têtes d’œuf de Carrefour ou les terroristes – je n’ai pas écrit les terroiristes – de MEL. Avant d’en terminer avec ma missive, Ghislain, toi le président de l’UMV, je te supplie d’expliquer à un socialo non révisé, tendance Rocard Code, ce que veulent dire les deux larrons de la BD par « marges à deux chiffres » J’avoue ne pas tout comprendre la notion  de « marketing historique » alors, pourquoi ne pas m’inviter en Champagne pour me décrotter. J’ai même lu dans une feuille de choux économique que Bollinger c’était l’une des plus belles marges de la Champagne alors comme tu es très pédagogue Ghislain tu m’expliqueras. J’espère, bien évidemment que la fine fleur des maisons de champagne me fera l’accueil dû à un blogueur influent.


Montgolfier-004.JPG

 

Dans cette attente, recevez (oui je passe du tu au vous  mais bon je ne peux faire autrement en fonction des circonstances), cher Président de l’UMV, un peu chahuté dans la BD, mon meilleur souvenir, et si ce n’est pas trop compromettant pour toi, l'expression renouvelée de mon amitié fort ancienne.


Bien à toi.


Un Taulier qui a pris de la bouteille.

Partager cet article
Repost0
26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 00:09

Image.ashx3.jpg

 

Au temps de mes culottes courtes, les filles du patronage, c’étaient les « âmes vaillantes » et les garçons les « cœurs vaillants », je n’en n’ai jamais été me contentant d’être le capitaine de la Vaillante Mothaise, club de basket-ball. Vaillant, voilà un adjectif peu usité mais qui va bien à celles et ceux qui coupent le raisin car il faut être courageux, avoir de l’ardeur au travail, pour affronter dès l’aube les Longues de Grenache parcelle surnommée ainsi par les Guichard « parce que les rangées » leurs semblaient infinies. Isabelle avoue qu’elle n’a « jamais compté le nombre de ceps sur une rangée, mais à y travailler, pour tailler et ébourgeonner, j’ai l’impression de ne jamais terminer, un peu comme Sisyphe et son rocher. Elle force l’humilité… » et elle espère que « les vendangeurs seront en forme. Orientée plein sud avec un dévers certains, les rayons du soleil y semblent plus forts. »


amesVaillantes_hedomadaire.jpg

Ainsi donc, dans l’amoncellement du courrier au retour de mon séjour Corse, j’ai eu le grand bonheur de découvrir un petit opus – je ne sais si Isabelle Guichard lit mes chroniques, mais j’adore les beaux petits livres – des éditions du Rouergue « Recettes de vendangeurs »18€  dont la jaquette m’offrait le spectacle de petites mains triant le raisin. J’avoue avoir un goût très modéré pour les livres de recettes mais là, en feuilletant j’ai découvert un talent d’écrivain ou d’écrivaine, selon l’esprit du temps, de la maîtresse de maison : Isabelle Guichard. Ses textes m’ont rendu l’âme et le cœur vaillants et j’en avais bien besoin en ces temps d’incertitudes. La relation forte avec mon cœur, la pompe, date de l’époque de mon Wolf-Parkinson-White à Lariboisière avec le Pr Leenhardt ; quant à l’âme elle a du mal à être légère. Ce réconfort je le dois à un service de presse et que ceux qui en sont à l’origine en soient vraiment remerciés.


9782812603891FS.gif

Mais je me dois aussi de digresser à propos de Guichard. Le premier Guichard que j’ai connu, façon de parler, était fort connu puisque membre du petit cercle des barons du gaullisme, tout en étant lui-même un vrai baron, et se prénommait Olivier. Le second, je ne l’ai jamais connu sauf sous le nom d’un stade, surnommé le chaudron, lui se prénommait Geoffroy et il fonda le groupe Casino sis à Saint-Etienne. Les Verts de la grande époque à Marcel Saupin face à un FC Nantes de rêve, le temps de ma jeunesse. Et puis il eut Daniel, classe 48 comme bibi, La tendresse 1973… le chanteur.  Enfin, dans un raccourci comme l’Histoire les aime, par hasard, par la grâce de mon espace de liberté, je découvrais une nouvelle Guichard cachée sous le nom de son mari : Aline qui se trouvait être la Baronne puisque fille d’Olivier Guichard et ainsi néo-vigneronne en un château, car à Bordeaux il n’y a que des châteaux. Ainsi je croyais  en avoir fini avec les Guichard lorsque du courrier surgissait Isabelle, qui partage avec Aline le même goût pour la cuisine tout en effectuant un chassé-croisé de patronyme Guichard. Reste la vigne, le vin, mais de cela elles s’en expliqueront si elles le souhaitent. www.domaine-guicharde.com et www.baronneguichard.com

Et comme les chroniques font découvrir des liens Arnaud Guichard, le mari d'Isabelle, est l’arrière-petit fils de Geoffroy Guichard.


Me reste plus bien sûr à vous offrir une tranche du livre d’Isabelle, d’abord les superbes intercalaires : ses textes entre les recettes, qu’il faut savourer aussi bien que les plats qu’elle concocte pour sa cotriade de vendangeurs. Il me fallait choisir, alors je suis tombé du côté où je le devais : ce que fait la main… à la cuisine comme à la vigne. Bien sûr j’ai choisi la vigne :


« La taille est peut-être le moment où la main se fait la moins hâtive, la plus mesurée. L’hiver est long, le mistral violent et la pluie battante participe de sa dureté. Le geste est donc moins pressé. Préalable à tout ce qui s’ensuivra, la taille redonne un peu d’ordre à la parcelle. Elle tranche sans faillir dans un enchevêtrement parfois inextricable de sarments, remodèle le cep, lui confère un peu d’allure, un port plus altier, plus austère, parfois même mortifère. Les sarments, coupés et regroupés en tas réguliers le long des rangées, scandent le lopin de terre. La main semble alors dominer la plante en imprimant son empreinte sur le végétal, mais cette apparente suprématie ne dure guère. Les derniers coups de sécateur à peine donnés, les plaies de taille commencent à pleurer, la sève monte à nouveau. Bientôt les premiers bourgeons vont grossir, éclater et de minuscules feuilles d’un vert tendre s’épanouiront. »


Domaine-de-la-Guicharde-Cuvee-Genest-Uchaux-188x188.jpg

Pour les recettes mon inclination naturelle me fait choisir : la salade de pâtes (des farfalle), l’osso-buco et la salade de pêches blanches à la menthe. Le tout arrosé de la cuvée des petites mains œuvre d’Isabelle. « Élaborer un joli vin sans outrance ni explosion, mais dans la finesse avec un soupçon d’élégance, tel était mon vœu pieux. Pas question d’aller vers la surextraction : nous avons décidé avec Arnaud de piger cette petite cuve deux fois cinq minutes par jour au début de la fermentation alcoolique puis de la laisser faire seule ses premiers pas. »

Image.ashx.jpgImage.ashx2.jpg

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 00:09

viewerboeufs.pngLes mannes de mon pépé Louis vont exulter puisque les bœufs reviennent en force dans le paysage agricole et plus précisément viticole. En son temps j’avais chroniqué pour lui rendre hommage « J'ai deux grands bœufs dans mon étable » link et lorsque l’agence de Bernard Magrez m’annonce qu’ « Après avoir été parmi les premiers Crus Classés à remettre au goût du jour les labours des vignes au cheval de trait, le Château Pape-Clément à Pessac Léognan va aujourd’hui plus loin encore dans son travail du terroir avec l’arrivée de Blanc et Marel, deux magnifiques bœufs de 4 ans » je ne peux m’empêcher de me taxer de visionnaire même si la qualification de goût  du jour me défrise un chouïa et que j’eusse aimé, pour un blogueur de mon renom, le Bernard me l’annonçât de sa propre plume d’oie.

 

boeuf.jpg

 

Que dit le communiqué de presse – je hais les communiqués de presse mais bon celui-là m’informe alors je mets mon mouchoir sur mon allergie -


« De race gasconne, ces deux bœufs de 400 kg, ont été élevés en Ariège, à la Bastide de Sérou, et n’obéissent qu’à la langue occitane !


Ce n’est pas pour le folklore des labours à l’ancienne que Bernard Magrez a décidé d’avoir recours aux bœufs en plus des chevaux pour les labours. Il y a des raisons techniques précises.


Les bœufs permettent en effet un labour plus performant :


- Ils travaillent plus lentement que les chevaux et sont donc plus précis pour leur travail entre les rangs de vignes,


- Plus puissants, ils développent plus de force, notamment au démarrage. Un bœuf peut tracter et retenir plus de deux fois son poids.


- Ils s’arrêtent quand ils rencontrent une difficulté ou un obstacle, contrairement au cheval qui ne s’arrête pas une fois lancé. Cette attitude permet d’éviter que la charrue n’arrache des pieds de vigne au moment du déchaussage.


Au-delà des avantages environnementaux évidents, la traction animale permet également de protéger le sol des dégradations que provoquent les tracteurs. En effet, l’utilisation des animaux évite le tassement du sol ainsi que les vibrations néfastes au maintien de sa qualité. Par ailleurs, les animaux peuvent aussi atteindre des parcelles difficiles d’accès pour les véhicules. Il s’agit d’un réel progrès qui amène la production du Château Pape Clément une fois encore vers l’excellence, qui est le credo de ce grand cru… »


Toucher les bœufs, les conduire avec un aiguillon ce n’était pas à la portée de n’importe qui et c’était un apprentissage. Cependant, dans le cas de la vigne, comme le montre la photo il ne s’agit plus de bœufs enjugués, les Jaunet, Blandin de mon enfance qu’il fallait savoir faire virer en bout de champ ou conduire sur un chemin de terre mais d’un bœuf quasiment tenu en laisse par un conducteur. Je ne sais comment il est harnaché mais je suis sûr que Bernard Magrez, eu égard à mes hautes compétences bovines, se fera un plaisir, lors d’un de mes passages à Bordeaux, de m’instruire ou de me faire instruire sur la conduite du bœuf unique dans la vigne. Mon titre sur les emplois d’avenir a pu vous paraître provocateur et désinvolte mais il n’en est rien : si les Grands Crus pour toutes les raisons qui sont les leurs veulent bien investir dans l’emploi des jeunes – ils en ont les moyens – je ne vois pas au nom de quoi il faudrait faire la fine bouche. En effet, les 2 bœufs de Bernard Magrez, pur gascon, n’entendant que l’occitan comme leurs compères chevaux ne se remisent pas dans un hangar il faut les entretenir et les nourrir tout au long de l’année.


Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières et je ne plaisante pas avec les emplois d’avenir financés par l’épaisseur du trait des GCC. En son temps, en mai 2007, bien avant que ce fut tendance, j’avais commis un chronique : vin de cheval link alors aujourd’hui grâce à Blanc et Marel – pas très occitan ces patronymes – je pourrai qualifier les vins de Pape Clément de beaux vins. J’attends donc avec impatience le jour où j’irai voir ces deux beaux bestiaux, et même si je ne parle pas l’occitan, je suis sûr que mon patois vendéen sera suffisant pour leur faire lever les oreilles et battre de la queue sur leurs flancs.


 

Partager cet article
Repost0
23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 00:09

« La popularité de l'exécutif encore malmenée » titrait il y a 4 jours Libération « Les deux sondages publiés ce jour à propos de l'exécutif ne donnent pas exactement les mêmes chiffres mais convergent sur la tendance : leur  popularité n'est pas au mieux, celle du Président étant, dans les deux cas, inférieure à 50%.


Selon LH2 pour le Nouvel Observateur, 49% des sondés ont une opinion «très positive» ou «assez positive» de François Hollande — une baisse de 4 points par rapport à la dernière vague, réalisée en juillet — contre 43% ayant une opinion «assez» ou «très négative» . Du côté d'Ipsos pour Le Point, l'équilibre est encore plus défavorable: 44% des personnes interrogées portent un jugement «très» ou «plutôt favorable» sur «l'action de François Hollande» contre 49% d'avis «défavorables». Détail qui a peut-être son importance, le premier institut pose la question de «l'opinion» sur Hollande, le second parle de «l'action».

 

Mais qu'est-ce que la popularité au juste?


Le fait d'être connu et aimé du plus grand nombre.


Emile de Girardin estimait que « La popularité est plus communément un écueil qu'une récompense. »


La popularité, c'est comme du vent, ça peut tourner à tout moment et nos politiques qui, démocratie oblige, doivent se soumettre au verdict du suffrage universel sont placés face à un dilemme qui leur est bien difficile de surmonter : pour être élu ils doivent séduire le plus grand nombre, donc être populaire, mais dès qu’ils sont élus placés face à une réalité sur laquelle ils ont de moins en moins de prise ils s’exposent à l’impopularité.


Pour ma part, j’ai toujours eu en exécration la période dite d’état de grâce pour un Président nouvellement élu où, sous prétexte de tenir ses promesses, celui-ci récompense la somme des corporatismes de son camp. Je suis un mendésiste : gouverner c’est choisir et choisir c’est frustrer une partie de ceux qui ont voté pour vous au second tour. Notre mode de scrutin à deux tours, au premier on choisit, au second face aux deux candidats arrivés en tête certains électeurs se rallient, avec plus ou moins, de conviction à celui des deux qui leur paraît le plus proche de leurs convictions. Ça donne des frustrés en puissance, beaucoup de déçus potentiels, bref l’appoint de voix reste ce qui fait basculer l’élection pour l’un ou l’autre camp mais pour autant, sauf alliance gouvernementale, c’est le noyau dur du premier tour qui constitue la base de l’action.


L’obsession de la réélection, certes compréhensible, ne doit pas conduire à des demi-mesures : demande-t-on au capitaine d’un navire affrontant le gros temps d’être populaire ? Non, on lui demande d’être à la manœuvre et d’amener son bateau, ses passagers et son équipage à bon port. Nous les Français avons une fâcheuse tendance à être de grands partisans du changement, de la réforme, à la condition que cela touche essentiellement les autres. Le conglomérat dit de la classe moyenne est un fourre-tout pratique pour que ceux du haut puisse mettre en avant ceux du bas sans oublier ceux du ventre mou entre les deux, pour ne pas prendre sa part à l’effort. J’ai toujours admiré le discours anti 35 heures des cadres (je n’ai jamais soutenu cette réforme et surtout sa mise en œuvre stupide) supérieurs des grandes entreprises, et leur goût très prononcé pour les RTT : cap sur Deauville le vendredi avant la meute dans le 4x4 syndical. Arrêtons de nous voiler la face, la grande majorité d’entre nous avons bénéficié du surendettement de l’Etat ou des régimes sociaux. Je lisais dans le rapport de la Cour des Comptes les économies substantielles que l’on pourrait faire sur les transports des malades : combien de gens qui pourraient utiliser leurs propres moyens préfèrent mobiliser une ambulance car c’est remboursé par la SS ?


Que la couche supérieure des dirigeants des grandes entreprises se soit goinfrée, continue de se goinfrer, je suis bien évidemment le premier à le reconnaître mais la loi du plus grand nombre exige malheureusement que l’assiette de l’effort soit la plus large possible pour espérer inverser la spirale de l’endettement. Reste à faire des économies sur le fonctionnement de l’Etat, des collectivités territoriales, des structures type Chambres Consulaires… Dans un ouvrage paru ce jeudi, le député PS de l'Aisne René Dosière lance des pistes pour faire des économies : c'est auprès des collectivités locales qu'il faudrait gratter : il a trouvé 15 milliards d'euros ce n’est pas rien ! Ce pactole se trouverait même sous nos pieds, ou plutôt entre les couches du millefeuille intercommunal. Dans son dernier ouvrage «L'État au régime», éditions du Seuil, le député apparenté PS de l'Aisne recommande une cinquantaine de mesures pour réduire les dépenses publiques. Et c'est donc dans ce fameux bloc communal, selon lui, c'est-à-dire les communes et les communautés de communes, que le gros des économies est à faire. « En cause, selon l'élu picard, les doublons et les dépenses de personnel inutiles qui auraient explosé ces 15 dernières années. «Lorsque les communautés de communes créent un emploi, les communes n'en suppriment pas, résume René Dosière. Dans une période où l'argent est rare, on doit dépenser moins. » «Gaspiller moins pour dépenser mieux », c'est justement le sous-titre de l'ouvrage du député de l'Aisne.

41SXrvtgpkL._SL500_AA300_.jpg

Bien sûr, cette baisse de la voilure va faire des mécontents, déclencher des résistances, mais sur le moyen terme, 5 ans au hasard, lorsque les dividendes de l’impopularité tomberont dans l’escarcelle de nos gouvernants, que nous nous serons réellement désendettés, que nous aurons retrouvé des marges de manœuvre pour investir dans les secteurs porteur d’avenir, il me semble que la réélection est plus sûre d’être assurée, alors qu’un parcours à la godille, pour tenter de ne plaire qu’à sa clientèle électorale, sera le gage d’une belle alternance sanction : les Français adore ça, moi pas… Alors « Vive l’impopularité » liée au courage de celui qui affronte les temps difficiles avec détermination

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 14:00

Ce que je vous propose en complément de ma chronique de ce matin ce sont quelques chiffres qui montrent à l’évidence que la volonté de la Commission de l’UE de faire disparaître les droits de plantation reposait plus sur des présupposés idéologiques  que sur un réel besoin économique. En termes budgétaires ce système ne générait aucun coût et, comme les chiffres des réserves le montrent, la marge d’expansion du vignoble de l’UE restait possible. Cette relative modération des plantations nouvelles démontre aussi que les investisseurs, hormis pour les vignobles de prestige, ne manifestent guère d’appétence pour le secteur des vignes d’AOP  ou d’IGP dont le retour sur investissement reste fort modeste. Ce qui démontre aussi que la disparition des droits ne provoquerait pas un raz-de-marée de plantations sur ces zones délimitées même si les ha non plantés sont conséquents. La menace est ailleurs sur les Vins sans Indication Géographique comme l’a souligné fort justement Jean Clavel.

 

droits-005.JPGdroits-006.JPG

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 00:09

  

 

Pour justifier mon affirmation sans appel je me réfère d’abord à Clemenceau « Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission » puis à Daniel Cohn-Bendit qui, avec nous soixante-huitard attardé a proclamé, ou presque, « commissions piège à cons ! »

 

En effet que lis-je dans l’austère RVF ? « S'il rejette l'idée d'un retour en arrière qui annulerait la réforme, Dacian Ciolos reste partisan d'une « nouvelle régulation », a précisé son porte-parole Roger Waite. « Il envisage de faire participer les territoires, les vignobles et les professionnels » à cette nouvelle régulation, a-t-il souligné.


En cas de crise, un garde-fou au niveau européen pourrait prévoir la mise en place pour une période donnée d'une limite maximale annuelle pour la production. Ces pistes seront discutées dans le cadre du groupe de haut niveau, « dont le but est de déboucher sur une forme de consensus positif » de la filière, a précisé Roger Waite. »


C’est à se taper le cul par terre. Déjà il faudra que  ces augustes penseurs à haut niveau m’expliquent comment ils feront participer les territoires et les vignobles à la nouvelle régulation ? Sous forme d’une table ronde des cépages ou d’une assemblée plénière des terroirs je suppose. Se payer de mots c’est très beau mais au bout du compte ça ne rapporte pas lerche. Quand au concensus positif, je frise l'extase. Et puis, le droit de planter c’est le droit d’augmenter son potentiel de production et je ne vois pas comment ces messieurs les gnomes des services européens érigeront à la hâte un garde-fou pour endiguer pour une année la production puisque les vignes plantées pisseront du vin si je puis m’exprimer ainsi. C’est inepte et ceux qui croient en l’efficacité de ce genre de leurres sont soit un peu cons ou nous prennent pour des cons.


En effet, sauf à ériger une jachère de la vigne sous la forme d’un tombé de raisins partiel ou total, les vignes en production produiront et il n’y aura pas de régulation par les volumes. La démonstration en a été faite par l’absurde par nos amis bordelais et charentais qui, avec une profusion de droits de plantations, ont fait exploser leurs volumes jusqu’au point de réclamer des distillations aidées. Moi, vieux briscard du fleuve rouge, inventeur de la distillation obligatoire via Rocard et le compromis de Dublin, je n’aime pas que les cons prennent les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Pour illustrer mon propos, et souligner qu’un groupe à haut niveau où je ne suis pas ne peut bénéficier d’une telle appellation – je vais prendre un exemple concret. Soit deux vignerons : un petit Bernard Arnault et un gros Luc Charlier qui souhaitent, afin de répondre à la pression de la demande de leurs clients étendre la surface de leur vignoble. Dans le actuel régime de droits de plantations le premier à tout ce qu’il demande car c’est un petit vigneron nécessiteux, alors que Léon le latifundiaire de Corneilla la rivière attendra le bon vouloir des gars de l’ODG et de l’INAO réunis. Je plaisante à peine mais l’attribution des droits de plantation  est aussi un instrument de pouvoir entre les mains des petites mains  de la profession qui adorent poser leur cul dans les fauteuils de présidents.

 

Plus sérieusement, puisqu’à l’avenir il n’y aura plus de droits de plantation, Ciolos exclut tout retour en arrière, c’est clair, je voudrais que l’on m’expliquât quel substitut juridique va être mis en place. En effet, un droit est un droit, attribué certes avec des règles, une procédure, mais il ne peut exister un droit atténué, un demi-droit, un ersatz de droit ou je ne sais quoi. Le petit Arnault et le gros Léon planteront tout ce qu’ils voudront là où ils voudront sauf bien sûr pour les AOP et les IGP mais là aussi il y a de la marge de progression c’est-à-dire des terres classées non plantées. Moi, si on me dit que j’écris des conneries je suis prêt à faire amende honorable mais pour l’heure la bouillie pour chat proposée par le commissaire Ciolos via le sieur Waite me laisse sur ma faim. Je compatis certes mais je rappelle que ceux qui se sont tus lors du vote de la nouvelle OCM sont ceux-là même qui brament dans les coursives du 78 rue de Varenne. Selon, une tradition bien ancrée tout ce beau monde n’a pas été capable d’anticiper et s’est fait – désolé du terme – enfiler la suppression au nom du libéralisme ambiant de l’époque avec la complicité active de l’administration française.


Alors que faire me direz-vous ? Affronter la réalité soit en portant en terre la disparition des droits de plantation, soit en convaincant le commissaire de faire une proposition qui introduit la liberté de planter en identifiant des exceptions où le droit de planter est régulé par la mise en place de contingents de droits de plantations. Hors cette alternative tout n’est que baratin mou. On ne régule pas un potentiel de production avec des mots : rappelons une nouvelle fois le discours des bordelais pour étendre leur vignoble, mais avec des outils juridiques et dans ce domaine seul l'attribution de droits de planter est relativement efficace car lorsque la vigne est plantée il faut boire le vin ou le détruire. Pour les excités des deux bords je signale que ma chronique n’est ni un plaidoyer pour le retour des droits de plantation, ni une charge contre leur suppression je me contente de mettre le doigt sur la comédie actuelle autour de ce dossier. Sur le fond j’ai déjà donné mon point de vue.link


Merci à Stéphane Le Foll de me communiquer la liste des membres du groupe à haut niveau et ses conclusions pour que je puisse chroniquer encore un peu sur le marronnier des droits de plantations…

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Archives

Articles Récents