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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 00:09

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Le camarade Antonin, dit le Vindicateur, jamais en reste d’une provocation face au mur des vins durs, sans foi ni loi, martyrisés, humiliés qui peuplent les désespérants rayons de la Grande Distribution, toutes les horreurs amassées par les hard-discounteurs, les vins sans âmes de Nicolas et de ses frères cavistes généralistes, a décidé de faire le trottoir pour enquêter sur les quilles bues par ses voisins et se prendre ainsi pour un anthropologue en sandales des dalles en pente de son coin de macadam.link. Bien évidemment, comme le souligne notre basque bondissant sur le mur à gauche, une véritable anthropologie du déchet liquide reste à produire, mais moi, taulier qui ai de la bouteille et qui en prend chaque jour que Dieu fait, je dépasse cette approche au ras du bitume, je sublime, je vais en amont du déchet, je me pose la question du destin du verre perdu.


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Yves Legrand, caviste reconnu, écrit dans « la maison Legrand une fringante centenaire » : Jusque dans les années 1970, le vin en vrac provient principalement des chais de la Halle au Vin, maintenant disparue, située à l’emplacement  de la faculté de Jussieu et les entrepôts de Bercy  dans le 12e arrondissement. Face à la médiocrité grandissante de la qualité des vins des négociants de Bercy, Lucien prend la décision de sélectionner lui-même les vins en parcourant le vignoble.


La réputation des vins vendus  rue de la Banque fait son chemin et la boutique abreuve toute l’intelligentsia parisienne qui découvre alors les vins peu connus dont le cépage grolleau de Pocé-sur-Cisse, le touraine de Nazelles-Négron ou le bourgueil de la région de Jean Carmet.


Mon père et moi sommes les précurseurs de la promotion, entre autres, des vins du Languedoc-Roussillon. Dans  cette région, les produits médiocres laissent leur place progressivement à une production d’une qualité égale et souvent supérieure à d’autres grands crus français, avec pour avantage d’être accessibles.


Le vin acheté en vrac est conditionné en « litre étoilé » par la Maison Legrand sur place, rue de la Banque, dans un espace exigu de l’arrière-boutique. Ainsi un client selon son budget demande un 10° ou un 11° et parfois pour le dimanche, un 12°. Les bouteilles sont consignées, nettoyées et reconditionnées sur place. De l’écologie avant l’heure ou, plus simplement, du non gaspillage ! »


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Qui a tué la consigne? La Grande Distribution qui estimait que récupérer des bouteilles consignées lui coûtait trop cher en main-d’œuvre. Bien évidemment la bouteille consignée n’est pas neutre en terme d’emprunte carbone car elle exige une logistique importante et son lavage est consommateur d’énergie et de produits solvants. De plus, les bouteilles s’usent, se  rayent et pour ceux qui veulent faire de beaux packaging ce type de flacon n’est pas idéal. Pour autant, pour les vignerons qui se situent dans la mouvance du respect de l’environnement, s’ils voulaient un moment quitter leur splendide isolement, ils pourraient peut-être, dans le cadre d’un projet locavore, lié au commerce de proximité, donc avec leurs clients proches, les locaux, envisager une forme moderne de consigne ou d’échange de bouteilles. N’oublions pas que, si le verre perdu peut se recycler, son coût, même s’il peut paraître modeste dans le prix total, est payé par le consommateur à chacun de ses achats. Bien sûr, il va m’être rétorqué que les vignerons sont déjà suffisamment occupés pour ne pas se mettre une nouvelle tâche sur le dos avec mon histoire de bouteille collective durable. J’en conviens mais ce serait peut-être l’occasion, certes autour d’une bouteille vide, mais de verres pleins, d’aborder d’autres sujets communs. À trop confier ses intérêts à de beaux parleurs urbains, qui souvent vivent sur le dos des vignerons, on se retrouve aux pieds de ces ceps, au cul de ses barriques avec le sentiment légitime d’être des ignorés.


Voilà, c’est sans doute une idée farfelue, à la portée infinitésimale car le flux des verres perdus coulera sur nos trottoirs ou dans les bacs prévus à cet effet ce qui permettra à une escouade d’anthropologues du verre perdu dirigé par Antonin d’arpenter les trottoirs des villes et des villages pour déterminer le % des buveurs de vins respectueux de l’environnement.


RECYCLAGE INDUSTRIEL DE BOUTEILLES VIDES


Depuis plus de vingt-cinq ans, nous effectuons link le lavage industriel de tous types de bouteilles vides de 25 cl jusqu'à 1,5 litre.


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Nous disposons au total de 6 lignes de lavage industriel nous permettant de recycler environ 150000 bouteilles aux formes et capacités différentes chaque jour tant a titre de prestation de service pour l'ensemble de nos clients que pour le compte de notre établissement.


Fort de notre expérience et soucieux de répondre aux exigences de nos clients nous effectuons cette prestation de service très rigoureusement. Ceci nous permet de proposer à l'ensemble des utilisateurs la fourniture de bouteilles vides recyclées parfaitement conformes et prêtes à l'emploi sur les lignes d'embouteillage. Nos équipements de reconditionnement de bouteilles en sortie de nos lignes de lavage nous permettent également de trier vos catégories de bouteilles tant par la contenance, la forme, la taille, que la couleur.


Chacune de nos implantations régionales dispose d'une unité de lavage très performante nous permettant de répondre à l'ensemble des exigences de nos clients, et ceci dans les meilleurs délais. Sur ces mêmes sites de production nous possédons un stock important de bouteilles vides, aussi bien neuves que recyclées. Elles sont stockées sous abris et susceptibles de correspondre à votre demande.

 

Le recyclage du verre en Europe


Combien de bouteilles de verre recyclées en Europe ?

68% – Stabilité des chiffres du recyclage  du verre  en 2010


L’utilisation des déchets comme matière première nourrit l’économie circulaire Paris vers laquelle tant de nous espérons nous diriger.


Selon les dernières estimations concernant le recyclage du verre, de mars 2012, et un an avant les données officielles fournies par Eurostat - le taux de recyclage de verre en moyenne dans l’Union européenne reste stable à 68%. Cela signifie qu’environ 25 milliards de bouteilles et pots en verre ont été collectées dans toute l’Union européenne en 2010.


Alors que l’industrie réutilise l’ensemble du verre collecté, le recyclage en boucle fermée apporte des avantages environnementaux importants. En effet, ce recyclage permet de ne pas utiliser de nouvelles matières vierges :

80% des bouteilles et bocaux en verre collectés sont recyclés dans un système de recyclage en boucle fermé.


Les économies réalisées grâce au recyclage du verre, en 2010 dans l’UE :

Plus de 12 millions de tonnes de matières premières (sable, carbonate de soude, calcaire) ont été économisées : c’est l’équivalent de deux pyramides égyptiennes en sable et autres matériaux.


Plus de 7 millions de tonnes de rejets de CO2 ont été évités, ce qui équivaut à 4 millions de voitures sur la route


Le recyclage du verre progresse en France

03/2012

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Recycler le verre est important  


68% – Stabilité des chiffres du recyclage  du verre  en 2010


L’utilisation des déchets comme matière première nourrit l’économie circulaire Paris vers laquelle tant de nous espérons nous diriger.


Selon les dernières estimations concernant le recyclage du verre, de mars 2012, et un an avant les données officielles fournies par Eurostat - le taux de recyclage de verre en moyenne dans l’Union européenne reste stable à 68%. Cela signifie qu’environ 25 milliards de bouteilles et pots en verre ont été collectées dans toute l’Union européenne en 2010.


Alors que l’industrie réutilise l’ensemble du verre collecté, le recyclage en boucle fermée apporte des avantages environnementaux importants. En effet, ce recyclage permet de ne pas utiliser de nouvelles matières vierges :

  • 80% des bouteilles et bocaux en verre collectés sont recyclés dans un système de recyclage en boucle fermé.

Par le recyclage du verre, en 2010 dans l’UE (2) :

  • Plus de 12 millions de tonnes de matières premières (sable, carbonate de soude, calcaire) ont été économisées : c’est l’équivalent de deux pyramides égyptiennes en sable et autres matériaux.
  • Plus de 7 millions de tonnes de rejets de CO2 ont été évités, ce qui équivaut à 4 millions de voitures sur la route. Parce que le verre est recyclable à 100% et à l’infini dans un système en boucle fermée, à chaque fois qu’une bouteille ou un bocal est correctement collecté, recyclé et transformé en de nouveaux emballages, de l’énergie et des matières premières sont économisées et moins de CO2 est émis.

Ces caractéristiques font du verre un cas exemplaire à suivre dans la stratégie ambitieuse de la Commission européenne pour l’utilisation des ressources où le recyclage est le facteur clé de la réduction des déchets et où les déchets sont considérés comme une ressource précieuse.


« La collecte du verre et son recyclage est le composant idéal d’une économie circulaire», et fait partie de la philosophie 3R ou des 4R. »


Comme il y a encore 32% de verre qui n’est pas encore collecté, notre objectif est d’obtenir que cette précieuse ressource retourne dans la boucle fermée du recyclage. Avec l’aide des autorités nationales et de l’UE, des collecteurs et traiteurs, nous voulons augmenter les quantités de verre de bonne qualité collectées afin de recycler davantage dans nos usines.  » explique le président de la Feve. La fédération a travaillé avec l’ACR + (l’Association des Cités et Régions pour le Recyclage et la gestion durable des ressources) afin de promouvoir les bonnes pratiques dans le recyclage du verre en Europe.


Leur rapport souligne que le système de collecte séparé des déchets devrait être largement soutenu si nous voulons bâtir une économie circulaire pour les emballages en verre.

 

Recyclage du verre, la France n’est pas un très bon élève 


Concernant la France, le taux de recyclage atteint, en 2010, 67,59%.

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Le taux de recyclage du verre était de 58,7% en France fin 2010, un peu en dessous de la norme européenne  (60%) et très loin derrière le taux de recyclage allemand, qui s’élève à 70%.


Des progrès ont été réalisés – ainsi 67% des européens recycleraient leur verre en 2009 selon la FEVE (Fédération Européenne du verre emballage) – mais il demeure encore une importante marche à franchir afin de ne plus voir de déperdition énergétique.


La progression du taux de recyclage est le résultat des efforts fait conjointement par les particuliers, les verriers et Eco-Emballages qui se doivent de respecter la loi qui fixe à 75% de taux de recyclage de l’ensemble des emballages. Compte tenu des taux de chaque matériau, l’objectif que se fixe le verre est de l’ordre de 80%.


Recycler le verre, comment ça marche ? 


Le taux de recyclage du verre est de 58,7% en France fin 2010, un peu en dessous de la norme européenne  (60%) et très loin derrière le taux de recyclage allemand, qui s’élève à 70%. Des progrès ont été réalisés – ainsi 67% des européens recycleraient leur verre en 2009 selon la FEVE (Fédération Européenne du verre emballage) – mais il demeure encore une importante marche à franchir afin de ne plus voir de déperdition énergétique.


Lorsque le verre est recyclé, il est trié une première fois par le consommateur (voir plus bas nos conseils). Mais attention, malgré toutes les bonnes intentions du citoyen, il faut de nouveau trier le verre collecté. En effet, tous les déchets de type « verre » ne sont pas recyclables.


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< Le processus de recyclage du verre


Par un tri mécanique, on retire les éléments métalliques

Un tri optique (grâce à un rayon infrarouge) retire les éléments non transparents comme la céramique, qui n’est pas recyclable.

Un souffleur retire les éléments trop légers : bouchons et étiquettes

Le verre est ensuite broyé. En France, la collecte se fait sans distinction de couleur, de sorte qu’avec le verre recyclé, on ne peut faire que du verre coloré.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 00:09

Dans le cadre des 18es Controverses européennes de Marciac. Octobre 2012 proposait au Groupe Local de Réflexion, composé d’acteurs locaux de la Communauté de Communes Bastides et Vallons du Gers et des territoires voisins, de plancher sur les droits que les agriculteurs revendiquent et sur ceux qui ne leur sont pas forcément octroyés, en fonction de résistances au sein de la société ou de leur propre communauté.


« Pourquoi cette demande ? Car au sein de notre société, l’activité de l’agriculteur est l’une des rares activités s’opérant sous le regard de tous. Et ce n’est pas sans conséquence. Ainsi, il y a quelques décennies, dans certaines régions, des paysans se levaient la nuit pour mettre de l’engrais afin de ne pas le faire de jour, au risque d’être critiqués de « jeter l’argent dans la terre.


A l’heure où 70% des agriculteurs français vivent désormais à moins d’une heure de route d’un centre-ville, est-ce que les regards portés ont changé ? Et comment vivent-ils leur inscription dans la société ? »



Gérard Coutant, agriculteur dans le Gers


L’agriculteur a-t-il le droit d’avoir les mêmes aspirations que le reste de la société ? De prendre des vacances, de gagner de l’argent, d’avoir une rémunération horaire, une sécurité de l’emploi, une vie sociale…


Gérard Coutant : L’agriculteur a-t-il le droit d’avoir les mêmes aspirations que le reste de la société ? La réponse est oui. Pourquoi est-il légitime de se poser cette question ? Déjà, on peut se demander pourquoi la société est prescriptrice dans ce domaine.

L’agriculteur faisant partie de la société, il est normal qu’il aspire à la même qualité de vie que l’ensemble des citoyens. Parfois c’est l’inverse : les autres citoyens aimeraient bien avoir la qualité de vie des agriculteurs. Cependant le rapport affectif au métier d’agriculteur implique un rythme de vie particulier. Ce métier étant une passion, l’envie de temps libre n’est pas forcément la même que pour d’autres. Rien n’empêche cependant de se poser la question de la possibilité d’avoir les mêmes aspirations que le reste de la société en terme de temps libre, en terme de rémunération.


Justement, concernant le droit à une rémunération horaire, il y a là deux questions en une : celle de la rémunération horaire et de la rémunération. La rémunération horaire de la main-d’œuvre salariée est un indicateur, un outil de gestion de l’exploitation. Bien souvent, la main-d’œuvre disponible est un facteur limitant dans le fonctionnement de l’exploitation et dans le revenu qui en est dégagé. La rémunération de l’exploitant, elle, est soumise à un grand nombre de contraintes : les aléas climatiques, le coût de l’assurance, les financements des investissements, les choix en termes d’investissement… Au final, la rémunération dépend du temps disponible pour faire fonctionner tel ou tel atelier. Les agriculteurs doivent prendre en compte ce facteur « main-d’œuvre» dans le choix, par exemple, d’un atelier de diversification. Ainsi, la vente directe est une production à forte valeur ajoutée, mais très chronophage.


Et puis, la question de la rémunération est liée à l’implication des agriculteurs dans les filières économiques aval. Par essence, la valeur ajoutée du secteur agricole est assez faible. Les intervenants multiples exercent une pression forte sur la rémunération de l’agriculteur. Enfin, la question d’une rémunération suffisante pour l’agriculteur est posée. En 2011, par exemple, 188 agriculteurs du département des Hautes-Pyrénées ont demandé le RSA. Mais combien n’ont pas demandé cette aide ? Les chiffres doivent être à peu près les mêmes sur le Gers. Cela pose bien la question d’une rémunération suffisante par rapport à un travail et par rapport à un service rendu à la société.


Concernant la question du droit aux vacances, nous sommes confrontés à l’image d’Epinal de l’agriculteur au cul des vaches ou sur son tracteur, 365 jours par an. Il existe aussi un atavisme agricole, surtout chez les générations précédentes, sur le mode : « Il ne faut pas rester sans rien faire ; l’agriculteur qui se repose est un fainéant ». En somme, il existe une pression sociale, autour du fait qu’il faut prendre des vacances, et une pression sociétale émanant d’un des membres de la famille de l’agriculteur, de son conjoint ou de ses enfants, qui sont en demande. Cependant, un certain nombre d’agriculteurs n’éprouvent pas forcément le besoin ou l’envie de prendre des vacances. D’autre part ce n’est pas toujours possible. Les éleveurs, notamment, doivent s’organiser, se faire remplacer, ce qui est un coût supplémentaire. Les céréaliers, eux, peuvent plus facilement libérer du temps. Tous les producteurs ne peuvent pas prendre de congés de la même manière et au même prix.


Finissons par la question du droit à la vie sociale et au temps libre. Vous l’aurez compris, libérer du temps est souvent lié au revenu. Des outils existent, mais encore faut-il dégager suffisamment de valeur ajoutée afin de rémunérer le travail de l’agriculteur et financer soit un équipement, soit de la main-d’œuvre supplémentaire, soit un remplaçant. A la question de la vie sociale, la réponse tient donc en trois points : c’est un besoin, il faut le vouloir et il faut pouvoir. C’est un besoin, une nécessité plus ou moins forte d’échanger. Il faut le vouloir, et le lien social est souvent porté par le reste de la famille. Sauf que l’image de « l’agriculteur » peut mettre de la distance. Enfin, il faut pouvoir, or les contacts et les possibilités d’échanger restent de plus en plus limités au sein des territoires ruraux qui se vident…


Jean-Luc Bongiovanni, éleveur dans les Hautes-Pyrénées


Un céréalier qui est souvent conspué comme pollueur a-t-il le droit de dire qu’il peut être aussi efficace en termes environnementaux ?


Jean-Luc Bongiovanni : Cette question a provoqué de vifs débats au sein du Groupe de réflexion. Depuis quelques années, l’homogénéisation des pratiques environnementales a été imposée par la PAC. Cela permet de dire, à juste titre, que les céréaliers ont une certaine efficacité en terme environnemental. Alors, ont-ils le droit de le dire ? Oui, les céréaliers ont le droit de dire qu’ils sont efficaces pour l’environnement dans la mesure où ils appliquent dans leur activité professionnelle la réglementation environnementale définie par le législateur. Mais le droit de dire est différent de la conviction que l’on peut avoir soi-même d’agir efficacement dans le domaine environnemental.


En effet, au-delà de la réglementation, des pratiques agricoles qui se veulent de plus en plus respectueuses de l’environnement sont souvent réalisées par choix professionnel. Ce choix, en général, a pour cause des convictions diverses : santé humaine, préservation des sols et, aussi, intérêt économique.

L’environnement, quesaco ? Aux côtés des ressources naturelles diverses (eau, sol, air, biodiversité), dont on cherche à profiter durablement tout en limitant leur dégradation, n’y aurait-il pas d’autres éléments à ajouter ? Des éléments naturels déjà façonnés par l’homme (forêts, terres cultivables, estives, cours d’eau, paysages…), des éléments encore plus proches des sociétés liés à l’aménagement du territoire et chers aux citoyens.


Quelle que soit la définition de l’environnement retenue, le fait de privilégier un élément, à un moment donné, peut aboutir à des contradictions qu’il sera ensuite nécessaire de résoudre.


Un exemple : en agriculture biologique, la pratique de multiple binage pour désherber apporte un plus environnemental du fait de la non-utilisation de produits phytosanitaires. Mais cette pratique accroît aussi l’érosion des sols en coteaux. Autre exemple : retarder de trois semaines le broyage des chaumes pour permettre aux cailles de se multiplier est-il vraiment une avancée pour l’environnement et la biodiversité, quand on sait que cela va se traduire par un accroissement de prédateurs, notamment des renards qui auront vite fait de les « liquider»?


Prix, coût, revenu et environnement. Dans une société de marché comme la nôtre, les éléments économiques n’ont-ils pas, souvent, un poids plus fort sur le revenu et l’avenir des producteurs agricoles que les contraintes ou les objectifs environnementaux ? Et la volatilité des prix agricoles n’arrange en rien la chose. Et n’est-ce pas pour cette raison qu’il paraît impératif que la société puisse se fixer des règles environnementales. En outre, ces réglementations n’imposent-elles pas trop souvent des mesures ou investissements qui conduisent à des handicaps économiques supplémentaires pour les exploitations agricoles déjà en difficulté.


Pourquoi, depuis longtemps, les éleveurs ont-ils tendance à privilégier, pour l’apport protéique de leurs ruminants, les tourteaux de soja achetés plutôt que la luzerne cultivée sur leur exploitation ? Pourquoi, en cette année 2012, assiste-t-on à une accélération des arrêts d’ateliers laitiers dans le sud-ouest pyrénéen ? Ce recul ne risque-t-il pas de s’accentuer massivement dans les années à venir ? Et ne met-il pas en péril l’avenir de la filière laitière dans le Sud-Ouest ?


Le bon niveau du curseur. Dans la plupart des cas, l’optimum économique est rattrapé par l’optimum écologique, qui dépasse nos espérances en termes de quantités et de qualité des produits. Comprenez : parfois, quand nous travaillons de façon écologique, les résultats peuvent être meilleurs. Finalement, ce qui pouvait nous paraître comme une contrainte devient un avantage économique et écologique.


Mieux comprendre mieux le fonctionnement des sols, des haies, etc., nous permet d’utiliser moins d’engrais (on utilise mieux la photosynthèse) et de machinisme (grâce à des techniques culturales simplifiées), donc de gagner en autonomie. Controverse environnement et modernité. Le fait que de véritables controverses puissent exister - au travers de confrontations de points de vue, de retours d’expériences et de résultats concrets obtenus par les producteurs agricoles eux-mêmes - n’est-il pas une condition nécessaire pour faire émerger une modernité au sens large.


Une modernité qui ne se limiterait pas au seul aspect quantitatif et technologique, mais qui intégrerait aussi des aspects environnementaux et sociaux. Par exemple, les bandes enherbées au bord des ruisseaux font aujourd’hui le bonheur des promeneurs et des pêcheurs.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 00:09

  Lorsque nous scandions assez connement en 68 « CRS…SS ! » nous faisions l’impasse sur le fait qu’en face de nous, le plus souvent, nous avions des gendarmes mobiles, surtout en province. Le mot gendarme vient de l'ancien français « gens d'armes ». « De la fin du Moyen Âge au début de l'époque moderne, le terme désigne une troupe d'élite de cavaliers fortement armés, de noble naissance, servant dans l'armée française. Cette troupe disparaît à la fin du XVIIIe pour des raisons d'économie. L'expression a acquis une connotation nouvelle après la Révolution française, lorsque la maréchaussée de l'Ancien Régime, qui exerçait les missions de police a été rebaptisée « gendarmerie nationale » en 1791 car elle n'est plus au service du roi mais de la nation. Les révolutionnaires lui suppriment sa fonction judiciaire pour ne garder que sa fonction policière. »

 

Les gendarmes sont des militaires qui vivent dans des casernes et qui sont soumis aux mêmes obligations (la grande muette) que les autres corps de l’Armée. Ils disposent donc de capacités militaires : par exemple, des blindés de transport de troupe ou des blindés lourds avec des canons de 90 mm qui leur permettent d'intervenir avec les autres forces armées. De plus les forces de gendarmerie peuvent également remplir diverses autres missions militaires ou de police : la Gendarmerie nationale est responsable, comme la police nationale, du contrôle des foules et de la répression des émeutes la Gendarmerie mobile, de la lutte contre le terrorisme et de la libération des otages le GIGN, du contrôle et la sécurité des aéroports et aérodromes civils ainsi que la police de la circulation aérienne la Gendarmerie des transports aériens et de la protection du Président de la République le GSPR . Elle assure également la garde des palais nationaux et des services d'honneur la Garde républicaine, le secours en montagne le Peloton de gendarmerie de montagne et de haute montagne, la surveillance et la police maritimes la Gendarmerie maritime, la surveillance des bases de l'armée de l'air la Gendarmerie de l'air, la surveillance des centres de la DGA la Gendarmerie de l'armement ou le contrôle gouvernemental de l'armement nucléaire la Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires. Ils sont donc toujours en uniforme dans l’exercice de leurs fonctions. La Gendarmerie est maintenant rattachée au Ministre de l’Intérieur.

 

Les gendarmes ont été souvent brocardés par la population mais ils restent bien intégrés dans la population : voir la série des Gendarmes avec Louis de Funès et plus récemment l’Affaire corse de Pétillon.


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Mais le gendarme est aussi un petit insecte que vous avez souvent croisé : c'est la punaise d'Europe la plus commune et la plus répandue : on la rencontre dans les zones tempérées d'Europe et dans la zone méditerranéenne, jusqu'à l'Inde, partout sauf en haute montagne. Elle est cependant absente de Scandinavie et des Îles Britanniques (sauf dans le sud). Cette punaise ne sent pas mauvais comme la punaise des bois. Elle est appelé aussi « suisse », « cordonnier », « soldat », « masque-nègres » ou encore « diable cherche-midi » en raison de son attirance pour le soleil au zénith. C’est un insecte hémiptère hétéroptère de la famille des Pyrrhocoridae. Il porte le nom scientifique français de pyrrhocore, soit « punaise rouge ».

 

Mais pour nous gens de gueule le gendarme, landjäger, est une saucisse peu épaisse, longue de près de 20 centimètres, rectangulaire, fripée. « La farce hachée, pressée dans un menu intestin de porc, se compose de poitrine et flanchet de viande bovine et de poitrine de porc, mélangée à des épices et à du sel. Longuement séchées, les frêles saucisses sont ensuite fumées aux copeaux de hêtre, acquérant cette saveur conquérante. Cette spécialité, surtout attachée au sud de l’Alsace et au Haut-Rhin, se déguste telle quelle. Il est possible, toutefois, de la réchauffer dans une eau légèrement salée. Cette étrange saucisse fumée, sans doute inspirée de la Rauchwurst tyrolienne, aurait été introduite par des immigrés helvétiques venus repeupler le sud de l’Alsace après les ravages causés par la guerre de Trente Ans. » F. Zégierman


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De couleur rouge-brun, vendue par paire, cette spécificité explique l'appellation de la charcuterie ; en effet, dans les campagnes françaises et d'Europe centrale du XIXe siècle, le déplacement en binôme des militaires de la Gendarmerie était une convention admise. Si vous voulez surprendre vos invités convoquez à votre table des couples de gendarmes ils opposeront une résistance craquante sous la  dent avant d’exhaler sitôt un puissant goût de viande fumée.

 

Un conseiller alsacien me dit que le « landjäger » est un classique du casse-croûte du bûcheron ou du paysan, on l'aime encore mou ou déjà durci, et qu’il est le complément indispensable du pain paysan et de la moutarde. Certains l'aiment tiédi dans l'eau et croquent avec plaisir dans sa peau craquante. Mais reste que le « landjäger » se plait en compagnie de nombreux vins. Le soir où nous nous sommes tapés un couple de gendarme chez Samia et Antonin, ce fut sans aucune contestation, et pas pour faire plaisir à notre Sonia perdue dans le dédale du métro,  Volcanique Côtes du Forez rouge 2011 AB O. Verdier J. Logel Marcilly-le-Chatel 42130 8,20€. Prononcer : foré et non forèze… pas vrai Antonin !

 

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 00:09

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Ces jours-ci je passe ma vie au téléphone. Les bonnes âmes me diront que c’est moins fatiguant que de passer sa vie à vendanger. Je veux bien mais j’avoue que je préfèrerais trimer dans les rangs de vignes du Léon de Corneilla. Certes j’aurais le dos cassé mais le soir j'aurais la tête dans les étoiles et je dormirais comme un sonneur de vèze, un bienheureux quoi. Bon je ne vais pas vous prendre la tête avec mes soucis de ceci et de cela car vous pourriez me faire la tête, mais sachez que vous m’aidez chaque jour à me sortir la tête du sac. Mon espace de liberté c’est mon oxygène.


Bref, jeudi soir, comme j’avais dit oui à Valentina Bertini qui m’avait invité à la conférence de presse du Salon, organisé par Le Vin en Tête qui aura lieu au début du mois de décembre au 104, j’ai pris ma petite auto pour monter jusqu’aux Batignolles. Pour me convaincre de venir Valentina avait écrit : « Il s’agit désormais d’un RDV annuel pour tous les amants des vins italiens. » Être ou ne pas être l’amant des vins italiens ? Je ne pouvais que pencher du côté de ma plus grande pente qui me porte vers le féminin. Donc, bille en tête, Cap sur le 30 rue des Batignolles où est sis le QG du Vin en tête. Pour y aller il me faut traverser la Seine par le Pont Royal puis gagner la place de l’Opéra, rejoindre la gare saint-Lazare et enfiler la rue de Rome.


À peine avais-je posé mon auguste cul sur le siège de ma Twingo que mon grelot grelotait. Du fin fond de la France profonde un de mes interlocuteurs du lait m’appelait. Par bonheur j’ai un kit mains libres et ça bouchonnait. Donc nous avons causé et je me surprenais à parler avec les mains pour convaincre mon interlocuteur ce qui n’est pas très conseillé au volant. Tout ça m’a tenu jusqu’à Opéra et comme une fois passé Haussmann tout redevenait fluide Batignolles s’offrait à mes bras. Sauf que le grelot a de nouveau greloté et qu’ainsi j’ai raté la rue où je devais tourner. Vive les sens interdit à Paris ! Je ne sais comment je me suis retrouvé à quelques mètres du Vin en Tête avec une belle place Livraisons qui n’attendait que moi. Je descends de mon automobile et voilà t’y pas que le grelot remet ça. Comme c’était un grand Président important que j’aime bien je décroche. Et me voilà faisant le trottoir  devant le Vin en Tête pendant une bonne dizaine de minutes sous les yeux d’une charmante jeune fille qui semblait être là pour m’accueillir. C’était Brigitte Régnier, chargé de la Communication de la maison et, cerise sur le gâteau, fidèle lectrice du Taulier.


Les bouchons, le zon-zon du téléfon, et moi qui ai en sainte horreur d’être en retard je l’étais. Accueilli par un bouquet de sourires je me posais. Tout le monde écoutait religieusement le boss, Laurent Le Moigne, et moi j’étanchais ma soif avec un verre de Sancerre de Sébatien Riffault. L’ambiance étant légère je sortais petit à petit ma tête du sac de noeuds lorsqu'une étiquette comme je les aime accrochait mon regard acéré de chroniqueur non patenté. Je dégainais mon grelot qui fait aussi office d'appareil photo et je fixais l’étiquette du dit vin qui  se révélait être chilien (le graphisme étant celui des affiches de pub sur les bus de Santiago). Fort bien mais le nectar allait-il  être à la hauteur du charme pictural de son étiquette. Ma voisine me servait le Cinsault. Tout en buvant les paroles du boss du Vin en Tête je me livrais à la gymnastique du dégustateur, faut toujours sacrifier au rituel, et je posais le nectar en bouche : le vin en bouche donc avant de le laisser filer dans mon corps : le vin en tête donc. Là vous savez qu’à ce niveau je bloque, conceptualiser un vin est hors de mon logiciel personnel. Mettre des mots sur mon plaisir charnel c’est l’abimer, le rapetisser, le réduire à une pure mécanique. Ceci  écrit, j’avoue que je suis virtuellement tombé le cul de ma chaise, cul sur tête, car le vin de Louis-Antoine Luyt m’a transporté. Comme le dirait mieux que moi une belle amie à moi ce fut un mini-orgasme. Rien que pour lui je me rendrai les 1&2 décembre au 104, où j’ai d’excellents souvenirs, pour déguster ses vins.


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Mais qui est donc ce Louis-Antoine Luyt ? C’est un petit gars de chez nous qui a découvert les vins chiliens en 1998, après des études viti-œno à Beaune. « D'emblée il déplore que ces vins aient tendance à se ressembler : méthodes de vinification identiques qui priment sur l'effet terroir (excès de bois neuf, levurage, extraction trop poussée, sulfitage généreux). Mais il reste persuadé que le vin du « paysan local » a un véritable intérêt, au moins patrimonial, bien supérieur aux pseudos cabernet - syrah du Nouveau Monde. Aussi, dès 2004, il s'essaie à la vinification de cépages autochtones tels le païs (planté sous les Conquistadors). Ce qui donne naissance en 2006 à l'aventure du Clos ouvert : petit négoce « nature » fondé par Louis- Antoine et l'un de ses associés. Le vin commençait à se faire connaître, puis c'est le « trou noir », le 27 février 2010, un tremblement de terre ravage la production du Clos Ouvert (500 hectolitres sur les 700 stockés en fûts) ainsi que les caves d'autres producteurs. Louis Antoine rebondit pour les vendanges 2010 (mars-avril) et continue l'aventure seul sous le nom Azienda agricola Luyt. Son vin est frais et coulant comme certains Rhône nature désormais célèbres. Santé ! »


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Tel fut le destin de votre Taulier qui ce soir-là, en dépit de son grelot énervé, qui grelota même alors qu’il dégustait – c’était un drôle de vinificateur qui venait lui faire une proposition indécente – pu retrouver la liberté de sa tête grâce à l’accueil bon enfant du Vin en Tête et la perdre sitôt avec les vins de ce jeune diable de Louis-Antoine Luyt : le Cinsault et le Pinot. Le plaisir d’une découverte impromptue c’est le meilleur baume sur les soucis d’un pauvre Taulier assailli qui, comme vous pouvez le constater, n'a pas encore la grosse tête. Bref, inscrivez sur votre calendrier des Postes 2012  les 1&2 décembre Le Salon du Vin en Tête au 104 104 Rue d'Aubervilliers  75019 Paris. link

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 14:00

Comme Alice et Olivier de Moor sont des amis discrets ils n’avaient pas mis votre Taulier dans la confidence mais, lorsque leur enfant paraît sur l’écran de ses nuits blanches, à l’aurore, c’est pour lui la divine surprise, le plaisir de la découverte et venu le temps d’officier : d’être à sa manière l’officier d’état-civil de la Toile. À la plume sergent major plongée dans l’encrier de céramique blanche, sur le grand registre des naissances il inscrit les noms et prénoms des parents et leur ascendance, en violet bien sûr, l’heure : 9 heures du soir, c’est mieux que 21 heures qui font très chef de gare – et quarante grosses minutes, le lieu : Courgis et le jour le dimanche 7 octobre 2012. Pour le prénom le vieil animal use d’encre sympathique pour laisser à votre imagination tout le loisir d’exercer son talent. Comme mon petit doigt m’a dit qu’Alice, venue du Jura a rencontré Oliver en 1992, à Chablis, donc 30 ans, voilà un bel âge pour donner naissance à un enfant. Cet enfant-là va leur permettre de conter leur histoire, car comme le dit si bien Alice, eux deux ont toujours voulu « faire du vin comme on raconte une histoire »


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Leurs autres enfants, ceux de la vigne bien sûr, comment l’écrivait sur la Toile un chroniqueur « Difficile d’obtenir des vins aussi purs sous ce climat capricieux que le Chablisien sans apport de produits de synthèse et où la tradition court-circuite toute innovation… », ils les ont imposés contre les vents et marées d’un océan hostile, inhospitalier. « D’apparence si simple… » écrit Olivier, ce parcours entamé en commun, « Depuis le choix d'être vigneron, puis d'élaborer du vin, notre volonté fût et demeure de faire le vin le plus simplement possible: laisser parler le raisin qu'on a cultivé durant toute l'année. Cette volonté d'apparence si simple, comme une évidence, perpétuant le travail des générations de vignerons qui nous ont précédés s'est heurtée à l'histoire récente du vignoble. Ce qu'on a appelé la modernisation. De cette dernière, nous avons utilisé ce qui nous semblait pertinent pour soulager ce travail pénible et éprouvant, et pour gagner en précision »


Le vœu d’Alice va être ainsi exhaussé avec ce nouvel enfant « Ce serait l'idéal, la page blanche tous les ans, les pages blanches tous les ans, une pour chaque vigne » Je ne suis pas inquiet, nos heureux parents savent conter des histoires suspens. « C'est un rayon de soleil rasant dans les Rosettes, une panne à Chitry, un doute à la taille devant un cep centenaire de St-Bris, une colère dans les Clardys, le rêve devant la grande ferme isolée de Loigny, les soins consciencieux donnés aux Bel-Air, une fatigue dans les grandes treilles des Envers, une musique dans les oreilles pour te donner de l'énergie quand tu attaques une nouvelle treille, un éclat de rire avec un vendangeur, un raisin croqué à pleine bouche, l'odeur du jus qui coule du pressoir, les bottes crottées qui pèsent 2 tonnes et cette sensation de légèreté quand tu les nettoies au bout de la treille, l'odeur des fermentations, le stress de la fin aout début septembre quand tu soutires le millésime précédent et que tu regardes le ciel avec inquiétude pour essayer de savoir ce que donnera le millésime suivant, l'odeur de la cuve quand tu l'ouvres après l'avoir vidée, les cigalous, la chaleur, le printemps qui revient enfin… » C’est signé Alice de Moor.

 

L'enfant est là : link

et y'a de la zik

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 08:00

  Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.
 

Cette semaine à la Une de mon nouveau parti trois femmes : Boutin, Dati  et NKM, bien sûr j’aurais pu aussi parler du brillant maire du VIIIe arrondissement, le mal nommé Lebel, qui estime dans l'éditorial du numéro d'octobre du journal d'information municipale que la légalisation du mariage homosexuel pourrait ouvrir la porte à la polygamie, l'inceste et la pédophilie. «Si le tabou immémorial du mariage hétérosexuel vient à sauter, qui et quoi s'opposera désormais à ce que d'autres tabous le concernant, bien moins anciens, bien moins universels, ne tombent à leur tour ?», demande M. Lebel, qui annonce que lui-même ne procédera «personnellement, à aucun mariage de cette nature». Par exemple : comment s'opposer demain à la polygamie en France, principe qui n'est tabou que dans la civilisation occidentale ? Pourquoi l'âge légal des mariés serait-il maintenu ? Et pourquoi interdire plus avant les mariages consanguins, la pédophilie, l'inceste qui sont encore monnaie courante dans le monde ? La porte est désormais ouverte au spectacle mortel pour la civilisation du mariage légal de tout le monde avec n'importe qui pour faire n'importe quoi !» conclu celui que Carla et Nicolas ont choisi pour s’unir pour le meilleur et pour le pire en février 2008. Ce ducon fait le lien avec la Boutin qui a refusé de condamner ses propos sur Europe 1. Elle les a jugés « déplacés dans un bulletin municipal (...) Mais ce n'est pas parce qu'il y a une grosse émotion que je dois condamner ».  Sur le fond, elle a affirmé qu'il n'y avait pas de lien entre le mariage homosexuel et l'inceste ou la pédophilie. En revanche, elle a affirmé qu'il pouvait y avoir « un lien entre le mariage homosexuel et la polygamie »


L’immense leader du tentaculaire Parti chrétien-démocrate (PCD) grand défenseur de la morale sait aussi défendre ses intérêts pécuniaires sans prendre des pincettes. Pour elle tout à un prix, même un soutien à la présidentielle, en effet pour s'être désistée en faveur de Nicolas Sarkozy en février dernier, la Boutin s’est vu octroyer la promesse de recevoir de l’UMP un modeste à valoir de 680 000 euros qui devrait êtes complété l'an prochain par 120 000 biftons et ce, que ça plaise ou non à l’intéressé même si François Fillon est élu à la tête de l'UMP, a-t-elle ironisé en assumant ainsi son soutien au petit roquet de Copé. Selon, la diva des bénitiers ce bel argent servira « à rembourser ses frais de campagne présidentielle malgré un ralliement survenu dès le 13 février. » en effet, argumente-t-elle, la loi prévoit un dédommagement à cette hauteur pour tous les candidats officiels - ceux qui ont recueilli au moins 500 parrainages. Pour la Boutin, ce n'est donc que justice, puisqu'elle avait effectivement dépensé les 800 000 euros qu'elle aurait reçus en cas de candidature. Pas mal pour un groupuscule qui revendique hardiment, mais faussement, quelques 10 000 adhérents, ça frise l’enrichissement sans cause mais elle s’en fout la mère Boutin, faire du gras ça lui va au teint. Par bonheur notre trésorier Dominique Dord, affirme ignorer cet accord financier. « Je ne vais pas payer 180 000 euros comme ça, même si j'aime beaucoup Christine! », a-t-il confié à l'agence de presse Sipa. Pire encore, ce brave soutien du cocker triste Fillon confirme n'avoir jamais vu passer un seul chèque à destination de Christine Boutin. Et s'étonne du silence de Jean-François Copé sur cette affaire. Tout ça c’est de la galéjade à qui Dord va-t-il faire croire qu’il ignorait la transaction. La bataille pour la présidence se joue assurément très au-dessous de la ceinture et ça me mets en rut.


Pour compléter ce magnifique tableau des élus de la fille ainée de l’Eglise manquait Rachida Dati. Celle-ci a menti. En effet, mardi dernier, l’ancienne garde des Sceaux, jurait ses grands dieux que l’information du site du « Point », selon laquelle elle avait assigné devant la justice Dominique Desseigne pour « reconnaissance de paternité » de sa fille Zohra était fausse. Mauvaise pioche pour celle qui a acquis son Droit dans une pochette surprise, car le site internet de l’hebdomadaire fournit la preuve irréfutable de cette assignation. « Une procédure de mise en état a lieu aujourd'hui devant le tribunal civil de Versailles » Dit, autrement l’affaire a été entendue par un tribunal, qui a pris connaissance « de l'ensemble des arguments des parties ainsi que des pièces sur lesquelles celles-ci se fondent ». Rachida Dati a même mandaté une avocate, Me Guillot-Bouhours. Cette dernière a affirmé au juge que « Dominique Desseigne (reconnaissait) avoir eu des relations intimes avec Mme Rachida Dati ». Nous sommes en plein vaudeville puisque le PDG du groupe Lucien Barrière, ne reconnait toujours pas être le père biologique de la fille de Rachida Dati, de plus l’homme d’affaires a en effet fourni au tribunal administratif une liste de plusieurs pères potentiels. Prochain épisode : une audience de plaidoiries, voulue par Rachida Dati et qui pourrait avoir lieu le 6 novembre prochain à huis clos. Mais pourquoi Rachida a-t-elle nié l’évidence, pourquoi a-t-elle péché, ce qui n’est pas bien selon Boutin ? Pour protéger son image, elle qui adore la posture de victime de la presse pense sans doute que ça peut être payant en politique. Elle croît en son destin Rachida Dati, ell joue sur sa relation, assez unique, avec l'opinion. Sa vie sentimentale, ses études, sa famille, son frère, ses chaussures, ses robes et jusqu'à ses conversations privées... Toute sa vie et ses états d'âme sont connus du public. Comme l’écrit un journaliste. « Comme dans le film « The Truman Show », l'ex-Garde des Sceaux, toujours députée européenne et maire du 7ème arrondissement de Paris, donne l'impression de vivre dans une bulle, où ses moindres faits et gestes sont observés et commentés. Une bulle où elle est rentrée volontairement, et même avec un plaisir manifeste, pendant la campagne présidentielle de 2007. Une bulle dont elle n'est plus sortie depuis. » Bon, il se fait tard, la semaine prochaine je vous causerai de NKM grande copine de Rachida.


joe dassin - le petit pain au chocolat par bisonravi1987

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 14:00

J’ai reçu hier cet étrange courrier titré Droit de réponse - article 13 de la loi du 29 juillet - votre article du 05/07/2012, donc assez jugulaire, jugulaire, si vous ne publiez pas vous aurez du papier bleu.


Cher Monsieur,


Il est évident qu’en aucun cas je ne vous demande de publier le communiqué ci-dessous concernant votre article sur le Mas de Libian. Malgré tout il me semble important que vous soyez en possession de toutes les informations.

Je reste à votre disposition pour toute question.

Cordialement

Emmanuelle Falco

DVTec


Moi je publie même si en effet je ne vois pas pourquoi cette société m’envoie ce que la presse publie. (La Journée Vinicole N ° 23264 DU 05.10.12 DVTec blanchi par le tribunal de Privas). L’affaire n’est pas classée par une simple ordonnance d’un juge de grande instance alors l’avenir nous dira ou pas où se situent les responsabilités.



« Dans l’affaire qui nous oppose au Mas de Libian concernant une fourniture de cuves béton, nous tenons à préciser que le TGI de PRIVAS, dans son ordonnance du 23/08/2012, a débouté et condamné à dépens le Mas de Libian de sa demande de versement d’une provision, dans la mesure où actuellement aucun élément d’analyse ne permet d’imputer une responsabilité à DVTec. Le magistrat envisage d’autres facteurs causals, dont un défaut d’affranchissement.


(Sur le fait stipulant que le vin contenu dans les cuves incriminées n’était pas « loyal et marchand », nous tenons à préciser que celui-ci a fait l’objet d’une transaction de vente auprès d’un courtier, sans que nous opposions notre veto, sous un label d’appellation contrôlée.) Le mas de Libian utilise depuis 2009 une cuverie béton Dvtec qui semble lui apporter pleine satisfaction, la composition de notre béton n’a pas changé depuis.


Notre principale préoccupation a toujours été le service à nos clients et nous avions d’ailleurs proposé au Mas de Libian un prêt de cuves qui lui aurait permis d’envisager ses vendanges dans de meilleures conditions, en l’attente du jugement, l’offre a été déclinée.


Nous avons beaucoup de mal à saisir l’attitude de Madame Thibon qui, se répand dans tous les médias tenant des propos à la limite de la diffamation, dans la simple volonté avérée et exprimée de faire plier DVTec aux exigences financières du Mas de Libian et de ternir notre réputation. Nous ne cèderons pas à l’arme des faibles qu’est la calomnie.


Les vertus du béton ne sont plus à démontrer, inertie, isolation thermique, simplicité d’aménagement, échanges gazeux et aussi originalité. La méthode de fabrication du béton est toujours identique, on peut cependant le différencier sur la qualité des éléments utilisés. Le béton de nos cuves est constitué avec les sables et graviers de la rivière Brenta à Fontaniva, mondialement reconnus pour leur qualité. Nos cuves bétons font aussi la différence par leur finition intérieure et extérieure, ainsi que par leur équipement, leur forme et notre savoir faire à l’installation et le service après vente.   Nos cuves béton sont certifiées ISO 9001.


Une règle reste toutefois indéfectible : Un béton mal affranchi peut enlever l’acidité naturelle du vin. Et certains composants peuvent migrer, c’est pour cela que les cuves bétons doivent faire l’objet d’un affranchissement rigoureux « surtout si elles n’ont jamais servi en vinification » soit être revêtues d’epoxy ou faïencées.


Que Dvtec s’impose comme une référence en matière de cuve béton n’est pas un hasard, c’est le fruit d’années de travail, d’analyses, d’essais, de réflexion et d’un service après vente irréprochable.


Si de prestigieux châteaux, domaines et négociants mondialement connus ainsi que des centaines de petits producteurs comptant parmi  nos clients, qui de millésime en millésime  jouent leur réputation, nous font confiance, ce n’est pas un hasard (plus de 5 000 références en France Métropolitaine et Corse, Italie, Espagne, Portugal).


Nous aurons le plaisir de vous présenter notre nouveau modèle de cuve béton, tronco-cylindrique lors des salons Vinitech à Bordeaux et Dyonisud à Béziers et vous pourrez juger de la qualité de nos cuves qui seront bientôt en exposition dans nos nouveaux locaux à Saint-Laurent-des-arbres.


Dvtec est et restera une enseigne éthique et attachée à des valeurs d’honnêteté et de respect. »

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 00:09

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L’alternance dans le petit monde des hauts-fonctionnaires est un spectacle triste et pitoyable. Ceux qui étaient du bon côté du manche, qui ont espéré jusqu’au bout le triomphe du candidat cher à leur cœur et à leur carrière, une fois le saisissement et la peur passés se sont ressaisis. Le Corps (administratif s’entend) fait front en leurs noms puisque l’un des leurs est au manche au plus près du nouveau Ministre. Avec circonspection mais de plus en plus d’allant, grâce aux pions majeurs qui sont toujours dans la machine, les grands maîtres du Corps aident les grands courtisans à refaire surface. Alors, ceux qui ne pouvaient commencer une phrase sans se référer au précédent président de la République, louer sa clairvoyance, se féliciter de la détermination de son action, se félicitent maintenant de l’écoute du grand nouveau Stéphane le Foll. C’est tout juste s’ils ne s’exclament pas « Quel bel homme ! » En rangs serrés ils trustent tout ce qui vient de l’hôtel de Villeroy au 78 rue de Varenne. C’est à peine s’ils ne font pas les poubelles. À nouveau, jetant aux orties leur esprit partisan, abjurant l’ancien régime, ils inscrivent au frontispice de leur bureau leur sens aigu et indéfectible du service public. Droit dans leurs bottes, qu’ils n’utilisent jamais car le terrain, même s’il fait partie de leur vocabulaire, n’est même pas pour eux un lointain souvenir, ils se font condescendants face à ceux qu’ils ont joyeusement placardisés, ostracisés pour le compte de leur brillante carrière qui s’apparente à des promotions canapés. Bien sûr à ce jour, là où ils sont maintenant enterrés, dans ce grand machin de la rue de Vaugirard, elle est derrière eux leur carrière, et si loin du pouvoir ils ne pourront même plus compter sur leurs copains pour avoir encore le sentiment d’exister. Comme je les comprends, comme je compatis, mais comme chantait je ne sais plus qui «  Juste une illusion… »


Ce que j’écris ici je l’ai dit à haute voix, en peu de mots, ça m’arrive, dans ce qui s’appelle notre Assemblée Générale mensuelle. Je n’en suis pas. Je refuse de m’associer au bal des faux-culs, je ne veux pas voisiner avec un état-major sans colonne vertébrale, donc à l’échine si souple qu’elle n’est que révérante. Pour autant, pour mon propre compte, je n’ai à aucun moment sollicité un traitement privilégié. Tout ce que j’aurais espéré c’est un minimum de décence de la part de certains mais c’était trop espérer d’eux. Alors je ne revendique que le droit de continuer à m’occuper de mes vaches, laissant à ces grands experts, qui ont laissé des souvenirs impérissables là où ils sont passés, le soin de penser. Oui, ils pensent ! Disons, qu’au mieux ils remuent de vieilles lunes et qu’au pire ils tentent de faire passer tout ce qui traîne dans leurs tiroirs. Pour sûr qu’avec eux le changement ce n’est pas pour maintenant.   Reste que les courtisans ne sont pas tous du même côté, il y en a qui gravitent dans les sphères du nouveau pouvoir en quémandant des postes dignes de leur haute compétence. Vous ne pouvez pas savoir comme ils ont souffert sous les rets de l’ancien Ministre. C’est risible et tout aussi lamentable mais c’est la vie. Face à  ce spectacle je bénis le ciel, même si je ne crois pas au ciel, d’être là où je suis, loin de ces papillons de nuit fascinés par la soi-disant lumière du pouvoir, à la tête de mon petit espace de liberté et encore pour quelques mois au chevet des gens d’en bas. Eux me rassurent sur l’humanité et je les en remercie.

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 00:09

 Sans vouloir offenser ceux d’entre vous dont le métier est de goûter les vins pour le compte de consommateurs, d’amateurs pour faire chic, en recherche du bon petit cru pas cher ou d’un grand vin qui n’est pas intouchable donc imbuvable car hors de prix, je me permet de solliciter votre attention : lorsque vous faite le compte de ce que représentent les hectares de vignes des excellents vins que vous venez de sélectionner tout au long de l’année ça fait combien d’hectares en tout ? Sans être un bon comptable, sans risque de me tromper, pas beaucoup. Et c’est normal puisque vous recherchez l’excellence et que par construction vous n’allez pas mettre votre beau nez dans le tout-venant mais pour autant ne pensez pas que vous soyez représentatifs de la masse des consommateurs. Tous ces vins que vous ignorez, ou presque, tous ces hectolitres produits, ce sont des hectares de vignes avec des hommes dessus.

 

Bien sûr vous tous vous êtes les chantres de la qualité, les défenseurs acharnés des vignerons qui travaillent bien, des beaux vins mais si vous voulez bien mettre votre nez dans les chiffres qui suivent il va falloir que vous m’expliquiez comment, lorsqu’on est responsable de la politique d’un pays, pour conjuguer, en ces temps de chômage de masse, pour gérer la contradiction entre l’existence de vignobles volumiques, AOP et IGP qu’importe, où les prix restent soumis à une forme de gestion collective et le vignoble que vous aimez tant qui lui peut se permettre la maîtrise des volumes gage de qualité et générer des prix permettant au vigneron de vivre et au consommateur d’accéder à  ce type de vins. Attention, ne vous en tirez pas par une pirouette du style les bons mettront les mauvais sur le bas-côté, les excluront et nous entreront dans l’Éden, le paradis d’un monde peuplé de vins à votre goût où la liberté d’entreprendre règlera le flux des productions, régulera les prix et générera harmonie et prospérité.

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J’avoue que cet angélisme me fait sourire. Ce monde d’équilibre et d’harmonie par la seule main invisible du marché, surtout dans le domaine agricole encore soumis aux aléas climatiques et donc à  des volumes fluctuants c’est une pure vue de l’esprit. Pour le vin intervient, même pour ceux du bas qui compte-tenu de la technologie œnologique lisse la qualité des récoltes. Pour ma part je ne suis et n’ai jamais été un partisan d’une gestion administrative du secteur de la viticulture (les accords de Dublin ont mis fin aux pratiques qui maintenaient les vins de table sous perfusion) mais le concept de régulation n’a rien à voir avec la mise en place de mécaniques rigides, induisant  des effets d’aubaine ou des rentes de situation. Gérer le potentiel, réguler les volumes des vins du bas de la pyramide c’est une affaire de responsabilité des intervenants du secteur pas un joujou entre les mains des technocrates européens ou nationaux. Partenariat, contractualisation sont les seuls outils modernes qu’il faut utiliser mais pour ce faire il est nécessaire que les partenaires soient représentatifs, qu’ils puissent s’engager, permettre que les hectares génèrent sur moyenne période de la valeur. L’économie de cueillette n’est plus de mise à l’heure où un vaste marché mondial du vrac se développe.


Bien évidemment je comprends parfaitement que ces gros flux de vin n’intéressent pas les grands goûteurs de vin que vous êtes mais vraiment que l’économie viticole se réduit à leur approche sommes toute élitiste ou pour le moins partielle (je n’ai pas écrit partiale) ? Les vieux pays du vin, l’Italie et la France particulièrement, avec des vignobles généralistes capables de produire toutes les catégories de vin ne peuvent avoir ce genre de coquetterie pour fondement de leur politique viticole. Au sein de l’UE où les pays du vin sont minoritaires il ne s’agit pas de s’accrocher aux vieilles lunes mais de ne pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain. La naïveté, les présupposés idéologiques ça fait plaisir aux économistes patentés ou parfois aux journalistes qui s’aventurent sur un terrain qui n’est pas tout à fait le leur. Je me garde bien de leur en faire reproche mais je leur dit simplement attention : ce n’est pas parce que règne au sein de la profession viticole française un corporatisme d’un autre âge qu’il faut se livrer sans défense au bon vouloir du seul marché. Le vrai sujet n’est ni la dérégulation, ni l’industrialisation du vin mais la capacité des intervenants de se fixer des règles permettant de générer de la valeur à tous les étages. Je radote sans doute mais c’est ce que je m’étais efforcé de mettre en avant dans mon fichu rapport.


Voilà c’est dit et je suis bien évidemment prêt à discuter du sujet du potentiel de production de la vigne France : il existe sur la base essentiellement d’une structure du marché domestique français peu porté à la valorisation. Comment le fait-on évoluer ? Par le simple libre-jeu du marché ? Par une régulation contractuelle des gros volumes afin de satisfaire la nouvelle demande mondiale ? On ne fait pas évoluer un vignoble de la taille de celui de la France, de l’Espagne et de l’Italie avec des fulgurances, des idées toutes faites mais en tenant compte de ceux qui sont dans les vignes, dans les entreprises, dans les organisations professionnelles et malheureusement ils sont ce qu’ils sont et on peut toujours rêver de leur imposer des vues qui ne sont pas les leurs (j’ai essayé avec quelques autres, en pure perte) pour autant ça ne fait pas avancer les choses. Bien sûr, faire table rase du passé, agir en rase campagne après avoir déblayé un maximum d’hectares et de bons hommes c’est si simple, si commode, si pratique mais après il ne faut verser des larmes de crocodile sur l’emploi, le territoire et tout et tout… Réformer ce n’est pas foutre à la poubelle une grande part de l’existant, c’est faire accepter au plus grand nombre la réalité même si elle est difficile à admettre. À force de larguer des activités jugées indignes de notre génie national que va-t-il nous rester ? Des niches ? Même lorsqu’elles sont de luxe elles n’abritent pas grand monde. Alors je crois qu’il faut bien séparer les tâches : le cambouis c’est pour les politiques et leurs interlocuteurs, les nectars pour les grands goûteurs de vin qui, s’ils s’aventurent dans les vignes qui ne sont pas celles des seigneurs ou des petits vignerons, se doivent, s’ils souhaitent vraiment faire bouger les lignes, de prendre la peine d’examiner l’ensemble des données.


Affirmer que l’abandon des droits de plantation aura, comme l’affirment les professionnels français dans une belle unanimité de façade, des effets dévastateurs sur nos belles AOP si vertueuses, est tout aussi peu crédible que la croyance béate en une liberté qui enclencherait un cercle vertueux. La bataille se jouera dans la cour des VSIG à la manière de ce qui se passe dans l’industrie des micro-processeurs : surinvestissements dans les zones jugées favorables, crises d’ajustement, retour à une forme d’équilibre… Quand à affirmer que nos AOC seront contraintes, face à cette concurrence, de sortir par le haut c’est ignorer que la mauvaise monnaie chasse la bonne. L’émergence d’un grand marché mondial du vrac va réveiller les vieux  démons des assembleurs faiseurs de miracles avec des prix aux ras des pâquerettes. La fluidité et l’instantanéité de l’information permet avec peu de moyens de jouer sur les opportunités et d’arbitrer. Le marché spot du vin sera bien loin des rêves des grands goutteurs de vin car la mixité des grands vignobles deviendra la règle et les frontières seront encore plus poreuses entre nos belles catégories de vin. Rude bataille à laquelle nous nous sommes bien mal préparés vivant dans l’illusion que nos « droits acquis » sont des barrières infranchissables et que les pays émergents seront nos sauveurs. C’est faux et, comme sur tous les grands marchés de produits de base, et le vin en vrac sera traité ainsi, la régulation sera un vrai atout pour les vignobles du Vieux Monde, à la condition de ne pas la fonder sur du pur malthusianisme mais sur des règles solides entre les différents acteurs. Certes je radote mais que voulez-vous Cap 2020 reste à écrire et ce n’est pas moi qui le ferai car j’ai mieux à faire… Allez qui s’y colle ?  

   

Languedoc-Roussillon 230 000 ha dont 54 600 en AOP

Bordeaux 118 000 ha

Vallée du Rhône 130 000 ha dont 75000 en AOP

Sud-Ouest 65 000 ha dont 35 000 en AOP

Val  de Loire 57 000 ha dont 52000 en AOP

Provence 40 000 ha dont 29 000 en AOP

Champagne 33 344 ha

Bourgogne 29 000 ha

Beaujolais 18 000 ha

Alsace 15 500 ha

Corse 6000 ha

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 00:09

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Dominant le bocage de ses 290 mètres d'altitude, Saint-Michel-Mont-Mercure est le point culminant de la Vendée, du parvis de l'église ou du haut du clocher d'une hauteur de 47 mètres, surmonté d’une statue de l'archange saint Michel terrassant le dragon on contemple mon pays de bocage, de plaine et de marais. L’église de style néo-romane fut bâtie en deux temps : le chœur et les 3 premières travées à partir de 1877, puis le reste fut construit entre 1895 et 1897. La statue de Saint Michel archange est la réplique exacte de celle qui domine la basilique Notre-Dame de Fourvière, à Lyon, en cuivre rouge au départ, les deux exemplaires de la statue de l'archange avaient été préparés pour l'exposition universelle de Paris de 1889. Déstabilisée lors de la tempête du 3 février 1957, la statue fut descendue pour sa restauration puis remise en place le 15 août 1961 par hélicoptère en présence d'une foule nombreuse.


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Deux souvenirs de jeunesse : le premier lié à mon père fin connaisseur de la carte électorale de la Vendée qui me parlait de Lionel de Tinguy du Pouët, membre de l'Assemblée constituante (juin-novembre 1946), élu député de la Vendée le 10 novembre 1946, il siège sur les bancs du MRP. Il est réélu en 1951 et en 1956, et battu en 1958 par Michel Crucis maire de Chantonnay (UNR). Réélu député de la Vendée en 1962 contre Michel Crucis, et battu en 1967 par Paul Caillaud pharmacien et maire de la Roche s/Yon. Sénateur de la Vendée de septembre 1977 au 9 septembre 1981, date à laquelle il décède. Membre du groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès (UCDP, qui devient le groupe de l'Union Centriste en octobre 1986), il siège à la commission des lois constitutionnelles, de la législation, du suffrage universel, du règlement et de l'administration générale du Sénat. Maire de Saint-Michel-Mont-Mercure de 1945 à 1981, et président de l'Association des maires de France de 1965 à 1974. Conseiller général du canton de Pouzauges (1970-1981). Il fut Sous-secrétaire d'État aux Finances et aux Affaires économiques du gouvernement Georges Bidault (du 29 octobre 1949 au 17 février 1950), Secrétaire d'État aux Finances et aux Affaires économiques du gouvernement Georges Bidault (2) (du 17 février au 2 juillet 1950), Ministre de la Marine marchande du gouvernement Henri Queuille (du 2 au 12 juillet 1950. Son fils, Montfort de Tinguy du Pouët, lui succéda à mairie de Saint-Michel-Mont-Mercure (1981-1989), ainsi que comme conseiller général du canton de Pouzauges (1981-1994) sous l'étiquette CDS. Candidat (UDF) à l'élection législative de juin 1988 dans la cinquième circonscription de la Vendée, il fut battu par le député sortant Pierre Métais (PS)


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Pourquoi cette longue digression, dont les grands goûteurs de vin n’ont que faire, sur le parcours politique d’un notable du bocage vendéen. Tout bêtement parce que ça illustre la lente dissolution des démocrates-chrétiens dans les deux grands courants majoritaires de l’UNR à l’UMP et du PS. L’équilibrisme de Bayrou et le racolage de la branche droitière du vieux Parti radical dit valoisien, bouffeuse de curés, via notre Jean-Louis Borloo qui n’aime rien tant que notre merveilleux Nectar. De plus, mon premier emploi, hasard de mon histoire, à l’âge de 18 ans fut un poste de professeur à mi-temps au CEG de Pouzauges, patrie de la grande entreprise du cochon Fleury-Michon (mon premier bulletin de paye, faites le compte de mes annuités…) J’étais étudiant en 2d année de Droit à Nantes et je me rendais à la Faculté avec ma toute nouvelle 2CV, achetée d’occasion au curé de la Mothe-Achard, et j’empruntait la D 752 pour filer vers les Herbiers afin de rattraper la nationale me conduisant à Nantes. Je passais par Saint-Michel-Mont-Mercure et combien de fois dus-je affronter un épais brouillard, que les lumignons de ma Citroën avaient du mal à percer, qui disparaissait dès que j’avais gagné l’autre flanc.


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Voilà, après vous avoir bassiné avec mes souvenirs, j’en reviens à l’essentiel : le château de Saint Michel du Viala sis à Paraza dans le Minervois. Jusqu’ici ce Saint Michel là se résumait à un lecteur, vigneron-éleveur sans modération, Régis Cogranne, signant ses commentaires Reggio, attentif, parfois caustique, fin connaisseur  de la gente post-soviétique du département de l’Aude que j’ai tant fréquenté lorsque je me coltinais le dossier des vins bénéficiant de la garantie de bonne fin (eh oui mon cher Hervé Lalau encore un truc bien français payé par les contribuables européens pour faire du bon alcool de mobylette avec du vin). Bref, comme je monte facilement en régime, qui s’y frotte s’y pique, que j’adore l’estoc, lorsque le Reggio me titille je dégaine et j’entends faire respecter mon territoire : charbonnier reste maître chez lui. Bref, rien que des relations comme je les aime, bien directes, sans chichis mais avec un respect et une estime mutuelle. La dernière passe d’armes a amené Régis Cogranne à doter mon Grand jeu de Piste Normal de l’été (que les participants ne s’inquiète pas trop le taulier assez occupé en ce moment pense à eux) de 2 flacons d’un Grand Vin du Languedoc : le Château de Saint Michel du Viala un Minervois, bien sûr, millésime 2010. www.domaine-du-viala.com


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Bien évidemment, je l’ai invité à ma table avec une belle omelette aux cèpes. Même si je ne suis pas la mère Poulard du Mont saint-Michel, et que je n’ai pas son coup de battoir pour fouetter les œufs, mes omelettes sont baveuses au cœur et croustillantes sur les bords. Quand fond sur moi une envie d’omelette c’est irrépressible : je me rue ! Je ne les fais jamais nature je mobilise ce que j’ai en réserve pour leur gonfler le ventre. Jamais aussi je ne mange d’omelette au restaurant, elles sont insipides. Il me faut une salade craquante avec mon omelette et, bien sûr, un jaja qui me chauffe le cœur. Lorsqu’apparaissent les cèpes sur les étals parisiens je m’octroie la Rolls des omelettes : l’omelette aux cèpes. Bien sûr faut trouver des beaux cèpes et les payer mais quand on aime on ne compte pas. Donc exécution et faites-moi plaisir, ne me parlez pas de dégustation moi je me contente de manger et de boire assis comme le commun des mortels. Si je tirais les conséquences ultimes de ma phrase précédente je m’abstiendrais de faire un commentaire de dégustation puisqu’il n’y a pas eu de dégustation. Mais votre Taulier, n'est pas à une contradiction près, il ne désarme jamais face à l’adversité et il vous fait remarquer qu’autour de la table un bon vin délie les langues en même temps qu’il réjouit les cœurs. Bien évidemment autour de la table la langue des commentateurs patentés n’est pas de rigueur. Le premier test probant avant toute parole c’est la descente du premier verre et la promptitude à la demande de son réemplissage. Combien de vins encensés qui finissent leur carrière dans le verre de l’encenseur.  


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Si le château Saint Michel du Viala terrasse le dragon sur l’étiquette, comme le veut la tradition, dans mon verre il requinque le mécréant que je suis car il est franc du collier (je ne connais pas le nom du cheval ou de la jument), il vous aborde sur le seuil de la porte à bras ouverts sans faire de grandes démonstrations, ce n’est pas le genre de la maison. Cet entrez-donc, franc et avenant, laisse du temps au temps, l’extériorisation trop rapide des sentiments est rarement le gage d’une longue et solide amitié. Faut se poser, prendre son temps, je n’aime pas être bousculé, comme le disait mémé Marie « bechaïe après bechaïe » prononcer aye et traduire bouchée après bouchée, avec le couteau, et pour moi entre les deux des petites lampées de ce Minervois. La volupté se niche aussi dans la simplicité, celle qui naît d’un en-cas pour apaiser une belle faim, de celle qui me prend sur mon vélo parisien. Les crocs quoi, une faim de gamin, une faim de tartine de pain de 4 livres et privilège de l’âge aujourd’hui du vin. Pour faire plaisir aux plumes du vin ce Minervois de Reggio il a le charme de la veste et du pantalon de velours patiné par l’usage, ce que portaient les charpentiers, avec plein de poches pour le mètre, les crayons, je ne sais quoi et dont les marques affichaient la couleur : le Populaire, le Travailleur… Ce n’est pas de la frime pour amateur de poutres anciennes des bars à vins à l’ancienne qui hésitent à fournir la paille et les sabots pour bobos. C’est du vin qui dit son nom, décline son identité, l’assume sans forfanterie et mon omelette aux cèpes avaient besoin d’un allié à la hauteur pour que ma satiété ne se transforme pas en simple envie de mariennée, faut aller travailler après le déjeuner. Bien sûr je n’ai pas la notoriété de B&D, ni l’ancienneté  de la vieille dame permanentée mais je puis assurer que ce Saint Michel là du Viala peut arborer sans complexe son titre de Grand Vin du  Languedoc.Pour satisfaire mes chers confrères goûteurs sachez que ce St Michel 2010 c'est 80ù de Syrah et 20ù de Carignan élevage 10 mois en 1/2 muids c'est Reggio qui me l'a dit..

 

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