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26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 07:00
Le salon de la grande bouffe industrielle le SIAL tente un lifting : est-ce vraiment le grand virage ?
Le salon de la grande bouffe industrielle le SIAL tente un lifting : est-ce vraiment le grand virage ?

Du vrai, du goût, du sens : la planète food s’engage ! Tel est le thème du #SIAL2018 #food @sial_paris @KantarTNS

 

 

RT : [CONFERENCE de PRESSE] : Du vrai, les fabricants sont-ils au rendez-vous des attentes consos ? D’après l’étude , les fabricants développent une alimentation vraie, naturelle, contrôlée…

 

Les clients des restaurants sont aussi des : ils veulent du « vrai », de la transparence et apprécient que les restaurateurs communiquent sur les agriculteurs et producteurs qui les fournissent au quotidien, selon B.Boutboul

 

la restauration française est-elle différente ? D’après les restaurateurs français mettent la gastronomie à toutes les sauces…

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

SIAL Paris tient pleinement son rôle de vigie de l’innovation alimentaire ! Quelque chose est en train de se passer, ici et maintenant, sur la Planète Food… qui n’a d’ailleurs jamais aussi bien porté son nom !

 

Producteurs, transformateurs, distributeurs, médias, organismes publics, associations de consommateurs, et, bien sûr, les consommateurs eux-mêmes : la Planète Food fonctionne de plus en plus comme un réseau interdépendant, à mesure que le goût, les recettes, et les traditions culinaires transcendent les frontières…

 

Oui, quelque chose de fort est en train de se passer. Toutes les études de nos experts Industrie, Consommation et Restauration – à découvrir ici en exclusivité –, toutes les remontées des professionnels – dont beaucoup viendront exposer à SIAL Paris 2018 – attestent de trois phénomènes majeurs qui sont en train de remodeler la Planète Food. L’expression peut paraître un brin exagérée, mais elle ne l’est vraiment pas, au regard de la créativité en cours sur la planète, autour du « goût », du « vrai », et du « sens ». Des notions repensées, réinventées, remises au goût du jour, et finalement tellement dans l’air du temps !

 

Trois phénomènes qui n’auraient pas pu voir le jour sans la volonté des acteurs – tous les acteurs – de la Planète Food. Trois phénomènes que chacun alimente et renforce à tour de rôle, comme si les uns et les autres nous prenions conscience des engagements qui nous incombent et qui nous lient fondamentalement. C’est aussi ça la nouveauté : la Planète Food a changé de paradigme ! Et ce n’est pas qu’une tendance. C’est une révolution qui touche à l’ADN de notre secteur et qui nous fait passer, en un laps de temps très court, du monde d’avant vers celui de demain.

 

Le rôle du SIAL Paris, vigie de l’innovation alimentaire, consiste justement à mettre en lumière ce présent vivifiant qui, ingrédient après ingrédient, et d’un continent à un autre, imagine notre assiette du futur.

 

Dans le secteur de l’alimentation, le futur peut arriver vite. Très vite… il vaut donc mieux l’anticiper. L’engagement autour du Goût, du Vrai, du Sens s’inscrira ainsi au cœur de l’édition 2018 du SIAL Paris, afin d’accompagner tous les professionnels dans le formidable processus en cours et de leur offrir la visibilité dont ils ont besoin… pour s’épanouir et se développer en France, mais aussi, bien sûr, à l’international, grâce à l’attractivité de Paris, capitale mondiale de la gastronomie.

 

Le présent regorge d’ores et déjà de concrétisations à la fois enrichissantes et enthousiasmantes ! Vous pourrez le constater à l’occasion du prochain SIAL Paris et du concours SIAL Innovation, toujours aussi inspirant en termes d’inventivité et toujours aussi appétissant en termes de textures et de saveurs. SIAL Paris vous propose aussi, cette année, avec Future Lab, de découvrir l’innovation alimentaire au stade du berceau, c’est-à-dire en phase d’invention, pour une immersion pleine de sensations et de surprises. Et parce que nous accordons une place prioritaire à ce nouveau monde qui est en train de naître, nous lançons en exclusivité l’Alter’Native Food Forum, un événement dans l’événement qui met à l’honneur l’alimentation saine et équilibrée. L’alimentation du goût, du vrai, du sens.

 

Ce que disent les résultats des études exclusives et inédites SIAL Paris 2018

Du Goût, du Vrai, du Sens…

Toute la Planète Food s’engage !

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 07:00
La mirabelle c’est le café Mirabelle de Marion Goettle, la Reine Claude c’est François 1er  et moi, qui ne bosse pas pour des prunes, j’en fais une tarte d’automne…

La mirabelle est plutôt lorraine mais elle est aussi un chouïa alsacienne comme Marion Goettle qui a eu la charmante idée de baptiser sa petite entreprise le café Mirabelle. Strasbourgeoise un jour, Strasbourgeoise toujours, et le sieur Axelroud lui doit une petite visite surtout depuis qu’il connaît Pierre Jancou chez qui j’ai croisé Marion alors pâtissière de Heimat.

 

Lire ICI 26 avril 2015

Le «Gâteau de Puits d’amour» d’aujourd’hui de Marion Goettle d’Heimat… de Vincent La Chapelle en passant par Grimod de la Reynière

 

 

Le café Mirabelle c’est ICI 

 

Découverte par le botaniste Pierre Belon au milieu du XVIe siècle, cette prune délicieuse fut baptisée « Reine Claude » en hommage à la femme du roi François 1er. Peu à peu, ce sont les vergers du Tarn-et-Garonne qui ont concentré la plus grande partie de la production de cette prune savoureuse.

 

Ses caractéristiques

 

De forme arrondie, un peu aplatie à ses deux pôles, la Reine-Claude arbore à maturité une belle robe de couleur verte à vert-jaune parfois soulignée d'une légère pigmentation rouge. Sa chair à la fois ferme et d'une grande finesse n'est pas adhérente au noyau. La Reine Claude, aussi juteuse que parfumée, offre en bouche une délicieuse saveur sucrée à laquelle s'associe une délicate pointe acidulée. Ces qualités gustatives inimitables en font une complice idéale des petites envies gourmandes de l'été.

 

Sa production

 

La Reine-Claude est une production qui exige beaucoup de main d'œuvre et un savoir-faire de haute technicité. Les pratiques culturales et les méthodes de protection mises en œuvre visent à concilier l'obtention de fruits de grande qualité et le respect de l'environnement. Après une récolte manuelle,  à maturité optimale, c'est avec le plus grand soin que sont effectuées les opérations de tri, calibrage et contrôle du taux de sucre permettant à la Reine Claude d'accéder à la labellisation obtenue en 1998, le Label Rouge.

 

Les variétés :

 

La reine-claude dorée, aussi appelée Vraie Reine-Claude ou La Verte, est la plus parfumée et la plus appréciée. Cette variété peu acide à la peau et à la chair jaunes est ferme, très sucrée et très juteuse. Elle est présente en août et en septembre sur les marchés. Parfaite en fruit de table et en pâtisserie. Tout comme la reine-claude de Bavay, prune verte-jaune ferme et juteuse présente sur les marchés en fin de saison (septembre/octobre). La reine-claude d'Oullins, légèrement oblongue s’achète en juillet et en août. Sa chair verte est plus acide que les autres. La reine-claude diaphane est une grosse prune jaune très sucrée que l’on consomme principalement comme fruit de table. La reine-claude d'Althan est une grosse prune violette sucrée et peu acide que l’on trouve en septembre.

 

La mirabelle de Lorraine

 

Leur saison est courte. Il faut donc en profiter : la mirabelle de Lorraine a obtenu son indication géographique protégée en 1995.

 

La lorraine (Moselle, Meurthe et Moselle, Meuse, Vosges) fournit 80% de la production mondiale de mirabelle, ce qui en fait, et de loin, le premier producteur au monde. Loin derrière, il y a le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne ou encore le Canada).

 

Un petit fruit rond comme un bonbon

 

Pour cette petite prune jaune, tout est affaire de maturité. C’est à maturité que sa cueillette se fait, et si la méthode s’est modernisée et est aujourd’hui mécanisée, le principe est toujours le même : il faut « hocher » les fruits, c’est-à-dire secouer les mirabelliers pour faire tomber les fruits arrivés mûrs dans une large toile tissée.

 

Celui qui veut la déguster peut facilement vérifier cette maturité : une fois le fruit coupé en deux, son noyau doit se détacher tout seul. Ses taches de rousseur et la fine couche de protection qui la recouvre, la pruine, sont aussi les marques d’un fruit cueilli au bon moment, qu’il faut donc consommer rapidement. La saison de mirabelle de Lorraine IGP est très courte : de mi-août à fin septembre. Seulement 6 semaines pour déguster ce fruit frais, très parfumé et très énergétique.

 

Ensuite, on pourra l’apprécier en confiture, séchée, en compote, eau de vie ou fruits au sirop. Elle supporte très bien la congélation, mais doit être cuisinée encore congelée pour ne pas noircir. Au total, environ 65% de la cueillette de mirabelles est utilisée en fruit transformé, de quoi consommer la mirabelle de Lorraine toute l’année.

 

La mirabelle serait d'origine asiatique, c'est le duc d'Anjou qui 'introduit en Lorraine au XVe siècle, la région de Metz devient alors son berceau. La mirabelle de Lorraine est reconnue en 1762 par l'Académie Française.

 

Il y a 41 variété de prunes en France, mais seulement 2 sont des mirabelles : les mirabelles de Metz et les mirabelles de Nancy.

 

En moyenne, un mirabellier produit 80 kilos de mirabelles. La lorraine produit plus de 4000 tonnes de mirabelles par an.

 

Au début du XXe siècle, une vaste épidémie de phylloxéra détruit le vignoble lorrain. La Première Guerre mondiale suit de peu, laissant la région exsangue. Les paysans décident alors de planter des mirabelliers en lieu et place des vignes. Les vergers s’étendent de façon spectaculaire entre 1920 et 1930, à tel point qu’ils couvrent plus de 10 000 ha en 1935.

 

La Seconde Guerre mondiale ralentit cet essor, qui reprendra de plus belle par la suite. En 1950, les cultures couvrent près de 26 000 ha.

 

En 1980, de jeunes producteurs plantent 200 000 mirabelliers pour relancer le fruit doré.

 

Mirabelle vient du latin Mirabilis, qui signifie : merveilleux, extraordinaire, magnifique.

 

Pour info, voici le top 5 des régions productrices de mirabelles : La Lorraine (82,5%), l'Alsace (6,5%), Rhône-Alpes (4%), Midi-Pyrénées (3.5%), Aquitaine (1.5%)

 

Source : LES 5 SECRETS DE LA MIRABELLE DE LORRAINE ICI

 

Ma tarte Reine-Claude-mirabelles…

 

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 06:00
Même saoul, Hemingway est droit comme une statue. (Sipa / montage : DR)

Même saoul, Hemingway est droit comme une statue. (Sipa / montage : DR)

Ce matin, las de la fange, des Zemmour et consorts, qui s’épand telle une diarrhée brune et pestilente, j’ai envie de me glisser dans les plis de la France, prendre des chemins de traverse qui s’entortillent comme les vipères, m’asseoir en bout de table, savourer un grand verre d’eau fraîche puis entamer la conversation, casser la croûte, s’en jeter un derrière la cravate.

 

Mais existe-t-il encore des Giono, sur qui Dumay à ce mot magnifique « Il ne pèse pas sur lui-même. » ou des René Char « le surréaliste du terroir » ?

 

Alors, pour me réconforter je puise dans ma petite musette une chronique du 2 juillet 2010

 

« La vigne de Bourgogne ressemble à ces femmes de 40 ans que l’on dit mûres... »

 

« Beaune, le 12 mai 1837. À la sortie de Dijon, je regarde de tous mes yeux cette fameuse Côte-d’Or si célèbre en Europe. Il faut se rappeler le vers :

 

              Les personnes d’esprit sont-elles jamais laides ?

 

Sans les vins admirables, je trouverais que rien au monde n’est plus laid que cette fameuse Côte d’Or...

 

La Côte d’Or n’est donc qu’une petite montagne bien sèche et bien laide ; mais on distingue les vignes, avec leurs petits piquets et, à chaque instant, on trouve un nom immortel : Chambertin, le Clos Vougeot, Romanée, , Nuits Saint-Georges. À l’aide de tant de gloire, on finit par s’accoutumer à la Côte d’Or.

 

Le général Bisson, étant colonel, allait à l’armée du Rhin avec son régiment. Passant devant le Clos Vougeot, il fait faire halte, commande à gauche en bataille, et faire rendre les honneurs militaires. »

 

En citant Stendhal Dumay souligne qu’il le mérite comme « l’une des rares personnes qui n’aient craint d’être désagréable pour les Bourguignons. » En effet, beaucoup d’auteurs l’ont célébrée « qui voyaient peut-être avec les yeux de l’amour, je veux dire l’amour du vin. L’ivresse leur a fait déclarer le flacon admirable. » Lui, le Replongeard, il parle de la vigne avec les mots de l’amour :

 

« Assise dans sa robe aux grands plis, la tête ombragée par quelque bouquet de châtaigniers, la vigne de Bourgogne ressemble à ces femmes de quarante ans que l’on dit mûres et qui le sont en effet, gourmandes, sensuelles, savoureuses, infatigables au lit aussi bien qu’au travail et auxquelles, dit-on, les vrais amoureux ont toujours rendu les armes... »

 

Dumay trouve toujours les mots, la référence, justes « À Gevrey-Chambertin, la maison de Roupnel ouvre ses fenêtres sur la place du village. Ici, toute la beauté se réfugie dans les caves. N’est-ce pas Alceste qui prononce cette phrase si déchirante et si simple ? « On ne voit pas les cœurs. »

 

Pour tous ces pays aux noms triomphants que je traverse, je dirai avec la même mélancolie : on ne voit pas les vins. »

 

« Beaune, beau nom à la sonorité assourdie qu’on ne peut prononcer sans entendre les futailles rouler dans les caves. Bon vin au corps de femme de trente ans, souple et ardent. On ne le recommande pas aux malades, ni aux jeunes filles, mais aux vivants. »

 

« Le vin, comme la musique, parle un langage international. Il est même curieux de constater qu’ici, comme dans l’art, c’est l’ultra-particulier qui devient universel. L’emplacement des crus est délimité au mètre près » Quelle superbe réplique aux pourfendeurs de la complexité, encore faut-il que celle-ci fut bien réelle.

 

Pour, non pas clore, mais simplement vous laisser le loisir de découvrir le vagabondage de Dumay dans sa Bourgogne, encore deux traits de lumière : « J’arrive chez Jacques Copeau un peu avant la tombée de la nuit. Il est assis à une petite table sous les arbres, devant sa maison qui ouvre sur un cirque de vignes et de collines, calanque de Collioure à laquelle manque la mer. »

 

« Mme Copeau me tend un grand verre d’eau fraîche, boisson qui m’est aussi chère que le vin. »

 

 

B comme Bourgogne

 

«Vin de sauce», selon le Bordelais Sollers. Stendhal, lui, raconte être tombé amoureux du Bourgogne lors d'un séjour à Lyon. De riches négociants l'invitent pour picoler dans un «silence religieux». Trente bouteilles y passent (on ne connaît pas le nombre de convives). Stendhal se prend de passion pour le clos-vougeot: «Il faut bien l'avouer, rien ne lui est comparable.» Le clos-vougeot est un vin politique. Premier vin rouge officiel de la papauté, sous Clément VI (de 1342 à 1352). Quand la cour pontificale doit retourner à Rome, les courtisans s'y opposent parce «qu'en Italie il n'y a pas de vin de Beaune» (Pétrarque). L'abbé de Cîteaux reçoit l'ordre de ne plus envoyer son clos-vougeot au pape, sous peine d'excommunication. En 1370, toutefois, Grégoire XI craque et décide de se fournir à nouveau chez lui. Bien plus tard, sous le Consulat, un moine fait dire à Napoléon, qui avait annoncé la nationalisation de l'abbaye: «J'ai un clos-vougeot de 40 ans. S'il veut en boire, qu'il se dérange.»

 

I comme Ivrogne

 

Il faudrait plusieurs numéros du «Nouvel Obs» pour énumérer les outres à vin qui ont écrit entre deux soûleries. On peut toutefois mentionner Goethe, le premier alcoolique contrarié de l'histoire littéraire: dans sa correspondance, il parle beaucoup de sa consommation de vin rouge, qu'il tente désespérément de réduire. Toute la journée, il essaie de résister à l'appel du pichet. Il tourne autour du pot. Il se répète que le vin «va à l'encontre d'une vie pondérée, sereine et active». Mais il est, pour le meilleur et pour le pire, un buveur de quantité. A la bonne bouteille, il préfère la cave entière, pour «boire double». A la fin de sa vie, il projetait d'écrire un traité de viticulture, qu'il n'a jamais entamé. Evoquons aussi le cas de Jim Harrison. Après avoir arrêté le bourbon, qui faisait fondre son cortex cérébral à vue d'oeil, il est passé aux grands crus. Il a acheté la cave d'un grand restaurant, qu'il a sifflée en quelques années, «comme un sanglier sur un banc de truffes».

 

 V comme Vigneron

 

Comme celle des écrivains-ivrognes, la catégorie des écrivains-vignerons est assez peuplée. La liste n'est pas exhaustive, mais on peut citer Virgile, Montaigne, Montesquieu, Talleyrand, Vigny, Colette, Mauriac, Claude Simon. Talleyrand produisait du vin (ou plutôt en faisait produire) mais en buvait peu. Vigny distillait aussi de l'eau-de-vie. Il en était très fer, «la plus pure qui puisse se faire», selon lui. Il fournissait la maison Hennessy, créée en 1765. Mauriac, lui, avait une âme de viticulteur. Dans «le Nœud de vipères», un soir qu'il grêle, le narrateur soufre de voir son raisin détruit. «Un profond instinct paysan me jetait en avant, comme si j'eusse voulu m'étendre et recouvrir de mon corps la vigne lapidée.»

 

Source: article extrait du dossier spécial Vins à lire dans "le Nouvel Observateur" du 5 septembre 2013.

David Caviglioli Journaliste

 

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 07:00
Il ne m’a pas encore traité de « Crétin des Alpes ! » mais vu mon grand âge je fais de la prévention… je suce du sel de Guérande !

Le docteur Dominique Rueff, diplômé Universitaire de Cancérologie, est, depuis des années un fervent défenseur de la prévention et de l'accompagnement nutritionnel et environnemental des maladies liées à l'âge.

 

Je lui laisse la parole :

 

« Voilà une injure rendue célèbre par le capitaine Haddock, qui n’est pas sortie de nulle part.

 

 

Si, jusque vers le milieu du XIXème siècle, vous aviez croisé, à la nuit tombée, dans les Alpes, un être bizarre de petite taille, au visage gonflé prolongé par un goitre profond parfois aussi gros qu’un ballon de rugby, marchant « en canard », émettant des sons rauques partiellement inintelligibles, ce n’était ni un dahu ni le yéti de « Tintin au Tibet » mais probablement un véritable… crétin des Alpes.

 

Ces êtres ont réellement existé. Leur disparition intervient après la découverte, par un médecin de la vallée de Zermatt, en Suisse, de l’action magique d’un remède à base…entre autres bizarreries, d’extraits d’éponge.

 

C’est ainsi, et à partir de substances naturelles, que fut découverte la relation entre l’oligo-élément « iode » et cette maladie que l’on nomme myxœdème.

 

Il n’y a pas que dans les Alpes !

 

Vous pourriez aussi avoir rencontré ce genre de crétins, jusqu’au début du XXeme siècle, aux États-Unis dans la région des Grands Lacs, celle des Montagnes Rocheuses, la Cordillère des Andes. En Europe, vos chances se trouvaient du côté de la Forêt-Noire, de la Suisse, de l’Autriche, en Norvège, dans l’Oural, en Écosse, au Pays de Galles et en Espagne. En France, c’était dans les Alpes, les Pyrénées, les Vosges, le Jura et le Massif Central qu’il fallait les chercher.

 

Cette maladie persiste encore, de nos jours, dans quelques régions du monde, en moyenne montagne, dans les hauts-plateaux, les vallées profondes de hautes montagnes, en Afrique et en Asie centrale.

 

La carence iodée de ces régions est en relation avec l’érosion des sols due aux anciens glaciers, et leur lessivage à la fin de la dernière ère glaciaire. Mais on a remarqué, dans les années 1980 que le lessivage de l’iode des sols pentus pouvait aussi se faire en zone non-montagneuse par la pluie, les crues et inondations. C’est le cas des vallées de fleuves inondables (Gange, Brahmaputra, Irawaddy…) où vivent de grandes populations agricoles, susceptibles d’être à risque de carence iodée.

 

Découvrez en plus ICI

                                                          

« Présents dans le Valais, dans le massif des Alpes et les Pyrénées, on en dénombrait pas moins de 20 000 crétins en France vers 1850.

 

Dans les hameaux et les villages, les familles tentent de cacher ces pauvres invalides, d’autres les utilisent comme des cobayes dans des expériences plus ou moins heureuses.  Les « affreux crétins des Alpes » devront encore attendre de nombreuses années avant que des médecins cherchent des solutions pour endiguer ce fléau invalident. C’est la Suisse qui la première fera des distributions systématiques de sel de cuisine iodé pour l’ensemble de la population et des pastilles spéciales pour les jeunes enfants. Le crétinisme va alors connaître dans ce pays une si forte décroissance que les pays frontaliers vont décider eux aussi de suivre cette disposition sanitaire. Et voilà comment les crétins des Alpes disparurent du paysage pour entrer dans le langage courant en tant qu’insulte politique » puis sous la plume d’Hergé un des jurons favoris du capitaine Haddock.

 

On trouve cette expression chez Karl Marx et Friedrich Engels qui dénoncent en leur temps, les mensonges des partisans de la réforme dans la démocratie bourgeoise. Trotsky l’utilisera quant à lui pour pourfendre les anarchistes.

 

En 2010, il y avait encore 2 millions d’enfants atteints de crétinisme dans diverses régions du globe et combien d’autres crétins qui n’ont aucune carence en iode mais qui pourtant sont des crétins, des connards.

 

Pour des photos d'époque c'est ICI 

 

 

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 07:00
De la chasteté du clergé corse dans les temps anciens : l’évêque d’Ajaccio et son amant… l’amant de la petite amie du grand-père, surpris au lit avec lui, se rhabille dare-dare en enfilant sa soutane…

Vœu de célibat ou de chasteté, quelles différences ?

 

ICI 

 

C’est très subtil mais l’heure n’est pas à ratiociner mais à sourire avec Robert Colonna d’Istria dans Une famille Corse 1200 ans de solitude.

 

Je suis comptable de la bonne humeur de Pax pour me racheter du « fiel » (sic) que je déverse sur ce pauvre Michel Bettane… 

 

 

« Nos villages – autre indication – ont conservé le souvenir de curés qui ne semblaient pas tous d’une chasteté exemplaire ; des cas de prêtres avec enfants, de desservants avec famille se sont rencontrés. Dans cette ordre d’idées, le souvenir le plus original est celui d’un évêque, qui avait été polytechnicien, artilleur, avant de devenir prêtre, et qui, nommé à Ajaccio, y avait fait venir son amant ; pour ne pas trop faire jaser, il n’avait pas voulu le nommer directement à l’évêché ou en ville, et l’avait affecté un peu plus loin, précisément à Petreto-Bicchisano – une de nos bases –, à un jet de pierre. Cette paroisse a ainsi, de 1928 à 1934, été administre par Louis Mottin de La Balme, personnage précieux et mondain – il sera un temps curé de Cuttoli, un peu plus près d’Ajaccio, et finira chapelain de l’ordre de Malte –, camérier de Sa Sainteté, qu’on appelait monseigneur Mottin de La Balme : on n’aurait pas rêvé plus chic. »

 

 

« La chronique rapporte incidemment quelques conquêtes à la hussarde, peu glorieuses. Ou bien une caleçonnade, digne du théâtre de boulevard, survenue à mon grand-père – alors étudiant ou jeune médecin, avant qu’il n’aille faire le mariole sur les champs de bataille. Il vivait plus ou moins avec une bonne amie, du moins la fréquentait-il. Personne n’a retenu le nom de cette femme. Elle fait partie de la légende. Un jour il rentre chez lui, et la trouve nue, couchée avec un homme. Enfer et damnation ! Ce n’était absolument pas prévu au programme. Avec l’arrivée de mon grand-père, le brave garçon se rhabille et sort de la chambre en soutane de prêtre… On ignorera tout, à jamais, des échanges entre les deux hommes, et ce que l’accueillante fille, innommée, a pu ce jour-là entendre… Que, du haut des Cieux, elle soit évidemment pardonnée, et si possible bénie ! Et que le galant prêtre – quelle race ! – lui aussi soit pardonné ! Quant à mon grand-mère, si j’ai bien compris, il s’en foutait royalement. »

Témoignages : Les prêtres à l'épreuve du célibat

 

Avec la multiplication des scandales de pédophilie, on est passé, au sujet du vœu de célibat des prêtres, d'une certaine incompréhension à une suspicion croissante. La continence, dans l'Eglise, reconnaît le clergé, réclame " un véritable effort ". Certes, la sexualité, " ce n'est pas la génitalité, plaide Mgr Crepy, l'évêque du Puy-en-Velay, il y a aussi toute une composante relationnelle, vécue dans la chasteté ".

 

Mais les prêtres admettent" être du même bois que le reste de l'humanité " et avoir bien sûr" des désirs et des pulsions ". Reste à résister à la tentation, et c'est un combat quotidien. " Quand j'ai conscience que ma sensibilité m'a joué un petit tour, je me rappelle à la raison ", -explique un vicaire général. Les prêtres confient succomber parfois à la masturbation ; et avoir une aventure féminine ne semble pas être un péché si rare, avoué dans le secret du confessionnal. " On a peut-être enfin compris que c'est un sujet difficile ", reconnaît Mgr Crepy. –

 

Enquête sur un tabou séculaire.

 

  • Confession de prêtres à l'épreuve du célibat

 

Des curés du Puy-en-Velay témoignent de la façon dont ils vivent le renoncement à la vie conjugale et à la sexualité ICI 

 

  • " Je n'ai pas honte de ce que je suis, j'ai décidé de ne plus me cacher "

Gilles Brocard, 53 ans, a vécu une relation clandestine pendant dix-huit ans, avant de quitter l'Eglise

 

ICI

 

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 06:00
Baldassare Castiglione, huile sur toile, 82 x 67 cm, Raphaël (Paris, musée du Louvre) ; Frontispice de Il libro del cortegiano, Venise, Aldus, 1528.

Baldassare Castiglione, huile sur toile, 82 x 67 cm, Raphaël (Paris, musée du Louvre) ; Frontispice de Il libro del cortegiano, Venise, Aldus, 1528.

Dans son livre au titre au titre provocant Phénoménologie de la Mayonnaise, Luka Novak à partir d’une relecture d’À vau-l’eau de Huysmans, dont le héros (Folantin) déambule dans un Paris culinaire, en quête de sens, retrace les étapes qui ont marqué la suprématie de la gastronomie française, puis l’émergence des cuisines du monde, avant que ne soit consacrée la fusion food, propre de la mondialisation et de la culture hipster. La mode du fooding, qui s’est imposée grâce à une sprezzatura brooklynoise et à la starification des chefs, a effacé ce qu’il y avait d’innovant dans les différents arts culinaires, pour laisser place à une reproductibilité à l’infini des plats, dont le toast à l’avocat partagé sur les réseaux sociaux est le symbole.

 

 

Serions-nous arrivés à un degré zéro de l’âge gastronomique ?

 

Le terme sprezzatura est apparu pour la première fois dans Il Cortegiano Le Livre du courtisan, écrit par l’Italien Baldassare Castiglione en 1528. Il définit la sprezzatura comme la capacité à « user en toutes choses d’une certaine nonchalance, qui cache l’artifice, et montre ce qu’on fait comme si cela était venu sans peine et quasi sans y penser ».

 

« Il s’agit d’une insouciance voulue, développée par les courtisans de la Renaissance pour plaire au souverain sans que celui-ci n’en prenne conscience ou même s’en méfie. »

 

Le cortegiano du Cinquecento s’enveloppait d’une certaine désinvolture dont nul ne perça les fondements. Il s’habillait studieusement chaque matin et passait des heures à sa toilette uniquement pour n’en rien paraître. Il charmait les courtisanes par son art d’exceller en conversation, fascinant les convives par sa spontanéité apparente. Bien sûr, le cortegiano ne laissait pas percer toutes les heures nocturnes qu’il passait à lire et à étudier Cicéron, Horace et Virgile pour en tirer ses bravades. »

 

« Le véritable art est celui qui ne paraît pas être de l'art, et on doit par-dessus tout s'efforcer de le cacher, car, s'il est découvert, il ôte entièrement le crédit et fait que l'on est peu estimé »

 

« Et, comme l'abeille dans les prés verdoyants va toujours cueillir les fleurs parmi les herbes, ainsi notre courtisan doit cueillir et voler cette grâce à ceux qui lui sembleront la posséder, et prendre à chacun ce qui chez lui est le plus louable (...) »

 

Quelques extraits (lire le l’intégralité du livre est bien évidemment préférable mais j’espère vous inciter à l’acquérir) :

 

« Avec la montée du mouvement foodiste, comme on appelle le mouvement des foodies, cette nouvelle race de flâneurs bobos qui consacrent leur vie à hanter les bars à potages, à débattre sans fin de leurs vertus respectives et à chercher à les reproduire chez eux, le hamburger lui-même, ce symbole de la démocratisation rapide et stupide de l’alimentation, devient un objet d’étude et d’attention pour les gourmets. »

 

« Comme Folantin, en quête de nouveaux repas à peine acceptables, passa de mauvais gré sur la rive droite, la scène foodiste de New-York des années 2010 franchit le pont pour s’installer à Brooklyn. Gigantesque quartier de New-York, jusqu’alors réservé aux tribulations des héros louches d’un Paul Auster, aux émigrés italiens, juifs et russes opérant dans les restaurants de périphéries, rêvant de faire fortune à Manhattan…

 

Brooklyn devient à présent laboratoire à hamburgers.

 

La mode des hipsters, à barbes, petites chapeaux et chemises à carreaux… continue à définir notre époque tout en posant les fondements d’une ère gastronomique. La ruée vers l’or de Brooklyn commence avec l’expansion de la cuisine américaine décontractée, celle du barbecue, qui coïncide avec la montée rapide des réseaux sociaux.

 

[…]

 

À l’image des vendeurs ambulants de l’Italie et du Proche-Orient, mais aussi des poussettes  à hot-dogs de Manhattan, une multitude de boîtes à hamburgers et de camions à frites, encombrés de viandes grillées, rôties et bouillies, mais aussi de choix végétariens (et de plus en plus vegan), font irruption dans les quartiers de Brooklyn…

 

Derrière cette armada de vendeurs ambulants se cachent une philosophie hautement réfléchie et un marketing technologiquement très avancé, propulsé par les réseaux sociaux et développés dans les laboratoires de la Silicon Valley. Nous avons affaire à une sprezzatura sans précédent dans la culture du continent nord-américain.

 

[…]

 

Les hipsters doivent beaucoup à Thoreau. L’agriculture durable, le refus de l’agroalimentaire, la tenue Timberland, le retour aux sources, tout cela Thoreau le professa avec panache. On lui reproche son hypocrisie : celle d’avoir mené une vie compliquée prétendument simple. Car il ne s’agit pas dans Walden d’un choix de vie ou d’une existence spontanée, dérivant d’une inclinaison instinctive ou d’une poussée existentielle, mais bien au contraire d’une recherche bien documentée, illustrée par des calculs et des preuves presque scientifiques avec but de fournir et produire une vie semblant naturelle et pure. Une sprezzatura qui ferait rougir maint bobo derrière  son caddie à chichis vegan.

 

Brooklyn devient ainsi un Walden urbain, construisant un mini monde qui se reflète dans les réseaux sociaux de la planète…

 

Plus au nord encore, l’État de New-York avec ses plaines, champs et rivières fait office de bassin agricole où les apprentis paysans cultivent des produits bio pour vendre leurs récoltes à prix d’or aux hipsters brooklynois…

 

[…]

 

Il n’y a plus de bornes, les frontières sont abolies et la vague du romantisme éclairé traverse l’océan pour éclabousser le Vieux Continent. La mode du foodisme et des agriculteurs savants se répand en Italie et en France, et cherche à déstabiliser le système de la grande distribution, fondé sur des postulats d’un cartésianisme toujours ancré dans une logistique et un marketing rationalistes aussi prévisibles qu’insouciants d’une éthique quelconque. Mais elle en est loin, car les grandes surfaces ne font qu’abuser de cette vague foodiste pour renforcer encore leur monopole en attirant leur nombreuse clientèle avec des produits de classe, de « goût », de niche et de soi-disant « artisanat ».

 

En France, l’heure est à la bistronomie. Ce phénomène, désormais canonisé et devenu inflationniste, apporte aux bistrots du début du millénaire un développement révolutionnaire.

 

[…]

 

Le normcore, cette « vogue » où être ou paraître normal fait figure de déclaration, fait irruption dans la mode, la musique et la cuisine. Soudainement, une vague de gens « normaux » ne promet aucune révolution ni aucun changement. Elle est tout simplement. Mais, conformément à l’idée de la sprezzatura, il s’agit d’une normalité préméditée et consciemment réfléchie. »

 

[…]

 

Avec leur utilisation de la technologie, leur individualisme égoïste, leur expression (politique comprise) par smartphone, les Millennials croient tout savoir et tout bousculer, les foodistes esthétiser, les artisans de la bière révolutionner, les agriculteurs éclairés déstabiliser. Mais en vérité, la génération Y avec son omniscience autoproclamée est loin de « débaser » quoi que ce soit…

 

[…]

 

La génération Y, au contraire, se fond encore plus intensément et invisiblement dans les rouages du corporatisme. Poussée par le cosmopolitisme et le diktat des réseaux sociaux, elle se laisse intégrer par les systèmes colossaux de la Silicon Valley et en assure leur reproductibilité. Loin de rejeter le contrôle de Big Brother, en partageant des tweets de romantisme éclairé au croque-avocat, elle renforce la position d’une éthique de travail protestante et, par une sprezzatura prônant une accessibilité factice de contenus illimités, elle souligne la position d’hégémonie des quelques géants de l’Internet. Un copyleft, assurant la domination du copyright par la nonchalance simulée  de ses évangélistes.

La mode du fooding imposée grâce à la sprezzatura brooklynoise éclabousse le Vieux Continent, l’heure est à la bistronomie, phénomène canonisé « Les goûts eux-mêmes sont nivelés : notre quête, nos énoncés ne nous distinguent plus, ils nous aplatissent. »

Raphaël était probablement lié avec Baldassare Castiglione depuis 1506 environ, alors que tous deux étaient encore au service du duc Guidobaldo d’Urbino. Cette cour était alors le centre culturel de l’Italie. Castiglione lui a érigé un monument littéraire dans son traité en forme de dialogue, Il libro del cortegiano (Le parfait courtisan), commencé en 1508 et imprimé en 1528, un an avant sa mort. Dans ce livre, il démontre l’art de la conversation humaniste, élégante et aisée, avec de nombreux exemples. Castiglione conçoit en outre un code d’usages destiné à l’homme de cour, au noble englobé dans la configuration de la cour, dont on attend à la fois noble réserve et maîtrise des sentiments, ce qui doit s’exprimer par des manières fines, dignes et modérées. Il attend en outre du courtisan des connaissances et des dons dans le domaine de l’art, de la musique et de la littérature, ainsi que la maîtrise athlétique du corps pour ce qui est de monter à cheval, de manier les armes et de danser. Castiglione pense également que les vêtements raffinés, qui doivent être sombres selon l’exemple de la mode bourguignonne et donc éviter les couleurs vives et colorées, font partie du style de vie noble.

 

Le portrait de Castiglione se caractérise par une tonalité douce tendant à la monochromie: la palette limitée correspond manifestement tout à fait aux exigences esthétiques de la personne représentée, au rejet de tout ce qui est bruyant et maniéré, de toute auto-stylisation excessive. Castiglione porte les vêtements qu’il recommande dans son traité. Le corps légèrement tourné vers la droite, Castiglione, dont le visage barbu est encadré par un bonnet noir fendu et un col relevé, lance au spectateur un doux regard à la fois sérieux et amical. Les mains, qui sortent des rabats noirs des manches en velours gris, bouffantes jusqu’aux épaules, sont croisées et expriment à la fois la maîtrise de soi aristocratique et la maîtrise des sentiments.

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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 06:00
Dans le couloir de la misère, au pied des grands crus, poussent les raisins de la misère, Ixchel Delaporte enquête sur la face cachée des châteaux bordelais.

Le livre est arrivé en service de presse.

 

Son titre les raisins de la misère, dans le fin fond  de ma mémoire de vieux, évoquait un souvenir mais je ne me souvenais pas où il se logeait.

 

J’ai donc lu le livre d’une seule traite, il est bien écrit, précis, une enquête de terrain pleine d’empathie, sans pathos, près des gens de peu, fondée sur des études sérieuses et sur des faits rien que des faits, ou presque (lorsqu’elle aborde le rude problème de l’alcoolisme, c’est à charge, sans nuances.)

 

Le lendemain matin, en ouvrant mon ordinateur, j’ai bien sûr renseigné le livre pour voir s’il avait fait l’objet de critiques dans la presse.

 

Et, là, ô surprise, que vois-je sur la première page ?

 

Une chronique du 7 juillet 2014, signée par votre serviteur :

 

Le Miroir à 2 faces de Bordeaux : « Patient au bord de l'asphyxie cherche médecin urgentiste pour lui sauver la peau et au pied des grands crus poussent les raisins de la misère.

 

Je l’ouvre, comme vous le savez je l’ouvre toujours, c’est ce qui fait mon charme et énerve l’armada des cireurs de pompes, le hallebardier de Butane&Degaz en tête, et je découvre du minerai.

 

Je me paye la fiole du stipendié des châteaux : le César Compadre de Sud-Ouest :

 

Compadre écrit « Avec la mise en marché du millésime 2013, l’élite du Bordelais vit la plus noire campagne primeur de son histoire. Un système malade de ses excès qu’il faudrait réformer »

 

Pour bien évidemment lui renvoyer en revers Ixchel Delaporte : « Le Médoc est une région enclavée. Certains jeunes n'ont jamais mis les pieds à Bordeaux. Et puis, il y a un côté seigneur ici... Qui aurait intérêt à ce que les ouvriers agricoles fassent plus d'études ? Sûrement pas les propriétaires des châteaux... ».

 

Mais, mais, mais, ça sonne comme mai, mai, mai, « objection votre honneur » comme disent les lawyers étasuniens, « On va m’objecter : l’Humanité, ce sont les rouges le couteau entre les dents, la CGT… » en effet Ixchel Delaporte, écrit dans l’Humanité.

 

Je concède que mon statut de 68 hard rocardien non révisé ne m’a jamais fait beaucoup apprécier l’Humanité de Roland Leroy et consorts, mais je ne suis pas sectaire je sais trier le bon grain de l’ivraie, oublier les horreurs de Georges Marchais, apprécier le travail de Fiterman au Ministère des Transports, goûter la plume acérée de Claude Cabannes ICI 

 

Bref, Ixchel, un prénom qui doit ne pas plaire à l’horrible Zemmour, c’est une déesse maya associée à l'eau, sur son blog Côté quartiers le 2 juillet 2014 titrait AU PIED DES GRANDS CRUS POUSSENT LES RAISINS DE LA MISÈRE

 

Dans ma chronique du même mois je citais un extrait :

 

« La vigne, ça détruit. Ma mère s’est fait opérer plusieurs fois. Je connais, c’est très dur. Mais, je n’ai pas le choix, il va falloir que je dépose des CV dans les châteaux. Je calcule tout au centime près : essence, loyer et nourriture… Je me prive en permanence», lâche Emilie, fille de viticulteurs, native de Lesparre-Médoc. C’est dans cette petite ville située au cœur de la presqu’île du Médoc que commence le « couloir de la pauvreté ». Un territoire baptisé par l’Insee, la CAF et la MSA (Mutuelle de santé agricole) qui s’étend de la pointe du Médoc jusqu’à Agen, sur plusieurs départements bordant la Garonne et ses affluents. Ce couloir, qui alterne petites villes et zones rurales, a la particularité d’abriter une population faiblement qualifiée et peu rémunérée, soumise aux contrats saisonniers. Qu’il s’agisse de la vigne, soit près de 80 % de l’activité économique, ou du tertiaire, tous les voyants sont au rouge. Entre 2010 et 2013, le nombre de personnes percevant le RSA socle est passé de 90 000 à 98000. Résultat : plus d'un Aquitain sur huit vit sous le seuil de pauvreté, l’équivalent de moins de 950 euros disponibles par mois. Sur les 226 jeunes suivis par la mission locale à Lesparre et Gaillan-en Médoc, 41 % sont sans qualification et seuls 32 % possèdent le permis de conduire. « Ici on peut être sûr d’avoir du travail toute l’année avec la vigne, mais il faut le permis. Or, la plupart des jeunes n'ont pas les moyens de payer 1500 euros. La question de la mobilité est centrale dans une région où il n'y a qu'un train qui relie à Bordeaux et où les bus ne relient pas les villages entre eux », témoigne Vina Seedoyal, conseillère emploi. »

 

Toute la chronique ICI

 

Je vous invite à la lire pour deux raisons :

 

  • Ça vous donnera un avant-goût de ce qu’elle décrit dans son livre ;

 

  • Il y a des photos.

 

Donc, Ixchel Delaporte a remis l’ouvrage sur le métier, « pendant plus d’un an, j’ai pris le train pour Bordeaux, puis loué une voiture pour sillonner par intermittence la région bordelaise. J’ai accumulé une quinzaine de cahiers à spirale de toutes les couleurs dans lesquels j’ai retranscrit les paroles des habitants du couloir de la pauvreté. »

 

C’est de la belle ouvrage quand elle s’en tient à ce travail d’écoute où elle donne la parole aux gens de peu de ce couloir de la misère. Lorsqu’elle enfourche, sans beaucoup de nuances, le combat des soi-disant défenseurs de notre santé, elle est beaucoup moins convaincante, même si sur certains points je partage certains de ses arguments.

 

Que le vin soit aussi un vecteur de l’alcoolisme, le mauvais comme le très bon, j’en conviens, mais bien plus que le flacon c’est la misère sociale, la solitude, la pauvreté qui sont le terreau de l’alcoolisme. Je suis né dans un département alcoolisé, la Vendée qui se disputait la première place avec le Calvados de l’imprégnation alcoolique, une majorité des hommes de mon village passait par la case hôpital psychiatrique de la Grimaudière pour désintoxication, en ce temps-là pas de communication, de loi Evin (rocardien comme moi), j’ai beaucoup écrit et étudié la stratégie de Claude Got, inspirateur de la loi Evin, j’ai adhéré à l’ANPAA, j’ai défendu le combat de du Dr Ameisen, et j’estime que la conception de la lutte contre l’alcoolisme des alcoologues est un grave échec, une gabegie de fonds public. Bref, je suis bien d’accord que les pinards à bas prix du pépé Castel ne sont pas la quintessence de la culture du vin, qu’ils participent à l’alcoolisme, que le monde du vin n’a pas toujours su prendre le problème à bras le corps, c’est pire pour les pesticides, mais la culture de la prohibition est contre-productive, que la pseudoscience du premier verre ne tient pas la route si on prend la peine de lire et de comprendre la méta-étude de Lancet, c’est ne rien comprendre au désarroi de ceux qui se réfugient dans l’alcool, jeunes ou vieux. J’en reste-là mais je ne vois pas ce que vient faire ce sujet dans une enquête de terrain, la spécificité bordelaise n’existe pas ; en revanche, pour les pesticides, Ixchel Delaporte aborde le sujet avec de bons arguments, les grands chefs de Bordeaux ont fait preuve d’obstination stérile, d’entêtement, ils le payent cash.

 

J’ai été un peu long sur ce thème pour moi hors-sujet, ou du moins traité de manière trop engagée et surtout à sens unique – je ne suis pas sûr que son collègue Le Puill la suive sur ce terrain – il n’en reste pas moins que dans l’univers de tout est beau dans les châteaux de Bordeaux le livre d’Ixchel Delaporte est un LIVRE NÉCESSAIRE, c’est dérangeant, ça écorne la belle image, mais c’est une réalité que l’on ne peut ignorer, la glisser sous les beaux tapis, je vous invite à l’acheter et à le lire.

 

Extraits :

 

Page 24

 

« Je remonte la rue Aristide-Briand, l’une des trois rues commerçantes, où se suivent des magasins désespérément vides. Ils sont à l’abandon mais la ville a décidé d’apposer des films plastiques sur les devantures, mettant en scène des commerces. On appelle ça la vitrophanie. Ces fausses vitrines, dignes des rues bien achalandées du 16 e arrondissement de Paris, possèdent aussi leurs faux clients souriants. Des trompe-l’œil pour masquer l’absence de commerces et susciter l’envie. J’y découvre, en condensé, ce qu’il est désormais illusoire de trouver dans une petite ville française : une galerie d’art, une boulangerie, un primeur, un maître-chocolatier, une épicerie fine, une charcuterie… Dans la galerie d’art, un couple de dos s’enlace en admirant une peinture. Á côté, une boulangère à la toque blanche, étrangement accoutrée, tend à une cliente un pain noir aux céréales. Plus loin, un primeur présente des étals garnis de fruits et légumes étincelants. Le cache-misère paraît absurde. Sur un petit panneau, on peut lire : « Vitrine virtuelle, mise en valeur du commerce de proximité dans le cadre de la revitalisation du centre-ville de Pauillac. L’image et l’imagination peuvent  devenir réalité pour vos projets. »

 

Page 30

 

Les travailleurs étrangers sont les derniers maillons d’une chaîne économique qui n’a cessé de tirer les conditions de travail vers le bas. Depuis une quinzaine d’années, beaucoup de propriétés viticoles ont profité des départs à la retraite et des arrêts maladie de leurs salariés viticoles permanents pour avoir recours aux travailleurs saisonniers ou occasionnels. D’après les données de la MSA en 2015, parmi les 7 280 exploitations viticoles employeuses de la région Aquitaine, 5 800 ont souscrit 74 000 contrats occasionnels. Mais les propriétaires font aussi appel à des entreprises de travaux viticoles, qui s’occupent de composer les équipes d’ouvriers et le rémunérer en fonction des besoins. Que les saisonniers soient employés par les châteaux ou les entreprises, chaque fois ils signent ce que l’on appelle le contrat de travail saisonnier, dont la durée peut varier de quinze jours à huit mois. Dans les faits, les contrats sont établis pour trois mois durée maximale pour bénéficier du Titre emploi simplifié agricole, appelé TESA, renouvelable autant que nécessaire. Ce TESA a été créé pour simplifier les formalités administratives (contrat de travail, immatriculation du salarié, signalement au service santé au travail et bulletin de paie.) Mais surtout, grâce à l’emploi d’un travailleur occasionnel, l’employeur dont l’entreprise a moins de vingt salariés peut demander le bénéfice des exonérations de cotisations patronales de sécurité sociale et de certaines cotisations patronales conventionnelles. Les contrats saisonniers sont également exonérés du versement de l’indemnité de 10% de la prime de précarité. »

 

Page 32

 

« Le centre-ville de Pauillac a été laissé à l’abandon, ouvrant la voie aux marchands de sommeil qui accaparent les logements insalubres loués aux saisonniers », constate l’étude sur le travail saisonnier en Médoc. »

 

Page 40

 

« La télévision est allumée sur une chaîne de dessins animés espagnols. José, tout en préparant le repas, me raconte comment il s’est blessé à la cheville en tombant il y a quelques semaines. « Je me suis relevé et j’ai continué », me dit-il dans un mélange d’espagnol et de portugais, en faisant le geste de zipper sa bouche. Une odeur d’épices et d’herbes aromatiques embaume la pièce. Ce soir-là, la famille mangera un filet de dinde sous vide, cuisiné avec des pommes de terre. Un festin qu’Asma paye cher : chaque fois qu’elle accepte de la viande non halal au Secours Populaire, elle reçoit une flopée d’insultes de la part des autres femmes musulmanes. Qu’importe, ses enfants seront nourris. »

 

Page 76

 

« Taux élevé de saisonniers faiblement rémunérés, exode urbain de foyers modestes venus de Bordeaux, appartements insalubres, trafic de drogue… Située à treize kilomètres de Saint-Émilion, Castillon-la-Bataille est un des points névralgiques du couloir de la pauvreté […] Le niveau de vie est un des plus faibles du département de la Gironde, avec 25 ?5% des habitants de moins de 65 ans au RSA […] C’est jour de marché et malgré cela, le centre-ville dégage un sentiment de désolation. Le long de l’allée centrale bordée de platanes se mêlent les étals de fruits et légumes et les vendeurs de vêtements à 2 euros. Au bout, le PMU Le Vincennes rallie de nombreux hommes maghrébins, les plus jeunes, en survêtement, restent adossés à d’imposants pots de fleurs, à l’extérieur du bar. Ceux-là sont connus pour tenir une permanence de trafic de drogue à ciel ouvert. Leurs clients : des jeunes tout aussi précaires qu’eux, qui vont jusqu’à payer les barrettes de shit à crédit… »

 

Comme vous pouvez le constater on est loin du papier glacé d’En Magnum ou de Terres de Vins… Faut tout de même pas fâcher les annonceurs…

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 06:00
Pourquoi la grande distribution adore les foires au vin ? Mais pour le pognon, bien sûr !

Pour une fois, je ne vais pas vilipender les grands distributeurs, ils sont venus, ils sont tous là, y’a même les hardeurs, qui se ruent sur le vin, comme la vérole sur le bas-clergé, pour offrir aux « amateurs » des beaux vins.

 

Si y’a des acheteurs qui veulent dépenser leur pognon dans la GD, grand bien leur fasse, c’est leur choix, après il ne faudra pas qu’ils viennent se plaindre et plaindre ces pauvres agriculteurs rançonnés par la GD, mais comme chacun sait, les vignerons ne sont pas des agriculteurs, ils gagnent beaucoup de blé qu’ils planquent dans des lessiveuses.

 

Donc, comme le chantent les spécialistes du secteur, oui, oui, y’a plein de spécialistes dans le secteur du vin, c’est le pactole pour les distributeurs.

 

« C'est l'époque des foires aux vins, et aucun distributeur ne manque à l'appel. La raison ? Un chiffre d'affaires exceptionnel, en constante progression. »

 

« L'année dernière, les foires aux vins ont généré un peu plus de 400 millions d'euros de chiffre d'affaires dans la grande distribution, selon une étude de l'Institut de recherche et d'innovation. Avec des ventes en valeur qui ont progressé de 9,7 % sur un an. »

 

« Converti en litres, ce succès correspond à 65 millions de litres de vins écoulés. « C'est la plus grosse opération commerciale de l'année et de loin », confirme Charles Cousineau, manager des catégories Vins & Champagnes chez Auchan Retail France. »

 

65.000.000 de litres = 650.000 hl sur une récolte de 46,1 millions d'hectolitres attendus en 2018 soit  une hausse de 25% par rapport à 2017 et un rendement supérieur de 5 % à la moyenne des 5 dernières années. 

 

Ça paraît beaucoup mais question idiote : comment se vend le reste ?

 

On l’exporte dirons les spécialistes : 145 millions de caisses de vin expédiées (+6%) en 2017, la caisse c’est 12 bouteilles de 75 cl, faites la conversion, 1 million 740 hl.

 

Le compte n’y est pas, et ce ne sont pas les ventes directes et celles chez les cavistes qui épongent la sauce, c’est encore la GD qui s’y colle.

 

Et c’est là où le bât blesse chers lecteurs, la plupart de ces vins prennent la poussière dans les murs de vin de la GD qui sont aussi tristes que les murs de la Prison de la Santé. Rien ne s’y passe, ils sont loin les deux meilleurs sommeliers du monde (millésime 2013 et 2007) qui officient chez Carrefour et Leclerc : Paolo Basso et Andreas Larsson. Les hardeurs Leader Price et Aldi sont plus modestes ils se ont rabattus sur deux meilleurs sommeliers de France, Dominique Laporte et Gaëtan Bouvier.

 

Morne plaine dans le rayon vin tout au long de l’année, madame Michu et monsieur Marcel doivent se démerder avec le catalogue, la carte de fidélité pour choisir leur jaja qui, bien sûr, s’est démocratisé « grâce aux foires » (sic) et qui a inévitablement affecté la façon de le consommer. Pour enfoncer le clou il est important de resservir la tarte à la crème des écoles de commerce « Avant le vin était un véritable produit aliment qu'on consommait à tous les repas et qui n'était pas toujours de bonne qualité ».

 

Fermez le ban !

 

Un détail qui a son importance, les foires aux vins font « bander » les acheteurs de vin de la GD, pensez-donc « Avant, certains grands châteaux ne voulaient pas entendre parler de nous, maintenant ils viennent toquer à notre porte » plastronne le boss vin de Lidl. Vendre 570 euros un Mouton Rothschild 2015 à 570 euros ça vous positionne un homme !

 

Bref, tout  le monde en parle, les spéciaux vins avec plein de pages de publicité qui mettent un peu de beurre dans les épinards des magazines qui en ont bien besoin, les journaux télévisés : les foires aux vins sont des marronniers, c’est l’arbre qui cache l’indigence de la vente du vin par la GD tout au long de l’année.

 

Si tout le monde est content moi ça ne me dérange pas, comme je ne n’use pas mes godasses dans les allées de la GD ça ne me concerne pas, simplement je demande aux grands spécialistes du secteur de cesser de nous bourrer le mou en ne mettant pas en perspectives ce que représentent les foires aux vins, certes fournisseuses de valeur pour la GD, peu de volumes mais de bons prix ; les petits prix et la cavalerie tout le monde s’en branle tout au long de l’année !

 

Lire l’article : Pourquoi la grande distribution adore les foires au vin

HELENE GULLY Le 15/09 ICI

 

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 07:00
Tout le monde, ou presque, connaît le fantôme de l’Opéra mais qui connaît les truites et les abeilles de l’Opéra Garnier ?

Au temps où je travaillais rue de Rivoli souvent à midi j’allais flâner chez Old England, vénérable maison fondée en 1867, qui symbolisait – elle a disparue en mars 2012 ICI  :

 

« L'établissement sera remplacé par « le plus grand magasin de montres de luxe du monde », qui exposera des modèles Cartier, Piaget, Montblanc ou Rolex sur un total de 2000 mètres carrés, à partir de Noël 2012, rapporte Le Parisien. Classée monument historique, la façade boisée d'Old England sera conservée. Seules les fenêtres actuelles seront changées par des vitres blindées pour des raisons de sécurité. Le groupe suisse Bucherer s'est vu confier la gestion de la future boutique d'horlogerie, située à quelques mètres de la place Vendôme, par le propriétaire Richemont. »

 

Old England symbolisait « la perfection de l’élégance cossue des lords Highlanders. La réputation de l’honorable maison est aussi due à la coupe de kilts des clans écossais. Les armoiries du so British magasin proclament sur sa façade Sincerity & Confidence, un slogan qui ne saurait mentir. »

 

L’heure est à la Rolex, passons !

 

Dans ce quartier où le Monopoly de ma jeunesse situait les plus belles adresses, la fameuse rue de la Paix, se dresse la façade imposante de l’Opéra Garnier.

 

Pourquoi Garnier ?

 

Tout simplement parce que le 30 mai 1861, Charles Garnier, jeune architecte de 35 ans, Grand prix de Rome, remporte le concours à l’unanimité, à la barbe des vieilles barbes officielles de l’Empire, dont Eugène Viollet-le-Duc favori de Napoléon III et de l’impératrice.

 

Je ne vais pas vous narrer les péripéties de la construction de l’édifice, ce ne fut pas simple, les exigences d’Haussmann, la guerre de 1870, la défaite de Sedan, l’occupation militaire de Paris, la Commune de Paris en 1871… Le chantier est en panne mais dans la nuit du 28 au 29 octobre 1873 un incendie ravage l’opéra de la rue La Peletier qui n’est plus qu’un amas de cendres. Paris ne peut rester sans opéra, alors Garnier doit reprendre les travaux et là…

 

« Tandis qu’il fait procéder aux excavations nécessaires pour les fondations, il découvre que la nappe phréatique envahit les bases de l’ouvrage. L’eau pompée jour et nuit ne peut être qu’une solution provisoire. Pour pallier tout risque d’inondation, Garnier fait construire une énorme cuve de béton afin de récolter l’eau et permettre aux infrastructures de résister à la pression des infiltrations et de mieux répartir les charges du bâtiment. Le bassin existe encore aujourd’hui, il fait office de réserve d’eau très utile en cas d’incendie. Les techniciens qui veillent à son entretien y circulent en barque. Dans cette eau d’excellente qualité, ils nourrissent des carpes. »

 

Dans l’Express ICI 

 

« La réserve couvre une surface de 25 m sur 50, divisée entre une vaste cuve et un bassin plus petit. Une armée de piliers et de voûtes rendent l'endroit labyrinthique. L'eau effleure les briques du plafond.

 

Les hommes-grenouilles des sapeurs-pompiers de Paris viennent régulièrement s'y entraîner. « L'avantage est que l'eau est vraiment claire, avec une température idéale de 12°C », avance le caporal Antoine Gsegner, qui garde un souvenir ému de « la beauté des voûtes » sous-marines.

 

La maintenance est effectuée en barque par les techniciens responsables de l’endroit, qui nourrissent aussi les carpes qui y vivent, excellent indice, de surcroît, de la qualité de l’eau.

 

Dominique Bonneau y signale aussi « des barbeaux, des poissons rouges et des perches ». Et même une anguille géante baptisée « Neunœil », « rescapée de la poissonnerie d'un hypermarché » selon son adjoint. « Une légende dit qu'à chaque fois que les pompiers perdent un des leurs, ils lâchent un poisson dans le bassin », rapporte le capitaine Jean-Marie Lecoq, chef de la brigade des plongeurs. »

 

Autre légende, celle d’une rivière alimentant un lac souterrain, qui a inspiré Gaston Leroux pour son Fantôme de l’Opéra. En réalité, la rivière coule un peu plus loin… un cours d’eau portant le nom de « Grange-Batelière », recouvert par la rue éponyme, transformé en égout, tout comme la Bièvre.

 

Mais ce n’est pas tout, une initiative plus contemporaine de Jean Paucton, accessoiriste de l’Académie de musique et de la danse, passionné d’apiculture, est la présence depuis 1983, d’un rucher sous le toit de l’Opéra.

 

En effet, celui-ci y dépose alors « un essaim dans une ruche placée juste derrière le dôme doré au-dessus duquel Apollon lève sa lyre d’or entre la Poésie et la Musique. Un mois plus, Paucton constate que les abeilles se portent à merveille. Les butineuses trouvent dans les jardins et les squares de Paris  tout ce qu’elles désirent, les fleurs fraîches des parterres du Palais-Royal, ainsi que les cimetières parisiens, le bois de Boulogne. Autant d’espaces assez bien protégés des redoutables herbicides et autres défoliants.

 

Quoi de mieux pour les mouches à miel de l’Opéra de Paris ! Avec maintenant ses cinq ruches, Jean Paucton produit l’un des meilleurs miels du monde et l’on trouve sa production dans les épiceries fines de Paris et d’ailleurs ou à la boutique de l’Opéra. »

 

Mais en mai 2013, Clap de fin pour l'apiculteur de l'Opéra de Paris

 

L'apiculteur Jean Paucton ne montera plus sur les toits de l'Opéra Garnier pour s'occuper de ses abeilles. La raison? Il serait trop vieux pour jouer les acrobates. Une décision qui divise dans l'établissement.

 

Jean Paucton, l'apiculteur du Palais Garnier a quitté mardi les toits du monument. Depuis 1981, il produisait du miel grâce à ses insectes. Une question sème la discorde dans cette affaire: Jean Paucton a-t-il décidé de partir ou l'y a-t-on incité? Différentes versions s'affrontent.

 

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Mais en juin 2013 Les ruches de l'Opéra de Paris confiées à deux jeunes apiculteurs

 

Les abeilles de l'Opéra de Paris, orphelines depuis la cessation d'activité, après plus de 30 ans de bons soins, de l'ancien machiniste Jean Paucton, ont été confiées à deux jeunes apiculteurs, a annoncé lundi l'Opéra de Paris.

 

L'Opéra de Paris n'héberge pas que des petits rats, il abrite aussi des abeilles. Deux jeunes apiculteurs vont désormais s'occuper de ses ruches. Les abeilles de l'Opéra de Paris étaient orphelines depuis la cessation d'activité, après plus de 30 ans de bons soins, de l'ancien machiniste Jean Paucton.

 

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Le rucher de l’Opéra ICI 

 

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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 06:00
L’inexorable déclin du courrier papier, la lente agonie du stylo plume, nos petits-enfants ne seront-ils que des manieurs de clavier ?

L’e-mail tue le courrier papier !

 

Moi le premier, alors que j’étais un grand adepte du courrier papier, je n’écris plus de ma blanche main, je pianote sur le clavier de mon ordinateur, je clique sur envoi et c’est parti et sitôt l’e-mail est arrivé dans la boîte électronique du destinataire de mon courrier.

 

La boîte aux lettres physique ne reçoit plus que la presse papier à laquelle je suis abonné, des publicités, du courrier administratif mais, là encore, on dématérialise à tout va.

 

Alors notre Poste, autrefois dénommé PTT (les fameux petits travailleurs tranquilles) lorsqu’elle vivait avec le 22 à Asnières, lui aussi balayé par le téléphone cellulaire, exit les fixes et les cabines téléphoniques, va-t-elle larguer ses petites factrices et ses facteurs ? 

 

Le facteur de Jour de Fête de Jacques Tati (vidéo ci-dessous) 

           

« Entre 2009 et 2014, le nombre annuel de plis distribués est passé de 15,9 à 12,9 milliards (-22%) et cette baisse pourrait encore s'accélérer à l'avenir. Elle ampute le chiffre d'affaires de la Poste d'environ 500 millions d'euros chaque année, montant comparable à la marge de l'activité courrier », indiquaient les Sages de la rue Cambon en 2016.

 

Dans ces conditions, La Poste sera-t-elle contrainte à l’avenir d’en finir avec les tournées quotidiennes des facteurs? En réalité, ce scénario semble peu crédible, du moins à moyen terme. D’abord parce qu’une directive européenne impose la distribution du courrier dans les Etats membres de l’UE au moins une fois par jour, cinq jours sur sept. Et quand bien même La Poste aurait la possibilité de réduire drastiquement le rythme des tournées, elle risquerait de s’exposer à la concurrence d’opérateurs privés qui pourraient offrir des prestations de substitution.

 

Surtout, le groupe français a déjà fait savoir qu’il ne souhaitait pas remettre en cause la fréquence de distribution qu’il a fixée pour sa part à six jours sur sept (du lundi au samedi compris) en accord avec les syndicats. En effet, la direction ne prévoit pas d’enrayer le déclin du courrier traditionnel qui ne devrait plus représenter que 45% des revenus de la branche Services-Courrier-Colis dans deux ans (et 20% du chiffre d'affaires du groupe), préférant la compenser avec le développement de nouveaux produits.

 

L’entreprise entend notamment renforcer la distribution d'imprimés et surfer sur la livraison de paquets (Colissimo essentiellement) et de multiplier les services.

 

S'agissant des facteurs, leur nombre diminue avec un taux de remplacement de 75% et l'évolution de la profession va se poursuivre: « Les facteurs vont continuer à livrer du courrier. Le mix de la tournée change », indiquait en avril Philippe Dorge, directeur général de la branche Services-Courrier-Colis. Ils vont être appelés à distribuer davantage de paquets et à multiplier les services aux particuliers: livrer des repas, des médicaments, s'assurer que tout va bien... Chaque facteur délivre actuellement un de ces services une à deux fois par semaine. Une fréquence qui devrait passer à une à deux fois par jour en 2020, selon le responsable.

 

Des services postaux qui se transforment partout dans le monde ICI 

 

Pour rajouter au spleen de l’écriture que lis-je sur la Toile ?

 

La lente agonie du stylo plume

 

Le stylo plume connaît une chute des ventes sur les cinq dernières années, au profit de l'essor des feutres d'écriture et rollers effaçables. Vit-il ses dernières heures?

 

Des renards, des chiens, des tortues, des orques, des smileys, des skateurs, des ronds, des rayures, des fleurs; des roses, des verts, des bleus, des noirs; des métallisés, des translucides, des opaques: il y a quelques années, les rayons foisonnaient de stylos à plume, le nombre de modèles ayant pour seule limite l'imagination des créateurs - et la disponibilité des licences.

 

Aujourd'hui, la catégorie est réduite à l'ombre d'elle-même. Le stylo à plume a quasiment disparu des rayons. Seuls subsistent quelques modèles, relativement sobres, réduits à leur rôle simple et basique « d'outil d'écriture ».

 

« Le stylo plume est sur une tendance baissière linéaire chaque année depuis maintenant au moins 10 ou 15 ans », confirme à BFMTV.com Antonin Albaret, consultant marketing papeterie chez GfK, un institut d'études de marché qui se penche tous les ans sur la rentrée.

 

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Le stylo plume était autrefois un marqueur entre « l'ordre primaire » et « l'ordre secondaire ». « Tant que l'école était composée en ordres, on finissait la classe de fin d'études avec sa plume d'acier, c'était le passage obligé au stylo », explique à BFMTV.com Brigitte Dancel, auparavant maître de conférences à l'université de Rouen et auteure du "Cahier d'élève: approche historique" et d'"Apprendre à écrire, quelle histoire!".

 

« Le violet, la plume et le cahier du primaire le disputent au bleu, au stylo et à la copie du secondaire; ces nuances, en apparence mineures, soulignent la fracture des ordres scolaires », note l'historienne des pratiques pédagogiques dans cet article publié en 2011 dans la revue Carrefours de l'éducation.  

 

J’ai, comme beaucoup, tracé mes premières pages d’écriture au porte-plume, encre violette mais ensuite n’étant pas un grand preneur de notes en cours je n’ai pas été un adepte du stylo plume. De même, je n’ai jamais aimé la pointe Bic. L’arrivée du Ball Pentel, outil d’écriture de Michel Rocard, fut pour moi une bénédiction, souplesse, finesse, fluidité. Créé en 1946 au Japon, l’origine du nom Pentel vient de PEN pour painting et TEL de pastel car Pentel est à l’origine, fabricant de produits beaux-arts.

 

Présent sur le marché français depuis 1963.

 

Mais mon outil d’écriture favori a toujours été, et reste, le crayon-papier car, comme je déteste les ratures, grâce à la gomme, lorsque j’écrivais les discours ou les notes pour mes chers Ministres, je confiais à la secrétaire une copie impeccable. Le passage au clavier fut donc pour moi extrêmement facile car il le permettait, sans difficultés, de construire, de modifier, de réaménager ce que je venais d’écrire. La pratique du blog a, bien évidemment, m’a fait abandonner l’écriture manuelle, sauf que, depuis deux ans, je pratique l’écriture de vacances sur carte postale. Ce fut, au tout début, un réel combat pour retrouver le rythme : pensée-écriture et surtout écrire lisiblement.

 

Reste mes petits-enfants, enfant de l’Internet, du clavier, de la tablette, des SMS… même si on leur fait refaire des dictées sauront-ils, voudront-ils, au-delà de leur scolarité, écrire sur du papier qu’ils confieront au courrier ?

 

Je ne sais, mais sait-on jamais !

 

En terminant cette chronique je pense à Boris Vian et aux paroles du Déserteur :

 

Monsieur le président

Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être

Si vous avez le temps.

 

Le stylo plume de la photo-titre est un Mont Blanc qui me fut offert, dont je ne me suis jamais servi, c’était très nettement un signe évident de marqueur social : j’étais en ce temps-là sous les ors de la République.

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