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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 08:50

Si vous êtes sur Google chrome il se peut qu’un message d’alerte apparaisse sur votre écran : « Traitez ce message avec prudence. Des messages similaires ont été utilisés pour voler les informations personnelles de leurs destinataires. N'envoyez vos informations personnelles ou ne cliquez sur les liens contenus dans ce message que si vous faites confiance à son expéditeur. »

 

J’ai signalé à GOOGLE et à Overblog ce phénomène qui ne peut que vous perturber et j’ai demandé d’y mettre fin.

 

J’ai moi-même ouvert le message que je reçois comme vous chaque matin et je n’ai constaté aucune perturbation.

 

Cliquez ICI  www.berthomeau.com 

 

Il semblerait que mon hébergeur n'est pas crypté le message 

 
Le domaine jfg-networks.net n'a pas chiffré ce message.



Je vous tiendrai au courant de la suite donnée.

 

Bonne journée.

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 06:00
Adresse à ceux qui nous gouvernent, vous m’écoutiez d’une oreille distraite, cause toujours tu nous intéresses… mais que veux-tu que nous fassions*… mon testament en souvenir de mes aïeux paysans…
Adresse à ceux qui nous gouvernent, vous m’écoutiez d’une oreille distraite, cause toujours tu nous intéresses… mais que veux-tu que nous fassions*… mon testament en souvenir de mes aïeux paysans…

Je suis né au Bourg-Pailler, le pépé Louis après avoir été métayer à la Célinière, grosse borderie sise à Saint-Georges-de-Pointindoux, là où ce sont mariés mes parents, avait acheté cette ancien relais de poste à l’entrée du bourg. Quelques hectares de terres, des prés surtout, une étable accolée au bâtiment d’habitation, des vaches normandes et pour un temps de grands bœufs blancs que le pépé enjuguaient. Ils étaient sa fierté. Au petit matin, c’est la sonnette de l’écrémeuse de la tante Valentine qui m’éveillait. Avec le pépé j’ai mis bas des veaux. J’allais après l’école chercher les vaches au pré et j’ai encore le souvenir sur le chemin de la Garandelière de ma Fidèle, indolente et tendre, toujours à la traîne. Toujours avec le pépé j’ai conduit la Nénette notre jument pataude lorsque nous passions la décavaillonneuse dans la vigne ou dans le champ de betteraves.

 

Mon père, lui, avait choisi, pour nous nourrir, d’entreprendre comme on dit aujourd’hui. Entrepreneur de travaux agricoles et de battages : la charrue Bonnel, le gros Société Française Vierzon monocylindre, la batteuse Merlin. C’était le temps des maîtres et les métayers ne s’endettaient pas en achetant du matériel.

 

C’est pour tout cela que j’ai choisi, plutôt que le lycée, d’aller à l’École d’Agriculture ND de la Forêt, à 500 mètres de la maison familiale, interne bien sûr. Nous y étudions au rythme de 3 heures de travaux pratiques journaliers : la ferme, le verger, la vigne, la culture, l’atelier…

 

Mon destin a bifurqué lorsque l’aumônier, l’abbé Blanchet, auteur de théâtre populaire et parent de Michel Albert, énarque Inspecteur des Finances qui eut son heure de gloire au temps de JJSS le fondateur de l’Express, m’a convaincu que je devais prendre le même chemin que ce fils de métayer du Haut-Bocage.

 

Et puis il y eut mai 68 et j’ai jeté aux orties l’énarchie. Me retrouver coincé dans un cadre, aussi prestigieux fut-il à l’époque, ne me convenait pas.

 

Alors, j’ai choisi de faire ma thèse de doctorat sur le grand chambardement qui pointait son groin dans le monde du cochon. La Bretagne allait tout, ou presque, rafler. Qui se souvient que les alentours de Paris étaient l’un des plus grands bassins de production du cochon avec les eaux grasses des restaurants ?

 

Je me souviens du petit sourire étonné d’Yves Prats, le doyen de la Faculté, éminent spécialiste du Droit Public, lorsque je lui ai exposé pour la première fois mon projet. En ce temps-là j’ignorais ce qu’était un Grand Cru Classé de Bordeaux et qu’Yves Prats était le frère de Bruno qui dirigeait la destinée du Cos d’Estournel et de Petit Village.

 

La suite est longue comme mon CV, j’ai bourlingué entre le public et le privé sans jamais avoir bénéficié de ce fameux statut de fonctionnaire dont certains à plaisir m’ont affublé pour bien sûr me discréditer.

 

Tout au long de ce parcours de 49 années, j’ai commencé à bosser à 18 ans, le seul fil directeur auquel je me suis tenu c’est la fidélité à Louis et Arsène Berthomeau, à ce qu’ils étaient, à ce qu’ils représentaient : ma colonne vertébrale. Je n’ai jamais oublié d’où je venais et ce que je leur devais. 

 

Mais là n’est pas le sujet de ma chronique de ce matin.

 

Par deux fois, il m’a été demandé de me pencher sur le devenir d’un secteur de notre agriculture. Ce fut d’abord le vin, puis en fin de parcours, puisque j’étais interdit de séjour dans le monde du vin, le lait.

 

Le rapport de 2001, le groupe stratégique Cap 2010 les défis du vin français, et tout au bout le grand lâchage d’Hervé Gaymard et le placard.

 

Et puis, tout à la fin, Bruno Le Maire, ou son cabinet, m’a confié une patate chaude dont personne ne voulait, la déprise laitière dans le Grand Sud-Ouest.

 

Ce fut un temps fort au ras du terrain et au plus près des éleveurs.

 

Et puis, à la fin de la fin, fort de cette expérience, j’ai demandé et obtenu de Stéphane Le Foll de pouvoir réfléchir à comment anticiper la fin des quotas laitiers.

 

Au risque d’être traité de courtisan ce nouveau Ministre de l’Agriculture me paraissait apte, non à tout bouleverser, mais à mettre sur la table des éleveurs les enjeux de cette ouverture au grand large. N’oublions pas que depuis les années 50, le lait a toujours connu un fort encadrement et des mécanismes de régulations que nous avons ensuite exportés dans le nouveau Marché Commun.

 

Et puis, j’ai de plus en plus compris que l’intérêt poli que l’on accordait à mes écrits se heurtait à un grand classique du 78 rue de Varenne : ne pas soulever les problèmes avant qu’ils ne vous pètent à la gueule. Tendance renforcée par une administration totalement enjuguée par son concubinage européen, frileuse et incapable de la moindre capacité à sortir d’une vision purement règlementaire de l’agriculture.

 

Pour autant je m’interdis de dire : « je vous l’avais bien dit » ce serait de ma part déplacé et surtout sans grand intérêt.

 

Le mal est fait et il ne date pas d’aujourd’hui. Les pouvoirs publics ne sont pas les seuls responsables de la situation, les citoyens-consommateurs portent eux aussi une large part de responsabilité et leur commisération à l’endroit des agriculteurs m’irrite.

 

Pour autant n’attendez pas de moi que j’instruise un procès mais permettez-moi d’exprimer ma tristesse face au grand mal être des agriculteurs et des éleveurs.

 

C’est un sentiment d’échec qui m’habite.

 

Pourrons-nous un jour dans ce pays accepter de nous saisir de la réalité, qu’elle nous plaise ou non, d’en tirer les leçons sans nous enfermer dans des analyses toute faites et des solutions clés en main ?

 

Je n’ai plus les mains dans le cambouis et je n’ai aucune vocation à donner des leçons à qui que ce soit mais, comme le disait Napoléon, « En politique, comme à la guerre, le moment perdu ne revient plus. »

 

Que d’occasions perdues !

 

* j'ai balancé utiliser l'imparfait que nous fissions...

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 06:00
Les coopérateurs ont toujours préférés les belles cuves aux investissements immatériels… nos mastodontes écoulent leurs vins…

Dans Terre de Vins je lis, le mardi 2 février 2016, sous la plume d’Alexandre Abellan : L'union coopérative Terre de Vignerons, un mastodonte aquitain

 

« Pesant pour un cinquième de la production girondine de vins, l’union de production et de commercialisation Terre de Vignes est un poids-lourd de la coopération. Après avoir assis son outil de production, sur 6 millions d’euros d’investissements, c'est le développement commercial qui est en mire.

 

En 2012 naissait Terres de Vignerons, de la réunion de Prodiffu et de l’Union Saint-Vincent. Quatre ans plus tard, cette mutualisation de 13 caves coopératives de l’Entre-deux-Mers et de Duras impressionne par le simple alignement de ses chiffres. Ses 1 295 vignerons associés représentent 15 190 hectares de vigne, pour 840 000 hectolitres de vin produits annuellement sur 18 sites de vinification. »

 

40 millions de bouteilles et 1 million de BIB

 

CA consolidé de 90,7 millions d’euros en 2014

 

Terre de Vignerons 1ière place en Aquitaine et 3ième sur l’échelle nationale.

 

Depuis 2013, Terre de Vignerons a consacré 5,7 millions € à ses deux unités de production.

 

« Nous avons beaucoup travaillé pour avoir un outil industriel en qualité et quantité. L’idée est maintenant de travailler les performances commerciales. Notre objectif est de valoriser les vins et de ramener de la valeur ajoutée sur le territoire avec des produits marquetées. » Céline Wlostowicer, la présidente de Terre de Vignerons

 

« Le développement commercial passe par le grand export (Chine, Etats-Unis…), mais il y a aussi des opportunités sur les marchés français et européens. Les consommateurs y montent en expertise et en gamme » Benoît Berger directeur de Terres de Vigneron.

 

« Nous n’avons pas à rougir de la qualité de nos vins. En 2015, ils ont reçu 110 médailles. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de répondre aux attentes de grands distributeurs sur des volumes conséquents, avec l’assurance de fournir une qualité constante et typique de l’AOC. »

 

« L'export est d'ailleurs l'axe de développement au coeur du projet In Vivo Wine, préparant la relance de la marque Cordier en mobilisant des caves coopératives de Gironde. Aujourd'hui, ce nouvel acteur est perçu comme complémentaire de Terre de Vignerons. « Nous sommes attentifs à ce projet, nous verrons selon son développement s’il y a des opportunités » Céline Wlostowicer

.

Tout cela et bel et beau surtout avec ce qui suit.

 

« Pourquoi des caves adhéreraient-elles à InVivo plutôt que de vendre simplement leurs vins à ses filiales que sont Cordier à Bordeaux ou les Vignobles du Soleil dans le Gard ? « Parce que nous sommes InVivo », a répondu Thierry Blandinières. Comme une évidence !

 

« Ces coopératives participeront au développement de la branche vin d’InVivo, a ajouté Bertrand Girard, directeur d’Invivo Wine, la branche vin du groupe. Elles auront une plus forte maîtrise de leur destin que si elles restent dans une relation de client à fournisseur. »

 

« Bertrand Girard a également répondu à une critique souvent formulée contre Vinadéis (ex-Val d’Orbieu-Uccoar), qu’il dirige et qui fait déjà partie d’Invivo Wine : cette union de coopératives basée à Narbonne est en effet marquée comme un spécialiste des vins à bas prix.

 

« Nous sommes leader et fer de lance de la montée en gamme du Languedoc-Roussillon, s’est défendu Bertrand Girard. Nous sommes le plus gros acheteur d’AOP du Languedoc. Nous commercialisons 45 domaines et châteaux en mise à la propriété, une activité avec laquelle nous réalisons 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette année, nous avons obtenu 115 médailles pour l’ensemble de nos vins. Qui peut en dire autant ? »

 

« Je suis dans la coopération depuis une trentaine d'années, et pendant tout ce temps, j'ai entendu dire qu'il fallait structurer un navire tête de proue à l'international. Ce grand bateau, nous sommes en train de le créer »,souligne le président de Vinadeis Joël Castany.

 

« Le premier marché visé est le marché américain, sur lequel la France a perdu sa première place depuis longtemps », précise le DG de Vinadeis, Bertrand Girard.

 

« En politique, comme à la guerre, le moment perdu ne revient plus. » Napoléon

 

Je crois rêver mais bon j’ai l’impression de radoter : la montée en gamme ce n’est pas l’escalade du Tourmalet au temps de Gaul et Bahamontès c’est tout bêtement beaucoup d’argent. Celui que l’on investit massivement et longtemps dans une marque pour espérer la positionner au niveau où celle-ci dégagera enfin du profit qui la maintiendra à ce niveau.

 

Nos concurrents du Nouveau Monde incorporent beaucoup de marketing dans leurs bouteilles, les coopérateurs français sont-ils prêts à accepter ce type d’investissement long et massif ?

 

J’en doute car en dépit du poids de ces groupes, qui n’ont d'ailleurs rien de mastodontes, ils n’ont aucune prise sur le prix du vrac. Bien au contraire, par le passé et encore aujourd'hui, c'est par le faible niveau de leurs prix qu'elles se sont maintenues dans le marché.

 

Si j'ai conseil à donner au couple ambitieux d'IN VIVO Vinadeis c'est de demander conseil à un spécialiste de la montée en gamme, un vrai faiseur de marques : Pierre Pringuet l'ancien DG de Pernod-Ricard.

 

Qui vivra verra mais s’il est toujours intéressant de prendre des cours de marketing ICI Dossier. « Marketing et vin : un accord pas si évident ! » je pense que le couple Blandinières&Girard ferait bien de mettre des chiffres d’investissements immatériels sur leur projet de montée en gamme de leur offre plutôt que de rouler des mécaniques et de se barder de médailles comme les généraux de l’ex-Union Soviétique.

Les coopérateurs ont toujours préférés les belles cuves aux investissements immatériels… nos mastodontes écoulent leurs vins…
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 06:00
"Fou d'amour", par Wolinski (p. 56).  (©Wolinski / Cherche-Midi)

"Fou d'amour", par Wolinski (p. 56). (©Wolinski / Cherche-Midi)

J’ai lu sur le blog du mec qui sait tout, avec un intérêt ironique, que dans vin nature il y avait vin.

Comme s’exclamait le commissaire Bourrel dans les 5 Dernières Minutes : « Bon Dieu ! Mais c'est… Bien sûr ! »

Allez définissons d’abord le vin !

 

Pour la qualification nature c’est une autre paire de manches qui s’apparentent à la définition du sexe des anges puisqu’il s’agit d’une transformation du raisin en vin…

 

En France la définition légale du vin remonte à la loi Griffe du 14 août 1889 : « produit exclusif de la fermentation du raisin frais ou du jus de raisin frais ».

 

Cette définition fut établie dans une période de fraude générale, où le vin manquait et où des boissons frelatées inondaient le marché.

 

La définition du vin à l’échelon de l’UE résulte d’une nouvelle codification élaborée lors du conseil du 17 mai 1999 :

 

Le vin est « le produit obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique, totale, ou partielle, de raisins frais, foulés ou non, ou de moûts de raisins. »

 

Cette définition ne donne pas d’indications sur le titre alcoométrique, l’acidité, les pratiques œnologiques autorisées… Ces indications sont précisées au niveau des différentes catégories de vin.

 

Au plan mondial l’office international de la vigne et du vin (OIV) 4 ans après sa création en 1924, a adopté une résolution qui stipule « nul autre produit que celui qui provient de la fermentation alcoolique du jus de raisin frais ne puisse recevoir l’appellation de vin ». Ce texte fut complétée en 1929, par une recommandation aux états adhérents pour que ne puisse être vendu « sous le nom de vin la boisson provenant de raisins secs ou de la fermentation de fruits et de légumes ».

En 1973, l’OIV a adopté la définition suivante « le vin est exclusivement la boisson résultant de la fermentation alcoolique complète ou partielle du raisin frais foulé ou non ou du moût de raisin ». Il est précisé que son titre alcoométrique ne pourra être inférieur à 8,5 % en volume ».

 

La France ainsi que 45 États est membre de l’OIV.

 

EN 2001 les USA ont quitté l’OIV et ont créé le Word Wine Trade Group, groupe informel de gouvernements et de représentants des pays producteurs de vin de l'Argentine, l'Australie, le Canada, le Chili, la Géorgie, la Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud.

 

La définition du vin de l’OIV n’a aucun caractère obligatoire, chaque État ou groupe d’États peut en adopter une autre. Reste que dans les traités de libre-échange ce n’est pas un sujet de petite importance.

 

Cependant les divergences, tout particulièrement les pays producteurs du Nouveau Monde, portent sur les pratiques œnologiques.

 

En cela nous rejoignons le débat sur une définition légale du vin nature car celui-ci revendique la naturalité de sa vinification.

 

Qui a demandé à l’INAO de se pencher sur ce sujet ?

 

Très clairement les représentants de l’agriculture biologique qui, selon un bon connaisseur du dossier, se sentent doublés « à gauche » par la notoriété naissante et de plus en plus constante des vins nature.

 

Je ne vais pas vous retracer la longue de marche du bio mais rappeler que pendant fort longtemps le logo AB certifiait que les raisins ayant servis à élaborer le vin étaient issus de l’agriculture biologique avec certification à l’appui.

 

Ce n'est qu'en 2012 que le vin biologique a été défini par la Commission Européenne par le règlement R(UE) 203/2012 adopté par le Conseil des Ministres qui est entré en application à compter du 1er août 2012. Il fait l’objet d’un logo européen.

 

Comme vous vous en doutez ce vin bio à la sauce européenne n’a guère été prisé des purs et durs du bio des origines.

Le vin bio sent le soufre 

 

Alors me direz-vous pourquoi diable les représentants officiels de la viticulture biologique souhaitent-ils faire définir le vin nature ?

 

Je ne suis pas bien évidemment dans le secret de leurs intentions mais il me semble qu’ils digèrent mal que beaucoup de vignerons pratiquant le naturisme ne sont pas certifiés bio. Les faire rentrer dans le rang de celle-ci apparaît comme leur objectif prioritaire.

 

Fort bien mais dans cette affaire sont oubliés les biodynamistes certifiés Demeter ou Nature&Progrès.

 

Et bien sûr de la certification US 100% OrganicOrganicMade with Organic Ingredients et Some Organic Ingredients

 

Les seuls vignerons nature sollicités par l’INAO pour débattre sont ceux de l’AVN association pionnière des vins nature comme son acronyme l’indique.

 

Que veut l’AVN ?

 

Faire le ménage Vincent Riffault de l’AVN est clair : « dans le film de Nossiter, quand on regarde les viticulteurs qui se disent produire des vins nature, on s’aperçoit qu’ils sont plus intéressés par l’opportunité de business que par la philosophie des vins nature ».

 

« Pour les émissaires de l’AVN, l’objectif est de permettre aux vignerons concernés et qui le souhaitent d’inscrire « vin naturel » sur leurs étiquettes.

 

Mais aussi d’interdire aux vignerons qui ne respectent pas la définition de promouvoir leur « faux » vin naturel. On sait en effet que l’industrie agro-alimentaire s’intéresse de plus en plus au phénomène, notamment en surfant sur la confusion entre « sans soufre » et « naturel ».

 

Il s’agit donc de protéger les vignerons… mais aussi les consommateurs. »

 

Lilian Bauchet est plus direct :

 

« Tempête dans un verre de vin ! On veut juste pouvoir écrire sur les bouteilles "issu d'une vinification naturelle" quand le vin est produit à partir de raisins bios et réalisé sans intrant ni technique agressive.

 

On comprend que cela gêne certains, qui s'autorisent un pesticide quand la pression mildiou est trop importante, une flash pasteurisation pour les brett, un coup de lisosyme pour la volatile, qui achètent du raisin non bio via leur négoce qu'ils commercialisent en vin de France non pas parce qu'ils ne veulent pas s'emmerder avec les AOC mais parce que la limite de rendement est plus haute, ce qui permet à leurs sous-traitants d'optimiser leur rendement hectare, à grand renfort de phytos, comme me l'a expliqué récemment une icône du vin naturel, à mes oreilles ébahies.

 

Et cette histoire de récupération par les gros faiseurs, qu'est-ce que cela peut faire ? Il est de bon ton de critiquer Gérard Bertrand, sauf qu'une grande partie de son vignoble est en bio, tout le monde ne peut pas en dire autant, j'ai autour de chez moi des tas de petits "vignerons artisans" qui ont scrupuleusement suivi leur calendrier de traitement phytos cette année quand bien même il n'était pas tombé une goutte de pluie depuis des mois.

 

Et en quoi cette mention sur nos bouteilles va-t-elle faire de nous des petits soldats de l'Inao ? Le consommateur a le droit de savoir ce qu'il boit, nos prescripteurs ont le droit de savoir ce qu'ils vendent. Après libre à eux de porter intérêt ou non à cette mention. Je lis « seul le goût compte », mais la perception individuelle de ce goût est fortement influencée par notre adhésion à son mode de production. Il est donc essentiel d'apporter toute la clarté nécessaire là-dessus. »

 

En résumé, les représentants de la viticulture biologique veulent encadrer les vins nature mais il n’est pas sûr qu’ils aient la même approche que les représentants de l’AVN même si une part de leur approche est commune.

 

Pour ma part j’ai et je reste partisan des fondamentaux de ce qui a distingué pendant longtemps le vin d’origine des autres produits alimentaires avec « j’écris ce que je fais et je fais ce que je dis… »

 

Alors tous à vos plumes les avec comme les sans béquilles… dites-nous comment et avec quoi vous faites vos vins et nous ferons notre choix… Nul besoin de l’écrire en lettres microscopiques sur une étiquette longue comme un jour sans pain. Il existe via les petits joujoux, dit applications, la faculté de le faire et de permettre ainsi au consommateur de se renseigner s’il le souhaite.

 

L’empilement des réglementations, des logos, n’empêche en rien les fraudeurs de frauder, les opportunistes de surfer sur les tendances, recréer le lien de confiance entre le producteur, ici le vigneron, et le consommateur passe par des chemins de traverse et non par les autoroutes balisées par l’Administration.

 

C’est simple comme un verre de vin…

 

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 06:00
Tentative de hold-up de l'INAO sur le vin nature « Une chose est sûre, le mot (nature) est extrêmement valorisant. Il a un fort impact sur les consommateurs. »

Suite au comité national des vins d’AOC du 10 février, Éric Rosaz l’homme-orchestre des vins à l’INAO, qui connaît bien le terrain puisqu’il a tenu pendant des années les rennes des VIF puis a fait un passage à FranceAgrimer, a déclaré :

 

« Il y a une forte demande de la part des professionnels pour engager une réflexion pour encadrer l’utilisation du mot nature »

 

Bon prince l’Inao a donc engagé la discussion sur le sujet en invitant à la table l’Association des vins naturels (AVN), pour son expertise en la matière.

 

« Pour l’instant, la discussion reste générale. La demande émane surtout des viticulteurs bio qui craignent une utilisation galvaudée du mot. »

 

Alors faut-il ou non donner un cadre strict à cette mention « nature » ?

 

« Une chose est sûre, le mot est extrêmement valorisant. Il a un fort impact sur les consommateurs

 

Nous y voilà, les va-nu-pieds, les réprouvés, les moqués, les qui font des vins pour bobo-parigot, les exclus de l’agrément, toute cette engeance qui n’a pas accès aux hautes instances, inquiète : pensez-donc ils séduisent les consommateurs.

 

Tout est dit ou presque : l’objectif est de mettre tout ce petit monde dans les clous, jugulaire-jugulaire, réglementons et tout ira bien dans le meilleur des monde. Bien sûr tout ça pour mieux protéger les consommateurs.

 

Il suffit de constater la jouissance d’un des plus farouches contempteurs de ces vins d’évier, par ailleurs grand chasseur de fonctionnaires, pour mieux saisir la grossièreté du piège.

 

Thierry Puzelat vigneron le dit clairement :

 

« Regardons ce qu'est devenu le cahier des charges vinif bio, malgré les bonnes volontés pour qu'il ressemble à quelque chose. Il suffit d'invoquer des règles pour que les plus mercantiles s'y engouffrent. Comme la plupart des associations de ce type, l'AVN ne pense qu'à communiquer sur ses pratiques, plutôt que de soutenir ses adhérents en les aidant à être toujours plus exigeants. C'est oublier qu'à la fin, les consommateurs sont seuls juges. Un vin sans âme avec le logo AVN sera-t-il plus crédible, qu'avec le logo AB, Demeter, lutte raisonnée ou Sains ??? Tous revendiquent des pratiques vertueuses. Partisans de la méthode mais pas toujours du résultat. »

 

Que l’on débatte, j’en suis un farouche partisan, mais en posant sur la table un dossier non biaisé, comme nous l’avions fait lors de la réflexion stratégique Cap 2010, avec toutes les parties prenantes et non les caciques habituels et une association en mal de reconnaissance officielle.

 

En son temps je me suis expliqué ICI

 

« Revendiquer une définition officielle du vin nature équivaut à demander d'autoriser les mobylettes à circuler sur les autoroutes… »

 

Éric Rosaz qui connaît bien son petit monde n’est pas tout à fait dupe de la démarche engagée : « Le problème est cela ne veut pas forcément dire la même chose pour le consommateur et pour le viticulteur ». Il relève également l’inquiétude de la filière : « On peut se demander s’il n’est pas dangereux de segmenter encore plus les vins bios en ajoutant une mention supplémentaire. Quelle sera perception des consommateurs à ce sujet ? »

 

Georges Clemenceau ou La Fontaine ?

 

« Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. »

 

« Maître Corbeau, sur un arbre perché,

 

Tenait en son bec un fromage.

 

Maître Renard, par l'odeur alléché,

 

Lui tint à peu près ce langage :

 

Et bonjour, Monsieur du Corbeau,

 

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

 

Sans mentir, si votre ramage

 

Se rapporte à votre plumage,

 

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

 

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 06:00
Face au vin de France à la mode de Nicolas les cavistes « alterno-bobo-parigot »* se fâchent « Lâchez-nous les grumes ! »

Je pédalais pénard sous un petit cagnard d’hiver lorsque mon regard chopait à la volée une pub pour le pinard placardé sur les arrêts de car.

 

Arrêt illico : photo !

 

 

Qu’en faire ?

 

Le pied de cuve d’une chronique mais qu’en dire ?

 

Fallait-il que je le dégustasse ou que nous le dégustassions ?

 

Notez la haute maîtrise de la conjugaison.

 

Exercice à haut risque car la seule vue de l’étiquette : Sélection Nicolas risquait de fausser le résultat.

 

À l’aveugle alors ?

 

J’hésitais lorsque sur l’écran neigeux de mes nuits blanches apparut à nouveau le message :

 

3 vins, 3 couleurs, 3€ la bouteilleLes Grumes

 

J’ouvrais.

 

 

Du marketing pur sucre, sans génie particulier mais sans doute efficace auprès de la clientèle traditionnelle de la vieille maison.

 

Donc pas grand-chose à se mettre sous la dent sauf qu’à nouveau sur l’écran neigeux de mes nuits blanches apparu sur les réseaux sociaux le lamento des cavistes «alterno-bobo-parigot »

 

Afin de ne pas me faire remonter les bretelles je signale que l’appellation « alterno-bobo-parigot » souvent accolée à Mélanchoniens est une marque déposée par le Phoenix d’au-delà des Pyrénées.

 

Philippe Cuq a partagé la photo de Damien Demichel. (de source sûre dans les milieux bien informés, Philippe Cuq du Lieu du Vin est le Président du Présidium du Soviet Suprême des cavistes alternatifs.)

6 février, 12:50 · Paris ·

 

3 fois plus de mal de tête et de mal de ventre.

30 fois plus de pesticides.

300 fois moins de plaisir...

 

Mes vieux neurones se sont alors mis en branle pour éclairer la lanterne du consommateur de vin à 3€.

 

Ces 3 couleurs sont des Vin de France.

 

- Grumes rouges : « ce vin rouge issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

 

Cépage principal carignan.

 

-  Grumes blanches « ce vin blanc issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

Cépage principal grenache Blanc et aussi melon de Bourgogne.

 

Grumes rosées « ce vin rosé issu des meilleurs terroirs de France a fait l’objet d’une sélection rigoureuse de Nicolas. » 12°5 

 

Cépage principal : cabernet franc, et aussi négrette.

 

Pourquoi diable Nicolas n’indique-t-il pas sur son étiquette le ou les cépages et le millésime comme il le pourrait ?

 

Tout bêtement parce qu’ainsi il se laisse toute latitude d’en changer en fonction des opportunités du marché du vrac. En effet, n’en déplaise aux sélectionneurs de Nicolas, c’est d’abord le prix d’achat qui prime. Chez Castel, en bon pinardier, on achète au ras des pâquerettes.

 

Autre raison, cette gamme de vins basiques ne doit pas faire concurrence à la marque La Roche-Mazet qui affiche les cépages.

 

Nos 3 Grumes affichent le même degré 12°5

 

Conclusion du Taulier : ce Vin de France de 3 couleurs est tout simplement l’héritier du bon vieux Vin de Table de France.

 

C’est sans nul doute du vin de coopé en majorité, sourcé dans South of France principalement, avec une prédilection du côté du blanc à une région où la ressource est bon marché. Le prix toujours le prix.

 

Sur le plan économique c’est, de la part des acheteurs Nicolas-Castel, de l’économie de cueillette au gré des opportunités du marché, la bonne vieille pratique des marchands de vin. Surtout pas de partenariat trop contraignant, ne pas se lier les mains, mieux vaut s’en tenir à un panier de prix pour tenir les coûts de la sauce.

 

Reste une vraie question à se poser du côté des cavistes « alterno-bobo-parigot » : leur est-il possible de satisfaire une demande de vin populaire à 3€ ?

 

Est-ce le même défi à relever que pour l’alimentaire, sauf que bien sûr l’achat du vin quotidien est de moins en moins de mise ? Hier matin, le chroniqueur économique de France Inter, relevait qu’un litre de lait UHT valait le prix d’une seule cigarette.

 

Pour le vin je ne le pense pas, le modèle Vin de France à haut rendement facteur d’une matière première pas chère n’est pas compatible avec celui du Vin de France dit naturel qui exige des prix de vente élevés.

 

Ce sont deux mondes incompatibles et c’est se leurrer que de penser que la large part des consommateurs, et pas seulement pour des raisons budgétaires, qui achète des prix va changer ses habitudes d’achat.

 

On peut le regretter mais les bons sentiments affichés sont vite oubliés par les consommateurs lorsqu’ils poussent leurs caddies dans les allées de la GD. L’exploitation médiatique outrancière des difficultés des agriculteurs et des éleveurs par les politiques, les donneurs de leçons, en est la plus efficace des démonstrations.

 

Que faire alors ?

 

Baisser les bras, subir, laisser le fameux marché tout régler, se contenter de slogans, de petites batailles de chapelles…

 

Je ne le pense pas.

 

Pour le vin commençons donc par l’essentiel pour un produit qui se revendique festif, lié à son terroir, à son histoire, à ses valeurs de convivialité : revenir à des pratiques culturales respectant l’environnement physique et humain… Le déni en la matière a, et va avoir, des effets de plus en plus dévastateurs sur l’image du vin.

 

La bataille d’Hernani autour des vins nature est d’une toute autre nature, un conflit de nature esthétique que je ne tiens pas, comme vous le savez, pour négligeable, mais qui ne touche que l’avant-garde, la minorité agissante, le ferment de la contestation sociale chère à Nossiter. Le populo cher à mes amis « alterno-bobo-parigot » ça lui passe largement au-dessus de la casquette…

 

Grumes : vieux, notamment en Bourgogne et en Beaujolais Grain de raisin. « [Eux qui travaillent la vigne,] les vignerons ont ben le droit d'écraser une grume « (La Petite lune, 1878-79.

 

« Un grain de raisin. Ce substantif féminin connu depuis 1552 s'est maintenu encore aujourd'hui dans la langue technique de quelques régions viticoles francophones. Il met probablement l'accent à l'origine sur l'épaisse peau emprisonnant la chair sucrée du raisin. »

 

Bois de grume, en grume, Tronc coupé, ébranché et revêtu de son écorce. Débiter des grumes.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 06:00
J’suis snob j'ne fréquente que des baronnes aux noms comme des trombones j’bois de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère…

Halte au feu, ne criez pas au sacrilège, jamais au grand jamais je n’ai bu de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère car je ne mange jamais le camembert à la petite cuillère. Pardonnez-moi, c’est mon côté taquin, j’aime les rimes en R, le genre Hubert Bonnisseur de la Bath notre OSS117 versus Jean Dujardin grand admirateur de René Cotyqui m’a poussé à parodier les paroles d’une chanson d’un provocateur germanopratin Boris Vian, dont l’une des chansons, Le Déserteur, fut censurée pendant les années où nous faisions la guerre sans la faire (levée en 1962).

 

Foin de ma tendance coupable à la provocation de potache qui me vaut l’ire des maîtres de la dégustation – y’a de l’eau dans le gaz entre eux et mon immodeste et vulgaire personne – et passons à ma petite chronique sur un beau moment de partage.

 

Rien à voir avec ceux qui vendraient père et mère pour disposer d’un tabouret en bout de table pour la Fête de la Fleur ; avec d’autres qui entrent en quasi-lévitation au seul son de l’Angélus ; avec d’autres enfin qui pensent faire partie du peuple élu parce qu’ils ont été reçu « au château » * pour mettre leur nez au-dessus des Primeurs.

 

Pour alimenter votre culture du côté du « château » je narre en fin de chronique 2 petites histoires le concernant, la bouillie bordelaise de Bernard Ginestet et les socialos version 1981 et les châteaux de Bordeaux.

 

Je plante le décor :

 

  • dans un lieu tenu secret, une antre souterraine, 2 flacons d’Ausone : un 2003 et un 2005 que, sur son fidèle destrier, votre serviteur avaient porté la veille de la rencontre car le 2005, encore très jeune, avait besoin d’être carafé.

  • 3 amis, Jacques Dupont du Point, nul besoin de le présenter, Laurent Bazin journaliste à Itélé, blogueur, un peu intermittent ces derniers temps, sur le vin de mes amis et chroniqueur au Point et bien sûr ma pomme.

 

 

Ce fut un très beau et bon moment de partage entre l'un des Big Four* de la Première League, un bon pensionnaire de la Ligue 1, et un habitué de la DRH capable de temps à autre de réaliser un exploit en Coupe de France.

 

Pour les non footeux : le Big Four est un terme anglais donné au groupe de quatre grandes équipes de football du championnat d'Angleterre qui sont Arsenal, Chelsea, Liverpool et Manchester United ; la Ligue 1 c’est le truc où y’a plus que le Paris Saint-Germain ; la DRH étant la division régionale d’honneur chère à mon cœur.

 

 

 

Jacques Dupont

 

« En avril 2004, quand j’avais dégusté en primeur ce 2003, j’avais noté « L’élevage devrait adoucir le côté fauve. » Effectivement, le vin s’est adouci. Il conserve les caractères du millésime marqué on s’en souvient par une période caniculaire. Je n’ai jamais été un grand fan de ce millésime. Toujours en avril 2004 dans ce même numéro du Point j’écrivais : « peu de vins de grande garde. La faible acidité n’est pas toujours compensée par des tanins solides. Les années de grande garde, à Bordeaux, sont celles des maturités progressives, sans grands heurts climatiques. Ici, les grands vins sont d’abord des vins d’équilibre. » Je n’ai pas changé d’avis malgré les commentaires laudatifs de certains dégustateurs d’outre-Atlantique, si tu vois ce que je veux dire. Mais Ausone c’est d’abord un grand terroir capable de résister à ce genre d’accident météo et il le prouve dans le verre. Certes, il possède un côté solaire, riche un peu exubérant et nettement moins en finesse que 2005 mais quand même c’est d’une gourmandise ! »

 

Pour le 2005

 

« Là, on est vraiment en compagnie d’un très grand millésime, (peut-être le plus grand depuis ce nouveau millénaire) et particulièrement à Ausone. Dans le numéro consacré eux primeurs en avril 2006, j’écrivais à propos de ce vin : « beaucoup d’intensité autant dans l’expression du fruit que dans le toucher, structure dense mais douce, un fort caractère contenu. » On retrouve onze ans après ce caractère intense mais pas démonstratif. La retenue des très grands vins qui n’ont pas besoin de tee-shirt moulant pour montrer qu’ils sont bien bâtis (#jesuiscirconflexe). Ce n’est pas un monstre, juste un vin magnifique, étiré, suave qui te fait découvrir de nouvelles saveurs à chaque gorgée, qui ne se livre pas d’un coup à grands renforts de vanille et de pruneau mais par petites touches. Et s’il ne faut pas trop attendre pour se régaler du 2003, on sent que dans 20 ans, ce 2005 sera encore là avec d’autres histoires à raconter. »

 

Laurent Bazin

 

« Je ne suis pas Bordeaux, mais Ausone ça n’est pas du Bordeaux. Ça n’est pas du Saint Emilion. C’est du Ausone. C’est de la magie pure! Le petit côté fumé du 2003, année casse-tête pour tous les vignerons... la fraicheur inouïe du 2005, sa finesse, son côté légèrement mentholé… Sa longueur… Sa magie, oui j’y reviens. Ausone ça n’est pas une oeuvre de vigneron, c’est un vin d’alchimiste. »

 

Et moi

 

« Me voilà au pied du mur, que c’est dur ! Je ne sais mettre des mots sur un vin, sans doute parce que j’en aligne trop sur tout et rien. Alors Ausone ! Lui accoler des qualificatifs étant hors de ma portée, trop grandiloquents, pas assez pertinents, je vais faire bondir certains. Ausone c’est le luxe ! le vrai, rare, le dernier, loin de l’ostentation, du paraître, discret celui que l’on s’offre entre amis quitte à manger des nouilles pendant un mois entier. Sans honte je revendique le droit à ce luxe qui n’a rien à voir avec des images fabriquées par des petits génies du marketing. J’aime la matière, son toucher, son odeur, les belles étoffes, les beaux pulls, les chemises anglaises, les godasses cousues mains, même si aujourd’hui je vis en jeans et en confection Monop. Ce temps passé avec Ausone fut de même nature, un voyage au pays de la belle matière, du cousu main, un temps où j’ai lâché la bride à mes sens, un petit caillou blanc sur mes chemins de traverse. »

 

Je signale aux mauvais coucheurs, que ces 2 flacons d’Ausone m’ont été expédiés par Alain Vauthier, fidèle lecteur de mon blog, sans autre contrepartie que notre estime mutuelle et notre amitié.

 

 

« J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’à Bordeaux il existe plus de château qu’en Espagne ; des milliers et des milliers de Châteaux qui noient le consommateur dans un océan de marques sans signification. Cette constante multiplication est une escalade impossible et absurde. Elle conduit la production à morceler sa commercialisation en micro-unités de vente. Certes, elles permettent au négociant d’éviter un affrontement direct avec la concurrence, mais en bloquant par là même toute tentative de regroupement des produits pour une meilleure exploitation viticole, et pour une plus large et plus efficace couverture des marchés par des marques.

 

Mais l’Univers bordelais est fait de galaxies dont les experts eux-mêmes ont grand-peine à démontrer qu’elles ne sont pas des nébuleuses... Et nous exigeons de l’observateur amateur le don prodigieux de percevoir et de reconnaître dans cette voie lactée chacune des unités qui la composent !

 

Bien sûr, nous possédons à Bordeaux des étoiles de toute première grandeur. Elles seules suffisent sans doute par leur éclat incomparable au rayonnement lointain et prestigieux de notre cosmos bordelais depuis des siècles de millésimes-lumière. Elles ont été cataloguées, classées. Mais selon qu’elles se lèvent sous le signe du Médoc, de Saint-Emilion, des Graves ou de Sauternes, elles appartiennent à des hiérarchies différentes sans équivalence des grades.

 

Pour le consommateur, le vin de Bordeaux c’est « du vin de Château » et l’on s’est efforcé depuis plus d’un siècle de lui faire comprendre que le meilleur était celui du cru classé. »

 

  • Profitant de la vague rose qui submergea le Palais Bourbon, en juin 1981, Catherine Lalumière, fut élue député de la Gironde et nommée, le 23 juin 1983, Ministre de la Consommation du second gouvernement Mauroy (elle finira sa carrière comme parlementaire européenne par la grâce de l’inénarrable Nanard qui, avec sa liste aux européennes de juin 1994 « Energie Radicale », où se trouvait aussi Noël Mamère, dézingua en plein vol celle de Michel Rocard où Rachida Dati se trouvait placée en 54e position et Bernard Kouchner en 3e : ambigüité vous avez dit ambigüité). 

Bref, la toute fraîche Ministre, sise au Louvre rue de Rivoli, avec un Jacques Delors Ministre de l’Économie et des Finances ne lui laissant guère d’espace, mais ayant les Fraudes mise à sa disposition – en ce temps-là elles étaient sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture – et voulant imprimer sa marque jusque dans la 3ième circonscription de la Gironde, déclara vouloir mettre à plat l’épineux dossier des noms de châteaux.

 

En 1981, les nouveaux arrivants avaient la mise à plat facile car c’était la version soft de « du passé faisons table rase ». Les hauts fonctionnaires des Finances, goguenards face à cette piétaille pépiante, eux, par leur silence hautain, jouaient « cause toujours tu m’intéresses. » Et moi dans tout ça je découvrais, pour parodier le nouveau slogan du CIVB : qu’on pouvait s’offrir un château de Bordeaux pour quelques euros. L’initiative de Lalumière fit long feu. Et moi, ayant la haute main sur la cave de la Présidence de l’Assemblée Nationale – fort bordelaise puisque nous succédions à Chaban-Delmas – je découvrais les « délices » des GCC avec Bruno Prats comme mentor.

 

Snobisme

 

- Ambition qui consiste à désirer fréquenter certains milieux sociaux jugés supérieurs et à se faire adopter par eux.

 

« M. de Charlus, qui jusque-là n'eût pas consenti à dîner avec Mme de Saint-Euverte, la saluait maintenant jusqu'à terre. Recevoir l'hommage de M. de Charlus, pour elle c'était tout le snobisme. » Proust Temps retrouvé, 1922.

 

« À leur propos [des solennités mondaines], il [Montesquiou] partage l'humanité en deux camps, les élus et les exclus, deux termes à quoi il faut d'abord songer lorsque l'on cherche à définir le snobisme» Mauriac, Écrits intimes, 1932.

 

- Affectation qui consiste à priser ou à mépriser quelqu'un ou quelque chose non en raison de sa valeur ou de sa qualité mais en fonction du choix des gens que l'on veut imiter.

 

« Pure de tout snobisme esthétique, elle [la reine Victoria] était incapable de feindre un plaisir qu'elle n'éprouvait pas. » Maurois, Édouard VII, 1933

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 09:23
« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.

Guillaume Nicolas-Brion a du Morgon dans les veines et il me pardonnera de le mettre dans la peau du célèbre commissaire San-Antonio cher à Frédéric Dard.

 

La répartie est tirée de « Fais gaffe à tes os » le 18e volume de la série des San-Antonio publié en 1956.

 

 

« Le Commissaire San-Antonio est sur les traces de criminels nazis. Secondé par l'ineffable Bérurier, dit l’enflure, spécialiste des filatures il doit retrouver et abattre Luebig, ex-bras droit d'Himmler qu’un certain Lefranc a reconnu aux actualités cinématographiques assistant au meeting d'aviation du Bourget… Aucun autre indice, à part ce film… C'est maigre… Quelques pistes semblent mener en Espagne... En route pour Barcelone où Bérurier disparaîtra et sera retrouvé piteux état dans un cul-de-basse-fosse.

 

« Fais gaffe à tes os, San-Antonio, me dit-il… cette histoire est à la c… comme un esquimau est à la vanille. »

 

Comme le disait dans les temps anciens les présentateurs à la télé sans transition passons de l’esquimau à la vanille au flan du même parfum cher aux papilles de Guillaume Nicolas-Brion qui dans une chronique du 2 février affirme que « Le flan de l'artisan Bruno Solques surpasse (et de loin) celui de Cyril Lignac »

 

 

Je n’en suis pas resté comme 2 ronds de flan, ni sur le cul pour faire vulgaire, car Bruno Solques je connais, sa boutique est au 243 Rue Saint-Jacques, près de l’hôpital du Val de Grâce à quelques encablures de chez moi où toutes les voies sont estampillées Saint-Jacques…

 

Mais, vous commencez à me connaître, je me suis dit que je ne pouvais en rester à ce simple duel entre une star pour bobo trentenaire et un bon artisan. Alors j’ai décidé de prendre mon petit vélo pour aller acheter 3 flans :

 

  • Celui de Poilâne rue du Cherche-Midi, (3) 

La numérotation est fonction de l’éloignement des boutiques de mon home.

 

  1. Poids : 153 g Prix : 2,30€

 

2. ​Poids : 230 g Prix : 2,50€

3. Poids : 222 g Prix : 3,50€

 

J’ai donc dégusté dans l’ordre de la numérotation 1 morceau de chacune des parts achetées hier matin.

 

- Le flan de Laurent Duchêne est sans grand intérêt, peu gouteux, ferme.

 

- Celui de Poilâne le surpasse aisément, il est onctueux, léger, un peu court en bouche.

 

- Enfin, le chouchou de GNB est bien tel que décrit par lui, aérien et très gouteux. Il n’y a pas une goutte de rhum dans ce flan cher Guillaume.

 

Reste son différentiel de prix avec celui de Poilâne : 1 € ce n’est pas rien. Est-ce le surcoût lié au statut de petit artisan ? Je ne sais…

 

Que choisir ?

 

C’est la gourmandise qui l’emporte : je vote Bruno Solques…

 

Si ça vous dit de vous taper une part de flan au dessert vous pouvez faire couler en vous offrant quelques gorgées de Crémant de mon chouchou Jean-Pierre Rietsch.

 

Le flan est une crème sucrée à base d'œufs, de lait et de farine que l'on fait prendre au four.

 

Voir la version vendéenne du flan : La Fiounaïe de mémé Marie 

 

« La femme tenait un large flan acheté chez un pâtissier de la chaussée Clignancourt»

 

Zola, Assommoir, 1877

 

L'expression « en rester comme deux ronds de flan » est apparue au tout début du XXe siècle. Son auteur serait-il alors allé piocher dans le vieux français pour construire cette expression ? Pourquoi pas.

 

Au XVIe siècle le flaon synonyme de la monnaie qu'on frappait et la métaphore tendrait à décrire une personne frappée d'étonnement comme la pièce de monnaie. Le terme rond quant à lui ferait référence à la forme de cette monnaie comme à la forme des yeux qui s'arrondissent suite à un événement qui provoque la stupeur.

 

Une autre explication tendrait à comparer cette expression française avec une autre qui fut l’une de ses variantes affirmant « rester comme du flan » signifiant devenir mou comme la pâtisserie en rapport à la « force d'étonnement ». Il se pourrait aussi que ce dicton ait un lien avec la forme des fesses représentées par les deux ronds de flan.

« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.
« Alors là, j'en reste baba les gnaces ! Exactement comme une paire de ronds de flan. » me disait une tronche de vin répondant au nom de Nicolas-Brion.
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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 06:00
Chronique d’Anaïs Ginori sur la vie d’un homme ordinaire Patrick le kiosquier de Charlie, sa Clio grise, la rue de Meaux, son chien Gabin et la C3 noire des frères Kouachi…

L’ironie du sort, le livre de Paul Guimard m’a toujours fasciné :

 

« Nantes, le 11 septembre 1943, juste avant 23 heures à proximité de la Kommandantur, Antoine Desvrières caché dans une porte cochère guette le passage du « lieutenant Werner » pour l’abattre. Celui-ci, Werner de Rompsay, un descendant de huguenots, est sur le point de terminer son enquête sur le réseau « Cornouaille ». Rue Monselet, Marie-Anne de Hauteclaire, fille du bâtonnier de Nantes, enceinte des œuvres d'Antoine, attend dans l’angoisse. Devant la Kommandantur, place Louis XVI. Le feldgendarm Helmut Eidemann essaie de faire démarrer le camion pour la patrouille de 23 heures Ainsi commence l’Ironie du sort de Paul Guimard : le destin de tous les protagonistes de l’histoire sera changé par le fait qu'Helmut Eidemann allume son moteur quelques secondes plus tôt ou plus tard. »

 

Patrick est kiosquier à Saint-Germain-des-Prés, « il aime la presse », son kiosque longtemps face à la librairie emblématique La Hune, aujourd’hui remplacé par une boutique Louis Vuitton, est sur le chemin des 2 Magots, du café de Flore et de mon grenier de livres l’Écume des Pages. En face il y a LippCabu déjeune parfois à « une table toujours réservée, près de la terrasse mais un peu en retrait du grand aquarium auquel seuls quelques privilégiés ont accès. ». Le kiosque de Patrick « fort de ses deux mille cinq cents titres… est le mieux achalandé de paris avec celui des Champs Élysées. « Georges Wolinski s’y sent chez lui, il habite sur le boulevard. » Grand lecteur de la presse le dessinateur est « l’un des rares clients à avoir son compte chez le marchand de journaux. Il paye tous ses achats en fin de mois. » Puis vient Cabu « Avec Wolinski, ils forment un couple atypique. L’un casanier, sortant peu le soir, l’autre mondain et plus fêtard. » Il paye Patrick puis « va s’asseoir au Flore, près du bar à gauche après de l’entrée. » Il prend son café en lisant son journal. « Il échange quelques mots avec Marc, un des garçons historiques du Flore. » Mais « la conférence de rédaction va commencer. Il paye son café et sort. Le sacristain de Saint-Germain l’aperçoit, courant sur les pavés devant l’église, vêtu de son duffle-coat, sacoche noire à la main. »

 

Comme chaque jour Patrick rentre chez lui, il compte une vingtaine de minutes avec sa vieille Clio grise. Ce jour-là, « au lieu de passer par la rue Bourret et l’avenue Secrétan, il s’engage sur le boulevard de la Villette jusqu’à la place du Colonel-Fabien. La station Esso y est l’une des moins chère de Paris. Au moment de payer, il découvre que le montant indiqué à la caisse est encore plus bas que le prix affiché. Une belle surprise. »

 

Ces lieux me sont familiers, j’y passe souvent à vélo pour aller à la rencontre de mes amies qui habitent le quartier. Ironie du sort !

 

Il écoute Radio Classique la vitre ouverte été comme hiver. « Au feu rouge, il entend soudain un bruit d’accrochage entre deux voitures derrière lui. Dans son rétroviseur, il aperçoit un véhicule noir qui accélère… » Il ne s’inquiète pas c’est si fréquent à Paris. Patrick « veut s’arrêter chez le boucher acheter à déjeuner. »

 

« Vert. Après le rond-point, Patrick prend la rue de Meaux… Il n’a pas encore enclenchée la troisième qu’il freine brusquement. Une C3 noire lui coupe la route… Chérif Kouachi (dont Patrick ignore tout, il n’est même pas au courant de la tuerie de Charlie) s’approche de sa Clio grise. Il n’est pas cagoulé. Il porte sa kalachnikov en bandoulière. La fenêtre de Patrick est ouverte. C’est son habitude, même l’hiver. « Descends, on a besoin de ta voiture. » Le type est calme, professionnel. Pas d’agitation ni d’insultes. La rue de Meaux est presque déserte. »

 

Voilà le début de l’histoire. Comme dans l’Ironie du sort « La vieille Clio vieille de quinze ans fait des caprices. » Elle cale. Patrick « se tient debout au milieu de la rue. Un éclair le traverse. Il n’était pas seul dans sa voiture. » Son chien, il prend le risque, il doit profiter de ce moment d’incertitude. Il ouvre la portière arrière. « Je récupère mon chien », articule-t-il rapidement. »

 

Le soir, avant de s’endormir, il pense à ce scénario ubuesque « Comment le kiosquier de Saint-Germain-des-Prés qui a vendu les journaux aux deux célèbres dessinateurs assassinés quelques heures après, est à son tour braqué par les deux mêmes terroristes. Le tout se déroulant en deux heures dans trois quartiers différents de Paris. Au cinéma, personne n’y aurait cru. »

 

 

L’auteur du livre, « le kiosquier de Charlie » Anaïs Ginori est franco-italienne, correspondante du journal La Repubblica est la petite-fille de Jacques Nobécourt, longtemps correspondant du Monde à Rome « L’Italie était la patrie de cœur de mon grand-père… Il cherchait à ce que l’on prenne l’Italie au sérieux sans pour autant trahir sa complexité. On sait qu’il est toujours plus facile de reproduire des clichés. »

 

« Rigueur, modération, précision, référence... Ces qualificatifs reviennent dans la bouche de ceux qui côtoyèrent Jacques Nobécourt, italianiste et vaticaniste, correspondant du Monde à Rome et au Vatican de 1965 à 1974. » écrivait la Croix en mai 2011 au moment de sa mort. 

 

Selon l’écrivain et journaliste Jean-Claude Guillebaud : « c’était quelqu’un d’à la fois très cultivé et un peu sombre. Son retour de Rome a été très difficile pour lui qui n’était plus habitué au journalisme de « desk ». A cette époque, il était l’une des cinq grandes signatures, avec Robert Guillain pour le Japon et Éric Rouleau pour le Proche Orient. Son travail d’historien aussi est à retenir. »

 

Ces grandes signatures j’en faisais mon miel, et Jacques Nobécourt évoque pour moi un temps d’une presse de haute lignée.

 

Comme l’écrivent les Inrocks « Le livre d’Anaïs Ginori détonne. Pas d’explication sociologique, d’enquête sur le profil des terroristes ou de luttes sur l’héritage de Charlie Hebdo ; à travers Patrick le kiosquier, la journaliste a voulu prendre le contre-pied des livres d’ « experts ». Le résultat est probant, juste sans en faire trop, à l’heure où les commémorations se multiplient et où la crainte du sensationnalisme se fait sentir.

 

Surtout, outre les attentats, outre Patrick, Anaïs Ginori nous raconte une belle et émouvante histoire de la presse papier. »

 

« Le Kiosquier de Charlie est également une magnifique déclaration d'amour à la presse papier et à ceux qui la font. De la rédaction de Charlie à l'imprimerie de Dammartin-en-Goële, Anaïs Ginori parle « d'un fil de papier [qui] relie tous ces hommes, toutes ces victimes ». « En Italie, la presse papier souffre moins qu'ici », explique-t-elle après une année 2015 riche en actualité : « On a beaucoup parlé avec les autres correspondants étrangers à Paris et on a fait le constat que la France n'a jamais autant fait la une des journaux dans le monde qu'en 2015.

 

Anaïs Ginori, 40 ans, elle, veut encore croire à l'avenir du papier, même pense-t-elle, "écrire pour la presse est une contradiction : le caractère figé de l'écrit et du papier s'oppose à la précipitation d'un quotidien et au fil toujours plus rapide de l'actualité à l'ère du numérique. C'est une escale en pleine course. »

 

Cyril Petit - leJDD.fr samedi 02 janvier 2016.

 

Et puis bien sûr il y a Patrick, « fils de deux employés de la RATP » qui n’a pas grandi dans une famille d’intellos… à quatorze ans, il avait quitté l’école… il a fait plein de petits boulots… à trente ans Patrick de retrouve au chômage alors qu’il venait de se séparer de sa première femme… et puis un soir alors qu’il dînait chez sa sœur coup de foudre et le début d’une longue histoire… Sa fiancée était fille de kiosquière. Le métier l’intéressait…

 

Voilà, c’est ainsi que je me suis rendu au bar le 61, pas très loin de la rue de Meaux, Anaïs Ginori y dédicaçait son livre et j’ai pu saluer Patrick et son épouse.

 

 

Bien sûr, rentré chez moi, j’ai lu ce livre avec grand intérêt, il est empli d’une humanité simple et sensible, à la bonne distance Anaïs Ginori aime les gens, ceux que chez moi on appelait les gens de peu. Son pas de côté, comme elle dit, son enquête sur des détails moins connus, sa mise en perspective des événements de manière différente, font de ce livre, sobrement écrit, bien construit de la belle ouvrage comme je l’aime.

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 06:00
Comme 1 vache normande n’y retrouverait plus son veau je demande à l’INAO de procéder à la louche au classement en Grand Cru des calendos au lait cru de Normandie

Nonobstant :

 

  1. Que j’adore le camembert fermier au lait cru bien coulant ;

2. Que l’INAO aime parrainer les beaux classements avec critères aux petits oignons ;

3. Que le camembert est, avec le kil de rouge et la baguette de pain, l’emblème de notre identité nationale ;

 

4. Que le calendos peut être produit par monts et par vaux de Oulan-Bator jusqu’à Bamako en passant par La Mothe-Beuvron ;

 

5. Que le chevalier blanc Périco Légasse a fait don de son corps à la France et à la cause du lait cru ;

 

6. Que Jean-Luc Thunevin, notre sémillant garagiste de Saint-Émilion, grand amateur de camembert a décidé de les noter sur 100 comme le grand Bob Parker le fait avec ses vins ;

 

Après langoustines et poularde de bresse voilà un vrai camembert noté 100 / 100

 

 

7. Que le cahier des charges pourrait largement s’inspirer de la technique du Sapeur Camember, «… et la terre du trou ?

— Que vous êtes donc plus herméfitiquement bouché qu’une bouteille de limonade, sapeur ! Creusez un autre trou ! — C’est vrai ! » approuve Camember.

 

8. Qu’une vache normande n’y retrouve plus son veau entre les plâtreux de la GD et les mous des rares fermiers ;

 

9. Qu’il est très louche de mentionner « moulé à la louche » alors que c’est R2 D2 qu’y s’y colle pour le plus grand bénéfice de la productivité ;

 

10. Que l’on pourrait inclure dans les critères de classement l’adage populaire « le beurre, l’argent du beurre, et le sourire de la crémière… » en l’adaptant au temps moderne et en veillant bien de moduler le nombre de points en fonction de la longueur de la jupe de la crémière ;

 

11. Que le tribunal administratif de Caen, tout comme celui de Rouen, seraient enfin compétents pour juger de l'extension du domaine des m2 des parkings des usines élément déterminant de la notoriété d'un Grand Cru ;

 

12. Que notre Laurent, qu’a été normand du côté du Grand-Quevilly, pourrait inviter au Quai d’Orsay les membres de la commission pour les initier à la dégustation à l’aveugle des plus belles pièces ;

 

13. Que la commission de classement pourrait être présidée par le célèbre philosophe bas-normand Michel Onfray qu’a des avis sur tout ;

 

14. Que le calendos au Calvados hors d’âge pourrait ainsi accéder à l’appellation Grand Cru classé A ;

 

15. Que le sacristain des célèbres cloches de Corneville pourrait enfin se pacser avec celui du célèbre carillon multilingues de Saint-Émilion ;

16. Que cette classification mettrait en valeur l’auteur du discours de Bayeux qui avait affirmé avant le débarquement en Normandie qu’ « Un pays qui produit plus de 365 sortes de fromages ne peut pas perdre la guerre ! »

17. Que ça ferait plaisir à Michael Steinberger, critique gastronomique pour le New York Times et le Financial Times et auteur de La Cuisine française, un chef-d’œuvre en péril chez Fayard qui a écrit un chapitre entier sur le camembert au lait cru, pour raconter la colère au Japon et aux Etats-Unis quand il a été question de le supprimer.

 

18. Que l’inusable et insubmersible normand Michel Drucker pourrait, avec Mylène Farmer, faire partie de la commission de classement et FOG aussi ;

 

19. Que Gérard Blanchard, pourrait ainsi « revoir sa Normandie » ;

20. Que les mannes de Bouvard et Pécuchet pourraient largement inspirer les auteurs du futur décret de classement ;

21. Que la Rouletabille des classements en tout genre, Isabelle Saporta, me dit-on aimerait se pencher sur ce beau cas ;

 

22. Que l’avenir du petit peuple des BOF en dépend ;

 

Je fais requête express auprès du Ministre de l’Agriculture, tuteur de notre grande et belle patrie des fromages AOC, pour qu’il mette ses plus fins limiers de l’INAO au boulot afin qu’ils nous mijotassent, avec bien sûr le truchement de la plume de L'Association de Défense et de Gestion de l'AOC* Camembert de Normandie un beau cahier des charges de classement en Grand Cru des camemberts au lait cru… fait à cœur bien entendu !

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