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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 09:55

" Plus petite conne que moi, tu meurs ! Je n'étais jamais sorti de mon trou et la perspective d'entreprendre un aussi long voyage, qui plus est de me rendre dans un pays étranger pour séjourner dans une clinique de riches, me ravissait. Je m'agitais comme une puce sous le regard indifférent de ma mère. Mon gendarme, en plus d'affronter un paquet d'emmerdements, j'étais mineure, se révéla un type d'une rare efficacité. Nous forniquions comme des morts de faim. Les derniers jours avant mon départ il venait même passer la nuit à la maison. Sans vouloir médire je crois qu'il en prenait pour son argent car ma petite virée helvétique lui coûta un max. Tout ça pour tirer des coups avec une petite écervelée. Tu sais Benoît les mecs pour leur bite ils sont capables de faire les pires conneries. Pour les piéger ya qu'à leur faire ce que leurs femmes refusent de faire. Mon militaire, lui, c'était différent, il aimait ça comme certains aiment le bon vin. Je ne sais pas ce qu'il me trouvait mais il était insasiable. Si je sais, mes seins, il leur vouait un tel culte que jamais depuis je n'ai retrouvé un type capable de me faire jouir seulement en me caressant les seins. D'ailleurs, je devrais dire que la vie que j'ai mené depuis ne m'a guère donné l'occasion de prendre mon pied.

Je jouais donc les stars. L'extraordinaire entrait enfin dans ma petite vie. Ma mère, face à un tel capital de stupidité, baissait les bras. Elle préparait même du café pour mon militaire. Je suis sûre qu'après mon départ ce foutu étalon s'est envoyé ma mère. Si je dis ça c'est qu'avant mon départ elle se pomponnait de nouveau. D'ailleurs je crois bien qu'ils ont commencé avant. Fraîche et pimpante maman est venue me conduire à Nantes. Dans le train plein de types m'ont dragué. Je ne leur ai prêté aucune attention. Dans le train de nuit Lyon-Genève un beau monsieur qui sentait le vétyver m'a maté une heure durant puis, sans rien dire, il s'est levé. Je l'ai suivi. Dans la pénombre du couloir il m'a pressé contre la vitre et ses belles mains sont allées sous ma jupe. Avec une infinie douceur il m'a fait pivoter. Ses caresses m'ont fait ouvrir plus encore. Humide je l'attendais. A ma grande surprise il me prenait par là où jamais mon gendarme n'avait osé me prendre. Je poussais un léger cri. Son va et vient rytmé m'obligeait à me mordre les lèvres pour ne pas laisser libre cours à mon plaisir. Lorsqu'il se retira je sentis la caresse rèche du papier sur ma poitrine. Dans les toilettes où je me libérais de ses oeuvres, je découvris avec stupeur que ces quelques minutes me rapportaient un beau billet de 200 Francs. Dans le compartiment dans ma petite d'oiseau je commençais de soupeser les avantages que je pourrais tirer de ma valeur marchande. 

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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 00:01

 

Comme beaucoup d'entre vous me suivent depuis les origines de ce blog ils savent, qu'au temps de mes culottes courtes, j'ai occupé les éminentes fonctions d'enfant de choeur à la paroisse St Jacques le majeur de la Mothe-Achard auprès du curé-doyen Bailly. J'ai donc servi la messe, en latin, en soutane rouge ou noire pour les sépultures et surplis empesé, celle du petit matin comme la grande du dimanche, officié aux Vêpres du dimanche après-midi, suivi les chemins de croix de la Semaine Sainte, assuré les processions des Rogations et de la Fête Dieu, officié aux mariages, baptêmes et enterrements, suivi le curé pour les derniers sacrements, lavé les pieds le jeudi saint, porté la croix ou les bougeoirs, agité l'enscensoir, porté le seau du goupillon, sonné la clochette et bien sûr présenté les burettes au curé. Un boulot pris certes sur le temps de loisirs mais aussi sur les heures d'école. J'y reviendrai plus loin mais, comme ce qui m'amène ce matin à égrener mes souvenirs d'eau bénite ce sont les burettes, un petit mot sur le vin de messe.


La sacristie sentait l'anti-mites. Nous, les enfants de choeurs, étions parqués dans une antichambre qui, elle, empestait le jus de chaussette car nous portions des savates avec semelle de feutre. Le service du curé était assuré par soeur Marthe (mon premier amour platonique) Pendant que nous boutonnions l'enfilade de petits boutons de nos soutanes elle préparait les ornements à la bonne couleur, le ciboire, la patère et bien sûr elle remplissait les burettes. Celles-ci se trouvaient placées dans un placard d'angle. Tout le jeu des enfants de choeur consistait à arriver en avance pour aller fouiner dans le placard aux burettes où se trouvait bien sûr la bouteille de vin. Les plus vantards racontaient qu'ils avaient osé s'en siffler une gorgée au goulôt. Moi, jamais, non par crainte du péché - c'en n'en était pas un d'ailleurs car le jaja n'avait pas subi la transmutation - mais parce que mon esprit déjà critique trouvait un peu fort de café que ce vin fut blanc. Bien sûr, si lors de la consécration le liquide avait pris une couleur vermillon mes doutes auraient été levé. La seule trangression que je me permis fut de le sentir. Il avait une odeur doucâtre qui n'engageait guère aux libations. Lorsque je présentais d'abord la burette de vin au curé celui-ci la vidait intégralement dans le ciboire, pour celle contenant l'eau il se contentait d'une larme. Ma sainte mère qui voulait faire de moi un prêtre n'a jamais su que l'histoire du vin de messe pesa aussi dans mon choix de ne pas embrasser un sacerdoce où le sang du Christ n'était qui liquide blanc jaunasse. Mais la raison profonde était ailleurs.


Alors, comme je suis ce matin en veine de confidences, je vais vous l'avouer. Ce que j'adorais par dessus tout dans mes fonctions d'enfant de choeur c'était la distribution de la communion. En ces temps reculés les paroissiens venaient s'agenouiller à la sainte-table et je précédais le curé, tenant dans ma main un petit plateau en métal doré que je plaçais sous le menton juste avant que le curé n'enfourna l'ostie ou plus exactement la plaça sur la langue tirée. Pourquoi diable ce plaisir ? Tout simplement parce qu'ainsi je pouvais contempler à souhait les beautés de la paroisse, leurs toilettes, leurs audaces parfois : certaines au lieu de baisser les paupières plantaient leurs yeux dans les miens, leurs lèvres faites - suprême audace - leurs mains jointes emmitouflées dans des gants de dentelles où pour certaines flamboyaient des ongles peints - provocation ultime - , j'ose : leurs poitrines si proches, leur façon de quitter la sainte-table sur leurs talons hauts en balançant leurs hanches et en roulant des fesses. Rien que pour ces pensées impies on aurait du m'excommunier sur le champs. Mais nul ne pouvait soupçonner mes jouissances intimes sauf qu'un jour, las de la pression d'un recruteur de l'Evêché, à sa question sur les raisons de mes attermoiements je lui répondis droit dans les yeux : " j'aime trop les femmes..." ce qui le laissa sans voix de la part d'un moutard de 10 ans de la Vendée profonde.   

    

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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 00:15
 

" Le plus grand sommet de l'Histoire s'est tenu à l'hôtel Sands fin 1959. L'enseigne, dehors, portait le nom de Franck, mais la scène était à ce point bondée qu'on voyait à peine qui faisait son numéro, où commençait le public et où finissait la scène. Le Clan était au complet. Le jour, ils tournaient leurs films, le soir, ils donnaient deux représentations. il y avait  des grands noms dans tous les coins. Les stars descendaient de la scène pour s'asseoir à une table et d'autres couraient les remplacer en emportant leur verre. Frank était au milieu d'une ballade quand Dean arrivait en titubant sur scène, jouant l'ivrogne. Sammy bondissait en prenant la voix de Jerry Lewis, " Dean, Dean, j'ai fait un boo boo ", et ils s'écroulaient de rire. Joey Bishop, sur le côté, les harcelait, tandis que Berle et Rickles les arrosaient de la piste. Lawford restait parfaitement impassible, débonnaire, contemplant cette folie d'un oeil faussement incrédule. Rien ne le déridait, sauf quand Sammy s'envolait sur scène, claquant des pieds et des doigts sur un air imaginaire. Il jouait à cirer les chaussures de Franck, et Lawford finissait par craquer. Le public hurlait, même quand les gags étaient à ce point pour initiés qu'ils ne pigeaient rien. De la route 91, dit-on, quand on passait en voiture, on entendait des rafales de rires, et nul ne riait plus fort ni ne semblait s'amuser autant que l'ami de Franck, son invité personnel, le Sénateur.
La pomme n'est pas tombée loin de l'arbre. Conçu dans l'ombre, il était le plus réussi des nombreux investissements réussis de son père, et de loin le plus attirant. Depuis qu'il était tout gosse il aimait prendre du bon temps et savait où, quand et comment le trouver, mais pas toujours avec qui. Ce qui n'était pas grave. Rien ne sied tant à un homme sérieux qu'un esprit ludique bien développé.
Il adorait ses brefs passage à Las Vegas, et pas seulement parce que c'était très loin de ses électeurs. De toutes les stars, c'était le plus grand fan des stars (et il l'est resté, même quand il est devenu l'homme le plus célèbre du monde). Ses amis de Las Vegas arrangeaient tout à sa convenance, veillant surtout à ce qu'on respecte son intimité, et il a toujours été heureux de s'y retrouver [...]


On était instantanément charmé par sa façon de parler, à la fois élégante, énergique et timide, et par son sourire, qui signifiait n'importe quoi mais sûrement quelque chose. Dans une pareille absence de cérémonie, il pouvait se laisser aller, se détendre, mêler les affaires au plaisir avec l'aisance et le sérieux d'un jeune homme brillant, ambitieux sans honte aucune, s'attirant des amis et faisant probablement des promesses qu'il ne pourrait pas tenir très longtemps, en tout cas pas ouvertement. Parce que son petit frère, déjà, lui tournait autour comme une mangouste sous benzédrine, surveillant tout, n'oubliant rien, décortiquant ses relations jusqu'à l'os pour savoir exactement qui était l'ami de qui, qui soutenir, qui enfoncer, qui éliminer entièrement. Le terrain de jeux de l'aîné était le cauchemar de son cadet. Mais l'ambiance était tonique. L'inspiration de la Nouvelle Frontière est peut-être venue plutôt du Sands que des rochers du Massachusetts ou des rêveries à la fenêtre de son bureau, devant le mémorial de Jefferson [...]

extraits de LAS VEGAS THE BIG ROOM de Guy Peellaert et Michael Herr Albin Michel 1986

Franck c'est bien évidemment Franck Sinatra ; Dean, Dean Martin ; et Sammy, Sammy Davis Junior... Et le petit frère de John, c'est Bobby...

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 00:01
La scène se passe dans un bouge Chez Evelyn qui  " éveillait chez certains visiteurs la nostalgie de Greenwich Village perdu ". Corrine, mère de famille, épouse de Russell éditeur - ils vivent dans un loft à TriBeCa - souhaite adapter " le Fond du Problème ", le roman de Graham Greene, au cinéma. Elle a rendez-vous Chez Evelyn pour en discuter avec un metteur en scène célèbre : Cody. Pour comprendre le dialogue il faut se souvenir que dans " Le fond du Problème ", un homme : Scobie est écartelé entre deux femmes, son épouse " une asticoteuse et une casse-pieds de première " et une jeune fille. Dernier détail, nous sommes à la veille du 11 septembre 2001 à New-York. Bref, bonne lecture, c'est aussi de notre divin nectar dont on parle... 
" - Pourquoi la plupart des hommes sont-ils infidèles ? demanda-t-elle. Je voudrais bien savoir.
- Pourquoi tu me demandes ça, à moi ?
- Parce que tu es un observateur particulièrement perspicace de la sensibilité humaine. Et parce que tu es un homme.
- C'est que nous sommes attirés par l'inconnu.
- Les chattes inconnues.
- Si tu veux. Parce que les hommes sont romantiques. Scobie ne l'est pas. C'est un réaliste. Ne ris pas. Tu crois que je plaisante ?
- C'est quoi ta définition du romantisme ?
- Les attentes irréalistes. Un désir d'infini. La déception causée par le réel. le réel étant le familier. Le corps d'une femme avec laquelle on a déjà couché. Lorsqu'on baise une inconnue, on explore le vide à la recherche du sens.
- Oh, pitié.
- Tu admettras, j'en suis sûr, que les femmes sont plus réalistes que les hommes. Je te donne un exemple. Là, maintenant, j'ai très envie d'une bouteille de Bourgogne. Il y a longtemps, dans les années, oh, disons, en 93, j'ai bu une bouteille de La Tâche 71, et je n'ai eu de cesse, depuis, de retrouver cette félicité. J'ai descendu des dizaines non, centaines de bouteilles du même genre durant la dernière décennie, et j'ai déboursé des milliers et des milliers de dollars pour ce privilège, et non seulement je n'ai jamais retrouvé la splendeur de cette expérience, la plupart des nectars étant en fait du tord-boyaux - clair, amer, sans générosité, l'équivalent oenologique du portrait que Greene nous livre de ce vieux pruneau de Louise - mais en plus, chaque fois que je me plonge dans une carte de vins, je commande un Bourgogne, dans l'espopir de triompher de la dernière expérience malheureuse, toujours à la recherche de cette extase originelle et peut-être illusoire de ce La Tâche 71.
- Je vois exactement ce que tu veux dire, fit Corrine. La dernière fois que Russell m'a demandé comment je me sentais remonte à 1993, mais je n'arrête pas d'essayer de lui parler depuis, dans l'espoir de retrouver la splendeur de cette expérience.
- Et si on commandait une bouteille de vin ? dit-il.
- C'est, je crois, la dernière chose dont j'aie besoin.
Elle regarda sa montre.
- J'ai deux enfants à la maison. Je dois me lever à sept heures.
- Ne te cache pas derrière tes devoirs maternels.
Essayant d'attirer l'attention d'une serveuse, il agita les bras au-dessus de sa tête.
Au cours de cette soirée, elle avait déjà bu plus que de raison, mais cela ne lui déplaisait pas, en partie parce qu'elle était ivre. Et combien d'occasions avait-on dans la vie de se saouler la gueule avec une légende vivante ? D'un autre côté, elle n'avait pas envie d'être grise au point de se retrouver dans une situation scabreuse. "

in La Belle vie de Jay McInerney éditions de l'Olivier 2007

 

 

 Je rêve, cher François, qu'un jour, pour service rendu à la viticulture française, je puisse tremper mes lèvres dans ce nectar divin...

 

 

 

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 00:14

Le Monoprix de la rue Daviel, dans le 13 ième arrondissement de Paris, niché dans la laideur d'une grosse cité HLM, pour sa partie alimentaire, s'incruste sous une dalle de béton. L'ensemble immobilier, dans lequel on trouve donnant sur un jardin rénové, le théâtre de l'arrondissement, devrait valoir à ses concepteurs le brevet du Mépris. C'est une grosse Merde, un furoncle, une honte. De temps en temps j'y fait mes courses. Alors, tout normalement dans la lignée de mes chroniques : vins au mètre, je me dois d'y planter mon observatoire. Avant d'attaquer, une remarque préalable : pourra-t-on un jour m'expliquer pourquoi lorsque le gérant change, et à Monop Daviel y change souvent - c'est sans doute la Sibérie pour les chefs de Monoprix - le nouvel arrivant se fait un malin plaisir de tout chambouler : c'est le bordel, on retouve le PQ à la place des sardines et les cornichons trônent en lieu et place de la langue de boeuf sauce Madère.

J'y suis allé dans le creux du déjeuner, pas un chat, les caissières papotent car le chef est sans doute parti bouffer. Comme toujours je décide d'innover sans déroger à ma méthode hautement scientifique. Je vais au cul du rayon des AOC là où sont assemblés, face aux fromages à la coupe, les bataillons des réprouvés. Les demi-soldes des vins de pays. Rien que des petits gars du Sud, des courageux, des propres sur eux, bien habillés. Je laisse de côté les BIP, les demi-bouteilles et les produits maisons pour me consacrer à des vins alignés tout en haut du rayon et qui portent des noms. Toujours de gauche à droite :
- Jaja de Jau 2005 Syrah-Grenache 3,30 euros et rosé Syrah 3,60 euros;
- JP Chenet 2005 rosé Cinsault-Grenache 2,65 euros, rouge Cabernet-Syrah 2005 2,71 euros;
- Chamarré Sélection 2005 rouge Cabernet Sauvignon 3,70 euros, rouge Syrah-Merlot 3,70 euros, blanc Colombard-Sauvignon 3,70 euros;
- Cazes le Canon du Maréchal 2005 blanc Muscat-Viognier 5,50 euros, Syrah-Merlot 5,55 euros;
- Chamarré réserve spéciale 2005 décliné en rouge, blanc, rosé : 4,50 euros;
- Fruité Catalan rouge 2005 3,50 euros;
- La lignée des Côteaux de l'Ardèche : Pinot noir 2004 3,50 euros, Cabernet Sauvignon 2005 2,35 euros, Merlot 2,39 euros, Chardonnay 3,25 euros.
Tous sont des vins de pays d'Oc sauf les Ardéchois qui sont des vins de pays des Côteaux de l'Ardèche et les Chamarré Sélection qui sont des Vin de Table et le Catalan qui est une AOC Côtes du Roussillon. Mais aucun n'affiche la référence à Vin de Pays d'Oc sur l'étiquette commerciale (keske ça veut dire ?) seul les Ardéchois coeurs fidèles de Denis arborent leurs origines.

Que dire ?
- que l'actuel leader à l'exportation JP Chenet est moins bien représenté, en références, que celui qui ambitionne de le devenir, Chamarré.
- que la notoriété donne un coup de pouce au prix pour le Cazes,
- que le blend de Chamarré est je suppose un futur Vignobles de France,
- que le facing de la marque est privilégié : l'ensemble des couleurs, par marque, est présenté côte à côte,
- qu'on est très bi sur ce rayon,
- que dans la bataille des papillons, pour le prix, ce n'est pas l'ennobli, le vin de terroir qui tire son épingle du jeu, mais le vugaire wine table de France,
- qu'avec un petit effort de mise en avant, de meilleure segmentation du rayon, on pourrait un tout petit peu aider le consommateur à mieux connaître ces produits dont le rapport qualité/prix me semble bon.
- que moi j'ai un faible pour le Jaja de Jau, comme dirait Jack L : quelle belle marque ! A droite, c'est la canette, elle en jette grave !

Comme je suis bon prince, jfais de la pub pour le pti dernier kade grandezambitions zinternationales : www.chamarre.fr et je vous présente quelques flacons zan expozition zo Monop Daviel kézune têtepont pour la Chine vuke danle trézième céplinde chinois... jchui zen moi...

      

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 00:00

Mon samedi s'est écoulé sans le moindre petit coup de téléphone d'un candidat, peut-être ont-ils eu peur d'enfreindre la loi ou tout bêtement ma voix ne les intéresse pas. J'imaginais Gérard Schivardi - dont les sondeurs disent qu'aucun sondé n'a jamais prononcé le nom - alerté par un lecteur audois, m'appelant. Dimanche, il est 7 heures et quart et je viens de me lever. Un dimanche d'élections ensoleillé, au bas de chez moi seul le métro aérien trouble le silence matinal, les parisiens dorment encore. Petit déjeuner, sur France Inter une rétrospective sur la guerre des Malouines, Margaret Thatcher, une faible et douce femme au pouvoir. Départ à vélo pour ma gym matinale, les rues sont vides, au Sélect, en terrasse, deux vieux beaux sirotent leur premier verre. Au retour, ils y sont encore. Dire que Chabalier habite tout près. Chez le boucher pas un chat. L'arpète se fait engueuler parce que sa chemise n'est pas nette. Dans la contre-allée du Bd St Jacques je croise une troupe de petits scouts de France. A onze heures : la participation aux Antilles et en Guyane est plus importante qu'en 2002. Déjeuner sur la terrasse, à 13 heures dix points de plus qu'en 2002 pour la métropole. Départ vers 12 heures 30 pour la brocante de l'avenue Félix Faure. Rien d'intéressant, je bois une bière en terrasse en pensant à Félix Faure qui connut une fin extatique au Palais de l'Elysées. Clémenceau, toujours aussi féroce, dit de lui " il voulait être César, il ne fut que Pompée. " Mes voisines de terrasse discutent de leurs toilettes pour le mariage de l'une d'elle qui dit avoir voté pour Ségo. Marché aux fleurs, glaces Berthillon dans la Cité après une queue type URSS mais avec plein d'américains dedans. Retour at home.

A 17 heures 73,87 % de participation, les urnes chauffent. Moi je suis connecté sur la Confédération Helvétique, les premières estimations tombent à 18 heures 35 sur le site du journal Le Temps : N.Sarkozy 26-30%, S.Royal 23-27%, F.Bayrou 16-20%, JM Le Pen 11-14%. Et puis les estimations pleuvent comme à Gravelotte. A 19 heures je pars voter. Le bureau n°48 est vide. L'isoloir. La petite enveloppe bleue dans l'urne transparente. A voté ! Sur le chemin du retour je pense que la soirée électorale va être insipide. C'est le cas. Les participants corsetés dans des discours décidés d'en haut débitent des propos convenus. Sur la 2 ils ont même ressorti Tapie ki koze mieukekikonk lalang kafé du kommerce. Les journalistes touillent, enfermés eux aussi dans leurs figures imposées. Bien sûr les sondeurs continuent leur oeuvre, on se demande s'il est bien utile qu'il y ait un second tour. Les français se sont mobilisés comme jamais sous la V ième République, j'ai peur que le débat ne soit pas à la hauteur des enjeux. Que nous réservent les quinze jours qui viennent ? Comme d'habitude un combat bloc contre bloc sans grande nuance. C'est la loi d'un scrutin qui sélectionne deux candidats pour l'emballage final. Bien évidemment, sur ce blog, je me garderai bien de vous faire part de mes analyses. Comme vous, le 6 mai je me contenterai de voter.

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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 00:02

Ma mère, à qui je refusais obstinément de révéler le nom du père, voulait me confier à une faiseuse d'anges de Nantes. Pour me rassurer, se déculpabiliser aussi, elle osait affirmer que c'était une femme sérieuse, une vraie professionnelle qui avait pratiqué son art avec un gynécologue. Je cranais. " T'as été une bonne cliente ! " En retour je recevais la première paire de claques de ma vie. Sous le feu je la traitais de putain. Elle ne cillait pas, sa bouche devenait mauvaise, je la sentais touchée au plus profond. Le sourire las de mon père me retenait de lui balancer des horreurs sur sa part dans sa fin tragique. Affrontant mon regard ironique elle le lisait dans mes pensées. Ses mains se tordaient. " Que sais-tu de ton père ? " La question me prenait de court. Je me sentais toute petite, démunie. Ma mère hésitait. Il fallait que je sache. " Dis-le moi ! " Notre face à face l'empêchait de se dérober. " Après tout, il vaut mieux que tu le saches, ça te permettra peut-être de devenir adulte... " Mon coeur se levait, souffle court je m'attendais au pire. Et ce le fut. Mon père n'aimait que les garçons, les petits. Ma mère parlait de cet homme, soudain jeté à bas de son piédestal, avec tendresse. La douleur venait de changer de camp.

Les jours suivants furent de plomb. Ma petite tête d'oiseau oscillait entre l'envie de porter cet enfant venu se nicher dans mon ventre sans que je le souhaite et une rage meurtrière me poussant à aller trancher le sexe de mon amant. Pas une larme ne sortait de mes yeux, ma sécheresse m'étonnait, me terrorisait. J'aurais aimé fondre. Me réfugier dans les bras de maman. Toutes les deux nous ne savions pas comment trouver une plage de compréhension. Moi, bravache, je campais sur mon statut tout neuf de future mère. Je me voyais déjà donnant le sein à cet enfant à moi, rien qu'à moi, sans père. Désabusée ma mère se contentait de me répondre qu'elle respecterait mon choix mais qu'il me faudrait me mettre au travail pour l'assumer. L'argument pesait de tout son poids. Comme mes affaires scolaires végétaient dans le marais de ma paresse et, qu'au mieux, elles me conduisaient tout droit à finir comme couturière dans une usine du coin, ma fibre maternelle se refroidissait. Mon salut vint de mon beau militaire. Lorsque je lui annonçai la nouvelle, après un coït violent dans la paille d'une grange, il se montra à la hauteur de l'évènement. Tendre il s'enquit d'abord de ma santé, puis, jugulaire, jugulaire, il m'assura qu'il assumerait toute sa responsabilité. Il tint parole. Quinze jours plus tard je partais par le Nantes-Lyon-Genève rejoindre une clinique suisse huppée.

Et pendant ce temps là, à Paris, nous sommes en plein potage car la machine à remonter le temps s'est mise en route subrepticement, constatez-le par vous-même sur la photo ci-dessous :

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 00:04

J'ai recueilli ce titre sur un mur de Paris, je lui trouve des accents soixante-huitard. Ceux qui me suivent sur mon espace de liberté savent que j'avais 20 ans en mai 1968 et que, contrairement à Paul Nizan dans Aden Arabie, aujourd'hui je n'écrirai pas " J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie " De ce temps je ne suis ni fier, ni repentant, il reste pour moi le moment où la société française, sa jeunesse tout particulièrement, dans l'un de ses spasmes violents dont elle a le secret, explosaient les coutures d'un habit trop étroit. La société de consommation avait besoin qu'on brise les tabous pour prospérer, nous l'avons fait. Que voulez-vous, il faut que jeunesse se passe, et la nôtre fut celle qui osait écrire " nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui." C'est vrai que nous n'étions guère préoccupés par nos retraites, nous étions des enfants de la Paix et, tout au fond de nous, sous notre couche de connerie verbale, la certitude d'un monde meilleur ne souffrait d'aucun doute.

Fort bien me direz-vous mais les souvenirs d'un ancien combattant de 68 on s'en bat l'oeil ! J'en conviens. Ceci concédé, si j'évoque ce temps c'est pour rappeler aux jeunes gens, filles et garçons qui vont voter pour la première fois, que le grand jeune homme que j'étais, qui bouclait sa 3 ième année de licence en Droit, a vécu trois évènements électoraux d'importance, en spectateur. Tant mieux diront les grincheux - mais y-a-t-il des grincheux parmi mes lecteurs - ça faisait un petit con de moins dans le corps électoral. Vu comme ça on aurait pu rétablir le suffrage censitaire. Bref, j'étais encore un mineur, sans droits civiques. Pour mémoire je rappelle les 3 évènements électoraux :

- la marée gaulliste des élections législatives des 23 et 30 juin 1968 : UDR (gaullistes)= 293 élus, RI (Giscardiens)= 61 élus, FGDS(socialistes et radicaux) = 57 élus, PC = 36 élus, PDM (Lecanuet)= 33 élus, NI = 9 élus.
- le congédiement du Général de Gaulle par la victoire du Non au référendum du 28 avril 1969 qui, à 0 h 11 fait publier de Colombey le communiqué suivant : " je cesse d'exercer mes fonctions de Président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi."
- l'élection de Georges Pompidou à la Présidence de la République le 15 juin 1969 contre la baudruche Poher.
au 1er Tour derrière Pompidou : Poher 23,21%, Duclos 21,27%, Deferre 5,01%, Rocard 3,61%, Ducatel 1, 30% et Krivine 1,06%

En 1968, nous étions dans la rue mais pas dans les urnes. Pour le vidage peu glorieux du Général, l'apport de la France moisie et revancharde a fait la différence. Pas nous ! Enfin, pour l'élection de Pompidou quelques remarques : avec le pâtissier rondouillard et madré de Jacques Duclos les ex-stal du PCF faisaient leur meilleur score - pôvre Marie-Georges - et surtout étaient à deux doigts d'être au 2ème tour. Dans quelle galère s'était fourré PMF avec Gastounet ? C'est la seule fois où Rocard s'est présenté et je n'ai pas pu voter pour lui - heureusement mémé Marie qui prenait ses consignes de vote auprès de son petit fils préféré l'a fait pour moi. Enfin, l'inconnu Ducatel faisait mieux que Krivine : il vrai que les troskos n'étaient pas alors branché people, polo noir et belle gueule...

Bon, jeunes gens*, profitez de ce droit acquis de haute lutte, les filles ont du attendre 1945 pour l'exercer, allez donc voter dimanche, ne restez pas spectateur ! Sachez que le but de l'opération n'est ni de se défouler, ni de se faire plaisir mais de doter notre vieux pays d'un Président ou d'une Présidente de la République ki n'inaugure pas lé krisanthèmes, ça vaut le coup de réfléchir avant d'aller faire un petit tour dans l'isoloir et de glisser son bulletin dans l'enveloppe...

* les plus tout à fait jeunes comme moi, au lieu de râler ou de refaire le monde au café du commerce, irons tôt le matin, après la messe pour certaines, suite à la sieste pour d'autres, juste avant la clôture du scrutin pour les hésitants, voter. Ceux d'entre vous qui auraient cru déceler dans mes écrits mon inclination se trompent, pour ce scrutin j'ai décidé d'intégrer le groupe des indécis jusqu'au bout car on me dit, ça et là, que ce sont eux qui font la différence...Après tout si un candidat ou ate souhaite me convaincre qu'il ou elle m'appelle au 06 80 17 78 25, on ne sait jamais. SMS s'abstenir cépadejeu...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 00:02

Ce matin, bon prince, devant le désarroi de certains d'entre vous, je vous propose 5 critères nuls pour vous aidez à choisir celui ou celle pour lequel ou laquelle vous allez voter au premier tour de l'élection présidentielle. Ces critères sont historiques, basés sur nos 5 anciens présidents de la République. Bien évidemment, dans la mesure où ces critères sont nuls leur somme est égale à zéro, il ne m'est pas possible de vous préciser leur mode d'emploi. En conséquence, ma proposition est elle aussi d'une nullité patente donc elle est nulle et non avenue...

Critère n° 1 : position géographique du lieu de naissance, nord ou sud de la Loire.
Critère n° 2 : fumeur or not fumeur ?
Critère n° 3 : buveur or not buveur de vin ?
Critère n° 4 : âge lors de la prise de fonction
Critère n° 5 : prénom

De Gaulle :
- C1 = né le 22 novembre 1890 à Lille : nord de la Loire
- C2 = il fumait
- C3 = il buvait du vin
- C4 = élu au SU en décembre 1965 à l'âge de 75 ans
- C5 = Charles

 

Pompidou :
- C1 = né le 5 juillet 1911 à Montboudif : sud de la Loire
- C2 = il fumait
- C3 = il buvait du vin
- C4 = élu en juin 1969 à l'âge de 58 ans
- C5 = Georges

Giscard d'Estaing :
- C1 = né le 2 février 1926 à Coblence (RFA) : nord de la Loire
- C2 = a du fumer
- C3 = boit du vin
- C4 = élu en mai 1974 à l'âge de 48 ans
- C5 = Valery

Mitterrand :
- C1 = né le 26 octobre 1916 à Jarnac : sud de la Loire
- C2 = fumait
- C3 = buvait du vin
- C4 = élu en mai 1981 à l'âge de 64 ans
- C5 = François

Chirac :
- C1 = né le 29 novembre 1932 à Paris : nord de la Loire
- C2 = fumait
- C3 = boit du vin très occasionnellement
- C4 = élu en mai 1995 à l'âge de 62 ans
- C5 = Jacques.

Si ça vous amuse faites le même tableau pour les 12 candidats. Bonne journée...

Hier je me suis pris les pieds dans les Roy, confondant Jules avec Claude, merci à Jean-Michel lecteur attentif qui me l'a signalé et désolé pour Miren car moi dès qu'il s'agit de Roy, en bon vendéen, je perds les pédales. Bonne journée.

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 00:30

Permettez moi ce matin de vous offrir ce beau texte de Claude Roy pour dire que c'est le vivre ensemble sur le même territoire, dans la même rue, le même village, le même immeuble, la même école, la même entreprise, les mêmes cafés, les mêmes épiceries, les mêmes fêtes, les mêmes stades, les mêmes enterrements qui forge notre identité française, la noue, lui donne sa force et sa pérennité...

Les mêmes.

Nous n'avons pas besoin d'en dire davantage
gens du même pays parlent à demi-mot
Nos regards ont appris les mêmes paysages
Nous avons mêmes joies Nous avons même maux

Nous avons cheminé dans les mêmes parages
Goûté le même pain aimé le même vin
Nous nous sommes croisés dans les mêmes passages
Nous nous sommes cognés contre un même destion

Nous nous sommes mouillés dans les mêmes orages
Nous nous sommes traînés dans les mêmes chemins
Nous nous sommes rêvés dans les mêmes images
Ah nous sommes bien faits pour nous donner la main !

Hommes de mon pays voisins de mon village
nous aurons même lit lorsque nous serons morts
Nous n'avons pas besoin d'en dire davantage
et la même clarté nous fait un même sort.

Claude Roy in La France de Profil chez Apertures 1951

 Les photos sont de Paul Strand citoyen de New York City coauteur de l'ouvrage cité ci-dessus. Les deux portraits ci-dessous ont été pris à Gondeville en Charente... 

 

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