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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 00:18

Mon corps, baudruche vide, ma tête, outre gonflée, replongaient dans une torpeur molle. Les paroles de Sylvie glissaient sur moi sans laisser de trace. Tout m'était égal. Le sommeil m'envahissait. Je dormais. L'anse des Vieilles, elle partait si loin en une nage fluide, simple petit point perdu tout près de l'horizon, un noeud d'angoisse m'oppressait. Elle était aussi régulière qu'une horloge. Je l'enveloppais dans le drap de bain. Je la frictionnais. Toute ma peur se muait dans ce rituel en une allégresse monstrueuse. Partir, revenir, se retrouver... Là, dans ce rêve en cercle, je la voyais, si près, mais jamais elle ne m'atteignait. Je luttais de toutes mes forces pour inverser le cours du rêve, plein d'espoir. La brisure ne pouvait être définitive. Au coeur de la bataille, le rêve devenait la réalité. Pas de doute possible, c'était elle, à portée de mes bras. Il fallait que je tienne bon. Tout redevenait possible. Tout dépendait de moi. Notre destin je le tenais entre mes mains. Lutter ! Rester dans cette marge ! Surtout ne pas ouvrir les yeux. La rupture s'opérait, brutale. Je dégoulinais d'une sueur âcre. Marie avait disparue. Tout était en place, avec une régularité implacable, mes nuits, lorsque je parvenais à m'endormir, me précipitaient sur cette plage pour un combat perdu d'avance que je livrais avec le même espoir têtu qu'au premier jour.

Le fumet d'un bouillon de légumes redonnait à mes pensées noires un goût de vie quotienne ; manger, boire et dormir... Sylvie me présentait un bol sur un plateau  " essaie de boire ça. Je viens de le faire aux cuisines avec des légumes frais, ça te fera du bien..." Mes lèvres desséchées s'effritaient. Je me fichais pas mal de ce qui allait me faire du bien. Tel un gamin rétif je restais sans réaction. Sylvie me grondait. " Assez de chichis poivrôt d'opérette, faut que tu assumes ton nouveau statut..."
- Lequel ?
Je m'étais remis sur mon céans.
- Depuis hier au soir t'es mon homme...
- Tu délires !
- Pour le petit monde d'ici je suis en mains.
- J'en ai rien à foutre de ton petit monde...
- Tu veux être flic, je crois. T'as beaucoup à apprendre mon grand !
- D'accord sur ce point, je suis un cave comme on dit dans les polards à deux balles, mais je ne vois pas bien pourquoi en une soirée je suis, comme tu dis, devenu ton homme...
- Je t'ai obéi. Je suis prêt à le refaire...
- Non, je rêve, pince-moi, tu m'as bien regardé : j'ai la gueule d'un micheton ?
- Non mon grand, mais tu as retrouvé un peu de vigueur. C'est tout ce que je voulais. Allez, une cuillérée pour sa grande dinde...  

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 00:37

Quand je me suis éveillé, de la fenêtre grande ouverte, la lumière du fin du jour, tendre, portée par des caresses d'air marin venues du fleuve tout proche, m'emplissait d'images de Marie. Entortillé dans le drap je me sentais petit. Sali. Pourri. Mon corps pesait cent tonnes de bois mort. Assise à mon côté, vêtue d'un seul tee-shirt blanc, Sylvie lisait un magasine de filles. Me relever me paraissait une tâche insurmontable ; les mots aussi semblaient me fuir. Restaient mes mains, mandibules arythmiques qui tapotaient le drap froissé. Dans un effort monstrueux je tentais de relier le temps présent à ce que je venais de vivre. Tout s'embrouillait. Ma tête concassait des tronçons d'images, des bouts de phrases et l'obsédante chaleur des seins de Sylvie. Ange exterminateur au sourire ironique, Marie, l'immaculée me rejetait dans mes ténèbres extérieurs. La culpabilité, ce calice voluptueux et masochiste des catholiques romains, me recouvrait de honte. La main de Sylvie filait sur mon torse, tentante. Je la refusais en m'agrippant à son poignet. Forniquer sous le regard de Marie me révulsait. Et pourtant je bandais. Sylvie ramassait ses jambes sous elle, se libérait de mon emprise en me demandant " comment vas-tu grand fou ? "


C'est alors que je m'aperçus que je n'étais plus dans ma chambre, celle-ci donnait sur le quai. Rassemblant ce qui me restait d'énergie, je me hissais sur les coudes et Sylvie me calait le dos. Je grognai, " je morfle, c'est comme si on m'avait passé à la moulinette, j'ai du mal à recoller les morceaux..." Sylvie me caressait la nuque : " normal mon grand, tu étais ivre-mort. Tu nous a flanqué une sacré frousse. On t'a ramené ici dans un état pitoyable, tu râlais, tu délirais et tu semblais, par instant, vouloir cesser de respirer. Heureusement que je connais du monde. J'ai fait venir le docteur Hébert, un ancien client. Il t'a fait une piqure, nous a rassuré en nous disant que tu étais solide. Après, ton sommeil s'est apaisé. Sur le matin tu t'es mis à parler. Tu as l'alcool mélancolique. C'était beau. C'était plein d'amour. Des mots comme je n'en ai jamais entendu. J'en ai même pleuré. Pour te rassurer je me suis allongé près de toi. Tu dormais comme un bébé. Sur le coup de midi je suis rentrée chez moi. J'ai fait ma valise. J'ai laissé un petit mot à Bréjoux. Il comprendra. T'en fais pas je ne t'encombrerai pas. Tu n'es qu'un prétexte, ça fait quelque temps que je voulais partir. La vie de bobonne m'ennuie. Je me ferai toute petite. Et puis, même si tu me jettes, je ne retournerai pas avec Brejoux. Il est vieux, sa peau sent la mort. Je veux vivre..."  

 

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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 00:17

Au temps où, dans ma Vendée profonde, les pires mécréants acceptaient sous la pression de leurs pieuses femmes de faire leurs Pâques, chez nous on s'affairait pour préparer les douceurs d'après Carême : la gâche - en patois la fouace - et les fions. Dans cette entreprise tout le monde était sur le pont, y compris les hommes, plus particulièrement le pépé Louis, l'homme de la cuisson.  Le rituel était bien réglé et le processus de fabrication, comme la recette, étaient entourés de secret. Dans le pays, notre gâche était unanimement considérée comme la meilleure. Le clan des femmes en tirait une légitime fierté et moi, tel un jeune Proust - ne vous gondolez pas - savourant sa madeleine dans son thé  http://www.cherry.net/plus/madeleines_proust.html j'en garde un souvenir extraordinaire que le temps passé n'a jamais effacé. Dans cette chronique je ne vais pas vous donner la recette des femmes, je l'ignore. Tout ce que je puis vous dire c'est que celles que vous trouverez sur l'internet ne vous permettront pas d'atteindre la perfection de notre gâche. Je magnifie. J'exagère. Je vous assure que non et je vais m'efforcer de vous faire partager mon point de vue.


Tout commençait le vendredi saint par l'acquisition d'un pâton de pâte à pain levé chez Louis Remaud notre boulanger puis, le soir venu, autour d'une immense bassine, tel un pétrin, nos femmes s'affairaient. La gâche est un pain de Pâques qui n'a ni goût de pain, ni goût de brioche. C'est là toute l'alchimie de ce pain qui n'en n'est pas un et de ce gâteau qui n'est pas une friandise. Outre la qualité des ingrédients, le temps de pétrissage était essentiel. La pâte était lourde et nos femmes lui transmettaient ce qui la rendrait ferme, onctueuse et légère. Lorsque le temps était venu, en des panières de joncs tressés, les gros pâtons recouverts d'un linge étaient mis au levage dans une pièce ni trop chaude, ni trop froide. Là encore, toute approximation était interdite. Nos femmes se chamaillaient parfois sur la température idéale. Tout ça se passait la nuit et au matin, le pépé Louis entrait en jeu.


Notre maison familiale, ancienne auberge, était dotée d'un four à pain. Le porter à bonne température et surtout la maintenir constante pendant la cuisson était un art que notre orgueilleux Louis maitrîsait assez bien. Comme dirait nos djeuns il se la jouait un peu, dans le genre soliste qu'il faut enscencer. Y'avait de l'électrité dans l'air avec les jupons. Il chauffait son four avec des sarments de ses vignes. Par la gueule du four le rougeoiement me fascinait. Lorsque les tisons viraient de l'incandescence au gris, avec une grande raclette en bois, le pépé Louis, façonnait deux tas qu'il plaçait de chaque côté de la bouche du four. Venait alors l'opération la plus redoutable : la détermination de la bonne température pour enfourner. Trop chaud serait la cata : la gâche serait saisie et son coeur resterait mou car il faudrait éviter qu'elle crame ; trop froid ce serait l'affaissement lamentable. Tout se jouait autour de l'état d'un morceau de papier que le pépé plaçait sur la pelle au centre du four. Bref, là encore ça chicorait sec entre les protagonistes. La cérémonie d'enfournage me plaisait aussi beaucoup. Les pâtons levés, badigeonnés au jaune d'oeuf - qui ferait la belle couleur brun doré - posés sur des feuilles de papier kraft, faisaient 50 à 60 cm de diamètre (une brassée). A l'aide d'une grande pelle en bois le pépé Louis alliait force et doigté. Jamais l'opération n'a tourné au désastre. Les 7 ou 8 pâtons, tels des grosses corolles de champignons, allaient se transmuer en gâche onctueuse derrière la porte de fer. Le temps de cuisson était aussi une question de feeling. On discutait toujours beaucoup. Seule la tante Valentine en imposait au Louis. L'un des moments que je préférais c'était celui où les gâches cuites étaient posées à même le carrelage frais d'une pièce plongée dans la pénombre. Exhalaison extrême de sucs chauds, je m'y plongeais en salivant déjà du bonheur d'une belle tranche de gâche plongée dans mon cacao du matin. A cet instant une grave question, jamais tranchée, se posait : pouvait-on manger de la gâche chaude ? Le clan des femmes y était hostile avançant des raisons médicales : possible indigestion. Mon père passait outre, et moi aussi.


Ci-dessus : mémé Marie et la tante Valentine...


Dès le lundi de Pâques on se pressait chez nous pour goûter la gâche. Les amis repartaient avec de belles tranches enveloppées dans du papier beurre. Le clan des femmes croulait sous les compliments. La gâche, comme les grands crus, avaient ses grands millésimes mais jamais ne décevait. Question de temps (climat), d'humeur du temps et d'ancestral savoir-faire. Le clan des femmes s'est éteint avec maman. Elle a emporté avec elle le secret de la gâche mais j'espère vous avoir fait partager cet instant d'enfance, ce plaisir léger qui vous fait aimer la vie. Pour ceux qui voudraient se lancer dans l'expérience - moi je n'oserai jamais - ce que je puis vous dire c'est que jamais au grand jamais vous ne devez mettre de la fleur d'oranger dans votre gâche sinon au paradis mon clan des femmes vous vouerait aux gémonies. Le seul parfum admis dans notre gâche était le verre de goutte distillée par mon père. C'était là sa seule contribution mais il estimait qu'elle était de taille car elle donnait à la gâche sa touche finale. Voilà, c'est écrit. Pour les fions vous devrez attendre l'année prochaine si Dieu me prête vie et si ce blog est encore en vie. Joyeuses Pâques !


Ci-dessous une fouace achetée chez Moisan dans le 14 ème. Elle est sur le plan gustatif la plus approchante de la gâche de mon enfance, en moins moelleuse, le sucre et les fruits confits en plus. L'aspect visuel est très différent ma gâche était ronde et ventrue...  


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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 00:01

Mon moyen de locomotion urbain, le vélo, présente de multiples avantages, outre la capacité de contrôler ses temps de trajet, donc d'être à l'heure aux réunions, il permet, puisque j'évolue en surface, de voir comment vit la ville : affiches de spectacles, panneaux publicitaires, vitrines des boutiques, vêture des gens, terrasses de café, hordes de touristes, queues devant les expositions, évolution de la végétation, nouveau resto qui ouvre, comportement de la police, incivilités en tout genre, j'en passe et des meilleures. Tout ça pour vous dire que sur mon trajet de travail, à l'aller, comme au retour, je passe devant deux magasins Nicolas, l'un est à Sèvres-Babylone, l'autre à Vavin. D'habitude je jette un coup d'oeil panoramique en passant, sans plus. Là, je me suis carrément arrêté, stupéfait. Qu'avais-je vu ? La vitrine, en partie obturée par une grille surmontée de piques sur laquelle était apposée une pancarte jaune pétant portant une inscription surprenante : A VENDRE CHÂTEAUX, prenait des allures d'annonce d'un propriétaire fauché vendant les bijoux de famille. En plus, il nous annonçait un rabais de 20%.

Vous allez m'objecter que, dès qu'il s'agit de Bordeaux - car en l'occurrence il s'agissait de l'annonce d'une foire aux vins de Bordeaux - j'ai la dent dure. Pas du tout, ce qui m'a fait m'arrêter c'est la grille. Je n'ai découvert la référence à Bordeaux qu'ensuite. Je m'explique : d'une grille peinte sur la glace d'une vitrine, même stylisée en grille de château, ce que l'on voit en premier ce sont les barreaux. Les bouteilles semblaient emprisonnées, bouclées à double tour, hors de portée. Vous me direz, l'important c'est que je me sois arrêté. Surprendre est un bon ressort publicitaire. Certes, mais cette grille façon Moulinsart je ne la trouvais pas très sympathique, elle mettait une distance entre moi et le produit. Et puis, comme je l'ai écrit, la pancarte un peu clinquante, très agence immobilière de seconde zône, donnait le sentiment que si le château était à vendre c'est que ses propriétaires n'avaient même plus de ronds pour faire réparer les gouttières du toit. J'avoue que cette campagne pour les Bordeaux m'étonne. Comme si en remettre une couche sur les petits châteaux à deux balles donnait au consommateur le sentiment de s'offrir à bon compte une bonne bouteille descendant en ligne directe des Grands.

Ce sujet, le lien entre l'extrême must et le prêt à porter Bordelais, est d'une grande importance. En effet, le gouffre d'image qui sépare l'éclatante réussite des Grands et l'extrême difficulté de la masse viticole, montre qu'à l'évidence la maison bordelaise ne tire qu'un faible parti de sa grande notoriété et ne joue qu'un rôle mineur dans notre économie viti-vinicole. Deux mondes se cotoient sans se voir, s'écouter et s'entendre. On en reste à une vision classique - qui certes à fait Bordeaux dans sa pérennité et sa notoriété - où les rôles sont distribués, la partition connue et surtout la quasi certitude que quoi qu'il arrive Bordeaux tirera son épingle du jeu. A quel prix humain ? Tel sera l'enjeu des années qui viennent. Ce prix, c'est un fait inscrit dans les panels, Bordeaux l'a d'abord fait payé à ses voisins, les AOC Languedociennes tout particulièrement.  C'est le jeu de notre marché domestique national où pour, les opérateurs, la défense de la part de marché, ou sa conquête, passe par un seul impératif : le prix d'achat de la matière première. Dans une économie d'abondance confrontée à un marché de consommation en repli c'est là où se situe la valeur à capter. Que les viticulteurs Bordelais ou d'ailleurs le découvrent me paraît un peu surréaliste. Dans une économie de cueillette c'est la seule règle. Tout le reste s'apparente à des propos de fin de banquet. Concurrence entre régions, concurrence entre structures de production, jeu normal du marché, mais la balkanisation, la faiblesse du négoce face aux acheteurs de la GD, font du toujours moins le principe de fonctionnement du système qui appauvrit l'ensemble et dévalue l'image du produit même si on le pare d'une belle grille de château.

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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 00:26

Toujours aussi féniasse, pour ma deuxième chronique vin en toutes surfaces, je me décide à aller en face de chez moi, chez Karim et Adel, mes épiciers préférés, où je suis, comme dab, bien accueilli. Chez Franprix jm'étais fait engueuler par le gérant parce que je prenais une photo. Ici ils acceptent de poser devant l'épicerie pour mon plus grand plaisir. Ici c'est tout petit mais le rayon vins et spiritueux occupe le plus beau pan, à droite en entrant. Peux pas faire de photo, faute de recul. Enfermé dans mon titre à la con je me vois dans l'obligation de vous faire mon relevé sur 1 mètre 20 et, pour faire bon poids, deux fois. Ce qui, vu la taille du magasin, pèse plus lourd que chez le Franprix d'en face. J'opère toujours de gauche à droite avec la même typologie. Pour faire plaisir au lectorat exigeant je commence par le blanc puis je continue par le rouge même si le pan de blanc commence par deux rouges. La prochaine fois j'irai fourrer mon nez dans le rosé. J'espère qu'la météo se sera remis définitivement au beau. Au boulot coco !

La ligne blanche : Grilladero rouge MDVPCE 1,90 euros /
Vieux Papes rouge VTF 2,50 euros /
Blanc de blanc Espagne 2,20 euros /
Muscadet Sévre et Maine 2005 N 2,90 euros /
VdP Jardin de la France N 3,20 euros /
La Roche Mazet Sauvignon VdP Oc 2006 4,90 euros /
VdP Oc Chardonnay 2006 N 4,50 euros /
VdP Oc Viognier 2006 N 4,50 euros /
Bordeaux moelleux 2005 N 2,90 euros /
Gros Plant 2005 N 2,90 euros /
Alsace Riesling 2005 N 5,90 euros /
Montbazillac 2005 D 9,90 euros /
VdP Jardin de la France 2005 R 9,90 euros /
Bourgogne aligoté 2005 N 10,90 euros /
Sancerre 2005 D 14,90 euros /
Pouilly Fumé 2005 D 14,90 euros /
Chablis 2005 D 12,90 euros/

La ligne rouge : Sidi Brahim 5,90 euros /
Bordeaux 2006 N 2,90 euros /
Bordeaux 2005 Ch 3,90 euros /
Vdp Oc Merlot 2005 D 6,90 euros /
Vdp Vaucluse Merlot 2005 D (vis) 5,90 euros /
Roche Mazet Merlot VdP Oc 2005 4,50 euros /
Roche Mazet Cabernet Sauvignon 2005 4,50 euros /
VdP côtes Catalanes D 2005 5,90 euros /
Bordeaux 2004 Ch 5,90 euros /
Madiran 2001 N 7,90 euros /
Baron de Lestac Bordeaux 2005 6,90 euros /
Malesan Bordeaux 2005 7,90 euros /
Blaissac Bordeaux 2005 7,90 euros /
Bordeaux 2004 Ch 5,90 euros /
Buzet 2005 5,90 euros /
Côtes de Bourg 2002 Ch 14,90 euros /
Mouton Cadet 2003 14,90 euros /

A la suite de la ligne rouge une enfilade bordelaise de bonne extraction qui crapahute entre 25 et 39 euros et, juste au-dessus, quelques beaux champagnes bien assis sur de beaux prix : 37,90 à 42,90 euros. Dans la vitrine, blottis dans des caisses bois, toujours des seigneurs bordelais. Pour JG Prats, je lui signale, qu'ici, Bd St Jacques sur le trottoir qui descend vers l'ex PLM-St Jacques, on vend du Bordeaux d'Estournel en 1/2 bouteille à 3,90 euros et pour Miren un Château de Pennautier 2001 Collection Privée à 12,90 euros. Bref, bien achalandé mes épiciers qui sont ouverts de midi à au-delà de minuit, et je me dis que, si leur rayon vin est ainsi, c'est que ça attire le client et que ça se vend, autrement, Karim et Adel proposeraient d'autres produits. Dernière remarque, les petits génies de la GD pourraient venir prendre des cours de présentation du rayon vin chez eux et, pour ce qui est du service, là je crois que ce n'est pas la peine d'essayer leur maladie est incurable, on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif. Comme dit Carrefour toujours moins cher pour pouvoir s'offrir plus de plaisir... ça rime avec ça me fait bien rire.

A noter, que les deux frères ont ouvert à côté de l'épicerie une sandwicherie avec plats cuisinés à emporter ou à consommer sur place. Si j'ajoute ce complément c'est que les sets de table affichent la couleur : le vin, il aura toujours sa place à table naturellement. Don de l'Anivit, c'est rare pour être noté et je verrais bien le Président de l'Anivit venir offrir à nos promoteurs du vin quotidien une belle bouteille dédicacée par la profession reconnaissante. 

Dérogeant à mes principes - mais ai-je des principes ? - je dois vous avouer que le tir groupé du groupe Castel avec 3 marques : Malesan, Blaissac, Baron de Lestac, me conforte dans l'idée que ce n'est pas demain la veille qu'un grand groupe de vins français pourra, à la manière des géants des spiritueux ou de l'agro-alimentaire, concentrer ses moyens publicitaires et promotionnels pour booster une vraie marque de vin. D'ailleurs, le marché français y est-il prêt ? Je ne crois pas. Mais à l'international c'est la règle. Petit rappel à ceux qui semblent l'avoir oublié : en France, on peut faire de la publicité pour le vin mais pour être vu et entendu, au long de l'année, il faut mobiliser de gros budgets. Dans beaucoup de pays où la consommation du vin se développe on peut utiliser même la télé, mais il faut des moyens colossaux. Ceux qui en ont lèvent le doigt ? 

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 00:02

" Nous étions à Bordeaux, il y a quelque dix ans et, après un dîner copieux, la discussion roula sur la dégustation.
Quelques-uns de nos amphytrions nous firent observer que si l'on ne voyait pas le vin et que l'on goutât, les yeux bandés, on ne pouvait distinguer le vin rouge du blanc. Gravet et moi fûmes indignés, soutenant qu'il était impossible de ne pas faire cette différence au goût.
On engagea un pari et immédiatement on nous apporta une quinzaine de verres bien alignés, en nous bandant consciencieusement les yeux. La dégustation commença.
Les premiers verres allèrent à peu près bien.
Au dixième, au douzième verre, Gravet s'écria :
- Il est un peu plat, ce vin : c'est du petit Libournais.
- Je crus bien faire en ajoutant que c'était du Blayais.
Les amis qui étaient là, dirent :
- Gardez bien votre verre en main. C'est bien du Libournais... du Blayais, n'est-ce pas ?
On nous défait le bandeau et jugez de notre stupéfaction et de notre confusions. Nous avions chacun, un verre d'eau."

histoire de dégustation contée par E.Néraud, écrivain spirituel et connaisseur de bonnes caves, mais qui ne s'en fait pas accroire. in Bercy Cellier du Monde de V.Drouin et O.Charpentier éditions La Caravelle 1928

J'adore cette petite histoire. Le dimanche où j'ai trouvé mon vin de crise, au parc floral de Vincennes, dans une salle qui donnait par une baie vitrée sur le Salon Vivre et Nature, j'ai pu contempler les participants d'un atelier de dégustation. C'était comme une histoire sans parole. Déjà que le conso bio n'est pas d'une gaité folle, la douzaine d'apprentis des deux sexes, certains prenaient furieusement des notes, semblaient être accablés par tous les malheurs du monde. Bien sûr, l'éducateur-dégustateur, qui portait un collier de barbe, tel un néo-député socialiste de la vague rose de 1981, inscrivait des noms étranges sur un paper-board. Sans vouloir faire du mauvais esprit je l'imaginais engueulant la fille, qui avait une tronche de vieille fille, parce qu'elle s'enfilait le fond de verre à fond la caisse ou frappant avec une badine sur les doigts du senior plus intéressé par le décolleté de sa jeune voisine Peace and Love que par le gouleyant de son fond de verre. Moi la pédagogie ça m'a toujours hérissé. En dehors d'apprendre à lire et écrire, je me suis toujours profondément ennuyé sur les bancs de l'école, emmerdé sur ceux du lycée et pratiqué la politique de la chaise vide à l'Université. Lire comme un mort de faim m'a sauvé du désastre. Aimer et apprécier le vin ne s'apprend pas sur des bancs d'école. Je sais que je vais me mettre à dos ceux qui veulent éduquer le consommateur. Bon courage, pour l'heure les résultats tardent à produire leurs effets sur cette jeunesse insoucieuse et rétive.

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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 00:03

 

Pour nos pères, un bon vin, devait être vieux, tuilé, précisaient-ils. Le vin bouché par eux ou par d'autres, couché dans la pénombre de la cave, sa bouteille se nimbant de poussière et de toiles d'araignée, se bonifiait disaient-ils.

 

Plus c'était vieux plus c'était bon. Combien de bouteilles nazes ai-je vu ainsi déboucher, la couleur était belle : très pelure d'oignon, et mon père disait, pour nous rassurer, qu'il était madérisé.

 

Bref, le socle de l'excellence du bon vin de France pour monsieur Tout le Monde - bien évidemment je n'englobe pas dans ce vaste cercle, le Cercle raffiné et restreint des connaisseurs, dont certains, du côté de la Sorbonne, s'apparentent aux Précieuses Ridicules - c'est le chenu, le mature, le sage, celui qui a jeté sa gourme et qui, dans la sérénité du grand âge, donne sa pleine mesure. Alors, les vins ordinaires pour jouer au grand se paraient des charmes tranquilles de la vieillesse. Pour preuve, le dernier survivant de cette lignée, le Vieux Papes, reste la référence de ces consommateurs baptisés par la statistique : les réguliers. Quand on puise dans le stock des vieilles étiquettes on y découvre une profusion de vieillards : Vieux Ceps, Vieille Treille, Vieil Ermite, Vieux Logis, Vieux Moulin, Vieille Réserve, Vieil Ermite, les Vieux Pampres, les Vieux Fagots, Vin des Aïeux, Vieille Souche, Le Vénérable, et pour finir j'ai même découvert le Vin Vieux des Coteaux (c'était un vin de coopérative).

 

 

 

Mais la vieillesse ne suffisait pas forcément à asseoir la réputation du vin quotidien, très souvent les nectars se voulaient royaux, ou impériaux, ou s'anoblissaient. Par bonheur, notre chaîne nobiliaire qui recèle des déclinaisons : prince, duc, comte, vicomte, baron, marquis, et si on y ajoute les chevaliers, les connétables, les troubadours, donnait, et donne encore, aux marketeurs une inspiration inépuisable. Nous avons coupé la tête de notre roi, aboli les privilèges, vendus les châteaux comme Biens nationaux, mais le bon peuple reste fasciné par la particule et le titre nobiliaire. Restait aussi à côté du sabre, le goupillon : nos étiquettes de vin aimaient aussi se parer de moines rubiconds, car n'en déplaise à notre éminent Pitte, dans les monastères on ne produisait pas que des nectars pour gosiers de riches. Tout ce passé, que certains voudraient occulter sous l'étrange prétexte que le vin était alors une boisson, pèse très lourd, aussi bien en positif qu'en négatif, dans la perception que nous-même avons eu du vin. Dans une certaine mesure, l'irruption des AOC nous a dédouané : boire moins, boire mieux et c'est cette vision un peu repentante, parfois élitiste, que nous avons transmis à la génération de nos enfants.

 

 

Où est-ce que je veux en venir me direz-vous ?

 

A une conclusion très simple : en France, le vin, dans l'imaginaire d'une grande part de la nouvelle génération, est une boisson de vieux, de gens un peu compassé, très prout prout ma chère, des gens qui font du chiqué, qui se la pète grave, il ne fait pas parti de l'esprit du temps. Tant mieux me diront certains, nous n'allons tout de même pas faire la danse du ventre pour séduire les sauvageons.

 

Nous n'allons pas succomber au jeunisme ambiant. N'en jetez plus, je suis d'accord avec vous. Cependant, si vous voulez bien me suivre, parlons d'une boisson très tendance, pleine de bulles : le Champagne. Pour les teufeurs ce n'est pas du vin. C'est d'la mousse ! C'est joyeux, ça danse, ça ne casse pas comme le TGV : tequila-gin-vodka...

 

Ce que je veux dire, c'est qu'on peut être dans l'air du temps sans baisser sa culotte, sans renier ses valeurs, sans jeter aux orties nos traditions. Mais pour être dans l'air du temps il faudrait que les gens du vin soient dans leur temps, qu'ils sortent de leur blokhaus professionnel. Partout dans le monde le vin, quel que soit son statut, est un must, alors que chez nous il fait l'objet d'une forme non révisée de guerre de tranchées... 
 

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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 00:11

Debout, un des VRP, rouge crête de coq, bedaine au vent, en bras de chemise éructait " Putain de merde ! En plus cette salope bronze à poils..." Son voisin tendait les mains pour la toucher. Sylvie, du bout du pied, le repoussait tout en commençant de roulotter son string au haut de ses cuisses. La cocotte allait exploser. Tous les types faisaient cercle autour de la table où Sylvie venait de se propulser. La patronne, d'une voix blanche, me lançait " ça va mal finir... " Dopée par la meute Sylvie continuait son oeuvre. Le bout de tissu passait le cap des genoux. L'étau se resserrait. Inconsciente Sylvie s'accroupissait. Je me levais alors qu'elle brandissait à bout de bras le triangle de soie. Les types trépignaient. Sylvie le leur lançait à la volée. La meute se ruait dessus. Je me retrouvais face à elle. Son pubis bien taillé donnait au débouché de son bassin étroit des allures de gamine pré-pubère. Je la recueillais dans mes bras. L'homme à tout faire lui tendait un peignoir de boxeur. La meute s'entredéchirait pour le bout de tissu. Sylvie flottait dans le peignoir trop court " j'ai l'air tarte..." Je lui répondais qu'elle me ressemblait. Pour la première fois son rire se lâchait, enfin enfantin. Ses doigts serraient fort le gras de mon biceps. " J'ai fait ça pour toi..."


Atterré, bouffi de honte, je me sentais sale. Disparaître, ne plus sentir la tiédeur de sa cuisse contre la mienne, ne plus entendre son babil tendre, reprendre le fil de ma vie d'avant. Mais comme y'avait plus de vie d'avant, à coup de grands verres pleins, je descendais une grande part d'un flacon de Johnnie Walker. Sans même que j'eus à le lui demander Sylvie avait allongé le fric. Mentalité de soumise. Me voir jouer à ce jeu de merde me donnait envie de gerber. Qu'importait, oublier ! L'alcool glissait. Indifférent à sa morsure je l'entassais. Seules mes mains m'obéissaient. Entre chaque prise, elles pétrissaient les seins de Sylvie. Leur chaleur me rassurait. Plus rien autour de moi n'existait. Je sombrais. La terre s'ouvrait. Mes entrailles s'épandaient. Mon phallus me crucifiait. Plus rien que le ressac de la poche initiale, la tiédeur de ma bulle amniotique, la dissolution définitive. Partout des pointes acérées, le lit tanguait. J'étais allongé sur une planche à clous. Goût de punaises écrasées, langue et palais liés par une fiente visqueuse, je ne pouvais soulever mes paupières. Crâne bardé de plomb, tempes enserrées dans les rets implacables d'un étau, les premiers spasmes se levaient. Monstrueux, ils me nouaient les tripes. On me relevait. Je dégueulais dans une bassine à grands lampées. Et puis ce fut du fiel, amer. On me tamponnait le front avec des serviettes fraîches. Plein de frelons mon crâne grésillait. De la sueur glacée marbrait mon dos. Mes hoquets exhalaient de la pestilence. Des baisers apaisaient mes frissons. On me portait jusqu'à la selle. Je me vidais. On me recouchait. Allongé en chien de fusil, à nouveau foetus, je sentais une forme ferme s'y encastrer. Je ne sais plus si j'ai rêvé.

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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 00:19

En me voyant me hisser prestement sur l'estrade la petite, déjà mal assurée sur ses hauts talons, eut un mouvement de recul qui faillit l'envoyer à la renverse. Je la retins par le poignet. Ses faux-cils, lourds et charbonneux, papillottaient. Dans la salle, les braillards interloqués se taisaient. La petite frissonnait. Lui arracher son bout de culotte eut été une ignominie. Pour la rassurer, très paternel, je posais mon bras gauche sur ses épaules glacées et, tel un bateleur de foire, en pointant mon index en direction de Sylvie, d'une voix qui se voulait impérieuse, je m'entendais annoncer " messieurs, la maison ne recule devant aucun sacrifice, elle a décidé de vous offrir ce soir le come-back d'une reine de la nuit, un spectacle d'exception, la mise à nue de Cruella la fille au longs compas..." Sylvie s'exécutait. Les types bavaient déjà. Très professionnelle elle commandait au type de la cabine, qui s'occupait des lumières et du son, de mettre sur la platine "A wither Sade of Pale" de Procol Harum. Dans la salle une chape de silence tombait. Les mecs n'en pouvaient plus. Moi, l'air dégagé du mâle qui tient sa nana, je me rasseyais en faisant signe à la mère maquerelle de venir me rejoindre. Elle posait son gros cul sur la banquette en pestant " vous me manquez pas d'air mon garçon..."


Sur la scène, encerclée d'un halo de lumière crue, Sylvie se débarrassait de son Marcel. Dans la salle le murmure qui suivit l'explosion de ses seins lourds prenait des allures de feulement d'une meute en rut. Mains sur les hanches, menton haut et regard dur, poitrine projetée, elle s'exhibait. Le vieux bramait. Le machiniste jouait avec les couleurs et amplifiait le son. Sylvie se délestait de ses mocassins et, sur la pointe des pieds, descendait avec grâce les marches de l'escabeau branlant qui tenait lieu de grand escalier. Un nouveau murmure parcourait la salle, viandard. Le défi de ce corps offert, si près, les menait aux pires obscénités. Sylvie, lascive, les provoquait. Un court instant la pointe de ses seins effleurait le crane chauve d'un VRP. Il tentait de lui enserrer la taille. Elle le claquait. J'ironisais " elle relève le standing de votre bouge, chère madame...


- Petit con...


- Et si on faisait affaire ?


- Brejoux vous en faite quoi ?


- Un cocu...


- Vous êtes louf jeune homme, c'est un flic...


- Et moi, un futur flic.


- Vous m'embrouillez, à quoi jouez-vous ?


- A ne pas mourir...


- ...


- Quel beau cul !


Sylvie, debout sur une chaise, venait de laisser glisser son short au long de ses jambes dorées et son string exposait une paire de fesses elles aussi colorées par le dieu soleil.

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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 00:03

J'ai fait un rêve bleu. Sous un ciel bleu sans nuage, dans un lieu de rêve bien sûr, à l'occasion de l'assemblée générale de la Fédération [un blanc] du vin, la Ministre de l'Agriculture [deux blancs], encourageait l'ensemble des représentants de la filière [un blanc] du vin à se rallier autour de la mise en oeuvre du plan stratégique " [trois blancs] 2010 " et c'est à ce moment-là qu'on me frappait sur l'épaule. Eveillé en sursaut, je voyais rouge et, vert de rage, toute honte bue, je tapais sur mon clavier les mots manquants, meublais les blancs. Tout en pianotant, tel un concertiste rejouant pour la soixante-dix-huitième fois la Lettre à Elise au casino de Coudekerke, je me remémorais le temps où nous étions allé déposer aux pieds d'un jeune Ministre fringant le fruit de nos rêves éveillés. Nous aurions du nous méfier de la toute maigre qui se tenait à son côté, un drôle d'oiseau. Trop content d'être partis les premiers, sûrs de notre fait, naïvement nous pensions que notre stratégie, fixant le Cap sur 2010, ne pouvait que triompher. Nous étions des benêts. Mais par bonheur la copie a bien vieillie, même qu'elle s'est plutôt bien exportée, l'encre n'a pas jaunie, la plus grande part de ce que nous avions écrit de ce côté-ci des Pyrénées, les espagnols s'en sont emparés. A chaque fois qu'ils m'ont invité à venir leur causer j'avais les chevilles qui enflaient. Mon rêve, en fait, n'était que la réalité en deça des Pyrénées.

Je reprends le fil. A l'occasion de l'assemblée générale de la Fédération espagnole du vin, la Ministre de l'Agriculture, Elena Espinosa, a encouragé l'ensemble des représentants de la filière espagnole du vin à se rallier autour de la mise en oeuvre du plan stratégique " Estrategia del Vino 2010 ". Celui-ci doit être officiellement présenté au second trimestre de cette année et aura pour but d'accroître la compétitivité du secteur viti-vinicole espagnol sur le marché mondial et, ce faisant de générer davantage de bénéfices sur le plan économique, technique, social et environnemental. La madame Ministre n'y est pas allé par 4 chemins : soit on accepte la nouvelle répartition du marché et on adapte la dimension de la filière nationale ; soit reconnaître les erreurs du passé et relever le défi d'une nouvelle conquête des marchés. Et de conclure, " Estrategia del vino 2010 " vise la deuxième option pour que la filière espagnole devienne le leader mondial. Au moins ça le mérite d'être clair. C'est une ambition affirmée. 

Et pendant ce temps-là, nous les français, qu'est-ce qu'on fait ? Tout bêtement nous demandons aux candidats à la Présidentielle de se prononcer sur l'important sujet de la publicité, faut réformer la loi de ce type au nom prédestiné. Que d'ambition nous avons ! Comment ça se fait que sur le panneau près de chez-moi y'a des affiches pour me dire qu'y faut que je boive du Ricard, un vrai. Tiens ça serait t'y que la publicité ne serait autorisé que pour les boissons anisés ? Bon passons, c'est pas avec ce type de propositions que nous vendrons beaucoup plus de litrons. Soit nous continuons dans la stratégie Pitte : que d'la Rolls et du cousu main mais alors va falloir élaguer sec les mecs ! ou bien, on range nos pétoires, nos mobylettes, et nous nous colletons au seul défi qui vaille : redonner de l'oxygène à notre grand vignoble généraliste pour qu'il puisse vivre en proposant aux nouveaux conquérants français d'aller contrer les nouveaux consquistadors sur les nouveaux marchés. Rendez-vous en 2010...

   

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