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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 00:09

Bifteck-frites contre moules-frites, la bataille fait rage entre nos amis belges et nous pour savoir qui a inventé la pomme de terre frite ? Avant, non pas donner des éléments de réponse à cette question controversée, je rappelle que dans Mythologie, Roland Barthes, commence son chapitre sur Le bifteck et les frites par « le bifteck participe à la même mythologie sanguine que le vin. » avant de souligner que « comme le vin, le bifteck est, en France, élément de base, nationalisé plus encore que socialisé ; il figure dans tous les décors de la vie alimentaire. » pour conclure qu’ »associé communément aux frites, le bifteck leur transmet son lustre national : la frite est nostalgique et patriote comme le bifteck. » Pour Barthe « la frite est le signe alimentaire de la francité. »

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Ce signe né d’une pure annexion rend donc de peu d’importance la question de la primauté de l’invention de la pomme de terre frite. Cependant il est difficile de faire l’impasse totalement car elle taraude nos amis belges qui en ont un peu ras la coupe de la prétention française. Dans l’Express (quotidien liégeois) du 14 novembre 1900 le débat était lancé : Quelle est la véritable histoire de la pomme de terre frite ? Aussi bizarre que ça puisse paraître, une origine russe fut évoquée. Elle fut vite écartée car elle reposait quiproquo : Mr Fritz, marchand forain de frites, profitant de l’écho médiatique de la guerre de Crimée, avait baptisé ses cornets de frites, les grands « russes », les petits « cosaques ».

La seconde piste évoquée par les historiens belges serait que la pomme de terre frite viendrait  tout simplement de France, par l'intermédiaire des nombreux exilés du Second Empire. Lorsque Georges Barral guide Charles Baudelaire sur les traces de Victor Hugo à Waterloo et qu’il l’emmène dans le restaurant habituel de son mentor. Le verdict à propos de l'origine des frites était sans appel :


« À peine avons-nous terminé, qu'on met au centre de la table une large écuelle de faïence, toute débordante de pommes de terre frites, blondes, croustillantes et tendres à la fois. Un chef-d'œuvre de friture, rare en Belgique. Elles sont exquises, dit Baudelaire, en les croquant lentement, après les avoir prises une à une, délicatement, avec les doigts : méthode classique indiquée par Brillat-Savarin. D'ailleurs c'est un geste essentiellement parisien, comme les pommes de terre en friture sont d'invention parisienne. C'est une hérésie que de les piquer avec la fourchette. M. Joseph Dehaze que nous appelons pour lui transmettre nos félicitations, nous assure que M. Victor Hugo les mangeait aussi avec les doigts. Il nous apprend en outre que ce sont les proscrits français de 1851 qui les ont introduites à Bruxelles. Auparavant elles étaient ignorées des Belges. Ce sont les deux fils de M. Victor qui nous ont montré la façon de les tailler et de les frire à l'huile d'olive ou au saindoux et non point à l'infâme graisse de boeuf ou au suint de mouton, comme font beaucoup de mes compatriotes par ignorance ou parcimonie. Nous en préparons beaucoup ici, surtout le dimanche, à la française, et non point à la belge. Et comme conclusion à ses explications, M. Joseph Dehaze nous demande si nous voulons « récidiver ». Nous acceptons avec empressement, et bientôt un second plat de « frites » dorées apparaît sur la table. À côté est une boîte à sel pour les saupoudrer comme il convient. Cette haute salière percée de trous nombreux fut une exigence de M. Hugo. »

Mais, en dépit des certitudes françaises, tout s’effondre car dès 1848, trois ans avant l'arrivée des proscrits du Deux Décembre, Mr Fritz, « le roi de la pomme de terre frite » prévient ses consommateurs qu’il «a l'honneur de prévenir ses consommateurs de fritures qu'il ouvrira son établissement Sur-la-Batte, Marché-aux-Pommes, demain, pour la Foire de Liège » et il annonce qu'il fera rouler, pas encore ses « russes », ni ses « cosaques », mais bien ses « omnibus » et ses « vigilantes » à 10 et 5 centimes.


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Reste  donc l’hypothèse de l'origine belge qui elle aussi va faire chou blanc : « mais alors, où le mariage entre la pomme de terre et la friture s'est-il déroulé ? La pomme de terre, au XVIIIe siècle, était méprisée et demeurait totalement absente du menu quotidien des classes plus aisées. La frite fut-elle l'œuvre d'un humble ? Nous venons de voir que c'est impossible, il ne disposait pas de suffisamment de graisse. Le bain d'huile, cuisson extrêmement chère, était l'apanage des classes supérieures. Alors, la frite fut créée dans la cuisine cossue d'un aristocrate ou d'un bourgeois ? Impossible encore. Aucune pomme de terre n'y a jamais posé sa robe. Ce mariage parait donc impossible. Et pourtant, la frite est bien née quelque part…

Là je vous conseille de vous reporter ICI link  pour suivre l’épopée de la pomme de terre découpée en bâtonnets au travers de la saga Fritz. C’est passionnant.  Quant à savoir qui détient la paternité de la pomme de terre frite ? Nous ne le saurons probablement jamais et c’est le lot dans l’Histoire de beaucoup de créations de la vie quotidienne. Je laisse donc nos amis belges aux affres des non réponses ou des mauvaises réponses sur un sujet qui leur tient à cœur pour en revenir à Paris où la pomme de terre frite a aussi prospéré. Pour vous instruire je vais me référer à l’excellent ouvrage de Madeleine Ferrières Nourritures Canailles éditions du Seuil Points 10,10€.

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Qu’écrit-elle à propos de l’avènement de la frite ?


« La frite se situe au point de rencontre d’une continuité et d’une rupture. Évolution longue, celle qui par le lent travail de sélection met sur le marché des variétés à peau jaune et à chair si ferme qu’on peut les tailler en bâtonnets. Effet de conjoncture avec l’arrivée en masse sur les marchés de pommes de terre moins chères après la reprise des cultures en 1861. Rupture dans le domaine culinaire avec le traitement à grande friture, un mode de cuisson jusque-là à  peu près ignoré de la cuisine populaire. »

L’innovation c’est la friture.

« L’avènement de la pomme de terre frite intervient dans des conditions semblables à celles qui ont diffusé la pomme de terre bouillie. À un siècle de distance, on retrouve une cuisine urbaine des rues. Vers 1830, on signale à Paris les premiers marchands ambulants de frites. La cuisine nomade s’installe sur les quais de Seine. Le cornet de pommes frites s’y débite facilement, nourriture ludique, en-cas de luxe, car il coûte cher. La pomme de terre de 1830 n’est pas encore un légume bon marché. La maladie qui l’attaque à partir de 1846-47, faisant pourrir les récoltes, a eu des effets sur son prix jusqu’en 1861. Signalons au passage que le cornet de frites offre un débouché pour les livres qui se vendent mal. Jusque-là ils finissaient comme emballage alimentaire chez la beurrière, l’épicier où le poissonnier. »


Le Grand Dictionnaire Larousse des années 1860 à « pomme de terre » parle d’une découpe « en morceaux prismatiques » comme le note Madeleine Ferrières ça ne fait pas rêver mais « notre frite démocratique et nationale est officialisée » Pour autant note-t-elle »Il n’y a pas un épicentre bien repéré à partir duquel se diffuserait la frite. Tout porte à croire que la gestation a été diffuse et l’éclosion simultanée dans tout le territoire. » Pour l’auteur la querelle sur l’honneur de la naissance, cette querelle de préséance, ce serait tomber dans « le piège du diffusionnisme ». Elle raille gentiment la fable des Sablons qui veut que c’est à partir de la plaine des Sablons où Parmentier à planté ses pommes de terre se diffusa le précieux tubercule jusque dans le fin fond des provinces.


Bien plus important est de ne pas tourner autour du pot de graisse : « Si l’émergence de la frite est tardive, ce n’était pas faute de pomme de terre. La matière grasse dont nous avons peu parlé jusqu’ici, fournit la clé décisive. C’est elle qui définit le plus simplement et le plus exactement le fond de cuisine.


Qu’est-ce donc le fonds de cuisine ?


Lucien Febvre l’avait affirmé avec force, « le fonds de cuisine le plus répandu dans l’ancienne France », c’était l’eau et « l » mode le plus usité » le bouilli sous toutes ses formes. La cuisine au beurre est réservée aux riches. Quant aux corps gras, l’ancienne cuisine les manie avec précaution. Pour désigner ce type de cuisson, les manuels ont le verbe doux : on ne dit pas, brutalement, « faites frire »mais « frisez », « fricassez », « dorez », ce qui suggère des petites quantités et une petite chaleur.


Je ne vais pas ici suivre l’auteur sur l’amour du gras, ça demande une chronique particulière afin de retracer l’histoire du saindoux et des autres graisses animales et végétales. Mais m’en tenir à la friture où l’une des huiles les plus répandues, dans la partie sud surtout, l’huile d’olive ne supporte pas le feu qui « la rend âcre et caustique ». Il y a donc pénurie et la récupération est la règle : « on réemploie les graisses jusqu’à l’écœurement » La cuisine nomade de la friture n’a pas bonne presse d’autant plus que l’on peut aussi y utiliser des huiles destinées à ‘autres usages : éclairage ou graissage. « La grand friture est considérée comme le pire mode de cuisson. »


« la concomitance entre l’avènement de la pomme de terre frite et l’arrivée des graines exotiques, converties en huiles  végétales dans les raffineries portuaires, est frappante. L’introduction des graines exotiques débute dans les années 1830, grâce aux relations fructueuses entre les savonneries de Marseille et les planteurs d’arachide au Sénégal, mais ce n’est qu’après 1845 qu’on assiste à l’invasion oléagineuse. Là où les autres européens se tournent vers d’autres corps gras importés, huile de palme ou huile de coco, les Français, qui connaissent depuis longtemps la « pistache de terre », en font leur graine exotique préférée. » Mais la frite pour autant n’est pas née sur la Canebière mais comme Dunkerque et Bordeaux construisent des unités de trituration et de raffinage, ils peuvent légitimement revendiquer à bon droit l’antécédent dans la création de la frite.

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« L’arachide fait baisser le prix de l’huile et rend pour la première fois accessible le grand bain de friture. Elle doit son succès, au-delà des facteurs de circonstance, au fait qu’elle a la réputation de cuire, qu’elle supporte les fortes températures grâce à un point de fumée très élevé. C’est la friture « maigre » par excellence, qui saisit très chaud et qui frit « plus ferme ». Elle s’adapte parfaitement au goût nouveau des fritures à température élevée. Le succès de la pomme frite ne lui doit peut-être pas tout mais il lui doit beaucoup. »


Ne me reste plus qu’à conter le mariage du bifteck avec les frites mais ceci est une autre histoire à découvrir sur mes lignes.

 

Affaire à suivre !

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 00:09

embre.jpgÀ Embres&Castelmaure on a l’esprit frondeur avec un grand F eu égard aux origines de leur président Patrick Hoÿm de Marien et à l’art consommé de son spadassin favori – au sens homme d’épée – Vincent Pousson de pointer la lame là où elle touche au plus près de ce qui déplaît aux gardiens du troupeau. Je m’explique : la Fronde trop souvent assimilée à une guerre d’écoliers gâtés, à une lutte de petites jalousies, de petites haines, de petites passions, « une sorte de comédie enfin, féconde en vains projets et en désappointements comiques, en grandes paroles et en minces actions. » « La Fronde, dit Fortoul dans ses Fastes de Versailles, n’était pas seulement une guerre de chansons ; c’était une révolution populaire dans son principe, qui pouvait être grave dans ses résultats, et qu’on n’a prise en plaisanterie que parce qu’elle a échoué. Elle souleva des passions vives, fit sortir de la foule des personnages extraordinaires, et développa des idées qui, après avoir été obligées de se travestir sous des formes détournées, finirent cependant par triompher… »


 « Les dupes, dit Saint-Evremond, témoin oculaire, viennent là tous les jours en foule; les misérables s’y rendent des deux bouts du monde. Jamais tant d’entretiens de générosité sans honneur, jamais tant de beaux discours et si peu de bon sens, jamais tant de desseins sans action, tant d’entreprises sans effet ; toutes imaginations, toutes chimères ; rien de véritable, rien d’essentiel que la nécessité et la misère. De là vient que les particuliers se plaignent des grands qui les trompent, et les grands des particuliers qui les abandonnent. Les sots se désabusent par l’expérience, et se retirent ; les malheureux, qui ne voient aucun changement dans leur condition, vont chercher ailleurs quelque méchante affaire, aussi mécontents des chefs de parti que des favoris. »


« Les nobles mécontents suscitèrent contre le pouvoir la foule, trop souvent prête à se ranger du côté des opposants. Mais cette fois l’émotion populaire présenta un caractère tout nouveau. Ce n’était plus la sédition, la guerre civile, l’anarchie et la licence, telles qu’on les avait vues si souvent dans les rues de Paris, depuis les cabochiens jusqu’aux ligueurs. Non, la Fronde est la première émeute, le premier soulèvement politique, et, si elle eût pu réussir, la première révolution. Le peuple, accablé d’impôts et de tailles, humilié dans son amour-propre national par la domination d’un étranger ; le peuple, appuyé sur ses défenseurs naturels, les magistrats, qui prenaient en main sa cause, soutenu et comme autorisé dans sa révolte par ceux-là mêmes qu’il considérait comme les gardiens de la justice, comme les dépositaires du droit public et des franchises du royaume ; le peuple faisait le premier acte de sa souveraineté. »

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Je rappelle aux ignorants que La Fronde (1648–1653) est une période de troubles graves qui frappent le royaume de France pendant la minorité de Louis XIV (1643-1661), alors en pleine guerre avec l’Espagne (1635-1659). « Louis XIII mourut le 14 mai 1643 ; le 18 du même mois, la reine alla en compagnie de son fils, qui n’était âgé que de cinq ans, tenir un lit de justice au Parlement. En grand deuil, et paraissant plongée dans une profonde affliction, elle parla ainsi : « Je viens chercher de la consolation dans ma douleur. Je suis bien aise de me servir des conseils d’une aussi auguste compagnie. Je vous prie, messieurs, de ne point les épargner au roi mon fils, ni à moi-même, selon que vous le jugerez nécessaire, en votre conscience, au bien de l’Etat. » Ce discours produisit beaucoup d’effet sur l’assemblée. Depuis près de vingt ans le Parlement était condamné, sous le rapport politique, à la nullité la plus absolue ; et il voyait avec satisfaction que non seulement on lui rendait son ancien droit de faire des remontrances, mais qu’on l’autorisait en quelque sorte à se mêler au gouvernement.


Le Parlement se montra reconnaissant ; il cassa l’ordonnance du feu roi, et Anne d’Autriche fut déclarée régente avec tous les pouvoirs attachés à ce titre. Personne ne doutait que le premier acte de la régente serait de chasser le ministère ; mais à peine quatre heures s’étaient-elles écoulées depuis le lit de justice, qu’elle envoya le prince de Condé prier Mazarin de diriger le conseil : elle avait reconnu la supériorité du cardinal, et croyait devoir sacrifier ses goûts particuliers à l’intérêt du roi. »


Revenons au N°3, l’enfant du couple Bernard Pueyo&Michel Tardieu qui est depuis l’origine un assemblage de carignan, grenache et syrah, dont le millésime 2010, est plus sur l'équilibre, la finesse que la puissance, un vin qu'on pourra commencer à goûter plus tôt. Du côté des raisins, c'est la crème de la crème de Castelmaure, en effet au fil des ans la sélection s'affine puisque les données sur les parcelles sont informatisées depuis maintenant plus de vingt ans et que le recul, ça aide à faire dans le cousu-main. Grosses mailles, ça donne 40 000 bouteilles dont une grande partie se vendra directement à la boutique de la cave. www.castelmaure.com et Route des Canelles  11360 Embres-et-Castelmaure 04 68 45 91 83.

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Comme il se doit, l’étiquette du N°3 est un brulot, un libelle vengeur, une adresse sans concession, j’ose écrire que ça sent le Pousson et comme je l’ai écrit dans le titre de cette chronique : un vent de Fronde moqueur souffle sur les Corbières. Je cite :


« Autant l’avouer ce vin a un énorme défaut. Ce sont des professionnels qui nous l’ont dit : « il n’est pas assez cher ! » Certes il sort souvent en tête des dégustations à l’aveugle mais, à ce prix-là, impossible de devenir un grand cru. Eh bien tant pis ! Ou tant mieux : la cuvée N°3  restera toujours une bouteille que l’on boit et que l’on partage. Nous sommes vignerons pas actionnaires d’une multinationale du luxe et, franchement, le faux goût qui nous déplaît le plus dans le vin, c’est celui de l’argent. »

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L’étendard de la révolte flotte donc tout au sommet du chai d’Embres&Castelmaure, pas sûr que Bernard et François, les 2 ault, s’y risquent car « qui s’y frotte s’y pique ! » devise des ducs d’Orléans reprise par Louis XII (mort le 1er janvier 1515, en l'hôtel des Tournelles à Paris, des excès, de la goutte et le fait qu'il se serait épuisé dans la chambre à coucher à force de vouloir concevoir un fils avec Marie d'Angleterre) – ne parlons pas du grand Bob le notateur et de ses acolytes outre-pyrénéens mis en déroute par une coalition de petits blogueurs de M… levée par le preux chevalier Pousson. Mais ne croyez pas pour autant que ce combat homérique ne s’apparente pas aussi à une guerre en dentelles et jabots, comme le prouve la photo du président H de M, en pleine action guerrière, lors du dernier Vinisud. Que voulez-vous, que l’un des tous premiers adhérents de l’A.B.V sache côtoyer certaines profondeurs avec panache et légèreté en dit plus long qu’un discours de Mélanchon place de la Bastille : « Morts aux cons ! » c’était le nom de la Jeep du capitaine Raymond Dronne des FFL, 9e compagnie de combat, La Nueve du régiment de marche du Tchad devenue 2e division blindée. Elle fut la première à entrer dans Paris, le 24 août 1944, lors de la bataille pour la libération de la capitale.

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 08:00

Jasmine rayonnait. J’ai gardé les enfants pour qu’elle aille à la Bastille. Moi je me souvenais du 10 mai 1981, la fête de la victoire socialiste, place de la Bastille, avait tourné court, noyée sous les trombes d'eau d'un orage ! Mais le souvenir des 200.000 personnes qui avaient déferlés, ce soir- là, demeure impérissable. Paul Quilès fut le grand ordonnateur de la fête animée par Claude Villers le célèbre animateur de Radio France qui s’illustrera avec son Tribunal des Flagrants Délires avec Pierre Desproges et Luis Rego. Ce fut un vrai happening,  Anna Prucnal entonnait  l'Internationale en polonais. Premiers arrivés sur les lieux, avec Michel Rocard, le rival malheureux de Mitterrand, et le lamentable Pierre Juquin, communiste hétérodoxe, je ne pus les  empêcher de s'emparer du micro. Rocard fit du Rocard, sincère et militant alors que ce pauvre Juquin ressemblait à un ouvrier de la vingt-cinquième heure accroché à une bouée de sauvetage. Vers 23 heures, Huguette Bouchardeau, dans un grésillement de larsen fut interrompue par une énorme cataracte... La fête continua, improvisée et bon enfant sous la haute surveillance du service d'ordre de l'UnefID, tenu par les trotskistes de l'Organisation communiste internationaliste, sous la direction de Jean-Christophe Cambadélis. Son obsession ? Juguler les militants de la Ligue communiste révolutionnaire qui prétendaient marcher sur l'Elysée...


Nous avions attendus les résultats dans la grande cour de l'immeuble du « Nouvel Observateur » rue d'Aboukir, autour de Jean Daniel, Mendès France, Delors, Maire, Rocard, Cheysson, Martinet, Badinter, Foucault, Vernant, Le Goff, Le Roy Ladurie, Duvignaud, Morin, auxquels s’était joint une équipe qui comptait Hector de Galard et Serge Lafaurie, André Görtz, François Furet, Mona et Jacques Ozouf, Michel Cournot, Claude Roy Jacques Julliard, Guy Dumur, Pierre Benichou, Jean Lacouture, André Burguière et tant d'autres. Qu'avaient-ils en commun ? Eh bien, pour dire la vérité, le fait d'être presque tous très réservés à l'égard de la personne de François Mitterrand et de se préparer à déplorer une fois de plus la fatalité qui faisait régulièrement échouer la gauche. Lorsque le visage de Mitterrand s’inscrivit sur les écrans de télévision, et que sa victoire fut annoncée d’une voix blanche par Elkabbach, tous ces êtres différents, sceptiques, embarrassés par une Union de la Gauche qui incluait sa frange restée stalinienne, n'ont pu s'empêcher d'exploser de joie. Moi le premier, et quand la ferveur populaire se manifesta dans la rue et que Jack Lang proféra l’une de ses premières outrances « que le peuple de France était enfin passé des ténèbres à la lumière », beaucoup d’entre nous étions attendris et heureux.

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Du côté des vedettes, on ne parlait pas encore de people, se pressaient les mitterrandophiles pur sucre : Roger Hanin, le beau-frère, en tête avec Barbara, Dalida, dont la tontonmania deviendra célèbre, Claude Chabrol, François Truffaut, Michel Piccoli, Yves Boisset ou Daniel Gélin... puis les compagnons de route du PCF Juliette Gréco, Isabelle Aubret, Jean Ferrat et, ce n’est pas une plaisanterie, Gérard Depardieu. Enfin, les coluchiens Daniel Balavoine, Alain Souchon, Julien Clerc, Jacques Dutronc, Lino Ventura... restaient orphelins. Dans les beaux quartiers du triangle d’or, comme aux Etats-Unis, le bruit métallique des chenilles des chars russes déferlant sur la place de la Concorde résonnait comme dans un mauvais rêve. La peur des cosaques galopant sur les Champs Elysées avant de déferler vers l’avenue Foch serrait le bas-ventre des grandes bourgeoises dont certaines espéraient en secret mettre un peu de piment dans leur petite culotte délaissée. Je plaisante à peine. La vague rose au Palais Bourbon qui s’ensuivrait, la nomination de Ministres communistes dans le second gouvernement Mauroy Charles Fiterman au Transports, Anicet Le Pors  à la Fonction publique, Jack Ralite à la Santé et Marcel Rigout à la Formation professionnelle, faisaient déborder la coupe. Le pince-sans-rire, Louis Mermaz, compagnon de toujours du nouveau Président, devant un parterre de journalistes assemblés autour de sa table de l’Hôtel de Lassay, résidence du Président de l’Assemblée Nationale, ironisait à propos du retour des communistes au gouvernement après trente-quatre ans d’absence, avant d’assurer que les socialos- communistes savaient fort bien se servir d’un couteau à poissons. Je puis vous l’assurer puisque j’étais présent et que j’avais choisi les vins

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 00:09

 

Il est sur les écrans  à Paris au MK2 Beaubourg 50 rue Rambuteau « Nino une adolescence imaginaire de Nino Ferrer » avec David Prat, Lou de Laâge, Sarah Coulaud, Benoît Gruel, Alex Golino, Anne Hiribarren, Alice Mourgues. « Nino a 16 ans, les vacances commencent et son cœur balance entre Natacha, une très belle fille, comédienne au théâtre comme dans la vie, et la délicieuse Nathalie qu'il connaît depuis toujours. Celle-ci refuse que « l'homme de sa vie » s’éloigne d'elle aussi inexorablement que son enfance. »

 

À Bayeux le trio Les Nino's lui rendra hommage lors d'un concert à Bayeux le 15 mai prochain. « Parce qu’ils sont fous de Nino Ferrer, Les Nino's - Laurent Madiot, Benoît Simon et Tom Poisson - ont décidé de le prendre à contre-pied et de retourner à l’essence même des chansons et à l’esprit volatile et fantasque du grand blond ! »

 

Nino Ferrer le 13 août 1998, se tire une balle dans le cœur au milieu d'un champ de blé situé à quelques kilomètres de sa maison, une magnifique bastide du XVème siècle située au lieu-dit Lataillade dans le Quercy-Blanc.

 

Moi je suis et je reste Nino tendance Le Sud, la maison près de la fontaine et de la petite perle de bossa-nova qu’est La rua Madureira.

 

Pour la bio complète c’est ICI link

 

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 14:35

Juste avant d’enfourcher mon fier destrier, sous le soleil retrouvé, deux infos toutes chaudes : nous les blogueurs sommes imbattables même par les adeptes de Twitter car nous servons du contenu tout juste sorti du four comme sur les meilleures tables.  

 

Bon appétit sur mes lignes !


Le Quick Book c’est sitôt pondu sitôt emballé : des titres imprimés du jour au lendemain. C »e sont près d'une vingtaine de livres qui, quelques jours après l'élection de François Hollande et la défaite de Nicolas Sarkozy, ont atterri sur les étals de librairie » écrit Ariane Chemin dans la Monde.

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Qu’elle me pardonne mais je ne peux résister à la citer in extenso car sa prose sur celui de FOG est trop jouissive.link 


« Le plus original sans doute, le plus drôle et délirant en tout cas, est celui de Franz-Olivier Giesbert (Derniers carnets, Flammarion, 204 p., 17,90 euros), qui est aussi un livre sur lui. Ce grand fauve du journalisme politique ne craint plus rien ni personne. A 63 ans, il a cessé de jouer au « caniche », comme lorsqu'il offrait des cadeaux à François Mitterrand en promettant de ne jamais griller ses " off ". Il jure que 2012 est sa dernière campagne, qu'il préfère s'arrêter avant d'être déçu par le nouveau président. Il se ridiculise à chaque page comme pour mieux construire sa statue. Sa révérence ressemble un peu aux éternels adieux de Maurice Chevalier à la scène, mais pourquoi pas ?


FOG a ce talent d'incarner toujours les politiques. Il en fait des êtres de chair, de sang et de souffrance. On croyait avoir fait le tour de Nicolas Sarkozy, mais Giesbert avait gardé dans ses carnets à spirale quelques tableaux, d'autant plus jouissifs que son antisarkozysme, qu'il voudrait réfléchi, est devenu épidermique. C'est simple, en se promenant dans sa galerie de portraits, on se croirait dans un bestiaire, où l'on guette le dernier arrivé, le plus secret et méconnu aussi : François Hollande. Il faut rendre cette justice au patron du Point : il a toujours su devenir l'intime de ceux qui allaient gagner l'Elysée. Il appartient aux « hollandais » de la première heure. Quand, en 2004, un an avant la défaite du " »oui «  au référendum et deux avant l'intronisation de Ségolène Royal, il avait sacré Hollande en « homme de l'année «  de son magazine, il se moquait que tout le monde le prenne pour un dingue. »

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Toujours dans le Monde je note que notre Jean-Paul Gaultier national, après avoir fait dans le Coca, fait feu de tout bois pour Roche&Bobois « Il habille cette fois de sa célèbre marinière, toujours pour la marque française de mobilier, des luminaires. Soit deux bustes transparents, sculptés comme les flacons de ses parfums, revêtus de tissu matelot. Perchés sur des piétements en bois laqué blanc, ils existent en deux versions, féminine et masculine, d'une hauteur de 160 cm pour l'un, 170 cm pour l'autre. Deux lampadaires-mannequins très couture baptisés Femina et Maschio, auxquels il ne manque plus que de diffuser quelques effluves de fragrances du couturier... »

 

En bonus : les Pétasses des Inconnus où il est question d'un lampadaire


 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 00:09

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Le texte qui suit va sûrement défriser les tenants des vérités définitives sur le vin, la nourriture et l’alliance des deux, comme tous ceux qui pensent que notre temps post-moderne marque la fin de l’Histoire. Il est de Jean-François Revel, plus connu par les gens de ma génération pour sa plume exerçant ses talents à l’Express, et qui fut une espèce rare dans le petit monde assez convenu de la gastronomie. À celle-ci il doit son nom de plume : en 1956, professeur de philosophie et auteur il eut le scrupule de ne pas « mélanger lycée et librairie » et comme il fréquentait avec ses amis, rue Montpensier dans le 1ier arrondissement un établissement à l’enseigne de « Chez Revel », il n’alla pas chercher plus loin et ce patronyme deviendra légal en 1977.


« (…) se joignaient chez lui, en un dosage dont il possédait le secret, l’appétit, l’esprit de sérieux et la générosité, trois ingrédients liés par un savoir construit, médité et toujours prompt à l’expérimentation. Un savoir encyclopédique qui serait resté le monopole de ses commensaux éblouis si, en 1979, il n’avait transformé ses propos de tables en un livre charpenté, comme on dit d’un vin de haute côte, et goûteux comme sait, quelquefois, l’être un pain de boulangerie. Ce fut Un festin en paroles. Histoire littéraire de la sensibilité gastronomique de l’Antiquité à nos jours, paru alors chez Jean-Jacques Pauvert. » écrit Laurent Theis dans sa Préface au dit ouvrage réédité chez Texto 8,11€.


L’extrait qui suit est tiré du Prologue de ce livre qui est une mine, un ouvrage de référence pour quiconque à l’ambition d’écrire sur la gastronomie autre chose que des recettes ou de simples critiques de bonnes tables. »

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« Mais plus important que l’histoire des produits alimentaires, c’est l’histoire du goût dont il est question ici, au sens premier, ou plutôt au double sens de ce terme. À savoir : quel était le goût d’un repas, d’un vin, au IIIe siècle avant ou après J.C. ? Et quel était le goût des convives : qu’aimaient-ils, que cherchaient-ils ? À quoi ressemblait le contenu de l’une de ces vieilles bouteilles qu’Horace tirait de son cellier en toutes circonstances ? Et les vins de la Sabine dont, en revanche, il ne dit pas grand bien ? Et les flots de vin courant qui circulaient dans les coupes du Banquet de Platon ? Pour les lecteurs de l’époque, la reconstitution allait de soi.

L’imagination gastronomique, en effet, précède l’expérience, l’accompagne et, en partie, y supplée. Parler aujourd’hui de se faire servir « une douzaine d’huîtres arrosées de chablis » ou de pouilly évoque aussitôt un mariage de saveurs très précis et caractérisé. Cela ne dira rien dans mille ans à un lecteur qui n’aura probablement aucune notion de ce qu’était le chablis ;  tout comme ne lui dira rien l’information que, vers 1900, les huîtres, les belons surtout, avaient pour vin attitré le sauternes (ce qui est oublié maintenant, déjà, et semblerait monstrueux aux amateurs de coquillages de cette fin du XXe siècle). Car ce lecteur futur n’aura sans doute aucun moyen de savoir que les sauternes étaient des blancs doux et les chablis et pouilly des blancs secs. Et encore faudra-t-il qu’il sache que « sec » signifiait en l’occurrence « exempt de tout goût sucré » et non point « fort en alcool ». Nous ne savons pas à quelles expériences gustatives fait allusion Horace quand il écrit, dans un billet d’invitation à Mécène, « tu boiras du mauvais vin de Sabine », précisant qu’il l’a lui-même mis et cacheté dans « une amphore d’argile autrefois remplie de vin grec ». Pourquoi ? Quel vin grec ? Le poète cite ensuite plusieurs crus : le Cécube, le Calès, le vin de Formies, en laissant entendre qu’il est trop pauvre pour en offrir à ses invités. Ces noms, pour nous, sont dépourvus de tout pouvoir évocateur. Tout est coutume, et la coutume n’est jamais définie avec précision pour qui elle va s’en dire, pour qui elle est toujours sous-entendue, de sorte qu’elle est presque impossible à  reconstituer quand elle s’est perdue. Les touristes acceptent comme folklorique et amusant de boire, en Attique, du vin raisiné, parce que cette préparation leur est connue, mais seraient horrifiés si on leur servait du vin coupé d’eau de mer. Ce mélange, pourtant, se pratiquait dans certaines régions de Grèce antique, de même, en général, que se pratiquait universellement le coupage des vins non pas seulement avec de l’eau pure (ce qui subsistera jusqu’au XVIIe siècle après J.-C.) mais encore toutes sortes de liquides ou de solides (solubles ou non) au parfum fortement marqué, ce qui serait  naturellement un scandale pour l’œnologue moderne. Sauf, encore une fois, quand l’association correspond à l’une de nos propres habitudes, ainsi le vin chaud à la cannelle, en France, ou la sangria espagnole, le champagne au jus d’orange, etc. »

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 14:00

Ce matin le ciel de Paris charrie de lourds nuages noirs, le plafond est bas, des saucées d’une pluie lourde s’abattent sans préavis. Hier pourtant ce mois de mai affichait ce qu’un mois de mai sait faire de mieux : un soleil radieux qui me permit de me rendre en fin de journée, à vélo, jusqu’au DiVinamente Italiano d’Inès et de RaffaellaLucia et Matteo Ceracchi du domaine Piana Dei Castelli nous accueillaient pour une Enogastronomia Laziale sous la baguette du chef Matteo Oggioni. En ce quartier où trône encore le Palais Brongniart : la Bourse de Paris vidée de sa substance par l’économie numérique, en accrochant mon vieux destrier à un poteau je ne pouvais m’empêcher de penser que notre jeune monnaie commune : l’euro, symbole fort de destin commun entre certains pays de l’Union Européenne, de nouveau menacée par le chaos politique en Grèce, était entre les mains, et les clics des traders donnent encore plus de sens à cette expression, d’une cohorte anonyme soucieuse de préserver les fonds de pension et autres gestionnaires de fortune. Bien plus que la météo ce mois de mai accumulait des menaces.

 

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Et puis, en quelques pas, je me suis retrouvé dans une enclave italienne à Paris où, par la magie du partage je ne savais plus si j’étais Italien ou Français, d’ailleurs peu m’importait, ce qui comptait c’est que nous étions la réalité d’une Europe qui ne veut pas ou qui ne peut pas avouer son nom. La Trama, l’un des vins que nous goûtâmes, oui la Trame qui se tisse, assemble, supporte, en était le meilleur symbole. Les frontières elles sont encore dans nos têtes, façonnées par notre Histoire, nos cultures, nos préjugés ou nos idées reçues, la barrière des langues, et elles semblent bien plus difficiles à effacer que celles autrefois gardées par les douaniers. Autour d’une belle table, avec de merveilleux vins, il est facile de refaire le monde, alors pourquoi ne pas en profiter pour y tisser des liens qui nous permettrons, avec nos différences, tout ce que nous sommes, de nous sentir chez nous jusque dans les plus petites parcelles de nos territoires, nos terroirs, à Velletri comme à Paris. La Savoie n’est française que depuis 1860 et c’est comme un trait d’union entre nos deux pays.


Sur cette belle soirée je chroniquerai dès que j’aurai, si je puis dire, mis les mots qu’il faut sur mes émotions. Mais, comme un bonheur n’arrive jamais seul, juste avant d’enfourcher  mon vélo j’ai reçu d’Alessandro Merlo un très beau cadeau que je vous transmets comme le gage de la seule Internationale qui vaille celle des amoureux du Bien Vivre ensemble. Merci Alessandro. Et puis, comme mon premier regard sur l’Italie, si lointaine de ma Vendée océanique, fut un regard sportif, je vous  livre par la même occasion un petit texte d’Alessandro Barrico tiré de son livre Next.


Jacques,

 

J’ai pensé à l'accord suivant pour bien commencer le printemps :

 

 - Domaine des Ardoisières Schiste 2009 - Savoie

   jacquère, roussanne et pinot gris. un vin très fin, profond et soyeux.

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Petit commentaire du taulier : la Savoie, et c’est un vin de l’ami Michel Grisard du domaine des Ardoisières link

 - Lotte/fèves/radis

 Lotte sautée à l'ail et au romarin avec bouillon de poisson et ses fèves à la vapeur, radis croquants

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« Quand j'étais petit (nous parlons de la fin des années 60) il y avait le jour où l'on allait acheter les chaussures de sport (...) En ce temps-là, quand il fallait acheter des chaussures de sport, le choix était pratiquement limité à : Superga beige et Superga bleues. Enfin : dans ma famille c'était comme ça. En réalité, d'autres possibilités, il y en avait, du moins en théorie. Les plus chicos et/ou riches achetaient les mythiques Adidas, trois bandes sur le côté, semelle profilée, renfort devant et derrière. Il y en avait de quatre sortes : je me souviens que j'étais dingue d'un modèle qui s'appelait Rom. Adidas Rom. Ou bien Room ? Je ne sais plus. En tout cas j'en étais dingue. Plus élitistes encore, les Puma : très peu en avaient, et elles étaient regardées avec un grand respect mais aussi avec une pointe de méfiance (elles étaient considérées comme les rivales des Adidas, ce qui ne témoignait pas en leur faveur). Et pour finir, les All Star, mais elles étaient vraiment rarissimes : ce qui nous plaisait c'est qu'il y en avait aussi des rouges, mais en gros elles étaient vues comme des chaussures de blaireau, elles étaient très difficiles à trouver, les seuls pratiquement qui en avaient c'étaient ceux qui jouaient au basket. En dessous de cet Olympe on trouvait les nulles. C'étaient des chaussures avec des noms spirituels genre Tall Star, Luma, Addas. Elles tentaient le coup. Sans aucune pudeur, elles affichaient les bandes mythiques sur le côté : sauf qu'il y en avait quatre, ou deux. Elles ne coûtaient pas cher, et elles se vendaient au marché (...) Il faut rappeler aussi que les chaussures de sport se mettaient quand on allait faire de la gymnastique, et pas à d'autres occasions (pourquoi les abîmer ?).

Je me rappelle que puisque tout le monde avait des Superga, et que dans la salle de gym on était tous là avec les mêmes chaussures comme si on était des Chinois, à part deux ou trois privilégiés avec des Adidas ou des Puma, mais il y en avait peu, les autres c'était tous les mêmes - bref, je me rappelle que certains d'entre nous, les plus originaux, un peu rebelles, ceux qui étaient les plus éveillés, n'arrivaient pas à accepter ça, qu'on soit tous pareils, et alors, pour essayer d'être différents, pour vaincre la monoculture de la chaussure, ils décidaient de se rebeller, et ce qu'ils faisaient, justement, c'était : dessiner quelque chose au stylo-bille sur leurs Superga. Ou peut-être une inscription. Ou des petits cœurs, des fleurs, des choses de ce genre. Dans ce monde-là, pour inventer tes propres chaussures, tout ce que tu pouvais faire c'était dessiner dessus au stylo bille.

Bon. Et maintenant un grand saut dans la machine du temps. Imaginez que vous avez un fils d'une douzaine d'années et que vous l'emmenez acheter des chaussures de sport. Janvier 2002. »

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 00:09

 

Mes chers administrés,


Dès que j’eus su, par l’entremise du Président Patrick Hoÿm de Marien, que le Taulier, qui a toujours eu l’amabilité de relayer sur son « espace de liberté » (1) nos initiatives communales, se déplaçait au domaine de Verchant sur les terres de nos voisins et néanmoins amis de l’Hérault pour participer aux IXe journées techniques de Vino Latino, j’ai convoqué en urgence mon Conseil Municipal. De plus le sujet traité : Quelle hiérarchisation pour les vins ?, je le pressentais, ne pouvait qu’attiser le contentieux entre nos deux belles coopératives, la mienne L’Étoile la cave coopérative des « blancs » qui ne fait que des rouges, et celle d’Ulysse Vergnes président de la cave des « rouges » La Moderne  qui a fusionné avec la cave de « Saint-Gapour » la commune d’à côté rien que pour faire du tort à la nécessaire union communale et qui fait de tout comme le supermarché de la sous-préfecture. Contentieux que notre Achille Gauche, seul vigneron en cave particulière de notre commune, ne pouvait qu’attiser surtout qu’il venait de nous annoncer que le Taulier serait à Orange aux journées des VIF.


Bien évidemment, j’avais aussi convoqué pour assister à la séance le club Facebook «Tous derrière les vins de Losse-en-Gelaisse» que, soit-dit en passant, ce mécréant d’Ulysse Vergnes appelle, vu son appellation, le club Fesses Bouc, et le club du 3ième âge de tricot féminin de Losse-en-Gelaisse «Les aiguilleuses du ciel» qu’Achille Gauche, qui est en cave particulière et qu’a toujours été plus porté sur les jupons que sur la vinification, notre DSK à nous, appelle « les chroniqueuses du fiel » vu que la présidente en est  Eugénie Poulain, l’ancienne bonne du curé, qui n’a pas sa langue dans sa poche, a dit à qui a bien voulu l’écouter, et elles sont nombreuses, qu’il ferait mieux de mettre des glaçons dans son pantalon plutôt que dans son Ricard.


La séance a été houleuse vu que ce démagogue d’Ulysse Vergnes a de suite voulu faire voter une motion préalable qualifiant la hiérarchisation des vins de notre vignoble : d’entreprise visant à la mainmise du grand capital sur le passé glorieux de la coopération viticole, appuyé par ce sournois de Gauche qui en rajoutait trois couches en regrettant la non-participation du Forgeron de Dana qui, bien que vivant chez les catalans, lui paraissait le seul capable de planter l’étendard de la révolte des gueux sur le sommet des chais de ceux qui singent les châtelains de Bordeaux.   

 

Rejetée à mains levées !

 

 Ulysse Vergnes, pas bougon des cépages pour deux sous, a contre-attaqué en proposant que les deux Conseil d’Administration s’y rendent alors en car. S’en est ensuivi un long débat pour savoir quelle serait la quote-part de chaque cave pour payer le car : basé sur les volumes ou sur le chiffre d’affaires ? L’Achille Gauche qu’avait pas pipé mot a soudain tapé sur la table du Conseil  pour proclamer « et moi je sens le gaz ? » et d’ajouter « tels que je vous connais si par hasard vous tombiez d’accord sur le paiement, je suis sûr que vous continueriez à vous empailler pour savoir quel serait le bénéficiaire de vos largesses sur le dos de vos coopérateurs ? Vous avez vos habitudes, je ne vous vois pas en changer. Et puis, je vous le dis, au cas bien improbable que vous mettiez d’accord, je vous colle un abus de bien social au cul ! »


Ça a jeté un froid. Nous nous serions crus revenu au temps de « la guerre du sucre » où, sur dénonciation anonyme, l’un des nôtres fut alpagué sur le tarmac de l’aéroport de Toulouse alors qu’il portait une lourde valise.


Suspension de séance et prise de paroles immédiate de nos deux femmes : la présidente du club Face de Bouc et celle des Tricoteuses du Ciel : « C’est elles qui iraient sur leur cassette personnelle ! » Pas entendu une mouche voler et nous avons pu passer aux choses sérieuses : le vin d’honneur. Le Compte-rendu est de leur encre (si c'est écrit trop petit prière de le réclamer au Taulier par les voies habituelles ou à v.crispel@lagencevinifera.fr 


Amédée Costes,

 

le maire de « Losse-en-Gelaisse », charmante bourgade sise dans un coin reculé de la France profonde, tout au bout d’une route départementale pleine de nids de poules, et qui n’a jamais reçu la visite de Jay Miller et de Pancho Campo…

 

(1)

Le maire de «Losse-en-Gelaisse» à l’attention de Mr Paul Dubrule président du Conseil Supérieur de l’Oenotourisme link

 

Le maire de « Losse-en-Gelaisse » aux soi-disant gastronomes patentés au portefeuille étoffé link


Délibération du Conseil de Losse-en-Gelaisse en date du 8 décembre : faut-il faire appel à Robert Parker pour le mondial de l'aramon?link


Lettre des Présidents de l’Étoile et de La Moderne de Losse-en-Gelaisse qui sont dans le besoin de subventions pour écouler leur vin dans les Pays tiers.link 


Lettre du maire Losse-en-Gelaisse : « la vérité est verte, disons-là vertement » disait Vauban alors « vive le cul de la Pyramide des vins de chez nous ! » link

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 00:09

Je n’ai pas été élevé à ce lait là et je dois vous avouer que les outrances, l’ambiance descend si t’es un homme, le pugilat ne me vont pas. Alors, pendant cette séquence, je me suis retiré sous ma petite tente d’intérieur, loin du bruit et des fureurs, du dévoiement de la parole, et je me suis laisser aller à penser, à écrire, à lire, même à aimer. Bien sûr, j’accomplis aussi ma besogne quotidienne sans me soucier des jeux de rôles dans un théâtre dont je connais trop les coulisses, les répliques éculées, l’hypocrisie et la vanité. Dans cette affaire je compte pour un, simple citoyen et je défie qui que ce soit de venir me prendre à témoin, me dire que je suis le peuple car le peuple n’existe pas en soi, sauf pour les besoins de leurs causes. Je vote et ça suffit à mon bonheur, sans croire aux lendemains qui chantent ni céder aux peurs agités par certains. Désolé de ce petit couplet personnel mais il me fallait évacuer ce trop-plein.


Mon antidote à cette ambiance délétère ce fut le contre-pied, qui n’est pas l’esquive, mais la feinte qui met les lourdauds avec leurs gros sabots dans le vent. Un peu de légèreté ne peut nuire si ce n’est d’insuffler juste ce qu’il faut de futilité, de  primesautier, de canaille. Donc je délaisse les coulisses du pouvoir pour me glisser dans les alcôves de personnages dont l’Histoire a retenu les noms et mettre ma plume dans les pas de Nicolas Machiavel, de Giacomo Casanova et de Lucrèce Borgia… Que des pointures, dont les patronymes ont traversé les siècles pour investir notre vocabulaire : c’est un être machiavélique dit-on d’untel, c’est un vrai Casanova affirme-t-on avec une pointe d’envie et, pour compléter le tableau,  il est cruel comme un Borgia. Beaucoup pour un seul homme me direz-vous mais le goût immodéré du pouvoir révèle, à des doses diverses, la conjonction de tous ces ingrédients. Ne suivez pas mon regard, il ne va nulle part pour se poser il est seulement goguenard.


Nicolas Machiavel est plus connu pour en 1513, son ouvrage le plus célèbre, Le Prince, en italien : Il Principe, écrit en 1513 et dédié à Laurent II de Médicis, que pour ses pièces libertines. Et pourtant, dans une comédie intitulée Clizia, il met en scène le vieux Nicomaque qui, pour mieux soutenir les  ardeurs qu’éveille en lui la jeune Clizia se fait préparer un plat de pigeon relevé d’une herbe répondant au nom sympathique de satirione. À priori, cet aromate pour satyre était de la sarriette dont les vertus aphrodisiaques sont attestées par l’appellation  « poivre d'âne », en provençal Pèbre d'ai ou Pèbre d'ase. On la trouve sur les bords des chemins méditerranéens  et ses feuilles sont utilisées comme condiment depuis l'Antiquité, à la fois pour relever les grillades, les sauces et les légumes. La sarriette est aussi connue sous les noms de savourée, de sadrée, d'herbe de Saint Julien et d’herbe aux haricots car c’est un anti-vent.


Plus croustillants les soupers érotiques de Giacomo Casanova, dans une « maison de plaisirs de Murano, qui étaient l’occasion de parties fines qu’il partageait avec M.de Bernis, ambassadeur de France, futur cardinal, et franc-maçon comme lui, en compagnie d’une jeune novice, C.C., et d’une religieuse fascinante, M.M. Ces soupers débutaient par une salade assaisonnée par un vinaigre aromatique mystérieux, acetum quatuor latronum, grâce auquel le célèbre séducteur sut toujours se montrer à la hauteur. En accompagnement « des huîtres que les deux beautés échappées du couvent gobaient enrobées de salive sur le bout de la langue de leurs commensaux. « Il n’est pas de jeu plus lascif », commente Casanova qui, de même que son compagnon, reprenait à son tour les savoureux mollusques de la bouche gourmande des ardentes moniales. Cet amuse-gueule introduisait des mets plus consistants : de l’esturgeon, un plat de gibier aux truffes, des glaces, et pour terminer un punch au rhum et à l’orange amère que la religieuse fascinante préparait en se rhabillant. »


Le climat de la Renaissance était des plus propices à l’exacerbation des sens, d’où sans doute le fait que bien des légumes innocents se virent alors classer parmi les substances aphrodisiaques.. Ainsi, un maître d’hôtel,  Domenico Romolli, écrivait que les carottes et les panais « émeuvent la luxure et sont également venteuses. » Pauvre Alain Passard qui prend le risque de voir son Arpège transformé en lupanar. Mais reste « la coriandre qui est une semence qui, mise à macérer dans du vin, incline celui qui la mange à la luxure, mais il faut se garder d’en manger trop parce qu’elle rend fou et provoque la fureur de l’homme » notait Domenico Romolli. Très clairement, à l’époque de Lucrèce Borgia, la coriandre entrait dans la composition de cette boisson destine à attiser le désir. Je vous en donne la composition :

 

VIN DES BORGIA

 

Pour une coupe

 

1 verre de vin rouge vieux d’au moins 5 ans

1/2cuillérée à café de fleurs de muscade

1 cuillérée à café de grains de coriandre

2 quartiers de reine-claude non pelée

1 pincée de poivre

1 racine de gingembre râpée


Les ingrédients doivent infuser pendant une heure puis il faut filtrer et verser le vin dans la coupe qi sera vidée à la fin des principaux repas de la journée. Comme c’est une cure, pour qu’elle soit efficace, de répéter l’opération pendant trois jours consécutifs.

 

« La Coriandre est une plante aromatique herbacée annuelle cultivée dans les zones tempérées du monde entier et employée pour de nombreuses préparations culinaires, particulièrement en Asie, en Amérique latine et dans la cuisine méditerranéenne. Les feuilles sont généralement utilisées fraiches en accompagnement ou comme condiment. Les fruits séchés, souvent confondus avec des graines, sont utilisés comme épice. Moulus, ils sont un ingrédient de base de nombreux mélanges, tels que les currys. La coriandre est également une plante médicinale, reconnue notamment pour faciliter la digestion. On en tire une huile essentielle utilisée en aromathérapie, dans l'industrie alimentaire pour son arôme et comme agent de senteur en parfumerie, dans les cosmétiques ou les produits sanitaires. »

 

Partie fine à la BnF et Les nonnes de Murano
L'Humeur du Temps Sébastien Le FOL (extrait)

 

Les nonnes de Murano

 

La plus célèbre aventure de Casanova n’a pas eu lieu à Venise, mais sur l’île de Murano. Qui était la nonne MM que Casanova allait y retrouver et dont il déclarait « C’est une vestale, je vais goûter d’un fruit défendu, je vais empiéter sur les droits d’un époux tout-puissant, m’emparant dans son divin sérail de la plus belle de toutes ses sultanes ! » ?

Passées les boutiques de souffleurs de verre et les vitrines de bibelots, le quartier Venier est situé à l’extrême nord de l’île. Entourée de champs, d’une usine et de modestes maisonnettes, la zone était autrefois couverte par le couvent Santa Maria degli angeli, aujourd’hui disparu. Face au canal, on trouve encore son église : un imposant bâtiment de brique, témoin d’une ancienne splendeur, lorsque le couvent accueillait les filles des plus nobles familles vénitiennes.

 

Les religieuses vénitiennes

 

Les religieuses vénitiennes, à l’époque, sont un vivier célèbre de galanterie. Un grand nombre de filles, pas religieuses du tout, sont là « en attente », Surveillées, elles peuvent sortir la nuit en douce, si elles ont de l’argent et des relations. Le masque est nécessaire. Il faut rentrer très tôt le matin, avec des complicités. Les gondoliers savent cela, les Inquisiteurs d’État aussi. Il s’agit de moduler les écarts, pas de scandales, pas de vagues. Quand le nonce du pape arrive à Venise, par exemple, trois couvents sont en compétition pour lui fournir une maîtresse. Il y a du renseignement dans l’air, cela crée de l’émulation. On prend une religieuse comme on prend une courtisane de haut vol, une geisha de luxe. Les diplomates sont intéressés, et c’est le cas de l’amant de M. M., puisqu’il s’agit de l’ambassadeur de France, l’abbé de Bernis.

Avant d’accéder à l’église, on passe sous un portique où trône un bas-relief : c’est un ange qui annonce la bonne nouvelle à la vierge Marie. On imagine la tête de Casanova, lorsque, levant les yeux au ciel, il s’arrêtait sur l’image pieuse.

 

L’homme est alors âgé de 28 ans et il fait du couvent son lieu d’élection, tombant successivement amoureux de la sœur CC puis de la sœur MM. Casanova fait ses visites depuis Venise, en gondole. Il vient d’abord le dimanche, pour la messe, puis pour échanger quelques mots au parloir. Aujourd’hui l’église est à l’abandon, ses vitres sont brisées, et de vieux objets s’entassent dans la nef. On ne la visite plus. Il faut aussi imaginer la petite porte du jardin par laquelle Casanova attend les sœurs, de nuit. Les nonnes, riches filles d’aristocrates, y passent sans trop de difficultés, en corrompant leurs surveillantes. MM, « rare beauté » de 23 ans, n’est autre que Marina Morosini, héritière d’une famille de Doges.

 

Non loin de l’ancien jardin, sur la rive nord de Murano, une gondole conduisait Marina et Giacomo dans un casino (garçonnière) de la fondamenta Santi, le grand canal de l’île. D’après les Mémoires, ce lieu de débauche, dont on ignore l’emplacement exact, est des plus raffinés. MM y affiche grand style - bijoux, parfums - et fait servir à Casanova mets exquis et vins de luxe. Dans la chambre, un œilleton permet au propriétaire du casino [2] d’observer leurs ébats : il s’agit de Monsieur de Bernis, ambassadeur de France, futur ministre de Louis XV, et lui aussi amant de MM. Après quelques rendez-vous, cette dernière convie d’ailleurs CC, la première nonne conquise par Casanova : « enivrés tous les trois par la volupté, et transportés par de continuelles fureurs, nous fîmes dégât de tout ce que la nature nous avait donné de visible et de palpable ».

 

Crédit : David Bornstein, Libération, « Venise dans les pas de Casanova », 28 sept. 2009.

 

C. C. (Philippe Sollers Casanova l’admirable, extrait)

 

Elle a quatorze ans, nous savons aujourd’hui qu’elle s’appelait Cattarina Capretta. Elle passe en voiture sur une route près de Casa, la voiture verse, il se précipite, la relève dans sa culbute, et aperçoit un instant sous ses jupes « toutes ses merveilles secrètes » (phrase, on s’en souvient, censurée par le professeur Laforgue).

 

C’est la fameuse C. C. qui va, avec la non moins fameuse M. M. (Marina Maria Morosini), être une des vedettes de ce grand opéra qu’est l’ Histoire. [...]

 

C. C. a un frère très douteux, P. C., qui voit tout de suite le parti qu’il peut tirer d’un amateur de merveilles secrètes (Giacomo a vingt-huit ans, il est en âge de se marier). Il veut donc vendre sa sœur à ce prétendant. Assez niaisement, il essaie de la pousser, par l’exemple, à la débauche. Casa, pris pour un débutant, est furieux et réagit en défenseur de l’innocence. Son amour commençant pour C. C. devient alors « invincible »,

 

Il emmène sa charmante petite amie dans le jardin d’une île à l’est de la Giudecca. Ils courent ensemble dans l’herbe, ils font une compétition de vitesse avec gages de petites caresses, rien de grave, c’est une enfant :

 

« Plus je la découvrais innocente, moins je pouvais me déterminer à m’emparer d’elle. »

Se marier ? Après tout, pourquoi pas ? Mais marions-nous alors devant Dieu, ce voyeur insatiable. Ce sera le piment de la scène. Ils reviennent donc dans une auberge de l’île, nous sommes le lundi de la Pentecôte. Au lit :

 

« Extasié par une admiration qui m’excédait, je dévorais par des baisers de feu tout ce que je voyais, courant d’un endroit à l’autre et ne pouvant m’arrêter nulle part, possédé comme j’étais par la cupidité d’être partout, me plaignant que ma bouche devait aller moins rapidement que mes yeux. »

 

Giacomo, ici, nous jette dix clichés à la figure, mais des clichés très étudiés puisqu’ils doivent le décrire comme un animal vorace et un prédateur (et on voit à quel point la thèse classique d’un Casanova simple « jouet » du désir féminin est fausse, quoique très intéressée à se maintenir).


Soyons sérieux : il s’agit de dépucelage, question qui choque beaucoup les mères (même féministes) et rend les hommes hésitants, voire convulsivement jaloux :


« C. C. devint ma femme en héroïne, comme toute fille amoureuse doit le devenir, car le plaisir et l’accomplissement du désir rendent délicieuse jusqu’à la douleur. J’ ai passé deux heures entières sans me séparer d’elle. Ses continuelles pâmoisons me rendaient immortel. »


Nous avons bien lu : pas de « petite mort », mais bel et bien une sensation d’immortalité. Décidément, Dieu est de la partie. Un dieu grec, sans doute, ce ne serait pas étonnant. Au même moment, à Venise, a lieu la cérémonie solennelle où le doge, sur le Bucentaure, s’en va au large épouser la mer (exercice périlleux, il ne faut pas que le temps se gâte).


Cependant, plus tard : « Étant restés comme morts, nous nous endormîmes. »

 

Et le lendemain...

 

M. M. (par Philippe Sollers Casanova l’admirable, extrait)

 

À lui d’être dragué, maintenant, et carrément.

 

À la sortie de la messe du couvent, par lettre, une religieuse lui propose un rendez-vous. Soit il vient la voir au parloir, soit dans un « casino » de Murano. Elle peut aussi se rendre le soir à Venise.


M. M., encore anonymement, vient d’entrer en scène. Bien entendu, c’est « la plus jolie des religieuses », celle qui apprend le français à C. C. Celle-ci a-t-elle été indiscrète ? Giacomo ne veut pas le croire, et c’est son aveuglement possible qui va faire, à partir de là, l’intérêt du récit.


Il répond à la lettre, il choisit le parloir par peur de « l’attrape » : « Je suis vénitien, et libre dans toute la signification de ce mot. »


Casa a été élu sur sa seule apparence physique (du moins si C. C. n’a pas parlé : ce qui nous apparaît, à nous lecteurs, fort douteux). On ne l’étonne pas facilement, mais quand même : « J’étais très surpris de la grande liberté de ces saintes vierges qui pouvaient violer si facilement leur clôture. » Si elles peuvent mentir à ce point, on ne voit pas pourquoi elles ne lui mentiraient pas à lui, selon la loi inébranlable de la guerre des sexes. On imagine très bien M. M. confessant la petite C. C., surtout après l’épisode des linges sanglants. Tout cela sur fond d’apprentissage de la langue française. La suite du roman conforte cette hypothèse.


M. M. se montre au parloir. Elle est belle, plutôt grande, « blanche pliant au pâle », « l’air noble, décidé, en même temps réservé et timide », « physionomie douce et riante », etc. On ne voit pas ses cheveux pour l’instant (ils sont châtains). Elle a de grands yeux bleus (C. C., elle, est blonde aux yeux noirs).


Ses mains, surtout, sont frappantes, et ses avant-bras, « où on ne voyait pas de veines et, au lieu des muscles, que des fossettes ».


Elle a vingt-deux ans. Elle est potelée.


Il revient, elle ne vient pas. Il est humilié, ferré. Il décide de renoncer :

 

« La figure de M. M. m’avait laissé une impression qui ne pouvait être effacée que par le plus grand et le plus puissant des êtres abstraits. Par le temps. »

 

Allons, allons, la correspondance clandestine reprend, tout s’arrange. Ici apparaît, dans le discours, le personnage dont nous connaîtrons bientôt l’identité : l’amant de M. M. Elle a donc déjà un amant ?

 

« Oui, riche. Il sera charmé de me voir tendre et heureuse avec un amant comme vous. C’est dans son caractère. »

 

Loin d’être découragé, Giacomo s’enflamme de plus belle : « Il me semblait n’avoir jamais été plus heureux en amour . » Pauvre petite C. C. ! Avoir un « mari » si volage ! Mais attendons, elle va revenir quand l’opéra en cours le voudra.

 

Casa raisonne froidement : l’être humain, en tant qu’il est animal, a trois passions essentielles, qui sont la nourriture, l’appétence au coït assurant, avec prime de plaisir, la reproduction de l’espèce, et la haine poussant à détruire l’ennemi. L’animal est profondément conservateur :

 

Une fois doué de raison, il peut se permettre des variations. Il devient friand, voluptueux, et plus déterminé à la cruauté :

« Nous souffrons la faim pour mieux savourer les ragoûts, nous différons la jouissance de l’amour pour la rendre plus vive, et nous suspendons une vengeance pour la rendre plus meurtrière. »

 

Notre aventurier est en train de parfaire son éducation.

 

Les religieuses vénitiennes, à l’époque sont un vivier célèbre de la galanterie [voir encart ci-dessus] [...]. Les diplomates sont intéressés, et c’est le cas de l’amant de M. M., puisqu’il s’agit de l’ambassadeur de France, l’abbé de Bernis.

 

Bernis est un libertin lettré (il apparaît dans la Juliette de Sade) [...]

Voltaire (Mémoires)  :

 

« C’était alors le privilège de la poésie de gouverner des États. Il y avait un autre poète à Paris, homme de condition, fort pauvre mais très aimable, en un mot l’abbé de Bernis, depuis cardinal. Il avait débuté par faire des vers contre moi, et était ensuite devenu mon ami, ce qui ne lui servait à rien, mais il était devenu celui de Mme de Pompadour, et cela lui fut plus utile. »

Tel est l’amant de M. M., qui ne sera pas fâché si elle prend Casanova pour amant. Bernis va être bientôt célèbre dans toute l’Europe par le traité qu’il va signer avec l’Autriche, lequel vise directement Frédéric de Prusse. C’est une forme de vengeance, puisque Frédéric, comme le rappelle méchamment Voltaire, avait écrit ce vers :

« Évitez de Bernis la stérile abondance. »

 

Mme de Pompadour, on le sait, interviendra directement dans la signature du traité. Son ombre est donc là, quelque part « là-haut », à Venise. On comprend que Casanova soit échauffé par un tel plafond.

 

M. M. invite donc Casa à dîner dans le casino-studio aménagé par Bernis à Murano. Cette première fois, ils ne font que flirter :

 

« Je n’ai pu qu’avaler continuellement sa salive mêlée à la mienne. »

 

La fois suivante sera beaucoup plus pénétrante. Giacomo est quand même un peu étonné de voir que l’endroit est rempli de livres antireligieux et érotiques. La belle religieuse ardente est d’ailleurs philosophe :

« Je n’ai commencé à aimer Dieu que depuis que je me suis désabusée de l’idée que la religion m’en avait donnée. »

 

Ce disque étant désormais usé, on se demande quelle pourrait être aujourd’hui la déclaration d’un tempérament vraiment libertin. Peut-être celle-ci : « Je n’ai commencé à aimer ma jouissance que lorsque je me suis désabusé de l’idée que la marchandise sentimentale ou pornographique m’en avait donnée. Il n’est pas facile d’échapper à ce nouvel opium. Le vice positif demande beaucoup de discrétion, de raffinement, de goût. Venez demain soir et nous nous moquerons de la laideur générale, de la mafia, du fric, du cinéma, des médias, de la prétendue sexualité, de l’insémination artificielle, du clonage, de l’euthanasie, de Clinton, de Monica [4], du Viagra, des intégristes, barbus ou non, des sectes et des pseudo-philosophes. »


Chaque moment historique a ses transgressions. Une religieuse libertine n’est guère envisageable de nos jours (mais sait-on jamais). Au milieu du XVIIIe siècle, en revanche. moment de gloire du catholicisme, donc des Lumières (tout est dans la compréhension de ce donc), cette contradiction apparente peut se donner libre cours. M. M. propose bientôt à Casanova de se laisser voir en action avec elle par son prélat ambassadeur dissimulé dans un cabinet invisible. Il doit jouer son rôle naturel. Tous deux sont d’excellents acteurs. À tel point qu’à un moment donné Giacomo saigne. On apprend plus tard que le futur cardinal de Bernis a été très content d’avoir eu, pour lui seul, sa projection privée de cinéma porno live.

 

La suite du programme ne se fait pas attendre.link

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 16:00

 

Hier, 8 mai, après avoir profité le matin d’un peu de soleil en terrasse en me régalant de deux œufs coques mouillettes arrosés d’un verre de Potron Minet Pari Trouillas (1) tout en épluchant la presse, je me suis replié devant mon écran vu le temps qui repiquait au vent et à la pluie. J’en ai profité pour tenter de m’y retrouver dans mon stock de 2840 chroniques et j’ai redécouvert certains écrits anciens.

photopotron.jpg

Dans le débat électoral récent un thème m’a particulièrement mis en « joie » : celui de la compétence. Elle serait l’apanage de ceux qui sont proches des milieux d’affaires, eux seuls sauraient gérer un pays puisqu’ils défendent ceux qui tiennent les rênes des entreprises. Que je sache, depuis 2002, ce concubinage notoire a été mis à l’épreuve des faits. En effet, qui gouverne le pays : nos responsables politiques ou leur entourage de hauts fonctionnaires qui tiennent la plume des notes à l’attention de… ? Je passe aussi sur les visiteurs du soir, type Alain Minc, eux aussi issus du même moule. Tout le problème de nos démocraties représentatives, où en effet les citoyens ont beaucoup de mal à comprendre que soudain le député du coin se voit propulser à des responsabilités ministérielles, est que nos dirigeants puissent être en capacité de ne pas être que des hauts parleurs de leurs experts.


La chronique qui suit en est un micro-exemple Fonds souverain : lettre aux petits génies de Bercy, pas ceux du vin, les gardiens du Trésor…, elle date de fin 2008, je la reproduis sans aucune modification link

 

Chers collègues,

 

J’ose vous apostropher ainsi car même si je ne suis, ou plus exactement n’était pour vous, qu’un clanpin avec de la paille dans ses sabots, représentant les péquenots, plutôt porté sur le piccolo qui fait rentrer beaucoup de picaillons dans votre panier percé. François le florentin de Jarnac qu’aimait tant les arts vous a bouté hors du Louvre, malgré les efforts désespérés d’Édouard le byzantin du XVIe, pour vous installer dans un grand machin bâti par un néostalinien, sur l’ancien territoire du pinard : Bercy.


La suffisance fait partie de vos gènes et, les meilleurs d’entre vous sont allés exercer leurs talents en nos belles banques, Daniel Bouton par exemple. Face à nos arguments de représentants d’une économie si réelle, si besogneuse, si bouseuse, vous opposiez la toute-puissance de votre credo de la libération des entraves à la concurrence. Ne jamais inquiéter les dieux du marché. Avec les gnomes de l’Union, tels les cabris du Grand Charles, pour nous renvoyer dans nos dix-huit mètres, nous clouer le bec, vous psalmodiez à l’envi : « l’Europe, l’Europe, l’Europe… » Au nom de la non faisabilité communautaire vous avez étouffé dans l’œuf des initiatives qui seraient, en cette période où votre caquet est un peu cloué, d’une grande utilité pour nos entreprises.


Je m’explique. Que lis-je dans le très libéral Figaro : « Il est né le «Fonds stratégique d'investissement français». Doté de 20 milliards d'euros, détenu majoritairement par la Caisse des dépôts, avec l'appoint de l'État, sa vocation sera double : conforter des entreprises saines malmenées par la crise et «sécuriser le capital d'entreprises stratégiques». L'effondrement de la Bourse est en effet propice aux prédateurs. »


Que proposait en juin 1993 les très libéraux rédacteurs de Booz Allen Hamilton dans leurs recommandations pour assurer le développement de la filière vin : « la création d’un fonds d’investissements baptisé FIDEVI »


En 2001, page 69, dans mon rapport j’en remettais une louche.


Plus récemment j’ai soutenu, sans aucun succès, une initiative de Fonds d’Investissement Interprofessionnel du Vin.


Bref, en 15 ans, avec la complicité de certains dirigeants professionnels, chers collègues visionnaires, vous avez réussi à bloquer une initiative qui nous aurait permis d’accumuler une pelote bien utile en ces temps difficiles.


Voilà de la belle ouvrage à porter à votre crédit et je ne résiste pas au plaisir de citer la brillante analyse, datant de mars de 2007, de l’économiste en chef de Natixis, Patrick Artus, l’un des vôtres, « les marchés financiers croient n’importe quoi : la liquidité va se raréfier, l’économie chinoise va fortement ralentir, il peut y avoir une récession aux USA, la profitabilité va se retourner à la baisse, la crise du crédit immobilier « subprimes »(et les crédits à taux variables) aux USA va déclencher une crise bancaire et financière.


Or toutes ces affirmations sont fausses. La crédulité et l’absence de sang-froid des marchés financiers sont donc remarquables (…) Toutes ces frayeurs sont sans objet. »

Comme dirait l'ignoble Bigard au féminin « vraiment vous êtes bons ! »

Je vous demande aussi de méditer la lettre qu’adressait à ses investisseurs, en septembre dernier, Andrew Lahde, 37 ans, dirigeant d’un petit fonds californien qui spéculait sur un effondrement des subprimes.

« Aujourd’hui je n’écris pas pour jubiler. Eu égard aux souffrances endurées en ce moment par presque tous, ce serait totalement déplacé de ma part. Je n’écris pas non plus pour faire encore quelques prédictions, puisque la plupart de mes prévisions se sont réalisées ou sont en cours de l’être. En fait, je vous écris pour vous dire adieu […]


Récemment, en première page de la section C du Wall Street Journal, un gestionnaire de hedge fund qui était lui aussi en train de fermer boutique était cité : «  Ce que j’ai appris avec les hedges funds, c’est que je les déteste », disait-il. Je souscris totalement à cette déclaration…Si je me suis lancé dans ce biseness, c’était uniquement pour l’argent […] Le fait que j’ai pu trouver des idiots à qui leurs parents avaient payés les meilleures écoles et un MBA à Harvard pour être de l’autre côté de mes transactions n’a fait que facilité ma tâche. Je bénis le système qui a propulsé ces gens aux plus hauts postes d’entreprises comme AIG, Lehman ou Bear Stearn et à tous les niveaux du gouvernement […] Aujourd’hui, j’ai décidé de ne plus gérer de l’argent, que ce soit celui d’individus ou d’institutions. La gestion de ma propre fortune me suffit. […] Je cède ma place à ceux qui tentant d’amasser des sommes à neuf, dix ou même onze chiffres. Pendant ce temps ils mèneront des vies minables. Avec leurs réunions qui s’enchaînent les unes derrières les autres, leur agenda rempli pour les trois mois à venir, ils attendront avec impatience leurs deux semaines de vacances en janvier pendant lesquelles ils resteront collés à leur Black Berry. Pourquoi faire ? De toute façon, dans cinquante ans personne ne se souviendra d’eux. »


Dur, dur, chers collègues de se faire mettre ainsi le nez dans sa mouise. Bon Prince, je vous dis : « passons tout cela par Pertes&profits et attelons-nous à bâtir dans le cadre du Fonds souverain, un Fonds Vin pour le développement de nos entreprises du vin, petites, moyennes ou grandes… Je ne vais pas vous faire un dessin tout est écrit : le Crédit Agricole, Unigrains, Sofiprotéol, la Caisse des Dépôts pour constituer le pied de cuve puis, à la grâce des grands chefs du vignoble et du négoce, pour ériger un vrai Fonds Interprofessionnel…du vin » Profitons de l’élan donné, sortons de nos petits pré-carrés insignifiants, donnons-nous les moyens de tenir notre vignoble en confortant ceux qui vont défricher les marchés. Le vin est un produit stratégique.


Je suis têtu. Je n’aime pas perdre lorsque la réalité me donne raison. J’attends votre appel pour que nous remettions sur le métier l’ouvrage. Vous connaissez ma raison sociale, vous avez mes coordonnées, reste plus qu’à passer à l’acte. Je reste à votre disposition. Merci par avance de ce que vous allez faire.


Bien à vous.


L’ex-pompier de service

 

Jacques Berthomeau

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(1)   « Jean Sé ou la merveilleuse histoire d'un jeune coursier parisien qui se passionne pour les vins Natures en les découvrant et les comprenant dans les lieux choisis tels que le Baratin chez Raquel et Pinuche, le Chapeau Melon chez Olivier et au Verre Volé chez Cyril.

Puis n'écoutant que sa passion, il consacre son temps libre à assister ses premiers maîtres que sont Thierry Puzelat en Loire puis Jean François Nicq dans les Albères : la graine est plantée.

Il se lance ! choisit la commune de Fourques à côté de Trouillas dans les Aspres, contreforts du Canigou, le Fujiyama des Catalans !

Aujourd'hui, il conduit en Bio un peu plus de 12ha de vignes dès potron minet... ou presque !

Ses cuvées ont les jolis noms de Pari Trouillas (blanc, rouge et rosé), La Berlue, Roulé Boulé, Quérida et Toussaint : elle sont vinifiées le plus naturellement possible avec toute l'attention de ce passionné qui, nous en sommes sûrs, est parti pour durer.

Il est où le chat ? hein ? »

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