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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 16:00

 

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Nous nous apitoyons beaucoup sur nous-mêmes, sur notre sort en des temps que nous estimons violents, difficiles, anxiogènes, et qui le sont, mais sans vouloir établir de degrés dans la dureté des temps car il s’agit, dans les faits historiques que je vais évoquer, d’ignominie, de barbarie, de la face la plus immonde de la nature humaine, permettez-moi des rappels qui me semblent utiles pour tous ceux, y compris moi-même qui n’ont pas vécu l’une des périodes les plus noires de notre pays.

 

Je viens de lire un livre qu’il faut lire : « La vie après » de Virginie Linhart au Seuil 17€ où l’auteur, à propos des juifs rescapés des camps d'extermination, pose des questions qui jusqu’à ce jour n’ont pas trouvé de réponses auprès des intéressés dont l’âge s’avance : « comment renouer avec le fil d’une existence interrompue dans une telle violence ? Comment se reconstruire quant tant des vôtres ont disparu ? Comment croire à l’avenir, à l’amour, en la descendance ? Comment vivre après ? »


Lisez-le !

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Les faits que je vais évoquer, tirés de ce livre, concerne une survivante interrogée par Virginie : Violette Jacquet, juive d’origine hongroise, née en Roumanie déportée de France, en octobre 1943, à l’âge de 18 ans, avec ses parents, qui seront gazés. Elle a eu la vie sauve grâce à sa participation à l’orchestre du camp dirigé par la violoniste Alma Rosé, nièce de Gustav Mahler. Virginie et Violette se retrouvent au réfectoire de l’hôtel national des Invalides, maison de retraite des victimes de guerre, « plateau en main sur lequel trône la demi-bouteille de bordeaux – qui se révèlera, comme annoncé, excellent – et Violette explique que l’orchestre avait pour mission de jouer à l’entrée et à la sortie du camp, afin de faire défiler au pas les prisonnières qui partaient travailler : « les femmes marchaient en cadence cinq par cinq au rythme des marches militaires que nous interprétions : c’était beaucoup plus facile pour les compter ! Vous savez les nazis passaient leur temps à compter et à recompter les prisonnières… Nous donnions également des concerts pour les déportés le dimanche après-midi dans le no man’s land entre le camp A (camp de quarantaine) et le camp B (camp de travail). Parfois aussi les Allemands venaient écouter quelques morceaux dans notre bloc, mais jamais ils ne s’asseyaient. »


Alma osé « à force de travail obtint de la part des prisonnières musiciennes amateurs de son orchestre de très bons résultats. Quand elle mourut à Auschwitz le 4 avril 1944, les nazis firent dresser un catafalque dans le camp en l’honneur de cette violoniste juive autrichienne exceptionnelle… » Le destin de Violette Jacquet a inspiré un livre pour enfants Les sanglots longs des violons Oskar Jeunesse 2007. Au cours du repas Violette confie à Virginie « Toute mon enfance, ma mère m’avait poussée à jouer ne cessant de me répéter « Exerce-toi ! On ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie ! » Si elle avait su à quel point elle avait raison… C’est le violon qui m’a permis de sauver la peau à Auschwitz. »


9 Juin 1944, Tulle


« Dès six heures, les troupes allemandes raflent les « hommes valides » (entre 16 et 60 ans) et perquisitionnent les habitations à la recherche d’armes et de matériel de guerre cachés. Environ 2 000 hommes sont ainsi rassemblés dans la Manufacture d’armes. Les procédures policières habituelles (contrôle des documents d’identité, interrogatoire de chaque individu) sont mises en œuvre dans une certaine précipitation par l’officier-interprète Walter Schmald, en présence du colonel Bouty, le « maire » et du chef de cabinet du préfet, Torrès, sous contrainte de la clause n° 10 du traité d’Armistice. À leur issue, 120 hommes sont considérés comme suspects de participation à la Résistance par les Allemands, ce sur des indices à valeur problématique : domicile hors de la ville, tenue vestimentaire, réponses insatisfaisantes ou comportement « anormal » lors de l’interrogatoire, convictions communistes connues, réfugié politique, ou absence de personne garante. Les 120 hommes sélectionnés sont voués à la mort par pendaison, Walter Schmald refusant de les faire fusiller. Les hommes encore détenus dans la Manufacture furent amenés afin qu’ils assistent aux exécutions. Grâce à l’intervention de Jean Espinasse, l’aumônier du lycée, lui-même pris dans cette rafle, qui avait été admis à prodiguer aux condamnés les réconforts de la religion et recueillir les objets et derniers mots destinés aux leurs, la procédure de pendaison aux balcons et réverbères de la ville fut interrompue au chiffre de 99. A l’abbé qui venait d’obtenir la grâce du dernier groupe d’otages et soulignait que c’étaient des innocents qui étaient exécutés, Walter Schmald répondit qu’il ne faisait qu’exécuter les ordres.


Extrait d’Oradour souviens toi www.oradour-souviens-toi.fr


« 10 juin 1944, c'est jour de distribution de tabac,..., la vision d'Oradour bascule dans l'effroi. C'est une belle journée de printemps qui s'annonce, les enfants retournent en classe et le déjeuner se termine doucement dans le restaurant Milord ou encore chez les particuliers. Il y a quatre jours que le débarquement en Normandie a eus lieu, les troupes de soldats allemands remontent sur le front. La résistance fait tout pour les retarder ou les en empêcher.


Depuis le débarquement, la Résistance amplifie ses actes contre la progression des Allemands et leur remontée vers la Normandie. Plusieurs incidents et la position de faiblesse des S.S. va motiver l'exécution d'un acte destiné à impressionner (et surprendre) la population et (peut-être) calmer l'ardeur des résistants. C'est une méthode que les S.S. ont eu l'habitude de pratiquer sur le front de Russie. Ainsi les Allemands choisissent un village sans passé avec le maquis ou la résistance, un lieu tranquille, pour se "venger". Le choix est aussi fait en fonction de la taille du village et des capacités des S.S.


En début d'après-midi, les Waffen S.S. encerclent Oradour et rabattent vers le centre-bourg les personnes qui travaillent dans les champs. La population est rassemblée sur la place principale (le Champ de Foire) pour le prétexte d'un contrôle d'identité. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants qui seront menés dans l'église.


Les hommes sont répartis en six groupes et menés dans les plus grandes remises ou granges d'Oradour où les allemands ont installé des mitrailleuses.


A 16 heures, et en quelques secondes les hommes sont abattus sans comprendre pourquoi. Certaines victimes recevront le coup de grâce. Les allemands recouvrent les corps de matériaux combustibles et mettent le feu dans ces lieux de supplices ainsi qu'aux maisons. Seulement cinq hommes pourront sortir de la grange Laudy sans être abattus par les bourreaux.


A 17 heures, c'est malheureusement au tour des femmes et des enfants (400 personnes) réunis dans la petite église. Les allemands déposent une caisse au milieu de la foule, au milieu de l'édifice. Il en dépasse un cordon qu'ils allument. Cette caisse destinée à asphyxier, explose et met en éclat les vitraux. L'asphyxie ne s'opère alors pas comme les allemands le prévoyaient. C'est alors qu'ils tirent sur les femmes et les enfants. (Aujourd'hui, on peut encore voir les impacts des balles sur les murs intérieurs de l'église). Une femme, Mme Rouffanche, parvient à s'enfuir par un vitrail. Elle est suivie par une autre femme et son bébé. Les cris du bébé alertant les allemands, ces trois personnes sont mitraillées. Seule Mme Rouffanche, bien que blessée, survit en se cachant dans un rang de petits pois dans le jardin du presbytère.


Le pillage, la destruction du village se poursuit en fin d'après-midi. Les personnes qui sont simplement blessées meurent brûlées vives. Le lendemain, il n'existe plus que des pans de murs calcinés desquels s'échappent encore de la fumée. Oradour-sur-Glane est rayé de la carte avec ses habitants (328 constructions et 642 victimes). On ne compte que six survivants au massacre (personnes s'étant échappées des lieux de supplice) : 5 hommes et une femme. Quelques autres personnes échappent à la tragédie car elles sont absentes du bourg ou se sont cachées ou enfuies à l'arrivée des allemands par crainte.


 A 19 heures, le tramway venant de Limoges arrive sur Oradour. Les occupants sont emmenés dans une ferme proche. Ce n'est qu'en fin de soirée qu’ils sont relâchés. »


Les femmes tondues à la Libération Jean Rochefort enfant

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 00:09

Yu Zhou est « arrivé de Chine à la gare de Nantes avec trois bagages et les regards curieux de quelques badauds, il y a maintenant plus de dix ans. ». Il plaisantait souvent avec ses amis en disant  que « dans le cas d’un raid aérien » il pourrait mettre ses affaires dans ses 3 bagages en moins de 3 minutes et « courir dans un abri ». En janvier 2012, « François Cheng, académicien français d’origine chinoise arrivé en France à l’âge de dix-neuf ans et aujourd’hui âgé de quatre-vingt-trois ans » soulignait que « la France [lui] a permis de renaître de [s]a vie » Yu lui indique que la France lui a permis « non pas de renaître à ma vie, mais de me « réincarner en quelque sorte dans une autre vie, plus dense et plus originale. » et il est enthousiaste « Grâce à la France, j’ai pu rencontrer des personnes formidables et découvrir des choses merveilleuse, que je n’aurais probablement jamais connues dans ma vie antérieure, par exemple la gastronomie, qui est devenue l’une de mes passions. »

 

« La gastronomie chinoise a une longue histoire, d’au moins trois mille ans » écrit-il et de citer le professeur Zhang Qijun qui  « a qualifié la culture chinoise de culture de la table et l’occidentale de culture de la chair. » en ajoutant « que la France et quelques autres pays » qui possèdent sans doute les deux cultures sont des exceptions. Mais, la Chine, a connu un autre tabou : « la gastronomie a été aussi, pendant presque vingt ans au siècle dernier, synonyme de « bourgeoisie et décadence », et donc peu accessible au peuple. » Au temps des Gardes Rouges « certains excités avaient même instauré le « repas révolutionnaire » où l’on devait se forcer à ingurgiter des nourritures à la limite du consommable en souvenir des « atrocités de l’ancien régime. » citation de Christian Gault.

 

Yu Zhou vient  de publier les tribulations d’un gastronome chinois en France La Baguette et la Fourchette chez Fayard. 14€.

 

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Dans l’un des chapitres : le vin français et le thé chinois il écrit :

 

« Il y a quelques années, j’ai vu un reportage à la télévision sur le développement d’un hypermarché français en Chine. Le journaliste montrait un produit probablement unique au monde mis en vente dans le magasin : une sorte de pack comportant une bouteille de vin et une bouteille de Sprite. Cette combinaison surprenante est due au fait que les consommateurs chinois (ou du moins certains d’entre eux) jugent que le vin n’est pas assez sucré. Ils y ajoutent donc du soda. Aujourd’hui cette pratique n’est plus à la mode. Mais à dire vrai, quand j’étais en Chine, j’appréciais ce mélange. Dès que je raconte cette anecdote à mes amis ici, tout le monde crie au scandale car il s’agissait parfois de bouteilles de vin français très cher !

 

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais au printemps dernier, un ami chinois est venu me rendre visite à Paris. Il m’a apporté un petit paquet de thé nommé « Puits du dragon », le thé vert le plus connu en Chine. J’avais hâte de faire goûter ce thé à un mi français. Quand tout fut prêt pour l’infusion du thé, il me demanda du sucre. Je le regardai avec des yeux « qui faillirent en tomber », comme on dit en chinois. J’avais du mal à imaginer comment mon ami chinois aurait réagi s’il avait été présent ce jour. Comment oserait-on ajouter autre chose que de l’eau dans ce thé ? Il faut savoir qu’en Chine même le meilleur thé au jasmin n’est pas considéré comme un grand cru, car le parfum du jasmin perturbe celui du thé. Je parvins à retenir mes mots et lui proposai même du lait. »

 

Ensuite Yu évoque l’évolution du goût du vin et de la manière de le boire en citant Montaigne qui « trempait » son vin. Dans les Essais n’écrivait-il pas « Je haïrais autant un Allemand qui mit de l’eau au vin, qu’un François qui le boirait pur ». Et de souligner « que le thé en Chine connaît une évolution identique à celle du vin » En effet, « à l’époque des Trois Royaumes (IIIe siècle), les Chinois ajoutaient des épices et du sel pendant la préparation du thé. »  et les Chinois ont probablement oublié « que la manière dont eux-mêmes boivent le thé aujourd’hui ne date que  de la dynastie des Ming (1368-1644). En 1391, Zu Yuanzhang, le premier empereur de cette dynastie, ordonna par décret impérial de remplacer les galettes de thé par du thé en vrac pour tout thé d’offrande impériale. Dès lors, l’infusion des feuilles de thé devint le seul mode de breuvage en Chine, sauf chez certaines minorités. »

 

Yu aborde aussi un point très intéressant : pourquoi le thé introduit par les Hollandais en Europe en 1606 a-t-il connu une telle popularité chez les Anglais ? Il cite des anthropologues Alan Macfarlane et Sidney Mintz pour qui « le thé a joué un rôle important pendant la révolution industrielle en Angleterre. Le thé sucré était une sorte de produit pour la class laborieuse. Il remplaçait l’alcool, qui nuisait à la productivité des ouvriers, et leur donnait des calories supplémentaires pour supporter une journée pénible de travail. »

 

Pour Mintz « tout comme le thé sucré ou le cinéma avec le pop-corn, le capitalisme aurait « condensé le plaisir de consommer en consommant plusieurs choses à la fois ». Et Yu de s’interroger avec humour « Le vin « spiritisé » serait-il alors le fruit du nouveau capitalisme en Chine ? »

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 16:00

L’une des rares chansons de Johnny qui m’a trotté dans la tête c’est « Retiens la nuit », 1961, dans le film à sketches « Les Parisiennes » réalisé par Marc Allégret Johnny chantait pour Catherine Deneuve qui interprétait Sophie.

 

Retiens la nuit / Pour nous deux jusqu'à la fin du monde / Retiens la nuit / Pour nos cœurs dans sa course vagabonde /  Serre-moi fort contre ton corps / Il faut qu'à l'heure des folies /  Le grand amour raye le jour / Et nous fasse oublier la vie…

 

La nuit, les corps à l’heure des folies… il y avait de quoi faire rêver l’ex-enfant de chœur qui n’aimait rien tant, au moment de la distribution des hosties par le curé-doyen, lorsqu’il tendait le petit plateau sous le menton des jolies femmes de la paroisse, agenouillées, mains jointes, jamais tête nue, que d'imaginer : ils les imaginait dans les bras de leurs amants…

 

La nuit c’est aussi l’heure des alcools forts, l’Hemingway, la mythologie du barman qui, dès votre arrivée, vous prépare votre cocktail favori en vous donnant du mister Bogart, alors vous vous prenez pour Philip Marlowe, Mike Hammer ou pour Raymond Chandler, Mickey Spillane… les blondes platinées… les indics minables… les flics véreux… les politiciens stipendiés… Une faune, un écosystème qu’il faut cultiver afin de ne pas sombrer dans la mélancolie des temps post-modernes si conformistes...

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Je ne suis pas un pilier de bar mais de ceux qui cultivent et défendent, non pas les night-clubeur mais les seigneurs qui savent encore retenir la nuit… refaire le monde… griller un peu la vie…

 

Trop d’asepsie tue la vie alors lorsque Carole m’a entraîné à LMDW Fine Spirits link du carrefour de l’Odéon pour que Stanislas Jouenne, barman et responsable de la boutique m’initie à l’art du vieillissement des cocktails, j’ai de suite dit oui.

 

Depuis quelques années, les hommes de l’art du cocktail, des mélanges, du mix, de part et d’autre de l’Atlantique s’intéressent au vieillissement en fût, technique jusque-là réservée aux vins et spiritueux. Son alchimie complexe, et notamment la subtile combinaison d’oxydation et d’extraction du bois, apporte fondu délicat, caractère et longueur en bouche au cocktail. En un mot, une création à part entière.

 

En 2011 Stanislas Jouenne, un passionné, a entamé ses recherches sur ce procédé. Aidé d’Alexandre Gabriel (Cognac Ferrand), il a mis au point une technique de vieillissement des cocktails directement inspirée de celle utilisée pour la maturation des spiritueux. Pour ce faire il a choisi des fûts de 10 litres en chêne du Limousin, préalablement culottés avec un spiritueux. L’alcool utilisé pour chemiser le fût est retenu en fonction des caractéristiques de chaque cocktail et de l’apport aromatique recherché.

 

Ainsi est née la collection Barrel Aged Cocktails composée de 7 recettes : 

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- Quatre grands classiques : Manhattan et Harvard (fûts culottés au rhum) ; Martinez et Negroni

(fûts culottés au cognac) ;

 

- Deux grands classiques revisités : Smoked Mexican Negroni et Rum’tan (fûts culottés au cognac) ;

 

- Une création originale : Botzaris, une base de cognac et rye whisky vieillie en fût culotté au rhum.

 

En tant que Taulier respecté sur la place de Paris j’ai eu le privilège de la part de Stanislas à un exercice exceptionnel :

 

-         J’ai choisi 3 cocktails

 

-         Stanilas  me les a préparé en direct live puis a servi le même vieilli en fut de chêne ;

 

-         J’ai dégusté et comparé les 3 x 2 ;

 

-         L’effet vieillissement est évident à la fois pour l’aspect visuel du cocktail : plus de brillance chez le Barrel, et pour le goût : plus de finesse, de douceur et de longueur en bouche toujours pour le vieilli en fûts de chêne.

 

-         J’ai choisi le Manhattan (Nikka Whisky+Angostura+Noilly Prat rouge) fût culotté au rhum.

 

Démonstration en images :

 

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Pour les amateurs d’étymologie par traduction directe de l'anglais, « cock » veut dire « coq » et « tail » : « queue » mais je ne m’aventurerai pas sur les nombreuses spéculations quand à l’origine du mot

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Les Barrel Aged Cocktails font l’objet d’une production limitée.

Chaque création est proposée en bouteille de 70cl. Prix entre 59 et 80 €, selon la création. Dans la limite des stocks disponibles comme on dit.

 

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 00:09

Elle court, elle court notre Eva, chaque jour elle saute la barrière de l’infernal périphérique et, de ses longs doigts aux ongles faits – toute la palette des couleurs y passe –, elle pianote des Tweet qui s’envolent sur la Toile pour le plus grand bénéfice de l’extension du domaine du vin. Mais Eva va au-delà des mots, elle joint le geste à la parole, et si j’osais j’écrirais qu’elle ne fait pas que tweeter elle sait lever le coude, avec grâce et dextérité, en toute circonstance.  Elle ne fait pas de cinéma, elle est nature  ça repose des simagrées des patentés. Pas blasée pour deux sous notre Eva, sa bonne humeur et sa convivialité, elle les passe au nez et à la barbe des douaniers du vin chargés de veiller sur la ligne Maginot de l’orthodoxie. Eux si compassés, si engoncés, si coincés la laisse filer sans oser lui demander ses papiers. J’adore ! J’adore d’autant plus, que moi, j’ai l’exclusivité de ses papiers  Vas Eva nous buvons tes paroles…

 photo Eva

 

Soleil, soleil, soleil, enfin, même s'il joue à cache-cache aujourd'hui ! Ici, à Paris, à défaut de terrasse et de barbecue, nous nous contentons de pique-niquer dans les parcs pris d'assaut au moindre rayon de soleil par des visages grisâtres en manque de luminosité et de bronzage.

 

J'adore les pique-niques, mais j'aime plus encore les barbecues pour boire du vin. L'avantage du barbecue est qu'il se déroule généralement non loin d'un placard à vrais verres. Oui parce que les gobelets en plastique pour les pique-niques, c'est pratique. Mais juste pratique. Pour apprécier les qualités aromatiques d'un vin, on repassera. Mieux vaut réserver vos belles bouteilles glouglou pour les barbecs.

 

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Alors, que boit-on pour un barbecue?

 

Par pitié, arrêtez les rosés tièdes et les rouges restés trop longtemps en plein soleil. Généralement, je préfère les vins rouges pas trop costauds, sur le fruit, dont les tanins n'écrasent pas la bouche et dont le taux en alcool permet de finir le repas en bon état.

 

Une idée de bouteille de barbec?

 

Les Saint Martin, Domaine des Pierres sèches, 2010 : pas de prise de tête, juste de la gourmandise, des tanins présents mais tous ronds, une matière légère mais pas trop, du fruit rouge frais qui explose. C'est bon, vraiment glouglou, 100 % torchable, ça passe très très bien. D'après ce que j'ai pu lire sur le blog de Philippe, le nom de domaine étant déjà utilisé, il se pourrait que les trois compères à la tête de de tout jeune domaine change de nom. link Histoire à suivre donc pour ce jeune domaine déjà très prometteur (leurs blancs aussi valent le coup).

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Les Saint Martin, quel que soit le futur nom du domaine, est donc une bien belle cuvée de barbec, découverte chez Paco, de la Cave d'Ivry - à Ivry comme son nom l'indique - lors d'un salon engagé et bien organisé « Les papilles résistent, le salon des vins libres. » Enfin, elles ne résistent pas longtemps les papilles face à une aussi belle sélection, elles ne se font pas prier du tout.

 

Et alors Paco, t'aurais pas un autre vin à me recommander pour faire un beau barbec ?

Si, un du domaine Le Bouscas, dans le Gers. Une cuvée en blanc (Maeva, ça doit être prédestiné !) et deux cuvées en rouge. Sauf qu'en plus de permettre de passer un bon moment et de donner du plaisir à ceux qui les consomment, acheter ces vins pourraient aussi filer un sacré coup de main au vigneron qui en a bien besoin : link

 

Alors, anticipons un peu les barbecs de septembre prochain en filant un coup de main au domaine Le Bouscas et laissons Paco nous guider pour les barbecs de cet été.

 

Domaine Le Bouscas

32330 Gondrin, France

06 77 67 86 98

link

 

La Cave d'Ivry

40 rue Marat

94200 Ivry-sur-Seine

01 46 58 33 28

link

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 16:00

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« Venice, Californie, avait autrefois de  quoi plaire à ceux qui aiment être tristes : du brouillard à peu près tous les soirs, et le grondement des installations de forage au long de la côte, et le clapotis de l’eau noire dans les canaux, et le crissement du sable contre les  fenêtres quand le vent se levait et chantait sur les aires dégagées et les promenades désertes. »

 

C’est la première phrase, le premier paragraphe de La solitude est un cercueil de verre publié en 1985 sous le titre original Death is a lonely Business par Ray Bradbury. Ce livre n’est certes pas le plus connu, ni aussi le meilleur, de celui qui est présenté comme la légende de la science-fiction, et dont la famille a annoncé mercredi le décès à 91 ans. Je ne suis pas un grand lecteur de SF mais Fahrenheit 451 (1953), inspiré par les autodafés nazis de livres écrits par des Juifs, ou encore Chroniques martiennes (1950), sur les risques de déshumanisation face à l'avancée des sciences sont des classiques.

 

Cette première phrase m’a fasciné : j’ai toujours été un obsédé de la première phrase lorsque je me retrouvais devant la page blanche d’une dissertation puis, comme en 1985, d’un discours pour le compte de mon Ministre. La première phrase c’est l’accroche, celle qui donne envie, celle qui marque, celle qui donne le tempo de l’écriture. Ainsi je pouvais rester un temps fou à griffonner, à gommer, à chercher comment entrer en écriture. Les 5 et de la première phrase de Bradbury – je n’ai jamais eu en main la version originale du livre – installaient le climat de ce livre où Bradbury rompait avec le genre où il excellait pour rendre un hommage au roman noir américain. Sa dédicace : à la mémoire de Raymond Chandler, Dashiell Hammett, James M.Cain et Ross MacDonald en témoigne.

 

Ray Bradbury dans ce roman ne maîtrisait pas forcément tous les codes du genre mais son humour, sa capacité à créer des ambiances, à restituer ce qui fait le charme d’une énigme policière : dans le vieux tramway rouge, grinçant, le jeune narrateur tête brûlée, romancier en devenir, seul avec un poivrot ivre qui lui souffle « Oh ! La solitude est un cercueil de verre. » avant de disparaître alors qu’en contrebas, dans le canal, un vieil homme se balance, mort, dans une ancienne cage à lion. L’inspecteur Crumley n’a pas d’épaisseur, il flotte tout autant que le narrateur dans un Vénice du bout du bout du monde plein de nostalgie.

 

Dans La solitude est un cercueil de verre Ray Bradbury ne peut se départir de sa plume de romancier, il ne se soumet pas à l’implacable réalisme du roman noir qui noue des intrigues complexes pour mieux les démêler. Lui écrit, car pour lui « l'écriture s'apparente à un noyau de passion enrobé d'une coquille d'intelligence », celle-ci ne devant « servir qu'à s'assurer qu'on ne fait pas de grosses bêtises ». « Dans la vie, comme dans l'écriture, il faut agir par passion : les gens voient que vous êtes honnête et vous pardonnent beaucoup", soulignait Bradbury.

 

« A l’intérieur m’attendaient :

 

Un studio vide de six sur six contenant un divan élimé, une étagère comprenant quatorze livres et beaucoup d’espace disponible, un fauteuil rembourré acheté au rabais chez Good Will Industries, un bureau en pin brut venu de chez Sears Roebuck et sur lequel trônait une machine à écrire Underwood  Standard modèle 1934, non huilée, aussi grosse qu’un piano de concert et aussi bruyante que des sabots dansant des claquettes sur un parquet nu. » page 25

 

On comprend mieux, après avoir lu cette phrase, que Bradbury déclarât « La chose la plus amusante dans ma vie, c'était de me réveiller chaque matin et de courir jusqu'à la machine à écrire parce que j'avais eu une nouvelle idée »

 

« ROMAN SANS TITRE

Avec mon nom en dessous. Et la date, 1er juillet 1949.

 

Ce qui faisait trois mois plus tôt.

 

Je frissonnai, me déshabillai, me séchai, enfilai un peignoir et revins me planter devant devant mon bureau.

 

J’effleurai la machine à écrire en me demandant s’il s’agissait d’un ami perdu de vue, d’un homme ou d’une maîtresse désagréable.

 

A un certain moment, quelques semaines plus tôt, elle avait émis des sons qui évoquaient la Muse. Maintenant le plus souvent, je restais assis devant cette foutue machine comme si quelqu’un m’avait coupé les mains à hauteur du poignet. Trois ou quatre fois par jour, je m’asseyais là, torturé par les élans littéraires. Rien ne venait. Ou, dans le cas contraire, cela finissait par terre en boules froissées que je balayais chaque soir. Je traversais ce long désert connu sous le nom de Panne Sèche, Arizona. » page 26.

 

Écrire !

 

Pour saluer le départ de Ray Bradbury je le cite dans Chroniques martiennes « Vous n'avez pas à brûler les livres pour détruire une culture. Faites seulement que les gens cessent de les lire » en espérant que les autodafés virtuels n’aient pas entamé cette destruction !

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 00:09

Avec le vin je n’ai pas besoin du mode d’emploi pour aimer, tout bêtement parce que je ne sais pas lire les notices et que ça s’apparente pour moi à la littérature du genre les 12 règles pour réussir son couple. Et puis quoi encore, les missionnaires évangélisateurs des peuplades ignares – j’en suis une à moi seul – m’emmerdent : je suis pour la laïcité du vin ! Ras-le-bol des croisés, des excommunicateurs, des fais pas ci, fais pas ça, de quelques bords qu’ils fussent : j’assume ma liberté de buveur ! Oui je l’affirme, même ça peut paraître un peu cul-cul : tous les goûts sont dans le nature, dans le vin je les pratique tous dès qu’ils me satisfont…

 

Démonstration : VENEZIA GIULIA RIBOLLA GIALLA 2005 Bianco - Radikon

 

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J’ai péché une première fois link grâce au maestro Alessandro Merlo, ICI link

 

Et puis, ayant pris beaucoup de plaisir, j’ai péché une seconde fois en compagnie de deux acolytes fondus de vins nature, de véritables encyclopédies ambulantes et assoiffées capables de décliner le nombre de ceps d’un cépage oublié dans une parcelle de quelques centiares d’un vigneron qui vendange en tongues et qui vinifie ses baies avec le soin d’une mère qui donne le sein à ses jumeaux. Eux, y sont pas jumeaux, mais ils font la paire : Guillaume Nicolas-Brion et Guy Olivier.

 

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Pour le premier le cépage Ribolla Gialla donne un vin assez suave et que la vinif dans le style naturel (mais propre) accentue la finesse du vin. Le vieillissement lui donne le petit côté caméléon à table : un blanc « classique » en entrée, un vin oxydatif sur le fromage et un côté un peu xérès pour le digestif.

 

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Pour le second « De manière globale, les vins de Stanko Radikon sortent complètement des autoroutes du conformisme du vin italien. Ses blancs ont une robe or foncé. Ils détonnent aussi par leur caractère finement acidulée, et une fraîcheur digeste marquée par des arômes d'agrumes. Cette alchimie provient d’une méthode vinification bien particulière : macération avec les peaux des raisins, puis repos de 3 ans dans des foudres de chêne, enfin mise en bouteille du vin sans ajout de soufre, sans collage et sans filtration. Concernant plus particulièrement le ribolla gialla 2005 dégusté, il était d'une grande classe avec sa robe ambrée et ses notes minérales, puis épicées en fin de bouche. »

 

MDW-italie-019.JPG 

Vous comprenez pourquoi j’ai succombé à la tentation. Sans aucun rouge au front je me suis laissé entraîner par l’ami Alessandro Merlo dans les étranges filets de ce ribolla gialla 2005 qui me fait penser à un mystérieux philtre d’amour aux reflets d’or, carafé, et je me vois mollement étendu, tel un sénateur romain décadent, humer la coupe que me tend une Messaline aux yeux verts, la porter à mes lèvres, suspendre mon mouvement avant de laisser le nectar de dieux sans aucun doute barbares emplir ma bouche pour me porter à ce fameux septième ciel où les anges n’ont pas droit de cité. Pour encore plus de félicité, par petites bouchées, je dégustais les asperges-lardo di  Colonatta-œuf d’Alessandro. Que du plaisir !

 

Laissons-là ma prose décadente pour revenir à l’essentiel : le vigneron géniteur de ce ribolla gialla 2005 bianco : 

stanko.png 

Stanko Radikon me dit-on est un franc-tireur sur une terre de non-conformistes. En effet, à Oslavia link, au nord de la ville frontalière de Gorizia dans la zone de l'Isonzo du Frioul, s’accrochent sur quelques arpents de coteaux une poignée de vignerons talentueux et individualistes. La référence de ces vignerons aux origines ancestrales de leur travail, Stanko la résume très simplement « C'est la façon dont mon grand-père faisait du vin dans les années 30 », est fortement lié au pays voisin, la Slovénie ce qui fait qualifier de « slovène » le style des vins du Frioul - récolte manuelle, macération de la peau étendue, de longues fermentations en barrique anciennes, sans contrôle des températures, ni de levures ajoutées ou d’enzymes, et peu ou pas de soufre.

 

Les vignes à l'origine ont été plantées par le grand-père de Stanko, Franz Mikulus, avec le cépage local, le Ribolla Gialla. En 1948, les parents de Stanko, qui avaient hérité la propriété du grand-père maternel, avaient planté du Merlot, du Tocai Friulano (Sauvignon Vert) et du Pinot Grigio. Aujourd'hui, Stanko, sa femme, Suzana et fils Sasa perpétuent la tradition familiale. Pour ceux qui veulent en savoir deux liens linket link

 

Extraits :

 

« The winery's philosophy is to always make a natural, organic wine with the least human intervention possible and with the maximum respect for the soils and nature. In the vineyard, the vines are planted extremely tight (between 6. 500 to 10,000 plants per hectare). We do not use any chemicals or synthetics and the treatments using absolutely innocuous, non-harmful products are minimized. Through careful pruning and selection at the time of harvest, the hand harvested yields are kept well below 2.25 tons per acre.

In the cellar, the grapes are de-stemmed and then macerated on the skins for 30 days more, with experimentation of 6/7 months for the whites, and 35 days for the reds. The pressing is done softly using a pneumatic press. All phases of the vinifications are in Slavonian oak barrels, first in wood vats and then in large barrels in which the wines are aged for about 3 years before bottling. The vinifications are done using only the natural yeasts present on the grapes. There is no sulfur added at vinification or bottling. »

 

Pour ne pas faire prétentieux j’ai plaisir à souligner que Stanko, comme moi, estime que la bouteille de 750 ml  est une cote mal taillée pour le partage à deux. Par conséquent, il a mis ses vins en bouteilles d’un litre et d’un demi-litre dont il a créé les prototypes et les a fait fabriquer dans une usine locale. Je les trouve originales et gracieuses dans les deux calibres car, toujours perfectionniste, Stanko a mené des études auprès d'un fabricant de liège pour mettre au point ce qu'ils pensent être la bonne taille de liège pour ces deux mesures de bouteilles : la proportion optimale de perméabilité de surface-air pour le vieillissement de leurs vins. Il est plus étroit, plus petit que le liège modèle classique. L’élégance du col étroit confère à la bouteille de la finesse et lui de s'adapter à la plupart des espaces où se logent les 750 ml.

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 16:00

Dans le petit monde des blogueurs il en est un qui m’adore. Innommé de lui je suis.

 

Que du bonheur !

 

L’œil rivé sur le classement ebuzzing  link cec her homme se complaît à distribuer des bons points, flatte. S’il savait, pas vrai Guillaume, Antonin, Eva qu'est-ce qu'on se marre !

 

Je le remercie de son assiduité  à m’ignorer.

 

J’espère au moins qu’il ne s’inflige pas la lecture de mes conneries. Mais si tel est le cas comment peut-il railler ma complaisance nombriliste ? Mystère ?

 

Ce mois-ci remontant du diable vauvert pour échouer en n°4, l’autre complaisant me taille un costar sur-mesure et j’en suis bien aise. Vieux sage, pourquoi pas vieux con, vieille ganache, que vient faire l’âge dans cette histoire… sauf à réfléchir avec ses artères… et à ne pas assumer le temps qui passe. Qu’importe, l’important ce sont mes lecteurs, vous, et non l’aigreur d’un chroniqueur parmi d’autres.

 

Merci à lui, je suppose que le service est compris… Salue Michel de ma part…

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« Du mieux. Échouer au pied du podium n’est pas glorieux, mais revenir dans le Top5 depuis la seizième place est une consolation appréciée.

 

Dans le sillage de mon cher Wine Paper et d’iDealWine, je ne me sens pas mal du tout. Passer sous le nez d’Olif est très amusant.

 

Incompréhensible number one. La posture du vieux sage m’a toujours exaspéré. La complaisance nombriliste, aussi. Depuis tout petit, j’ai du mal avec le paternalisme et les donneurs de leçons et ça ne s’arrange pas avec le temps qui passe.

 

Derrière, que du beau linge et c’est bien : Du morgon, Vindicateur, Œnos, Into the wine.

 

Et Fabrice Vin sur Vin apparaît dans le Top20, aaah.

 

Un regret, toutefois. Le mariage a certainement des vertus, mais pour le Glou, moins.

 

Lady O, au boulot. Tu te fais trop rare même si ton billet sur les vins chinois à la RVF est une merveille et le fil de commentaires qui suit est impayable.

 

Les résultats complets, ici…link

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 00:09

 

 

« Mon nom est Bond, James Bond » et dans « James Bond 007 contre Dr. No », le major Boothroyd, à la demande pressante de M, m’a contraint d'abandonner mon Beretta 6,35 mm fétiche pour le Walther PP 7,65 mm plus performant. Mais, comme vous le savez, j’ai plus le goût des femmes que celui des armes, alors cette histoire de Petit Magnum 1846 n’est qu’un leurre lancé par le Taulier pour vous égarer. En effet le calibre du Magnum est 357, essentiellement employé pour les revolvers, de rares fois dans des pistolets et plus fréquemment dans des carabines. Créé par Elmer Keith et le constructeur d'armes à feu Smith & Wesson le 357 Magnum a été introduit en 1934 et a connu une diffusion de plus en plus large. Son nom est inspiré du format des bouteilles.

 

« Nous revoilà à l’essentiel, nous touchons au but, nous abordons la bonne question, celle du flacon et pas n’importe lequel cher ami…

 

-          Où voulez-vous en venir Bond ?

 

-          Ne faites pas l’enfant !

 

-          Les femmes ?

 

-          Oui bien sûr, en effet qu’est-ce qui fait briller les yeux des femmes ?

 

-          Le champagne !

 

-          Oui mais « La grande année de Bollinger » !

 

-          Je n’en doute pas un seul instant mais vous ne la trouverez pas en Petit Magnum 1846 ?

 

-          Mais qu’est-ce donc que ce nouveau calibre ?

 

-          Sans risque d’être démenti, un beau calibre, un must, une pièce unique que la maison d’Aÿ a lancé en mai 2012, un flacon inspiré d’une bouteille du XIXème siècle retrouvée dans les caves de la Maison Bollinger et datée de 1846.

 

-          Mais pourquoi donc adopter cette nouvelle bouteille terriblement identitaire ?

 

-          Hormis qu’elle trouve sa genèse dans l’histoire de la Maison, ce nouveau calibre comme vous dites, unique en Champagne, a pour vocation d’exprimer mieux encore toutes les qualités d’un grand vin de champagne.

 

-          Comment cela, expliquez-vous !

 

-          « L’objectif de reprise du galbe de cet ancien flacon était d’approcher l’équilibre parfait d’un « petit magnum » aux courbes plus esthétiques que celles de la bouteille champenoise. Outre la motivation esthétique, le fait de tendre, sur cette nouvelle bouteille, vers un format type magnum avec un col plus fin et une base plus large, devrait très légèrement ralentir l’échange d’oxygène et donc offrir une qualité de vin supérieure » (Matthieu Kaufmann chef de cave)

 

-          Bravo ! Vous êtes un as de la dynamique des gaz…

 

-          Comme vous le voyez sur la courbe ci-dessous, le ratio diamètre du col/diamètre du fût de la bouteille 1846 tend plus, en effet, vers celui du magnum champenois que de la bouteille champenoise…

 

viewerbollinger

 

-          Superbe ! Depuis « James Bond 007 contre Dr. No », souvenez-vous Ursula Andress sortant de l’eau,  j’ai toujours eu un faible pour les ratios parfaits…

 

 

-          J’en conviens mon cher Bond mais vous devrez encore attendre un peu car c’est le Spécial Cuvée, fleuron de la maison d’Aÿ, qui bénéficiera en premier de ce nouveau flacon. Puis suivront Bollinger Rosé, puis votre chouchou La Grande Année et La Grande Année Rosé, Bollinger R.D. et enfin, les Vieilles Vignes Françaises. À noter toutefois que La Côte aux Enfants conserve son flaconnage traditionnel. La 1846 sera également déclinée en : demi-bouteille, bouteille, magnum et jéroboam.

 

-          J’attendrai, mon plaisir n’en sera que plus attisé…

 

-          Vous ne changerez donc jamais Bond !

 

-          De champagne, jamais ! Avec Bollinger notre complicité date de 1973, et rappelez-vous Goldeneye où dans mon Aston-Martin c’était La Grande Année 1988…

 

-          Souvenirs, souvenirs, Bond, vous vous bonifiez avec les années qui passent…

 

-          Alors longue et belle vie à la 1846… pour l’amour des grands champagnes de la maison Bollinger…

 

  N.B. Ceci n’est pas un publi-reportage mais une simple variation sur une bouteille terriblement identitaire… pour les beaux yeux d'Ursula...Le flacon ci-dessous exposé,

qui me fut porté dans son étui par coursier, est un collector de la 1846 Spécial Cuvée, elle pèse 900g et, il  se peut que, lorsque La Grande Année s’y verra logée, mon ami Ghislain, pour les éminents services que j’ai rendu à la France du vin, Champagne y compris, m’en fera porter une nouveau… pour ma collection...

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 16:00

C’est Raymond Depardon qui a tiré le portrait officiel de François Hollande Président de la République (dit Président Normal de la République). Décor champêtre, la pelouse du parc de l’Elysée, même si certains me soupçonnent d’être partisan, ce que je ne suis pas, je me contente d’être fidèle à mes convictions, la photo respire la sérénité et Depardon a su casser la rigidité d’un portrait en pieds en donnant le sentiment que notre PNR va sortir de la photo pour venir nous saluer.  Elle est visible sur le Net j'en ai donc choisi une autre, qui n'est pas de Depardon, mais que j'aime beaucoup.

 

" J'ai pris son visage comme un paysage ", raconte le photographe, qui évoque un président " décontracté " et " très heureux d'être photographié, d'être là ". " C'était très important qu'on voit les mains ", dit aussi Raymond Depardon, auteur de plusieurs travaux sur le monde paysan. Le photographe se targue d'avoir réussi " un Fragonard ", un cliché parfait dans l'argot des photographes.

En une demi-heure et 220 photos, l'affaire était conclue. Raymond Depardon a commencé en numérique, avant d'enchaîner au Leica puis avec un " vieux Rolleiflex ". C'est le dernier cliché d'une série de douze, saisie avec cet appareil, qui sera finalement choisi par le président et le réalisateur de 1974, une partie de campagne et de Flagrants délits.

" Quand je lui ai montré, il a été tout de suite d'accord avec moi ", rapporte M. Depardon. Quelque 70 000 exemplaires de ce portrait vont arriver, en trois formats, dans les mairies et les ambassades dans une dizaine de jours.

David Revault d'Allonnes

 

© Le Monde

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Cette photo du making-off a été réalisée par les assistants de Raymond Depardon. Crédits : ©MAGNUM DISTRIBUTION

 

Rassurez-vous je ne vais pas tomber dans l’hagiographie mais j’admire beaucoup les grands photographes, et Depardon en est un, ceux qui savent capter l’essentiel, restituer la vie, donner de la chair à ce qui n’est qu’un instantané enregistré par des petites merveilles de la technologie. L’art de la photo tire son originalité de l’œil du maître. Dernier détail, en peinture je suis grand amateur de portraits, alors je goûte avec le même plaisir ceux tirés par les grands photographes. Je profite de ces réflexions pour dire, très crument, à propos d’une broutille survenue à propos d’une photo publiée par erreur sans mention de l’auteur, que si on apprécie le travail d’un artiste : peintre, photographe, musicien… le moyen le plus sûr de le lui prouver c’est d’acquérir une œuvre. C’est ce que je fais. Tout le reste me paraît vain.

 

Revenons à notre PNR alors candidat. Je cite Éric Dupin (chronique sur un de ses livres ICI link) déjeunant avec lui, dans un « restaurant sicilien proche de son QG de campagne », rapporte dans son livre La Victoire empoisonnée, les propos de celui-ci sur les nécessaires et profondes remises en cause induites par la crise européenne.

 

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« J’en suis arrivé à un moment où je pense qu’il faudra nommer l’adversaire. Je l’avais fait pour la finance. Il faudra le faire pour les Chinois. Le problème, il est chinois. Ils trichent sur tout. Sur la monnaie, en matière de recherche. La difficulté, c’est que beaucoup de grandes entreprises vivent avec des contrats chinois. Ce sont elles qui empêchent que nous soyons plus fermes à l’égard des produits de ce pays. Mais il faudra ouvrir le conflit en ayant le soutien d’un certain nombre de pays européens. Là aussi, c’est compliqué. Les allemands ont quand même beaucoup d’intérêts en Chine et d’autres pays moins. »

 

Dit comme ça, entre les antipasti et l’Agglassato à la palermitaine, en sirotant un verre de Contea di Sclafani, le propos peut sembler inutilement belliqueux. Et pourtant, dit autrement, comme ce qui suit, il apparaît bien d’une grande pertinence. : Chine nos GCC s’y goinfrent pendant que V.W y fait des gros profits pour n’arroser que ses salariés allemands.

 

« Présent sur tous les continents et tous les segments de marché, Volkswagen a bénéficié à plein l'an dernier du rebond des marchés automobiles. Le groupe aux neuf marques (de Seat à Bentley, en passant par Audi) a vendu 7,2 millions de voitures, un score historique. Plus que jamais, son objectif de devenir numéro un mondial avec 10 millions de voitures vendues en 2018 devant Toyota (8,42 millions d'exemplaires l'an passé) semble réalisable. Selon certains experts, le groupe pourrait y parvenir dès 2015 ou 2016.

 

Le groupe profite de sa très bonne position en Chine, son premier marché. Il y a vendu 1,92 million de véhicules en 2010, soit un bond de 37 %. VW, qui compte déjà neuf usines dans ce pays, va en construire deux nouvelles pour pouvoir produire localement 3 millions de voitures par an. Sur ce marché, le constructeur tire aussi avantage de la force d'Audi, qui occupe la position de leader sur le haut de gamme. Or, la marque aux quatre anneaux dégage des marges particulièrement élevées. Grâce aux profits records dégagés en 2011, le groupe automobile pourrait verser près de 6.000 euros à ses ouvriers et jusqu'à 50.000 à ses cadres. Mais ceux qui travaillent pour Volkswagen hors d'Allemagne n'y auront pas droit. »

 

J’entends d’ici la répartie des yaka : « Y’a qu’à faire comme les allemands… »

 

Je pose une simple question : puisque nous sommes membres d’une Union Economique et Monétaire avec nos voisins allemands ne serait-il pas de nos intérêts communs d’aller vers plus d’intégration, de solidarité bien comprise ? Ce n’est pas de la charité mais de la stricte intelligence économique. Je note dans le Figaro :

 

« Le G20 pourrait inciter ses membres à faire preuve de solidarité. A l'approche d'une réunion des 20 pays les plus riches de la planète les 18 et 19 juin, un membre asiatique du club a en effet laissé entendre que les États les mieux portant pourraient être encouragés à accroître leurs investissements pour soutenir la croissance. «Les Etats ayant des situations budgétaires saines seront encouragés à augmenter leurs dépenses à l'échelle du G20. A ce stade, l'Allemagne et le Canada pourraient être considérés comme ceux qui disposent d'une latitude budgétaire parmi les économies développées», a confié ce membre du G20 qui préfère garder l'anonymat. »

 

Enfin, de mes souvenirs remonte la thèse géopolitique de « La dégradation des termes de l'échange », popularisée en France par Léopold Senghor, qui faisait florès lorsque j’étais étudiant. Elle est issue de la thèse de Singer-Prebisch selon laquelle les termes de l'échange des produits primaires (produits de l'agriculture et matières premières) face aux produits manufacturés tendent à se dégrader au cours du temps. Elle exprimait la baisse inéluctable du prix des produits des pays du Sud face à ceux des pays du Nord, ou plus objectivement et précisément entre produits des pays industrialisés et les produits des pays du Tiers-Monde ou pays les PMA. Au XXe siècle, cette dégradation était devenue de plus en plus défavorable pour les pays « du Sud ». Cette thèse qui se traduisait dans la théorie de la dépendance semble obsolète du fait de la forte croissance chinoise qui a entrainé une hausse du prix des matières premières accompagné d'une baisse du prix des produits manufacturés.

 

Cependant l'industrialisation rapide de certains pays émergents (à l'exception notable de l'Afrique), l'exportation de produits manufacturés de la part de ces pays émergents, le développement de l'économie des services, notamment dans les pays du nord, la dégradation de la balance commerciale de certains pays du nord, si elle change la donne des termes de l’échange, me semble redonner de la pertinence à la théorie de la dépendance mais cette fois-ci, pauvres de nous, à notre détriment…

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 00:09

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Que les mères de famille se rassurent, les pères aussi, si leur grand dadais ou leur grande asperge, leur petit niais ou leur petite délurée, ne sont pas atteints du syndrome de Tanguy « Tu es tellement mignon, si tu veux tu pourras rester à la maison toute ta vie ! », et s’apprêtent à aménager dans quelques m2, même vivre en couple, loin d’eux. Que vont-ils manger ces pauvres petits ? Et c’est là que surgit GNB le toqué de BB qui rassure : Pas de Panique, je cuisine !

 

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Guillaume Nicolas-Brion link est sans contestation l’héritier post-moderne de Françoise Bernard appliquant son art à l’usage des petits loups et louves qui ne veulent pas se contenter « des produits surgelés sans âme, des sandwiches sous vide sans goût ou des plats à emporter sans éclat. » Il prône le retour au terroir, pardon je m’égare, devant les fourneaux – Guillaume c’est plus commode que derrière, oups ! – et d’affirmer « Et ça n’a rien d’une corvée ! » Avec son compère Frankie Alarcon à l’illustration, il plaide pour :

 

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-          La simplicité : pour confectionner sa pizza maison « il suffit de mélanger de la farine de l’eau et de la levure, c’est à la portée de tout le monde, non ? »

 

-          Le côté ludique… « assez marrant »

 

-          L’économie ménagère : « vous avez vu le prix d’une crêpe au restaurant ? » s’exclame-t-il justifiant son héritage de l’inoxydable Françoise Bernard.

 

-          Le goût : « bien meilleur »

 

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Toujours précis comme un coucou suisse, Guillaume, précise les paramètres de l’écosystème d’une cuisine : hygrométrie, degré C, type du four et de l’énergie utilisée… Il y ajoute son côté coach : le nécessaire entraînement et le facteur émotionnel sans pour autant rappeler les clichés classiques concernant la réussite d’une mayonnaise par nos compagnes adorées. Enfin, héritier de nos riches heures de mai, Guillaume, bombe sur son mur « L’imagination au pouvoir ! » et de citer Alain Chapel « la cuisine, c’est beaucoup plus que des recettes. Des produits d’abord et avant tout, et des émotions sans doute qui s’enracinent dans des paysages, des visages, un quotidien familier, un bonheur plus ample que la table

 

Le tout est dans un chouette coffret : 50 fiches réparties en 6 thèmes qui collent « aux meilleurs moments de la vie quotidienne des étudiants» (alors Guillaume tu négliges les travailleurs, travailleuses, jeunes bien sûr !):

 

Nicolas-et-Cie-037.JPG 

-          Le quotidien qui bouge ! menu Nomade (fiche verte)

 

-          Pour un moment convivial ! menu Plateau TV. (fiche violette)

 

-          Pour une bouffe rapide ! menu Après le Ciné. (fiche rouge)

 

-          Pour un plat qui impressionne ! menu Pour la fête (fiche grise)

 

-          Pour boire un coup ! menu Pour la fête / Cocktails. (fiche grise)

 

-          Pour un repas copieux ! menu Lendemain de cuite. (fiche jaune)

 

-          Pour un menu léger ! menu Avant l’été. (fiche orange)

 

Et avant de se lancer dans les pluches et la bonne tambouille drivée par notre GNB de bons conseils :

 

-          À chaque légume sa saison.

-          À chaque fruit sa saison.

-          Et les produits bios dans tout ça ?

-          Et le vin dans tout ça ?

-          Pour aller plus loin : quelques références de livres de cuisine.

 

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Franchement, pères et mères de famille inquiets de votre progéniture courez vite chez votre libraire faire l’acquisition de « Te Fiche pas de moi, je cuisine ! » de Guillaume Nicolas-Brion et de Frankie Alarcon chez Milan. C’est utile. C’est bien fait. C’est pratique. Ce n’est pas cher 10,90 €.

 

Le secrétaire-perpétuel autoproclamé de l’A.B.V. que je suis, lui a accordé, à la manière de la reine d’Angleterre et des Royal Warrants of Appointment, mon haut-patronage à cet ouvrage d’utilité ludique et publique. Enfin, comme j’ai le bras long, si vous souhaitez faire dédicacer votre exemplaire je plaiderai votre cause auprès des auteurs.

 

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