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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 00:06

Chers collègues,

 

J’ose vous apostropher ainsi car même si je ne suis, ou plus exactement n’était pour vous, qu’un clanpin avec de la paille dans ses sabots, représentant les péquenots, plutôt porté sur le piccolo qui fait rentrer beaucoup de picaillons dans votre panier percé. François le florentin de Jarnac qu’aimait tant les arts vous a bouté hors du Louvre, malgré les efforts désespérés d’Édouard le byzantin du XVIe, pour vous installer dans un grand machin bâti par un néostalinien, sur l’ancien territoire du pinard : Bercy.


La suffisance fait parti de vos gènes et, les meilleurs d’entre vous sont allés exercer leurs talents en nos belles banques, Daniel Bouton par exemple. Face à nos arguments de représentants d’une économie si réelle, si besogneuse, si bouseuse, vous opposiez la toute puissance de votre credo de la libération des entraves à la concurrence. Ne jamais inquiéter les dieux du marché. Avec les gnomes de l’Union, tels les cabris du Grand Charles, pour nous renvoyer dans nos dix-huit mètres, nous clouer le bec, vous psalmodiez à l’envi : « l’Europe, l’Europe, l’Europe… » Au nom de la non faisabilité communautaire vous avez étouffé dans l’œuf des initiatives qui seraient, en cette période où votre caquet est un peu cloué, d’une grande utilité pour nos entreprises.


Je m’explique. Que lis-je dans le très libéral Figaro : « Il est né le «Fonds stratégique d'investissement français». Doté de 20 milliards d'euros, détenu majoritairement par la Caisse des dépôts, avec l'appoint de l'État, sa vocation sera double : conforter des entreprises saines malmenées par la crise et «sécuriser le capital d'entreprises stratégiques». L'effondrement de la Bourse est en effet propice aux prédateurs. »


Que proposait en juin 1993 les très libéraux rédacteurs de Booz Allen Hamilton dans leurs recommandations pour assurer le développement de la filière vin : « la création d’un fonds d’investissements baptisé FIDEVI »

 

En 2001, page 69, dans mon rapport j’en remettais une louche.

 

Plus récemment j’ai soutenu, sans aucun succès, une initiative de Fonds d’Investissement Interprofessionnel du Vin.

 

Bref, en 15 ans, avec la complicité de certains dirigeants professionnels, chers collègues visionnaires, vous avez réussi à bloquer une initiative qui nous aurait permis d’accumuler une pelote bien utile en ces temps difficiles.

 

Voilà de la belle ouvrage à porter à votre crédit et je ne résiste pas au plaisir de citer la brillante analyse, datant de mars de 2007, de l’économiste en chef de Natixis, Patrick Artus, l’un des vôtres, « les marchés financiers croient n’importe quoi : la liquidité va se raréfier, l’économie chinoise va fortement ralentir, il peut y avoir une récession aux USA, la profitabilité va se retourner à la baisse, la crise du crédit immobilier « subprime »(et les crédits à taux variables) aux USA va déclencher une crise bancaire te financière.

Or toutes ces affirmations sont fausses. La crédulité et l’absence de sang-froid des marchés financiers sont donc remarquables (…) Toutes ces frayeurs sont sans objet. »

 

Comme dirait l'ignoble Bigard au féminin « vraiment vous êtes bons ! »

 

Je vous demande aussi de méditer la lettre qu’adressait à ses investisseurs, en septembre dernier, Andrew Lahde, 37 ans, dirigeant d’un petit fonds californien qui spéculait sur un effondrement des subprimes.

 

« Aujourd’hui je n’écris pas pour jubiler. Eu égard aux souffrances endurées en ce moment par presque tous, ce serait totalement déplacé de ma part. Je n’écris pas non plus pour faire encore quelques prédictions, puisque la plupart de mes prévisions se sont réalisées ou sont en cours de l’être. En fait, je vous écris pour vous dire adieu […]

 

Récemment, en première page de la section C du Wall Street Journal, un gestionnaire de hedge fund qui était lui aussi en train de fermer boutique était cité : »Ce que j’ai appris avec les hedges funds, c’est que je les déteste », disait-il. Je souscris totalement à cette déclaration…Si je me suis lancé dans ce buiseness, c’était uniquement pour l’argent […] Le fait que j’ai pu trouver des idiots à qui leurs parents avaient payés les meilleures écoles et un MBA à Harvard pour être de l’autre côté de mes transactions n’a fait que facilité ma tâche. Je bénis le système qui a propulsé ces gens aux plus hauts postes d’entreprises comme AIG, Lehman ou Bear Stearn et à tous les niveaux du gouvernement […] Aujourd’hui, j’ai décidé de ne plus gérer de l’argent, que ce soit celui d’individus ou d’institutions. La gestion de ma propre fortune me suffit. […] Je cède ma place à ceux qui tentant d’amasser des sommes à neuf, dix ou même onze chiffres. Pendant ce temps ils mèneront des vies minables. Avec leurs réunions qui s’enchaînent les unes derrières les autres, leur agenda rempli pour les trois mois à venir, ils attendront avec impatience leurs deux semaines de vacances en janvier pendant lesquelles ils resteront collés à leur Black Berry. Pourquoi faire ? De toute façon, dans cinquante ans personne ne se souviendra d’eux. »

 

Dur, dur, chers collègues de se faire mettre ainsi le nez dans sa mouise. Bon Prince, je vous dis : « passons tout cela par Pertes&Profits et attelons-nous à bâtir dans le cadre du Fonds souverain, un Fonds Vin pour le développement de nos entreprises du vin, petites, moyennes ou grandes… Je ne vais pas vous faire un dessin tout est écrit : le Crédit Agricole, Unigrains, Sofiprotéol, la Caisse des Dépôts pour constituer le pied de cuve puis, à la grâce des grands chefs du vignoble et du négoce, pour ériger un vrai Fonds Interprofessionnel…du vin » Profitons de l’élan donné, sortons de nos petits pré-carrés insignifiants, donnons-nous les moyens de tenir notre vignoble en confortant ceux qui vont défricher les marchés. Le vin est un produit stratégique.


Je suis têtu. Je n’aime pas perdre lorsque la réalité me donne raison. J’attends votre appel pour que nous remettions sur le métier l’ouvrage. Vous connaissez ma raison sociale, vous avez mes coordonnées, reste plus qu’à passer à l’acte. Je reste à votre disposition. Merci par avance de ce que vous allez faire.

 

Bien à vous.

 

L’ex-pompier de service

 

Jacques Berthomeau

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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poret 28/11/2008 13:58

Bonjour,
Pour le vin de bagnole, je souhaiterais juste préciser que :
-produire du vin naturel coûte cher, car il faut tout faire à la pogne, et que c'est long, on prend des risques, il peut être invendable car il n'est pas "protégé" par des litres de SO2, celui qui fait mal à la tête; on n'en fait pas beaucoup sur un hectare, car on oublie les gros rendements, donc, pour continuer à en faire il faut le vendre pour en vivre...
- l'étiquette, et là je ne m'adresse qu'aux pauvres béotiens qui ne connaissent pas le rock 'n roll(...), est une référence au monumental "never mind the bollocks" des "sex pistols", et on ne peut le traduire que par "on" et pas par "je"...
Nous avons tous souffert d'une perte, chez un proche, au cours d'un accident de cette saloperie de bagnole, il est donc fondamentalement démagogique et pernicieux de dire, et d'écrire, que simonuti nous pousse à boire au volant !
il veut nous régaler, et vous provoquer, et ça marche bien dans les 2 cas, même s'il fait des vins de meilleure qualité, à mon avis !
Bonne santé à tous, profitez bien de la vie, et surtout, qu'elle dure aussi longtemps que vous le souhaitez, en buvant de bons coups, si vous voulez en bagnole, mais arrêtée, sinon c'est dangereux...
Greg

Régine LE COZ 28/11/2008 08:27

Bon, c'est comme d'habitude en France on dirait...
Bonne journée quand même !

« Les Français aiment voir,
dans les vertus de leurs vignobles,
l’effet d’un privilège naturel,
d’une grâce particulière
accordée à la terre de France,
comme s’il y avait plus d’honneur,
pour notre pays,
à recevoir du Ciel que de la peine des hommes
cette renommée viticole où nos ancêtres ont trouvé un sujet de fierté collective avant même que ne se fût éveillé en eux le sentiment d’une patrie française.
De là, dans les notions d’histoire viticole communément répandues,
tant de représentations illusoires et d’explications faciles.

Une belle réussite, quand elle est le fruit d’un long et dur travail, se reconnaît à ceci qu’elle le fait oublier. »


Sans équivalent dans le reste du monde, notre viticulture est l'un des soutiens les plus sûrs à notre commerce d'exportation et l'une des expressions les plus glorieuses de la civilisation que nous a léguée l'antiquité gréco-romaine.
En témoignent les "Musées du Vin" ou "Maisons du Vin"
Qui distinguent les hauts lieux du monde viticole, et que l'on se propose d'imiter hors de nos frontières.
A la France revient l'honneur d'avoir, en ces matières, donné l'impulsion et fourni les modèles.

Roger DION

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