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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 00:09

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À l’heure où celles et ceux adeptes du respect de la naturalité prônent le non-interventionnisme « Ayez foi dans le vin et dans la nature. Ne cédez pas à l’idée de pouvoir dominer la nature grâce à la science. À partir du moment où c’est l’amour qui éclaire ce que vous avez en tête (et je parle d’AMOUR, ce sentiment qui vient du cœur, pour ce qui nous concerne, et non d’AVIDITÉ), le reste se fera de soi-même. » courriel de Giampero Bea à Alice Feiring, votre Taulier, même si officiellement il ne sait pas faire grand-chose de ses mains, continue son exploration méticuleuse du travail du raisin.  Relire sa production récente en ce sens :


1-    Le Taulier explore le travail du raisin : faut-il prôner le retour du tout à la main ? Touche pas à ma grume ! link

 

2-  Plaidoyer d’un boyard vigneron moldave pour le foulage aux pieds du raisin en dédicace à Pierre Jancou…link

 

Avant d’aborder le foulage, qui fut toujours l’opération originelle pour faire le vin : « Meurtrir la grappe », avec la grande-prêtresse du vin nu, Alice Feiring, revenons quelques instants sur le destin de la rafle : « La sagesse vinicole contemporaine veut que l’on s’en débarrasse avant la fermentation. Je suis en désaccord avec cette peur des tiges vertes et la croyance qu’elles ajoutent une astringence et des arômes malvenus, et me fiche qu’elle risque d’affecte la couleur. Pour la particularité de mon palais, elles permettent au contraire de développer la structure, le piquant et le bouquet du vin, surtout lors de son vieillissement. La plupart de mes vins favoris en provenance du nord Rhône et de la Bourgogne comportent de 50 à 100% de rafle. »


La suite fut radicale : « Aussitôt, l’action s’engagea. Dan (certainement pas moi) se jeta dans le chariot et entreprit de verser la vendange dans l’égrappoir – long tapis roulant acheminant les grappes vers une machine dotée d’autant de doigts qu’un mille-pattes, grâce à laquelle les grains allaient être séparés de leurs tiges. Tandis qu’elles se mettaient en route, nous retirâmes celles des grappes qui ne nous paraissaient pas d’assez bonne qualité.

« Et vous faites quoi, maintenant ? demanda Ridgely.

« On les écrabouille, » répondit Kevin avec son accent pointu de la Californie du Nord, « et on les laisse se change en vin. »


Écraser, broyer, « meurtrir la grappe », fouler « on dit encore foulanger, chantepleurer (dans quelque vocable régional) est la phase la plus instinctive de la vinification archaïque. « meurtrir la grappe» fut toujours l’opération originelle pour faire le vin, avant même que de presser. Le reste du travail, et notamment la fermentation, est spontané ou presque. » écrit Peynaud.


« La façon des vins requiert pour sa première œuvre le fouler des raisins selon leurs diversités et les pays ; diversement on se gouverne sur ce point. » Olivier de Serres 1600


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Peynaud toujours « Pendant des siècles, on n’a pas eu à chercher mieux que le piétinement des pieds nus : marche sur place, trépignement, sautillement, pas de gigue ou pas de gymnastique, gestes simples qui font passer rythmiquement le poids du corps d’un pied sur l’autre. Le pied est un outil articulé, qui allie force et souplesse et est capable de mouvements complexes. S’il est moins adroit que la main, il sait utiliser la lourdeur du corps et, avec une molle élasticité, joindre le froissement à l’écrasement. Soixante-dix kilogrammes sur une surface plantaire, cela fait une pression douce mais efficace, quelques centaines de grammes au centimètre carré. Le foulage procède aussi par glissement, par frottement, il aplatit sans déchirer, il pétrit, il pile, il tasse. »


Valeur mythique, danse bachique rituelle « le fouleur est quelque peu faune ou silène. »

« Ici, dieu du pressoir, viens, et, dépouillant le cothurne, trempe avec moi tes jambes nues dans le moût nouveau » Virgile


Mais revenons à Alice Feiring qui fait son vin nu, l’absence d’e muet coupe court à toute interprétation grivoise.

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« Une fois le raisin transféré dans la benne de plastique, j’ai enfilé des vêtements jetables, destinés à se voir maculés de jus de la vigne. Je me suis lavé les jambes, ai empoigné l’échelle et, au grand amusement des travailleurs de Pellegrini, me suis jetée dans les grappes. En termes de température, ce n’était guère différent d’un plongeon dans les frigides eaux de la côte du Maine. Le sang reflua de mes orteils. M’efforçant d’éviter l’engelure, j’ai tâté de diverses techniques de foulage, telle que les cents pas, la ronde, le zigzag – tout mouvement capable de briser suffisamment de grains pour qu’assez de jus s’en dégageât qui enclencherait la fermentation de la levure. Les moucherons se mirent à voleter et, vingt minutes plus tard, j’allai me passer au tuyau d’eau, pour découvrir un avantage inattendu : mes pieds et mes jambes avaient été gommés jusqu’à une exquise douceur. Rien d’étonnant à ce que les produits cosmétiques à base de raisins connaissent une telle vogue. »


Le foulage pédestre selon d’Armailhacq 1858


« Des hommes, déchaussés et nu-pieds, marchent et trépignent sur le raisin ; sous leurs pieds nus, les grains surs et leurs pépins glissent sans être écrasés ; tandis que la pulpe et la peau se broyent avec facilité.

On les fait même danser au son du violon ; ils font leur ouvrage plus gaîment et plus vite.

Après avoir sauté et dansé pendant six ou huit minutes sur la vendange, on la relève pour la laisser s’égoutter ; et ce n’est que lorsqu’elle ne rend plus de moût que l’on recommence, quatre ou cinq foulées de cette façon sont nécessaires pour que tout soit foulé convenablement. »

 

Ensuite on entre dans la technique : les méthodes de foulage, avant la mise en cuve et en cours de fermentation… puis les outils de foulage qui se substituèrent aux pieds… et comme votre Taulier ne trouve pas ça très naturel toutes ces machines  il se garde bien de vous en parler.

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 14:00

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Le Taulier lit au lit un gros livre, collection blanche de Gallimard m’sieur dame, 427 pages, du lourd donc : je parle du poids du bouquin bien sûr pas du style qui est bien ciselé, de facture classique, très étudié mais qui laisse filtrer parfois de la sincérité. J’en suis à la page 199, au samedi 9 avril 2011, Rio de Janeiro, car il s’agit d’un journal qui commence le dimanche 14 novembre 2010 à Paris pour se terminer le vendredi 11 mai 2012 à Evreux.  Sans doute, lorsque j’aurai terminé ma lecture je me fendrai d’une lettre à celui qui fut mon boss, un intérimaire comme toujours.


Alors pourquoi soudain extraire le paragraphe qui suit, tiré de la page 198, pour le proposer à votre lecture? Tout simplement parce que sitôt l’avoir lu il s’est imposé à moi et, comme mon envie  était irrépressible, alors je ne l'ai pas réprimée.« La vraie vie n’est pas réductible à des mots prononcés ou écrits, par personne, jamais. La vraie vie a lieu quand nous sommes seuls, à penser, à ressentir, perdus dans les souvenirs, rêveusement conscients de nous-mêmes, des moments infinitésimaux » (Don DeLillo, Point Oméga) notre homme aux yeux couleur bleu Méditerranée en colère me semblait entrouvrir là l’armure de sa solitude hautaine…loin de la salle Sully...


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« Encore deux entretiens à Brasilia. Puis l’avion pour Rio. Nous déjeunons dans un ancien phare aménagé en restaurant, devant cette île grosse comme un caillou où Nicolas où Nicolas Durand de Villegagnon accosta en 1555, pour fonder la France antarctique. Restes de France dans une baie miroitante, dernières traces de grandeur et de rêve, que je contemple tandis que ma voisine, une femme de cinquante ans aux seins gonflés, sur lesquels rebondissent des perles, dévore un homard en plongeant ses ongles vernis dans la carapace. Son compagnon a trente ans à peine, les cheveux gominés plaqués en arrière, le teint cuivré, un diamant piqué dans le nez ; il lui caresse distraitement la cuisse, en laissant son regard de plomb fondu errer sur la baie de Nicolas Durand de Villegagnon, dont il ignore le nom. Des barques agglutinées vacillent sous le soleil. Sur les pics de roche noire qui se dressent au loin, on distingue les entailles des favelas. Deux autres voisins discutent affaires, sanglés dans des costumes à larges raies. Il fait une chaleur si accablante dehors que nous nous retrouvons ruisselants de sueur après trois pas, regardant avec envie depuis la jetée les femmes luisantes, brunes, rieuses et élastiques de jeter dans la mer. »


Nicolas Durand de Villegagnon (1510, Provins - 9 janvier 1571) est un militaire et explorateur français, fondateur de l'éphémère colonie française au Brésil nommée « France Antarctique ».


Jean-Christophe Rufin s’est inspiré de l'expédition de Villegagnon au Brésil pour son roman Rouge Brésil, prix Goncourt 2001

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Le titre de ma chronique est une citation tirée de la bouche d’une voisine de table de l’auteur du livre à Ézy-sur-Eure le samedi 2 avril 2011. « sa chevelure rousse dévalant en cascade sur ses épaules nues. » Saurez-vous deviner le nom de l'auteur des lignes ci-dessus ? Forte récompense à qui trouvera !

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 00:09

Dès que le mercure se paye une déprime, qu’il dévisse au-dessous de zéro, un temps d’engelures que je n’ai jamais eu, qu’on se caille les miches ou les glaouis, me prends des envies, des folies de viande bouillie : au choix le pot-au-feu ou la poule au riz. L’avantage avec la viande bouillie c’est que par définition elle te permet de faire du bouillon, du bouillon gras avec plein de zieux dedans. Comme dirait les génies du marketing, genre Findus revisité par le couple débile de chez le jeune Leclerc, c’est un 2 en 1. Chez moi c’est encore plus car j’y mitonne des suppléments.


Vantard le Taulier quand y dit qu’il est le roi de la poule au riz de Paris ? Pas si sûr, n’en déplaise à ceux qui pensent qu’à part caresser sa souris dans le sens du poil il ne sait rien faire de ses dix doigts, car y sait maîtriser mes fondamentaux de la tortore qui vous ravit le corps. Démonstration !


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1-               Bien acheter sa poule : pas simple car les ignorants ignorent qu’une poule est poule parce qu’elle a passé sa vie à pondre des œufs pour que vous mangiez des œufs ou pour faire des poulets si elle a copulée avec un coq. Les végétariens qui bouffent des œufs, contrairement aux végétaliens, seraient bien inspirés de nous dire ce que l’on fait des poules lorsqu’on les réforme ? Bref, quand elle a fini de pondre, la poule n’est pas au mieux de sa forme alors il faut la requinquer avec un régime adapté. La mémé Marie savait y faire : elle les soignait au lait et à la bouillie. Donc, faut la trouver sa poule reliftée et ce n’est pas dans les rayons des vendeurs de Lasagnes équins que vous les trouverez. Pas simple mais tout à fait possible sur les marchés et chez les fermiers qui font de la volaille en liberté.


2-             Bien acheter ses légumes : poireaux, carottes, navets blancs et jaunes, oignon doux, branches de céleri…


3-             Bien acheter son riz : du rond type arborio ou carnaroli.link 


4-             Bien acheter sa crème fraîche : celle de vache jersiaise de Bernard Gaborit en Maine-et-Loire link

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5-             Faire cuire les légumes à part puis récupérer le bouillon pour y faire cuire votre poule.


6-             Lorsque la poule est bien chaude prélever le bouillon puis dans une grande poêle faite revenir votre riz pour qu’il blondisse dans du beurre ou de l’huile d’olive. Jeter le bouillon chaud sur le riz et faites cuire à feu doux.


7-              Lorsque le riz est à point : croquant mais pas dur, balancer des louchées de crème fraîche et mélangez.


8-             Un détail, votre bouillon vous le salez au gros sel gris.


9-             Découpez votre poule et placez les morceaux dans un plat


10-       Placez les légumes dans un plat creux.


11-          Mettez votre riz dans une belle écuelle.


12-        Le reste du bouillon dans une soupière avec une louche.


13-        Un petit coup de moulin à poivre sur tout le monde et c’est parti pour la meilleure poule au riz de Paris.


14-        Boire bon pour faire bien couler chaque bouchée  au choix :


-        Turner Pajot link 


-       Ivo Feirrera link


-        Clos romain link


-        Henri Milan link 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 14:00

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Votre Taulier est fou de livres, il en entame trois et les lit au lit, en alternance bien sûr. Achat d’impulsion, boulimie papetière, addiction à l’impression, je les chéris mes petits même s’ils sont gros ou minces. Alors, recevoir par la Poste un livre, dont on guettait la sortie, c’est l’extrême excitation. Dans une interview à la Revue XXI en aout 2012 Jean-Paul Kauffmann m’avait mis l’eau à la bouche avec ses « conjurateurs » rencontrés en remontant la Marne. Il déclarait « j’ai toujours aimé l’entre-deux. Tous les mondes que j’ai visités étaient flottants, situés à la limite.»


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Je guettais février et puis « Remonter la Marne » est arrivé dans ma boîte avec une dédicace qui est allée droit à mon cœur de chroniqueur compulsif. J’avais déjà 3 gros livres en chantier mais mon impatience a triomphé : j’ai mis mes pas dans les pas de JPK qui remonte la Marne vers sa source, le village de Balesmes sur le Plateau de Langres, à pied, sac au dos : 30 kg, sans horaires, quelques cartes, une boussole, « des livres et des cigares logés dans un étui en cuir »


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Le Taulier s’est jeté dans le livre assis dans un café bruyant et snob face à un Irish Coffee et un millefeuille. Arrivé à la page 49 alors que JPK venait de siffler, dans la cuisine du premier paysan rencontré depuis Paris, un verre de riesling (peut-être plus puisque Jean-Paul évoque une bouteille ouverte), n’y tenant plus il a décidé de chroniquer pour vous donner envie d’acquérir « Remonter la Marne » chez Fayard 19,50€.


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-        Pourquoi la Marne, Jean-Paul Kauffmann ?


« Il y a chez moi un fort tropisme de l’Est, un Drang nach Osten au demeurant très pacifique, dû sans doute à mes origines alsaciennes. Il suffit que je prenne l’autoroute A4 pour ressentir aussitôt cet appel mystérieux. Du côté de Sainte-Menehould, en Argonne, mon rythme cardiaque s’accélère, je vire à l’euphorie.»


-        Mais une fois encore, JPK, pourquoi remonter cette rivière ? Je sais, je vous titille car vous n’y allez pas par 4 chemins vous titrez : « La Marne, déni français.


Tout est fait pour la déconsidérer. Le souvenir frivole des guinguettes et des canotiers contribue à la dévaluer. La seule fois dans son histoire où elle acquiert la notoriété, c’est de façon illégitime. »


-        Et la fameuse bataille de la Marne avec les taxis de Gallieni Jean-Paul ? Les 600 taxis n’ont pas fait basculer la bataille mais ont remonté le moral des troupes et impressionnés l’état-major allemand…


« Engagée le 6 septembre 1914, terminée le 9 septembre au soir, elle a stoppée le mouvement tournant des armées allemandes sur le point d’envelopper Paris » Oui mais l’affrontement n’a pas eu lieu sur la Marne, mais sur l’Ourcq, la Grand et le Petit Morin. C’est Joffre, le vainqueur, qui dit que le nom a été donné après coup « par le haut commandement ; cela a paru le meilleur moyen de synthétiser la bataille »


-        « Notre mémoire tourne le dos à la Marne. Cette rivière, elle ne veut pas en entendre parler. Trop de mauvais souvenirs dans le « roman national » dites-vous.


Je n’aime pas cette expression. La Marne n’est pas un chapitre de roman. C’est un nerf. Quand on le touche, le pays se révèle à cran. Trop proche de la tête, Paris. Cette rivière si sensible est censée protéger la capitale. Elle doit résister aux excitations extérieures et aux tensions intérieures. Notre équilibre mental a longtemps reposé sur elle. »

Fernand Braudel dans l’Identité de la France « C’est là qu’il faut attaquer la maison française avec une chance d’en enfoncer la porte. »


-        Je vous suis complètement sur ce qui suit JPK


« Qu’est-elle devenue cette chère maison ? 

Au pire, une bicoque.

Au mieux, un grand ensemble dont nous occupons un étage ou un palier avec, reprochent certains  des murs trop peu épais. »


-        Pour les petites louves et les petits loups qui ignorent qu’avant les lasagnes de Findus, les Prussiens ont obligé les parisiens à manger du cheval et quelques rats, un petit rappel stratégique :


« Une fois enfoncée la porte à Vitry-le-François, il suffit à l’envahisseur de suivre le cours de la rivière. Un boulevard à perte de vue. Tout droit jusqu’à Paris. On peut couper ls méandres : c’est fini, la  France est cuite. Mais l’ennemi n’a pas vu le piège. La Marne, c’est la rivière du retournement. Une leçon aussi pour les temps présents. »


-        Dites-nous le fond de votre pensée Jean-Paul ! « Remonter la Rivière. Retourner en arrière, repasser le vieux film, velléité d’aller vers l’origine comme on se remémore sa vie passée… »


« Une façon de procéder à un inventaire personnel du pays où je suis né. Je me sens parfois intoxiqué par la France. En état de dépendance psychique et physique. Je subis l’influence de so histoire telle que l’on me l’a inculquée, de sa littérature, de sa langue, de ses églises, de ses paysages. Cet ensemble d’affects et de souvenirs ne cessent de me poursuivre »

« Ce n’est pas la France que je vais explorer, mais un de ses fragments ou plutôt un extrait comme on dit d’un passage d’un livre, de morceaux choisis. Ou d’un parfum. »


-        JPK pour les petites louves et les petits loups nuls en géo


« La Seine est une arnaqueuse. Et la Marne, qui fidèlement la pourvoit, sa dupe depuis deux mille ans. »

Seine depuis sa source : 410km

Marne depuis sa source : 525 km

« Normalement, c’est la Marne qui devrait traverser Paris et se précipiter dans la Marne. Incontestablement, la Marne est un fleuve. »


-        Maintenant Jean-Paul je vous suis :


L’ile d’Amour. La Grenouillère où fut tourné Le Gitan de José Giovanni avec Alain Delon « est en deuil. L’établissement a fermé ses portes. Il ne ressuscitera plus… derrière commence la rue Raymond Radiguet, natif de Saint-Maur… auteur du Diable au corps… les deux amants se retrouvaient dans une barque dissimulée parmi les haute herbes et le jeune amant « jonchait de baisers » sa maîtresse.


« Île Pissevinaigre. Le nom tire son origine d’un petit vin au goût aigrelet qu’on y produisait. Ce vin, dit guinguet, a donné naissance au mot guinguette. »


« Île des Gords »


« Champigny, le nom vient de champagne, l’un des mots les plus intrigants, selon moi de la langue française. Il désigne à l’origine une plaine crayeuse ou calcaire – le contraire de bocage. Depuis deux siècles, le vin effervescent règne despotiquement sur ce nom et empêche d’apprécier la richesse de ce substantif qui dérive de campagne. Une champagne recèle souvent un vignoble, mais ce n’est pas la règle.


Note du Taulier né dans un bocage aux terres lourdes et glaiseuses qu’il fallait amender : marner quoi !


De Chennevières à Champigny s’étendait un paysage de vignes jusqu’au début  du XXe siècle. Un quartier de Champigny se nomme « Les Coteaux ». Sans ce vignoble, pas de vin guinguet, ni de guinguettes, ni de bals musettes. »


L’île du Martin-Pêcheur…


Gournay-sur-Marne : la « Marne sauvage » à 15 km à vol d’oiseau de ND de Paris. Corot, Cézanne, Picasso ou Derain…« Cette vision champêtre a attiré aussi les classes populaires de la capitale pour qui la mer était un luxe inaccessible. »


Le Barrage de Joinville « l’odeur de l’eau »


Sous le Pont de Joinville « Alors, comme ça, tu remontes la Marne ? Qu’est-ce que tu cherches ? Le sac de nœuds ? »

La territorialité. J’y serai confronté, durant ce voyage. Défendre et délimiter son espace particulier contre la menace d’autrui – réelle ou supposée. »


Note du Taulier : à mon arrivé à Paris en 1976 j’ai entrepris un dimanche matin d’explorer le chemin de fer de la Petite Ceinture en y entrant par la Place de Rungis dans le XIIIe et dans les tunnels j’y avais croisé la même hostilité de ceux qui y étaient installés.


Nogent, « la ville du Petit Vin Blanc » comme l’indique un panneau.


L’amie plasticienne, Jeanne, qui vit sur une île avec Félix « son homme à tout faire, intendant, cuisinier, jardinier, passeur. Un ancien batelier à la dérive, ex-délinquant… Impénétrable et pachydermique… « Il me fait penser à Vautrin, le forçat de La Comédie Humaine »

-        Ainsi tu vas découvrir la France cantonale. La belle affaire ! »


Gournay, le « Deauville parisien », « je vois le bout de la banlieue. Elle n’a pas disparu, mais, depuis Neuilly-sur-Marne, la nature, sans reprendre tout à fait ses droits, se manifeste de plus en plus hardiment. »


A l’Assiette Gournaysienne, là où Jean Dutourd a écrit Au bon Beurre, sur la terrasse à l’ombre des marronniers. La Marne coule en contrebas « Félix a pratiquement sifflé à lui seul la bouteille de Bordeaux. J’en commande une seconde qu’il attaque avec allant, sans paraître ivre le moins du monde. Dans quel état va-t-il regagner l’île aux loups ? »


Note du Taulier : Comme c’est à la barre de sa barque à moteur la police fluviale ne devrait pas l’inquiéter vu qu’elle ne doit pas traîner sur la marne à cette heure tardive… est-elle pourvue d’éthylotest ?


Lagny-sur Marne, Dampmart… « La campagne ou plutôt la nature reprend ses droits. Apparaît le moment où l’on peut attester que la ville a cessé d’être. »

« Il n’y a pas vraiment de ligne de démarcation »

A Dampmart « une transition radicale s’ébauche avec mon premier champ de colza. »

A la ville il est signifié que la course-poursuite est terminée. Non seulement elle ne peut aller plus loin, mais elle doit reculer »

« La Marne est désincarcérée de sa chape urbaine. Enfin seuls. »


Bien sûr je continue la remontée de la Marne avec Jean-Paul Kauffmann, à bientôt donc sur ses lignes et sur les miennes lorsque j’aurai croisé l’un de ses « conjurateurs »

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 00:09

Angers, je sors de la gare, 20 minutes de station sous la « guenasse » pour attendre en me gelant le cul une navette : même pas capable d’ajuster les horaires à ceux des trains c’est tout le professionnalisme des organisateurs du salon. Le bus est bondé. Nous gagnons une triste zone sous la pluie. Si j’avais su je ne serais pas venu. Par bonheur, la première aire du salon est occupée par une poignée de vignerons vendéens et ça me réconforte. Je quitte ma mauvaise humeur en compagnie de Jérémie Mourat qui, avec sa gentillesse habituelle, me présente son nouveau vignoble : Moulin Blanc.


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Pour ceux qui n’ont jamais croisé Jérémie je lui laisse le soin de se présenter. Comme je suis un peu fainiasse, je le cite chez une consœur, Elizabeth Poulain, c’était le 13 avril 2012. « C’est la vitesse du changement qui me surprend actuellement, mais pas chez tout le monde bien sûr. Quand je dois parler de moi, je dis que je suis vigneron. Avec mes 118 ha, je suis un vrai terrien issu d’une famille de négociants ayant travaillé dans la vente. C’est comme ça aussi que j’ai commencé dans le métier, aux côtés de mon père Jean Mourat. Au fil du temps – j’ai actuellement 34 ans et j’ai commencé en 1999 – j’ai ressenti une frustration de ne pas élaborer à 100% le produit et pour assurer la qualité du produit depuis le début. Mon père qui avait repris la direction de la maison Mourat, n’avait pu faire autrement que d’acheter du raisin. Il y avait 24 ha aux vignobles Mourat à mon arrivée quand je l’ai rejoint. J’ai trouvé un vignoble en pleine mutation, avec des changements climatiques, des changements relationnels et une envie de faire autrement. C’est ce que je fais et continue à faire. La suite ICI link 


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Le Moulin Blanc, planté sur une butte de schistes pourpres, afin de prendre le vent de l’Océan, est situé à Rosnay. Entouré d’une parcelle de vignes de 6 ha, il domine les vallées du Lay et de l’Yon et il a été brûlé en 1794 par la colonne infernale Goix-Martinière. Quatorze habitants ont péri dans ce massacre… Pour les petites louves et petits loups qui ignorent l’Histoire de France, les colonnes infernales ont sévi en Vendée ; une Vendée où l’insurrection a touché un territoire de 10 000km2 regroupant 4 demi-départements : le sud de la Loire-Inférieure et du Maine-et-Loire et le nord de la Vendée et des Deux-Sèvres.


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« Les colonnes infernales se mettent en marche le 21 janvier 1794 : les généraux veulent ainsi célébrer à la « manière républicaine » l’anniversaire de la mort de Louis XVI. L’idée est mise au point le 15 janvier à Saumur, par Turreau, en réaction au plan Kléber jugé ambigu, restrictif et timoré. Elle est avalisée par la Convention le 8 février suivant par l’intermédiaire de Carnot. « Tu te plains, citoyen général, de n’avoir pas reçu du Comité une approbation formelle à tes mesures. Elles lui paraissent bonnes et pures mais éloignées du théâtre d’opérations, il attend les résultats pour se prononcer : extermine les brigands jusqu’au dernier, voilà ton devoir.


Le pays insurgé doit être traversé en six jours. Les troupes réparties en douze colonnes, appelées par Crrier « les douze flambeaux », reçoivent l’ordre écrit de « livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d’êter brûlé et de passer au fil de la baïonnette toutes ce qu’elles rencontreront d’habitants ». « Je sais qu’il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays, s’écrie le général Grignon, c’est égal, nous devons tout sacrifier […]. » les objectifs fixés sont atteints à la date voulue mais les résultats, selon les organisateurs, sont jugés insuffisants et de nouvelles « promenades » sont organisées jusqu’à la chute  de Robespierre et peut-être au-delà. ». Les généraux Turreau et Amey, à la tête de 60.000 hommes, libres de tout commettre sur « les vipères, leurs femelles et leurs petits vipéreaux ». Goy-Martinière se désole : « Je n’ai pu brûler les moulins à vent, à défaut de bois et à cause de leur hauteur. J’ai fait briser la fourche, le frein, le rouet, ce qui équivaut au feu. »

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Revenons à ce Moulin Blanc qui a entièrement été restauré par l’entreprise CROIX, de la Cornuaille dans le Maine & Loire : www.restauration-moulin.fr  qui est spécialisée dans la restauration de moulin à vent et moulin à eau depuis 1850 (cinq générations de charpentiers amoulageurs). Amoulageur ou amoulangeur  selon Marcel Lachiver, un savoir-faire inestimable pour aussi installer et rénover des moulins à meule (minoterie). « Du débit des grumes à la mise en service de votre moulin nous vous accompagnons dans toutes les étapes de la restauration. » Ce que fait la main, une part du génie des artisans qu’il nous faut mettre en pleine lumière.


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Le Moulin blanc, nouvelle cuvée des Parcellaires de Jérémie Mourat après le Clos Saint André quintessence du Chenin, Grenouillère avec ses vieilles vignes de Négrette (le fameux ragoutant) et Terre Quartz (ex Terre Quart « Quarts-de-Chaume, qualifiant cette initiative de concurrence déloyale vis à vis du « Grand Cru" angevin!... Et menaçant au passage le domaine vendéen de représailles judiciaires, s'il ne changeait pas le nom de la cuvée!... On vit une époque formidable!... Résultat : alors que cette cuvée porte le nom même de la parcelle, elle va devoir changer d'identité pour Terres Quartz!... »)  le liquoreux, ce sont 15 ha de plantés principalement de vieilles vignes de Pinot Noir complétée par quelques arpents de chenin et de chardonnay. Les vignes sont conduites selon les méthodes traditionnelles favorisant le labour du sol, excluant tout désherbant ou engrais chimiques.


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4 cuvées : un blanc de blancs, un blanc de noir, un rosé et un rouge vinifié et élevé en cuves bois tout comme le blanc des blancs. Le blanc de Noir ainsi que le rosé sont vinifiés en cuve béton.

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L’ami Philippe Rapiteau écrivait le 12 août 2012 link à propos du Moulin Blanc flambant neuf « A l'intérieur, vont être installées des claies, permettant le séchage de raisins issus sans doute, dans un premier temps, d'un cépage rouge et peut-être de négrette. A noter que les vins issus de ce domaine, destinés, dans un premier temps, à grossir les volumes du Clos Saint André, seront finalement proposés sous leur nom propre, mais uniquement en IGP Val de Loire-Vendée, ce qui ne manque pas de faire grincer quelques dents dans le landerneau !... »


Bref, si vous allez en « pèlerinage » sur les terres du Taulier, Rosnay c’est tout près de la Mothe-Achard, alors prenez le chemin des écoliers sans GPS : la Chapelle-Achard D21, Grosbreuil, Nieul-le-Dolent D36, la Boissière-des-Landes D12, Champ-Saint-Père D19 puis D29 jusqu’à Rosnay. Si vous vous perdez demandez votre chemin à un gars du coin même si vous avez un numéro de parigot tête de veau y seront du genre bon samaritain. Avant d’y aller passez un petit coup de fil à Jérémie 02 51 97 20 10 ou envoyez-lui un e-mail jmourat@mourat.com en vous recommandant du Taulier. De toute façon bénédiction du Taulier ou pas vous serez bien accueillis et, cerise sur le gâteau, les vins de Jérémie feront taire ceux qui considèrent avec hauteur le terroir vendéen. Et puis, si ça vous chante, après la tournée des grands ducs faites celle des moulins link 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 14:00

  Vendredi, Fabrice Luchini tel qu’en lui-même à la matinale de France-Inter de Patrick Cohen. Rappelant son passé de garçon coiffeur, à 14 ans, alors qu’il passait ses pauses à lire Freud, le virtuose de la pirouette, l’homme de l’année pour le magasine GQ «ambassadeur flamboyant de toutes les contradictions de l'esprit français: aisance et préciosité, goût du populaire, snobisme avéré, libertaire et réactionnaire», nous a délivré cette saillie d’un grand coiffeur : la « Luchina » (son surnom au salon) faute de se meubler le derche elle se meuble l’esprit pour souligner sa profonde connaissance des homos. Derrière lui, dans le palmarès de GQ bien sûr, le judoka Teddy Riner, Sébastien Téllier ou encore Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, ont été désignés comme les personnalités qui ont marqué les douze derniers mois. Moi le Fabrice je l’adore, toujours en représentation : Jouvet, Raimu, Michel Simon, Sacha Guitry, des citations jaillissent, des anecdotes, il rebondit, il se contredit, me faire rire de toutes les couleurs.  


Allez écouter ces 4 minutes de Luchini sur France Inter c’est un vrai bonheur ICI :link

 

Du côté de son actualité, le film de Philippe Le Guay Alceste à bicyclette avec lui et Lambert Wilson autour du Misanthrope de Molière est un vrai succès avec déjà 800 000 entrées. Il pourrait atteindre le million. Luchini dit que c’est la preuve qu’il ne faut pas désespérer de notre pays. Tout à fait d’accord avec lui.

 

Il enchaîne, après l’immense succès de Knoch en 2001, sur la scène du Théâtre Antoine, dans UNE HEURE DE TRANQUILLITE une comédie de Florian Zeller, mise en scène par Ladislas Chollat. « Michel est un passionné de jazz. Ce matin-là, il vient juste de dénicher un album rare qu’il projette d’écouter tranquillement dans son salon. Il ne demande pas grand-chose : juste une petite heure de tranquillité. Mais le monde entier semble en avoir décidé autrement ! Sa femme voudrait lui parler, son fils débarque à l’improviste, son voisin frappe à la porte… Même sa maîtresse voudrait faire le point avec lui… Manipulateur, menteur, arracheur de dents, Michel est prêt à tout pour avoir la paix. Mais il lui faudra beaucoup d’énergie pour que cette douce matinée ne se transforme pas en un véritable cauchemar…

Florian Zeller nous livre un magnifique Feydeau contemporain dans lequel le talent de Fabrice Luchini peut s’exprimer pour notre plus grand bonheur ! »


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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 00:09

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Si vous souhaitez aller à l’essentiel soit l’interview d’Olivier Grosjean de la bande des 5 à propos du bouquin Tronches de vin qu’ils viennent de pondre, sautez à pieds-joints au-dessus des deux paragraphes qui suivent où le Taulier, comme à l’accoutumé, s’épanche.

                               

                                                [PARTIE FACULTATIVE]

                  Le petit couplet du Taulier

 Le culte de l’amitié, fut la marque de fabrique des meilleurs films de Claude Sautet : Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs, César et Rosalie, Vincent, François, Paul... et les autres, Mado… Sautet a offert à Romy Schneider, Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani, Bernard Fresson… et quelques autres de très beaux rôles. Alors, sans nostalgie aucune, et même si c’est une période bien lointaine pour les plus jeunes tronches de vin, j’ai envie d’évoquer, à propos de l’amitié que je porte à Olivier, Antonin, Guillaume, Philippe et Eva, ces années 70, le ressac des élans et débordements de 68, le temps des pantalons pat d’eph, des cols pelle à tarte, des gros nœuds de cravates, des Renault Gordini, des virées entre copains, des bars où l’on refaisait le monde, des boîtes où l’on s’enfilait des baby, nos amours et nos désamours… les choses de la vie avec des gens vrais, si humains, si vivants…


Les-auteurs-Olivier-300x199.jpgLes-auteurs-Antonin-300x224.jpg

Les-auteurs-Guillaume-300x243.jpgLes-auteurs-Philippe-300x225.jpg

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Tout ça pour vous dire, qu’Olivier, Antonin, Guillaume, Philippe et Eva, oui, je les aime bien, pour de vrai ! Bien sûr, je suis plus proches des parisiens, les rats des villes, les petits jeunes, Eva, Antonin et Guillaume, et avec eux, sans faire le jeune homme, je ne me sens pas tout à fait vieux. Ils sont ma jouvence. Du côté des rats des champs, un peu plus chenus, Olivier dans son lointain Jura, dont je connais mieux les fruitières que les vins, est pour moi une vraie référence, de ceux qui m’ont fait découvrir une nouvelle facette du vin et puis, pour la bonne bouche, reste Philippe, que je n’ai jamais rencontré, mais comme nous partageons le même terroir et qu’Eva m’a beaucoup parlé de lui, il est tout naturellement de mes amis.

                               

                                                        [PARTIE OBLIGATOIRE]

 

L’Annonce faites aux francs buveurs par Olivier Grosjean 

          

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« Si, aujourd’hui, les Tronches de vin se retrouvent dans les bacs, c’est grâce à Antonin. C’est lui qui les a entrevues le premier. Pour le Vindicateur, tout a commencé au cours d’une nuit passée sur son PC à tenter de persuader une bande de blogueurs à écrire un guide en papier, depuis leur lointaine campagne. Internet à l’assaut des librairies, avec un ton nouveau et une vraie liberté, des différences de style et une réelle indépendance, de quoi séduire des écrivins en culotte courte.


De la nécessité absolue d’associer à chaque vin une note chiffrée, Antonin s’est vite résigné, suite à de bons conseils, à abandonner toute notation, quelle qu’elle soit. De la volonté initiale d’écrire un véritable guide concurrentiel des guides existants, sans doute inspirée de ce qu’il a fait pour Vindicateur, Antonin s’est vite résolu, suite à de bons conseils, à adopter la notion d’anti guide alternatif, avec un travail moins exhaustif, mais plus en profondeur. Finalement, il faut croire qu’il a été plutôt bien conseillé. Mais, force est de reconnaître que Tronches de vin doit quand même beaucoup à sa pugnacité vindicative.


Après une première mouture, avec un collectif différent et élargi (donc plus disparate, sans doute trop éclectique et pas facile à canaliser), avortée suite à un lâchage intempestif par un éditeur sans expérience dans le domaine du vin, ayant certainement eu plus grands yeux éditoriaux que grand ventre commercial, le collectif a redémarré en se recentrant sur l’essentiel, à savoir une envie de parler de vins et de vignerons regardant dans la même direction. Avec toujours une approche de blogueurs, mais en s’éparpillant moins, en gardant chacun notre style tout en s’accordant mieux sur le fond. Aller voir un peu plus loin que le fond du verre, inciter à la rencontre de vignerons moins médiatisés, encourager la découverte de régions viticoles généralement délaissées (pour ne pas dire méprisées) par la critique institutionnelle, bref, parler du vin autrement, tout cela est rapidement devenu notre credo.


Et si nous sommes repartis de plus belle, c’est grâce à un nouvel éditeur, Jean-Paul Rocher, très impliqué dans le monde du vin, qui a cru au projet et l’a soutenu jusqu’à son dernier souffle. Malade, il nous a malheureusement quitté avant la fin de l’aventure, ce qui fut à l’origine d’une nouvelle péripétie dont nous nous serions bien passés. Nous lui devons néanmoins beaucoup. Tronches de vin lui est spécialement dédié.


Rien de bien révolutionnaire dans Tronches de vin, finalement. Il y a les Carnets de vigne de Sylvie Augereau, qui nous ont grandement inspiré par leur approche, et puis l’Alter-vin, qui nous a grillé sur la date de sortie, un ouvrage « collègue » qui permet d’enfoncer un peu le clou du vin équitable. Nous avions simplement une envie forte de nous lancer dans une prolongation papier du web, susceptible de toucher un public différent, tout en gardant à l’esprit ce qui fait l’essence-même de nos blogs respectifs : une approche du vin bien ancrée dans la réalité vigneronne, le plus souvent via des pratiques biologiques, biodynamiques ou naturelles, parce que les vins qui en sont issus correspondent à une belle éthique et à nos goûts. Des pratiques que certains œnologiques bien-pensants n’hésitent pas à qualifier d’imposture, on se demande bien pourquoi. La véritable imposture, ce sont finalement eux, ces pseudo-critiques qui s’approprient le droit de juger avec souveraineté, alors qu’ils ne vivent finalement que du commerce du vin standardisé qu’ils défendent. Ras le bol de se faire dicter ce qui est bon par des palais formatés à la technologie et par les annonceurs ! Nous, nous n’avons rien à vendre. On goûte, on boit, c’est bon, on aime, on encourage, on partage. Du plaisir à l’état pur.


Revenir aux fondamentaux, sortir le vin des caddies et des linéaires de la grande distribution et se concentrer sur l’essentiel : un travail respectueux du vin et de l’environnement, du cep au verre, qui ne lèse ni le vigneron, ni le revendeur, ni le consommateur. C’est ça, la foi qui nous anime !


Et nous devons désormais convaincre un monde incrédule qu’une nouvelle ère de la critique vinique vient de commencer ! »

 

Allez  donc voir les TRONCHES DE VIN ICI link 

 

TRONCHES DE VIN  sort en librairie le 15 mars 2013

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 07:00

Ma double paternité sur le tard, après m’avoir sidéré, me comblait, l’âge ne semblait pas avoir de prise sur moi et jamais je n’avais déployé une telle activité, tant à la maison, où j’assurais l’intendance, l’élevage des enfants, soit presque tout, palliant ainsi l’absentéisme de Jasmine, absorbée par ses nouvelles fonctions dans les allées du pouvoir, qu’à l’extérieur. Là, j’excellais. Mes réseaux me permettaient d’infiltrer les rouages un peu grippés et surchauffés de mon nouveau parti. L’entrisme, cher aux Troskos, garde encore en nos jours, où le numérique triomphe, la saveur excitante qu’on les vieilles tires d’antan bien carrossées. À l’UMP, en dépit de l’armistice Fipé&Collion, les vieilles haines rancies se déversaient, telle l’urine des vieux pots de chambre au petit matin, sur un terreau déjà bien pourvu en fumier. Pour ne rien vous cacher, tout en évitant de vous en dire trop car je n’ai pas envie d’être démasqué, mes dîners du côté de la place Beauvau en compagnie d’un vieux compère et de jeunes loups du cabinet me ravissait. J’écoutais. Nous buvions bon, Yves chérissait les belles bouteilles. Au cours du premier dîner, les petits loups en costar italien me zieutaient avec le petit air supérieur de ceux qui estiment que les vieux n’ont rien à leur apporter si ce n’est des conseils à la con. Mon j’m’en foutisme affiché, mes chemises ouvertes, mon jean et mes Richelieu antiques, ma capacité d’absorption des beaux nectars, mon coup de fourchette, mes silences ponctués de petites questions d’apparence anodine, érodèrent leur suffisance bien mieux qu’un plaidoyer. Ils m’adoptèrent. La nouvelle de mes intrusions nocturnes au cœur du pouvoir de la Grande Maison s’était répandue et la prosternation des hauts responsables à mon égard était de rigueur. Je disposais de tous les moyens de les contacter dans l’instant et jamais je ne suis tombé sur leur messagerie. Tout baignait, donc. Je commençais à m’ébattre à l’UMP comme un petit gardon dans un bocal de squales un peu déprimés.


La seule qui me semblait vivante c’était NKM surtout depuis que les sondages faisait d’elle le meilleur challenger, à égalité avec le cocker triste, contre Anne Hidalgo. Sans jouer les coquettes, ce qu’elle n’est pas, Nathalie laissait son entourage confirmer que «l’ensemble des consultations qu’a menées Nathalie Kosciusko-Morizet, y compris avec François Fillon, sont un encouragement à présenter sa candidature à la primaire». Bien sûr, l’arrivée de NKM dans le marigot parisien risque fort de ne pas être très prisée des autres challengers, la Dati n’a encore rien dit, les troisièmes couteaux Marie-Claire Carrère-Gée et Pierre-Yves Bournazel, simples conseillers de Paris aussi. Le premier à dégainer fut Jean-François Legaret, le transparent président du groupe UMP au Conseil de Paris, qui avait fait savoir qu’il était «disponible» pour être candidat à la primaire. Au bazooka, dans le Parisien, le disponible a arrosé méchamment de gauche à droite «Ce n’est pas du tout mépriser Anne Hidalgo de dire qu’elle n’a ni la personnalité, ni l’autorité naturelle (du maire de Paris) Bertrand Delanoë. Depuis qu’elle est première adjointe du maire la règle qu’on lui a imposée et qu’elle a acceptée c’est « Sois belle et tais-toi » ! C’est un peu court pour exister. Elle n’est que la voix de son maître et pendant douze ans elle a accepté de jouer les potiches» Un monstre d’élégance ce Legaret qui n'épargne pas non plus sa camarade de parti «NKM, ça vient de sortir, ça ressemble beaucoup à une opération marketing. Le fait de ne pas être parisienne n’est pas vraiment un atout». Vite taclé le goret, pardon Legaret, par un Bernard Debré qui n’aime rien tant que la castagne. Il s'est fendu vendredi après-midi d'une note cinglante sur son blog, sous forme d’une «Lettre ouverte à Jean-François Legaret». «Nous avons voté pour que tu sois président du groupe UMP au Conseil de Paris. Personne n’avait envisagé que tu puisses être candidat à la Mairie de Paris, ou même « disponible » pour l’être. Voici maintenant que tu te sens pousser des ailes et que tu injuries Nathalie Kosciusko-Morizet ! Cette attitude, je te le dis, est inacceptable. Les difficultés que nous avions au sein de l’UMP, il y a quelques mois, ont été dramatiques. N’ajoute pas à ces difficultés les troubles de ton ego.»


 Ambiance donc, Bernard Debré, soutien de Fillon, ne tarit pas d’éloges sur NKM : «Elle a montré sa pugnacité, sa volonté, sa force, son intelligence. Elle est la seule à pouvoir réunir les différentes tendances de notre mouvement en étant largement au-dessus de celles et ceux qui se croient déjà en haut de l’affiche», rejoint par le Copéiste député-maire du XVIe Claude «C’est la meilleure candidate. C’est une femme compétente, très moderne. Ce sera un très beau combat contre la candidate socialiste Anne Hidalgo», affirme-t-il. Pierre Lellouche, député de Paris, même s’il pense qu’elle «va réveiller la droite parisienne» dit ne pas croire «au sauveur venu de l’extérieur». Faux-cul comme toujours il suggère de regarder les candidatures locales des gens qui connaissent parfaitement le terrain». Suivez son regard il cite le nom de son suppléant Jean-François Legaret. Bref, sous les bouquets de fleurs les couteaux s’aiguisent. La Dati, qualifiée par Coffe de « casse-couilles », a déjà fort à faire dans le VIIe car un candidat UMP, ex-maire-adjoint, a annoncé sur son site internet, jaimele7eme.com  « Il est temps de fermer une parenthèse qui nous a été imposée sans permettre aux électeurs d'avoir un véritable choix ». Fine allusion aux pratiques du père Sarko qui l’avait fait l'investir en 2008 alors qu’elle était à l'époque garde des Sceaux.  Copé a jappé, a menacé d’exclusion le manant qui lui a rétorqué qu’il irait jusqu’au bout. Rachida ferait bien de se méfier, les grands bourgeois du VIIe risquent d’en profiter pour lui signifier qu’elle ferait bien de s’occuper de sa progéniture et de lui trouver un père d’une manière convenable. Tout ça m’émoustille. Signe du destin, alors que je prenais un verre en fin de journée sur la terrasse du café de la place du Palais Bourbon, NKM était placée dans ma ligne de mire.

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 00:09

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Cette affaire est un réel problème systémique : est en cause l'organisation et les pratiques de certains groupes de l'industrie alimentaire qui ne font plus le travail eux-mêmes en fractionnant les interventions ce qui induit des sous-traitants à tellement de niveaux différents que les responsabilités se diluent et que ça ouvre la porte à la fraude. L’analyse de José Bové ci-dessous est pertinente.


Le petit peuple des consommateurs pousseurs de caddies, abreuvé d’une publicité débile : exemple celle que débite à la radio pour Leclerc un couple stupide sur les promos en tout genre, de quoi nourrir un régiment, adeptes des coupons, des bons de réduction, bardé de sa carte de fidélité, va-t-il commencer à s’inquiéter de ce que l’on lui fait ingurgiter. Bien sûr, il ne s’agit pas de mettre tout le monde dans le même sac mais tout de même à force de faire du fric sur le dos du consommateur en vendant soi-disant moins cher que moins cher nos distributeurs devraient être un peu plus exigeant sur ce qu’ils mettent en rayon. Le déguste-t-il au moins ?


Bref, je ne suis pas très expert puisque je n’achète jamais ni surgelés, ni plats préparés, mais qu’on ne vienne pas me dire que c’est parce que j’ai les moyens de m’acheter des produits frais que je cuisine moi-même. C’est trop simple. L’observation du contenu des caddies montre à l’évidence que la grosse bouffe est le fait de toutes les catégories sociales qui privilégient d’autres postes au détriment du poste alimentaire. Ça m’évoque un vendeur de journaux pour SDF que je croise à l’aller en train de téléphoner avec un magnifique Smartphone et qui au retour ne tape pour que je lui refile une pièce pour manger.


Allez encore un petit effort : externalisons même notre « cuisine », délocalisons tous ces trucs qu’il faut éplucher, assembler, cuire, faisons faire par d’autres (beaucoup de soi-disant restaurants ne font même plus la cuisine mais réchauffent des aliments préparés en laboratoire) ce que nous pourrions faire en grande partie nous-mêmes et ensuite plaignons-nous, indignons-nous, exigeons des contrôles renforcés, de la traçabilité dans des circuits où ça équivaut à chercher une aiguille dans une botte de foin.


Et si nous en revenions à la fois à un peu plus de responsabilité et de simplicité. Merci, de cesser de nous casser les burettes avec la table gastronomique française inscrite du côté de l’UNESCO, préoccupons-nous vraiment de la vie de tous les jours mais je crois que c’est trop  demander à une majorité d’entre nous car, vous comprenez, s’ils faisaient la cuisine ils ne pourraient même plus Twitter ou se vautrer pendant des heures devant la télé.


Revenons à Findus, qui pèse 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires et qui est entre les mains de fonds d'investissement, dont Lion Capital, depuis six mois, vendait des plats cuisinés au bœuf mais préparés... avec du cheval. Findus a trouvé de la viande de cheval dans des plats cuisinés étiquetés viande de bœuf, vendus en France, au Royaume-Uni et en Suède. Dans ses lasagnes, il y avait entre 60 % et 100 % de viande équine. Findus a annoncé qu'il retirait temporairement des rayons français trois gammes de produits, les lasagnes bolognaises, le hachis Parmentier et la moussaka.


1-             FINDUS ne fabrique pas ce qu’il dit cuisiner : il sous-traite à un sous-traitant français, l'entreprise Comigel, fabriquant de plats surgelés, basée à Metz mais dont l'usine est au Luxembourg. Il travaille pour une floppée d’autres marques, ainsi de la viande de a été trouvée dans les produits des supermarchés Aldi.


2-            Comigel a indiqué que la viande incriminée venait d'un fournisseur français, la société Spanghero, qui elle-même se fournissait en Roumanie.


3-            «Le fournisseur de l'usine luxembourgeoise est le groupe français Poujol». Il s'agit de la holding chapeautant la société Spanghero. Poujol « a acquis la viande surgelée auprès d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader basé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe situés en Roumanie».


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4-            Tout ce beau monde se défausse : le directeur général de Findus France Matthieu Lambeaux « On nous certifiait avoir de la viande de bœuf française dans nos recettes. En réalité, on nous a fourni de la viande de cheval roumaine» Barthélémy Aguerre, président de Spanghero «La société Spanghero, dans le cadre de son activité négoce, précise avoir acheté puis revendu en l'état des produits étiquetés 'minerai de bœuf désossé surgelé UE (origine Roumanie)»


5-            Tout le monde porte plainte Findus France «Il y a deux victimes dans cette affaire: Findus et le consommateur. Nous porterons plainte contre X dès lundi». L’importateur Spanghero «Nous avons acheté de la viande de bœuf origine Europe et nous l'avons revendue. S'il s'agissait bien de cheval, nous allons nous retourner contre le fournisseur roumain»


6-            les Roumains n'entendent pas se laisser faire. Sorin Minea, le président de l'association Romalimenta qui regroupe les patrons roumains de l'alimentaire, le fournisseur français ne pouvait pas ignorer qu'il s'agissait de viande chevaline. « Je suis sûr que l'importateur savait que ce n'est pas du bœuf, car le cheval a un goût, une couleur et une texture particuliers». Il existe en Roumanie trois abattoirs qui abattent des chevaux et exportent la viande vers des pays de l'Union européenne, notamment la France et l'Italie. «C'est une opération légale qui se fait selon les normes en vigueur», a souligné le sieur Minea.


7-            Est-ce une simple fraude ou un problème de santé publique ? Les autorités sanitaires, comme toujours, se veulent rassurantes, affirmant qu'il n'y a pas de risque pour la santé. Cependant la Food Standard Authority (FSA), mène des tests pour vérifier qu'il n'y a pas de phénylbutazone, un analgésique utilisé par les vétérinaires et qui peut être dangereux pour la santé humaine. Pour Andy Bowles, qui dirige ABC Food Safety, une entreprise qui forme les inspecteurs sanitaires outre-Manche, ce n'est guère rassurant : « On nous dit qu'il s'agissait d'une fraude. Qu'est-ce qui nous prouve que ces animaux ont été abattus selon les procédures ? Que les normes sanitaires ont été respectées ? Pour l'instant, on ne sait pas. Mon instinct me dit qu'on va trouver autre chose. »


8-           Hormis que manger du cheval au RU est tabou, c'est le troisième cas depuis la mi-janvier. Les autorités sanitaires irlandaises ont, les premières, détectée jusqu'à 30 % de cheval dans des steaks hachés vendus dans les supermarchés Tesco, Aldi et Lidl. L'origine de la viande a été localisée en Pologne. Puis de l'ADN de porc a été trouvé sur des produits étiquetés halal dans une prison anglaise.


9-            José Bové ne croit pas de son côté à une erreur de gestion des viandes. Pour lui, il s'agit bel et bien d'une fraude à grande échelle. Il a d'ailleurs demandé samedi l'ouverture d'une enquête européenne sur la fraude à la viande de cheval, et estimé qu'elle pouvait s'expliquer par l'effondrement du cours de cette viande en Roumanie et le choix d'une alimentation à bas prix. «C'est clair, il va falloir qu'il y ait une enquête dans chaque pays mais il faut qu'on aille beaucoup plus loin. Il faut une enquête européenne de l'Olaf, le service anti-fraude de l'Union européenne, sur cette affaire. Certains ont-ils voulu acheter de la viande pas chère parce que les prix de la viande de cheval se sont effondrés et que cela permettait peut-être de faire un bon coup financier sur le dos des consommateurs. Je ne crois pas du tout dans ce cas de figure qu'on soit sur une erreur, puisqu'on retrouve ça en grande quantité en Grande-Bretagne, en Irlande, en Suède visiblement. Il y a quelque chose qui est orchestré» et le «mode d'alimentation par la grande surface et les plats tous faits permet facilement de maquiller ce genre de business».


10-      Benoît Hamon a dénoncé cette architecture qui «relève avant tout d'une logique financière qui aurait rapporté plus de 300 000 euros».


11-       Findus ne possède qu'une usine en France à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pour les plats à base de poissons surgelés.


12-       «Les enseignes de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) ont retiré de leurs magasins les produits, identifiés par leurs fournisseurs Findus et Comigel, faisant l'objet d'une non-conformité d'étiquetage quant à la nature de la viande. Ces produits ne sont plus dans les rayons des magasins, à ce jour. Les enseignes suivent avec la plus grande attention les investigations menées par leurs fournisseurs et attendent les résultats des enquêtes menées par les pouvoirs publics».


13-      Picard, a également retiré mercredi deux lots de lasagnes bolognaises et a entamé des analyses pour déterminer s'ils contenaient de la viande de cheval en lieu et place de bœuf, comme pour des produits similaires commercialisés par Findus.


14-      , Alain Bazot président de UFC-Que choisir «Là on a vraiment la convergence de problèmes sur l’information que l’on donne au consommateur, le contrôle que l’on effectue et sur le fait de savoir qui contrôle. Pour M. Bazot toute l’affaire vient d’une dégradation du contrôle public. «Il y en a assez de cette tendance au désengagement de contrôle des autorités publiques et à confier aux professionnels la maîtrise du contrôle. On le voit bien en France, les effectifs des services vétérinaires ne cessent de diminue. Cela fait plusieurs années que l’on tend à s’aligner sur la logique américaine qui consiste en matière d’hygiène à ne pas suivre les différentes étapes des produits alimentaires et en particulier les viandes et de passer à la fin au karcher, à l’eau de javel, tous les produits alimentaires ». Un expert surenchérit « Les contrôles de l’administration sont relativement rares, une fois tous les deux, trois ans ou sur alerte, ce n’est pas ça qui permet d’assurer que le système de qualité et de traçabilité est au point»


15-      Je persiste et je signe : mangeons simple, revenons aux aliments de base qui ne sont pas forcément les plus couteux et les plus difficiles à préparer. En n’achetant plus de produits FINDUS vous ne casserez pas beaucoup d’emplois en France.

 

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1- Une boite de lasagne «au boeuf» vendue en Grande-Bretagne. (photo Chris Helgren. Reuters)

2- La composition des lasagnes Findus vendues au Royaume-Uni, le 8 février 2013 (Photo Andrew Yates. AFP)

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:00

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Sur les autoroutes, même si je ne les emprunte guère, les routiers sont de moins en moins sympas et la bouffe est innommable. Nostalgie d’une Nationale 7 aujourd’hui  tronçonnée, mais où sont donc passés les fameux Routiers où les routiers sympas de Max Meynier s’attablaient pour casser une graine et, concédons-le s’envoyer quelques canons dans le gorgeon. La sortie du 77e Guide des relais routiers me permet un petit brin de nostalgie.


 « Route des vacances

Qui traverse la Bourgogne et la Provence

Qui fait d’Paris un p’tit faubourg d’Valence

Et la banlieue d’Saint-Paul de Vence

On est heureux Nationale 7. » Charles Trenet.


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« La nationale 7 est longue de 996 kilomètres – le nom du célèbre jeu des 1 000 bornes se référerait à cette distance. Elle part du point zéro inscrit dans la pierre sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris, traverse la forêt de Fontainebleau, puis file ensuite vers Nevers, Moulins, Roanne et atteint Lyon. Cette portion de la RN7 a été souvent confondue avec la RN5 et la RN6, qui relient ensemble Fontainebleau à Lyon via Auxerre et Mâcon. Après Lyon, étape prisée des gastronomes (plusieurs grands restaurants se trouvent en ville, mais aussi dans les environs, au bord de la route), on prend la partie de la nationale 7 qui a le plus fait rêver les vacanciers : la mer n’est plus très loin ! Suivant le cours du Rhône par Vienne, Valence, Montélimar, Avignon, elle s’oriente ensuite vers Aix-en-Provence et Brignoles. « Quand est-ce qu’on arrive ? » braillaient les enfants. Du calme, voici Fréjus et la Méditerranée ! Après viennent Cannes, Nice et enfin Menton, ville-frontière formant le point final de l’illustre voie. » (Le guide du routard). link


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« Max Meynier est né le 30 janvier 1938 à Lyon.     Il fait ses études au lycée Ampère et à l’ESC de Lyon. En 1958, il monte à Paris pour faire du théâtre ou il est admis au centre d'art dramatique dans la classe de Robert Manuel. En 1960, il obtient le 1er prix de comédie classique et comédie moderne au concours de la « scène française ».


1969: Pour subsister, les maigres revenus d'un jeune comédien étant très aléatoires, Max fait le chauffeur de « Maître ». Il a ainsi pu conduire Mel Ferrer et Audrey Hepburn, mais aussi Michèle Morgan. Coquetterie de sa part, il refuse le port de la casquette et n'est pas bilingue. Un jour, on lui confie de conduire Mireille Mathieu durant sa tournée d'été. Mission délicate car Mireille a peur en voiture. Durant 2 mois, il promène Johnny Stark, Mireille et sa tante. Puis, au hasard d'une rencontre à Deauville, il fait ses débuts à RTL pour remplacer Bernard Schu en congés. Le premier disque qu'il passe est bien entendu un Mireille Matthieu. Il enchaine des petits boulots à RTL, il diffuse des disques, et donne quelques commentaires durant le voyage sur la lune de Neil Armstrong. Puis une journée sur le tour de France avec Anquetil. Il sympathise avec JP L' Hénan (S-G adjoint de RTL) C'est lui qui l'engage définitivement à la station. C'est alors que Roger REICHER, le directeur des programmes lui donne sa véritable chance en lui confiant : « LES ROUTIERS SONT SYMPA » qu'il prend en main le 8 mai 1972. Il apprend alors la radio et ses subtilités auprès des pros de la radio de l'époque. Le 8 mai 1972, il anime pour la première fois « les routiers sont sympa ». Au lancement, l'émission est courte 22h30-23h, il remplace un animateur qui n'avait pas le « ton routier » et dont l'annonceur Dunlop n'était pas satisfait. »link 


« L'édition 2013 du Guide des relais routiers - plus jeune que le Guide Michelin mais créé tout de même en 1934 - vient de paraître. Celle-ci s'adresse aussi bien aux routiers qu'aux travailleurs itinérants et aux voyageurs occasionnels. L'ouvrage référence 1 000 restaurants avec, pour chacun, « une fiche complète donnant l'ensemble des informations utiles, y compris les horaires et la description des parkings poids lourds et autos », indique la société d'édition Les routiers. 19,00 €     


Des bons restaurants pas chers et pour tous. Le Guide des Relais Routiers continue avec détermination la route qu’il trace depuis 1934. Il vous conduira le long des nationales et autres départements de la France profonde, là où l’on mange bien, où l’on boit de bons petits vins régionaux à prix sympa.


Grâce à ses adresses de restaurants classées par département, par région, par qualité de réception et, bien entendu, par niveau de restauration avec ses fameux Relais Casserole, vous pourrez faire des haltes régionales gastronomiques.


Diffusé en moyenne à 45 000 exemplaires, Les Routiers est vendu par abonnement et distribué par les NMPP. Il est également en lecture dans les 1600 restaurants adhérents à la Chaîne des Relais Routiers. Son lectorat est fait de chauffeurs routiers, d'artisans transporteurs, de chefs de parcs, de responsables de PME transport et de chefs d'entreprise de transport. »


Nationale 7 - les routiers par fifitou

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