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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 00:09

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Hier, avant de partir faire un tour au Salon International de l’agriculture, j’ai lu dans la presse régionale que « le président du Conseil régional de Bourgogne voulait plus d'authenticité pour la prochaine édition de salon. » Ça m’a conforté dans ma première impression lors de mon passage le samedi de l’ouverture lorsque j’avais traversé les travées de ICI c’est la Bourgogne. En effet, les vendeurs de vin m’étaient tombés dessus tels des shrapnells à Gravelotte, pas de la petite drague mais du lourd. De plus, pas un nom tout au long qui m’évoquait des vignerons ou des maisons emblématiques de la Bourgogne. Je m’étais dit Taulier tu te fais des idées et je m’étais esbigné.


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Retour au pavillon des Provinces en croisant cette fois-ci les mêmes musiciens chiliens, non plus congelés mais chamarrés (voir photo) Je me hissais donc par des escalators asthmatiques jusqu’au niveau de la Bourgogne. Pas grand monde mais sur 20 mètres le même cinéma que samedi, vraiment je dois avoir le profil type du parigot gogo : insistants les gugusses, je les ai carrément envoyés chier. Dans une autre allée, profitant que certains avaient capté un pigeon j’ai jeté un œil sur les tarifs : là aussi c’est du lourd. Sans doute faut-il amortir le prix du stand mais je me demande qui est encore assez con pour se faire avoir par de telles pratiques.


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Mon cher François je comprends mieux que tu préféras humer une poignée de foin ou de la paille – normal tu étais vétérinaire – plutôt que plonger ton nez dans un verre. Tu es de goût très classique je le sais et pour ma part dans les Patriat je suis tendance Grégory, mais tout de même ce barnum de tapeurs de vins de Bourgogne écorne la belle image de la région. Je te concède que la plupart des régions, en matière de vin, sont logées à la même enseigne que ta Bourgogne, ce n’est pas la fine fleur qui est présente. D’ailleurs, je trouve que ce biseness du vin n’a rien à faire dans un espace sensé être la vitrine d’une des régions vinicoles la plus prestigieuse de notre vieux pays, ça date d’une autre époque lorsque les péquenots vendéens montaient à Paris et se murgeaient grave dans ce qu’ils avaient baptisé « le couloir de la mort » Il y a maintenant beaucoup d’autres lieux pour vendre du vin à Paris.


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Pour me consoler je suis allé prendre quelques photos de bons vieux bourguignons qui faisaient de la musique et de la danse et qu’ont initiés les parigots tête de veau au ban bourguignon. C’était déjà ça François mais ça ne suffisait pas il va falloir secouer tout ça même si ça fait un peu de poussière. Facile à dire, difficile à faire, mais je me souviens d’avoir entendu chanter « et je suis fier, et je suis fier d’être bourguignon… » Bon courage François, demande à miss France de te donner comme hier un petit coup de main.


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Dépité je m’en suis allé et j’ai même croisé une saucisse de Morteau avant de tomber nez à nez avec l’ami Philippe Bornard, le renard du Jura, qui fut ma première consolation avec un bon gorgeon de savagnin. Quelques pas plus loin des languedociens de ma connaissance m’offraient un petit canon de Picpoul de Pinet avec des huîtres de l’étang de Thau. Je commençais à être un peu rasséréné. Je reprenais ma progression en traversant les stands de nos DOM où l’ambiance était fort joyeuse et j’entreprenais un beau parcours de la biodiversité comme tu pourras en juger ci-dessous.

 


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Et puis je me suis dit, mon cher François, que du côté de la Corse samedi dernier y’avait de l’ambiance : bonne pioche, de la musique un peu plus fun que tes bons bourguignons et un bar à vin où l’on servait du bon vin. Tout pour me plaire, et ça devrait t’inspirer aussi : les corses l’authenticité et l’identité c’est dans leur ADN. Bref, j’ai noté une nette corrélation entre ambiance et assistance. Les temps pas si rose pour venir ce faire ch… dans des travées où soit on te file du papier, soit on cherche à t’arnaquer avec de l’aligoté à 22€ j’oserais écrire le kilo tellement c’est gros.


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Pour finir ma petite tournée mes pas m’ont portés jusqu’à l’Aveyron où j’ai eu le bonheur de trouver André Valadier, l’homme du renouveau du fromage de Laguiole avec sa coopérative Jeune Montagne. C’est un sage, un de ceux qui a pensé et compris ce qu’était une AOC accroché à son territoire pour créer de la valeur. Nous avons longuement conversé autour d’un verre de bière. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes François toi qui es en quête d’authenticité tu peux la trouver chez le toujours jeune André Valadier capable de soulever des montagnes (la photo ci-dessous a été prise par moi lors de l'estive sur le plateau de l'Aubrac)


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Voilà mon après-midi au salon de l’Agriculture François, rien qu’une déambulation d’un Taulier qui, bien que mal parti est plutôt bien retombé sur ses pieds…. sauf qu'il s'était tout de même pris les pieds dans son agenda... son grand âge sans doute...

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 13:00

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Ce serait un bien beau paradoxe que ces pâtes molles, pressées ou persillées, cuites ou non, tant aimées par Périco Légasse puissent s’allier avec ces vins dépouillés, affranchis dirait Antonin, que notre pourfendeur patenté sur tous les sujets de terroir national, déteste et rejette dans les ténèbres extérieurs, puissent se vautrer dans le lit, sur la couche des vins nus pour forniquer en une bacchanale infernale.  


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Les mauvaises langues de fiel feront remarquer que notre Périco au lait cru n’a pas su reconnaître un camembert au lait cru et le distinguer d’un camembert roturier industrialisé lors d’une récente édition d’On va déguster sur France Inter. Normal, à l’aveugle nos grands dégustateurs du GJE de François Mauss se sont tout autant plantés lorsqu’ils ont lichés des GCC les yeux fermés (façon de parler) puis avec l’étiquette son le nez. C’est encore plus difficile pour les frometons soumis aux aléas saisonniers, à la qualité et la durée de l’affinage, au stockage…


Laissons de côté ces lazzis pour revenir à l’essentiel, au cœur de notre sujet du jour : le lait cru gloire nationale. Ce qui intéresse votre Taulier en ce temps où de belles vaches bien brossées, des petites chèvres choyées, de jolies brebis bouclées donnent leur lait sur la paille parisienne, c’est de mettre des horribles chiffres : le poids des fromages au lait cru dans le plateau de nos fromages nationaux. Nos journalistes dit gastronomiques qui se veulent dégustateurs ne s’aventurent guère sur ce terrain aride qu’est la statistique. Je sais ça emmerde le lecteur de se fourrer le nez sur une encre pas très sympathiques, il n’empêche que nos beaux frometons au lait cru sont des fleurons qui rapportent des pépettes aux trayeurs de lait et à des petites entreprises nichées au creux de nos beaux vallons. Savoir de quoi l’on parle permet de mieux situer les enjeux et des discussions plus crédibles. Nos amis journalistes en déficit de la dite crédibilité ferait bien de s’en inquiéter.


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La part des fromages au lait cru dans l’ensemble des fromages français est proche de 15% en 2011 note Agreste www.agreste.agriculture.gouv.fr Primeur de janvier 2013. 184 470 tonnes sur un total de 1 275 780 tonnes.


Les auteurs de la note notent : « En 2011, les laiteries ont élaboré 184 470 tonnes de fromages au lait cru. Après deux années d’embellie (+4,3% et +5,7% en 2009 et 2010 respectivement), les fabrications de fromages au lait cru marquent le pas en 2011 (+1,7%). C’est également le cas pour l’ensemble des fromages qui progressent lentement de 2010 à 2011 (+1%) après une hausse de près de 4% l’année précédente. Depuis 2009, la part des fromages au lait cru dans l’ensemble des fromages s’est stabilisée à près de 15%. Ceux bénéficiant d’une appellation d’origine sont plus dynamiques que les autres. »


Le camembert au lait cru redresse la tête entraînant l’ensemble des fromages de vache à pâte molle (+3,3%). Après une chute spectaculaire due à l’arrêt de la production par Lactalis et Isigny la dynamique semble de retour : +8,6% de 2008 à 2009 et +13,6% de 2010 à 2011. La part des camemberts au lait cru dans l’ensemble des camemberts progresse de de 5,4% à 6,3%.


En 2011, en revanche le mont d’or baisse de 4%, le munster au lait cru de 9%.

 

Les pâtes pressées non cuites au lait cru sont plus dynamiques +2,6%. Ceci s’explique par la bonne tenue des AOC. Le reblochon et le morbier progressent de 5% et le cantal et assimilés de 7%. En revanche la tomme de Savoie au lait cru chute de 6% et la raclette de 7%.

 

Les pâtes pressées cuites au lait cru se maintiennent avec des évolutions contrastées : le comté +2%, le beaufort +2,4% et le gruyère au lait cru +16% alors que l’emmenthal au lait cru perd du terrain et ne représente plus que 4,3% de la production d’emmenthal et baisse de 11 en 2011.

 

Faible rebond des fromages de brebis au lait cru +1,2% après deux années de chute : -5% en 2009 et -1,2% en 2010. C’est bien sûr le roquefort (93% du total) qui tire vers la croissance : +1,4% après la difficile année 2009. »la suspension de la surtaxe américaine en mai 2011 a permis la reprise des exportations.

 

Concentration des fabrications au lait cru :


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-        Le dixième des établissements représente près de la moitié des fabrications 88000 tonnes ;


-        Parmi ces gros qui produisent plus de 1000T par an se trouvent les producteurs de roquefort de l’Aveyron et de reblochon de Rhône-Alpes ;


-        Le poids des gros progressent au détriment des plus petits : +18 000 tonnes supplémentaires en 2011 ;


-        Les trois quart des établissements sont de petites tailles (- 500 tonnes/an) et contribuent à – de 30% de la production nationale. Il s’agit essentiellement des fruitières du Comté.


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Au plan régional : la Franche-Comté reste la première région productrice avec 82 000 tonnes de fromages au lait cru soit 44% de la production nationale. Le comté avec 56 300 tonnes est la première AOC française et est produite pour trois quart par les fruitières. Comme quoi la taille n’est pas forcément déterminante.


Les deux tiers des fromages à pâte pressée cuite produits en Rhône-Alpes sont au lait cru avec 44 000 tonnes. Reblochon et assimilés 14 200 tonnes, tomme de Savoie 6600 tonnes et Beaufort 5 100 tonnes.


La région Midi-Pyrénées grâce à la reprise du roquefort et du Pyrénées de vache est la troisième région productrice avec 25 800 tonnes.


La Basse-Normandie produit 7 500 tonnes + 13,8% grâce au camembert au lait cru 85% du total.


L’Auvergne connaît une forte progression des fabrications des fromages au lait cru + 12% avec 4 000 tonnes.


Voilà pour la brassée de chiffres qui permet de bien montrer que fabrication au lait cru ne signifie pas obligatoirement de la paille dans les sabots, laitière avec sa louche, petits artisans et ron et ron petit patapon mais aussi, José Bové s’en souvient, grandes boutiques gérées par des grandes sociétés : roquefort Société est détenu par Lactalis qui est le premier opérateur AOC français. Donc nous en revenons toujours à la même chanson et, n’en déplaise à Périco, qui se pique de faire dans l’analyse économique, combien de camembert au lait cru de Normandie sont vraiment fabriqués dans les règles artisanales ? Pas lerche, les doigts d’une suffisent à les répertorier. Alors, bien sûr le combat pour le lait cru est important mais l’exemple des fruitières du comté démontrent que ce n’est pas suffisant. Donc pour clore cette chronique ardue :


1)    Je demande au local de l’étape : Olivier Grosjean de Pontarlier de nous conseiller la bonne hyménée entre le Comté et un vin nu ;


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2)  Du côté du Taulier il vous conseille de vous reporter à sa chronique sur le Bleu de Termignon ICI link qui allie la rareté à l’authenticité de son lait ;


Bonne dégustation et vos commentaires sont les bienvenus…

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 00:09

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Nous étions « 20 ou 30… plutôt près de 30… non pas bandits dans une bande, comme le proclame la complainte de Mandrin, mais une bande d’assoiffés des deux sexes à avoir rallié le Mont Parnasse pour faire la fête. Ne chicanez pas c’était un anniversaire, celui de Franck Merloz, prétexte pour faire la fête au vin de Savoie du côté de Montparnasse « Au petit sommelier de Paris » cher au cœur du grand séducteur qu’est Emmanuel Delmas.


Le Taulier avait été rameuté pour cette fête par deux belles merlettes : Isa et Sonia. Je précise aux féministes patentées, afin qu’elles ne viennent pas me chercher des poux sur la tête, que j’ai un faible prononcé pour les merlettes assoifées. Donc, ceci écrit, nos amis savoyards conscients des mœurs étranges des parigots têtes de veau, avaient mis la pendule du dîner à 9 heures du soir soit 21 heures pour le chef de gare tout proche. En dépit du froid quasi-polaire – j’exagère – j’enfourchai mon vélo et remontai la rue Froidevaux pour me jeter dans le Maine pris par les glaces, pardon l’avenue du Maine que je dévalai sans peine.


Beaucoup d’hommes présents, que des beaux hommes, le Franck Merloz en tête, jeunes et vigoureux, même un Marc Vanhellemont qu’était pas le mien mais qui se tenait fort bien, mais peu de merlettes. Il faut que vous sachiez pour votre gouverne personnelle que, par construction, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, la merlette est en retard. La seule variable d’ajustement pour elles étant l’étendue de ce retard qui, invariablement, est à deux chiffres. Je me sentais un peu seul entourés que par des beaux merleaux. Par bonheur Gabrielle Vizzavona arriva, chat bien botté, hautement emmitouflée.


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Mes deux merlettes retardataires arrivèrent coup sur coup Sonia battant Isa d’une courte encolure. Le Taulier fut bien entouré et la soirée put commencer. Nous étions les invités du CIVS : le Comité  Interprofessionnel des Vins de Savoie dont le président, avec des mots simples et chaleureux, nous accueillit. Comme vous le savez je ne suis pas toujours très tendre avec les interprofessions mais mardi soir il flottait dans la salle du « Petit Sommelier » un petit air de fête décontracté. Je sentais que seuls les vins de Savoie allaient être à l’honneur, que nous allions leur faire honneur pour notre plus grand bonheur. Le secrétaire-perpétuel autoproclamé de l’ABV, l’Amicale du Bien Vivre, dite des Bons Vivants, que je suis captait les ondes favorables et en était bien aise. « Un peu de douceur dans ce monde de brutes »


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Ça avait une allure bonne enfant et ce fut très bon enfant. Nous bûmes. Nous bûmes bon. Face à nous sur la table les petits seaux restèrent à sec tel les sables du désert de Gobi. Votre serviteur suivait le rythme effréné des quilles mais il doit vous confesser qu’il n’a pris aucune note mais que des photos et que vu l’heure tardive où il a levé le siège il a oublié la liste des vins servis. Pour pallier son insuffisance notoire et condamnable il va piller les photos Fesse de Bouc de ses petits camarades. L’important était de participer à cette soirée car les vins n’y furent pas mis en scène mais tout simplement servis comme il se doit lorsqu’on partage le pain et le sel entre amis. Bien sûr nous eûmes le plaisir de la profusion mais, je l’avoue, je ne m’en suis même pas aperçu. Que les mauvaises langues se taisent les merlettes, le Merloz, tous les francs buveurs étaient, à leur sortie, frais comme des petits gardons, y compris votre Taulier sur cycle.


Bien sûr dans ce bel alignement de belles quilles j’en ai préféré certaines à d’autres mais je ne vais pas m’amuser à bâtir un palmarès ce serait sans intérêt et discourtois. Ce dont je puis vous assurer c’est que le Vin de Savoie est bien définitivement sorti de son statut de vin pour ignares sur ski. Tout ça c’est fini. Les petits sourires de commisération sont remballés. Sans vouloir pousser du col la petite bande d’invités de mardi soir, nous faire passer pour des phœnix du monde du vin, des influenceurs au bras long, il n’en reste pas moins vrai que la petite musique des vins savoyards monte en intensité. C'est tout bon. La notoriété ça se construit avec patience et pugnacité. Alors, je n’ai pas peur des mots MERCI et BRAVO à vous tous vignerons présents et au président du CIVS de nous avoir permis d’apprécier une belle palette de leurs vins. À la revoyure chers amis.

 

Bon anniversaire FRANCK et chapeau pour cette belle soirée comme j'aime autour de la palette des vins de Savoie.


Ce qui suit est un publi-reportage de photos de Marc Vanhellemont, de Sonia, de Gabrielle merci à eux. Le Taulier a aussi œuvré. Celle ci-dessous de Sonia se voit attribuer l'Oscar de la photo de la soirée.

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 13:00

capture-d-e-cran-2013-02-25-a-18.09.55.pngTous les clignotants restent au vert : + 10% par an depuis 2010.


« L'indice du coût de la vie de luxe a grimpé de 800% depuis 1976 contre 300% pour l’indice des prix à la consommation... »


«Cette hausse des prix indique simplement la très forte et croissante disponibilité à payer des plus riches pour qui le prix n’est rien d’autre qu’un critère de différenciation et de désirabilité», analyse, Jean-Luc Gaffard, directeur du Département de recherche sur l'Innovation et la Concurrence de l’OFCE dans une note intitulée: «L’insolente santé des industries du luxe: un faux paradoxe».


« Un îlot de prospérité dans un océan de morosité : le luxe ne s’est jamais aussi bien porté :


-        LVMH Louis Vuitton, Givenchy, Dom Pérignon, Bulgari + 22% du CA sur les neuf premiers mois de 2012,


-        Hermès va dépasser pour la première fois la barre des trois milliards d’euros de ventes (+13%)


-        Porsche vient de boucler «la meilleure année de son histoire» avec 141.075 voitures vendues  (+18,7%) ou encore de Rolls Royce avec 3.575 berlines


-        Le groupe suisse Richemont propriétaire des marques Cartier, Mont-Blanc ou encore Van Cleef & Arpels résultats de son premier semestre 2012-2013 : +52%!


-        Montée en puissance du e-commerce à un rythme de 25% par an, et celle des ventes à prix discount des vieilles collections dans des «outlets» et autres «villages» (20 milliards d’euros de recettes cette année, 30% de plus qu’en 2011) ;


-        Le rajeunissement de la clientèle, dont les habitudes de consommation – achats 24 h/24, quête de l’objet unique et ludique – bouleversent les règles de marketing traditionnelles du secteur, reposant sur la mise en avant de «l’héritage» des marques ; et la part en constante progression de la maroquinerie et des chaussures dans le panier moyen, au détriment du prêt-à-porter. Des accessoires dont les hommes sont de plus en plus friands, spécialement dans le haut de gamme.


Les Chinois représenteront en 2015 le principal débouché au monde des biens et services de luxe et de l’ultra-luxe, soit chez eux ou lors de voyages à l'étranger, selon une étude du Boston Consulting Group (BCG). Lire la chronique « Les chinois sont formidables « Comment faire l’amour dans votre Bentley ou votre Hummer ? » link


Les Russes sont des boulimiques de l’ultra-luxe.


Les Américains sont de retour : les USA sont redevenus le premier marché de Rolls Royce, reléguant les Chinois sur la deuxième marche du podium.


 « En Europe, l’industrie du luxe compte un million d’emplois directs et la moitié indirectement pour un chiffre d’affaires global de 440 milliards d’euros, soit 3% du PIB du vieux continent. Et il prévoit de croître de 7 à 9% dans les années à venir. »


Selon le comité Colbert qui regroupe 75 maisons françaises de luxe, le nombre d’emplois en France a grimpé de 10% entre 2006 et 2010 avec désormais 36.000 emplois directs.

 

Voir les autres tableaux sur :link

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 00:09

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Ce que j’apprécie par-dessus tout chez Jean-Paul Kauffmann c’est sa faculté de dire simplement, sans frapper sur une grosse caisse, des choses fortes. Nul besoin pour lui de manier l’ironie, ce faux détachement qui trop souvent sur la Toile masque la vacuité des idées. JPK dit. Il dit sans le dédain de certains petits marquis. Il n’assène pas. Lorsque je le lis j’ai le sentiment de m’insérer dans sa conversation, de m’asseoir discrètement à la table où il vient de s’installer pour déguster.


Dans sa remontée de la Marne JPK passe par le village d’Aÿ qu’il connaît bien, mais sa manière de l’investir est nouvelle : il le fait à pied en tant  que randonneur ce qui modifie sa perception et celle de ceux qui vont le rencontrer. Il note que « la marche change radicalement la relation à l’espace et au monde ». Je partage son point de vue : dans Paris même la vision de la ville change selon que l’on est piéton ou cycliste ; je m’insère bien mieux dans ses secrets juché sur mon vélo qu’à pied.

 

À Aÿ donc, devant la mairie, JPK et son ami photographe qui s’enthousiasme « On a l’air de deux SDF », souligne « Le sac à dos modifie le regard d’autrui. Autrefois le chemineau était perçu comme un vagabond. Aujourd’hui, le randonneur est considéré comme appartenant à une espèce à part, impossible à classer. Il cache une autre vie. Que fait-il quand il ne marche pas ? Est-il socialement identifiable. L’anorak, le bâton, l’équipement, qui tienne lieu d’uniforme, sont l’effet d’un camouflage. »


Comparaison n’est pas raison mais c’est un peu comme la dégustation avec ou sans « chaussette », c’est-à-dire avec ou non connaissance de l’étiquette. La preuve, une « une vieille connaissance, personnalité respectable et écoutée du monde champenois » que JPK fréquente depuis longtemps, passe devant eux pour regagner son 4x4 et « regarde avec une vague expression de dédain les deux marcheurs fourbus assis sur les escaliers. » Quelques minutes plus tard, dans son char, il se ravisera et, vitre baissée, lancera « Ravi de vous voir, cher ami ! Comment allez-vous ? » avant de redémarrer.


Cette petite digression, si représentative de notre monde de paraître, n’est point si éloignée de notre sujet du jour car, comme le dit l’adage populaire, « l’habit ne fait pas le moine ». Et pourtant, nos petits génies du marketing et des études de marché s’ingénient à faire accroire que boire du Coca-Cola renippé par Jean-Paul Gaultier, c’est se différencier. L’habit ne fait toujours pas le moine mais certains n’hésitent pas à embarquer dans une Montgolfière un évêque pour se faire mousser et nous prendre pour des cloches. Ça fait pleurer les chaisières et les happy few honorés d’y être invités.


« Les puritains du champagne » fut le titre, il y a 30 ans, du premier article de JPK sur le vin effervescent et il avait choisi Aÿ. Le champagne « Symbole de la frivolité et de la fête requiert, chez les Champenois, une forme d’ascèse. Cet aspect janséniste imprègne toujours le comportement des grandes maisons. » JPK avait choisi Bollinger « marque restée aux mains de la même famille depuis sa création en 1829. L’un des champagnes les plus fameux menait ses activités sur les hauteurs d’Aÿ dans un décor digne d’un notaire de province. Pas de nom à l’entrée. Ce mépris des apparences me fit forte impression. »


« Plus c’est voyant, moins c’est bon : À bon vin point d’enseigne ! » note JPK.


« On fait le vin que l’on est. Contrairement aux apparences, le champagne est un vin originellement austère. Les bulles font illusion. Avant l’effervescence, il est marqué par la raideur et l’intransigeance. Seuls les palais particulièrement avertis parviennent à discerner les promesses. Un retournement va s’accomplir par la mousse, mais surtout par l’assemblage. Un vrai champagne n’exhibe pas ses qualités. Sa personnalité ne saurait être envahissante. Il doit se retrancher dans une forme de sobriété pour ce qui est des arômes et des bulles. Ce raffinement le distingue des autres vins pétillants. »


JPK dit bien mieux que moi ce que je tente souvent d’expliquer et qui me vaut de me faire taxer de démagogue car je porte atteinte au concubinage notoire de certains avec ceux qui, au nom d’un faux luxe tapageur, ont propulsé le vin dans l’univers des spéculateurs. J’en termine en citant, une fois encore, JPK à propos de Dom Pérignon le cellérier de l’abbaye de Hautvillers « Était-il un bon janséniste ? On peut le penser, l’éthique du devoir et de l’excellence, ajoutée au sens de l’autonomie, comptant parmi les plus hautes vertus requises par ces Messieurs, comme on les appelait. Ces qualités sont au moins aussi marquantes que le rigorisme et l’austérité prêtés communément à cette doctrine – laquelle prônait aussi la joie opposée à la crainte et le bonheur sur terre. Avant tout, le jansénisme incarne une forme de contestation politique et une modernité. Précurseur dans le domaine de la pédagogie, attentif à l’égalité absolue des élèves, soucieux de l’éducation des filles dont on se désintéressait à l’époque, ce progressisme ne sera pas sans influence dans le déclenchement de la Révolution. « Un janséniste est surtout un catholique qui n’aime pas les jésuites », disait-on alors. »


La meilleure façon de marcher c’est de mettre ses pas dans les lignes de Jean-Paul Kauffmann et de « Remonter la Marne » avec lui, ça rend intelligent !

 

  • Pour les petits louves et loups Pascal, Blaise de son prénom (dont le portrait illustre cette chronique, tiré du désopilant Planète des sages link), est l’auteur des Provinciales, mises à l’Index par Rome, où  il prend la défense de l'augustinisme, fait une apologie de Port-Royal, et où il  se livre à des attaques ironiques à l'encontre des jésuites. Elles sont attendues et recopiées par le peuple, qui rit de la manière dont Pascal tourne les jésuites, casuistes et molinistes en ridicule.

9782213654713-G

 

Philosophes 019

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 13:00

Oui, oui, notre Eva fait le juré pour la 122e édition du Concours Général Agricole ICI voir les 3 photos link link link ; c’est bien ça rajeuni la palette des jurés de ce vieux concours. Comme chacun sait Eva est une grande tombeuse de quilles, tendance vin plutôt nus, mais là elle fait dans les liqueurs de plantes : normal les élixirs lui vont très bien au teint et se marient trop bien avec ses ongles peints. Moi, par le plus grand des hasards, je la suis virtuellement car, comme il se doit, en France on adore les concours pour sélectionner nos têtes d’œufs formés dans nos Grandes Écoles, alors pourquoi ne pas faire de même pour nos beaux bestiaux de tous calibres et tous nos produits de terroir : vins, nos beaux vins (désolé), et fromages qui puent en tête. Le Concours Général Agricole c'est un peu les Jeux Olympiques du terroir car il attribue des médailles : d’or, d’argent et de bronze.


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Si vous me permettez l’expression le Concours Général Agricole est une vieille dame que les petites louves et les petits loups qui adorent les vins nus vont qualifier « d’indigne », que les Grands amateurs qui vénèrent les GCC vont ignorer, alors que Madame Michu et Marcel la trouve fort respectable puisque 66% des français connaissent la médaille du Concours Général Agricole, 80% de ceux qui connaissent la médaille affirment que le Concours Général Agricole ne récompense que des produits d’excellente qualité. Plus de 75% des français considèrent la médaille comme une incitation à l’achat. (Résultats d’enquêtes CGA réalisées par Meyring et Adquation - 2010 et 2011).


122 éditions au compteur, et dès 1860 un concours général et national de l'agriculture était organisé. Le Concours Général Agricole est la propriété du Ministère chargé de l’agriculture et de l’agroalimentaire et du Ceneca, organisme représentant la profession agricole. Ce concours se déroule pendant le Salon International de l’Agriculture à Paris et est organisé par Comexposium, avec le concours des organismes de sélection, des Chambres d’agriculture et de la France Agricole.

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C’est donc un produit maison, faut que je fasse gaffe à ne pas trop décoconner, mais je dois vous avouer que je ne m’en suis jamais préoccupé lorsque je logeais temporairement dans un bureau rue de Varenne. Les concours n’ont jamais été ma tasse de thé et, de plus, ma préoccupation majeure en ce temps-là était de délester le Ministère du fardeau financier que représentait le Salon de l’Agriculture. Ce qui fut fait. Si vous souhaitez tout savoir sur le CGA allez sur son site consulter les infos sur www.concours-agricole.com


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Il comporte 3 grands concours qui se déroulent chaque année dans le cadre du Salon International de l'Agriculture :


 - le Concours des Animaux

-  le Concours des Produits et des Vins

-  le Concours de Jugement

 

Le concours en chiffres...


Concours des animaux :


    7 espèces animales représentées : bovins, ovins, caprins, porcins, équins, asins et canins

    338 races et plus de 3 000 animaux présentés près de 1 000 éleveurs participants ;

 

Concours des produits 2012


 4 207 produits d'origine fermière, artisanale ou industrielle présentés par 1546 producteurs

    2 905 dégustateurs dédiés à la sélection de ces produits

    1 109 produits primés


Concours des vins 2012


16 577 échantillons de vins présentés par 4 175 producteurs

    2 905 jurés vins

    3 815 vins primés


- 1 534 médailles d'Or

- 1 488 médailles d'Argent

- 793 médailles de Bronze


« 6 000 jurés, tous bénévoles, sont ainsi recrutés parmi les professionnels des filières concernées (producteurs, œnologues, négociants, etc.) et les consommateurs avertis (sommeliers, cuisiniers, amateurs éclairés, etc.) et se succéderont pendant les 4 jours de dégustation.


Les jurys sont composés de 4 à 6 jurés pour moitié des professionnels et pour moitié des consommateurs avertis.


Chaque jury juge entre 10 et 20 produits regroupés de manière homogène selon leur nature. On ne compare que des produits comparables ! Chaque juré note les différents produits sur la base de critères organoleptiques prédéfinis. C’est la  synthèse de leurs avis qui détermine l’attribution éventuelle de médailles aux meilleurs produits. Leur jugement est souverain et ne peut être remis en cause par les organisateurs ou par les candidats »


Le Concours Général Agricole communique sur ses produits médaillés :


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• cérémonies de remises des prix en région, organisées localement par les Préfets, Chambres d’Agriculture, collectivités locales…,


• relations avec la presse et les médias (communiqués de presse, dossier de presse, organisation déjeuners découverte des produits médaillés),


• boutiques-restaurants du Concours Général Agricole et animations -dégustations, sur des manifestations de renom (Salon International de l’Agriculture, Salon du Cheval, Salon de la chasse),


• boutique de vente en ligne des produits médaillés, ouverte à tous les producteurs médaillés au Concours Général Agricole.link 

 

Le Palmarès 2013 du Concours Vins : link

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 00:09

C’est fait je l’ai acheté ce Tronches de vin le guide des vins qu’ont d’la gueule chez l’éditeur qu’est mon voisin éditions de l’Epure www.epure-editions.com 25, rue de la Sablière dans le XIVe 22€. Un détail pour mes 5 petits camarades terroiristes : la sablière ce n’est pas le terroir le plus nickel pour les ceps de futurs vins nus – Dubourdieu Franck qui taille en pièces le nouveau classement de St Emilion écrit « Que dire de la promotion du Château Quinault l’Enclos, acquis par Cheval Blanc, sis sur une tenure sablonneuse ancienne AOC Sables St Emilion – mais bon nous sommes à Paris et comme vous avez un côté Pieds Nickelés ça devrait pouvoir s’arranger autour d’un verre de vin affranchi. Je décoconne bien sûr, sauf pour le verre bien sûr.


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Là, je redeviens sérieux comme un pape noir, y’a pas à dire, comme les présente Alice Feiring, la Woody Allen du vin nu, dans sa préface « les 5 blogueurs, parmi les meilleures plumes indépendantes à la fois les plus respectées et les plus pétillantes (qui) sont passées de l’écran à la page imprimée » vont faire péter les compteurs et surtout faire blêmir les tenanciers officiels des guides comme il faut. Pensez-donc, l’Antonin nous dit que l’herbe fait des bras d’honneur au soleil, que les sans-papiers du vin, des jus gitans par-dessus le marché, ces gueules rouges, minorité trop visible, encombrante, des jeunes punks du vin, des vieux loups de terre, même des gentlemen du terroir, ont sorti le vin de sa niche d’amateur. Avec ça je suis sûr que beaucoup de dentiers vont tomber dans les encriers, par bonheur le principal intéressé n'a pas de encore de moumoute. Je décoconne  bien sûr.


Une fois mon guide des vins qu'ont de la gueule acquis, en rentrant sous la neige, je me disais mon Taulier tu t’es foutu dans un beau pétrin : comment tu vas faire pour pondre une chronique à cinq mains. T’as bien 5 doigts, mais c’est pour compter. Alors pour conter sur tous les cinq c’est la bouteille à l’encre. Par bonheur les notices des vignerons ne sont pas signées alors j’aurais pu faire l’hypocrite, faire comme si je ne savais pas que le Jura c’est le territoire d’Olivier, que la Loire ne connait qu’Eva, que la Vendée et ses pourtours est la chasse gardée de Philippe et que les deux chevau-légers d’Antonin et de Guillaume Nicolas-Brion sont capables d’aller siffler des verres sur toute la planète des vins affranchis. Que nenni, j’allais choisir. Choisir en toute connaissance de cause. Jeter mon dévolu, tel un Milan, sur une victime sans défense : GNB.

 

* Pari tenu, pari perdu, une source autorisée m'informe que ce n'est pas GNB qui s'y est collé mais AIA, donc Antonin. Mais que faisait Guillaume ? Ne lui reste plus pour m'empêcher de manger mon chapeau à me présenter sur un plateau une nouvelle tronche de vin cuisiné par ses soins.


« Le milan royal arbore un plumage châtain-roux, avec la tête blanchâtre rayée. Le corps est gracile, les ailes étroites, la queue profondément échancrée. La femelle est un peu plus claire. Le dessus est brun-noir roussâtre prolongé par deux longues ailes étroites dont les extrémités digitées sont noires. Vu d'en dessous, la milan royal présente une « main » blanche sous les ailes. La queue rousse et très échancrée permet de grandes qualités dans la navigation et les changements de direction. La poitrine et l'abdomen brun-roux sont finement rayés de noir. La base du bec et le tour des yeux sont jaunes, ainsi que les pattes. Les iris sont ambrés et procurent une vue excellente, près de huit fois supérieure à la moyenne humaine. »


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Le Milan d'Antonin lui se prénomme Henri – ça me flanque toujours la chanson de Balavoine dans la tête – et voilà ce qu’il nous en dit à la page 168 « Henri Milan a l’œil qui brille, le sourire canaille. Un gamin ? Non, c’est son fils Théo qui a 20 piges : lui, il en a près de 50, et Sébastien, son maître de chais débordé, 38. Mais ils en paraissent cinq de moins. Ils sont préservés, comme leurs vignes au pied des Alpilles, près de Saint-Rémy. Ses vignes, ses terres, Henri a d’ailleurs mis 10 ans pour les convertir au bio. Le bio ? Pour Milan, ça devrait être du 100%, « jusqu’au sans soufre ». Le soufre, c’est-à-dire les sulfites ajoutés, il faut dire que ça le travaille. Pour lui, quand on dit d’un vin qu’il est tannique, c’est en réalité souvent les sulfites qu’on perçoit, « qui scotchent les dents. »


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Milan ce qu’il aime, c’est vinifier Et plus ça va, plus il va vers l’épure, comme en poésie, avec des vins-haïkus : macérations courtes, de moins en moins de sulfites ajoutés… Cela dit, Milan ne crache pas sur la technique. Pour mettre en bouteille ses vins, il a ce qui se fait de mieux, un embouteilleur à tige longue qui ferait une belle différence. Io, épure, technicité choisie. Au final, la gamme des vins est souvent bluffante. »


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Ensuite Antonin prend sa casquette de guide, faut bien qu’il justifie ses droits d’auteur le bougre : le Grand Blanc « une cuvée conçue – par HM – pour sa femme qui aime surtout le blanc, et si ça ne lui plaît pas Henri est tout chose » Y’a bien sûr, « le boss, le Clos Milan, cuvée issue de parcelles spécifiques avec une majorité de grenache, complété de syrah e, pour certains millésimes, d’un peu de mourvèdre ou de cabernet-sauvignon. Les étiquettes jaillissent des méninges d’un artiste différent chaque année. »


Bon je ne vais pas au-delà : recopier c’est plus fatiguant que d’écrire. Si vous vous voulez en savoir plus vous savez ce qui vous reste à faire : faire comme moi acheter Tronches de vin le guide des vins qu’ont d’la gueule.


Ceci écrit je précise tout même que :


1) le vendredi 8 mars 2013   19:00 – 22:30 vous pour venir découvrir « Tronches de vin – le guide des vins qu'ont d'la gueule » en avant-première au Lapin Blanc 84 rue de Ménilmontant, 75020 Paris 

 

Cinq vignerons seront présents :


- Iris Rutz-Rudel (la wonder woman qui repousse les sangliers au Domaine Lisson)

- Eric Callcut (The Picrate himself, avec du vin et son propre livre, "Banlieue Bible")

- Benoit Tarlant (l'homme qui a mis du champagne en amphores)

- Raphaël Gonzales (l'elfe-biodynamiseur du Clos des Cimes)

- Jean-Pascal Sarnin (une moitié de Sarnin-Berrux qui vaut son pesant d'or)


     2) le samedi 16 mars 2013   Les Gourmands Lisent 12, rue Bersot, 25000 Besançon 16:30 – 21h

 

avec les 5 auteurs  et les 2 éditrices : Marie Rocher et Sabine Bucquet - Grenet (éditions de l'épure)

 

5 vignerons :


-Les sabots d'Hélène : Corbières

-Domaine Henri Milan : Provence

-Côtes de la Molière : Beaujolais et Bourgogne sud

-Philippe Bornard : Jura

-Jean Pierre Rietsch : Alsace

 

3) Le taulier participera aux 2 évènements mais lui ne signera ni dédicace, ni autographe, il bossera pour son patron.


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4) Le taulier a prévu une très prochaine chronique sur le dernier né de la gamme Milan, le M.G.O (le Milan Grand Ordinaire) suivez mon regard noir, bourguignons infidèles. « C’est un vin d’assemblage, taillé pour le zinc, directement glou… » c’est GNB mon guide en vin affranchi qui le dit… alors…


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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 14:00

Certains, les bons, les bien coiffés avec de beaux souliers, font salon dans le XVIe, c’est chic et bien porté, ça permet de se congratuler, d’autres, les gars comme le Taulier, arpentent les travées du Salon de l’Agriculture où ça sent la graille et la bouse de vache. Samedi ça caillait dur dans la grande allée goudronnée qui me menait au Pavillon des Provinces, un sale petit vent coupant qui ne désarmait pas deux groupes de survivants chiliens qui, imperturbables, rejouaient pour la nième fois El Condor Passa ; même pas eu le courage d’enlever mes gants pour les photographier. Putain, Allende et le MIR, ça ne me rajeuni pas.


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Foule en rang serrée à l’entrée, des familles avec des gamins en grappes, des profs avec leur ribambelle agitée, des pépés et des mémés, des jeunes aussi, un beau panel de la France un peu profonde qui monte à Paris et de celle de la banlieue de Paris. Si je me suis extrait de la quiétude douillette de mon appartement c’est pour effectuer un reportage : écrire des chroniques ça ne demande pas que de l’huile de coude, il faut aussi avoir des jambes. Vous me direz normal, le Taulier écrit comme un pied. Je sais c’est un peu démago comme le dit l’autre pas très rigolo. La signalétique n’étant pas le fort des salons hexagonaux je me fiais plus à mes souvenirs qu’au fléchage. Bien m’en pris je me retrouvais sans me paumer aux lisières du stand de l’Auvergne.


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Et Sonia était là prête à officier. Sagement je m’asseyais à la table où j’étais rejoint par une poignée de jeunes des deux sexes et deux couples plutôt retraités. Doté d’un verre que nos amis auvergnats nous ont ensuite offerts (qui osera dire qu’ils sont rats nos auvergnats ?) nous pouvions être tout ouïe pour entreprendre une dégustation de deux blancs d’Auvergne. Quelques fondamentaux sur le vignoble et les vins défilent sur l’écran commentés avec justesse et précision par une Sonia très à l’aise. De la belle ouvrage, dans le brouhaha du hall l’attention de la tablée est excellente. Je fais des photos de l’officiante.


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Arrive ensuite les travaux pratiques dégustatifs. Sonia fait le service au verre puis donne la marche à suivre, l’enchaînement des gestes, je passe car vous, bien sûr, vous savez tout ça par cœur. Sans passer la brosse à reluire à Sonia c’est nickel chrome. Tout le petit monde goûte, je suis le seul à cracher. Ils sont un peu gauche, me jettent des petits regards en coin, mon jeune voisin me demande même mon avis. Je lui souris en lui disant que c’est le sien qui compte et, lorsque Sonia, en fin de parcours leur demandera, il le donnera. Bravo !


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Même si le railleur de service, le bien dans le moule, va me taxer de démagogie, il ne m’empêchera pas d’affirmer que c’est auprès de ces consommateurs qui trainent leurs godasses dans un Salon grand public, tout le contraire de grands amateurs, qu’il faut faire le travail, aller au-devant d’eux, ne pas les effaroucher, faire du Sonia tout simplement. Elle m’a vraiment bluffé la Sonia et je n’ai pas regretté d’avoir affronté les éléments réfrigérants. Merci Sonia, tu portes bien ton nom de Sonia Dégustation.


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Me restait plus qu’à baguenauder dans les allées. C’est alors que je suis tombé nez à nez, sur le stand du Limousin, avec Pierre Chevalier président de la Fédération Nationale Bovine. Normal, Pierre est Corrézien. Nous parlons viande bien sûr, puis nous trinquons en attendant le Président de la République. Une charmante francilienne tient dans ses bras deux plateaux de Brie de Melun pour les offrir à François Hollande. Et puis arrive le grand barnum  de la meute des cameramen, des perchmen, des photographes, tel une grosse vague précédée des agents de la sécurité avec leurs oreilles. Un grand qui se prend pour Arnold Schwarzenegger me pince par le gars du bras pour me faire évacuer le plateau. Je toise sa sale gueule. Il s’agite. La vague déboule et cette fois-ci c’est une petite poulette qui me pousse. Je reste imperturbable en serrant la main de Le Foll au passage : ça la calme. C’est le grand cirque du Salon. Pendant ce temps les plateaux de Brie de Melun volent de mains en mains, celles des agents de  sécurité : faut bien qu’ils servent à quelque chose ces excités.


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Bon tout ça pour dire au Philippe Tesson du vin que le matin, selon La Vigne « 11h30, ce samedi 23 février. François Hollande quitte le pavillon des vins dans le hall 2 du salon de l'agriculture. Jean-Louis Salies, président du Cniv et Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgrimer, sont ravis. Le président de la République s'est arrêté un quart d'heure sur le stand de la filière viticole. Ils se rappellent que l'an dernier, ils avaient dû se mettre en travers de la route de Nicolas Sarkozy pour pouvoir lui parler à la dérobée dans une allée du salon.


Avec François Hollande, rien de tel. Les responsables de la filière viticole avaient prévu de lui faire déguster trois accords mets et vins : un Saint-Aubin premier cru (bourgogne blanc) avec une bouchée de bar agrémenté d'un copeau de truffe, un côtes-de-provence Lalonde rosé avec des légumes grillés, et un grenache côtes catalanes rouge avec une brochette d'agneau. Le président s'est volontiers prêté au jeu, s'asseyant au bar du pavillon des vins. » link 

 

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                        (AFP PHOTO / POOL / KENZO TRIBOUILLARD)

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 00:09

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S’il est un sujet souvent évoqué mais rarement quantifié : c’est l’accès des femmes au statut de chef d’exploitation. « L’agriculture a longtemps été considérée comme un métier d’homme, car difficile voire pénible physiquement. Pourtant, les femmes ont toujours travaillé sur les exploitations, mais leur participation n’était pas visible, car non appréhendée dans les statuts officiels. » Les transformations de la famille et les modifications en profondeur de l’activité agricole ont permis aux femmes d’occuper plus lisiblement leur place : en 2010 plus d’un quart (27%) des exploitations agricoles françaises sont dirigées par des femmes alors qu’elles n’étaient que 8% en 1970.

 

Sur la photo titre c'est Isabelle Perraud dans ses vignes des Côtes de la Molière link


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23% taux de féminisation  en viticulture (moyenne 19%) en troisième position après l’élevage de caprins-ovins et maraîchage horticulture.


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Un double bémol : dans les 27% beaucoup  de femmes sont plus fréquemment coexploitantes que chefs d’exploitation et, parmi les femmes qui sont à la tête d’exploitations agricoles, beaucoup ont en réalité succédé à leur mari au moment du départ à la retraite de celui-ci. Ceci explique que près de 60% des femmes de cette catégorie aient plus de 50 ans, et que l’âge moyen est plus élevé pour les femmes 53,2 ans que pour les hommes 49,2 ans.


La grande majorité des agricultrices accède au métier par le mariage : en 2006 ou 2007 82% des femmes installées étaient des conjointes  du précédent chef d’exploitation et 13% des parentes. Cependant, comme les agriculteurs épousent de plus en plus de femmes qui ne sont pas issues du monde agricole : ¾ des jeunes épouses ne travaillent pas sur l’exploitation de leur mari agriculteur, le mariage ne sera plus la seule porte d’entrée dans le métier.


Le niveau de formation des exploitantes s’est considérablement élevé. Aujourd’hui, les jeunes exploitantes sont plus souvent diplômées du supérieur que leurs homologues masculins. Il est frappant de constater que près de la moitié des exploitantes de moins de 40 ans ne sont pas passées par l’enseignement agricole, ce qui n’est le cas que d’un cinquième des hommes. Les filles sortent maintenant avec des niveaux de formation en moyenne supérieurs à ceux des garçons.


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Les femmes créent plus que les hommes de nouvelles activités : accueil à la ferme, transformation et vente directe des produits. Les femmes sont souvent à l’initiative de marchés de proximité qui les placent directement au contact  des consommateurs. Elles proposent aussi deux fois plus souvent un hébergement touristique que les exploitations masculines.


Les femmes sont plus engagées dans l’agriculture biologique. Parmi les moins de 40 ans, la proportion d’exploitations féminines certifiées « bio »  6,9% est effectivement un peu plus élevée que  celle d’exploitations masculines 5,3%.


Le poids des normes sociales est encore très fort : »même si les femmes interrogées ont eu des velléités d’installation en agriculture au cours de leur adolescence, elles ont souvent été découragées par leurs mères et invitées à s’engager dans des carrières professionnelles qui sont supposées convenir à leur sexe. » Cependant, l’absence de garçon ou  de garçon souhaitant reprendre l’exploitation a favorisé les ambitions des filles et permis la pérennisation de l’exploitation.


L’accès au foncier est un parcours d’obstacles pour les femmes. Selon la tradition, l’homme hérite de ses parents et la femme épouse un agriculteur. Bien que le marché du foncier soit relativement ouvert aux femmes, il reste néanmoins plus accessible aux hommes et la préférence des propriétaires fonciers et des cédants va vers des acquéreurs masculins.

 

L’accès aux prêts bancaires n’est pas non plus chose aisée pour les femmes, d’autant plus qu’elles manquent de ressources propres et que les banquiers émettent souvent des réserves sur la viabilité et la pérennité de leurs projets d’installation. Enfin, les obstacles peuvent être d’ordres culturel ou psychologique. L’accueil est parfois méfiant, on les teste comme par exemple sur leur capacité à conduire un tracteur. La mécanisation n’est pas toujours adaptée à la morphologie des femmes.


Selon le CNASEA ce mouvement va s’amplifier : en 2020 les femmes représenteraient le tiers des chefs d’exploitation. Tous les prévisionnistes ne sont pas d’accord car selon eux c’est plutôt vers une stabilisation que l’on s’oriente du fait de la diminution des transferts entre époux au moment du départ à la retraite et de certaines tendances lourdes de l’agriculture : agrandissement, alourdissement des investissements… Les formes sociétaires, permettant un meilleur équilibre vie professionnelle/vie privée pourront favoriser l’entrée des femmes en agriculture.


Cette chronique est un résumé d’un document du Centre d’Études et de Prospective du Ministère de l’Agriculture n°38 mars 2012.

 

Lire sur le Monde :

Carine, productrice de vin biologique link
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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 07:00

photoPeggy2b.jpgMiss Piggy, elle, c’est une star… l’autre une truie moche…


« Winston Churchill observait que si les chiens nous regardent d’en bas et que les chats nous regardent de haut, les porcs nous traitent d’égal à égal. Celui de la cochette Marcela avait lui plutôt tendance à nous toiser du haut de sa supériorité intellectuelle par ailleurs bien réelle. Dylan Thomas, en peu de mots, condense mieux que quiconque la situation « Des porcs grognent de joie dans un bain de fange, et sourient tout en reniflant dans leurs rêves. Ils rêvent d’un univers d’eaux grasses et de glandées, de fouilles dans des gisements de truffes, des trayons cornemuses de maman-truie, de renâclements et reniflements consentants de dames gores en rut. Vautrés dans un bain de boue et de soleil, leurs queues frisent ; ils batifolent et bavent et ronflent dans un béat sopor d’après-purin. » De tout temps traiter quelqu’un de porc, de cochon ou de truie c’est lui faire endosser les pires défauts, gloutonnerie, paresse, goût immodéré de la saleté, de la copulation débridée… Ne dit-on pas avec mépris « vivre dans une porcherie », « manger comme un porc », « faire des cochonneries », « être un vieux cochon » mais en revanche les petits cochons sont toujours charmants, même un peu téméraires, affectueux et surtout ils triomphent toujours de ce con de loup. Et pourtant, l’homme et le cochon cohabitent depuis plus de cinq mille ans, le premier offre le gîte et le couvert, la sécurité, et la second se sacrifie pour assurer la survie du premier. Reste miss Piggy du Muppet Show de Jim Henson, mais, elle, c’est une star, une vraie en déshabillé avec boa en plumes d’autruche, pas une Zahia moche, vaguement philosophe, appointée par le CNRS, cachetonnant à Libé qui va se vautrer avec un goret dont elle dit avec délicatesse  « Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit et tu étais moche. Tu étais machiste, tu étais vulgaire, tu étais insensible et tu étais mesquin. Tu étais égoïste, tu étais brutal et tu n ‘avais aucune culture. Et j’ai été folle de toi » Mon cul, c’est du poulet ma poule aux œufs d’or, tu l’aurais croisé sans jamais le voir s’il n’avait pas été ce qu’il est : un puissant, même déchu. »


Dérisoire, cette tribune libre je l’ai gardé en magasin car comme l’a écrit un journaliste « du jour où elle est entrée dans son lit, elle a commencé son récit, sa chronologie d'une coucherie ». Tout est bon dans le cochon, et j’ai tendance à penser que la cochette, à la manière d’un Günter Wallraff, choisit sa cible et s’infiltre, de l’entrisme quoi. Courageuse la Marcella, mais très lucide sur ses appâts  « Je pensais, ébahie : plus elles sont moches et vulgaires, plus elles doivent lui plaire. Certains prétendaient que tu n'avais pas le physique pour trouver mieux. Mais je ne me suis jamais ralliée à cette hypothèse mesquine. J'étais sûre que si l'on te faisait choisir entre Angelina Jolie et un laideron, tu aurais choisi le laideron. » Elle beau mettre des rubans roses autour de ses cochonneries, ça sent le lisier « Le cochon, c’est la vie qui veut s’imposer sans aucune morale, qui prend sans demander ni calculer, sans se soucier des conséquences. […] Le cochon, c’est le présent, le plaisir, l’immédiat, c’est la plus belle chose qui soit, la plus belle part de l’homme. Et en même temps le cochon est un être dégueulasse, incapable d’aucune forme de morale, de parole, de sociabilité. […] L’idéal du cochon, c’est la partouze : personne n’est exclu de la fête, ni les vieux, ni les moches, ni les petits. […] Alors que DSK m’a toujours semblé être franchement à droite, ce communisme sexuel auquel il aspire en tant que cochon me réjouit […] « Il m'a fallu du temps pour comprendre cet étrange dédoublement qui faisait de toi à la fois un beauf et un grand poète, une brute et un artiste des plus raffinés. Que ce n'était pas l'homme qui composait tes phrases mais le porc. De comprendre que tu n'es pas un porc quelconque mais le roi des porcs. Ta grandeur, ta seule véritable grandeur est là, dans la manière sublime que tu as, quand le désir s'empare de toi, de cracher dans des phrases la beauté, la densité, la puissance de ta condition. »


Dans ce truc, ce machin médiatique, ce n’est pas le fond qui me passionne, car y’a pas de fond, c’est du creux, du vide, mais l’écume provoquée par les remous. C’est jouissif. Y’a les « je vous l’avais bien dit », féministes de profession, du type Clémentine Autain qui en profitent pour crucifier la cochette. Normal, chacun défend son de commerce. Ce qui me passionne ce sont les déçues : comme l’illustre inconnue Peggy Sastre qui dans la même crémerie du Nouvel Obs. tendance cul, s’indigne  « Il y a des gens qui construisent leur vie autour d'un tas de principes, je n'en suis pas. À part, peut-être, celui-ci : les idées sont plus importantes que les personnes. Elles les dépassent, elles les éclipsent, elles valent davantage. C'est en tout cas à ce « précepte » que je m'accroche depuis jeudi matin, depuis que j'ai appris que Marcela Iacub, soit l'une des intellectuelles françaises et contemporaines que j'apprécie le plus, avait, selon toute vraisemblance, pété un plomb. » Bravo ! Puis vient la déception vacharde « Non, l'aspect le plus pénible de l'affaire (le plus triste, car je crois bien ressentir de la tristesse), c'est de voir qu'en un seul livre, en un seul coup médiatique motivé – eh bien, motivé par je ne sais pas trop quoi, en fait : une maladie égotiste ? Un désir de célébrité ? Des impôts à payer ? – Marcela Iacub occulte toutes les idées qui m'avaient attachée à sa pensée. Des idées qui m'avaient incitée à écrire des articles sur elle, à l'interviewer à plusieurs reprises et à lui demander une préface pour un de mes livres. Sans doute que son refus avait eu des raisons « profondes » assez pragmatiques et matérielles (mon éditeur ne rémunérait pas les préfaces, du moins pas à hauteur de ses « prétentions »), mais sa justification « officielle » m'avait beaucoup plu : en substance, elle m'avait répondu que mon livre n'avait pas besoin d'être adoubé, qu'il se suffisait à lui-même, qu'il ne nécessitait pas de garde-fou, pas de tuteur. » Putain, c’est du lourd dans le petit marigot des plumitives, reste plus qu’à convoquer Angot, Despentes et Catherine Millet. Je ne résiste pas à vous offrir le cœur du débat vu par une libertaire en peau de lapin :


Faire le portrait d'un « cochon » ? D'un jouisseur bas du front obnubilé par son propre et immédiat et bon plaisir, au détriment de tout le reste et de tous les autres? Su-per.

S'interroger sur son histoire d'amour ? Comprendre comment une femme si belle, si admirable, si dense, si slurp-slurp-slurp-que-moi-même-je-m'aime-trop, a pu s'éperdre pour un tel « soudard », consommateur compulsif de ces « femmes (...) laides et vulgaires », capable de générosité « envers toute femme pour autant qu'elle ait les organes adéquats »? Trop su-per.

Faire peur, une énième fois, à la Frrrance qui, avant même d'être passée aux urnes, allait sans conteste-c'est-sûr-c'est-plié-tu-vas-voir, faire de ce "cochon" son président? Trop, trop su-per. Vraiment. On tient là le sujet du siècle, coco, servi en plus par un style absent (de ce que l'on a pu lire dans les « bonnes feuilles »). On n'en demandait pas tant. »

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