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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 00:09

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À l’heure où j’écris cette chronique le Président de la République, levé tôt pour assister à la traite, bu un verre de lait juste sorti du pis, flanqué de son Ministre de l’Agriculture, va passer sa journée à arpenter les allées et les stands du Salon de l’Agriculture, vous vous doutez bien que ma question-titre n’est pas innocente. Je ne la pose pas pour y répondre car ce serait outrecuidant. Simplement elle m’est venue après avoir lu cela :


« Bertrand Landrieu détourne la conversation, vante mon action comme ministre de l’Agriculture. Jacques Chirac hoche la tête « Alors ça c’est vrai ! Tu es un excellent ministre de l’Agriculture ! Tout le monde le dit ! » Il ajoute : « Et je m’y connais. » le 18 février 2011 page 153 Jours de Pouvoir Bruno Le Maire.


L’année précédente, alors qu’il espérait une promotion, le jeudi 18 novembre 2010, Bruno Le Maire écrivait « Au conseil de la FNSEA, dans le VIIIe arrondissement (NDLR rue de la Baume), je mesure combien ma reconduction a été appréciée par le monde agricole. Une centaine de représentants de toute la France sont là. Chacun, avant de prendre la parole, se dit soulagé du choix du Président et du Premier ministre, parle de bonne nouvelle puis avance ses questions. Ils sont loin les premiers mois de mon mandat, quand les paysans regardaient avec un mélange de méfiance et de consternation la nomination de ce produit de la haute fonction publique, tombé dans la politique par le jeu des circonstances, sans racines agricoles sinon ses liens familiaux dans le Gers. Maintenant je leur appartiens et ma fierté est de leur appartenir. La politique a le don de vous arracher à votre milieu étroit comme une courette, pour vous implanter ailleurs, parmi des visages, des mots, des mémoires et des regards différents. » pages 24-25


« Xavier Beulin est élu président du syndicat le plus puissant de France, la FNSEA. Depuis des années, la fonction était occupée par un producteur laitier ou un éleveur, tout sauf un céréalier, pour ne pas provoquer de réaction des autres paysans. Par principe, le céréalier est riche et la richesse se porte mal, chez les agriculteurs comme ailleurs. Elle éveille des jalousies ; elle fait pousser des soupirs entendus. Je connais des céréaliers qui ne gagnent pas de quoi finir correctement le mois, mais les fables sont plus fortes que les réalités, et personne ne les croit. Donc, si les céréaliers sont riches, ils ne vont pas en plus détenir le pouvoir, il le laisse aux autres, au moins en apparence. Cette fois la FNSEA a enfreint ce principe. Elle y a été encouragée par les qualités de Xavier Beulin, sa réussite, son contact aisé avec les gens, sa vision claire de l’venir de l’agriculture. Sans surprise, sa première déclaration publique comprend une critique en règle des dernières déclarations du ministre de l’Agriculture sur le revenu agricole : «  Ce que dit le ministre est inacceptable, les paysans ne voient aucune amélioration  de leur revenu. Tous ces chiffres ne veulent rien dire. Je lui recommande de mieux étudier ses statistiques. » Il y a un an j’aurais décroché mon téléphone pour me plaindre ; aujourd’hui, je ne bouge pas un cil. Le jeu de rôles veut que le nouveau président affirme son autonomie en critiquant les pouvoirs publics, et le ministre fait une cible facile. Dans un ou deux jours, il viendra me voir pour me dire que nous nous sommes mal compris, et chacun repartira satisfait. De toute façon j’ai de l’estime pour lui. Seul m’importe le travail que nous pourrons faire en commun. » pages 81-82 le 21 décembre 2010


Le dimanche 19 juin 2011 à Bordeaux après l’inauguration de Vinexpo à Bordeaux, pendant le déjeuner au centre de la ville avec Alain Juppé et son épouse. « Il change ensuite de sujet, me parle du remplacement de Christine Lagarde à Bercy : « Tu  es le meilleur choix, je l’ai dit à Nicolas. Il est d’accord. Mais tu as toujours le même problème : il te trouve excellent à l’Agriculture. Il ne te remplacera pas facilement. Il ne veut pas prendre le risque de perdre à nouveau l’électorat agricole. »

 

Voilà, jugez par vous-même.


Pour ma part deux petites remarques à  l’adresse de Bruno Le Maire :


1-    Il est plus facile d’être ministre de l’Agriculture lorsqu’on est de droite ; ayant participé plus qu’activement à l’élargissement de l’Europe à l’Espagne et au Portugal face à un François Guillaume arrogant, puis à la première réforme de la PAC avec un Raymond Lacombe dépassé par les évènements et un Christian Jacob jouant les muets du sérail, je puis l’attester.


2-  Sa connaissance de l’histoire du syndicalisme agricole reste teintée de naïveté, je comprends aisément qu’il préfère se plonger dans Jünger ou se consacrer à l’écriture de son roman sur Carlos Kleiber.

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 12:00

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Vous le savez j’adore les vaches, et Aronde, celle qui pointe son mufle sur l’affiche du Salon International de l’Agriculture, est toute mignonne avec son nom de bagnole.


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L’accompagne pour cette cinquantième édition :


-        Lorenzo le bélier,

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-        Galilée la cochette,

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-        Upac la jument,

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-        Rubens le Colombier l’âne,

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-        Douce la chèvre

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-        Floca de la  Prahas la chienne.

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J’émets tout d’abord une première protestation auprès du Ministère des droits des mâles (rassurez-vous je ne vais pas m’enchaîner aux grilles de l’évêché de Bordeaux) car la parité femelle-mâle n’est pas respectée : 5 filles pour  2 garçons.


Je me permets, pour rétablir un peu  l’équilibre, une suggestion : trouver un gros cochon du nom de Dominique (prière de s’adresser au Nouvel Observateur ou à défaut à une directrice de recherches du CNRS)


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Enfin, comme j’adore plus encore les ânes je suis heureux d'en  retrouver sous le patronyme très chic de Rubens le Colombier. un


J’en viens à ma seconde et vive protestation : le vin en ce pays de vin qu’est la France sent-t-il le gaz ? Pourquoi diable le cacher, de ne jamais le mettre en avant sur les affiches ? Vous fait-il honte ?


Ce Salon qui se veut la vitrine de l’agriculture française a une certaine propension à se transformer en ferme d’opérette pour petits urbains et urbaines en mal de gentils petits animaux que l’on caresse. Moi je veux bien, c’est porteur et ça rameute un maximum. Cependant, en un temps où nous cherchons, nous serine-t-on  de la croissance, de l’emploi, des exportations, une toute piqure de rappel à l’attention des Français n’aurait pas été inutile : le vin et les trucs qui vont avec ça pèse lourd, même très lourd, et ce depuis un sacré bout de temps, le pétrole vert à plutôt les couleurs du vin : rouge et blanc. Sans placarder un communiqué de victoire, ce n’est pas mon genre, rappelons tout de même à nos concitoyens et aux nombreux serreurs de mains qui vont se presser porte de Versailles pendant une semaine que:


En 2012, avec un chiffre d’affaires de 11,2 milliards d’€, les exportations de Vins et Spiritueux français, grâce à des ventes en croissance de 10%, représente à nouveau le deuxième poste excédentaire de la balance commerciale de la France, après l’aéronautique (20 milliards d’€)


Certes, le vin  sera présent bien sûr, dans le hall  des provinces où ça sent le graillon et où il n’y a pas que du bon, mais ce que j’aurais aimé, pour souffler les 50 bougies du salon, c’est que pour une fois le vin soit à l’honneur. Un coup de chapeau en quelque sorte dans la mesure où nos vins l’ont fait à plusieurs reprises le coup du chapeau.


Pour pallier cette insuffisance j’ai donc demandé à Vincent Pousson de me produire une œuvre originale pour célébrer le VIN. Merci à lui… Mettre en exergue la cave d’Embres&Castelmaure me semble est la bonne réponse à donner à tous ceux qui font comme si le VIN dans ce pays n’existait pas.

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 00:09

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Les naturistes sont des amateurs de « vin nu » que j’assimile, en termes d’image, aux chevaux sauvages qui n’aiment rien tant que les grands espaces et la liberté ; quant aux œillères, comme chacun sait ou ne le sait pas, elles sont utilisées, par ceux qui veulent tenir fermement les rennes, pour leurs chevaux d’attelage et ceux de course, afin qu’ils ne soient pas distraits par leur environnement. Des chevaux domestiques, donc de braves bêtes au service de la société, bien intégrés, qui ne dérangent pas l’ordre des choses.


Toutes ces images me sont venues bien sûr parce que le cheval, à son corps défendant, a fait un retour en force dans l’actualité, via les braves chevaux de trait roumains transformés en minerai pour plats cuisinés internationalisés (même jusqu’à Hong-Kong). Comme d’ordinaire c’est le sieur Pousson qui, m’ayant sollicité pour prendre parti, dans une énième controverse entre les tenants de l’art officiel, de ses codes, de sa pompe, de sa sotte prétention, et les petits loups et petites louves qui s’ébrouent comme des petites folles et des petits fous en des prairies si naturelles que parfois ça sent la bonne bouse de vache.


Ce qui m’étonne beaucoup c’est que ce beau monde, les vieux chevaux de retour en tête, s’étonne que le privilège de la jeunesse c’est, comme on le disait avec justesse autrefois, de jeter sa gourme*, faire des frasques, de foutre aux orties ou ailleurs les traditions de leurs aînés, de faire chier le monde (* c'est à partir du milieu du XIVe siècle que le mot désigne une maladie de la bouche ou de la gorge du cheval, affection provoquant, entre autres, la sécrétion d'une morve particulière ayant le même nom (gourme pourrait venir du francique worm qui signifiait « pus »). Tous les poulains sont victimes de cette maladie bénigne, point de passage quasiment obligé. Au XVIe siècle, on disait alors de l'animal qu'il jetait sa gourme, le verbe jeter ayant ici le sens d' « émettre des sécrétions ».) Faut que jeunesse se passe disait-on aussi dans l’ancien temps, sauf que, de nos jours, nos jeunes sont jeunes beaucoup plus longtemps car le monde du travail est moins accueillant que le nid des parents, donc très chiants très longtemps.


Et puis, pire encore, l’irruption de l’autoédition sur la Toile via les blogs et les réseaux sociaux a donné la parole à tout le monde, sous-entendu à n’importe qui, et fait ainsi sauter le dernier verrou qui cadenassait le territoire de ceux qui estimaient, à tort ou à raison, être les détenteurs du savoir et de l’expérience. Bien évidemment ça déferle, ça déborde, ça éclabousse, ça dit des choses pas convenables, ça a parfois un ego surdimensionné, ça fait de l’esbroufe, ça a parfois un petit côté sectaire ou communautaire mais, il faut bien avouer que, face à eux, les anciens occupants du terrain de jeu ne présentaient pas toujours les garanties de sérieux et de professionnalisme dont ils se targuaient et, de plus, le périmètre de leurs lecteurs restait fort modeste. Dans le monde du vin convenable l’entre-soi est, et reste, la règle.


Le sieur Pousson, a écrit « Je respecte complètement l'avis de François Mauss link , mais je sens comme une pointe de « fort-chabrolisme » dans ses propos. Le monde du vin est bien plus divers aujourd'hui qu'il y a vingt ans. Ça peut agacer, ça m'a déjà agacé, mais il faut bien comprendre que ce bouillonnement, cette effervescence, ce bordel, n'ayons pas peur des mots, sont un signe de bonne santé. Que le vin d'aujourd'hui échappe (pour partie) aux tenants du « bon goût » est une merveilleuse nouvelle qui lui ouvre des horizons (commerciaux notamment) qui lui éviteront de disparaître avec la génération de ceux qui veulent lui servir d'indispensables intercesseurs. Souvenons-nous de cette funeste courbe de l'Onivins (je crois) qui prévoyait la fin de la consommation de vin en France en 2020; je pense qu'il n'y a que la vie, avec tous ses défauts, toutes ses imperfections*, tout son tumulte pour éviter la mort.


* je n'aurai pas l'impudence de revenir sur l'aspect illusoire des dégustations, des dégustateurs et des jurys parfaits. Personne n'est à l'abri… »


Pour en revenir à mes chevaux, à l’image qu’ils véhiculent par rapport à notre débat, je ne vois pas au nom de quoi je n’aurais pas le loisir, sans parler de droit, d’aimer et même d’envier, la liberté des sauvages tout en respectant la fonction de ceux que l’homme a domestiqués. Simplement, pour en revenir aux gens du vin, j’estime que les docteurs de la loi détenteurs des tables de la loi n’ont pas à nous faire accroire à l’intangibilité de leurs codes et de leurs règles, dont beaucoup sont le fruit du commerce, ni à vouloir dresser des barbelés autour de leur fonds de commerce. Ces gens bien ne sont que le miroir d’un état et non les gardiens d’une vérité révélée et gravée dans le marbre. Que je sache le vin n’est que le fruit de la main de l’homme, de son artisanat et non de son art comme certains zélotes le proclament stupidement. Le vin n’est pas une œuvre d’art mais un produit de consommation destiné à être bu, donc détruit.


 À ce propos une incidente « Une heure trente de voiture ensuite pour rejoindre Château Latour, où des chevaux de trait passent entre les vignes, secouant leur collier de cuir avant de gravir la pente douce, pas à pas, en martelant la terre. Le directeur de l’exploitation reconnaît lui-même que, pour les vins exceptionnels, le marché a perdu toute raison et spécule : « Nos clients ne boivent plus nos vins. Ils boivent encore ceux qu’ils ont achetés il y a cinq à six ans à 250 ou 300 euros la bouteille ; mais à 1000 euros la bouteille en primeur, ils ne boivent pas, ils le stockent. » Bruno Le Maire le vendredi 25 novembre 2011.

 

Pauvres grands amateurs, pauvres critiques qui en sont maintenant réduits, avec  ces « Grands Vins », pour les premiers, ceux qui n’ont pas les moyens, à rêver ou à espérer, et pour les seconds à se voir transformer, au mieux, en agence de notation et, au pire, en tailleur de cote pour bookmakers. C’est triste comme un fonds de pension anglo-saxon ou comme un bas-de-laine d’un Harpagon. Ceci écrit, je l’ai déjà écrit, j’ai du respect pour ces cercles de dégustateurs, les critiques avisés, mais j’avoue aussi que j’ai une approche plus ludique du vin : je suis un simple consommateur assis qui aime manger, boire et… ne pas cracher, ratiociner, noter, classer… mais rire.


Pour autant je ne suis pas béat face à toutes les fantaisies, les ruades, les foucades des naturistes ; d’ailleurs ils ne me le demandent même pas car, hormis quelques grands maîtres chiants, quelques ayatollahs insupportables, ils sont plutôt joyeux, fêtards et accueillants. C’est ce qui me plaît chez eux c’est qu’ils dépouillent le vin de ses oripeaux de représentation, de son côté marqueur social : dis-moi ce que tu bois et je te dirai qui tu es, de tout le cinéma que l’on met autour. Tout compte fait pour moi ce qui compte c’est que le monde du vin s’ouvre à tous les vents, à toutes les turbulences, qu’il sorte des lieux obligés où certains l’avaient enfermés. L’extension du domaine du vin passe par ces multiples chemins de traverse et non par le seul moule d’un élitisme hautain  d’adorateurs du vin, de vins inaccessibles, j’ose écrire imbuvables.


Ceci écrit entre les grands amateurs compassés de GCC ou autres raretés et la joyeuse petite bande des naturistes échevelés il y a le vaste, le très vaste, l’immense espace du MARCHÉ des Vins, de tous les vins, et ce ne sont pas les petits clapotis que je viens d’évoquer qui vont troubler la vie des grands opérateurs au long cours. Pour plus de précisions prière de se reporter aux derniers chiffres de la FEVS sur le bilan 2012 de nos exportations de vins et spiritueux.


Champagne : 11 M 185 793 de caisses (1)

Bordeaux : 26 M 235 087 de caisses (1)

Cognac : 13 M 941 221 de caisses (2)


(1)            Une caisse = 12 bouteilles de 75cl soit 9L

(2)          Une caisse =  12 bouteilles 8,4l à 40%


Tout ce beau tas de caisses ça fait beaucoup d’hectolitres de vin… des rafales… Faites vos comptes camarades auteurs de guides : combien de divisions ? Pas lerche !

 

L'illustration est extraite d'une chronique ICI : link

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 12:00

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Il est des jours où tout est raccord, vous ne regrettez pas de vous être levé avec le soleil qui est, lui aussi, au rendez-vous, vos faits et gestes s’enchaînent dans une fluidité de tulle, même de crêpe georgette, les merlots et les merlettes trottinent sur les pelouses, le mâle arbore un bec d’un orangé pétant : présage sans doute, l’air est si vif qu’il vous fait oublier les gros postérieurs assis sur des sièges à moteurs qui pètent et pétaradent en se prenant pour les rois de la chaussée, des reines aussi, vous filez droit devant en les laissant en plan : ils enragent tous de vous voir vous échapper de la gangue dans laquelle ils sont englués… Que du bonheur, sentiment extrême d’une liberté qui n’empiète sur le territoire de personne : oui la journée est bonne !


Et puis il y a Fanny qui vous convie le soir à venir apprécier, au cœur de la ville, des vins italiens qu’elle aime et qu’elle soutient. Entre chien et loup la ville vire de bord, se vide des uns, s’emplit des autres, change de visage, il y a ceux qui se posent, se retrouvent, se parlent, les terrasses s’animent ; il y a ceux qui se hâtent de rentrer cabas gonflés, poussettes poussées ; et puis reste ceux qui vont se lever pour peupler la nuit. Moi je plonge dans le Boul’mich  sans le voir, il a disparu des écrans radars, pour passer la Seine et remonter le Sébasto plein d’autos. Ça me donne une belle soif. Mais où vais-je accrocher mon beau vélo : dites-donc monsieur Contassot et madame Hidalgo il faudrait sortir de vos bureaux pour nous faciliter la vie. Et pendant ce temps-là, une grosse hirondelle verbalise à tour de bras des 2 roues garés sur les trottoirs : à quand la fourrière monsieur le maire ? Dans cette ville il faut payer même pour pisser vu que les WC gratos y’en n’a pas lerche au km2.


Fanny c’est un beau sourire, une discrète attention et une grande disponbilité, ça me change des pratiques ordinaires de la corporation. Je ne vais pas vous conter la soirée par le menu même si chez Vino&Cucina www.vino-cucina.com/ 22-24 rue Saint-Sauveur - 75002 Paris nous fûmes excellemment reçus et régalés :la focaccia origan saucée dans l’huile d’olive Nocellara, la superbe buratta de Caserte de chez Terra Candido et le San Daniele de 24 mois et le Sot l’y laisse- citron-aubergines m’ont charmés. Du côté vin j’ai fait deux découvertes, la première dont je vais vous entretenir dans le droit fil de ma chronique de ce matin : l’Ageno 2007 et 2008 du domaine de la Stoppa ; pour ce qui concerne la seconde je la garde en réserve : faut pas gâcher !


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Le domaine de la Stoppa est situé sur les contreforts des Apennins en Émilie-Romagne ; des écrits datant des années 40 expliquent comment le domaine s’est constitué à partir des années 1870 et surtout comment les propriétaires de l’époque étaient soucieux de produire des vins exprimant leur terroir : cépages autochtones et mode de vinification. La famille Pantaleoni l’a acquis en 1973, et aujourd’hui c’est Elena, la fille de Rafaele Pantaleoni, qui mène l’exploitation depuis 1993.


58 ha, dont 28 de bois d’acacia et 30 de vignes complantées sur des pentes abruptes essentiellement de Barbera et Bonarda pour les rouges et de Malvasia di Candia Aromatica, Ortrugo, Trebbiano et Moscato pour les blancs. Pour les aspects pédoclimatiques je m’abstiens car je n’y comprends rien. Vous demanderez à Fanny. Le domaine est bio depuis les années 90.


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Et puis vint l’Ageno (Pour plus de détails sur l’origine du nom de cette cuvée aller ICI link). On nous le versa dans un verre noir mais mon tarin ne s’y trompa point puis la première gorgée confirma : Fanny nous avait sorti de derrière les fagots cet Ageno, fait de 60% de de Malvasia di Candia Aromatica, et de 40% Ortrugo e Trebbiano mais surtout macéré sur peaux pendant 30 jours : un vin orange sans soufre. Là, j’ai cessé d’alimenter le seau posé devant mon nez : j’ai bu à petites lampées. Je me suis régalé.


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L’Ageno 2007 premier dégusté est doté d’une vigueur extraordinaire, il vous gagne, ne vous laisse aucun répit, c’est un pistard de charme, élégant mais vif comme l’éclair : bu et approuvé en mon unanimité.


Le 2008 est plus sage, plus posé, mais il sait aussi se faire désirer, avec lui il est nécessaire de prendre un peu plus de temps, de le chercher et bien sûr de le trouver bien présent. J'adore et ne coupe pas le son. Comme je suis en possession d’un flacon si mes petits copains de Tronches de Vin sont partants nous lui feront un sort.


Mon beau vélo m’attendait sagement ficelé à son poteau. Je l’ai enfourché, direction la Seine passée au Pont Neuf, Odéon, mes feux avant et arrière clignotent, le froid est revigorant car j’ai du bon carburant. Heureux de me coucher en pensant que je devais m’être levé du bon pied.

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 00:09

En 1973, Jean-Louis Bory, critique cinéma au Nouvel-Observateur, publie Ma moitié d'orange aux éditions Julliard, pour défendre les droits des homosexuels, ce fut un succès : une éternité !

 

Des goûts et des couleurs on ne dispute ou discute pas, dit-on. Quand est-il de l’orange ?

 

Michel Pastoureau dans son « dictionnaire des couleurs de notre temps » pose une batterie de questions.

 

« Pourquoi les tons orangés, qui peuvent être si séduisants lorsqu’ils sont produits par la nature, sont-ils si laids, si vulgaires lorsqu’ils sont fabriqués par l’homme ? Qu’y a-t-il dans la couleur orange des fleurs et des fruits qui soit à ce point inimitable ? Pourquoi l’écart entre la couleur naturelle et la couleur artificielle est-il plus grand pour la gamme des nuances orange que pour n’importe quelle autre gamme de couleur ? Les hommes ne savent pas encore répondre à  ces questions… ».

 

Le naturel et l’artificiel, pouvais-je rêver d’une plus belle introduction pour ce qui m’amène à chroniquer en ce matin de vendredi du vin ?

 

Quelle place a occupé et occupe l’orange dans ma vie me suis-je dit ?

 

Sans nul doute, ma première relation avec l’ORANGE est due à celle qu’on déposait dans mes petits souliers de Noël :

 

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Ça a moins bien continué avec l’agent ORANGE de Monsanto déversé à partir du 10 août 1961 dans la province de Kontum au Vietnam. Le programme, intitulé Opération Ranch Hand, débuta avec le feu vert du président John F. Kennedy en novembre 1961 jusqu'à atteindre son apogée en 1965. Objectif défolier les forêts pour empêcher les Viêt-Cong de se planquer, détruire les récoltes, dégager les abords des installations militaires américaines et y prévenir les attaques. L’horreur absolue, une horreur qui dure dans les chairs des survivants…

 

30agent-orange.jpgPhotograph by Philip Jones Griffiths/Magnum Pheak, 12 years old, from the Eastern Province of Prey Veng, on the border with Viet Nam, was brought to the city by his parents to beg. Armless, legless, he is fed and cared for by his brother.

 

Puis vint, en 1964, l’ORANGE de Gilbert Bécaud.

 

À mes 18 ans, en 1966, dans une SIMCA  1000, je découvrais aux Sables d’Olonne, en juillet, les joies du feu orange avec le bonheur du démarrage en côte débouchant sur un permis de conduire flambant neuf.

 

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Dans la foulée des excentricités de mai 68, le choc sur les écrans en 1971 avec Orange mécanique, A Clockwork Orange de Stanley Kubrick adapté du roman d'Anthony Burgess, dérangeant, violent, avec une bande son d’enfer.

 

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En 1974, la coupe du monde en RFA, nous faisait découvrir les Oranje, de Johann Cruijff l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du football aux côtés de Pelé, Garrincha, Maradona ou encore Di Stefano, laminent leurs adversaires avec un « football total »  celui de l'Ajax Amsterdam. L'Argentine est laminée 4 à 0 (dont 2 buts de Cruijff) ; le Brésil est lui battu 2 à 0 (1 but de Cruijff) mais comme toujours ce sont les Allemands de Kaiser Franz qui soulevèrent la Coupe du Monde qui n’était plus la coupe Jules Rimet : pourquoi chers lecteurs ? La bonne réponse donne droit à dégustation de vin orange.

 

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En 1978, je me rends aux chorégies d’Orange dans le théâtre antique d’Orange cité alors fréquentable.

 

En 1996, France-Télécom vire Wanadoo pour ORANGE.

 

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Pour contredire Michel Pastoureau : le pull ORANGE et l’écharpe ORANGE du Taulier :

 

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En 2012 grâce à Alessandro Merlo, le Taulier découvre les VINS ORANGE avec Radikon.

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Jérémie Mourat vinifie une « négrette de paille », un chardonnay 2011, issu d'une longue macération de quarante jours, inspiré en cela des cuvées de Josko Gravner, en Frioul-Vénétie-Julienne, apparaît. Philippe Rapiteau notait « sa dégustation actuelle révèle de jolis arômes assez typiques des « vins orange » (qui restent peu connus en France, au point que certains de nos sommeliers y voient parfois un défaut et l'écartent catégoriquement!), ainsi qu'une finale inimitable, par sa sapidité tannique et sa touche saline. Cette expérience, est vinifiée dans un oeuf Nomblot de six hectolitres »

 

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La RVF titre « Le nouveau monde des vins oranges »

 

« Peu importe si ce terme convient et si la (re)découverte vient bien d’outre-Atlantique, mais la nécessité d’avoir à inventer une nouvelle catégorie n’est pas sans signification. Elle prouve que le vin blanc de macération a quelque chose d'inédit dans le monde du vin, au point qu’il faille lui définir un nouvel espace.

 

Les vins orange prennent de plus en plus leur place sur les cartes des restaurants et des cavistes français, et il est maintenant fréquent de pouvoir goûter la Ribolla gialla de Stanko Radikon (Frioul) ou Ageno de La Stoppa (Emilie).

 

Force est de constater, comme avec ces deux exemples, que la vague nous arrive en grande partie d'Italie, et plus particulièrement de la région frontalière entre Frioul et Slovénie.

 

La macération pelliculaire longue pour les vins blancs n’est pourtant pas une pratique traditionnellement italienne - bien que la question subsiste - ou exclusivement italienne. Ils existent ailleurs ces fameux vins à la couleur ambrée orangée plus ou moins intense, et pour certains pays comme la Géorgie, probablement depuis des millénaires. » link 

 

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Enfin pour les Vendredis du Vin ORANGE votre Taulier vous offre un Vino Frizzante BIANCO  DEI COLLI TREVIGIANI 

 

Affaire à suivre sur mes lignes dans le billet de cet après-midi...

 

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Costadilà est situé dans les collines de Trévise link

 

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 14:00

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Le Brut Sans Année est le socle de la prospérité du Champagne, l’infanterie qui, en rang serré, peuple les rayons des supermarchés laissant les grandes cuvées, les millésimés se pavaner sur les publicités. C’est ça le modèle champenois, à nul autre pareil dans notre vieux pays françois. Création de valeur, grandes marques locomotives, segmentation du marché et, même si on a mis la pédale douce sur le concept : le co-branding, le champagne est une grande armée bien organisée qui sait préserver le prestige de l’uniforme. Ce point, l’étiquette, le bouchon qui pète c’est capital pour le consommateur lambda, madame Michu et monsieur Marcel, la Bimbo et le rouleur de mécanique, le parrain et la marraine, les nouveaux époux de tous les mariages, le vainqueur du grand prix de formule 1, le night-clubber, j’en passe et des meilleurs.


« La fonction première d’une bouteille de champagne ne consiste pas à boire son contenu mais à faire sauter le bouchon. C’est un vin qui se contemple (les bulles ont un pouvoir envoûtant), ensuite il se déguste. Beaucoup de Champenois reconnaissent, pour le déplorer, que « 90 p. 100 des gens qui ouvrent une bouteille se soucie peu de la qualité ». On assigne au champagne le rôle d’accompagnateur, il marque les grands évènements et les changements d’une vie (baptême, mariage, anniversaire, inauguration, réussite à un examen). Le champagne emporte avec lui l’idée de bonheur et de joie, d’élégance, de folie. Il marque le rite de passage, un changement de direction, une phase nouvelle. »  écrit Jean-Paul Kauffmann.


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Tout ça vient de loin, l’aura du champagne tire ses racines de ce que Jean-Paul Aaron souligne « Estimé tout au long du siècle, il étanche, sous le Second Empire, la soif des courtisane ; son apogée est aussi celle de la galanterie. Sa cherté lui aliène une portion de la clientèle petite bourgeoise mais incite à la consommation les chicards, les gens du monde » : « Le vin de Champagne, Moët, Théophile Roederer, Bollinger ou Clicquot, est un vin que calomnient volontiers les gens à qui leurs moyens ne permettent pas d’en boire. On l’appelle coco aristocratique, coco épileptique, on affirme que c’est un vin fabriqué – et même que ce n’est pas un vin du tout. Je n’ai pas pour mission de réhabiliter le vin de Champagne, seulement je trouve mes contemporains bien légers à son endroit, et je souhaiterais, dans leur intérêt plus encore que dans le sien, qu’au lieu de coûter si cher il coûtât bon marché, parce qu’alors, au lieu de le calomnier, ils le boiraient et se convaincraient de ses qualités. On est facilement ingrat en France et on oublie que le […] champagne est le vin national par excellence, puisque deux siècles avant les deux autres tant vantés, avant le bordeaux et le bourgogne, c’était le vin préféré des princes et des gentilshommes. Le champagne n’est pas un vin, c’est le vin même, et il n’y a que les bourgeois qui le boivent au dessert, les jours de grandes cérémonies ; il faut le boire comme on boit le sauternes et le meursault, comme un vin ordinaire, et dès le commencement du repas. Les gens qui déjeunent, dînent ou soupent au champagne ne sont pas des excentriques comme on le dit lorsqu’on tient à dire une sottise : ce sont des gens amis de leur santé autant que du plaisir, des gens de bon goût qui veulent conserver un bon estomac… » Voici donc ce qu’écrivait, en 1867, Alfred Delvau dans les Plaisirs de Paris. Il n’était pas sponsorisé ni par le CIVC, ni par quelques grandes maisons qui savent appâter les petits bloggeurs dans la déche. La publicité ci-dessous date de septembre 2010 chez Carrefour.link


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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 00:09

Dans le même temps où je chopais mon Dragon d’Argent dans mon Franprix je repérais mes premiers flacons de Coteaux Bourguignons. Ne reculant pas devant la dépense – de toute façon qui oserait me proposer de m’envoyer par la poste un flacon de Coteaux Bourguignons – j’ai fait l’acquisition d’un flacon de Coteaux Bourguignons pour 4€ et quelques poussières derrière la virgule.


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Même si j’ai regretté la mise à mort du BGO : Bourgogne Grand Ordinaire, y’en avait du bon, j’étais prêt à faire amende honorable, me ranger aux arguments du négoce bourguignon érecteur de cette nouvelle appellation. Certains vont m’objecter qu’acheter chez Franprix n’est pas la meilleure pioche pour trouver un bon nectar. J’en conviens aisément mais que voulez-vous, le hasard des rencontres constitue aussi un bon critère pour juger un nouvel arrivant sur le marché. De toute façon c’est presque la seule façon d’agir car je ne vois le Grand Jury Européen de François Mauss se pencher sur la  destinée d’une brochette de Coteaux Bourguignons. Ces beaux nez ne mettent pas leur nez dans les fonds de cuve de la Grande Bourgogne.


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Donc j’ai dégusté et désapprouvé !


C’est buvable mais ça ne ressemble à rien de précis, ce n’est pas bon donc ça ne devrait pas être bourguignon. Une bouteille lourde ne compense pas la légèreté du contenu.


Ça vient de vieilles vignes me dit-on sur l’étiquette, elles doivent être bien fatiguées les pauvres, mais on ne nous dit pas quels sont les cépages de l’assemblage. Pourquoi ? C’est un secret d’État ?


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En revanche la contre-étiquette me tartine que ce nectar des coteaux bourguignons est « rempli de tradition et de fruits rouges » et qu’il va me permettre de voyager « au cœur de la Bourgogne » Merci Jean Couzelon qu’est négociant-éleveur depuis 1870 à Chasnes dans le 71, ça pose son homme, non ! Et comme si ça ne suffisait pas il nous en remet une couche « un vrai vin bourguignon fier de son terroir et sachant se faire apprécier des amateurs et… de tous les autres. »


Et moi je sens le gaz sans doute ? Sans doute ne suis-je plus bon qu’à jeter mon pognon dans le tonneau bourguignon ? Mais où vont nos appellations avec ce type de voiture-balai pour ramasser tous les éclopés ? Elles voguent vers le destin qu’ont connu les vagues assemblages, dit coupages, des vins de table, la déconsidération.


Et puis, cerise sur le gâteau, Normacop nous fait une petite gâterie en affichant sur le bouchon « nos vignerons ont du talent » : des noms, des noms….

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Reste que le Taulier il est vénère : il a casqué pour à nouveau le caniveau. Alors il en appelle à Claude Chevallier, même s’il n’est plus président du CAVB, et au président du BIVB pour se faire indemniser pour le préjudice subit : le pretium doloris.


Ha qu’il était beau mon BGO ! link et link

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 14:00

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Hier il faisait beau, très beau, un temps dont raffolent les parigots, du soleil, un air vif, de la lumière : les terrasses furent prises d’assaut, les filles court vêtue s’égaillaient, voletaient, les visages s’illuminaient : on rangea les grises mines, les mines ronchonnes pour arborer l’allure d’un italien de Paris car, comme chacun sait, un italien est un français de bonne humeur. Sur mon vélo, par monts et par vaux – Paris n’est pas un plat pays – je me suis dit « Berthomeau les mots c’est bien beau mais tu devrais t’intéresser de plus près au goulot, ce point de passage obligé qui, une fois libéré de son bouchon – le parisien à 4 roues est hypersensible aux bouchons et, me dit-on, ces dames : Anne Hidalgo, Nathalie Kosuskio-Morizet et Cécile Duflot (ça beaucoup d’O ça) vont engager le fer sur la place de l’auto et du vélo chez nous les parigots) – laisse aller, en un fleuve tranquille, des vins tranquilles, ou plus bouillonnant des effervescents… »


En effet, malgré leur concubinage avec les grands brasseurs, les limonadiers parisiens ont dû se remettre au vin car les petites louves et les petits loups assoiffés ne cessent d’en demander. Pour preuve, en fin de journée, longeant une terrasse d’un café du quartier Montorgueuil, bourré de jeunettes et des jeunots, j’ai constaté la présence ultra-majoritaire de verres de vin. Donc c’est bien beau de blablater Taulier, sur tout et sur rien, faut que tu te retrousses les manches et que tu fasses le boulot.   

 

Chose dite, chose faite !

 

Voici une jolie petite moisson de quilles qui devrait charmer les jeunes filles en fleurs comme leurs voisins un peu acnéens tout comme les vieux barbons et les dames comme il faut, les pousseurs de poussettes et leurs épouses, les tireurs de valises à roulettes, les porteurs de sacs à dos, les bobos et les bobottes, les présidents d’ODG en goguette, les porteurs de mallettes (en régression) et qui voudra bien s’assoir pour héler le tavernier.


Votre Taulier avec son fin palais, ses papilles exceptionnelles, sa belle descente, son goût immodéré des couleurs, propose, bien sûr, vous, vous disposez et, comme il déteste bosser, il vous laisse le soin de découvrir, au travers des liens, les domaines où sont produits les vins glanés. Michel pour les prix tu te prends par la main je ne suis pas un guide du vin...


1-     Moulin Blanc de Jérémie Mourat le Taulier a déjà œuvré ICI link


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2-   Ferme Saint Antonin Côtes-du-rhône 2010 Plan de Dieu  Allez voir ce qu’en dit Marc vanhellemont des 5 du VIN link


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3-     L’écorce de Lestignac Camille et Mathias Marquet link


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4 -   Tréssaille domaine des Bérioles Saint-Pourçain 2012 découvrez un cépage unique en France, le Tressallier que le Taulier à déguster au salon des vins de Loire à Angers link 


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5 -   K bis d’éole 2011 un superbe Carignan dégusté par le Taulier lundi dernier dans un océan de Rosé www.domainedeole.com


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6-    Ageno 2008 La Stoppa IGT Emilia bianco : le vin mystère, affaire à suivre dès vendredi… j'en ai tant bu hier au soir que ce matin j'étais gai comme un serin...


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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 00:09

Lors de la conférence de presse de la FEVS, le 14 février dernier, une journaliste émue s’inquiétait du risque de déferlement des riches chinois pour faire main-basse sur nos beaux terroirs. De conserve, en une belle unanimité, il lui fut répondu que ce furent des négociants étrangers qui firent voyager les vins de Bordeaux, le Cognac et le Champagne. Bref, le péril jaune n’était pas pour demain ni après-demain.


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Comme d’un fait exprès, comme disait la tante Valentine, votre Taulier, un soir qui suivit cette ferme mise au point, alors qu’il recherchait des produits d’entretien ménagers dans son Franprix de proximité, est tombé nez à nez, au-dessous de paquets de riz et de nouilles chinoises, sur des boutanches de rouge et de rosé étiquetées  DRAGON D’ARGENT. Caramba, se dit-il, c’est t’y pas que nos dit chinois s’attaqueraient au vins du bas vu que ce DRAGON D’ARGENT de 75cl valait royalement 2,60€. Afin de lever ses doutes, d’un geste prompt, il examina le cul du flacon, la contre-étiquette donc. Qu’y vit-il ?


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La traduction des idéogrammes de l’étiquette :


-        Bonne Année

-        Longévité

-        Signe de l’année du Serpent 2013


Fort bien, se dit-il, c’est la fonction de la contre-étiquette et pour notre culture, après tout, ça vaut bien les habituels accords suggérés avec ce dit vin. Mais sitôt cette réflexion de pur bon sens une autre information inscrite juste au-dessous balayait ses supputations en forme de chinoiseries : ce n’était pas un vin de pays du Xinjiang, mais une IGP de l’Atlantique et, que je sache, ce bel océan ne lèche pas les cotes de l’Empire du Milieu.


Pour faire bon poids j’indique sue ce nectar océanique, en provenance de 5 départements : Charente, Charente-Maritime, Dordogne, Lot-et-Garonne, Gironde dont 3 sont continentaux, a été embouteillé à la propriété.


Laquelle ?


Nul ne le sait, sans doute chez un mystérieux propriétaire chinois qui préférait garder l’anonymat. Tout ce que votre Taulier pouvait lire c’est par qui il avait été embouteillé : Les Peyrières AF 33790-223 France.


Alors j’ai consulté l’annuaire des communes de Gironde et j’ai constaté que le code postal  33790 correspondait à  la Ville de Pellegrue environ 1000 habitants appelés les Pellegruens, au village de Massugas population d'environ 300 habitants appelés les Massugais, au village de Soussac population d'environ 200 habitants appelés les Soussacais, au village de Landerrouat population d'environ 200 habitants appelés les Landerrouatais, au village de Cazaugitat population d'environ 200 habitants, au village de Saint-antoine-du-queyret population d'environ 100 habitants appelés les Saint-antoinais, au village de Listrac-de-durèze population d'environ 100 habitants appelés les Listracais, au village d'Auriolles population d'environ 100 habitants appelés les Auriollois.


De quoi faire tourner chèvre nos amis chinois mais le Taulier ne s’en laisse pas conter aussi facilement : il est allé débusquer les Peyrières : c’est situé à Landerrouat car c’est la Cave de Landerrouat, Duras, Cazaugitat « Les Peyrières ». La boucle était bouclée.


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« La SCA Les Vignerons de Landerrouat-Duras-Cazaugitat est une cave coopérative vinicole qui regroupe trois sites de vinification : deux pour les appellations de Bordeaux et une pour les appellations de Duras et Bergerac.


Crée en 1936, la cave de Landerrouat fusionne en 1997 avec la cave de Duras-Berticot, en Lot et Garonne. Les difficultés auxquelles se heurte la filière viticole au début des années 2000 entraînent une réelle volonté de restructuration de la part des dirigeants et adhérents de la cave et fin 2005, la fusion avec la cave de Cazaugitat est adoptée »


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Restait plus au Taulier qu’à déguster ce nectar sur un canard laqué chiné dans le Chinatown du XIIIe encore décoré des festivités de l’année du Serpent. Ce qu’il n’a pas fait vu qu’il avait d’autres chats à fouetter. Il s’est contenté en coup de vent de s’approvisionner en nouilles chinoises en passant devant son fournisseur habituel. En étant gentil et compatissant, ce Dragon d’Argent n’a rien d’un vif argent, plat comme une galette, dur comme du pain rassis, court comme un string, malgré ces 12°5 il ne vous laisse que la lame de l’alcool. Rien pour plaire et ce n’est pas avec ça que nous allons faire des tribulations en Chine. Désolé mais la destination du reste du flacon fut vite trouvée. Mais pourquoi diable mettre ça sur le marché avec une IGP ? Du vin subi plus que du vin voulu sans aucun doute… Franprix a acheté du PRIX pas du VIN…

 

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 14:00

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Être face, en face, faire face à la réalité, comment trouver sa place – on ne visite pas le plus grand camp de réfugiés au monde, on le prend en plein gueule, on le subit – en un lieu désolé, loin de nous, loin de tout, Dadaab qui « accueille quatre cent mille personnes environ, mais on ne sait pas très bien… parce que chaque jour des milliers de réfugiés supplémentaires arrivent de Somalie, chassés par la guerre civile et la famine » où l’on souffre, l’on meurt, ces réfugiés « qui attendent de partir depuis des mois, certains depuis des années, la plupart ne quitteront pas le camp de Dadaab, ils mourront à Dadaab. » Comme je comprends Bruno Le Maire qui, dans l'avion du retour, reste habité par le souvenir des enfants « leurs prunelles interrogatives » lui percent le cerveau. Il a vu. Il a vécu. Ces images ne le quittent pas, l’obsèdent car comme il le confie « Ce n’est pas faute d’avoir ces images d’enfants victimes de la famine en Afrique depuis des années ; mais il y a voir, et vivre. Et tout ce que nous voyons, le plus souvent dans une certaine indifférence, en réalité est insupportable à vivre, à Dadaab ou ailleurs. »


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Le témoignage de Bruno Le Maire est bien plus qu’émouvant, l’émotion est si fugace, il est simple, tout simplement humain. Je propose donc à votre lecture un passage pour que, comme moi et tant d’autres, nous – je ne trouve pas le mot juste – partagions – oui le partage – ces lignes afin d’écailler la gangue de notre indifférence. Certes c’est bien peu mais mieux qu’un aquoibonisme résigné et, surtout, ça relativise nos petits malheurs.


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« De Dadaab, encore une heure de piste pour rejoindre le camp de réfugiés : ce sont des milliers de tentes qui se succèdent sur des kilomètres, certaine neuves, d’autres plus anciennes, renforcées par des planches de bois et de la tôle ondulée, qui font de zones entières non plus des camps provisoires, mais des bidonvilles. Nous nous arrêtons au centre de distribution ; une dizaine de femmes attendant sous un auvent, accroupies dans la terre battue ; elles ne disent rien ; elles ne nous  regardent pas ; elles ont toutes dans le regard la même expression de lassitude et leur corps,  courbé vers le sol, traduit un épuisement total. Un des responsables du centre, membre d’une ONG française, se tient à côté de moi. »Vous pouvez traduire si je leur parle ? – Pas de problème. » Lentement, je me penche et je prends la main d’une femme qui cache entre ses jambes un enfant de trois ans environ : »Vous venez d’où ? » Elle me répond avec un souffle de voix rauque, à peine audible, le regard baissé : «  De Somalie. – Et pourquoi êtes-vous partie ? – Parce qu’il y a rien en Somalie, rien. » Elle garde le regard baissé. Elle ne retire pas sa main, que je tiens toujours dans la mienne, légère et fine comme une brindille. « C’est votre fils ? – Oui. – Et vous avez d’autres enfants ? » Elle lève les yeux vers moi : des yeux noirs, brillants comme une huile de roche, qui reflètent la lumière, sans rien voir. « Deux autres enfants. – Ils sont où ? – Je les ai laissés. – Laissés ? – Sur la route ; je les ai laissés sur la route. » Elle ferme les deux feuilles calcinées de ses paupières. Mon interprète hoche la tête en signe de résignation : « Ici, il y a beaucoup de femmes qui ont fait les 70 kilomètres entre la Somalie et le camp à pied. Elles partent avec deux ou trois enfants, les enfants sont épuisés, elles sont obligées de laisser les plus faibles sur la route. Les familles qui arrivent avec tous les enfants, c’est très rare. En fait, il n’y en a presque pas. 


[…] Notre convoi repart. Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons devant le principal centre hospitalier du camp, réservé aux mères et à leurs enfants. Les enfants sont triés à leur arrivée suivant le degré de dénutrition : les cas les plus légers sont traités dans le premier bâtiment, les plus graves dans le dernier : dix lits sont disposés face à face contre les murs, protégés des insectes par une moustiquaire. On entend des gémissements faibles. La plupart des mères sont allongées sur le côté, certaines assises sur leur lit, leur enfant dans les bras, ou la tête posée sur leurs genoux. Elles les caressent machinalement, quand elles les touchent encore, car les plus faibles se désintéressent de leur enfant, voilà ce que nous explique le docteur qui nous accompagne : « Elles se détournent, elles ont perdu toutes leurs forces dans le voyage, vous comprenez ? Leur enfant elles ne le voient plus. »


[…] Un garçon de trois ans est assis en tailleur, une perfusion dans le poignet : on se demande comment la moindre aiguille a pu trouver une veine dans ce bras décharné. Il me fixe obstinément, en me présentant son poignet barré de deux morceaux de Scotch en croix, qui maintiennent la perfusion en place. Sa tête a trois fois le volume de sa poitrine aux côtes saillantes. »Lui, il s’en sortira. Il est arrivé il y a une semaine, il commence à reprendre du poids. » Sur le lit suivant, un enfant est couché, le bas du corps recouvert d’un linge gris, il a un visage de vieillard, il mâche et remâche dans sa bouche une salive épaisse et blanchâtre ; au fond de ses orbites, on distingue deux prunelles bleu nuit. Le docteur écarte le linge gris, prend entre ses doigts sa cheville, qui ne pèse rien. « On ne peut plus rien faire. Il sera mort dans quelques heures, ou demain. » Et comme pour lui donner raison, les prunelles basculent brusquement dans un ivoire sale, avant de se remettre en place, bleu nuit, tremblantes, encore pour quelques instants… »

 

Pages 280-81-82 de « Jours de Pouvoir » Gallimard

 

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  • (Paris, le 18 juillet 2011)

Dans le cadre de la Présidence française du G20, Bruno LE MAIRE, Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire, se rendra au Kenya les 23 et 24 juillet prochains pour rencontrer les autorités kenyanes et les agences internationales et faire un point sur la crise alimentaire et nutritionnelle dans la Corne de l’Afrique.

 

Avec Josette SHEERAN, Directrice exécutive du Programme Alimentaire Mondial (PAM), le ministre fera un état des lieux précis de la situation sur le terrain.

Bruno LE MAIRE se rendra ensuite à la réunion exceptionnelle de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) consacrée à la crise alimentaire dans la région qui se tiendra à Rome lundi 25 juillet.


Cette réunion fait suite à la lettre d’Alain JUPPÉ, Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères et européennes, de Bruno LE MAIRE et d’Henri de RAINCOURT, Ministre chargé de la Coopération, adressée à Jacques DIOUF, Directeur général de la FAO, le 15 juillet. Bruno LE MAIRE avait d’ailleurs reçu Jacques DIOUF le 13 juillet dernier pour évoquer la situation dans l’Afrique de l’Est.


Les ministres de l’agriculture du G20, réunis à l’initiative de la Présidence française du G20, ont adopté le 23 juin dernier le « Plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l’agriculture ». Ce plan prévoit une coordination internationale plus forte pour assurer sécurité alimentaire.

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