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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 00:06

 

 

Les français connaissent quasiment tous le très médiatique BHL – le père de Justine, écrivaine à la plume assassine dans «  Rien de grave », sauf pour celle qui en prenait plein son grade à l’époque, en 2005, avant de prendre du grade récemment dans le 9ième arrondissement et l’époux de la sulfureuse Arielle Dombasle – mais peu d’entre eux peuvent mettre un nom sous les initiales BGO et pourtant, sous elles – si je puis m’exprimer ainsi – repose la somptueuse hiérarchie d’une de nos plus prestigieuse Appellation d’Origine Contrôlée. Je sens que vous en avez le souple coupé, bouche bée je me doute que vous allez me demander de vous éclairer. Bon prince, comme je ne suis pas un grand expert Aoesque, je vous livre la définition d’un éminent chroniqueur, couvert de lauriers, lui, Olif. Qu’est-ce qu’il dit l’Olif ? Il dit que le « Bourgogne Grand Ordinaire. BGO ! 3 initiales quasiment infamantes ! 250 ha de production, du Lyonnais jusqu’au Yonnais, une AOC régionale depuis 1937, dans laquelle le Gamay se taille la part du lion, en association avec le Pinot noir, voire le César ou le Tressot dans l’Yonne. Les blancs, quant à eux, peuvent comporter de l’Aligoté, du Chardonnay, du Pinot et, dans l’Yonne » Sur le site Version Vin 100% Bourgogne je lis : « Les appellations BOURGOGNE GRAND ORDINAIRE et BOURGOGNE ORDINAIRE (cette dernière désormais inusitée) ont été instituées en 1937. Elles s'inspirent d'une dénomination fréquente dans le passé. On parlait de « vins de grand ordinaire » pour la bouteille dominicale, ou de « vins d'ordinaire » pour tous les jours. Ils sont rouges, blancs et rosés, au sein de l'aire d'appellation BOURGOGNE. La particularité du Bourgogne Grand Ordinaire (comme l'on dit familièrement) est de faire quelques fois appel à des cépages en péril dont il assure l'utile pérennité. Clairet peut remplacer le mot rosé. » Et d’ajouter la liste des « Communes de production : - Département de l'Yonne : 54 communes - Département de la Côte-d'Or : 91 communes - Département de Saône-et-Loire : 154 communes »

 

Bon si je comprends bien, vu avec le regard d’un esprit simple comme le mien, dépourvu de malice, avec le gamay du Beaujolais, du Beaujolais tout court, on peut faire du Bourgogne. Que les parigots têtes de veau  l’ignorassent me semble dans l’ordre des choses, mais de mauvaises langues me disent que, même à Dijon, beaucoup de gens qui comptent l’ignoraient aussi.  Et comme si ça ne suffisait pas à notre trouble évident voilà t’y pas que Ribaud dans le « Monde », se fend d’un titre ambiguë à souhait : «  Un Beaujolais bourguignon ». Le pavé dans la tassée, notre Ribaud y va de bon cœur : « Avant de revendiquer son autonomie, le Beaujolais appartenait à l'entité bourguignonne, comme la côte chalonnaise ou le Mâconnais. Peut-on à nouveau fusionner l'interprofession bourguignonne et beaujolaise ? L'emploi de cépages bourguignons (pinot noir et chardonnay) en Beaujolais est autorisé.
Rien n'interdit aujourd'hui aux vignerons du Beaujolais, si ce n'est l'identification de terroirs propices, de remplacer le gamay par les deux cépages bourguignons ou de planter du gamaret, un cépage d'origine suisse, issu du croisement entre le reichensteiner et le gamay, qui devrait, dès cette année, être proposé en "vin de pays des Gaules". On discute même actuellement de l'appellation sous laquelle certains vins issus des terres du Beaujolais pourraient être commercialisés : côtes de Bourgogne ou coteaux bourguignons. » Des vases totalement communicants donc, une belle zone d’assemblage donc, un petit air d’espace de liberté qui me fait penser à une petite musique pas très populaire dans la région.


Là, j’me dis, mon gars y’a le feu au lac, alors, vite, je me jette sur mes sources. Qu’y lis-je ? Exit notre bon vieux BGO, là-dessus tout le monde est d’accord, c’est ensuite que commence l’embrouille. On me dit que – pour une fois je ne me mouille pas – du côté de la Bourgogne : « la production et une partie du négoce, milite en faveur de « coteaux bourguignons » tandis qu’en Beaujolais on penche du côté de « Côte de Bourgogne ». Le président du BIVB, Michel Baldissini, pense que cette dernière appellation risque de faire de l’ombre à notre appellation Bourgogne » alors que son alter ego du Beaujolais, Ghislain de Longevialle maintient qu’il faut que le nom Bourgogne apparaisse. Sous cette guerre du nom se cache des enjeux économiques bien sûr. Si j’ai bien compris, du côté bourguignon on craint « l’augmentation de volume » et on voudrait que la partie beaujolaise du socle se limite aux neufs crus de cette appellation, alors que la partie beaujolaise souhaite pouvoir produire sur l’ensemble de son aire. « Nous n’hésiterons pas à traiter le différend sous l’angle juridique. On ne peut faire fi du passé » Y’a pas de doute y’a rien de mieux que les prétoires pour accoucher d’une décision qui satisfasse le plus grand nombre.


Même si mon grain de sel n’intéresse personne je vous le délivre quand même. Moi je trouve que Grand Bourgogne Ordinaire c’était beau comme une belle journée à la campagne, panier d’osier, nappe à carreaux, poulet froid et cornichons, verre à moutarde en duralex, limonade et vin qui chante et réjouit les cœurs… Alors, pourquoi diable vouloir inventer une nouvelle appellation, comme si le nom, comme l’habit, faisait le moine. Illusion bien française, ce qui compte pour le buveur – oui, oui, j’écris le buveur, et non l’amateur – c’est que le nectar qu’on lui propose soit à la hauteur des ambitions qu’il affiche. Alors, comme de nos jours, on ne croise que de l’extraordinaire, que des grands millésimes, que de purs extraits de terroir, que de belles bouteilles affriolées, que des œuvres d’art au prix du caviar, que de la petite ouvrage cousue main, se revendiquer Grand Ordinaire c’est se différencier. Faire un pied de nez à la pensée unique. S’affirmer tel qu’en soit même, pas bégueule, sympathique en diable, bourguignon quoi ! Garder ses origines, les revendiquer avec simplicité, c’est dans notre grand village mondialisée un must qu’il ne faut se garder de galvauder

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Michel Smith 11/04/2008 07:56

Tout à fait d'accord ! Il faut sauver le BGO comme il faut aussi sauver le Bourgogne Aligoté. Laissons aux filles et aux gars du Beaujolais la possibilité de faire du Bourgogne, un point c'est tout. Ni plus, ni moins, avec l'obligation de n'avoir que du pinot en rouge et du chardonnay en blanc. À moins, dans ce dernier cas, que l'appellation Beaujolais blanc, qui existe déjà depuis belle lurette, comme le Beaujolais rosé, ne fasse double emploi. Et après tout, peu importe. Ce n'est pas si grave. Pour en revenir au BGO, j'ai goûté jadis sous cette appellation des vins très sympathiques. Des vins à boire sans avoir le besoin de lire à l'avance les pensées des doctes critiques es-vins. Vive le BGO !

Rocky 11/04/2008 03:47

Ca n'a rien à voir, mais ça pourrait vous faire rire. Vu sur le site Bakchich info.JRDes avantages du journalisme de cave Mélange des genres / jeudi 10 avril par Angèle Houlacuisse Quand on produit une vinasse moyenne, rien ne vaut un beau cadeau pour
se mettre les journalistes spécialisés dans la poche. C’était le cas le
26 mars dernier au restaurant du Plaza, avec Bernard Magrez et Gérard
Depardieu… De mon point de vue, un journaliste qui fait de la critique de cinéma
devrait payer sa place, faire la queue sous la pluie, subir les assauts
de toute la pub, des trucs qui, avant même que le film ne commence,
vous donne envie de rentrer chez vous. Ça devrait être la même chose
pour ceux, appelons-les journalistes, qui publient des « critiques »
gastronomiques. C’est-à-dire vous expédient manger chez leurs potes où
tout est forcément sublime. Vous avez dit critiques ? Les chroniqueurs de bouffe ont une excuse,
celle du journaliste sportif. Si un spécialiste de foot écrit que
Landreau, le goal du PSG, devrait changer de lunettes, il est foutu.
Plus d’accès au Camp des Loges où l’équipe s’entraîne, plus d’accès aux
coulisses du club, toutes les portes et téléphones portables (chaque
joueur de foot en a une moyenne de quatre) lui sont fermés. Donc plus
de boulot. Dans les casseroles c’est un peu pareil. Tu assistes à la soirée de
Truc, où tout ce qui compte est invité, ça veut dire que tu es dans le
train. La cuisine est ce qu’elle est, mais elle est gratuite. D’une
soupe populaire à l’autre, vogue ainsi notre chroniqueur et membre du
gastro-circus. Le petit « bakchich » des journalistes Parfois, pour convaincre que le produit est merveilleux, il faut mettre
un peu plus de poids dans les mots, adjoindre le petit cadeau qui
entretient l’amitié. C’est ce que viennent de faire à Paris, au
restaurant de l’hôtel Plaza le 26 mars, Bernard Magrez et son copain
Gérard Depardieu. À une quarantaine de « journalistes » spécialisés
dans le vin, peloton sélectionné par une agence de communication
anglaise, ce bon Magrez a offert une Tank Must de chez Cartier, une
tocante qui va permettre aux chroniqueurs de plus voir midi à leur
porte mais à celle de Magrez. D’une valeur de 1610 euros le bijou était
accompagné, on est jamais assez prudent, d’un certificat d’authenticité
signé d’un horloger bordelais (on ignore si la pile de rechange fait
partie du kit ?). Avant l’heure de la montre, nos « confrères », cornaqués par Depardieu,
ont consommé une cuisine signée Ducasse qui, pour l’instant, occupe la
seconde place d’une compétition qui s’intitule « La Pôle aux Étoiles »,
le dernier jeu médiatique inventé par un guide Michelin qui, n’étant
plus ce qu’il était, roule souvent avec sa roue de secours. Le problème avec Depardieu, c’est que c’est le début de sa carrière de
maître de chai : dans un pays où on trouve des vins formidables,
l’Anjou et ses Savenières, Layon, Bonnezeau, il a réussi à produire un
truc rouge qui fait rigoler les vignerons du coin. Moralité : si vous
lisez un texte ne disant pas tout le bien que méritent les 35 vignobles
du couple Magrez-Depardieu dans le monde, c’est que l’auteur est un
amateur de courses contre la montre. Pour lui, pas de Cartier.

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