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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 09:10

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Je ne suis pas un lecteur régulier de Fluide Glacial mais à plusieurs reprises j’ai utilisé  leurs numéros spéciaux sur notre jaja link  De plus, je suis un inconditionnel de marcel Gotlib l’inventeur de Gai Luron et de Superdupont.


C’est pour ces raisons que je publie le communiqué de la rédaction de Fluide Glacial dénonçant l’utilisation par un fabriquant de quenelles avariées : un dénommé Soral, pote de celui que je ne nommerai jamais de peur de salir mon espace de liberté.


La réponse est pour moi exemplaire. Merci de prendre le temps de la lire.

 

 

Le 26/12/2013

 

 

Cher Monsieur Soral,

 

 

En utilisant sans l'accord de Fluide Glacial l'image de Superdupont vous oubliez trois choses :


1. Tant que nous sommes encore en démocratie, vous vous devez de respecter la loi. En l'espèce, ne pas pomper sauvagement les créations protégées par des copyrights.


2. Superdupont, c'est de l'humour, du second degré. L'Antifrance, c'est de la blague, c'est pour rire. C'est comme "Hitler=SS" de Vuillemin et Gourio ou "le Dictateur" de Chaplin. Faut pas prendre ça au pied de la lettre. Superdupont cogne sur les étrangers, mais Superdupont... c'est con, n'est-ce pas.


3. Dans votre monde idéal Superdupont n'existerait pas puisque, pour des raisons qui vous appartiennent, vous auriez envoyé à la chambre à gaz son créateur, Marcel Gotlib. De même que vos aînés chéris y ont envoyé son papa.


Je n'ai pas envie de vous faire un procès, parce que je n'ai pas envie de vous faire de la publicité, à vous et à votre bande de nervis.


Alors de grâce, virez Superdupont de la jaquette de vos leçons audiovisuelles de ratonnades.


 

Yan Lindingre


Rédacteur en Chef de Fluide Glacial


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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 00:09

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Je dois à la vérité de vous avouer que je n’ai pas réveillonné. Dans mes jeunes années nous faisions la nouba pour fêter le gui l’an neuf mais depuis je n’ai jamais éprouvé le besoin de fêter une nouvelle année qui m’apporterait, du moins je l’espérais, un poids supplémentaire à mon âge.


Comme je l’ai écrit hier, le « système » m’a rayé du cadre actif au cours de la défunte année 2013, en juillet, le 12 très précisément, et depuis, comme  je suis en liberté, la fête est à l’ordre du jour de tous les jours.


Le problème de la nuit de la Saint-Sylvestre à Paris c’est que les restaus sympas sont fermés, les autres affichant des menus convenus à des prix chargés, et pire font comme-ci c’était la fête. Alors que faire ? Ne rien faire, aller se coucher pépère, bonnet de nuit et verveine, et se réveiller l’année prochaine.


Que nenni, je me suis dit mon garçon tu vas te taper un réveillon 100% bourguignon. En liquide, bien sûr, vu que du côté de la Grande Bourgogne, le solide c’est du lourd. Pas question de me charger l’estomac et de soumettre mon foie à une cure d’hépatoum.


Il pleuviotait sur Paris donc pas question d’enfourcher ma flèche d’argent pour ce réveillon 100% bourguignon. Les rues étaient si vides qu’on se serait dit à Trifouilli-les-bains-de-pieds un dimanche soir. J’y suis arrivé en une poignée de minutes. Atmosphère feutrée, haute sérénité comme le disait Francis Blanche à Pierre Dac dans leur célèbre sketch où ils étaient totalement bourrés. J’adore le lieu où je me sens comme chez moi en n’étant pas chez moi. Comme un parfum de film de Visconti. S’asseoir, être entouré sans être pris en charge par une escouade emmenée par un sommelier fagoté en croque-mort, se laisser aller à rêver.


Vous narrer le mangé ne présente aucun intérêt, je ne suis pas François Simon, mais je puis vous assurer que c’était fort bon. Confidence tout de même, le Mont d’Or avec un sirop de clémentine accompagné d’une mâche à l’huile de noisette était une pure merveille et le Morey Saint-Denis 1er Cru Clos Sorbé 2009 de David Duband se tenait fort bien à table.


Mais, comme ce soir, dit de réveillon, j’étais 100% vins bourguignons, je me devrais de jouer la partition grand amateur en vous livrant mes émotions gustatives. Me soumettre à cet exercice reviendrait à tronçonner en rondelles ce qui fut pour moi une brèche ouverte dans un temps qui me déplaît. Il m’exaspère aussi. Comme une forme d’impuissance face à la montée de la bêtise et d’une forme de barbarie. Dit comme je le dis ça peut vous paraître pompeux mais c’est ainsi que je le ressens.


On boit pour oublier dit-on. Simple parenthèse qui, sitôt refermée, vous refout le nez sur la réalité. Tel ne fut pas mon choix en ce dernier bout de 2013. D’ordinaire je me disais que passer le cap d’une année c’était moins dangereux que de tirer des bords au Cap Gris-Nez mais pour le saut de 2014 je ne suis plus de cet avis.


Ne me demandez pas pourquoi ce n’est que pure intuition.


Alors suis-je venu trouver la vérité au fond de mes verres de vins 100% bourguignons ?


La vérité, pas sûr, mais plutôt la sérénité avec la plénitude qui va avec. Se réconforter. Se glisser dans son petit jardin d’intérieur pour trouver la force de ne pas désespérer de l’humanité.


Voilà, je vous ai tout dit, ou presque, et il ne reste plus qu’à vous soumettre la liste des vins que j’ai bu. Vous allez me dire : tout ça ! Oui, mais le détail appartient à la sphère privée alors bonne journée à tous et, sans contestation, contre le bourdon y’a pas mieux qu’un réveillon 100% vins bourguignons.

 

Les 2 crémants étaient grands !


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PS. Pendant que j’écrivais cette chronique deux faits importants se sont déroulés :


1-    Serge le Lama a remonté les Champs-Elysées mais notre maire Bertrand Delanoë n’a pas souhaité se faire tirer le portrait avec lui link


2-  Notre Frédéric Lefèvre dit Zadig&Voltaire Twittait 

 

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 10:00

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Pour un oui ou pour un non, en ce moment je ressors à tout bout de champ des petits bouts de mon petit roman dominical :


« Nantes, à la bascule des années 60, le quai de la Fosse, ses anciens beuglants pour marins en mal d'amour de passage, comme le quartier de Pigalle à Paris, sentait le stupre. L'imagerie populaire mêlait  pêle-mêle les bas-résilles des filles de joie, les ombres inquiétantes de types louches, les lumières tamisées de bars enfumés, faune interlope vivant en marge du corset des biens pensants.

 

Pour le provincial en goguette et le bourgeois nantais c'était le quai de la Fesse. Nous les étudiants y venions finir nos soirées. Je n'avais jamais pratiqué l'amour tarifé mais j'aimais bien tailler une bavette avec les filles, surtout lorsque j'étais pompette. Les talons des mocassins de Sylvie claquaient sur le macadam du trottoir, et je pensais qu'elle n'avait pas l'air d'une pute. Nous faisions très petit couple égaré dans un lieu de perdition. Dans la lumière jaune des lampadaires, les grues du port ressemblaient à de gigantesques squelettes noircis. L'air marin remontant le fleuve me revigorait. Mes idées noires se teintaient de sang, du rouge, de l'incandescent, une sale envie de me laisser-aller, d'être un enfant de salaud. Rompant le silence, « tu penses trop ! », Sylvie appuyait là où ça faisait mal. »


Oui, je le concède, « je penses trop ! », ce qui ne signifie pas que je pense bien ou juste, mais que je me pose trop de questions et qu'ainsi j’ai très mal fini.

 

Pensez-donc, hier j’ai retrouvé ça sur la Toile :

 

« Près d'un siècle et demi après que Napoléon III a confié un rapport sur L'Etat et l'avenir de la viticulture française au Bourguignon Jules Guyot, Jacques Berthomeau, contrôleur général des offices, s'est penché sur le système français avec son importante étude Cap 2010, publiée en 2002. »


Ce sont les gars de l’Express qui l’ont écrit en juillet 2003…


En arriver là, dans la peau, non de John Malkovich, mais d’un petit rapporteur, pour un gars qui a toujours aimé la nuit, celle que l’on passe hors son lit, où les chats sont gris et les lapins blancs, c’est bien pire que de ne jamais avoir eu une Rolex dans sa vie avant 50 ans.


Oui, je l’avoue, en ces années étudiantes j’ai passé bien plus de temps sur les banquettes de skaï des bars que sur les bancs de la Fac de la Jonelière. Ceci explique cela, je sais, je sais…


Temps béni des crèmes des petits matins, des journées entières passées au lit à écouter de la musique, à baguenauder, à refaire le monde et surtout à ne rien faire si ce n’est d’aller écouter Johnny Rivers chanter John Lee Hooker en live au  « The Whiskey a Go Go » de Los Angeles.


Bien évidemment, en ce temps-là un billet d’avion coûtait une fortune pour un étudiant désargenté comme moi, je ne suis jamais allé au « The Whiskey a Go Go » de Los Angeles mais nous nous saoulions, plus de musique que d’alcool, dans les rades enfumés.


Depuis ce temps béni, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Loire et de la Seine mais en la défunte année 2013, en juillet, le 12 très précisément, le « système » m’a rayé du cadre actif, j’ai bénéficié d’une levée d’écrou et depuis je ne suis plus en liberté conditionnelle mais en liberté tout court.


Conséquence de la levée de mes fers, j’ai décidé que pour 2014, depuis 00:00 heure ce jour, mon nouveau statut sur Face de Bouc serait : chroniqueur de jour et Taulier du bout de la nuit au Lapin Blanc.


Vous allez me dire que je décoconne.

 

Oui, mais à peine, seul l’avenir vous apportera des réponses sur mes lignes. «Que Sera Sera»…

 

Pour ceux qui ont envie de se plonger dans les lignes de mon petit roman voici la suite du texte : 

 

« La boîte affichait « strip-tease permanent » et, en effet, une fois la porte poussée, sur un fond musical sirupeux, nous découvrions une gamine malingre avec des seins œufs aux plats, des canes de serin et des hanches en porte-manteaux, se trémoussait sur une scène en asticotant son entrecuisse avec son soutien-gorge. Le public clairsemé, quelques voyageurs de commerce en costume-cravate, une poignée de messieurs propres sur eux, des petits maquereaux caricatures de petits maquereaux et un petit vieux tout racorni, s'ennuyaient ferme sur des banquettes recouvertes d'un tissu pelucheux orange. Des filles fatiguées, en bas résilles et bustiers noirs, tentaient d'activer la consommation. Posées sur les tables, des lampes chapeautées de crinolines diffusaient une lumière rougeâtre. En terrain connu Sylvie se voyait saluer avec obséquiosité par la barmaid, qui semblait être la patronne, une poufiasse grasse et blondasse. Tout était à chier, surtout la musique. Nous nous assîmes dans une sorte de niche demi-circulaire éclairée par une lampe sur pied, une Betty Boop rousse et sensuelle. Sylvie se défaisait de son blouson. Elle avait gardé son Marcel mais libéré ses seins de toute entrave. Ils restaient hauts et pointaient sous le coton tendu. Avachi sur la banquette je la laissais se glisser tout près de moi. »

 

Les épisodes suivants 


ICI : link  link link 


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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 00:09

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Leurs idées sont souvent aussi courtes que leurs cheveux et je vous épargne toute forme de comparaison animale car j’ai trop de respect pour mes amies les bêtes.  De même je n’affirmerai pas qu’ils sont bêtes comme leurs pieds, Prévert et Montand vous expliquerons pourquoi, mais me contenterai de constater qu’ils pensent avec leur bras et que cette geste mène toujours au même endroit.


 

Je vous invite à lire ou à relire un livre qui m’a ouvert les yeux, un livre magnifique de Sebastian Haffner, « Histoire d'un allemand, souvenirs 1914-1933 » où l’auteur, un magistrat protestant, qui n'essaie pas de se donner un beau rôle, décrit comment la société allemande policée et cultivée  bascule petit à petit dans l'acceptation du nazisme.


 

Comparaison n’est pas raison, je n’écris pas que nous en sommes là me contentant de constater que ceux qui menaient la danse contre la faible République de Weimar «pensaient avec leurs bras comme un seul homme…»


 

J’exècre toute forme de geste collective pratiquée en horde au nom d’une soi-disant lutte antisystème alors qu’elle n’est qu’un signe de ralliement à tous les partisans de la haine de l’autre.


 

Suivez-les, approuvez-les en silence, accordez leur plein de bonnes raisons, osez même dans l’isoloir pencher de leur côté, mais ne venez pas me dire lorsque vous récolterez ce qu’ils ont semé : « on ne savait pas ! »



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« Peu de choses sont aussi comiques que le calme souverain et détaché avec lequel mes semblables et moi-même contemplâmes, comme d'une loge de théâtre, les débuts de la révolution nazie en Allemagne - processus qui ne visait pourtant à rien d'autre qu'à nous exterminer. La seule chose qui soit peut-être plus comique encore, c'est que des années plus tard, avec notre exemple sous les yeux, l'Europe entière se soit offert la même attitude supérieure de spectateur passif et amusé, alors que les nazis étaient depuis longtemps occupés à lui bouter le feu aux quatre coins. »


 

« Il est probable que les révolutions, et l'histoire dans son ensemble, se dérouleraient bien différemment si les hommes étaient aujourd'hui encore ce qu'ils étaient peut-être dans l'antique cité d'Athènes : des êtres autonomes avec une relation à l'ensemble, au lieu d'être livrés pieds et poings liés à leur profession et à leur emploi du temps, dépendant d'une foule de choses qui les dépassent, éléments d'un mécanisme qu'ils ne contrôlent pas, marchant pour ainsi dire sur des rails et désemparés quand ils déraillent. La sécurité, la durée, ne se retrouvent que dans la routine quotidienne. A côté c'est tout de suite la jungle. Tout européen du XXe siècle le ressent confusément avec angoisse. C'est pourquoi il hésite à entreprendre quoi que ce soit qui pourrait le faire dérailler - une action hardie, inhabituelle, dont lui seul aurait pris l'initiative. D'où la possibilité de ces immenses catastrophes affectant la civilisation telle que la domination nazie en Allemagne. »


 

« La situation des allemands non nazis en été 1933 était certainement une des plus difficiles dans lesquelles peuvent se trouver des hommes : un état d'impuissance totale et sans issue, combiné avec les séquelles du choc causé par une attaque -surprise. Les nazis nous tenaient à leur merci. Toutes les forteresses étaient tombées, toute résistance collective était devenue impossible, la résistance individuelle n'était plus qu'une forme de suicide. Nous étions traqués jusque dans les recoins de notre vie privée, la déroute régnait dans tous les recoins de notre existence, une débandade dont on ne savait où elle finirait. En même temps, on était exhorté chaque jour non à se rendre, mais à trahir. Un petit pacte avec le diable, et on ne ferait plus partie des prisonniers et des poursuivis, mais des vainqueurs et des poursuivants »

 

 

Voilà ce qu’écrivait Haffner qui n’avait rien d’une révolutionnaire

 

 

Vous pouvez aussi écouter, depuis l'ancienne manufacture des tabacs à Riom, Olivier BARROT présente le livre « Histoire d'un Allemand » de Sébastien HAFFNER.

 

 

Ne me dites pas qu’Anelka est « Bête comme ses pieds »

 

 

Et puis je jouais avec mes pieds

C’est très intelligent les pieds

Ils vous emmènent très loin

Quand vous voulez aller très loin

Et puis quand vous ne voulez pas sortir

Ils restent là ils vous tiennent compagnie

Et quand il y a de la musique ils dansent

On ne peut pas danser sans eux

Faut être bête comme l’homme l’est si souvent

Pour dire des choses aussi bêtes

 

 

J’oublais, chers lecteurs,


 

    BONNE et HEUREUSE

             

             année 2014

 

 

à vous,

 

 

à ceux qui vous sont chers

 

 

et à tous les justes de la

 

 

terre…

 

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 10:00

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Encalminé

 

 

Elle ne cessait de lui dire

Chéri fait moi rire !


 

Et lui planté au bout du bout

Du grand bassin de radoub

Du terminus Montparnasse

Ivre d’embruns

Venus des grands espaces

Marins

Répondait je suis noir de fumée

Des cigarettes grillées

Au pied d’un bar à putes

 


Drôle de chute

De reins

Parfum

De femmes communes

À la hune

D’un gros cargo en cale sèche

Ressassant sa dèche

Je ne vais pas gagner ma vie

Je l’ai…


 

Voûte bétonnée

Incarcéré à perpétuité

Pour solitude nocturne.


 

 

Elle de lui dire

Vire

De bord mon bel ami

Sort du rade

Gagne la haute mer.


 

Et lui contemplait sa complaisance

Évoquant les rives de l’Auzance

De son enfance

Aux berges ombragées

Odeur d’herbe fraîchement coupée.


 

Elle têtue

Femme d’un marin sans navire

L’accotait

À l’arche de ses hanches.


 

Lui tombait de son piédestal

Cul par terre

Embarquait dans le Paris-Quimper

Pour le Finistère

Qui est le bout de la terre

En disant qu’il était Charles Denner

Qui aimait les filles du bord de mer…

 

 

Elle de rire

En bord de bar

Alsa-Glace au dessert

C'est un régal que l'on sert...


 

Drôle de chute !

 

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 00:09

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Y’ a des jours où vraiment je n’ai pas envie de conter le vin mais de le boire dans le fin fond d’un patelin non connecté, ni branché, comme cette île de ma vieille Vendée crottée et réactionnaire mais qui savait toujours raison garder.


Texte de 2007 tiré de mon roman du dimanche en illustration


« Personne ne voulait lever l'ancre. Sous l'épais nuage de fumée bleue, tels des porcelets découvrant les joies de la fange, ils se vautraient dans les délices de la bonne chère et du bon vin. Jean, ne reculant devant aucun exotisme, en dessert, avait fait confectionner des savarins gorgés de rhum Négrita. Les gars, déjà envapés, se léchaient les doigts pour n'en perdre aucune miette. L'arrivée de magnums de champagne, du vrai, du très cher, faillit provoquer des ruptures d'anévrisme. Les gars n'en revenaient pas. Le plus jeune de la tribu des Turbé, dit Cécette, eut égard à son bégaiement qui lui faisait débuter ses phrases par des cé cé cé, soudain volubile, ne butant sur aucun mot, n'en finissait pas de répéter que, pour sûr, dorénavant(sic), surtout avant d'aller au bal pour emballer les filles, il ne carburerait plus qu'au Motéchandon. L'apogée de la soirée fut enfin atteinte lorsque Marcelline, son homme étant fin saoul, pour la rincette du café, lui étant toujours du pur jus de chaussette, proposait de derrière le bar, le choix entre un VSOP d'Hennessy, un Armagnac de je ne sais plus quel âge et de je ne sais qui, et un Calva ramené d'une virée en Normandie. Pour ces stricts pratiquants de la goutte ce fut comme si on leur faisait découvrir que, jusqu'à ce jour, ils lapaient l'équivalent du pétrole lampant de leur fanal. Tous ces palais dévastés, ravagés, au terme de cette mémorable soirée, croulant sous les douceurs de tous ces nectars pour une fois savourés, découvraient le vrai goût des choses. »

 

Encore moins envie d’aller me goinfrer de foie gras ou de caviar, d’enterrer cette vieille année sous les cotillons, serpentins et langues de belle-mère alors que les égouts débordent, dégorgent des fientes de notre société, jusqu’ici plus ou moins bien cachées.

 

Ça pue.

 

Ça me donne envie de gerber.


Ces détritus barbouillent de merde les réseaux sociaux, Face de Bouc devient le cloaque de la pire inhumanité.


Ainsi, depuis plusieurs jours, une jeune italienne Caterina Simonsen, étudiante vétérinaire de 25 ans, atteinte de quatre maladies génétiques rares, se fait insulter sur Facebook par des dizaines d'internautes, certains allants jusqu'à lui souhaiter de mourir. 


Sa faute ?


Son statut : « Moi, Caterina S. j'ai 25 ans, je remercie la vraie recherche, qui inclut l'expérimentation animale; sans la recherche, je serais morte à 9 ans».


Quelques heures après ce message, elle comptabilisait déjà 500 insultes et 30 souhaits de la voir mourir de la part de personnes se disant « défenseurs de la cause animale ».


La litanie d'injures n'a cessé et les messages injurieux se sont ainsi multipliés: « Tu pourrais mourir demain que je ne te sacrifierai pas mon poisson rouge » ou bien « Peut-être devrais-tu mourir: un être humain de moins et des animaux en plus sur cette planète »


« On achève bien les chevaux »


Le film réalisé par Sydney Pollack, sorti en 1969, inspiré du roman homonyme de Horace McCoy publié en 1935. Le début des années 1930, en Californie, la Grande Dépression, on se presse pour participer à l’un de ces nombreux marathons de danse organisés à travers le pays pour gagner les primes importantes qui y sont mises en jeu.


2013, grande dépression des temps post-modernes laissant le champ libre aux comportements désespérés dont se repaissent les plus vils.


Alors me direz-vous, portons le coup de grâce à 2013, ce coup fatal «administré» à une personne ou un animal blessé en vue d'abréger ses souffrances ?


Inutile, car 2014, la petite sœur pointe son nez et, en dépit des vœux et des bonnes résolutions, je ne me fais aucune illusion sur l’éradication des cons.


Puisque Noël n’est pas très loin dans notre rétroviseur rappelons-nous, qu’avant d’entamer son fameux chemin de croix, de mourir sur la croix, le nazaréen  fils de Dieu, subit la flagellation qui avait pour fonction déterminante de « préparer » le supplice de la crucifixion. Elle supposait un abominable raffinement puisque tout l’art du bourreau consistait à châtier le condamné, sans l’achever prématurément. — (Gérard Mordillat, Jérôme Prieur, Jésus contre Jésus, Éditions du Seuil, 1999, p. 75)


Peut-être qu’en 2014 pourrions-nous cesser de nous flageller nous ne sommes pas encore à classer dans les damnés de la terre ?


Si vous m’avez suivi jusque-là lisez donc cet autre petit bout de mon roman qui fait suite au précédent car sa chute : « nous allions profiter du temps restant pour parler de tout et de rien ». est la meilleure conclusion que je puisse vous proposer pour cette chronique.


« Jean avait réussi son coup. Tout le monde était content, moi y compris. Cette grande crapule passée du gauchisme au mercantilisme le plus débridé n'en finissait pas de me raconter qu'ils avaient quasiment racketté les bistrotiers de l'île pour financer les liquides de cette soirée, au motif ceux-ci étaient les seuls bénéficiaires de la pochtronerie des marins et qu'ils devaient réparation à Marie. Jamais avare de formule-choc mon Jean parlait d'impôt révolutionnaire. Le vieux Turbé opinait le regard perdu dans les profondeurs de la poitrine de Marcelline. Tous les détails du banquet avaient été décidés de longue date lors d'une réunion qui s'était tenue à l'initiative de Jean à la salle des fêtes. Les femmes n'en avaient rien su. Dans un ultime effort, le vieux Turbé, tout en surveillant Marcelline comme du lait sur le feu, me confia que le monument de Marie serait en granit, simple et sans croix. Je le remerciais alors qu'il se relevait avec l'aisance d'un jeune premier en nous confiant sur un ton égrillard : « J'ai la gaule. Ce n’est pas tous les jours que ça arrive faut que j'en profite... » Marcelline se propulsait dans la cuisine. Je dis à Jean : « je vais aller déposer l'urne de Sylvie au cimetière de Port-Joinville. Marcher me fera du bien ». Toute autre personne que Jean aurait posé des questions. Lui me suivit en me répondant : « Ne t'inquiète pas mon grand je m'occuperai de tout... » Il savait que je reprendrais le bateau du matin et que, d'ici-là, nous allions profiter du temps restant pour parler de tout et de rien. »

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 10:00

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En me levant ce matin je me suis il faut que tu fasses quelque chose avant que l’année 2013 tire sa révérence.  Tout le monde y va de sa rétrospective, des hommes et des faits marquants et toi tu restes assis sur ta chaise à regarder les mouches. Même qu’un moment j’ai pensé aller demander des conseils à Denis Saverot de la RVF ou même sous-traiter une chronique à la maison B&D. Si je me suis abstenu du côté de la vieille dame c’est parce que je ne voulais pas que le président Lubot prenne encore la mouche ; pour ce qui concerne le duo je n’ai rien fait de peur qu’ils demandent à N de R de me satisfaire.


Que faire pour me tirer d’affaire ?


Vous demandez quelle est la chronique que vous avez le plus aimée en 2013 ?


Difficile vu que j’en ai pondu 740 !


Alors j’ai opté pour la facilité : vous faire voter pour votre titre préféré.


J’ai effectué une rapide sélection mais vous pouvez piocher dans les archives 2013 pour en trouver d’autres.


Exercice hautement périlleux de ma part car l’abstention est très tendance et en période de fêtes ça va être encore.


Qu’importe chers lecteurs.


Qui vivra verra mais je dois vous avouer que ça influera largement sur mon envie de poursuivre l’aventure en 2014.


A bientôt sur mes lignes.


J’ai numéroté les chroniques pour faciliter votre choix.

 

1-      La hampe de veau pour parigots buveurs de beaux vins (26/01/2013)


2-      Le Petit Bleu de la côte ouest, celui de Termignon avec de beaux gorgeons c’est tout bon (16/01/2013)


3-      « Sommelier, reprenez ce vin il est impuissant, pingre et vulgaire ! » (10/01/2013)


4-      Pourquoi les bordelais roulent-ils leurs caisses ? (09/01/2013)


5-      Torcher une chronique ou le plaisir d’être vulgaire… (04/01/2013)


6-      Faut-il mettre des œillères en peau de lapin à nos naturistes débridés du vin ? (23/02/2013)


7-      La « Luchina » faute de se meubler le derche elle se meuble l’esprit… Fabrice Luchini ou l’art de la saillie (11/02/2013)


8-      Ceci est la lamentable histoire de Marcel Cœurdeveau boucher de son état au 223 bis rue Froidevaux… (15/03/2013)


9-      Je bois donc j’écris… est-ce vain ? (07/03/2013)


10-      « Monsieur je commisère » –« Tu commissaire Bourrel, oui ! » dialogue d’ivrognes appliqué à Twitter (26/04/2013)


11-      Je suis atteint de roséole que dois-je faire Docteur J'abuse ? (22/04/2013)


12-      Dédicace d’un vendredi du vin ordinaire « la propreté est le luxe du pauvre, soyez sale » (05/04/2013)


13-   « Ce n’est rien, ce n’est que le vin qui est allé le toucher au cœur » (14/06/2013)


14-   T’es bien trop petit mon Sauty T'es ben trop petit, dame, oui : « L’Hermès du vin » propose un château d’Yquem 2012 (05/06/2013)


15-   Les rosés pâles tout comme les pantacourts sont un mauvais compromis… il faut choisir ! (27/07/2013)


16-   Franchement pourquoi se faire chier à produire du raisin pour faire du vin aromatisé? (20/07/2013)


17-   « Il ne fait donc rien dans la vie ce garçon, même pas son âge...! » (12/07/2013)


18-   Le vin « nature » est-il un vin de bouseux ? (02/07/2013)


19-   J’aime l’ivresse, j’aime me saouler ! C’est une vraie jouissance… » (02/08/2013)


20-   Ce n’est qu’un début continuons le combat, sous les pavés la vigne, « laissons aux bêtes à cornes la peur du rouge » (27/09/2013)


21-   Catherine Bernard ne fait rien comme les autres : elle coiffe ses vignes… (10/09/2013)


22-   Le Ministre de L’Intérieur juché sur un bulldozer procéda à l’abattage symbolique des murs ceinturant le domaine de la Romanée Conti. (16/10/2013)


23-   Quand il y a du vent même les dindes savent voler je ne suis pas chroniqueur sur la Toile mais danseur en tutu dans un bar à vin (10/10/2013)


24-   Pour tourner des films cultes : tournez bourrés ! (27/11/2013)


25-   « L’eau conduit électricité mais si tu mets du vin dedans elle a plus le droit de conduire… » (18/11/2013)


26-   Un mec m’a dit l’autre jour pourquoi ils mettent un petit verre d’eau dans le Bordeaux ? (17/12/2013)

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 00:09

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Je vous l’assure, si ça peut vous rassurer, ce n’est pas une détestation de circonstance mais une allergie originelle et profonde, la quenelle représente pour moi, sur l’échelle de Richter des gastronomes, le sommet du mauvais mou. Ce n’est pas une question de goût mais de texture sous la dent : j’ai le sentiment – les lyonnais vont m’insulter, je sais – d’absorber du Sheba au saumon.

 

Après une telle affirmation je vais me faire reprocher, à juste titre, de ne jamais avoir dégusté à la petite cuillère, de la pâté, même de luxe, pour chat. J’en conviens mais, si votre compagnon ou votre compagne, vous donne du mon Minou ou de ma minette vous pouvez toujours tenter l’expérience lors du prochain réveillon.

 

Je suis sérieux comme un Pape car, sur le plan de la dégustation, l’Homo sapiens fonctionne peu ou prou comme Felis catus,  et vous pouvez  devenir goûteur pour chats grâce à Gary Pickering, biologiste spécialisé dans la science du goût et du vin, le bien-boire et le bien-manger, s'est intéressé à la nourriture pour chats. 

 

« En effet, les nombreux tests effectués par l'industrie du « ragoumatou » – dont le chiffre d'affaires annuel s'évalue en milliards de dollars – pour améliorer l'attractivité de ses produits auprès des consommateurs à quatre pattes, tests coûteux en temps et en argent, ne sont souvent pas concluants. Les chats s'avèrent capricieux côté repas et, surtout, relève Gary Pickering, si l'on excepte le chat du Cheshire et Sylvestre, l'ennemi de Titi le canari, ils présentent le défaut majeur de ne verbaliser ni désirs ni raisons de leurs répugnances »

 

Mais ne devient pas goûteur de pâté pour chats qui veut !

 

Gary Pickering a élaboré un protocole de dégustation très rigoureux et fiable et a soumis ses candidats à une impitoyable sélection, « en éliminant ceux qui avaient les sinus encombrés (car apprécier la nourriture implique des fosses nasales bien dégagées), des problèmes de vision des couleurs ou des allergies alimentaires, ceux qui n'étaient pas assez sensibles aux saveurs primaires et à la dureté des aliments, et ceux, enfin, qui, trop dégoûtés, ne voulaient pas donner leur langue aux chats. »

 

11 candidats retenus.


Formation en 6 sessions d'une heure et demie où ils se sont entraînés à décrire et à classer les aliments :


- selon 18 critères d'arôme - sucré, salé, épicé, aux herbes, caramel, brûlé, rance, amer, crevettes, abats, etc.

 

 - et 4 de texture - dureté, facilité à mâcher, viscosité (pour les sauces et gelées) et caractère graveleux, au sens premier du terme.

 

Protocole de Dégustation de 13 aliments du commerce :


1-       rinçage de bouche à l'eau ;


2-       0,5 à 1 cuillerée à café d'échantillon placée dans la bouche ;


3-       l'échantillon déplacé dans la bouche et mâché pendant dix à quinze secondes ;


4-      une portion de l'échantillon avalée et le reste expectoré dans un crachoir ;


5-       notation de l'intensité pour chaque critère sur une échelle de 15 cm ;


6-      rinçage de bouche à l'eau.


7-      Une pause d'une à deux minutes était obligatoire entre les échantillons. » Histoire de vomir un peu diront... les mauvaises langues. »

 


Chaque dégustateur en référence à une échelle de 1 à 9 (1 j'adore, 9 je déteste) devait donc noter la pâté et donner leur appréciation personnelle.


La note moyenne fut 4,97 entre le « je n'aime pas spécialement mais je ne suis pas dégoûté non plus » et le « j'aime légèrement »


La meilleure note 6,59 fut attribuée à une pâté au poisson.


Tout ça est paru dans un article publié en 2008 dans le Journal of Animal Physiology and Animal Nutrition link et dans une chronique de Pierre Barthélémy dans M planète (journaliste et blogueur) « Qui veut goûter la pâtée pour chats ? » link


J’en reviens au poisson pour signaler aux amis des chats que l’alerte rouge est mise sur le saumon link et qu’il va falloir trouver un produit de substitution. C’est là que je suggère l’introduction de la quenelle dans l’alimentation des chatons.


Quand j’étais en culotte courte nos chats bouffaient du mou que nous donnait le boucher et ils adoraient ça, alors…


Je disais à ma mémé Marie que le mou ça m’asirait.


Dans notre patois bas-poitevin (oui Pousson je sais) le verbe ASIRER signifiait DÉGOÛTER.


Vous l’aurez compris et ce sera la morale de cette chronique « La quenelle ça me dégoûte »

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 07:00

À notre retour de Kiev je me sentais tout mou, cotonneux, et quelques heures après notre arrivée au pallazzo j’avais la gorge en feu. Sans hésiter je me plaçais en isolement, dans l’aile réservée au personnel, pour éviter à la maisonnée de choper mes microbes. Intransigeant, je ne tolérais aucune visite en dépit des supplications d’Adeline. Mon ordinateur, de l’aspirine, des inhalations, sérum physiologique, une montagne de mouchoir, des citrons de Sicile et du rhum blanc : un traitement à l’ancienne avec comme seul loisir une cargaison de vieux films américains. Très vite je me suis totalement déconnecté du rythme des jours, exigeant, soi-disant pour épargner mes cordes vocales, que nous ne correspondions plus que par textos. Du côté alimentaire, vu l’état de ma gorge je n’absorbais que du liquide que m’apportait Sandra, la plus jeune des soubrettes  mais je n’avais guère d’appétit. Sur le plan vestimentaire je baignais lamentablement dans mon jus, comme une totale envie de me laisser-aller. La vieille de Noël, bombardé de textos par mes femmes je restai de marbre et, pour ne rien vous cacher, je me suis offert une longue tranche de sommeil jusqu’à Minuit. J’ai alors balancé des Merry Christmas en rafale puis je me suis offert un grand plateau d’huîtres de pleine mer très iodées. L’eau salée me labourait la glotte, ça me vivifiait sauf que je me payais dans la foulée une belle et monstrueuse crise d’asthme. Assis sur le bord de mon lit je sifflais comme un vieux vapeur. Du calme, pas de panique, je laissais déferler l’ouragan sans chercher à desserrer hâtivement le carcan. Le reflux vint lentement. Je sentais mauvais. Tel un paralytique guéri, trainant les pieds, j’ouvrais en grand la porte-fenêtre. Une bouffée de lagune investissait la pièce et la brise gonflait les rideaux. Je me déshabillais jetant mes vêtements en tas comme si je les destinais au feu purificateur. Nu j’évitai de me contempler dans les nombreux miroirs. Douche bouillante comme un labour profond de ma crasse, je contemplais les tourbillons de l’eau autour de la bouche d’évacuation, ça gargouillait, exportation de miasmes. Le drap de bain blanc doux comme un duvet d’oisillon achevait de me tirer de mon carcan. Tonte de ma barbe. Friction à l’eau de Cologne. Du blanc que du blanc…


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Je passai le reste de la nuit avec l’incomparable Gene Tierney. De toutes les stars d’Hollywood, avec son physique de jeune fille de bonne famille, fin et racé, ses pommettes saillantes, son allure retenue et ses yeux d’une pureté d’eau de source, elle incarne pour moi les deux faces de l’extrême féminité : une douceur d’apparence fragile et une volonté de fer mêlée à un charme vénéneux, l’aventure de Madame Muir et Laura. Allure, élégance, beauté sans fard, sensualité contenue mais affleurante, la quintessence de la grande bourgeoise charnelle que j’aurais suivie les yeux fermés en Enfer. Mon imagination face à l’écran se laissait aller, je cassais les codes des Majors d’Hollywood d’un baiser, d’un vrai, bouches mélangées, ses lèvres carminées rétives puis offertes m’encourageaient, alors j’ébouriffais sa permanente figée, dispersés ses cheveux s’épandaient sur ses épaules nues. Je sentais sa poitrine palpiter. Avec des gestes lents mais précis je commettais le sacrilège de la défaire. Elle se laissait faire. Un à un je la dépouillais de ses vêtements impeccables, corsage à col claudine, jupe couvrant le genou, et défaire cette ceinture enserrant sa taille de guêpe, et lui ôter religieusement ses dessous soyeux ne lui laissant que ses escarpins élégants. Cette nudité imaginaire, lys de beauté, avec son regard clair étonné planté dans mes yeux, cette pudeur sans niaiserie promesse d’ardeurs d’amante sauvage, me rendait heureux. M’apaisait. Que cet éternel coureur de jupon qu’était John Kennedy en soit tombé amoureux ne m’étonnait pas et qu’il l’ait sacrifiée à ses ambitions politiques encore moins.


Au petit matin, pas encore guéri mais ragaillardi, j’ouvrais ma messagerie électronique et je repérais très vite le nom d’un de mes anciens compagnons au temps où j’avais choisi d’adhérer à l’UMP après la défaite du petit Nicolas. C’était un véritable SOS, un cri d’alarme, le sleeping NKM déraillait sous l’effet de bourdes, de l’absence de dialogue, de son autoritarisme et bien sûr de multiples dissidences, trahisons et de gros egos bafoués tel celui de l’autre Beigbeder, Charles. Cerise sur le gâteau, c’était aussi le retour du petit Jean venant défendre, avec ses petites mains, son fief du Ve qu’il souhaitait confier, en bon Corse qu’il est, à son fils Dominique. Par prudence, il avait laissé Xavière à la maison au milieu de ses bondieuseries, afin de ne pas trop faire remonter à la surface le souvenir de tous ces électeurs inscrits dont les noms avaient meublés la chronique nécrologique. La jeune et la vieille droite parisienne s’en donnait à cœur joie, avec délice, un goût immodéré pour les petits calculs. Et pendant ce temps-là, « longueurs et pointes », sympathique surnom donné par la « vraie droite » parisienne à NKM, maraudait dans Paris, twittait, se prenait les pieds dans les beaux tapis. Les plus indulgents, et sans doute les plus méchants, lâchaient un pronostic ubuesque qui faisait rire jaune la Nathalie et son chauve de mari : en dépit des premiers sondages qui la donnent perdante dans le 14e face à Carine Petit (PS) - comme Anne Hidalgo dans le 15e face à Philippe Goujon (UMP) - et battue pour la conquête de la Mairie de Paris, elle pourrait vivre un vrai cauchemar dans l'hypothèse d'une victoire dans le 14e, où elle va être contrainte d'accentuer sa campagne, et d'une défaite sur l'ensemble des 20 arrondissements de la capitale qu'elle ne pourra pas tous suivre. Dans ce cas de figure, NKM aurait abandonné la mairie de Longjumeau pour devenir... maire d'un arrondissement parisien! La gloire pour une présidentiable, une stratégie gagnant-gagnant comme aimait à le dire ce cher JPP.

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 00:09

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Acheter son caviar chez son boucher peut apparaître aux permanentées de NAP* une incongruité.

 

* Neuilly-Auteuil-Passy

 

Oui mais mon boucher c’est Hugo Desnoyer !


Hugo c’est un gars qui ne transige pas sur la qualité alors que les chiens aboient moi je passe.


Oui, je sais y’a une appellation d’origine contrôlée « gauche caviar » qui plait beaucoup dans les salons de la Rive Gauche mais je me tamponne le coquillard vu que je ne suis pas un grand amateur de caviar.


Et pourtant, je viens d’acheter de mes deniers, au prix du caviar bien sûr, une p’tite boîte de 100g de « caviar fermier » chez Hugo Desnoyer.


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Alors, pourquoi se délester de son blé pour un produit qui n’est plus ce qu’il était, sauvage !


Depuis que les Rouges sont devenus Blancs, que Poutine est passé du KGB au Kremlin, tout fout le camp je vous dis. Du côté des capitalistes, pas mieux, puisque que j’ai appris que pour  le saumon c’était l’alerte rouge link


M’en fout aussi car je n’ai jamais aimé le saumon fumé au bois de hêtre, le bois ce n’est pas ma tasse de thé.


Premier élément de réponse la dénomination « caviar fermier ». Comme j’ai laissé mon cœur d’enfant à la ferme ça m’émeut.


Et pourtant, m’informant de la provenance de ce caviar, je suis un consommateur averti, j’apprenais avec horreur que les esturgeons avaient été élevé en Chine.


Je n’ai rien contre ce beau pays mais vu de loin, en dépit des câlins de Raffarin, la Chine ne m’apparaît guère respectueuse de son environnement.


Oui mais dans ma petite Ford intérieure une petite voix me disait mezzo voce « oui mais ce caviar a été sélectionné par Hugo Desnoyer… »


Je me voyais déjà mis au banc de la société par Alain Juppé et le redresseur national en marinière réunis dans le même courroux « Taulier tu devais acheter du caviar aquitain ! »


Certes, certes, messieurs les censeurs, mais je ne sais, ou que trop, ce qui me retient d’acheter du caviar aquitain…


Je vous prie de ne pas me prendre pour un grand nigaud j’avais avant cet acte antinational lu les 4 Vérités sur le Caviar de Jean-Claude Ribaut.


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1-      Le caviar est le résultat d’un sacrifice : celui de la femelle esturgeon qui donne  sa vie pour que l’on puisse extraire ses œufs : rogue.


2-      Sacrifice nécessaire pour protéger la qualité des précieux grains noirs car le poisson mort libère une substance chimique qui dégrade leur qualité.


3-      24 espèces différentes, la plus connue le béluga, le plus gros esturgeon, produisait jusqu’à 15 kg de caviar.


4-      « Après la disparition de l’URSS, le braconnage forcené et la pollution ont provoqué la raréfaction de cette espèce âgée de 250 millions d’années. La pêche est désormais interdite dans la mer Caspienne : le caviar sauvage n’est qu’un souvenir.


À ce stade de ma chronique vous allez savoir pourquoi je me suis décidé à acheter le « caviar fermier » d’Hugo Desnoyer.


La raison est un très vieux souvenir gustatif : c’était sous Giscard, en 1979 je crois, la première madame B travaillait à l’Institut Curie et l’un de ses collègues pratiquant la curiethérapie était membre du PCF de Jojo Marchais. Il allait en vacances au paradis des Soviets et cette année-là il rapporta une boîte de 500g de Beluga à madame B. Fort bien, sauf qu’à la maison je fus le seul à succomber, quoique modérément, aux charmes de ce caviar de la meilleure extraction.

Que faire ? Inviter des amis ? Madame s’y refusa pour des raisons sur lesquelles je n’ai pas à m’étendre. Le donner ? Mais, à qui, la boîte était entamée ? Le jeter : un crime ! Donc ne me restait plus qu’à me taper du caviar du petit déjeuner au souper, façon de parler. Toute proportion gardée ça me rappelait l’overdose qui me frappait au Bourg-Pailler avec les légumes de saison : les haricots verts plus particulièrement.


J’en vins à bout mais l’aura du caviar avait fortement baissé dans mon échelle de valeur. Je m’abstins donc d’en consommer ce qui était heureux pour mon porte-monnaie. Sauf qu’en 1981, invité par l’ambassadeur d’URSS en France à déjeuner avec mon Président à sa résidence de la rue de Grenelle je dus affronter à nouveau le caviar avec de la vodka frappée qui va avec. Je dois avouer que j’en garde un bon souvenir car les steaks qui nous furent ensuite servis n’avaient rien de tartares mais avaient la tendreté de leurs selles plein cuir Hermès. Les salons de l’ambassade venaient d’être rénovées à l’or fin : comme un sentiment de la chute de l’Empire Romain.


Ayant donc subi un régime intensif au caviar le plus prisé je me suis dit mon Taulier faut que t’essaie le fermier d’Hugo Desnoyer !


Comme dit le Ribaut « Vive le caviar d’élevage »


Fermes aquacoles donc, 70 sur le globe, « 22 en France,  deuxième producteur derrière l’Italie avec 19 tonnes de caviar en 2011. Dans le meilleur des cas, les poissons prospèrent dans des lacs non pollués (3 ou 4 en Chine), sinon dans des bacs de béton, à l’instar des autres espèces d’élevage, nourris avec des farines de poisson et des compléments alimentaires (algues, tourteaux de soja) »


Je m’arrête-là car le caviar fermier d’Hugo Desnoyer provient de chez Kaviari  www.kaviari.fr qui élève ses esturgeons sur le site d’élevage situé au lac de Qindaohu « lac  des milles îles » en Chine. J’ai lu ICI link tout ce qu’il faut savoir sur le mode d’élevage.


Bref, Hugo + Ribaut ça va bien à Berthomeau. Vous pouvez lire les 4 Vérités de Ribaut dans le N° de Noël de Régal. Vous saurez tout.


Afin de plaire aux partisans du made in France qui vendent leurs vins en Chine, je signale que la maison  Kaviari vent aussi un « caviar fermier » Français ICI link


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Ne me reste plus qu’à programmer sur ma table ce « caviar fermier » d’Hugo Desnoyer que je ne consommerai pas à la louche vu le petit grammage. Je réfléchis à son usage et vous informerai lorsque je l’aurai ingurgité.


« Simone fait les valises nous rentrons à Paris… »

 

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