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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 00:09

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Ce dialogue dans le film de Luigi Comencini :


Le maréchal de logis des carabiniers, Antonio Carotenuto (Vittorio De Sica), à un paysan assis sur une marche en train de manger :


-  Que manges-tu ?


Le paysan, l'air triste : du pain.


Antonio Carotenuto : Et dans le pain ?


Le paysan : de l'imagination (fantasia en italien)


Et ces crétins de diffuseurs français ont baptisé le film Pain, Amour et Fantaisie (Pane, amore e fantasia)


L’imagination la folle du logis, celle par qui l’échappée belle donne du sel à la vie. Je m’ennuie d’elle. Elle me manque. J’ai de nouveau envie de lui faire la cour, de lui laisser libre cours, de lui faire l’amour.


Pour ce faire je vais vous être infidèle, lui donner la plus large part de mon temps, lever le pied sur mon espace de liberté sans pour autant vous abandonner.


Le temps, mon temps, n’est pas extensible, je me dois de faire le choix de pratiquer une écriture moins intensive. Tout passe, tout lasse, mettre de l’espace, de la distance, est vital pour moi. Je n’ai pas envie de radoter. Pour autant, comme je l’ai écris, je ne vais pas vous abandonner, transformer mon espace de liberté en jachère.


J’y passerai, peut-être au début tous les jours, on ne se défait pas facilement d’un ouvrage qui a fait partie de son quotidien. Ce sera à la couleur de mon esprit, en fonction de mon envie, rien de brutal, simplement, aucune rupture.


Sans vous faire un quelconque reproche, le taux de lectorat est au zénith, vous m’avez facilité la tâche en ne participant plus guère au forum des commentaires. Pas le temps me direz-vous… Je n’en suis pas si sûr et, si tel était le cas, vous comprendrez plus aisément que moi aussi ce temps qui vous est si précieux je le consacre à une autre forme d’écriture.


Écrire !


Quelle prétention !


Oui !


L’écriture a toujours été ma seule maîtresse. En ce début d’année j’ai fait le choix de l’épouser pour le meilleur et pour le pire. « Que sera, que sera… » peut-être en aura-t-elle vite marre de moi ou moi devrais-je me rendre à l’évidence que je ne suis pas fait pour elle.


Peu importe, c’est mon choix. J’ai toujours fait comme ça. Je laisse mûrir puis je me décide à emprunter une autre route.


Ça ne va pas être facile pour moi je le sais. Me retrouver chaque matin face à ma page blanche va, sans aucun doute, me faire douter. Mais c’est ainsi.


Ni blues, ni fatigue, ni coaltar, rien qu’une page qui se tourne avec précaution, une décélération, en fait un simple retour à mes amours. Nul abandon de ma part, aucun reniement, je vais continuer de cultiver mon petit espace de liberté avec soin mais en laissant la main au monde du vin qui, je l’espère, est assez grand pour assumer son destin.


Allez, chers lecteurs, à demain sur mes lignes et portez-vous bien dans le grand silence de la toile.  

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 10:00

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En France, où le souvenir prégnant « du faire pisser la vigne » du Languedoc rouge marque les esprits, c’est un sujet très sensible : l’irrigation.


C’est pourtant, pour une part de notre vignoble généraliste, celui qui chalute dans le vrac IGP ou sans IG, un vrai sujet. L’aborder, plutôt que  de le planquer sous le tapis, ne préjuge en rien des réponses ou des choix possibles. La gestion intelligente d’une ressource rare afin d’éviter le stress hydrique est sans aucun doute l’une des pistes à étudier.


À cette fin je soumets à votre lecture l’innovation de Thibaut Scholasch et Sébastien Payen, deux Français, qui sont co-fondateurs d'une petite société de conseil basée à Oakland (Californie) appelé Fruition Sciences.


Leur société déploie des réseaux de capteurs pour surveiller des dizaines de vignobles à travers le monde, la majorité d'entre eux étant situés dans la Napa Valley. Alimenté par des panneaux solaires, les systèmes sans fil transmettent des données via Internet vers le cloud, où ils sont analysés afin de déterminer le niveau d'hydratation de la plante. Les scores sont corrélés avec différentes données externes, notamment les conditions météorologiques, la date, la teneur en sucre des baies, l'humidité du sol, et les dispositions de la vigne. Avec tous ces renseignements, Fruition Sciences conseille ses clients sur les régimes de plantation optimales, les horaires d'irrigation et conseille les meilleures dates de récolte.


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“ Of course, whenever hard data invades the realm of intuition, conflict is sure to follow. The establishment and the geeks have already scuffled in sports, advertising, medicine, policing, and real estate. And so it goes here in wine country. For the past 100 years, the farming decisions—planting, pruning, irrigating, and harvesting—have been dictated by experience and often even a degree of mysticism. This is the land of grape whisperers. And many of Napa’s elite are not going to change the methods that have proven themselves for a century just because a couple of Frenchmen show up with water sensors.”


L’ensemble de l’article The Vine Nerds par JEFFREY M. O'BRIEN est ICI link C’est bien sûr en anglais

 

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 00:09

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La non-possession d’une étrange lucarne, un téléviseur, chez beaucoup de soixante-huitard non révisés et autres archéos, constituait un acte fort de résistance à l’abêtissement des masses, une  affirmation claire de leur non beaufitude et bien sûr la marque indélébile de leur supériorité intellectuelle.


Ce refus, cette exclusion, m’a toujours paru étrange car c’est faire porter une responsabilité à un objet. Bien évidemment je ne conteste en rien le fait de ne pas vouloir posséder un téléviseur mais je m’étonne de la stigmatisation dont un objet inanimé ferait l’objet. La bouteille ne fait pas l’ivrogne et un récepteur télé, tout comme la radio ne porte aucune responsabilité dans une quelconque addiction à des émissions à la con.


On est libre Max !


L’irruption du Net dans le paysage a, dans un premier temps, provoqué à la fois une défiance de la part des gens de ma génération « c’est de l’informatique, donc je ne sais pas m’en servir… » et une forme de condescendance car nos enfants, eux, s’en étaient emparé et s’y mouvaient comme des poissons dans l’eau « la toile c’était pour les jeunes, leurs téléchargements, leurs jeux…etc.


Mais le sommet de l’incompréhension fut atteint de la part de mes collègues et de mon environnement en général, lorsque j’ai ouvert mon blog en mai 2005. Qu’allais-je faire dans cette galère de pré-pubères ?


Ma réponse invariable : m’exprimer, dire ce que j’ai envie de dire, créer un espace de liberté se heurtait à une réponse invariable : mais qui va te lire ? Ta belle-mère 


Je n’ai jamais été et ne suis pas devenu un geek, le cambouis, ce qu’il y a derrière ne m’intéresse pas et, écrire une puis deux chroniques par jour ne relève d’aucune addiction particulière. C’est d’autant plus vrai que le vin n’occupe qu’une place relativement peu importante dans ma vie.


Le Net n’est qu’un outil, qu’une autoroute qui permet de toucher le monde entier même si la barrière de la langue limite la chalandise. Comme pour tous les outils le Net est neutre c’est ce que l’on en fait qui compte, seul l’usage est un marqueur. Qu’il y ait le pire comme le meilleur ou le vide de la pensée sur les blogs n’est pas à porter au débit du Net mais à celui de ceux qui écrivent et aussi à ceux qui les lisent.


Et puis sont venus les fameux réseaux sociaux : Face de Bouc puis Twitter, l’abomination de la désolation disent certains.


Là encore, se positionner sur FB ou s’abonner à Twitter ne créé aucune obligation de s’épancher, de raconter n’importe quoi, d’insulter, de raconter sa vie…


Pour ma part je me suis porté très vite sur FB car j’y ai vu un nouveau canal de diffusion pour mon blog. Bonne pioche, j’ai pu ainsi toucher un nouveau lectorat. Être sur FB ne créé aucune espèce d’obligation à participer à ces étranges échanges entre « amis » à propos de sujets qui font le buzz. Je laisse ça aux addict et je vire de ma liste d’amis tous ceux qui n’ont que le fiel à la plume. C’est simple. C’est clair.


Pour Twitter j’ai eu beaucoup moins d’appétence car y règne plus encore que sur Face de Bouc le bal des egos et surtout parce que c’est aussi un attrape gogos. J’y suis allé sur le tard lorsque je me suis aperçu que c’était un fil d’informations mondiales simple, pratique et gratuit link et pour le chroniqueur que je suis c’est du pain béni.


Mon père m’a légué le virus de l’information. À la maison, à l’heure des infos à la radio c’était grand silence et la lecture du journal, pas les chiens écrasés et les décès, relevait de l’acte premier de la citoyenneté.


J’ai toujours aimé glaner l’info mais je ne m’étais jamais imaginé qu’elle serait pour moi un jour un matériau pour une modeste entreprise installée sur le Net. Je joins maintenant l'utile à l'agréable.


Enfin, dans toute ma vie professionnelle j’ai appliqué une règle simple : mieux vaut être dedans qu’au dehors, ça présente parfois le risque de se salir, de se compromettre dirons les bonnes âmes, mais ça permet aussi d’être en prise directe avec la vie que l’on vit. Les gens qui mettent trop de distance avec leur sujet en arrivent à n’être que des correspondants de guerre installés au bar du Hilton pour écrire leur papier.

 

Je me lève avec la matinale de France Inter.


Il m’arrive, de plus en plus rarement, de visionner à la volée les Infos sur I. Télé.


Je consulte Face de Bouc lorsque des lecteurs like ou commentent la chronique du jour.


Du côté de Twitter je suis le fil de mes informateurs.


C’est peu chronophage ça me laisse le temps de lire la presse, des livres, des magazines, des publications diverses… d’écrire mes petites chroniques et bien sûr de jeter un œil sur le lait et de vivre ma vie de retraité.

 

La suite de cette chronique demain, elle vous surprendra !

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 09:33

Le talent, et celui de faire rire, de nous faire rire, est une denrée fort rare et ceux qui en sont doté une espèce en voie de disparition. Quitte à passer pour un vieux con j’ose écrire mais que sont devenus les Coluche, Desproges et Le Luron ?


Desproges tenait des chroniques de la haine ordinaire.


J’aime beaucoup l’humanité.

Je ne parle pas du bulletin de l’Amicale de la lutte finale et des casquettes Ricard réunies.

Je veux dire le genre humain.

Avec ses faiblesses, sa force, son inépuisable volonté de dépasser les dieux, ses craintes obscures des Ténèbres, sa peur païenne de la mort, sa tranquille résignation devant le péage de l’autoroute A6 dimanche dernier à 18 heures.


L’Humanité 10 mars 1986 / Tôt ou Tard / 2001


Tout ce que je lis ou entends en ce moment, pour se justifier, de la part de ceux qui vont poser leurs fesses en un lieu où se déverse la haine ordinaire me donne envie de vomir.


Reste la défense de la liberté d’expression qui, selon des belles âmes, serait menacée dans notre vieux pays. La meilleure réponse qu’on puisse donner à ces défenseurs c’est François Morel qui la délivre ICI link J'aurais dû faire antisémite


Je suis à 100% en accord avec lui. Il a du talent, lui.


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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 00:09

Les débuts d’année sont propices aux bonnes résolutions que l’on s’empresse de ne jamais mettre à exécution. Et pourtant en 2014 le taulier va être m’exception qui confirmera la règle.


Là je sens chez vous poindre une forme étrange s’apparentant à l’attrition, à la chute de toutes vos valeurs : comment un chantre de l’extension du domaine du vin pourrait-il en finir avec la bouteille ?


Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ?


Alors me direz-vous vais-je opter pour le vieux cubitainer ou me reconvertir vers le moderne bag-in-box ?


Que nenni les amis !


Alors le demi-muid ?


Non mais pour ne rien vous cacher je n’ai jamais eu un goût très prononcé pour la bouteille de 75 cl.


Même que j’ai prononcé un ardent plaidoyer pour la réhabilitation du litron link 


C’était comme-ci j’avais pissé dans un violon


J’eus pu être dépité et bouder mais ce n’est pas le genre du Taulier d’où ma nouvelle résolution en ce début d’année : finie la bouteille je ne carbure plus qu’au magnum.


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Pour ne rien vous cacher je n’apprécie qu’à moitié l’appellation de ce flacon pour son côté arme de poing. J’eusse préféré : la mignonette, la fillette, même la chopine mais ce sont des petits modules et surtout tu ne trouves pas ça à Carrefour (je rigole).


Marie-Jeanne m’aurait bien plu mais 2 litres 25 c’est un truc pour famille prix Cognacq-Jay.


Comme j’écris ce billet le jour de la fête des rois : Melchior et Balthazar eussent été bien adaptés. Mais comme il en manquait un : Gaspard je me suis consolé en rêvant qu’avec un Melchisédech, et ses 30 bons litres, je pourrais flanquer en ce début d’année des cauchemars à tous les ramenards qui passent leur temps à nous terroriser.


Fort bien, mais qu’est-ce je lui trouve au magnum ?


Tout !


Il est grand, beau, riche, costaud et il sent bon le sable chaud...


En fonction de quoi vous comprendrez que je l’ai rebaptisé : le Taulier.

 

2014 sera donc l’année du Taulier


Bonne année et très large soif…


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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 10:59

GammeAutreRouteFiche

 

Ce soir, au Bristol, à Paris, c’est le grand jour, la consécration d’une saga sans précédent. Mieux qu’un Oscar ou un Award l’onction de la RVF, institution de l’establishment des vins fins vaut bien une grand-messe pour ces mécréants des Corbières.


Ils sont sur leur 31. Un puma s’est posé ce matin sur la Grand-Place d’Embres, direction Villacoublay. Les enfants des écoles agitent des petits drapeaux. Le grand président Patrick Hoÿm de Marien a sorti son smoking de la naphtaline et Bernard Pueyo est allé chez le barbier faire tailler sa barbe fleurie. Seul le camarade VPO sera absent. Comme moi-même et Hervé Bizeul qui ne sommes pas en odeur de sainteté chez la vieille dame permanentée.


Félicitations anticipées aux heureux récipiendaires à qui je demande simplement de présenter mes civilités au Président Lubot et rédac chef Saverot. Nous fêterons ça à Embres.


Excellente soirée à toutes et à tous… J'embrasse mes amis de la RVF sans les citer bien sûr 

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 08:54

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« Tu veux que je vive en usine, mais moi je suis une vache, je ne suis pas une machine » chantent de drôles de personnages déguisés en vache dans cette vidéo inspiré du clip Blurred Lines de Robin Thicke.


Ce clip parodique créé par plusieurs associations et la Confédération paysanne dénonce le projet d'un grand patron du BTP qui va investir 11 millions d'euros dans la ferme géante « des 1 000 vaches », en Picardie.


Une ferme dimensionnée pour mille vaches link


« C’est en février 2013 que le préfet de la Somme autorise la ferme géante mais pour seulement 500 vaches. Elle doit être construite à cheval sur les communes de Drucat et Buigny-Saint-Maclou dans la Somme. Plusieurs associations dont la Confédération Paysanne s’inquiètent malgré tout car la ferme est dimensionnée pour mille vaches. Elles s’interrogent sur les conséquences pour l’environnement d’une ferme aussi grande. Sa taille est inédite en France.

 

A l’initiative du projet, Michel Ramery, le patron d’une entreprise de travaux publics qui emploie 3.500 salariés à Erquinghem-Lys, près de Lille. L’homme est issu d’une famille d’agriculteurs du coin. Il a investi plus de 11 millions d’euros dans la ferme.

 

Il a toujours affiché ses ambitions. Commencer avec 500 vaches puis trouver d’autres surfaces d’épandage pour monter à mille têtes. Malgré de nombreuses manifestations et de multiples recours devant la justice, le chantier débute. La ferme aux 1000 vaches pourrait ouvrir en avril prochain. »


Rien ne permet de s'opposer à ce modèle selon le député socialiste Germinal Peiro : « Il faut savoir qu'en Europe, il y a des exploitations agricoles dans l'est de l'Allemagne qui ont déjà plus de mille vaches, ou deux mille vaches. Et aujourd'hui la réglementation européenne est très précise et la législation française ne permet pas de s'y opposer ».


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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 00:09

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La bonne vieille RVF, présidée par le beau Lubot, qui adore courir après l’audimat n’y va pas avec le dos de la cuillère : Olivier Cousin héraut d’Anjou, entretien de Sylvie Augereau avec maître Olivier Cousin à paraître dans la RVF de mars, à quand le pèlerinage en Anjou avec distribution de liquide consacré.


Toujours en retard d’une guerre la mémère : « Vins de Paysans éclairés : tiens v'là Olivier Cousin ! » link 


L’avenir des AOC serait-il entre les mains du « bienheureux* » Olivier Cousin ?

 

* au sens du film Alexandre le bienheureux


Certains dans notre vieux pays qui n’aime rien tant que les hommes providentiels le pensent.


Moi pas, et je ne suis pas le seul un vigneron bourguignon m’a appelé pour me demander « qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »


Franchement je ne sais pas mais en attendant je republie ce que j’avais écrit en 2008.


Je le fais avec un grand plaisir car je vous l’ai proposé il y a quelques jours sous un titre qui ne vous a pas semblé alléchant.  Comme quoi s’il n’y a pas un zeste de provocation dans l’accroche vous n’allez pas plus loin.


Mes excuses anticipées pour ceux qui ont déjà lu ce texte.

 

Le collectif a mauvaise presse. L’action collective est moquée. Le chacun pour sa peau prévaut. Et pourtant, depuis ses origines notre système d’appellation d’origine est une forme d’organisation collective, un bien commun géré en commun. Certains vont me trouver fort paradoxal puisque très souvent je mets en avant des vignerons qui s’écartent du sentier commun. J’en conviens. Aujourd’hui, ayant suffisamment donné pour le collectif, c’est à certains d’entre eux que je m’adresse.

 

L’original, certes, est souvent solitaire mais, hormis le besoin que certains éprouvent de se retrouver à quelques-uns, très vite l’action collective se résume à un esprit de tribu. La tribu a ses codes. La tribu est assez fermée ou du moins pas très ouverte. La tribu se positionne souvent en opposition à d’autres tribus jugées soit trop molles, soit pas assez fermes sur les principes, ce qui vous me direz revient au même mais qui dans ces mouvances peut avoir force d’excommunication. Je force volontairement le trait bien sûr mais lorsqu’on souhaite faire progresser ses idées j’ai la faiblesse de croire qu’il faut savoir s’entendre sur l’essentiel pour tenter de convaincre le plus grand nombre. Se draper dans sa vérité est bien plus commode, plus confortable que de se colleter à l’action collective. C’est aussi plus payant, à titre individuel, dans nos sociétés où la communication prime : les médias adorent les postures individuelles.

 

Le collectif c’est ringard, sauf quand ça fait pleurer les foules ou quand ça permet aux individus de se dédouaner par le don à une œuvre caritative qui s’occupe de tout.  Lisez-moi bien, ce n’est de ma part que le constat d’un simple observateur. Ni producteur, ni vendeur, je ne suis qu’un consommateur de vin parmi d’autres dans la grande ville. Je ne jette donc d’anathème sur qui que ce soit. Toute cette diversité, cette inventivité, ce retour aux sources me plaît mais force est de constater que tant d’énergie, d’intelligence sont gaspillées sur les autels de petites chapelles qui font le miel de l’élite, où de la prétendue telle, mais laisse la base dans sa mouise. Ce chacun pour sa peau, cet entre-soi douillet, m’attriste seulement, ça me navre et je l’écris.

 

Que voulez-vous je suis de ceux qui préfèrent le contrat négocié à la loi imposée. La règle générale lorsqu’elle se pique de s’intéresser au détail est carcan alors que le contrat met en forme les avancées des parties, qui bien sûr ne sont jamais en stricte position d’égalité, ajoute ou retranche une pierre à l’édifice commun, tâtonne, s’adapte, c’est la méthode que souhaitait René Renou avec la réécriture des décrets. Certains m’objecteront que c’est se soumettre au diktat d’une majorité pas toujours éclairée.

 

La réponse est souvent oui si la minorité, dite agissante, se situe au-dehors ou si elle refuse toute forme de compromis. Le vilain mot est lâché compromis traduit en langage tribal par compromission.

 

J’adore !

 

Comme si la vie que l’on vit n’était pas une longue suite de compromis. L’intransigeance c’est la guerre, froide ou ouverte. Le divorce érigé en mode de résolution des conflits. Le mieux est souvent l’ennemi du bien. Alors tout en restant ferme sur ses principes, ceux qu’on s’applique librement à soi-même, je ne vois pas pourquoi il serait « inadmissible » d’admettre que la règle commune soit fondée sur un compromis entre les parties en présence. Dans la sphère publique, tant décriée, ça s’appelle se mettre en position de pouvoir gouverner la collectivité et, comme le disait mon maître, lui aussi vilipendé par les purs et durs, Pierre Mendès-France : gouverner c’est choisir.

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 10:00

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François le facteur de « Jour de Fête » le film de Jacques Tati sorti sur les écrans en 1949 est depuis fort longtemps rangé au rang des accessoires inutiles. Même que pendant un temps pour faire chic je ne sais qui avait cru bon de les rebaptiser préposés et même qu’un vague secrétaire d’Etat aux PTT sous Jacques Chirac 1er Ministre de Giscard, un certain Pierre Lelong, breton de son état, a même dit que le travail des centres de tri était idiot.


À la Mothe-Achard le facteur était une factrice qui trimballait le courrier dans une énorme besace de cuir, buvait beaucoup de café et passait beaucoup de temps à raconter ses peines de cœur au Bourg-Pailler.


Depuis que le souriant Paul Quilès, injustement surnommé Robespaul, a fait pété les PTT en deux, que le téléphone n’a plus de fil, que le courrier se promène sur la Toile, nos facteurs sont en danger.


Bien sûr, Olivier Besancenot, qu’aime bien poser pour la photo sur son vélo dans la bonne ville qu’avait pour maire Sarko va nous dire que tout ça c’est la faute aussi bien des socialos que des gars de Sarko.


«  Pour la première fois, l’activité courrier ne couvre plus les coûts du service universel postal. » Ce service universel postal fait partie des 4 missions de service public assignées à La Poste, au même titre que la distribution de la presse, l’accessibilité bancaire et la contribution à l’aménagement du territoire. Pour les usagers, cela se traduit notamment par une collecte et une distribution du courrier 6 jours sur 7, sur l’ensemble du territoire, et en J +  1 dans 90 % des cas.


Cette mission a un coût pour La Poste, notamment pour garantir l’accessibilité du service postal même dans les zones rurales les plus reculées. Sans cette mission de service public, La Poste, en se concentrant sur les zones les plus rentables, pourrait en théorie employer moins de facteurs et fermer des milliers de bureaux de poste. Des modèles ont été bâtis pour calculer ce coût : selon un administrateur, il aurait été évalué à 448 millions d’euros net cette année, et 471 millions l’année prochaine.


Pourtant, si la distribution de la presse ou l’accessibilité bancaire font l’objet de compensations financières de la part de l’Etat, ce n’est pas le cas – jusqu’à aujourd’hui – pour le service universel. Car l’activité courrier a longtemps assuré à La Poste de solides résultats, qui ne justifiait pas que l’Etat mette la main à la poche.


Mais le recul régulier du nombre de lettres expédiées a peu à peu sapé ce modèle. Et un cap vient d’être franchi. Selon la direction, l’excédent brut d’exploitation du courrier (hors filiales) est désormais inférieur à ce que coûte le service universel postal. Cette mission de service public devient donc en théorie comme les autres éligibles à une compensation. » link


Comme l’Etat est raide comme un lacet pas sûr que dans quelques temps, si vous habitez dans notre France profonde des terroirs, votre facteur dans sa petite auto jaune vienne déposer dans votre boîte aux lettres le courrier.


Alors, même si je n’ai jamais été philatélistes je vous propose en soutien à nos chers facteurs d’acheter un carnet de 12 timbres présentant les races de vaches françaises à très faibles effectifs, peu connues du grand public. Ce carnet vachement timbré sera présenté le 22 février 2014, à l'occasion du Salon de l'Agriculture, au parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris. link 


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Les cépages oubliés, les races de vaches françaises à très faibles effectifs, les boucs locaux qui n’auront plus le droit d’engrosser les chèvres du coin, les semences anciennes interdites de séjour de votre potager link ça commence à bien faire va falloir quand même lever un chouïa le nez de nos verres camarades sinon nous allons vivre dans un écomusée pour chinois en goguette. 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 00:09

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Clap de fin !


« Trousse-Chemise »… l’appellation fait rêver. C'est la plus petite forêt domaniale de l'île de Ré, ce n'est ni la plus belle, ni la plus grande, ni le plus ancienne de cette île.  « Trousse-Chemise » invitation à l’amour depuis que Jacques Mareuil a écrit en 1962 les paroles chantées par Charles Aznavour.


Cette dénomination renvoie pour certains à l'époque où il fallait relever sa chemise pour traverser le gué de Loix à marée basse sans se mouiller et pour d’autres ce serait un hommage rendu à celles et ceux qui avaient montré leurs fesses aux Anglais enfin chassés de l'île.


Qu’importe, ce petit bois a même été cultivé. On voit, ici et là, des vignes, vestiges des temps anciens, qui poussent au milieu des arbres.


Et dans la chanson on y boit 2 bouteilles de vrai muscadet.


« En quatre ans, en certains endroits, les dunes de Trousse-Chemise ont reculé de 120 mètres, et la forêt a suivi le mouvement. Pour essayer de limiter les dégâts, on a entassé des branchages juste derrière la place. Ils sont censés faire office de piège à sable pour permettre la reconstitution du cordon dunaire.


Les arbres poussent derrière, et les plus avancés se trouvent maintenant au bord de la plage, dessinant une frontière fragile et poreuse entre le monde de la mer et celui de la forêt. » notait en janvier 2013 PIERRE TILLINAC dans Sud-Ouest.


« Ces derniers jours, alors qu’on était loin de la force du vent de Martin ou de Xynthia. Il y avait certes de gros coefficients de marée (108, vendredi 3 janvier) mais pas la marée du siècle non plus. Pourtant, une nouvelle fois, le littoral charentais a souffert en ce début janvier. Et, en particulier, sur ses côtes les plus exposées, celles des îles de Ré et d'Oléron.


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Christian Bourgne, le maire des Portes-en-Ré, parle de Trousse-Chemise, régulièrement mise à mal par les offensives de l'océan. Les racines des pins maritimes qui marquaient la frontière entre la plage et la forêt, y sont régulièrement mises à nu.


« Cette fois, ce n'était pourtant pas une grosse tempête. On en a connu de bien pires. Mais elle a encore mis au jour la fragilité grandissante du littoral. Il faut protéger notre île. » L'exposition au vent ? Trousse-Chemise est plein nord et subit donc les effets des vents d'ouest, nord-ouest.


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Et si le bois de « Trousse-Chemise » disparaissait comme le vrai Muscadet…

 

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