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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 00:09

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Ainsi s’exprimait Rebecca Manzoni dans le Tubes & Co de France-Inter du vendredi 8 novembre 2013. Au début de cette année la voix de notre ami Bernard Maris s’est tue brutalement mais l’image est tellement belle qu’elle est maintenant éternelle.


Depuis fort longtemps je brûlais du désir de faire une petite chronique dominicale sur Adriano Celentano qui, avec Svalutation et I want to know à la fin des années 70, le début des années Giscard en France, alors que l’Italie en terminait avec ses années de plomb, occupait une place toute particulière dans ma discothèque où la chanson italienne ne tenait pas un grand espace.


Ce grand escogriffe, qui avait l’âge de mon frère aîné, Celentano est né en 1938, avec ses incroyables futals à pat’d’eph et ses bottines crème, me bluffait par son sens de la dérision mis au service d’un rock efficace. Celentano ce sont mes 30 ans et, je dois avouer que Rebecca Manzoni parle de lui beaucoup mieux que je ne le ferais.


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Je la cite :

 

« Ah ça ! Ce n’est pas tout le monde qui vous fait un tube avec le mot dévaluation entre 2 wouap dou wouap. Au mitan des années 70, Adriano Celentano réussit donc le tour de force suivant : faire un carton avec des considérations économiques et financières. Il chante l'incompétence du gouvernement italien, les salaires qui permettent de ne se payer qu'un café et cette Italie qui remplit les stades de foot pour oublier.


C'est alors 2 univers qui se télescopent : la crise de 76 chantée sur une musique qui accompagna la croissance économique d'après – guerre, j'ai nommé, le rockabilly fifties. Aussi, les premières notes de Svalutation sonnent – elles comme un hommage à ce morceau chanté 20 ans plus tôt.


Cela dit, la musique de Svalutation, n'est pas que nostalgie. La chanson de Celentano contient en son cœur une rupture. Un rythme syncopé, sorte de ska seventies, qui accueille des paroles optimistes.


À l'heure où les élites quittent la vieille Europe, cette chanson pourrait être écrite aujourd'hui. Enfin, Svalutation, c'est un peu comme si Ségolène Royale chantait la bravitude en se prenant pour Elvis. Parce qu'Adriano aussi, il invente des mots. En italien dévaluation, ça se dit : svalutazione. Et le truc d'Adriano c'est de nous américaniser l'affaire. Dans cette chanson, tous les mots en « ation » : assassination, lettation, scontration sont des anglicismes à la rital. Des mots inventés, comme un clin d'œil à un tube qu’Adriano chantait 4 ans plus tôt et qui s’intitulait « Prisencolinensinainciusol »


Ce titre est imprononçable et surtout, ça ne veut rien dire. Parce que cette chanson est entièrement écrite en yaourt. Ça veut dire que Celentano a commis un tube rien qu’en chantant du charabia MAIS avec l'accent anglais. Il se moquait ainsi de la fascination de ses compatriotes pour tout ce qui sonnait américain.


Svalutation qui resta dans les hits parades 5 mois durant, en France, en Italie, en Belgique, en Allemagne. Et même en Suisse. À partir de cette chanson là, Celentano se mit à faire de la télé pour parler écologie, morale, et politique.

 


Dans les années 2000, il fit aussi des shows anti – Berlusconi. Lors des élections législatives de Février dernier, il a appelé à voter pour le mouvement 5 Stelle de Beppe Grillo»


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Les Arènes de Vérone, en plein air, les 8 et 9 octobre 2012, Adriano Celentano, après dix-huit ans d'absence, à 72 ans remonte sur scène pour deux concerts historiques Rock Economy.


Exceptionnel, je vous invite à visionner la vidéo, presque 2 heures mais ça vaut le coup je vous l’assure, les superbes images de Vérone, des arènes, de la communion du public avec Adriano, c’est un grand et beau moment. J’aurais aimé y être.


Afin que le spectacle soit accessible au plus grand nombre de spectateurs (chômeurs, étudiants, retraités, etc.), Celentano avait insisté pour mettre, à chaque représentation, 6 000 places au prix symbolique d'un euro.



Prisencolinensinainciusol - YouTube par lolabonchien

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 00:09

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Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueillera près de 200 chefs d'Etat et de gouvernement pour la 21e conférence sur le climat. L’objectif étant d’aboutir à un accord international visant à contenir en deçà de 2 degrés le réchauffement climatique d'ici à la fin du siècle.


Pour mieux comprendre les enjeux cruciaux pour notre avenir, celui de notre planète, L’Express entreprend la publication d’une une série de grands entretiens sur cette question en commençant par avec Emmanuel Le Roy Ladurie, professeur honoraire au Collège de France et l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire du climat.


Votre Taulier toujours curieux avait en novembre 2011 chroniqué sur « Les fluctuations du climat de l’an Mil à nos jours au travers des dates de vendanges et la qualité du millésime : du Le Roy Ladurie» link


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L’Express l’interroge d’emblée sur l’intérêt qu’il portait à ce sujet :

 

« Dès 1967, vous avez publié une Histoire du climat depuis l'an mil. La question du réchauffement vous tracassait-elle déjà? »

 

Sa réponse est claire :


Non, c'était plutôt dû à mes origines. Agriculteur en Normandie et député, mon père ne cessait de pester contre les pluies qui gâtaient les récoltes et endettaient les paysans. Plus tard, j'ai été nommé professeur dans le Languedoc, où la météo n'avait plus rien à voir. J'ai alors mesuré l'influence majeure du climat sur le blé, la vigne, et ses conséquences sur la vie des hommes. En me penchant ensuite sur l'histoire rurale, j'ai aussi découvert l'importance des crises de subsistance, qui, autrefois, pouvaient décimer des millions de gens. Elles étaient en grande partie liées au climat, or personne ou presque ne s'était vraiment penché sur la question. 


Du coup, je me suis lancé. Mes collègues ne prenaient pas ce sujet au sérieux, car ils postulaient que l'homme tout-puissant ne pouvait être soumis au déterminisme des aléas climatiques. Ils doutaient aussi qu'il y eût des sources fiables. Or les outils existaient bel et bien, et il a vite été confirmé que les historiens étaient même mieux armés que les climatologues pour remonter dans le passé météorologique, en particulier parce qu'ils maîtrisent le latin, langue indispensable pour avoir accès aux témoignages anciens. Ces travaux m'ont permis d'établir que les famines et les événements politiques, économiques ou sociaux qui les ont parfois accompagnées étaient souvent dus à la combinaison de guerres et de mauvaises récoltes. Oui, le climat peut bousculer nos destins.


La suite de cette interview est passionnante, je vous invite à la lire ICI link

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 14:16
Mon hébergeur Overblog passe en force et m'impose de la publicité

Bonjour chers lecteurs,

 

Sous le prétexte d’un changement de plate-forme mon hébergeur sans me demander mon avis m’impose depuis ce matin des bannières publicitaires incongrues. Je viens de leur demander de les supprimer sous peine d’une plainte auprès de la CNIL.

 

En attendant, je vous prie de bien vouloir m’excuser de ce désagrément qui, je l’espère, ne sera que momentané.

 

Bonne journée.

 

Jacques Berthomeau un Taulier en colère

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 00:09

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Par moment j’ai des illuminations subites, de là à en conclure que suis un illuminé il y a un pas que certains de mes « amis » de la LPV franchiront tout en pensant que je ne suis pas une lumière de goûteur de vin.


Il en fut ainsi pour le Pilchard !


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« Sur les étagères s’alignaient des boîtes de petit pois, des paquets de pâtes Lustucru et de biscottes Luc, les pains d’épice Gringoire, les bouteilles d’huile Lesieur, les pilchards le Pompon-Rouge, les sachets roses de la levure Alsa et les sachets bleus de sels lithinés qui désaltéraient si bien les moissonneurs, toutes choses qui imprégnaient la boutique de cette senteur mélangée si particulière aux épiceries d’antan… »


Mémoires de femmes par Gérard Boutet


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À la Mothe-Achard, l’épicerie Proust se situait au premier étage d’une grosse bâtisse, sur le flanc droit des Halles, pour y accéder il fallait emprunter un large escalier extérieur en pierre avec une rambarde de fer. La porte du magasin était une porte ordinaire qui, dès qu’on la poussait, déclenchait une sonnette. Il faisait sombre à l’intérieur. Ça sentait la réglisse et une multitude de fragrances herbacées, sur le mur de gauche de hautes étagères pourvues d’un escabeau afin d’atteindre les étages supérieurs, de grands tiroirs où étaient stockés les produits secs, pâtes, riz… les coupelles brillantes, des hauts pots de verre emplis de bonbons, à droite de grands sacs posés sur les tablettes pour les légumes secs vendus en vrac, dans des boites ouvertes les caramels à deux sous, les sucettes sur des présentoirs Pierrot Gourmand, et puis les rangées de boîtes de conserve tout au fond, derrière le grand comptoir avec la balance blanche, mais pas de caisse enregistreuse, rien qu’un simple tiroir. Louise Proust faisait aussi de la mercerie et, comme maman était couturière, je l’accompagnais pour acheter des bobines de fil ou des boutons mais nous faisions nos courses de conserves à l’épicerie Houiller tout à côté en vertu de la règle « il faut faire plaisir à tout le monde » qui  souffrait d’une exception : nous achetions notre pain que chez Remaud.


Bref, tout comme les enfants d’aujourd’hui, qui pensent que le poisson arrive tout droit en bâtonnet pané de chez Findus j’ai longtemps pensé que le Pilchard c’était la boîte de fer blanc Pompon Rouge et non une espèce de poisson.


Mais qu’est-ce donc que le Pilchard ?

Pilchard (1)

 

« Cette espèce est plus petite que le hareng commun, dont elle diffère principalement, en ce que son corps est épais et arrondi ; le museau est à proportion moins long et recourbé vers le dessus, et la mâchoire inférieure est plus courte ; le dos est plus élevé, et le ventre moins effilé ; ses écailles tiennent fortement à la peau, tandis que celle du hareng commun tombent facilement ; enfin la nageoire dorsale du pilchard est placée si bas, que si on l’y suspend la tête fait bascule, tandis que si l’on tient le hareng commun par cette nageoire, il reste en équilibre.


Vers la mi-juillet, les pilchards paroissent en grandes troupes sur les côtes de Cornouailles. Ils y séjournent jusqu’à la fin octobre, où il paroît  qu’ils se retirent à quelques distances du rivage dans les profondeurs, pour y passer l’hiver. Il y a cinquante ans qu’ils ne disparoissient qu’à Noël ; ce changement dans l’époque du départ est un fait très singulier, qui a été constaté par le docteur Maton. On a prétendu, mais sans raison, qu’à l’instar du hareng ils retournent alors dans les régions polaires. Car s’ils entreprenoient quelque émigration vers le nord, on sauroit en Angleterre s’il en a été vu ou pris à leur passage ; mais on en n’a aucun exemple authentique. Ils sont surtout en grand nombre près de l’île de Wight, dans la Manche, et près d’Ilfracomb, dans le canal de Bristol.


Le docteur Borlase fait de la pêche du pilchard le récit suivant : « Elle occupe un grand nombre d’hommes sur la mer et sur terre ; les femmes et les enfants sont employés à nettoyer, à éventrer et à saler les pilchards. Depuis 1747 jusqu’e 1756, inclusivement, les divers ports d’Angleterre en exportèrent tous les ans, celui de Fowy mille sept cent trente-deux muids ; Falmouth quatorze mille six cent trente-un, plus deux tiers ; Pensanze et Mounts-Bay douze mille quarante-neuf, plus un tiers ; Saint-Ives  douze cent quatre-vingt-quatre-vingt-huit ; ce qui fait en tout près de trente mille muids, à raison de 1 livre sterling 13 shilling 3 pence le muid, en adoptant un prix moyen ; de manière que l’esportation du pilchard rapportoit tous les ans près de 50 000 livres sterling »


Le docteur Maton, dans le premier volume de ses Observations sur les comtes de l’Ouest, raconte que lui et un de ses amis louèrent une chaloupe pour assister à la pêche au pilchard, à Fowy, près de Looe, dans les Cornouailles. « Les bateaux destinés à cette pêche, dit-il, dont le nombre est très grand, sont ordinairement stationnés à des endroits où l’eau a dix brasses de profondeur, et où il n’y a aucun brisant. De petites nacelles sont placées à quelque distance devant ces bateaux pour avertir  les pêcheurs de l’approche d’une troupe de pilchards. Souvent on établit aussi des hommes sur les rochers voisins pour observer la marche du poisson ; on les appelle huers, ou crieurs, des cris par lesquels ils avertissent les pêcheurs. Les filets, qui sont des sortes de seine, ont souvent deux cents brasses et au-delà de circonférence, et environ dix-huit de profondeur. On dit que quelque-uns de ces filets peuvent contenir deux cent muids, à raison d’environ trente mille hogs-heads dans une seule saison, si la pêche n’est que passablement productive ; mais il arrive aussi de temps à autre qu’elle manque totalement. » Dix ans environ avant que notre auteur eût visité ces lieux, les pêcheurs se virent forcés de vivre avec leurs familles de patelles, et d’autres coquillages, dont ils n’auroient pas voulu manger pour tout au monde dans tout autre temps.


Les requins sont les grands ennemis des pilchards ; ils en dévorent souvent des quantités immenses. »


Le Cabinet Du Jeune Naturaliste Ou Tableaux Intéressans De L'histoire Des Animaux ... de Thomas Smith 1818


 « Le pilchard est un poisson utile à l'agriculture maritime ; c'est lui qui dévore l'excédent de plancton qui risquerait d'entraver la libre respiration des océans.


Deux pilchards qui se rencontrent s'accueillent non par le banal « Comment vas-tu ? » mais par « Où se plancton aujourd'hui ? ». link


Il est possible de trouver du Pilchard dans le commerce sous la désignation Pilchard-sardines ou Pilchard-harengs, il est préparé à la tomate et à l’huile dans des boîtes ovale de 367g. Si vous n’en trouvez pas près de chez vous allez sur la Toile. Ce n’est pas cher 1,70€ la boîte en moyenne.


La recette : Rougaille de Poisson Pilchard à la tomate link


1 boîte de pilchard (hareng) à la tomate

1 oignon

1 tomate

Une cuillère à soupe d’ail et de gingembre écrasés.

Thym-Persil

Sel-poivre


Émincez l’oignon pour le faire revenir dans l’huile chaude avec l’ail et le gingembre écrasés. Ajoutez la purée de tomate de la boîte de pilchard  et la tomate coupée en dés. Bien mélanger le tout et laissez roussir. Ajoutez les pilchards. Salez et poivrez selon votre goût. Saupoudrez de persil émincé.


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Là-dessus vous pouvez vous offrir un canon de vin blanc bien sec, bien droit, moi j’opte pour 1 Clos Massotte Corail d’automne


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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 00:09

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Tout le monde y va de sa petite cuvée, de son petit coffret, de son gros magnum spécial, de sa  petite étiquette avec des cœurs pour fêter un saint, Valentin, dont on dit qu’il est le patron des amoureux. Comme je ne suis pas Peynet mais que je tombe amoureux en permanence j’ai décidé ce matin de vous offrir, non de l’élixir du parfait amour, mais 3 histoires où l’on parle d’amour.


1-      L’amour  est aveugle


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Avec ses manières de macho Diego, un petit voyou de Vera Cruz, avait fait pleurer plus d’une amoureuse.


Jusqu’au jour où il tenta en vain d’attirer l’attention d’une demoiselle attablée dans une cantina.


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Vexé, il  s’invita à sa table et lui dit : « Je vous ai saluée trois fois et vous n’avez pas pris la peine de me répondre ». Elle répondit : « C’est sans doute parce que je suis aveugle ».


Honteux, il lui fit ses excuses. Marisol lui dit alors : « Rendez-vous utile, raccompagnez-moi ! »


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Sans doute pour la première fois de sa vie, Diego se sentit responsable de quelqu’un d’autre que lui.

Devant sa porte, il lui demanda s’ils pouvaient se revoir. Elle dit : « Mon chien est mort hier, le prochain n’arrive que dans un mois. D’ici là, vous pouvez me guider dans les rues ».


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Chaque jour, il la conduisait là où elle le désirait.

Un mois plus tard, il n’était plus question d’aller chercher le chien.


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Ils se marièrent et passèrent leur nuit de noce sur son territoire à elle : dans le noir complet.

Plus jamais ils ne se quittèrent. L’un était le guide, l’autre était sa lumière.


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Et si parfois, il lui arrivait de la regarder avec ses yeux…

… Marisol ne le vit jamais qu’avec son cœur.


2-      Pour le meilleur et pour le pire


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Giulia et Remo s’étaient unis pour le meilleur et pour le pire. Et malgré les années, jamais ils ne connurent le pire.


Ils tenaient un hôtel de charme, au sud de Florence, en plein cœur d’une forêt de Toscane. Ils se disputaient peu, s’entendaient sur tout, à tel point que leur entourage trouvait suspecte une telle harmonie.

 

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Giulia n’avait aucun secret pour Remo, mais Remo lui, avait son tiroir…

Tard le soir, après le service, Remo s’enfermait dans son bureau, où, sans que Giulia n’en sache rien, il tenait son journal intime.


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Les années passaient, paisibles, heureuses, mais jamais Remo n’oubliait son rendez-vous nocturne avec le tiroir.

Après la mort de Remo, Giulia n’avait eu ni la force ni l’envie de s’occuper seule de leur affaire, et la mit en vente. Le jour du déménagement, elle pénétra dans le bureau de Remo, fit emballer les meubles, et tomba sur ce tiroir…


 

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… Quelle fut bien obligée de forcer puisque personne n’en avait la clé.

Elle hésita un instant devant cet étrange volume mais saisie d’un pressentiment, s’interdit de l’ouvrir.


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Elle s’en débarrassa au plus vite pour s’éviter les affres de la tentation.


Si elle l’avait ouvert, elle aurait lu plusieurs centaines de pages, dont elle était le sujet unique.


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Les années qui suivirent, quand il lui arrivait de penser à ce curieux ouvrage, Giulia se disait qu’elle avait pris la bonne décision en le détruisant.


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usqu’à son dernier soupir, elle garda en mémoire le souvenir de Remo tel qu’il était vraiment, un homme aimant, toujours émerveillé dès qu’il posait les yeux sur elle, qui jamais ne lui avait fait le moindre reproche et qui savait contenir ses démons sans les lâcher sur des innocents.


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3-      Faire l’amour


Bernadette racontait à Helyett :


-          L’autre jour, y avait un film de cul à la télé. Y’m’dit : « Ça m’excite, on tirerait bien un p’tit coup. » Bof, moi, j’avais plus ou moins envie. Là-dessus on va au lit et, comme ça, juste avant qu’il me pénètre, j’arrêtais pas de gamberger à tous mes soucis, et on en a, et j’lui dis : « Dis, on n’a pas payé l’électricité ce mois-ci, faut payer car si on nous coupe, avec les gosses, on va pas être dans la merde… » C’est lui qu’en a été tout coupé, dis-donc ! Y’m’répond : « Ah oui ! Merde, j’y pensais plus », et il s’est mis à débander et plus moyen. Maintenant, quand y’m’fait chier pour me grimper dessus, j’lui dis c’qu’on n’a pas payé. Ça marche à tous les coups !


Elle rit et, avec un regard complice :


-          Après tout, baiser, c’est toujours la même chose, c’est lassant, y sont pénibles, les bonhommes, hein ?


 

(1)    Les 2 premières histoires sont tirées de l’album de Loustal & Benacquista Les amours insolentes 17 variations sur le couple chez  Casterman.


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(2)    La dernière est un extrait du livre de Roger Knobelspiess Le roman des Écameaux


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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 00:09

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Y’a des jours où, en me levant, je me dis dans ma petite Ford d’intérieur, tu n’es qu’un pauvre niais, t’as raté ta vie, tu es à côté de la plaque, t’aurais dû faire organisateur de spectacle pour grands amateurs. Ça t’aurais fait voyager au sens propre comme au sens figuré. T’aurais ainsi rencontré plein de gens cultivés. T’aurais appris à faire des moyennes sur 20, à classer, à écrire des beaux commentaires du style « Couleur rouge sombre, d'intensité moyenne. Nez fin, fruité, subtil. La présence de cèdre annonce le début d'un bouquet. Bouche soyeuse, très savoureuse, à la note fumée et grillée et aux tannins fins. Densité normale. Persistance légèrement vive, mais savoureuse et distinguée. A perdu son excès de bois. On peut commencer à l'ouvrir et avant 2030. »


 

 

Trop tard pour te reconvertir les bonnes places sont déjà prises mais tu peux quand même te fendre de quelques conseils pour aider tes chers lecteurs à organiser, comme JM Quarin, une petite dégustation à 19000€ de 7 millésimes des 4 grands de Saint-Émilion classés A conservés en Suisse.


Ha ! Les bulletins de JM Quarin, à chaque livraison électronique je suis excité comme une puce, une guêpe au-dessus d’un bocal de confiture. D’avance je me pourlèche les babines. Je me hâte. Je me jette comme un mort de faim dans leur lecture. Ils sont à déguster sans modération, pas à l’aveugle bien sûr, mais dans les règles de l’art. Surtout ne jamais les laisser en carafe. J’avoue sans honte que très souvent j’atteins l’extase : je jouis en solitaire !


Comme je suis partageux, hors du sérail, je ne puis m’empêcher de vous faire profiter des lumières de JMQ qui, je l’espère, donneront de l’éclat aux dégustations que vous allez vous empresser d’organiser avec vos amis.


Bonne dégustation comme nous le serinent les sommeliers en habit de croque-mort 

 

1-      Avoir envie de réunir quelques amis autour des millésimes : 2009, 2008, 2006, 2005, 2004, 2003 et 1998  des 4 premiers grands crus classés A de Saint-Emilion : les 2 anciens Ausone et Cheval Blanc et les 2 nouveaux Angélus et Pavie.


 

2-      Disposer de vins achetés en primeurs, conservés en Suisse, à 850 km de Bordeaux afin de faire la démonstration aux ignorants qui « croient que les vins s'abiment parce qu'ils voyagent loin. »


 

3-      S’assurer que vos quelques amis veuillent allonger sur la paillasse environ 19 000 euros

 

 

4-      Pour les convaincre du bien-fondé de leur exercice dégustatif mettre en avant 2 questions essentielles :

 

-          Les deux crus historiques, Ausone et Cheval Blanc enchanteraient-ils ou décevraient-ils ?

 

-          Comment vont se comporter les deux nouveaux entrants : Angélus et Pavie ?


 

5-      Afin d’avoir un sujet de discussion après la dégustation demander à vos quelques amis assemblés de lire l'arrêté du 6 juin 2011 relatif au règlement concernant le classement des «premiers grands crus classés» et des «grands crus classés» de l'appellation d'origine contrôlée «Saint-Emilion grand cru» signé par Bruno Le Maire et Frédéric Lefèvre. link


 

6-      Suite à cette lecture faire semblant de croire, en pointant du doigt les incongruités de ce texte, que la plume de l’arrêté a été tenue par le Ministre et ses affreux fonctionnaires alors que tout le monde sait au village qu’il est le fruit des hautes réflexions de qui vous savez et qu’il a été gravé dans le bronze par les « moutons » du syndicat dit ODG.


 

« En choisissant d'instituer le bon goût d'une des régions viticoles les plus connues au monde à travers un règlement où la note sur le goût ne compte que pour 30 %, on peut se demander quelle mouche a piqué le législateur ? » 


 

7-      Disposer du petit matériel indispensable à toute bonne dégustation tire-bouchons pro, carafes bien rincées, verres propres, crachoirs ad hoc, blocs et crayons pour commentaires et notations.


 

8-      Se payer un préposé pour réaliser les opérations matérielles afin qu’aucun biais ne s’introduise dans l’exercice dit à l’aveugle.


 

9-      Indiquer à vos quelques amis, avant qu’ils mettent leur nez dans leurs verres, que la domination se jouera au ½ point près tout comme le niveau des 4 grands.


 

« Les deux premiers crus historiques (chacun 3 fois premier) dominent la dégustation. Un éclat gustatif et aromatique les caractérise. Ce référentiel aromatique, de parfums, de goût et de texture distingue aussi le classement des crus bourguignons. Je dirai même qu'il est le dénominateur commun des plus grands vins du monde. Dans sa courte histoire depuis l'introduction de la barrique dans ses chais en 1985, Angélus se remarque aussi pour sa capacité à offrir un goût éclatant, mais moins souvent. Pavie y échoue fréquemment. Il apparaît donc à travers ma dégustation l'idée que ces quatre premiers grands crus classés A de Saint-Emilion ne sont pas exactement au même niveau. »

 

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La chronique de JMQ link

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 00:09

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Rassurez-vous je ne vais pas m’aventurer sur le terrain miné du mariage, mon annexion temporaire de la formule d’Antoine Loysel (1) n’a pas d’autre but que d’amorcer auprès de vous une réflexion qui baguenaude dans ma tête un peu folâtre.


Lorsque j’ai porté le présent blog sur les fonds baptismaux – mon passé d’enfant chœur me fait maîtriser les fondamentaux sacramentaux – je lui ai accroché une enseigne « Vin&Cie l’espace de liberté » qui collait bien à ma petite entreprise.


Aujourd’hui, je m’interroge (prière de prononcer avec l’accent rouergat de Mgr Marty) ?


Dois-je changer de raison sociale ?


En choisir une nouvelle qui colle mieux avec ma nouvelle chalandise ?


En effet, je n’ai pas que le vin en magasin, ne traiter que du vin me saoule, alors de plus en plus je m’aventure sur d’autres terrains et, à ma grande surprise, le lectorat s’élargit.


Alors, je me tourne vers vous pour prendre votre pouls : qu’en pensez-vous ?


Si vous n’en avez rien à cirer ne sortez pas vos brosses à reluire je ne chalute pas dans les eaux d’Aquilino !


En revanche, si mon interrogation vous semble pertinente n’hésitez pas à vous mettre à votre clavier pour me dire si oui ou non je dois changer le nom de ma crémerie ?


Si c’est OUI, et c’est là où je veux en venir, auriez-vous la queue d’une idée pour m’aider à trouver une nouvelle appellation la plus incontrôlée possible ?


MERCI !


(1)    Antoine Loysel, né le 16 février 1536 à Beauvais et mort le 28 avril 1617, est un jurisconsulte resté célèbre parmi les juristes pour avoir collecté les principes généraux de l'ancien droit coutumier français. link

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 00:09

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Comme chacun le sait, et le sieur Dupont Jacques ne cesse de le chanter sur tous les tons, non avec le chœur des vierges mais avec les confréries vêtues de longues robes, le vin est un produit de Haute culture. Culture avec un grand C, ce qui fait, qu’avant d’aborder un sujet très sérieux, je me permets de vous parler de cul avec un petit c, ça fera plaisir à Pousson qui adore les gros nichons.


L’expression « Donner, payer des verges pour se faire fouetter, pour se faire battre », signifie «fournir à l’adversaire des arguments, des armes contre soi-même».


« Une verge est une baguette de bois, longue et flexible. Elle servait à frapper, à corriger, à infliger une punition corporelle.


« Dans les livres d’images qui ont amusé mes premières années, on voyait passer le père Fouettard avec son paquet de verges sous le bras ; mais ce n’était à mes yeux qu’une métaphore (…) Jamais je déliai ma pensée en ce paquet de verges ; jamais je n’en tirai quelque baguette d’osier assouplie par l’eau, propre à couper du premier coup la peau délicate d’un enfant. »


« Propos » d’ALAIN (1921)


Mais, comme nous sommes à Bordeaux, le Bordeaux des châteaux, le Bordeaux des Grands Culs, pardon Crus, je ne dois de faire bon poids en mettant en avant les « Les Onze Mille Verges ou les Amours d'un Hospodar » de Guillaume Apollinaire.


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« Arrivé devant la porte du vice consulat de Serbie, Mony pissa longuement contre la façade, puis il sonna. Un Albanais vêtu d'une fustanelle blanche vint lui ouvrir. Rapidement, le prince Vibescu monta au premier étage. Le vice-consul Brandi Fornoski était tout nu dans son salon. Couché sur un sofa moelleux, il bandait ferme ; près de lui se tenait Mira, une brune monténégrine qui lui chatouillait les couilles. Elle était nue également et, comme elle était penchée, sa position faisait ressortir un beau cul bien rebondi, brun et duveté, dont la fine peau était tendue à craquer. Entre les deux fesses s'allongeait la raie bien fendue et poilue de brun, on apercevait le trou prohibé rond comme une pastille. Au-dessous, les deux cuisses, nerveuses et longues, s'allongeaient, et comme sa position forçait Mira à les écarter, on pouvait voir le con, gras, épais, bien fendu et ombragé d'une épaisse crinière toute noire. Elle ne se dérangea pas lorsqu’entra Mony. Dans un autre coin, sur une chaise longue, deux jolies filles au gros cul se gougnottaient en poussant des petits "Ah" de volupté. Mony se débarrassa rapidement de ses vêtements, puis le vit en l'air, bien bandant, il se précipita sur les deux gougnottes en essayant de les séparer. Mais ses mains glissaient sur leurs corps moites et polis qui se lovaient comme des serpents. Alors voyant qu'elles écumaient de volupté, et furieux de ne pouvoir la partager, il se mit à claquer de sa main ouverte le gros cul blanc qui se tenait à sa portée. Comme cela semblait exciter considérablement la porteuse de ce gros cul, il se mit à taper de toutes ses forces, si bien que la douleur l'emportant sur la volupté, la jolie fille dont il avait rendu rose le joli cul blanc, se releva en colère en disant :


- Salop, prince des enculés, ne nous dérange pas, nous ne voulons pas de ton gros vit. Va donner ce sucre d'orge à Mira. Laisse nous nous aimer, N'est-ce pas Zulmé ?


- Oui ! Toné! répondit l'autre jeune fille.


Le prince brandit son énorme vit en criant:


- Comment, jeunes salaudes, encore et toujours à vous passer la main dans le derrière ! Puis saisissant l'une d'entre elles, il voulut l'embrasser sur la bouche. C'était Toné, une jolie brune dont le corps tout blanc avait aux bons endroits, de jolis grains de beauté qui en rehaussaient la blancheur ; son visage était blanc également, et un grain de beauté sur la joue gauche rendait très piquante la mine de cette gracieuse fille. Sa poitrine était ornée de deux superbes tétons durs comme du marbre, cernés de bleu, surmontés de fraises rose tendre et dont celui de droite était joliment taché d'un grain de beauté placé là comme une mouche, une mouche assassine. »


Tout ce qui précède est à porter au débit, ou presque, de Jacques Dupont qui a osé titrer « Foire aux vins : la décrue des grands crus ! » et qui pourra être accusé par la place bordelaise d’ajouter quelques hectolitres – mesure caractérisant le Languedoc adepte du degré hecto – à l’affreux bashing dont sont l’objet les vins de Bordeaux.


Mais comme la défense de l’honneur des GCC est très efficacement assurée au Comité National des Vins et eaux-de-vie de l’INAO, par le très cher Hubert de Boüard de Laforest, l’homme au mille talents (pas 11000) je ne suis pas dans l’ardente obligation de plaider en défense pour contrecarrer l’injuste bastonnade dont fait l’objet les vins de Bordeaux.


De plus ça ferait double emploi avec l’autre Jacques qui I love Bordeaux puisqu’il est l’auteur du guide de référence des Vins de Bordeaux.


Comme je suis très malin, ça me dédouane (c'est excellent pour l'export), je cite la conclusion de son article :


« Les grands crus de Bordeaux en perte de vitesse dans les foires aux vins disparaissent peu à peu des cartes de vins des restaurants et de l'offre des cavistes. Cela ne semble pas pour le moment affecté les châteaux, tout comme la fin de l'eldorado chinois. Le millésime 2014 qui sera proposé à la dégustation dans quelques semaines en "primeur" ne devrait pas connaître une baisse importante qui pourrait influencer favorablement le marché (on s'attend même à l'inverse) et quelque peu modifier l'image "d'arrogance" de ces crus. L'annonce par quelques-uns, relayée dans la presse anglo-saxonne, qu'ils ne seront pas présents dans les dégustations de l'Union des grands crus, mais que les acheteurs éventuels devront venir au château s'ils veulent les goûter, risque fort même d'accentuer ce sentiment. L'explication pseudo technique qui accompagne toujours ces décisions ne suffira certainement pas à optimiser le jugement de l'un des participants qui nous confiait : « Peut-être qu'à l'avenir nous devrons aussi, pour les déguster, mettre un genou à terre ou faire la révérence ? »


Allons,  allons, cher Jacques, ce ne sont là que des propos de médisants qui n’ont pas d’hélico pour aller se poser sur les beaux parkings des châteaux, tu sais ceux qui donnent des points pour le classement de seins t'em mais qui donnent de l’urticaire aux architectes de nos beaux bâtiments nationaux qui sont d’affreux fonctionnaires qui font tout pour embêter les érecteurs de chais de GCC.

 

Les illustrations sont le choix du Taulier et non de Jacques Dupont, celle de son article étant bien plus " indécente", je vous propose sa prose entière ICI  link

 

 

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 07:00

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Lors de notre première réunion de la semaine, ce dernier lundi, comme un petit air de fête flottait dans l’air. Mes troupiers devisaient gaiement en sirotant l’excellent café préparé par Emmanuel. Moi je donnais le change, j’allais de l’un à l’autre, souriant alors que je me trimballais un vague à l’âme en béton. J’aurais voulu être à cent lieues de ce lieu pour oublier. L’oublier ! Surtout ne pas se plaindre, assumer, assurer, ne rien laisser paraître, contre-attaquer !


J’ouvrais la séance :


« La vie de l’UMP, encore et toujours, est tout sauf un long fleuve tranquille, le retour loin d’être triomphal du petit connétable de Neuilly n’a pas apporté une once de sérénité, bien au contraire, ça va de mal en pis. D’autant plus qu’en face comme le caramel mou, face à l’épreuve, s’est révélé plus coriace, très duraille même, le Hollande bashing s’apaisait alors que la dernière du petit Nicolas, sa petite escapade à Abu Dhabi, le précipitait dans la raillerie et le discrédit. Et pendant ce temps-là, Juppé sur son blog, droit dans ses bottes, goguenard, se payait le luxe de brûler la politesse au boss en cavale en annonçant que, s’il votait dans la circonscription de Mosco,  ce serait pour le candidat du PS. Les résultats de la partielle du Doubs, une tuile qui, comme toujours, vous tombe sur le coin de la gueule au moment où l’on ne s’y attend le moins. Fallait dégainer le soir même, imposer son tempo, le Nico a temporisé avant de s’envoler sous des cieux cousus de beaux euros. Au bal des faux-culs Le Maire lui s’est encore distingué, toujours avec toujours son air de gendre idéal, propre sur lui mais avec un peu de merde dans la tête, pour nous asséner l’argument foireux qu’il faut respecter l’électeur de la Marine. Ça veut dire quoi au juste cette bouillie pour chats ? Ne pas insulter l’avenir, aller racoler l’électeur en le brossant dans le sens du poil, vendre sa belle âme pour une poignée de lentilles, Longueurs et Pointes, elle, n’a pas eu ce genre de coquetterie déplacée. Mais le pompon revient à l’inénarrable Wauquiez qui a ressorti Guy Mollet de sa naphtaline en nous assénant u péremptoire « le général de Gaulle n'aurait jamais appelé à voter, en pareil cas, pour son opposant politique, le socialiste Guy Mollet. J'aimerais que chacun réfléchisse à cela » concluait-il en guise de morale. Connard ! Comme l’a balancé Bussereau en plein Bureau Politique de l’UMP, à l’attention d’un autre indigent mental. Qu’un agrégé d’Histoire oubli de Gaulle a nommé Mollet dans son gouvernement d'union nationale en 1958 en dit plus long qu’un long discours. Wauquiez est un spécialiste d'approximations, d'inexactitudes et de mensonges. »


J’invite ma petite troupe à prendre connaissance de deux analyse : l’une de droite le pari risqué d’Alain Juppé d’Isabelle  Ficek des Echos et l’autre de gauche Alain Juppé au JT de France 2 : comment il a ringardisé Sarkozy sur le FN de Thierry de Cabarus sur le plus de l’Obs.


« Voter PS pour « faire barrage au FN ». Le positionnement dAlain Juppé est risqué disent certains. Totalement décalé, assènent d’autres, à moins de deux ans de la primaire à droite et au centre. Sauf que celle-ci est inédite : personne ne sait qui se déplacera pour voter en novembre 2016.


Sa position est clairement minoritaire à l’UMP quand 67 % de ses sympathisants sont pour le « ni-ni » et seuls 19 % d’entre eux pour le vote PS selon un sondage de l’Ifop pour « Le Figaro » publié ce mardi. Mais elle est dans la droite ligne de ses fondamentaux (qui ont évolué depuis les années 1990) et de sa défense d’une UMP ayant vocation à rassembler la droite et le centre, lui qui l’a fondée dans l’esprit de faire barrage au FN au lendemain du 21 avril 2002. »link


«Alain Juppé est sans conteste un homme libre et il semble prendre un malin plaisir à le montrer aux téléspectateurs, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche.


 On s’en est aperçu hier soir, pendant le JT de David Pujadas, sur France 2, où il est apparu à la fois serein, distancié, je dirais même rajeuni, sans pour autant ne rien céder sur ses convictions républicaines.


 Aussi bon que Sarkozy était mauvais


 À le voir ainsi poursuivre avec cohérence son bonhomme de chemin qui devrait le conduire à des primaires ouvertes à droite, à la fin de l’année prochaine, on ne pouvait que songer, par contraste, à la prestation calamiteuse qu’avait fournie son rival Nicolas Sarkozy quelques jours plus tôt, sur ce même plateau, quand il s’était cru obligé, à grands coups de mensonges et de surenchères sécuritaires, de rompre l’unité nationale après les sanglants attentats de Paris.


 À l’évidence, hier soir, Alain Juppé a démontré qu’il était sans doute « le meilleur d’entre eux », je veux parler des chefs de la droite et du centre, même si à l’UMP tout le monde, loin de là, n’en est pas encore convaincu.» link


Avant d’en terminer, à la surprise générale, je leur parle du juge Charles Duchaine, celui qui a mis Jean-Noël Guérini en examen, que j’ai bien connu au temps où il officiait à Bastia. Celui-ci dirige l'Agrasc à Paris, une agence qui s'intéresse aux biens criminels des petits et grands voyous. Depuis sa création, l’Agence a traité plus de18 252 affaires correspondant affaires à la gestion de 34 000 biens de nature très diverse (numéraires, comptes bancaires, véhicules, bateaux, biens immobiliers..), d’un montant total évalué à un demi-milliard d’euros. Chaque jour, en moyenne, elle est saisie de 20 affaires nouvelles et publie une saisine pénale immobilière.


Je conclue, en m’adressant aux plus jeunes, que l'Agrasc pour eux c’était une belle piste de job link  et link


Pour les vieux je leur propose encore de la lecture pour réveiller leurs neurones assoupis :


-         Chaffanjon : le poison Bygmalion Le Point - Publié le 05/02/2015


Nicolas Sarkozy ne voulait pas vraiment du poste de président de l'UMP, estime Charlotte Chaffanjon. Et cela commence à se voir dans ses décisions.


« Oui. Le comportement de Nicolas Sarkozy autour de cette histoire de consigne de vote est a priori incompréhensible. N'importe quel observateur prédisait un FN largement en tête au premier tour dans le Doubs. On en a parlé ici même la semaine dernière : c'était évident que la question se poserait, soit pour le PS soit pour l'UMP, d'appeler, ou pas, à faire barrage au FN. Eh bien, il semble que le sujet ait complètement échappé à Nicolas Sarkozy... Il n'avait tellement pas prévu le coup que, dimanche, à l'annonce des résultats, il a demandé un délai de deux jours avant de se prononcer sur la marche à suivre. Évidemment, les dirigeants de son parti n'ont pas attendu pour donner leur avis. NKM dans les médias, Juppé sur son blog, Fillon dans un communiqué, aucun évidemment n'ayant le même avis que l'autre... L'autorité de Sarkozy en a pris un sacré coup » link


Sarkozy, le Frankenstein de l'UMP par Renaud Dély publié le 04-02-2015 L’Obs. Politique


« Nicolas Sarkozy rêvait d'une "droite décomplexée". Il voulait bâtir une "droite sans tabou". Le voilà servi ! Douze ans de leadership idéologique sur son camp pour façonner une droite à sa main et l'ancien chef de l'Etat se retrouve débordé par ses fidèles d'hier devenus rebelles.


L'UMP n'a plus de tabou, c'est vrai, pas même celui du Chef qu'elle ose désormais défier et ridiculiser aux yeux de tous. Quelle réussite ! En s'écartant, un peu, du fameux "ni Front républicain ni Front national" pour inciter son parti à opter pour un "refus du FN" assorti d'une "liberté" allant de l'abstention au vote PS en passant par le vote blanc, l'ancien président aspirait à rassembler une droite de plus en déchirée par le cactus lepéniste. » link


Je sors, emmitouflé. Le froid me prend de face. J’enfourche mon vélo et je fonce vers nulle part. Oublier ! L’oublier !

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 00:09

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Tu te trouves accoudé à un bar et tu lis. Le lieu est magique, et ce que tu bois t’égaie le cœur et envoie ton âme en des lieux qu’elle seule peut visiter. Tu es loin de tout, dans un ailleurs qui est inaccessible à ceux qui ne sont pas des glaneurs de rêves.


Me voilà encerclé par les bras de Patti Smith, je m’abandonne, je crayonne, je glane et ma gerbe, enserrée par le fil de mes propres rêves, dresse un portrait qui lui doit tout.


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Ce sont ses mots, ses phrases réassemblés au gré de mon vagabondage, qui deviennent miennes.


« Rédigé en 1991, pendant une dépression, Glaneurs de rêves est la célébration, vibrante et merveilleuse, d’une acuité poétique née au cours de ses jeunes années. »


Patti Smith invoque un âge […] où les limites du réel, encore mouvantes, engendrent des visions irréelles. De ces « vérités sauvages et nébuleuses », elle tire un mystérieux flux poétique au sein duquel des lieux et des figures inquiétantes se déploient … » Emily Barnett les Inrocks


À tous ceux qui ne savent ni ne veulent se laisser entraîner dans l’entrelac de rêves partagés je conseille de passer leur chemin.


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Ma seule ambition est de vous donner envie de lire le n° 45 7,5x10 cm publié par Hanuman Books Woolgathering 1992, en français Glaneurs de rêves chez Gallimard 10€   


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photo Edward Mapplethorpe

 

« Parfois, je me laissais tomber dans le lit de verdure et je contemplais le ciel.


On aurait dit que la carte de toute la création était tracée là-haut et, distraite du rire des autres enfants, je basculais dans une immobilité que j’aspirais à maîtriser. Là, il était possible d’entendre une graine se former, d’entendre l’âme se replier comme une nappe blanche. »


 « … l’esprit d’un enfant est pareil à un baiser sur le front – ouvert et désintéressé. Il virevolte comme virevolte la ballerine au sommet d’un gâteau d’anniversaire avec ses étages de glaçage toxique et sucré… »


« … De l’esprit on ne peut jamais être certain.


Car il virevolte comme virevoltent le chien sauvage, l’amarante, la jante d’une roue… »


« … Comme il est large, le monde. Comme il est haut… »


« … Et là on serait attiré, telles la phalène et la luciole… »


«… Les glaneurs (de rêves) accomplissent leur tâche. Sans salaire, sans contrat, avec une grâce singulière et collective… »


« … ma tâche n’avait rien d’exceptionnel : arracher une pensée fugace, telle une touffe de laine, au peigne du vent… »


« … Des bribes d’esprit humain passées, on ne sait comment, entre les mailles du filet. Prises dans un tablier. Cueillies par une main gantée… »


« … Détendu, sous le ciel, il (le cow-boy) médite sur tout et rien […] le ciel lui-même avec ses masses qui se gonflent si près qu’on pourrait attraper un nuage au lasso pour y poser sa tête ou s’en remplir le ventre. Saucer les haricots et la sauce brune avec un morceau de viande de nuage, et s’allonger pour une petite sieste. Quelle vie ! »


« … Il a accepté la majesté de son sort avec un cœur sans questions et son cadeau repose encore enveloppé devant lui : la liberté, cette satanée liberté… »


« Planté là, il cligne  des yeux dans le soleil ; et tout est si beau, putain, que ça lui serre la gorge. Il examine le terrain, la paume de sa main et ce fléau doré pendant un petit instant de vérité et voilà ce qu’il a trouvé. »


« … mon imperméable vert qui jurait avec le décor de la pièce. C’était une guenille absurde que j’adorais, en taffetas vert pomme caoutchouté, que j’avais dénichée dans un tas de fripes quelconque. Assise dans la lumière changeante au centre de la pièce, j’ai recopié le Notre-Père en araméen, espérant que quelque chose se révélerait dans l’opération. »


« … Tous les hommes sont frères. Si seulement c’était vrai. Et le marin pourrait dormir en paix dans le cratère du désert et le musulman dans les bras d’un vaisseau chrétien… »


« … Au loin, sur l’eau, on voyait des bateaux, des dizaines de petits bateaux en bois avec des voiles impeccables. La flotte d’un énorme enfant, appuyé sur un nuage pour les poser, un par un, délicat comme une aile… »


« … J’avais une migraine terrible. Elle cognait sans cesse dans mon crâne, me précipitant dans ce royaume insensé où la guillotine semble la plus alléchante des issues… »


« L’eau bouillait. J’ai rincé une poignée de menthe et versé. Pour laver tous les maux, les faire aussi insignifiants que des notes de bas de page… »


« … Un gamin vendait des journaux à la criée : DE  LA NEIGE DANS LE DÉSERT… »


« … Soudain, la fatigue m’a prise. Le jukebox passait un mélange de jazz d’ascenseur et de rock garage des sixties. Riot on Sunset Strip était projeté sur le mur du fond et Mimsey Farmer, défoncée, se débattait dans sa minirobe à fleurs tandis qu’une bande de hippies surexcités s’apprêtait à la faire passer à la casserole… »


« … Un gamin vendait des journaux à la criée : EXCLUSIF INONDATION DANS LE DÉSERT… »


« … Rien ne collait, mais tout collait… »


« … J’ai commandé un Pernod avec de l’eau… »


« … J’ai tiré sur les lacets de mes chaussures absentes et j’ai foncé droit dans l’amour… »


« … Mon souffle formait le langage mais aucun son, tandis que le ciel clair se zébrait des traces estompées de prières et de poèmes qui semblaient échappés du moteur de l’avion d’Apollinaire… »


« … Après mes prières, quand tout était calme […] Je continuais ma communion en les guettant – les glaneurs de rêves – grattant les choses disparues pour les retrouver de nouveau, même la lueur la plus anxieuse… »


« … Ces moments étaient à part, uniques. Les silhouettes n’étaient pas si insaisissables, pas si furtives. Non, elles se tenaient côte à côte face à moi, et se préparaient, vêtues des manteaux et coiffes de leur espèce ; tissés d’un fil tremblant. Baignées dans la pâle clarté, elles ressemblaient moins à des êtres humains qu’à des rangées de trembles frissonnants dont les feuilles frémissent au moindre souffle. Elles traçaient, de concert, le mystère de leur ouvrage, conspirant dans leurs mouvements pour nettoyer et magnifier l’existence dans une chanson humaine. On aurait dit qu’elles ne prenaient pas, mais donnaient, et pendant un instant le monde entier semblait béni… »


« … Un serpent dans l’herbe avec des ailes… »

 

Photo de couverture : Patti Smith CM1, 1955, New Jersey

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