Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 00:09

travail_photo1.jpg

 

Ce qui me frappe, moi qui suis un vieux routier de la chose politique, c’est le caractère de plus en plus hors-sol de nos élus nationaux surtout ceux qui ont les rennes et ceux qui veulent les reprendre. Lorsque je les entends s’exprimer, les lis, les suis sur leur compte Twitter, je ne peux m’empêcher de penser « vivent-ils dans le même pays que moi ? »


Dans mon 14eNKM s’est auto-parachutée, soulevant l’ire de celle qui s’y voyait déjà Marie Claire Carrère-Gée de l’UMP qui parle d'un « mépris à l'égard des habitants ».link, je suis frappé par son incapacité à sortir de ses habits d’ex-Ministre. Elle dit vouloir nous écouter pour mieux connaître nos problèmes mais elle continue à battre les estrades médiatiques  pour fortifier sa posture de future présidentiable.


Pourquoi vous casser les burettes avec mes histoires du XIVe alors que j’ai annoncé que j’allais vous causer de quelqu’un en provenance du 78 rue de Varenne, siège du vieux Ministère de l’Agriculture, qui se retrouve dans la Drôme, tout près de Nyons, à Venterol très exactement ?


Tout bêtement parce que notre séduisante et pétillante NKM est d’origine agricole – ne souriez pas, j’entends par là qu’elle est IPEF car Polytechnicienne elle a intégré le Corps des ingénieurs du génie rural et des eaux et forêts devenu IPEF. C’est donc une fonctionnaire, un haut-fonctionnaire même, qui ne devait pas trop aimé nos vaches  car elle a de suite intégré le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie comme agent contractuel à la direction de la prévision, puis en 1999 elle est devenue conseillère commerciale responsable de la cellule Environnement à la sous-direction de la politique commerciale et de l’OMC au secrétariat d’État au Commerce extérieur, puis chargée de mission auprès du directeur de la stratégie d’Alstom et en 2002 elle prend la fonction de conseillère technique en Écologie et Développement durable auprès du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. »


La trajectoire-type et météorique du haut-fonctionnaire qui veut faire de la politique. C’est ainsi sous la Ve République, et ça favorise le côté hors-sol que je dénonçais en ouverture. Ce n’est qu’un constat applicable à tous les bancs du Parlement.


Mais il existe aussi des fonctionnaires qui ne prennent pas le même chemin.


Ce matin ce sont deux femmes qui illustreront mon propos – ce qui explique mon choix de NKM – toutes deux je les ai  croisé rue de Varenne où elles exerçaient leurs talents en face, rue Barbet de Jouy, tout particulièrement dans le secteur du vin.


La première c’est Marie, qui a l’insigne honneur d’être classée 25e sur les 200 personnalités du vin de la RVF. C’est Marie Guittard conseillère agricole du Premier Ministre. C’est une femme du vin qui a longtemps été commissaire du gouvernement auprès de l’INAO. Comme NKM elle est IPEF mais elle y est entrée par « la petite porte » des ingénieurs d’agronomie : en France on est fléché dès la porte d’entrée. Fonctionnaire discrète, efficace, très service public, elle a connu les joies d’une mise à l’écart par le cabinet d’Hervé Gaymard. Qu’elle soit aujourd’hui à Matignon n’est que justice.


J’en arrive maintenant à Dominique, certes moins capée que Marie mais excellente fonctionnaire au bureau du Vin. Ce sont les fourmis qui sont le socle de la boutique Agriculture et les anciens responsables professionnels, ceux de l’ancien temps, savaient mieux que d’autres à quelle porte il fallait frapper pour faire avancer les dossiers.


sejourner_table_2.jpg

 

Dominique c’est Dominique Thouroude qui un beau jour, le 16 mars de cette année, m’a écrit

Bonjour Jacques,

Ce matin je me promenais sur le blog des 5 du Vin car je viens de faire la connaissance de Marc Vanhellemont lors de Découvertes en Vallée du Rhône quand j'ai découvert ton site, ton blog. Aussi, j'ai décidé de te donner de mes nouvelles. Depuis 2006, j'ai quitté le ministère pour passer d'un autre côté, du côté des laborieux, des fous, des rêveurs de  ceux qui avec patience travaillent la terre, la vigne pour en révéler ce merveilleux breuvage.

Avec mon mari et Joël, un jeune qui fait équipe avec nous, on exploite 14 ha de vignes à Venterol. On est resté en coopérative jusqu'en 2010  et en 2011 on a construit une cave et sorti nos premières cuvées. Joe, passionné de vin, nous a embarqués dans le monde des vins « nature ». C'est passionnant mais difficile. Il nous faut maintenant créer notre clientèle ce qui n'est pas une mince affaire en partant de zéro. A l'heure où certains amis parlent de retraite, nous nous avons un emploi du temps chargé!

A cela il faut ajouter la maison d'hôtes qui démarre.

Aussi c'est avec grand plaisir que je t'invite à passer nous voir, à déguster nos vins et à séjourner dans notre maison.

Avec mes amitiés

 

Le temps a passé. Et puis un soir avec la Sonia nous sommes allés becter à la Cave de l’Insolite 30 Rue de la Folie Méricourt  75011 Paris link . Comme cette chère Sonia accusait, selon une tradition bien établie chez les jeunes filles d’aujourd’hui, un très léger retard je plongeais mon grand nez dans la carte des vins. Chemin faisant, tel un épagneul breton  émoustillé – j’espère que vous apprécierez la proximité – je tombais en arrêt sur un rouge dénommé COUCOU link  qui provenait du domaine Provensol et plus particulièrement de chez Dominique Thouroude. Bingo ! Lors de la commande, au grand étonnement de Sonia qui d’ordinaire est la grande prêtresse du choix, je commandais le COUCOU rouge de Dominique.


Précision d’importance : les époux Thouroude se prénomment tous deux Dominique. Ce que j’ignorais lorsque le lendemain je téléphonais au domaine.link


Ce Coucou rouge fut jugé prometteur mais légèrement déviant par l’inflexible Sonia. Moi je me promettais d’élargir ma palette à un autre vin du domaine. Ce que je fis en allant acheter à la Cave de l’Insolite La Bohème un  rouge des Côtes du Rhône millésime 2011 (Assemblage à base de vieux carignan) link


Italie-013.JPG

Italie-014.JPGItalie-015.JPG

 

Pour le déguster je décidai de le proposer à des experts es-nature lors d’un déjeuner au Simone 33 bd Arago près de chez moi : ma copine Fleur et son grand amie et l’un des Taulier du Simone Alain. Ce qui fut fait et bien fait.


Italie-016.JPG

 

La Bohème reçu notre bénédiction et la bouteille fut exécutée sans rémission. C’est du bon même du très bon produit avec amour et labeur par ces jeunes – la jeunesse du cœur Dominique – et aventureux vignerons.  


Pour en finir avec cette chronique administrativo-vigneronne une petite anecdote. L’autre vendredi je faisais pénardement antichambre au 78 rue de Varenne pour discuter avec le Directeur de cabinet de mes vaches lorsque j’eux le plaisir de voir sortir de son bureau Marie Guittard. Nous avons papotés un chouïa et je lui causé de Dominique. Marie m’a alors répondu qu’elle était allée séjourner dans les chambres d’hôtes des Thouroude. Superbe ! Alors si ça vous dit de vous offrir une belle tranche de nature c’est ICI link


sejourner_exterieur_1.jpg

 

« Soleil, calme, nature, vieilles pierres, dépaysement, respect de l'environnement et accueil familial sont au rendez-vous

Bienvenue chez Dominique et Dominique, au Domaine de Provensol.

Entre la vallée du Rhône et les Alpes, aux portes de la Provence, nous bénéficions du climat méditerranéen et de son ensoleillement. La proximité des Alpes apporte de la fraicheur nocturne lors des beaux jours. Ce relief offre aussi de magnifiques panoramas, à commencer par cette belle vue depuis la terrasse du Domaine, sur les vignes et les collines du Nyonsais jusqu'au Mont Ventoux.

À quelques kilomètres de Nyons célèbre pour ses olives noires, au cœur de leur exploitation viticole bio, vous logez dans l'une des cinq chambres ou encore dans le gîte attenant. Vous prenez le petit déjeuner au 'Petit Caveau' ou sur la terrasse ombragée. Vous pouvez aussi dîner à la table d'hôtes et déguster les vins des Côtes du Rhône dans la cave du Domaine de Provensol. Dominique est vigneron. »

 

Partager cet article
Repost0
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 00:09

Un beau matin posté face à mon écran je me dis « et si tu partais samedi  découvrir la Vigneronne ? ». Sitôt dit, sitôt fait, je lance sur Face de Bouc une supplique à l’un des grands maîtres de la fermentation nature qui exerce son art dans une Officine du côté d’Anderlecht. Retour immédiat, emballez c’est pesé, Patrick Böttcher abandonnerait ses fioles pour venir me chercher à la sortie de la gare Bruxelles-Midi. Même que ce méfiant  du sens de l’orientation d’un nigaud de parigot il me fournissait un plan fléché pour que j’évite de m’égarer.


Gare du Nord, Thalys plein de chinois, je lis un petit bouquin sur l’histoire vraie d’un ouvrier déserteur de la grande boucherie de 14-18 qui se déguise en fille pour échapper au peloton d’exécution. J’arrive. Patrick m’embarque. Nous déjeunons en compagnie de Magalie qui nous a rejoint puis cap sur Cantillon Rue Gheude 56 - 1070 Anderlecht.


Privilège extrême c’est Patrick qui fait le guide. Moi je fais des photos ( voir reportage en fin de chronique ) et Magalie, elle, noircit des pages de notes.


Cantillon-028.JPG

 

Qu’est-ce donc Cantillon ?


Un survivant bien vivant, un marqueur solide qui va dans peu d’années apparaître comme la plus belle des innovations dans notre monde formaté : la redécouverte de la tradition va faire un retour en force contre l’artifice. La meilleure défense c’est l’attaque : les Van Roy en sont la plus éclatante démonstration.


Comme je n’ai pas pris de notes et que la Magalie se dore au soleil de Barcelone j’emprunte à Slow Food ce texte publié lors de « Goûter Bruxelles » la semaine du goût en septembre 2012.


« Il y en avait cent. Il en reste une. Dernière représentante du riche passé brassicole bruxellois, la Brasserie Cantillon continue à produire sa bière en fermentation spontanée et, Kriek sur le gâteau, toute sa production est bio depuis 1999.


La bière brassée est le Lambic. Sa fermentation en barriques de chêne peut durer 3 ans et en finale, ce produit s’apparente à un véritable vin de grain. Pour lui fabriquer des bulles et de la mousse, nous procédons par assemblage de jeunes et de vieilles bières qui refermentent en bouteilles champenoises. C’est la Gueuze.


Les bières de fruits sont produites uniquement à partir de lambics de 2 ans d’âge et de fruits frais.


Toutes nos bières se distinguent des produits de même appellation par leur goût suret et acide. Les produits Cantillon ne contiennent aucun sucre. »


Suite à notre visite nous eûmes l’extrême privilège d’une dégustation privée de haute volée puis à une discussion passionnante avec Jean Van Roy. J’adore les privilèges ! Comme je n’avais qu’un bagage léger je n’ai acheté qu’un tee-shirt Cantillon en me disant que sitôt de retour à Paris je ferais mes provisions.


arton117.jpg

Photo: Copyright © Alexandre Bibaut

Assurément ça valait le déplacement. Tout d’abord un grand merci à Jean Van Roy et chapeau bas à Patrick Böttcher pour nous avoir guidés et faits pénétrer dans cette brasserie qui  n’a rien d’un musée en dépit de ce que certains qualifieraient de vieilleries. Et pourtant tout ici respire la fraîcheur de la jeunesse, Cantillon continue d’écrire l’Histoire sans se préoccuper de se mettre au goût du jour car ses Lambic sont le goût du jour. L’élaboration de ce vin de grain en ces murs urbains devrait inspirer celles et ceux qui sont en recherche d’un nouveau souffle de modernité. Chez les Van Roy  ça ne sent pas la naphtaline mais le vent du large. Cantillon est un must, pas un monument historique à protéger !


La suite relevait du privé. Rentré à Paris, afin d’attirer le chaland de mon espace de liberté je me suis mis dans la tête de trouver l’une des spécialités de Cantillon : « La Vigneronne ». Pas simple car j’aurais bien aimé la déguster sur du manger. Recherche faite je trouve une taule recommandée par le célèbre chroniqueur Roger Feuilly que le monde entier nous envie : «Buvette Tabouret », chez Fred et Sylvain (photo), que vous la dégusterez comme un vrai vin de grain. - Buvette Tabouret – 14, rue Brochart-de-Saron (Paris 9e)link. Je m’y pointe en pleine chaleur pour trouver porte close, les gars ont mis la clé sous la porte. Dépité je vais me restaurer au Cul de Poule et je fonce ensuite sur le 45 de la rue Quincampoix vers « la cave à bulles »link. Ouf, j’y trouve mon bonheur.


photo243.JPG

 

Bel effort !


photo242.JPG

Face à ma « Vigneronne » je me dis qu’il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses Saints, en plus  je n’en suis même pas un, et je vous livre in-extenso la fiche de la maison Cantillon. Au moins je ne risquerai pas de me faire taper sur les doigts par Patrick. Je lui propose d’ailleurs de porter à la lecture de mes chers lecteurs son commentaire de dégustation de la « Vigneronne ». Merci par avance Patrick.


« Les brasseurs de Lambic n'étaient pas seulement situés dans la vallée de la Senne. Une petite rivière, l'Yssche, qui prend sa source dans la forêt de Soignes, traverse des villages comme Hoeilaart, Overijse, Huldenberg. De nombreux brasseurs produisaient d'excellents Lambics dans cette vallée.

Ici pas question de griottes ou framboises, mais bien de raisins cultivés sous serre. Les brasseurs et les marchands de bière n'hésitaient pas à mélanger les muscats à leur lambics et à produire le "Druivenlambik".

En 1973, après avoir recommencé avec succès la production de la Framboise, Jean-Pierre Van Roy achète des raisins blancs pour les faire macérer dans du Lambic. Là aussi, la réussite est au rendez-vous. Le fructose présent en grande quantité dans ces fruits nous permet de produire une bière plus moelleuse, plus ronde que la Gueuze ou les autres bières à fruits.

Notre bière prendra définitivement le nom de Vigneronne Cantillon en 1987. Son nom rappelle que si le Lambic fait bel et bien partie du monde de la bière, sa fermentation naturelle, son vieillissement de plusieurs années en fût, et l'adjonction de raisins en font un lointain cousin de certains vins blancs.

La Vigneronne, malgré son succès, représente moins de 5% de la production totale de la brasserie Cantillon. Afin d'obtenir les fruits les plus mûrs possibles, nous les achetons en fin de saison. Une tonne de raisins blancs italiens débarque chaque année au début du mois d'octobre.

Malgré la demande, il nous est difficile d'en produire plus: tous les fruits sont égrappés à la main et pour nous, le temps presse car fin octobre débute la nouvelle période de brassage.

La mise en bouteille a lieu sans assemblage. La Vigneronne Cantillon refermente par ajout d'une liqueur sucrée.

L'étoile à six pointes représentée sur notre étiquette est un symbole alchimique; on l'appelle aussi l'étoile du brasseur. Elle comporte quatre éléments symbolisés par des triangles se retrouvant dans le cycle de la bière. La chaudière symbolisé par le feu, les céréales par la terre, les levures par l'air et enfin l'eau. Aujourd'hui, seul le brasseur de Lambic traditionnel peut se permettre l'utilisation de ce symbole ancestral.

La Vigneronne Cantillon est disponible en bouteilles de 75 cl (1/1). »


Cantillon-001.JPGCantillon-002.JPGCantillon-003.JPGCantillon-004.JPGCantillon-005.JPGCantillon-006.JPGCantillon-007.JPGCantillon-008.JPGCantillon-009.JPGCantillon-012.JPGCantillon-013.JPGCantillon-014.JPGCantillon-015.JPGCantillon-016.JPGCantillon-017.JPGCantillon-022.JPGCantillon-023.JPGCantillon-024.JPGCantillon-026.JPGCantillon-030.JPGCantillon-032.JPGCantillon-033.JPGCantillon-034.JPGCantillon-035.JPGCantillon-037.JPGCantillon-038.JPGCantillon-040.JPG

Partager cet article
Repost0
28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 00:09

Je lisais, en feuilletant le nouvel opus  de l’auteur du Storytelling Christian Salmon « La cérémonie cannibale » que « Clinton est qualifié par ses biographes d’hypermnésique, comme le sera Sarkozy. Il a des besoins sexuels insatiables, comme DSK ou Berlusconi. Il ne mange pas, il dévore. Lit plusieurs livres par nuit. L’exhibition du corps présidentiel s’effectue sous le signe de la dépense, de l’excès ou de la voracité. Il doit sans cesse se mettre en danger. Transgresser les limites de sa fonction. »


Transgresser !


Où est la ligne jaune ou la  zone rouge pour nos personnages publics ?


Le non-dit vaut-il mieux que l’étalage sur la place publique ?


Je ne sais, mais ce que je sais en revanche, c’est qu’il ne faut jamais avoir peur des mots  comme le soulignait avec ironie Philippe Muray « on a peur d’attraper les mots comme on craint d’attraper la grippe aviaire ; et d’autant plus peur que la réalité,  entre-temps,  s’est révélée de plus en plus horrible au fur et à mesure que les mots pour ne pas la dire étaient de plus en plus angéliques »


413zoxxGW-L._.jpg

 

Comme il se doit je commence par un grand classique « le mot et la chose» de Gabriel-Charles de Lattaignant qui sortit du séminaire abbé et fut reçu dans les meilleures maisons, il s'encanaillait aussi dans les cabarets, finissant souvent la soirée sous la table en entonnant un de ses couplets grivois ! « J'allume mon génie au soleil et je l'éteins dans la boue ».

Madame, quel est votre mot

Et sur le mot et sur la chose ?

On vous a dit souvent le mot,

On vous a souvent fait la chose.

Ainsi, de la chose et du mot

Pouvez-vous dire quelque chose.

Et je gagerai que le mot

Vous plaît beaucoup moins que la chose !

La suite ICI : link 


Ensuite, je passe aux classiques : Clément Marot dont Marcel Béalu dans son anthologie de « La poésie érotique », publiée chez Seghers écrit qu’il « paya en poèmes religieux le tribut de sa gratitude aux grands qu’il servait. Il ne pouvait cependant réfréner une sensualité qui l’incitait à se complaire en lestes facéties. Celui qui écrivit le blason du beau tétin se révèle ici comme le premier poète dont l’émotion nous touche. Au même titre que, tout près de nous, le Guillaume Apollinaire du Cortège priapique. »


Baiser souvent n’est-ce-pas grand-plaisir ?

Dites ouy, vous autres amoureux ;

Car du baiser vous provient le désir

De mettre en un ce qui estoit en deux.

L’un est très bon, mais l’aultre vault mieux :

Car le baiser sans avoir jouyssance,

C’est un plaisir de fragile asseurance ;

Mais tous les deux alliez d’un accord

Donnent au cœur si grande esjoussance,


La suite ICI link


Enfin, et oui, même lui chers amis, le La Fontaine de notre enfance où nous ânonnions après les avoir appris par cœur ses célèbres fables : le Corbeau et le Renard, le Lièvre et la Tortue, le Loup et l’Agneau, le Chêne et le Roseau, le Laboureur et ses enfants… Oui le La Fontaine des morales devenues proverbiales : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute », « La raison du plus fort est toujours la meilleure. », « Tel est pris qui croyait prendre »… est aussi celui qui a écrit le délicieux « Anneau d’Anne Carvel » devenu si célèbre « que l’expression en est restée attachée à l’objet féminin en cause… » 


Hans Carvel prit sur ses vieux ans

Femme jeune en toute manière :

Il prit aussi soucis cuisants ;

Car l’un sans l’autre ne va guère.

Babeau (c’est la jeune femelle),

Fille du bailli Concordat.

Fut du bon poil, ardente et belle

Et propre à l’amoureux combat.

 

La suite ICI link 

 

Partager cet article
Repost0
27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 00:09

L’impertinent souvent pertinent IntotheWine, comme il est jeune et fringant, bordelais de surcroît là où il n’y a pas de Climats, peut se permettre d’ironiser sur les rosés – y’en pas chez les Murisaltiens, donc ça va bien – sans se faire taper sur les doigts par PSA.


Cet élégant provocateur ose titrer : « Nos rosés français sont-ils en train de pâlir jusqu’à l’anémie totale ? »


« D’année en année par simple effet de mode et de surenchère nos rosés français pâlissent jusqu’à l’anémie totale.


Je crains que bientôt on ne les voie plus du tout. »link


Est-ce bien raisonnable en effet ?


photo235.JPG

 

Moi qui suis parisien, snob, futile, léger, inconséquent et tout et tout, cette histoire de rosé visage pâle me fait penser au pantacourt.


Si vous voulez bien me suivre je vais vous en expliquer la raison. Elle devrait pour une fois obtenir l’approbation de PSA puisqu'il tend à édifier ceux qui ont peu de goût.


Dans son opus « de l’art de mal s’habiller sans le savoir » Marc Beaugé chez hoëbeke (illustrations de Bob London) qui publie des chroniques vestimentaires dans M assassine à juste raison le pantacourt.


« Sur le même modèle que le brunch, croisant petit-déjeuner et déjeuner, plusieurs pièces et accessoires vestimentaires prospèrent, depuis quelques années, en faisant valoir leur symbole hybride. C’est notamment le cas du tee-shirt sans manches, à mi-chemin entre tee-shirt et marcel, et des Crocs, à la croisée entre sabot médical et boîte Tupperware.


Mais, dans ce genre singulier, c’est encore le pantacourt qui connaît le succès le plus éclatant. Inventé dans les années 1940, à Capri, e d’abord adopté par les femmes, celui-ci est en effet devenu, au fil des ans, un classique de la garde-robe masculine estivale, au point que son port paraît quasi règlementaire lors d’évènements populaires parcourus d’odeurs de merguez tels le Tour de France, le feu d’artifice du 14 juillet, l’élection de miss camping ou les matches du RC Lens au stade Bollaert.


Tout le succès du pantacourt tient à son hybridité même. Atterrissant, selon que l’on considère que le verre est à moitié vide ou à moitié plein, en-dessous  du genou ou au-dessus de la cheville, celui-ci fait en effet figure de croisement parfait entre bermuda et pantalon. »


Marc Beaugé fait la remarque qui tue : « le pantacourt a aussi pour effet visuel de couper les tibias de son propriétaire en deux, et donc de le tasser de façon radicale »


Les filles posent souvent la question « est-ce que cette robe me grossit ? » alors que les garçons eux ont toujours envie de paraître plus grand. Je ne ferai aucune remarque désobligeante pour les pneus de certains qui ont un effet bœuf avec le pantacourt.


Je persifle et certains vont me dire qu’est-ce que mon histoire de pantacourt à voir avec la couleur du rosé ?


Pour l’été mieux vaut pour sa silhouette être bermuda ou pantalon de toile que pantacourt. Pour les rosés idem, puisque les rosés ne sont pas, Dieu nous en a gardé grâce au combat héroïque de Provençaux contre l’hydre européenne, j’ai même mis un cierge à ND de la Garde en remerciement, un mélange de rouge et de blanc, il faut choisir sa couleur définitivement qui est, que je sache, originellement plus proche du rouge que du blanc.


De quoi je me mêle ?

 

De rien !

 

Je divague par la faute du jeune impertinent bordelais qui, le pauvre, doit sur les injonctions du CIVB boire du rosé alors que votre Taulier lui appelle de ses vœux le Clairet.link


Lunettes 001 

Lunettes 004

Partager cet article
Repost0
25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 00:09

Pourquoi diable ne parle-t-on du mont Ventoux que lorsque les gars du Tour de France, qui carburent à l’eau de source exclusivement, le grimpent à la vitesse d’un TGV, du moins pour les premiers ? Je ne peux m’empêcher de penser à Tom Simpson.


Moi c’est à pied que j’ai décidé de l’escalader et d'y pique-niquer pour fêter mon saint patron.


« Bientôt le soleil se lève. Jusqu’aux extrêmes limites de l’horizon le Ventoux projette son ombre triangulaire dont les bords se frangent de violet par l’effet des rayons diffractés. Au sud et à l’ouest, s’étendent des plaines brumeuses ; au  nord et à l’est s’étale, sous nos pieds, une couche énorme de nuages, sorte d’océan de blanche ouate d’où émergent, comme des îlots de scories, les sommets obscurs des montagnes inférieures. Tout là-bas, du côté des Alpes, quelques cimes flamboient. »


« Il est dix heures du matin ; nous avons mis six heures pour venir de Bédoin à la fontaine de la Grave, mais d’un pas modéré, comme il convient pour une exploration attentive. »


337px-Illustration_Satureja_acinos0.jpg

 

« La nappe est étalée sur un charmant tapis de plantes alpines… Les vivres sont tirés de leurs sacoches, les bouteilles exhumées de leurs couches de foin. Ici, les pièces de résistance, les gigots bourrés d’ail et les piles de pain ; là, les fades poulets, qui amuseront un moment les molaires, quand sera apaisée la grosse faim ; non loin, à une place d’honneur, les fromages du Ventoux épicés avec la sarriette des montagnes, les petits fromages au Pébré d’Asé ; tout à côté, les saucissons d’Arles, dont la chair rose est marbrée de cubes de lard et de grains entiers de poivre ; par ici, en ce coin, les olives vertes ruisselantes encore de saumure, et les olives noires assaisonnées d’huile ; en cet autre, les melons de Cavaillon, les uns à chair blanche, les autres à chair orangée, car il y en a pour tous les goûts ; en celui-ci, le pot aux anchois, qui font boire sec pour avoir du jarret ; enfin les bouteilles au frais dans l’eau glacée de cette auge. N’oublions-nous rien ? Si, nous oublions le maître dessert, l’oignon qui se mange cru avec du sel. Nos deux parisiens, car il y en a deux parmi nous (…) sont d’abord un peu ébahis de ce menu par trop tonique ; ils seront les premiers tout à l’heure à se répandre en éloges. Tout y est. À table !


Alors commence un de ces repas homériques qui font date en la vie. Les premières bouchées ont quelque chose de frénétique. Tranches de gigots et morceaux  de pain se succèdent avec une rapidité alarmante. Chacun, sans communiquer aux autres ses appréhensions, jette un regard anxieux sur les victuailles et se dit : « Si l’on y va de la sorte, en saurons-nous assez pour ce soir et demain ? » Cependant la fringale s’apaise ; on dévorait d’abord en silence, maintenant on mange et on cause (…) C’est le tour d’apprécier les vivres en connaisseur. L’un fait l’éloge des olives, qu’il pique une à une de la pointe du couteau ; un deuxième exalte le pot aux anchois, tout en découpant sur son pain le petit poisson jaune d’ocre ; un troisième parle avec enthousiasme du saucisson ; tous enfin sont unanimes pour célébrer les  fromages au Pébré d’asé, pas plus grands que la paume de la main. Bref, pipes et cigares s’allument, et l’on s’étend sur l’herbe, le ventre au soleil. »


Quel style me direz-vous !


Oui, mais ce n’est pas le mien et ce matin j’ai fait un emprunt rien que pour le plaisir d’exhumer ce texte. Comme vous êtes des gens cultivés je suis persuadé que vous aurez tous reconnus qui est l’auteur d’ « Une ascension au mont Ventoux »


  • La Sarriette, parfois appelée Pèbre d'ai ou Pèbre d'ase (qui signifie en provençal « poivre d'âne »
Partager cet article
Repost0
24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 00:09

Lorsque les éléments naturels se déchaînent avec soudaineté et violence nous nous trouvons démunis, impuissants, nous subissons, et ceux qui sont en première ligne, les cultivateurs – j’emploie à dessein ce nom oublié – sont les premiers touchés très durement puisque c’est leur récolte, le fruit d’une année de leur travail qui disparaît en tout ou en partie. Hier, ce fut tout particulièrement les vignes de la côte de beaune qui eurent à subir les ravages des orages, de la grêle et du vent. C’est la désolation. Nos mots sont toujours impuissants à traduire ce que nous souhaiterions pouvoir dire face au malheur de ceux qui sont touchés par ces calamités.


Alors que faire ? Se taire. Dans un monde d’indifférence il est pourtant  important d’avoir une pensée, un geste d’amitié, simple et discret. Même si ça se situait dans un tout autre registre lundi j’ai accompagné Olivier Ameisen en sa dernière terre, nous n’étions guère nombreux, je ne connaissais personne mais être là, témoigner par sa simple présence auprès de ceux qui l'aimaient, ça me paraît important. C’est ce que j'essaie de faire ce matin. Moi qui chronique chaque matin sur le vin, je me tiens auprès de vous vignerons que je ne connais pas, le plus simplement et le plus discrètement possible.


Je le fais donc à ma manière en republiant une chronique du 2 août 2011 « On entend comme le roulement d’un train lancé à toute vapeur « C’est ce que je disais ; c’est plus de la pluie ; v’là la grêle »link extraite du livre « Moi, je suis vigneron » d’André Lagrange, un bourguignon né en 1909 à Chagny (Saône-et-Loire) d’une lignée de vignerons de la côte chalonnaise, publié en 1960. »


photo236.JPG 

 

« Le Toine bricole à son établi, devant la fenêtre du magasin ; il remet des manches à ses pioches. D’un œil, il regarde son travail, de l’autre, le Mont-Juillet, qui s’empanache de traînées d’un violet sombre. L’inquiétude le ronge : fin juillet, c’est la période la plus redoutable pour les orages, avec les environs du quinze août.

- « Pardi ! hier, c’était la Madeleine ; elle a pas fait sa fête ; des fois que nous, on pourrait ben, malgré nous, la faire aujourd’hui ! On a bougrement raison de dire :

« La Madeleine

Ne passe pas sans son étrenne ! »

Hélas ! Elle pourrait donc pas les garder pour elle, ses lugubres cadeaux ? Maudite pécheresse ! Elle sème à tous les vents le malheur de sa honte ; elle fait dégouliner, tout au long du ciel, ses larmes grosses comme des œufs ; un courant d’air, venu on ne sait d’où, les glace, et voici l’étrange couvée de grêlons qui s’abat sur le vignoble, pour le ravager.

(...) Il n’a pas le temps d’achever, qu’une espèce de queue rouge, attachée à une boule de feu, fouette tout du long la brume jaune ; ave ça, un craquement, oh ! mais, un de ces craquements ! Comme une charpente qui s’effondre.

-« Le tonnerre est tombé à Mercœur ! souffle l’Ugène à mi-voix. Un coup tout seul, comme ça, c’est le signal de ce qu’on sait que trop.

- Oui, répond le Toine. Misère de Dieu ! Tout est foutu. Ecoute !... »

On entend comme le roulement d’un train lancé à toute vapeur.

- « C’est ce que je disais ; c’est plus de la pluie ; v’là la grêle.

Les visages se figent ; sur celui de l’Ugène, se creusent les sillons des larmes silencieuses, prélude de la révolte qui gronde intérieurement.

Ça a duré au plus dix minutes, une éternité pour les deux hommes. Le bruit s’assourdit, s’estompe, s’éloigne. Le brouillard s’enlève, comme une toile de tente, pour ne rester attaché que d’un côté, là-bas, vers Rosey.

A la lumière retrouvée, l’Ugène bondit vers les ceps les plus proches. Le Toine le suit en reniflant et, machinalement, enlève son chapeau, comme on fait devant un mort.

-« Regardez-moi ça, hurle l’Ugène, si c’est pas une pitié ! Toutes les grappes par terre, les feuilles aussi ! Hein ! Travaillez donc ! A quoi ça sert ? Vous vous échinez toute une année, et au moment où ça commence à promettre, en cinq minutes, crac ! plus rien ! Ça fait déjà quatre fois que je vois ça, et j’ai guère que trente ans ! Nom de Dieu ! Vous voulez vivre avec ça, vous Toine ? »

 

Partager cet article
Repost0
23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 00:09

Comme j'ai de bonne et saine lecture je consulte le Figaro vin sur la Toile link pour y apprendre hier que « L’une des plus grosses sociétés australiennes de vins, Treasury Wine Estates, a décidé de se débarrasser de 35 millions de dollars de vins bas de gamme stockés sur le sol américain, un stock gênant de plusieurs millions de bouteilles invendues et qui ne résisteront pas au temps.


vinsamson-min.jpg

 

Cette décision n’a pas manqué d’être commentée. « J’écris sur le vin depuis 1975 et je n’avais jamais entendu parler d’une destruction de stock de vins aussi importante », a rapporté la célèbre critique Jancis Robinson. »


Au plan sémantique se débarrasser du stock ne signifie pas forcément le détruire. En effet, nos amis australiens peuvent le solder c’est-à-dire le confier à des professionnels qui se chargeront de lui trouver une nouvelle destination. Par exemple, du vrac qui servira de sauce – les vins semblent en fin de vie –  sauf que ce vin est en bouteille et disons que, grosse maille, déboucher 4 à 5 millions de bouteilles ça ne se fait pas tout seul et ça coûte du pognon. Sauf que si, Treasury Wine Estates décide vraiment de détruire le stock je ne suis pas sûr qu’il puisse envoyer ses bouteilles à la casse comme on le fait avec les bagnoles. Ce serait un vrai déluge de pollution des sols et des nappes.


Donc je résume : première opération le vin retourne à la citerne pour soit aller faire de la daube, soit être détruit. Je suppose dans ce dernier cas que l’on ne va jeter au caniveau 50 000 hl de vin. Alors comment détruit-on du vin ?


photo-256.jpg

Pardi en le distillant.


Donc obtient de l’alcool vinique qui fait l’objet d’un marché pour certains usages comme le mutage. On peut aussi le dénaturer pour l’utiliser à la carburation.


J’aimerais bien qu’on éclaire ma petite lanterne.


Mais ce n’est pas tout.


Permettez-moi de me gondoler grave car nos amis australiens adorateurs du marché libre sont en train de découvrir les joies de la régulation. Que n’ont-ils vitupérés contre ces affreux européens qui distillaient pour équilibrer le marché des vins de table. Nos amis anglais poussaient des cris d’orfraies, d’autant plus que ces distillations étaient subventionnées par l’Europe. Là, l’honneur libéral est sauf : Treasury Wine Estates déprécie son stock et ça ne coûte rien aux contribuables. Mais il y a tout de même un léger bémol à ce beau raisonnement, avec leurs bouteilles low cost, « critter labels », les grosses sociétés australiennes qui faisaient du chiffre avec des prix cassés ou des promotions en tout genre chez les cavistes américains ou britanniques, ont chassé du marché des vins qui eux n’avaient pas ce type de moyens. Dumping ravageur, politique qui met à mal le credo de la concurrence parfaite. Là, c’est clair ce sont nos pertes de part de marché qui ont subventionnées la politique d’expansion à marche forcée se traduisant par  des plantations de vigne à tour de bras dans des endroits peu propices. Alors, le retour du bâton est la sanction Mr David Dearie directeur général de Treasury Wine Estate. « Les clients australiens ou étrangers ont accepté notre vin comme un produit bon marché. Cela éreinte la renommée australienne et notre savoir-faire ».


Nous, nous connaissons la chanson, mais nos amis anglo-saxons qui nous ont tellement jetés la pierre, souvent à juste raison, sont ici un chouïa responsables de cette dégradation de l’image du vin. Il est des choses qu’il faut savoir dire même à Mrs Jancis Robinson qui n’a pas dû souvent tremper ses lèvres dans ces indignes breuvages.


Allez, allez, distiller ça fera du bien au marché…

Partager cet article
Repost0
22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 00:09

Pouilles-060.JPG

 

Loin des ronchons qui, comme les cornichons ne se sentent à l’aise que dans le vinaigre – le singulier suffit mais je noie le poisson –, ce samedi après-midi dans la touffeur de Paris, sous l’auvent de la Grande Halle de la Villette un vent joyeux soufflait avec nos amis italiens des Pouilles, le talon de la botte comme le dit l’ami Daniele de Michele. «Les Italiens sont des Français de bonne humeur» affirmait Jean Cocteau, je confirme. L’âme de l’Italie, son sens inné de la danse populaire joyeuse d’abord la Tarentelle, connue dès le XVIIème siècle, qui s’est longtemps vue octroyer des vertus thérapeutiques, prétexte à perpétuer des danses païennes dans une Italie ultra catholique. Les créations de la danseuse et chorégraphe Maristella Martella nous ont proposé un voyage qui nous a mené dans différentes régions du sud de l’Italie à travers les rituels de cette danse ancienne.


Pouilles-022.JPGPouilles-005.JPGPouilles-008.JPGPouilles-011.JPGPouilles-015.JPG

 

Les Italiens de Paris, en dépit de la pression atmosphérique élevée et d’un mercure surchauffé, s’en sont donnés à cœur joie pendant presqu’une heure. Que du bonheur !


Tout à côté dans leur uniforme blanc, les musiciens de LA BANDA DI CONVERSANO attendaient leur heure, sous la baguette d’Angelo SCHIRINZI. Les Bandas sont emblématiques de la culture des Pouilles, elles reprennent les grands airs d’opéra. La Banda di Conversano n’a pas failli à la règle elle nous a apporté, avec ses deux cents ans d’histoire, tout le charme et les parfums de Conversano, ville d’Art et de soleil.


Pouilles-023.JPGPouilles-040.JPGPouilles-024.JPGPouilles-028.JPGPouilles-032.JPGPouilles-031.JPGPouilles-033.JPGPouilles-036.JPGPouilles-038.JPGPouilles-041.JPGPouilles-043.JPGPouilles-044.JPGPouilles-049.JPG

 

Nos amis italiens ont le sens du spectacle, à l’heure dite, ils ont traversé l’esplanade brûlée de soleil – ça ne les dépaysait guère – pour revenir en formation jusqu’à l’auvent de la Grande Halles. J’ai fait plein de photos car ensuite j’ai communié. Je suis Verdien. L’opéra italien me prend aux tripes. J’ai des frissons. Je me sens italien. Que du bonheur !


Pouilles-053.JPG

 

Après une heure d’intense émotion, banda en tête, je me suis rendu à la tente de dégustation où le jovial Daniele de Michele, tout sourire de dehors nous attendaient avec sa platine, ses verres et ses 4 vins des Pouilles (un blanc, un rosé, un rouge et une Malvoisie naturellement douce. Cerise sur le gâteau Marie flanquée de ses amis nous avait rejoints pour participer activement au jeu de Don Pasta Une dégustation musicale, un « œno-djset ». Un parcours sensoriel qui touchera l'oreille, la langue, le nez dans une interaction perpétuelle. Ce qui fut dit fut fait. Votre Taulier qui ne sait tenir à la fois un verre et un bidule à faire des photos a laissé ce soin à Marie. Un petit clin d’œil à l’ami Daniele, Marie lui offre pour enrichir sa bibliothèque musicale CHROMATICS « CHERRY »


1013105_10151758748748987_402822113_n.jpg

 photo de Marie Beauchesne — avec Rui Ferreira, à La Villette


Pouilles-050.JPG

Partager cet article
Repost0
20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 00:09

photo234.JPG

 

Il faut bien se l’avouer : dans le monde du vin nous avons les innovateurs que nous méritons, ils se contentent d'appliquer les bonnes vieilles recettes éculées. Comme les petits loups et les petites louves ne le savent peut-être pas c’est toujours dans les vieux pots qu’on fait le meilleur beurre* mais franchement qualifier d’innovations le fait de mettre du vin dans des canettes en alu ou de l’aromatiser en dit plus long qu’un long discours sur l’étendue de l’inventivité des concepteurs.


Ceci écrit ça ne m’émeut pas, libre à chacun de faire ce que bon lui semble si tout au bout du bout chacun y trouve son compte. Ce qui me gonfle c’est le discours de certains, prétentieux et justificatif, qui va avec, du pur jus de marketing mal assimilé. Qui peut vraiment nous faire accroire que mettre du vin dans une canette alu qui a la tronche d’une canette de Coca ou mettre du Coca dans du vin relève d’un réel esprit innovant ?


Ce n’est rien que de la technologie agro-alimentaire disponible depuis bien des années. Mais qui ne tentent rien n’a rien j’en conviens. Simplement avant de proclamer aux réseaux sociaux ébahis que c’est la success story mieux vaut attendre les résultats. Je ne suis en rien rabat-joie ou sceptique face à l’esprit d’entreprise, simplement je me permets d’écrire que c’est sur le temps long qu’on juge l’implantation réelle d’un nouveau produit.


Quelques remarques en vrac :


1-      Coca-Cola c’est de l’eau carbonatée avec sucre, aspartam ou rien, auquel on ajoute de la poudre de perlimpinpin, donc ça ne coûte presque rien à produire et ça permet donc de se vautrer dans des budgets monstrueux pour pousser à la consommation (les campagnes de Coca-Cola pour se dédouaner du sucre sont d’une grande perversité).  Bien sûr, pour amuser la galerie on mobilise les gros egos de Karl Lagerfeld ou de Jean-Paul Gaultier pour façonner des flacons icones link . Nos petits gars avec leur canette de vin d’AOC ne pourront rien face au gros rouleur compresseur : la matière est chère, les marges minces, les budgets misérables et l’impossibilité de faire de la publicité à la télé les condamnent à rester dans des volumes anecdotiques.


2-      L’argument selon lequel le nouveau contenant ou le contenu aromatisé va attirer de jeunes et nouveaux consommateurs à la consommation de vin ne me semble guère pertinent. Attendons les résultats des ventes sur une période significative pour juger de l’effet fil rouge d’entrée de ces produits. Je doute, car comme je l’ai écrit dans le cas du flacon cousin germain de la canette Coca-Cola il faudra le faire sortir de sa confidentialité et vraiment de gros moyens pour toucher la cible visée ; pour l’aromatisation c’est tellement inepte puisque en lui donnant ce qu’il consomme déjà on conforte le jeune consommateur de soft-drink ou de prémix dans son goût addict sans la plus petite chance de lui faire aborder un goût nouveau. Il est dans l’univers du goût sucré qui écrase tout, empâte tout, fait des mous (ça c’est de l’humour à la Léon) et il entend y rester.


3-      Le vin c’est 85% d’eau mais de l’eau qui mobilise des sols (et si ce sont des terres de plaines irriguées y’a mieux à y faire), des intrants, de la main d’œuvre, de la mécanisation, un process de transformation… alors pourquoi tout ça pour y ajouter un ou des arômes artificiels ? Comme dirait l’autre mieux vaut boire l’original que sa copie, c’est moins cher et souvent aussi dégueulasse mais identitaire. Par ailleurs, les acheteurs de vin aromatisé qui sont-ils ? Des primo-consommateurs ou des consommateurs zappeurs qui se jettent sur le nouveau produit pour se différencier ? Je demande à voir, non pour croire mais pour savoir qui achète et comprendre les ressorts du phénomène.


4-      Reste l’argument canon : ça écoule du vin. « Les ventes ont plus que doublé entre mars 2012 et mars 2013 (+125%) et il s’est écoulé quelque 22 millions de litres de vin aromatisé en un an. Les professionnels parient sur 30 millions de litres pour la seule année 2013 sans s’inquiéter outre mesure de l’effet météo sur ce produit en vogue. Le best-seller est le rosé pamplemousse qui, immanquablement voit ses ventes bondir de près de 50% chaque mois. » Vu comme ça, ce n’est qu’un produit de plus sur le marché des boissons alcoolisées, pourquoi pas, ça se défend mais nous sommes dans un autre univers celui des boissons apéritives et non dans celui du vin. Pas de quoi fouetter un chat, les nouveaux produits de l’industrie agro-alimentaire vieillisse vite d’où une profusion d’innovation de packaging ou de soi-disant produits nouveaux.


5-    Quitte à passer pour un vieux con que je suis, je pense et je continue de penser que ce qui fait et fera plus encore la force du vin dans l’avenir, sa valeur intrinsèque, sa modernité éternelle et sans cesse renouvelée, c’est sa définition même, sa naturalité originelle, son origine géographique, son parfum de main humaine donc son humanité, son côté fait une fois pour toute, gravé dans le marbre, indemne des transformations qui défigurent d’autres produits de la terre, sa philosophie, sa variabilité inimitable, son allergie au formatage, un marqueur ineffaçable du jardin de l’Eden, l’élixir de la convivialité.


Face à ces ersatz d’innovation nous ne sommes pas dans l’univers de l’extension du domaine du vin, ou si peu pour ce qui concerne les cannettes où il y a un pur effet de substitution sans véritable gain,  mais dans celui de l’écoulement de certains vins. Entendez-moi bien, je ne porte ici aucun jugement de valeur sur ceux qui choisissent cette voie mais m’insurge contre les discours qui veulent me faire prendre des vessies pour des lanternes. En état un peu brutal, ces soi-disant innovateurs profitent de la bonne image du vin pour vendre un produit qui n’est pas son cousin-germain. Les vrais innovateurs dans le vin sont ailleurs que dans ces soi-disant start-up autoproclamées ou ses créateurs de produits aussi vieux que le vin lui-même, qui bien sûr sont dans leur rôle de faire du biseness mais qui occupent un espace surdimensionné par rapport à leur réalité économique.


Mais alors où sont-ils ces fameux innovateurs me direz-vous ?


Ils sont souvent sur mes lignes. Ce sont tous ces vignerons et vigneronnes qui ont changé l’image un peu vieillotte du vin en revenant aux fondamentaux de la vigne et du vin. Au-delà des qualificatifs de chapelles, il y a une réalité qu’Hervé Bizeul reconnaît, avec une pointe d’ironie, en soulignant que « Depuis quelques années, la "forme" est aussi importante que le "fond", cela étant illustré par le montée en puissance du label "bio", par exemple, dans le choix du consommateur. Préférer des vins vendangés à la main, par exemple, c'est aussi bien sûr s'intéresser aux conséquences de ses choix, tant sur le plan environnemental que sociétal. La "méthode" aussi importante que "le résultat", voire même plus importante ? je pense que la montée en puissance des vins "natures", partout dans le monde, en est un parfait exemple, puisque certains acceptent de boire un peu n'importe quoi, parfois, "pourvu que...".


C’est par cette porte d’entrée que ce sont précipités de nouveaux consommateurs qui énervent certains mais qui n’en sont pas moins des nouveaux entrants dans l’univers du vin. Nul besoin de leur agiter des canettes sous le nez ou de leur proposer du vin aromatisé au coca, ça ils l’ont expérimenté tout seul sans avoir besoin qu’on leur tienne le coude. La transgression ils connaissent, alors les ersatz sortis du grenier « non merci ! »


Pour moi la plus grande innovation matérielle d’importance de ces 10 dernières années ce sont les étiquettes débridées de nos vignerons déjantés.


J’oubliais une innovation forte qui fait péter les compteurs de la Provence : le rosé light…


  • « L'aromatisation du vin est un procédé très ancien, qui remonte à l'Antiquité. Il s'agit soit d'améliorer un vin de qualité médiocre, soit de créer une boisson apéritive… »

 

(1) Tous les chenins mènent arômes... de Philippe Cuq link

(2) L'incroyable succès des vins aromatisés au siroplink

(3) Le rouge Cola link

(4) Winestar le vin en canettes link

 

Partager cet article
Repost0
19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 00:09

Comme vous pouvez le penser, la hantise de la page blanche hante les nuits sans sommeil du pauvre chroniqueur bi-journalier. Vais-je un jour être en panne d’inspiration se dit-il en se rongeant les sangs ? Comment ferais-je le jour où surviendra la panne sèche ? Malheureusement comme il n’existe pas de Viagra pour l’inspiration il lui faudra alors se rabattre sur les agences de communication qui, chaque jour que Dieu fait, entendent pourvoir à son alimentation. Bien sûr, c’est du tout préparé, même pas besoin d’un micro-onde, tu manies ta souris et en trois coups de cuillère à pot t’as fait le boulot.


Mais, à force de passer son temps devant son écran, dans l’ombre d’un bureau tout gris, le chroniqueur manque de couleurs, faut le sortir, le transbahuter en TGV, le promener, l’oxygéner, le cultiver, le substanter, le coucher, ça s’appelle dans le jargon organiser un voyage de presse. Je ne critique pas même si moi je n’en fais pas. Pourquoi ? Tout bêtement parce que je n’aime pas ça.


photo230.JPG

 

Ceci écrit les gens du Luberon m’ont soumis à une odieuse et perverse tentation puisqu’ils m’ont mis sous le nez un programme baptisé « INSPIRATIONS ». Sont forts les vignerons du Luberon de venir à mon aide en me proposant des sources d’inspiration puisque c’est au pluriel. Imaginez-vous votre sémillant Taulier rentrant encore plus bronzé de son après-midi passé au bord de la piscine de l’hôtel de la Bastide à  Lourmarin, tout revigoré par ses marches dans les vignes du château Fontvert, qui face à son clavier pourrait vous tartiner vite bien fait sur le gaz deux chroniques dans le genre critique sur France-Culture et France-Musique :


photo229.JPG

 

1-      De Cézanne à Matisse où serait abordée la question de la forme avec Cézanne, « père » de l’art moderne tel que le considéraient Braque, Matisse ou Picasso. Les termes de « forme » et de « couleur », qui peuvent paraître opposés, se trouvent intimement mêlés dans une complémentarité révélée par Cézanne : « quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude ». Le Midi est aussi un lieu de villégiature pour les artistes liés au mouvement dada et au surréalisme. Avec en chute une belle tirade sur l’émergence d’une nouvelle écriture qui mène aux différentes formes de l’abstraction lyrique ou géométrique : Miró, de Staël, Van Velde...


2-      A La Roque d’Antheron Parc Du Chateau De Florans le pianiste BEHZOD ABDURAIMOV lauréat du Concours de Londres en 2009, jeune pianiste ouzbek Schubert : Sonate n°15 en la majeur D. 664 Beethoven : Sonate pour piano n°23 en fa mineur opus 57 "Appassionata" Chopin : Fantaisie en fa mineur opus 49 Liszt : Bénédiction de Dieu dans la solitude Liszt/Saint-Säens/Horowitz : Danse macabre.


« Behzod Abduraimov n’a que 22 ans, mais se produit sur scène depuis l’âge de 8 ans et a donc des idées très arrêtées sur certaines œuvres. «Le n°1 de Tchaïkovski a beau être ultra célèbre, les orchestres ont toujours des problèmes aux mêmes endroits, notamment dans le troisième mouvement», explique-t-il en début de soirée, ajoutant : «Je ne fais que suivre la partition, mais on a chacun notre idée du rubato et c’est mieux si l’on s’y prépare en répétition.»

« J’adore Beethoven, j’aimerais apprendre la sonate Hammerklavier et les cinq concertos. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Après avoir appris l’opus 109 à 13 ans, je n’ai plus jamais joué de Beethoven, car je n’étais pas à l’aise avec sa musique. Ses sonates sont intimidantes, très orchestrales. Si on les transcrivait, ça ferait des symphonies géniales»

 

Vous pouvez facilement comprendre mon immense désarroi face à la perspective de si beaux appâts culturels. J’aurais frisé l’extase, une forme de jouissance vive et intense, irrépressible, de destruction massive. Je me demande même si après de tels ravages j’eus pu me livrer à mes habituelles digressions sur l’excellence des vins du Luberon. Peut-être qu’après le pique-nique à Marrenon, soit du côté de la Tour d’Aigues, ayant enfin repris mes esprits, pas vrai Jean-Louis, j’aurais commis la folie de commettre une troisième chronique en ce 25 juillet fête de mon saint patron : Jacques le Majeur.  

 

Même si les voyages forment la jeunesse et égaient la vieillesse, j’irions point du côté de Lourmarin chercher mes Inspirations. Adieu donc chroniques en chapelet, je me contenterai de besogner du côté du boulevard Saint-Jacques en compagnie d’un Amoutanage du Luberon.link


Vinexpo 007

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Archives

Articles Récents