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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 00:09

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Votre Taulier qu’a du nez sauf pour déguster a publié le 27 mai un Avis aux vignerons et au restant de la population sous la forme d’une interrogation : 2013 une année sans été ? link 


Le premier jour de cet été fut potable, j’ai même pu dîner dehors chez Simone avant d’aller me dévergonder au bar 61 sur le bassin de la Villette.link


Depuis lors, sans me peler vraiment les glaouis, je n’ai pas non plus très envie de me balader en Marcel sur ma flèche d’argent pour sillonner un Paris où les belles qui ensorcellent restent emmitouflées sur les terrasses tels des oisillons frigorifiés.


Que faire comme s’interrogeait Lénine ?


Toujours faire face, ne jamais se laisser abattre, ce qui se traduit par l’irrépressible envie de retrouver les goûts du Sud en se réconfortant le corps.  Alors sans hésiter je sors mes Pieds Paquets.link


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Je rassure tout de suite les petites louves qui adorent se promener en repettos en hiver et en Uggs en plein été, sortir ses pieds paquets n’est pas la nouvelle tendance lancée par un styliste allumé qui fume la moquette.


Non, jeunes filles en fleur, c’est du vieux et c’est du lourd puisque la première trace des Pieds Paquets – pas mal non – remonte à 1476 au dîner offert par les chanoines de St Trophime d'Arles pour les funérailles de leur confrère Étienne Roberti. Ils sont apparus la première fois dans les recettes du livre de Clément Marius Morard en 1888 et leur réputation grandissante fera écrire à Blancard peu avant les années 1930 qu'ils sont « presque aussi renommés que la Bouillabaisse » marseillaise.

photo171.JPG

 

Comme du côté de Marseille on galèje grave il se dit qu’un cuisinier dénommé Ginouvès aurait élaboré la recette au XIXe siècle, dans le quartier de « la Pomme », en s’inspirant de la panse farcie écossaise et des tripes à la mode de Caen. Même si cette référence à « la panse de brebis farci » me plaît assez car le sketch succulent de Jacques Bodoin qu’il ne faut pas confondre avec notre Patrick qui lui est Baudouin. (Voir vidéo).


Plus sérieusement, du côté des abattoirs de Sisteron réputés pour ses agneaux, il se raconte que ce sont des chevillards astucieux qui auraient créé ce délicieux ragoût pour ne pas gâcher les abats délaissés par les clients délicats. Et puis, comme la France d’en haut et celle d’en bas a toujours existée, le dimanche de Pâques, alors que les familles aisées se régalaient du gigot de l’agneau pascal pour le repas familial, les foyers populaires récupéraient les tripes et les cuisinaient en paquets pour s’offrir, eux aussi, un festin pascal à la portée de leur maigre bourse.


photo172.JPG

 

Comme je n’ai jamais ni préparé, ni cuisiné des Pieds Paquets me contentant de les acheter chez le boucher de Goult, charmant village du Luberon – il a pris sa retraite et n’a pas été remplacé mais où vais-je acheter mes pieds paquets ?  – je vous donne le lien pour vous initier link et vous pourrez visionner la vidéo de l’émission « LE SUD, vous en faites tout un plat « les pieds paquets » où Andrée 77 ans vous propose sa recette.


Pour accompagner votre assiette de Pieds Paquets le Taulier vous recommande un vin du Luberon, qui est la banlieue de Sisteron, il s’agit du tout nouveau-né de la maison Marrenon guidée par le sieur Jean-Louis Piton : AMOUTANAGE qui est un vin bio issus d’une sélection de parcelles éboulis calcaires situées au pied du massif du Luberon. Les Cépages : Syrah 60% - Grenache Noir 40% sont vendangés entre fin septembre et mi-octobre. Fermentation alcoolique à température entre 20 et 24°C. Extractions douces, macération entre 7 et 15 jours. Jus de goutte uniquement.  


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Comme il faut que je fasse tout pour chanter les louanges de la maison Marrenon chère au cœur de Jean-Louis Piton, je me dois de vous expliquer que l’amoutanage c’était tout simplement la transhumance des troupeaux de moutons dans le Luberon.  Qui dira du côté de la Tour d’Aigues que le Taulier qui se décarcasse n’est pas le meilleur marieur Mets&Vins de la blogosphère. Faut-il que je vous dessine un mouton comme le demandait si gentiment le Petit Prince de Saint-Exupéry ?


« Le premier soir, je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un rideau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise au lever du jour quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait :

- S'il vous plaît. Dessine-moi un mouton...

- Hein ?

- Dessine-moi un mouton !

J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté mes yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement. Voilà le meilleur portrait que, plus tard, j'ai réussi à faire de lui. Mais mon dessin, bien sûr, est beaucoup moins ravissant que le modèle. Ce n'est pas de ma faute. J'avais été découragé dans ma carrière de peintre par les grandes personnes, à l’âge de six ans, et je n'avais rien appris à dessiner, sauf les boas fermés et les boas ouverts. »

 

Confrérie-des-pieds-paquets link

 

Le code des mangeurs de pied paquet marseillais

 

P : Pénitence je dois réaliser avant de les manger

I : Idolâtrie doit être faite pendant la dégustation

E : Enivrant sont les arômes qu'ils dégagent

D : Dévotion et amour seront les liens fixés entre nous

S : Souriant il me rendra

 

P : Patriotique je serais en mangeant ce produit marseillais

A : Attentif à l'assiette de mon voisin et lui remplir je devrai

Q : Qualités de chaque produit je m'obligerais de vérifier

U : Utile et indispensable sont les nombreuses heures de préparation

E : Exceptionnel sera la sieste qu'il me procurera afin de digérer

T : Toujours finir la sieste par une partie de pétanque régénératrice

S : Serviable je serais quand ma femme me demandera de l'aider pour faire la vaisselle


Bon appétit à tous, faites couler les pieds paquets et vive la cuisine beurk !link


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

luc charlier 27/06/2013 14:58


Pieds et paquets pour pieds-paquets, et Luberon pour Luberon, Jacques, je te livre une double expérience récente, non loin du tambour
d’Arcole cher à Vincent Pousson qui avait grâce à lui découvert l’endroit : l’adresse (cour intérieure adorable) est tenue par un Gantois et sa compagne plus locale, sans que je puisse
garantir son AOP vauclusienne rien qu’à ses intonations : l’assiette se mange au restaurant « la Source » (http://www.restaurant-lasource.fr/) et le vin est un
Luberon du Domaine Clapier qui associe syrah, grenache et pinot noir (!) avec bonheur. Ce qui ne gâche rien, on t’accueille volontiers en néerlandais avec l’accent de Flandre Orientale.

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