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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 10:00

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Ce qui m’étonne c’est qu’il s’étonne d’être incompris notre petit Napoléon de la dégustation, le sieur Pousson.


Qu’il cita un vigneron de Brézème Julien Montagnon du Domaine Lombard pour étayer son combat rien de plus normal pour un critique de son envergure :


« Comment peut-on réunir ces 2 types de vins sous un même nom, une même philosophie, une même étiquette?


 Les énervés du « nature » parlent souvent de terroir, mais prenons l’acétate d’éthyle comme exemple ; son goût est identique au nord et au sud, le même goût sur un cabernet franc et sur un grenache. Finalement, sa trop forte présence tend à standardiser les vins comme l’utilisation des levures sélectionnées !


 Tous ces défauts mis bout à bout, et l’utilisation à tout va, de la macération carbonique conduisent à l’inverse de notre vision du vin. Le non-interventionnisme conduit inéluctablement à une standardisation des vins et à une négation du terroir et du rôle du vigneron. Dans notre esprit, nous tentons le moins possible d’intervenir sur nos vins mais « ne rien faire » c’est déjà faire quelque chose, c’est un choix et surement pas un dogme ou une règle.


Nous accompagnons les vins sans les brusquer mais en les préservant des défauts et maladies œnologiques. 

 

Alors oui, nous sommes en agriculture biologique, en Biodynamie, nos vendanges sont manuelles, nos vins sont toujours aux alentours de 40 mg/l de so2 total et nous n’utilisons pas d’autre additif. En fait, nous pensons que le vin est vivant mais nous travaillons à basse température, nous filtrons de temps en temps, nous utilisons des barriques de 1 vin, nous éraflons parfois et nous intervenons quand cela est nécessaire et selon notre sensibilité.

 

Alors ne m’appelez plus jamais nature.

 

Très bien, peu importe la boîte où l'on se range l'important c'est de rencontrer son public, le reste n'est que littérature pour les amateurs.


Mais là n’est pas le problème, celui-ci se niche, comme un détail, tout au bout de sa démonstration :


« D’un côté, des vins superbes, expression de terroir, droit, libres avec de belles buvabilités. Des vignerons, souvent pionniers de l’agriculture Bio, qui restent des modèles depuis longtemps pour nous.


Et de l’autre des vins informes, à la limite du buvable et cumulant tous les défauts du monde: acescence, acétate d’éthyle, évent, oxydation non-maîtrisée… Dans lesquels, il est impossible de découvrir un terroir, un cépage. Des vins incompréhensibles et malades à propos desquels le Tout-Paris s’extasie. »


En voilà une belle exécration, mais c’est quoi au juste le Tout-Paris ?


Un mot-valise, un fourre-tout commode permettant d’amalgamer les snobs, les bobos, en fait d’opposer les braves provinciaux à ces cons prétentieux de Parisiens et d’entretenir le vieil antagonisme entre les gens de la campagne et ceux de la ville capitale.


Ici, dans le cas d’espèce, il s’agit du Tout Paris du vin fréquentant les hauts lieux du naturisme : cavistes, bars à vins, cantines chic type Saturne, Septime ou autre Châteaubriant, le salon rue 89 d’Antonin Iommi-Amunategui, les lecteurs de Tronches de Vin et dernièrement adeptes de la résistance naturisme selon Jonathan Nossiter.

 

* la photo titre montre une brochette du Tout-Paris du vin en train de s'enfiler des vins incompréhensibles devant la Cave des Papilles haut lieu du parisianisme naturiste. 


En un mot comme en 100 c’est un profil type Guillaume Nicolas-Brion, en plus âgé : quadragénaire, avec beaucoup plus de thune que lui, travaillant dans la pub ou la prod, accompagné d’une belle et grande tige, roulant en scooter, logeant dans un loft sur les hauts de Belleville, qui passe ses vacances à l’Ile de Ré ou à l’Île aux Moines… Bref, un bobo arrogant, gentrificateur, qui ne saurait pas distinguer une poule d’un poulet, même bio.


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Ok,  mais encore ?


Où est le problème ?


En quoi les déviances réelles ou supposées d’une poignée de vignerons et l’adhésion d’une infime minorité à leurs breuvages incompréhensibles troublent-elles autant les gardiens du Temple ?


Beaucoup de bruit pour rien !


Que ça agace Pousson et ses frères j’en conviens mais pourquoi en faire tout un plat, resservir inlassablement les mêmes plats ?


C’est lassant !


C’est même chiant !


Ça frise l’obsession !


Comme un sentiment que tout cela n’est qu’un prétexte, un vieux compte à régler, une forme de relent de la Terre elle ne ment pas, un anti-parisianisme primaire, un refoulement, une volonté de s’affirmer paysan alors que tout bonnement l’on vit sa vie dans une grande métropole internationale.


Mais il y a un mais, comme tout un chacun, moi le premier, l’homme voudrait être aimé, du moins apprécié de l’élite des amateurs de vin nature comme ce bon Jonathan Nossiter leur nouveau Pape. Comme je le comprends le brave mais encore faudrait-il qu’il arrête un chouïa de nous saouler avec ses billets avec femmes à poils incorporées (ça booste l'audience de l'avis même de l'auteur)… Ses appels du pied tombent dans le vide, les naturistes parisiens sont aux abonnés absents, ils l’ignorent ou presque…


Désolant ?


Sans doute, mais pourquoi s’échine-t-il à chercher à comprendre des vins incompréhensibles ?


C’est de l’énergie mal placée. Dès qu’un vin est en bouteille pour être vendu qu’il est acheté et bu les fameuses déviances sont à classer au royaume de l’anecdote sans intérêt. N’oublions pas que les vins nature sont l’épaisseur du trait. Qui dérangent-ils ? Pas moi, je choisis de boire ce qui me plaît et je n’ai nul besoin de grands prêtres pour me dire ce qui est mauvais. Le populo non plus d’ailleurs, celui qui boit des vins à 2 balles.


Ferait mieux d’aller mettre son nez dans le vin courant notre cracheur de vinaigre patenté !


Mais revenons à la détestation des Parisiens en général et des Parisiens du Tout Paris en particulier.


Notre cousin et ami du Québec Louis-Bernard Robitaille le dit sans détour dès la première phrase de son livre Les Parisiens sont pires que vous croyez : « Le parisien a mauvaise réputation. »


Il enchaîne :


« Les provinciaux, c’est un fait avéré, ne pensent guère de bien de ces compatriotes de la capitale. D’ailleurs beaucoup d’entre eux y viennent le moins souvent possible, ou pour affaires, familiales ou professionnelles. Certains passent leur vie à voyager autour du monde sans presque jamais s’y arrêter. À Lyon, Angoulême, Bordeaux ou Nice, ils sont quelqu’un, on les salue, on leur tape sur l’épaule et on leur donne du Monsieur. À Paris, ils ne sont plus rien : rien que des provinciaux justement. »


« La mauvaise image du Parisien est si universelle que l’impétrant en vient parfois à se détester lui-même. Côté pile, il se rengorge d’être un «vrai Parisien ». Côté face, il s’empressera de vous expliquer qu’il n’a rien en commun avec tout cela, les Parisiens et le parisianisme, qu’il en a fait le tour depuis longtemps et que ça ne l’intéresse plus. Paris dit-il volontiers, est un haut lieu du cynisme, de la futilité et des fausses valeurs, c’est une ville sans âme et sans racines, et lui-même ne se sent revivre que lorsqu’il revient dans son Périgord natal (ou sa Bretagne ou  sa bonne ville de Bordeaux). Il se flatte de venir d’ailleurs et s’inventera au besoin une enfance lorraine ou des grands-parents ardéchois, car être né dans la capitale, c’est un peu comme arriver au monde déjà vieux et décadent, sorte de Pu Yi en sa Cité interdite. L’antiparisianisme est le stade suprême du parisianisme. »


Moi je vis à Paris depuis plus de 30 ans et je n’ai nullement envie de m’en excuser.


Tout d’abord Paris n’est qu’une toute petite ville : 105 km2, en fait 65 si l’on retranche les bois de Boulogne et de Vincennes, 2,25 millions d’habitants soit 20 980 habitants au km2 selon l’INSEE alors que Shanghai, symbole de la ville tentaculaire n’en affiche que 3600, Londres 4978 et Rome 2165. Nous sommes la seule grande capitale à être entièrement encerclée par un wrong side, celui du périphérique.


Entassés, encerclés, nous n’avons nul besoin de nous défendre mais plutôt d’inventer un vrai Grand Paris avec nos voisins les plus proches. Laissez-nous donc assumer notre destin nous ne sommes pas responsables du fait que « Paris monopolise les pouvoirs comme aucune autre capitale dans le monde » Vous en êtes aussi responsables que nous.


D’autre part, ras la coupe des amalgames : les jeunes, les femmes, les émigrés, les vieux, les bobos, les Parisiens… ça veut tout dire et rien dire, c’est commode pour allonger la sauce de tous les préjugés et les diatribes creuses.


Quant au Tout Paris, vague poignée de happy few, et à son parisianisme je laisse ça à l’humour décapant de François Morel. C’est un vrai bijou à voir et à entendre absolument.



"Parisianistes !" : le Billet de François Morel par franceinter

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 00:09

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De Rochechouart jusqu'à Ménilmuche/D'la rue d'Lappe à la rue d'la Gaité/Y a pas un' môm' dans tout Pantruche/Qui avec la mienn' pourrait lutter/De la tête aux pieds quand on l'épluche/On ne trouv' rien à lui reprocher/C'est un oiseau rar'/Que Roi des veinards/J'ai eu le bonheur de dénicher : Ah ! si vous connaissiez ma poule, /Vous en perdriez tous la boule. /Ses p'tits seins pervers/Qui pointent au travers/De son pull-over/Vous mettent la tête à l'envers !/Elle a des jambes faites au moule/Des cheveux fous, frisés partout/Et tout et tout.../ Si vous la voyiez, /Vous en rêveriez !


Les paroles de cette chanson des années 30, 1937, expriment avec justesse ce qu’était la gouaille joyeuse et moqueuse, légère du p’tit populo parigot qui aimait guincher et danser dans les guinguettes du bord de l’eau pour oublier le boulot. Maurice Chevallier le surjouait, alors qu’Arletty fut l’incarnation idéale de la Parisienne délurée et spirituelle. « Atmosphère, atmosphère. Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? » (Hôtel du Nord). Même lorsqu’elle fit preuve de légèreté sous l’Occupation en donnant son cœur à un officier allemand, elle assuma et ni les juges, ni le public ne lui en tint rigueur.


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Avoir une poule, de mon temps, dans ma Vendée crottée, c’était avoir une petite amie qui acceptait, à titre gratuit, ce que la grande majorité des filles refusaient. Bien sûr, dans le langage courant des bien-pensants, les poules, surtout celles de luxe, c’étaient des femmes légères, des femmes faciles, des grues,  «Une vraie poule de luxe ne baise pas... ou du moins baise le moins possible !» Enfin, par extension, dans les BMC, les poules pouvaient être aussi des péripatéticiennes « Au bordel d'Epernay, les poules disaient aux fantassins : «Profites-en, mon p'tit gars. T'attaques le 17 !» La conviction que cette offensive tournerait au désastre était générale… »


Fernandel :


-          Je marie ma fille.

-          Oh ! Putain !

-          Non, pas l’aînée, la cadette.


Lorsque j’affirme « je veux des poules dans mes vignes ! » je vous balade un chouïa.


Comme vous le savez j’adore les petits livres que l’on glisse dans sa poche.


Celui-ci commence par un avertissement, « à un futur passionné de poulettes qui s’ignore » plein de drôlerie.


« Tu vas bien t’embêter avec ça ! », tel fut l’avertissement décourageant de ma grand-mère, fière jardinière et éleveuse de poules rôdée, mais traditionnelle. C’est-à-dire le jardin d’un côté, et les poules, solidement enfermées, le plus loin possible, dans un enclos au sol damé à mort et pas joli, joli.


Inspirée par les pépiniéristes flamands qui lâchent des poules chaque matin dans leurs cultures pour faire le ménage gratuitement, j’ai donc pris des poules. Dix ans après, je n’en reviens toujours pas de cette compagne étonnamment bête, franchement rigolote, souvent quasi-philosophique et écologiquement efficace !


Côté ménage, rien à dire. Si vous avez des poules, vous pouvez dépenser agréablement votre budget « granulés anti-limaces » et piège à mouches des fruits, car vous ferez des récoltes épatantes, garanties bio, grâce à ces gratteuses invétérées pour lesquelles le ver, le moucheron comme le limaçon, voire la grosse limace baveuse, son mets de choix.


Côté philo, on ne se lasse pas de réfléchir au mystère de ces vraies imbéciles qui détectent à  10 m la présence d’un vermisseau invisible et gardent des années durant la mémoire du lieu où elles se sont gavées, même 5 minutes. Et puis, observer ses poules détend, non sans vous rappeler les mesquines querelles de bureau et vous interroger sur les ressorts de la cruauté d’une économie sans pitié.


Tout ça sans compter qu’élever des poules, c’est œuvrer pour le bien-être de la planète.


Car ayez deux poules et le poids de votre poubelle « recyclable » sera quasi réduit à zéro. Au point qu’en Belgique, la région wallonne a décidé de subventionner leur élevage domestique. Alors, on essaie, on jardine avec des poules !


Mode d’emploi ! »


Tout y passe : choix de la race « poule pop ou poule chic ? »,  le nombre : 2 c’est mieux, 3 bonjour les dégâts ! » « Gros derrière, grosse pondeuse ? » « Cul d’artichaut, cœur d’artichaut ? » « Pas de coq, pas d’œufs ? » « Oui à l’indépendance, non à la révolution ! »


Vous saurez tout grâce à ce joyeux petit livre « Je veux des poules » Beucher Larousse 5€


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J’entends déjà des ricanements dans les rangs : « mais qu’est-ce qu’on en a à péter de ses poules au Taulier ? »


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Tout bêtement parce qu’avoir des poules dans ses rangs de vigne c’est plus intelligent que de radoter sur la présumée stupidité des « naturistes » (amateurs de vins natures) comme le fait le petit derviche tourneur le grand sachant qu’adore les seelfies de lui.


Allez donc voir dans la patrie de ce bon Jean Carmet si j’écris des conneries : « Des poules et des vignes à Bourgueil »


« Ingrandes-de-Touraine, c'est l'histoire d'une rencontre entre Vincent Simon et Philippe Boucard, leur complicité, c'est ensuite la naissance d'un projet, celui d'introduire les poules du cuisinier dans des vignes conduites par le vigneron, puis la recherche de l'équilibre entre nature et jardin et que revive le Vignoble de la Galotière. » link


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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 00:09

J’aime les jours qui commencent en pente douce dès l’éveil, me laisser-aller, me laisser porter la tête dans les étoiles et le cœur léger. Cap au nord, sous la Grande Verrière de la Gare du Nord je rejoins mes deux compagnons de voyage tout juste sortis des brumes de la nuit, direction Bruxelles-Midi d’un seul trait. Notre guide Patrick nous accueille et nous marchons sous un franc soleil jusqu’à la Grande Place où nous effectuons notre première station d’un chemin qui ne sera pas de croix mais de joie.


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Nous marchons dans la ville. Ma meilleure amie, la folle du logis, ce petit vélo qui vagabonde dans ma tête, m’investit, baguenaude, trace des échappées belles, me nourrit d’images et de mots. M’éclaire. En ce beau jour Bruxelles plante le vaste décor de mon imaginaire, je suis ailleurs et ça me va.


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J’aime !


Nous restaurer…


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Les Brigittines, havre de paix art nouveau, du beau, discrète élégance, adéquation parfaite avec l’insoutenable légèreté de mon vieux cœur tout boucané.


J’aime !


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Il m’est dit que, Dirk Myny, « fait partie des rares chefs à s’évader dans le vignoble dès que l’occasion se présente et qu’il propose la plus belle carte de la capitale en vins d’Alsace, une région qu’il connaît sur le bout des doigts et qui lui a donné le goût des crus qui sentent la terre et le travail. » L’homme aime tous les vins, pourvu qu’ils soient élégants et généreux.


Nous sommes ici pour Cantillon !


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Mon petit doigt me dit aussi qu’il fait partie d’une bande des 4, de bons vivants, des noceurs, des bosseurs… Dirk, la suite nous le prouvera, est fidèle à ses origines la campagne du Pajottenland, où il a grandi.


Nous sommes 7 à table, une petite Europe du Sud à nous tous, franco-italienne, cornaquée par notre ami Patrick, belgo-suisse, qui aime tant les vins nature de nos voisins de la Péninsule.


Nous mangerons et boirons avec les accents des flacons de Cantillon.


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C’est aujourd’hui Quintessence de Cantillon.


René Sépul du Soir souligne très justement que « Dirk, Maître cuisinier de Belgique, s’est surtout fait seul, traçant ses sillons gourmands sans s’occuper de ses voisins, toujours concentré à tirer vers le haut les produits de terroir qu’il apprécie. Son assiette est franche, joyeuse, goûteuse… il a su faire évoluer les choses. Mettant l’accent sur des plats plus personnels et plus créatifs, sa maison est aujourd’hui paradoxalement plus bruxelloise, et c’est un plus. Dirk a rencontré des artistes du goût, comme Jean Van Roy de la Brasserie Cantillon, dont il intègre les impeccables lambics et autres gueuzes dans ses casseroles. »


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Table vivante, sans chichis, créative, dénuée des artifices des chefs qui privilégient la forme, exaltation de saveurs riches, alliance précise tels le petit épeautre cuit en risotto et les fines crevettes grises décortiquées qui accompagnent le cabillaud vapeur nappé d’un sabayon au lambic Cantillon. Et puis, quels mots mettre sur son zennepot, « un plat créé un soir de fête en pensant aux copains, un truc un peu dingue où se rencontrent chou cuit à la gueuze, bloempanch, saucisse sèche et bulots… » ?

 

Un seul : c’est grand !


J’aime !


Je ne suis pas très dessert mais le granité de Kriek de Dirk m’a enchanté et ravi. Pensez-donc un granité accompagné d'un bleu !


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Au long de ce très beau repas le temps s’est suspendu, aérien, sensible à la magie du génie de la main qui fait, fort de la supériorité radicale et indépassable de l’artisan, j’étais heureux. Nous étions heureux !


Loin de nous faire redescendre sur terre, Patrick, zélateur infatigable et sincère des vins natures nous abreuvait de magnificence : un Muenchberg Grand cru Riesling n°3 1999 Julien Meyer.

 

Grand !


Nous pouvions continuer notre pèlerinage au pays des merveilles : cap sur Cantillon !


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Pour connaître Cantillon lire mon reportage de 2013 : Vigneronne link 


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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 00:09

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Sur la 4e de couverture de l’ouvrage de référence d’André Gluksmann, du moins celui qui lui rapporté sa part de notoriété sur laquelle il a survécu, le plus imbuvable des « nouveaux philosophes » qui ont éclos dans la grisaille des années 70, « Les maîtres penseurs » on pouvait lire :


« Toute la famille fait dans la politique. L’aîné, Johann Gottlieb Fichte, passait pour jacobin – un futur Lénine ? Hegel, un peu tout, un peu là, offre de devenir maître et possesseur non seulement de la nature (style Descartes) mais de la société. La domination de la terre, résume Nietzsche. Ça ne se refuse pas.


En cent ans la pensée allemande est devenue mondiale. La dernière fleur de la métaphysique occidentale ? La première pousse du Goulag ? Une anémone, une fleur de vent, du vide, glisserait Socrate.


Panurge qui ne veut ni être battu, ni volé, ni trompé a droit au cocktail. Un rien de révolution française, un zeste d’économie politique anglaise et un vieux fond de science allemande recommandée par Marx. Cela n’a pas empêché les marxistes de battre et d’être battus, volés, cocus.


L’ordre règne dans le siècle et l’obéissance dans les têtes. Face Est, le continent du grand mensonge, côté Ouest, les provinces du se mentir. A la porte, un vagabond, personne visiblement déplacée. Il y a quelque temps on eût dit : un juif. La famille prouve que Mai 68 est impossible. Et la révolte des jeunes Américains. Et la résistance des Russes qui kidnappent Pinochet pour l’échanger contre Brejnev. Quand il entend parler de contestations, Doc prépare la piqûre. »


J’ai toujours eu, et j’ai toujours, le plus grand respect pour les maîtres, ceux dont je me suis nourri, mais je fuis comme la peste bubonique les nouveaux maîtres penseurs du vin, ceux qui nous vendent  du prêt à penser en kit sous prétexe qu'eux savent.


Imbuvabilité ?


-          Le noah de mon pépé Louis était-il imbuvable ?


-          Non, j’en ai bu et ce fut mon vin d’initiation…


-          La Suze de mon père était-elle imbuvable ?


-          Bien sûr que non, j’en ai bu car ça faisait genre au temps des babys de whisky en boîte.


-          J’ai toujours trouvé au whisky (celui de ma jeunesse) un goût de punaise, pour autant je n’ai jamais affirmé que ce fût imbuvable.


-          Les vins de voile sont-ils imbuvables pour madame Michu qui carbure au jaja minable ?


-          La réponse est oui, elle n’aime pas !


-          Et si l’imbuvabilité n’était qu’une simple question d’aversion, de goût personnel, au nom de quoi de nouveaux maîtres-penseurs viendraient du haut de leur chaire imposer leur norme de buvabilité ?


-          Mais ici il s’agit de vin Taulier…


-          Et alors, je suis bien d’accord, mais est-ce que ça justifie de s’interroger doctement : Doit-on parler des vins imbuvables?link


-          Bien sûr que oui, mais n’en déplaise à l’auteur de la question : sa notion d’imbuvabilité est la sienne et je ne vois pas en quoi elle devrait s’inscrire comme une référence.


-          Oui mais c’est un maître, une référence, une vigie…


-          Et alors, si je n’ai pas envie d’entrer dans son port, d’y amarrer mon galion, je n’en ai rien à faire de ses lumières. Elles sont là pour ceux qui estiment en avoir besoin, ceux qui ont besoin qu’on leur tienne la main…


-          C’est la fonction même d’un critique que je sache ?


-          Bien sûr que oui mais moi qui suis un buveur, et non un dégustateur en boucle, je ne vois pas au nom de quoi je m’interdirais d’emprunter des chemins qui ne sont pas les siens et surtout que mon goût fasse l’objet de ses risées… de ses sarcasmes... comment ose je boire l'imbuvable ?


-          Compris mais puisque tu dis aimer la castagne dis-nous Taulier si tu as trouvé le film de Nossiter imbuvable ?


-          … je ne suis pas sorti de la salle…


-          Mais encore…


-          Rien, il serait cocasse que je me mette dans la peau d’un critique alors que je réfute une certaine forme de terrorisme intellectuel. Si vous souhaitez avoir un avis éclairé allez donc lire ce que pense du film Fabrice Le Glatin c’est ICI link 


-          C’est noté mais pourquoi avoir associé imbuvabilité et infaillibilité ?


-          Pour faire genre, les 2 vont en général bien ensemble… je m’explique !


INFAILLIBILITÉ


Je lis dans le Libération Next-food du 25 avril 2014 sous la plume d’Olivier Bertrand et de Christophe Maout « le rouge et le blanc», une revue vin sur vin ceci :


« François Morel, le rédacteur en chef, intervenait souvent, parfois bourru. L’homme a la voix un peu rauque de Philippe Léotard et un drôle de tic de la main, comme s’il vidait un verre d’un trait. Tout le monde était admiratif du saut qualitatif survenu à la fin des années 2000. «L’élevage est là mais il ne marque pas, disait Morel. Il ne ramène pas sa gueule. De toute façon, il n’y a jamais trop d’élevage, c’est seulement qu’il manque parfois un peu de vin derrière.» A la fin, la vigneronne leur a fait goûter une cuvée ratée. L’acide acétique avait pris le dessus, elle a appelé cela «Oups», le vend comme vinaigre. Ils ont goûté sérieusement. «Désolé, ce n’est pas du vinaigre, c’est du vin piqué», a tranché sans fard le rédacteur en chef. » link 


Et je n’aime pas ça !


Je suis 100% Le Rouge et Le Blanc !


J’ai une grande estime pour François Morel.


Ce que je n’aime pas c’est sa dernière phrase, même si elle correspond à une réalité, je la trouve donneuse de leçons, irrespectueuse de ce que fait la main, celle de Claire Naudin en l’occurrence. Lorsque le critique se pique de jouer au vigneron à mon sens il sort des limites de l’épure de son travail. Comme le dit très justement Marc Parcé : « il est plus facile de faire du vin avec des mots qu’avec du raisin… » Qui risque rien n’a rien ! Si Claire Naudin s’est plantée c’est qu’elle a essayé. Vinaigre ou vin piqué qu’importe, ce qui compte c’est le faire. Les jugements tranchés du haut de la chaire très peu pour moi.


J’adore les bulles mais j’exècre les bulles pontificales trempées dans l’infaillibilité.


« Je suis pour le retour du fouet. Mais entre adultes consentants. » Gore VIDAL  écrivain et acteur américain (1925-2012)


comment cracher le vin avec élégance par Miss_GlouGlou

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 09:00

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J’avoue que j’ai longuement hésité avant d’écrire cette chronique tellement j’étais sidéré de la vacuité de ce que je venais de lire, tout à fait par hasard, sur Face de Bouc. J’étais dans le métro car il pleuvait sur Paris et comme dans le métro je m’ennuie alors je consulte le fil d’actualité de FB qui devient, de plus en plus, pour certains, le bassin déversoir de l’ennui de leur vie.


En ce haut lieu de l’insignifiance la notion même de débat constitue souvent une insulte à l’intelligence. Pour faire genre sur la blogosphère du vin il faut commencer par s’interroger gravement sur des sujets dont la futilité réjouirait les pires piliers de bar adeptes des brèves de comptoir, puis, dans la foulée du buzz ainsi provoqué, échanger des horions avec les clampins du camp d’en face. Ça n’atteint même pas le comique de répétition tellement la plupart des protagonistes de ce genre de pugilat sont dépourvus de talent de plume.

 

C’est indigent, consternant, à jeter à l’évier !


Comment peut-on consacrer la plus petite parcelle de son temps à s’empailler sur un fait de la plus haute importance : « être allé vite fait cracher à l’évier un « vinaigre » raté (ndlr un vin nature bien évidemment) ?


Ça me rappelle une mode très en vogue dans le cinéma réaliste : des séquences dans les chiottes…


Cuvette ou évier tout va à l’égout, ce qui permet d’élever bien sûr le débat très au-dessous de la ceinture…


Vous me direz que ce n’est pas plus con que de passer son temps à pêcher à la ligne ou à jouer aux dominos. Piquer un sprint vers l’évier permet de faire de l’exercice pour les gens très sédentaires que sont les gouteurs professionnels de vin.


Quand on n’a que cela à foutre ce n’est qu’une manière comme une autre de se détendre et puis se foutre de la gueule des gens du camp d’en face ça évite de se remettre soi-même en question.


Attention, je ne mets pas en question ici l’utilité de la critique, bien au contraire, en ce domaine, puisque je suis un vieux con, je suis de la tendance Charensol-Bory aux riches heures du « Masque et la Plume » : je l’ai écrit ce matin j’aime la castagne et même la mauvaise foi.


En revanche, j’ai du mal avec ceux qui nous resservent à longueur de temps les mêmes plats réchauffés. Chacun est libre d’aimer ou d’exécrer, même de tailler en pièces, de se moquer de la prétention, d’écrire ce qu’ils ont envie d’écrire, c’est le principe même de l’espace de liberté qu’est un blog, mais de grâce qu’ils nous épargnent la même mise en scène, leur explication de texte sur le pourquoi du comment.


C’est lassant !


Moi ça me fait chier.


Je fuis.


Alors pourquoi écrire cette chronique ?


Ce qui m’a poussé à la commettre c’est que, comme je l’ai écrit ce matin, Jonathan Nossiter qui m’avait remis à ma petite place, car j’osais immiscer mon petit grain de sel dans sa nouvelle croisade pour promouvoir la résistance des vignerons naturistes, est le Dieu vivant de l'adepte du cracher dégoût vers l'égout.

 

 

Comme une histoire de l'arroseur arrosé, quoi !

 

 

J'avoue que ça me fait bien rire...

 

 

Ce n'est pas très charitable mais ça me fait du bien...

 

 

Voilà pour le prétexte de cette chronique ironique, mais revenons au fond de ma chronique de ce matin afin de satisfaire votre curiosité.


 

Qu’ai-je osé dire me demande-t-on pour faire sortir Nossiter de ses gonds ?


Rien de très original, j’ai seulement émis des doutes sur la désobéissance civile nouvel outil de résistance de l’avant-garde des vignerons naturistes italiens et défendu le retour au combat collectif des vignerons.


Le plus drôle c’est que, hier au soir, je suis allé au cinéma voir le nouvel opus de Jonathan Nossiter : « Natural Resistance » du côté de la porte des Lilas dans une superbe salle et que, au fur et à mesure que sur l’écran je contemplais les images, je m’imaginais la tête que ferais le coureur-cracheur s’il se tenait à mes côtés. Je ne pouvais m’empêcher de rire dans ma petite Ford d’intérieur.


Pourquoi ?


Ça je ne vous le dirai pas car j’ai juré devant Isabelle Saporta de ne plus jamais proférer une quelconque critique à l’endroit de Jonathan Nossiter car c’est péché mortel et je ne veux pas brûler dans les flammes de l'Enfer !


Je plaisante à peine mais, dans la mesure où « Natural Resistance » ne sortira en salle qu’au mois de juin, j’estime qu’il est prématuré de lancer le débat.


De débat il n’y en a pas eu après la projection et, en dépit des « provocations » d’Isabelle Saporta j’ai fermé ma grande gueule ?


Sage comme une image votre taulier, concentré, souriant, se contentant de consommer l’excellent sandwich de Claire et de boire un génial vin de Sicile en papotant avec les filles et quelques garçons. Ce ne m’a pas empêché d’entendre ce que disaient ces jeunes gens sur le film. Très intéressant, mais là encore, eu égard à la notoriété d’Isabelle Saporta, à l’influence d’Ophélie Neiman, de la grande pertinence de mes jeunes et brillants amis de Socialter et du jugement très professionnel de Jean-Christophe Clément dit « ça goûte bien », j’estime que ce sont des quasi-secrets de confession. Bien évidemment, mon espace de liberté leur est ouvert si l’une d’elle ou l’un d’eux souhaitaient libérer sa conscience lourdement chargée. Amen.


En live, pour Alain Leygnier, le débat auquel je fais référence dans ma chronique de ce matin a eu lieu le dimanche 27 avril en ouverture du salon des Vins de rue 89 à la Bellevilloise à Paris. Son thème était « Désobéissance civile dans le vignoble : résistance ou délit ? ».


En conclusion, permettez-moi de trouver certains d’entre vous bien exigeant pour ma pauvre petite personne : « il n’est pas écrit sur mon front : agent d’ambiance pour débat entre soi… » j’ai beaucoup mieux à faire… Vous devriez vous adresser au lévrier de l’évier, il adore ça…


Dernière indication nul besoin de me demander le nom du lévrier de l’évier je resterai bouché à l’émeri sur lui…

 

 

* photo : l'urinoir de Marcel Duchamp qui est la destination naturelle des vins naturels selon le lévrier de l'évier

 

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 00:09

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Ha ! Qu’il est bon de débattre ensemble, entre soi, bien au chaud dans le cocon douillet d’un lieu où l’on ne risque pas de croiser les affreux, sales et méchants qui font tout pour nous embêter. Dans un silence quasi-religieux on boit avec délectation les paroles du maître venu d’ailleurs, ici le nouveau gourou des naturistes Jonathan Nossiter, on se sent conforté dans ses convictions, on est bien.


Mais, horreur, malheur, voilà-t’y pas qu’un péquenot, qu’a pourtant la dégaine d’un bobo, modèle vieux non révisé, débarque avec ses gros sabots pour mettre les pieds dans le plat. Stupeur et tremblement, le maître sur l’estrade se cabre, morigène l’intrus, lui fait comprendre que ses propos iconoclastes n’ont pas droit de cité en cette enceinte préservée. Il décoche une flèche perfide qui se veut définitive, disqualifiante « je ne comprends pas ce que vous dites… »

 

Même pas coulé le Taulier...


Dans la salle un gentil bobo se dit attristé par de tels propos, pourquoi vient-on l’embêter avec des mots d’un autre temps : le combat collectif, la bataille des idées, le rapport des forces, rien que des vieilleries poussiéreuses. L’important, pour lui, c’est que ce soit bien pour lui, les autres, il s’en tamponne en soupirant gentiment. C’est un gentil c’est sûr qui n’a pas à se soucier de convaincre les Michu d’Hénin-Beaumont ou de Beaucaire du bien-fondé de sa résistance individuelle. Il est heureux c’est son « Sam suffit à lui »


Je force à peine le trait et je n’ai aucun regret d’avoir endossé les oripeaux du mec qu’on déteste parce qu’il vous met le nez dans vos contradictions en affichant les siennes. C’est très politiquement incorrect dans un bocal de consensus mou. Des angles, des aspérités, du dur, n’est-ce pas la vie que l’on vit, cette putain de réalité qu’il faut chaque jour se taper.


Certes j’ai bien conscience de me retrouver dans la peau du vieux con. J’assume ! Même que je me sens conforté par ce qui n’est en rien une posture lorsqu’Isabelle Saporta, qui était elle aussi sur l’estrade, me confie « aimer la castagne… »


Elle pardonnera mon impertinence en rebondissant sur son propos par la voix de Claude Nougaro. « Ici même les mémés aiment la castagne, ô mon pais, ô Toulouse »

 

Bon pour terminer un petit rappel aux bobos transis dans ma chronique « Lettre d’un parisien à ses amis italiens de Paris : préparez-moi une Vignarola alla romana ! » j'écrivais : « Mais je ne saurais terminer cette lettre sans évoquer le vin par l’entremise du le nouveau film de Jonathan Nossiter « Natural Resistance » qui célèbre les « résistants » du vin italien : Giovanna Tiezzi et Stefano Borsa, Elena Pantaleoni ou Stefano Bellotti  vignerons de Toscane, d’Emilie-Romagne ou du Piémont qui produisent du vin naturel. » link

 

Et du côté des vins de Stefano Bellotti  je n’ai pas attendu Jonathan Nossiter pour dire que je les aimais 22 mai 2012 « Le Taulier fait dans le genre guide du routard en plus chic pour vous faire découvrir la patrie du lardo di Colonnata et, avec ça, vous boirez quoi ? » link


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* sur la photo Pierre Haski, cofondateur du site Rue89, ouvre les débats au Salon Rue89 des vins avec Domaine Emmanuel Giboulot, Antonin Iommi-Amunategui, Isabelle Saporta et Jonathan Nossiter

 

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 07:52

Mon collègue et ami des 5 du Vin, Michel Smith, se désole ce matin dans sa chronique Le vin n’est qu’un perpétuel grand marronnier : « Si, si, je vous le jure ! En trente ans, qu’est-ce qui a vraiment changé dans le discours sur le vin ? C’est bien simple, pas grand-chose et je me le disais l’autre jour en lisant l’article d’un confrère, je ne sais plus lequel et de toute façon cela n’a que peu d’importance, qui se lamentait sur l’excès de bois que la dégustation d’un Bordeaux, je crois, faisait ressortir. Et c’est alors qu’après une de ces siestes au cours desquelles il m’arrive de réfléchir, je me suis dit que mille milliards de mille sabords, mais je tenais peu ou prou les mêmes propos il y a 30 ans sur tous ces «super pinards» boisés que l’on voyait fleurir et qu’on nous infligeait sous le nez. Conséquence : hormis la croisade des vins « nature », les discours n’ont guère évolués et les sujets non plus, soit-dit en passant. Il n’y a qu’à lire les blogs du vin pour s’en rendre compte… » link 


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Qu’est-ce donc que ce marronnier qui n’est pas de l’Altenburg – minute culturelle faisant référence à un opus méconnu d’André Malraux Les noyers de l’Altenburg – ?


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Un expert répond : « À l’origine, le marronnier, expression du jargon journalistique fait référence à un marronnier qui fleurissait chaque année sur la tombe des Gardes-Suisses morts à Paris en 1792.


Vraisemblablement, c’est au premier jour de printemps qu’un article paraissait dans la presse pour commémorer cet évènement. Depuis lors, cette pratique est devenue un véritable outil au service de l’organisation éditoriale »


Il ne faut être sorti de Polytechnique pour constater que les marronniers journalistiques poussent aujourd'hui en massif quasiment forestier « Recopier la liste des 160 derniers titres de couvertures de L'Express, Le Nouvel Observateur, et Le Point -- soit 480 manchettes --, a confirmé la perception qu'on en avait a priori: le vocabulaire, la structure des phrases et des questions sont toujours les mêmes. Tout est «caché», tout est «livre noir», tout est «secret». Il y a toujours «Ceux qui», au choix, «ruinent la France», «profitent», «fraudent» ou «massacrent l'école». Les newsmags, dans leurs manchettes, nous promettent toujours de révéler «la vérité», ou de nous montrer «les coulisses».


Le même traitement existe pour la presse quotidienne, la radio et la télé : tout le monde aborde les mêmes sujets en même temps, avec un ordre des facteurs différents en fonction de la ligne éditoriale, c’est panurgisme à tous les étages.


Et sur la Toile alors, ses blogs, ses réseaux sociaux de Face de Bouc à Twitter, qu’en est-il ?


Comme pour les radios dites libre, nées en 1981 par l’ouverture de la bande FM, au foisonnement, au débridé, au n’importe quoi, à la spontanéité, succède une mise aux normes. Les illusions des origines s’envolent, telles des feuilles mortes de l’automne, pour laisser la place à des réalités plus triviales : écrire c’est bien mais encore faut-il être lu alors chacun s’en remet aux bonnes vieilles recettes des anciens : flatter son lectorat, le brosser dans le sens du poil, étriller ceux qu’il ne peut pas piffer, lui écrire ce qu’il a envie de lire. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre mais plutôt avec du miel.


Bien évidemment le monde des médias du vin, déjà fort étroit et très nombriliste, n’échappe pas à cette dérive, il tourne en rond avec une suffisance et une constance remarquables. Les blogs qui se voulaient une bouffée d’oxygène eux aussi font, pour la plupart, lorsqu’ils ont survécus à la crise de l’adolescence, laborieusement dans le marronnier.


Contrairement à ce que conclut Michel, ce n’est ni le vin, ni ceux qui le font, qui sont en cause – même si les vignerons de tout acabit, les négociants, les coopés, ne brillent pas forcément dans leur approche de la communication et de l’information – mais la capacité des écrivains du vin d’ouvrir leur focale, de s’adresser à des lecteurs qui ne sont pas que du monde du vin, de les intéresser, de les hameçonner, de traduire en des histoires, des reportages, des rencontres le bien-vivre des gens du vin, la convivialité, le partage. Se mettre dans leur peau, cesser d’imaginer qu’ils sont tous fous de vin, qu’en dehors du vin il n’y a rien.


Depuis l’origine de ce blog je psalmodie la même antienne : ouvrez vos portes et vos fenêtres, osez, tentez, renouvelez vos manières d’aborder vos sujets, déconnez, soyez léger ou sérieux ou les deux à la fois, pour cela travaillez, soyez attentifs à l’air du temps, prenez des risques en abordant les sujets qui fâchent, persévérez au lieu de papillonner ou de butiner chez le voisin. Tout est possible sur l’espace de liberté qu’est le Net alors ne vous restreignez pas, ôtez vos barrières intérieures. Que risquez-vous ? Rien ! En effet, pour la plupart d’entre vous ce n’est pas votre gagne-pain.


Moi, qui suis en fin de cycle, ma seule ambition est de monter sur mon nouveau Tandem et d’avancer, en pédalant de concert, sur des terres nouvelles en prenant en priorité les chemins de traverse, les voies vicinales ou les routes départementales car sur les autoroutes les vélos n’ont pas droit de cité.


Si nous passons près de chez vous faites-nous signe nous partagerons avec vous le pain et le sel, boirons de bons coups et plus si affinités…

À bientôt sur mes lignes et sur les vôtres j’espère…

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 00:09

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Le 14 avril, sur son mur Face de Bouc André Deyrieux se désolait.

 

« Quand j’ai créé Winetourisminfrance, je pensais pouvoir être exhaustif.

 

Nous partions avec notre filet à papillons et nos Timberland de fonction glaner les initiatives oenotouristiques dans les différents vignobles, et chacun des correspondants était tout heureux de poser sur nos pages une belle prise…


Aujourd’hui, les communiqués de presse Œnotourisme des grosses caves, des départements, des syndicats d’appellation... font 10, 15 ou 30 pages… surtout aujourd’hui, en avril, en début de saison…


Mais où est l’originalité, l’authenticité, la mise en valeur des patrimoines... bref, le fait ou l’événement illustrant véritablement notre nouvel article de loi : « Le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France. » ?


Ben oui, mon cher André, ils n’ont rien compris à la communication d’aujourd’hui… C’est du lourd, du trop lourd, indigeste, illisible au sens où dans un univers privilégiant l’instantanéité, la rapidité, qui prend le temps de lire ?


On peut le regretter mais pour être entendu, compris, il faut se plier aux lois de l'exercice sinon mieux vaut pisser dans un violon ou mettre son bel argent ailleurs. Dans le cas des gens du vin ceux-ci n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes, à leurs choix de communication et de communicants, frileux, conservateurs, petits bras, redondants, sans originalité.

 

Affligeant !


Quand je lis le fatras que je reçois les bras m’en tombent. Mais comment peut-on espérer faire rêver, donner le goût du vin, de son histoire, avec un tel galimatias incolore, inodore et sans saveur ? Ça a la gueule d’une dissertation besogneuse de potaches, certes sympathiques, même appliqués, mais réinventant sans grand brio l’eau chaude. Pour sûr que ça excite l’imagination, ça donne surtout envie d’aller voir ailleurs.


Oui mais ça fait plaisir aux présidents, aux élus, aux braves porteurs d’eau qui les entourent même si c’est jeter le peu d’argent dont on dispose par la fenêtre pour qu’il tombe dans un puits sans fond : celui de l’indifférence.


Dans l’immense et incessant flux d’informations de toute nature le petit filet d’eau tiède des gens du vin passe le plus souvent inaperçu du grand public. Il n’intéresse, et encore, que le petit cercle des initiés. Les gens du vin s’adressent aux gens du vin sans même chercher à hameçonner ceux pour qui ça n’est qu’une boisson, certes sympathique, pour accompagner repas ou fêtes.


Et pourtant, sur la Toile et ailleurs, avec une économie de moyens, de l’imagination, de la patience aussi, il est possible de prendre place, de s’installer, d’exister, de communiquer.


Encore faut-il  se poser les bonnes questions, écouter, accepter les regards extérieurs, prendre le temps  d’investir en des outils fins, pointus, pertinents, qui marqueront un territoire, s’incrusteront, permettront ce que l’on appelle l’information de longue traîne qui, tel un chalut, draguera de plus en plus de poissons au fil du temps.


Je n’en finis pas de m’étonner de la ringardise des méthodes utilisées par la grande majorité des communicants du vin. Même sur les réseaux sociaux ça frise la correctionnelle.


Entendons-nous bien, je fais référence à la communication, pas à la publicité qui  exige, elle, un niveau de bruit si puissant que peu d’entreprises du vin (hormis les grandes maisons de champagne) disposent des moyens financiers pour y avoir recours en déployant un niveau de puissance pertinent.


Peu d’intervenants se posent même la question de savoir si leur communication est compréhensible, j’oserais écrire digestible, par les nouveaux arrivants à la consommation du vin aussi bien sur le marché domestique que sur les marchés d’export matures ou émergeants. On se contente de reproduire un discours formaté par l’approche purement dégustative avec un langage pseudo-technique avec parfois une pincée de lyrisme et trop souvent une bordée de clichés éculés. Beaucoup de communiqués de presse sont des monuments de baratin besogneux qui, s’ils étaient lus par madame Michu la ferait fuir.


Tout le monde semble content ou fait comme si, alors pourquoi se battre contre des moulins à vent ?


Tout bêtement parce que sur la Toile, de par sa structure sans frontières, sauf celles des langues, il est possible de bâtir et de développer des outils de communication efficaces peu budgétivores.


Lesquels me direz-vous ?


Mon penchant naturel serait de répondre à cette question, de développer mais, réflexion faite, je me dis que je serais vraiment une trop bonne poire de mettre sur la table le fruit de ma petite expérience sur la Toile acquise depuis 9 ans déjà.


Maintenant que je suis libéré de mes attaches salariales j’ai décidé de me mettre à mon compte. De proposer mes services à qui voudra s’engager dans la définition et la réalisation d’une politique de communication adaptée aux spécificités de l’Internet.


Sans doute en ai-je trop ou pas assez dit mais le projet que je mitonne depuis quelques semaines prend forme. Alors avis aux amateurs, je lèverai le voile en mai. En attendant vous pouvez toujours me contacter si vous êtes intéressés…


Nom de code : Tandem *

 

* sur la photo les pneus du Tandem sont dégonflés mais vous remarquerez que l'engin est muni d'une pompe : le moment venu nous lui donneront de l'oxygène....


Affaire à suivre…

 

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 00:09

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En ma jeunesse mothaise les lourds rouleaux compresseurs des Ponts&Chaussées, gros balourds lents et massifs me fascinaient par leur capacité à transformer un chemin creux, souvent boueux, truffé d’ornières, en un ruban lisse et carrossable. Au conseil municipal de la Mothe-Achard mon père était en charge des chemins menant aux champs. On les empierrait puis le rouleau compresseur compactait ce support en le tassant. C’était très important pour les gens des métairies, un progrès.


J’aurais aimé en conduire un, tourner le drôle de volant vertical pourvu d’une poignée pour lui faire faire un lent demi-tour sur place puisque ce gros scarabée était articulé en son milieu. Je n’en ai jamais eu l’occasion mais je me souviens de l’ironie de mon père à propos des Ingénieurs des Ponts&Chaussées arrondissant leurs traitements de fonctionnaires en prélevant un % sur les travaux de la voirie communale : la taxe sur les tas de gravier disait-il avec un petit sourire.


Et puis, les Ingénieurs du Génie Rural s’en sont pris aux buissons du bocage au nom du remembrement, le progrès toujours, le temps des bulldozers… pour gagner du temps.


Et puis expatrié à Paris j’ai vu se tisser autour de la ville capitale la toile d’araignée des autoroutes. Le progrès toujours, des engins monstrueux, lourds et rapides, juchés sur des roues gigantesques, le progrès encore… pour gagner du temps.


Comme tout un chacun, certes pas très souvent, avec ma petite auto j’emprunte leurs longs rubans lisses. Je m’y ennuie ferme. Le paysage semble se résumer aux panneaux annonçant : « vignobles de Champagne » par exemple.


Mon exemple n’est pas tout à fait fortuit puisque ma petite chronique fait suite à mon voyage à Aÿ.


Quel ennui !


C’est net, lisse, bien entretenu, le vert y semble posé comme un décor, enfermé dans ce long serpent en compagnie de ceux qui vont et viennent, c’est fluide ou bouchonnant, ça ressemble à la vie mais ce n’est pas une vie.


De qui de quoi que tu causes éternel bavard, de l’autoroute qui te menait en Champagne ou du champagne ?


Les 2 mon capitaine !


Là je sens que je vais me faire avoiner par les tenants de la réussite.


Qu’ils m’entendent bien, la réussite économique du champagne est incontestable et je ne la conteste pas. C’est un modèle mais dans le monde du paraître qui touche toutes les couches de la société et tous les pays du monde le goût du champagne a un fort parfum d’étiquette. La grande majorité des consommateurs achètent du prix : les hauts comme les très bas d’ailleurs.


Ainsi va le monde me direz-vous ! Certes mais l’ennui ne naquit-il pas de l’uniformité ?


Tous ces BRSA bien fait, bien lissés, formatés, bien marquetés par des têtes d’œufs penchés sur leurs panels et leurs parts de marché, se meuvent dans l’univers des bulles qui est en pleine effervescence (voir le développement des Prosecco et du Cava pour ne citer qu’eux).


Et puis, je dois l’écrire, même si c’est politiquement incorrect, la grosse machine champenoise (je ne parle pas de celles à vendanger qui sont pour l’heure interdites) si friande de prospérité, ce que je ne saurais lui reprocher, me semble bien frileuse du côté du côté du respect de son terroir et de sa traduction dans l’authenticité de son produit le champagne.


Lubie de bobo que celle de l’environnement, des hommes dans les vignes, de la nappe phréatique, de la vie des sols et d’une alchimie qui n’a rien à voir avec la chimie, la pharmacie et l’assurance-vie des vins.


Je ne le pense pas, bien au contraire le champagne, ceux qui le font, ont tout à gagner en se préoccupant de nourrir leurs discours, non de pures paroles mais d’actes traduisant leur volonté de redonner au champagne une réelle authenticité.


L’Histoire semble me contredire, balayer mon argumentation d’un revers de main, en Champagne tout va bien, merci !


Oui mais il n’empêche qu’à Aÿ, où j’ai fait découvrir les vins clairs à Claire, j’ai bu du vin, du vin de Champagne, pas des bulles… de la simple effervescence…


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Terres et Vins de Champagne et son lot de vignerons constituent pour moi le laboratoire du champagne de demain.



Ne déclenchez pas la DCA, ne m’abattez pas en plein vol, n’employez pas l’artillerie lourde qui n’a rien à faire dans cette affaire. Tentez de lever le nez de vos schémas éprouvés pour évoluer, vous mettre dans la peau de ceux qui vont influer.


Moi ce que j’en dis c’est pour causer, ma religion est faite. Je ne suis ni un schismatique, ni un hérétique, mais dans le vrai


À Aÿ ce ne fut pas aïe, aïe, aïe mais un vrai bonheur, l’enchantement, la joie du vin, pas envie de cracher : la séquence 3 vins clairs suivis de 3 champagne pour chaque producteur est une expérience, à ce niveau d’excellence, inoubliable…


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D’ailleurs le succès d’affluence était au rendez-vous, la chalandise était internationale, appliquée, professionnelle. Je déparais quelque peu mais, par bonheur Claire, se révélait une dégustatrice hors-pair.


Nous avons même croisé l'Olif Olivier Grosjean qui nous a immortalisés. link 


Belle journée pour la reine, soleil, amitié et rien que de bien belles cuvées…


Que demande de plus le peuple ?

 

Des petits nouveaux dans ma cour du champagne :


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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 00:09

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Pendant que Bernard Arnault faisait l’acquisition du Clos des Lambrays,

 

Un domaine de 8,66 hectares d’un seul tenant premier Grand Cru de la côte de nuits et un puligny-montrachet Premier Cru « Clos du Cailleret »


Je ne rendais à Aÿ,


Goûter des vins clairs…


Suis-je assez clair ?


Délaissant le bruit et la fureur du village toute la sainte journée j’allais donc me tapisser les papilles de vin tranquille avant qu’il ne devienne éruptif.


Beau symbole !


Là-bas, en mon absence, Jacques Perrin citait Cantona  «Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est parce qu’elles pensent que des sardines seront jetées à la mer…» Alfred Tesseron serait-il une sorte de nouvel Éric Cantona?


Et l’autre Jacques, très serein, se muait en homme vert pour se faire le descripteur des mots de l’année. Pas de doute ce Jacques Dupont a un cœur d’acier.


Et puis le scoop de l’année Alain Vauthier, en son Ausone, se prêtait au jeu de l’entretien.


Vous pensez-bien que j’allais bien en faire un vrai patin-couffin...


1ère glane :


« Qu'est-ce qu'un grand vin ? Un vin serein. Produit dans un endroit où l'on se donne du temps. C'est ce qui saute aux yeux quand on fait la tournée des premiers grands crus du Médoc. Le classement de 1855 a fait un cadeau fantastique à ces exploitations en les installant définitivement tout en haut de la hiérarchie. Quoi qu'il arrive, ils peuvent résister aux crises, traverser les périodes de doute en faisant le gros dos et attendre des jours meilleurs. Surtout ne pas subir les modes. »


« Mais la clef de voûte de leur réussite est à chercher dans cette sérénité qu'apporte la durée. À l'abri des changements, on peut s'endormir ou travailler pour l'avenir. On pourrait penser que la pression créée par les dégustations internationales, le rendez-vous des primeurs, les marchés émergents, la nécessité de convaincre les nouveaux consommateurs les ont contraints à choisir la seconde option. Mais il y a aussi le désir de pérennité, l'envie de conserver au château sa place et, quand on en est le propriétaire, de n'être pas celui du déclin. C'est tout de même plus confortable de disposer de l'éternité, celle qu'offre l'inviolabilité du classement établi en 1855, que de devoir tous les dix ans repasser son permis de s'asseoir à la table des dieux au risque de devoir s'aligner sur la tendance du moment ou celui de remplir un questionnaire concernant les salles de séminaire ou les places de parking… »


2ième glane


« En fin de matinée, nous avons rendez-vous à Ausone où nous attendent Alain et Pauline Vauthier. Compte tenu des conditions du millésime, il n’y a pas à mégoter, c’est très bon. J’admire la forme fuselée, le dynamisme et l’aromatique très pure de l’Ausone 2013 dont il y aura 9000 bouteilles.


Le chef Guy Savoy est là. L’équipe de tournage qui nous accompagne souhaiterait l’interviewer. Il est d’accord. Oui, il aime le charme de ces vins, leur caractère délicat et aromatique. Oui, ce serait l’occasion pour les grands vins de Bordeaux de revenir en force sur les cartes des restaurants français. « A quel prix ? » Un ange passe.


C’est au tour d’Alain Vauthier de se prêter au jeu de l’entretien. Le réalisateur souhaite que l’on parle de l’agitation suscitée par la parution du livre Vino Business d’Isabelle Saporta.


On pouvait présumer de la position d’Alain Vauthier par rapport au classement controversé de 2012 (on a classé des marques davantage que des terroirs) : pourtant, ce qu’il nous a dit à ce propos du dernier classement est percutant. Mais, hélas,  la déclaration a eu en partie  lieu hors caméra…


Cela dit, on comprend mieux que Saint-Emilion – qui  quelque part est restée une structure assez médiévale, avec des fiefs, des clans et des factions – soit quasiment à feu et à sang.


3ième glane :


Citations : les mots de l'année


-         « On a privilégié l'harmonie et la finesse. » Traduction : « C'est maigrichon, mais on ne pouvait pas faire mieux. Si on avait extrait davantage, tu ne pourrais même plus me poser de questions tellement ta langue resterait collée au palais... »


 

-         En cas de défaillance mémorielle, il convient de rappeler qu'en 2013 il a plu jusqu'à la mi-juillet, si bien que Noé revendait les plans de son arche sur eBay. Optimiser la date de vendange. C'est ce qui revient en boucle. Chacun a optimisé celle-ci et a mobilisé les vendangeurs avant la grande pourriture. Sauf le voisin qui, éternel optimiste béat, n'a rien optimisé du tout et, telle la cigale prise au dépourvu quand la bouse fut venue, s'est retrouvé tout démuni. »


 

-         La qualité du vin dépendait incroyablement de cette réactivité. À partir de là, deux profils se distinguent. Au moins deux, mais il s'agit ici de simplifier. Mon premier est autonome, maître chez lui de ses décisions. Comme il pleut, il n'est pas en cette fin de semaine de fin de mois de septembre à bronzer "sur le bassin" d'Arcachon. Sa réactivité ne fait qu'un tour depuis que son chef de culture a tiré la sonnette d'alarme et lui a montré les premières baies crevassées. Il commande auprès des entreprises de main-d’œuvre spécialisée une troupe de vendangeurs opérationnelle au plus vite (dans certains châteaux, comme chez les Barton de Léoville, tout le personnel, même administratif, « et le peintre » ont pris les sécateurs). D'autres, d'après leur voisin, ont attendu que le consultant international et fortement sollicité donne son avis depuis Hongkong ou Beyrouth, villes qui possèdent, d'après des sources bien informées, une météo assez peu comparable à celle de Bordeaux. Dans ce cas, petite hésitation du côté de la réactivité et perte importante de volume et de qualité. Mais, rassurons-nous, c'était comme indiqué plus avant, chez le voisin...

 

-         4ième glane


LVMH fait l’acquisition du Clos des Lambrays


Publié le 14/04/2014 par Stéphane Reynaud


« Le groupe LVMH vient de faire l’acquisition du Clos des Lambrays, un domaine de 8,66 hectares d’un seul tenant. Le Clos des Lambrays est le premier Grand Cru de la côte de Nuits. Le Domaine produit également des Morey Saint Denis Premier Cru et de grands vins blancs en Puligny Montrachet Premier Cru "Clos du Cailleret" et Premier Cru "Les Folatières". Le Clos des Lambrays produit chaque année 35 000 bouteilles (le millésime 2012 est vendu 120 € la bouteille). Il était propriété de la famille Freund, dont le patriarche est mort il y a trois ans. Sa veuve, octogénaire, ne souhaitait pas conserver la propriété. Le groupe LVMH a été choisi pour ses capacités à garantir une continuité dans l’excellence.


C’est la nouvelle que le monde du vin attendait depuis des mois. Quel nouveau domaine de prestige allait tomber dans l’escarcelle d’un de nos grands patrons ? Après Bordeaux et la Champagne, les capitaines d’industrie veulent aujourd’hui acquérir leur propriété viticole en Bourgogne, sur cette langue de terre large d’à peine un kilomètre qui s’étend au sud de Dijon et fait fantasmer les amateurs éclairés de pinot noir et de chardonnay.


Mais la région ne se livre pas facilement. Depuis l’achat en 1991 par François Feuillet, le patron de Trigano, de quelques ouvrées (une ouvrée correspond à 1/24 d’hectare ndlr) de Nuits-Saint-Georges premier cru Les Thorey, celui du château de Pommard par Maurice Giraud en 2003, et surtout en 2006 l’acquisition du domaine Engel par François Pinault, suivie de celle fin 2012, du château de Meursault et du château de Marsannay par Olivier Halley, peu ont réussi à s’offrir le domaine rêvé dans la région.


Philippe Pascal, un des anciens bras droit de Bernard Arnault chercha pendant dix ans le domaine qui lui convenait avant de trouver son Cellier aux moines, à Givry. Aujourd’hui, les acheteurs sont à l’affût. Bernard Arnault le premier. Il y a peu, ce dernier mettait un terme aux négociations engagées en vue de l’achat du domaine Henri Rebourseau , à Gevrey-Chambertin. Le gérant de la propriété aurait alors décidé de faire monter les enchères au-delà du raisonnable. Avec l’acquisition réussie du Clos des Lambrays, le patron de LVMH peut savourer. »


Œuvres complètes :


1-     Jacques Dupont link  et link 


2-   Jacques Perrin link 


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